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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Cette annonce va dans le sens de sa stratégie de tenter de nouer des alliances avec la droite après son échec à l’élection présidentielle.
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Législative partielle à Mayotte : Marine Le Pen appelle à voter pour le candidat Les Républicains

Cette annonce va dans le sens de sa stratégie de tenter de nouer des alliances avec la droite après son échec à l’élection présidentielle.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 18h44
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h56
   





                        


Une nouvelle étape vers un rapprochement entre Les Républicains (LR) et le Front national ? Marine Le Pen a appelé, jeudi 15 mars, à voter pour le candidat Les Républicains au second tour de la législative partielle à Mayotte. « J’appelle tous les électeurs qui m’ont fait confiance à Mayotte à se reporter sur le candidat LR Mansour Kamardine. La situation est trop grave là-bas, il faut dépasser les étiquettes politiques », a déclaré sur CNews la présidente du Front national.
Cette annonce va dans le sens de sa nouvelle stratégie, qui consiste à tenter de nouer des alliances avec la droite après son échec à l’élection présidentielle. Lors du dernier congrès du Front national, à Lille le week-end des 10 et 11 mars, elle avait notamment déclaré :
« Nous devons mettre en œuvre des alliances. Gagner sans alliance est ardu. La culture de l’alliance c’est pouvoir des compromis et non des compromissions, intégrer les alliés. » 
C’est dans cet objectif qu’elle a aussi proposé aux adhérents du FN de renommer le parti Rassemblement national.

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« Le FN a évolué »
Samedi, l’ancien ministre LR de Nicolas Sarkozy, Thierry Mariani avait également appelé à envisager des alliances entre le FN et LR. « Le FN a évolué. Regardons si un accord ou un rapprochement sont possibles. Parce que si on veut des alliés, ils seront forcément de ce côté-là si on veut appliquer un programme de droite », a-t-il notamment déclaré au Journal du dimanche.
« Il faut un accord entre tous ceux qui veulent qu’il y ait une politique différente en France, qui retrouve les valeurs de la nation. Le FN et Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan sont évidemment de ceux-là. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le candidat Macron avait prévu dans son programme électoral une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Elle s’applique aujourd’hui à 60 % des seniors.
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Des retraités dans la rue pour défendre leur pouvoir d’achat

Le candidat Macron avait prévu dans son programme électoral une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Elle s’applique aujourd’hui à 60 % des seniors.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h27
   





                        


« Ni privilégiés ni assistés », des retraités se rassemblent partout en France, jeudi 15 mars, pour dire non à la « baisse de leurs pensions ». Ils répondent à l’appel de neuf syndicats (UCR-CGT, UCR-FO, UNAR-CFTC, UNIR CFE-CGC, FSU-Retraités, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA).
« Comment un gouvernement peut-il ignorer un quart de ses citoyens? », s’est interrogé Olivier Joucher (CGT) lors d’un point presse en amont du défilé parisien, qui devait quitter Montparnasse à 14 h 30 vers les Invalides. « On s’attend à un gros succès », assure Didier Hotte, (FO) comme « en septembre », quand des milliers de personnes avaient manifesté partout en France pour dénoncer la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG), prévue pour 60 % d’entre eux à compter de janvier et destinée à compenser la suppression des cotisations chômage et maladie du privé.

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          Les retraités, « privilégiés » ou « vaches à lait » ?



Des rassemblements partout en France
A Nice, un millier de retraités, selon la police, ont bravé une météo exécrable dans des rues peu habituées à de tels cortèges. « Macron t’es foutu, les vieux cons sont dans la rue », pouvait-on lire sur leurs pancartes. Ils étaient entre 2 000 (selon la police) et 3 000 (selon les organisateurs) à Tours ; de 1 000 à 1 500 à Marseille ; près de 1 600 personnes (2 300 selon la CGT) à Caen ; environ un millier à Dijon ; plusieurs centaines dans les rues de Chambéry ou de Bourg-en-Bresse ; 300 à Reims…
Interpellé mercredi à Tours, Emmanuel Macron a redit qu’il « assum[ait] » ses réformes et il a demandé « un effort pour aider les jeunes actifs ». « Il y en a qui râlent et qui ne veulent pas comprendre, c’est la France », a-t-il lâché. « Les efforts, on les a déjà faits et on les demande toujours aux petits », s’est indigné Mohamed Jaafari, 73 ans, lors du rassemblement rémois.
Les motifs de mécontentement se sont accumulés ces dernières années :
gel des pensions ;suppression de la demi-part des veuves ;décalage de la revalorisation des retraites d’octobre 2018 à janvier 2019 pour augmenter le minimum vieillesse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’ancien président de la République sera au siège du parti ce jeudi à 17 heures. L’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve est également attendu.
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François Hollande s’invite à Solférino pour voter au congrès du PS

L’ancien président de la République sera au siège du parti ce jeudi à 17 heures. L’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve est également attendu.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h03
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Invité surprise. Alors qu’il se tenait largement à l’écart du congrès du Parti socialiste, François Hollande se rendra, jeudi 15 mars en fin d’après-midi, rue de Solférino à Paris, pour prendre part au premier tour du congrès du Parti socialiste. L’ancien chef de l’Etat devait initialement voter dans son fief de Tulle, en Corrèze, mais des impératifs parisiens l’auraient contraint à rester à Paris. L’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve fera lui aussi le déplacement.
Le geste est évidemment politique, alors que les quatre candidats, Luc Carvounas, Stéphane Le Foll, Olivier Faure et Emmanuel Maurel, gardent leurs distances avec l’ancien président de la République depuis le début de la campagne. « Il veut montrer qu’il s’intéresse toujours au Parti socialiste, auquel il appartient depuis trente ans », explique au Monde l’entourage de l’ex-chef d’Etat. Il ne devrait pas rendre public son vote, selon cette même source, mais la cour de Solférino a spécialement été ouverte aux journalistes qui ne manqueront pas de l’interroger.
Rachid Temal, le coordinateur du parti, a organisé sa venue : « Il votera comme les personnalités et les parlementaires dans le bureau de vote de Solférino traditionnellement prévu à cet effet », explique le responsable du congrès, qui n’a pas pris le soin de prévenir les quatre candidats.

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          Les socialistes s’apprêtent à voter pour le « congrès de la survie »



Des candidats agacés
M. Le Foll, l’un des plus proches de François Hollande, ne semblait en effet pas au courant de cette annonce : « C’est un militant du PS, il a bien le droit de venir voter », élude l’ancien ministre de l’agriculture. Plus sévère, M. Carvounas déclare : « Je ne vais pas commencer à commenter qui vient voter ou qui ne vient pas voter. Il vient sans doute éteindre la lumière de Solférino, moi j’entends bien la rallumer. »
Informé par des journalistes, Emmanuel Maurel a commenté : « On sait que François Hollande n’a pas renoncé à exister dans la vie politique. » Et d’ajouter, dans un trait d’humour : « Je suis sûr d’une chose, en tout cas, il ne votera pas pour moi ! » Le candidat de l’aile gauche parie sur un vote pour MM. Le Foll ou Faure, « ceux qui défendent son bilan ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé, pour le blog Factoscope, des vérifications d’assertions politiques sur ces sujets depuis avril 2016.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Alors que les militants socialistes doivent choisir leur premier secrétaire, qui sera un homme, ce podcast s’interroge sur la difficile émergence de figures féminines au PS comme dans le reste du champ politique.
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Podcast : les femmes disparues du PS

Alors que les militants socialistes doivent choisir leur premier secrétaire, qui sera un homme, ce podcast s’interroge sur la difficile émergence de figures féminines au PS comme dans le reste du champ politique.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 16h50
   





                        



   


La photographie date de 1993. De Benoît Hamon à Manuel Valls en passant par Jean-Christophe Cambadélis ou Jean-Luc Mélenchon, on y voit la fine fleur de jeunes talents qui va faire plus tard les beaux et les mauvais jours du Parti socialiste. Il y a aussi deux femmes, qui sont les deux seules à ne pas avoir fait de carrière politique.
Le journaliste David Carzon a recueilli le témoignage de l’une d’elles, Geneviève Domenach-Chich, et en a tiré pour Le Monde un podcast ainsi qu’une enquête publiée en décembre dans M le mag. Ils apportent un éclairage sur la difficile émergence de figures féminines au PS comme dans le reste du champ politique. Un podcast à écouter alors que les adhérents du PS devaient voter, les 15 et 29 mars, pour choisir leur premier secrétaire, qui sera un homme.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Une cadre du syndicat en invalidité, qui accusait son responsable de harcèlement, avait porté l’affaire aux prud’hommes.
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La CFDT condamnée pour non-respect de ses obligations d’employeur envers une salariée

Une cadre du syndicat en invalidité, qui accusait son responsable de harcèlement, avait porté l’affaire aux prud’hommes.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h44
    |

            Francine Aizicovici








                        


La confédération CFDT a été condamnée mercredi 14 mars par le conseil de prud’hommes de Paris pour non-respect de ses obligations d’employeur envers sa salariée cadre Josette Méhat, secrétaire confédérale. Le bureau de jugement, composé de deux conseillers salariés et de deux conseillers employeurs, a dès lors prononcé la résiliation judiciaire du contrat de travail de Mme Méhat aux torts de l’employeur, le GIE Belleville, structure qui salarie les permanents et autres personnels de la CFDT. Il lui accorde la somme de 40 000 euros environ. Le jugement écrit n’étant pas disponible avant plusieurs semaines ou mois, il n’est pas possible pour l’heure de connaître exactement les motivations retenues par les conseillers.
Mme Méhat estimait que son employeur avait manqué à son obligation légale de préservation de sa santé physique et mentale, face à ce qu’elle dénonce comme un « harcèlement moral » de la part de son supérieur, un secrétaire national en charge des questions de santé au travail à la condéfération. Même si le tribunal a ordonné le versement d’une somme trois fois plus faible au montant qu’elle demandait, elle se dit « soulagée. Enfin, on reconnaît ce que j’ai subi . La CFDT n’est pas au-dessus des lois. »
« Souffrance morale au travail »
Mme Méhat travaillait depuis 2010 en tant qu’« assistante politique » de son supérieur.  Elle avait été embauchée en 2008 à la confédération, après 10 années en tant que permanente dans diverses structures de la CFDT. En dépression, Mme Méhat est en invalidité de 2e catégorie depuis le 1er juillet 2016. Son état a été qualifié d’« anxio-dépressif réactionnel » lié à une « souffrance morale au travail » par le médecin expert de la caisse primaire d’assurance maladie. Un lien que la CFDT conteste.
Tout allait bien jusqu’au retour des congés d’été de 2014, relate Mme Méhat qui décrit ainsi l’attitude de son supérieur : « Il ne me disait pas bonjour, me faisait des remarques désagréables.» Cette situation a perduré. « En novembre 2014, j’en informe Laurent Berger [secrétaire général de la CFDT]. Il me dit d’en parler avec mon supérieur. J’ai essayé. Ce dernier m’a juste dit que je n’étais “pas assez présente”. Pour moi, ce n’est pas la raison de son comportement. J’ai tenté de tenir, je ne voulais pas que ce problème s’ébruite. Je suis une militante avant tout. » Pour le même motif, avance-t-elle, elle ne fera pas état de son mal-être lors de son entretien professionnel en novembre 2014 avec le responsable des ressources humaines, Didier Cauchois.
« J’allais faire une grosse bêtise »
Son chef l’installe dans un bureau voisin. « Les relations avec lui continuaient de se dégrader. Et peu à peu, mon poste s’est vidé. » Mme Méhat dit avoir alerté à nouveau Laurent Berger qui l’aurait renvoyé encore à une discussion avec son chef.

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                Les syndicats s’initient à la défense des salariées victimes d’agressions



Le 10 mars 2015, à 8 heures du matin, elle se retrouve au 8e étage, sur la terrasse du bâtiment confédéral. « J’ai réalisé que j’allais faire une grosse bêtise », se souvient-elle. Le lendemain, elle informe par courrier M. Berger qu’elle exerce son droit de retrait à compter du 15 mars 2015. « J’ai découvert le problème ce jour-là, assure M. Berger. On l’a mise aussitôt dans un autre bureau, on lui a même proposé un autre poste.» Mais quelques jours après, Mme Méhat est mise en arrêt maladie. M. Berger affirme que son supérieur « est tombé de l’armoire » quand il a parlé de ce problème avec lui. « Je ne conteste pas le mal-être de Josette mais son imputabilité » aux conditions de travail, souligne M. Cauchois, jugeant sa démarche « vénale ». « Il n’y a pas l’ombre d’un témoignage de faits de harcèlement » dans le dossier de la salariée, dit-il, se « réservant » la possibilité de faire appel après la lecture du jugement.  



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ L’exposition « Malmaison, un jardin d’expérience » fait revivre les grandes heures du domaine à l’époque de l’impératrice Joséphine
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ En 2008, le philosophe montrait que la « pensée anti-68 » attribuait aux événements de Mai la crise des valeurs occidentales. Dix ans plus tard, il constate dans ces milieux une surenchère conservatrice.
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Serge Audier : « Le discours anti-68 s’est radicalisé »

En 2008, le philosophe montrait que la « pensée anti-68 » attribuait aux événements de Mai la crise des valeurs occidentales. Dix ans plus tard, il constate dans ces milieux une surenchère conservatrice.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h23
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            

Serge Audier enseigne la philosophie morale et politique à l’université Paris-IV. Dernier ouvrage paru : La Société écologique et ses ennemis. Pour une histoire alternative de l’émancipation (La Découverte, 2017).
Vous avez publié en 2008 « La Pensée ­anti-68 », un ouvrage dans lequel vous étudiez la genèse de la critique des événements de Mai. Dix ans plus tard, ce discours a-t-il beaucoup changé ?
Dans les milieux conservateurs de la droite et de l’extrême droite françaises, le discours s’est radicalisé. Sous le quinquennat de François Hollande, La Manif pour tous s’est voulue un Mai 1968 à l’envers : semblant parfois mimer l’activisme subversif soixante-huitard, elle a accentué la rhétorique conservatrice sur le déclin des valeurs, de l’autorité et des cadres familiaux.
La croisade « anti-genre » a instrumentalisé la cause de la nature, avec la revue Limite et son « écologie intégrale ». S’ils se réclament du pape François, certains de ses protagonistes ont des affinités avec les milieux catholiques intégristes et d’extrême droite, qui n’ont jamais digéré l’émancipation des femmes. Enfin, le contexte international pèse en ce sens, avec l’élection de Donald Trump, incarnation d’un « virilisme » haïssant les luttes des années 1960 des Noirs, des femmes et des homosexuels.
Il suffit en outre de parcourir la littérature monotone des milieux conservateurs pour saisir leur détestation de ce qu’ils appellent parfois le « libéralisme libertaire », fruit empoisonné de Mai 1968. Le philosophe catholique Pierre Manent voit ainsi dans Mai 1968 une catastrophe individualiste décomposant l’Etat-nation, l’intellectuel François-Xavier Bellamy fustige la mise à mort de la transmission culturelle contenue dans la sociologie de Pierre Bourdieu, l’essayiste Bérénice Levet, proche d’Alain Finkielkraut, accuse la génération de 68 d’avoir décomposé la famille, l’école et la nation.
« Le parti Les Républicains...



                        

                        


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<filnamedate="20180315"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180315"><AAMMJJHH="2018031519">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Dans sa chronique, Solenn de Royer, chargée du suivi de l’Elysée au « Monde », estime que « les Français qui avaient reproché à Nicolas Sarkozy sa présidence bling-bling pourraient finir par se lasser d’une mise en scène systématique » du chef de l’Etat.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
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Macron, « une communication chic ou choc sur papier glacé »

Dans sa chronique, Solenn de Royer, chargée du suivi de l’Elysée au « Monde », estime que « les Français qui avaient reproché à Nicolas Sarkozy sa présidence bling-bling pourraient finir par se lasser d’une mise en scène systématique » du chef de l’Etat.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h56
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            
Les clichés se superposent, élégants. Sur l’un, Emmanuel et Brigitte Macron visitent le Taj Mahal et marchent vers le mausolée indien, main dans la main. Sur un autre, Macron lève le pouce. Puis, Brigitte arrange la cravate d’Emmanuel. En bras de chemise immaculée, le président regarde vers le ciel comme il regarderait l’avenir et il sourit.
Des poses pour les photographes officiels ou amis du palais, dont l’agence Bestimage de Mimi Marchand, « papesse » de la presse people. Conviée aussi, une poignée de journalistes, dont Paris Match et TF1, choisis par l’Elysée pour immortaliser le couple présidentiel dans le temple de l’amour.

Depuis un an, Emmanuel Macron veille de manière obsessionnelle à sa communication. Une mise en scène de soi léchée et ultra-contrôlée : photos glamour sur son compte Twitter, vidéos dont il est le « héros » sur « sa » chaîne YouTube, au son d’une musique de film à grand spectacle. Alors qu’il avait théorisé une communication rare et distante, le président répond avec gourmandise à certains micros « tendance » comme le site Konbini. Il décroche aussi son téléphone quand l’animateur controversé, Cyril Hanouna, l’appelle en direct pour lui annoncer qu’une nuée de « Marylin » dénudées l’attendent devant l’Elysée pour lui souhaiter bon anniversaire.
« La cible, c’est les salons de coiffure »
Emmanuel Macron avait dit qu’il romprait avec la « présidence bavarde » de François Hollande et ne ferait pas visiter les « cuisines du pouvoir ». Mais il a embarqué l’écrivain Emmanuel Carrère qui préparait un portrait en majesté pour le quotidien britannique The Guardian et donné tous les accès à la photographe des stars, Annie Leibovitz, pour Vanity Fair.

Une communication chic ou choc sur papier glacé, indissociable de cette pratique du pouvoir qui mise sur la geste, l’incarnation et le contact direct avec le « peuple », en court-circuitant corps intermédiaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Extrait du livre « Le Mouvement de mai, ou le communisme utopique » que le sociologue a écrit pendant l’été 1968.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
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Alain Touraine en 1968 : « Une nouvelle lutte des classes »

Extrait du livre « Le Mouvement de mai, ou le communisme utopique » que le sociologue a écrit pendant l’été 1968.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h31
   





                        



                                


                            
En 1968, Alain Touraine est professeur de sociologie à l’université de Nanterre. Pendant l’été, il rédige Le Mouvement de mai, ou le communisme utopique (Seuil), dans lequel il soutient que les événements sont liés à la transformation en cours de la société, sous l’effet du progrès technique : le pouvoir technocratique tend à imposer ses impératifs à toutes les dimensions de la vie, y compris celle de l’intime. C’est contre ce nouveau système de domination que s’est érigé le « mouvement de mai », manifestant ainsi l’entrée de la culture dans le champ politique. Remarquant que « ceux pour qui la lutte ne peut être dirigée que contre la propriété capitaliste ont été aussi surpris par la nature du mouvement que ceux qui croyaient à la fin des idéologies et des conflits de classes dans les sociétés industrielles », il insiste sur le fait que le mouvement n’est pas un refus de la société industrielle mais une révélation des nouveaux conflits qu’elle génère.
« Les luttes sociales, le conflit des intérêts n’apparaissent plus seulement dans les usines, mais partout où la société entreprend de se transformer. (…)
La vie urbaine, l’utilisation des besoins et des ressources, l’éducation, autant de domaines qui n’étaient pas considérés naguère comme des activités “productives” et où se manifeste et s’organise maintenant une nouvelle lutte des classes. La sélection des élites s’oppose à l’éducation permanente ; les transports privés entrent en conflit avec la volonté de participation à la vie urbaine ; la manipulation des besoins noie la satisfaction des désirs ; la hantise du niveau étouffe la personnalité.
Le grand mot d’ordre des technocrates qui dirigent la société est : adaptez-vous. Le mouvement de mai a répondu : exprime-toi.
« Le mouvement de mai s’est heurté à une utopie dominante, celle des maîtres de la société, proclamant que les problèmes sociaux consistaient seulement à moderniser, adapter, intégrer »
L’enjeu...




                        

                        


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Fermetures de classes en milieu rural : bataille de chiffres entre le ministère et les syndicats

Jean-Michel Blanquer et Emmanuel Macron devaient se rendre jeudi dans une école primaire au sud de Tours afin de calmer la colère des enseignants et des élus.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h36
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            

C’est la première « zone de turbulence » que traverse Jean-Michel Blanquer, disent les observateurs du monde de l’école ; son premier « test », imposé par la préparation de la rentrée 2018 – la première de l’ère Macron. Le ministre de l’éducation a choisi de le passer en se rendant à l’école primaire de Rilly-sur-Vienne (Indre-et-Loire), jeudi 15 mars, aux côtés du chef de l’Etat, Emmanuel Macron. Une petite école rurale, au sud de Tours, qui doit bénéficier, en septembre, d’un poste supplémentaire lui permettant d’ouvrir une troisième classe, et d’échapper à ces fermetures dénoncées un peu partout ailleurs.
« Opération déminage », souffle-t-on dans les rangs syndicaux, alors que la grogne enfle depuis plusieurs semaines. De l’Ariège à l’Orne, du Finistère aux Vosges en passant par l’Yonne, un même refrain résonne sur le terrain, où quelque 70 rassemblements ont été recensés : pour dédoubler les CP et CE1, mesure éducative phare de ce gouvernement, celui-ci doit puiser, entre autres viviers, dans celui de l’école rurale que le SNUipp-FSU décrit comme « dépouillée ». 
« 200 à 300 classes, grand maximum »
Cette petite musique selon laquelle « on déshabille Pierre pour habiller Paul » s’est fait entendre jusque sous les ors de l’Assemblée nationale, où des députés Les Républicains – dont le vice-président du parti, Guillaume Peltier – mais aussi de La France insoumise et du Front national sont montés au créneau, ces derniers jours, pour rappeler le président Macron à ses engagements : lors de la Conférence des territoires, en juillet 2017, le chef de l’Etat avait assuré qu’il n’y aurait plus aucune fermeture de classes rurales.
Huit mois sont passés et, entre le ministre de l’éducation, qui se revendique aujourd’hui comme le « premier fervent partisan des écoles rurales », et la communauté éducative mobilisée, une bataille de chiffres fait rage. De « 200 à 300 classes, grand maximum », seront supprimées à la rentrée,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Avant un déplacement dans le Loiret, le président de LR a rencontré l’ancien chef de l’Etat, mercredi, pour clore l’épisode des cours à l’EM Lyon.
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En décrochage à droite, Wauquiez visite Sarkozy et mise sur le terrain

Avant un déplacement dans le Loiret, le président de LR a rencontré l’ancien chef de l’Etat, mercredi, pour clore l’épisode des cours à l’EM Lyon.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h49
    |

            Olivier Faye








                        


Laurent Wauquiez a testé un nouveau format de communication, lundi 12 mars, en répondant aux questions des internautes lors d’un Facebook Live. L’occasion, entre autres, de dévoiler ses goûts en matière de cinéma. Le président du parti Les Républicains (LR) place au firmament de son panthéon personnel le film Rogue One, tiré de la saga Star Wars : « J’adore ce moment où ils disent : “Les rébellions reposent sur l’espoir.” » Et de l’espoir, il en faut en ce moment au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, alors que les mauvais sondages le concernant se multiplient.

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Selon le tableau de bord IFOP-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, publié mardi, M. Wauquiez perd ainsi 16 points d’opinions favorables en un mois auprès de l’électorat de droite, et passe derrière sa rivale Valérie Pécresse. La présidente de la région Ile-de-France gagne, dans le même temps, 11 points, et émarge à 67 % de bonnes opinions, contre 58 % pour le président de LR. La dégringolade était déjà similaire pour M. Wauquiez dans deux autres sondages, publiés début mars par les instituts Elabe et Kantar Sofres-Onepoint, qui l’enregistraient respectivement en baisse de 16 et 13 points auprès de l’électorat de droite.
Ce coup d’arrêt intervient alors que le quadragénaire se trouvait pourtant depuis le début de l’année sur une pente ascendante. Il est clairement imputable à la polémique née de ses déclarations, mi-février, devant des étudiants de l’EM Lyon, dans lesquelles il s’en prenait notamment à Nicolas Sarkozy, l’accusant d’avoir placé sur écoutes ses ministres lors de son quinquennat. « C’était dangereux. Nicolas Sarkozy est au firmament de sa popularité à droite », souligne un cacique de LR.
Afin de clore définitivement l’incident – M. Wauquiez s’est déjà excusé pour ses propos à plusieurs reprises – et avant son prochain cours à l’EM Lyon, vendredi et samedi, les deux hommes se sont vus, mercredi, dans les bureaux parisiens de l’ancien chef de l’Etat. Mais M. Sarkozy a aussi rencontré Mme Pécresse, le 8 mars, et devait accompagner, jeudi, dans le Nord, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, pour remettre la Légion d’honneur au maire de Tourcoing, Didier Droart. Soit, d’un côté, la rivale interne chez LR de M. Wauquiez, et, de l’autre, son adversaire honni. Une manière pour l’ancien président de la République de montrer sa « liberté », comme le rappelle un proche, même s’il soutient le président de LR.
« La route est longue »
Outre le « cas » Sarkozy, la charge de Laurent Wauquiez consiste aussi et surtout à se réinstaller dans un rôle d’opposant audible à Emmanuel Macron. « Il y a un trou d’air pour l’exécutif aussi, tient à se rassurer Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. Nous sommes sur un faux plat, mais cela vaut pour tout le monde. Avec un tourbillon de réformes dont on a du mal à voir le sens. » « La route est longue, ajoute de son côté Damien Abad, vice-président de LR. Mais on a réussi à imposer deux, trois sujets, comme la fracture territoriale ou les retraités. »

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Laurent Wauquiez a insisté sur ces deux thématiques, mercredi, à l’occasion d’un déplacement effectué dans le Loiret pour soutenir Jean-Pierre Door, candidat LR à une élection législative partielle qui doit se tenir dimanche 18 mars. Fustigeant conjointement le « jeunisme » et le « parisianisme » d’Emmanuel Macron, le président de LR a affirmé un « soutien total » au mouvement de colère des retraités, qui devaient manifester jeudi, notamment pour protester contre la hausse de la CSG. « Dans cette politique qu’il mène, il y a trop d’oubliés, de sacrifiés, de laissés-pour-compte. Cette politique est faite pour les premiers de cordée, a dénoncé M. Wauquiez lors d’une réunion publique organisée à Montargis devant près de 300 personnes. Ce n’est pas pour rien qu’il s’en prend aux retraités. C’est parce qu’ils n’ont pas les moyens de se faire entendre, ce sont des victimes faciles. »

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Un peu plus tôt dans la journée, le patron de LR avait visité une entreprise, puis une chèvrerie : une manière de continuer à polir son image d’élu proche du terrain. Deux rendez-vous lors desquels l’intéressé s’est refusé à évoquer son entrevue du matin avec Nicolas Sarkozy. « Je ne commente jamais mes discussions particulières », a évacué M. Wauquiez. « Il faut que Nicolas Sarkozy explique pourquoi il va avec Darmanin », estime néanmoins son entourage, alors que le ministre a claqué la porte de LR en 2017 pour rejoindre Emmanuel Macron. Les rébellions se nichent décidément partout.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Electrisés par une annonce prématurée de la ministre des outre-mer Annick Girardin, les militants ont décidé de poursuivre la grève.
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A Mayotte, la base relance la guerre des barrages

Electrisés par une annonce prématurée de la ministre des outre-mer Annick Girardin, les militants ont décidé de poursuivre la grève.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 11h22
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        


« Vous nous avez trahis. » Sur les barrages finalement maintenus à Mayotte, mercredi 14 mars, les membres de la délégation qui avaient rencontré, la veille, la ministre des outre-mer, Annick Girardin, essuient la colère des militants de base. Alors qu’ils se rendent à Tsingoni, dans le centre de l’île, où doivent se réunir au grand complet les dirigeants de l’intersyndicale et du collectif des citoyens, Saïd Hachim (CGT), Salim Nahouda (CGT) et Mahamoud Azihary, figure éminente du collectif, n’arrivent pas à se faire entendre.

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Des divisions sont apparues depuis que Fatihou Ibrahim, un des porte-parole du mouvement qui paralyse partiellement le département depuis le 20 février, a annoncé, à l’issue des cinq heures de discussion avec la ministre, que la suspension du mouvement et la levée des barrages allaient être proposées. Cette éventualité devait encore être soumise à l’approbation de la population, appelée à se rassembler mercredi matin place de la République, à Mamoudzou.
Atmosphère tendue
Mais le message a été rapidement balayé par la colère des grévistes et des barragistes. Une colère attisée par le communiqué diffusé dès mardi soir par le ministère des outre-mer se félicitant d’« un accord mettant un terme à la crise de Mayotte ». Selon ce texte, « les collectifs et l’intersyndicale se sont engagés à débloquer les barrages de l’île au cours de la matinée du 14 mars ». Cette annonce précipitée, une invraisemblable bévue, a placé les membres de la délégation dans une situation délicate.

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A l’ouverture de la réunion des dirigeants de l’intersyndicale et du collectif, à la mairie de Tsingoni, l’atmosphère est tendue. Les échanges ne commenceront pas avant l’arrivée de trois imams. Un à un, chaque participant est appelé à prêter serment, sur le Coran, de ne pas « trahir le mouvement » : le serment de Tsingoni. La presse est invitée à quitter les lieux. Car les échanges vont être rudes. Les représentants qui faisaient partie de la délégation tentent de justifier leur démarche. En vain.

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Au terme de quatre heures de réunion, la décision est prise de poursuivre le mouvement et de maintenir les barrages. C’est Fatihou Ibrahim lui-même qui est chargé de venir l’annoncer à la presse. Celui qui, la veille, avait salué « des avancées réelles » à l’issue de la rencontre avec Mme Girardin dénonce à présent « une mascarade », « cinq heures perdues ». « Nous sommes scandalisés que la ministre annonce qu’un accord avait été trouvé alors qu’aucun protocole n’a été signé et que la suspension du mouvement n’a pas encore été approuvée par la population », explique le porte-parole. Il déplore « des méthodes d’un autre temps » et « une volonté d’imposer coûte que coûte les choix du gouvernement ». Estimant que, « finalement, la ministre n’a rien compris », il assure que « la grève continue, les barrages continuent, tant que nous n’aurons pas un vrai interlocuteur ».
Catharsis
Rentrée dans la nuit à Paris pour faire une communication au conseil des ministres de mercredi matin, où son travail a été « salué » par le premier ministre et le président de la République, selon Benjamin Grivaux, le porte-parole du gouvernement, Mme Girardin n’a pu que prendre acte de ce retournement. Interrogée mercredi soir lors de l’émission « Quotidien », sur TMC, elle a toutefois promis de tenir les engagements pour Mayotte pris la veille, même si les barrages « ne sont pas levés tout de suite ». « On a une telle colère, une telle peur que ça va prendre du temps » de mettre fin à la crise, a-t-elle reconnu. « Le retour sur le terrain (…) a peut-être été brutal parce qu’on n’a pas suffisamment expliqué ce qui a été mis » sur la table, a-t-elle avancé, ajoutant que, peut-être, « la base est plus dure » que les négociateurs.
Malgré la position inflexible affichée à Tsingoni, la situation ne semble pas totalement bloquée. Dès ce jeudi, les trois missionnaires restés à Mayotte, le préfet Jean-Jacques Brot, le conseiller d’Etat Jean Courtial, le général de gendarmerie Lambert Lucas, auquel s’est ajouté Yves Jobic, contrôleur général de la police nationale, devaient rencontrer les dirigeants de l’intersyndicale et du collectif pour engager les discussions sur les axes de rattrapage et de développement de Mayotte qui doivent émerger d’ici un mois, conformément à ce qui avait été convenu lors de la réunion de mardi soir.
Par ailleurs, les négociateurs vont se rendre sur tous les barrages maintenus pour expliquer le bilan des échanges avec la ministre des outre-mer, la nature des engagements pris et des discussions qui vont se poursuivre. La tâche ne sera vraisemblablement pas aisée mais c’est le prix à payer après trois semaines de grèves et de blocages, la fatigue, l’énervement et la radicalisation qui s’ensuivent. L’arrêt brutal du mouvement, du jour au lendemain, n’était tout simplement pas jouable. La maladresse du ministère n’a pas facilité les choses.
D’une certaine manière, l’exercice de catharsis de Tsingoni aura toutefois eu deux vertus. D’abord, il fallait que chacun dise ce qu’il avait sur le cœur, même si, pour ceux qui s’étaient le plus exposés, à l’image des deux jeunes figures émergentes de ce mouvement, Fatihou Ibrahim et Saïd Hachim, l’épreuve a été rude. « Cela a été perçu comme une trahison, j’ai été accusé de tous les maux », confie ce dernier, qui fait état des insultes, voire des menaces qu’il a reçues au téléphone.
Bien que désavoués en apparence, ces derniers ont toutefois pu faire partager leurs convictions et ont été maintenus dans leurs fonctions à la tête du mouvement. En endossant la position prise collectivement à Tsingoni par l’intersyndicale et le collectif, ils peuvent continuer à aller sur les barrages pour rencontrer les militants et les citoyens de base sans se faire rejeter. « Il est important de les préserver, note un observateur averti. Ce sont eux la relève de ce territoire. Ils sont le symbole d’une jeunesse, d’un haut niveau intellectuel, qui veut s’engager pour l’avenir de Mayotte. » La grève et les barrages continuent à Mayotte. Les difficultés d’approvisionnement et sanitaires s’aggravent. Et une élection législative partielle doit avoir lieu dimanche 18 mars. Dans l’indifférence quasi générale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Reçu à Matignon, mercredi, le président du Sénat négocie sur la dose de proportionnelle et se pose en défenseur des territoires ruraux.
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Réforme des institutions : Larcher inflexible sur ses lignes rouges

Reçu à Matignon, mercredi, le président du Sénat négocie sur la dose de proportionnelle et se pose en défenseur des territoires ruraux.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h04
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
Sa position s’est raidie au fil des semaines, au point d’imposer un vrai bras de fer avec l’exécutif. Consulté sur la réforme des institutions, mercredi 14 mars, par le premier ministre, Gérard Larcher campe sur une ligne plus dure que jamais. Le président Les Républicains (LR) du Sénat a été reçu à Matignon, après son homologue de La République en marche (LRM) de l’Assemblée, François de Rugy, en clôture de la série d’entretiens lancée par le chef du gouvernement avec les présidents des différents groupes parlementaires, depuis huit jours.

Alors qu’Edouard Philippe a remis à ses invités une liste de 31 mesures envisagées par l’exécutif, M. Larcher attend de voir le projet de loi de cette réforme voulue par Emmanuel Macron dans sa version définitive. « Nous verrons alors si le gouvernement a tenu compte de ses remarques et a repris des éléments dans les 40 propositions que l’on a présentées fin janvier », explique son entourage. Le verdict approche, avant la présentation en Conseil des ministres fin avril. « Le premier ministre rendra ses conclusions lundi prochain au président de la République, qui fera connaître ses arbitrages dans les semaines suivantes », indique Matignon.

S’il ne ferme pas la porte à un possible compromis, le président du Sénat croit de moins en moins à la possibilité de nouer un accord. Après avoir demandé à l’exécutif de faire un geste, le 8 mars, en créant « un vrai déclic de confiance », il reproche au pouvoir de vouloir passer en force. « C’est la manière de procéder qui ne va pas », a-t-il estimé récemment, reprochant au gouvernement d’avoir manifesté des marques de mépris à l’égard du Parlement, ces derniers jours, sur trois épisodes clés : le recours aux ordonnances pour faire adopter la réforme de la SNCF, l’utilisation du « vote bloqué » au Sénat pour empêcher l’adoption d’un texte visant à revaloriser des pensions de retraite agricoles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Dans un contexte de réductions des prérogatives des parlementaires, ceux de la majorité n’ont plus peur de défendre publiquement leur position divergente face à l’exécutif.
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Pour exister, les députés LRM multiplient les textes collectifs

Dans un contexte de réductions des prérogatives des parlementaires, ceux de la majorité n’ont plus peur de défendre publiquement leur position divergente face à l’exécutif.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h00
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            
Quand les députés La République en marche (LRM) ont fait leurs premiers pas à l’Assemblée nationale en juin, certains se demandaient ce qui pouvait les rassembler. Il y avait certes le programme d’Emmanuel Macron, leur Bible pour les premiers mois du quinquennat. Mais tous anticipaient les difficultés à venir. Les « marcheurs » venant d’horizons politiques et professionnels différents, des doutes subsistaient sur la manière dont ils parviendraient à accorder leurs voix sur les sujets les plus clivants. L’opposition y voyait, elle, tantôt une armée de « godillots » à la botte de l’exécutif, tantôt une poudrière.
Pour cadrer ce « nouveau monde », le groupe LRM a alors fixé une ligne de conduite : que les débats s’expriment en interne et ne fuitent pas. Dans la même veine, la majorité a tenté de limiter le dépôt d’amendements en solitaire par les députés, avant même que le gouvernement n’envisage, dans le cadre de la révision constitutionnelle, le « contingentement » du nombre d’amendements que chaque groupe pourrait déposer lors de l’examen d’un texte.
Dans ce contexte de réduction des prérogatives des parlementaires, les députés LRM ont pris l’habitude de négocier dans le huis clos des ministères certains points des projets de loi. Et la confidentialité exigée en début de mandat subit des accrocs. Les élus de la majorité n’ont plus peur de défendre publiquement leur position divergente sur certains sujets et ont trouvé dans les tribunes de presse un espace privilégié pour faire entendre leur voix.

« Il y a un besoin des députés de participer au débat public », explique Jacques Maire, à l’origine d’un texte, signé par treize députés, subtilement critique sur le projet de loi asile-immigration qui sera discuté en avril à l’Assemblée. « Les tribunes, ça a toujours été utile pour la majorité. Comme nous sommes soumis à l’agenda de l’exécutif, nous n’avons pas beaucoup d’espace pour porter nos sujets », renchérit Jean-Louis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Pour le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, réunir des offices HLM permettra de mutualiser les moyens.
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Denormandie : « Des organismes HLM forts construiront là où sont les besoins »

Pour le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, réunir des offices HLM permettra de mutualiser les moyens.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 10h24
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, observe que les regroupements d’organismes HLM permettront de mutualiser les moyens et d’élaborer des plans d’investissement communs.
La loi Elan prévoit un regroupement des organismes HLM. Qu’en attendez-vous et quel est, selon vous, le nombre optimal ?
Nous manquons de logements HLM. Il y a 1,8 million de demandeurs et, en moyenne, huit ans d’attente en Ile-de-France. Des organismes plus forts pourront construire là où sont les besoins. C’est un constat partagé avec les bailleurs sociaux dont certains ont déjà commencé à se regrouper. Nous voulons favoriser ces regroupements pour atteindre des groupes d’au moins 15 000 logements, avec une dérogation pour certains départements ruraux afin de tenir compte des spécificités territoriales.

Nous laissons aux organismes la liberté de se fédérer comme ils le souhaitent, avec qui ils le souhaitent. Le but est qu’ils mutualisent leurs moyens pour, par exemple, procéder à des achats groupés, mais aussi qu’ils élaborent un plan d’investissement en commun. La législation actuelle ne le favorise pas, on va donc la modifier. Ils pourront aussi élargir leurs compétences et développer des activités annexes. Les collectivités locales ont leur place dans ces groupements, qui pourront opter pour un statut classique d’entreprise ou le statut coopératif avec le principe « un membre, une voix ».
Pourquoi souhaitez-vous que les HLM vendent des logements au rythme de 40 000 par an ? N’y a-t-il pas un risque de créer des copropriétés dégradées et d’ouvrir la porte aux marchands de sommeil qui achèteront ces logements bon marché pour les louer à prix exorbitant ?
Nous poursuivons deux buts : d’abord, permettre aux locataires HLM de devenir propriétaires, mais aussi donner aux bailleurs les moyens de dégager des ressources nouvelles pour construire. Un logement vendu permet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Sébastien Leclerc a demandé la fin de « la prise d’otage » au sein d’Eugen Systems, un studio de jeu vidéo dirigé par l’époux d’une de ses proches.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                

Un député LR soupçonné de conflit d’intérêts après avoir critiqué une grève dans le jeu vidéo

Sébastien Leclerc a demandé la fin de « la prise d’otage » au sein d’Eugen Systems, un studio de jeu vidéo dirigé par l’époux d’une de ses proches.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 12h03
    |

            William Audureau et 
Jérémie Baruch








                        



   


Le député LR du Calvados, Sébastien Leclerc, a-t-il profité de son mandat public pour favoriser les intérêts privés de la famille d’une proche collaboratrice ? La question se pose après l’intervention du parlementaire le 6 mars. Dans une question adressée à la ministre du travail, Muriel Pénicaud, M. Leclerc a ouvertement appelé à « mettre fin à [la] prise en otage » de l’entreprise de jeu vidéo Eugen System, dont les salariés sont en grève depuis le 14 février.
Il évoque des grévistes mobilisés « pour contester des éléments de leurs contrats de travail », rendus à « la neuvième grève que connaît cette entreprise depuis le printemps 2016 », organisée par le jeune Syndicat des travailleurs du jeu vidéo, qu’il serait, selon lui, « tout à fait possible [d’]enregistrer également en tant que parti politique anarchiste ». Et de se désoler :
« [Je] regrette l’impact que ces mouvements ont sur l’activité de l’entreprise Eugen Systems, entreprise française indépendante, ayant fait ses preuves depuis vingt ans dans un secteur hautement concurrentiel. »
« Une situation d’interférence »
Problème, Sébastien Leclerc fréquente les mêmes bancs que… l’épouse du dirigeant d’Eugen Systems, Virginie Le Dressay, conseillère du Calvados.
Ancien vice-président du conseil départemental du même département, Sébastien Leclerc appartient à la même famille politique (UDI, DVD) que Virginie Le Dressay. Se connaissent-ils ? Oui. Il est ami Facebook avec la conseillère du Calvados ; ils ont fréquenté les mêmes instances, comme le conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours du Calvados en 2014 ; et ont défilé dans les mêmes manifestations, comme celle des élus du pays d’Auge contre la loi Allur en 2015.
Un lien d’intérêt existe-t-il entre eux ? Oui, également : Virginie Le Dressay a été une des soutiens politiques de Sébastien Leclerc pour sa campagne aux législatives 2017.
Selon les règles de déontologie de l’Assemblée nationale, un conflit d’intérêts est défini comme « une situation d’interférence entre les devoirs du député et un intérêt privé qui, par sa nature et son intensité, peut raisonnablement être regardée comme pouvant influencer ou paraître influencer l’exercice de ses fonctions parlementaires ».
Contactés par Le Monde, ni Sébastien Leclerc, ni Virginie Le Dressay, ni Cédric Le Dressay n’ont donné suite à nos questions. « Le PDG d’Eugen system est un habitant de ma circonscription, je suis son député et il m’a sollicité à ce titre », s’est justifié le député Les Républicains auprès du journaliste de Mediapart Dan Israël.
Mise à jour du jeudi 15 mars, à 12 heures : une première version de l’article présentait de façon erronée le lien de parenté entre Virginie Le Dressay et Cédric Le Dressay.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’exécutif entend faciliter  les regroupements d’organismes et les ventes de logements sociaux.
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édition abonné


Le gouvernement veut restructurer et mieux utiliser le parc HLM

L’exécutif entend faciliter  les regroupements d’organismes et les ventes de logements sociaux.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 10h25
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

Regrouper les organismes HLM, accélérer la mobilité de leurs locataires, vendre du patrimoine… Voilà les principaux objectifs de la réforme du monde HLM que souhaite le gouvernement. Après le choc financier infligé au secteur, qui voit ses recettes désormais ponctionnées de 800 millions d’euros à la suite de la réforme de l’aide personnalisée au logement (APL), soit 4 % de ses loyers, au tour de sa réforme structurelle. Elle sera déclinée dans la future loi Evolution du logement et aménagement numérique (Elan), présentée en conseil des ministres le 4 avril, avant son examen en première lecture par l’Assemblée nationale les 28 et 29 mai. La partie consacrée au logement social est particulièrement abondante et détaillée.
Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, était sur le terrain pour en faire la promotion. « Il vaut mieux utiliser le parc social et fluidifier la gestion des logements », a-t-il insisté, mardi 13 mars, à Montrouge. Sans remettre en cause les avantages des locataires HLM, dont le sacro-saint maintien dans les lieux, le gouvernement veut que leur situation soit réexaminée au moins tous les six ans pour faire correspondre leur logement à leurs besoins.

Avec ses 2 500 logements dont il n’attribue qu’une centaine par an, l’office public Montrouge Habitat a bien du mal à satisfaire les 8 000 demandes en souffrance. « En voyant toutes ces familles attendant une attribution alors que de grands appartements HLM sont sous-occupés par des personnes seules, veufs ou veuves dont les enfants sont partis, nous avons, en juin 2015, imaginé un dispositif pour les inciter à bouger », sans construire de nouveaux logements, raconte Thierry Virol, le président de Montrouge Habitat et adjoint au maire chargé du logement. « Mais ils doivent y voir leur intérêt financier, que le nouveau loyer soit nettement inférieur, que le déménagement ne leur coûte rien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Même s’il reconnaît qu’il « ne peut pas plaire à tout le monde », le chef de l’Etat compte multiplier les déplacements hors de Paris pour expliquer sa politique.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                

Macron en déplacement à Tours pour défendre ses réformes

Même s’il reconnaît qu’il « ne peut pas plaire à tout le monde », le chef de l’Etat compte multiplier les déplacements hors de Paris pour expliquer sa politique.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 10h16
    |

            Cédric Pietralunga (Tours - envoyé spécial)








                        



   


Confronté à la grogne des territoires ruraux qui lui reprochent d’être le « président des villes » et à une baisse sensible de sa popularité dans les études d’opinion, Emmanuel Macron a décidé de reproduire ce qui lui avait réussi lors de la campagne présidentielle en 2017 : s’immerger au plus près des Français. Le président de la République veut multiplier les déplacements de deux jours dans les régions, comme il s’y était engagé au début de son quinquennat mais sans y parvenir jusqu’ici compte tenu de son agenda international.
Mercredi 14 mars, le chef de l’Etat s’est ainsi rendu à Tours, où il a visité un centre de formation des Compagnons du devoir, pour y vanter sa réforme de l’apprentissage, avant de participer à un « dîner républicain » avec des élus locaux et de passer la nuit à la préfecture. Jeudi matin, il devait poursuivre son « immersion », selon le terme utilisé par l’Elysée, par une visite de l’école primaire de la commune de Rilly-sur-Vienne, (Indre-et-Loire) puis il devait se rendre au lycée de Loches, où était programmé un déjeuner à la cantine de l’établissement avec des enseignants et des élèves.
« Quand on vient chez les gens pour leur expliquer quelque chose, il est bien de montrer qu’on ne passe pas en coup de vent », explique Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée, pour justifier ces déplacements de deux jours.
A la demande du chef de l’Etat, le programme des visites a été aussi allégé, afin de passer plus de temps au même endroit sans multiplier les rencontres dans une même journée, comme c’était la pratique jusqu’ici. « Les gens disent beaucoup plus de choses au bout de quatre heures qu’au bout d’une heure », justifie-t-on à l’Elysée.
« C’est une vraie éponge »
A écouter ses proches, ces moments sont en effet un moyen pour M. Macron de « capter l’air du pays » et d’éviter le syndrome de la tour d’ivoire, qui guette tous les présidents de la République.
« Emmanuel Macron, c’est un formidable capteur, passer une nuit en préfecture, déambuler dans la rue, aller au contact des gens lui permet de sentir les choses », assure Bruno Roger-Petit.
« C’est une vraie éponge. Il entend tout ce qu’on lui dit et ça se transforme ensuite en concepts et en décisions », abonde Jacqueline Gourault, la ministre auprès du ministre de l’intérieur, qui accompagnait le chef de l’Etat lors de sa première journée en Touraine, tout comme Muriel Pénicaud, sa collègue du travail.
Ça tombe bien, Emmanuel Macron n’a pas été épargné par les interpellations lors de son déplacement. A plusieurs reprises, il a ainsi été apostrophé par des retraités, qui lui reprochent la hausse de la CSG intervenue au 1er janvier. « Vous êtes partis à la retraite au même âge que vos parents avec une espérance de vie de dix à quinze ans de plus. Je suis obligé d’en tenir compte », a tenté d’expliquer le président, alors qu’un mouvement national de protestation des retraités était attendu jeudi. « Si je ne fais pas cet effort pour ceux qui travaillent, il n’y aura personne pour payer vos retraites », a-t-il ajouté.
« Il faut aller très vite et très fort »
Interrogé sur la vitesse avec laquelle il met en œuvre ses réformes, considérée comme trop rapide par ses adversaires mais aussi par certains élus de sa majorité, M. Macron s’est également refusé à temporiser. « Voyez ce paradoxe, on dit que les réformes vont trop vite mais les Français voudraient que les choses aillent plus vite ! », a-t-il déclaré, estimant au contraire qu’« il faut aller très vite et très fort dans les réformes qu’on met en œuvre, car c’est la condition pour que nos concitoyens en voient les effets ». Selon Matignon, le gouvernement a prévu de présenter sept projets de loi en conseil des ministres lors des sept prochaines semaines.
Persuadé que ce format de déplacement de deux jours en France est le bon, l’entourage du chef de l’Etat en a d’ores et déjà prévu deux autres au cours du prochain mois, sans parler des visites effectuées sur une seule journée.
« Il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas que ça change, donc j’explique, je rencontre tous ceux que je peux [car] on se nourrit du terrain », a justifié M. Macron tout en assurant qu’il ne cherche pas à faire l’unanimité. « Je ne peux pas plaire à tout le monde », a-t-il concédé.
Signe que son image lui importe néanmoins, le président de la République était accompagné à Tours par la photographe américaine Annie Leibovitz, à qui il a donné toute liberté pour le suivre à l’Elysée et lors de ce déplacement. Selon son entourage, les photos de la célèbre portraitiste doivent servir à illustrer un portrait de M. Macron que le magazine Vanity Fair publiera à l’occasion de sa visite aux Etats-Unis, prévue du 23 au 25 avril. Un autre type d’immersion très loin de l’Indre-et-Loire.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron dans l’œil d’Annie Leibovitz






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le constitutionnaliste Olivier Rouquan estime, dans une tribune au « Monde », que la loi fondamentale n’a cessé d’évoluer au prix d’un affaiblissement de la fonction de premier ministre et d’une dévalorisation de la démocratie parlementaire.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Le quatrième âge de la Constitution est entamé »

Le constitutionnaliste Olivier Rouquan estime, dans une tribune au « Monde », que la loi fondamentale n’a cessé d’évoluer au prix d’un affaiblissement de la fonction de premier ministre et d’une dévalorisation de la démocratie parlementaire.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 07h14
    |

Olivier Rouquan (Politologue, constitutionnaliste, chercheur en science politique, associé au CERSA)







                        



                                


                            

La Constitution a soixante ans : elle entame ainsi, un peu tôt, un quatrième âge. En effet, le quinquennat limite la durée du mandat présidentiel et modifie la logique des institutions. Dès lors, l’esprit du constituant a pris un coup de vieux.
Le premier âge constitutionnel, gaullien, est marqué par le charisme du fondateur procédant de l’incarnation de la France. L’usage référendaire gaullien en est la clé : après 1958, de Gaulle l’utilise quatre fois : il réforme substantiellement le pays (indépendance de l’Algérie, élection présidentielle au suffrage universel) et engage sa responsabilité politique. En 1969, lorsqu’il perd sur les régions et le Sénat, il démissionne. Le charisme gaullien, fondé sur une estime de soi héroïque, a pour contrepartie un courage politique certain.

La leçon ne vaut pas pour le deuxième âge de la Constitution. Dès Georges Pompidou (1972), le référendum est normalisé ; jusqu’à Jacques Chirac, son fils spirituel, qui en 2005 perd celui sur l’Union européenne et termine son mandat très affaibli. Pendant la période, l’apport est l’alternance de 1981 : elle montre que le fonctionnement de la démocratie majoritaire est possible en France. Pour le reste, la présidentialisation est confirmée : les présidents de la République gouvernent et conduisent la politique de la nation.
Une légitimité d’opinion problématique
Un troisième âge surgit en 1986 avec la coexistence institutionnelle. François Mitterrand partage le pouvoir avec un premier ministre et un Parlement hostiles. Pendant ces périodes, qui se reproduisent jusqu’en 2002, le chef du gouvernement dispose d’un pouvoir accru, comparable à celui de ses homologues européens. Le président reste éminent en politique étrangère. La Constitution est respectée et la présidentialisation, relativisée : s’agit-il de l’âge de la sagesse ?

L’instauration du quinquennat change la donne. A partir de septembre 2000, le chef de l’Etat a un mandat plus court...




                        

                        

