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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le pays est l’invité de la septième édition du festival Dansfabrik qui se tient jusqu’au 17 mars.
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A Brest, le Portugal fait danser ses chorégraphes

Le pays est l’invité de la septième édition du festival Dansfabrik qui se tient jusqu’au 17 mars.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 18h05
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Après le Liban, la Grèce et le Chili, le Portugal est l’invité spécial, jusqu’au samedi 17 mars, du festival Dansfabrik à Brest. A l’initiative de Mathieu Banvillet, aux manettes de la manifestation, le chorégraphe Tiago Guedes, directeur du Théâtre municipal de Porto, a eu carte blanche pour inviter cinq de ses compatriotes. « J’ai rassemblé plusieurs générations d’artistes représentatifs de ce qui se passe dans mon pays depuis les débuts de la danse contemporaine dans les années 1980 à aujourd’hui, explique-t-il. Actuellement, tous les âges, tous les styles cohabitent. Il y a des complicités qui se nouent entre les chorégraphes, une façon de faire front ensemble pour que leur travail vive. » 
Bon esprit, l’échantillon présenté à Brest rassemble la figure-pionnière Vera Mantero et sa rigoureuse extravagance, Claudia Dias et son goût pour les performances théâtrales mais aussi les jeunes Ana Rita Teodoro, plus conceptuelle, et Marco da Silva Ferreira, venu du hip hop. Egalement à l’affiche, le vidéaste Jonathan Uliel Saldanha. « Ce qui est formidable depuis trente ans, c’est que la nouvelle scène apparue depuis une dizaine d’années s’est établie et affirmée de façon solide dans le paysage du spectacle vivant, commente Vera Mantero. Personnellement, j’accueille et je soutiens depuis longtemps des collègues au sein de mon association, à Lisbonne. » 
Car la communauté, composée d’une soixantaine de compagnies répertoriées, s’est toujours serrée les coudes dans le contexte économique fragile du Portugal. Si les collectifs d’artistes très offensifs dans les années 2000 comme Bomba Suicida, installé à Lisbonne, ont en partie disparu, l’envie de s’entraider persiste. « Chez nous, on est proche de tout le monde, affirme Ana Rita Teodoro. On s’intéresse à ce que font les autres même si leurs propos sont très différents du nôtre. On y participe et on s’y implique même parfois. »
« Une volonté...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Au cœur de cette série policière, sur fond de petite ville anglaise déshéritée, le quotidien d’une femme flic, magistralement interprétée (sur France 3 à 20 h 55).
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TV – « Happy Valley », drame social et intime

Notre choix du soir. Au cœur de cette série policière, sur fond de petite ville anglaise déshéritée, le quotidien d’une femme flic, magistralement interprétée (sur France 3 à 20 h 55).



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur France 3 à 20 h 55

Après s’être aguerris à l’écriture de feuilletons populaires et de soap operas quotidiens, les auteurs anglais proposent, depuis quelques années, des séries po­licières ambitieuses et sophistiquées. Telles Scott & Bailey (2011), Line of Duty (2012), Broadchurch (2013), The Fall (2013) et… Happy Valley (diffusée en 2015 sur Canal+) qui arrive sur France 3.
Ces séries, comme les meilleurs romans policiers, assurent action et suspense sur une saison entière (et non épisode par épisode), et surtout, s’attachent à camper des personnages proches de nous, de nos préoccupations et de nos interrogations. En l’occurrence, des personnages aux prises avec des conflits personnels (et non des ersatz de super-héros), totalement ancrés dans la société britannique actuelle.
Une « fiction du réel »
La surprise commence dès le ­début de Happy Valley, lorsqu’une policière arrive ­essoufflée dans un parc et apostrophe un jeune homme pour l’empêcher de s’immoler par le feu : « Je m’appelle Catherine, je suis divorcée. J’ai une sœur ­ex-junkie et deux grands enfants, un fils qui ne me parle plus et une fille… morte. »
On pourrait craindre le pire du sentimentalisme misérabiliste. S’amorce en fait une « fiction du réel » sociale et psychologique autour de cette cinquantenaire divorcée, qui élève son petit-fils, Ryan, depuis que sa fille s’est sui­cidée, et qui, sergente de police, dans une petite ville du Yorkshire, se bat avec détermination contre un ennemi invincible : le trafic de drogue, seule « économie » ren­table de la région. D’où le titre ironique de la série.
On ne saurait qui louer en premier lieu : l’excellente auteure réalisatrice Sally Wainwright (Scott & Bailey, Last Tango in Halifax) ou l’époustouflante Sarah Lancashire (qui interprète la policière, Catherine Cawood), Happy Valley étant d’ailleurs servie par des comédiens tous excellents.

En six épisodes qui se suf­fisent à eux-mêmes, Sally Wain­wright signe une minisérie plus forte en émotion qu’en ­action, s’attachant au passé de ses person­nages plus qu’aux pro­cédures d’enquête, sondant les relations intrafamiliales plus que la solidité des reins des ­ « méchants ».
C’est en cela qu’elle innove et nous happe : comptent ici non tant les faits que leur suite et leurs conséquences. Celles du viol d’une jeune fille, celles d’une éducation sans amour ni attention, celles du suicide d’un enfant (pour ses ­parents comme pour le reste de la ­famille) ; sont ainsi abordés, avec énormément de finesse, les droits d’une grand-mère à l’égard de son petit-fils, ceux d’un père et dan­gereux criminel sur son enfant, le sentiment d’un employé modeste d’avoir le droit d’envoyer sa progéniture dans une école privée onéreuse, etc.
Sur les épaules de la comédienne Sarah Lancashire pèsent finalement l’histoire d’une communauté déshéritée d’Angleterre et l’héritage intime des trois générations que compte sa famille, engendrant tour à tour chez elle peine, sens des responsabilités, culpabilité, courage, dépression.
Happy Valley, saison 1, créée, coréalisée et coproduite par Sally Wainwright. Avec Sarah Lancashire, James Norton, Siobhan Finneran, Steve Pemberton (GB, 2014, 6 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ En début de semaine, le chanteur a renoncé aux festivals de cet été face aux protestations grandissantes de collectifs féministes.
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La ministre de la culture défend Bertrand Cantat : « Il a le droit de vivre sa vie, il a payé »

En début de semaine, le chanteur a renoncé aux festivals de cet été face aux protestations grandissantes de collectifs féministes.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h26
   





                        


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, vole au secours de Bertrand Cantat. Interrogée par franceinfo, jeudi 15 mars, en marge des assises du journalisme à Tour, Mme Nyssen a estimé que le chanteur « a été jugé, il a le droit de vivre sa vie (…) il a payé ».
Mais dans cette interview, la ministre a tenu « à rappeler le nom de Marie Trintignant », tuée en 2003 par Bertrand Cantat, son compagno d’alors. Il a été condamné en 2004 à huit ans de prison et a obtenu une libération conditionnelle fin 2007 pour bonne conduite. Ses fans disent qu’il a « payé » pour son acte, ses détracteurs jugent cette peine effective de quatre ans dérisoire.
Lundi, Bertrand Cantat a été contraint de renoncer aux festivals de cet été face aux protestations grandissantes de collectifs féministes et aux annulations de certains de ses concerts. Par cette annonce, il souhaitait « mettre fin à toutes les polémiques et faire cesser les pressions sur les organisateurs ». Mais le chanteur n’a pas pour autant renoncé à l’ensemble de sa tournée et, le soir même, à Montpellier, où il se produisait, il a fait face à une manifestation d’une soixantaine de défenseurs des droits des femmes qui ont invectivé les spectateurs se rendant au concert. La scène s’est reproduite le lendemain, mardi, à Grenoble.
Cantat dénonce « une censure » après l’annulation d’un concert
Bertrand Cantat, qui a sorti un nouvel album le 1er décembre, Amor Fati, a dénoncé ce même jour sur Facebook une « censure » après l’annulation de son concert prévu vendredi à Istres (Bouches-du-Rhône).
Sur le réseau social, le chanteur, qui se produisait alors à Grenoble, a écrit :
« Nous sommes maintenant à GRENOBLE où j’ai voulu entamer une discussion avec quelques personnes qui manifestaient leur hostilité devant la salle. A peine apparu, un déchaînement de violence, d’insultes, une pluie de coups, aucune possibilité de discuter, de la violence, seulement de la violence, aucune écoute, aucun échange : Bref, le retour au moyen-age. Ces gens sont sourds, et aveuglés par la haine. Peut être se sentent-ils encouragés par le merveilleux climat ambiant. »
Plus tôt dans la journée, il avait publié ceci :
« Salut GRENOBLE ! Pour 2 concerts avec vous !!!!! Pendant ce temps à ISTRES la Censure est en marche Bravo au Conseil d’Administration de Scènes et Cinés, quel courage… »
M. Cantat avait déjà été déprogrammé la semaine dernière de l’Ardèche Aluna Festival, où il devait se produire le 14 juin, face aux « manifestations et désistements de certains festivaliers et mécènes » ; ainsi que d’un concert prévu en juillet au festival Les Escales de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), dont le maire, David Samzun, avait exprimé sa « désapprobation » dans une lettre aux organisateurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Cette production britannique, qui a tout d’un téléfilm divisé en quatre parties, déçoit par sa réalisation peu convaincante et un jeu d’acteurs qui semble superficiel (sur Arte à 20 h 55).
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TV – « Monstre sacré » : fausse minisérie, vraie déception

Cette production britannique, qui a tout d’un téléfilm divisé en quatre parties, déçoit par sa réalisation peu convaincante et un jeu d’acteurs qui semble superficiel (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h40
    |

            Renaud Machart








                        


Minisérie sur Arte à 20 h 55

   


Une semaine après Sous influence, Arte diffuse de nouveau une pro­duction britannique présentée comme une « minisérie », alors qu’il s’agit de quatre épisodes qui n’ont pas la dramaturgie ad hoc et pourraient sans dommage être réduits de moitié, soit le temps d’un téléfilm. De surcroît, la structure des épisodes – avec, dans le dernier, la tenue d’un procès – renforce l’impression de redite de ce que proposait Sous influence.
Une minisérie n’est pas forcément une série courte. Charlotte Blum, dans Vous aimez les séries, ce livre est pour vous (La Martinière, 2015), écrit : « Contrairement aux séries, qui peuvent s’étendre sur plusieurs saisons, les miniséries n’en ont qu’une, avec un nombre d’épisodes déterminé. Citons par exemple Olive Kitteridge ou Generation Kill. » Si Generation Kill (2008), créée par David Simon, Ed Burns et Evan Wright, comptait sept épisodes, Olive Kitteridge (2014), deLisa Cholodenko, comme Sous influence et Monstre sacré, s’en tenait à quatre volets. Mais la créatrice et réalisatrice d’Olive Kitteridge présentait son travail en précisant au générique qu’il s’agissait d’un film.
Non-événement télévisuel
Le propos de Monstre sacré s’inspire librement du cas de l’hu­moriste britannique Jimmy ­Saville (1926-2011), vedette du ­petit écran dont il fut révélé, un an après sa mort, qu’il avait été l’auteur de nombreuses agressions sexuelles (près de 300) : Paul Finchley, un célèbre humoriste et présentateur de la télévision britannique, se voit accusé par une ancienne « fan » de l’avoir violée près de trente ans plus tôt.
La presse à scandale en fait ses choux gras, et d’autres victimes présumées, dont l’ancienne baby-sitter de la fille de Paul, accusent l’homme à leur tour. Mais on comprend vite que la réalité est complexe et ambivalente.
La réalisation, habile mais sans relief, ne fait pas de Monstre sacré un événement télévisuel : en montrant la relativité des situations, elle appauvrit le propos au lieu de l’enrichir. Le jeu des acteurs, y compris celui de Robbie Coltrane (connu pour son rôle récurrent dans les films Harry Potter) en Paul Finchley, semble de surcroît rester à la surface du mystère.
Monstre sacré (National Treasure), minisérie créée par Jack Thorne. Avec Robbie Coltrane, Julie Walters, Tim McInnerny (Royaume-Uni, 2016, 4 × 48 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Pour la première fois de l’histoire, un match de Ligue 1, en l’occurrence Nice-PSG dimanche 18 mars, sera diffusé à 13 heures. Didier Quillot, directeur général exécutif de la Ligue professionnelle de Football (LFP), détaille ses stratégies.
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Didier Quillot : « Il faut développer la notoriété de la Ligue 1 »

Pour la première fois de l’histoire, un match de Ligue 1, en l’occurrence Nice-PSG dimanche 18 mars, sera diffusé à 13 heures. Didier Quillot, directeur général exécutif de la Ligue professionnelle de Football (LFP), détaille ses stratégies.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        



   


Pour la première fois de l’histoire, un match de Ligue 1, en l’occurrence Nice-PSG dimanche 18 mars, sera diffusé à 13 heures. La raison ? Séduire le marché asiatique. Didier Quillot, directeur général exécutif de la Ligue professionnelle de Football (LFP), détaille, à cette occasion, ses stratégies.
Programmer un match de Ligue 1 à l’heure du déjeuner dominical a-til été compliqué ?
Même si cet horaire perturbe les habitudes, Canal+ et beIn Sports, qui diffuseront le match en direct, ont bien compris l’importance de cette opération. Par rapport à d’autres pays européens, le football français est très en retard en matière de développement international. Pour développer la notoriété de notre championnat, la Chine est incontournable. Cet immense pays montre une appétence croissante pour le football, comme le prouvent les audiences des grandes rencontres de Premier League anglaise ou de Liga espagnole diffusées à l’heure du déjeuner en Europe et donc en début de soirée en Chine.
Avec la Fédération française de football, la Ligue a ouvert en février 2017 un bureau à Pékin. Parmi les deux salariés, on trouve l’ancienne directrice administrative de la NBA en Chine. La « marque » Ligue 1 se développe à grande vitesse sur les réseaux sociaux chinois. Ce match Nice-PSG, diffusé en direct à 20 heures en Chine, va renforcer notre visibilité. J’ajoute que la rencontre sera également diffusée en direct au Japon, en Thaïlande, en Malaisie, à Hong-Kong et à Singapour.
Vous pensez que cette affiche va attirer du monde ? 
Les Chinois sont friands de marque. Et le PSG d’aujourd’hui, c’est un peu comme Vuitton. Nice est aussi une marque connue en Asie. La ville bien sûr, mais aussi le club local dont les actionnaires majoritaires sont chinois.
Ne pensez-vous pas que seul le PSG est « vendeur » à l’étranger ?
Non. Pour diverses raisons, des clubs comme l’Olympique lyonnais, l’AS Monaco ou l’Olympique de Marseille ont aussi du potentiel que nous devons développer à l’international.
Avez-vous d’autres opérations en vue pour séduire les Chinois ?
Fin mars, à l’occasion de la finale de la Coupe de la Ligue entre le PSG et Monaco, nous allons inviter une dizaine de médias chinois au match qui se déroulera à Bordeaux. Et la saison prochaine, nous diffuserons en Chine d’autres matches de L1 en direct.
La Ligue a t-elle des ambitions sur le continent américain ?
Bien sûr. L’arrivée de Neymar au PSG n’a fait que renforcer l’intérêt des médias brésiliens pour la Ligue 1, intérêt qui existe depuis quelques années avec la présence de nombreux joueurs sud-américains dans notre championnat. Sur le territoire nord-américain, nous partons de plus loin. Je me suis rendu aux Etats-Unis en janvier, en compagnie notamment de Youri Djorkaeff et Didier Drogba, nos « ambassadeurs ». J’ai tenté de flécher des investisseurs américains vers la France plutôt que l’Angleterre, ce qui n’est pas simple ! La Premier League est très populaire aux Etats-Unis, la Ligue 1 beaucoup moins. Mais nous allons y arriver. Et le décalage horaire avec le continent américain est plus facile à gérer qu’avec l’Asie.
Pour « vendre » la Ligue 1 à l’étranger, faut-il améliorer la qualité du « produit » télévisé ?
Nous y travaillons avec les diffuseurs et les clubs. Afin de proposer un rendu plus dynamique, plus immersif dans le match, nous avons changé des angles de captation, les placements de certaines caméras. Nous demandons aux clubs de remplir la tribune (et son éventuel premier niveau) située face à la caméra principale. Les clubs savent que les droits TV sont stratégiques. Mais dans certains stades, vieillissants et donc peu adaptés, le travail est difficile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Au terme d’un très long voyage dans l’hémisphère Sud, la chorégraphe a conçu « PacifikMeltingPot », spectacle évolutif et puissant joué par dix artistes de Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande et Japon.
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L’archipel chorégraphique de Régine Chopinot


                      Au terme d’un très long voyage dans l’hémisphère Sud, la chorégraphe a conçu « PacifikMeltingPot », spectacle évolutif et puissant joué par dix artistes de Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande et Japon.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h54
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h17
    |

                            Rosita Boisseau








   


Depuis « Very Wetr ! », en 2012, au Festival d’Avignon, la chorégraphe Régine Chopinot n’avait plus donné de nouvelles. La revoilà avec PacifikMeltingPot, performance rare portée par dix artistes de Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande et Japon, fruit d’un très long voyage dans l’hémisphère Sud entamé en 2009. « Après avoir quitté le Centre chorégraphique national de La Rochelle, que j’ai dirigé de 1986 à 2008, j’ai eu envie de questionner mon travail en observant comment d’autres danseurs ou chanteurs transmettent leur art, raconte-t-elle. Intuitivement, je suis allée vers le plus grand continent liquide de la planète, l’océan Pacifique, à la rencontre de cultures insulaires. » 
Mise en commun des cultures
Régine Chopinot a toujours surpris et séduit sans jamais s’enfermer dans aucune catégorie. Elle a ainsi travaillé avec de nombreux artistes, tous surprenants, comme Jean Paul Gaultier, ou Françoise et Dominique Dupuy, pionniers de la scène chorégraphique depuis les années 1950, en maintenant le cap de son art. En compagnie des vidéastes João Garcia et Jean-Baptiste Warluzel, Régine Chopinot a d’abord atterri à Nouméa, avant de filer sur l’île de Lifou, pour rencontrer un groupe de musiciens. De fil en aiguille, elle arrive à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Là encore, une troupe l’accueille pour troquer des histoires, des chants… Au hasard de son retour en France, elle fait un stop à Tokyo et retrouve des complices de création. « Dans chaque groupe, nous avons mis en commun des paroles, des rythmes, des langues qui se sont peu à peu transformés, poursuit-elle. Des chants maoris étaient dits en kanak, revisités en japonais. C’est comme en cuisine, on mélange, on laisse faire le temps. »

Après trois ans d’échanges, le spectacle s’élabore peu à peu. « À force de rendez-vous, nous avons accumulé beaucoup de matériaux. Le temps est un tamis très efficace. Certains éléments résistent à la durée, d’autres s’évanouissent. » Encore fallait-il pouvoir finaliser cette « réunion d’artistes » selon la formule de Chopinot. Car cette gestation au long cours, qui a rassemblé ponctuellement une quarantaine de personnes dont les noms sont énumérés pendant le spectacle, a généré une économie particulière. « Nous avons passé des mois entiers sans nous voir pour que je puisse l’année suivante mettre au point des rencontres dans l’un ou l’autre pays, explique-t-elle. Nous avons été mis à l’épreuve du temps et de l’éloignement géographique. » PacifikMeltingPot a d’abord été créé au Japon en 2015, puis à Nouméa en 2016. « Lorsque nous nous retrouverons pour cette tournée française, il y aura un an et demi que nous ne nous serons pas vus, glisse-t-elle. PacifikMeltingPot est comme un serpent de mer : parfois il se montre, parfois il replonge dans les profondeurs sous-marines mais il continue à être là, à me travailler. »
« PacifikMeltingPot », de Régine Chopinot, MC93, 9, bd Lénine, Bobigny (93), du 16 au 20 mars. www.mc93.com ; et à la MC2 de Grenoble du 22 au 24 mars. www.mc2grenoble.fr



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Pour départager les 72 talents sélectionnés lors des auditions à l’aveugle, une nouvelle épreuve a été mise en place par la production de l’émission : l’audition finale.
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« The Voice » met en place une nouvelle épreuve

Pour départager les 72 talents sélectionnés lors des auditions à l’aveugle, une nouvelle épreuve a été mise en place par la production de l’émission : l’audition finale.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h14
    |

                            Camille Langlade








                        



   


Les auditions à l’aveugle de « The Voice » se sont terminées samedi 10 mars sur TF1. Habituellement, elles étaient suivies des battles puis de l’épreuve ultime, avant de laisser place aux phases finales en direct. Pour cette septième édition, la société de production de l’émission, ITV Studios France, a décidé de mettre en place une nouvelle épreuve : l’audition finale. Un moyen de renouveler le scénario bien huilé du télécrochet à succès.
Lors de cette seconde audition, les 72 candidats restants vont devoir rechanter devant les membres du jury, Zazie, Mika, Florent Pagny et Pascal Obispo, qui auront cette fois leurs fauteuils retournés. L’enjeu pour les coachs est de « vérifier » qu’ils ont fait le bon choix, qu’ils ne se sont pas trompés. Pour chaque équipe, trois talents se succéderont sur scène, avec un objectif : se différencier et « surprendre » le jury.
À l’issue de chaque prestation, un candidat sur trois continuera l’aventure. Néanmoins, chaque juré a la possibilité de « voler », autrement dit de « repêcher », jusqu’à deux talents éconduits dans les équipes adverses, en appuyant sur leur fameux bouton rouge. Petit bémol : seuls six candidats au total peuvent être récupérés.
La prochaine phase de « The Voice » verra s’affronter les candidats en duels, au cours de battles revisitées. Viendront ensuite les primes en direct. Cette nouvelle mouture est censée redynamiser le programme phare de TF1, qui a rassemblé 5,7 millions de téléspectateurs samedi 10 mars (source : Médiamétrie).
« The Voice », samedi 17 mars à 21 heures sur TF1.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Une exposition s’essaie, avec les moyens de la scénographie contemporaine, à recréer l’étendue et à faire revivre l’attrait de l’ensemble pittoresque de Malmaison.
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Dans les jardins de l’impératrice Joséphine

Une exposition s’essaie, avec les moyens de la scénographie contemporaine, à recréer l’étendue et à faire revivre l’attrait de l’ensemble pittoresque de Malmaison.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h04
    |

            Lucien Jedwab








                        



   


Joséphine de Beauharnais (1763-1814) a eu un destin peu commun. Elle a laissé à la postérité un personnage aussi romancé que celui de Marie-Antoinette. Et comme cette dernière avec le Petit Trianon, son nom est attaché à un jardin exceptionnel, celui de Malmaison. Jusqu’au 29 avril, une exposition, « Malmaison, un jardin d’expérience », dans l’orangerie du parc attenant de Bois-Préau, s’essaie, avec les moyens de la scénographie contemporaine, à recréer l’étendue et à faire revivre l’attrait de cet ensemble pittoresque. « Digne d’être peint », ce jardin l’était assurément. S’y employa, à la demande de Joséphine elle-même, le peintre Auguste Garnerey (1785-1824), qui fit une série d’aquarelles reproduites dans le livre qui accompagne l’exposition. En dehors de leur charme indéniable, celles-ci constituent un témoignage irremplaçable sur un domaine qui est resté sans équivalent.
Née Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, à la Martinique, la future « Joséphine » épousera un créole et monarchiste comme elle, le vicomte de Beauharnais, qui, lui, finira sur l’échafaud. La rencontre avec le futur général en chef de l’armée d’Italie et les épisodes suivants sont connus. Simultanément, elle n’eut de cesse de faire du domaine acquis en son propre nom en 1799 un paradis verdoyant lui rappelant ses « Isles ». Grâce aux libéralités du tout-puissant mari qui l’avait néanmoins répudiée, elle entrepris d’étendre les jardins, par une succession d’acquisitions qui portèrent la surface du domaine à plus de 700 hectares (réduits à… 6 aujourd’hui). Son réel intérêt pour la botanique la conduisit à recourir aux services des meilleurs savants, jardiniers ou illustrateurs de son temps.
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        « Vue du pont de bois sur la rivière à la gauche du château », par Auguste Garnerey, aquarelle  (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
            data-slide-description="La végétation exubérante du jardin pittoresque, magnifiée par l’artiste, devait rappeler à Joséphine celle de ses « Isles » d’Amérique."
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        Les cygnes noirs d’Australie"
            data-slide-description="De rares cygnes noirs d’Australie ont été récemment acclimatés à la Malmaison, comme au temps de Joséphine."
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        « Vue de la façade du château, côté parc », par Auguste Garnerey, aquarelle (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
            data-slide-description="Les bordures fleuries, extrêmement travaillées, habillent littéralement le château."
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        La façade du château, côté parc, avec, au premier plan, le cèdre de Marengo"
            data-slide-description="« Arbre remarquable », ce cèdre du Liban a été planté par Napoléon et Joséphine, en 1800, afin de commémorer la bataille de Marengo."
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        Vue actuelle d’une aile du château, du côté de l’entrée du domaine"
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        « Vue du parc, prise du château », par Auguste Garnerey, aquarelle (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
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        « Promenade de l’impératrice et de sa suite sur le lac, près de la serre chaude », par Auguste Garnerey, aquarelle (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
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        La statue dite de Neptune et le monument à la mélancolie"
            data-slide-description="L’original de la statue dite de Neptune (conservée dans le pavillon des Ecuries) est une sculpture italienne du XVIe siècle. Le bas-relief qui ornait la stèle en pierre évoquait le sommeil et l’oubli. (Il est actuellement au Metropolitan Museum de New York.)"
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        « Le Petit Pavillon du parc de Malmaison », par Louis-Hipppolyte Le Bas  (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
            data-slide-description="Ce pavillon au dessin original aurait servi de cabinet d’été à Napoléon. Il était alors recouvert de chaume. L’intérieur était décoré de gravures représentant des vues d’Egypte et des costumes égyptiens."
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        Le pavillon d’été aujourd’hui"
            data-slide-description="Les transformations de cette « fabrique » de jardin furent faites au XIXe siècle (notamment le remplacement du chaume du toit par de l’ardoise)."
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        « La Serre chaude  », par Auguste Garnerey, aquarelle (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
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        « Vue de la vacherie dans le bois de Saint-Cucufa », par Auguste Garnerey, aquarelle (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
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        « Les Cangourons (sic) à la Malmaison », par Bourgeois, estampe (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
            data-slide-description="De nombreuses espèces animales exotiques ont été acclimatées pour la première fois en Europe dans la ménagerie de la Malmaison."
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        « Bouquet de roses  », par Anne Vallayer-Coster (an XII [1804]), aquarelle gouachée  (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)"
            data-slide-description="Cette œuvre délicate, très « Ancien Régime », qui faisait partie de l’inventaire de la Malmaison en 1814, a été acquise en 2017. Elle devrait être prochainement présentée."
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« Vue du pont de bois sur la rivière à la gauche du château », par Auguste Garnerey, aquarelle  (Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau)            
La végétation exubérante du jardin pittoresque, magnifiée par l’artiste, devait rappeler à Joséphine celle de ses « Isles » d’Amérique.

RMN/FRANCK RAUX
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La plus grande serre chauffée de l’époque
Pour approvisionner son jardin en plantes rares ou exotiques, elle bénéficia d’envois de pépiniéristes… anglais (malgré le blocus continental !) ou des retours des scientifiques ayant accompagné les expéditions napoléoniennes. Pour faire l’inventaire des roses et pivoines de son jardin, elle fit appel au fameux aquarelliste Pierre-Joseph Redouté. Et c’est à un botaniste de renom, Aimé Bonpland, qu’elle confia l’intendance de son domaine. Avant de faire construire la plus grande serre chauffée de l’époque, accolée au château de la Petite Malmaison. Celui-ci est aujourd’hui une propriété privée – que l’on peut visiter –, séparée du domaine lors d’un des nombreux lotissements du XIXe siècle. C’est l’extérieur et l’intérieur (à la perspective déformée par l’artiste…) de cette serre chaude, détruite en 1827, qui ont été représentés par Auguste Garnerey dans deux de ses aquarelles. Qui ont également servi à la spectaculaire modélisation en 3D présentée dans l’exposition.

   


Les volières installées près des caisses d’orangers rappellent que de nombreuses espèces animales aussi ont été acclimatées ici pour la première fois, dont des « cangourons » (sic) et des rares cygnes noirs d’Australie (dont quelques couples viennent d’être récemment réinstallés). Des moutons mérinos, « prêtés » pour l’occasion par le domaine de Rambouillet, rappellent l’importante activité fermière qui a également régné sur ce domaine étonnamment précurseur.
« Malmaison : un jardin d’expérience », exposition présentée dans l’orangerie du parc de Bois-Préau (attenant au parc de la Malmaison), du mercredi au dimanche, de 12 heures à 17 h 30, jusqu’au 29 avril. Auguste Garnerey : vues du jardin de Joséphine, par Christophe Pincemaille, Editions des Falaises/Réunion des musées nationaux, 64 p., 21 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dès l’été 1968, des penseurs ont tenté d’analyser le mouvement qui venait à peine de s’achever. Voici des extraits de textes de l’époque.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Edgar Morin, Paul Ricœur, Raymond Aron, Alain Touraine... ce qu’ils ont écrit à chaud sur Mai 68

Dès l’été 1968, des penseurs ont tenté d’analyser le mouvement qui venait à peine de s’achever. Voici des extraits de textes de l’époque.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 14h50
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h49
   





                        



                                


                            

Comment les intellectuels ont-ils analysé, sur le moment, le mouvement qui a secoué la France en mai et juin 1968 ? Réponses avec quatre textes publiés entre le printemps et l’été qui a suivi les événements.
Raymond Aron : « Cette révolution a été à la fois anachronique et futuriste »
« Un psychodrame », c’est ainsi que le philosophe (1905-1983) a interprété la révolte étudiante de Mai dans La Révolution introuvable (Fayard), publié en juillet 1968. Mais s’il moque l’« anachronisme » de la « commune estudiantine », il voit un « contenu moderne », donc selon lui légitime, dans les aspirations des cadres d’entreprise à une « décentralisation du pouvoir de décision ».
Edgar Morin : « Une extase de l’histoire »
Le sociologue, qui enseigne brièvement à l’université de Nanterre au printemps 1968, observe les événements avec sympathie. Dans une série d’articles écrit pour Le Monde pendant les événements, par la suite repris dans l’ouvrage collectif Mai 1968 : la brèche (Fayard), il salue notamment la « commune étudiante », « riche, folle, géniale comme une révolution », et s’interroge sur son devenir : finira-t-elle en s’étiolant dans la confusion ou en trouvant la force de sa métamorphose ?
Paul Ricœur : « L’Occident est entré dans une révolution culturelle »
En 1968, le philosophe enseigne à la faculté de Nanterre et suit de près les événements. « Cette révolution attaque le nihilisme d’une société qui, tel un tissu cancéreux, n’a pas d’autre but que sa propre croissance », écrit-il notamment dans l’une des trois contributions qu’il livre au Monde en juin 1968. Nous republions un extrait de ces textes, qui ont été par la suite repris dans la revue Esprit.
Alain Touraine : « Une nouvelle lutte des classes »
Le sociologue, alors professeur à l’université de Nanterre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’acteur, qui a joué dans plus de 120 films après avoir incarné le renouveau du théâtre russe à la fin des années 1950, s’est éteint le 12 mars, à l’âge de 82 ans.
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La mort de l’acteur russe Oleg Tabakov

L’acteur, qui a joué dans plus de 120 films après avoir incarné le renouveau du théâtre russe à la fin des années 1950, s’est éteint le 12 mars, à l’âge de 82 ans.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h41
    |

Joël Chapron







                        



                                


                            

Avec sa bouille ronde et ses grands yeux étonnés, sans doute Oleg Tabakov restera-t-il chez les spectateurs étrangers l’incontournable Oblomov du film Quelques jours de la vie d’Oblomov que Nikita Mikhalkov tourna en 1979, adapté du roman éponyme d’Ivan Gontcharov. Mais, pour les Russes, Oleg Tabakov, qui est mort le 12 mars à l’âge de 82 ans, a avant tout incarné le renouveau du théâtre au moment du « dégel » khrouchtchévien de la fin des années 1950, avant de devenir l’un des acteurs les plus populaires de sa génération.
Né le 17 août 1935 à Saratov, il entre à l’Ecole-studio du Théâtre d’art académique de Moscou (MKhAT) en 1953 et, avant même de terminer ses études, joue pour la première fois au cinéma dans Le Nœud serré, de Mikhaïl Chveïtzer (1956), qui, considéré comme « idéologiquement corrompu », sort amputé et remanié sous le titre Sacha entre dans la vie, avant de retrouver sa version complète en 1988.
Un théâtre dans une cave
Le jeune acteur est, cette même année du XXe Congrès du Parti prônant la déstalinisation, l’un des cofondateurs du théâtre Sovremennik qui deviendra l’une des principales scènes moscovites. Il est l’un des acteurs phares de la troupe de 1957 à 1983, qu’il dirigera de 1970 à 1976. C’est dans ce théâtre que seront particulièrement appliqués les préceptes de jeu de Stanislavski et de Nemirovitch-Dantchenko.
Son interprétation de Khlestakov dans Le Revizor, de Gogol, qu’il jouera jusqu’à Prague en 1968, assoit sa notoriété nationale et internationale. Il fonde en 1977 son propre théâtre dans une cave de Moscou, surnommé Tabakerka (la « tabatière », en jeu de mots sur son nom), qui conquiert critiques et public, mais se voit refuser un statut officiel et condamner à fermer en 1982, avant d’être enfin reconnu pendant la période de la « perestroïka », en 1987.
Il prend la tête du théâtre d’art Anton-Tchekhov en 2000, sans avoir pour autant jamais cessé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Les timbres-poste constituent une façon originale – et moins coûteuse – de s’intéresser à l’art.
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Des timbres d’artistes à petits prix

Les timbres-poste constituent une façon originale – et moins coûteuse – de s’intéresser à l’art.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 13h25
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h15
    |

            Pierre Jullien








                        



                                


                            

Philatélie. Picasso, Fernand Léger, Klimt, Rodin, Othoniel, Christo, Folon… Tous ces artistes, et bien d’autres, Français ou ayant entretenu un rapport particulier avec la France, ont vu leurs œuvres enrichir la « Série artistique », créée en 1961, avec des timbres grand format. A l’époque, la première série de quatre valeurs compte une œuvre d’un peintre vivant, « Le Messager », de Braque puis « Nus bleus » de Matisse, « Les Joueurs de cartes » de Cézanne et « 14-Juillet » de Roger de la Fresnaye…

Miro a été le premier artiste à être mis à contribution pour une création originale éditée en 1974 dans cette série artistique, qui s’ouvre à la sculpture, aux vitraux, aux fresques et mosaïques et à la tapisserie… Jusqu’aux fresques de la grotte de Lascaux et « La Joconde » imprimées sur des timbres qui offrent ainsi la possibilité de se constituer son propre musée idéal à moindres frais…
Parfois, La Poste fait appel à des artistes de renom pour des timbres aux formats plus « standards », comme Galanis, Toffoli, Decaris, Michel Ciry, Moretti par le passé, Tomi Ungerer, Loustal, Ben ou C215 pour le présent.

Ce premier trimestre propose quelques créations contemporaines et hommages plus classiques, avec des timbres signés Sonia Rykiel (1930-2016), Léonard Foujita (1886-1968), François Pompon (1855-1933), Frantisek Kupka (1871-1957) et Annette Messager (née en 1943).
On commence avec les désormais traditionnels timbres en forme de cœur parus le 15 janvier, à 0,80 euro, 1,60 euro, édités en tout à plus de 3 millions d’exemplaires, à l’occasion de la saint-Valentin… C’est la maison Sonia Rykiel qui s’y est collée cette année, « sous la direction créative de Julie de Libran ». Sonia Rykiel succède ainsi à Yves-Saint-Laurent (2000), Christian Lacroix (2001), Torrente (2003), Lagerfeld (2004) ou Balmain en 2017.

Puis La Poste a mis en vente générale, le lundi 29 janvier, un timbre à 1,90...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ L’écrivain et réalisateur franco-américain, très remarqué pour son prix Goncourt en 2006, « Les Bienveillantes », signe un nouveau roman, « Une vieille histoire ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Jonathan Littell : « Je m’intéresse aux pulsions, sous toutes leurs formes »

L’écrivain et réalisateur franco-américain, très remarqué pour son prix Goncourt en 2006, « Les Bienveillantes », signe un nouveau roman, « Une vieille histoire ».



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 16h19
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Une vieille histoire. Nouvelle version, de Jonathan Littell, Gallimard, 384 p., 21 €.

Douze ans après Les Bienveillantes (Gallimard, 2006), dont la noirceur n’avait pas rebuté le million de lecteurs qui avaient accepté d’adopter, durant quelque 900 pages, le point de vue d’un officier SS durant la seconde guerre mondiale, il signe Une vieille histoire (nouvelle version). En sept chapitres, le roman reprend, revisite et redéploie la matrice d’un texte sorti en 2012 aux éditions Fata Morgana.
Prolongeant et approfondissant la structure obsessionnelle de celui-ci, le roman propose sept variations sur une même trame narrative. Au début de chaque chapitre, un narrateur nage dans une piscine. Quand il en sort, c’est pour s’engouffrer dans un couloir obscur, et franchir les portes que le hasard, ou son inconscient, le conduisent à pousser. Chacune d’elle ouvre sur un territoire (une maison, une chambre d’hôtel, un studio, un espace plus vaste, une ville ou une zone sauvage), dans lequel se remettent en jeu, selon des modalités chaque fois différentes, les relations humaines fondamentales (ou leur absence), telles que la famille, le couple, la solitude, le groupe ou la guerre.
Roman fascinant par sa capacité à relancer sans cesse la curiosité du lecteur à l’égard d’un récit dont les motifs ne cessent de se charger d’une valeur nouvelle, Une vieille histoire ne ménage, pas plus que ne le faisaient Les Bienveillantes, la sensibilité du lecteur. Des relations sexuelles sous toutes leurs formes à la guerre selon toutes ses modalités, il explore et met en lumière les formes obscures de violence et de domination qui mettent le monde en mouvement, et dont le métier de vivre exige de s’accommoder.
Pourquoi avez-vous éprouvé le besoin de proposer une « nouvelle version » d’un livre déjà publié ?
Ce n’est pas si original que cela. D’autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Rémy Poncet alias Chevalrex signe « Anti Slogan », son troisième album. Le chanteur, jusque-là artisan solo de sa pop mélodique, a collaboré avec trois instrumentistes. Résultat : dix chansons chatoyantes et intimistes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                
                                    

Chevalrex, preux musicien pop


                      Rémy Poncet alias Chevalrex signe « Anti Slogan », son troisième album. Le chanteur, jusque-là artisan solo de sa pop mélodique, a collaboré avec trois instrumentistes. Résultat : dix chansons chatoyantes et intimistes.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h34
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                            Stéphane Davet








   


Rémy Poncet a longtemps envisagé la musique comme un art du bricolage. Que ce soit sous son nom d’artiste, Chevalrex, ou comme micro-entrepreneur, avec un label, Objet Disque, qui le voyait produire des groupes comme Midget ! ou Grand Veymont. Après un premier album, Catapulte, à tirage plus que réduit (200 exemplaires), et un second en 2016, Futurisme, l’exposant davantage à la lumière, voici un troisième, Anti Slogan, qui confirme que ses symphonies de poche gagnent à ne pas rester des plaisirs solitaires.
Débuts dans l’indie rock
Aujourd’hui parisien, le chanteur s’est d’abord fait connaître comme militant pop dans sa Valence (Drôme) natale. Un frère aîné lui fait connaître l’indie rock. Ils forment Les Frères Nubuck. Chacun a depuis tracé sa route. Le grand frère, connu sous le nom de Gontard, adepte d’une chanson électro plus anxiogène, a publié cet hiver un nouvel album, Tout naît/Tout s’achève dans un disque. Rémy Poncet est marqué par l’esthétique du label français Lithium, accueillant, au début des années 1990, les premières productions de Dominique A, Bertrand Betsch ou Jérôme Minière. À 15 ans, il se procure une guitare, un synthétiseur et un magnéto, pour mettre à son tour la main à la pâte. « Je n’ai jamais fait de musique pour le plaisir de la pratique instrumentale, précise Chevalrex. Dès l’adolescence, mon but a été de mettre en boîte de courtes créations. »

À sa démarche d’artisan pop s’ajoute un goût de la création visuelle qui mènera parallèlement le jeune homme au métier de graphiste. D’abord actif au sein d’une petite scène valentinoise, dopée par la réussite du groupe local Dionysos, le jeune Poncet affirme doucement l’identité d’un projet Chevalrex entre délicatesse et ambition orchestrale. Fruit de sa passion pour les miniatures symphoniques des Beach Boys ou le lyrisme intimiste des Tindersticks, le second album, Futurisme, marque l’apogée et la fin d’une méthode. « L’intérêt suscité par ce disque m’a poussé à m’impliquer à plein temps dans la musique et à ne plus tout faire par moi-même », reconnaît celui qui, pour l’occasion, a délaissé ses activités graphiques tout en se rapprochant d’autres musiciens.
L’unique démiurge de Chevalrex invite ainsi trois instrumentistes à inventer avec lui les bases d’Anti Slogan. Aux côtés du batteur Sylvain Joasson (Mendelson, Phoebe Killdeer…) et du multi-instrumentiste Olivier Marguerit, alias O, (Syd Matters…), l’élégance ultracréative du guitariste Mocke (ex-Holden, dont les albums solo sont publiés par Objet Disque) fait des merveilles. « Mocke possède la liberté d’un saxophoniste de jazz », s’enthousiasme Poncet. De retour dans sa chambre, Chevalrex a ensuite modelé la matière de ses sessions en dix chansons, avant de les décorer d’arrangements enregistrés à Skopje, en Macédoine, avec un orchestre de trente musiciens. Pour un ensemble coloré, entre souffle romantique et confidence, parfait pour évoquer ce qu’il définit dès la première chanson de l’album, comme « moi face aux mouvements du cœur, moi face au monde et ses lueurs ».
Album « Anti Slogan » (Vietnam/Because). Concerts : le 24 mars, festival Nouvelle(s) Scène(s) (Niort) ; le 29 mars, aux Étoiles (Paris) ; le 9 avril, au Tétris (Le Havre). Renseignements : www.chevalrex.net



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’exposition « Malmaison, un jardin d’expérience » fait revivre les grandes heures du domaine à l’époque de l’impératrice Joséphine
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ En juin 1968, le philosophe publiait dans « Le Monde » trois contributions, dont voici un extrait. Elles ont été reprises dans la revue « Esprit ».
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Paul Ricœur en 1968 : « L’Occident est entré dans une révolution culturelle »

En juin 1968, le philosophe publiait dans « Le Monde » trois contributions, dont voici un extrait. Elles ont été reprises dans la revue « Esprit ».



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h06
   





                        



                                


                            
En 1968, alors professeur de philosophie à la faculté des lettres et sciences humaines de Nanterre, Paul Ricœur suit de près les événements. Plutôt en phase avec les étudiants, préconisant le dialogue, il figure, au côté d’Alain Touraine, parmi ceux qui, devant la commission disciplinaire, défendent Daniel Cohn-Bendit, alors menacé de renvoi. Dans l’une des trois contributions qu’il donne au Monde en juin 1968, il interprète la situation comme une ­ « révolution culturelle » qui attaque une « société de non-sens ». Ce texte sera reproduit dans la revue Esprit (datée de juin-juillet 1968) sous le titre « Réforme et révolution dans l’université ».
« Les signes sont maintenant éloquents : l’Occident est entré dans une révolution culturelle qui est bel et bien sa révolution, la révolution des sociétés industrielles avancées, même si elle fait écho ou emprunte à la chinoise. C’est une révolution culturelle, parce qu’elle met en cause la vision du monde, la conception de la vie, sous-jacentes à l’économique, au politique et à l’ensemble des rapports humains.
« Cette révolution attaque le nihilisme d’une société qui, tel un tissu cancéreux, n’a pas d’autre but que sa propre croissance »
Cette révolution attaque le capitalisme, non seulement parce qu’il échoue à réaliser la justice sociale, mais aussi parce qu’il réussit trop bien à séduire les hommes par son projet inhumain de bien-être quantitatif. Elle attaque la bureaucratie, non seulement parce que celle-ci est lourde et inefficace, mais parce qu’elle met les hommes en position d’esclaves à l’égard de l’ensemble des pouvoirs, des structures et des rapports hiérarchiques qui leur sont devenus étrangers. Elle attaque enfin le nihilisme d’une société qui, tel un tissu cancéreux, n’a pas d’autre but que sa propre croissance. Face à la société du non-sens, elle tente de donner le pas à la création des biens, des idées et des valeurs, sur leur consommation. L’entreprise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ En 2008, le philosophe montrait que la « pensée anti-68 » attribuait aux événements de Mai la crise des valeurs occidentales. Dix ans plus tard, il constate dans ces milieux une surenchère conservatrice.
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Serge Audier : « Le discours anti-68 s’est radicalisé »

En 2008, le philosophe montrait que la « pensée anti-68 » attribuait aux événements de Mai la crise des valeurs occidentales. Dix ans plus tard, il constate dans ces milieux une surenchère conservatrice.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h23
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            

Serge Audier enseigne la philosophie morale et politique à l’université Paris-IV. Dernier ouvrage paru : La Société écologique et ses ennemis. Pour une histoire alternative de l’émancipation (La Découverte, 2017).
Vous avez publié en 2008 « La Pensée ­anti-68 », un ouvrage dans lequel vous étudiez la genèse de la critique des événements de Mai. Dix ans plus tard, ce discours a-t-il beaucoup changé ?
Dans les milieux conservateurs de la droite et de l’extrême droite françaises, le discours s’est radicalisé. Sous le quinquennat de François Hollande, La Manif pour tous s’est voulue un Mai 1968 à l’envers : semblant parfois mimer l’activisme subversif soixante-huitard, elle a accentué la rhétorique conservatrice sur le déclin des valeurs, de l’autorité et des cadres familiaux.
La croisade « anti-genre » a instrumentalisé la cause de la nature, avec la revue Limite et son « écologie intégrale ». S’ils se réclament du pape François, certains de ses protagonistes ont des affinités avec les milieux catholiques intégristes et d’extrême droite, qui n’ont jamais digéré l’émancipation des femmes. Enfin, le contexte international pèse en ce sens, avec l’élection de Donald Trump, incarnation d’un « virilisme » haïssant les luttes des années 1960 des Noirs, des femmes et des homosexuels.
Il suffit en outre de parcourir la littérature monotone des milieux conservateurs pour saisir leur détestation de ce qu’ils appellent parfois le « libéralisme libertaire », fruit empoisonné de Mai 1968. Le philosophe catholique Pierre Manent voit ainsi dans Mai 1968 une catastrophe individualiste décomposant l’Etat-nation, l’intellectuel François-Xavier Bellamy fustige la mise à mort de la transmission culturelle contenue dans la sociologie de Pierre Bourdieu, l’essayiste Bérénice Levet, proche d’Alain Finkielkraut, accuse la génération de 68 d’avoir décomposé la famille, l’école et la nation.
« Le parti Les Républicains...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Zoya Cherkassky présente au Musée d’Israël ses tableaux et dessins consacrés depuis 2009 aux migrants de l’ex-URSS, arrivés comme elle au début des années 1990.
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La vérité colorée d’une peintre israélienne sur l’alya de l’ex-URSS

Zoya Cherkassky présente au Musée d’Israël ses tableaux et dessins consacrés depuis 2009 aux migrants de l’ex-URSS, arrivés comme elle au début des années 1990.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h20
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE JÉRUSALEM
« Vous pouvez m’appeler russe si vous voulez ! » On pourrait, mais il n’y a pas de raison. Zoya Cherkassky est née à Kiev, en Ukraine. Elle y a grandi, avant d’arriver en Israël à l’âge de 13 ans, en 1991. « Pour la plupart d’entre nous, ce premier voyage à l’étranger fut un choc. Beaucoup ont réalisé seulement en arrivant ici qu’Israël ne se trouvait pas en occident, que ce n’était pas le rêve américain hors des Etats-Unis. Moi, j’ai eu un atterrissage confortable car j’ai été dans une école d’arts près de Tel Aviv. Jusqu’à l’âge de 30 ans, j’étais persuadée que 90 % des Israéliens étaient abonnés à Studio magazine ! » Ainsi parle et peint Zoya : avec humour, distance et caricature, se jouant des stéréotypes.
Inaugurée le 10 janvier à Jérusalem au Musée d’Israël – une consécration remarquable à son âge –, l’exposition de Zoya Cherkassky est intitulée « Pravda », ou vérité. Elle présente ses tableaux et ses dessins consacrés depuis 2009 aux migrants de l’ex-URSS, arrivés au début des années 1990. Elle y mélange souvenirs collectifs et personnels, dans une évocation émouvante et saisissante du choc des cultures. Ils étaient un million à avoir choisi l’alya (l’émigration vers Israël). Certains se sentaient juifs et en connaissaient le prix du sang, payés par leurs parents ou leurs proches en raison des politiques antisémites du régime communiste. D’autres ont découvert, ou retrouvé leurs racines, en envisageant de quitter leur pays, plongé dans le chaos.
Une intégration massive, rapide, réussie. Heurtée, aussi.
Quelle que fut leur familiarité avec le judaïsme et Israël, ces ressortissants de l’ancien espace soviétique ont tous vécu une intégration accélérée. ils ont conservé la pratique du russe, mais en une seule génération, leurs enfants sont parfois plus à l’aise en hébreu. Ils continuent à acheter du hareng et des charcuteries dans des épiceries tenues par leurs compatriotes, à lire des journaux et à regarder...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le sociologue a écrit pour « Le Monde » une série d’articles pendant les événements, par la suite repris dans l’ouvrage collectif « Mai 1968 : la brèche ». Voici l’extrait du texte publié le 21 mai 1968.
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Edgar Morin en 1968 : « Une extase de l’histoire »

Le sociologue a écrit pour « Le Monde » une série d’articles pendant les événements, par la suite repris dans l’ouvrage collectif « Mai 1968 : la brèche ». Voici l’extrait du texte publié le 21 mai 1968.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h33
   





                        



                                


                            
Au printemps 1968, Edgar Morin remplace pour une courte durée à l’université de Nanterre le sociologue Henri Lefebvre. Observateur sympathisant, il est persuadé que les événements qui se déroulent sous ses yeux créeront une brèche dans la société occidentale. Pour Le Monde, il écrit alors une série d’articles à chaud. Celui-ci date du 21 mai et sera repris dans l’ouvrage qu’il cosigne avec ses compagnons de vie intellectuelle et politique, Claude Lefort et Cornélius Castoriadis, Mai 1968 : la brèche (Fayard). Comment cette « commune étudiante » finira-t-elle, s’interroge-t-il ? En s’étiolant dans la confusion ou en trouvant la force de sa métamorphose ?
« En fait, la commune étudiante est presque une révolution pour avoir joué en une seule toutes les révolutions rêvées et défié réellement l’ordre établi. Elle est riche, folle, géniale comme une révolution. Comme une révolution, elle est une explosion utopique et uchronique, et pourtant bien enracinée dans un lieu et un temps. Comme une révolution, elle est une extase de l’histoire. Comme une révolution, elle fait communiquer les individus et les groupes qu’elle transporte dans la fraternité et la générosité. Comme une révolution, elle a porté les individus, quelquefois, oui, au plus bas d’eux-mêmes, mais le plus souvent au meilleur. Je songe à ces gamins n’attendant qu’une seule chose tout au long d’un vendredi : la libération de leurs camarades inconnus, étudiants et non étudiants, français et étrangers ; ces agrégatives quittant l’examen préparé avec tant d’efforts, ces militants se vouant à la cause ouvrière.
Bien sûr, cette quasi ou péri-révolution n’a pas toutes les qualités. Même chez les anarchistes, le sens libertaire ne s’accompagne pas vraiment de ce sens libéral que donne l’expérience de la vraie dictature, ni de cette lucidité à distinguer les mots des choses que donne l’expérience du communisme d’appareil, ni de cette critique véritablement radicale qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Ce texte du philosophe est extrait de « La Révolution introuvable. Réflexions sur les événements de mai », publié en juillet 1968.
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Raymond Aron en 1968 : « Cette révolution a été à la fois anachronique et futuriste »

Ce texte du philosophe est extrait de « La Révolution introuvable. Réflexions sur les événements de mai », publié en juillet 1968.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 14h17
   





                        



                                


                            
Dans La Révolution introuvable. Réflexions sur les événements de mai (Fayard, 1968), Raymond Aron (1905-1983) échange avec le journaliste Alain Duhamel. Nous sommes en juillet 1968. Le sociologue développe sa célèbre interprétation des événements, celle du « psychodrame ». En effet, explique-t-il, dès lors que le Parti communiste conservait son contrôle sur les ouvriers et n’avait pas d’intentions insurrectionnelles, chacun pouvait se choisir un rôle et se faire plaisir à imiter les grands ancêtres – qui le révolutionnaire, qui Saint-Just, qui Tocqueville – sans que la situation risque de basculer dans la tragédie : « Rien n’était plus frappant que le délire verbal sans mort d’hommes. » L’auteur des Trois essais sur l’Age industriel (Plon, 1966) voit néanmoins poindre dans cette « tragicomédie » des aspirations sociales qui lui semblent raisonnables.
« Ce qu’il y a peut-être de plus original dans la révolution de mai, c’est la part qu’y a prise une certaine bourgeoisie. Dans l’Université, les éléments les plus actifs furent souvent des révolutionnaires venus du 16e arrondissement, ou des assistants, ou des maîtres assistants, petite bourgeoisie ; dans les entreprises industrielles, souvent des cadres se sont sentis dans une position fausse entre des ouvriers qui revendiquaient une augmentation de salaires et une direction qui ne les associait pas à la gestion. Là, j’aperçois une revendication chargée de signification authentique, qui n’a rien à voir avec la commune estudiantine et qui constitue, si je puis dire, le contenu moderne de la révolte apparemment libertaire.
e siècle, et l’assouplissement des organisations, exigence conjointe de la rationalité et de l’humanisation de la société industrielle »
La participation, l’association, ces mots signifient tout et rien, mais la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le bassiste inaugure, jeudi 15 mars, son nouveau club-restaurant. Premiers invités : Manu Katché, Kyle Eastwood, Eric Legnini.
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Sur l’île Seguin, Richard Bona veut faire vibrer le jazz au Nubia

Le bassiste inaugure, jeudi 15 mars, son nouveau club-restaurant. Premiers invités : Manu Katché, Kyle Eastwood, Eric Legnini.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h28
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Bassiste, guitariste, chanteur, auteur-compositeur à la carrière internationale sous son nom ou auprès des musiciens les plus réputés du jazz ou de la pop, Richard Bona, musicien voyageur, a passé ces dernières semaines en allers-retours entre les scènes de concerts et le site de La Seine musicale sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Pas pour venir parler d’un nouvel album, son dernier en date, Heritage, a été publié en 2016 et Bondeko, trio avec Gérald Toto et Lokua Kanza, début novembre 2017, mais pour présenter Le Nubia, son club-restaurant. A la pointe de La Seine musicale, juste en dessous de la somptueuse boule de l’auditorium.

Inauguration jeudi 15 mars avec le groupe du batteur Manu Katché, qui y jouera aussi le lendemain, vendredi, tandis que Bona sera en vol pour Los Angeles, où il est attendu pour un concert. Puis samedi, ce sera l’Amazing Keystone Big Band, la semaine suivante, le contrebassiste Kyle Eastwood, ensuite le pianiste Eric Legnini. En avril sont déjà annoncés le pianiste Jacky Terrasson, la chanteuse China Moses. Bona jouera au Nubia les 24 et 25 avril avant de repartir sur la route, à Orléans, l’Allemagne, la Pologne… Les concerts sont pour le moment programmés du jeudi au samedi, du jazz, des musiques du monde et le dimanche à l’heure du brunch, Bona a prévu de faire entendre de la musique classique : « J’ai fait le tour des conservatoires proches, il y a des musiciens formidables ».
A quelques jours de l’ouverture, visite des lieux. Teintes orange et rouge pastel pour les murs, parquet, scène arrondie à l’avant, « la plus grande d’un petit club, elle fait 50 m2 », annonce, ravi, Richard Bona. A l’étage, sont installées les cabines pour le son et les lumières. Les sièges et banquettes viennent d’être livrés. Capacité d’accueil pour la partie concert de la salle, 140 spectateurs. Pour la partie restaurant, sous la direction du chef Francis Francis...




                        

                        

