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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Considérés comme désuets il y a une décennie encore, des artistes des années 1950 et 1960 ont réapparu dans les galeries. Un engouement esthétique ou spéculatif ?
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Marché de l’art : la revanche d’Hartung et des cinétiques

Considérés comme désuets il y a une décennie encore, des artistes des années 1950 et 1960 ont réapparu dans les galeries. Un engouement esthétique ou spéculatif ?



Le Monde
 |    16.03.2018 à 18h44
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

D’octobre à décembre 2017, la Galerie Emmanuel Perrotin, rue de Turenne (3e arrondissement parisien), présentait sous le titre « Bifurcations » l’artiste d’origine argentine Julio Le Parc. Cette phrase toute simple aurait été impensable il y a dix ans. La galerie existait, depuis 2005. Le Parc était, depuis bien plus longtemps – il est né en 1928 –, l’un des principaux artistes du cinétisme, apparu autour de 1960 et auquel il est demeuré attaché. Mais, chez Perrotin, il y a dix ans, les stars se nommaient Maurizio Cattelan (né en 1960), Takashi ­Murakami (1962) ou Jean-Michel Othoniel (1964) : trois figures de l’art actuel, aimées des foires, des collectionneurs « prescripteurs » et des musées. Le contraire de ­Le Parc.

L’exposition s’accompagne d’un catalogue de type muséal. L’artiste y est interrogé par Hans-Ulrich Obrist, critique fétiche de la scène internationale. Lequel lance à Le Parc : « Aujourd’hui, nous assistons à un remarquable renouveau d’intérêt en faveur de l’art cinétique et de la génération d’artistes liés à ce courant. En novembre dernier, vous avez eu à New York votre première exposition personnelle depuis 1973. » Autrement dit : depuis plus de quarante ans, vous aviez disparu des radars de l’art contemporain – y compris, du reste, de celui d’Obrist. Pourquoi et comment une galerie spécialisée dans le très contemporain comme Perrotin en vient-elle à défendre un octogénaire dont la visibilité et la notoriété s’étaient peu à peu réduites ?

Elle se pose d’autant plus fort que Le Parc n’est qu’un exemple de cet étrange revirement, flagrant chez Perrotin. En janvier et février, son espace new-yorkais était dévolu à Hans Hartung (1904-1989), l’un des champions de l’expressionnisme abstrait européen des décennies 1950 et 1960. Son nom était alors indissociable de ceux de ses plus proches amis, Zao Wou-ki (1920-2013) et Pierre Soulages (né en 1919). Gros catalogue là encore, promotion intense. La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A écouter cette semaine : un opéra inédit sur Pinocchio, des œuvres de Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev, la réédition de « You’ve Come a Long Way, Baby »…
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Sélection albums : Philippe Boesmans, Jean-Paul Gasparian, Fatboy Slim…

A écouter cette semaine : un opéra inédit sur Pinocchio, des œuvres de Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev, la réédition de « You’ve Come a Long Way, Baby »…



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h51
   





                        


Philippe Boesmans Pinocchio Divers solistes, Orchestre symphonique de la Monnaie, Patrick Davin (direction)

   


Un opéra inédit sans support visuel ? Celui de Philippe Boesmans – le septième de ce Belge de 81 ans – tient la gageure. A l’écoute de ce Pinocchio (découpé en 23 scènes avoisinant un total de deux heures), on peut se passer de mise en scène (tout comme du DVD d’accompagnement, qui caricature les pratiques du compositeur), d’autant que le spectacle débute par une évocation musicale de ce qu’a longtemps vu… un aveugle. L’imaginaire fonctionne donc d’abord à partir du son. L’Ouverture en témoigne d’emblée. « Ouverture », au sens propre de partition d’accueil, où s’entrecroisent de nombreuses musiques, populaires ou savantes. La captation en live (à la Monnaie de Bruxelles, où l’œuvre a été donnée en 2017, trois mois après sa création au Festival d’Aix-en-Provence) permet d’apprécier la vitalité d’une distribution de grande classe (emmenée par l’irrésistible Stéphane Degout) et le tour de force (tant vocal qu’instrumental) d’une écriture illusionniste, donc trompeuse, judicieusement mise au service d’un conte sur les méfaits du mensonge. Pierre Gervasoni 
2 CD et 1 DVD Cyprès.
Jean-Paul Gasparian Etudes-Tableaux, op. 39, de Rachmaninov. Sonate pour piano n° 2, op. 19, de Scriabine. Trois Etudes, op. 65, de Scriabine. Sonate pour piano n° 2 en ré mineur, op. 14, de Prokofiev

   


C’est avec trois compositeurs russes que Jean-Paul Gasparian, pianiste de 22 ans formé au Conservatoire de Paris, se présente pour son entrée au disque : Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev. En ouverture, les Etudes-Tableaux, de Rachmaninov, dans lesquelles l’autorité pianistique du jeune homme s’impose. Aisance, équilibre et clarté règnent dans les neuf pièces qui constituent le cycle unifié sous ses doigts. Gasparian évoque sans asséner, laissant à l’auditeur l’espace pour se créer son propre parcours narratif. Dans la Sonate n° 2 de Scriabine, empreinte d’un « pianisme chopinien », sonne un piano ductile, aux lignes amples. Une atmosphère qui contraste avec les Trois Etudes écrites près de quinze plus tard, dans lesquelles Gasparian se délecte de la richesse harmonique aux multiples climats d’un Scriabine explorant de nouvelles sonorités. C’est avec une autre facette de la modernité russe, celle de la percussive Sonate n° 2, de Prokofiev, impeccable de rigueur et de précision rythmique, que se clôt le programme de cet album plus que prometteur. Anna Sigalevitch
1 CD Evidence Classics.
Fatboy Slim You’ve Come a Long Way, Baby

   


En octobre 1998, sortait You’ve Come a Long Way, Baby, le deuxième album de Fatboy Slim, pseudonyme du multi-instrumentiste, producteur et DJ anglais Norman Cook. Vingt ans plus tard, réédité dans la collection « The Art of the Album », il a conservé tout son impact et sa fantaisie musicale. Même ceux qui ne juraient que par le rock et se montraient rétifs à l’électro, forme globale du disque, ont été alors emballés. De fait, les figures rythmiques renvoient souvent aux motifs de base employés dans le rock, comme les ponctuations de riffs de guitare (The Rockafeller Skank, Fucking In Heaven), les parties chantées sont restreintes à quelques mots dans l’évidence de seuls refrains, les samples renvoient à une histoire musicale large. Ici et là, des traces de gospel (Praise You), de funk, de soul (Soul Surfing), de calypso (Gangster Tripping) viennent donner une impulsion swing. Toujours excitant pour les oreilles, donc, et désormais institué à raison en classique, au-delà de sa capacité à susciter l’envie de danser. Sylvain Siclier
1 CD Skint Records/BMG.
Zuco 103 Etno Chic

   


Enregistré à Amsterdam (hormis pour le percussionniste « VIP » Marcos Suzano, qui a fourni sa partie depuis un studio de Rio), Etno Chic est le sixième album du trio brésilo-néerlandais formé par Lilian Vieira (chant), Stefan Schmid (claviers, programmations) et Stefan Kruger (batterie, programmations). Joyeuse, funky (avec une pointe de ragga), dansante, leur mixture électro-pop et samba a l’élégance de la légèreté. Quasiment toutes les chansons sont de la plume de Lilian Vieira, à la voix acidulée ou amoureuse. Elle parle de ses états d’âme, hybrides et changeants, entre amour désabusé et nouvelle aurore sentimentale, fait allusion à la réalité politique chaotique du Brésil (Na Luta) et rend hommage à l’architecte brésilien Joao da Gama Filgueiras Lima (Song For Lelé), un « poète du béton » qui a amélioré la vie de beaucoup. Patrick Labesse
1 CD Zucosound/Inouïe Distribution.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Dans un parc d’attractions, les visiteurs peuvent revivre le frisson de la conquête de l’Ouest, avec des figurants androïdes. Un grand spectacle métaphysique (sur Canal+ Séries à 20 h 55).
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TV – « Westworld », horde de robots dans le Far West

Notre choix du soir. Dans un parc d’attractions, les visiteurs peuvent revivre le frisson de la conquête de l’Ouest, avec des figurants androïdes. Un grand spectacle métaphysique (sur Canal+ Séries à 20 h 55).



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h03
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Canal+ Séries à 20 h 55

Que produiriez-vous si vous n’aviez pour seule limite que votre imagination ? Une question que se pose tout scénariste avant de se lancer dans l’écriture d’une série. Une question qui s’impose aussi aux visiteurs du parc Westworld, débarqués du train qui les transporte dans un Ouest « sauvage » de la fin du XIXe siècle parfaitement reconstitué (à l’image des westerns d’Hollywood), et peuplé d’humanoïdes à leur entière disposition.
Sachant tout de même que, comme dans toute fiction, la mort ici n’est jamais réelle. Ni pour les mâles venus à Westworld jouer les cow-boys, car ces visiteurs sont des clients que l’on compte bien voir revenir (les balles qu’ils reçoivent ne les blessent aucu­nement), ni pour les humanoïdes (programmés pour paraître aussi vrais que des humains), puisque même égorgés, saignés à blanc ou scalpés, ils seront vite récupérés par le personnel du parc. Puis remis en état et vidés de toute mémoire avant de reprendre place dans la vie de ce western virtuel.

   


Ces « hôtes » humanoïdes, qui, chaque jour, accueillent des invités venus vivre une expérience exotique, sont la création d’un chercheur-showrunner, Robert Ford (Anthony Hopkins), qui vit dans un laboratoire situé sous le parc. Non content d’avoir imaginé et encodé des centaines de personnages différents, il souhaite maintenant les amener à un stade supérieur de sophistication : leur permettre de rêver. Un projet faustien qui va entraîner des dysfonctionnements chez ses personnages, puisque l’étoffe des rêves se tisse de souvenirs…
Qui plus est, enrichir les androïdes de plus d’humanité suppose une vision de ce qui rend un personnage attachant, et son histoire intrigante pour le public. Or, le chercheur-créateur de Westworld n’en a pas la même perception que son scénariste en chef, censé lui proposer, pour la saison suivante, une nouvelle approche de la fiction que livre le parc. A ce scénariste sûr de lui, qui estime que chaque invité attend de se découvrir lui-même à travers son expérience dans le parc, Robert Ford oppose un non catégorique : « L’idée, ce n’est pas de donner aux gens ce que vous croyez qu’ils veulent. Ils ne viennent pas pour une histoire qui leur raconte qui ils sont. Ça, ils le savent déjà. Ils sont là parce qu’ils veulent entrevoir ce qu’ils pourraient être. »
Rendre le spectateur conscient
A la manière brechtienne, Westworld casse ainsi constamment le quatrième mur entre scène et public, rendant le spectateur conscient, à chaque viol ou massacre, de l’overdose à laquelle il se soumet passivement dans nombre de séries (notamment dans la série Game of Thrones, produite par HBO comme West­world) et critique. Ce qui, et l’exploit est là, n’empêche pas de s’attacher à l’histoire des androïdes, parce qu’ils vont connaître le doute, évoluent et aspirent à une forme de liberté, contrairement à leurs invités, dans les seuls quatre épisodes que nous avons pu voir.
Un conseil : ne pas délaisser Westworld au vu du premier épisode, qui agit en trompe-l’œil. On est sans doute là face à une grande série. Qui ouvre une ère, à la fois fiction et réflexion sur la création de fictions. Une métasérie.
Westworld, série créée par Lisa Joy et Jonathan Nolan. Avec Evan Rachel Wood, Jeffrey Wright, Sidse Babett Knudsen, Anthony Hopkins (EU, 2016, 70 min, puis 9×45 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. Portrait du brillant et explosif batteur dont le caractère et la vie ont dépassé tous les repères de la raison (sur Arte à 23 heures).
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TV – « Ginger Baker, batteur inconditionnel »

A voir aussi ce soir. Portrait du brillant et explosif batteur dont le caractère et la vie ont dépassé tous les repères de la raison (sur Arte à 23 heures).



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 23 heures



Le destin de Ginger Baker, né en Angleterre en 1939 et ­vedette de ce passionnant documentaire, dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Musicien génial, caractériel notoire, héroïnomane impénitent, l’ancien batteur mythique de Cream, Blind Faith ou de Fela Kuti n’a jamais pu tenir en place. Riche puis ruiné à plusieurs reprises, il a vécu en ­Angleterre, en Californie, au Colorado, à Hawaï, en Jamaïque, en Italie, au Nigeria, en Afrique du Sud. Il a joué avec les plus grands, s’est fâché avec tout le monde ou presque, s’est pris de passion pour le polo et n’a jamais abandonné la batterie jusqu’à ce que des problèmes cardiaques lui interdisent, en 2016, de rejouer sur scène.
Orphelin de père à 4 ans, sa vie semble placée sous le signe de l’insécurité permanente. Et de la nécessité de prendre du plaisir (derrière sa batterie, en jouant au polo, avec les femmes, en s’enfilant des substances illicites), dès que l’occasion se présente.
Visage émacié et regard fou
Les archives filmées des années 1960 et 1970 dénichées par le réalisateur Jay Bulger montrent un grand rouquin au visage émacié et au regard fou. Elles font entendre aussi un batteur d’une puissance et d’une aisance rythmique inouïes. Les nombreux témoignages de partenaires musiciens ou de proches (ex-épouses, enfants) parlent de Ginger Baker avec, selon les cas, admiration, tendresse, effroi, tristesse ou mélancolie. D’Eric Clapton à Carlos Santana en passant par Charlie Watts, Nick Mason ou Stewart Copeland, pour ne citer que les plus célèbres, tous évoquent un personnage dont les traits et la vie dépassent l’entendement. Et un batteur aussi à l’aise avec un orchestre de jazz qu’avec un groupe de rock.
« Doux Jésus, Ginger joue comme un nègre », s’est exclamé un jour le mythique Max Roach (1924-2007). Le plus beau compliment que Ginger Baker pouvait recevoir de la part d’une de ses quatre idoles, les autres étant Phil Seamen (1926-1972), Art Blakey (1919-1990) et ­Elvin Jones (1927-2004). Des types qui, baguettes en main, ont élevé la batterie au rang d’un art. Filmé en 2012 dans son repaire sud-africain, Baker n’a rien perdu de son humour, de ses colères, de ses angoisses. Il parle de sa vie chaotique et douloureuse, de la musique, d’argent, de drogues, de femmes, de chevaux. Une belle vie.
Ginger Baker, batteur inconditionnel, de Jay Bulger (Etats-Unis, 2012, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Ces entités s’occupent des problèmes fiscaux liés à la succession des artistes décédés. Mais aussi de valoriser leur œuvre, une mission pour laquelle elles s’associent souvent à des marchands d’art.
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Gérer le patrimoine des héritiers, un travail d’« estate »

Ces entités s’occupent des problèmes fiscaux liés à la succession des artistes décédés. Mais aussi de valoriser leur œuvre, une mission pour laquelle elles s’associent souvent à des marchands d’art.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h46
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

« Je ne veux voir entrer dans mon bureau que des artistes morts », disait un célèbre marchand parisien, décédé aussi depuis. Pour une galerie, travailler sur une œuvre déjà constituée, sinon close, évite bien des mauvaises surprises, à part un faux toujours possible. Pour pallier ce dernier souci, le mieux est de s’associer avec les ayants droit, l’« estate », comme disent les Américains, de l’artiste.

Il s’agit, littéralement, de la gestion de son patrimoine. Et, aux Etats-Unis, ces héritages sont lourds : l’IRS (Internal Revenue Service), chargé de collecter l’impôt, réclame en effet aux héritiers 40 % de la valeur, estimée par des experts – et gare à ne pas sous-évaluer, la pénalité est alors de 20 % –, de la totalité de l’œuvre restée à l’atelier, payable dans les neuf mois suivant le décès de l’artiste. La création d’un « estate », confié à des administrateurs, souvent des avocats, contraints par la loi d’en gérer la réalisation au mieux des intérêts de leurs clients, permet de les aider à faire face.
Promouvoir l’œuvre sur la durée
Le plus souvent, l’« estate » se tourne vers les maisons de ventes aux enchères, les mieux à même de réaliser une liquidation sur le court terme, ce qui peut toutefois avoir un effet catastrophique sur la cote, le marché ayant rarement la capacité d’absorber une offre trop abondante. Qui veut au contraire valoriser l’œuvre a plutôt recours à un marchand, suffisamment puissant financièrement pour aider à faire face à l’impôt, puis à promouvoir l’œuvre sur la durée.
Mais la frontière peut être floue. Ainsi, en 1996, le rachat par Sotheby’s de la galerie d’André Emmerich, qui représentait certains des plus grands noms de la peinture, de Josef Albers à Keith Haring en passant par Sam Francis ou Morris Louis, avait créé quelque émoi dans la profession. Plus récemment, l’association entre la Pace Gallery de New York et l’Art Agency Partners, entité appartenant à Sotheby’s, pour la gestion de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Presque toutes les villes universitaires a été touchées par le mouvement, et les grèves et occupations d’entreprises ont eu lieu dans l’ensemble du pays.
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Mai 68 a-t-il été un mouvement essentiellement parisien ?

Presque toutes les villes universitaires a été touchées par le mouvement, et les grèves et occupations d’entreprises ont eu lieu dans l’ensemble du pays.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h09
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Mai 1968. Dans sa belle bâtisse du Gers, Mme Vieuzac est victime d’une crise cardiaque. La famille accourt pour un ultime hommage, mais celui-ci va prendre une tournure inattendue… Car le vent révolutionnaire qui souffle sur la capitale propage ses effluves jusqu’à cette campagne cossue, si joliment filmée par Louis Malle dans ­Milou en mai (1990). Campagne dans ­laquelle n’apparaît pas le moindre contestataire, laissant croire, comme souvent, que les événements de mai-juin restèrent essentiellement parisiens.
Villes universitaires
Rien de plus faux ! Dans certains cas, la ­province précéda même la capitale. ­Toulouse est ainsi la première ville universitaire à avoir réagi au mouvement lancé le 22 mars à la ­faculté de Nanterre. Dès le 25 avril – soit plusieurs jours avant le 3 mai, où l’évacuation par la police de 500 étudiants de la faculté de la Sorbonne entraîne l’apparition des ­premières barricades dans le Quartier latin –, la faculté des lettres y ­informe sur les événements, et des affrontements se produisent entre extrême ­gauche et extrême droite. Du 6 au 8 mai, des appels à la grève sont lancés à Montpellier, Strasbourg, Marseille et Lyon. Dans la cité phocéenne, dès le 8 mai, une fraction des étudiants passe même une ­alliance précoce avec la CGT et le PCF, qui encadrent à leur demande une manifestation de 2 500 étudiants.
« Au total, c’est quasiment l’ensemble des ­villes universitaires de province qui est touché par le mouvement, avec des chiffres qui, proportionnellement à leur population ­étudiante, sont comparables à ceux de ­Paris », résume l’historienne Michelle ­Zancarini-Fournel, qui a codirigé l’ouvrage 68. Une histoire collective (1962-1981) (La Découverte, 2008). Très vite, le mouvement dépasse le cadre estudiantin. Le 8 mai, les neuf départements de Bretagne et des Pays de la Loire manifestent avec le même ­slogan, « L’Ouest veut vivre » : plus de 100 000 personnes défilent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Si les formules politico-poétiques tracées sur les murs du Quartier latin montrent le désir, alors largement partagé, de changer la vie, ils ne sauraient représenter l’état d’esprit des 10 millions de personnes qui ont pris part au mouvement.
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édition abonné


Les slogans résument-ils l’esprit de Mai 68 ?

Si les formules politico-poétiques tracées sur les murs du Quartier latin montrent le désir, alors largement partagé, de changer la vie, ils ne sauraient représenter l’état d’esprit des 10 millions de personnes qui ont pris part au mouvement.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h08
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            

C’était le printemps. A côté des rangées de platanes bien taillés, des aphorismes ont soudain fleuri sur les murs comme pousse la mauvaise herbe, aussi piquants qu’un chardon des champs, aussi légers qu’un pissenlit duveteux, aussi poétiques qu’un coquelicot au bord d’une autoroute. « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage », « Jouissez sans entraves », « Ne perdez pas votre vie à la gagner », « L’imagination au pouvoir », « Tout, tout de suite » : ces slogans poético-politiques restent enracinés dans la mémoire collective telle une trace vivace de l’esprit de Mai.
Cerveaux créatifs
Leur succès a contribué à orienter la vision d’une révolution placée sous le signe du refus de l’autorité, de l’individualisme, de la libération sexuelle, de l’éloge du présent. Et l’on oublie ce faisant que l’on ne doit pourtant leur existence qu’à quelques cerveaux créatifs : « La plupart ont été inventés par une toute petite minorité, qu’on a appelée les “enragés de Nanterre”. Moins d’une dizaine de personnes dont les idées étaient celles de l’Internationale situationniste », assure l’historienne Michelle Zancarini-Fournel. A savoir, Guy Debord, René Viénet, René ­Riesel, Raoul Vaneigem, Mustapha Khayati… qui tiennent le premier comité d’occupation de la Sorbonne. C’est Viénet en personne qui aurait peint : « L’humanité ne sera heureuse que quand le dernier bureaucrate sera pendu avec les tripes du dernier capitaliste. » Et c’est à Debord que l’on doit d’avoir tracé à la craie « Ne travaillez jamais », pour la première fois, rue de Seine, en 1953.
« Ces slogans ne sont pas représentatifs de l’état d’esprit des 10 millions de participants. Le registre d’un ouvrier de La Rochelle ou d’ailleurs n’était pas forcément le même que celui des situationnistes », reconnaît l’historienne Ludivine Bantigny. De fait, les tracts qui circulent dans les usines en grève et au sein des organisations d’extrême gauche...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Certes, Daniel Cohn-Bendit a interpellé le ministre des sports sur les « problèmes sexuels des jeunes », mais la question a été peu abordée pendant le mouvement. C’est au cours des décennies suivantes que la parole sur le corps et la sexualité s’est libérée.
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Mai 68 marque-t-il l’an I de la révolution sexuelle ?

Certes, Daniel Cohn-Bendit a interpellé le ministre des sports sur les « problèmes sexuels des jeunes », mais la question a été peu abordée pendant le mouvement. C’est au cours des décennies suivantes que la parole sur le corps et la sexualité s’est libérée.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h07
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            

« Jouissez sans entraves », « Plus je fais l’amour, plus j’ai envie de faire la révolution. Plus je fais la révolution, plus j’ai envie de faire l’amour »… Les graffitis inscrits sur les murs de Paris en Mai 1968 ont construit une légende : ce joli mois marquerait l’an I de la révolution sexuelle. Un mythe que déconstruit patiemment Michelle Zancarini-Fournel. « Il faut distinguer les représentations qui se sont imposées au cours des décennies qui ont suivi 1968 et les pratiques réelles de l’époque », prévient l’historienne, qui a dirigé, avec Philippe Artières, 68. Une histoire collective (1962-1981) (La Découverte, 2008).
Les féministes aux avant-postes
En 1968, il y eut certes l’interpellation de Daniel Cohn-Bendit au ministre des sports de De Gaulle – « J’ai lu votre Livre blanc sur la jeunesse, en 300 pages, il n’y a pas un seul mot sur les problèmes sexuels des jeunes » – et les revendications du Mouvement du 22-Mars sur l’accès des garçons à la résidence universitaire des filles de Nanterre. Mais ce fut à peu près tout. « La question de la sexualité intéressait les étudiants en sociologie de Nanterre avant 1968, mais elle n’a quasiment pas été abordée lors des assemblées générales dans les universités, souligne Michelle Zancarini-Fournel. Et, dans le mouvement social, on en parlait peu ou pas du tout – sauf dans quelques entreprises de femmes. »
C’est plutôt au cours des décennies qui suivent Mai 1968 que la parole sur le corps et la sexualité, peu à peu, se libère. Les féministes sont aux avant-postes de ce mouvement qui bouscule la morale, la pudeur et la bienséance. « Elles insistent sans relâche sur le fait que leur corps leur appartient, raconte Michelle Zancarini-Fournel. C’est d’ailleurs le titre d’un livre témoignage écrit par des femmes de Boston et publié en France en 1977 : Notre corps, nous-mêmes [Albin Michel]. Ces mouvements luttent surtout en faveur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Etudiants, mais aussi lycéens, ouvriers, immigrés, banlieusards, paysans... La figure du « soixante-huitard » converti au néolibéralisme par opportunisme masque une réalité plurielle.
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Existe-t-il une « génération 68 » ?

Etudiants, mais aussi lycéens, ouvriers, immigrés, banlieusards, paysans... La figure du « soixante-huitard » converti au néolibéralisme par opportunisme masque une réalité plurielle.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h05
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            

Depuis des décennies, on se repasse le même film. Celui d’une génération d’étudiants qui évoluent dans un tout petit périmètre parisien, entre la Seine et le Luxembourg, la rue d’Ulm et le boulevard Saint-Michel. On raconte l’histoire de ces jeunes gens qui ont décidé, un joli jour de mai, de transformer la cour de la Sorbonne en agora. On évoque en toile de fond les guerres d’Algérie et du Vietnam, la révolution cubaine et les projets de Mao, trame de leur engagement politique. On parle de ces rebelles d’un soir qui se sont convertis au néolibéralisme pour occuper des postes de pouvoir.
Figures de proue
Ces trajectoires sont-elles vraiment emblématiques d’une « génération 68 » – expression devenue un lieu commun ? « Un certain nombre de porte-parole autoproclamés ont construit cette idée de “génération 68” sur la base de leur devenir propre, qui n’était pas représentatif des destinées des soixante-huitards ordinaires. Leur vision a évacué la masse des lycéens, des ouvriers, des employés qui ont participé à l’événement », estime la sociologue Julie Pagis.
Un livre joue un rôle crucial dans la construction de ce mythe : Génération (Seuil). Le best-seller d’Hervé Hamon et de Patrick Rotman, dont les deux tomes paraissent en 1987 et 1988, donne naissance à une série documentaire diffusée sur TF1 à la fin des années 1990. Il popularise le mythe d’une jeunesse révoltée, privilégiée, hédoniste et opportuniste. Au fil des commémorations, une poignée de « vedettes » ayant un accès direct aux médias ont contribué à façonner ce portrait à leur image.
Dans les années 2000, ce sont les mêmes figures de proue que fait revivre l’écrivain Olivier Rolin dans ­Tigre en papier (Seuil, 2002), roman amer sur les ruines de la révolution. Et quand, quarante ans après les événements, Virginie Linhart publie Le Jour où mon père s’est tu (Seuil), c’est toujours aux plus célèbres des intellectuels militants – Benny Lévy, Blandine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La novlangue managériale, mélange d’acronymes, d’anglicismes et de concepts évanescents, crée une « insécurité linguistique » chez ceux qui ne la maîtrisent pas, selon la sociologue Agnès Vandevelde-Rougale.
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« Tu benchmarkes la solution, j’attends ton feed-back » : le jargon d’entreprise, dialecte impénétrable


                      La novlangue managériale, mélange d’acronymes, d’anglicismes et de concepts évanescents, crée une « insécurité linguistique » chez ceux qui ne la maîtrisent pas, selon la sociologue Agnès Vandevelde-Rougale.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h00
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

Pour vivre une expérience linguistique véritablement dépaysante, pas besoin de partir à la rencontre d’une lointaine peuplade amazonienne qui serait restée des siècles en marge de la civilisation. Tout en vous évitant de croiser la route d’une mygale, pousser la porte d’une société du tertiaire suffira alors à vous confronter à un dialecte potentiellement impénétrable : le jargon d’entreprise. « C’est un discours qui sert à mobiliser les êtres humains au service d’un objectif. Ce n’est pas vraiment une langue à part entière, comme le français ou l’allemand, plutôt une façon de s’exprimer qui détourne les mots et les codes idiomatiques classiques à son profit, à l’image d’un virus. Les formulations managériales utilisent par exemple le présent de l’indicatif et la forme affirmative, pour ne pas laisser de place au doute », explique la sociologue Agnès ­Vandevelde-Rougale, auteure de l’ouvrage La ­Novlangue managériale. Emprise et résistance paru chez Erès, en 2017.
Autrement dénommée « technolecte » par les spécialistes, cette façon de parler est parfois si impénétrable qu’elle semble avoir pour fonction inavouée de maintenir les étrangers à distance, à l’aide d’un mélange d’acronymes, d’anglicismes et de concepts évanescents. La novlangue managériale créerait alors une « insécurité linguistique » chez ceux qui ne la maîtrisent pas. « Chaque organisation ou secteur d’activité possède son jargon, poursuit la sociologue. Cela produit un effet d’appartenance. Si l’on veut pouvoir être entendu et reconnu, il est souvent impératif d’adopter cette façon de parler. »
ASAP, TLDR, LMK, TBD
Bien souvent, le premier réflexe de survie du stagiaire arrivant dans l’« open space » sera alors de se constituer un lexique lui permettant de saisir les enjeux des conversations alentour. Sinon, impossible de comprendre cette phrase qui vous serait adressée par un supérieur sur le ton de l’évidence : « Tu prends la demi-journée...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ De la haute langue littéraire à la novlangue de la start-up nation, le français ne cesse de se transformer. Faut-il se réjouir de cette diversité ou regretter le morcellement ?
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Les sept langues du français : du « disruptif  » au « croquignolesque  »


                      De la haute langue littéraire à la novlangue de la start-up nation, le français ne cesse de se transformer. Faut-il se réjouir de cette diversité ou regretter le morcellement ?



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h00
    |

            Eric Collier








                              

                        

« Nobody’s perfect ! » La réplique finale de Certains l’aiment chaud (Billy Wilder, 1959) est l’une des premières expressions en anglais à avoir trouvé bonne place dans la conversation française. Facile à comprendre, aisée à prononcer, un rien chic, allons-y ! Depuis, c’est un déferlement, toutes les lois et tous les quotas n’y ont rien changé : près de mille ans après l’invasion terrestre et linguistique de Guillaume le Conquérant, le mouvement inverse est en marche, la langue de Shakespeare a envahi celle de Molière. Le process, comme on dit aujourd’hui au gouvernement ou dans les salles de réunion, paraît irrémédiablement engagé. Et on ne voit pas, à l’heure de la globalisation, ce qui pourrait le freiner. Des « élus » du gouvernement des lettres rêvent-ils d’une langue qui résisterait mieux aux outrages de l’anglais ? « Bullshit », comme dirait le nouveau chantre de la France éternelle (la province, donc), le normalien et agrégé d’histoire Laurent Wauquiez.
Le refrain est connu, il y aurait deux France qui s’éloignent l’une de l’autre. Deux France qui ne se « parlent » pas ou plus assez.
L’anglais est chez lui chez nous – comme partout dans le monde –, mais il n’est peut-être pas la seule langue « étrangère » du pays. Le refrain est connu, il y aurait deux France qui s’éloignent l’une de l’autre. Deux France qui ne se « parlent » pas ou plus assez. Deux France, deux langues et une incompréhension ? Dans un ouvrage récent, Notre langue française (Fayard, 220 p., 18 €), l’historien Jean-Michel Delacomptée a, lui, répertorié pas moins de sept « sous-domaines » de français : « la haute langue », « la langue standard », « les langues régionales ou minoritaires », « les langues métissées », « la langue technique, celle des spécialistes », « la langue des rues » et « la langue des cités, nouvelle venue ».

A première vue, aucune raison d’affirmer que ces sept niveaux...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A Paris, le Musée Guimet, en association avec le Palais de Tokyo, présente une trentaine d’armures.
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Exposition : tout le savoir-fer des guerriers japonais

A Paris, le Musée Guimet, en association avec le Palais de Tokyo, présente une trentaine d’armures.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h53
    |

            Sylvie Kerviel








                        



                                


                            
Sont-elles amusantes ou ­effrayantes ? La question se pose lorsque, en franchissant la salle d’exposition de l’hôtel d’Heidelbach, ­annexe du Musée national des arts asiatiques Guimet, à Paris, on découvre les silhouettes guerrières qui y sont présentées. Des ­armures de daimyo, ces seigneurs du ­Japon qui jouèrent, entourés de leurs samouraïs (guerriers) un rôle essentiel au cours de la deuxième moitié de la période dite « féodale » – entre les XIIe et XIXe siècles – accueillent le visiteur en position assise, comme habitées par leur propriétaire, le visage dissimulé derrière un masque à l’expression tantôt enjouée, tantôt grimaçante, qui rappelle le théâtre nô ou la commedia dell’arte.

Certains de ces masques sont décorés de laque rouge, d’autres de fer brun, quelques-uns sont garnis de moustaches en poil d’ours, l’un présente un nez de rapace, un autre, couvert de laque noire, fait irrésistiblement penser aux méchants de Star Wars, Dark Vador ou Kylo Ren. Ils sont surmontés de casques à caractère ­totémique présentant des décorations frontales plus extravagantes les unes que les autres : daim ailé à tête de dragon, libellule (métaphore de la bravoure pour un samouraï), cornes de cerf stylisées comme les coiffes portées par les combattants des films de Kurosawa ou de Mizoguchi… Mais le plus spectaculaire, ce sont les armures elles-mêmes, ces harnois composés d’écailles de fer et de cuir reliées par un savant ­laçage en peau de daim, ces couvre-épaules en cuir doré et laque d’argent, ces cuirasses gainées de galuchat, cuir de poisson cartilagineux, ces jambières recouvertes de soieries chatoyantes ou ­ornées de gueules de lion.
Du combat à l’apparat
C’est ce goût pour la magnificence des seigneurs japonais et la prouesse technique des artisans chargés d’imaginer et de concevoir ces armures qu’illustre l’exposition « Daimyo ». Conçue avec le collectionneur Jean-Christophe Charbonnier, commissaire invité aux côtés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le Musée Guimet , en association avec le Palais de Tokyo, consacre une exposition aux seigneurs japonais, centrée sur leurs surprenantes armures.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’artiste a plusieurs manières de peindre un paysage, séparées ou conjointes, sur la même toile.
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Sélection galerie : Vincent Bioulès à La Forest Divonne

L’artiste a plusieurs manières de peindre un paysage, séparées ou conjointes, sur la même toile.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h50
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Hokusai se surnommait Gakyo Rôjin Manji, qui signifie « vieux fou de ­dessin ». Pour Vincent Bioulès, ce pourrait être « vieux fou de peinture ». Son âge – il est né en 1938 – et sa notoriété lui permettent toutes les libertés. Ainsi ­a-t-il plusieurs manières de peindre un paysage, séparées ou conjointes, sur la même toile : des esquisses très libres et des surfaces contenues dans un dessin strict, des frottis fluides et des touches serrées et juxtaposées, des couleurs denses et intenses et d’autres comme vaporisées. Les montagnes peuvent être impalpables et les ­nuages minéraux, à rebours de la nature. Mais parallèles et ­symétries ordonnent ces vues de mer, lacs et jardins, souvent de grand format. On pense à Monet, Caillebotte, Hodler, Munch ou Bonnard, que Bioulès connaît tous par cœur. Mais, dans l’atelier, il les oublie et suit ses idées et ses envies, chaque toile étant une expérience particulière, un nouveau risque. Sa liberté semble plus entière encore quand il compose une vue d’intérieur : ­perspectives troublées ou inversées, ombres et lumières ­dansantes, couleurs extravagantes, reflets et autocitations. L’art du montage pictural à son plus haut.
« Au dedans/Au dehors », galerie La Forest Divonne, 12, rue des Beaux-Arts, Paris 6e. Tél. : 01-40-29-97-52. Du mardi au samedi de 11 heures à 18 heures. Jusqu’au 12 mai. www.galerielaforestdivonne.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Renaud Muselier (LR) a fait voter la création d’une société publique locale pour piloter le festival en cessation de paiements.
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La région PACA reprend en main les Chorégies d’Orange

Renaud Muselier (LR) a fait voter la création d’une société publique locale pour piloter le festival en cessation de paiements.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 16h17
    |

                            Gilles Rof








                        



   


Le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a voté, vendredi 16 mars, le principe de création d’une société publique locale (SPL), dont l’objectif est de prendre rapidement en main le destin des Chorégies d’Orange (Vaucluse), menacées de faillite. Une « opération sauvetage » du plus ancien des festivals français souhaitée par le président (LR) de la région, Renaud Muselier, qui assure en avoir validé le principe, jeudi 15 mars, avec la ministre de la culture, Françoise Nyssen.
« Nous voulons sauver les Chorégies et nous avons le soutien de l’Etat et des autres collectivités concernées, le conseil départemental du Vaucluse et la ville d’Orange », assure M. Muselier, qui évoque « la nécessité de réagir très vite pour sauver l’édition 2018 ». « Si on ne bouge pas, le festival est mort », prophétise le président de la région PACA, qui abondait jusqu’alors le budget des Chorégies à hauteur de 250 000 euros.
1,6 million de dette
L’événement lyrique, qui se tient depuis 1869 au Théâtre antique d’Orange, affiche des difficultés financières depuis plusieurs années. Au printemps 2016, Raymond Duffaut, l’historique directeur général des Chorégies, estimait déjà qu’un « refinancement public [était] nécessaire » à la survie du festival. Depuis, malgré un taux d’autofinancement rare de près de 85 %, les Chorégies ont continué à creuser leur dette, qui, en ce début d’année 2018, atteindrait, selon la région, 1,6 million pour un budget de près de 6 millions d’euros.
Lundi 12 mars, le commissaire aux comptes de la structure a lancé une procédure d’alerte et a annoncé aux collectivités une imminente situation de cessation de paiements, alors que l’édition 2018 doit s’ouvrir le 20 juin. Une mise en garde qui a poussé Renaud Muselier à soumettre son plan de sauvetage aux élus régionaux dès la séance plénière de mars. « La gestion n’était pas bonne, et nous souhaitons la contrôler, explique M. Muselier. Notre offre garantit la reprise des cinq salariés de la structure et le maintien de l’édition 2018, pour ­laquelle plusieurs milliers de billets ont déjà été vendus. » Et de poursuivre : « Il n’est pas question de laisser mourir les Chorégies, qui sont un atout d’attractivité pour notre région, mais je suis adepte du principe “qui paye décide”. On ne peut continuer à mettre de l’argent public dans un puits sans fond. »
Pas d’engagement chiffré
Le président de la région souhaite prendre personnellement la présidence de la SPL créée pour l’occasion. Le plan régional prévoit le lancement d’un audit sur la gestion des Chorégies, et la mise en place, au côté de son conseil d’administration, d’un « conseil d’orientation », au sein duquel M. Muselier veut « réunir l’ensemble des partenaires historiques du festival, mais aussi des mécènes, et l’Etat pour définir la stratégie des Chorégies ». Jean-Louis Grinda, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo et responsable artistique du festival depuis mai 2016, resterait, lui, en fonctions.

        Lire aussi :
         

                Au bord de la faillite, les Chorégies d’Orange en appellent à leurs tutelles



Si elle vote en urgence le principe de la création d’une SPL, la région PACA n’a, pour l’instant, chiffré aucun engagement financier. « On verra après l’audit, mais nous nous engageons à soutenir la structure », promet son président, qui compte également sur la hausse ou le maintien des subventions des autres collectivités engagées, dont la municipalité, dirigée par Jacques Bompard, fondateur de la Ligue du Sud, parti d’extrême droite.
En décembre 2017, Renaud Muselier avait été lourdement critiqué pour avoir supprimé une partie des subventions régionales au marché-festival des musiques du monde Babel Med, à Marseille. Une décision qui a provoqué l’annulation de l’édition 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Avec « Notre langue française », paru chez Fayard, l’écrivain Jean-Michel Delacomptée signe un essai aux allures de manifeste.
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« Un langage qui se déstructure, c’est une pensée qui s’amollit »


                      Avec « Notre langue française », paru chez Fayard, l’écrivain Jean-Michel Delacomptée signe un essai aux allures de manifeste.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 16h21
    |

            Laurent Carpentier








                              

                        
« L’inquiétude de la langue, elle me tient depuis toujours », explique Jean-Michel Delacomptée en tirant sur sa bouffarde. Le gamin de Sartrouville, en banlieue parisienne, un brin voyou, viré du lycée avant d’être envoyé en pension faire ses humanités, est devenu un avocat intraitable de l’orthographe et de la syntaxe. Vingt ans dans la diplomatie culturelle (prof au Japon, au Laos, en Cisjordanie), puis enseignant à l’université Paris-VIII, à Saint-Denis, l’écrivain signe aujourd’hui, à 69 ans, un essai aux allures de manifeste : Notre langue française (Fayard, 220 p., 18 €).


Dans votre livre, vous expliquez qu’il n’y a pas « une » mais « des » langues françaises. Vous en nommez sept. La plus précieuse à vos yeux, c’est ce que vous appelez la « haute langue » ?
C’est la langue de la littérature. La langue écrite de haut vol, exigeante, tenue, qui rend compte de la complexité du monde. Si un type comme de Gaulle n’avait pas eu une telle conscience de la grandeur de la langue, je ne suis pas sûr qu’il aurait pu tenir le discours du 18 juin, ni qu’il aurait été écouté. Une langue, c’est une énergie. Et la nôtre se dévitalise. Comme la poésie, dont elle est l’organe, son destin est celui de la marginalisation. Aujourd’hui, un roman où les phrases dépassent quatre mots, on le dit incompréhensible. Ainsi, elle se déstructure, s’appauvrit.
C’est ce que vous pensez aussi de ce que vous appelez le « langage standard »…
En effet, même la langue du quotidien, pragmatique, utilitaire, se déstructure. Or, un langage qui se déstructure, c’est une pensée qui s’amollit, qui branle dans le manche. Uniformisation. Castration symbolique. La correction politique agit comme un véritable carcan qui la prive de spontanéité. La radio et, surtout, la télé conjuguant l’aplatissement. Le verbe nous insuffle. Il nous traverse, il nous fait être. Or ce souffle-là s’éloigne de notre langue, il s’abolit,...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Au Théâtre de la Colline, à Paris, Richard Brunel met en scène, avec un faux modernisme, un texte de Christine Angot.
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Un dîner en ville qui transpire l’entre-soi

Au Théâtre de la Colline, à Paris, Richard Brunel met en scène, avec un faux modernisme, un texte de Christine Angot.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h16
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Cécile est la plus grande ­actrice du théâtre en France. Elle vient d’un milieu privilégié ; elle est passée par le Conservatoire ; elle vit avec Stéphane, Martiniquais, ingénieur du son au chômage. Un soir, tous deux vont dîner chez Régis, qui travaille dans la mode. Il y a là Marie, professeure de médecine, et Florence, directrice d’une scène nationale en banlieue. Chacun a apporté un cadeau qui sera offert à un autre invité, et doit correspondre au thème de la soirée : « Politiquement correct ». Cécile arrive avec un petit carnet en papier recyclé et une plaque de chocolat siglée « commerce équitable ».
A elle, comme aux autres, Régis demande de deviner de qui est la sculpture dans l’entrée. « Brancusi, Arp, Serra ? », essayent-ils. « Mais non, vous n’y êtes pas, c’est une pierre que j’ai rapportée de la plage de Fécamp », répond Régis… Inutile d’aller plus loin, tout le monde a compris dans quel type de soirée Cécile, Marie, Florence et Stéphane sont embarqués : ils ne mangent pas chez quelqu’un, ils dînent en ville, comme on le dit dans un milieu bourgeois et cultivé qui respire l’entre-soi.
Un propos attendu
Respire ou transpire ? Toute la question est là, dans Dîner en ville, la nouvelle pièce de Christine Angot, mise en scène par Richard Brunel. C’est une pièce courte – autour d’une heure et quart –, mais court ne veut rien dire au théâtre, où le temps peut filer ou peser, selon l’intérêt ou l’ennui. Et là, on s’ennuie, parce qu’au bout de dix minutes on sait où on va ; parce que les protagonistes sont moins des personnages que des types ; parce que le propos sur la vanité de la sociabilité est attendu.
« J’ai vu Marine Le Pen à l’aéroport, elle a grossi » ; « On veut nous faire croire que François Mitterrand est un grand écrivain parce qu’il a écrit des lettres d’amour » ; « La discrimination positive, c’est bien, ou pas ? » Voilà le genre de propos que l’on entend, entre autres, au Théâtre de la Colline,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Fantômas, « SAS » ou « Détective » y cotoient les archives des grandes et petites affaires judiciaires. Seul lieu consacré à l’univers du crime sur papier, la Bilipo – Bibliothèque des littératures policières – a, pour la première fois, une carte blanche au Salon du livre.
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Descente à la Bilipo, la caverne des littératures policières 
                  
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Le Monde
 |
                  16.03.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h31


Fantômas, « SAS » ou « Détective » y cotoient les archives des grandes et petites affaires judiciaires. Seul lieu consacré à l’univers du crime sur papier, la Bilipo – Bibliothèque des littératures policières – a, pour la première fois, une carte blanche au Salon du livre.

Par                             Pierre Sorgue





                     
L’ascenseur s’ouvre sur Humphrey Bogart, ­chapeau mou et costard-cravate, qui tire sur sa clope en vous fixant de son regard à la fois ironi­que et mélancolique. La ­silhouette cartonnée, relique d’une exposition passée, est oubliée ici, de guingois, entre une armoire métallique et des cartons à dessins. Le héros est fatigué. Au rez-de-chaussée, c’est ­Fantômas, plus reluisant, en haut-de-forme et en frac sur la célèbre affiche de la Gaumont où il piétine les toits de Paris et son Palais de ­justice, qui accueille le visiteur dans cette Bibliothèque des littératures policières et d’espionnage, dont l’acronyme (Bilipo) fleure bon les facéties littéraires des Queneau, Perec et autres membres de l’Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo), d’ailleurs admirateurs enthousiastes du bandit masqué. Au cœur du Quartier latin, cette bibliothèque est un sanctuaire de héros.

Ce week-end, le Salon du livre accorde pour la première fois « une scène » au polar, genre le plus lu en France, et a invité la Bilipo pour une carte blanche durant trois jours. Fantômas rôde donc aussi du côté de la porte de Versailles. Ce vendredi 16 mars, des universitaires (Loïc Artiaga, Carole Aurouet, ­Dominique Kalifa) devaient rappeler que le personnage imaginé par Souvestre et Allain à la veille de la Grande Guerre, premier héros récurrent en France (32 épisodes et cinq millions de volumes vendus entre 1911 et 1913), vénéré par les surréalistes, fut bien plus violent et transgressif que son adaptation dans les comédies gentillettes avec Jean Marais et Louis de Funès. Samedi 17 mars, la Bilipo doit présenter les quatre auteurs sélectionnés pour « Les mordus du polar », un prix décerné par les enfants qui fréquentent les bibliothèques de Paris. Dimanche, elle recevra les frères Emmanuel et Jérôme Pierrat, l’un avocat, l’autre journaliste, qui évoqueront quelques affaires criminelles à travers des pièces à conviction (la cuisinière de Landru, la moto du juge Michel, les cordelettes...





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Journalistes et lecteurs, le père et la fille cosignent un ouvrage sur… l’amour des livres. Echanges devant un café.
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Un apéro avec Cécile et Bernard Pivot : « Creuse. Dis de quoi la lecture t’a sauvée »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Journalistes et lecteurs, le père et la fille cosignent un ouvrage sur… l’amour des livres. Echanges devant un café.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h33
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h59
    |

            Raphaëlle Leyris








                              

                        

Pour la photo, et parce qu’il n’est pas tout à fait 11 heures, les Pivot père et fille sont en train de boire un café. La rencontre ne s’annonce pas partie pour s’inscrire dans la lignée éthylique des plus célèbres épisodes d’« Apostrophes », ceux dont les gens parlent souvent à l’homme qui présenta l’émission de 1975 à 1990. Soit, dans l’ordre chronologique : la fameuse interview, le 30 mai 1975, de Vladimir Nabokov, le seul dans toute l’histoire à avoir reçu en amont les questions, auxquelles il répondait en sirotant du thé – lequel, on l’apprit plus tard, était en réalité du whisky dissimulé dans une théière (Bernard Pivot rit encore en mimant : « Encore un petit peu de thé, monsieur Nabokov ? »). Soit, encore, le célébrissime passage, le 22 septembre 1978, de Charles Bukowski : après avoir bu trois bouteilles de sancerre au goulot en direct, insulté tous les autres invités et passé la main sous la jupe de l’écrivaine Catherine Paysan (#balancetonbuk), l’Américain quitta le plateau en titubant. Sans oublier les confidences de Marguerite Duras, le 28 septembre 1984, sur l’alcoolisme : « On boit parce que Dieu n’existe pas. »
Rien de tout ça, a priori, au programme ce jour-là. Par un respect quasi professionnel de journaliste pour le concept « apéro » de la rencontre, Bernard Pivot opte quand même pour un Martini rouge. Après avoir hésité à le suivre, sa fille Cécile (qui a pioché dans l’héritage génétique paternel nez et vivacité du regard, c’est frappant) fait finalement, comme nous, le sage choix d’un jus de fruits. Nous n’aurons donc pas l’occasion d’échanger sur le vin avec le natif de Lyon, porte-étendard de la région du Beaujolais, auteur d’un Dictionnaire amoureux sur le sujet (Plon, 2006).
Lire assis à table
De toute façon, on est là pour parler littérature. Là, c’est-à-dire au Fumoir, à Paris, tout près du Louvre, où les lumières tamisées et les canapés Chesterfield semblent inviter à se prélasser...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le musicien, organiste titulaire à la Chapelle royale de Versailles, a été plébiscité par 3 000 lycéens pour « Mechanic Fantasy ».
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Jean-Baptiste Robin, Grand Prix lycéen des compositeurs

Le musicien, organiste titulaire à la Chapelle royale de Versailles, a été plébiscité par 3 000 lycéens pour « Mechanic Fantasy ».



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h18
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



   


Le jeudi 15 mars, la Maison de Radio France à Paris a accueilli le Grand Prix lycéen des compositeurs 2018 et son lauréat : il s’agit du Français Jean-Baptiste Robin, né le 5 octobre 1976 à Clamart (Hauts-de-Seine), auteur en 2013 de Mechanic Fantasy, pour orgue, timbales et orchestre à cordes. L’œuvre a recueilli la majorité des suffrages des lycéens, mais aussi des professeurs, ce qui n’avait pas été le cas en 2017 : les adolescents avaient primé le concerto pour piano Different Spaces du jazzman et compositeur Baptiste Trotignon tandis que leurs professeurs plébiscitaient Edith Canat de Chizy et sa Pierre d’éclair, une pièce pour orchestre composée en 2010.
Créé en 2000 par le magazine La Lettre du Musicien en partenariat avec l’association Musique nouvelle en liberté qui en a seule repris le flambeau depuis 2012, ce prix est assorti d’une dotation de 9 000 euros qui comprend la rémunération d’une commande pour l’année suivante. Ainsi Baptiste Trotignon a-t-il entendu, ce 15 mars, la création de Hiatus et turbulences, pour orchestre, interprétée par l’Orchestre philharmonique de Radio France, sous la direction de Marzena Diakun.
Le Grand Prix lycéen des compositeurs est validé par quelque 3 000 lycéens répartis dans toute la France. Élèves des classes de seconde, première et terminale (option musique, en général), ils sont appelés à choisir entre six œuvres parues au disque au cours de l’année précédente, elles-mêmes sélectionnées par un jury convaincu de neutralité esthétique. Les compositeurs rencontrent ensuite leurs électeurs – cette année, outre le sieur Robin, Luca Antignani (Trio del sogno e del gabbiano, pour violon, violoncelle et piano, 2014), Bechara El-Khoury (Espaces-Fragmentations, poème symphonique n° 6 op. 87, pour orchestre, 2011), Eric Montalbetti (Un herbier pour la vie, pour violoncelle seul, 2007), Zad Moultaka (Maadann, pour 8 chanteurs, piano à 4 mains, cymbalum et percussions, 2011) et Brice Pauset (Das Dornröschen, pour quatuor à cordes solo, deux chœurs et grand orchestre, 2012).
« Une mystérieuse musique des sphères »
Le plus important reste cependant le travail de l’enseignant chargé de faire écouter les œuvres et d’aider les élèves à formuler leur opinion, un exercice qui contribue au développement de l’oreille musicale, de la capacité d’analyse et permet d’engager une réflexion sur l’art et la création. Bien que les dix-neuf éditions aient distingué des écritures aussi différentes que celles de Thierry Escaich (2002), Martin Matalon (2007), Benjamin de la Fuente (2010), Kaija Saariaho (2013), Eric Tanguy (2014) ou Baptiste Trotignon (2017), le Grand Prix lycéen des compositeurs, longtemps soupçonné de flirter avec le néo-tonalisme, a eu du mal à se forger une image avant-gardiste – débat qui n’a sans doute plus la même acuité aujourd’hui qu’il y a vingt ans.
Quant à Jean-Baptiste Robin, ancien élève au King’s College de Londres après cinq premiers prix obtenus au Conservatoire de Paris, également organiste concertiste – actuellement l’un des titulaires de l’orgue de la Chapelle royale du château de Versailles –, il compte une quarantaine de pièces à son catalogue, dont Mechanic Fantasy, qui témoigne, dit-il, de sa fascination pour l’horlogerie mécanique : « Depuis les grandes horloges d’églises jusqu’aux montres automatiques récentes, ces objets mesurent le temps et semblent lui donner vie, comme une mystérieuse musique des sphères. » Après avoir tenu la partie d’orgue pour la création de son œuvre à Cabourg, le 7 juin 2013, avec l’Orchestre régional de Normandie, son commanditaire, sous la direction de David Wroe, Jean-Baptiste Robin a gravé Mechanic Fantasy pour Brilliant Classics avec le même orchestre, sous la direction de Jean Deroyer. Rendez-vous est désormais pris par le Grand Prix lycéen des compositeurs pour une nouvelle création en 2019.
Sur le Web : www.gplc.musiquenouvelleenliberte.org/edition/2018



                            


                        

                        

