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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Cette décision est prise en réaction à la « tenue illégale » de l’élection présidentielle russe en Crimée, où des bureaux de vote seront ouverts à Sébastopol et Simféropol.
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Les électeurs russes d’Ukraine privés de présidentielle russe

Cette décision est prise en réaction à la « tenue illégale » de l’élection présidentielle russe en Crimée, où des bureaux de vote seront ouverts à Sébastopol et Simféropol.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 18h08
   





                        



   


Signe que la tension ne retombe pas, quatre ans après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou, l’Ukraine annonce, vendredi 16 mars, qu’elle interdira aux électeurs russes l’accès aux consulats de leur pays pour voter dimanche 18 mars lors du scrutin présidentiel.
Sur sa page Facebook, le ministre de l’intérieur, Arsen Avakov, prévient que la police gardant les représentations diplomatiques russes en Ukraine « à Kiev, Kharkiv, Odessa et Lviv, ne laissera pas les citoyens russes accéder à ces bâtiments pour voter ».
Cette décision a été prise en réaction à la « tenue illégale » de l’élection présidentielle russe en Crimée, où des bureaux de vote seront ouverts notamment dans les villes de Sébastopol et Simféropol. « Constatant la guerre hybride et agressive de la Russie contre l’Ukraine (…) le ministère des affaires intérieures ukrainien a jugé impossible de tenir des élections violant les lois de l’Ukraine sur le territoire ukrainien », a déclaré M. Avakov.

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Quatre ans après l’annexion de la Crimée
L’élection de dimanche, qui aura lieu exactement quatre ans après la ratification de l’annexion de la Crimée par Vladimir Poutine, le 18 mars 2014, semble jouée d’avance, faute d’opposition véritable au président russe.
Ce dernier devrait ainsi remporter un quatrième mandat le portant au pouvoir jusqu’en 2024, après un troisième mandat marqué par la crise ukrainienne, où le rôle de Moscou a valu à la Russie des sanctions européennes et américaines, notamment pour l’annexion de la Crimée. Moscou est également accusé par Kiev et les Occidentaux de soutenir militairement une rébellion séparatiste dans l’est de l’Ukraine ; ce que le Kremlin dément.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Thomas Kergonou Jimenez, parti en échange universitaire dans la prestigieuse université américaine, raconte le rassemblement qui y a été organisé un mois après la fusillade dans un lycée de la Floride.
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« Jamais des étudiants de Princeton ne s’étaient autant mobilisés contre les armes à feu »

Thomas Kergonou Jimenez, parti en échange universitaire dans la prestigieuse université américaine, raconte le rassemblement qui y a été organisé un mois après la fusillade dans un lycée de la Floride.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 17h58
   





                        



   


Chronique. Etudiant en master en géographie et urbanisme à l’ENS et à l’université de Paris-Nanterre, Thomas Kergonou Jimenez commence une chronique sur son semestre en échange à l’université de Princeton, dans le New Jersey.
Un mois jour pour jour après la fusillade dans un lycée de Parkland, en Floride, nous avons été plusieurs centaines d’étudiants de l’université de Princeton à nous associer à la National School Walkout [« Marche nationale des écoles »] organisé dans de nombreuses écoles du pays : il s’agissait, pour les élèves et pour les professeurs, de quitter leurs salles de classe pour protester contre l’absence de réglementation stricte des armes et pour rendre hommage aux victimes de Parkland.
Si le New Jersey a l’un des taux de mortalité dû à ces armes parmi les plus bas du pays, il est néanmoins toujours permis d’y posséder des armes de calibre 50 et de les porter ouvertement en public, en vertu du sacro-saint second amendement, qui garantit le port d’armes à feu dans le pays. L’objectif du mouvement est, entre autres, d’obtenir une vérification des antécédents judiciaires des potentiels acheteurs d’armes à feu, une réforme soutenue par 97 % des Américains, et l’interdiction des armes d’assaut militaires.
En participant à cette manifestation à Princeton, dont le mot d’ordre était « We call BS » — « Nous dénonçons les conneries » —, je me suis rendu compte de la situation dramatique du pays. Pionnier de la démocratie moderne, les Etats-Unis auraient pu adopter une législation de contrôle ou de restriction similaire à celle des pays européens. Les 15 500 morts en 2017 dues à des armes à feu semblent appartenir à une réalité anachronique.
« Il est possible d’acheter un fusil d’assaut avant d’avoir le droit d’acheter une bière »
Pourtant, ils existent bel et bien et, comme nous l’a rappelé Sarah Sakha, de l’association Princeton Against Gun Violence, ce sont des frères, des sœurs, des parents, des camarades qui continuent d’être assassinés par l’hypocrisie d’un pays où il est possible d’acheter un fusil d’assaut avant d’avoir le droit d’acheter une bière.
La manifestation s’est poursuivie par la prise de paroles d’étudiant·e·s qui ont connu des fusillades dans leurs lycées ou dont de proches ami·e·s ont été tué·e·s, ou se sont suicidé·e·s par arme à feu. Cela m’a fait prendre véritablement conscience de l’ampleur de ce drame national, les 15 500 victimes annuelles correspondant à autant de drames familiaux. Parmi ces morts, certaines minorités sont surreprésentées et, ici, personne ne l’oublie. Un enfant noir a ainsi dix fois plus de chance de mourir par arme à feu qu’un enfant blanc. Les personnes LGBTQ + sont elles aussi statistiquement largement plus menacées par les armes à feu. Aux Etats-Unis, les armes à feu renforcent ainsi les divisions et discriminations de genre, de race et d’orientation sexuelle. « What is the value of a child in this country ? » (« Quelle est la valeur d’un enfant dans ce pays ? »), interrogeait l’un des tracts distribués lors de la manifestation.
L’émotion était bien sûr palpable à ce rassemblement, et une minute de silence a été respectée en hommage aux victimes de Parkland, mais c’est la colère qui s’est également exprimée car, comme l’ont scandé des étudiant·e·s, depuis des années, « Nothing happened » : rien n’a été fait. Les fusillades se suivent et se ressemblent tragiquement, et la pression politique et financière exercée par la National Rifle Association continue d’empêcher une quelconque législation au niveau fédéral. Anika Ardi, étudiante à Princeton, a résumé cela dans un article pour le quotidien local : « Nous enverrions nos pensées et nos prières. Il y aurait un hashtag sur Twitter pour les victimes et pour leurs proches. L’événement serait couvert vingt-quatre heures par les médias, et le débat sur les armes resurgirait. Les mêmes gens diraient les mêmes choses. Et, finalement, rien ne se passerait. »
350 personnes ont manifesté, du jamais-vu
A Princeton, en dépit du calme apparent, les bornes d’appel d’urgence qui ponctuent le campus nous rappellent que le danger peut survenir partout et à tout moment. En discutant le lendemain avec Sarah Sakha, j’ai mieux compris l’ampleur de la mobilisation qui secoue aujourd’hui tout le pays : plus de 2 500 écoles, y compris dans l’Arizona, Etat conservateur, où a grandi Sarah Sakha, ont répondu à l’appel du National School Walkout de mercredi. Et ce, grâce aux prises de parole très médiatisées d’Emma Gonzalez ou de David Hogg, des lycéen·ne·s qui ont survécu à la fusillade de Parkland.
Des « Marches for our Lives » (« marches pour nos vies ») auront ainsi lieu dans des centaines de villes le 24 mars. De quoi donner de l’espoir à Sarah Sakha, qui lutte sur ces questions depuis quatre ans. La manifestation à l’université a réuni 350 personnes, du jamais-vu. Elle souhaiterait personnellement interdire toutes les armes à feu du pays, mais elle comprend bien que cette proposition est utopique.
L’objectif est donc celui d’une meilleure réglementation, et de renouveler la compréhension du second amendement, mal interprété, selon Sarah Sakha, depuis des décennies, et anachronique. En mobilisant l’élite américaine à travers l’université de Princeton et d’autres établissements prestigieux de l’Ivy League, cette étudiante espère pouvoir influencer dans quelques années la politique américaine sur ce sujet. Mais avant cela, en vue des élections de mi-mandat de 2018, un seul mot d’ordre pour les étudiant·e·s américain·e·s : « Go vote ! » (« Allez voter ! »).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Selon l’ambassadeur de la Syrie aux Nations unies, « plus de 40 000 civils » ont fui le fief rebelle contrôlé désormais à 70 % par le régime.
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Syrie : l’armée appelle les habitants à quitter la Ghouta orientale

Selon l’ambassadeur de la Syrie aux Nations unies, « plus de 40 000 civils » ont fui le fief rebelle contrôlé désormais à 70 % par le régime.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h11
   





                        



La fuite des habitants se poursuit dans le fief rebelle de la Ghouta orientale, en Syrie, contrôlée désormais à plus de 70 % par le régime. « Plus de 40 000 civils » ont utilisé des couloirs « ouverts par l’armée syrienne en coordination avec ses alliés russes », a fait savoir vendredi 16 mars Bashar Ja’afari, ambassadeur de la Syrie à l’Organisation des nations unies (ONU).

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                Syrie : après un mois sous terre, les habitants de la Ghouta à bout de forces



« Ils se sont rendus dans des centres mis en place par le gouvernement syrien et le Croissant-Rouge arabe syrien, des abris temporaires équipés de tout le matériel nécessaire pour les prendre en charge », a-t-il fait savoir devant le Conseil de sécurité à l’occasion d’une réunion consacrée à la Syrie. De son côté, l’armée syrienne, par un communiqué lu à la télévision d’Etat, a demandé aux habitants de la Ghouta orientale de fuir la zone via « des couloirs sécurisés ».

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                La Ghouta orientale, un jardin d’éden devenu cauchemar d’un peuple



Des corps « complètement calcinés »
Car les frappes de l’armée syrienne et de son allié russe se poursuivent pour reconquérir totalement ce fief rebelle. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), près de 80 civils sont morts vendredi dans les localités de Saqba et Kfar Batna. « Les corps ont été complètement calcinés par les frappes aériennes des avions de combat russes », a affirmé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH. Depuis le début de l’intensification des bombardements, à la mi-février, plus d’un millier de civils ont été tués et des milliers blessés.
L’Unicef a prévu de mettre en place un plan d’évacuation qui permettrait à 50 000 civils de quitter la zone où vivent environ 400 000 personnes, a annoncé une porte-parole de l’ONG.

La Ghouta orientale, au cœur du conflit syrien
Ancien « poumon vert » de Damas, situé à l’est de la capitale de la Syrie, la Ghouta orientale est un fief rebelle qui fait, depuis 2013, l’objet de bombardements quasi quotidiens.
Cette année-là, le conflit prend un nouveau tournant dans la zone avec des attaques chimiques dans les alentours de Damas ; en mai, les journalistes du Monde sur place sont les premiers à être témoins d’attaques chimiques lancées à l’entrée de la capitale durant plusieurs jours. Mais c’est surtout lors d’un massacre durant la nuit du 21 août de la même année que ces armes sont utilisées massivement.
A partir de 2015, des dizaines de civils sont affectées par les pénuries de nourriture et de médicaments.
Depuis l’été 2017, la région est censée être une des « zones de désescalade » créées en vertu d’un accord entre la Russie, l’Iran — principaux soutiens du régime — et la Turquie, qui appuie l’opposition. Mais les bombardements n’ont jamais cessé. Le 5 février, le régime lance une offensive aérienne d’une intensité inédite qui se poursuit actuellement par une offensive terrestre. Selon, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, plus de 1 300 civils sont morts près d’un mois dans l’enclave rebelle.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le procureur de la République de Paris a toutefois demandé au ministère des affaires étrangères des précisions sur le statut du camp dans lequel ces femmes sont censées se trouver.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Les plaintes des parents de françaises détenues en Syrie classées sans suite

Le procureur de la République de Paris a toutefois demandé au ministère des affaires étrangères des précisions sur le statut du camp dans lequel ces femmes sont censées se trouver.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h28
   





                        



   


Les plaintes visant l’Etat français, déposées en janvier par les avocats des familles de trois Françaises qui avaient rejoint l’organisation Etat islamique en Syrie et sont aujourd’hui détenues au Kurdistan syrien avec leurs enfants, ont été classées sans suite, a annoncé une source judiciaire, vendredi 16 mars, confirmant une information du Le Parisien.
Le procureur de la République de Paris, François Molins, a cependant demandé au ministère des affaires étrangères le statut du camp dans lequel elles sont censées se trouver et questionné l’autorité administrant le camp, ajoute-t-on de même source. S’agit-il d’un camp de personnes déplacées ou de prisonniers ? Une précision nécessaire pour établir si l’infraction de détention arbitraire peut être caractérisée. Elle viserait alors les geôliers kurdes de ces femmes. Selon une source judiciaire, le Quai d’Orsay n’a pas encore répondu à cette demande d’information.
Dans leurs plaintes, les avocats s’appuient sur l’article 432-5 du code pénal, selon lequel une personne dépositaire de l’autorité publique qui a connaissance d’une détention illégale ou arbitraire et ne fait rien pour y mettre fin, est elle-même coupable d’une infraction. Les autorités françaises en sont clairement la cible, même si la plainte est portée « contre X ».

        Sur les plaintes :
         

          Des parents de djihadistes français arrêtés en Syrie déposent plainte pour « détention arbitraire »



Dans un courrier adressé le 19 février aux avocats Marie Dosée, William Bourdon, Marc Bailly et Martin Pradel, M. Molins estime que l’infraction réprimée par l’article 432-5 du code pénal n’est pas caractérisée. Il s’appuie sur le fait que la France n’a plus de représentation diplomatique en Syrie et n’a pas, en la matière, les moyens d’agir sur un théâtre de conflit armé.
Les avocats contestent
Dans leur réponse à M. Molins, datée du 7 mars, les quatre avocats contestent cette analyse. Ils invoquent le fait que « la France a reconnu l’existence d’un “Kurdistan syrien” à travers la bouche de son porte-parole, Benjamin Griveaux » et rappellent que Jean-Yves Le Drian avait confirmé, il y a deux ans, quand il était ministre de la défense, la présence de forces spéciales françaises en Syrie.
Ils estiment, en outre, que la demande d’information du procureur de la République au Quai d’Orsay est « la parfaite démonstration qu’aucune vérification nécessaire (…) n’a été diligentée par les autorités françaises, pourtant parfaitement informées de la situation » de leurs clientes.
Ils réaffirment encore que rien, à leurs yeux, ne justifie que leurs clientes soient maintenues en captivité, quelle que soit la nature du camp où elles sont retenues. Ils se réservent le droit, en cas de classement sans suite, de prendre toute initiative de nature à garantir ceux de leurs clientes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Des centaines de salariés du service public protestent contre une réforme de la fonction publique, sur le point d’être présentée au Parlement.
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Les fonctionnaires d’Andorre en grève pour la première fois depuis 1933

Des centaines de salariés du service public protestent contre une réforme de la fonction publique, sur le point d’être présentée au Parlement.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h58
   





                        


C’est une première depuis quatre-vingt-cinq ans : les fonctionnaires de la principauté d’Andorre sont en grève pour protester contre une réforme de la fonction publique. Au deuxième jour de mobilisation, vendredi 16 mars, plus de 400 fonctionnaires, sur près de 3 000 que compte la principauté, ont défilé à Andorre-la-Vieille, la capitale, le long de la route principale traversant le pays.
Présenté par le gouvernement comme « une avancée dans les conditions de travail », le projet de réforme est censé permettre une plus grande flexibilité. « Nous voulons un peu plus de négociations », a réclame de son côté le président du Syndicat des pénitenciers, Sergi Teixeiran. Les syndicats demandent notamment la semaine de travail à 35 heures. Une pétition qui appelle à la démission du chef du gouvernement a également été lancée.
En fin de matinée, les manifestants ont déposé un recours contre le décret gouvernemental instaurant un service minimal, qu’ils jugent « abusif ». Publié mardi, ce décret extraordinaire a pour objectif de « garantir des services minimaux durant les journées de grève de façon à rendre compatible l’exercice de ce droit avec le fonctionnement des services publics et le respect des libertés publiques ».
Un seul défilé du 1er Mai, en 2004
Les syndicats considèrent que le mouvement va au-delà d’une protestation contre la réforme de la fonction publique, il se veut « une mobilisation pour défendre les droits de tous les travailleurs », a expliqué un de leurs porte-parole à un correspondant de l’Agence France-Presse.
Connu pour ses banques, ses stations de ski, ses cigarettes et ses alcools détaxés, le micro-Etat de 75 000 habitants connaît son premier mouvement social depuis 1933.
Voisine de l’Espagne et de la France, la principauté n’a pas la même histoire syndicale. Son tout premier groupement social de travailleurs, l’Union syndicale d’Andorre, a été créé en 2000 et a organisé en 2004, « à la pause de midi », son premier et seul défilé du 1er Mai, détaillait La Croix en 2013.
Pourtant signataire d’une Constitution qui reconnaît aux travailleurs « le droit de défendre leurs intérêts économiques et sociaux », le cadre juridique qui entoure le droit de grève reste ambigu et la question revient régulièrement lors des échanges de la principauté avec l’Organisation des Nations unies (ONU).
En 2013, le chef du gouvernement promettait de faire adopter le droit de grève par le Parlement dans les deux ans, à l’occasion de la visite de Ban Ki-moon. Deux ans plus tard, toujours auprès de l’ONU, la principauté disait accepter « les recommandations relatives à la garantie du droit de grève ». En février 2018, le secrétaire général du SAT (Sindicat Andorrà dels Treballadors), Guillem Fornieles, rappelle dans les colonnes du journal Diari d’Andorra que le droit de grève est reconnu à l’article 19 de la Constitution, mais n’a jamais été réglementé jusqu’à présent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Depuis la démission de Boris Eltsine, le 31 décembre 1999, Vladimir Poutine et son parti, Russie unie, ont toujours obtenu plus de la moitié des votes dès le premier tour.
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De 2000 à aujourd’hui, la mainmise électorale de Poutine et de Russie unie

Depuis la démission de Boris Eltsine, le 31 décembre 1999, Vladimir Poutine et son parti, Russie unie, ont toujours obtenu plus de la moitié des votes dès le premier tour.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 17h08
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Arrivé au pouvoir par intérim le 1er janvier 2000, à la faveur de la démission du président Boris Eltsine la veille, celui qui n’était alors que le premier ministre Vladimir Poutine devenait président à son tour le 26 mars 2000, élu dès le premier tour avec 52,94 % des suffrages.
Depuis, le locataire du Kremlin n’est plus descendu en dessous de 60 % de suffrages au premier tour, avec un record à 71,2 % en 2004. Néanmoins M. Poutine n’a pas été candidat en 2008, la Constitution n’autorisant que deux mandats consécutifs. Il a alors échangé son poste avec celui de son premier ministre, Dmitri Medvedev. Ce dernier a même failli faire mieux que lui, avec 70,28 % des voix, toujours au premier tour.

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   ╙▓█Γ              █▓▄ ██▀            ▓▌ ██▀Γ             ▀█▄╦ ▀██▀           
                      ╙▀                ▀`                     ▀▀               



L'écrasement des autres formations politiques
Ce graphique représente les résultats officiels des élections présidentielles russes de 2000, 2004, 2008 et 2012. En bleu, les résultats du parti Russie unie, celui du président.
Jusqu'à la loi fédérale du 5 décembre 2006 existait un bulletin de vote « contre tous » (les candidats), comptabilisé dans les suffrages valides. Il a été supprimé lors du second mandat du président Poutine.
Sélectionnez une année électorale dans la liste ci-dessous, puis une barre pour afficher le détail des résultats.


Élection de 2012
Élection de 2008
Élection de 2004
Élection de 2000




Sources : Nohlen & Stöver, Commission électorale centrale


require(["jquery", "jquery-ui/core", "jquery-ui/tooltip", "d3/4.2.2"], function($, jqueryUICore, tooltip, d3) {

    var largeur = document.getElementById("graphrus").offsetWidth,
        hauteur = largeur * .8,
        election = $("#monselect").val(),
        datatemp = [],
        monmobile = "",
        margin = { top: largeur / 20, right: largeur / 20, bottom: 30, left: largeur / 7 };

    /* On change le ratio en cas de mobile */
    if (largeur         margin = { top: largeur / 20, right: largeur / 20, bottom: 20, left: largeur / 5 }
        hauteur = largeur * 1.1
    }
    var width = largeur - margin.left - margin.right,
        height = hauteur - margin.top - margin.bottom;

    var x = d3.scaleLinear()
        .range([0, width]);
    var y = d3.scaleBand()
        .range([0, height])
        .padding(0.1);

    var svg = d3.select("#graphique").append("svg")
        .attr("width", "100%")
        .attr("viewBox", "0 0 " + largeur + " " + hauteur)
        .append("g")
        .attr("class", "groupe")
        .attr("transform", "translate(" + margin.left + "," + margin.top + ")");

    const data = {
            "2012": { "inscrits": 109860331, "abstention": 38158666, "blancsnuls": 1.17, "poutine": 63.60, "ziouganov": 17.18, "prokhorov": 7.98, "jirinovski": 6.22, "mironov": 3.85 },
            "2008": { "inscrits": 107222016, "abstention": 32475367, "blancsnuls": 1.35, "medvedev": 70.28, "ziouganov": 17.72, "jirinovski": 9.35, "bogdanov": 1.30 },
            "2004": { "inscrits": 108064281, "abstention": 38562955, "blancsnuls": 0.90, "contretous": 3.50, "poutine": 71.20, "kharitonov": 13.70, "mironov": 0.8, "glaziev": 4.1, "khakamada": 3.8, "malychkine": 2 },
            "2000": { "inscrits": 109372046, "abstention": 34301270, "blancsnuls": 1.02, "contretous": 1.90, "poutine": 52.94, "ziouganov": 29.21, "jirinovski": 2.70, "iavlinski": 5.8, "tuleiev": 2.95, "titov": 1.47, "pamfilova": 1.01, "autres": 1 }
        },
        m = {
            "mironov": { "nom": "Sergueï Mironov", "parti": "Russie juste", "tendance": "centre-gauche", "couleur": "#ed95c1" },
            "iavlinski": { "nom": "Grigori Iavlinski", "parti": "Iabloko", "tendance": "centriste et écologiste", "couleur": "#58a855 " },
            "ziouganov": { "nom": "Guennadi Ziouganov", "parti": "Parti communiste", "tendance": "communiste", "couleur": "#dc2a1b" },
            "kharitonov": { "nom": "Nikolaï Kharitonov", "parti": "Parti communiste", "tendance": "communiste", "couleur": "#dc2a1b" },
            "khakamada": { "nom": "Irina Khakamada", "parti": "Indépendante", "tendance": "droite", "couleur": "#4a99ce " },
            "poutine": { "nom": "Vladimir Poutine", "parti": "Russie unie", "tendance": "droite conservatrice et nationaliste", "couleur": "#00A0C6" },
            "medvedev": { "nom": "Dimitri Medvedev", "parti": "Russie unie", "tendance": "droite conservatrice et nationaliste", "couleur": "#00A0C6" },
            "prokhorov": { "nom": "Mikhaïl Prokhorov", "parti": "Indépendant", "tendance": "libéral", "couleur": "#a2c4db " },
            "bogdanov": { "nom": "Andreï Bogdanov", "parti": "Parti démocratique de Russie", "tendance": "libéral", "couleur": "#a2c4db " },
            "glaziev": { "nom": "Sergueï Glaziev", "parti": "Rodina", "tendance": "nationaliste", "couleur": "#524440 " },
            "jirinovski": { "nom": "Vladimir Jirinovski", "parti": "Parti libéral-démocrate", "tendance": "ultranationaliste", "couleur": "#524440 " },
            "malychkine": { "nom": "Oleg Malychkine", "parti": "Parti libéral-démocrate", "tendance": "ultranationaliste", "couleur": "#524440 " },
            "tuleiev": { "nom": "Amangeldi Tuleïev", "parti": "Indépendant", "tendance": "", "couleur": "#c1c1c1 " },
            "titov": { "nom": "Konstantin Titov", "parti": "Indépendant", "tendance": "", "couleur": "#c1c1c1 " },
            "pamfilova": { "nom": "Ella Pamfilova", "parti": "Pour la dignité civile", "tendance": "", "couleur": "#c1c1c1 " },
            "autres": { "nom": "Quatre autres candidats", "parti": "Indépendants", "tendance": "", "couleur": "#c1c1c1 " },
            "blancsnuls": { "nom": "Bulletins blancs et nuls", "parti": "", "tendance": "", "couleur": "#e0e0e0" },
            "contretous": { "nom": "Bulletins « contre tous »", "parti": "", "tendance": "", "couleur": "#191919" }
        };

    /* Appli ou mobile */

    try {
        if (document.location.href.indexOf("les-decodeurs") != -1) { /* AEC */
            monmobile = " mobiledec"
        }
    } catch (err) {
        monmobile = ""
    }


    function dessiner(annee) {
        /* On efface de manière assez crade le contenu
         du groupe qui contient tous nos éléments SVG */
        d3.select("g.groupe").selectAll("*").remove();
        /* Nos variables */
        var total = 0;
        var datatemp = []
        /* on affiche les votants et l'abstention */
        meschiffres = "En " + annee + ", " + (data[annee].abstention / 1000000).toFixed(1) + " millions d'électeurs ne se sont pas déplacés sur "
        meschiffres += (data[annee].inscrits / 1000000).toFixed(1) + " millions d'inscrits (soit " + (100 - (data[annee].abstention / data[annee].inscrits) * 100).toFixed(1) + " % de participation)"
        $("#chiffres").html(meschiffres.replace(/\./g, ",") + ".")

        /* on repatouille les données au bout format*/

        Object.keys(data[annee]).forEach(function(key, i) {
            if (key != "inscrits" && key != "abstention") {
                total += data[annee][key]
                datatemp.push({ "quidonc": key, "pourcent": data[annee][key] })
            }
        });

        datatemp.sort(function(a, b) {
            if (a.quidonc == "contretous" || a.quidonc == "blancsnuls") return 1
            return b.pourcent - a.pourcent;
        });

        /*formater les données pour être sûr */
        datatemp.forEach(function(d) {
            d.pourcent = +d.pourcent;
        });

        /* On bricole nos axes*/
        y.domain(datatemp.map(function(d) { return d.quidonc; }));
        /* x.domain([0,d3.max(datatemp, function(d) { return d.pourcent; })]);*/
        x.domain([0, 72]);
        /* les rectangles */
        svg.selectAll(".barre")
            .data(datatemp)
            .enter().append("rect")
            .attr("title", function(d) {
                e = m[d.quidonc]
 " + e.nom + ""
                if (e.parti) {
" + e.parti
                    if (e.tendance) html += " (" + e.tendance + ")"
"
                }
Jusqu'à l'élection de 2004, les électeurs russes pouvaient choisir de voter « contre tous » les candidats, cette possibilité a été supprimée en décembre 2006."
"
" + String(d.pourcent).replace(".", ",") + " % des suffrages" + ((d.pourcent > 50) ? " (élu au premier tour)" : "") + ""

                return html
            })
            .attr("fill", function(d) {
                return m[d.quidonc].couleur
            })
 "barre " + d.quidonc)
            .attr("y", function(d) { return y(d.quidonc); })
            .attr("height", y.bandwidth())
            .attr("x", function(d) { return 0; })
            .attr("width", function(d) { return x(d.pourcent); });
        /* le texte */

        svg.selectAll(".textepourcent")
            .data(datatemp)
            .enter()
            .append("text")
 70) ? " blanctexte textepourcent" : "textepourcent") })
            .attr("text-anchor", function(d) {
                if (d.pourcent                 else return "end"
            })
            .attr("y", function(d) { return y(d.quidonc) + (y.bandwidth() / 1.7); })
            .attr("x", function(d) {
                if (d.pourcent                 else { return x(d.pourcent) - 5 }

            })
            .text(function(d) { return (d.pourcent).toLocaleString() + " %" })


        /* On affiche les axes et les lignes  */
        svg.append("g")
            .attr("class", "grid")
            .call(make_x_gridlines()
                .tickSize(height)
                .tickSizeOuter(0)
            )
        svg.append("g")
            .attr("class","axey")
            .call(d3.axisLeft(y)
                .tickFormat(function(d) {
                    if (d == "blancsnuls") return "blancs"
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Accusations de fraude
Dans un pays qui n’a plus connu de second tour à la présidentielle depuis 1996 — sur fond de fraude massive —, ces scores très élevés montrent ce que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou le Conseil de l’Europe appellent pudiquement une « élection pas exemplaire » à propos de la présidentielle de 2012. Les deux organisations avaient alors évoqué « certaines défaillances à la fois dans la préparation et dans la tenue de cette élection ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Tatiana Kastouéva-Jean : « Le pouvoir russe est obsédé par le contrôle »



Côté pouvoir, et pour limiter le mécontentement, « la consigne a été d’éviter au maximum les fraudes, du moins les plus visibles, notamment dans les grandes villes, les choses se font autrement et surtout très en amont », analyse la politologue Tatiana Kastouéva-Jean. « En amont », ça revient surtout à sélectionner les candidats autorisés à se présenter, afin d’écarter ceux qui « constituent le risque de perturbation le plus grand ».
Cela n’a pas empêché certaines régions du Caucase de passer outre et d’afficher des résultats suspects, tels les 99,76 % pour Poutine en Tchétchénie, 92,84 % au Dagestan, ou 91,91 % en Ingouchie lors de la présidentielle de 2012.
Modifications de la loi électorale
La loi fédérale du 5 décembre 2006 vise à réprimer les activités extrémistes en période électorale, comme la « propagation d’un discours de haine » ou de « symboles nazis ». Mais la loi punit d’annulation de l’inscription d’un candidat pour « toute atteinte à la propriété intellectuelle », relève le Conseil de l’Europe, ce qui est suffisamment flou pour pouvoir être interprété largement.
Depuis que cette loi est entrée en vigueur, le 7 décembre 2006, les possibilités pour un citoyen d’être élu sont restreintes ; ainsi, toute condamnation « pour avoir appelé ou incité à exercer des activités extrémistes » est incompatible avec une candidature à la présidentielle. Par ailleurs, la même loi impose qu’un candidat ait purgé ses peines — ferme ou avec sursis — pour pouvoir se présenter ; ce qui n’est pas le cas du candidat anticorruption Alexeï Navalny, disqualifié pour des condamnations pénales, qu’il réfute.
Enfin, cette loi a supprimé des bulletins la case du vote « contre tous » (les candidats), une sorte de vote protestataire reconnu. Entre 1996 et 2004, ce vote est passé de 1,56 % à 3,5 % aux élections présidentielles ; il avait même atteint 4,7 % des suffrages aux législatives de 2003.
Parmi les rares nouveautés du scrutin de 2018, le candidat communiste a changé ; le Parti communiste de la Fédération de Russie ne présente plus Guennadi Ziouganov — candidat à toutes les élections de 1996 à 2012 —, mais un ingénieur en mécanique de 57 ans, Pavel Groudinine. En l’absence d’opposition « non autorisée », le président Poutine a toutes les chances de rester locataire du Kremlin six années de plus — au lieu de quatre jusqu’en 2012 —, et ce, dès le premier tour, dimanche 18 mars.



                            


                        

                        


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Moscou va enquêter sur la « tentative d’assassinat » qui a visé la fille de Sergueï Skripal

Londres tient Moscou pour responsable de cette attaque et a annoncé une série de sanctions contre la Russie, qui nie fermement son implication.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h04
   





                        



   


La Russie va ouvrir sa propre enquête. Moscou a annoncé, vendredi 16 mars, avoir ouvert une enquête pour « tentative d’assassinat » de la fille de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, victime d’un empoisonnement avec son père en Angleterre le 4 mars, ainsi qu’une procédure pour « meurtre » à la suite de la mort suspecte d’un autre exilé russe à Londres.
Cet empoisonnement a pris ces derniers jours des allures de confrontation au parfum de guerre froide. Londres a jugé la Russie responsable, et la première ministre, Theresa May, a annoncé une série de sanctions contre Moscou, dont l’expulsion de vingt-trois de ses diplomates et le gel des contacts bilatéraux. La Russie, qui rejette ces accusations, a promis des mesures de représailles « d’une minute à l’autre ».
Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères britannique, a par ailleurs jugé « probable » vendredi que le président Vladimir Poutine ait lui même « ordonné » l’utilisation de la substance contre Sergueï Skripal. « Nous pensons qu’il est extrêmement probable qu’il s’agisse de sa décision d’ordonner l’utilisation d’un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l’Europe, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale », a déclaré M. Johnson.

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                Ex-espion empoisonné : Londres, Paris, Berlin et Washington accusent Moscou



Enquête sur la mort de Nikolaï Glouchkov
La seconde enquête concerne le « meurtre » de Nikolaï Glouchkov, exilé russe au Royaume-Uni et ancien allié de l’ex-oligarque devenu opposant en exil Boris Berezovski, retrouvé mort dans des circonstances inexpliquées à Londres lundi. Selon des médias russes, le corps de Nikolaï Glouchkov portait des traces de strangulation.
Pour ces deux affaires, le Comité d’enquête russe se dit « prêt à travailler avec les organismes compétents en Grande-Bretagne ».
Parallèlement, la police britannique a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête sur le meurtre de M. Glouchkov « à la suite des résultats de l’autopsie ». Scotland Yard dit dans un communiqué que la police antiterroriste est chargée de l’enquête. A ce stade, ajoute-t-elle, elle n’établit « pas de lien » avec l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal.



                            


                        

                        


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Portrait

A Monastir, la candidature d’un juif tunisien sur une liste islamiste enfièvre les municipales

Le parti Ennahda, soucieux de rompre avec son passé radical, met en avant Simon Slama, issu d’une des dernières familles juives de Tunisie.

Frédéric Bobin (Monastir, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 16.03.2018 à 15h48

     •
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        Mis à jour le 16.03.2018 à 15h55






                        

Crédits : Images de Tunisie


                    

Simon Slama avance, le pas nonchalant, blouson de cuir passé sur une chemise rose pâle, dans la ruelle de la médina de Monastir bordée d’échoppes. De temps en temps, un passant vient lui glisser un mot à l’oreille, tape amicale dans le dos. Depuis que sa candidature a été annoncée fin février sur une liste du parti islamiste Ennahda, en vue du scrutin municipal du 6 mai, Simon Slama, juif tunisien, est un peu une curiosité.
Il ralentit l’allure à la hauteur d’un magasin de tambours en peau de chèvre. Son atelier de réparation de machines à coudre est situé juste en face. Il s’y engouffre. Sur les tables s’étalent de vieilles Singer à moitié désossées. Sur une cloison vitrée sont accrochés un certificat de l’Union sportive monastirienne – le club de foot local –, un drapeau tunisien et un portrait du « père de la nation », Bourguiba, enfant du pays.

« Je ne suis pas une bizarrerie, soupire Simon Slama. Je suis un simple citoyen désireux d’œuvrer pour le bien de la Tunisie. » Il a beau dédramatiser, banaliser son engagement, feindre de s’étonner de l’agitation médiatique autour de lui, son cas n’a pas fini d’attirer l’attention sur ces élections municipales à Monastir, cité du littoral tunisien adossée à la métropole portuaire de Sousse. Le symbole est puissant : voilà un membre de la seule famille juive restée à Monastir – la communauté de Sousse-Monastir comptait environ 540 familles juives avant l’indépendance de 1956 – qui n’hésite pas à rallier une liste affiliée à un parti islamiste. Aux yeux de Simon Slama, il n’y a là pourtant rien de « bizarre ».
Un parti « démocrate musulman »
Pour commencer, il relativise son lien avec Ennahda dont il n’est pas un militant encarté. Il se présente juste comme « candidat indépendant » placé en septième position – éligible – sur une liste du parti. Ensuite, ce même parti qui se réclamait naguère d’un islamisme pur et dur « a changé », assure Simon...



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Compte rendu

L’ex-président sud-africain Jacob Zuma sera poursuivi pour corruption

Il est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin pour un contrat d’armement de 4,2 milliards d’euros signé en 1999, lorsqu’il était vice-président du pays.


Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters
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        Le 16.03.2018 à 15h31

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        Mis à jour le 16.03.2018 à 17h46






    
Cette décision survient un mois après la démission du président Jacob Zuma, contraint de céder sa place sous la pression de son parti, le Congrès national africain (ANC).
Crédits : MIKE HUTCHINGS / REUTERS


L’ancien président sud-africain Jacob Zuma sera poursuivi pour 16 chefs de fraude et de corruption dans une affaire de contrat d’armement avec des industriels étrangers qui remonte aux années 1990, a annoncé le parquet sud-africain, vendredi 16 mars. La filiale sud-africaine de l’industriel français Thales sera également poursuivie pour corruption, a annoncé vendredi le parquet.
« Quand Zuma comparaîtra, ils comparaîtront également », a déclaré à l’Agence France-Presse le porte-parole du parquet, Luvuyo Mfaku, en référence à la filiale sud-africaine de Thales impliquée dans ce vaste scandale.
« Il y a des perspectives raisonnables de penser que les poursuites judiciaires contre M. Zuma aboutiront », a déclaré le procureur général Shaun Abrahams lors d’un point de presse à Pretoria. « Un tribunal devrait être » l’endroit « le plus approprié pour clarifier » l’affaire, a encore avancé M. Abrahams, qui se dit « soucieux que tout le monde soit égal devant la loi ».
Cette décision survient un mois après la démission du président Jacob Zuma, contraint de céder sa place sous la pression de son parti, le Congrès national africain (ANC).

        Sur sa démission :
         

          Le président sud-africain Jacob Zuma démissionne avec « effet immédiat »



Pots-de-vin
Jacob Zuma, 75 ans, est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin pour un contrat d’armement de 4,2 milliards d’euros signé en 1999 par l’Afrique du Sud avec plusieurs entreprises étrangères, dont la française Thalès. Il était alors vice-président de l’Afrique du Sud.
Dans l’affaire, l’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir perçu des commissions de la part de deux filiales sud-africaines du groupe français, versées sur un compte bancaire par son conseiller financier de l’époque, Schabir Shaik. M. Shaik a été condamné à quinze ans de prison en 2005.
Engagé dans une furieuse bataille judiciaire, il avait jusqu’à présent toujours réussi à éviter des poursuites dans ce dossier complexe.
Zuma est aussi dans le collimateur de la justice pour ses liens avec la famille Gupta, des milliardaires d’origine indienne soupçonnés d’avoir utilisé leur relation privilégiée avec l’ancien président pour influencer la nomination de ministres et décrocher de gros contrats publics.

        Lire aussi :
         

                En Afrique du Sud, la délicate purge d’un Etat rongé par la corruption





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Dans un article publié dans la presse britannique, M. Corbyn met en garde contre le retour d’une « intolérance mccarthyste ».
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Corbyn refuse d’attribuer à Moscou l’empoisonnement de Salisbury

Dans un article publié dans la presse britannique, M. Corbyn met en garde contre le retour d’une « intolérance mccarthyste ».



Le Monde
 |    16.03.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 17h35
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Les éventuelles répercussions de l’affaire Skripal sur l’élection présidentielle russe du dimanche 18 mars seront scrutées, mais déjà, l’empoisonnement de l’ancien espion en exil provoque des remous dans la vie politique britannique. Vieux militant pacifiste et anti-OTAN, Jeremy Corbyn, chef du Labour, attise la discorde au sein de son parti en refusant de condamner la Russie pour ce que la première ministre Theresa May a qualifié d’« affront à l’interdiction de l’usage des armes chimiques ».
Critiqué par des élus travaillistes pour avoir dressé un parallèle entre le travail des services de renseignement britanniques sur l’empoisonnement de Salibury et les mensonges utilisés pour justifier l’entrée en guerre du Royaume-Uni en Irak en 2003, M. Corbyn vient d’aggraver son cas à leurs yeux.
Dans un article publié jeudi 15 mars par The Guardian, le leader chef de l’opposition estime que « se précipiter sans attendre les preuves réunies par la police dans une atmosphère parlementaire enfiévrée ne sert ni la justice ni notre intérêt national ». « Le Royaume-Uni doit demander des comptes aux auteurs de cet acte, poursuit-il. Mais pour autant, ce n’est pas le moment de porter des jugements hâtifs qui pourraient conduire à une nouvelle Guerre froide. » Comme s’il oubliait que la Russie n’est pas l’URSS, M. Corbyn met en garde contre le retour d’une « intolérance mccarthyste ».
« Trop tôt pour trancher »
En début de semaine, la première ministre Theresa May avait elle-même envisagé deux hypothèses pour expliquer l’empoisonnement au novitchok, une substance neurotoxique mise au point du temps de l’URSS : « Soit une attaque directe de l’Etat russe contre notre pays, soit le gouvernement russe a perdu le contrôle de [ce produit] terriblement nocif et a permis son utilisation par d’autres ». Mais mercredi 14 mars, elle a conclu qu’en l’absence de clarification par Moscou, « il n’existe pas d’autre conclusion que celle qui désigne l’Etat russe comme coupable ».

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                Novitchok : un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe



Jeremy Corbyn estime qu’il est trop tôt pour trancher. « Des comptes doivent être demandés aux autorités russes sur la base de preuves », écrit-il en demandant une réponse « à la fois résolue et proportionnée ». Convoquant à nouveau le souvenir cuisant des « fausses informations » ayant mené à l’intervention en Irak à laquelle il s’était fermement opposé, M. Corbyn affirme que, dans sa longue vie de parlementaire, il a trop souvent vu « la lucidité sur une crise internationale submergée par l’émotion et les jugements hâtifs ».
Certes, le leader de la gauche « ne soutient pas le régime de Poutine, son autoritarisme conservateur, ses atteintes aux droits de l’homme », certes l’attentat de Salisbury est selon lui « barbare et plus qu’irresponsable », certes il approuve l’expulsion de 23 diplomates russes, mais M. Corbyn reproche à Mme May sa passivité à l’égard des oligarques russes qui blanchissent leur fortune à la City de Londres. « Nous devons cesser d’entretenir le capitalisme népotique russe en Grande-Bretagne et les milliardaires corrompus qui utilisent Londres pour protéger leur argent », écrit-il en réclamant de nouvelles actions anti-blanchiment.
Des positions « troublantes »
La retenue de M. Corbyn à l’égard de Moscou rend furieux de nombreux élus travaillistes anti-Corbyn qui, depuis le succès électoral aux législatives de juin, avaient cessé de le critiquer. Le député John Woodcock a obtenu la signature de plus de trente élus au bas d’une motion parlementaire reconnaissant « sans équivoque » la « culpabilité » de la Russie dans l’empoisonnement de Salisbury. Il estime « troublantes » les positions du leader de son propre parti, s’agissant d’« un homme qui souhaite diriger notre pays à un moment où il est menacé ». Plusieurs élus Labour réclament le report de la Coupe du monde prévue cet été en Russie, ou son tranfert dans un autre pays.

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                Ex-espion empoisonné : les Occidentaux font bloc contre Poutine



Même Emily Thornberry, ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme et proche de M. Corbyn, a déclaré qu’il existait des « présomptions suffisantes » contre la Russie. Quant à Keir Starmer, chargé du Brexit à la direction du Labour, il estime « très important d’appuyer l’action de la Première ministre ». Pour Mme May, dont le leadership est sans cesse contesté, et qui dispose d’une majorité fragile à Westminster, la fracture ouverte au Labour par l’affaire russe tient de la divine surprise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Jeudi 15 mars 2018, environ 30 000 civils syriens ont fui la ville d’Afrin et 20 000 autres, l’enclave rebelle de la Ghouta orientale.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Santiago Cantera, qui gère la basilique du Valle de los Caídos, où reposent 34 000 morts de la guerre civile, a refusé de se rendre au Sénat, le 12 mars. Il était convoqué pour son opposition à l’exhumation deux républicains.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                
                                    

En Espagne, les moines veillent sur Franco et retiennent ses victimes


                      Santiago Cantera, qui gère la basilique du Valle de los Caídos, où reposent 34 000 morts de la guerre civile, a refusé de se rendre au Sénat, le 12 mars. Il était convoqué pour son opposition à l’exhumation deux républicains.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h35
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








   


Il était convoqué au Sénat, lundi 12 mars, pour expliquer son opposition à l’exhumation de deux républicains, assassinés durant la guerre civile (1936-1939). Mais le prêtre bénédictin Santiago Cantera, qui gère l’abbaye et la basilique du Valle de los Caídos, où repose Francisco Franco, n’a pas daigné se présenter. Dans un courrier envoyé à la Chambre haute, il s’est excusé en mentionnant ses « devoirs à la tête du monastère » et sa « condition de religieux ». Condescendant, il a invité les sénateurs à se déplacer eux-mêmes à l’abbaye, où il s’est dit disposé à leur donner « toutes les explications nécessaires… » De quoi provoquer la colère des socialistes, à l’origine de la demande de comparution devant la Commission de justice, mais aussi des associations de La Mémoire historique, qui dénoncent depuis des années les obstacles récurrents posés par l’Eglise. Le « devoir moral » du prêtre est de se rendre à ce rendez-vous « avec la démocratie », critique l’avocat des victimes du franquisme Eduardo Ranz.
Dans son mausolée monumental, construit après la guerre civile par des prisonniers républicains près de l’Escorial, à 50 kilomètres de la capitale, la tombe de l’ancien dictateur est entourée de cryptes qui renferment les ossements de près de 34 000 morts de la guerre civile. S’y trouvent des nationalistes, mais aussi des républicains, souvent déterrés des fosses communes sans l’accord de leur famille pour être entassés dans les murs de la sinistre basilique, censée célébrer la réconciliation. Plus de 12 000 d’entre eux n’ont pas de noms. Les autres sont identifiés et localisés dans les niches numérotées des columbariums, enterrés sous la croix de 130 mètres de haut, à la gloire de leur bourreau.
Les tombes de Franco et du fondateur de la Phalange
A plusieurs reprises, des descendants ont souhaité récupérer la dépouille de leurs proches. En vain. Jusqu’à ce qu’en 2016 un juge de San Lorenzo del Escorial donne raison à la petite-fille d’un militant anarcho-syndicaliste de la Confédération nationale du travail (CNT), et ordonne l’exhumation de son grand-père et de son grand-oncle, les frères Lapeña. La victoire judiciaire est célébrée par les descendants de républicains. Mais elle est éphémère.
Car c’était compter sans l’opposition des moines bénédictins qui occupent El Valle de los Caídos, malgré son statut de « patrimoine national ». Des moines qui entretiennent les tombes de Franco et du fondateur de la Phalange José Antonio Primo de Rivera, et célèbrent une messe chaque 20 novembre, jour anniversaire de leurs morts. Ils sont devenus les gardiens de la mémoire du dictateur. C’est d’ailleurs Santiago Cantera qui a officié lors de la messe célébrée en l’honneur de sa fille unique, Carmen Franco, décédée fin décembre.

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Pour le prêtre, qui considère la basilique comme un « lieu de prière et de réconciliation », pas question de toucher aux cryptes. Après avoir barré l’accès des techniciens médico-légaux aux ossuaires et paralysé l’installation de microcaméras afin d’évaluer l’état de leur conservation, il a déposé un recours devant l’Audience nationale pour empêcher l’exhumation. « La communauté bénédictine reconnaît les droits des proches qui demandent d’exhumer la dépouille de leurs aïeux, mais désire que soient garantis les droits des familles de ceux qui sont enterrés ici », avance le prêtre dans sa lettre au Sénat, disant craindre que les ossuaires ne soient endommagés.
Est-ce à lui de prendre une telle décision, alors que les cryptes sont considérées comme un cimetière public ? Le prêtre, lui, estime que les ossuaires se trouvent dans un lieu sacré, sous son autorité. Mais, en janvier, des familles ont déposé une douzaine de plaintes contre lui, pour désobéissance. Les sénateurs, à l’exception des socialistes, iront finalement lui rendre visite le 26 mars. Pour la petite-fille Lapeña, il y a urgence : elle a promis à son père, âgé de 93 ans, d’enterrer dignement son grand-père avant sa mort…

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Ces dernières années, ils sont arrivés par milliers dans la capitale ukrainienne, attirés par le vent de liberté qui y souffle. Opposants persécutés par le régime ou jeunes diplômés des classes moyennes, ils fuient l’atmosphère pesante de l’ère Poutine.
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Kiev, terre d’accueil de l’exil russe


                      Ces dernières années, ils sont arrivés par milliers dans la capitale ukrainienne, attirés par le vent de liberté qui y souffle. Opposants persécutés par le régime ou jeunes diplômés des classes moyennes, ils fuient l’atmosphère pesante de l’ère Poutine.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h35
    |

            Benoît Vitkine








                              

                        

Toutes les révolutions ont commencé dans un salon, et celui d’Olivier Védrine, dans la banlieue de Kiev, en vaut bien un autre. Cet universitaire français installé de longue date dans la capitale ukrainienne, où il est devenu un habitué des plateaux télévisés, a fait de son appartement le point de ralliement de l’opposition russe exilée en Ukraine.
Chaque semaine, ses convives y discutent de perspectives qu’eux-mêmes reconnaissent lointaines. Que feront-ils une fois au pouvoir à Moscou ? Faudra-t-il juger les responsables de l’ancien régime ou bien assurer une transition en douceur ? Que dire aux Républiques du Caucase qui pourraient être tentées par la sécession ?
Ce petit cercle a une tête d’affiche : Ilya Ponomarev, le seul député de la Douma (le Parlement russe) à avoir voté contre le rattachement de la Crimée à la Russie, en 2014, après la prise de contrôle du territoire ukrainien par l’armée. Cet homme politique de 42 ans y a gagné une popularité importante en Ukraine et des ennuis sérieux en Russie. Accusé de détournement de fonds dans une affaire aux airs de vendetta judiciaire, il a fui chez le voisin ukrainien.
En cette fin février, il est le témoin vedette du procès pour trahison de l’ancien président Viktor Ianoukovitch, jugé par contumace après avoir été renversé par la révolution de Maïdan et s’être réfugié en Russie. « Ce n’est qu’une étape, assure Ilya Ponomarev en picorant les chocolats servis par son ami Olivier Védrine. Les vrais coupables de ces événements sont à Moscou. Poutine a trahi la Constitution russe. »

« En votant contre l’annexion, je savais que j’aurais des problèmes, explique-t-il encore, mais je ne pensais pas me retrouver moi-même en Ukraine deux ans plus tard. J’aurais pu choisir un exil doré à Londres, mais vivre ici, c’est une manière d’être au plus près du front, de me battre pour mon pays. »

« Front ». Le mot n’est...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Conseiller de Donald Trump pendant la campagne présidentielle, l’économiste avait ensuite été relégué aux affaires ordinaires de l’administration. Les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium le propulsent au premier plan.
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Peter Navarro, le protectionniste en chef de la Maison Blanche


                      Conseiller de Donald Trump pendant la campagne présidentielle, l’économiste avait ensuite été relégué aux affaires ordinaires de l’administration. Les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium le propulsent au premier plan.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h34
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                              

                        

Des violences conjugales ont-elles facilité un virage protectionniste américain ? On pourrait le jurer en relisant l’histoire toute fraîche de l’ascension de Peter Navarro, infatigable avocat des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium que vient de décréter Donald Trump. L’universitaire, diplômé de Harvard, avait conseillé le candidat républicain pendant la campagne présidentielle. Avant d’être relégué ensuite dans un bureau obscur de l’Eisenhower Building, l’imposant bâtiment gris qui jouxte la Maison Blanche et héberge les troupes ordinaires du pouvoir exécutif. Dans les couloirs de la West Wing, le saint des saints de l’administration, c’est Rob Porter, le bras droit du chef de cabinet du président, John Kelly, qui veillait à limiter l’accès de cet iconoclaste.
L’éviction, en février, de ce concierge intraitable, après les accusations de ses deux ex-femmes étayées par la diffusion d’une photo de visage tuméfié, a fait tomber un rempart. L’endiguement de Peter Navarro, comme l’a raconté le Wall Street Journal, s’est révélé d’autant plus difficile qu’il a su contourner ce blocus en se rendant sur les plateaux des chaînes que le président consomme sans modération. Prompt à dénoncer comme des « informations bidons » tous les faits qui ne vont pas dans son sens, l’économiste sait parler le Trump.
L’heure de la revanche
Le 9 mars, il était présent dans la Roosevelt Room, aux côtés du président, avec un autre allié, le secrétaire au commerce, Wilbur Ross, à l’occasion de l’annonce de taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium. Gary Cohn, jusqu’alors principal conseiller économique du président, était lui absent. Ce partisan du libre-échange, qui essayait de contenir les penchants protectionnistes de son président, avait pris acte de sa défaite en annonçant deux jours plus tôt sa démission.
L’heure de la revanche a donc sonné pour Peter Navarro. Longtemps, ses théories marginales ont fait pousser de hauts...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Selon plusieurs Sénégalais, Mam M’Baye Diaye est décédé à la suite d’une course-poursuite avec la police municipale de la capitale espagnole.
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Compte rendu

Violences à Madrid après la mort d’un vendeur à la sauvette sénégalais

Selon plusieurs Sénégalais, Mam M’Baye Diaye est décédé à la suite d’une course-poursuite avec la police municipale de la capitale espagnole.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 16.03.2018 à 14h33

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        Mis à jour le 16.03.2018 à 14h35






    
Des policiers face à des manifestants protestant contre la mort d’un Sénégalais, dans le centre de Madrid, le 15 mars 2018.
Crédits : OLMO CALVO / AFP


Une manifestation de protestation consécutive au décès d’un vendeur à la sauvette sénégalais a dégénéré en heurts avec la police, jeudi soir 15 mars, dans un quartier du centre de Madrid, des protestataires accusant des policiers municipaux de l’avoir pourchassé.
Le rassemblement faisait suite à la mort d’un Sénégalais d’environ 35 ans, Mam M’Baye Diaye, vendeur à la sauvette sur la Plaza de la Puerta del Sol, la plus célèbre place de la capitale espagnole, selon les témoignages de plusieurs Sénégalais.
Vendredi à 1 heure du matin (minuit GMT), un hélicoptère survolait encore le quartier populaire et métissé de Lavapiés, dans le centre, où s’est produit le décès, et des voitures de police patrouillaient à toute allure dans les rues voisines.
« Police assassine »
Jeudi vers 21 heures, quelques centaines de manifestants en colère étaient rassemblés aux deux extrémités de la petite rue del Oso, où Mam M’Baye Diaye avait été découvert, invectivant les forces de l’ordre déployées aux cris de « police assassine », a constaté une journaliste de l’AFP.
Vers 21 h 30, des heurts inhabituels dans la capitale espagnole ont éclaté : des protestataires ont jeté pierres, pavés et bouteilles sur un camion de pompiers ainsi que sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué notamment en tirant des balles en caoutchouc. Dans des rues adjacentes et au-delà, ont été incendiés divers éléments de mobilier urbain, des poubelles, des conteneurs à ordures, des vélos et au moins une moto.

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Selon les services d’urgence, l’homme avait été trouvé inconscient dans une rue de Lavapiés par la police. « Il y avait une patrouille de police municipale qui passait par là et qui l’a vu en premier. Ils étaient en train de faire des gestes de réanimation » quand les secours sont arrivés, a indiqué à l’AFP un porte-parole des services d’urgence, assurant : « Il était seul et est tombé évanoui. »
Poursuivi avec une moto
Mais plusieurs Sénégalais rencontrés par l’AFP ont affirmé que la mort de leur compatriote faisait suite à une course-poursuite : « La police municipale l’a poursuivi de Sol jusqu’à Lavapiés avec une moto, tandis que lui courait avec son ballot de marchandises qui pesait très lourd », a assuré un autre vendeur à la sauvette, Modou, 25 ans. D’autres Sénégalais faisaient le même récit mais aucun n’avait assisté au décès.
« Cela faisait douze ans qu’il était en Espagne. Il était arrivé à bord d’une embarcation de fortune, il n’avait pas de travail et c’est pour ça qu’il était vendeur à la sauvette. Il aidait sa famille au Sénégal », a assuré Modou. Selon un autre proche, Khadim Tchiaw, Sénégalais de 42 ans, Mam M’Baye Diaye avait couru avec sa marchandise parce qu’il ne pouvait se permettre le luxe de « perdre même un euro ».

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La maire de Madrid, l’ancienne juge Manuela Carmena (gauche), a publié dans la nuit un message sur son compte Twitter : « Je suis terriblement désolée de la mort d’un habitant de Lavapiés. A la mairie, nous enquêterons à fond sur ce qui s’est passé et agirons en conséquence », a-t-elle promis, exprimant « toute sa solidarité » avec les proches de l’homme décédé. La police municipale n’a pu être jointe par l’AFP jeudi soir.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian Saint-Etienne estime qu’on ne peut viser à la fois l’objectif d’un marché unique ouvert à la mondialisation et celui de faire de l’Europe une économie qui compte.
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Seul « un cadre d’action intergouvernemental de dix à douze pays » pourra faire de l’Europe une puissance

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian Saint-Etienne estime qu’on ne peut viser à la fois l’objectif d’un marché unique ouvert à la mondialisation et celui de faire de l’Europe une économie qui compte.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 14h00
    |

Christian Saint-Etienne (Professeur titulaire de la Chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers)







                        



                                


                            
Tribune. Le nouveau gouvernement allemand fait profession de foi européenne. Mais est-ce celle d’Emmanuel Macron, ou celle de Mark Rutte, premier ministre des Pays-Bas, qui s’est opposé, dans un discours à Berlin, le 2 mars, à l’idée d’un budget et d’un ministre des finances spécifiques à la zone euro ? Pour lui, l’urgence est de réduire les déficits et la dette des pays membre de la zone ainsi que le budget 2021-2027 de l’Union à 27 à la suite du départ du Royaume-Uni ; et il est hors de question que le Nord de la zone euro prenne en charge les dettes du Sud. Cette position est partagée à mi-voix par l’Allemagne, et par d’autres pays nord-européens. Pour les tenants de cette Europe minimale, la reprise économique semble régler les problèmes et il n’y aurait pas besoin de réformes systémiques.
Les populistes, mais aussi beaucoup de pro-européens, rejettent l’Europe sans frontières et l’ouverture au commerce international sans réciprocité
Or, il y a deux failles gravissimes dans le raisonnement de M. Rutte. La première est que, avec la consolidation de l’AFD en Allemagne en septembre 2017 et la poussée de la Ligue du Nord et du Mouvement cinq étoiles en Italie en mars 2018, la vague populiste n’a en réalité pas diminué. Les populistes, mais aussi beaucoup de pro-européens, rejettent l’Europe sans frontières et l’ouverture au commerce international sans réciprocité, notamment vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine. Ils attendent une politique crédible face à l’immigration débridée et au chômage élevé, notamment chez les jeunes dans les pays du Sud.
La deuxième faille est, qu’en dépit des excédents extérieurs mirobolants de l’Allemagne et des Pays-Bas, l’Europe s’effondre face à la Chine et aux Etats-Unis dans la guerre numérique. Il n’y a pas de grandes plates-formes numériques en Europe, y compris en Allemagne et aux Pays-Bas, face aux Gafam américains (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et aux BATX chinois (Baidu, Alibaba,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Un ancien fonctionnaire du ministère de la défense revient sur ses tentatives d’alerter la présidence Mitterrand des dangers de la politique suivie au Rwanda.
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Entretien

Pierre Conesa : « Rien ne justifiait qu’on tienne le régime rwandais à bout de bras »

Un ancien fonctionnaire du ministère de la défense revient sur ses tentatives d’alerter la présidence Mitterrand des dangers de la politique suivie au Rwanda.

Propos recueillis par                                            David Servenay




LE MONDE
              datetime="2018-03-16T13:39:28+01:00"

        Le 16.03.2018 à 13h39

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        Mis à jour le 16.03.2018 à 17h28





Enarque et agrégé d’histoire, ancien fonctionnaire à la délégation aux affaires stratégiques (DAS) du ministère de la défense, Pierre Conesa avait mis en garde, dans une note de 1993, révélée aujourd’hui par Le Monde, contre les risques de l’engagement français aux côtés du gouvernement rwandais de l’époque qui allait commettre le génocide un an plus tard. Il ne sera pas écouté.
Au sein du ministère de la défense, à quelle époque avez-vous été en contact avec le dossier rwandais ?
Le point de départ, c’est la création de la délégation aux affaires stratégiques qui se constitue après la guerre du Golfe [1991]. Pierre Joxe, ministre de la défense, pense qu’il lui manque deux choses. D’une part un service de renseignement militaire constitué, d’où la création de la direction du renseignement militaire [DRM], mais il veut aussi avoir son think tank, car il ne se satisfait pas du fait que le chef d’état-major des armées dise alors « la stratégie, c’est moi ». Il met donc Jean-Claude Mallet, conseiller d’Etat, à la tête de la DAS et je suis un de ses adjoints. Là-bas, je m’occupe de la zone des crises. Voilà pour l’organisation générale.

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Pour le bureau Afrique, je pensais qu’il fallait travailler sur les crises à venir, non sur les crises en cours. On essaie alors de se déconnecter de l’actualité, pour aller sur le futur, en recrutant des vrais connaisseurs du sujet africain, comme le géographe Gérard Prunier. Dès 1993, on travaille sur la Somalie et le Rwanda, en ayant une réflexion sur la prospective des crises en Afrique, en y associant des officiers des troupes de marine et des géographes.
Comment se passe cette réforme de l’appareil de renseignement ?
La DRM a une spécificité qui est le « renseignement d’intérêt militaire », ce qui n’est pas toujours évident à définir mais a une vraie spécificité. Le général Heinrich [qui prend la tête de cette nouvelle structure] empiète donc sur les plates-bandes de la DGSE [direction générale de la sécurité extérieure] et, il se fâche avec ses anciens amis [il a dirigé le service action de la DGSE], car la DGSE se dit pourquoi la DRM ferait mieux que nous ? La deuxième fâcherie d’Heinrich est avec la DAS, qui lui enlève une partie de son pain, car nous avions des budgets de recherche, avec un angle de vue différent. C’est une histoire de pré carré. Pareil avec le Quai d’Orsay, qui se juge concurrencé. Ce sont des querelles de chapelle, mais dans une époque de transition profonde.
Quelle est la première alerte sur le Rwanda ?
« Le processus hiérarchique, à l’Elysée, filtrait la réalité. Le canal d’informations faisait que les notes n’étaient jamais mises directement sur le bureau du président »
C’est le rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme au printemps 1993, où les ONG détaillent la planification des massacres de 1992 sur les Tutsi par les autorités rwandaises. Cette dynamique des tueries à répétition me pose un problème : s’agit-il d’un processus récurrent ou d’une explosion temporaire ? Ce qui me frappe, c’est le côté cyclique des massacres, comme régulateur démographique. J’écris donc une note [du 10 avril 1993], en démontant l’argumentaire de notre intervention : l’intérêt stratégique du Rwanda ? Le syndrome de Fachoda, parce que Kagame, parle anglais ? Il me semblait que rien ne justifiait qu’on tienne le régime Habyarimana à bout de bras… C’est une critique frontale de la cellule Afrique de l’Elysée et du dispositif militaire français. Cette note avait pour but de dire : prenons nos distances, car l’Elysée se fourvoie.
Comment est-elle reçue ?
Le cabinet civil du ministre de la défense la reçoit très bien, le cabinet militaire très mal, car elle vient en confrontation avec beaucoup de gens en charge de la politique africaine.
Pendant la crise, que saviez-vous ?
Je me souviens d’une réunion avec le directeur de cabinet de François Léotard, le ministre de la défense, au moment de monter l’opération « Turquoise ». La discussion avec le général Germanos, chef du cabinet militaire, tourne autour de la question : « Comment déployer cette opération ? » Or, le seul individu à avoir une connaissance du pays, de sa dynamique et du terrain, et une approche critique, c’est Gérard Prunier, car, autour de la table, il est le seul à connaître le Rwanda. La première source d’infos dans cette cellule de crise, c’est l’AFP. Autrement dit, la dimension médiatique en fait un sujet politique. Le fossé va se creuser entre la presse et les autorités, car la première soupçonne une opération d’assistance au régime en place, celui des génocidaires.

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Après la crise, le 24 février 1995, vous rédigez une seconde note intitulée « Evaluation politico-militaire de la crise du Rwanda ». Quelle est votre intention ?
J’étais amer de constater que les gens qui avaient critiqué ma première note, et portaient une responsabilité directe dans la politique menée avant le génocide, s’en sortaient indemnes. Evidemment, ils étaient soutenus par François Mitterrand. Ma question est donc : les autorités politiques avaient-elles les moyens de savoir ? Avec mon équipe, nous avons repris toutes les notes des services [DGSE, DRM] et les télégrammes diplomatiques, en se demandant quel était le niveau d’information ? Pour éviter le cliché du « ce sont les militaires qui font la politique » et pas les politiques.
Quelle est votre conclusion ?
Ma conclusion est que le processus hiérarchique, à l’Elysée, filtrait la réalité. Le canal d’informations faisait que les notes n’étaient jamais mises directement sur le bureau du président. Mon sentiment est que c’était une crise « annonçable », même si personne n’avait idée de l’ampleur des massacres à venir. De ce point de vue, la DGSE a fait ce qu’il fallait pour attirer l’attention, la DRM un peu moins et les affaires étrangères pas du tout.

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Que devient cette seconde note ?
Le directeur s’est opposé à sa diffusion… Alors, je mets mon mouchoir dessus, avec le sentiment amer d’un système qui se drape dans sa dignité.
Quels sont les enjeux aujourd’hui de l’affaire rwandaise ? Quel rôle jouent les politiques ?
« Cette incapacité de la société française à exorciser un passé trouble est terrible »
Nous sommes dans un système majoritaire et donc le Parlement ne peut pas critiquer trop fortement le gouvernement. Par exemple, on a créé une Mission d’information parlementaire, pas une commission d’enquête avec de vrais pouvoirs d’investigation. Son président, Paul Quilès, a dédouané François Mitterrand, qui ne pouvait pas être responsable. Cette incapacité de la société française à exorciser un passé trouble est terrible. On ne fera pas le bilan politique de Mitterrand de manière objective et froide. Il y a eu une omerta partielle sur le sujet, notamment à cause de ceux qui sont les conservateurs de la mémoire. Nous sommes toujours dans une construction de mémoire historique qui ne sera vraiment étudié que dans cinquante ans, quand les archives seront rendues publiques.

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Etes-vous favorable à l’ouverture des archives, réclamée par de nombreux universitaires ?
Oui, je pense que c’est important, en particulier pour que les rapports entre les différents services administratifs ne soient pas pervertis par les supposées responsabilités des uns et des autres. Il y a deux enjeux de société en réalité : la mémoire collective et la judiciarisation des actions de guerre. Cette judiciarisation préoccupe les militaires et je les comprends, mais ce n’est pas une raison pour éviter l’exercice de la mémoire collective. On peut changer le droit des archives et le droit du secret-défense, à condition d’offrir aux gens concernés un processus d’impunité pour ceux qui sont menacés, quand ils ont obéi à des ordres. C’est ce qu’il faudrait faire, pour sortir de l’impasse. La justice ne pardonnera pas, mais il ne faut pas que les exécutants portent la responsabilité des décideurs. La judiciarisation est une dérive.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Ce genre typiquement japonais, dans lequel les héros doivent lutter pour leur survie à tout prix, est exubérant et sans limite. Sélection des grands classiques et des nouveautés qui méritent le détour.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La journaliste Isabelle Mandraud, correspondante du « Monde » à Moscou, a répondu aux internautes sur l’élection en Russie qui se tient dimanche.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Présidentielle russe : « Le principal atout de Vladimir Poutine, c’est l’absence d’une alternative jugée crédible »

La journaliste Isabelle Mandraud, correspondante du « Monde » à Moscou, a répondu aux internautes sur l’élection en Russie qui se tient dimanche.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
16.03.2018 à 18h32
   





                        



   


Les Russes s’apprêtent à voter pour leur nouveau président dimanche. Vladimir Poutine est pratiquement certain de remporter le scrutin. Dans un contexte de crise avec l’Occident autour du scandale de l’empoisonnement de l’ex-espion Sergueï Skripal. La journaliste Isabelle Mandraud, correspondante du Monde à Moscou, a répondu aux internautes.
Quel est, en quelques mots, le bilan de Poutine à la tête du pays qu’il dirige depuis maintenant dix-huit ans ?
Résumer dix-huit ans de pouvoir en quelques mots n’est pas simple. Disons que le bilan de Vladimir Poutine est pour le moins nuancé. L’amélioration du niveau de vie des Russes enregistrée lors de ses deux premiers mandats (2000-2004 et 2004-2008) est aujourd’hui ternie par les crises financières, les sanctions et la dépendance des cours du pétrole, dont la Russie n’est jamais sortie, malgré les promesses.
Les libertés se sont réduites avec l’introduction en 2012, par exemple, de l’étiquette « agent de l’étranger » pour les ONG dans le domaine des droits humains. Les relations avec l’Occident, surtout, se sont fortement dégradées depuis l’annexion en 2014 par la Russie de la Crimée et le conflit dans l’est de l’Ukraine.
L’autre dossier majeur de désaccord concerne la Syrie où le chef du Kremlin a engagé ses forces militaires en 2015 en soutien à son allié Bachar al-Assad… Tout cela a mis la société russe sous tension et relégué à l’arrière-plan les questions économiques et sociales essentielles.

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La crise actuelle entre la Russie et de nombreux pays occidentaux peut-elle avoir une influence sur le scrutin de dimanche ? Cette affaire peut-elle déstabiliser Poutine ?
Isabelle Mandraud : Le risque d’une déstabilisation paraît faible. Il n’y a pas de suspense dans cette élection acquise à Vladimir Poutine. Le seul point d’interrogation réside dans le taux de participation. Dans ce contexte, pour ne pas détourner l’attention de l’électorat, le Kremlin a pris soin jusqu’ici de ne pas surréagir face aux accusations de l’Occident dans l’affaire de l’ex-espion russe Skripal empoisonné.
Quel est maintenant le principal rival de Vladimir Poutine si Alexeï Navalny est « absent » ?
Tous les candidats figurent loin derrière lui dans les intentions de vote, si l’on en croit les sondages. Son principal rival, si tant est que l’on puisse parler de rivalité, devrait être le candidat présenté par le Parti communiste, Pavel Groudinine, un homme d’affaires, millionnaire, dit-on, qui n’est pas encarté…
Peut-on vraiment parler d’« élection » présidentielle ?
Sept autres candidats se présentent le 18 mars, mais il n’y a pas vraiment de concurrence. L’opposition russe est non seulement divisée mais affaiblie. Le principal concurrent, Alexeï Navalny, a été écarté de la compétition pour une condamnation pénale qu’il réfute… Vladimir Poutine devrait être réélu pour un nouveau mandat de six ans. C’est une élection sans suspense et sans surprise.
Les habitants de la Crimée récemment annexée vont-ils participer à cette élection ? Connaît-on la tendance de ces votes ?
Pour la première fois depuis l’annexion en 2014, les habitants de Crimée vont, en effet, participer à une élection présidentielle russe. Et ici comme ailleurs, les pressions sont fortes pour participer au vote. Sans doute, de nombreux Criméens, au cœur des tensions depuis quatre ans du fait de l’annexion, répondront-ils à cet appel. Cependant, la majorité des Tatars de Crimée, en butte avec le pouvoir, ne se déplacera pas.
Ce scrutin est-il garanti (par des observateurs internationaux) de représenter le souhait de l’électorat russe ? Qu’en est-il de l’opposition ou des médias opposés au régime ?
Vu l’immensité du territoire, la mission des quelque 150 observateurs internationaux relève de la gageure. Néanmoins, l’opposition tente de mobiliser des milliers de volontaires, en mutualisant leurs forces, pour observer le scrutin.
Contrairement à ce que promet M. Poutine depuis dix-huit ans, la corruption ne diminue pas, l’économie est toujours aussi dépendante du pétrole, l’état des routes, des hôpitaux, des écoles ne s’améliore pas… Comment fait le Kremlin pour faire oublier tous ces sujets ?
Il en parle, il promet. Il serait injuste aussi de pas évoquer la modernisation des grandes villes qui se poursuit, en particulier à Moscou. Mais dans l’ensemble, les problèmes des routes et des hôpitaux demeurent, tout comme la corruption, malgré quelques arrestations choisies et médiatiques.
L’électorat de Poutine (retraités, petites villes délaissées…) semble être celui qui profite le moins de sa politique. Comment expliquer ce paradoxe ?
C’est exact, mais la télévision publique n’évoque quasiment jamais ces sujets. Lorsqu’on parle avec des habitants, hors des grandes villes, beaucoup exposent les difficultés dans leur vie quotidienne. Mais ils ajoutent aussitôt qu’ils se sentent rassurés, dans ce monde incertain, par la présence d’un président « fort ». Et ils posent la même question : « Qui d’autre ? » Le principal atout de Vladimir Poutine, c’est Poutine, ou plutôt l’absence d’une alternative jugée crédible.

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Est-ce que les événements au Royaume-Uni et les nouvelles vagues de sanctions à quelques jours du scrutin peuvent être perçus comme des tentatives d’ingérence des Anglo-Saxons dans la campagne présidentielle russe ? Comment cela est-il perçu par la population ? Cela peut-il avoir une incidence dans le vote ?
Les autorités russes n’ont pas attendu la crise diplomatique ouverte avec la Grande-Bretagne, pour dénoncer une ingérence occidentale dans l’élection russe… La confrontation sert les intérêts du Kremlin qui brandit souvent l’image d’une Russie assiégée par l’OTAN à ses frontières.
L’enquête sur l’empoisonnement a à peine commencé. Pourquoi les Etats occidentaux réagissent-ils si vite et si fort en cette période si confuse (Syrie, Turquie, Iran…). Leur agenda n’est pas très clair. Ont-ils chacun besoin de montrer leur détermination pour satisfaire leur propre population ?
L’affaire en elle-même n’est pas banale ; il s’agit d’une tentative d’empoisonnement qui a mis en péril non seulement l’ex-espion et de sa famille, mais d’autres personnes, sur le sol britannique. La déclaration conjointe des dirigeants de Londres, Berlin, Paris et Washington est intervenue après une dizaine de jours.
Jusqu’où peut aller la montée de la tension OTAN-Russie et quels sont les enjeux pour chacun ?
Personne ne peut le dire. Les tensions sont récurrentes depuis 2014. Mais la militarisation de la Russie vantée par son président inquiète. Lors de son discours du 1er mars, il a lui-même mis en scène une confrontation avec l’Occident en exposant, pendant quarante-cinq minutes, son nouvel arsenal militaire nucléaire sur écran géant…

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La répétition de ces crises avec l’Occident suffit-elle à occulter toutes les autres questions ? Y a-t-il un débat en Russie sur le bilan de Vladimir Poutine ?
Le chef de l’Etat n’a participé à aucun débat télévisé. Il n’a présenté aucun programme de réformes économiques et sociales pourtant essentielles pour la population, comme le montrent les sondages. Les salaires ont été rehaussés. Mais son bilan n’est pas discuté.
Peut-on parler d’une nouvelle guerre froide ?
La guerre froide revient en force dans l’actualité mais sous un jour un peu différent du passé. L’URSS n’existe plus, même si sa disparition est considérée par Vladimir Poutine comme la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ». Depuis plusieurs années, le chef du Kremlin conteste un « monde unipolaire » dominé par les Américains ; la faiblesse des Etats-Unis incarnée par Donald Trump le pousse à accélérer dans cette direction.



                            


                        

                        


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Les Etats-Unis veulent dominer la planète pétrole

La politique de l’administration Trump accompagne la croissance incroyable de la production du pétrole de schiste.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h29
    |

                            Nabil Wakim (Houston (Texas), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Notre pays est béni par une extraordinaire abondance énergétique, expliquait Donald Trump en juin 2017. Nous avons beaucoup plus que nous ne l’aurions cru possible. »« Avec ces ressources incroyables, mon administration va viser non seulement l’indépendance énergétique, que nous recherchons depuis si longtemps, mais la domination énergétique » : le président américain ne pouvait être plus clair. La formule de son discours d’investiture, « America first » (« l’Amérique d’abord »), a trouvé sa traduction concrète : « Energy Dominance ».
Depuis son arrivée au pouvoir, M. Trump a multiplié les signes de soutien à l’industrie pétrolière américaine et a mis toutes ses forces dans la bataille pour soutenir la renaissance des hydrocarbures dans le pays. « Qu’est-ce que la domination énergétique ? C’est très simple, cela veut dire dominer le monde de l’énergie sur le plan environnemental, économique et moral », a ainsi résumé le secrétaire à l’intérieur, Ryan Zinke, devant les industriels du pétrole réunis à Houston (Texas), début mars.
Les Américains bientôt premiers producteurs 
Quand la production de pétrole brut des Etats-Unis va-t-elle devancer celle de la Russie, premier producteur mondial ? Fin 2017, la production américaine est remontée à un niveau de 10 millions de barils par jour (contre 11 millions pour la Russie) pour la première fois depuis 1970. D’après les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production américaine devrait atteindre 11 millions de barils par jour à la fin 2018 et continuer à croître de façon continue dans les cinq prochaines années. Elle pourrait dépasser la production russe dès 2019, selon l’AIE. La quasi-totalité de cette croissance est assurée par le pétrole de schiste et les forages horizontaux, particulièrement dans le Bassin permien, au Texas et au Nouveau-Mexique.
A elle seule, la production américaine couvrira plus de 60 % de la croissance de la demande mondiale...




                        

                        

