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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le XV de France reste sur deux matchs victorieux, contre l’Italie et l’Angleterre, et tentera de terminer son tournoi en beauté avec, à la clé, une possible 2e place.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Aux commandes du pays depuis plus de dix-huit ans, Vladimir Poutine devrait être réélu à l’issue de la présidentielle, dimanche. Pourtant, son bilan économique et social est loin d’être flatteur.
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La Russie économique et sociale en quelques chiffres

Aux commandes du pays depuis plus de dix-huit ans, Vladimir Poutine devrait être réélu à l’issue de la présidentielle, dimanche. Pourtant, son bilan économique et social est loin d’être flatteur.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


La Russie, plus vaste pays du monde, est dotée de richesses exceptionnelles : hydrocarbures, minerais rares, forêts immenses… Pourtant, elle est confrontée à d’immenses difficultés économiques et sociales et reste dépendante d’une économie de rente fondée sur le pétrole. Le président russe, Vladimir Poutine, aux commandes depuis plus de dix-huit ans, devrait être réélu pour un 4e mandat à la tête du pays, à l’issue de la présidentielle dimanche 18 mars. Pourtant son bilan économique et social est loin d’être flatteur.
143,4 millions
C’est le nombre d’habitants en Russie, selon l’édition 2018 du Bilan du Monde. Depuis 2009, la courbe de croissance de la population est repartie à la hausse, après des années de baisse après le pic atteint en 1992 (148,689 millions d’habitants). Selon Philippe Pelé-Clamour, spécialiste de la Russie et professeur à l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) de Paris, « la politique familiale de Poutine pour aider à partir du deuxième enfant n’a pas fonctionné dans les villes, mais seulement dans les campagnes ». Depuis l’arrivée au pouvoir de Poutine, le taux de fécondité – en forte baisse depuis 1987 – est certes reparti à la hausse, mais il reste trop faible pour assurer le renouvellement des générations ; il était de 1,75 en 2015, selon les données disponibles les plus récentes.
1 469,3 milliards
C’est, en dollars, le montant du produit intérieur brut de la Russie, selon le Bilan du Monde, qui s’appuie sur les chiffres du Fonds monétaire international (FMI). Le pays, qui a le 12e plus gros PIB du monde, se place entre la Corée du Sud (1 529,7 milliards) et l’Espagne (1 307,2 milliards) et loin derrière les Etats-Unis, premiers avec 19 362,1 milliards de dollars. Le PIB russe, qui était à son plus-haut en 2013, représente actuellement un petit peu moins de 2 % du PIB mondial.
+ 1,8 %
C’est le taux de croissance qu’a connu Russie en 2017, d’après les estimations du FMI. Pour 2018, la présidente de la Banque centrale de Russie, Elvira Nabioullina, a estimé, en décembre 2017, que la croissance serait « entre 1,5 % et 2 % ». Le pays a beau être sorti de la récession dans laquelle il était plongé depuis 2014, sous le double effet de la chute des cours du pétrole et des sanctions, la reprise reste fragile, notamment à cause de la production industrielle qui a suivi une brusque rechute en novembre 2017.
– 8,4 %
C’est le déficit budgétaire hors recettes pétrolières en 2017, selon le FMI. Avec les recettes pétrolières, il n’était que de 1 % en 2017. Cela montre la dépendance énorme du budget aux recettes des ventes d’hydrocarbures.
10 307
C’est, en dollars, le revenu national brut par habitant en 2016, selon la Banque mondiale. En hausse quasi constante depuis des dizaines d’années, ce chiffre accuse une baisse depuis 2013 et place aujourd’hui la Russie assez loin dans le classement mondial (entre la 55e et la 60e place, selon les modes de calcul), à quelques rangs devant le Kazakhstan, mais derrière notamment la Pologne et la Hongrie.
71,3 ans
C’est l’espérance de vie moyenne en 2015, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec un écart très important entre les femmes (76,7 ans) et les hommes (65,9 ans). Cette moyenne reste bien en deçà de celle que connaissent la plupart des pays développés à l’instar de la France (82,4 ans) ou des Etats-Unis (78,8 ans).
103 438
C’est le nombre de nouveaux cas d’infection par le VIH enregistrés en 2016 parmi les citoyens russes, selon l’Onusida. Dans son rapport 2017, l’organisme saluait des améliorations sur l’épidémie partout dans le monde, sauf en Europe orientale et en Asie centrale. En Russie, l’épidémie s’est développée ces dernières années à un rythme inquiétant, puisqu’en 2010, le nombre de nouveaux cas se limitait à 62 581.
19,8 millions
Selon les statistiques officielles russes, c’est le nombre de Russes vivant sous le seuil de pauvreté en 2016 ; 13 % de la population vivait cette année avec moins que le revenu minimal fixé à 9 691 roubles (environ 160 euros), soit le niveau le plus haut enregistré depuis dix ans. Ils n’étaient que 16,1 millions à vivre sous ce seuil en 2014, avant l’entrée de la Russie en récession à cause de l’effondrement des cours du pétrole et des sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne. L’année 2016 fut donc la pire en Russie en termes de pauvreté depuis 2006, quand 21,6 millions de Russes vivaient sous le seuil de pauvreté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La dessinatrice belge Judith Vanistendael a réalisé un court reportage graphique de sa visite illégale dans ce camp situé sur l’île de Lesbos, interdit aux médias.
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Moria, l’enfer de Lesbos

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Judith Vanistendael
Auteure de bande dessinée belge d’expression néerlandaise, Judith Vanistendael (David, les femmes et la mort, Le Lombard ; Salto, Le Lombard) s’est rendue de manière illégale en fin d’année dernière dans le camp de réfugiés de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. Ce camp maintient sur place tous les réfugiés venus de Turquie que l’Europe ne peut absorber. Il est interdit à la presse depuis 2016. Judith Vanistendael a produit un récit de dix pages en dessinant de mémoire, sans même réaliser de croquis, afin de ne pas se faire repérer. Elle a décidé de publier son reportage graphique sur Le Monde.fr.
  

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Cartolina


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le « Guardian » publie une enquête édifiante montrant comment les géants de la tech font en sorte que rien ne fuite d’entre leurs murs.
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« Ils vous écraseront comme un insecte » : comment la Silicon Valley fait régner la loi du silence

Le « Guardian » publie une enquête édifiante montrant comment les géants de la tech font en sorte que rien ne fuite d’entre leurs murs.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 14h31
    |

                            Marie Slavicek








                        



   


Tables de ping pong, canapés moelleux, bars à smoothies… La plupart des géants de la tech rivalisent d’inventivité pour transformer leurs sièges sociaux en espaces de travail ultramodernes où il fait bon vivre. Le but : stimuler l’innovation en chouchoutant les employés. Voilà pour la façade. Mais derrière ce cadre idyllique se cache une culture du secret poussée à l’extrême. Et gare à ceux qui brisent la loi du silence.
Le site du journal britannique The Guardian a publié, vendredi 16 mars, une enquête montrant comment les géants de la Silicon Valley font en sorte que rien ne fuite d’entre leurs murs. Le récit et les témoignages sont glaçants.
Facebook a ainsi mis en place une équipe de « chasseurs de taupes ». « Ce qu’ils savent sur toi est terrifiant », affirme un ancien salarié sous couvert d’anonymat. Accusé d’avoir divulgué des informations anodines à la presse, ce dernier a été confronté à ce qu’il appelle « la police secrète de Mark Zuckerberg », le patron de l’entreprise. Ses employeurs savaient tout, dit-il : les enregistrements d’une capture d’écran qu’il avait prise, les liens sur lesquels il avait cliqué… Ils lui ont aussi expliqué qu’ils avaient eu accès à sa conversation tchat avec le journaliste.
« Googley way »
Officiellement, cette surveillance – et les menaces de poursuites judiciaires qui vont avec – sert à détecter et prévenir la violation des droits de propriété intellectuelle. Mais, dans les faits, elle sert aussi à empêcher les employés de parler librement en public, y compris de leurs conditions de travail.
Si Apple entretient avec ferveur le culte absolu du secret, à l’inverse, des entreprises comme Google et Facebook prétendent, elles, jouer la carte de la transparence avec leurs salariés. Ainsi, Mark Zuckerberg organise chaque semaine une réunion pour faire le point sur sa stratégie et parler de ses nouveaux projets devant des milliers d’employés. Mais cette confiance a un prix : trahissez-la, et « ils vous écraseront comme un insecte », résume l’ex-salarié à l’origine de fuites.
Chez Google, le personnel échange chaque jour des milliers de notes et de courriers électroniques pour discuter de sujets très variés : cela va de l’accession à la propriété à des thématiques plus sociales comme le néoconservatisme. A l’exception notable, l’été dernier, du manifeste sexiste de James Damore critiquant la politique de diversité au sein de l’entreprise, rien ne fuite jamais.

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                Le licenciement de l’auteur d’un texte sexiste provoque des remous chez Google



Le géant du Web pousse ses employés à être le plus corporate possible et à agir selon le fameux Googley way – une devise, presque un mode de vie. La firme fait tout pour créer une sorte de « mentalité tribale » propre à l’entreprise et décourager les trahisons. Le silence des salariés peut aussi être récompensé par des primes annuelles. Mais surtout, comme le résume Justin Maxwell, un ancien de chez Google, « vous ne ferez jamais quelque chose qui bousillerait les chances de succès de l’entreprise parce que vous serez directement affecté ». Travailler chez Google, c’est aussi, en quelque sorte, faire partie d’un clan, d’une communauté.
« Pièges à souris »
James Damore, licencié en août de Google après avoir diffusé en interne un manifeste sexiste, pense même avoir été espionné au cours de ses derniers jours au sein de l’entreprise. « Toutes les applications internes se sont mises à jour en même temps, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. J’ai dû me reconnecter à mon compte Google et mon Google Drive – où se trouvait le document – a cessé de fonctionner », affirme-t-il. James Damore explique même que ces outils d’espionnage étaient décrits dans son contrat. Des accusations niées par Google.
Concernant Facebook, le Guardian a eu accès au contrat de travail d’un modérateur européen garantissant à l’entreprise le droit de surveiller et d’enregistrer ses activités sur les médias sociaux, y compris sur son compte Facebook personnel, mais aussi ses e-mails, ses appels téléphoniques et son utilisation d’Internet de manière générale. Ce salarié pouvait également être soumis à des fouilles personnelles aléatoires, incluant son sac ou sa voiture.
D’après un ancien employé ayant travaillé au siège européen de Facebook, à Dublin, les équipes de sécurité laisseraient des « pièges à souris » – des clés USB contenant des données « oubliées » sur des bureaux pour tester la loyauté du personnel. La bonne attitude : la remettre immédiatement à la direction. La mauvaise attitude : la brancher à un ordinateur. La dernière option étant synonyme de licenciement immédiat.
« Tout le monde était paranoïaque », conclut-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Lorsqu’elle a repris les rênes de Versace au lendemain de l’assassinat de son frère il y a vingt ans, peu croyaient en elle. Donatella est pourtant devenue l’icône incontestée de la marque.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤             
Donatella Versace, le glamour en héritage 
                  
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Le Monde
 |
                  16.03.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 06h39


Lorsqu’elle a repris les rênes de Versace au lendemain de l’assassinat de son frère il y a vingt ans, peu croyaient en elle. Donatella est pourtant devenue l’icône incontestée de la marque.

Par                             Clément Ghys





                     
C’est l’été 1966. Un frère et une sœur sont chez eux, à Reggio di Calabria, capitale de la Calabre, la région la plus au sud de l’Italie, la plus pauvre aussi. Il a 19 ans, et s’appelle Gianni. Elle, Donatella, a 11 ans.
En ce milieu des années 1960, l’Italie change à toute allure. Mais Milan et Rome sont loin de la Calabre. Et les deux adolescents n’ont que la radio, où passe sur toutes les fréquences, même sur Radio Vatican, un morceau pop, Ragazzo Triste, d’une jeune chanteuse, Patty Pravo. Gianni idolâtre cette blonde vêtue de blanc qui hante les plateaux de la RAI. Il punaise ses photos sur le mur de sa chambre, fredonne son tube, puis les suivants.
Surtout, il adore Donatella. Il ne joue pas avec elle comme avec une enfant. Il lui parle de son rêve de quitter la Calabre étriquée, d’aller à Milan, à Paris, pourquoi pas à New York ou à Hollywood, de faire de la mode, et même de draguer des garçons. Il la maquille, l’habille de minijupe en cuir noir, lui fabrique des robes, quand il n’en chipe pas au magasin de vêtements que tient leur mère. Il veut voir sa sœur aussi belle que les filles qu’il habillera un jour, aussi flamboyante que Patty Pravo. Il la convainc de se teindre en blond, comme son idole, au grand dam de la mère, et du père, commerçant. Il se promène dans les rues de Reggio di Calabria, sa toute petite poupée blonde au bras.
Cinquante ans plus tard, les tubes de Patty Pravo sont devenus vieillots. Mais la Calabre est toujours aussi pauvre que Donatella Versace est blonde. Gianni, lui, a été tué le 15 juillet 1997 par le tueur en série Andrew Cunanan sur le perron de sa villa de Miami, au 1116 Ocean Drive.
Pourtant, il est encore là, dans ce palais du centre de Milan, via Gesù, où il avait installé en 1982 le siège de sa marque et qu’il avait rebaptisé le Palazzo Versace. Dans la cour, une mosaïque de Méduse, figure mythologique découverte enfant dans des ruines calabraises et dont il avait fait son emblème. A l’étage,...





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Donatella Versace, le glamour en héritage
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Editorial. La série d’enquêtes que « Le Monde » vient de publier montre qu’il reste des zones d’ombre autour du rôle de la France pendant le génocide. Aux archives désormais de « parler ».
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Faire la clarté sur le rôle de la France au Rwanda

Editorial. La série d’enquêtes que « Le Monde » vient de publier montre qu’il reste des zones d’ombre autour du rôle de la France pendant le génocide. Aux archives désormais de « parler ».



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 15h55
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A quoi bon enquêter sur le rôle de la France avant et pendant le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda ? Tout n’a-t-il pas déjà été dit par la Mission d’information parlemaentaire de 1998 ? Les archives n’ont-elles pas été déclassifiées par François Hollande en 2015 ? Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas reconnu en 2010 des « erreurs d’appréciation, des erreurs politiques » qui « ont eu des conséquences absolument dramatiques » ? Eh bien non. Il reste d’importantes zones d’ombre.
Certaines relèvent de la France, d’autres pas. Ce génocide, le dernier du XXe siècle, est loin d’avoir été élucidé dans toutes ses dimensions. A commencer par son « déclencheur », l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana : ce crime, qui est à l’origine mais qui n’est pas la cause des massacres qu’une partie du régime en place avait largement préparés, est devant la justice française depuis vingt ans, sans que l’enquête soit close. D’autres procédures sont en cours, visant des militaires français pour leur rôle durant l’opération militaro-humanitaire « Turquoise » intervenue fin juin 1994, avec pour mandat de l’ONU de faire cesser les massacres et de protéger les civils. Ces procédures sont devenues une gêne diplomatique et un abcès de fixation.
La série d’enquêtes que Le Monde vient de publier montre que le rôle de la France, meilleur soutien du régime Habyarimana dans sa guerre contre la rébellion tutsi du Front patriotique rwandais – FPR –, est loin d’avoir été clair pendant les massacres. « Turquoise », dans l’esprit de certains dirigeants français, devait, sous couvert d’humanitaire, remettre en selle le gouvernement intérimaire rwandais, auteur du génocide. Trop occupée à massacrer des civils, l’armée rwandaise était, en effet, en train de perdre la guerre contre le FPR. Quand les soldats de « Turquoise » ont débarqué au Zaïre voisin, il était – heureusement – trop tard pour reprendre le contrôle de Kigali, la capitale.
Travail incomplet
D’autres faits sont troublants. Pourquoi et comment des livraisons d’armes aux Forces armées rwandaises (FAR) ont-elles pu avoir lieu sous les yeux des soldats français en plein embargo de l’ONU ? Que faisaient et que savaient les militaires français restés aux côtés des FAR après le début du génocide ? Enfin, pourquoi des avertissements explicites – comme la note de la délégation aux affaires stratégiques du ministère de la défense que nous avons révélée – sur la catastrophe à venir, la répétition de massacres précurseurs, la formation de milices, la préparation des esprits, ont-ils été ignorés ?
Sur tous ces points, le travail de la mission parlementaire de 1998 est pour le moins incomplet et ses conclusions lénifiantes. Les tribunaux ne sont pas le lieu, non plus, pour dire sereinement l’Histoire. Parce qu’ils sont les premiers visés par les instructions en cours, des militaires sont sortis de leur réserve, pour se défendre ou mettre en cause les ordres reçus. C’est aux politiques et à leurs archives qu’il incombe de « parler ». A commencer par celles de François Mitterrand, qui a joué un rôle essentiel dans le soutien au régime rwandais de 1990 à 1994. Ses écrits sont consultables, mais uniquement selon le bon vouloir de Dominique Bertinotti, gestionnaires des archives du président défunt.
Emmanuel Macron, qui n’a pas d’héritage politique à ménager, ni à droite ni à gauche (la France était en cohabitation en 1994), est le mieux placé aujourd’hui pour rendre réelle et effective la déclassification annoncée par son prédécesseur en 2015. C’est une exigence morale et historique.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Pour le directeur général de l’AP-HP, la contrainte budgétaire ne sera supportable qu’avec des transformations profondes de l’hôpital.
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 |    17.03.2018 à 10h08
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17.03.2018 à 10h49
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            François Béguin








                        



                                


                            

Quelques jours après avoir annoncé que le déficit de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) serait supérieur à 200 millions d’euros pour 2017, Martin Hirsch, son directeur général, répond aux inquiétudes des soignants et appelle à des « évolutions majeures » des modes de fonctionnement.
Que dites-vous aux médecins et aux personnels qui s’inquiètent d’une baisse des effectifs et d’une dégradation des conditions de travail ?
Après trois ans d’affilée de réduction du déficit, l’année 2017 a été atypique, avec une activité stable et des dépenses que nous n’avons pas ajustées à temps. Le plan que nous mettons en place repose d’abord sur des économies sur les médicaments auxquelles tous adhèrent, et un gel de 0,5 % de la masse salariale que tous redoutent. C’est dur à supporter, mais cela ne met pas en péril l’AP-HP ni la prise en charge des malades. Pour que cela ne pèse pas là où les besoins sont les plus forts, nous organisons, avec les présidents de communauté médicale, une revue des services que nous aurions dû réorganiser plus tôt, pour le faire vite.

Y a-t-il un malaise chez les soignants ?
Incontestablement, et nous en avons pleinement conscience. Il traduit ce que j’appelle la « mue douloureuse » de l’hôpital, avec un sentiment qui va de la lassitude à la souffrance, mais qui ne remet pas en cause l’attachement au service public. Quand nous avons rédigé collectivement les valeurs de l’AP-HP en 2017, c’est clairement ce qui ressortait : « Les valeurs, nous les avons, mais nous avons l’impression de ne pas pouvoir travailler en accord avec elles. »
Ce malaise est-il dû à la tarification à l’activité, qui pousse à faire plus d’actes pour maintenir l’équilibre financier ? L’hôpital est-il arrivé « au bout d’un système », comme le dit la ministre de la santé ?
La tarification concentre toutes les critiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi l’expulsion de 23 diplomates britanniques. Theresa May estime que ces mesures de rétorsion ne changent rien à la culpabilité de la Russie.
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Espion empoisonné : Moscou réplique à Londres

Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi l’expulsion de 23 diplomates britanniques. Theresa May estime que ces mesures de rétorsion ne changent rien à la culpabilité de la Russie.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 17h54
   





                        


Le ministère des affaires étrangères russe a annoncé samedi 17 mars l’expulsion imminente de vingt-trois diplomates britanniques en réponse à une mesure similaire annoncée par Londres après l’empoisonnement en Grande-Bretagne d’un espion russe et de sa fille. Sergueï Skripal, 66 ans, et Youlia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients sur un banc à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, le 4 mars, une tentative d’empoisonnement prêtée à la Russie.
« Vingt-trois membres du personnel diplomatique de l’ambassade britannique à Moscou sont déclarées persona non grata et vont être expulsées dans la semaine », a annoncé le ministère qui avait convoqué l’ambassadeur britannique, Laurie Bristow, pour lui faire part de cette décision. Cette mesure est une réponse aux « actions de provocation » et aux « accusations sans fondement concernant l’évènement du 4 mars à Salisbury » portées par Londres, précise le ministère.
La première ministre britannique, Theresa May, a estimé peu après que les mesures de rétorsion prises par Moscou en réaction aux sanctions britanniques ne changent « rien aux faits » et à la culpabilité de la Russie. « La réponse de la Russie ne change rien aux faits : la tentative d’assassinat de deux personnes sur le sol britannique, pour laquelle il n’existe pas d’autre conclusion que celle de la culpabilité de l’Etat russe », a affirmé la cheffe du gouvernement lors d’un discours prononcé au congrès du Parti conservateur, à Londres.
Le gouvernement britannique a ordonné mercredi l’expulsion de 23 diplomates russes, une mesure inédite depuis la fin de la Guerre froide, et suspendu toutes les rencontres bilatérales, provoquant la colère de Moscou qui réfute les accusations.

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Fin des activités du Bristish Council
Moscou a par ailleurs annoncé qu’il mettait fin aux activités du British Council en Russie, l’organisme international britannique pour les relations culturelles et l’éducation. « Etant donné le statut hors régulation du British Council en Russie, son activité est arrêtée », a annoncé le ministère des affaires étrangères russe.
Moscou se réserve le droit de prendre d’autres sanctions contre la Grande-Bretagne dans l’éventualité où Londres prendrait d’autres mesures hostiles, ajoute le ministère. Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, avait annoncé vendredi que la Russie s’apprêtait à expulser des diplomates russes.
La confrontation entre les Occidentaux et Moscou s’est encore durcie vendredi, à deux jours de l’élection présidentielle russe de dimanche, que Vladimir Poutine s’apprête à remporter pour un quatrième mandat qui le maintiendra à la tête de la Russie jusqu’en 2024.
Le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, avait alors assuré que Londres en voulait au « Kremlin de Poutine » et non à la Russie pour cette attaque à Salisbury, petite ville du sud de l’Angleterre. « Nous pensons qu’il est extrêmement probable qu’il s’agisse de sa décision d’ordonner l’utilisation d’un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l’Europe, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », avait déclaré M. Johnson.
« Menace pour la paix et la sécurité »
Le Kremlin avait aussitôt réagi, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. Dans cette affaire, « toute mention ou référence à notre président n’est rien d’autre que choquant et impardonnable », a-t-il dit.

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Moscou nie depuis le début avoir commandité cette attaque au « Novitchok », un agent toxique mis au point par la Russie à l’époque soviétique et que, selon l’un de ses inventeurs qui vit désormais aux Etats-Unis, seule la Russie est capable de produire.
Samedi, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a accusé Theresa May, sur la chaîne publique Rossiya 24, d’avoir inventé un empoisonnement au « Novitchok » car ce mot a une consonance qui « l’associe directement à la Russie, qui l’associe directement à quelque chose de russe ». Selon elle, il n’y a jamais eu en URSS ou en Russie « de recherches qui s’appelaient ou avaient pour nom de code ’Novitchok’ ».
L’OTAN s’était dite « profondément préoccupée par la première utilisation offensive d’un agent neurotoxique sur le territoire de l’Alliance depuis sa fondation », notant qu’elle considérait « toute utilisation d’armes chimiques comme une menace pour la paix et la sécurité internationales ». Moscou avait répondu en niant avoir fabriqué du « Novitchok ». « Il n’y a eu aucun programme de développement d’armes chimiques sous le nom Novitchok ni sous l’URSS, ni en Russie », avait déclaré le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Après sa troisième place au sprint, Martin Fourcade a remporté sa septième victoire de la saison, la 72e de sa carrière.
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Coupe du monde de biathlon : Martin Fourcade remporte la poursuite d’Oslo et creuse l’écart en tête

Après sa troisième place au sprint, Martin Fourcade a remporté sa septième victoire de la saison, la 72e de sa carrière.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 17h12
   





                        



Insatiable Fourcade ! Le Français remporte la poursuite d'Holmenkollen, sa 7e victoire de la saison, la 72e de sa c… https://t.co/Q21Z0ENLRv— Eurosport_FR (@Eurosport.fr)


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Martin Fourcade a creusé l’écart en tête du classement général de la Coupe du monde de biathlon en remportant la poursuite d’Oslo (Norvège), samedi 17 mars. Le Français a certes commis deux fautes au tir mais il a encore été dominateur sur les skis alors que le Norvégien Johannes Boe, son principal rival, a été défaillant à la carabine avec quatre erreurs. Il termine troisième, derrière l’Italien Lukas Hofer.
Les autres Français engagés, Simon Desthieux (une faute au tir), Antonin Guigonnat (une faute) et Quentin Fillon-Maillet (quatre fautes, toutes lors du premier tir) ont respectivement fini aux 11e, 21e et 27e places.
Le quintuple champion olympique possède désormais 49 points d’avance sur Boe. Troisième du sprint derrière l’inévitable Norvégien, effectue une excellente opération dans sa quête d’un septième Gros Globe de cristal consécutif. Pour établir le classement final, il faudra néanmoins retrancher les deux plus mauvais résultats de chaque biathlète.
Un peu plus tôt, l’équipe de France féminine, composée d’Anaïs Chevalier, Célia Aymonier, Marie Dorin, Anaïs Bescond, a remporté l’épreuve du relais (4 x 6 km). C’est le deuxième succès de la saison pour le relais féminin français, et le dernier pour Marie Dorin, biathlète française la plus titrée de l’histoire, qui prendre sa retraite après l’épreuve de poursuite, dimanche.

   



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ En choisissant le rappeur, le magazine entend montrer que « les hommes virils reprennent le devant de la scène », selon l’anthropologue Mélanie Gourarier.
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JoeyStarr en couverture de « Playboy » : un choix « en réaction à ce qu’il se passe depuis l’affaire Weinstein »

En choisissant le rappeur, le magazine entend montrer que « les hommes virils reprennent le devant de la scène », selon l’anthropologue Mélanie Gourarier.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 14h59
    |

                            Charlotte Herzog








                        


Playboy affiche JoeyStarr sur sa couverture. Playboy, le magazine érotique « masculin qui parle aux femmes », a choisi le rappeur de NTM comme vitrine pour son numéro à paraître samedi 17 mars, pour « son charisme et sa force physique ».

#JoeyStarr premier homme à décrocher la #une de @Playboy France https://t.co/PN9TIjr9lU— JFGuyot (@Jean-François Guyot)


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Sidney Carron, la photographe qui le met en scène, a expliqué au Parisien qu’elle voyait en lui « l’homme qui fascine les filles. L’incarnation de ce qu’on appelle parfois le “mâle alpha”, celui qui crie le plus fort » ; elle voulait « capter son air animal, sa virilité ». Derrière la veste chic, les oreilles de lapin et les lunettes de créateur, JoeyStarr est aussi une personnalité connue pour ses accès d’agressivité et sa tendance à la provocation. L’homme a fait plusieurs séjours en prison, notamment pour violences conjugales. Il lui est aussi arrivé de qualifier une personnalité publique de « grosse tarlouze », tout en « s’en cognant » d’être accusé d’homophobie.
Pour Mélanie Gourarier, anthropologue, chercheuse au CNRS et auteure d’Alpha mâle (Seuil, 2017), le choix d’afficher Joey Starr « s’inscrit pleinement en réaction à tout ce qu’il se passe depuis l’affaire Weinstein ».
JoeyStarr en couverture de « Playboy », qu’est-ce que cela dit du choix du magazine d’afficher ce type d’incarnation de la masculinité ?
Mélanie Gourarier : Il s’agit évidemment d’une intention forte de montrer que les hommes virils, dans une acception très traditionnelle du terme, n’ont non seulement pas disparu, mais reprennent le devant de la scène. C’est une volonté d’érection d’un modèle assez classique et traditionnel de la masculinité, qui est conçu comme un modèle un peu « hors du temps ». Cette virilité traditionnelle dont on est en train, aujourd’hui, de déplorer la perte. Cette couverture s’inscrit pleinement en réaction à tout ce qu’il se passe depuis l’affaire Weinstein. Il y a une volonté de la part de la rédaction de Playboy de dire que ce modèle-là est toujours le plus désirable, et que ce modèle le plus désirable, on le réaffirme alors même qu’il est aujourd’hui contesté.
Des photos du shooting ont déjà été publiées sur les réseaux sociaux, notamment par JoeyStarr lui-même. Des femmes se disent séduites par ce qu’elles appellent son côté « bad boy ». En quoi le « bad boy » reste-t-il désirable aujourd’hui ?
L’usage du concept de « bad boy » vient taire des pratiques de violence. Au lieu de dire « l’homme violent », « l’homme qui a tapé des hommes ou des femmes », on va dire « bad boy ». On invisibilise derrière ce terme des pratiques effectives de pouvoir et de violences faites aux femmes, et aux autres hommes. Continuer à dire que les femmes sont toujours attirées par ce genre d’hommes, c’est renverser le fonctionnement du rapport. Ce discours signifie en creux que, parce que les femmes sont attirées par ces hommes-là, il faut que les hommes continuent à incarner les « bad boys ». En l’érigeant comme modèle désirable, on réaffirme que ce sont les femmes qui désirent cela. D’une part, on les culpabilise et on les considère comme les fautives du maintien de ce modèle, et d’autre part, on s’empêche d’évoluer et de le transformer.
Qu’est-ce que le « mâle alpha » ?
Le mâle alpha n’existe pas. Ni en tant qu’homme, ni en tant que personnage disposant de qualités qui seraient définies une fois pour toutes. Le mâle alpha, c’est ce qu’on projette comme étant la masculinité idéale. C’est un concept vide que l’on remplit. C’est ce que fait Playboy en remplissant ce modèle du mâle alpha contemporain à venir, de qualités spécifiques, la force physique ou la brutalité, qu’il attribue à JoeyStarr. Il y a une forme naturalisée et essentialisée de ce qui relèverait de ces qualités, or on sait très bien que les qualités de la masculinité sont constamment mouvantes et, comme toute incarnation genrée, ces qualités sont amenées à se transformer dans le temps, en fonction des époques.
« Vu le climat après Weinstein, on n’avait pas envie d’afficher une “poster girl” classique », raconte au « Parisien » le corédacteur en chef de l’édition française de « Playboy ». Ainsi, c’est un homme qui prend la place d’une femme. Serait-ce une forme de retour en arrière ?
Ce n’est pas un retour en arrière. Je vois ça comme un acte de projection, qui s’intéresse à ce qui va advenir de la masculinité. Ils choisissent de ne pas mettre une « poster girl » car ils considèrent que c’est trop obsolète et que dans le contexte, c’est dangereux. En gros, ils essayent de faire une symétrie avec l’homme-objet. Bon, dans ce cas, un homme-objet qui a un sacré caractère. Mais il s’agit d’un magazine érotique destiné aux hommes, qui présente un homme qui est dans un modèle de masculinité extrêmement traditionnel, mais qui est érigé comme homme-objet. C’est peut-être ça, la transformation. Donc il y a chez eux comme une intention de souligner un paradoxe pour dire : comment cet homme-là, par cette virilité traditionnelle, peut-il se renouveler et participer à la modernité ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’auteur revisite les contes occidentaux pour raconter la surprenante relation d’une petite fille et d’une créature aux longues cornes. Rencontre avec cet autodidacte féru d’animaux à l’occasion du Salon du livre de Paris.
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« L’Enfant et le Maudit » : Nagabe, le mangaka qui fait cavalier seul

L’auteur revisite les contes occidentaux pour raconter la surprenante relation d’une petite fille et d’une créature aux longues cornes. Rencontre avec cet autodidacte féru d’animaux à l’occasion du Salon du livre de Paris.





Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h00
    |

                            Alexis Orsini





Au cœur de la forêt, entre les grands arbres qui semblent tutoyer les cieux, une frêle silhouette blanche jure avec l’obscurité ambiante. Au premier abord, on pourrait croire que cette petite fille blonde se balade seule. Mais la jeune Sheeva est en réalité accompagnée de celui qu’elle surnomme affectueusement « Professeur », une créature cornue et noire comme la suie, qui se fond dans le décor.
Sheeva a pour interdiction formelle de toucher son protecteur, sous peine d’être « maudite », comme lui, et de se transformer en monstre. Pourquoi ces deux êtres cohabitent-ils alors que tout les oppose ? Le Professeur se résoudra-t-il à avouer à la petite fille qu’elle a été abandonnée et que sa tante, dont elle attend le retour, ne viendra jamais la chercher ?
En quelques planches d’une grande simplicité, servies par un style graphique épuré, volontairement avare en dialogues, Nagabe pose l’ambiance et les enjeux de L’Enfant et le Maudit.
« Mes personnages galopent librement »

   


Le jeune auteur, 24 ans, de passage en France à l’occasion du Salon du livre de Paris et d’une tournée de dédicaces, admet volontiers que le mystère entourant ses deux héros l’oblige lui-même à naviguer à vue : « Avant de commencer L’Enfant et le Maudit, je m’étais fixé plusieurs idées, mais je ne m’y tiens pas toujours car les personnages évoluent à leur gré, avec une certaine liberté. »
Comme dans ce passage du premier volume, où le Professeur tente d’aider Sheeva, blessée, à marcher. Comment faire pour lui prêter main-forte sans la toucher ? Le maudit finit par lui tendre le manche de son parapluie, qui s’impose comme un substitut inattendu.
« Je n’avais pas du tout pensé à cette scène au début, mais c’est en commençant à dessiner le paysage que mes personnages se sont mis à faire ça. […] Sheeva et le Professeur sont très libres, ils sont comme des chevaux qui galopent dans une plaine : dans ma tête, ils galopent librement, et j’ai parfois du mal à les rattraper ! »
La métaphore animale s’impose naturellement dans l’esprit de Nagabe : son œuvre entière repose sur des créatures aux caractéristiques bestiales ou anthropomorphes. Son premier manga, Buchou wa Onee (inédit en France), raconte ainsi le quotidien d’un dragon-patron en costume cravate, respecté de ses pairs japonais. Ceux-ci ignorent toutefois qu’il passe ses soirées dans un bar en tant qu’hôtesse, aux côtés d’autres serveurs musclés vêtus de minijupes et perchés sur de haut talons… Nagabe était le premier à s’interroger sur le potentiel commercial du titre, comme il le confiait en 2017 au site Pixivision : « Vu que le héros est un dragon baraqué et travesti, je me suis demandé si ce type de manga marcherait bien dans un magazine [rires]. »
Un auteur repéré sur Twitter

   


Outre son style graphique singulier, Nagabe a en effet pour autre particularité d’avoir été repéré sur Internet, très jeune, par une maison d’édition, séduite par ses dessins amateur.
« J’avais l’habitude de poster des illustrations sur [la plate-forme de partage artistique] Pixiv comme sur Twitter quand j’étais encore étudiant à l’université. En deuxième année de fac, un éditeur a repéré mes dessins et m’a proposé de réaliser un manga à partir des illustrations que j’avais publiées. C’est ainsi que j’ai pu publier mon premier manga professionnel alors que j’étais encore étudiant. »
S’il envisageait de signer quelques mangas en tant qu’amateur, l’idée de devenir professionnel n’avait jusque-là jamais traversé l’esprit de ce passionné de dessin, qui a fait ses premières armes à l’enfance, en recopiant ses héros préférés. Au collège, il se met à inventer ses propres personnages. Et pas n’importe quel type : des kemonomimi, ces figures humaines emblématiques de la pop culture japonaise, reconnaissables à leurs caractéristiques animales plus ou moins marquées, comme des oreilles de chat ou une queue de chien.
Après avoir commencé à publier L’Enfant et le Maudit sous la forme d’un dôjinshi (un recueil de mangas amateurs), la sortie de Buchou Wa Onee l’amène à reconsidérer ses envies :
« Lorsque j’ai eu en main mon premier manga en volume relié, j’étais très content mais, en même temps, frustré, parce que je trouvais que la qualité n’était pas au rendez-vous, que je pouvais encore améliorer plein de choses… C’est seulement à ce moment-là que je me suis dit : “Pourquoi ne pas devenir un mangaka professionnel ?” »
« Je suis frustré de garder ces personnages séparés »

   


Le défi est de taille, à plusieurs titres. D’abord parce qu’il devient ainsi le maillon d’une longue chaîne d’intermédiaires, alors qu’il travaillait jusque-là seul, sans pression extérieure. Ensuite parce que Nagabe se trouve obligé d’acquérir un attribut jusque-là manquant : la capacité à dessiner des décors.
Pour pallier cette lacune, il s’abreuve du maximum d’influences graphiques, dont les œuvres de l’illustratrice américaine Tasha Tudor, dont il s’inspire pour donner vie aux nombreux jardins et maisons qui parsèment le monde de L’Enfant et le Maudit. L’interdiction formelle de contact entre Sheeva et le Professeur complique aussi les choses :
« Quand vous dessinez deux personnages qui vivent ensemble et s’apprécient, on a vraiment envie qu’ils se touchent, qu’il y ait un contact entre les deux… Plus je dessine, plus je ressens de frustration à les montrer aussi détachés l’un de l’autre, alors que j’aimerais renforcer leurs liens ! »
Enfin, avec L’Enfant et le Maudit, le mangaka débutant doit non seulement apprendre à imaginer un scénario mais aussi à maintenir l’intérêt périodique de ses lecteurs à la parution de chaque nouveau chapitre. Une gageure quand on choisit de raconter le quotidien tranche-de-vie d’une petite fille et de son protecteur : « Pour moi, c’est très difficile de concevoir le scénario ! […] Depuis que je suis devenu mangaka professionnel, je passe mon temps à acheter les mangas d’autres auteurs pour voir comment faire pour garder les lecteurs en haleine, pour y trouver des astuces… »
Un manga « silencieux »

   


Sans surprise, le jeune artiste est aussi fin connaisseur des héros anthropomorphes européens, qu’il s’agisse des Moomins, ou des animaux mis en scène par le duo espagnol Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido dans la célèbre bane dessinée Blacksad, qu’il aime beaucoup. L’artiste, habitué à dessiner son manga avec des feutres standard, disponibles dans n’importe quelle supérette de quartier, accorde un soin particulier au style graphique inhabituel de L’Enfant et le Maudit, plus proche d’un album illustré que d’un manga.
Cette particularité joue pour beaucoup dans son ambiance souvent contemplative, mais jamais ennuyeuse, grâce à un rythme et un sens du rebondissement particulièrement maîtrisés. L’auteur s’essaye en outre à une forme de narration novatrice :
« J’essaye d’utiliser le moins possible d’onomatopées, parce que je veux que mon manga soit silencieux. Au-delà de son style graphique, c’est peut-être ça sa plus grosse différence [avec les autres mangas], sans compter le fait que je réalise tout moi-même, sans assistant. »
Dernièrement, Nagabe s’est notamment essayé à un nouvel exercice avec Daisy Mata Ashita, une histoire courte publiée dans un recueil (inédit en France) consacré aux histoires d’amour entre des humains et des non-humains. Il y raconte la relation improbable d’une petite fille handicapée, qui ne peut pas marcher, et d’un corbeau géant, pour montrer « comment deux être qui ne parlent pas la même langue peuvent communiquer leur affection de façon non verbale ».
Si sa carrière ne fait que commencer, Nagabe envisage-t-il un jour de réaliser un manga totalement dénué d’animaux ou de créatures de son invention ? « Jamais ! Il faut absolument qu’il y ait un animal dans mes mangas, parce que je les aime ! Et puis, on trouve déjà plein de mangas dont les héros sont des humains… […] Créer ces personnages, ça représente une forme de liberté pour moi. »




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’Autrichien, déjà assuré de la victoire au classement général de la Coupe du monde, a remporté le géant d’Äre, en Suède, égalant le nombre de victoires en une seule saison.
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Ski : nouveau record pour Marcel Hirscher, 13 fois vainqueur en une seule saison

L’Autrichien, déjà assuré de la victoire au classement général de la Coupe du monde, a remporté le géant d’Äre, en Suède, égalant le nombre de victoires en une seule saison.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 16h51
   





                        


Marcel Hirscher reste impérial. L’Autrichien s’est imposé lors du géant des finales de la Coupe du monde de ski alpin, samedi à Äre en Suède, signant sa 13e victoire de la saison. Il devance le Norvégien Henrik Kristoffersen de 0 s 23 et le Français Victor Muffat-Jeandet de 0 s 26.
Hirscher termine la saison sur la première place du podium général du géant -- le petit globe lui était acquis depuis le 3 mars-- suivi loin derrière par Kristoffersen et le Français Alexis Pinturault. C’est le 5e petit globe de cristal en géant dans la carrière de l’Autrichien.
Il s’était également déjà assuré à Kranjska Gora (Slovénie) d’un historique septième gros globe de cristal d’affilée, synonyme de victoire au classement général de la Coupe du monde.

L'ogre n'était pas rassasié... Marcel Hirscher remporte le géant d'Are et décroche sa 13e victoire de la saison, re… https://t.co/MM4Msp3w69— Eurosport_FR (@Eurosport.fr)


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Sa victoire, qui clôture une saison spectaculaire marquée également par ses titres olympiques en combiné et en géant, lui permet en plus d’accrocher un nouveau record à son palmarès, celui du plus grand nombre de victoire en une saison, avec treize succès. Il égale à ce niveau le Suédois Ingemar Stenmark et l’Autrichien Hermann Maier.
S’il venait à s’imposer dimanche en slalom, une spécialité qu’il avait raté aux JO, ce serait non seulement la 59e victoire de sa carrière en Coupe du monde, mais la 14e de sa saison, ce qu’aucun skieur n’a fait jusqu’ici.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Une nouvelle version de Google Maps permet aux personnes à mobilité réduite de planifier des itinéraires adaptés en transports en commun. Paris fait figure de très mauvais élève.
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On a testé… l’option « fauteuil roulant » de Google Maps

Une nouvelle version de Google Maps permet aux personnes à mobilité réduite de planifier des itinéraires adaptés en transports en commun. Paris fait figure de très mauvais élève.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 15h03
    |

                            Nicolas Six








                        


Depuis jeudi 15 mars, Google Maps permet aux personnes handicapées de planifier un itinéraire de transport en commun compatible avec l’usage d’un fauteuil roulant. Ce service est particulièrement attendu car, dans de nombreuses villes françaises, les transports publics sont un calvaire pour les personnes à mobilité réduite, et dans une moindre mesure, pour les parents dotés de poussettes.
Avec ses lignes de métro centenaires, Paris fait figure de très mauvais élève, puisqu’une seule ligne sur quatorze est équipée d’ascenseurs menant directement aux quais. Le plan des lignes de métro aménagées pour les fauteuils roulants laisse entrevoir d’immenses espaces vides dans la géographie parisienne.

   


La nouvelle option de Google Maps permet-elle de trouver des trajets alternatifs avec simplicité et efficacité ? L’outil gagnerait déjà à être plus ergonomique. Pour planifier un trajet en fauteuil roulant, il faut saisir une adresse de destination, puis une adresse de départ, presser l’icône symbolisant les transports en commun, ouvrir les options d’itinéraire, puis cocher « accessible en fauteuil roulant ».
Peu de villes réellement couvertes
Cette option est disponible partout en France, même si dans bien des villes son efficacité est douteuse.

   


Google base ses calculs d’itinéraires sur des informations lacunaires. Pour déterminer si une station de bus, de métro ou de train de banlieue est adaptée aux personnes à mobilité réduite, Google consulte deux sources. Ses développeurs interrogent d’abord les agences de transport publiques. Pour le moment, six villes seulement ont été sondées : Londres, New York, Tokyo, Mexico, Boston et Sydney. Google précise que ce travail d’enquête sera bientôt étendu à d’autres grandes villes.
Les créateurs de Maps se basent également sur des appels à contribution, qui permettent aux usagers des transports de relater leur expérience station par station. Depuis 2016, les contributeurs de Google Maps ont tenu deux cents rendez-vous publics qui ont permis de faire progresser les informations d’accessibilité. Ce chiffre a beau être élevé, il faut le ramener à l’échelle de la planète entière : on peut alors en déduire que peu de villes françaises ont profité de contributions citoyennes.
Comment Maps conçoit-il les trajets dans les villes où les informations d’accessibilité sont pauvres, voire inexistantes ? Les métros et les lignes ferroviaires souterraines sont souvent évités. Bien souvent Google oriente les personnes à mobilité réduite vers les bus. Or, tous les autobus publics sont loin d’être conçus pour accueillir des fauteuils roulants, et toutes les stations de bus sont loin de posséder une bordure surélevée sans laquelle le chargement se révèle compliqué.
Itinéraires erronés
A Paris, les itinéraires conseillés sont souvent fiables. Mais dans d’autres villes, Google Maps commet beaucoup d’erreurs. Dans la métropole lilloise par exemple, Maps semble ignorer que la plupart des stations du métro sont équipées d’ascenseurs.

   


La communication abondante de Google, qui vante ses services d’aide à l’accessibilité sur YouTube, cache donc une réalité moins réjouissante. Beaucoup de personnes à mobilité réduite seront déçues par l’efficacité de Maps, et seront forcées d’attendre que ce service s’améliore. Certaines prendront peut-être l’initiative d’aider Google à enrichir les informations d’accessibilité autour de chez eux.
Pour le moment, il serait préférable que Google n’affiche l’option « fauteuil roulant » que dans les villes où ce service est suffisamment efficace. A terme, les personnes à mobilité réduite apprécieraient également que Google scrute la qualité des trottoirs, et l’aménagement des bordures, parfois trop raides pour permettre l’accès aux passages piéton.
Les images que recueillent les voitures de Google en sillonnant les routes françaises constitueraient une précieuse base d’information. Car dans beaucoup de villes françaises, pour se rendre d’un point A à un point B en fauteuil roulant, la route la plus courte est souvent impraticable. Pour trouver son chemin, il faut tester plusieurs routes et apprivoiser ce qui s’apparente à un véritable labyrinthe urbain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Des milliers de manuscrits passent entre leurs mains. Souvent surdiplômés, sous-payés, les lecteurs accomplissent une tâche essentielle, mais parfois ingrate, dans le processus de publication.
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édition abonné


Les « orpailleurs » des maisons d’édition, des lecteurs qui passent au tamis tous les manuscrits

Des milliers de manuscrits passent entre leurs mains. Souvent surdiplômés, sous-payés, les lecteurs accomplissent une tâche essentielle, mais parfois ingrate, dans le processus de publication.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 17h41
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Chaque jour, trente à quarante manuscrits arrivent par la poste chez Gallimard. Leurs auteurs, jusqu’à 8 000 par an, espèrent être publiés dans la collection « Blanche », le nec plus ultra de l’édition. Des montagnes de projets de romans enveloppés dans du papier kraft se reforment quotidiennement. La personne chargée du tri lit en diagonale tout ce qui arrive dans la journée. Secoue les manuscrits pour en faire tomber une fleur séchée ou un ticket de métro et éviter d’être accusée de ne pas avoir lu l’œuvre de A à Z. Il s’agit d’effectuer à vive allure une sélection entre les ouvrages qui ne sont pas aboutis, ceux qui ne correspondent pas à la maison, les très mauvais, les moyens et les rares excellents.
Environ 10 % à 15 % des manuscrits filtrés par ce premier tamis seront confiés à des lecteurs. Une armada de professionnels, dont le travail consiste à lire pour les grands éditeurs une masse de manuscrits pour ne conserver que ce qui pourra être publié. « J’ai trouvé des pépites formidables », raconte Ludovic Escande, lecteur et éditeur chez Gallimard. « C’est au courrier qu’ont été découverts les romans de Tristan Garcia, Aurélien Bellanger, David Foenkinos ou Joy Sorman… et même L’Art français de la guerre, le premier roman d’Alexis Jenni, le Goncourt de 2011. »
Le salon Livre Paris, qui se tient jusqu’au 19 mars, permet un coup de projecteur sur ces lecteurs sous-payés, qui jouent, dans l’ombre, un rôle essentiel dans le processus de publication. Lire un manuscrit, en rédiger un résumé et une fiche argumentée sur l’intérêt ou non de le publier n’est rémunéré qu’entre 30 et 60 euros, selon le nombre de pages. Seuls les 640 lecteurs du Centre national du livre (CNL) perçoivent jusqu’à 150 euros pour expertiser chaque année, dans le cadre des aides à la traduction, près de 2 500 ouvrages en langue originale et en français. Impossible de vivre de cette activité, même pour les lecteurs les plus compulsifs.
Très...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Perdu entre l’Écosse et l’Islande, l’archipel danois se découvre île après île. Lacs, cascades et falaises y surplombent l’Atlantique. Un paysage brut qui ne livre pas tous ses secrets au premier regard.
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Féroé, les îles mirages


                      Perdu entre l’Écosse et l’Islande, l’archipel danois se découvre île après île. Lacs, cascades et falaises y surplombent l’Atlantique. Un paysage brut qui ne livre pas tous ses secrets au premier regard.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h45
    |

                            Chloé Aeberhardt








   


Aux îles Féroé, majestueux tas de cailloux ballotté par l’Atlantique Nord, il existe près de quarante mots pour désigner le brouillard. Selon qu’il prend la forme d’un ruban de nuages déroulé dans le labyrinthe des fjords, ou d’un manteau plus laineux que les 80 000 moutons de l’archipel réunis, il ne porte pas le même nom. Dans le dictionnaire féringien, chaque montagne, chaque prairie, chaque relief a son entrée. « Comparé au reste du Danemark, on a l’impression qu’ici, tout est plus petit. C’est pour ça qu’on est attentif au moindre détail, et qu’on lui donne un nom. De cette façon, tout devient plus grand », explique la guide Elin Hentze en gravissant la colline qui sépare Tórshavn, la capitale (21 000 habitants) du village de Kirkjubøur (70 âmes).
L’histoire est mal connue, mais on dit que c’est sur ce site du littoral que s’installèrent les premiers habitants, entre le IVe et le VIe siècle, avant que les Vikings ne mettent la main sur l’archipel, opportunément situé entre l’Écosse et l’Islande. Rattachées à la couronne norvégienne, puis danoise à la fin du XIVe siècle, les Féroé sont aujourd’hui une province autonome du royaume du Danemark (à l’image du Groenland).

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                Iles Féroé : un référendum sur l’autodétermination en 2018



Maisons aux toits chevelus
Dans un enclos en pierre sèche qui rappelle les pâturages d’Irlande, l’église médiévale de Kirkjubøur prête le flanc à l’Océan : des murs nus blanchis à la chaux, une charpente en coque de navire inversée. À deux pas, une ferme en bois noir aux fenêtres encadrées de rouge. Construite il y a neuf cents ans, il s’agirait de « la plus vieille maison en bois d’Europe encore habitée ». Son architecture est typique des Féroé : pas d’étage, pour limiter la prise au vent, et des mottes de terre chevelues en guise de toiture. « La terre est un bon isolant, ajoute la guide. On met de l’écorce de bouleau en dessous, pour l’imperméabilité. » Dans la capitale, Tórshavn, les mêmes toitures féeriques coiffent les bâtiments du gouvernement, des petites maisons rouges aux noms imprononçables agglutinées sur le promontoire rocheux de Tinganes. Ici, pas d’enceintes de sécurité ni de gardes, les piétons sont libres de déambuler entre « Skansapakkhúsið » (les bureaux du premier ministre) et « Sethúsini » (le siège du ministère du commerce)…

   


L’archipel compte dix-huit îles, connectées par liaison maritime ou terrestre, via trois ponts interîles et deux tunnels sous-marins. Un réseau de bus existe, mais le plus simple est de se déplacer en voiture. Les routes sont excellentes, deux heures suffisent à rallier la cascade de Gásadalur, à la pointe sud-ouest, et les falaises de Viðareiði (jusqu’à 754 m !), au nord. Ouvert en 2002, le Vágatunnilin a été creusé sous le détroit de Vestmanna sur près de 5 km, que l’on parcourt en pente douce, avant de remonter progressivement au-dessus du niveau de la mer. Au bout du tunnel, l’île de Vágar, que la fonte des neiges, l’érosion et la violence de l’Océan ont rendue, par endroits, totalement irréelle.
Il ne fait jamais très froid aux îles Féroé. L’hiver, la température moyenne est de 3 °C, l’été, de 12 °C.
Pour croire ne serait-ce qu’une seconde à l’existence de la magie, il faut enfiler ses chaussures de randonnée et faire la balade de deux heures sur les rives du lac Sørvágsvatn. L’eau, à 5 °C, serpente dans la prairie, les tourbières, où s’ébaillent moutons et oies sauvages, rien d’extraordinaire. Jusqu’au moment où l’on se rend compte que le lac longe une falaise haute de 64 mètres. Depuis le piton voisin (Trælanípa, la « falaise des esclaves »), on le voit surplomber l’Océan, suspendu comme une piscine à débordement. Car, à la fin, le Sørvágsvatn s’y jette, dans un torrent sans cesse repoussé par les vagues. « Regarde la cascade : avec le vent, elle remonte », sourit Jóhannus Hansen en montrant les filets d’eau qui rebroussent chemin. Il n’a que 29 ans, et cela doit faire cent cinquante fois qu’il contemple ce spectacle. En parallèle de ses études d’ingénieur, il a monté son agence de tourisme, Reika Adventures, spécialisée dans la randonnée et l’escalade. « Le monde a découvert notre pays en 2015, avec l’éclipse totale du Soleil. Maintenant, les gens ne viennent plus seulement en juillet, mais aussi en août et en septembre. »

   


Il ne fait jamais très froid aux îles Féroé. L’hiver, la température moyenne est de 3 °C ; l’été, de 12 °C. « En juillet-août, il y a moins de vagues, mais plus d’oiseaux, précise Jóhannus. Des milliers de petits pingouins, guillemots, fous de Bassan, cormorans, viennent se reproduire. » Le macareux, irrésistible oiseau joufflu au bec coloré, trouve refuge sur les pentes de l’île la plus occidentale, Mykines. Entre mai et septembre, un ferry assure la liaison depuis Vágar (45 min). À l’ouest de l’unique village de l’île, un sentier mène en direction du phare. La colonie de macareux se trouve juste avant le pont suspendu : les jours de beau temps, ils sortent de leur trou par centaines, et se dandinent le long du chemin.
« Nous avons une expression pour désigner la zone de l’Atlantique qui sépare l’Islande des îles Féroé : “The Devil’s Dancefloor”, la piste de danse du diable. » Johannus Hansen, guide de randonnée
Sur ces terres sans arbres ni cultures, tout tourne autour du poisson — l’élevage de saumons et la pêche au maquereau constituent la première source de revenus. À Vestmanna, un pêcheur, Magni Blástein, propose aux touristes de l’accompagner en mer. Avec lui, impossible de rentrer bredouille. Au mieux, on revient au port le panier lesté d’un haddock, d’un cabillaud ou d’un carrelet. Au pire, sans trophée, mais avec en mémoire les images du détroit, dont les falaises éventrées rappellent les gorges spectaculaires du hameau de Gjógv, sur l’île d’Eysturoy.
À quarante-cinq minutes de voiture au nord de Vestmanna, le tableau offert par le village de Saksun est moins lisible. Le paysage joue du même ressort que le lac « suspendu » de Sørvágsvatn : l’illusion d’optique. Depuis le haut de la montagne, les cascades se jettent dans ce qui semble être un lac bordé de sable noir. La surprise nous attend en bas, de l’autre côté du plan d’eau : au lieu de s’arrêter au pied du massif, la plage se faufile dans un canyon, et rejoint l’Océan. « Avant, il y avait un bras de mer à la place de cette plage, et le lac était une baie, explique Jóhannus Hansen. Puis il y a eu une tempête, et des tonnes de sable se sont engouffrées. Rien ne protège cette côte. Nous avons une expression pour désigner la zone de l’Atlantique qui sépare l’Islande des îles Féroé : “The Devil’s Dancefloor.” » La piste de danse du diable. Elin Hentze avait raison. Dit comme ça, les vagues, le vent, les falaises, tout est encore plus grand.



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Cette exposition parisienne célèbre la présence des communautés tsiganes, roms, manouches et gitanes qui ont traversé le XIXe siècle en France, jusqu’au 26 août, à Paris.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Sacré meilleur au monde lors d’un concours international aux Etats-Unis, l’Extra a damé le pion à deux camemberts français.
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Le champion du monde des camemberts est québécois

Sacré meilleur au monde lors d’un concours international aux Etats-Unis, l’Extra a damé le pion à deux camemberts français.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 14h58
   





                        


Il s’est imposé face à dix-sept autres concurrents, damant le pion notamment à deux camemberts français. L’Extra, un camembert québécois au goût de noisettes et de champignons, a séduit le jury international qui l’a sacré meilleur au monde lors du World Championship Cheese Contest de Madison, dans l’Etat du Wisconsin, aux Etats-Unis.
Ce fromage de la coopérative Agropur a été préféré aux autres camemberts, dont l’Isigny, le très réputé fromage de Normandie, une référence en la matière. Des camemberts danois, néo-zélandais, ou américains étaient également en lice cette année lors de ce championnat mondial des fromages, présenté comme la plus grande compétition mondiale du genre, pour être sur la plus haute marche du podium.
Fromage français au lait de brebis sacré champion du monde
Cette victoire québécoise intervient au moment où les producteurs de lait et de camemberts de Normandie viennent récemment de se mettre d’accord sur une bataille d’étiquette qui les opposait depuis dix ans. D’ici à 2021, il n’y aura plus qu’un seul et unique camembert de Normandie AOP (appellation d’origine protégée), a signalé, le 23 février, l’Institut national des appellations d’origine (INAO), à l’issue d’une réunion entre tous les acteurs de la filière. Ce qui met un terme à la bataille qui opposait « le camembert de Normandie AOP » et le « camembert fabriqué en Normandie ».

        Lire aussi :
         

                Après dix ans de bataille, un accord de paix sur le camembert de Normandie



Trois mille quatre cents fromages provenant de 26 pays étaient en lice à Madison. C’est un fromage français au lait de brebis, l’Esquirrou, du maître fromager Michel Touyarou installé à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), qui a été sacré champion du monde toutes catégories.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les cheminots ont annoncé une grève deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin. De son côté, l’intersyndicale d’Air France a appelé à une grève les 23 et 30 mars.
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Grève à la SNCF : le calendrier des perturbations

Les cheminots ont annoncé une grève deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin. De son côté, l’intersyndicale d’Air France a appelé à une grève les 23 et 30 mars.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 12h49
   





                        


Les 4,5 millions de Français qui prennent le train chaque jour doivent se préparer. L’intersyndicale des cheminots, opposée à la réforme de la SNCF, a opté jeudi 15 mars pour un mouvement dur, une grève au rythme de « deux jours sur cinq » pendant trois mois à partir d’avril.
Voici le point sur les perturbations à venir :

   


Une manifestation nationale des cheminots est prévue jeudi 22 mars à Paris, le même jour que les fonctionnaires. Les syndicats espèrent la présence de 25 000 cheminots, soit presque un sur cinq. Les transports devraient connaître des perturbations : SUD-Rail a déposé, seul, un préavis de grève du 21 mars à 20 heures au 23 mars à 8 heures pour « permettre aux cheminots de participer » à cette manifestation. La CGT prévoit elle aussi des préavis de grève locaux. Et en Ile-de-France, trois des quatre syndicats représentatifs à la RATP appellent à la grève le 22 mars pour soutenir les cheminots.

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                SNCF : les cheminots optent pour une grève d’usure sur trois mois



Les cheminots prévoient ensuite une grève de longue haleine selon un mode « innovant », à raison de deux jours sur cinq. La mobilisation doit courir du 3 avril au 28 juin, ce qui inclut les vacances de printemps et les différents ponts du mois de mai. En tout, la grève s’étalera sur trente-six jours.
De son côté, SUD-Rail a précisé qu’il souhaitait que les salariés grévistes décident eux-mêmes en assemblée générale, le 4 avril, s’ils veulent une grève reconductible tous les jours ou « s’ils s’inscrivent dans ce calendrier ». Le syndicat « posera un préavis de grève reconductible pour permettre aux salariés de décider », a indiqué son porte-parole, Erik Meyer.

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                Réforme de la SNCF : l’Etat veut réduire les prérogatives du « gendarme » du rail



Selon les premières estimations de la SNCF, très peu de trains devraient rouler lors des premières journées de grève, les 3 et 4 avril. « Il y aura des lignes sans aucune circulation », a affirmé au Monde un proche de la direction du groupe ferroviaire.
Valérie Pécresse, présidente (Les Républicains) de la région Ile-de-France, a demandé que le service minimum soit « respecté ». « Nous avons fait voter une loi sur le service minimum [en 2007]. Si le service minimum n’est pas effectué par la SNCF, celle-ci devra rembourser les voyageurs », a-t-elle déclaré sur RTL, évoquant « un train sur trois aux heures de pointe ».

Grève à Air France les 23 et 30 mars
Le transport aérien sera lui aussi affecté, dans une moindre mesure. Onze syndicats d’Air France, tous métiers confondus, ont appelé à une grève, le vendredi 23 mars, ainsi que le vendredi 30 mars, à la veille du week-end de Pâques, pour exiger une augmentation générale de 6 % des salaires. Ils avaient déjà fait grève le 22 février.
Les organisations de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD) doivent se réunir, le 26 mars, pour décider des suites du mouvement.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Cours d’éthique appliqué au business, formations digitalisées, « learning trek »... Pour se distinguer d’une concurrence pléthorique, les masters en administration des affaires rivalisent d’ingéniosité.
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Les MBA se lancent dans la course à l’innovation pédagogique

Cours d’éthique appliqué au business, formations digitalisées, « learning trek »... Pour se distinguer d’une concurrence pléthorique, les masters en administration des affaires rivalisent d’ingéniosité.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 11h30
    |

Laurent Gérard







                        


MBA « full time », MBA « part time », Executive MBA… Le marché s’est structuré et l’offre est aujourd’hui pléthorique. Pour s’y retrouver, les ­candidats deviennent plus exigeants : analyse des programmes, efficacité des réseaux d’anciens… Pour les écoles, ­l’affichage s’avère primordial. Avec un mot-clé : l’innovation.
« L’innovation pédagogique devient une source de différenciation importante et contribue à l’image de marque de l’organisation, confirme Hélène ­Michel, professeure à Grenoble école de management (GEM). Le marché des ­Executive MBA se développe, il y a un ­intérêt plus grand pour des critères de différenciation comme la pédagogie. »

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D’où la course à l’échelle internationale pour décrocher de précieux labels ­valorisant l’innovation pédagogique, comme AMBA ou Re-imagine education. « La course à l’innovation est inévitable et nécessaire, il faut prendre en compte les évolutions du monde, renchérit Hervé Remaud, professeur senior de marketing à Kedge Business School. Demain, quelle révolution va sortir de la 5G et de l’intelligence artificielle ? »
Les innovations sont multiples et ­impossibles à recenser, mais trois pistes, entre autres, se dessinent et parfois se cumulent : questionner le capitalisme, digitaliser les formations, insister sur la rencontre avec le réel. Sans pour autant négliger ses classiques, gestion, finance, marketing…
« Business ethics »
On questionne le capitalisme jusque chez l’emblématique Harvard Business School (HBS). Un des grands moments à venir de la prochaine rentrée sera le cours « Réinventer le capitalisme : les affaires et les grands problèmes », ­enseigné cette année par le professeur agrégé George Serafeim. Au menu : « L’inégalité croissante des revenus, les systèmes éducatifs pauvres ou en ­déclin, l’accès inégal à des soins de santé abordables et la crainte d’une détresse économique continue (…) mettent en question la crédibilité des entreprises. » L’économie numérique, la durabilité sont « des sujets d’importance dans nos salles de classe, affirme Jim Aisner, du bureau des médias de HBS. Et je sais que cela va en étonner plus d’un… En moyenne, un tiers du contenu de tous les cours change chaque année ».
« Désormais, les cours d’éthique et de responsabilité sociale de l’entreprise sont obligatoires. » Andrea Masini, directeur du MBA « full time » de HEC
Même analyse chez Hervé Remaud, de Kedge. « Une vision libérale de l’économie et de la société est quasiment ­inhérente au MBA, surtout ceux accrédités AMBA, car cette accréditation est très codifiée et structurée, estime ce professeur senior de marketing. Mais il y a quand même différentes manières de voir les choses. » Ainsi, le cours de « business ethics » de Kedge « va à l’encontre d’une lecture simplement libérale de l’économie et du rôle de l’entreprise. De même, notre professeur de “Multinational Finance” montre les ­méfaits d’une absence de régulations ­financières, y compris dans une lecture géopolitique du monde économique ».
L’objet de l’économie (et indirectement du MBA) est de créer de la valeur, mais cela ne se résume pas à l’argent, souligne celui qui est aussi chercheur associé à l’université d’Australie du Sud : « On n’échappe pas à une ­réflexion sur cette notion de valeur. » Une approche également partagée par ­Andrea Masini, directeur du MBA « full time » de HEC, pour qui, « désormais, les cours d’éthique et de responsabilité ­sociale de l’entreprise sont obligatoires ».
Cours à distance
Deuxième piste, la digitalisation frappe les MBA comme les autres cursus pédagogiques. Quasiment tous les MBA intègrent désormais des livraisons en ligne de matériaux pédagogiques avant les cours in situ ou les moments de ­regroupement analytiques. Certains acteurs poussent la logique plus loin encore avec du 100 % à distance. L’Illinois Gies College of Business propose ainsi un MBA totalement à distance sur le site Coursera, avec deux ­entrées par année (janvier et août). Au coût de 22 000 dollars (18 000 euros), il attaque clairement le marché.
Les écoles assurant des MBA avec d’importants moments de regroupement sont-elles inquiètes face à ce type de produit ? Pour elles, le 100 % online est un autre marché. Hervé Remaud, à Kedge, résume l’avis de beaucoup : « La digitalisation pédagogique est importante dans le processus de livraison des contenus d’un cours, en amont et en aval de ce cours. Mais pour un public de manageurs ayant en moyenne 35-40 ans, ce qui importe ce sont les ­interactions entre participants et intervenants. » Même Clément Meslin, pourtant créateur de MyMooC, plate-forme d’agrégateur de MOOC, et déjà distributeur de MBA partiellement ­online, doute d’un succès massif des MBA totalement dématérialisés.
Aux prises avec le réel
Troisième piste d’innovation pédagogique : se frotter au réel. Rien de mieux pour « stimuler l’esprit entrepreneurial », estime Paola Eicher, responsable des admissions à l’IMD Lausanne. Cette école a mis en place, en 2017, un événement particulier : une semaine de création de prototypes sur des marchés en devenir, en partenariat avec l’Ecole ­polytechnique fédérale (EPFL) et l’Ecole d’art de Lausanne (Ecal). Objectif : aboutir à un produit pour une entreprise partenaire. La première édition s’est jouée avec l’entreprise pharmaceutique Debiopharm. Le thème était la lutte contre la maladie de Parkinson. L’objet créé : un verre spécial évitant aux malades de se retrouver trempés lorsqu’ils veulent boire.
« Dans nos “learning trek”, nous cherchons une immersion totale. Un moment qui sort chacun de sa zone de confort. » Andrea Masini, directeur du MBA « full time » de HEC
Une autre manière d’insister sur le réel est de multiplier les voyages ­d’apprentissage. « Le “learning trip” prend une place de plus en plus importante dans notre cursus, affirme William Hurst, directeur à Audencia. Dernièrement, on en a fait un en Israël sur la thématique de la digitalisation de l’économie, et un à Shenzhen, en Chine, sur les grands groupes et l’usine du futur. C’est fondamental pour voir de près la réalité. »

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« Dans nos “learning trek”, nous cherchons une immersion totale », confirme Andrea Masini. La dernière promotion a eu droit à un déplacement en Islande sur la thématique de l’innovation technologique, un à Dubaï sur le ­conseil au Moyen-Orient et un à Londres sur la ­finance. Mais elle a également suivi un séminaire de deux jours avec les ­militaires de Saint-Cyr sur le leadership : « Un moment qui sort chacun de sa zone de confort », affirme le directeur du MBA de HEC. Plus étonnant ­encore, certains sont partis en Tanzanie aider une ONG à installer des ­panneaux solaires et à analyser l’impact de cette arrivée technologique auprès des populations locales. Une ­expérience qui laissera des traces profondes dans la lecture du monde des futurs dirigeants…

Participez au MBA Fair du Monde, samedi 17 mars à Paris
Le groupe Le Monde organise, samedi 17 mars, au palais Brongniart, à Paris, la huitième édition du MBA Fair, le Salon des MBA & Executive Masters.
Cet événement est destiné aux cadres qui souhaitent donner un nouvel élan à leur carrière, et renforcer leur employabilité. Sont attendus les responsables de plus de 35 programmes de MBA et d’Executive Masters parmi les plus reconnus des classements internationaux, dans des domaines variés : stratégie, marketing, finances, ressources humaines et management… Des conférences thématiques animées par un journaliste du Monde, ainsi que des prises de parole organisées par les écoles présentes sont également prévues.
L’entrée est gratuite, la préinscription est recommandée pour éviter l’attente.
Ce Salon sera précédé de la publication, dans Le Monde daté du jeudi 15 mars, d’un supplément sur les MBA, à retrouver également sur notre page Lemonde.fr/mba.





                            


                        

                        


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Tests sanguins : la trop belle histoire de la start-up Theranos

Cette jeune pousse, valorisée jusqu’à 9 milliards de dollars, avait mis au point une vaste escroquerie.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 10h24
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Les révélations sont accablantes pour Elizabeth Holmes. Dans un acte d’accusation publié mercredi 14 mars, la Securities & Exchange Commission (SEC) décrit des années de mensonges et de subterfuges chez Theranos, la start-up lancée et dirigée par cette ancienne étoile montante de la Silicon Valley dont l’ambition était de révolutionner les analyses de sang. « Une fraude élaborée », selon le gendarme boursier américain, qui a permis de « lever plus de 700 millions de dollars [570 millions d’euros] auprès d’investisseurs ».

Face à ces accusations, Mme Holmes a conclu un accord à l’amiable avec la SEC, lui évitant un procès dans ce volet de l’affaire – une autre procédure est toujours ouverte au sein du département américain de la justice. Elle a accepté de payer 500 000 dollars d’amende, de céder une partie du capital de l’entreprise et de renoncer à sa majorité de contrôle. Elle n’aura pas, par ailleurs, le droit de diriger un groupe coté en Bourse au cours des dix prochaines années. Mais elle peut conserver la tête de Theranos, qui tente encore de survivre à ce gigantesque scandale.
L’histoire était pourtant belle, trop belle peut-être. Elizabeth Holmes a fondé Theranos en 2003, à seulement 19 ans. Sa promesse est révolutionnaire : réaliser des tests avec seulement quelques gouttes de sang, soit entre cent et mille fois moins que la quantité actuellement nécessaire. La société avait développé sa propre méthode de prélèvement, sans aiguille, et sa propre machine d’analyse. Elle proposait plus de 200 examens, à des prix bien inférieurs aux laboratoires traditionnels.
Aux côtés de Bill Clinton
Le marché est prometteur (75 milliards de dollars par an aux Etats-Unis). Et les investisseurs affluent rapidement. En 2014, la jeune pousse est valorisée à 9 milliards de dollars. Sur le papier, Mme Holmes devient ainsi la plus jeune milliardaire non héritière du monde. Certains n’hésitent pas...




                        

                        


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Procès Tarnac : la pièce centrale de l’accusation disséquée

Les débats ont été recadrés vendredi. Le tribunal a analysé le procès-verbal de surveillance, qui a révélé de nombreuses incohérences.



Le Monde
 |    17.03.2018 à 06h06
 • Mis à jour le
17.03.2018 à 12h25
   





                        


Pièce centrale pour l’accusation, le document est considéré comme un faux par la défense. Au procès Tarnac, le tribunal a passé, vendredi 16 mars, au crible le procès-verbal (PV) de surveillance de Julien Coupat et Yildune Lévy la nuit du sabotage d’une ligne SNCF.
La présidente Corinne Goetzmann a d’abord tenu à recadrer les débats après les débordements des premiers jours, où certains prévenus sont parvenus par leurs interpellations, questionnements et affirmations, à imposer leur tempo.
« J’ai bien conscience que, dans ce procès, il y a chez certains prévenus une colère qui avait besoin de s’exprimer, c’est la raison pour laquelle il m’a semblé important de leur laisser [la parole], ce qui fait que les débats ont été plutôt atypiques. »
« Ce n’est pas comme cela que doit se dérouler un procès pénal, il faut pouvoir discuter des éléments de preuve, s’écouter », a-t-elle lancé. « Ce procès est une affaire sérieuse », a insisté Corinne Goetzmann, soulignant l’aspect « fondamental dans l’architecture du dossier » de ce procès-verbal.

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De nombreuses incohérences
Le PV détaille la surveillance de Julien Coupat et de Yildune Lévy par des policiers de l’antiterrorisme (SDAT) et du renseignement intérieur (DCRI). Combien étaient-ils ? Entre 15 et 20, selon les témoignages. De quels moyens matériels disposaient-ils ? Secret défense.
Engagée le 7 novembre à 11 h 10 à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), la filature prend fin le 8 novembre peu avant 6 heures après le retour du couple à Paris. Entre-temps, la Mercedes empruntée par le couple au père de Coupat sera vue en train d’effectuer des allers-retours durant la nuit sur les routes de Seine-et-Marne. Les policiers affirment avoir observé le véhicule « stationné tous feux éteints à l’entrée d’une voie de service » de la SNCF, en contrebas de la ligne TGV où un crochet en fer a provoqué l’avarie d’un train.

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Celui qui est présenté comme le théoricien de la communauté libertaire de Tarnac (Corrèze) et sa compagne d’alors sont pour cela poursuivis pour dégradation d’une ligne SNCF, des faits passibles de cinq ans de prison et 75 000 euros – et non plus pour terrorisme.
Mais le PV présente de nombreuses incohérences : les policiers disent avoir vu le véhicule passer sous l’autoroute A4 alors que la route passe au-dessus et un policier qui aurait participé à la filature a, à la même heure, signé un PV au siège de la SDAT à Levallois-Perret, près de Paris.
Un PV « adapté » selon Coupat
Le procureur Olivier Christen a tenté de justifier ces erreurs, expliquant que l’auteur du PV l’avait rédigé dans les 24 heures à partir de ses notes et de cartes. Il a affirmé que l’autre policier a bien participé à la filature mais a maladroitement validé par la suite un fax parvenu cette même nuit à la SDAT.
Appelée à la barre, Yildune Lévy a raconté être partie en voiture avec Coupat parce qu’ils se sentaient suivis à Paris et pour se retrouver ensemble : « Cette surveillance créait un sentiment de peur et nous conduisait à faire des choix un peu absurdes. »

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Très vite, le couple se rend compte, sur les petites routes de Seine-et-Marne, qu’il est toujours pisté. « La seule chose dont je me souviens aujourd’hui, c’est de l’hôtel du Mouflon d’or », où ils n’avaient pu trouver de chambre pour la nuit, et de la pizzeria Bella Vita où ils se sont restaurés. Elle évoque aussi un « câlin » dans la voiture avec Coupat « pour se réchauffer » : « On a éclaté de rire et l’on s’est dit : “Ce week-end, c’est trop la loose”. »
« Ce qui s’est passé n’est pas mystérieux », explique Coupat. « Les policiers ont fait une filature jusqu’à minuit, puis ils sont allés se coucher. Mais, le lendemain, ils se sont dit : “aïe”, en découvrant les sabotages aux infos », alors ils ont adapté leur PV « pour insinuer que nous avons un rapport avec tout ça ». Il met en cause « le bon sens » de l’accusation : « des gens qui cherchent un hôtel et se savent suivis sont peu susceptibles de se rendre coupables d’un sabotage. »



                            


                        

                        

