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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Renée fait bénéficier son infirmière de plusieurs assurances-vie ; Raymond lègue ses biens à son médecin ; Nicole fait un testament en faveur de sa psychanalyste. Neveux et compagne contestent ces legs, en invoquant l’article 909 du code civil.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Pas toujours bien identifié par les recruteurs, le MBA reste un atout majeur, qui peut toutefois être contourné par des cursus maison.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Ce que pensent les employeurs français du MBA

Pas toujours bien identifié par les recruteurs, le MBA reste un atout majeur, qui peut toutefois être contourné par des cursus maison.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h30
    |

                            Gwenole Guiomard








                        


Les étudiants ne sont pas les seuls à se perdre dans l’offre de formation à la française. Pour les employeurs non plus, la tâche n’est pas aisée. Notamment quand il s’agit d’analyser le Master of Business Administration (MBA), un diplôme multiforme, dispensé par qui veut bien le proposer, non reconnu par l’Etat français et d’origine américaine. « Entre un excellent IAE, une grande école de management et un MBA, difficile pour un recruteur de faire la différence », confirme Bénédicte Ravache, la secrétaire générale de ­l’ANDRH, l’association nationale des DRH français.
La vision des recruteurs sur ce qu’est le MBA est donc souvent floue. Tous se rejoignent pour préciser que ce cursus ne promeut que les salariés appelés à des fonctions de direction. « Pour un manageur en devenir, ce diplôme est un signe de maturité professionnelle, de reconnaissance. Mais il doit être financé par l’employeur », estime Eric Beaudouin, ‭directeur général d’Oasys Consultants, un cabinet d’outplacement disposant de bureaux à Paris, Aix, Lyon et Bordeaux. Une façon polie ­d’expliquer que ce cursus est à ­déconseiller aux cadres en transition professionnelle.
Un atout à géométrie variable
Le MBA consolide une candidature, mais ne la transforme pas. « J’ai une vision très positive des MBA, explique Jean-Christophe Sciberras, DRH France du groupe de chimie Solvay (6 000 salariés en France). Ces cursus délivrent une culture “business/international/management” qui nous intéresse. Dans le monde de la chimie, un double cursus ingénieur et MBA constitue un vrai avantage. » Mais cela concerne peu de personnes : chez Solvay, le nombre de hauts potentiels représente 6 % ou 7 % des 7 000 manageurs du groupe au niveau mondial. Soit 500 futurs dirigeants. L’entreprise finance tout au plus dix MBA par an.

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                MBA universitaire, le cas unique de Paris-Dauphine



Tout dépend aussi du secteur dans lequel on travaille. Il existe des branches de l’économie particulièrement intéressées par ces diplômés. Le conseil en est un. « Ces doubles diplômés savent ­manipuler, analyser, interpréter les données tout en ayant l’habitude de construire, brainstormer en équipe. Ils ont l’habitude d’un environnement multiculturel et savent convaincre tant à l’écrit qu’à l’oral », considère Rémi Legrand, président de Consult’in France, le syndicat des cabinets de conseil (5 000 recrutements prévus en 2018) et associé d’Eurogroup Consulting. « Nous recrutons nos patrons de centres de profits, ­d’entreprises, parmi ces profils très ambitieux », ajoute Nicolas Jachiet, président de Syntec-Ingénierie (53 000 recrutements prévus en 2018, dont 90 % d’ingénieurs).
Des cursus sur mesure
Reste que tous les manageurs n’ont pas besoin d’un MBA pour accélérer leur carrière. Loin s’en faut. Ainsi, sur les 800 000 ingénieurs exerçant leur métier en France, la moitié a une fonction d’encadrement. Mais seulement 10 % disposent d’un double ­diplôme ingénieur-manageur… « Le MBA rassure les recruteurs. Il leur garantit une capacité à travailler en anglais, mais il existe des MBA peu internationaux », observe Antoine Morgaut, le président de Syntec Conseil en recrutement, le syndicat des cabinets de recrutement en France (115 structures) et dirigeant Europe et Amérique latine du recruteur Robert Walters.
« Certains candidats persistent à confondre leur plaisir avec le réalisme du marché. » Antoine Morgaut, président de Syntec Conseil en recrutement
S’il est particulièrement intéressant pour les ingénieurs, « il n’est pas d’une grande utilité pour les diplômés français d’écoles de management, ajoute-t-il. Certains candidats persistent à confondre leur plaisir avec le réalisme du marché. Il faut suivre un MBA pour améliorer sensiblement ses compétences. Dans ce cas, cela a un impact. »
Le MBA demeure donc une ­valeur sûre pour le dirigeant en devenir sachant l’utiliser. Mais il peut être contourné. D’autant que les employeurs – surtout dans les grands groupes – recherchent des moyens pour abaisser les coûts de formation. Dans le cadre de ces mesures d’économie, le MBA est aujourd’hui concurrencé par des formations internes au management ou à la stratégie, se développant à travers les universités d’entreprise. Et permettant de fidéliser les cadres en question.

   


Pour le très haut potentiel, c’est alors un excellent moyen de franchir des échelons sans passer par l’onéreuse et chronophage case MBA. « En interne, les entreprises françaises souhaitent développer des cursus sur mesure pour leurs cadres de très haut niveau. Elles développent une logique gagnant-gagnant. L’employeur promeut le collaborateur, le rattache à ses ­enjeux pour que ce dernier développe sa société et transforme son potentiel en performance immédiatement comptabilisable », ­conclut Catherine Laval, experte en management des hauts potentiels pour Leroy Consultants, ­entité du groupe BPI.

Participez au MBA Fair du Monde, samedi 17 mars à Paris
Le groupe Le Monde organise, samedi 17 mars, au palais Brongniart, à Paris, la huitième édition du MBA Fair, le Salon des MBA & Executive Masters.
Cet événement est destiné aux cadres qui souhaitent donner un nouvel élan à leur carrière, et renforcer leur employabilité. Sont attendus les responsables de plus de 35 programmes de MBA et d’Executive Masters parmi les plus reconnus des classements internationaux, dans des domaines variés : stratégie, marketing, finances, ressources humaines et management… Des conférences thématiques animées par un journaliste du Monde, ainsi que des prises de parole organisées par les écoles présentes sont également prévues.
L’entrée est gratuite, la préinscription est recommandée pour éviter l’attente.
Ce Salon sera précédé de la publication, dans Le Monde daté du jeudi 15 mars, d’un supplément sur les MBA, à retrouver également sur notre page Lemonde.fr/mba.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Patrick Roger, journaliste au service politique du « Monde », actuellement à Mayotte, a répondu à vos questions.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le régime de retraite des cheminots leur assure un départ plus tôt et une pension plus confortable que le reste de la population. Mais ce système déséquilibré coûte cher à l’Etat.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

La retraite des cheminots, un régime spécial largement déficitaire

Le régime de retraite des cheminots leur assure un départ plus tôt et une pension plus confortable que le reste de la population. Mais ce système déséquilibré coûte cher à l’Etat.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h42
    |

                            Jean-Gabriel Fernandez








                        



   


Le projet de réforme de la SNCF suscite l’inquiétude des cheminots pour leur avenir. Si le premier ministre, Edouard Philippe, a bien assuré que le projet de loi « n’est pas la réforme des retraites des cheminots », il a aussi annoncé la fin de l’embauche « au statut » des employés de la SNCF. Autrement dit, que les futurs agents ne seront pas sous le statut actuel des cheminots et ne cotiseront pas pour le régime spécial actuellement en vigueur, ce qui signifiera mécaniquement moins de cotisations salariales pour les retraites.
Ce régime spécial dont bénéficient les cheminots est dans le collimateur du gouvernement à cause de son coût élevé. Durant la seule année 2016, les retraites des cheminots ont été déficitaires de 3,3 milliards d’euros, comblés par l’Etat.
Pourquoi ça coûte si cher ?
Ils étaient 260 000 retraités de la SNCF en 2017, un chiffre à rapporter à environ 150 000 personnes actuellement employées par l’entreprise. Ce nombre important est en partie expliqué par l’âge minimum de départ en retraite pour les cheminots : 57 ans pour les agents sédentaires et 52 ans pour les conducteurs. L’âge minimum peut varier jusqu’à deux ans en fonction de l’année de naissance des agents, mais reste très en dessous du minimum de 62 ans en vigueur dans le privé. En 2016, en moyenne, les conducteurs ont pris leur retraite à 53 ans et 5 mois, les autres employés SNCF à 57 ans et 6 mois, contre 62 ans et 5 mois pour les affiliés au régime général.
Plus confortable que la retraite moyenne en France, qui était de 1 376 euros en 2015
La pension de retraite des cheminots est également plutôt avantageuse. A taux plein, elle correspond à 75 % du salaire des six derniers mois d’activité (dans le privé, on fait la moyenne des salaires des vingt-cinq meilleures années), auxquels s’ajoutent une grande part des primes. En 2016, la pension directe moyenne versée aux cheminots était de 24 759 euros par an, soit 2 063 euros par mois. Celle-ci est plus confortable que la retraite moyenne en France, qui était de 1 376 euros en 2015, selon le ministère des solidarités et de la santé.
Ce régime spécial, obtenu en 1909, est antérieur à la fondation de la SNCF. Or, il est aujourd’hui incapable de s’autofinancer et est subventionné par l’Etat, au même titre que dix autres régimes spéciaux (marine, mines, transports urbains). Le coût total des prestations de retraite des cheminots en 2016 était de 5,3 milliards d’euros, que les cotisations ne suffisent pas à couvrir. L’Etat a donc versé 3,3 milliards d’euros pour les cheminots à la retraite, soit près de 60 % du budget total dédié cette année-là aux onze régimes spéciaux, dont fait partie la SNCF.


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Contribution de l'Etat au financement des pensions de retraite de la SNCF depuis 2015


Source : Caisse prévoyance retraite de la SNCF



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Seuls les « agents du cadre permanent » de la SNCF sont affiliés au régime spécial des cheminots, cotisent et en bénéficient. Ils doivent avoir été embauchés avant leurs 30 ans, posséder toutes les qualifications demandées par l’entreprise et passer une période d’évaluation allant d’un an à deux ans et demi. Pour bénéficier de la retraite à taux plein en 2016, ils devaient également avoir accumulé 163 ou 164 trimestres de service à la SNCF, avec un taux de cotisation de 8,2 %. Dans le privé, le taux de cotisation moyen est aux alentours de 11 % pendant 172 trimestres. Les cheminots ont également une cotisation retraite avantageuse par rapport aux fonctionnaires, qui cotisent à hauteur de 10,56 %.
A la SNCF, 0,56 actif pour 1 retraité
Il y a en France 17,5 millions d’actifs qui travaillent, contre 14 millions de retraités. C’est-à-dire que 1,3 actif cotise pour chaque personne à la retraite. A la SNCF, où l’on est passé de 303 000 agents en 1970 à 150 000 aujourd’hui, ce ratio est de 0,56. En 2016, on comptait près de deux retraités pour chaque cotisant à la SNCF, et la situation continue de se dégrader. « Le nombre des cotisants baisse régulièrement à la SNCF, de 1,4 % en 2014, 2 % en 2015 et, en prévision, de 1,2 % en 2017 », note la commission chargée d’examiner les régimes de retraite par le Sénat.


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Nombre de cotisants et de pensionnés dans le régime de la SNCF


Source : Sénat



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Vers une disparition du régime spécial ?
C’était l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, qui ne cache pas son ambition d’abolir le régime de retraite des cheminots, qu’il qualifiait d’« injuste » l’été dernier lors d’un échange avec des cheminots.
« Je souhaite que l’on puisse avoir au premier semestre 2018 une loi-cadre qui donne le top départ de cette réforme, par exemple au 1er juillet 2018 ou début 2019. (…) Ceux qui étaient à cinq ans de la retraite ne sont pas touchés, les autres ont des droits acquis dans un régime et à partir de ce jour-là basculent vers un régime unique, où un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits. »
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement cherche à revenir sur les avantages dont bénéficient les retraités de la SNCF. En 2008, une réforme des régimes spéciaux menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait déjà entamé le travail. Dans un premier temps, la réforme de 2008 a allongé la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein : de 37 ans et deux trimestres, celle-ci est passée à 41 ans et un trimestre aujourd’hui. Elle continuera d’être relevée d’un trimestre par an jusqu’à atteindre la durée en vigueur pour les assurés du régime général, soit 172 trimestres (43 ans). La réforme des retraites a également instauré une décote et une surcote identiques à celles des fonctionnaires.
En 2011, une nouvelle réforme a touché les retraites des cheminots et remonté l’âge d’ouverture des droits de deux ans. Le taux de cotisation salariale des agents du cadre permanent a également été modifié. Passant de 8,15 % en 2015 à 8,79 % en 2018, ce taux continuera d’augmenter jusqu’à atteindre 10,95 % en 2026.


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Evolution du taux de cotisation salariale des cheminots


Source : Legifrance.gouv.fr



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L’une des conséquences observables est l’augmentation de l’âge moyen de départ à la retraite à la SNCF depuis 2009, une augmentation de trois ans pour les conducteurs et de deux ans et deux mois pour les autres. L’objectif poursuivi par la réforme de 2008 était d’aligner le régime des cheminots sur les règles en vigueur dans la fonction publique. Un objectif partiellement atteint, car les cheminots ont perdu quelques-uns de leurs avantages. La nouvelle réforme de la SNCF pourrait accélérer cette convergence vers le régime général des retraites.



                            


                        

                        


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Le STJV, le syndicat qui bouscule l’industrie du jeu vidéo française

Créé en catimini en 2017, le premier syndicat de défense des salariés du secteur fait inscrire le droit social à l’agenda de l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 17h53
    |

            William Audureau








                        



   


Mercredi 14 mars, la grève des salariés d’Eugen Systems, une entreprise de jeu vidéo parisienne, a touché à son premier mois. Un cas rarissime dans ce secteur caractérisé par des bas salaires et des surcharges de travail, mais où les salariés, souvent de jeunes passionnés sortis d’école, sont prêts à de nombreux sacrifices pour réaliser leur rêve. Ce mouvement social n’a, pour l’instant, toujours pas d’issue en vue. « Aucun gréviste ne veut la fermeture du studio, on défend notre métier passion et on veut être respecté dans notre métier passion », explique un syndiqué.
Cette situation est due en grande partie à l’émergence ces derniers mois d’une nouvelle force, le Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV). La troisième à défendre les intérêts de l’industrie, aux côtés du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir (Sell) et du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV), mais la seule à prétendre le faire du point de vue prioritaire des salariés, et non de multinationales ou de dirigeants d’entreprise.

        Lire aussi :
         

                Première grève dans l’industrie du jeu vidéo française depuis sept ans



Un syndicat en réaction aux ordonnances de Macron
Le STJV compterait entre 30 et 70 adhérents, selon les sources. Un chiffre loin d’être représentatif du secteur, qui compte environ 5 000 salariés. Malgré cela, il pèse : par son rôle de mise en relation, il a contribué à la publication de plusieurs enquêtes sur les conditions de travail dans l’industrie ces derniers mois.
Côté politique, les actions soutenues par ce syndicat encore très artisanal ont permis de mettre la problématique du droit du travail au programme du jeune groupe d’étude parlementaire sur le jeu vidéo (GEJV), lancé début mars par le député (LRM) Denis Masseglia. « Après six mois, le bilan est globalement positif, on a réussi à faire entendre la voix des salariés », se félicite un syndiqué de la première heure. Le STJV entend, désormais, aider les professionnels du jeu vidéo d’autres pays à s’organiser à leur tour.
Il aura fallu attendre 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron, pour voir ce syndicat émerger. « Quand on a vu le CDI projet, on a tout de suite vu les dégâts que cela ferait dans notre industrie, qui est déjà très précaire », explique l’un des membres fondateurs, qui a requis l’anonymat. « Ce qui m’a décidé, ce sont les ordonnances Macron, confirme Gautier Knittel, un des rares à assumer publiquement son engagement. Plus rien ne me protégeait moi, ma famille, mes projets. Si tout devait désormais se négocier par accord de branche, alors il fallait un syndicat. » 
Une oreille à l’Assemblée
L’apparition du STJV n’a pas fait que des ravis. Le député Les Républicains Sébastien Leclerc, proche de la direction d’Eugen, qui a interpellé la ministre du travail, Muriel Pénicaud, sur son existence, voit dans son action une « contestation plus large contre la politique sociale initiée par le gouvernement » et le compare à un « parti politique anarchiste ». 

        Lire :
         

          Un député LR soupçonné de conflit d’intérêts après avoir critiqué une grève dans le jeu vidéo



Mais leur discours a été entendu par plusieurs parlementaires de la majorité. En février, interrogé par Le Monde, le président du groupe d’études jeu vidéo à l’Assemblée (GEJV), Denis Masseglia, minimisait l’importance des problématiques sociales, arguant qu’il ne « fallait pas stigmatiser » l’industrie, et qu’un employé mécontent était « libre d’aller où bon lui sembl [ait] ».
Un mois plus tard, la question des salaires et des conditions de travail devenait l’une des priorités du groupe d’études. Le député LRM et membre du groupe GEJV Stéphane Trompille se dit ainsi « ouvert à l’idée que l’on regarde les conditions de travail des employés du jeu vidéo », quitte à réguler davantage le secteur, explique-t-il au Monde. Les membres du STJV, toutefois, restent prudents sur la concrétisation de ces nouvelles intentions.
Crispations dans l’industrie
L’émergence du STJV a reconfiguré le petit paysage politique de l’industrie. Au mois de février, le SNJV avait déclaré vouloir identifier « les bonnes pratiques en matière de gestion managériale » et « les freins à l’épanouissement des collaborateurs ». Un chantier cohérent pour ce syndicat qui a fait de longue date la lutte contre la fuite des cerveaux et le maintien de l’emploi en France une de ses priorités. Lévan Sardjevéladzé, son président, précise au Monde que des initiatives en faveur des intérêts des salariés seront bientôt annoncées.
Le STJV et lui ont toutefois des positions peu conciliables. « Le SELL et le SNJV sont des organismes de lobbying, ce sont nos Medef, et ils font du très bon travail pour obtenir des conventions. Mais je n’attends rien d’eux pour nous défendre », estime Gautier Knittel. De son côté, Lévan Sardjevéladzé relève avec étonnement que les status du STJV s’opposent à toute « organisation basée sur la propriété lucrative », ou que certains de ses membres puissent, en réunion, déclarer que « les patrons vivent du boulot des autres ».  Bref, les options politique du syndicat des travailleurs inquiète :
« La quasi-totalité des créateurs indépendants que j’ai pu rencontrer, aussi bien patrons que salariés, ont été assez étonnés de cette rhétorique paléo-marxiste qui semble totalement déconnectée du réel. J’ai le sentiment que certains apportent de mauvaises réponses à de bonnes questions. »

        Lire :
         

          Quantic Dream : le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo exhorte à « regarder les problèmes en face »



Chez certains éditeurs, un meilleur management
Les révélations sur Quantic Dream puis la grève au sein d’Eugen Systems ont considérablement crispé l’industrie. « Des patrons qui exploitent leurs salariés, je ne dis pas que ça n’existe pas, mais franchement ils sont minoritaires dans la masse », minimise Patrick Pligersdorfer, dirigeant de Cyanide, pour qui les studios ont juste besoin de temps pour tous se professionnaliser.

        Lire aussi :
         

                Quantic Dream, un fleuron du jeu vidéo français aux méthodes de management contestées



M. Knittel regrette que les dirigeants des principales entreprises critiquées fassent la sourde oreille : « L’attitude d’Eugen [Systems] est suicidaire, Quantic Dream fait du damage control en essayant de montrer une autre image, mais en interne, rien n’a changé. »
Pour autant, tout n’est pas négatif aux yeux des syndiqués. L’entreprise Ubisoft, après avoir été très critiquée en interne au début des années 2000, fait aujourd’hui figure de bonne élève française en matière d’environnement de travail et de respect du cadre législatif. Plusieurs entreprises cherchent aussi à se mettre en conformité avec la loi de manière proactive.
« Le ’tous pourri’ n’est pas l’idée des adhérents du STJV !, clame un fondateur. Au contraire, les gens biens et honnêtes existent à tous les niveaux. C’est valable aussi pour les plus mal intentionnés. »



                            


                        

                        


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<filnamedate="20180316"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180316"><AAMMJJHH="2018031619">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Au Marché international des professionnels de l’immobilier, à Cannes, la représentante du quartier d’affaires londonien a tenté de convaincre les investisseurs de ne pas fuir en raison du Brexit.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

« Il n’y a aucun signe d’un “Brexodus” à la City de Londres »

Au Marché international des professionnels de l’immobilier, à Cannes, la représentante du quartier d’affaires londonien a tenté de convaincre les investisseurs de ne pas fuir en raison du Brexit.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h46
    |

            Grégoire Allix (Cannes (Alpes-Maritimes), envoyé spécial)








                        



   


Attirer les investisseurs à Londres, éviter que la perspective du Brexit ne voit les capitaux et les emplois fuir vers les places financières de Paris ou Francfort... Catherine McGuinness, présidente du comité politique de la City of London Corporation, l’institution qui dirige le quartier d’affaires londonien, est venue au Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim), qui s’achevait vendredi 16 mars à Cannes (Alpes-Maritimes), défendre l’attractivité de ce « Square Mile », un mille carré qui concentre gratte-ciels, banques et sièges sociaux.
« La City est toujours le leadeur du secteur financier, nous restons un carrefour mondial pour les affaires. Le Brexit est un défi, mais les fondamentaux sont bons », veut rassurer Mme McGuinness, à deux pas de la maquette lumineuse du quartier d’affaires installée dans le pavillon de Londres, l’un des plus imposants du Mipim. Mais la représentante de la City, après avoir visité les stands des autres métropoles européennes, sait que la concurrence s’organise pour profiter de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Tout le monde veut capter des emplois, c’est normal, dit-elle. Ce que fait La Défense est très intéressant, le développement concerté au sein du Grand Paris aussi. » 
L’annonce du groupe Unilever, jeudi 15 mars, qui a décidé de quitter Londres pour regrouper son siège social à Rotterdam aux Pays-Bas ne favorisait pourtant pas l’optimisme de la délégation britannique. Depuis le vote du Brexit, des banques comme HSBC, Bank of America ou JPMorgan, des sociétés comme UBS et Lloyd’s, des agences européennes ont annoncé quitter la City pour Paris, Amsterdam, Dublin, Francfort, Bruxelles... Pour autant, Catherine McGuinness ne voit « aucun signe d’un “Brexodus” », un exil massif lié au Brexit.
« Nous quittons l’Union européenne, pas l’Europe »
La City of London Corporation a publié début mars, en prévision du Mipim, une enquête selon laquelle les investisseurs institutionnels, les chefs d’entreprise et les promoteurs continuent de placer Londres en tête des meilleures villes européennes pour les affaires, loin devant Paris et Francfort. Ainsi, « 1 200 sociétés s’installent dans la City chaque année. Nous avons 1,7 million de mètres carrés de nouveaux bureaux en développement dans des immeubles de grande hauteur, et on sait que ce sera insuffisant à partir de 2022 », assure la représentante de la City.
Surtout, pour Catherine McGuinness, un exode des entreprises serait une mauvaise nouvelle pour toute l’Europe. « Par notre taille, notre écosystème, nous avons une offre unique en Europe ; les autres villes ont de bons quartiers d’affaires, mais pas de ce niveau, estime-t-elle. S’il devait y avoir un Brexodus, ce serait vers New York ou Singapour, pas vers Paris ou Francfort. » C’est pourquoi la responsable de la stratégie politique de la City dit chercher avant tout « à nouer des partenariats de long terme avec les métropoles européennes ».

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« Nous quittons l’Union européenne, pas l’Europe, rappelle Catherine McGuinness. Il faut que nous trouvions un accord ambitieux pour continuer à travailler ensemble. » Avec un constat désabusé : « Nous étions contre le Brexit. Nous avons fait campagne pour rester dans l’UE. Maintenant, il nous faut être pragmatiques... mais ça nous prend tellement d’énergie que nous n’avons plus le temps de nous occuper de nos autres défis, les mutations du monde du travail, les révolutions technologiques... » Une autre menace à moyen terme pour le quartier d’affaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Deux mois après son lancement, le magazine a 8 000 abonnés et vend de 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque.
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« Ebdo », en grande difficulté, cherche des investisseurs

Deux mois après son lancement, le magazine a 8 000 abonnés et vend de 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h12
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« Nous sommes face à ce moment de crise où tout se résout ou s’encalmine », résume Laurent Beccaria, l’un des deux actionnaires d’Ebdo, dans Libération, le 15 mars. Deux mois après son lancement, le magazine est déjà menacé de disparition, en raison de ventes décevantes et de fonds trop limités pour poursuivre l’activité et investir. Après une réunion de crise avec la quarantaine de salariés du journal, le cofondateur et son associé, Patrick de Saint-Exupéry, disent chercher à constituer un nouveau tour de table d’investisseurs. « On se bat », résument-ils. Mais le temps est compté. « On n’a pas six mois, déclare M. Beccaria. Cela se compte en semaines. » Faute d’argent, le journal pourrait s’arrêter très rapidement.
Selon nos informations, les ventes en kiosque (exemplaires vendus au numéro, hors abonnements) ont baissé depuis le lancement : 53 000 pour le premier numéro, le 12 janvier, pour une diffusion de 200 000 exemplaires ; 28 000 le 19 janvier, 24 000 le 26 janvier, 21 000 le 2 février, 23 000 le 9 février pour le numéro sur la plainte pour viol déposée contre le ministre Nicolas Hulot, 13 000 le 16 février, 13 000 le 23 février. Et « entre 8 000 à 10 000 » pour les derniers numéros, selon les fondateurs cités par Libération.

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Ces chiffres sont loin des objectifs affichés au départ : 20 000 ventes au numéro et 70 000 abonnements. Ces derniers ne dépassent pas le nombre de 8 000. Les ventes en kiosque sont plus faibles que celles affichées par certains newsmagazines (25 000 en moyenne en 2017 pour L’Express, 29 000 pour L’Obs, qui a des actionnaires communs avec Le Monde) mais, surtout, ces hebdos ont beaucoup plus d’abonnés et disposent de recettes venant d’annonceurs, alors qu’Ebdo est un journal sans publicité. De son côté, le site indépendant Mediapart, après dix ans d’existence et de nombreux scoops, affiche 140 000 abonnés environ, ce qui donne une idée de la difficulté d’atteindre l’objectif fixé par Ebdo.
La levée de fonds n’a pas eu lieu
Quant aux capitaux, le levée de fonds de 2 millions d’euros annoncée pour février n’a pas eu lieu, ce qui a empêché de débloquer 4 millions d’euros de crédits bancaires, expliquent les dirigeants d’Ebdo. Le journal a été lancé avec les 500 000 euros récoltés lors d’un financement participatif (ou crowdfunding) et les quelques réserves de Rollin Publications, la société éditrice, qui publie également les revues trimestrielle et semestrielle XXI et 6 Mois. Avec une équipe de journalistes expérimentés souvent débauchés dans d’autres rédactions, le budget annuel était, lui, estimé à 13 millions d’euros.
Aujourd’hui, Ebdo est en crise. Plusieurs réunions internes ont eu lieu cette semaine. Mercredi, des participants des assises du journalisme de Tours ont remarqué que le journal avait annulé sa participation à un débat. Sollicités, les dirigeants n’ont pas souhaité s’exprimer dans Le Monde. Les journalistes sont peu enclins à commenter, certains lâchant toutefois des Tweet sybillins, comme cette photo d’un mug avec une citation de Victor Hugo « Nous périssons faute d’émerveillement ».
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné jusqu’ici ? MM. Beccaria et Saint-Exupéry pointent clairement du doigt le rôle joué par l’« affaire Hulot ». Cet article – relatant anonymement une plainte pour viol déposée en 2008 à propos de faits datés en 1997, donc classée sans suite – a suscité l’indignation de certains lecteurs. Pour une partie d’entre eux, ce style de scoop offensif ne correspondait pas à un journal qui promettait de prendre du recul par rapport à l’actualité et à son buzz.
Polémique autour de l’« affaire Hulot »
« Ebdo a connu un coup d’arrêt. Il y a eu une crise quand les journalistes ont découvert le sujet, car personne n’était au courant en amont. Une partie de la rédaction, proche de XXI et de 6 Mois, loin de ce journalisme d’enquête, a mal réagi », a expliqué M. Beccaria dans un entretien à Marianne, le 8 mars. Surtout, la polémique autour des accusations visant le ministre de l’écologie aurait fait fuir un investisseur important, selon les dirigeants cités par Libération.
Pourtant, d’autres, au sein de la rédaction, n’ont pas la même vision des choses. La baisse des ventes n’était-elle pas amorcée avant le numéro sur M. Hulot ? Surtout, certains sont surpris que les dirigeants n’aient pas fait la levée de fonds prévue au départ et ne disposent pas, comme ils l’avaient suggéré, de quoi faire tenir Ebdo pendant deux ans. Aujourd’hui, MM. Beccaria et Saint-Exupéry seraient même prêts à quitter l’aventure, pour laisser la place à de nouveaux investisseurs. « Nous assumerons notre part de responsabilité. Nous ferons tout ce qui est bon pour la société », disent-ils à Libération, en laissant entendre que les actifs XXI et 6 Mois pourraient être laissés dans la structure pour favoriser l’arrivée d’investisseurs.
Le directeur de la publication, Thierry Mandon, ancienne figure du Parti socialiste, serait chargé de chercher des fonds qui pourraient permettre le lancement d’une nouvelle formule avec le soutien des membres de la rédaction motivés. Comment le journal serait-il remanié ? Serait-il plus proche de l’actualité ? Jusqu’ici, Ebdo s’en éloignait plutôt, sans pour autant jouer la carte du reportage et du très long format, marque de fabrique de XXI ou 6 Mois. Les couvertures ont mis en avant la SNCF, le travail, le plaisir des femmes, le Brexit, la défense des services publics… Quant à l’« affaire Hulot », les dirigeants ont laissé entendre qu’ils pourraient à l’avenir publier de nouveaux éléments sur le ministre.
A Marianne, qui lui rappelait « les leçons de journalisme » dispensées dans le manifeste de XXI, M. Beccaria a rappelé que ce texte de 2013 « dit seulement qu’Internet a changé la donne et qu’il faut s’adapter, qu’on peut proposer un autre journalisme ». Tout en reconnaissant que « l’impasse de ce manifeste, c’était l’actualité : comment faire de l’actualité au jour le jour. A l’époque, je ne comprenais pas quand on me disait “c’est facile d’être trimestriel”. Je l’ai bien compris aujourd’hui. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le marché du livre d’occasion a été redynamisé grâce au développement des plates-formes de vente en ligne. Cette révolution numérique a aussi tiré les prix vers le bas, estime le sociologue Vincent Chabault dans une tribune au « Monde ».
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« Le livre est aujourd’hui pris en charge par “la France du Bon coin” »

Le marché du livre d’occasion a été redynamisé grâce au développement des plates-formes de vente en ligne. Cette révolution numérique a aussi tiré les prix vers le bas, estime le sociologue Vincent Chabault dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h52
    |

Vincent Chabault (Sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. Préoccupés par l’essor du livre numérique, les éditeurs français n’ont pas prêté attention aux mutations du marché de l’occasion. Son extension, sous l’effet du développement des plates-formes, modifie les normes du rapport marchand que les lecteurs entretiennent au livre.
La crise économique de 2008 a déplacé certaines dépenses des Français vers le marché de seconde main
Méconnu, le marché du livre d’occasion est central pour la circulation de l’imprimé. Les consommations des lecteurs sont estimées depuis peu par le ministère de la culture : plus d’un acheteur de livres neufs sur quatre acquiert aussi des volumes d’occasion ; près de deux livres achetés sur dix le sont sur le marché de seconde main. Concernant la littérature dans plus de la moitié des cas, l’achat du livre d’occasion, dont le prix moyen est de 4,20 euros, est un livre de poche dans 40 % des cas. Enfin, les lieux d’achat sont les plates-formes numériques (50 %), les librairies (10 %), puis les brocantes, les marchés et les boutiques caritatives.
Le dynamisme du marché s’explique par trois facteurs. L’essor des plates-formes de vente en ligne a démocratisé les pratiques marchandes des particuliers pour l’achat comme pour la revente. La crise économique de 2008 a également déplacé certaines dépenses des Français vers le marché de seconde main. Enfin, le livre, comme le prêt-à-porter ou l’ameublement, est aujourd’hui concerné par les nouvelles valeurs de consommation axées sur la circulation et le réemploi des biens durables.
Planche de salut
Dans ce contexte, le marché du livre d’occasion est traversé par plusieurs logiques. D’une part, sa transformation numérique déplace les transactions sur Internet. Aujourd’hui, n’importe quelle librairie d’occasion réalise une part substantielle de ses ventes sur le Web, qui a constitué, même à contrecœur, une planche de salut pour ces indépendants. D’autre part, de nouveaux détaillants sont apparus en revendiquant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn cite une récente étude américaine qui indique que les dirigeants les plus inclusifs sont ceux qui se sous-estiment le plus sur ce critère et que les femmes sont plus tolérantes que les hommes.
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« Les manageurs sont-ils aussi ouverts à la différence qu’ils l’affirment ? »

Dans sa chronique, la journaliste Annie Kahn cite une récente étude américaine qui indique que les dirigeants les plus inclusifs sont ceux qui se sous-estiment le plus sur ce critère et que les femmes sont plus tolérantes que les hommes.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. Que de déclarations n’a-t-on pas entendues en faveur de la parité et de la diversité durant cette désormais traditionnelle Journée des droits des femmes. Mais leurs auteurs agissent-ils conformément à ce qu’ils prônent ? Hélas, il se pourrait bien que ce ne soit pas le cas pour une majorité d’entre eux.
C’est en tout cas la conclusion que l’on peut tirer d’une récente étude dirigée par Jack Zenger et Joseph Folkman, respectivement directeur général et président du cabinet de conseil qui porte leurs deux noms. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la Harvard Business Review d’octobre 2017. Ces deux consultants cherchaient à savoir si, d’une façon générale, les manageurs sont aussi ouverts à la différence qu’ils l’affirment.
Certes, pour le prouver, on peut dire qu’il est facile de compter le pourcentage de femmes dans un service, ou celui de personnes issues de « minorités visibles », et, ainsi, quantifier la diversité d’une équipe et penser répondre à la question. Il n’en est rien, car ce procédé est très réducteur. En effet, bien d’autres critères que le genre ou la couleur de la peau sont porteurs de diversité : depuis les diplômes obtenus, les réseaux fréquentés, jusqu’aux modes de raisonnement ou aux passions extraprofessionnelles.
Le « 360 degrés »
A défaut de pouvoir tous les identifier et les mesurer, il est donc pertinent et complémentaire de s’intéresser aux qualités globales d’ouverture d’esprit des manageurs. Ne serait-ce, aussi, que pour mieux apprécier ce qui relève vraiment de leurs actions, et non de facteurs extérieurs comme le secteur d’activité ou la nature du service qu’ils dirigent.
Le grand groupe choisi pour cette étude était réputé pour ses excellents résultats en matière de parité et de diversité d’origines, que ce soit pour l’embauche ou la promotion de collaborateurs
Pour répondre à la question de savoir si les chefs qui se disent les plus inclusifs le sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian Saint-Etienne estime qu’on ne peut viser à la fois l’objectif d’un marché unique ouvert à la mondialisation et celui de faire de l’Europe une économie qui compte.
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Seul « un cadre d’action intergouvernemental de dix à douze pays » pourra faire de l’Europe une puissance

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian Saint-Etienne estime qu’on ne peut viser à la fois l’objectif d’un marché unique ouvert à la mondialisation et celui de faire de l’Europe une économie qui compte.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h00
    |

Christian Saint-Etienne (Professeur titulaire de la Chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers)







                        



                                


                            
Tribune. Le nouveau gouvernement allemand fait profession de foi européenne. Mais est-ce celle d’Emmanuel Macron, ou celle de Mark Rutte, premier ministre des Pays-Bas, qui s’est opposé, dans un discours à Berlin, le 2 mars, à l’idée d’un budget et d’un ministre des finances spécifiques à la zone euro ? Pour lui, l’urgence est de réduire les déficits et la dette des pays membre de la zone ainsi que le budget 2021-2027 de l’Union à 27 à la suite du départ du Royaume-Uni ; et il est hors de question que le Nord de la zone euro prenne en charge les dettes du Sud. Cette position est partagée à mi-voix par l’Allemagne, et par d’autres pays nord-européens. Pour les tenants de cette Europe minimale, la reprise économique semble régler les problèmes et il n’y aurait pas besoin de réformes systémiques.
Les populistes, mais aussi beaucoup de pro-européens, rejettent l’Europe sans frontières et l’ouverture au commerce international sans réciprocité
Or, il y a deux failles gravissimes dans le raisonnement de M. Rutte. La première est que, avec la consolidation de l’AFD en Allemagne en septembre 2017 et la poussée de la Ligue du Nord et du Mouvement cinq étoiles en Italie en mars 2018, la vague populiste n’a en réalité pas diminué. Les populistes, mais aussi beaucoup de pro-européens, rejettent l’Europe sans frontières et l’ouverture au commerce international sans réciprocité, notamment vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine. Ils attendent une politique crédible face à l’immigration débridée et au chômage élevé, notamment chez les jeunes dans les pays du Sud.
La deuxième faille est, qu’en dépit des excédents extérieurs mirobolants de l’Allemagne et des Pays-Bas, l’Europe s’effondre face à la Chine et aux Etats-Unis dans la guerre numérique. Il n’y a pas de grandes plates-formes numériques en Europe, y compris en Allemagne et aux Pays-Bas, face aux Gafam américains (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et aux BATX chinois (Baidu, Alibaba,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Au Mipim, à Cannes, son directeur général Sanjay Manchanda a présenté un portefeuille de 2 milliards d’euros de projets.
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Immobilier : Nakheel, le promoteur de l’île-palmier de Dubaï, cherche des investisseurs européens

Au Mipim, à Cannes, son directeur général Sanjay Manchanda a présenté un portefeuille de 2 milliards d’euros de projets.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h49
    |

            Grégoire Allix (Cannes (Alpes-Maritimes), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Deux tours luxueuses posées au bord du golfe Persique, reliées entre elles par une piscine à débordement de 155 mètres de long, perchée à 170 mètres de hauteur… La maquette du futur hôtel Palm 360 de Dubaï trône au milieu du pavillon loué par le promoteur Nakheel au Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim), organisé à Cannes (Alpes-Maritimes) du 13 au 16 mars. Juste à côté, une autre maquette : celle de l’île artificielle Palm Jumeirah, devenue l’un des emblèmes de l’émirat. L’hôtel, qui sera exploité par le groupe AccorHotels sous sa marque de luxe Raffles, doit devenir, d’ici 2021, le plus haut édifice de l’île en forme de palmier.
Nakheel n’est pas venu au Mipim uniquement pour présenter des maquettes. Le promoteur, qui revendique la place de numéro un non seulement à Dubaï mais dans tout le Moyen-Orient, n’en a pas fini avec les mégaprojets qui ont fait de l’émirat la quatrième ville la plus visitée au monde – et un contre-modèle absolu pour une partie de la planète. Le promoteur cherche des investisseurs étrangers, européens notamment. « Nous avons besoin de continuer à diversifier nos investisseurs, et nous offrons un retour sur investissement bien plus élevé que ce que l’Europe peut proposer aujourd’hui », argumente Sanjay Manchanda, le directeur général de Nakheel, de nationalité indienne.
« La crise de 2008 est derrière nous. Des projets ont été ralentis, certains arrêtés, mais désormais le marché s’est stabilisé ».
Centres commerciaux, hôtels, ensembles résidentiels… Le groupe présente à Cannes un portefeuille d’investissements immobiliers qui totalise plus de 2 milliards d’euros. La valeur totale de ses projets en cours de construction ou de développement atteint 11,3 milliards d’euros. « La crise de 2008 est derrière nous. Des projets ont été ralentis, certains arrêtés, mais désormais le marché s’est stabilisé. Aujourd’hui, nous progressons sur tous les fronts : commerce, logements, divertissement… »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La politique de l’administration Trump accompagne la croissance incroyable de la production du pétrole de schiste.
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Les Etats-Unis veulent dominer la planète pétrole

La politique de l’administration Trump accompagne la croissance incroyable de la production du pétrole de schiste.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h29
    |

                            Nabil Wakim (Houston (Texas), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Notre pays est béni par une extraordinaire abondance énergétique, expliquait Donald Trump en juin 2017. Nous avons beaucoup plus que nous ne l’aurions cru possible. »« Avec ces ressources incroyables, mon administration va viser non seulement l’indépendance énergétique, que nous recherchons depuis si longtemps, mais la domination énergétique » : le président américain ne pouvait être plus clair. La formule de son discours d’investiture, « America first » (« l’Amérique d’abord »), a trouvé sa traduction concrète : « Energy Dominance ».
Depuis son arrivée au pouvoir, M. Trump a multiplié les signes de soutien à l’industrie pétrolière américaine et a mis toutes ses forces dans la bataille pour soutenir la renaissance des hydrocarbures dans le pays. « Qu’est-ce que la domination énergétique ? C’est très simple, cela veut dire dominer le monde de l’énergie sur le plan environnemental, économique et moral », a ainsi résumé le secrétaire à l’intérieur, Ryan Zinke, devant les industriels du pétrole réunis à Houston (Texas), début mars.
Les Américains bientôt premiers producteurs 
Quand la production de pétrole brut des Etats-Unis va-t-elle devancer celle de la Russie, premier producteur mondial ? Fin 2017, la production américaine est remontée à un niveau de 10 millions de barils par jour (contre 11 millions pour la Russie) pour la première fois depuis 1970. D’après les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production américaine devrait atteindre 11 millions de barils par jour à la fin 2018 et continuer à croître de façon continue dans les cinq prochaines années. Elle pourrait dépasser la production russe dès 2019, selon l’AIE. La quasi-totalité de cette croissance est assurée par le pétrole de schiste et les forages horizontaux, particulièrement dans le Bassin permien, au Texas et au Nouveau-Mexique.
A elle seule, la production américaine couvrira plus de 60 % de la croissance de la demande mondiale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Boom des Executive MBA (temps partiel) et des cursus spécialisés, perte d’influence américaine, attractivité de l’Europe, essor de l’Asie... L’échiquier planétaire des business schools évolue.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

MBA, la nouvelle donne mondiale

Boom des Executive MBA (temps partiel) et des cursus spécialisés, perte d’influence américaine, attractivité de l’Europe, essor de l’Asie... L’échiquier planétaire des business schools évolue.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h14
    |

                            Jean-Claude Lewandowski








                        



   


Année après année, le MBA, sous ses différents formats, reste le diplôme le plus ­convoité au monde. Celui que des dizaines de milliers de lauréats, de Shanghaï à SaoPaulo, de Moscou à Dubaï, rêvent de ­décrocher. Impossible pourtant d’évaluer avec précision le marché, tant l’offre de programmes – on en dénombre plus de 1 000 – est éclatée et peu contrôlée.
« Sur le plan mondial, la croissance se poursuit, assure Benoît Arnaud, directeur de l’Executive Education et des MBA à l’Edhec. Les entreprises prévoient de recruter davantage de MBA, les sociétés de technologie s’y mettent. Et le nombre de candidats augmente. »
Mais la donne a changé. Restrictions budgétaires obligent, nombre d’entreprises rechignent désormais à financer des MBA « full time » (formation à temps plein qui peut durer de douze à vingt-quatre mois). D’autant que les diplômés passés par ces cursus en espèrent promotions rapides et fortes hausses de salaire… De leur côté, les candidats hésitent devant la perspective d’une année (au moins) sans rémunération.

   


Quant aux écoles, elles se ­retrouvent à la peine. « Sur ce ­segment, la concurrence est mondiale entre les business schools, constate William Hurst, directeur d’Audencia Executive Education. Pour rester compétitif, il faut une marque très forte. » ­Résultat, nombre d’écoles ont ­renoncé. A l’inverse, les Executive MBA gagnent du terrain, leur cursus à temps partiel permettant aux participants de conserver leur emploi.
Des cursus plus spécialisés
Autre tendance marquée, l’essor des MBA « spécialisés », au moins en Europe. Certains, comme l’« Aerospace MBA » de Toulouse Business School, ont déjà pignon sur rue, ou s’appuient sur une expertise locale – comme Airbus à Toulouse – pour se lancer. Ce qu’ambitionne de faire le « Wine & Spirits Business MBA » de Burgundy School of Business, à Dijon. Quelques écoles offrent un large éventail de ces cursus spécialisés. L’Inseec en propose ainsi une dizaine, souvent couplés à des MSc (masters of science), sur ses campus français et internationaux (Bordeaux, ­Paris, ­Monaco, Londres, Genève, San Francisco, Shanghaï).
« Pour qui veut faire l’expérience de la diversité culturelle, il n’y a pas de meilleur endroit que l’Europe. » Sandra Richez, codirectrice du Global MBA de l’Edhec
Dans le même temps, les grands MBA américains paraissent en perte de vitesse. Même s’ils conservent leur prestige, ils sont pénalisés par leur cursus en deux ans – le format le plus répandu outre-Atlantique – et par leurs frais de scolarité très élevés. Au total, l’investissement pour un participant dépasse ­fréquemment 100 000 euros – sans compter la perte du ­salaire sur deux années. « Pour un cadre qui souhaite travailler en Europe, ce sera très difficile à rentabiliser », souligne Stéphanie Ousaci, responsable du dispositif accompagnement carrières MBA à l’EM Lyon.
Autre handicap des programmes américains, leur manque d’ouverture internationale. « Le pourcentage d’étrangers y ­dépasse rarement 30 %, contre 80 % à 90 % en Europe », observe William Hurst. Les MBA du Vieux Continent sont plus internationaux, plus soucieux de responsabilité sociale, plus attentifs aussi à l’accompagnement des participants. « Pour qui veut faire l’expérience de la diversité culturelle, il n’y a pas de meilleur endroit que l’Europe », assure Sandra Richez, codirectrice du Global MBA de l’Edhec. Sans oublier l’élection de Donald Trump, qui refroidit les ardeurs nord-américaines de certains ­diplômés d’Amérique latine ou du Moyen-Orient. Sans compter que, de leur côté, les MBA asiatiques ont eux aussi accompli de nets progrès…

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                Berlin, futur eldorado des MBA en Europe ?



Au sein même de l’Europe, les MBA « continentaux » bénéficient de surcroît d’un léger ­« effet Brexit ». Les écoles françaises, espagnoles ou italiennes commencent ainsi à voir arriver des candidats indiens ou australiens, qui traditionnellement ­visaient plutôt les business ­schools britanniques…

Participez au MBA Fair du Monde, samedi 17 mars à Paris
Le groupe Le Monde organise, samedi 17 mars, au palais Brongniart, à Paris, la huitième édition du MBA Fair, le Salon des MBA & Executive Masters.
Cet événement est destiné aux cadres qui souhaitent donner un nouvel élan à leur carrière, et renforcer leur employabilité. Sont attendus les responsables de plus de 35 programmes de MBA et d’Executive Masters parmi les plus reconnus des classements internationaux, dans des domaines variés : stratégie, marketing, finances, ressources humaines et management… Des conférences thématiques animées par un journaliste du Monde, ainsi que des prises de parole organisées par les écoles présentes sont également prévues.
L’entrée est gratuite, la préinscription est recommandée pour éviter l’attente.
Ce Salon sera précédé de la publication, dans Le Monde daté du jeudi 15 mars, d’un supplément sur les MBA, à retrouver également sur notre page Lemonde.fr/mba.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les cheminots ont annoncé une grève deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin. De son côté, l’intersyndicale d’Air France a appelé à une grève les 23 et 30 mars.
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Grève à la SNCF : le calendrier des perturbations

Les cheminots ont annoncé une grève deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin. De son côté, l’intersyndicale d’Air France a appelé à une grève les 23 et 30 mars.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 12h49
   





                        


Les 4,5 millions de Français qui prennent le train chaque jour doivent se préparer. L’intersyndicale des cheminots, opposée à la réforme de la SNCF, a opté jeudi 15 mars pour un mouvement dur, une grève au rythme de « deux jours sur cinq » pendant trois mois à partir d’avril.
Voici le point sur les perturbations à venir :

   


Une manifestation nationale des cheminots est prévue jeudi 22 mars à Paris, le même jour que les fonctionnaires. Les syndicats espèrent la présence de 25 000 cheminots, soit presque un sur cinq. Les transports devraient connaître des perturbations : SUD-Rail a déposé, seul, un préavis de grève du 21 mars à 20 heures au 23 mars à 8 heures pour « permettre aux cheminots de participer » à cette manifestation. La CGT prévoit elle aussi des préavis de grève locaux. Et en Ile-de-France, trois des quatre syndicats représentatifs à la RATP appellent à la grève le 22 mars pour soutenir les cheminots.

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                SNCF : les cheminots optent pour une grève d’usure sur trois mois



Les cheminots prévoient ensuite une grève de longue haleine selon un mode « innovant », à raison de deux jours sur cinq. La mobilisation doit courir du 3 avril au 28 juin, ce qui inclut les vacances de printemps et les différents ponts du mois de mai. En tout, la grève s’étalera sur trente-six jours.
De son côté, SUD-Rail a précisé qu’il souhaitait que les salariés grévistes décident eux-mêmes en assemblée générale, le 4 avril, s’ils veulent une grève reconductible tous les jours ou « s’ils s’inscrivent dans ce calendrier ». Le syndicat « posera un préavis de grève reconductible pour permettre aux salariés de décider », a indiqué son porte-parole, Erik Meyer.

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Selon les premières estimations de la SNCF, très peu de trains devraient rouler lors des premières journées de grève, les 3 et 4 avril. « Il y aura des lignes sans aucune circulation », a affirmé au Monde un proche de la direction du groupe ferroviaire.
Valérie Pécresse, présidente (Les Républicains) de la région Ile-de-France, a demandé que le service minimum soit « respecté ». « Nous avons fait voter une loi sur le service minimum [en 2007]. Si le service minimum n’est pas effectué par la SNCF, celle-ci devra rembourser les voyageurs », a-t-elle déclaré sur RTL, évoquant « un train sur trois aux heures de pointe ».

Grève à Air France les 23 et 30 mars
Le transport aérien sera lui aussi affecté, dans une moindre mesure. Onze syndicats d’Air France, tous métiers confondus, ont appelé à une grève, le vendredi 23 mars, ainsi que le vendredi 30 mars, à la veille du week-end de Pâques, pour exiger une augmentation générale de 6 % des salaires. Ils avaient déjà fait grève le 22 février.
Les organisations de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD) doivent se réunir, le 26 mars, pour décider des suites du mouvement.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Pour l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande, ce choix illustre un autre Brexit. C’est aussi sa vision financière du capitalisme qui sépare le Royaume-Uni du reste de l’Europe.
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Adieu Londres, Unilever préfère ne garder qu’un seul siège, à Rotterdam

Pour l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande, ce choix illustre un autre Brexit. C’est aussi sa vision financière du capitalisme qui sépare le Royaume-Uni du reste de l’Europe.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 12h10
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. C’est décidé, la pâte Marmite et le thé Lipton font leurs valises. Ils traversent la Manche, direction Rotterdam. Emoi dans les chaumières d’Angleterre. Deux institutions majeures de la culture britannique font les frais de la décision de leur maison mère, le groupe Unilever, troisième plus grande entreprise du Royaume-Uni, de rapatrier son siège social aux Pays-Bas. La première ministre Theresa May, en pleine opération « post-Brexit » de séduction du monde des affaires, en prend pour son grade.
Pourtant, l’entreprise assure que son mouvement n’a rien de politique et ne vise qu’à simplifier un fonctionnement trop complexe. Depuis 1930 et le mariage de la margarine néerlandaise Unie avec les savons britanniques de Lever Brothers, la firme disposait de deux conseils d’administration, de deux assemblées générales et de deux sièges sociaux. Il n’y en aura plus qu’un. De plus, cette nouvelle structure juridique permettra, selon l’entreprise, de faciliter les fusions et acquisitions ainsi que les dés­investissements, toujours fréquents dans un conglomérat aussi diversifié. D’ailleurs, le groupe fait remarquer que deux de ses trois activités, la cosmétique et les nettoyants, resteront basées au Royaume-Uni, qui ne perdra pratiquement aucun de ses 7 300 employés, deux fois plus qu’aux Pays-Bas.
Mais il existe une autre explication que celle de la simplification d’un groupe qui vit très bien depuis plus de soixante-dix ans avec son organisation actuelle : la peur du raider. En février 2017, Kraft Heinz tentait une offre publique d’achat à 140 milliards de dollars (114 milliards d’euros) sur Unilever. Une OPA hostile, menée à la façon brutale du fonds d’investissement 3G Capital, propriétaire du géant agroalimentaire américain, dont la spécialité est la chasse aux coûts. Pour Unilever, c’était la promesse d’un démantèlement et de jours pénibles.

S’abriter derrière la législation boursière néerlandaise
L’affaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les pétroliers, fervents soutiens de la politique énergétique de Donald Trump, espèrent encore des exemptions pour le secteur des hydrocarbures.
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L’industrie pétrolière américaine s’insurge contre les droits de douane sur l’acier

Les pétroliers, fervents soutiens de la politique énergétique de Donald Trump, espèrent encore des exemptions pour le secteur des hydrocarbures.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 11h09
    |

                            Nabil Wakim (Houston, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est peu de dire que l’industrie pétrolière américaine ne goûte guère la décision de Donald Trump d’augmenter les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium. Et pour cause : le secteur importe massivement de l’acier, en particulier pour les forages horizontaux destinés à extraire le pétrole de schiste, et pour la construction de pipelines.
Les consultants d’ICT International relèvent que plus de 75 % de l’acier utilisé pour les pipelines américains est importé. En Alaska, un projet de gazoduc estimé à 50 milliards de dollars (40 milliards d’euros) pourrait coûter 500 millions de plus à cause de la hausse des droits de douane, explique Lisa Murkowski, sénatrice de l’Etat. D’où la réaction de l’Institut américain du pétrole, qui a estimé que cette décision était « incohérente ».

Depuis une semaine, plusieurs sénateurs républicains élus dans des Etats pétroliers se relaient pour tenter de convaincre la Maison Blanche d’exempter tout ou partie du secteur des nouveaux droits douaniers.
Ceux de l’Alaska ou du Texas ont du mal à cacher leur embarras. S’ils soutiennent activement la politique énergétique de Trump, ils savent que plus leur Etat augmente sa production de pétrole, plus il doit exporter, et donc construire ou améliorer les installations existantes de pipelines.
« Message troublant »
« Il y a plusieurs grands projets de pipelines qui nécessitent beaucoup d’acier. Nous sommes d’accord pour dire : si on peut acheter américain, faisons-le ! Mais si on ne peut pas ? Si ce type d’acier n’est pas fabriqué ici, il pourrait être exempté de droits de douane », dit Greg Armstrong, le PDG de Plains All American Pipeline.
D’autant que c’est Donald Trump, quelques mois après son arrivée au pouvoir, qui a donné son aval à la construction de grands pipelines auxquels Barack Obama s’était opposé, dont les projets controversés de Keystone XL et Dakota Access Pipeline.

La hausse des coûts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Malgré une amélioration des résultats commerciaux, des sujets d’inquiétude demeurent. En 2017, le chiffre d’affaires de l’opérateur a reculé de 1,7 %.
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SFR engrange les premiers fruits de sa réorganisation

Malgré une amélioration des résultats commerciaux, des sujets d’inquiétude demeurent. En 2017, le chiffre d’affaires de l’opérateur a reculé de 1,7 %.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 15h43
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


SFR en a terminé avec les mauvaises nouvelles. C’est le message qu’a essayé de faire passer Altice, la maison mère de l’opérateur, qui publiait jeudi 15 mars ses résultats annuels.
Au quatrième trimestre, une période traditionnellement propice pour les opérateurs télécoms, SFR a gagné en France 80 000 clients mobiles et n’en a perdu « que » 45 000 dans le fixe, contre 61 000 l’an passé. « Avec un point d’attention unique sur le consommateur, nous avons fait des progrès significatifs. Dans le mobile, c’est notre meilleur trimestre en deux ans », s’est félicité Dennis Okhuijsen, patron d’Altice Europe, la structure qui coiffe la France, le Portugal, Israël et la République dominicaine.
A quel prix, cependant, ce gain d’abonnés a-t-il été réalisé ? Le chiffre d’affaires de SFR a reculé de 4,5 % au quatrième trimestre à 2,7 milliards d’euros, quand celui d’Orange remontait de 1,7 %.

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Dennis Okhuijsen veut quand même voir dans ces performances commerciales les premiers effets de l’organisation mise en place ces derniers mois. Longtemps absent de l’organigramme, Patrick Drahi a repris un poste de président d’Altice en novembre. Et à la rentrée, Armando Pereira, son coactionnaire, est venu aux commandes de SFR.
A la traîne de ses concurrents
En 2017, SFR est resté à la traîne de ses concurrents. Dans le mobile, il a conquis 199 000 abonnés, contre 717 000 pour Orange et 500 000 pour Bouygues Telecom. Free revendique un million de clients supplémentaires. Dans le fixe, SFR a perdu 170 000 clients, quand Orange en a gagné 339 000, Bouygues Telecom 340 000 et Free 135 000.

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Au total, le chiffre d’affaires de SFR a reculé l’an passé de 1,7 % à 10,8 milliards d’euros. La marge s’est toutefois améliorée, le groupe ayant mené un plan de réduction de postes portant sur un tiers de ses effectifs l’an passé.
Même si elle est rentable, SFR doit absolument poursuivre ses efforts en 2018, et gagner de nouveaux clients. Tout d’abord, parce que ses charges vont mécaniquement monter cette année. SFR va perdre 200 millions d’euros d’Ebitda (qui correspond approximativement à l’excédent brut d’exploitation), à la suite d’une modification de la TVA sur la presse.

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L’opérateur devra également commencer à payer les droits de la Ligue des champions, diffusée à la rentrée prochaine et acquise pour un montant annuel de 350 millions d’euros. Et mardi 20 mars, Alain Weill, PDG de SFR, et fondateur de NextRadioTV (BFM, RMC…), groupe racheté par Patrick Drahi, présentera un nouveau plan d’action.
Réforme de la stratégie de « convergence »
Au cœur du sujet, la réforme de la stratégie de « convergence » entre les médias et les télécoms défendue par le groupe ces deux dernières années, qui consistait à vendre un package complet comprenant accès Internet et contenus, mais qui n’a pas porté ses fruits. D’ores et déjà, SFR a modifié ses offres d’abonnement à ses box, en retirant SFR Presse, la chaîne premium Altice Studio et sa chaîne sport SFR Sport.

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En toile de fond de cette refonte, le fardeau de la dette d’un montant de 30 milliards d’euros pour Altice Europe et de 15 milliards d’euros pour SFR. Le groupe débourse 2 milliards d’euros de frais financiers chaque année, selon l’analyste Stéphane Beyazian, de Raymond James. « Notre objectif est de réduire notre niveau d’endettement », a expliqué Dennis Okhuijsen. Il espère vendre « 40 à 60 % du parc de tours de télécommunications » pour 2 milliards d’euros, et veut également se désengager de ses tours au Portugal.
Si, à court terme, ces cessions devraient alléger sa dette, elles vont aussi augmenter les charges du groupe, désormais obligé de louer ses infrastructures télécoms. Une pression supplémentaire qui rendra encore plus nécessaire d’accroître les ventes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les estimations de réserve et de production de cet hydrocarbure non conventionnel représentent un casse-tête pour les experts.
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Aux Etats-Unis, le boom du pétrole de schiste peut-il durer ?

Les estimations de réserve et de production de cet hydrocarbure non conventionnel représentent un casse-tête pour les experts.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 10h46
    |

                            Nabil Wakim (Midland, Houston (Texas), envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Cette fois, nous sommes là pour longtemps : nos coûts sont si bas qu’on peut ­continuer même si les prix baissent. » Pour Tim Dove, PDG de Pioneer Natural Resources, l’un des plus gros acteurs du Bassin permien, les immenses réserves de schiste et les capacités de production assurent aux Américains une place de choix sur l’échiquier pétrolier mondial.
Selon le cabinet spécialisé Rystad Energy, les Etats-Unis disposeraient de plus de réserves prouvées que l’Arabie saoudite, avec 264 milliards de barils. La moitié porte sur le pétrole de schiste, dont le Texas abriterait à lui seul plus de 60 milliards de barils.
Mais cette comptabilité ne fait pas consensus, tant l’exercice d’évaluation des réserves est périlleux. Les pétroles de schiste sont « un casse-tête pour les prévisionnistes », ironise la consultante en énergie Sylvie Cornot-Gandolphe dans une note de l’Institut français des relations internationales (IFRI), « La revanche des pétroles de schiste », sortie en septembre 2017.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) a été amenée à réévaluer ses prévisions à plusieurs reprises, ce qui témoigne de la difficulté à appréhender cette production. « L’avenir dira quelles sont les réserves complètes, mais nous savons qu’elles sont immenses », assure Sara Ortwein, présidente de XTO Energy, la filiale d’ExxonMobil qui exploite les hydrocarbures non conventionnels.
Le Post Carbon Institute, un groupe de réflexion américain sur le changement climatique qui analyse les chiffres de production d’hydrocarbures, estime que les prévisions officielles américaines sont « extrêmement optimistes », les puits actuels se concentrant sur les sweet spots, les endroits les plus productifs.
Fluctuations des cours
Cette analyse est en partie partagée par l’un des pionniers du pétrole et du gaz de schiste, Mark Papa, PDG de Centennial Resource Development. « On a eu tendance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » a été présenté le 14 mars en conseil des ministres. Si Emmanuel Macron a lié le statut des cheminots à la dette de la SNCF, pour Orange et pour La Poste, la fin du statut des fonctionnaires n’était pas un projet en soi mais une conséquence de l’ouverture à la concurrence.
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Réforme de la SNCF : une opération de long terme à prévoir

Le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » a été présenté le 14 mars en conseil des ministres. Si Emmanuel Macron a lié le statut des cheminots à la dette de la SNCF, pour Orange et pour La Poste, la fin du statut des fonctionnaires n’était pas un projet en soi mais une conséquence de l’ouverture à la concurrence.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 11h29
    |

            Anne Rodier








                        


Le projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances, présenté le 14 mars en conseil des ministres, prévoit la transformation de la SNCF en société anonyme, la disparition du statut de cheminot pour les futurs embauchés et l’ouverture à la concurrence du rail français.
Comparaison n’est pas raison... Seules la SNCF et à La Poste répondent à un message politique commun : le désendettement. En revanche, les trois entités font face à une pression commune, à savoir l’ouverture à la concurrence poussée par Bruxelles et une transformation du modèle économique qui aboutit à la fin du statut de fonctionnaire.
Il faut remonter aux années 1990 pour comprendre sa mise en œuvre et ses conséquences pour l’entreprise, pour l’organisation du travail et pour les salariés. Car c’est à cette période que l’administration des Postes et télécommunications s’est scindée pour donner naissance à des établissements autonomes de droit public, transformés dans un second temps en sociétés anonymes, qui deviendront à terme Orange et La Poste. Deux entreprises de taille hors normes, à l’image de la SNCF, avec respectivement quelque 90 000 et 215 000 collaborateurs en France, hors filiales.
Si, pour la SNCF, Emmanuel Macron, lors de son entretien du 1er juillet 2017 avec un panel de cheminots, a lié le statut des cheminots à la dette de la SNCF, pour Orange comme pour La Poste, la fin du statut des fonctionnaires n’était pas un projet en soi mais une conséquence de l’ouverture à la concurrence.
« Il y a eu un double mouvement d’évolution des structures juridiques d’une part et d’autre part de recrutement sous contrat privé », se souvient Sébastien Crozier, président CFE-CGC Orange.
Il a fallu attendre vingt ans
Ce fut une opération de long terme. Pour les deux entreprises, il a fallu attendre vingt ans après l’arrêt des recrutements de fonctionnaires pour passer sous la barre des 50 % de l’effectif. La part de fonctionnaire devrait être de 40 % chez Orange en 2019 et à La Poste, au dernier bilan du 31 décembre 2017, elle était de près de 43 %. Pour une fois, la France peut se comparer à l’Allemagne : « le départ du dernier fonctionnaire de la poste allemande est attendu en 2043. On est à peu près sur le même calendrier en France », souligne Nicolas Galepides, secrétaire fédéral à Sud-PTT.

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Le recrutement des fonctionnaires s’est arrêté en 1997 chez France télécom, à l’occasion de l’entrée en Bourse. A La Poste, c’est en 2001 que la fin du recrutement par concours a été annoncée. « On avait alors protesté debout sur les tables, car pour nous c’était un déni du service public », se souvient Nicolas Galepides.
Mais la première conséquence de ce changement a été de pouvoir recruter sur des postes précis. « Jusque-là, France télécom recrutait par masse, des inspecteurs, par exemple, qu’on redistribuait ensuite dans les différents métiers selon les besoins », indique Bernard Bresson, qui fut responsable des ressources humaines de France télécom à partir de 1988, puis DRH groupe de 2000 à 2005, et représentant du groupe à Bruxelles jusqu’en 2007.
L’harmonisation des statuts est passée par des adaptations successives. Les caractéristiques liées au statut de fonctionnaire variaient en fonction des corps qui étaient très nombreux. Chez France télécom, des lignards qui montaient aux poteaux téléphoniques, aux dessinateurs projeteurs ou aux jardiniers, chaque corps avait ses propres règles, ses conditions de travail, ou ses primes.
L’organisation était horizontale pour les cadres et verticale pour les autres. Les corps structurés verticalement par métier pour les non-cadres ont été fusionnés. « On a commencé à travailler à la classification horizontale par la « pesée des postes » pour l’ensemble des non-cadres. C’est cette politique d’emploi qui a permis un redéploiement d’un corps à l’autre », explique Bernard Bresson.
« Beaucoup d’accompagnement »
« La sortie des corps a posé des problèmes qu’on a résolu par un pacte social implicite qui promettait le maintien du niveau de rémunération, la fin de l’obligation de déménager [liée au statut de fonctionnaire] et la possibilité de changer de métier. Mais d’un corps à l’autre, les salariés issus d’un même concours se retrouvaient dans des fonctions de niveaux différents, ce qui a provoqué des difficultés. Il a fallu faire beaucoup d’accompagnement, se souvient M. Bresson.
« La nouvelle classification a bousculé les habitudes. Des salariés se retrouvaient avec des supérieurs qui n’avaient pas fait leurs classes à l’intérieur », se rappelle Bruno Diehl, coauteur de Orange, le déchirement. France télécom ou la dérive du management (Gallimard, 2010). A France télécom comme à La Poste, on est passé d’une logique de niveau à une logique de fonction. Puis une convention collective commune a été écrite, qui est toujours en vigueur.
Côté rémunération, l’harmonisation s’est faite avec la création de ce qu’on a appelé le « complément France télécom », dont La Poste s’est inspirée à son tour. Le principe retenu a été d’additionner le traitement indiciaire des fonctionnaires aux diverses primes pour établir le nouveau salaire de base des cadres. Ce qui permettait de rendre la main aux managers sur les promotions. « Puis le complément France télécom a été appliqué aux non-cadres, mais sans introduire d’évolution individualisée de la rémunération », précise M. Bresson. A savoir que les cadres dépendent de l’augmentation indiciaire et les non-cadres des hausses décidées par accord d’entreprise.
Bilan, aujourd’hui, la question de la rémunération n’est pas conflictuelle entre les personnels, « mais le manque de transparence a laissé un sentiment d’iniquité. Pour un même travail, les bruts diffèrent et pour un même montant brut, les nets sont différents. Et on est en permanence obligé de gérer le double statut », regrette Sébastien Crozier.
Fonctionnaires en moyenne mieux payés
A La Poste, les fonctionnaires sont en moyenne mieux payés que les salariés de droit privé, avec une rémunération mensuelle brute moyenne de 2 629 euros pour les fonctionnaires contre 2 338 euros pour les salariés. « Les nouveaux facteurs sont embauchés sous contrats privés ont des salaires plutôt faibles. Mais l’avantage pour les CDI est que La Poste ne fait pas de plan social », note Nicolas Galepides.
Le maintien en emploi, qui est un des premiers avantages associés au statut de fonctionnaire, n’est pas devenu un problème, ni à Orange ni à La Poste. « Les salariés sous contrat privé n’ont pas d’épée de Damoclès au-dessus de la tête », résume Stéphane Chevet, secrétaire national CFDT, chargé du pôle poste, finance, distribution de La Poste.
« En revanche, il peut y avoir des jalousies, car les fonctionnaires sont majoritairement plus âgés et peuvent bénéficier des préretraites », précise-t-il. Chez Orange, il n’y a pas de plan social non plus et la courbe des départs à la retraite est aussi à la hausse, mais surtout « il y a d’autant moins de tension que les fonctionnaires ont été très malmenés sous la période Lombard », rappelle M. Crozier.
La période Lombard, c’est « l’accident managérial », comme le qualifie Bruno Diehl, qui a été rendu possible par l’obligation de mobilité géographique des fonctionnaires. « Didier Lombard a utilisé le droit des fonctionnaires et le fait qu’ils étaient sans protection sur la question des mobilités », explique Sébastien Crozier. C’est pourquoi, à l’époque, les fonctionnaires ont parlé de rupture du « pacte social ».



                            


                        

                        

