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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’engouement pour les baskets, au détriment des modèles de ville, pénalise les enseignes historiques.
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La mode des chaussures de sport fait trébucher le marché français

L’engouement pour les baskets, au détriment des modèles de ville, pénalise les enseignes historiques.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h30
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


Quelle paire de chaussures Charlotte portera-t-elle avec sa robe d’été ? Des Superstar d’Adidas ? Des Vans ? Les Muse X Strap de Puma ? Aux beaux jours, cette adolescente de 14 ans risque fort de rejeter tous les modèles type ballerines ou nu-pieds pour leur préférer – encore – l’une de ces sneakers. « Les jeunes ne jurent que par cela », reconnaît Jacques Royer, PDG du Groupe Royer, distributeur en France des marques New Balance, Converse et Kickers. Et les femmes se « convertissent aux baskets portés avec une jupe », note ce spécialiste. A tel point qu’il semble désormais difficile de faire oublier à une jeune fille « le confort, la souplesse et la légèreté d’un modèle sport » pour lui préférer un soulier plus fin, en cuir ou similicuir.
« Le marché pour enfants a été très touché par la mode du sport », explique Dorval Ligonnière, directeur des études de la Fédération française de la chaussure. En quatre ans, entre 2013 et 2017, à raison d’une croissance annuelle de 5,3 %, le segment des baskets a gagné 7 points de part de marché en France, pour représenter 63 % des ventes du marché enfantin et 53 % de celles de modèles masculins.
Le marché féminin fait, lui, de la résistance : 72 % de son chiffre d’affaires provient de chaussures de ville. Mais l’addiction des femmes pour les boots et les escarpins à talons n’a pas suffi pour sauver ce segment, dont les ventes ont baissé de 2,6 % en moyenne par an, entre 2013 et 2017. L’an dernier, le mouvement a été plus prononcé encore : les ventes de chaussures en cuir et assimilées ont dégringolé de 5 %, quand les modèles sport gagnaient 4 %.
Puma en hausse de 21,4 %
Toutes les marques de sport profitent à plein de cet engouement. Le groupe Adidas en a produit 403 millions en 2017. La firme allemande, qui détient la marque aux trois bandes et l’américaine Reebok, a dévoilé mercredi 14 mars avoir atteint le record de 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, après un bond d’activité de 7,9 % sur un an. Partout, grâce à ses Superstar, Stan Smith et Tubular Shadow, Adidas a rencontré un grand succès.
L’an dernier, Nike, numéro un mondial, a lui aussi fait un tabac avec ses Air Jordan – d’après le nom du champion de basket Michael Jordan –, ses Revolution et son chausson épais Tanjun, selon le palmarès établi sur le marché américain par Matt Powell, analyste du secteur du sport chez NPD. Quant à Puma, il a franchi la barre des 4 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2017. La marque du groupe français Kering a vu ses ventes de chaussures s’envoler de 21,4 % dans le monde, notamment grâce à des gammes signées en collaboration avec deux stars, la chanteuse Rihanna et la mannequin Cara Delevingne.
Ces sportives ne fouleront jamais les terrains de foot, les sentiers de course à pied ou les parquets des salles de gym : « 60 % des paires vendues seront utilisées » uniquement au quotidien, note David Richard, expert sport chez NPD en France. Mais les magasins d’articles de sport détiennent encore les clés de leur distribution : Decathlon, Foot Locker et autres Courir représentent 26,5 % des ventes de chaussures en France. « C’est le premier circuit de vente depuis 2013 », note M. Ligonnière. Ce réseau bénéficie des stratégies de distribution sélective des marques de sport qui leur réservent leurs modèles.
Zalando, Spartoo ou Sarenza en profitent aussi
Gros pourvoyeurs de marques internationales, les sites de vente en ligne, type Zalando, Spartoo ou Sarenza, en profitent aussi : ils représentent désormais 17 % des ventes en ligne en France. Au grand dam des chausseurs et des grandes enseignes spécialisées qui, pour la plupart, se voient écartés de la manne du sport.
Plusieurs enseignes historiques en souffrent. Parmi elles, figure André. Déficitaire depuis plusieurs années, l’enseigne du groupe Vivarte en cours de vente à Spartoo n’a pas « réussi » à capter ce marché, juge un fabricant. Desmazières est aussi à la peine. Le groupe familial de Lesquin (Nord), qui détient l’enseigne Chaussexpo (224 magasins), a été placé en redressement judiciaire le 5 février par le tribunal de commerce de Lille.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Cours d’éthique appliqué au business, formations digitalisées, « learning trek »... Pour se distinguer d’une concurrence pléthorique, les masters en administration des affaires rivalisent d’ingéniosité.
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Les MBA se lancent dans la course à l’innovation pédagogique

Cours d’éthique appliqué au business, formations digitalisées, « learning trek »... Pour se distinguer d’une concurrence pléthorique, les masters en administration des affaires rivalisent d’ingéniosité.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h30
    |

Laurent Gérard







                        


MBA « full time », MBA « part time », Executive MBA… Le marché s’est structuré et l’offre est aujourd’hui pléthorique. Pour s’y retrouver, les ­candidats deviennent plus exigeants : analyse des programmes, efficacité des réseaux d’anciens… Pour les écoles, ­l’affichage s’avère primordial. Avec un mot-clé : l’innovation.
« L’innovation pédagogique devient une source de différenciation importante et contribue à l’image de marque de l’organisation, confirme Hélène ­Michel, professeure à Grenoble école de management (GEM). Le marché des ­Executive MBA se développe, il y a un ­intérêt plus grand pour des critères de différenciation comme la pédagogie. »

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D’où la course à l’échelle internationale pour décrocher de précieux labels ­valorisant l’innovation pédagogique, comme AMBA ou Re-imagine education. « La course à l’innovation est inévitable et nécessaire, il faut prendre en compte les évolutions du monde, renchérit Hervé Remaud, professeur senior de marketing à Kedge Business School. Demain, quelle révolution va sortir de la 5G et de l’intelligence artificielle ? »
Les innovations sont multiples et ­impossibles à recenser, mais trois pistes, entre autres, se dessinent et parfois se cumulent : questionner le capitalisme, digitaliser les formations, insister sur la rencontre avec le réel. Sans pour autant négliger ses classiques, gestion, finance, marketing…
« Business ethics »
On questionne le capitalisme jusque chez l’emblématique Harvard Business School (HBS). Un des grands moments à venir de la prochaine rentrée sera le cours « Réinventer le capitalisme : les affaires et les grands problèmes », ­enseigné cette année par le professeur agrégé George Serafeim. Au menu : « L’inégalité croissante des revenus, les systèmes éducatifs pauvres ou en ­déclin, l’accès inégal à des soins de santé abordables et la crainte d’une détresse économique continue (…) mettent en question la crédibilité des entreprises. » L’économie numérique, la durabilité sont « des sujets d’importance dans nos salles de classe, affirme Jim Aisner, du bureau des médias de HBS. Et je sais que cela va en étonner plus d’un… En moyenne, un tiers du contenu de tous les cours change chaque année ».
« Désormais, les cours d’éthique et de responsabilité sociale de l’entreprise sont obligatoires. » Andrea Masini, directeur du MBA « full time » de HEC
Même analyse chez Hervé Remaud, de Kedge. « Une vision libérale de l’économie et de la société est quasiment ­inhérente au MBA, surtout ceux accrédités AMBA, car cette accréditation est très codifiée et structurée, estime ce professeur senior de marketing. Mais il y a quand même différentes manières de voir les choses. » Ainsi, le cours de « business ethics » de Kedge « va à l’encontre d’une lecture simplement libérale de l’économie et du rôle de l’entreprise. De même, notre professeur de “Multinational Finance” montre les ­méfaits d’une absence de régulations ­financières, y compris dans une lecture géopolitique du monde économique ».
L’objet de l’économie (et indirectement du MBA) est de créer de la valeur, mais cela ne se résume pas à l’argent, souligne celui qui est aussi chercheur associé à l’université d’Australie du Sud : « On n’échappe pas à une ­réflexion sur cette notion de valeur. » Une approche également partagée par ­Andrea Masini, directeur du MBA « full time » de HEC, pour qui, « désormais, les cours d’éthique et de responsabilité ­sociale de l’entreprise sont obligatoires ».
Cours à distance
Deuxième piste, la digitalisation frappe les MBA comme les autres cursus pédagogiques. Quasiment tous les MBA intègrent désormais des livraisons en ligne de matériaux pédagogiques avant les cours in situ ou les moments de ­regroupement analytiques. Certains acteurs poussent la logique plus loin encore avec du 100 % à distance. L’Illinois Gies College of Business propose ainsi un MBA totalement à distance sur le site Coursera, avec deux ­entrées par année (janvier et août). Au coût de 22 000 dollars (18 000 euros), il attaque clairement le marché.
Les écoles assurant des MBA avec d’importants moments de regroupement sont-elles inquiètes face à ce type de produit ? Pour elles, le 100 % online est un autre marché. Hervé Remaud, à Kedge, résume l’avis de beaucoup : « La digitalisation pédagogique est importante dans le processus de livraison des contenus d’un cours, en amont et en aval de ce cours. Mais pour un public de manageurs ayant en moyenne 35-40 ans, ce qui importe ce sont les ­interactions entre participants et intervenants. » Même Clément Meslin, pourtant créateur de MyMooC, plate-forme d’agrégateur de MOOC, et déjà distributeur de MBA partiellement ­online, doute d’un succès massif des MBA totalement dématérialisés.
Aux prises avec le réel
Troisième piste d’innovation pédagogique : se frotter au réel. Rien de mieux pour « stimuler l’esprit entrepreneurial », estime Paola Eicher, responsable des admissions à l’IMD Lausanne. Cette école a mis en place, en 2017, un événement particulier : une semaine de création de prototypes sur des marchés en devenir, en partenariat avec l’Ecole ­polytechnique fédérale (EPFL) et l’Ecole d’art de Lausanne (Ecal). Objectif : aboutir à un produit pour une entreprise partenaire. La première édition s’est jouée avec l’entreprise pharmaceutique Debiopharm. Le thème était la lutte contre la maladie de Parkinson. L’objet créé : un verre spécial évitant aux malades de se retrouver trempés lorsqu’ils veulent boire.
« Dans nos “learning trek”, nous cherchons une immersion totale. Un moment qui sort chacun de sa zone de confort. » Andrea Masini, directeur du MBA « full time » de HEC
Une autre manière d’insister sur le réel est de multiplier les voyages ­d’apprentissage. « Le “learning trip” prend une place de plus en plus importante dans notre cursus, affirme William Hurst, directeur à Audencia. Dernièrement, on en a fait un en Israël sur la thématique de la digitalisation de l’économie, et un à Shenzhen, en Chine, sur les grands groupes et l’usine du futur. C’est fondamental pour voir de près la réalité. »

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« Dans nos “learning trek”, nous cherchons une immersion totale », confirme Andrea Masini. La dernière promotion a eu droit à un déplacement en Islande sur la thématique de l’innovation technologique, un à Dubaï sur le ­conseil au Moyen-Orient et un à Londres sur la ­finance. Mais elle a également suivi un séminaire de deux jours avec les ­militaires de Saint-Cyr sur le leadership : « Un moment qui sort chacun de sa zone de confort », affirme le directeur du MBA de HEC. Plus étonnant ­encore, certains sont partis en Tanzanie aider une ONG à installer des ­panneaux solaires et à analyser l’impact de cette arrivée technologique auprès des populations locales. Une ­expérience qui laissera des traces profondes dans la lecture du monde des futurs dirigeants…

Participez au MBA Fair du Monde, samedi 17 mars à Paris
Le groupe Le Monde organise, samedi 17 mars, au palais Brongniart, à Paris, la huitième édition du MBA Fair, le Salon des MBA & Executive Masters.
Cet événement est destiné aux cadres qui souhaitent donner un nouvel élan à leur carrière, et renforcer leur employabilité. Sont attendus les responsables de plus de 35 programmes de MBA et d’Executive Masters parmi les plus reconnus des classements internationaux, dans des domaines variés : stratégie, marketing, finances, ressources humaines et management… Des conférences thématiques animées par un journaliste du Monde, ainsi que des prises de parole organisées par les écoles présentes sont également prévues.
L’entrée est gratuite, la préinscription est recommandée pour éviter l’attente.
Ce Salon sera précédé de la publication, dans Le Monde daté du jeudi 15 mars, d’un supplément sur les MBA, à retrouver également sur notre page Lemonde.fr/mba.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Désormais appelée « Jeep Elite », la Pro A de basket a rejoint en mars la longue liste des compétitions renommées par un sponsor. Un concept qui rapporte mais peine à s’imposer auprès des médias et des amateurs de sport.
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Sport : l’essai pas encore transformé du « naming » en France

Désormais appelée « Jeep Elite », la Pro A de basket a rejoint en mars la longue liste des compétitions renommées par un sponsor. Un concept qui rapporte mais peine à s’imposer auprès des médias et des amateurs de sport.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 11h26
    |

            Clément Martel








                        



                                


                            

La Pro A ne répond plus. Comme plusieurs ligues de sport français avant elle, la première division de basket français a cédé, début mars, aux sirènes du « naming ». Ne l’appelez plus jamais Pro A. Désormais, Nanterre, Limoges ou Pau-Lacq-Orthez s’affrontent au sein de la Jeep Elite.
Après la Lidl Starligue (c’est du handball), la SaxoPrint Ligue Magnus (du hockey), la Domino’s Ligue 2 et la Ligue 1 Conforama (en football), le basket rejoint donc le club des compétitions hexagonales renommées en fonction d’un « sponsor-titre », moyennant un chèque annuel. De la course hippique (Qatar Prix de l’Arc de triomphe) à la course à pied (Schneider Electric Marathon de Paris) en passant par le tennis (Rolex Paris Masters), le naming s’affiche désormais dans le nom des compétitions, en sus du fronton des stades.

Héritée des Etats-Unis, la pratique est aujourd’hui mondiale, et l’amateur de sport a parfois l’impression d’évoluer dans le court-métrage oscarisé Logorama, où tous les éléments de la vie courante sont remplacés par des logos d’entreprises. Car l’affaire est lucrative.

« Les ligues [sportives] qui ont signé ce genre d’accord sont extrêmement satisfaites, car cela permet de développer une nouvelle ressource », analyse Christophe Lepetit, du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges (CDES). Notamment pour des sports comme « le basket et le handball, qui disposent de revenus moins conséquents que le football ». 
Un procédé « extrêmement rentable » pour les marques
L’économiste souligne également les retours positifs pour les sponsors-titre, grâce aux opérations de communication mises sur pied par les ligues pour mettre en avant leur partenaire. « C’est extrêmement rentable en termes de notoriété, d’image et de retombées dans les médias », confirme Alexandre Anginot, qui analyse la visibilité des différents namings chez Kantar Media. A l’été 2017, avant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Des milliers de manuscrits passent entre leurs mains. Souvent surdiplômés, sous-payés, les lecteurs accomplissent une tâche essentielle, mais parfois ingrate, dans le processus de publication.
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Les « orpailleurs » des maisons d’édition, des lecteurs qui passent au tamis tous les manuscrits

Des milliers de manuscrits passent entre leurs mains. Souvent surdiplômés, sous-payés, les lecteurs accomplissent une tâche essentielle, mais parfois ingrate, dans le processus de publication.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 17h41
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Chaque jour, trente à quarante manuscrits arrivent par la poste chez Gallimard. Leurs auteurs, jusqu’à 8 000 par an, espèrent être publiés dans la collection « Blanche », le nec plus ultra de l’édition. Des montagnes de projets de romans enveloppés dans du papier kraft se reforment quotidiennement. La personne chargée du tri lit en diagonale tout ce qui arrive dans la journée. Secoue les manuscrits pour en faire tomber une fleur séchée ou un ticket de métro et éviter d’être accusée de ne pas avoir lu l’œuvre de A à Z. Il s’agit d’effectuer à vive allure une sélection entre les ouvrages qui ne sont pas aboutis, ceux qui ne correspondent pas à la maison, les très mauvais, les moyens et les rares excellents.
Environ 10 % à 15 % des manuscrits filtrés par ce premier tamis seront confiés à des lecteurs. Une armada de professionnels, dont le travail consiste à lire pour les grands éditeurs une masse de manuscrits pour ne conserver que ce qui pourra être publié. « J’ai trouvé des pépites formidables », raconte Ludovic Escande, lecteur et éditeur chez Gallimard. « C’est au courrier qu’ont été découverts les romans de Tristan Garcia, Aurélien Bellanger, David Foenkinos ou Joy Sorman… et même L’Art français de la guerre, le premier roman d’Alexis Jenni, le Goncourt de 2011. »
Le salon Livre Paris, qui se tient jusqu’au 19 mars, permet un coup de projecteur sur ces lecteurs sous-payés, qui jouent, dans l’ombre, un rôle essentiel dans le processus de publication. Lire un manuscrit, en rédiger un résumé et une fiche argumentée sur l’intérêt ou non de le publier n’est rémunéré qu’entre 30 et 60 euros, selon le nombre de pages. Seuls les 640 lecteurs du Centre national du livre (CNL) perçoivent jusqu’à 150 euros pour expertiser chaque année, dans le cadre des aides à la traduction, près de 2 500 ouvrages en langue originale et en français. Impossible de vivre de cette activité, même pour les lecteurs les plus compulsifs.
Très...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Longtemps, les Français ont considéré le livre audio comme étant réservé aux non-voyants. Mais sur ce marché dominé par Hachette, de nouveaux acteurs comme la Fnac et Editis vont se lancer.
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Le livre audio, nouveau relais de croissance pour l’édition

Longtemps, les Français ont considéré le livre audio comme étant réservé aux non-voyants. Mais sur ce marché dominé par Hachette, de nouveaux acteurs comme la Fnac et Editis vont se lancer.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

A l’instar des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la Suède ou de la Grande-Bretagne, un soudain tropisme se fait jour pour le livre audio en France. De nouveaux acteurs (comme la Fnac ou Editis) s’apprêtent à se lancer sur un marché dominé par Hachette (Audiolib). Gallimard et Amazon (Audible) sont déjà bien implantés et tant Apple (iTunes) que Google (Google Play Livres Audio) essaient de s’y faire une place.
Une effervescence rare dans le domaine morose de l’édition – dont les ventes ont légèrement baissé de 1,2 % l’an dernier à 4 milliards d’euros selon l’institut GFK – qui tient au fait que ce micromarché semble très porteur, grâce à l’engouement pour les téléchargements numériques. Au niveau mondial, l’association des éditeurs audio l’estime à 2,1 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros), en hausse de 18,2 % par rapport à 2016.
« Livres parlants »
Selon Valérie Lévy-Soussan, PDG d’Audiolib, « dans le numérique, le marché français connaît une croissance à deux chiffres. Nos volumes globaux ont progressé de 50 % entre 2014 et 2017, grâce aux téléchargements de livres, qui ont été multipliés par 2,8, tandis que les ventes de CD se maintiennent ».
Il est possible d’écouter « Du côté de chez Swann de Proust », lu par André Dussollier, sur son vélo ou en faisant de la course à pied.
Pendant longtemps, les Français ont considéré que ces livres étaient réservés aux non-voyants, ou à ceux qui n’aimaient pas ouvrir un ouvrage. Mais ces préjugés tendent à disparaître doucement, et le marché reste à conquérir. Le nombre de titres enregistrés augmente, ce qui permet d’écouter Du côté de chez Swann de Proust, lu par André Dussollier (Audible), ou La Chambre claire de Roland Barthes, récitée par Daniel Mesguich (Audiolib), tout en faisant du vélo, de la course à pied ou en restant calé dans un canapé.
Les Editions des femmes-Antoinette Fouque avaient lancé la première collection en France de « livres parlants »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Si Paris et Berlin affichent leur volonté d’établir une feuille de route, les points de divergence restent nombreux.
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Emmanuel Macron et Angela Merkel encore dans le flou pour renforcer l’Europe

Si Paris et Berlin affichent leur volonté d’établir une feuille de route, les points de divergence restent nombreux.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h47
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant), 
Philippe Ricard et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

C’est le point de départ d’une négociation aussi intense qu’incertaine : investie l’avant-veille, la chancelière Angela Merkel et Emmanuel Macron ont longuement abordé vendredi 16 mars à l’Elysée la meilleure façon de renforcer l’Union européenne et la zone euro. Ils ont confirmé leur intention de formuler une feuille de route, soumise à leur partenaire d’ici à juin. Mais, en dépit de la complicité et du volontarisme affichés par les deux dirigeants, rien n’est encore acquis.
« II est indispensable aujourd’hui que nous puissions ensemble construire des ambitions nouvelles », a martelé le président français avant l’entretien. « Nous ne sommes peut-être pas toujours dès le départ du même avis mais, dans l’Histoire, la France et l’Allemagne ont déjà fait beaucoup – vous avez une volonté très forte, nous aussi, nous avons une volonté très forte », a renchéri la chancelière.
me Merkel libérée des contraintes de politique intérieure
Depuis l’élection de M. Macron à la présidence de la République française, la capacité d’action de la chancelière allemande était limitée. Lorsqu’il s’était rendu à Berlin, le 15 mai 2017, elle était candidate à sa réélection. Quand il avait prononcé son discours sur l’avenir de l’Europe à la Sorbonne, le 26 septembre 2017, deux jours après les législatives allemandes, elle avait pour priorité la formation d’une coalition. A l’Elysée, vendredi, M. Macron avait donc pour la première fois à ses côtés une Mme Merkel libérée des contraintes de politique intérieure qui l’avaient jusque-là entravée. Mais une chancelière surtout soucieuse de parler immigration, défense ou commerce.
Dans ce contexte, il était déjà évident vendredi que les Français ont révisé leurs ambitions de départ. Plus question pour le président Macron d’évoquer publiquement ses idées d’un super-ministre des finances et d’un Parlement de la zone euro, même s’il défend toujours celle d’un budget de la zone euro....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Des deux côtés de l’Atlantique, la nervosité des marchés paraît largement retombée, malgré les déclarations du président américain.
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Les sorties protectionnistes n’impressionnent pas les marchés financiers

Des deux côtés de l’Atlantique, la nervosité des marchés paraît largement retombée, malgré les déclarations du président américain.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h43
    |

                            Emmanuel Schafroth








                        



                                


                            

Chronique. Les menaces protectionnistes de Donald Trump ne suscitent pas de panique sur les marchés actions. Après six séances consécutives de hausse entre le 5 et le 12 mars, le CAC 40 a certes connu deux jours de correction, avant de repartir à la hausse, jeudi 15 mars.

De même, le Dow Jones s’est stabilisé ces derniers temps autour de 25 000 points. En l’absence d’informations microéconomiques majeures (côté français, Engie avait clos la saison des résultats 2017 du CAC 40 dès le 8 mars), la volatilité des marchés s’est apaisée lors de la semaine écoulée.
Les indicateurs restent bons
Si les rodomontades du président américain laissent de marbre les marchés, c’est peut-être que ses dernières déclarations illustrent à nouveau l’existence de contre-pouvoirs au pays de l’oncle Sam : il lui sera sans doute difficile d’ignorer la mise en garde lancée en cette fin de semaine par la Chambre de commerce américaine, très ancien et très puissant lobby des milieux économiques américains.
« L’administration a raison de se préoccuper de l’impact économique négatif de la politique industrielle chinoise et des pratiques commerciales déloyales, mais la Chambre de commerce serait en fort désaccord avec la décision d’imposer des droits de douane importants », prévient un communiqué publié le 15 mars, qui enfonce le clou un peu plus loin : « La subsistance des consommateurs, des entreprises, des fermiers et des éleveurs américains sera menacée si l’administration met en œuvre son plan. » A bon entendeur…

Pour l’heure, les marchés sont soutenus par des indicateurs économiques qui restent bons, même s’ils ne sont plus aussi flamboyants qu’il y a quelques mois. Les meilleures nouvelles semblent venir d’Europe, notamment de son marché automobile en progression de 4,3 % en février, après un mois de janvier déjà excellent (+7,1 %). La situation est plus nuancée aux Etats-Unis avec de récents chiffres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La Banque des règlements internationaux, estime que l’émission de devises numériques par les banques centrales représenterait un risque pour la stabilité financière. Mais les banques centrales travaillent néanmoins sur le sujet.
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Les banques centrales ont-elles peur des cryptomonnaies ?

La Banque des règlements internationaux, estime que l’émission de devises numériques par les banques centrales représenterait un risque pour la stabilité financière. Mais les banques centrales travaillent néanmoins sur le sujet.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h26
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Chronique. Pour les plus ardents thuriféraires du bitcoin, cela ne fait aucun doute : un jour, la cryptomonnaie, dont l’émission est pilotée automatiquement par un algorithme, permettra de se passer des banques centrales. Leurs réflexions, plus ou moins inspirées des thèses libertariennes, négligent souvent les autres fonctions des instituts monétaires, tels que la gestion des taux d’intérêt et de la liquidité, la supervision financière, ou encore le rôle de prêteur en dernier ressort. Quand tout va mal et qu’il faut sauver l’économie d’un naufrage imminent, c’est vers eux qu’on se tourne en dernier recours.
Les accros du bitcoin ont néanmoins raison sur un point : la monnaie vit une révolution. Les cryptodevises et les fintech bouleversent les moyens de paiement. Dans certains pays, notamment au nord de l’Europe, le cash est en passe de s’évaporer. Cela ne veut pas dire que les banques centrales vont disparaître. Mais plutôt qu’elles vont devoir se mettre à la page.
La Banque de France expérimente la blockchain
La bonne nouvelle, c’est qu’elles y travaillent. La Banque de France expérimente ainsi la blockchain, cette technologie permettant de crypter et sécuriser les échanges, sur laquelle repose le bitcoin. La banque centrale de Suède teste l’idée d’émettre sa propre monnaie digitale. Celle-ci serait directement disponible pour le grand public, en remplacement des pièces et billets. Est-ce à dire que la conversion des instituts monétaires aux cryptodevises est imminente ?
Pas tout à fait. En amont du sommet du G20, qui abordera ces questions les 19 et 20 mars à Buenos Aires, la Banque des règlements internationaux (BRI) vient de publier un rapport afin d’apporter sa pierre à ces réflexions. La banque des banques centrales y appelle à la prudence, sans fermer de portes.

Elle souligne notamment que les CBDC (pour « central bank digital currencies », monnaies digitales émises par les banques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Cette jeune pousse, valorisée jusqu’à 9 milliards de dollars, avait mis au point une vaste escroquerie.
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Tests sanguins : la trop belle histoire de la start-up Theranos

Cette jeune pousse, valorisée jusqu’à 9 milliards de dollars, avait mis au point une vaste escroquerie.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h24
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Les révélations sont accablantes pour Elizabeth Holmes. Dans un acte d’accusation publié mercredi 14 mars, la Securities & Exchange Commission (SEC) décrit des années de mensonges et de subterfuges chez Theranos, la start-up lancée et dirigée par cette ancienne étoile montante de la Silicon Valley dont l’ambition était de révolutionner les analyses de sang. « Une fraude élaborée », selon le gendarme boursier américain, qui a permis de « lever plus de 700 millions de dollars [570 millions d’euros] auprès d’investisseurs ».

Face à ces accusations, Mme Holmes a conclu un accord à l’amiable avec la SEC, lui évitant un procès dans ce volet de l’affaire – une autre procédure est toujours ouverte au sein du département américain de la justice. Elle a accepté de payer 500 000 dollars d’amende, de céder une partie du capital de l’entreprise et de renoncer à sa majorité de contrôle. Elle n’aura pas, par ailleurs, le droit de diriger un groupe coté en Bourse au cours des dix prochaines années. Mais elle peut conserver la tête de Theranos, qui tente encore de survivre à ce gigantesque scandale.
L’histoire était pourtant belle, trop belle peut-être. Elizabeth Holmes a fondé Theranos en 2003, à seulement 19 ans. Sa promesse est révolutionnaire : réaliser des tests avec seulement quelques gouttes de sang, soit entre cent et mille fois moins que la quantité actuellement nécessaire. La société avait développé sa propre méthode de prélèvement, sans aiguille, et sa propre machine d’analyse. Elle proposait plus de 200 examens, à des prix bien inférieurs aux laboratoires traditionnels.
Aux côtés de Bill Clinton
Le marché est prometteur (75 milliards de dollars par an aux Etats-Unis). Et les investisseurs affluent rapidement. En 2014, la jeune pousse est valorisée à 9 milliards de dollars. Sur le papier, Mme Holmes devient ainsi la plus jeune milliardaire non héritière du monde. Certains n’hésitent pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le cours du cobalt a bondi de 70% en 2017 et son envolée se pousuit. L’augmentation des taxes décidée par la République démocratique du Congo accentue la pression sur ce minerai indispensable aux téléphones mobiles comme aux voitures électriques.
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L’envolée du cours du cobalt accentuée par la politique congolaise

Le cours du cobalt a bondi de 70% en 2017 et son envolée se pousuit. L’augmentation des taxes décidée par la République démocratique du Congo accentue la pression sur ce minerai indispensable aux téléphones mobiles comme aux voitures électriques.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h13
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Le cobalt de tous les records ! Rien ne semble arrêter la courbe de prix du métal bleu, comme irrésistiblement attirée par les cieux azurés. Bleu cobalt sur bleu azur, un nuancier tendance sur le marché des matières premières. Le cœur des spéculateurs ne cesse de battre pour le cobalt. Sa rareté alimente la convoitise et le cours s’enflamme.

Après s’être apprécié de près de 30 % en 2016, il a bondi de 70 % en 2017. Et depuis le début de l’année, il poursuit son envolée. Vendredi 17 mars, il se négociait à 87 125 dollars la tonne à la Bourse de Londres.
« Substances stratégiques »
Le nouveau code minier congolais a attisé la flamme. Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila l’a promulgué vendredi 9 mars. Il prévoit de multiplier par cinq la taxe sur le cobalt pour la faire passer de 2 % à 10 %. Pour que ce taux de redevance entre en vigueur, reste un dernier préalable. Que le premier ministre de la RDC classe ce minerai parmi les « substances stratégiques ».
Officiellement, M. Kabila justifie cette décision par la volonté d’accroître les ressources fiscales d’un Etat qui en manque cruellement, malgré ses richesses minières. Un pays pauvre assis sur un tas de cobalt, de cuivre, de coltan et de diamants.

La perspective d’élection présidentielle en décembre n’est peut-être pas totalement étrangère à cette soudaine prise de conscience. Même si d’après la Constitution, M. Kabila, après dix-sept ans de pouvoir, ne peut se représenter, sachant que son mandat est arrivé à échéance en décembre 2016…

Les groupes miniers, eux, font grise mine. Et pour cause. Les deux tiers du cobalt mondial sont extraits des sous-sols congolais. Jusqu’au bout, ils ont donc mené un intense lobbying pour éviter de passer à la caisse. Sans succès apparent. Même si le président congolais a promis in extremis une « concertation » concernant l’application de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Les ministres des finances des principales économies du monde se retrouvent à Buenos Aires.
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Un G20 Finances sous tension commerciale

Les ministres des finances des principales économies du monde se retrouvent à Buenos Aires.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h11
    |

            Audrey Tonnelier et 
Marie de Vergès








                        



   


C’est devenu la règle depuis l’élection de Donald Trump, il y a maintenant dix-huit mois. L’ombre du président américain plane sur toutes les réunions internationales, même quand il n’y participe pas. La rencontre des ministres des finances des pays du G20 à Buenos Aires, lundi 19 et mardi 20 mars, ne fera pas exception.
La taxation du numérique, la régulation financière et les cryptomonnaies figurent bien au menu des discussions, comme prévu depuis des semaines. Mais, une fois de plus, les débats au sein de ce club des principales économies de la planète seront largement consacrés aux frictions commerciales. Des tensions ravivées par la décision de Washington d’imposer des taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium, une menace justifiée par des impératifs de sécurité nationale.
La réunion de Buenos Aires aurait pu se dérouler sous le signe de l’optimisme : jamais, depuis 2011, l’économie mondiale ne s’était si bien portée. Selon les dernières prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiées mardi 13 mars, la croissance mondiale devrait frôler les 4 % cette année. Mais cet élan serait fragilisé en cas de montée du protectionnisme, « un risque important pour la confiance, l’investissement et les emplois », met en garde l’organisation.
Désamorcer les tensions ?
Cette antienne est reprise à l’envi par les grandes organisations internationales. Dans un post de blog publié jeudi, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, exhorte les dirigeants à privilégier la voie du dialogue et de la coopération. « L’histoire économique montre clairement que les guerres commerciales, non seulement nuisent à la croissance mondiale, mais encore sont toujours perdues d’avance », écrit la Française, dans une allusion à peine voilée aux récents propos de M. Trump, qui affirmait que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ».
Le sommet argentin peut-il contribuer à désamorcer les tensions ? Les Américains seront représentés par le secrétaire d’Etat au Trésor, Steven Mnuchin. Cet ancien de la banque Goldman Sachs passe plutôt pour un modéré mais ne possède pas de vraie compétence sur le commerce. « Nous aurons des échanges sur le sujet, mais le G20 n’est pas une instance de décision, c’est un forum d’échanges et de coopération », souligne Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques.
Sur la forme, les participants devront tâcher de s’entendre sur un communiqué final : une déclaration qui donne l’impression d’un semblant d’unité sur l’importance de la coopération internationale. Mais les mots valent ce qu’ils valent. Le compromis scellé au sommet de Hambourg (Allemagne), en juillet, par les dirigeants du G20 – y compris M. Trump – affirmait la détermination de tous à combattre le protectionnisme. Un langage qui n’a pas dissuadé l’administration américaine de lancer son épreuve de force.
Le « problème » chinois
Sur le fond, la réunion des grands argentiers sera l’occasion de confronter les points de vue et d’affûter les lignes de défense. Pour les Européens, « l’essentiel est que notre réponse soit ferme et unie », insiste une source proche des travaux préparatoires. Bruxelles est engagée dans des négociations marathon pour convaincre la Maison Blanche de l’épargner comme elle l’a fait avec le Canada, le Mexique et l’Australie, exemptés des taxes. De premières réunions entre la Commission européenne et l’administration américaine n’ont pas apporté de clarté. Une nouvelle rencontre est prévue dans les jours qui viennent entre la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, et son homologue américain, Wilbur Ross.

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                Divorce sino-américain à Wall Street, avant l’offensive Trump



« Nous ne souhaitons pas l’escalade, mais si les solutions concertées ne fonctionnent pas, nos contre-mesures sont prêtes », avertit M. Moscovici. A Buenos Aires, les Européens devraient ainsi répéter qu’ils disposent d’une liste d’exportations américaines prêtes à être taxées s’ils ne bénéficient pas d’exemption. Et rappeler qu’il ne fait guère de sens de les viser : partenaires proches des Etats-Unis sur la sécurité, ils partagent, de surcroît, les vues américaines sur le problème mondial des surcapacités dans l’acier. Un problème dont le principal responsable est la Chine et qui, selon l’Europe, doit être traité dans un cadre global.
Une solution serait d’intensifier les travaux au sein du Forum mondial sur les surcapacités dans l’acier. Une enceinte créée en 2016 pour coopérer sur cette problématique, mais dont les résultats sont jugés trop lents. Quoi qu’il en soit, l’étau se resserre désormais autour de la Chine, jusqu’ici peu concernée par les menaces américaines de droits de douane sur l’acier, puisque le pays n’est qu’un fournisseur marginal des Etats-Unis.

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                Sous pression des Etats-Unis, le Canada va négocier un accord de libre-échange avec le Mercosur



Un haut responsable du Trésor américain faisait part, jeudi, du souhait des Etat-Unis de mobiliser leurs partenaires du G20 à Buenos Aires contre « le problème » des pratiques commerciales chinoises. A Washington, des mesures sont en préparation pour taxer lourdement les importations en provenance de la Chine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Ces discussions avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay interviennent alors que l’Alena est toujours menacé par Donald Trump.
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Sous pression des Etats-Unis, le Canada va négocier un accord de libre-échange avec le Mercosur

Ces discussions avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay interviennent alors que l’Alena est toujours menacé par Donald Trump.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h10
    |

                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



   


Mardi 20 mars, le Canada entamera des négociations en vue d’un traité de libre-échange avec les pays membres du Mercosur. Les représentants du gouvernement de Justin Trudeau retrouveront à Ottawa des délégations venues du Brésil, de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay. Le Mercosur, constitue un marché de 260 millions d’habitants pour un PIB de plus de 3 000 milliards de dollars canadiens (1 860 milliards d’euros).
« Un accord permettrait au Canada d’obtenir un meilleur accès aux marchés brésiliens et argentins, les deux poids lourds du Mercosur », explique Mark Agnew, directeur affaires internationales à la Chambre de commerce du Canada. Et d’ajouter : « Plusieurs secteurs pourraient bénéficier de cet accord, comme les produits chimiques, les machines et l’équipement. » A l’heure actuelle, les taxes peuvent atteindre jusqu’à 35 % dans le secteur automobile, par exemple. Un enjeu de taille alors que l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) est toujours menacé par Donald Trump.
Le Brésil risque néanmoins d’être plus difficile que les autres à convaincre. Celui-ci s’est longtemps plaint de la concurrence déloyale que livrerait le secteur aérospatial canadien en raison de son financement par le gouvernement. Les discussions s’annoncent ardues le Brésil et le Canada chercheront tous deux à protéger leurs joyaux respectifs : Embraer pour l’un, Bombardier pour l’autre.
Diversifier les relations commerciales
« L’objectif est l’harmonisation des conditions de commerce afin de se protéger des soubresauts politiques et économiques des partenaires », commente Philippe Faucher, professeur au Centre d’études et de recherches internationales à l’Université de Montréal.
Ce n’est pas la première fois que le Canada et le Mercosur essayent de s’entendre. Déjà en 2012, un round de négociations s’était tenu entre le gouvernement conservateur de Stephen Harper et ce bloc économique. « Environ 60 % du PIB canadien provient du commerce international, il n’est donc pas étonnant que le Canada cherche à diversifier ses relations commerciales », fait remarquer M. Faucher. Il rappelle d’ailleurs que le Canada tente de s’entendre avec l’Inde et la Chine mais que les discussions n’avancent guère.
Ces négociations surviennent quelques jours seulement après la signature, le 8 mars, de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). Ce dernier est la nouvelle mouture du Partenariat transpacifique mis à mal par le retrait des Etats-Unis des négociations, en janvier 2017. Avec cette entente, le Canada obtient l’accès à un marché de 495 millions de personnes, comptant pour 13 % du PIB mondial. Une analyse publiée par Affaires mondiales Canada affirme que cet accord engendrera pour le pays des gains économiques à long terme de 4,2 milliards de dollars.
L’Alena toujours menacé par Donald Trump
Surtout, ces discussions avec ces quatre pays d’Amérique latine interviennent alors que l’Alena est toujours menacé par Donald Trump. Le danger est grand pour le Canada, alors que les trois quarts de ses exportations sont destinées aux Etats-Unis. Selon le Conference Board du Canada, l’abandon de l’Alena entraînerait la perte de 176 000 emplois en deux ans.
En aucun cas une entente avec le Mercosur ne permettra de compenser ce choc. En 2016, le commerce bilatéral entre le Canada et Mercosur n’a totalisé que 8,1 milliards de dollars, alors que les échanges entre le Canada et les Etats-Unis se sont chiffrés à 544 milliards. Pour autant, en s’entendant avec le Marché commun du Sud, le Canada, qui possède déjà des accords avec le Chili, le Pérou et le Mexique s’assurerait un accès à la quasi-totalité de l’Amérique du Sud. En combinant le Mercosur, l’accord signé avec l’Europe et le PTPGP, le Canada aurait accès à un marché combiné plus de quatre fois la taille des Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La Maison Blanche devrait d’ici deux semaines annoncer des sanctions commerciales contre la Chine.
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Divorce sino-américain à Wall Street, avant l’offensive Trump

La Maison Blanche devrait d’ici deux semaines annoncer des sanctions commerciales contre la Chine.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 09h47
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

L’affaire rappelle l’écrivain Stefan Zweig quittant ses amis belges à Ostende à l’été 1914 pour rejoindre Vienne avant qu’éclate la Grande Guerre. A New York aussi, les amis se séparent avant le grand affrontement avec la Chine. Le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) a ainsi vendu l’intégralité de sa participation dans Blackstone, la firme d’investissement du milliardaire Stephen Schwarzman.
Bien sûr, les Chinois, qui avaient acheté 9 % du fonds en 2007, sont sortis au fil de l’eau et leur retrait ne s’est pas fait en un jour. Il n’empêche, les Chinois détenaient encore 5 % de Blackstone il y a un an, et la rupture apparaît très politique. M. Schwarzman conseille à ses heures Donald Trump, la participation chinoise dans ce fonds était politiquement gênante à Pékin, d’autant que sa performance n’a jamais été mirobolante. Cette séparation sonne comme un échec. En 2013, M. Schwarzman avait créé un fond de 300 millions de dollars (244 millions d’euros) pour que 200 étudiants venus du monde entier aillent passer un an à la prestigieuse université Tsinghua de Pékin, histoire de faciliter les échanges interculturels. Son but, éviter que ne se réalise la prophétie du professeur de Harvard, Graham Allison, l’inévitable guerre entre la Chine et les Etats-Unis.

Si le canon ne tonne pas, la guerre commerciale, en tout cas, s’annonce. Le désinvestissement de Blackstone s’inscrit dans une tendance générale : en 2017, les investissements chinois directs aux Etats-Unis ont reculé de 35 % à 29 milliards de dollars. Mais il s’agissait souvent d’acquisitions annoncées en 2016 et la tendance est à l’effondrement : les annonces de nouvelles acquisitions ont été divisées par dix l’an dernier, tombant à 8,7 milliards de dollars, soit leur plus bas niveau depuis six ans, selon le think tank Rhodium Group.
Contre-attaque américaine
Deux causes : le gouvernement de Xi Jinping, qui surveille la fuite des capitaux et des milliardaires de son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement tente d’inciter les épargnants à se tourner davantage vers les sociétés. Panorama de l’offre actuelle en attendant la présentation du projet de loi Pacte au mois de mai.
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Investir dans les entreprises : les placements existants

Le gouvernement tente d’inciter les épargnants à se tourner davantage vers les sociétés. Panorama de l’offre actuelle en attendant la présentation du projet de loi Pacte au mois de mai.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 08h05
    |

                            Laurence Boccara








                        


C’est en mai que devrait être présenté le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), dont l’objectif consiste à faire « grandir » les entreprises françaises face à la concurrence internationale. « Depuis plusieurs semaines, nous travaillons avec Bercy et d’autres professionnels sur un volet de ce texte qui devrait être consacré à la façon de mieux orienter l’épargne publique vers l’économie réelle et vers ces sociétés », indique David Charlet, président de l’Association nationale des conseils financiers (Anacofi).
la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) pourrait avoir à terme un effet positif sur les sociétés
En plus de bénéficier d’une conjoncture économique porteuse, les entreprises ont, depuis quelques mois, le vent en poupe. Car un mouvement destiné à encourager l’investissement dans les sociétés a déjà été enclenché. Ainsi, l’instauration, le 1er janvier, de la « flat tax » a été présenté comme une mesure voulue pour alléger la taxation du capital investi dans les valeurs mobilières, à savoir dans les entreprises, qu’elles soient petites (TPE), moyennes (PME, PMI, ETM) ou grandes, cotées ou non.
Quant à la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), elle pourrait avoir à terme un effet positif. « Cela devrait éviter aux sociétés familiales de distribuer d’importants dividendes à leurs actionnaires. Des dividendes qui jusqu’alors servaient à régler cet impôt. Désormais, ces fonds pourront être investis pour davantage développer la société », affirme Jean-David Haas, directeur général de NextStage AM.
Réduction d’impôt
En attendant l’annonce du projet de loi Pacte, voilà une sélection de placements qui investissent déjà dans l’économie réelle et productive. Si l’on veut choisir soi-même son investissement, le moyen le plus simple et le plus accessible (dès 20 euros) consiste à effectuer un placement par le biais d’une plate-forme de crowdfunding.

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« Le financement participatif peut se réaliser en “private equity” c’est-à-dire au sein du capital d’une société qui a besoin de fonds propres pour se développer ou en lui prêtant de l’argent par l’achat d’obligations pour financer un projet spécifique. Cette somme sera remboursée à court ou à moyen terme par la société », détaille Stéphane Fantuz, président de la Chambre nationale des conseillers en investissements financiers (CNCIF). Ici, on injecte de l’argent dans une seule société. Mais rien n’empêche d’investir sur plusieurs projets et de mixer les plates-formes de financement pour réduire le risque. Il est aussi possible d’investir seul et directement dans les fonds propres d’une société d’un proche, mais cela reste, là encore, limité à un actif.
Bloqués entre cinq à huit ans, ces placements sont susceptibles de rapporter plusieurs fois la mise ou de faire perdre tout ou partie du capital
Plus diversifiés, des produits collectifs tels que les fonds d’investissement de proximité (FIP) ou les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) permettent, par l’achat de parts, d’accéder à un portefeuille de participations de quinze à vingt sociétés triées sur le volet par la société de gestion. Alors que le FIP privilégie des entreprises installées dans des régions géographiques limitrophes, le FCPI cible des TPE et des PME exerçant une activité innovante. Ces placements sont souvent souscrits en fin d’année fiscale, car ils bénéficient d’une réduction d’impôt sur le revenu. Exceptionnellement, le taux est dopé cette année. Il est de 25 % de la somme investie, contre 18 % habituellement.
« Ceci n’est valable que jusqu’au 31 décembre. Ce dispositif n’a pas, pour l’instant, vocation à être prolongé au-delà », précise Stéphane Fantuz. Bloqués entre cinq à huit ans, ces placements sont susceptibles de rapporter plusieurs fois la mise ou de faire perdre tout ou partie du capital. Mieux vaudra choisir un gérant sur la base des performances de ses fonds débouclés (hors avantage fiscal). Une solution alternative consiste à acheter des titres de sociétés de capital-développement dont l’activité est d’accompagner les PME, ETI et ETM dans leur développement à long terme. « Notre portefeuille compte une cinquantaine de participations. La liquidité de ce placement est assurée par le marché boursier », commente Jean-David Haas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ D’après le site d’information Mediapart, cette évasion fiscale aurait été réalisée « pour l’essentiel au préjudice du fisc italien ».
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Le groupe français de luxe Kering aurait soustrait 2,5 milliards d’euros d’impôts

D’après le site d’information Mediapart, cette évasion fiscale aurait été réalisée « pour l’essentiel au préjudice du fisc italien ».



Le Monde
 |    16.03.2018 à 20h54
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 11h27
   





                        



   


Les montants sont importants, mais Kering n’y voit rien à redire. D’après les calculs de Mediapart, le groupe français de luxe détenu par la famille de François Pinault, troisième fortune française, « a économisé environ 2 milliards d’euros d’impôts depuis 2009, dont 1,4 milliard pour Gucci et 180 millions pour Saint Laurent. Si l’on remonte jusqu’en 2002, le chiffre atteint les 2,5 milliards », a affirmé, vendredi 16 mars, le site d’information dans une enquête réalisée en collaboration avec le réseau européen de médias d’investigation (ECI). « Pour l’essentiel au préjudice de l’Italie, mais aussi de la France et du Royaume-Uni ».

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Le numéro deux mondial du luxe, derrière LVMH, est sous le coup d’une enquête de la justice italienne depuis l’an dernier. En novembre 2017, le parquet a mené des perquisitions dans les locaux de Gucci, la filiale la plus rentable du groupe aux 15,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les juges enquêtent pour des soupçons d’évasion fiscale.
Une plate-forme logistique en Suisse
Selon les informations d’ECI, les juges s’intéresseraient au fonctionnement de Luxury Goods International (LGI), la plate-forme logistique du groupe Kering située en Suisse, à Cadempino dans le Tessin. Selon Mediapart, le groupe français a perpétué, après le rachat de la marque italienne Gucci en 1999, un accord fiscal qui, en accord avec le canton helvétique, limite à 8 % son taux d’imposition sur les sociétés.
Or LGI « encaisse aussi les ventes en gros aux magasins [et] l’écrasante majorité des recettes, donc des profits », écrit Mediapart. Après 1999, Kering a aussi confié à LGI la logistique et la facturation des ventes de Bottega Veneta, Stella McCartney, Alexander McQueen, Saint Laurent et Balenciaga, poursuit le site d’informations.
Kering se défend en soulignant que la vocation de cette société située en territoire suisse n’a rien de secret. Plus de 600 salariés travaillent dans cet entrepôt. Un bâtiment qui assurerait l’expédition de 19 millions de pièces chaque année, d’après la presse italienne. « LGI est un hub stratégique majeur notamment pour la distribution et la logistique centralisées des marques de Kering », rappelle le groupe, en faisant allusion à la façon dont il réduit ses coûts en gérant, sous un même toit, le stockage et la livraison de plusieurs de ses marques auprès de ses boutiques ou de ses clients.
« Un modèle connu des autorités fiscales »
« Ce modèle d’exploitation est connu des autorités fiscales françaises et des autres autorités fiscales compétentes », assure-t-il. L’entreprise rappelle que « chacune des sociétés du groupe implantées en Suisse exerce une activité économique effective. A ce titre, le groupe s’acquitte en Suisse des impôts dus, en conformité avec la loi et le statut fiscal de la société ».
« Kering a mis en place une gouvernance d’entreprise visant à assurer une conformité totale avec les réglementations fiscales dans les pays où il est présent », a-t-il encore fait valoir vendredi 16 mars dans un communiqué.
Le 13 février, date à laquelle le groupe avait dévoilé des résultats records, François-Henri Pinault avait reconnu dans une interview au Monde que « la brigade financière [s’était] rendue dans les locaux de Milan et de Florence », avant de préciser que le groupe n’avait alors « pas eu de retour ».

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La publication de ces informations devrait faire grand bruit en Italie. Gucci, la plus italienne des filiales du groupe Kering, a vu son activité bondir de 44,6 % pour atteindre 6,2 milliards d’euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ LE BILLET DE FRANCIS KPATINDÉ. La croissance record attendue en 2018 est une juste récompense pour le pays, hier « enfant malade », aujourd’hui admiré de ses voisins.
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Editorial

Ghana, le grand bond en avant

LE BILLET DE FRANCIS KPATINDÉ. La croissance record attendue en 2018 est une juste récompense pour le pays, hier « enfant malade », aujourd’hui admiré de ses voisins.

Par                                            Francis Kpatindé




LE MONDE
              datetime="2018-03-16T19:13:26+01:00"

        Le 16.03.2018 à 19h13






    
Performance de rue du DJ Evans Mireku Kissi dans le quartier de Jamestown, à Accra, capitale du Ghana, en juin 2015.
Crédits : FRANCIS KOKOROKO/REUTERS


Le Ghana pourrait intégrer cette année le trio des nations ayant la croissance économique la plus forte au monde. C’est, du moins, le pronostic convergent de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, du Fonds monétaire international et de la Brookings Institution. Sa croissance en 2018, attendue entre 8,3 % et 8,9 %, pourrait dépasser celles de l’Inde, en dépit de l’essor technologique du géant asiatique, et de l’Ethiopie, l’une des économies africaines les plus performantes de ces dernières années grâce, notamment, à l’expansion de sa production agricole et de ses exportations de café.

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Même s’ils n’ont pas toujours une répercussion directe dans l’assiette de la ménagère, ces bons indicateurs irradient au-delà de la capitale, Accra, jusqu’à Kumasi, en passant par Takoradi, Cape Coast et Elmina. Selon le New York Times, qui rapporte l’information dans son édition du 10 mars, seuls le royaume du Bhoutan, patrie du BNB, le « bonheur national brut », avec son marché intérieur lilliputien, et la Libye, pourtant en déconfiture, pourraient griller la politesse au Ghana et lui ravir les deux premières marches du podium.
« L’exception » ouest-africaine
Un Ghana en marche ordonnée vers les sommets ! Qui l’eût cru ? Le boom pétrolier, récent, n’explique pas à lui seul ce formidable bond en avant. La production cacaoyère, une gestion mesurée de l’économie nationale, l’esprit d’entreprise de la population, la place de choix réservée dans le débat public aux chefs traditionnels et aux rois, la bonne gouvernance et plusieurs alternances démocratiques à la tête de l’Etat ont fait le reste, propulsant cette nation de 29 millions d’âmes en haut de l’affiche. Juste récompense pour l’ancienne Gold Coast, passée par une longue période d’instabilité, une série de coups d’Etat, des années d’austérité et plus d’une décennie de couvre-feu.

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« L’enfant malade » d’hier fait désormais l’objet d’un culte, notamment chez ses voisins immédiats, tous francophones. Et pas uniquement à cause des sorties médiatiques savamment étudiées de son président, l’avocat Nana Dankwa Addo Akufo-Addo, dont la moindre mercuriale sur le dévoiement des élites africaines et leur sujétion à l’ancien colonisateur fait le buzz sur les réseaux sociaux. A un tel point qu’Accra est en passe de rejoindre la liste des capitales mythologiques africaines, à l’instar du « Ouaga » millésime Thomas Sankara. On se rend désormais au Ghana pour le week-end, afin de juger sur pièce « l’exception » ouest-africaine, de s’en inspirer, d’inscrire ses enfants à l’Ecole maritime de Tema ou à l’Université du Ghana, plus connue sous l’appellation « Université Legon ». Parfois aussi, à l’instar des protagonistes de la crise politique togolaise, afin de solliciter la médiation de ce « pays frère ».
High-life, costume national et raie dans les cheveux
Arriver à Accra en provenance de Cotonou, Dakar ou Conakry sonne généralement comme une délivrance et un retour à une forme de normalité placée – qui plus est – sous la triple ombrelle totémique de Kwame Nkrumah, chantre du panafricanisme et père de l’indépendance, de Jerry John Rawlings, fougueux capitaine révolutionnaire, et, bien entendu, de Nana Dankwa Addo Akufo-Addo. Ici, l’on fait étalage, chacun à sa manière, de sa passion pour le Ghana : high-life, costume national et raie dans les cheveux de rigueur. On honore en priorité et sans complexe les mets du cru, surtout le kenkey, le red-red et le banku, des plats qu’on retrouve en bonne place sur la table des officiels.
A Accra, le visiteur au fait des mœurs régionales va d’une surprise à l’autre. Griller un feu rouge est un sport national dans les trois métropoles ouest-africaines précitées. Impensable dans la capitale ghanéenne ! Automobilistes et cyclomotoristes respectent le feu tricolore et, même lorsqu’ils sont dans leur bon droit, ils s’immobilisent pour céder le passage aux piétons.

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Cité proprette et sans histoires où j’ai vécu plusieurs années, Accra a fait le choix de la verdure. Une légende tenace prévient d’ailleurs le visiteur qu’il y a plus d’arbres que d’habitants intra muros. Invérifiable, certes, mais un fait est avéré : abattre un arbre peut vous valoir de sérieux ennuis. Les jardins publics et les parcs sont légion : le très impressionnant Aburi Botanical Gardens, avec ses arbres géants, l’Achimota Forest Park, au nord de la ville, et le Kwame-Nkrumah Memorial Park, dans le centre. Les zémidjans, ces motos-taxis sources de nuisances atmosphériques et sonores à Cotonou, Lomé et ailleurs, sont prohibés. Une raison supplémentaire de succomber au charme feutré d’Accra : les policiers ripoux qui essaient de vous soulager de quelques cedis, la devise officielle, insistent rarement si vous leur tenez tête avec le sourire. C’est assez rare dans la région pour être signalé.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Renée fait bénéficier son infirmière de plusieurs assurances-vie ; Raymond lègue ses biens à son médecin ; Nicole fait un testament en faveur de sa psychanalyste. Neveux et compagne contestent ces legs, en invoquant l’article 909 du code civil.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Pas toujours bien identifié par les recruteurs, le MBA reste un atout majeur, qui peut toutefois être contourné par des cursus maison.
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Ce que pensent les employeurs français du MBA

Pas toujours bien identifié par les recruteurs, le MBA reste un atout majeur, qui peut toutefois être contourné par des cursus maison.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h30
    |

                            Gwenole Guiomard








                        


Les étudiants ne sont pas les seuls à se perdre dans l’offre de formation à la française. Pour les employeurs non plus, la tâche n’est pas aisée. Notamment quand il s’agit d’analyser le Master of Business Administration (MBA), un diplôme multiforme, dispensé par qui veut bien le proposer, non reconnu par l’Etat français et d’origine américaine. « Entre un excellent IAE, une grande école de management et un MBA, difficile pour un recruteur de faire la différence », confirme Bénédicte Ravache, la secrétaire générale de ­l’ANDRH, l’association nationale des DRH français.
La vision des recruteurs sur ce qu’est le MBA est donc souvent floue. Tous se rejoignent pour préciser que ce cursus ne promeut que les salariés appelés à des fonctions de direction. « Pour un manageur en devenir, ce diplôme est un signe de maturité professionnelle, de reconnaissance. Mais il doit être financé par l’employeur », estime Eric Beaudouin, ‭directeur général d’Oasys Consultants, un cabinet d’outplacement disposant de bureaux à Paris, Aix, Lyon et Bordeaux. Une façon polie ­d’expliquer que ce cursus est à ­déconseiller aux cadres en transition professionnelle.
Un atout à géométrie variable
Le MBA consolide une candidature, mais ne la transforme pas. « J’ai une vision très positive des MBA, explique Jean-Christophe Sciberras, DRH France du groupe de chimie Solvay (6 000 salariés en France). Ces cursus délivrent une culture “business/international/management” qui nous intéresse. Dans le monde de la chimie, un double cursus ingénieur et MBA constitue un vrai avantage. » Mais cela concerne peu de personnes : chez Solvay, le nombre de hauts potentiels représente 6 % ou 7 % des 7 000 manageurs du groupe au niveau mondial. Soit 500 futurs dirigeants. L’entreprise finance tout au plus dix MBA par an.

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Tout dépend aussi du secteur dans lequel on travaille. Il existe des branches de l’économie particulièrement intéressées par ces diplômés. Le conseil en est un. « Ces doubles diplômés savent ­manipuler, analyser, interpréter les données tout en ayant l’habitude de construire, brainstormer en équipe. Ils ont l’habitude d’un environnement multiculturel et savent convaincre tant à l’écrit qu’à l’oral », considère Rémi Legrand, président de Consult’in France, le syndicat des cabinets de conseil (5 000 recrutements prévus en 2018) et associé d’Eurogroup Consulting. « Nous recrutons nos patrons de centres de profits, ­d’entreprises, parmi ces profils très ambitieux », ajoute Nicolas Jachiet, président de Syntec-Ingénierie (53 000 recrutements prévus en 2018, dont 90 % d’ingénieurs).
Des cursus sur mesure
Reste que tous les manageurs n’ont pas besoin d’un MBA pour accélérer leur carrière. Loin s’en faut. Ainsi, sur les 800 000 ingénieurs exerçant leur métier en France, la moitié a une fonction d’encadrement. Mais seulement 10 % disposent d’un double ­diplôme ingénieur-manageur… « Le MBA rassure les recruteurs. Il leur garantit une capacité à travailler en anglais, mais il existe des MBA peu internationaux », observe Antoine Morgaut, le président de Syntec Conseil en recrutement, le syndicat des cabinets de recrutement en France (115 structures) et dirigeant Europe et Amérique latine du recruteur Robert Walters.
« Certains candidats persistent à confondre leur plaisir avec le réalisme du marché. » Antoine Morgaut, président de Syntec Conseil en recrutement
S’il est particulièrement intéressant pour les ingénieurs, « il n’est pas d’une grande utilité pour les diplômés français d’écoles de management, ajoute-t-il. Certains candidats persistent à confondre leur plaisir avec le réalisme du marché. Il faut suivre un MBA pour améliorer sensiblement ses compétences. Dans ce cas, cela a un impact. »
Le MBA demeure donc une ­valeur sûre pour le dirigeant en devenir sachant l’utiliser. Mais il peut être contourné. D’autant que les employeurs – surtout dans les grands groupes – recherchent des moyens pour abaisser les coûts de formation. Dans le cadre de ces mesures d’économie, le MBA est aujourd’hui concurrencé par des formations internes au management ou à la stratégie, se développant à travers les universités d’entreprise. Et permettant de fidéliser les cadres en question.

   


Pour le très haut potentiel, c’est alors un excellent moyen de franchir des échelons sans passer par l’onéreuse et chronophage case MBA. « En interne, les entreprises françaises souhaitent développer des cursus sur mesure pour leurs cadres de très haut niveau. Elles développent une logique gagnant-gagnant. L’employeur promeut le collaborateur, le rattache à ses ­enjeux pour que ce dernier développe sa société et transforme son potentiel en performance immédiatement comptabilisable », ­conclut Catherine Laval, experte en management des hauts potentiels pour Leroy Consultants, ­entité du groupe BPI.

Participez au MBA Fair du Monde, samedi 17 mars à Paris
Le groupe Le Monde organise, samedi 17 mars, au palais Brongniart, à Paris, la huitième édition du MBA Fair, le Salon des MBA & Executive Masters.
Cet événement est destiné aux cadres qui souhaitent donner un nouvel élan à leur carrière, et renforcer leur employabilité. Sont attendus les responsables de plus de 35 programmes de MBA et d’Executive Masters parmi les plus reconnus des classements internationaux, dans des domaines variés : stratégie, marketing, finances, ressources humaines et management… Des conférences thématiques animées par un journaliste du Monde, ainsi que des prises de parole organisées par les écoles présentes sont également prévues.
L’entrée est gratuite, la préinscription est recommandée pour éviter l’attente.
Ce Salon sera précédé de la publication, dans Le Monde daté du jeudi 15 mars, d’un supplément sur les MBA, à retrouver également sur notre page Lemonde.fr/mba.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Patrick Roger, journaliste au service politique du « Monde », actuellement à Mayotte, a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le régime de retraite des cheminots leur assure un départ plus tôt et une pension plus confortable que le reste de la population. Mais ce système déséquilibré coûte cher à l’Etat.
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La retraite des cheminots, un régime spécial largement déficitaire

Le régime de retraite des cheminots leur assure un départ plus tôt et une pension plus confortable que le reste de la population. Mais ce système déséquilibré coûte cher à l’Etat.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h42
    |

                            Jean-Gabriel Fernandez








                        



   


Le projet de réforme de la SNCF suscite l’inquiétude des cheminots pour leur avenir. Si le premier ministre, Edouard Philippe, a bien assuré que le projet de loi « n’est pas la réforme des retraites des cheminots », il a aussi annoncé la fin de l’embauche « au statut » des employés de la SNCF. Autrement dit, que les futurs agents ne seront pas sous le statut actuel des cheminots et ne cotiseront pas pour le régime spécial actuellement en vigueur, ce qui signifiera mécaniquement moins de cotisations salariales pour les retraites.
Ce régime spécial dont bénéficient les cheminots est dans le collimateur du gouvernement à cause de son coût élevé. Durant la seule année 2016, les retraites des cheminots ont été déficitaires de 3,3 milliards d’euros, comblés par l’Etat.
Pourquoi ça coûte si cher ?
Ils étaient 260 000 retraités de la SNCF en 2017, un chiffre à rapporter à environ 150 000 personnes actuellement employées par l’entreprise. Ce nombre important est en partie expliqué par l’âge minimum de départ en retraite pour les cheminots : 57 ans pour les agents sédentaires et 52 ans pour les conducteurs. L’âge minimum peut varier jusqu’à deux ans en fonction de l’année de naissance des agents, mais reste très en dessous du minimum de 62 ans en vigueur dans le privé. En 2016, en moyenne, les conducteurs ont pris leur retraite à 53 ans et 5 mois, les autres employés SNCF à 57 ans et 6 mois, contre 62 ans et 5 mois pour les affiliés au régime général.
Plus confortable que la retraite moyenne en France, qui était de 1 376 euros en 2015
La pension de retraite des cheminots est également plutôt avantageuse. A taux plein, elle correspond à 75 % du salaire des six derniers mois d’activité (dans le privé, on fait la moyenne des salaires des vingt-cinq meilleures années), auxquels s’ajoutent une grande part des primes. En 2016, la pension directe moyenne versée aux cheminots était de 24 759 euros par an, soit 2 063 euros par mois. Celle-ci est plus confortable que la retraite moyenne en France, qui était de 1 376 euros en 2015, selon le ministère des solidarités et de la santé.
Ce régime spécial, obtenu en 1909, est antérieur à la fondation de la SNCF. Or, il est aujourd’hui incapable de s’autofinancer et est subventionné par l’Etat, au même titre que dix autres régimes spéciaux (marine, mines, transports urbains). Le coût total des prestations de retraite des cheminots en 2016 était de 5,3 milliards d’euros, que les cotisations ne suffisent pas à couvrir. L’Etat a donc versé 3,3 milliards d’euros pour les cheminots à la retraite, soit près de 60 % du budget total dédié cette année-là aux onze régimes spéciaux, dont fait partie la SNCF.


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Contribution de l'Etat au financement des pensions de retraite de la SNCF depuis 2015


Source : Caisse prévoyance retraite de la SNCF



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Seuls les « agents du cadre permanent » de la SNCF sont affiliés au régime spécial des cheminots, cotisent et en bénéficient. Ils doivent avoir été embauchés avant leurs 30 ans, posséder toutes les qualifications demandées par l’entreprise et passer une période d’évaluation allant d’un an à deux ans et demi. Pour bénéficier de la retraite à taux plein en 2016, ils devaient également avoir accumulé 163 ou 164 trimestres de service à la SNCF, avec un taux de cotisation de 8,2 %. Dans le privé, le taux de cotisation moyen est aux alentours de 11 % pendant 172 trimestres. Les cheminots ont également une cotisation retraite avantageuse par rapport aux fonctionnaires, qui cotisent à hauteur de 10,56 %.
A la SNCF, 0,56 actif pour 1 retraité
Il y a en France 17,5 millions d’actifs qui travaillent, contre 14 millions de retraités. C’est-à-dire que 1,3 actif cotise pour chaque personne à la retraite. A la SNCF, où l’on est passé de 303 000 agents en 1970 à 150 000 aujourd’hui, ce ratio est de 0,56. En 2016, on comptait près de deux retraités pour chaque cotisant à la SNCF, et la situation continue de se dégrader. « Le nombre des cotisants baisse régulièrement à la SNCF, de 1,4 % en 2014, 2 % en 2015 et, en prévision, de 1,2 % en 2017 », note la commission chargée d’examiner les régimes de retraite par le Sénat.


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Nombre de cotisants et de pensionnés dans le régime de la SNCF


Source : Sénat



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Vers une disparition du régime spécial ?
C’était l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, qui ne cache pas son ambition d’abolir le régime de retraite des cheminots, qu’il qualifiait d’« injuste » l’été dernier lors d’un échange avec des cheminots.
« Je souhaite que l’on puisse avoir au premier semestre 2018 une loi-cadre qui donne le top départ de cette réforme, par exemple au 1er juillet 2018 ou début 2019. (…) Ceux qui étaient à cinq ans de la retraite ne sont pas touchés, les autres ont des droits acquis dans un régime et à partir de ce jour-là basculent vers un régime unique, où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits. »
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement cherche à revenir sur les avantages dont bénéficient les retraités de la SNCF. En 2008, une réforme des régimes spéciaux menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait déjà entamé le travail. Dans un premier temps, la réforme de 2008 a allongé la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein : de 37 ans et deux trimestres, celle-ci est passée à 41 ans et un trimestre aujourd’hui. Elle continuera d’être relevée d’un trimestre par an jusqu’à atteindre la durée en vigueur pour les assurés du régime général, soit 172 trimestres (43 ans). La réforme des retraites a également instauré une décote et une surcote identiques à celles des fonctionnaires.
En 2011, une nouvelle réforme a touché les retraites des cheminots et remonté l’âge d’ouverture des droits de deux ans. Le taux de cotisation salariale des agents du cadre permanent a également été modifié. Passant de 8,15 % en 2015 à 8,79 % en 2018, ce taux continuera d’augmenter jusqu’à atteindre 10,95 % en 2026.


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Evolution du taux de cotisation salariale des cheminots


Source : Legifrance.gouv.fr



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			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "datetime",
		 categories:null,
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value:%Y}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:"",
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Taux ",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
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      "enabled": 0
    }
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	tooltip: {
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		valueSuffix: " %",
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		},
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		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
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		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


L’une des conséquences observables est l’augmentation de l’âge moyen de départ à la retraite à la SNCF depuis 2009, une augmentation de trois ans pour les conducteurs et de deux ans et deux mois pour les autres. L’objectif poursuivi par la réforme de 2008 était d’aligner le régime des cheminots sur les règles en vigueur dans la fonction publique. Un objectif partiellement atteint, car les cheminots ont perdu quelques-uns de leurs avantages. La nouvelle réforme de la SNCF pourrait accélérer cette convergence vers le régime général des retraites.



                            


                        

                        

