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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Ameenah Gurib-Fakim est accusée d’avoir fait des achats personnels à l’aide d’une carte bancaire fournie par l’ONG Planet Earth Institute.
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Compte rendu

Maurice : démission de la présidente, impliquée dans un scandale financier

Ameenah Gurib-Fakim est accusée d’avoir fait des achats personnels à l’aide d’une carte bancaire fournie par l’ONG Planet Earth Institute.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-17T15:22:39+01:00"

        Le 17.03.2018 à 15h22






    
Ameenah Gurib-Fakim, le 29 novembre 2016, à Budapest en Hongrie.
Crédits : Zoltan Mathe / AP


La présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim a présenté, samedi 17 mars, sa démission « dans l’intérêt national ». Celle-ci prendra effet le 23 mars. Seule femme chef d’Etat en Afrique, elle est accusée d’avoir fait des achats personnels à l’aide d’une carte bancaire fournie par l’ONG Planet Earth Institute. Il y a quelques jours, elle avait fait savoir par la voix de son avocat qu’elle refusait de quitter son poste.
Sous forte pression depuis plus de deux semaines, la présidente Gurib-Fakim a reconnu les faits, tout en affirmant avoir utilisé la carte par « inadvertance » et avoir remboursé à PEI l’argent utilisé à titre personnel.
Bijoux, chaussures de marque
La démission de Mme Gurib-Fakim met un terme au feuilleton politique qui agite cet archipel de l’océan Indien depuis la publication par le quotidien mauricien L’Express de documents bancaires démontrant que la présidente avait utilisé à des fins personnelles une carte bancaire remise par PEI. Le montant des dépenses (bijoux, chaussures de marque…) s’élève à au moins 25 000 euros, selon le quotidien.
L’affaire fait aussi scandale car elle implique le milliardaire angolais Alvaro Sobrinho, un homme d’affaires controversé qui finance PEI et qui, depuis 2015, a tenté plusieurs fois d’investir à Maurice, selon L’Express, ce qui avait déjà déclenché des polémiques.
Samedi, l’avocat Yousouf Mohamed a assuré que la présidente est « soulagée » d’avoir finalement présenté sa démission, après les moments « difficiles » vécus ces dernières semaines.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale Malé, vendredi soir, demandant la fin de l’état d’urgence. Plus de 140 opposants ont été arrêtés.
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Maldives : arrestations massives après une manifestation contre l’état d’urgence

Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale Malé, vendredi soir, demandant la fin de l’état d’urgence. Plus de 140 opposants ont été arrêtés.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 13h25
   





                        


Les autorités des Maldives ont arrêté plus de 140 opposants après une grande manifestation, alors que tout rassemblement est interdit en vertu de l’état d’urgence imposé début février par le président Abdulla Yameen, a annoncé, samedi 17 mars, l’opposition.
Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale Malé, vendredi soir, et avaient continué à manifester jusque dans les premières heures de samedi, demandant la fin de l’état d’urgence, précise un communiqué publié par l’opposition à Colombo, au Sri Lanka. « Ignorant l’interdiction mise en place par le président et bravant les gaz poivrés et gaz lacrymogènes utilisés par la police et l’armée, aux premières heures de samedi, la manifestation rassemblait plusieurs milliers de personnes », déclare le communiqué.
Trois parlementaires arrêtés
A la suite de cette démonstration, 141 opposants prodémocratie, dont trois parlementaires, ont été arrêtés, la plus importante arrestation de masse depuis 2015, toujours selon l’opposition. La police maldivienne a confirmé, samedi, ces arrestations et fait savoir que seules deux personnes avaient été relâchées pour l’instant. Elle a également confirmé l’usage de gaz poivré et lacrymogène pour disperser cette manifestation interdite.
Le président Yameen fait face à une opposition de plus en plus grande, aussi bien dans le petit archipel de l’océan Indien qu’à l’extérieur, où de nombreux pays ont appelé à un retour à la démocratie. Il avait déclaré l’état d’urgence, limitant notamment les pouvoirs de la justice et du Parlement, après que la Cour suprême avait annulé des condamnations criminelles contre des dirigeants de l’opposition.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Au moins seize personnes, dont six enfants, se sont noyées, dans la nuit de vendredi à samedi, lors du naufrage d’un navire convoyant une vingtaine de migrants des côtes turques.
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Grèce : au moins 16 morts dans le naufrage d’un bateau de migrants

Au moins seize personnes, dont six enfants, se sont noyées, dans la nuit de vendredi à samedi, lors du naufrage d’un navire convoyant une vingtaine de migrants des côtes turques.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 13h37
   





                        


Un nouveau naufrage sur la route migratoire égéenne a fait au moins seize morts samedi, dont six enfants, à la veille du deuxième anniversaire du pacte UE-Turquie censé tarir les arrivées aux portes de l’Europe en provenance des côtes turques. Ce drame est le plus meurtrier dans la zone depuis la conclusion il y a deux ans de cet accord.
Sur la base des témoignages des trois seuls rescapés, deux femmes et un homme, qui ont gagné à la nage l’île d’Agathonissi, la police portuaire estime à deux ou trois le nombre de passagers toujours manquants.
Deux migrants ont par ailleurs trouvé la mort samedi matin près de la frontière terrestre avec la Turquie, quand la camionnette qui les convoyait s’est renversée en tentant d’échapper à un contrôle, a indiqué la police locale.
En mer, les recherches se poursuivaient samedi, mobilisant d’importants moyens, dont un bateau de Frontex, l’Agence européenne des frontières. Mais le bilan n’a fait que s’alourdir : dix nouveaux noyés ont été retirés des eaux en début d’après-midi, après la découverte de six premières victimes. Selon les médias, six enfants figurent parmi ces victimes, dont la nationalité était inconnue.
Des centaines d’arrivées par mois
Le drame intervient à la veille du deuxième anniversaire du pacte conclu entre les pays de l’UE et la Turquie pour tarir le flux migratoire entre la Turquie et les îles grecques, qui étaient devenues en 2015 la première porte d’entrée en Europe des populations, notamment syriennes, fuyant guerre et misère.
Cet accord a réduit les arrivées, même si elles continuent à se chiffrer à des centaines par mois, et les noyades, alors que plus d’un millier d’exilés, dont de nombreux enfants, avaient trouvé la mort en mer Egée en 2015 et 2016. Vivement contesté par le monde humanitaire, car il prévoit le renvoi en Turquie de tous les arrivants, y compris les réfugiés Syriens, cet accord a aussi abouti au confinement sur les îles grecques de milliers de migrants, dans des conditions dénoncées par les défenseurs des réfugiés et au prix de tensions avec les habitants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Aux commandes du pays depuis plus de dix-huit ans, Vladimir Poutine devrait être réélu à l’issue de la présidentielle, dimanche. Pourtant, son bilan économique et social est loin d’être flatteur.
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La Russie économique et sociale en quelques chiffres

Aux commandes du pays depuis plus de dix-huit ans, Vladimir Poutine devrait être réélu à l’issue de la présidentielle, dimanche. Pourtant, son bilan économique et social est loin d’être flatteur.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


La Russie, plus vaste pays du monde, est dotée de richesses exceptionnelles : hydrocarbures, minerais rares, forêts immenses… Pourtant, elle est confrontée à d’immenses difficultés économiques et sociales et reste dépendante d’une économie de rente fondée sur le pétrole. Le président russe, Vladimir Poutine, aux commandes depuis plus de dix-huit ans, devrait être réélu pour un 4e mandat à la tête du pays, à l’issue de la présidentielle dimanche 18 mars. Pourtant son bilan économique et social est loin d’être flatteur.
143,4 millions
C’est le nombre d’habitants en Russie, selon l’édition 2018 du Bilan du Monde. Depuis 2009, la courbe de croissance de la population est repartie à la hausse, après des années de baisse après le pic atteint en 1992 (148,689 millions d’habitants). Selon Philippe Pelé-Clamour, spécialiste de la Russie et professeur à l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) de Paris, « la politique familiale de Poutine pour aider à partir du deuxième enfant n’a pas fonctionné dans les villes, mais seulement dans les campagnes ». Depuis l’arrivée au pouvoir de Poutine, le taux de fécondité – en forte baisse depuis 1987 – est certes reparti à la hausse, mais il reste trop faible pour assurer le renouvellement des générations ; il était de 1,75 en 2015, selon les données disponibles les plus récentes.
1 469,3 milliards
C’est, en dollars, le montant du produit intérieur brut de la Russie, selon le Bilan du Monde, qui s’appuie sur les chiffres du Fonds monétaire international (FMI). Le pays, qui a le 12e plus gros PIB du monde, se place entre la Corée du Sud (1 529,7 milliards) et l’Espagne (1 307,2 milliards) et loin derrière les Etats-Unis, premiers avec 19 362,1 milliards de dollars. Le PIB russe, qui était à son plus-haut en 2013, représente actuellement un petit peu moins de 2 % du PIB mondial.
+ 1,8 %
C’est le taux de croissance qu’a connu Russie en 2017, d’après les estimations du FMI. Pour 2018, la présidente de la Banque centrale de Russie, Elvira Nabioullina, a estimé, en décembre 2017, que la croissance serait « entre 1,5 % et 2 % ». Le pays a beau être sorti de la récession dans laquelle il était plongé depuis 2014, sous le double effet de la chute des cours du pétrole et des sanctions, la reprise reste fragile, notamment à cause de la production industrielle qui a suivi une brusque rechute en novembre 2017.
– 8,4 %
C’est le déficit budgétaire hors recettes pétrolières en 2017, selon le FMI. Avec les recettes pétrolières, il n’était que de 1 % en 2017. Cela montre la dépendance énorme du budget aux recettes des ventes d’hydrocarbures.
10 307
C’est, en dollars, le revenu national brut par habitant en 2016, selon la Banque mondiale. En hausse quasi constante depuis des dizaines d’années, ce chiffre accuse une baisse depuis 2013 et place aujourd’hui la Russie assez loin dans le classement mondial (entre la 55e et la 60e place, selon les modes de calcul), à quelques rangs devant le Kazakhstan, mais derrière notamment la Pologne et la Hongrie.
71,3 ans
C’est l’espérance de vie moyenne en 2015, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec un écart très important entre les femmes (76,7 ans) et les hommes (65,9 ans). Cette moyenne reste bien en deçà de celle que connaissent la plupart des pays développés à l’instar de la France (82,4 ans) ou des Etats-Unis (78,8 ans).
103 438
C’est le nombre de nouveaux cas d’infection par le VIH enregistrés en 2016 parmi les citoyens russes, selon l’Onusida. Dans son rapport 2017, l’organisme saluait des améliorations sur l’épidémie partout dans le monde, sauf en Europe orientale et en Asie centrale. En Russie, l’épidémie s’est développée ces dernières années à un rythme inquiétant, puisqu’en 2010, le nombre de nouveaux cas se limitait à 62 581.
19,8 millions
Selon les statistiques officielles russes, c’est le nombre de Russes vivant sous le seuil de pauvreté en 2016 ; 13 % de la population vivait cette année avec moins que le revenu minimal fixé à 9 691 roubles (environ 160 euros), soit le niveau le plus haut enregistré depuis dix ans. Ils n’étaient que 16,1 millions à vivre sous ce seuil en 2014, avant l’entrée de la Russie en récession à cause de l’effondrement des cours du pétrole et des sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne. L’année 2016 fut donc la pire en Russie en termes de pauvreté depuis 2006, quand 21,6 millions de Russes vivaient sous le seuil de pauvreté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Editorial. La série d’enquêtes que « Le Monde » vient de publier montre qu’il reste des zones d’ombre autour du rôle de la France pendant le génocide. Aux archives désormais de « parler ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Faire la clarté sur le rôle de la France au Rwanda

Editorial. La série d’enquêtes que « Le Monde » vient de publier montre qu’il reste des zones d’ombre autour du rôle de la France pendant le génocide. Aux archives désormais de « parler ».



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 15h55
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A quoi bon enquêter sur le rôle de la France avant et pendant le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda ? Tout n’a-t-il pas déjà été dit par la Mission d’information parlemaentaire de 1998 ? Les archives n’ont-elles pas été déclassifiées par François Hollande en 2015 ? Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas reconnu en 2010 des « erreurs d’appréciation, des erreurs politiques » qui « ont eu des conséquences absolument dramatiques » ? Eh bien non. Il reste d’importantes zones d’ombre.
Certaines relèvent de la France, d’autres pas. Ce génocide, le dernier du XXe siècle, est loin d’avoir été élucidé dans toutes ses dimensions. A commencer par son « déclencheur », l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana : ce crime, qui est à l’origine mais qui n’est pas la cause des massacres qu’une partie du régime en place avait largement préparés, est devant la justice française depuis vingt ans, sans que l’enquête soit close. D’autres procédures sont en cours, visant des militaires français pour leur rôle durant l’opération militaro-humanitaire « Turquoise » intervenue fin juin 1994, avec pour mandat de l’ONU de faire cesser les massacres et de protéger les civils. Ces procédures sont devenues une gêne diplomatique et un abcès de fixation.
La série d’enquêtes que Le Monde vient de publier montre que le rôle de la France, meilleur soutien du régime Habyarimana dans sa guerre contre la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais – FPR –, est loin d’avoir été clair pendant les massacres. « Turquoise », dans l’esprit de certains dirigeants français, devait, sous couvert d’humanitaire, remettre en selle le gouvernement intérimaire rwandais, auteur du génocide. Trop occupée à massacrer des civils, l’armée rwandaise était, en effet, en train de perdre la guerre contre le FPR. Quand les soldats de « Turquoise » ont débarqué au Zaïre voisin, il était – heureusement – trop tard pour reprendre le contrôle de Kigali, la capitale.
Travail incomplet
D’autres faits sont troublants. Pourquoi et comment des livraisons d’armes aux Forces armées rwandaises (FAR) ont-elles pu avoir lieu sous les yeux des soldats français en plein embargo de l’ONU ? Que faisaient et que savaient les militaires français restés aux côtés des FAR après le début du génocide ? Enfin, pourquoi des avertissements explicites – comme la note de la délégation aux affaires stratégiques du ministère de la défense que nous avons révélée – sur la catastrophe à venir, la répétition de massacres précurseurs, la formation de milices, la préparation des esprits, ont-ils été ignorés ?
Sur tous ces points, le travail de la mission parlementaire de 1998 est pour le moins incomplet et ses conclusions lénifiantes. Les tribunaux ne sont pas le lieu, non plus, pour dire sereinement l’Histoire. Parce qu’ils sont les premiers visés par les instructions en cours, des militaires sont sortis de leur réserve, pour se défendre ou mettre en cause les ordres reçus. C’est aux politiques et à leurs archives qu’il incombe de « parler ». A commencer par celles de François Mitterrand, qui a joué un rôle essentiel dans le soutien au régime rwandais de 1990 à 1994. Ses écrits sont consultables, mais uniquement selon le bon vouloir de Dominique Bertinotti, gestionnaires des archives du président défunt.
Emmanuel Macron, qui n’a pas d’héritage politique à ménager, ni à droite ni à gauche (la France était en cohabitation en 1994), est le mieux placé aujourd’hui pour rendre réelle et effective la déclassification annoncée par son prédécesseur en 2015. C’est une exigence morale et historique.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’ancien « tsar anticorruption » occupera un rôle central, au détriment du premier ministre Li Keqiang.
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Wang Qishan, un ami loyal de Xi Jinping, nommé à la vice-présidence chinoise

L’ancien « tsar anticorruption » occupera un rôle central, au détriment du premier ministre Li Keqiang.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h26
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



   


L’élection samedi 17 mars par les députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le Parlement chinois, au poste de vice-président du pays, de Wang Qishan, l’ex-tsar anticorruption du premier mandat de Xi Jinping, confirme le rôle primordial que le plus proche allié du numéro un chinois va continuer à jouer à ses côtés.
Xi Jinping, qui a été reconfirmé à l’unanimité absolue à la présidence, samedi, devrait charger le nouveau vice-président de délicates missions dans son domaine d’expertise, les discussions économiques avec les Etats-Unis, alors que Washington s’apprête à entrer en guerre commerciale avec Pékin. Le numéro un chinois garde aussi à ses côtés l’homme qui connaît tous les dossiers du monde politique chinois, puisqu’il aura fait tomber en cinq ans 250 « tigres », des cadres de haut rang, et puni plus de deux millions d’officiels subalternes. Cette purge, d’une brutalité inouïe, fit office d’arme de destruction massive dans la spectaculaire conquête du pouvoir par Xi Jinping et ses hommes.

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La complicité entre l’actuel président chinois et Wang Qishan est née dans les montagnes de lœss de la province du Shaanxi, où les deux « jeunes instruits » vivent à la dure, à 50 km l’un de l’autre, dans le chaos de la Révolution culturelle lancée par Mao. Ils s’échangent des livres interdits, devisent peut-être des difficultés du pays. Wang Qishan rejoindra ensuite la noblesse rouge, à laquelle appartient Xi Jinping, en épousant la fille d’un vice-premier ministre, Yao Yilin. Il continuera à voir son cadet qui, alors cadre de province dans les années 1980, vient écouter ses conseils de disciple de l’économie de marché naissante.
« Capitaine des pompiers »
M. Wang fera d’abord ses armes comme président de la première banque d’Etat introduite en Bourse à la fin des années 1990. Il gère ensuite la faillite d’un grand groupe public d’investissement. Surnommé le « capitaine des pompiers », on l’envoie en 2003 sur le front de l’épidémie du SRAS, la pneumonie atypique, comme maire de Pékin. Et préparer les Jeux olympiques. Il est vice-premier ministre quand la crise financière de 2008 frappe l’Amérique, un moment qu’il ne cessera, auprès de plusieurs interlocuteurs étrangers, de présenter comme une chance stratégique pour la Chine et son « socialisme aux couleurs chinoises ». Wang Qishan est connu pour sa passion de l’Histoire pour ce qu’elle apporte d’enseignements politiques.
Le poste de vice-président est surtout cérémonial, mais tout indique qu’avec M. Wang, qui jouit d’une forte popularité en raison de son ardeur à pourchasser les grands corrompus du régime, il prendra une autre dimension, marginalisant un peu plus dans un rôle de simple administrateur le premier ministre Li Keqiang, pourtant numéro deux du régime selon le rang protocolaire. « Le pouvoir actuel en Chine, ce n’est pas tant celui d’un seul homme, mais d’une petite équipe », analyse un diplomate européen. Dans ce clan resserré, il y a donc le loyal Wang Qishan, mais aussi Li Zhanshu, nouveau président du Parlement, ou encore l’idéologue Wang Huning, qui a théorisé le « rêve chinois » de prospérité et de puissance promis par M. Xi à son peuple.
Comme M. Xi, Wang Qishan, âgé de 69 ans, pourra en théorie occuper sans limite ce poste, qui, jusqu’à présent, avait été réservé sous le second mandat des chefs d’Etat à leur successeur désigné – un usage avec lequel les deux alliés rompent aujourd’hui. Des amendements à la Constitution votés la semaine dernière ont supprimé la restriction à deux mandats aux postes de président et de vice-président.
Trophée de chasse
Son rang élevé le protégera de toutes représailles d’ennemis putatifs, même si M. Wang n’est plus ni au bureau politique du PCC, ni à son comité permanent, le collectif suprême de direction du parti à sept sièges, depuis le 19e congrès d’octobre 2017, du fait de son âge : la règle, tacite, interdisait d’y rester au-delà de 68 ans.
Les observateurs avaient pu anticiper la promotion de Wang Qishan en regardant la télévision officielle chinoise. Lors des sessions parlementaires au palais de l’Assemblée du peuple, les caméras n’ont cessé de le montrer assis à la même rangée que les sept membres du comité permanent – à la… huitième place.

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Sa possible prorogation au sein du comité permanent avait suscité moult spéculations dans les mois précédant le 19e congrès. A l’époque, Wang Qishan faisait l’objet d’une virulente campagne de dénonciation de la part d’un milliardaire chinois, Guo Wengui, qui accusait depuis son exil doré à New York des proches du chef de la commission disciplinaire du parti d’être les principaux actionnaires d’un puissant conglomérat multipliant les investissements à l’étranger, HNA.
Le redoutable tsar anticorruption s’était absenté de la vie publique, comme il l’a fait à plusieurs reprises ces dernières années. Toujours pour réapparaître avec un trophée de chasse spectaculaire, cette fois les têtes de Sun Zhengcai, l’un des deux successeurs potentiels de Xi Jinping, purgé l’été 2017 pour « grave violation de la discipline » (synonyme de corruption) comme tant d’autres avant lui, puis de deux hauts généraux, dont l’un se suicida.



                            


                        

                        


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Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h19
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            Isabelle Mandraud (Simferopol, Sébastopol (Crimée), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En pleine crise diplomatique aiguë entre Londres et Moscou, provoquée par l’empoisonnement d’un agent double russe sur le sol anglais, Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères britannique, a reçu, mercredi 14 mars, une délégation des Tatars de Crimée menée par leur chef, Moustafa Djemilev, résidant aujourd’hui à Kiev.
La rencontre a eu lieu le jour même où Vladimir Poutine visitait sur place, à l’est de la Crimée, le pont de Kertch, en cours de finition pour relier le territoire à la Russie continentale. Bientôt, a promis Moscou, il sera ainsi définitivement arrimé à la « mère patrie ». En attendant, l’élection présidentielle russe organisée dimanche 18 mars, quatre ans jour pour jour après l’annexion par la Russie, marque une étape supplémentaire dans le processus d’intégration de la péninsule ukrainienne.

A Simferopol, capitale de la Crimée, Zaïr Smedlov donne rendez-vous devant la Cour suprême. « Pour éviter les rassemblements, les bancs ont été enlevés », prévient-il d’emblée, en s’excusant. Les Tatars s’attroupent régulièrement ici afin de soutenir des membres de cette communauté musulmane autochtone opposée depuis 2014 aux nouvelles autorités russes. Ce 13 mars, quatre d’entre eux, soupçonnés d’escroquerie, passent en appel.
« Depuis un an, c’est la nouvelle tendance, ceux qui ne sont pas d’accord avec le pouvoir sont arrêtés pour n’importe quelle raison, affirme Zaïr Smedlov. On ouvre des affaires pénales sur tout, même pour des publications sur les réseaux sociaux. »
Chaque électeur a reçu par courrier une « invitation » personnalisée pour se rendre dans un bureau de vote
Cet ancien professeur de dessin, ex-secrétaire du Mejliss, le conseil des Tatars de Crimée classé « extrémiste » par Moscou en 2016, observe avec une froide indifférence les préparatifs pour la présidentielle russe, prévue pour la première fois dans la péninsule. « Ce n’est pas notre affaire »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Plus de 20 000 personnes auraient fui l’enclave, où l’armée du régime progresse.
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Syrie : l’exode des civils de la Ghouta orientale sous les bombes

Plus de 20 000 personnes auraient fui l’enclave, où l’armée du régime progresse.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h18
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            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Dans un chaos total, des civils continuent de fuir la Ghouta orientale, aux portes de Damas. Epuisés, munis de maigres effets, des centaines d’habitants ont emprunté, samedi 17 mars, le corridor ouvert par les forces prorégime dans le sud de l’enclave rebelle, désormais scindée en trois parties. Depuis jeudi, les départs, par des chemins de terre, se font par milliers en direction du territoire tenu par les autorités, depuis Hammouriyé et ses environs, alors que les combats s’y intensifient. Dans cette zone, l’armée et les milices alliées ont réalisé d’importantes avancées.
Le début d’exode, après un mois de bombardements aériens, rappelle les premières sorties, dans la panique, des habitants des quartiers de l’est d’Alep, lorsque l’offensive terrestre des forces prorégime avait débuté, en novembre 2016. Ces départs, depuis la Ghouta orientale, étaient un scénario redouté. Le journal syrien en ligne Enab Baladi, pro-opposition, faisait état, il y a quelques jours, de négociations entre des notables locaux du sud de la poche rebelle – notamment originaires de Hammouriyé – et le camp prorégime. Il s’agissait d’obtenir un cessez-le-feu et le maintien des civils sur place, en échange de l’évacuation de combattants, dans ce territoire dominé par Faylaq Al-Rahmane, une faction nationaliste et islamiste. Rien de cela ne s’est produit.
Cet exil, dans la violence, donne lieu à des récits opposés. Le camp loyaliste, soutenant que les civils sont pris en otage par les rebelles, décrit leur fuite comme une « libération ». L’armée a lancé, vendredi, un nouvel appel aux habitants à partir. Des militants de l’opposition dénoncent la tactique de la terre brûlée menée par le régime. Ils s’inquiètent que ces départs, depuis des localités où nombre de rues ont été transformées en champs de ruines par les frappes aériennes des forces russe et syrienne, soient irréversibles. Si, dans l’est d’Alep, d’importants retours ont eu lieu l’année passée, d’autres localités reprises par le régime, comme Daraya, proche de Damas, sont des lieux fantômes : aucun habitant n’a été autorisé à y revenir depuis l’été 2016.
« Aucune garantie de sécurité »
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), un peu plus de 20 000 civils ont pris la fuite depuis jeudi. Bachar Al-Jaafari, l’ambassadeur syrien à l’ONU, a évoqué, vendredi, 40 000 départs. Les chiffres sont invérifiables. Aucune organisation internationale n’est présente pour encadrer ces départs. Les femmes, les enfants et les personnes âgées qui ont fui sont transportés vers des centres d’accueil sommaires ouverts par les autorités, où le Croissant-Rouge syrien apporte de l’aide.
L’étau se resserre dans le sud de la Ghouta orientale. Les forces prorégime y progressent, malgré la résistance opposée par les insurgés. « Il faut que des corridors sécurisés soient mis en place, exhorte, inquiet, le docteur Abou Ahed (le nom a été modifié pour des raisons de sécurité), un soignant de Kfar Batna. Le seul corridor ouvert [dans le sud] est contrôlé par le régime. Il n’y a aucune garantie de sécurité. » Les militants s’alarment du risque d’arrestation ou, pour les hommes, d’enrôlement forcé dans l’armée.
C’est à Kfar Batna que les bombardements aériens ont fait le plus grand nombre de victimes, dans la Ghouta orientale, vendredi. Au moins 64 personnes y ont été tuées, selon l’OSDH. Le docteur Abou Ahed rapporte que l’attaque s’est produite « contre un marché. Certains cadavres sont carbonisés. » Samedi matin, au moins 30 civils ont été tués dans des raids aériens sur Zamalka, selon l’OSDH.
Dans le nord de l’enclave tenu par Jaych Al-Islam, bombardements aériens et combats restent quotidiens. Mais de fragiles négociations se poursuivent entre le puissant groupe islamiste et des représentants russes. A Douma, la ville la plus peuplée de la Ghouta orientale, des militants espèrent encore qu’un accord puisse être arraché, afin d’éviter un autre exode massif de civils.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le pouvoir ne trouve pas la réponse à la multiplication de mouvements réclamant un royaume plus juste.
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Compte rendu

Au Maroc, le palais royal confronté à la colère sociale

Le pouvoir ne trouve pas la réponse à la multiplication de mouvements réclamant un royaume plus juste.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
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        Le 17.03.2018 à 10h05

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        Mis à jour le 17.03.2018 à 14h27






                        

Crédits : Youssef Boudlal / REUTERS


                    

Le Maroc trouvera-t-il la parade ? En une année, le royaume a été confronté à une multiplication des mouvements sociaux d’ampleur. Dans le Rif, au nord du pays, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues, avant que la contestation ne se porte sur Zagora, dans le sud, puis, depuis décembre 2017, sur Jerada, une ville minière proche de la frontière de l’Algérie, à l’est.
Si ces mouvements s’inscrivent dans des contextes régionaux différents, tous ont en commun une même revendication de justice sociale – du travail, des services publics, la fin des privilèges – à laquelle le Maroc, qui se targue d’être une puissance africaine montante, va devoir répondre, sous peine d’être durablement fragilisé.
Le mouvement le plus important a été celui d’Al-Hoceima, dans le Rif, où, pendant près d’une année, d’octobre 2016 à juin 2017, les manifestations se sont succédé. C’est un drame individuel, presque un fait divers, qui a servi d’étincelle dans cette région historiquement marginalisée et réputée rebelle. Le 28 octobre 2016, un jeune vendeur de poissons, Mouhcine Fikri, 31 ans, est mort broyé par une benne à ordures alors qu’il essayait d’empêcher la police de détruire sa marchandise, pêchée illégalement.

Des centaines d’arrestations
Les revendications ont très vite dépassé le désir de justice de la famille pour s’étendre à des demandes sociales plus larges. Jeune, sans travail fixe, Mouhcine Fikri avait réussi à gagner sa vie, bon an mal an, dans l’économie informelle, comme le font bon nombre de familles de cette région enclavée. Dans l’esprit de la population locale, même cette « débrouille » du quotidien n’est plus possible. Le jeune homme avait été rattrapé par l’arbitraire d’une administration qui peut, à sa guise, décider de fermer les yeux ou de punir.
La colère était d’autant plus vive qu’une partie du nord-ouest du Maroc, autour de la ville de Tanger, a bénéficié de très importants investissements depuis...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi l’expulsion de 23 diplomates britanniques. Theresa May estime que ces mesures de rétorsion ne changent rien à la culpabilité de la Russie.
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Espion empoisonné : Moscou réplique à Londres

Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi l’expulsion de 23 diplomates britanniques. Theresa May estime que ces mesures de rétorsion ne changent rien à la culpabilité de la Russie.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 17h54
   





                        


Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi 17 mars l’expulsion imminente de vingt-trois diplomates britanniques en réponse à une mesure similaire annoncée par Londres après l’empoisonnement en Grande-Bretagne d’un espion russe et de sa fille. Sergueï Skripal, 66 ans, et Youlia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, le 4 mars, une tentative d’empoisonnement prêtée à la Russie.
« Vingt-trois membres du personnel diplomatique de l’ambassade britannique à Moscou sont déclarées persona non grata et vont être expulsées dans la semaine », a annoncé le ministère qui avait convoqué l’ambassadeur britannique, Laurie Bristow, pour lui faire part de cette décision. Cette mesure est une réponse aux « actions de provocation » et aux « accusations sans fondement concernant l’évènement du 4 mars à Salisbury » portées par Londres, précise le ministère.
La première ministre britannique, Theresa May, a estimé peu après que les mesures de rétorsion prises par Moscou en réaction aux sanctions britanniques ne changent « rien aux faits » et à la culpabilité de la Russie. « La réponse de la Russie ne change rien aux faits : la tentative d’assassinat de deux personnes sur le sol britannique, pour laquelle il n’existe pas d’autre conclusion que celle de la culpabilité de l’Etat russe », a affirmé la cheffe du gouvernement lors d’un discours prononcé au congrès du Parti conservateur, à Londres.
Le gouvernement britannique a ordonné mercredi l’expulsion de 23 diplomates russes, une mesure inédite depuis la fin de la Guerre froide, et suspendu toutes les rencontres bilatérales, provoquant la colère de Moscou qui réfute les accusations.

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Fin des activités du Bristish Council
Moscou a par ailleurs annoncé qu’il mettait fin aux activités du British Council en Russie, l’organisme international britannique pour les relations culturelles et l’éducation. « Etant donné le statut hors régulation du British Council en Russie, son activité est arrêtée », a annoncé le ministère des affaires étrangères russe.
Moscou se réserve le droit de prendre d’autres sanctions contre la Grande-Bretagne dans l’éventualité où Londres prendrait d’autres mesures hostiles, ajoute le ministère. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, avait annoncé vendredi que la Russie s’apprêtait à expulser des diplomates russes.
La confrontation entre les Occidentaux et Moscou s’est encore durcie vendredi, à deux jours de l’élection présidentielle russe de dimanche, que Vladimir Poutine s’apprête à remporter pour un quatrième mandat qui le maintiendra à la tête de la Russie jusqu’en 2024.
Le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, avait alors assuré que Londres en voulait au « Kremlin de Poutine » et non à la Russie pour cette attaque à Salisbury, petite ville du sud de l’Angleterre. « Nous pensons qu’il est extrêmement probable qu’il s’agisse de sa décision d’ordonner l’utilisation d’un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l’Europe, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », avait déclaré M. Johnson.
« Menace pour la paix et la sécurité »
Le Kremlin avait aussitôt réagi, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. Dans cette affaire, « toute mention ou référence à notre président n’est rien d’autre que choquant et impardonnable », a-t-il dit.

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Moscou nie depuis le début avoir commandité cette attaque au « Novitchok », un agent toxique mis au point par la Russie à l’époque soviétique et que, selon l’un de ses inventeurs qui vit désormais aux Etats-Unis, seule la Russie est capable de produire.
Samedi, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a accusé Theresa May, sur la chaîne publique Rossiya 24, d’avoir inventé un empoisonnement au « Novitchok » car ce mot a une consonance qui « l’associe directement à la Russie, qui l’associe directement à quelque chose de russe ». Selon elle, il n’y a jamais eu en URSS ou en Russie « de recherches qui s’appelaient ou avaient pour nom de code ’Novitchok’ ».
L’OTAN s’était dite « profondément préoccupée par la première utilisation offensive d’un agent neurotoxique sur le territoire de l’Alliance depuis sa fondation », notant qu’elle considérait « toute utilisation d’armes chimiques comme une menace pour la paix et la sécurité internationales ». Moscou avait répondu en niant avoir fabriqué du « Novitchok ». « Il n’y a eu aucun programme de développement d’armes chimiques sous le nom Novitchok ni sous l’URSS, ni en Russie », avait déclaré le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ John Bailey, qui dirige l’institution hollywoodienne depuis août 2017, fait l’objet d’une enquête après trois accusations de harcèlement sexuel.
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Harcèlement sexuel : le président de l’Académie des Oscars visé par une enquête interne

John Bailey, qui dirige l’institution hollywoodienne depuis août 2017, fait l’objet d’une enquête après trois accusations de harcèlement sexuel.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 08h18
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 11h02
   





                        


Le président de l’Académie des arts et sciences du cinéma, qui remet les prestigieux Oscars, fait l’objet d’une enquête interne à la suite d’accusations de harcèlement sexuel, rapportaient, vendredi 17 mars, plusieurs médias américains. La chaîne de télévision CBS et le magazine spécialisé dans l’industrie du film Variety, citant des sources proches du dossier, écrivent notamment que l’Académie a reçu ces trois accusations, mercredi, au sujet de John Bailey et a aussitôt ouvert une enquête.
En réponse aux questions de l’AFP, l’Académie s’est contentée de répondre qu’elle « traite toutes les plaintes de façon confidentielle pour protéger toutes les parties prenantes ». « La commission des membres examine toutes les plaintes contre des membres de l’Académie au regard de nos règles de conduite, et après cet examen, elle soumet ses conclusions au conseil des gouverneurs », a-t-elle précisé dans sa déclaration.
Séisme de l’affaire Weinstein
John Bailey, directeur de la photographie de 75 ans, préside la vénérable institution d’Hollywood depuis août 2017. En février, lors d’un déjeuner réunissant tous les artistes nommés aux Oscars cette année, il avait affirmé avec force que l’Académie se « réinventait » et qu’Hollywood était en train « d’enfoncer dans l’oubli à coup de marteau-piqueur le lit fossilisé de beaucoup de [ses] pires abus ». Il faisait allusion au séisme de l’affaire Harvey Weinstein, le producteur déchu accusé de harcèlement, agression sexuelle ou viol par une centaine de femmes, dont des stars comme Gwyneth Paltrow, Léa Seydoux ou Angelina Jolie.

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                Une cérémonie des Oscars particulièrement politique



Le scandale sur Weinstein a provoqué une vague de révélations sur des abus sexuels d’hommes puissants à Hollywood, dont Kevin Spacey, Jeffrey Tambor, Dustin Hoffman, Steven Seagal ou le producteur Brett Ratner, entre autres. Weinstein a été exclu de l’Académie et la puissante institution du cinéma américain a annoncé la mise en place d’un nouveau code de conduite destiné à contrer le harcèlement sexuel sur les plateaux.
John Bailey a succédé à Cheryl Boone Isaacs, qui avait mené la charge pour réformer l’Académie et l’ouvrir plus aux minorités ethniques. Elle-même noire, elle avait dû répondre à de nombreuses accusations de discrimination raciale au sein de l’Académie dans la foulée de la campagne #OscarsSoWhite sur les réseaux sociaux. La filmographie de Bailey inclut 84 titres, dont Les Divins Secrets, Un Jour sans fin ou American Gigolo.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Oleksiy Makukhin est membre d’une ONG ukrainienne qui a conduit des travaux de recherche sur la télévision russe. Dans une tribune au « Monde », il livre les conclusions de cette enquête.
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édition abonné


« Sur les écrans de télé russes, l’Europe est mentionnée de façon négative »

Oleksiy Makukhin est membre d’une ONG ukrainienne qui a conduit des travaux de recherche sur la télévision russe. Dans une tribune au « Monde », il livre les conclusions de cette enquête.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 08h00
    |

Oleksiy Makukhin (chercheur au Ukraine Crisis Media Center)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis quelques années, la mise en place par la Russie de véritables usines à trolls et à « fake news » est un phénomène désormais avéré. Notre organisation non gouvernementale Ukraine Crisis Media Center (UCMC) travaille sur la question de la désinformation russe depuis le début de l’agression militaire de ce pays contre l’Ukraine, en 2014. En nous fondant sur les cas nombreux où nous avons pu mettre au jour des cas de désinformation délibérée, nous avons constaté avec étonnement que même lorsque des nouvelles manifestement fausses sont confrontées aux faits, cela ne modifie en rien l’opinion de fond de l’audience visée.
Nous avons étudié les journaux télévisés et les talk-shows politiques des trois plus grandes chaînes de télévision publiques sur une période de trois ans et demi
La méthode de propagande russe repose sur des récits que nous considérons comme des éléments essentiels des campagnes de désinformation conduites par Moscou. Ces récits sont globaux, simples et émotionnels. Ils fournissent aux événements réels et à leurs motivations supposées des explications qui sont faciles à comprendre et leur donnent du sens aux yeux du spectateur moyen. Une fois mis en place, ces récits résistent efficacement à toute vérification, car ils répondent à toute accusation par une contre-accusation. La fréquence de l’utilisation de formules telles que « hystérie antirusse » et « russophobie » a été multipliée de plusieurs dizaines de fois en 2017 sur la chaîne publique Russia Today, le site étatique Sputnik et dans les déclarations du ministère russe des affaires étrangères.
Comme nous autres Ukrainiens sommes régulièrement accusés sans aucune preuve de russophobie, nous avons mené, en accumulant une quantité énorme de données, une étude systématique des récits diffusés par les médias russes. Nous avons étudié les journaux télévisés et les talk-shows politiques des trois plus grandes chaînes de télévision publiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Certes, Angela Merkel a été réélue chancelière et la coalition sortante a été reconduite. Mais cette continuité a quelque chose de trompeur, analyse le correspondant du « Monde » à Berlin, Thomas Wieder.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Double rupture en Allemagne

Certes, Angela Merkel a été réélue chancelière et la coalition sortante a été reconduite. Mais cette continuité a quelque chose de trompeur, analyse le correspondant du « Monde » à Berlin, Thomas Wieder.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 15h11
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Les six mois qui viennent de s’écouler marqueront durablement la vie politique allemande. Certes, le dénouement de la séquence, ouverte avec les élections législatives du 24 septembre 2017, peut donner l’impression du contraire. Mercredi 14 mars, ce n’est pas seulement Angela Merkel qui a été réélue chancelière, mais aussi la coalition sortante qui a été reconduite, une première depuis l’accession au pouvoir de la présidente de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), en 2005.
Jusque-là, chaque nouveau mandat de Mme Merkel s’était accompagné d’un changement de majorité. En 2009, après avoir gouverné quatre ans avec les sociaux-démocrates (SPD), la chancelière conservatrice s’était alliée aux libéraux (FDP). En 2013, le SPD était revenu au gouvernement. Cinq ans plus tard, après avoir hésité, il a choisi d’y rester. Même chancelière, même majorité : pour trouver pareille continuité entre deux législatures, il faut remonter à 2002, date de la réélection de Gerhard Schröder à la tête d’une coalition associant le SPD et les Verts.
me Merkel pour constituer un gouvernement ne sont pas qu’une parenthèse 
Mais cette continuité a quelque chose de trompeur. Les six mois qui auront été nécessaires à Mme Merkel pour constituer un gouvernement ne sont pas qu’une parenthèse. Pendant cette période, une double rupture s’est opérée dans la vie politique allemande. La première est l’entrée du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Bundestag. Ses 92 députés (sur 709) constituent désormais le principal groupe parlementaire de l’opposition. C’est un tournant historique. Non que l’extrême droite ait complètement disparu du champ politique allemand après la seconde guerre mondiale, mais elle était résiduelle et dispersée. Instaurée en 1953, l’obligation pour un parti de recueillir au moins 5 % des voix pour être représenté au Bundestag a durablement tenu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien Antoine Arjakovsky estime que le rapport, censuré mi-mars, des opposants au régime russe Ilya Yachine et Vladimir Milov condamne à juste titre la politique menée depuis dix-huit ans.
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Antoine Arjakovsky : « L’échec de la politique de Poutine est lié à sa “vision mafieuse de l’Etat” »

Dans une tribune au « Monde », l’historien Antoine Arjakovsky estime que le rapport, censuré mi-mars, des opposants au régime russe Ilya Yachine et Vladimir Milov condamne à juste titre la politique menée depuis dix-huit ans.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 09h05
    |

Antoine Arjakovsky (historien)







                        



                                


                            
Tribune. Le 11 mars à Moscou, Ilya Yachine et Vladimir Milov, deux des principaux opposants à Vladimir Poutine, ont présenté devant la presse leur dossier « Poutine : le bilan 2018 ». Les deux hommes appartiennent à la nouvelle génération des hommes politiques russes qui sont les héritiers de Boris Nemtsov, assassiné le 27 février 2015 à Moscou. Ilya Yachine, né en 1983, a été élu en 2017 député de la municipalité de Moscou. Vladimir Milov, né en 1972, a été le vice-ministre de l’énergie, en 2002, du gouvernement de Mikhaïl Kassianov. Il est l’un des membres de la plateforme d’opposition créée par Alexeï Navalny en décembre 2017, avant que celui-ci n’ait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Tous deux sont les principaux responsables du mouvement politique Solidarnost créé en 2008.
Leur bilan des dix-huit années de pouvoir de Vladimir Poutine est sans appel. Ils expliquent que, entre 2000 et 2017, l’Etat russe a reçu une manne financière exceptionnelle de « 3,5 trillions de dollars » du fait des exportations de pétrole et de gaz à des tarifs sans précédent. Rappelons qu’un trillion correspond à un milliard de milliards, soit un 1 suivi de 18 zéros. Avec cette somme, les deux hommes expliquent que des dizaines de milliers d’écoles et d’hôpitaux auraient pu être construits et des centaines de milliers de kilomètres d’autoroute auraient pu être réalisés.
Politique extérieure catastrophique
A l’inverse, pendant cette période, des milliers d’écoles ont été fermées et le nombre d’enseignants a diminué d’un tiers. Il n’y a plus que 5 400 hôpitaux, contre 10 700 en l’an 2000. Et il n’existe toujours pas d’autoroute entre les deux principales villes du pays, Moscou et Saint-Pétersbourg. Yachine et Milov expliquent également que, depuis 2013, le revenu moyen mensuel des Russes est passé de 800 à 500 dollars, tandis que le PIB par habitant de la Russie est descendu à la 49e place dans le monde.
Le président...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le temps est venu de retrouver ses esprits même s’il est difficile de parler avec le président russe, considère le spécialiste de la Russie et de l’ancien espace soviétique dans une tribune au « Monde ».
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Jean Radvanyi : « La spirale des menaces est relancée entre Russes et occidentaux »

Le temps est venu de retrouver ses esprits même s’il est difficile de parler avec le président russe, considère le spécialiste de la Russie et de l’ancien espace soviétique dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.03.2018 à 07h00
    |

Jean Radvanyi (professeur à l'Inalco)







                        



                                


                            
Tribune. Alors que s’achève une campagne présidentielle russe sans enjeu, tant le résultat est connu d’avance, la politique extérieure a fait une entrée spectaculaire dans le champ ­médiatique. Plusieurs épisodes sont venus raviver les polémiques quant au rôle de la ­Russie dans le monde, une des clés de la rhétorique poutinienne.
Dernier voyage du candidat sortant, la rencontre entre Vladimir Poutine et les constructeurs du pont qui doit relier ­bientôt la Crimée à la Russie est venue rappeler aux électeurs l’annexion de la péninsule (les Russes parlent de réintégration) qui a pratiquement fait l’unanimité dans l’opinion russe. Mais les combats continuent au Donbass oriental et l’intervention de l’armée russe, niée officiellement, a fait basculer dans une nouvelle russophobie la majorité de la population ukrainienne, une réalité douloureuse pour les nombreuses familles partagées entre les deux pays.
La tension est aussi montée d’un cran sur le terrain syrien quand le chef d’état-major russe a menacé de s’attaquer aux navires lanceurs de missiles américains au cas où l’armée américaine procéderait à des bombardements sur Damas. Cela faisait suite à des déclarations de Nikki Haley, la représentante des Etats-Unis à l’ONU, qui n’excluait aucune option dans le cas où Bachar Al-Assad poursuivrait ses attaques à l’arme chimique sur la Ghouta orientale. Jusqu’où le Kremlin est-il prêt à défendre le dictateur syrien ? Si l’intervention russe en Syrie a renforcé la position de Moscou et confirmé auprès des Russes que leur pays était redevenu un acteur majeur sur la scène internationale, cette complicité avec un régime qui n’hésite pas à massacrer son propre peuple pour rester au pouvoir demeurera une tache funeste sur l’image du président russe.
er mars, lors de son adresse au Parlement russe, Vladimir Poutine annonçait la mise au point d’une nouvelle génération de missiles
Encore plus inquiétante est la relance annoncée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la politologue Marie Mendras estime que le processus électoral pour la présidentielle russe de dimanche 18 mars est entièrement dirigé par le Kremlin, de l’enregistrement des candidats jusqu’au comptage des voix.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/03/2018
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« Si le Kremlin est convaincu du soutien des 110 millions d’électeurs inscrits, pourquoi empêche-t-il un scrutin libre ? »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Marie Mendras estime que le processus électoral pour la présidentielle russe de dimanche 18 mars est entièrement dirigé par le Kremlin, de l’enregistrement des candidats jusqu’au comptage des voix.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 08h49
    |

Marie Mendras (politologue au CNRS et au Centre de recherches internationales de Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Dimanche 18 mars [date du premier tour de la présidentielle], dix-huit ans après sa première élection à la tête de la Russie, Vladimir Poutine engagera un cinquième mandat, de six ans. Un cinquième, et pas un quatrième, comme une lecture institutionnaliste le laisse croire. En effet, la présidence Medvedev de 2008-2012 était bien le troisième mandat. Le jeune protégé avait été élu avec l’engagement de faire de Poutine un chef de gouvernement tout-puissant. « Votez Medvedev, vous garderez Poutine », scandaient alors les médias aux ordres.
Cette année encore, le président russe a préféré un vote sous contrôle à une élection honnête
Cette année encore, le président russe a préféré un vote sous contrôle à une élection honnête. Il n’a voulu prendre aucun risque, et a emballé l’affaire sans fioritures. Il a adoubé les sept autres candidats, qui animent le décor, et interdit la compétition au seul homme politique d’envergure, pourfendeur des puissants corrompus et héros des jeunes, en pleine ascension à Moscou et dans les provinces : Alexeï Navalny.

Si le Kremlin est convaincu du soutien enthousiaste des quelque 110 millions d’électeurs inscrits, pourquoi empêche-t-il un scrutin libre et pluraliste ? S’il croit vraiment aux « 85 % » de popularité du chef, pourquoi doit-il contrôler le vote des étudiants, fonctionnaires et retraités, augmenter les salaires pour remonter la participation, et remplir les urnes à l’avance en Tchétchénie ou au Tatarstan ?
Seul le suffrage universel, libre et pluraliste est un test sûr de l’adhésion populaire. En mars 2012, le score officiel de Poutine avait été de 63,6 %, son score réel estimé autour de 52 % à 55 %. Sur 110 millions d’électeurs inscrits, le président avait obtenu, avant fraudes, autour de 35 millions de suffrages. On était loin du plébiscite.
L’enjeu pour le Kremlin, la participation
Le processus électoral est entièrement dirigé, de l’enregistrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les secrets de la France au Rwanda 3|3. Vingt-quatre ans après le génocide, l’accès aux archives reste semé d’embûches, en France comme au Rwanda, alors que la plupart des acteurs souhaitent leur ouverture complète.
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Enquête

Génocide rwandais : le difficile temps des archives

Les secrets de la France au Rwanda 3|3. Vingt-quatre ans après le génocide, l’accès aux archives reste semé d’embûches, en France comme au Rwanda, alors que la plupart des acteurs souhaitent leur ouverture complète.

Par                                            David Servenay




LE MONDE
              datetime="2018-03-17T06:37:51+01:00"

        Le 17.03.2018 à 06h37

     •
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        Mis à jour le 17.03.2018 à 12h56






                        

Crédits : FLICKR / PRESIDENCE RWANDAISE


                    

A-t-on encore beaucoup de choses à apprendre sur le génocide des Tutsi ? Dans la petite communauté des « rwandologues », les avis ont longtemps été opposés – les uns souhaitant appliquer un devoir de transparence, les autres se retranchant derrière le secret militaire –, mais un consensus est en train d’émerger en faveur d’une ouverture complète et réelle des archives disponibles. Il faut dire qu’elles sont nombreuses, car si la France et le Rwanda de 1994 ont bien un point commun, c’est le goût immodéré de leurs administrations respectives pour le papier. Dans les deux cas, les autorités civiles et militaires ont eu le réflexe de noter, de consigner et de conserver toutes leurs décisions.
Le génocide, qui fit a minima 800 000 morts en trois mois, est donc abondamment documenté, tout comme la guerre qui opposa de 1990 à 1994 les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR, à dominante tutsi, emmené par Paul Kagame) aux troupes « régulières » des Forces armées rwandaises (FAR) soutenues par la coopération militaire française.
Le Service historique de la défense dispose à lui seul de 210 cartons d’archives « provenant de plus de 40 services ou unités différents »
Côté français, le Service historique de la défense (SHD), basé au château de Vincennes, près de Paris, dispose à lui seul de 210 cartons d’archives « provenant de plus de quarante services ou unités différents ». Le recensement de ce fonds baptisé « Rwanda 1990-1998 » a été réalisé en 2007. Comme le détaille un inventaire confidentiel que Le Monde a pu consulter, il n’est, à l’époque, pas encore totalement trié mais presque complet, chaque unité ayant versé ses documents dans les délais légaux (cinq ans), à l’exception du cabinet civil de François Léotard, ministre de la défense de 1993 à 1995.
Manquent tout de même des éléments importants… « L’absence la plus notable dans cet état est cependant celle des archives de la DGSE [Direction générale de la sécurité...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Il avait déjà démissionné de son poste de directeur adjoint de la police fédérale américaine, fin janvier. Mais jusqu’à vendredi, il était toujours employé.
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Etats-Unis : Andrew McCabe, ancien directeur adjoint du FBI, limogé

Il avait déjà démissionné de son poste de directeur adjoint de la police fédérale américaine, fin janvier. Mais jusqu’à vendredi, il était toujours employé.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 05h22
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 11h32
   





                        



   


C’est en tant qu’employé de la police fédérale américaine qu’Andrew McCabe, qui avait déjà quitté ses fonctions fin janvier de directeur adjoint du FBI, a été limogé par Jeff Sessions à quelques jours de son départ à la retraite. Dans un communiqué publié, vendredi 16 mars, le ministère de la justice a évoqué une « mauvaise conduite » de la part de M. McCabe pour justifier son renvoi.

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                Le directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe, démissionne



Le haut fonctionnaire était dans le collimateur du président Donald Trump depuis des mois. Le président avait ainsi publiquement reproché à Jeff Sessions, son ministre de la justice, de ne pas avoir renvoyé Andrew McCabe quand celui-ci était directeur par intérim du FBI.
« Voici la réalité : je suis isolé et traité de la sorte pour le rôle que j’ai joué, les décisions que j’ai prises et ce dont j’ai été témoin après le limogeage de James Comey », a réagi M. McCabe dans un communiqué.
Une amertume cristallisée
Son licenciement à deux jours de son anniversaire va lui coûter financièrement. Il aurait pu bénéficier d’une bien meilleure retraite s’il avait quitté le FBI après le 18 mars, jour de ses 50 ans.

FBI Deputy Director Andrew McCabe is racing the clock to retire with full benefits. 90 days to go?!!!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Le directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe, joue la montre pour prendre sa retraite en profitant pleinement de ses avantages. Plus que 90 jours ? !!! », avait ainsi tweeté Donald Trump, le 23 décembre.

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                Etats-Unis : l’ex-directeur du FBI défie Donald Trump



Andrew McCabe avait dirigé le FBI par intérim de mai à août 2017, après le licenciement par Donald Trump de James Comey et avant la nomination de l’actuel directeur Christopher Wray. En lui reprochant une amitié avec James Comey ou des liens supposés avec les démocrates, le président républicain semblait avoir cristallisé sur M. McCabe toute l’amertume que suscite chez lui l’enquête qui cherche à déterminer si son équipe de campagne s’est concertée avec les Russes pour influencer les résultats de l’élection présidentielle de 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le dirigeant avait déjà fait lever les obstacles à son maintien au pouvoir au-delà de 2023 grâce à une réforme de la Constitution, obtenue il y a moins d’une semaine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/03/2018
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Chine : Xi Jinping réélu à l’unanimité pour un nouveau mandat

Le dirigeant avait déjà fait lever les obstacles à son maintien au pouvoir au-delà de 2023 grâce à une réforme de la Constitution, obtenue il y a moins d’une semaine.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 04h24
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 11h51
   





                        


Il était le seul candidat à se présenter devant les députés. Sans surprise, Xi Jinping, 64 ans, a été réélu à la présidence de la Chine à l’unanimité par les près de 3 000 députés présents à la session plénière annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), samedi 17 mars. En plus de ce nouveau mandat de cinq ans, il pourra bénéficier de la réforme de la Constitution qui lui permet de se représenter à la tête de l’Etat autant de fois qu’il lui plaît.

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L’homme fort du pays a fait encore mieux que lors de sa première élection en 2013. A l’époque, il avait obtenu un taux d’approbation de 99,86 %, un député ayant voté contre lui et trois autres s’étant abstenus.

   


L’issue du scrutin présidentiel ne faisait guère de doute, tant Xi Jinping a assis son autorité depuis son arrivée à la tête du Parti communiste chinois (PCC) fin 2012. Après avoir placé des hommes à lui aux postes-clés, il concentre les pouvoirs comme aucun dirigeant chinois ne l’a fait depuis au moins un quart de siècle… notamment aux dépens du premier ministre, Li Keqiang, qui doit être, pour sa part, réélu dimanche par l’ANP.

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Un allié à ses côtés
Wang Qishan, a, quant à lui, été élu, samedi, vice-président. Outre ce poste largement honorifique, il pourrait, en bon anglophone, être chargé des difficiles relations avec les Etats-Unis. « Excellent » économiste, il formerait « une équipe de rêve » avec une étoile montante du PCC, Wang Yang, afin de gérer « la tempête géante qui se prépare autour des droits de douane » que menace d’imposer le président américain, Donald Trump, observe le sinologue Kerry Brown, du King’s College de Londres.

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La désignation de ce proche du président montre que M. Xi, en dépit de sa toute-puissance, manque d’alliés loyaux et compétents, souligne à Pékin le politologue Hua Po. « Je pense que sa priorité pour ce deuxième mandat sera de renforcer encore son pouvoir », prévoit-il. Comme il l’a fait durant son premier mandat, il pourrait aussi accroître l’emprise du PCC sur la société chinoise, « en restreignant par exemple la liberté de parole », selon l’analyste.

   


Mais l’homme fort de Pékin devra aussi répondre à bon nombre de griefs « s’il veut conquérir entièrement les cœurs », ajoute M. Hua alors que le pays est confronté à un accroissement des inégalités sociales, à une flambée des prix de l’immobilier et à une envolée des coûts des frais médicaux et de scolarité…
Un président populaire
A grand renfort de propagande et grâce à une omniprésence dans les médias, Xi Jinping s’est fait le héraut d’une « nouvelle ère », peignant pour ses compatriotes le tableau d’une Chine moderne et respectée à l’horizon 2050.
Ces cinq dernières années ont été marquées par une lutte contre la corruption, qui a sanctionné au moins 1,5 million de cadres du PCC, selon un chiffre officiel. M. Xi est soupçonné de s’être servi aussi de cette campagne pour éliminer des opposants internes.

« La campagne contre la corruption est populaire, le ménage dans le parti est populaire, et son programme de modernisation est attrayant s’il débouche sur une administration moins corrompue, plus fiable et au service des citoyens », observe le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l’université baptiste de Hongkong.
« Les gens sont fiers de leur chef, ils trouvent qu’il représente bien la Chine à l’étranger », estime-t-il. Même si « l’image du pays s’est dégradée » avec la réforme constitutionnelle qui ouvre la perspective d’une présidence à vie pour Xi Jinping.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Ils étaient interdits depuis les années 1990. Seules les villes d’Erbil, Bassorah et Kerbala pouvaient organiser des matchs amicaux, sous réserve que la situation soit stable.
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La FIFA réautorise les matchs officiels dans certaines villes d’Irak

Ils étaient interdits depuis les années 1990. Seules les villes d’Erbil, Bassorah et Kerbala pouvaient organiser des matchs amicaux, sous réserve que la situation soit stable.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 00h21
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 12h16
   





                        



   


L’Irak ne devra plus se contenter des compétitions amicales. La Fédération internationale de football (FIFA) a autorisé, vendredi 16 mars, la reprise des matchs officiels en Irak, où ils étaient interdits depuis les années 1990 pour des raisons de sécurité. Les villes concernées sont Erbil, Bassorah et Kerbala, a précisé le président de la FIFA, Gianni Infantino, à l’issue d’une réunion du conseil de l’organisme à Bogota. 
Dans ces trois localités, il était seulement permis, depuis l’an dernier, d’organiser des matchs amicaux, sous réserve que la situation en termes de sécurité reste « stable ». A partir du 21 mars, l’Irak accueillera ainsi le Qatar et la Syrie pour un tournoi amical à Bassora.
« La FIFA donne son feu vert, mais l’organisateur du championnat doit prendre la décision » de disputer ou non les rencontres, a précisé M. Infantino. L’organisme n’accepte pas « encore » la requête des autorités irakiennes d’organiser des matchs à Bagdad, mais le président de la FIFA a promis de continuer à étudier la demande. Depuis des années, l’Irak construit des stades et multiplie les appels du pied aux vedettes et instances dirigeantes du football pour tenter de revenir dans le jeu.
Un feu vert précieux
Guerres à répétition, embargo puis invasion sous le régime de Saddam Hussein, violences confessionnelles et attaques djihadistes par la suite : la situation sécuritaire de l’Irak ces dernières décennies les avait poussés à interdire toute rencontre officielle dans le pays, forçant l’équipe nationale et les clubs irakiens à s’exiler.

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                En Irak, l’expéditive justice antiterroriste après l’Etat islamique



En 2012, la FIFA avait bien levé sa sanction. Mais dès le premier match international organisé – Irak-Jordanie à Erbil, au Kurdistan –, une coupure d’électricité l’avait forcée à rétropédaler.
Pour Bagdad, qui s’est déclaré en décembre « vainqueur » du groupe Etat islamique (EI), ce feu vert de la FIFA est précieux. D’autant que les violences ont, de fait, sensiblement faibli dans le pays, même si la menace djihadiste demeure.



                            


                        

                        

