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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Un questionnaire auquel ont répondu 113 000 personnes permet de dresser un palmarès des villes françaises les plus favorables aux cyclistes.
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Strasbourg consacrée « capitale du vélo »

Un questionnaire auquel ont répondu 113 000 personnes permet de dresser un palmarès des villes françaises les plus favorables aux cyclistes.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h09
    |

                            Olivier Razemon








                        



   


Et la gagnante est… Strasbourg ! Ce vendredi 16 mars, les adhérents de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), réunis en congrès à l’Ecole normale supérieure de Lyon, découvrent le palmarès des villes les plus « cyclables ». A l’automne 2017, dans toute la France, 113 000 personnes ont répondu en ligne à une trentaine de questions afin de décrire la pratique du vélo dans leur commune. L’opération s’inspire d’une étude similaire réalisée en Allemagne par l’homologue de la FUB, tous les deux ans depuis 1998.
Les données récoltées, classées, triées par critère, ont permis à la fédération pro-vélo d’établir un palmarès, une sorte de « grand prix du public » des villes où il est le plus facile de se déplacer à bicyclette. C’est donc Strasbourg qui obtient la meilleure note (4,1/6) dans la catégorie des agglomérations de plus de 200 000 habitants, suivie de Nantes (3,7) et Bordeaux (3,5). Parmi les communes de 100 000 à 200 000 habitants, Grenoble (3,9) est lauréate. La Rochelle (Charente-Maritime, 3,8), Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin, 3,9) et Sceaux (Hauts-de-Seine, 4/6) l’emportent dans les catégories des cités moins peuplées.
Ce baromètre des villes cyclables est l’enquête la plus aboutie jamais réalisée en France sur la pratique du vélo. A Paris, 7 600 personnes y ont répondu ; 4 700 à Lyon, 4 100 à Toulouse et 3 000 à Grenoble, où près de 2 % de la population ont pris la peine de s’exprimer. Ce sondage grandeur nature, qui suscite l’intérêt des chercheurs spécialisés en mobilité, a impressionné jusqu’au cabinet de la ministre des transports Elisabeth Borne, prompte à vanter le vélo comme un « transport du quotidien ».
Réduire l’espace de la voiture
Dans la liste des villes récompensées, on retrouve, sans surprise, celles qui ont fourni le plus d’efforts depuis des années, voire des décennies, pour développer ce mode de déplacement et, parallèlement, limiter l’espace octroyé à la voiture. A Strasbourg, les majorités municipales qui se sont succédé depuis les années 1970 ont, droite et gauche confondues, multiplié les aménagements – elle dispose aujourd’hui de l’un des plus importants réseaux cyclables d’Europe –, œuvré pour apaiser la circulation motorisée, posé des arceaux de stationnement en centre-ville ou à proximité de la gare et des stations de tramway. L’actuelle équipe, menée par Roland Ries (PS), cherche à limiter la part de diesel dans la logistique urbaine et présente les livraisons par des vélos cargos (dotés d’un bac) comme l’une des solutions.
Nantes, qui a accueilli le congrès mondial Vélo-city en 2015, continue de réduire l’espace de la voiture au profit des transports publics et du vélo. A Bordeaux, celui-ci fait partie des attributs du mode de vie citadin vanté par le maire Alain Juppé (LR). Son homologue de Grenoble, Eric Piolle (EELV), qui se déplace à bicyclette à assistance électrique dans la métropole, met en place des « autoroutes à vélos » balisées et séparées du reste de la circulation.
C’est à La Rochelle que furent proposés dès 1976 les premiers deux-roues en libre-service de France, les « vélos jaunes » du maire d’alors, Michel Crépeau.
Située dans la petite couronne parisienne, Sceaux s’est montrée pionnière dans l’installation des double sens cyclables, qui permettent aux cyclistes d’emprunter les rues secondaires en sens interdit, et des « tourne à droite », qui les autorisent à passer au feu rouge à condition de laisser la priorité aux piétons.
Marseille, Villejuif, parmi les plus mal notées
L’enquête fait apparaître une géographie du vélo. Plusieurs villes de l’ouest (Rennes, Angers, Lorient, Caen), du piémont alpin (Chambéry, Annecy) ou de la plaine d’Alsace (Sélestat, Colmar, Mulhouse) figurent parmi les mieux classées. En revanche, le pourtour méditerranéen se distingue par ses réticences manifestes à la bicyclette. Marseille (2/6), Nice (2,6), Toulon (2,5) ou Béziers (2,2) enregistrent en effet les pires notes, comme certaines communes autour de Paris : Neuilly-sur-Seine (2,2), Villejuif (2,2) ou Aubervilliers (2,1). Avec une note de 3,2, Paris obtient un résultat assez moyen, supérieur à celui de Toulouse (3) ou Montpellier (2,7), mais inférieur à la note de Lyon (3,3) ou Lille (3,3).

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Au-delà du score brut, les élus locaux et les militants associatifs, ainsi que la presse régionale, regarderont avec attention les notes obtenues pour chacun des aspects. « Le baromètre doit contribuer à l’émergence d’une science cyclable. Il permettra aux municipalités de construire des aménagements selon des critères précis, et non au doigt mouillé », commente Olivier Schneider, président de la FUB.
Bordeaux, Lyon, Dijon et Mulhouse, qui disposent toutes de systèmes en libre-service, sont considérées comme les villes où il est le plus facile de louer une bicyclette. Strasbourg, Chambéry ou la bien nommée La Flèche (Sarthe) se distinguent grâce à leurs panneaux de signalisation pour les cyclistes. Quelques communes de la petite couronne parisienne – Aulnay-sous-Bois, Rueil-Malmaison ou Fontenay-sous-Bois –, obtiennent des scores remarquables en matière de stationnement du vélo à proximité de la gare.
Les performances détaillées de Paris seront observées avec attention par la municipalité qui a placé la transition écologique au cœur de son mandat. La capitale obtient de mauvaises notes en matière de cohabitation avec les véhicules motorisés, notamment pour leur stationnement récurrent sur les pistes cyclables, ou le manque de sécurité aux intersections. Les cyclistes parisiens reconnaissent en revanche les efforts de la capitale pour développer le vélo et vantent la facilité avec laquelle on peut en louer un. Il est vrai que l’enquête a été réalisée avant le fiasco du nouveau Vélib’.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ La politique de l’administration Trump accompagne la croissance incroyable de la production du pétrole de schiste.
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Les Etats-Unis veulent dominer la planète pétrole

La politique de l’administration Trump accompagne la croissance incroyable de la production du pétrole de schiste.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h29
    |

                            Nabil Wakim (Houston (Texas), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Notre pays est béni par une extraordinaire abondance énergétique, expliquait Donald Trump en juin 2017. Nous avons beaucoup plus que nous ne l’aurions cru possible. »« Avec ces ressources incroyables, mon administration va viser non seulement l’indépendance énergétique, que nous recherchons depuis si longtemps, mais la domination énergétique » : le président américain ne pouvait être plus clair. La formule de son discours d’investiture, « America first » (« l’Amérique d’abord »), a trouvé sa traduction concrète : « Energy Dominance ».
Depuis son arrivée au pouvoir, M. Trump a multiplié les signes de soutien à l’industrie pétrolière américaine et a mis toutes ses forces dans la bataille pour soutenir la renaissance des hydrocarbures dans le pays. « Qu’est-ce que la domination énergétique ? C’est très simple, cela veut dire dominer le monde de l’énergie sur le plan environnemental, économique et moral », a ainsi résumé le secrétaire à l’intérieur, Ryan Zinke, devant les industriels du pétrole réunis à Houston (Texas), début mars.
Les Américains bientôt premiers producteurs 
Quand la production de pétrole brut des Etats-Unis va-t-elle devancer celle de la Russie, premier producteur mondial ? Fin 2017, la production américaine est remontée à un niveau de 10 millions de barils par jour (contre 11 millions pour la Russie) pour la première fois depuis 1970. D’après les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production américaine devrait atteindre 11 millions de barils par jour à la fin 2018 et continuer à croître de façon continue dans les cinq prochaines années. Elle pourrait dépasser la production russe dès 2019, selon l’AIE. La quasi-totalité de cette croissance est assurée par le pétrole de schiste et les forages horizontaux, particulièrement dans le Bassin permien, au Texas et au Nouveau-Mexique.
A elle seule, la production américaine couvrira plus de 60 % de la croissance de la demande mondiale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Les pétroliers, fervents soutiens de la politique énergétique de Donald Trump, espèrent encore des exemptions pour le secteur des hydrocarbures.
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L’industrie pétrolière américaine s’insurge contre les droits de douane sur l’acier

Les pétroliers, fervents soutiens de la politique énergétique de Donald Trump, espèrent encore des exemptions pour le secteur des hydrocarbures.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 11h09
    |

                            Nabil Wakim (Houston, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est peu de dire que l’industrie pétrolière américaine ne goûte guère la décision de Donald Trump d’augmenter les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium. Et pour cause : le secteur importe massivement de l’acier, en particulier pour les forages horizontaux destinés à extraire le pétrole de schiste, et pour la construction de pipelines.
Les consultants d’ICT International relèvent que plus de 75 % de l’acier utilisé pour les pipelines américains est importé. En Alaska, un projet de gazoduc estimé à 50 milliards de dollars (40 milliards d’euros) pourrait coûter 500 millions de plus à cause de la hausse des droits de douane, explique Lisa Murkowski, sénatrice de l’Etat. D’où la réaction de l’Institut américain du pétrole, qui a estimé que cette décision était « incohérente ».

Depuis une semaine, plusieurs sénateurs républicains élus dans des Etats pétroliers se relaient pour tenter de convaincre la Maison Blanche d’exempter tout ou partie du secteur des nouveaux droits douaniers.
Ceux de l’Alaska ou du Texas ont du mal à cacher leur embarras. S’ils soutiennent activement la politique énergétique de Trump, ils savent que plus leur Etat augmente sa production de pétrole, plus il doit exporter, et donc construire ou améliorer les installations existantes de pipelines.
« Message troublant »
« Il y a plusieurs grands projets de pipelines qui nécessitent beaucoup d’acier. Nous sommes d’accord pour dire : si on peut acheter américain, faisons-le ! Mais si on ne peut pas ? Si ce type d’acier n’est pas fabriqué ici, il pourrait être exempté de droits de douane », dit Greg Armstrong, le PDG de Plains All American Pipeline.
D’autant que c’est Donald Trump, quelques mois après son arrivée au pouvoir, qui a donné son aval à la construction de grands pipelines auxquels Barack Obama s’était opposé, dont les projets controversés de Keystone XL et Dakota Access Pipeline.

La hausse des coûts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ La Commision veut limiter la présence de ce métal cancérogène dans les fertilisants phosphatés. L’Espagne s’y oppose fortement, la France brille par sa discrétion.
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Le cadmium, ce « tueur » caché dans les engrais qui divise l’Europe

La Commision veut limiter la présence de ce métal cancérogène dans les fertilisants phosphatés. L’Espagne s’y oppose fortement, la France brille par sa discrétion.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 11h20
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Voilà un dossier sur lequel la France s’est montrée jusqu’ici très discrète. On aurait pourtant pu penser qu’à défaut du ministre de l’agriculture, son homologue à la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, se serait empressé de s’en saisir. Mardi 20 mars doit s’ouvrir une négociation serrée entre les Etats membres de l’Union européenne et le Parlement autour d’un projet de la Commission visant à réduire le taux de cadmium dans les engrais phosphatés.
Le cadmium est un métal lourd contenu dans les roches phosphatées. Il est utilisé pour fabriquer des engrais pour l’agriculture. Classé cancérogène pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé, il a des effets toxiques sur les reins, le squelette, l’appareil respiratoire, et est fortement suspecté d’être un perturbateur endocrinien. Or, l’utilisation d’engrais phosphatés dans les cultures est la principale cause de contamination des sols au cadmium, et donc de l’alimentation, qui représente 90 % de l’exposition à cette substance pour les non-fumeurs.

Depuis près de dix ans, les agences sanitaires alertent sur ses dangers et la nécessité de réduire son exposition. En 2009, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé un niveau hebdomadaire d’ingestion – 2,5 microgrammes/kilo – à ne pas dépasser. Aussi, convaincue qu’il présente « un risque inacceptable pour l’homme et l’environnement », la Commission a décidé de durcir sa réglementation en introduisant une limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Fixée à 60 milligrammes (mg)/kilo, elle doit être abaissée à 40 mg/kg après trois ans et à 20 mg/kg d’ici douze ans.
Le projet de texte a reçu en octobre 2017 le soutien du Parlement européen, qui voudrait parvenir au 20 mg/kg en neuf ans. Le Conseil de l’Union européenne doit désormais se prononcer. Or, relève-t-on à Bruxelles, « les pays sont divisés ». Plusieurs gouvernements se sont déclarés favorables au texte, comme en Allemagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Il y a quarante ans, le pétrolier provoquait la pire marée noire de l’histoire de la région. La compagnie pétrolière en fut tenue pour responsable.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.
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Stéphane Foucart et Stéphane Horel récompensés par le Prix européen du journalisme d’enquête

Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 08h10
   





                        



   


Les Prix de la presse européenne ont été décernés mercredi 14 mars à Budapest, distinguant une dizaine de journalistes européens pour leur travail. Dans la catégorie « investigation », Stéphane Foucart et Stéphane Horel, journalistes au Monde, se sont vus distinguer pour leur enquête très fouillée sur les stratégies et les méthodes discutables mises en place par Monsanto pour défendre coûte que coûte son produit phare controversé, le glyphosate.
Publiée en plusieurs volets les 2 et 3 juin, puis les 5 et 6 octobre 2017, cette série d’articles s’est nourrie des « Monsanto Papers » – un ensemble de documents internes de la firme que la justice américaine a commencé à rendre publics début 2017 dans le cadre de procès en cours. La publication de ce travail a contribué à la mise en place d’une commission spéciale du Parlement européen sur les procédures d’homologation des pesticides.

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                « Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science



Lors de la cérémonie, le prix d’excellence a été attribué à Michael Obert (Süddeutsche Zeitung Magazin) pour un reportage sur de troubles opérations de sauvetage de migrants, organisées par un chef de guerre libyen en Méditerranée. Le jury a par ailleurs attribué une mention spéciale à Till Krause et Hannes Grassegger pour une enquête sur les conditions de travail chez Facebook, en particulier celles des personnels affectés à l’effacement des contenus.
Le prix de l’innovation journalistique est allé à Bureau Local, un projet de journalisme collaboratif rassemblant plusieurs centaines de professionnels et de bénévoles, et destiné à faire émerger des sujets généralement peu traités par les grands médias. Dans la catégorie « opinion », c’est Dragan Bursac qui a été distingué, pour un article publié par Al-Jazira Balkans racontant l’histoire d’un enfant bosniaque. Le prix spécial du jury a été attribué à la journaliste danoise Ida Nyegaard Espersen (Jyllands Posten).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Au total, 9 134 établissements ont été inspectés l’an dernier par la DGCCRF, qui a infligé 2 697 amendes, pour 16,2 millions d’euros.
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La répression des fraudes mobilisée sur la sécurité des produits de consommation en 2017

Au total, 9 134 établissements ont été inspectés l’an dernier par la DGCCRF, qui a infligé 2 697 amendes, pour 16,2 millions d’euros.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h38
    |

            Cécile Prudhomme








                        



   


Entre les scandales sanitaires et les entorses des entreprises à la réglementation, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) n’a pas chômé en 2017. Ainsi, 112 585 établissements et 12 414 sites Internet ont été contrôlés, donnant lieu à 4 953 procès-verbaux administratifs et 2 697 amendes, pour un montant de 16,2 millions d’euros.
Dans son bilan, présenté jeudi 15 mars, le « gendarme » de la ­consommation met l’accent sur les relations commerciales, tant celles régissant les entreprises de la distribution que les acteurs de l’Internet, et notamment les places de marché.
Au total, 9 134 établissements ont été inspectés l’an dernier et dix entreprises assignées, parmi lesquelles la centrale d’achat INCA et ses mandants Intermarché et Casino pour des pratiques « consistant à faire des demandes financières, souvent sous la menace de déréférencements, quelques mois seulement après la signature du contrat-cadre annuel », souligne la DGCCRF.
Trois entreprises emblématiques de l’économie numérique ont aussi été attaquées pour des pratiques commerciales abusives : Apple et Amazon, en 2017, et Google, début 2018. « L’enquête a identifié plusieurs clauses dans les contrats conclus entre des développeurs d’application d’une part et Google ou Apple d’autre part, susceptibles de constituer un déséquilibre significatif prohibé par le code de commerce ».

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                L’Etat va assigner Google et Apple en justice, annonce Bruno Le Maire



Google France a déclaré, mercredi, que ses pratiques commerciales étaient « conformes à la législation française » et s’est dit prêt à « expliquer [sa] position devant les tribunaux ». Amazon avait été poursuivi en juillet 2017 pour des clauses avec ses vendeurs tiers, comme la modification unilatérale du contrat à son entière discrétion ou le fait « d’exiger l’alignement sur les conditions pratiquées par les vendeurs sur d’autres canaux de vente ».
Neuf plaintes de l’UFC-Que Choisir
La sécurité des produits de ­consommation a beaucoup occupé la DGCCRF. Dans le cadre du scandale des œufs contaminés au fipronil, à l’été 2017, elle est intervenue chez 41 opérateurs dans 22 départements, ce qui a conduit « au retrait du marché de 43 références de produits transformés, essentiellement des pâtes alimentaires ».
Fin 2017, lors du rappel des laits infantiles premier âge en raison d’une possible contamination aux salmonelles, elle a mené plus de 6 000 contrôles permettant de constater que « des produits rappelés étaient ainsi encore à la vente ou fournis aux consommateurs dans une centaine d’établissements ».

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L’institution a aussi examiné un sujet qui agite les associations de consommateurs, celui des nanoparticules, ces additifs dissimulés dans les produits du quotidien. Soupçonnés de répercussions sur la santé, ils doivent être signalés sur les étiquettes, comme l’oxyde de fer (E172), le dioxyde de titane (E171) qui permet de blanchir et de rendre les produits brillants, ou le dioxyde de silice (E551), utilisé dans des préparations déshydratées pour les boissons chaudes.
En juin 2016, l’ONG Agir pour l’environnement avait alerté sur la présence de nanoparticules dans moult produits alimentaires et non signalée sur les étiquettes. L’UFC-Que choisir a déposé, début janvier, neuf plaintes contre des fabricants de produits alimentaires et de cosmétiques pour « non-respect de l’obligation légale de signalement sur l’emballage ».
Les résultats des contrôles « seront présentés au niveau communautaire [européen] pour permettre, le cas échéant, de préciser et de clarifier la réglementation applicable », note la DGCCRF. Car, dans près de sept cas sur dix, « la totalité de l’ingrédient se trouvait sous forme nano, alors que cette caractéristique n’était pas, la plupart du temps, spécifiée sur l’étiquetage des denrées concernées ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le débat public national organisé sur la programmation pluriannuelle de l’énergie élude la question centrale de l’atome.
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Le grand flou du gouvernement sur la baisse du nucléaire

Le débat public national organisé sur la programmation pluriannuelle de l’énergie élude la question centrale de l’atome.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h01
    |

            Pierre Le Hir et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

C’est un exercice paradoxal qui est proposé aux Français, avec la tenue, du 19 mars au 30 juin, d’un débat public national sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Paradoxal, voire virtuel, car les éléments soumis à la discussion par le ministère de la transition écologique et solidaire escamotent la question centrale du nucléaire.
Certes, l’équation énergétique de la France ne se réduit pas à l’atome. Pour autant, comme celui-ci fournit aujourd’hui les trois quarts de la consommation nationale d’électricité, on voit mal comment trouver la formule d’un nouveau mix énergétique si la valeur donnée à cette variable reste inconnue. Le ministère fait valoir qu’il ne souhaite pas préempter les conclusions du débat en annonçant à l’avance le contenu d’une planification encore en gestation. Mais la difficulté reste entière.
Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la PPE vise à définir, pour deux périodes de cinq ans (2019-2023 et 2024-2028), une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme. A savoir, la neutralité carbone au milieu du siècle, la diminution de moitié de la consommation d’énergie à la même échéance, la réduction de 30 % du recours aux fossiles d’ici à 2030, le développement des renouvelables à hauteur de 32 % des besoins énergétiques à la même date, mais aussi la baisse de la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50 %, à une date… indéterminée.
Depuis l’abandon, en novembre 2017, de « l’horizon 2025 » prévu par la loi – qu’il faudra donc réécrire sur ce point – pour parvenir à cette baisse, l’exécutif est en effet resté des plus évasifs sur ses intentions en matière de nucléaire.

Pas de scénario d’évolution de la consommation d’énergie
On pouvait donc espérer que le dossier remis par le maître d’ouvrage, c’est-à-dire par le ministère de la transition écologique, pour alimenter le débat public, dissiperait ce flou. Il n’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Cinq dirigeants d’entreprises de la filière de l’éolien en mer protestent, dans une tribune au « Monde », contre la volonté du gouvernement de renégocier les prix des marchés conclus il y a cinq à sept ans, au risque de retarder les chantiers.
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Eolien en mer : « Le développement et la pérennité de l’ensemble de la filière française sont menacés »

Cinq dirigeants d’entreprises de la filière de l’éolien en mer protestent, dans une tribune au « Monde », contre la volonté du gouvernement de renégocier les prix des marchés conclus il y a cinq à sept ans, au risque de retarder les chantiers.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h42
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Alors que le gouvernement envisage la possibilité de renégocier les appels d’offres dans l’éolien en mer organisés en 2011 et 2013, nous, acteurs-clés du secteur, alertons sur les conséquences d’un énième coup de frein à une filière porteuse de développement économique pour la France.
Le marché de l’éolien en mer est aujourd’hui une réalité. Les énergies renouvelables représentent chaque année plus de la moitié des nouvelles capacités énergétiques installées dans le monde. L’éolien en mer bénéficie à lui seul d’une croissance exceptionnelle : d’ici 2030, la puissance électrique installée devrait atteindre 100 GW selon les projections, presque six fois plus qu’aujourd’hui (17 GW) !
Un rôle capital à jouer
Sous l’impulsion de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, l’Europe est moteur de cette croissance avec une augmentation spectaculaire des capacités de production de 25 % en 2017, selon le rapport de l’association Wind Europe « Wind in Power 2017 – Annual Combined Onshore and Offshore Wind Energy Statistics » (Secteur éolien 2017 – Statistiques annuelles combinées de l’éolien terrestre et en mer).
Les Etats-Unis ont également opéré un tournant dans ce secteur, avec le projet de Block Island – une ferme éolienne au large de l’île située dans l’Etat du Rhode Island –, et les ambitions des Etats du Massachusetts, de New York, du New Jersey et du Maryland d’ajouter au total 8 GW de capacités de production d’ici à 2030. De même, la Chine s’est fixé un objectif de 5 GW de puissance installée au large de ses côtes d’ici à 2020.
Dans cette nouvelle dynamique porteuse de formidables défis en termes d’innovation, de technologies, de capacités de production et d’exportation, la France a un rôle capital à jouer. Aujourd’hui, nous, industriels majeurs de l’éolien en mer, fournisseurs de turbines, constructeurs de fondations métalliques et béton, armateurs, constructeurs navals, sommes fiers de participer à la structuration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le tribunal correctionnel de Paris avait prononcé le 6 mars une condamnation inédite en France pour « mise en danger d’autrui » par des rejets toxiques de dioxines.
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Condamnée pour la pollution d’un incinérateur, l’agglomération de Melun fait appel

Le tribunal correctionnel de Paris avait prononcé le 6 mars une condamnation inédite en France pour « mise en danger d’autrui » par des rejets toxiques de dioxines.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 20h43
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h48
   





                        


L’agglomération de Melun, condamnée le 6 mars à une lourde amende pour « mise en danger d’autrui » en raison de la pollution aux dioxines émise par l’incinérateur d’ordures ménagères de Vaux-Le Pénil (Seine-et-Marne) qu’elle exploitait il y a plus de 15 ans, a fait appel de la décision du tribunal, selon un communiqué diffusé mercredi 14 mars. Dans ce document, la communauté d’agglomération de Melun Val de Seine indique qu’elle « entend contester la déclaration de culpabilité prononcée à son encontre », et qu’elle estime le jugement « critiquable en fait et en droit ».
Le 6 mars, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné l’agglomération à 250 000 euros d’amende, dont 50 000 avec sursis, pour « mise en danger » entre janvier 1999 – date d’un premier arrêté préfectoral enjoignant à l’exploitant de mettre l’usine aux normes – et juin 2002, date de sa fermeture. L’agglomération avait également été condamnée pour « poursuite d’une installation classée non conforme » après mars 2002, date butoir fixée par la préfecture.
Créé en 1974, l’incinérateur de Vaux-le-Pénil recrachait au-dessus des jardins et des toits des fumées surchargées en dioxines, des polluants organiques très toxiques. Impossible à moderniser, il avait fermé en juin 2002. Des relevés de mars 2002 avaient mis en évidence des taux de dioxines plus de 2 200 fois supérieurs à la norme.
En quinze ans de procédure, 165 riverains s’étaient constitués partie civile, ainsi que le village de Maincy, qui se trouvait sous les vents dominants provenant de l’installation. Selon les plaignants, une dizaine de riverains sont morts de cancers ces dernières années, notamment de « lymphomes non hodgkiniens », qui se développent à partir de cellules du système lymphatique, et une dizaine d’autres souffrent actuellement de cancers.
Une décision « historique »
« Nous nous attendions à cet appel en complet décalage avec l’attitude qu’on pourrait attendre d’élus responsables, reconnaissant que certaines pollutions portent dommage à la santé, a déclaré au Monde Pascale Coffinet, maire de 2001 à 2008 de la commune de Maincy, à l’origine du recours. On repart pour un à deux ans de procédure mais ce délai supplémentaire nous permettra de développer d’autres arguments qui risquent de valoir une condamnation plus lourde à l’agglomération de Melun ».
A la tête de l’Association des victimes de l’incinération de déchets et de leur environnement dont elle est toujours présidente, Mme Coffinet avait porté plainte contre X en 2003. A l’époque, l’élue avait fait analyser son propre sang et les œufs de ses poules par un laboratoire belge spécialisé en matière de dioxines. Les taux relevés étaient si élevés qu’elle avait immédiatement pris un arrêté municipal interdisant la consommation d’œufs produits dans son village de 1 800 habitants. Considérées comme des perturbateurs endocriniens, les dioxines contaminent en effet les êtres humains par le biais de l’alimentation, notamment le lait de vache ou les œufs de poules élevées en plein air.

        Lire aussi :
         

                Incinérateur de Vaux-le-Pénil : la détresse des riverains face à la dioxine



Dans son jugement du 6 mars, le tribunal avait notamment estimé que le « risque immédiat de mort ou de blessure résultant de l’émission de polluants » était établi, et que cette émission était « délibérée ». Il avait également condamné l’agglomération à payer des milliers d’euros de dommages et intérêts aux riverains concernés et au village de Maincy, une décision « historique », selon leurs avocats, Agathe Blanc, Corinne Lepage et Pierre-Olivier Sur. « C’est la première fois que des victimes obtiennent réparation du préjudice lié au dysfonctionnement d’un incinérateur », avait souligné Me Lepage, ancienne ministre de l’environnement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Deux études scientifiques montrent que le développement des centrales à charbon est susceptible de pulvériser les objectifs fixés lors de la COP21.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ L’association Robin des bois a établi une carte interactive qui recense les fosses, anciennes carrières ou blockhaus qui contiennent des restes d’hydrocarbures.
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Les lieux de stockage des déchets de marées noires en Bretagne répertoriés

L’association Robin des bois a établi une carte interactive qui recense les fosses, anciennes carrières ou blockhaus qui contiennent des restes d’hydrocarbures.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 17h23
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

L’Amoco-Cadiz est un nom gravé en lettres sombres dans l’histoire des pollutions maritimes mondiales. Le 16 mars 1978, ce supertanker de 334 m de long pour 51 m de large, battant pavillon libérien, a causé la plus vaste marée noire par échouement de pétrolier jamais enregistrée sur la planète. Victime d’une avarie de gouvernail au large d’Ouessant balayée des rafales de vent à 130 km/h, réduit à l’état de bateau ivre en dépit de tentatives de remorquage, ce pétrolier qui faisait route sur Rotterdam (Pays-Bas) s’est brisé pour couler à quelques encablures de la plage finistérienne de Portsall.

D’autres pétroliers – le Torrey Canyon en 1967, le Gironde en 1969, l’Olympic Bravery et le Boehlen en 1976, le Tanio en 1980 ou l’Amazzone en 1988 – ont contribué au large de la Bretagne à une succession de marées noires historiques. Et, si le temps a effacé sur les plages et dans la mer les traces noires et visqueuses du contenu de leurs flancs, les déchets que ces pollutions ont générés par centaines de milliers de tonnes gisent toujours en grande partie sur les côtes ou dans les terres du Finistère et des Côtes-d’Armor.
147 sites de stockage dans 26 communes
A l’avant-veille du 40e anniversaire du naufrage de l’Amoco Cadiz, afin de matérialiser l’existence de ces déchets, l’association de protection de l’homme et de l’environnement Robin des bois, particulièrement attachée à la lutte contre les pollutions maritimes, a mis au point une carte interactive dont elle a réservé la primeur au Monde. Celle-ci figure les sites de stockage de déchets de cette série de marées noires sur le littoral breton, au moyen de points noirs sur lesquels on peut zoomer et obtenir des détails quant à la taille ou à la contenance.
« Désigner clairement ces endroits à la population (...) est un devoir de mémoire », Jacky Bonnemains, président de Robin des bois
Hydrocarbures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ L’amiral Emmanuel de Oliveira, préfet maritime de l’Atlantique explique les leçons tirées de la plus grande marée noire du siècle le 16 mars 1978 en Bretagne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/03/2018
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« Chaque année, dix “Amoco-Cadiz” sont évités »

L’amiral Emmanuel de Oliveira, préfet maritime de l’Atlantique explique les leçons tirées de la plus grande marée noire du siècle le 16 mars 1978 en Bretagne.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 11h55
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Il y a quarante ans, le 16 mars 1978, un pétrolier géant s’échouait près des côtes du Finistère avec dans ses soutes 227 000 tonnes de pétrole qui ont souillé le littoral breton. L’amiral Emmanuel de Oliveira, préfet maritime de l’Atlantique, explique les leçons tirées par la France de l’une des plus grandes marées noires du XXe siècle.

Vous assurez que la catastrophe de l’« Amoco-Cadiz » ne pourrait se reproduire en 2018, pourquoi ?
Je peux dire que cet événement ne pourrait pas se reproduire, car depuis 1978, nous avons mis en place toutes les sécurités nécessaires. Mais on ne peut pas, bien sûr, écarter tout autre drame, qui serait d’une nature différente.
Nous en avons tiré trois grandes leçons. D’abord, la nécessité d’avoir une prise de décision unique. Elle a manqué à mes prédécesseurs. Ils n’étaient pas bien informés et ils n’avaient pas les bons leviers de décision. Depuis lors, le préfet maritime est le chef d’orchestre. C’est depuis l’Amoco-Cadiz qu’il détient le pouvoir de coordination opérationnelle sur tous les moyens de l’Etat et l’étendue de ses pouvoirs a évolué au fil des catastrophes.
Deuxième leçon : le préfet maritime a la capacité de mutualiser les moyens civils et militaires nécessaires. Enfin, pour avoir la bonne réactivité, on a choisi de pouvoir traiter la crise « en local ». Il est important pour moi d’être au bord de l’eau, à proximité des centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage [Cross], qui n’existaient pas en 1978, pour dialoguer avec tous les acteurs.
Comment serait-ce géré aujourd’hui ?
Le temps est primordial dans la gestion d’événements comme ceux-là, tout va extrêmement vite. Une marée noire a toujours commencé par un navire en difficulté, et donc si on prête assistance, on prévient la catastrophe. Puis, si on arrive à traiter la pollution en mer, on réalise des économies importantes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La catastrophe a conduit les autorités à s’équiper pour prévenir les accidents en surveillant des navires et pouvoir réagir en urgence.
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L’« Amoco-Cadiz » : la pire marée noire survenue en Europe

La catastrophe a conduit les autorités à s’équiper pour prévenir les accidents en surveillant des navires et pouvoir réagir en urgence.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 11h55
    |

            Martine Valo








                        



Le 16 mars 1978, à 21 h 39, l’Amoco-Cadiz touchait le fond à moins de deux milles des côtes du Finistère. En perdition depuis des heures, privé de gouvernail et d’ancre, le pétrolier battant pavillon du Liberia mais armé par la compagnie américaine Standard Oil, avait déjà heurté les récifs devant la plage de Portsall quelques minutes plus tôt. Il n’allait pas tarder à relâcher les 227 000 tonnes de brut et de fioul qu’il transportait, engendrant la pire marée noire survenue en Europe au XXe siècle.
Des dizaines de milliers d’oiseaux de mer vont périr ; 30 % de la faune et 5 % de la flore marines vont être détruits sur une surface de 1 300 km2, selon les décomptes de l’association Bretagne vivante ; plus de 360 km de littoral seront souillés. Le choc est immense et laisse des images indélébiles : une foule de volontaires au ciré jaune maculé de noir, des goélands englués dans une mer opaque et lourde, un mat qui a mis des mois à disparaître à l’horizon. Et plus tard, une inédite délégation de maires de communes bretonnes ceints de leur écharpe tricolore dans les rues de Chicago, en route – contre l’avis du gouvernement de l’époque – vers la cour fédérale de l’Illinois, qui allait leur accorder réparation. La maison mère du pétrolier, la Standard Oil, est condamnée. Elle versera 220 millions de francs (33,5 millions d’euros) aux collectivités bretonnes et 160 millions d’euros à l’Etat français. Une première dans l’histoire du droit de l’environnement, même si la procédure traîne pendant quatorze ans.
Les leçons de la catastrophe
Le naufrage de l’Amoco-Cadiz, survenu après une série d’autres au large des côtes de la région dans les années 1960 et 1970, secoue les pouvoirs publics. Ces derniers décident de se doter des moyens de prévenir les accidents grâce à la surveillance des navires et de s’équiper pour pouvoir réagir en urgence. Le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux est créé dans la foulée, à Brest. Son laboratoire est capable de déterminer l’« ADN » d’une boulette de pétrole, autrement dit de savoir de quel navire elle provient. En outre, une commission voit le jour qui débouchera sur la mise en place du Centre d’expertises pratiques de lutte antipollution, expert en techniques et matériels de lutte contre les marées noires. Mais on sait que dans une mer déchaînée, qu’on les disperse ou qu’on tente de les contenir par des barrages, les nappes de pétrole réagissent rarement selon les prévisions.

        Lire aussi :
         

                « Chaque année, dix “Amoco-Cadiz” sont évités »



A l’occasion des vingt ans du naufrage de l’Amoco-Cadiz, en 1998, les pouvoirs publics se félicitaient des leçons tirées de la catastrophe. Peu après, le 12 décembre 1999, l’Erika chargé de 30 000 tonnes de fioul lourd se brisait à son tour au large des côtes du Finistère, à Penmarc’h. Alors à Portsall, l’ancre de l’Amoco-Cadiz trône sans doute pour longtemps encore au-dessus de la plage, comme un rappel des risques du transport maritime.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Si le réchauffement se poursuit jusqu’à + 4,5 °C, la moitié des espèces des régions les plus riches en faune et en flore risqueront de disparaître d’ici à 2080.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/03/2018
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Face au « choc climatique », la biodiversité menacée d’extinctions massives

Si le réchauffement se poursuit jusqu’à + 4,5 °C, la moitié des espèces des régions les plus riches en faune et en flore risqueront de disparaître d’ici à 2080.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 01h00
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 12h17
    |

            Audrey Garric








                        



   


Il y avait déjà la destruction et la fragmentation de l’habitat, sous l’effet de l’agriculture, de l’élevage ou de l’exploitation forestière, la chasse et le braconnage, les maladies et les pollutions. Dorénavant, au-dessus de ces menaces, s’ajoute le péril du changement climatique.
En témoigne une étude réalisée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et les universités d’East Anglia (Royaume-Uni) et James-Cook (Australie), dont les résultats sont publiés dans la revue Climatic Change mercredi 14 mars ainsi que dans un rapport intitulé « La nature face au choc climatique ». Les constats sont sans appel : si le réchauffement planétaire se poursuit jusqu’à atteindre + 4,5 °C, près de 50 % des espèces qui vivent actuellement dans les régions les plus riches en biodiversité seront menacées d’extinction locale d’ici aux années 2080.
Les chercheurs se sont focalisés sur trente-cinq « écorégions prioritaires » définies par le WWF – comme l’Amazonie, la Grande Barrière de corail, le désert de Namibie ou le delta du Mékong – qui abritent nombre d’espèces emblématiques, endémiques et en danger.
Modélisation de 80 000 espèces
Ils ont voulu déterminer comment le climat affectera ces zones à l’avenir, en fonction de quatre scénarios différents : celui de base, caractérisé par des émissions de gaz à effet de serre qui continuent à augmenter sans limitation pour atteindre une hausse des températures de 4,5 °C d’ici à la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle ; la trajectoire dessinée par les promesses des Etats dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat, qui conduirait à une hausse du thermomètre de 3,2 °C (version pessimiste) ou de 2,7 °C (version optimiste) ; enfin, l’objectif de limiter la surchauffe à 2 °C maximum tel qu’il a été adopté par la COP21.
Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé un précédent projet (la Wallace Initiative) qui a modélisé l’aire géographique présente et future de 80 000 espèces de plantes, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères en fonction des conditions de température saisonnières mais aussi de pluviométrie et de couverture nuageuse.
« Les calculs sont effectués sur une grille de 20 km par 20 km, de sorte qu’il est possible de compter, dans chaque cellule, le nombre d’espèces pour lesquelles le climat reste adapté à l’avenir et le nombre d’espèces pour lesquelles il ne l’est plus », explique la première auteure de l’étude, Rachel Warren, professeure à l’université d’East Anglia.
« Un scénario de laisser-faire pourrait se révéler catastrophique pour l’ensemble des groupes d’espèces », prévient le rapport
Son équipe a étudié deux hypothèses, selon que les espèces soient en mesure ou pas de migrer pour suivre leur niche écologique (le plus souvent vers les pôles, les sommets des montagnes ou les profondeurs des océans, aux températures plus fraîches). Ils n’ont pas analysé d’autres réponses au changement climatique, comme les mutations génétiques, plus difficiles à quantifier. Les chercheurs n’ont également pas pris en compte les événements climatiques extrêmes qui peuvent augmenter les risques d’extinction locale, ni l’évolution de la banquise et du permafrost ou encore les facteurs qui ne sont pas en lien avec le climat (la perte d’habitat liée à l’humain, les maladies ou les interactions entre espèces).

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Contenir le réchauffement climatique
« Ce travail reste intéressant à cette échelle, afin de pouvoir connaître le pourcentage d’espèces à risque dans des régions très différentes du point de vue du climat et de la biodiversité », juge Franck Courchamp, écologue et directeur de recherches au CNRS, qui n’a pas participé à l’étude.

   


Les résultats montrent l’importance de contenir le réchauffement climatique. Alors que 48 % des espèces des trente-cinq écorégions seront menacées d’extinction dans un climat à + 4,5 °C, ce chiffre tombe à 37 % dans un scénario à + 3,2 °C et surtout à 24 % pour un monde à + 2 °C. De même, seulement 33 % des zones étudiées pourraient jouer le rôle de refuges climatiques dans le premier scénario, contre 47 % dans le deuxième et 67 % dans le troisième. De manière générale, les groupes les plus vulnérables s’avèrent les plantes, les reptiles et les amphibiens.
Dans le détail, les écorégions les plus affectées sont les régions boisées du Miombo en Afrique australe et centrale, le sud-ouest de l’Australie et l’Amazonie. Cette dernière, qui abrite actuellement plus de 10 % de toutes les espèces connues sur Terre et joue un rôle clef dans la régulation du climat mondial, risque de voir plus de quatre plantes sur dix disparaître localement dans un monde à + 2 °C (et près de 70 % à + 4,5 °C). Un tiers des mammifères seraient également menacés – un chiffre qui doublerait dans le pire scénario.

   


L’extrême sud-ouest de l’Australie, avec ses espèces emblématiques comme le Wallaby des rochers, sera exposé aux pertes de refuge parmi les plus fortes dans un monde à + 2 °C comme à + 4,5 °C. « Un scénario de laisser-faire pourrait se révéler catastrophique pour l’ensemble des groupes d’espèces », prévient le rapport, avec 81 % des espèces de mammifères, 89 % d’amphibiens ou 74 % des plantes menacées d’extinction localement. L’Australie a connu la première extinction mondiale d’une espèce de mammifère causée par le changement climatique : le Melomys rubicola, un rongeur victime de l’élévation du niveau de la mer.
Zones protégées et corridors écologiques
« En ajoutant le climat aux autres menaces qui pèsent sur la biodiversité, l’humanité risque d’alourdir son érosion, prévient Pierre Cannet, responsable du programme climat et énergie au WWF France. La gravité de la situation appelle à une mobilisation d’ampleur : les 2 °C d’augmentation des températures mondiales doivent bien être un plafond et non un plancher. »
L’étude montre ainsi que l’atténuation du changement climatique est bien plus efficace, pour protéger la biodiversité, que l’adaptation à l’augmentation des températures. Il s’agit de « réduire nos émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, en sortant des énergies fossiles et en changeant nos modèles de production et de consommation », rappelle le WWF.
Reste que « l’adaptation a un rôle à jouer au niveau local », par la création de zones protégées ou de corridors écologiques, la préservation des refuges climatiques ou encore la translocation d’individus ou de sous-populations vers ces aires.
« Pour nombre d’écorégions ou d’espèces, le climat est malheureusement une menace secondaire, après la destruction des habitats (comme pour les lémurs de Madagascar, ou les tigres de Sibérie) ou directement des espèces (braconnage des éléphants), prévient toutefois Sandra Lavorel, écologue au laboratoire d’écologie alpine de Grenoble. Il ne faudrait pas non plus perdre le message sur les causes premières de perte de la biodiversité. »



                            


                        

                        


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Aux Etats-Unis, un décès sur six serait attribuable à une exposition au plomb

Une étude épidémiologique réévalue les effets des faibles intoxications liées à la pollution au plomb. Plus de 400 000 décès lui seraient imputables chaque année aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 20h31
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h16
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Le chiffre est énorme et bien supérieur aux estimations antérieures : les expositions environnementales au plomb contribuent à plus de 400 000 décès par an aux Etats-Unis. Par comparaison, l’étude annuelle sur le fardeau mondial des maladies pour 2015 évaluait à 558 000 décès au niveau mondial la mortalité attribuable au plomb, en ne prenant en compte que les morts adultes. Réalisée avec une grande rigueur méthodologique, l’étude de Bruce Lanphear (Simon Fraser University, Vancouver, Canada) et de ses collègues américains a été publiée, lundi 12 mars, dans The Lancet Public Health.
Aux Etats-Unis, les maladies cardiovasculaires sont en diminution mais demeurent la première cause de mortalité, à l’inverse de la France, où les cancers les devancent (28 % contre 21 %). Parmi les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires figurent bien sûr le tabagisme, l’hypertension artérielle (HTA), le diabète et la sédentarité, mais l’exposition environnementale au plomb fait elle-même partie des circonstances favorisant l’hypertension et par conséquent les pathologies circulatoires.
Par ailleurs, l’intoxication au plomb (saturnisme) atteint d’autres organes (système nerveux, notamment avec des troubles cognitifs et du comportement). Elle survient même aux niveaux les plus bas que l’on puisse mesurer. Diverses études ont montré que les troubles les plus marqués sont associés à des niveaux plutôt bas d’exposition, précise dans un commentaire accompagnant l’article Philip Landrigan (Mount Sinai Hospital, New York). Les expositions environnementales se font par ingestion ou inhalation, le plomb ayant largement été utilisé, par exemple dans des peintures ou dans l’essence, même si sa présence a beaucoup régressé.
Deux fois plus d’infarctus du myocarde
La part attribuable aux expositions au plomb dans les décès aux Etats-Unis n’avait jamais été étudiée de la manière la plus méthodique qui soit : celle consistant à suivre sur une longue période un échantillon représentatif de la population nationale et de s’assurer que l’on écarte les biais possibles qui pourraient fausser l’interprétation des résultats. De plus, les études jusqu’ici disponibles ne s’intéressaient pas aux expositions environnementales donnant une concentration relativement faible de plomb dans le sang (plombémie).
Le seuil de déclenchement d’une intervention quand des adultes se trouvent dans un environnement où ils sont exposés au plomb est fixé à 5 microgrammes par décilitre (µg/dL) de sang aux Etats-Unis. Bruce Lanphear et ses coauteurs se sont donc plus particulièrement attachés à explorer les résultats pour une population ayant des taux situés en dessous de cette valeur.

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Entre 1988 et 1994, les chercheurs ont rassemblé un effectif de plus de 14 000 personnes de 20 ans et plus, au sein d’un échantillon représentatif de la population américaine, et l’ont suivi jusqu’à la fin de l’année 2011. La valeur moyenne de la plombémie dans ce groupe était de 2,7 µg/dL et 20 % des sujets inclus présentaient une valeur d’au moins 5 µg/dL.
En comparant les 10 % du groupe ayant les niveaux de plombémie les plus bas aux 10 % ayant les taux les plus élevés, les auteurs ont constaté chez ces derniers une élévation de 37 % de la mortalité toutes causes confondues, et de 70 % pour la mortalité due à une maladie cardiovasculaire, sachant que la mortalité par infarctus du myocarde est carrément doublée. Le même schéma d’augmentation se retrouve en ne prenant en considération que les personnes ayant une plombémie inférieure à 5 µg/dL.
250 000 décès d’origine cardiovasculaire
Pour s’assurer qu’ils pouvaient attribuer cet accroissement à l’exposition au plomb, Bruce Lanphear et ses collègues ont éliminé les facteurs pouvant constituer un biais de confusion dans l’interprétation (d’autres causes pouvant expliquer cette tendance) : âge, sexe, origine ethnique, résider en ville, tabagisme, diabète, HTA, taux de cholestérol, consommation d’alcool et revenu. Si, par principe, la persistance de biais ne peut être écartée, les auteurs en concluent que 412 000 décès annuels aux Etats-Unis, dont quelque 250 000 d’origine cardiovasculaire, sont bien attribuables à une exposition au plomb.

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Ils soulignent donc l’importance de « quantifier la contribution de l’exposition environnementale au plomb à la mortalité par maladie cardiovasculaire pour comprendre les tendances de la mortalité et développer des stratégies complètes pour prévenir les maladies cardiovasculaires ».
« C’est un résultat des plus surprenants, je ne m’y attendais pas, avoue l’épidémiologiste William Dab, professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et sécurité du Conservatoire national des arts et métiers. Mais l’étude, bien qu’ancienne, est faite dans les règles de l’art, avec une méthode qui apporte un fort niveau de preuve. Elle est convaincante. De très nombreux facteurs de risque cardiovasculaire sont pris en compte sauf la pollution atmosphérique. Mais le risque attribuable en population générale tient compte des autres facteurs de risque et je ne crois pas que la pollution atmosphérique pourrait inverser la tendance. »
Une réévaluation plus globale de l’impact sanitaire des expositions environnementales au plomb apparaît donc nécessaire ailleurs qu’aux Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le petit crustacé, essentiel à l’alimentation des animaux des eaux polaires, est de plus en plus utilisé à la fois dans l’aquaculture et sous forme de complément nutritionnel.
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Greenpeace alerte sur le boom de la pêche au krill en Antarctique

Le petit crustacé, essentiel à l’alimentation des animaux des eaux polaires, est de plus en plus utilisé à la fois dans l’aquaculture et sous forme de complément nutritionnel.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h20
    |

            Martine Valo








                        



   


Il n’a l’air de presque rien, ce minuscule crustacé de deux grammes tout au plus. Mais avec ses congénères, dans l’océan Antarctique, le krill forme une biomasse probablement supérieure à celle des humains. Et cette manne suscite des convoitises : l’espèce Euphausia superba – qui se présente en essaims de plusieurs kilomètres de long dans ces eaux polaires –, commence à peser lourd dans l’industrie mondiale de la pêche. Cet engouement inquiète Greenpeace qui, toute l’année 2018, mène campagne en faveur de la création de nouvelles aires protégées autour du continent antarctique afin de protéger l’environnement austral.
Parti naviguer dans ces parages durant trois mois, l’équipage de l’Arctic Sunrise devrait rapporter fin mars des données sur ces écosystèmes fragiles. D’ici là, l’ONG a déjà collecté quelques images de chalutiers en pêchant le krill et en illustre sa publication intitulée : « Licence to krill, le monde mal connu de la pêche antarctique », rendue publique mardi 13 mars. Il s’agit moins d’une dénonciation en bonne et due forme que d’un appel à la vigilance au sujet d’une espèce essentielle à l’alimentation des baleines qui en mangent plusieurs tonnes par jour, tout comme s’en nourrissent les manchots, phoques, oiseaux marins, poissons et céphalopodes de ces eaux polaires.

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Le problème pour eux, c’est que les animaux domestiques – notamment les poissons d’aquaculture – partagent désormais avec les humains leur menu de base. Les consommateurs américains, australiens, allemands, britanniques sont friands d’huile de krill : ils l’apprécient en tant que complément alimentaire riche en acides gras-omega 3. Les Français s’approvisionnent, eux, en capsules sur Internet moyennant des prix extrêmement divers. Depuis fin 2011, l’Union européenne autorise notamment l’utilisation du petit crustacé dans certains produits laitiers, matières grasses à tartiner, sauces, céréales de petit-déjeuner, plats diététiques… Il entre aussi dans la composition de cosmétiques.
Une biomasse de 379 millions de tonnes
« Cette pêcherie symbolise l’absurdité d’un monde où l’on veut pêcher toujours plus loin, plus profond, dans des circonstances extrêmes alors que l’on connaît mal cette espèce, clé de voûte de tout l’écosystème, dénonce Hélène Bourges, responsable de la campagne Océans à Greenpeace France. On ne sait pas grand-chose de sa biologie, ni de sa vulnérabilité face au changement climatique et à l’acidification du milieu marin. » Tout le monde en convient : les connaissances sur l’Euphausia superba font défaut. « Il est admis que le fondement scientifique de la gestion de cette pêcherie est faible et que des informations supplémentaires sur le comportement de cette espèce et des statistiques de pêche sont absolument nécessaires », écrit ainsi l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Les estimations de la biomasse elle-même varient considérablement. Celle-ci atteindrait 379 millions de tonnes, dont plus de la moitié finirait mangée par les cétacés, les phoques, les manchots, les calmars et les poissons, selon la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). Cette organisation – chargée de gérer strictement la pêche du krill, de la légine et du poisson des glaces dans cette partie du monde –, a pour autre mission de veiller à la préservation de cet environnement encore bien sauvegardé. C’est elle qui fixe les limites.
En théorie, le taux de capture totale admissible dans le sud-ouest de l’Antarctique est de 5,6 millions de tonnes par an. Toutefois, la CCAMLR a décidé de le réglementer à 620 000 tonnes, réparties sur quatre régions du sud-ouest de l’Atlantique. Greenpeace note que dans la zone ouest de la péninsule Antarctique, ce maximum a été atteint plusieurs fois depuis 2010.
Insuffisance des observations scientifiques

   


Les premières expériences de pêche au krill, menées par l’ancienne URSS, remontent aux années 1960. Les captures ont connu ensuite des années à plus de 500 000 tonnes dans la décennie 1980, avant de chuter et de remonter à plus de 320 000 tonnes en 2014, selon les déclarations recueillies par la FAO. Depuis, les techniques ont évolué : les chaluts qui écrasaient les crustacés laissent la place à des tuyaux aspirants. Quinze navires opèrent dans cette pêche industrielle, un secteur essentiellement occupé par des flottes norvégiennes, sud-coréennes et chinoises.

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Elle serait cependant l’une des plus durables au monde, assurent les professionnels regroupés dans l’Association of Responsible Krill Harvesting Companies. « Hautement spécialisée et exigeante, la pêche au krill nécessite d’énormes investissements initiaux », indique cette organisation. S’inscrire dans la durée est d’autant plus nécessaire que « le développement du marché et l’adoption des produits ont été lents », rapporte-t-elle. Mais elle souligne elle aussi l’insuffisance des observations scientifiques et s’engage à collaborer avec la CCAMLR pour la collecte des données.
« Nous demandons instamment que les bateaux restent loin des aires marines protégées ou des zones dont nous demandons le classement afin de préserver la faune qui y vit », dit Hélène Bourges, de Greenpeace
Malgré cette bonne volonté affichée, le rapport de Greenpeace s’interroge sur le développement de cette pratique. Outre les risques de pollution que présente la navigation dans une zone encore quasi intacte, celle-ci empiète aussi sur les sources alimentaires de la faune. « Nous ne réclamons pas son interdiction, mais nous demandons instamment que les bateaux restent loin des aires marines protégées ou des zones dont nous demandons le classement afin de préserver la faune qui y vit », expose Hélène Bourges. Durant son expédition, les membres de l’Arctic Sunrise ont observé des navires manifestement en train de pratiquer un transbordement de pêche ou de carburant, ce qui n’est pas interdit, mais rend tout contrôle difficile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Cinquante mille agriculteurs ont convergé vers la capitale financière de l’Inde après une marche éreintante pour alerter sur la situation dramatique des campagnes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/03/2018
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Bombay submergée par une vague de paysans en colère

Cinquante mille agriculteurs ont convergé vers la capitale financière de l’Inde après une marche éreintante pour alerter sur la situation dramatique des campagnes.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h31
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Ils ont marché six jours durant, alors que l’été indien, avec plus d’un mois d’avance, gratifie le centre ouest du sous-continent d’une vague de chaleur record. Les agriculteurs de la région de Nashik, dans le nord du Maharashtra, ont parcouru jusqu’à 180 kilomètres par des températures approchant parfois les 40 degrés à l’ombre. Lundi 12 mars en tout début de matinée, ils ont envahi le centre de leur capitale, Bombay, exténués et les pieds dans un état épouvantable, obligeant les secours à leur venir en aide à même le trottoir.
Selon le All India Kisan Sabha (« syndicat des paysans de toute l’Inde », AIKS), l’émanation du Parti communiste de l’Inde (marxiste) organisatrice de cette démonstration de force, près de 50 000 personnes formaient la marée humaine qui a pris place sur la pelouse grillée d’Azad Maidan, le terrain de cricket situé face à la gare Victoria. Leur objectif : sensibiliser la population urbaine au désespoir des campagnes et accroître la pression sur le gouvernement régional, dirigé comme l’Etat fédéral, à New Delhi, par les nationalistes hindous.
« L’année dernière, on nous a promis l’effacement de nos dettes mais il n’y a que les plus riches qui en ont bénéficié. Mon dossier a été refusé et avec les mauvaises récoltes qui se succèdent, je ne peux plus rien rembourser, il faudrait au moins qu’on nous garantisse les prix », raconte Harshul, un homme de 45 ans qui se protège du soleil ardant avec un malheureux bout de carton.
Tulsa est dans la même situation. Cultivatrice sur les hauteurs de Nashik, un site connu depuis quelques années maintenant pour les vignobles que les Occidentaux ont réussi à y implanter, cette femme de 51 ans est venue jusque dans le centre historique de Bombay chaussée de simples sandales en plastique. « J’ai six personnes à charge dans ma famille et je n’y arrive plus. Les terres où je cultive mon riz appartiennent au ministère des forêts, il faut qu’on me les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le comité interministériel pour la reconstruction des deux îles antillaises a entériné un engagement des pouvoirs publics de près de 500 millions d’euros.
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Le coût du passage d’Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy dépasse les 3 milliards d’euros

Le comité interministériel pour la reconstruction des deux îles antillaises a entériné un engagement des pouvoirs publics de près de 500 millions d’euros.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 01h45
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 08h28
    |

            Rémi Barroux








                        


Reconstruire dans la durée et se préparer, dans des délais plus brefs, à la prochaine saison cyclonique : tels sont les enjeux des îles antillaises Saint-Martin et Saint-Barthélemy, durement touchées par le passage de l’ouragan Irma dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, qui a tué 11 personnes. Six mois après, lundi 12 mars, le gouvernement français et les deux collectivités territoriales se sont retrouvés pour parler argent, financement des chantiers à venir à l’occasion d’un comité pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

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Le coût total du cataclysme dépassera sans aucun doute les 3 milliards d’euros, dont 1,83 milliard d’euros pour l’évaluation des seuls dégâts assurés (bâtis publics et privés, parc automobile…), une somme considérable pour ces deux îles qui comptent moins de 40 000 habitants. A l’issue de cette réunion, cinquième du genre, l’annonce a été faite d’un engagement des pouvoirs publics d’une somme globale qui « avoisinera les 500 millions d’euros ».
Deux cents millions pour les infrastructures publiques
Sur cette somme, 163 millions ont déjà été engloutis dans le dispositif d’urgence pour les deux îles antillaises touchées par Irma, soit les secours avec l’envoi massif de militaires, gendarmes, sécurité civile – en tout 3 000 personnes ; les aides immédiates, notamment le bâchage des maisons et des installations ravagées ; la distribution de quelque 1 800 tonnes de matériel, d’eau, de vivres, etc.
Cent quarante millions d’euros sont aussi investis par l’Etat dans le « soutien économique aux entreprises, aux particuliers et aux deux collectivités ». Ces sommes ont été consacrées à la prise en charge du chômage partiel, de cartes prépayées pour les familles les plus en difficulté (4 200 foyers sur les deux îles), ainsi qu’à un moratoire sur les cotisations sociales qui durera jusqu’à novembre 2018. Les deux collectivités territoriales bénéficient aussi d’une aide du gouvernement pour leur fonctionnement, à hauteur de 65 millions, dont la quasi-totalité pour Saint-Martin.

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Ces sommes étaient déjà connues, ce qui n’est pas le cas des quelque 200 millions (194,6 exactement) que la collectivité de Saint-Martin a présenté, lundi, dans le cadre d’un plan d’investissement pour la reconstruction de ses bâtiments et des infrastructures publiques. Les bâtiments scolaires bénéficieront de 33,5 millions d’euros – l’Etat en finançant près de la moitié –, les équipements sportifs de 13 millions, le centre hospitalier de Saint-Martin de 12 millions (dont la moitié allouée par l’Etat). Le coût de l’enfouissement des réseaux électriques, mis à bas par l’ouragan, sera pris en charge par l’Etat à hauteur de 14,7 millions d’euros. L’un des plus gros postes sera celui de la gestion des zones à risques, qui passe par la construction d’abris paracycloniques ou l’achat d’équipements d’alerte : sur les 29 millions à investir, le gouvernement a promis d’octroyer une aide de 17,8 millions d’euros, dont 6 pour les abris et 11 au compte du fonds Barnier, soit l’indemnisation des gens qui seraient déplacés.
« La participation directe de l’Etat et de ses opérateurs représentera ainsi un tiers des investissements de la collectivité de Saint-Martin, soit 66,4 millions d’euros. Et en prenant en compte l’ensemble des dépenses, y compris celles de l’urgence, l’engagement financier non remboursable de l’Etat atteindra 370 millions d’euros », résume Philippe Gustin, délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. A cette somme, il convient encore d’agréger quelque 125 millions issus – entre autres – du Fonds de solidarité de l’Union européenne, ce qui amène au total d’engagement d’environ 500 millions d’euros.
Surchauffe du secteur du BTP et pénurie de matériel
La reconstruction, qui devrait prendre plusieurs années, doit aussi s’accompagner de mesures à plus brève échéance. En effet, une grande partie du parc immobilier, notamment celui des particuliers, reste à sécuriser, avant même de le rebâtir, en vue de la prochaine saison cyclonique qui débutera dans quatre mois.
Les expertises des sociétés d’assurances, qui évaluent les dégâts et permettent les remboursements, ont à peine fini leur tâche. La venue de 200 à 300 experts n’a pas été facile à organiser, assure la délégation interministérielle pour la reconstruction des deux îles. « A ce stade, les assurances n’ont également payé que 609 millions d’euros sur 1,83 milliard de dégâts assurés », lit-on dans le communiqué du délégué, publié lundi. Sachant que seuls 40 % des habitants étaient assurés.

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Il est aussi fait état d’une « surchauffe » possible du secteur du BTP, avec la multiplication des chantiers, alors même « que la reconstruction des infrastructures publiques n’a pas encore commencé ». La Fondation de France qui aide, avec les Compagnons bâtisseurs et la Croix-Rouge, un certain nombre de familles saint-martinoises à reconstruire ou consolider leurs habitations, témoigne de problèmes d’approvisionnement en matériel de chantier. « Nous constatons aussi des problèmes de main-d’œuvre, car les artisans de l’île sont débordés et préfèrent aller sur la reconstruction des maisons des habitants les plus aisés, des chantiers plus importants », raconte ainsi Karine Meaux, responsable des urgences à la Fondation de France.

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                A Saint-Martin, après le passage d’Irma, la crainte d’une « année scolaire blanche »



Une différente gestion des Néerlandais
Ce n’est donc pas tant un problème d’argent que de réalisation concrète des travaux, aurait insisté le premier ministre, Edouard Philippe, lors du comité interministériel. Et si les tensions entre la communauté territoriale et son président, Daniel Gibbs, avec les autorités de l’Etat sont en partie apaisées, il reste une demande d’aide plus importante de la part de Saint-Martin et, a contrario, un doute sur la capacité opérationnelle de la collectivité du côté du gouvernement. « Pour reconstruire un groupe scolaire, c’est deux ans, et pour l’ensemble du parc public, cela demandera un énorme travail de suivi. Or il n’y a que deux personnes chez les territoriaux pour élaborer et suivre l’ensemble des marchés publics », raconte, sous couvert d’anonymat, un spécialiste du dossier.
Cette réunion du comité a rempli son objectif qui était d’avoir la certitude que les investissements seraient bien utilisés, explique le délégué. Les Néerlandais ont choisi d’affecter une somme globale de 550 millions d’euros à la partie de Saint-Martin qui est sous leur responsabilité, pour solde de tout compte. « L’Etat français préfère, lui, des investissements dans un cadre juridique sécurisé, planifié sur plusieurs années, avec des sommes affectées à des actions concrètes », explique Philippe Gustin.
Un suivi sera assuré par le gouvernement et une clause de revoyure a été décidée. En juin, le prochain comité interministériel consacré à la reconstruction étudiera les retours d’expérience et les leçons tirées par les collectivités et l’Etat du passage d’Irma.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Plus de 500 municipalités s’opposent aux compteurs Linky »

Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h28
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                            Stéphane Lhomme (Directeur de l’Observatoire du nucléaire)








                        



                                


                            

Tribune. Vingt-six députés de La République en marche (LRM) ont publié une tribune favorable au déploiement par Enedis des compteurs communicants Linky (« Le Monde » du 2 mars 2018). Leurs arguments méritent d’être discutés… et même rectifiés.
En premier lieu, il faut noter que ce texte aligne les affirmations gratuites et les slogans creux, certains étant même scandés deux fois : « Les compteurs Linky sont un outil majeur au service de la transition énergétique », « Ils permettent de piloter plus efficacement le réseau », « Ils permettent aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation électrique » ou (encore !) « C’est une composante majeure de la transition énergétique »…
Un abonnement plus cher
Par ailleurs, les signataires avancent une étude qui assure que le Linky « pourrait permettre jusqu’à 23 % d’économies d’énergie » : on n’est pas loin du régime qui permet de « perdre 25 kg en 5 jours en mangeant à volonté ».

Mais il ne faut pas oublier que le distributeur Enedis est une filiale à 100 % d’EDF… qui vit en nous vendant de l’électricité et qui, déjà proche de la faillite, n’aurait assurément pas autorisé un programme sabrant ses rentrées financières. De toute façon, alors que le déploiement des Linky n’en est qu’à son début, il apparaît déjà un peu partout que, loin de permettre des économies, ces compteurs démultiplient beaucoup de factures et obligent de nombreux usagers à prendre un abonnement plus cher pour ne pas disjoncter continuellement.
Les députés LRM démontrent qu’ils sont autant « hors-sol » que leurs prédécesseurs en avouant d’abord qu’ils ne sont que des courroies de transmission au service de l’Elysée, promouvant « la transition énergétique promue actuellement au plus haut sommet de l’Etat français ». Mais le plus édifiant est qu’ils prétendent – peut-être le croient-ils vraiment ! – qu’« il n’existe pas de dysfonctionnement...




                        

                        

