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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ En campagne pour l’élection présidentielle de dimanche, le président russe a été rencontrer les habitants de la péninsule.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal semble avoir rendu intenable le statu quo jusqu’ici défendu par Washington.
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Washington sort de l’immobilisme face à Moscou

L’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal semble avoir rendu intenable le statu quo jusqu’ici défendu par Washington.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h07
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


L’immobilisme devenait embarrassant. Depuis des mois, la Maison Blanche temporisait face aux sanctions contre la Russie votées à une écrasante majorité par le Congrès au cours de l’été. Elle avait même laissé passer, le 30 janvier, la date limite fixée par les élus quant à ces sanctions prises en représailles aux interférences prêtées à Moscou lors de la campagne présidentielle de 2016. Le département du Trésor s’était contenté de publier une liste de deux cents noms, tournée en ridicule à Moscou. Il s’est ravisé, jeudi 15 mars, en annonçant une série de sanctions contre Moscou.

        Sur les sanctions :
         

          Washington annonce des sanctions contre Moscou pour son ingérence dans la présidentielle



Un mois plus tôt, le 13 février, au cours de l’audition annuelle au Sénat consacrée aux menaces pesant sur la sécurité des Etats-Unis, Dan Coats, le directeur du renseignement national – approuvé notamment par le prochain secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, alors responsable de la CIA –, avait dit que l’absence de réaction américaine était contre-productive. « Il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait que la Russie estime que ses efforts ont porté leurs fruits et considère les élections de mi-mandat en 2018 comme une cible pour des opérations d’influence », avait-il prévenu.
Immobilisme
Lorsque le sénateur démocrate Jack Reed (Rhode Island) avait demandé aux responsables quelles « actions spécifiques » avaient été demandées par la Maison Blanche « pour contrer et limiter » ces efforts prêtés à la Russie, Dan Coats et le directeur du FBI, Christopher Wray, avaient bien été en peine d’en citer une seule.
« Nous ne pouvons pas faire face à cette menace, qui est sérieuse, avec une réponse de l’ensemble de l’administration, lorsque le chef de cette dernière continue de nier qu’elle existe », s’était agacé le sénateur indépendant du Maine, Angus King. Le 27 février, au cours d’une autre audition au Sénat, le responsable de la NSA, l’amiral Michael Rodgers, avait confirmé n’avoir reçu aucune « autorité » ou des « capacités supplémentaires ».
Cet immobilisme renvoyait aux tergiversations de Donald Trump face à l’analyse du renseignement américain sur l’origine des piratages informatiques et sur la manipulation des réseaux sociaux constatés en 2016. Après une brève rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine, en marge d’un sommet régional au Vietnam, en novembre 2017, le président américain avait ainsi déclaré : « Chaque fois qu’il me voit, il me dit : “Je n’ai pas fait ça”, et je le crois vraiment quand il me le dit. » Donald Trump avait ensuite réitéré sa confiance dans ses services de renseignement.

        Lire :
         

          Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



Statu quo intenable
La réaction de Washington à l’attaque visant un ancien agent russe à Salisbury, au Royaume-Uni, a témoigné initialement de la même réticence. La porte-parole du président, Sarah Sanders, a ainsi refusé de mettre en cause la Russie, lundi, tout en exprimant avec fermeté sa solidarité avec le gouvernement britannique. Le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, qui ignorait alors qu’il s’agissait de son dernier communiqué avant son limogeage, le lendemain, n’a pas hésité, au contraire, à pointer du doigt Moscou.
Mais l’affaire de Salisbury semble avoir finalement rendu le statu quo intenable. En publiant la liste de dix-neuf personnes et de cinq entités russes désormais sanctionnées par un gel d’avoirs et par l’interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec elles, le département du Trésor est passé à l’action. Une partie des cibles renvoie aux inculpations annoncées le 16 février par le procureur spécial chargé d’enquêter sur ces interférences, Robert Mueller. Elles visent treize personnes de nationalité russe, dont un proche du président, Vladimir Poutine. L’acte d’inculpation ne décrit que les manipulations des réseaux sociaux. Le département du Trésor met également en cause des cyberattaques, dont une visant le secteur de l’énergie.
Survenant après l’expulsion de vingt-trois diplomates russes en poste au Royaume-Uni, les sanctions américaines renforcent l’idée d’un front occidental face à la Russie. Elles s’inscrivent dans un véritable climat de guerre froide entre Moscou et Washington, que la riposte attendue des autorités russes ne pourra qu’aggraver.

        Lire aussi :
         

                Ex-espion empoisonné : Londres, Paris, Berlin et Washington accusent Moscou






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ A dix-huit mois des législatives et de la présidentielle, le Parlement a approuvé une réforme qui doit garantir le maintien au pouvoir de l’homme fort d’Ankara.
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Le président Erdogan verrouille le système électoral turc

A dix-huit mois des législatives et de la présidentielle, le Parlement a approuvé une réforme qui doit garantir le maintien au pouvoir de l’homme fort d’Ankara.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h47
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            
Après des heures de débats et d’altercations, le Parlement turc a adopté, mercredi 14 mars à l’aube, une série d’amendements destinés à renforcer la mainmise sur le processus électoral du président, Recep Tayyip Erdogan, et de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).
A dix-huit mois d’une échéance électorale cruciale — municipales en mars 2019, législatives et présidentielle en novembre 2019 —, le « Reis » (« chef« , son surnom) et ses partisans font feu de tout bois pour assurer leur maintien au pouvoir. Le scrutin de 2019 marquera un tournant car c’est alors qu’entrera en vigueur le système d’ « hyperprésidence » voulu par l’homme fort de la Turquie et approuvé par référendum en avril 2017.
Pour garantir son succès, l’AKP a consolidé son alliance avec le Parti de l’action nationaliste (MHP), réalisant la synthèse « islamo-nationaliste » imaginée dès les années 1970, soit la convergence de vue entre les tenants de l’islam politique et les ultranationalistes.
« Le risque de voir les élections se dérouler sous la menace des armes pourrait mettre la pression sur les votants »
Avec 357 sièges sur 550 au Parlement, l’alliance n’a eu aucun mal à faire voter les amendements. A la faveur de ceux-ci, les autorités nomment désormais les responsables des bureaux de vote, dont la localisation peut être modifiée pour raison de sécurité.
Encore plus déroutant, tout électeur peut appeler les forces de l’ordre à intervenir sur les lieux du scrutin s’il se sent lésé d’une manière ou d’une autre, une prérogative jusqu’ici réservée au seul responsable du bureau de vote. « Le risque de voir les élections se dérouler sous la menace des armes pourrait mettre la pression sur les votants », a dénoncé le député Ugur Bayraktutan, du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste).

Par ailleurs, les enveloppes qui contiennent les bulletins mis par les électeurs dans les urnes ne doivent plus être tamponnées par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Fragilisé par le meurtre d’un journaliste, le premier ministre, Robert Fico, a présenté, mercredi, sa démission au président, à condition que des élections anticipées ne soient pas organisées.
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Slovaquie : le vice-premier ministre pressenti pour former le nouveau gouvernement

Fragilisé par le meurtre d’un journaliste, le premier ministre, Robert Fico, a présenté, mercredi, sa démission au président, à condition que des élections anticipées ne soient pas organisées.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h54
   





                        



   


Le président slovaque, Andrej Kiska, a annoncé, jeudi 15 mars, qu’il confierait la formation d’un nouveau gouvernement au vice-premier ministre, Peter Pellegrini, proche du chef du gouvernement démissionnaire, Robert Fico.
« Je confierai à M. Pellegrini la formation d’un nouveau gouvernement dès que j’aurai reçu la démission du gouvernement actuel de M. Fico », a dit M. Kiska aux journalistes à l’issue d’une rencontre avec le vice-premier ministre.
M. Fico a offert mercredi sa démission dans le sillage de l’assassinat du journaliste Jan Kuciak, à l’origine d’une profonde crise politique. M. Kuciak avait enquêté sur des liens entre des hommes d’affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise, la’Ndrangheta, et des hommes politiques slovaques, y compris dans l’entourage du premier ministre.
La démission de M. Fico et la désignation de son successeur, membre important du parti Smer-SD du premier ministre sortant, devraient intervenir officiellement dans l’après-midi lors de leur réception par le président Kiska.
« Hier (mercredi), les partis de la coalition m’ont informé qu’ils avaient le soutien d’une majorité au parlement pour un nouveau gouvernement conduit par M. Pellegrini », a déclaré M. Kiska.

        Lire :
         

          Le président accepte la démission du premier ministre



Démission sous conditions
En offrant sa démission mercredi, M. Fico a posé trois conditions à son départ :
le président Kiska devra respecter le résultat des élections législatives de 2016 ;respecter et garantir l’accord de coalition qui a permis la mise en place du gouvernement actuel ;accepter que son parti propose son candidat à la tête du futur gouvernement.
D’après les déclarations de M. Kiska jeudi, ces conditions ont été acceptées. Auparavant, le chef de l’Etat avait demandé soit un remaniement en profondeur du gouvernement, soit des élections anticipées. M. Fico souhaitait éviter cette dernière solution.
La coalition hétéroclite issue des législatives de 2016 comprend, outre le parti à tendance sociale-démocrate Smer-SD de M. Fico, le Parti national slovaque (SNS, droite nationaliste) et Most-Hid (centre droit, proche de la minorité hongroise).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ En prenant le contrôle de Telecom Italia, en 2015, le groupe Vivendi espérait des profits et créer des synergies entre ses différentes activités. Mais sa campagne d’Italie tourne au désastre, explique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde ».
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La campagne d’Italie du général Bolloré vire au fiasco

En prenant le contrôle de Telecom Italia, en 2015, le groupe Vivendi espérait des profits et créer des synergies entre ses différentes activités. Mais sa campagne d’Italie tourne au désastre, explique Philippe Escande, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    15.03.2018 à 13h19
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 13h22
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Ce devait être son pont d’Arcole. Une conquête éclair en terre italienne pour renforcer son pouvoir en France. Cela a toutes les chances de se transformer en bérézina. Deux ans et demi après son entrée au capital de l’opérateur historique Telecom Italia, le général Bolloré cherche une voie de sortie.

Son groupe Vivendi a pris le pouvoir en 2015 et placé ses hommes, en 2017, à la fois au conseil d’administration et à la direction générale de la société italienne. Mais les résultats ne sont pas à la hauteur, il s’est fâché avec l’establi­shment italien, et voilà qu’un célèbre fonds activiste américain, Elliott, s’invite au capital pour demander le remplacement des administrateurs fraîchement nommés par Vivendi.
Une moins-value de 1,3 milliard
Le nouveau patron de l’opérateur, l’Israélien Amos Genish vient à peine de dévoiler son plan de redressement 2018-2020, qu’il est déjà remis en cause. Quelques jours après sa présentation, le mardi 13 mars, Vivendi assure à l’AFP être disposé, « si nécessaire, à accompagner une autre stratégie susceptible de faire monter le cours de Bourse de Telecom Italia sur le court terme ».
Pour Amos Genish, ancien fondateur de l’ex-pépite brésilienne de Vivendi, GVT, revendue depuis à Telefonica contre des actions Telecom Italia, cela va demander un peu de souplesse intellectuelle. L’actionnaire Vivendi ne pense pas comme le gestionnaire Vivendi.
Il faut dire que, sur le plan financier, l’opération n’est pas brillante. Acquis pour un total de près de 4 milliards d’euros, les 24 % de la société italienne ont perdu près de 30 % de leur valeur. Une moins-value de 1,3 milliard d’euros qui ne sera pas facile à récupérer.
Monnaie d’échange
Les synergies promises ne sont pas au rendez-vous, et le paysage italien des télécommunications est devenu très mouvant. Il s’agissait au départ d’expérimenter la convergence entre médias et contenus que la firme française...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Pour Emmanuel Macron et Theresa May, « il n’y a pas d’autre explication plausible » qu’un acte de la Russie, a fait savoir l’Elysée jeudi.
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Ex-espion empoisonné : Londres, Paris, Berlin et Washington accusent Moscou

Pour Emmanuel Macron et Theresa May, « il n’y a pas d’autre explication plausible » qu’un acte de la Russie, a fait savoir l’Elysée jeudi.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h31
   





                        



   


Depuis l’hospitalisation, le 4 mars, de l’ex-espion Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, empoisonnés à l’agent innervant Novitchok, le ton ne cesse de monter entre Moscou, d’une part, et Londres et ses alliés, d’autre part, aggravant des relations déjà tendues, à quelques jours de la présidentielle russe, dimanche, et à trois mois du Mondial 2018 de football organisé en Russie.
Londres, Berlin, Paris, et Washington font front commun
Après l’accusation formelle de Moscou par la première ministre britannique, Theresa May, Berlin, Paris, Londres et Washington ont écrit, jeudi, dans une déclaration commune, que la responsabilité russe était la seule explication « plausible » de la tentative d’assassinat de l’ancien agent double, ce qui constitue une menace pour leur sécurité :
« Nous, les chefs d’Etat et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, exprimons notre consternation après l’attaque contre Sergeï et Ioulia Skripal à Salisbury, Royaume-Uni, le 4 mars 2018. Cet emploi d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie, constitue le premier emploi offensif d’un agent neurotoxique en Europe depuis la seconde guerre mondiale. C’est une atteinte à la souveraineté britannique, et toute action de cette nature venue d’un Etat partie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques est une violation claire de ladite convention et du droit international. C’est notre sécurité à tous qui est menacée. »
Les quatre dirigeants appellent la Russie à fournir toutes les données de son programme Novitckok à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
En visite pour la première fois à Salisbury, où l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Youlia sont hospitalisés depuis le 4 mars dans un état grave, Theresa May a vanté « l’unité » de ses alliés face à la Russie.

        Editorial du « Monde » :
         

          Ex-espion empoisonné : un front uni pour soutenir Theresa May face à Vladimir Poutine




Pour Moscou, les mesures de riposte « ne se feront naturellement pas attendre »
Expulsion de vingt-trois diplomates russes, gel des contacts bilatéraux, nouvelle législation contre « les activités d’Etat hostiles », Coupe du monde de football privée de la présence de la famille royale, la première ministre britannique a annoncé, mercredi, une série de mesures de rétorsion contre la Russie.
Elles ont aussitôt été qualifiées par la diplomatie russe de « provocation grossière sans précédent ». Jeudi, le Kremlin a dénoncé la position « absolument irresponsable » de Londres, soulignant que la riposte russe répondrait « au mieux » aux intérêts de la Russie. « Nous sommes, bien sûr, préoccupés par cette situation », a encore ajouté le porte-parole du Kremlin. « La partie russe n’a rien à voir avec l’incident qui a eu lieu à Salisbury ». Le président russe, Vladimir Poutine, a réuni jeudi le Conseil de sécurité nationale pour évoquer notamment la situation autour de cette affaire.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé le gouvernement britannique d’utiliser l’empoisonnement de l’ex-espion russe pour « détourner l’attention » de ses difficultés liées au Brexit. « La popularité de ce gouvernement ne cesse de baisser, a-t-il dit dans un entretien avec des médias étrangers, dont le texte a été diffusé par le ministère. Cette manière d’organiser des provocations autour de Sergueï Skripal détourne l’attention. »
« Il n’y a eu aucun programme de développement d’armes chimiques sous le nom “Novitchok” ni sous l’URSS, ni en Russie », a par ailleurs déclaré le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov, cité par l’agence Interfax.

        Lire aussi :
         

                Ex-espion empoisonné : Poutine, en campagne électorale, ignore la crise avec le Royaume-Uni



La France prendra des mesures « dans les prochains jours »
Après un entretien, lundi soir, condamnant « une attaque inacceptable », mais sans commenter, dans un premier temps, l’éventuelle responsabilité de la Russie, Emmanuel Macron s’est de nouveau entretenu jeudi matin avec Theresa May. Lors d’un déplacement en Indre-et-Loire, Emmanuel Macron a dit qu’il annoncerait « dans les prochains jours » les mesures qu’il compte prendre.
Le président français doit inaugurer, jeudi en fin de journée, le Salon du livre de Paris, dont la Russie est l’invitée d’honneur. Trente-huit auteurs russes y ont été invités. Il a, en outre, annoncé qu’il se rendrait en Russie les 24 et 25 mai pour participer au forum économique de Saint-Pétersbourg. Le principe de cette visite avait été décidé lors du déplacement de Vladimir Poutine en France, où Emmanuel Macron l’avait invité au château de Versailles peu après son élection à la présidence de la République, en 2017.

        Lire aussi :
         

                Avec l’affaire Skripal, Theresa May cherche aussi à marquer des points au Royaume-Uni






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les Britanniques ont demandé à leurs alliés « de se tenir à leurs côtés ». Moscou dément catégoriquement sa responsabilité dans l’attaque.
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Ex-espion empoisonné : Londres en quête de soutien international à l’ONU

Les Britanniques ont demandé à leurs alliés « de se tenir à leurs côtés ». Moscou dément catégoriquement sa responsabilité dans l’attaque.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 12h37
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


D’ordinaire, lorsque le Conseil de sécurité se réunit en urgence sur l’utilisation d’armes chimiques, la scène du crime se situe en Syrie, dans les faubourgs de Damas, à Alep ou Khan Cheikhoun. Situation inédite, les diplomates ont été saisis, à la demande du Royaume-Uni, mercredi 14 mars, de « l’affaire Skripal », du nom de cet ex-espion russe empoisonné avec sa fille Youlia dans la petite ville de Salisbury le 4 mars.
Londres accuse Moscou d’avoir tenté d’assassiner cet homme et sa fille avec du Novitchok, un puissant neurotoxique de qualité militaire. « Une substance, si horrible qu’elle est interdite dans les guerres, a été utilisée dans une petite ville paisible de mon pays », a souligné le représentant adjoint du Royaume-Uni, Jonathan Allen. Il a demandé à ses alliés de se tenir « aux côtés » des Britanniques face à cette « menace sur la paix et la sécurité », sans que soient très claires les suites à donner, aux Nations unies, à cette crise diplomatique entre deux Etats membres permanents du Conseil de sécurité.
L’affaire a toutefois pris une tournure plus internationale. Washington, par la voix de son ambassadrice à l’ONU Nikki Haley, a accusé Moscou « d’être responsable (…) de ce crime atroce » et demandé une action du Conseil de sécurité car « si nous ne prenons pas des mesures immédiates et concrètes (…), Salisbury ne sera pas le dernier endroit où des armes chimiques sont utilisées ».

        Lire aussi :
         

                Espion empoisonné : face à la Russie, Theresa May choisit une riposte modérée



Particulièrement en verve, l’ambassadeur russe, Vassily Nebenzia, a d’abord salué avec une ironie grinçante les talents de « chimiste expérimentée » de son homologue américaine, avant de dénoncer « la présomption de culpabilité qui prévaut sur la présomption d’innocence ». A quelques jours d’une élection présidentielle, dimanche 18 mars, et d’une Coupe du monde de football en juin, quel intérêt la Russie avait-elle à l’élimination de l’agent Skripal « qui ne représentait plus aucune menace », a-t-il interrogé ? Avant de lancer, sibyllin, à l’adresse des Britanniques et des Américains : « Je sais qu‘il y a des pays à qui profiterait la culpabilité de la Russie. »
L’empoignade russo-britannique s’est poursuivie sur le terrain très scientifique de la fabrication du Novitchok. L’ambassadeur Allen a estimé qu’il « n’avait pas pu être fabriqué par des acteurs non étatiques », mais que l’histoire prouvait que cet agent « avait été développé par l’Union soviétique puis légué à la Russie ». Cela lui a valu une nouvelle rodomontade musclée de M. Nebenzia : « Si les Britanniques sont capables de dire qu’il s’agit de Novitchok, c’est qu’ils possèdent des “échantillons standards” », a jugé le Russe, estimant qu’ils sont donc « bien capables d’en produire eux-mêmes ».
Paris, de son côté, a assuré le Royaume-Uni de sa « solidarité pleine et totale » en se gardant pour l’instant de souligner la responsabilité de Moscou. « Nous avons atteint une dimension nouvelle », s’est alarmé François Delattre, le représentant français à l’ONU, à savoir « l’utilisation d’une substance jamais déclarée à l’OIAC [Organisation pour l’Interdiction des armes chimiques] dans un lieu public sur le territoire d’un pays européen. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Seul le ministère des affaires étrangères russe a réagi aux soupçons qui pèsent sur Moscou après la tentative d’assassinat de l’ancien colonel russe Sergueï Skripal.
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Ex-espion empoisonné : Poutine, en campagne électorale, ignore la crise avec le Royaume-Uni

Seul le ministère des affaires étrangères russe a réagi aux soupçons qui pèsent sur Moscou après la tentative d’assassinat de l’ancien colonel russe Sergueï Skripal.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h42
    |

            Isabelle Mandraud (Sebastopol, Simferopol (Crimée) envoyée spéciale)








                        



   


La dernière fois que les habitants de Crimée se sont rendus aux urnes pour une élection présidentielle, c’était en 2010, pour élire l’Ukrainien Viktor Ianoukovitch. Ce mercredi 14 mars, quelques milliers d’entre eux se sont rassemblés sur le port de Sébastopol pour écouter Vladimir Poutine, candidat à sa propre succession lors de la présidentielle russe, fixée précisément le 18 mars, jour « anniversaire » de l’annexion de la péninsule ukrainienne par la Russie, ratifiée au Kremlin il y a quatre ans, le 18 mars 2014.
L’attente, meublée par des groupes musicaux russes, a été longue sur cette place Nakhimov, avant que le chef du Kremlin surgisse en début de soirée sur la scène pour s’adresser à la foule, pendant moins de deux minutes. « Il y a quatre ans, vous avez pris une décision historique », a-t-il lancé en s’appuyant sur le référendum organisé le 16 mars 2014, non reconnu par la communauté internationale, qui a suivi la prise de contrôle du territoire par les forces spéciales russes. « Vous avez montré au monde entier ce qu’est une vraie démocratie et non une démocratie de façade », a poursuivi Vladimir Poutine, avant de lancer, le geste accompagnant la parole : « Je vous serre fort dans mes bras. » Puis il s’en est allé.
Pas un mot sur l’affaire Skripal, du nom de l’ancien colonel du GRU, le renseignement militaire russe, empoisonné, ainsi que sa fille, sur le sol britannique. Rien sur les soupçons qui pèsent sur Moscou après cette tentative d’assassinat par un gaz innervant ni sur les sanctions annoncées par Londres, mercredi 14 mars. Seul le ministère des affaires étrangères russe a réagi en dénonçant une « provocation grossière sans précédent » et « antirusse ».

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                Espion empoisonné : face à la Russie, Theresa May choisit une riposte modérée



Impossible de recevoir de l’argent de l’étranger
Les sanctions, pourtant, les Criméens connaissent. Nombre de fonctionnaires, hier de nationalité ukrainienne, aujourd’hui russe, ne peuvent plus se rendre à l’étranger. « Je figure sur toutes les listes noires, y compris australienne », concède Mikhaïl Malichev, le président de la Commission électorale de Crimée pour l’élection du 18 mars, qui occupait la même fonction lors du référendum de 2014. Il est toujours impossible à tous les habitants de recevoir de l’argent de l’étranger. Pas plus que les transferts, les cartes bancaires Visa ne fonctionnent. Les croisières sur la mer Noire ne charrient plus leur lot de touristes. Et franchir la nouvelle frontière avec l’Ukraine nécessite quarante minutes d’attente au minimum, et jusqu’à neuf heures comme ce fut le cas avant les fêtes de fin d’année. Quatre ans après l’annexion, la péninsule reste coupée du monde, sans autre choix que de s’habituer à son statut de paria.
« Bien sûr, c’est douloureux », soupire Ekaterina, 42 ans. Venue en « groupe organisé » avec ses collègues, cette médecin confie sa lassitude. « J’ai été soviétique, ukrainienne la majeure partie de ma vie, puis russe. Ma patrie, c’est la Crimée, je n’ai plus envie de la voir associée à un pays, dit-elle en secouant la tête. Il y a trop d’attention portée aux armes. Regardez derrière moi, les Cosaques, ça ne me plaît pas… On ne peut pas être en permanence dans la préparation de la guerre ! » La dernière crise diplomatique avec le Royaume-Uni l’inquiète encore un peu plus : « Les nuages s’amoncellent au-dessus de la Russie. »
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            data-slide-description="Les organisateurs comptent les drapeaux russes, avant de les distribuer aux personnes venues des différentes villes de Crimée en bus pour assister au rassemblement en l’honneur du quatrième anniversaire de l’annexion de la Crimée par la Russie."
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            data-slide-description="Des habitants venus de Kertch préparent un pique-nique avant le rassemblement."
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            data-slide-description="Défilé de soldats à Sébastopol."
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            data-slide-description="La foule écoute le concert célébrant l’anniversaire de l’annexion de la Crimée par la Russie."
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            data-slide-description="Quelques milliers de personnes se sont rassemblées sur le port de Sébastopol pour écouter Vladimir Poutine."
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            data-slide-description="Des membres de la brigade volontaire Rubej (frontière) surveillent la célebration. Formée en 2014, la brigade est aujourd’hui officiellement reconnue par le ministère de l’intérieur russe."
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            data-slide-description="L’attente a été longue sur la place Nakhimov avant que le chef du Kremlin surgisse pour s’adresser à la foule."
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            data-slide-description="Des groupes musicaux russes ont fait patienter la foule."
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            data-slide-description="En début de soirée, Vladimir Poutine est arrivé sur la scène pour s’adresser à la foule, pendant moins de deux minutes."
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            data-slide-description="« Il y a quatre ans, vous avez pris une décision historique. Vous avez montré au monde entier ce qu’est une vraie démocratie et non une démocratie de façade », a dit Vladimir Poutine, avant de lancer, le geste accompagnant la parole : « Je vous serre fort dans mes bras. » Puis il s’en est allé."
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Les organisateurs comptent les drapeaux russes, avant de les distribuer aux personnes venues des différentes villes de Crimée en bus pour assister au rassemblement en l’honneur du quatrième anniversaire de l’annexion de la Crimée par la Russie.

Maria Turchenkova pour Le Monde
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« Le monde entier ne fait plus confiance aux Russes »
Comme Ekaterina, une majorité de Criméens ont conservé leur passeport ukrainien en plus de leur nouvelle identité russe. Cette double nationalité leur permet de continuer à rendre visite à leurs familles restées en Ukraine, dont ils sont séparés depuis 2014. Elle leur offre aussi la possibilité de voyager en Europe, depuis la suppression, en juin 2017, des visas Schengen pour les ressortissants ukrainiens. Quoique le Royaume-Uni ne fasse pas partie de l’espace Schengen, quoique les Ukrainiens ne soient pas concernés, chacun redoute plus que tout un conflit avec l’Europe.
Place Nakhimov, parmi les marins de la flotte de la mer Noire, on agite les drapeaux, on fredonne quelques chansons, on vante un niveau de vie supérieur à ce qu’il était « avant ». Mais l’euphorie d’il y a quatre ans, manifeste alors chez une bonne partie de la population, est retombée. « Qu’est-ce que je peux dire ? Peut-être qu’il y aura de nouvelles sanctions… C’est la Russie contre l’Occident, ça a toujours existé », tente de philosopher Andreï, un militaire en civil, venu en famille. « Du moment qu’il n’y a pas la guerre ! », l’interrompt son épouse. « Oui, mais le monde entier ne fait plus confiance aux Russes », reprend Andreï.
« Je pense que notre pays n’est pour rien dans cette histoire en Angleterre, mais ça m’inquiète », affirme Aliocha, un étudiant de 23 ans. Valentina, fonctionnaire, a un autre avis sur la question : « C’est une affaire bien concrète, et personne ne sait comment ça va se développer. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les justices européennes coopèrent pour empêcher les agents des services secrets turcs d’éliminer les responsables kurdes liés au PKK.
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La campagne sanglante des commandos turcs en Europe

Les justices européennes coopèrent pour empêcher les agents des services secrets turcs d’éliminer les responsables kurdes liés au PKK.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h24
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Les justices européennes veulent s’attaquer aux commandos itinérants des puissants services secrets turcs (MIT) contre les dirigeants kurdes liés au PKK. Depuis 2017, la Belgique, l’Allemagne et la France ont accru leur coopération judiciaire afin d’empêcher les agents du MIT d’agir à leur guise en surveillant et en liquidant les principaux chefs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Cette offensive a été relancée par le dépôt d’une plainte pour « menaces de mort », le 1er décembre 2016, à Bruxelles par Remzi Kartal, l’un des principaux représentants de la communauté kurde en Belgique. Sa démarche faisait suite à la réception, sur son téléphone portable, de trois messages émis d’un numéro ukrainien. Leur contenu permettait de faire un lien direct avec des événements visant des membres de la communauté kurde en Allemagne et en France, et montrait l’étendue du périmètre d’action du MIT.
« Tu té (sic) réjouis des déclarations de la personne de Brême. (…) Nous t’aurons toujours à l’œil jusqu’à ta mort », indiquait le premier message. L’allusion faisait référence à l’arrestation, fin 2016, à Brême, de Mehmet Fatih Sayan, suspecté de s’être fait passer pour un journaliste de la télévision kurde afin d’espionner les principales figures kurdes, dont Yuksel Koc, président de l’association des Kurdes d’Allemagne. Dénoncé par son ex-compagne, Sayan, présenté par le procureur, lors de son procès à Hambourg en octobre 2017, comme « un agent du MIT depuis 2013 », a été jugé pour espionnage. Il a été remis en liberté et n’a écopé que d’une faible peine, faute « de preuves », a dit le tribunal.

Le deuxième message – « nous avons donné la mort à ceux qui devaient être éliminés (…) un hasard que tu aies pu t’échapper » – évoquait l’assassinat, à Paris le 9 janvier 2013, de trois hautes responsables du mouvement kurde en France, Sakine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Etat des lieux de l’édition russe alors que s’ouvre le salon Livre Paris, le 16 mars, dont la Russie est le pays ­invité d’honneur, et à ­l’approche de l’élection ­présidentielle.
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Russie  : le livre entre deux soubresauts de l’histoire

Etat des lieux de l’édition russe alors que s’ouvre le salon Livre Paris, le 16 mars, dont la Russie est le pays ­invité d’honneur, et à ­l’approche de l’élection ­présidentielle.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 09h34
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Cent ans après la révolution, la statue de Lénine trône encore dans la grande salle de lecture, tout juste rénovée, de la prestigieuse bibliothèque qui porte son nom à Moscou. Depuis son piédestal, ou plutôt sa chaire devrait-on dire, tant il paraît faire la lecture au public avec son livre posé sur les genoux, il écrase les étudiants, jeunes et moins jeunes, venus consulter ici l’un des volumes extirpés des quelque 275 kilomètres de rayonnages de l’institution.
Lénine figure aussi en couverture d’un des ouvrages les plus en vue en ce moment. Une savoureuse biographie de Lev Danilkine (2017, non traduite) le dépeint comme il ne l’avait encore jamais été en Russie, sous les traits d’un politicien rusé, amateur de vélo et de virées en montagne. Mais le succès de ce livre a été l’un des rares marqueurs du centenaire de la révolution bolchevique de 1917. Celui-ci, en effet, a été superbement ignoré, en particulier par l’actuel chef du Kremlin, Vladimir Poutine.
Une formidable capacité d’adaptation
Le livre russe a vu passer bien d’autres révolutions. « Vous imaginez lire Tolstoï sur un smartphone ? », soupire Boris Essenkine en jetant un regard navré sur son téléphone portable. Directeur depuis 1989 de la librairie Biblio Globus, l’une des plus importantes de la capitale russe, cet homme a tout vu, tout enduré : la disparition de la littérature soviétique, l’effondrement du marché, les crises financières de 1998 et 2008, l’intrusion du livre électronique, le piratage des œuvres sur Internet (lire ci-dessous)…
A chaque soubresaut de l’histoire, il a fallu s’adapter. Créé en 1957 à deux pas de la place Loubianka, où siègent les services de sécurité soviétiques puis russes, son magasin a d’abord abandonné son nom soviétique, Knigi Mir (« Le monde des livres »), pour une version plus ­ « moderne », Biblio Globus. Même le nom de la rue a changé après la chute de l’URSS : autrefois baptisée Kirov, du nom du révolutionnaire dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ « Il n’est pas dans notre intérêt national de couper tout dialogue », a affirmé la première ministre britannique, qui a donné une semaine à vingt-trois officiels russes pour quitter le Royaume-Uni.
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Espion empoisonné : face à la Russie, Theresa May choisit une riposte modérée

« Il n’est pas dans notre intérêt national de couper tout dialogue », a affirmé la première ministre britannique, qui a donné une semaine à vingt-trois officiels russes pour quitter le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 06h38
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Après avoir fait monter la pression en adressant, mardi 13 mars, un ultimatum à Moscou, Theresa May a choisi des sanctions modestes en riposte à l’empoisonnement, à Salisbury, de l’ancien agent double britannico-russe Sergueï Skripal et de la fille de ce dernier Youlia Skripal dont elle tient la Russie pour responsable.
Expulsion de vingt-trois diplomates russes, retrait de l’invitation adressée au chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, nouvelle législation contre « les activités d’Etat hostiles », Coupe du monde de football privée de présence de la famille royale britannique : la panoplie déployée, mercredi 14 mars, devant la Chambre des communes par la première ministre n’est pas de nature à faire trembler Vladimir Poutine.
Tout en qualifiant l’attentat de Salisbury d’« acte cynique commis par un régime dangereux », le Foreign Office souligne que les relations diplomatiques ne sont pas rompues. « Il n’est pas dans notre intérêt national de couper tout dialogue », a insisté Theresa May devant les députés affirmant qu’après les espoirs soulevés par la Russie post-soviétique, « il est tragique que le président Poutine ait choisi de suivre cette voie ».
N’ayant pas reçu de réponse à sa demande d’explication adressée à Moscou au sujet de l’usage du Novitchok, un puissant agent innervant fabriqué en Russie, la première ministre a conclu qu’« il n’existe pas d’autre conclusion que celle qui désigne l’Etat russe comme coupable ». Pour justifier les sanctions, elle a qualifié la tentative de meurtre – Sergueï et Youlia Skripal sont entre la vie et la mort et un policier britannique a été contaminé – d’« affront à l’interdiction de l’usage des armes chimiques ». 
La famille royale n’ira pas au Mondial
« Ce qui est arrivé ici pourrait se passer dans n’importe quel autre pays » occidental, a-t-elle souligné. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) où le représentant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Boris Karpitchkov, ancien agent double, a affirmé à la télévision britannique qu’un inconnu l’a attaqué dans une rue d’Auckland en 2006.
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Enquête en Nouvelle-Zélande sur des accusations d’empoisonnement d’un ex-espion russe

Boris Karpitchkov, ancien agent double, a affirmé à la télévision britannique qu’un inconnu l’a attaqué dans une rue d’Auckland en 2006.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 05h44
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 07h36
   





                        


Moscou bientôt dans le viseur de Wellington ? La police néo-zélandaise a annoncé, jeudi 15 mars, qu’elle enquêtait sur les accusations d’un ancien agent double russe qui affirme qu’un inconnu a tenté de l’empoisonner dans une rue d’Auckland en 2006.
Boris Karpitchkov a raconté l’incident à la télévision britannique cette semaine à la suite de l’attaque d’un ex-espion, Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, avec un agent innervant militaire de fabrication russe à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

        Lire aussi :
         

          L’empoisonnement de Sergueï Skripal ravive le spectre du « laboratoire des poisons » soviétique



A l’époque, M. Karpitchkov tentait de garder un profil bas en Nouvelle-Zélande. Il a expliqué qu’il avait remarqué qu’il était suivi sur Queen Street, un grand axe d’Auckland, puis qu’il avait été approché par un clochard.
« Ensuite, j’ai senti qu’une sorte de poussière m’avait été projetée au visage. Et [le clochard] s’est tout simplement éloigné à pied », a-t-il relaté dans l’émission « Good Morning Britain ».
L’ancien espion a dit que sa tête avait rapidement commencé à tourner et que le soir même, il avait développé une éruption cutanée. Il a déclaré avoir ensuite subi des problèmes de santé, perdant 30 kilogrammes dans les deux mois qui avaient suivi.
Liste noire d’hommes à abattre
La police néo-zélandaise a donc annoncé enquêter sur ces allégations. M. Karpitchkov avait joué les services de renseignement russe et lituanien l’un contre l’autre, avant de s’enfuir au Royaume-Uni à la fin des années 1990.
« La police est au courant que M. Karpitchkov se trouvait en Nouvelle-Zélande entre juin 2006 et octobre 2007. Nous examinons nos archives pour évaluer les informations que nous pouvons détenir sur M. Karpitchkov. Compte tenu du caractère ancien du dossier, il est vraisemblable qu’il nous faudra du temps pour réaliser cette évaluation. »
L’ancien espion a également affirmé avoir été averti avant l’attaque contre Sergueï Skripal, qu’ils se trouvaient tous deux sur une liste noire de huit hommes à abattre dressée par les services secrets russes.

        Lire aussi :
         

                Après l’affaire Skripal, 14 morts suspectes refont surface au Royaume-Uni



La première ministre britannique Theresa May a annoncé l’expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie après avoir déclaré Moscou « coupable » de l’empoisonnement de l’ex-espion russe sur son sol.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Miro Cerar a annoncé son départ, prenant acte de l’annulation d’un référendum qui avait validé en septembre un ambitieux projet ferroviaire du gouvernement.
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Rattrapé par la justice, le premier ministre slovène démissionne

Miro Cerar a annoncé son départ, prenant acte de l’annulation d’un référendum qui avait validé en septembre un ambitieux projet ferroviaire du gouvernement.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 04h21
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 07h29
   





                        



   


Le premier ministre slovène de centre gauche Miro Cerar a présenté dans la soirée du mercredi 14 mars sa démission. « Les forces du passé ne nous permettent pas de travailler pour les générations futures », a-t-il annoncé lors d’une conférence de presse après que la Cour constitutionnelle a invalidé un référendum portant sur l’aménagement du port de Koper, sur la côte Adriatique.
Lors de ce scrutin, qui s’est tenu en septembre 2017, les électeurs avaient approuvé la construction d’une nouvelle voie ferrée pour desservir le seul grand port commercial slovène, d’une importance stratégique pour le pays. Il s’agit d’un projet phare de la coalition de M. Cerar, estimé à plus d’un milliard d’euros. Mais, la Cour constitutionnelle a reproché au gouvernement d’avoir manqué à son devoir de neutralité en finançant la campagne avec des fonds publics.
Elections anticipées
Ce désaveu intervient sur fond de revendications sociales, dans la fonction publique notamment, où les grèves se sont multipliées depuis le début de l’année, et à quelques mois de législatives qui devaient être organisées au mois de juin. Miro Cerar a estimé qu’il revenait au chef de l’Etat, Borut Pahor, de convoquer ou non un scrutin anticipé. Il a fait savoir qu’il expédiera les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.
L’annulation du référendum a été, selon lui, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » au sein d’une coalition gouvernementale composé de trois partis entre lesquels les tensions n’ont cessé de s’aviver. « Les partenaires de la coalition se sont efforcés de saper certains projets », a ainsi déploré M. Cerar lors d’une conférence de presse.
Au pouvoir depuis 2014, l’ancien juriste respecté de 54 ans, avait fait sensation en remportant les législatives à la tête d’un tout nouveau parti, quelques mois après être entré en politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le départ du populiste de gauche Robert Fico intervient dans un contexte de crise politique dans le pays, après le meurtre fin février d’un journaliste.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/03/2018
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Slovaquie : le président accepte la démission du premier ministre

Le départ du populiste de gauche Robert Fico intervient dans un contexte de crise politique dans le pays, après le meurtre fin février d’un journaliste.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 00h57
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 12h46
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Le président slovaque, Andrej Kiska, a accepté la démission présentée la veille par le premier ministre et populiste de gauche Robert Fico, et la désignation de son successeur par son parti SMER-SD, a annoncé jeudi 15 mars le chef d’un parti de la coalition gouvernementale. « SMER-SD, en tant que parti le plus fort [de la coalition], présentera un candidat pour le poste de premier ministre. Le président l’a accepté », a déclaré aux journalistes le président du parti Most-Hid (centre droit, proche de la minorité hongroise), Bela Bugar. Selon lui, le nouvel exécutif comptera au moins cinq nouveaux membres. « Un tiers du gouvernement sera remplacé », a-t-il dit.
La crise politique dans laquelle est plongée la Slovaquie, depuis l’assassinat fin février d’un journaliste, a connu un nouveau rebondissement mercredi. Prenant tout le monde de court, Robert Fico, 53 ans, a annoncé qu’il comptait proposer sa démission au président de la République. Selon lui, cette décision prouverait qu’il a pris conscience de la gravité de la situation.
Le 9 mars, plus de 40 000 personnes ont réclamé son départ dans les rues de Bratislava, la capitale. Selon un sondage, 62 % des Slovaques jugent nécessaire qu’il s’en aille. Au moment de sa mort, le reporter Jan Kuciak enquêtait sur des liens présumés entre des proches de M. Fico et la mafia italienne.

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« Braillards de l’opposition »
Pourtant, sa décision ressemble à une manœuvre dilatoire. Car le chef de l’exécutif, qui occupe le pouvoir depuis 2012, après avoir déjà gouverné entre 2006 et 2010, a accompagné son offre de retrait de conditions qui semblent très loin des revendications des manifestants.
Il exige que son parti reste à la tête du gouvernement de coalition qu’il a mis en place avec l’extrême droite (SNS) et la formation Most-Hid après sa réélection, en mars 2016. Il refuse également toute idée d’élections anticipées et entend continuer de gouverner le pays en restant à la tête du SMER-SD et en plaçant une personnalité issue des rangs de la formation, Peter Pellegrini, au poste de premier ministre. Agé de 42 ans, ce dernier est actuellement vice-premier ministre, chargé des investissements.
« Il est de notre devoir de poursuivre le mandat que nous ont confié les électeurs et de ne pas transmettre le pouvoir sans raison valable aux amateurs et aux braillards de l’opposition », a estimé M. Fico, se targuant du soutien de ses deux partenaires, même si la garde des sceaux, Lucia Zitnanska, issue du parti Most-Hid, a fait part de sa décision de démissionner.

C’est la troisième ministre slovaque qui quitte ses fonctions depuis le 26 février, date à laquelle le corps de Jan Kuciak, mais aussi celui de sa petite amie, Martina Kusnirova, ont été retrouvés criblés de balles, dans la modeste maison cubique qu’ils rénovaient, à une soixantaine de kilomètres à l’est de Bratislava.
Un scrutin anticipé
Plusieurs ténors politiques avaient appelé le chef de l’Etat, Andrej Kiska, un outsider issu de la société civile, très populaire – et dont les relations avec le premier ministre sont notoirement exécrables – à refuser l’offre faite par M. Fico.
« Changer les hommes n’est pas suffisant pour rétablir la confiance de nos concitoyens en l’Etat et en ses institutions », estime par exemple Igor Matovic, du parti Olano (« gens ordinaires », conservateurs). Un appel à manifester a également été maintenu pour vendredi. « Cette offre de démission n’est pas la garantie espérée pour une enquête indépendante, affirme l’un des organisateurs, l’étudiant Juraj Seliga. Ce que nous voulons, c’est un scrutin anticipé. » 
Si les trois partis qui dirigent la Slovaquie semblent s’entendre pour gouverner jusqu’à la fin de leur mandat, c’est parce que les derniers sondages disponibles sont catastrophiques pour eux. Ils sont sévèrement jugés pour leur gestion de la crise. Robert Fico a perdu cinq points dans les intentions de vote, par rapport au mois de janvier. Il a été enregistré en train de refuser, de manière très sèche, une interview au site Aktuality.sk, qui embauchait Jan Kuciak. « Ne me dérangez pas !, a-t-il lancé à l’égard d’un confrère du journaliste lui demandant de répondre à ses questions. Vous êtes le dernier à qui j’ai envie de parler. »

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                Slovaquie, la liberté bafouée



Le parti d’extrême droite SNS est lui aussi en perte de vitesse. En 2017 déjà, à la suite des révélations dans la presse, l’un de ses ministres, soupçonné d’avoir participé à un détournement de fonds européens, avait dû prendre la porte.
Inflitration du cabinet
Une partie des médias du pays se scandalise également d’un rapport de la délégation du Parlement de Strasbourg, dépêchée à Bratislava du 7 au 9 mars. Selon ce document, M. Fico aurait estimé qu’il était « absurde » d’affirmer que la mafia italienne puisse avoir des intérêts dans l’est de la Slovaquie, parce « qu’il n’y a rien là-bas ». Il aurait également rejeté l’accusation d’infiltration mafieuse de son cabinet par le biais de son assistante, Maria Troskova, rétorquant qu’il ne pouvait être tenu pour responsable des activités passées de cet ancien mannequin et rappelant qu’elle s’était depuis mise en retrait.
Pourtant, selon le président de la République, les services de renseignement auraient alerté le gouvernement sur la présence de la mafia italienne autour de Kosice, la seconde ville du pays. Il a réclamé en vain de l’exécutif qu’il fasse preuve de transparence sur les informations qu’il avait en sa possession sur le sujet avant le meurtre.
Concernant l’enquête, un homme d’affaires italien, Antonino Vadala, a été de nouveau interpellé le 13 mars. Il avait été relâché après une première garde à vue. Il fait l’objet d’un mandat européen émis par Rome, car il est poursuivi pour un « délit de trafic de drogue perpétré par un groupe criminel organisé à dimension internationale ».
Son nom est cité dans le dernier article inachevé de Jan Kuciak. Selon le journaliste, il aurait été lié en affaires avec Maria Troskova, l’assistante de Robert Fico. A la tête d’un réseau agricole en Slovaquie, il serait surtout connu dans son pays d’origine pour ses liens avec la ’Ndrangheta, la mafia calabraise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La ministre de l’intérieur, Amber Rudd, a annoncé mardi 13 mars la réouverture d’une série d’enquêtes liées à des affaires remontant à 2006.
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Après l’affaire Skripal, 14 morts suspectes refont surface au Royaume-Uni

La ministre de l’intérieur, Amber Rudd, a annoncé mardi 13 mars la réouverture d’une série d’enquêtes liées à des affaires remontant à 2006.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 20h16
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 16h14
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


La police britannique a-t-elle fait montre de légèreté dans le traitement d’une série de morts suspectes survenues ces dernières années au Royaume-Uni ? La ministre de l’intérieur, Amber Rudd, a semblé l’admettre en creux en annonçant, mardi 13 mars, la réouverture de quatorze enquêtes liées à des affaires remontant à 2006. La police et le renseignement intérieur (MI5) seront associés pour ces vérifications de cas qui ne sont « pas tous réellement suspects », a précisé la ministre dans un entretien à l’Evening Standard.
Tête d’affiche de cette liste qui s’appuie largement sur une enquête réalisée par le site BuzzFeed en juin 2017, Boris Berezovski. L’ancien oligarque le plus puissant des années Eltsine, devenu un ennemi de Vladimir Poutine, s’était réfugié à Londres en 2001. Après la découverte de son corps pendu dans sa salle de bain, en 2013, la police avait conclu à un suicide.

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Plusieurs contacts ou associés de M. Berezovski figurent également dans cette liste de noms sur lesquels les services secrets américains auraient également des soupçons, selon BuzzFeed :
le Géorgien Badri Patarkatsichvili, partenaire historique de M. Berezovski, mort en 2008 à 52 ans, d’un arrêt cardiaque, après avoir été menacé ;Scot Young, actif dans le secteur de l’immobilier, tombé par la fenêtre de l’appartement de sa petite amie, en 2014 ;Johnny Elichaoff, ancien investisseur dans le secteur du pétrole, tombé du toit d’un parking, en 2014 ;Robert Curtis et Paul Castle, tous deux des magnats ruinés de l’immobilier et morts écrasés sous des rames de métro ;les avocats Stephen Moss et Stephen Curtis, morts, respectivement en 2003 et 2004, d’une attaque cardiaque et dans un crash d’hélicoptère.
Morts liées à l’affaire Litvinenko
S’ajoute désormais à cette liste le nom de Nikolaï Glouchkov, ancien dirigeant d’Aeroflot et proche de Boris Berezovski, retrouvé mort, lundi 12 mars, avec, selon sa famille, des traces d’étranglement sur le cou.
Trois autres morts suspectes sont, elles, liées à l’affaire Alexandre Litvinenko, du nom de l’ancien agent du FSB empoisonné en 2006 au polonium radioactif, et qui était lui-même un proche de M. Berezovski :
Matthew Puncher, 46 ans, poignardé à plusieurs reprises (l’enquête avait conclu à un suicide), en 2016, et qui avait travaillé sur le cas Litvinenko ;Igor Ponomarev, 41 ans, représentant de la Russie auprès de l’Organisation maritime internationale, mort en 2006 à la veille d’une rencontre avec un contact de M. Litvinenko ;Daniel McGrory, un journaliste du Times, de 54 ans, mort d’une hémorragie cérébrale, qui avait couvert l’affaire.

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          Avec l’Affaire Skripal, Theresa May cherche aussi à marquer des points au Royaume-Uni



Autre cas emblématique, celui d’Alexandre Perepilitchni, mort au retour de son jogging en 2012, qui collaborait avec Bill Browder dans le dossier Magnitski, particulièrement sensible pour le Kremlin. La police, longtemps réticente, avait finalement ouvert une enquête.
Seront également soumis à des vérifications les dossiers de Gareth Williams, un agent du MI6 de 31 ans, qui enquêtait sur la mafia russe (malgré la découverte de son corps dans un sac de sport, la police avait évoqué un décès « probablement accidentel »), et de Iouri Goloubev, un ancien associé de Mikhaïl Khodorkovski, l’ex-golden boy du pétrole russe, retrouvé mort chez lui en 2007.



                            


                        

                        


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Ce qu’il faut retenir des sanctions prises par Londres contre Moscou

Les relations entre la Russie et le Royaume-Uni se sont fortement dégradées depuis l’empoisonnement, le 4 mars, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 19h59
   





                        



L’essentiel
La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé mercredi 14 mars une série de sanctions contre la Russie, accusée d’avoir empoisonné un ex-agent double russo-britannique sur le sol anglais.Ces sanctions prévoient la suspension des contacts bilatéraux avec Moscou, et l’expulsion de vingt-trois diplomates russes du territoire britannique, qui ont « une semaine pour partir ».Cette annonce fait suite à l’expiration de l’ultimatum de vingt-quatre heures imposé par le gouvernement britannique à la Russie, mardi.
Le contexte
Les relations entre la Russie et le Royaume-Uni se sont fortement dégradées depuis l’empoisonnement, le 4 mars, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre. Il a été empoisonné au Novitchok, mis au point par des chercheurs de l’Union soviétique dans les années 1970 et 1980. Le Royaume-Uni a estimé cette semaine que Moscou était « coupable » de cet empoisonnement.
La citation
« Il était juste d’offrir à la Russie l’occasion de fournir une explication, mais sa réaction trahit un mépris total pour la gravité de ces événements. »
Dans son allocution mercredi devant les députés britanniques, Theresa May a toutefois dit qu’elle « continu [ait] de croire que ce n’est pas dans l’intérêt national [de la Grande-Bretagne] de couper tout dialogue ».
La Russie finit par réagir fermement
Quelques jours plus tôt, l’ambassade de Russie en Grande-Bretagne ironisait sur les réseaux sociaux. Le ministère des affaires étrangères a répondu plus formellement, mercredi, déclarant que la réaction de Moscou à l’expulsion de diplomates par Londres « ne se fera[it] pas attendre ». Le Royaume-Uni a « fait le choix de la confrontation », écrit le ministère dans un communiqué. Plus tôt, l’ambassade de Russie à Londres avait dénoncé dans un communiqué la réaction britannique, la qualifiant d’« hostile, inacceptable et injustifiée ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU va se réunir
Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’empoisonnement de Sergeï Skripal et de sa fille doit se tenir mercredi dans la soirée, à la demande du Royaume-Uni. Si le pays est soutenu par ses principaux alliés — France, Union européenne, Allemagne, Etats-Unis —, la France attend cependant de connaître « les conclusions définitives » de l’enquête avant de prendre position, a dit mercredi le porte-parole du gouvernement. Les Etats-Unis, ont également refusé, pour l’heure, de commenter l’éventuelle responsabilité de Moscou.

Pour aller plus loin
Novitchok : un poison soviétique à l’histoire sulfureuseLondres à l’heure de la riposte contre MoscouLa crise s’envenime entre la Russie et le Royaume-Uni





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Perdu entre l’Écosse et l’Islande, l’archipel danois se découvre île après île. Lacs, cascades et falaises y surplombent l’Atlantique. Un paysage brut qui ne livre pas tous ses secrets au premier regard.
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Féroé, les îles mirages


                      Perdu entre l’Écosse et l’Islande, l’archipel danois se découvre île après île. Lacs, cascades et falaises y surplombent l’Atlantique. Un paysage brut qui ne livre pas tous ses secrets au premier regard.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h45
    |

                            Chloé Aeberhardt








   


Aux îles Féroé, majestueux tas de cailloux ballotté par l’Atlantique Nord, il existe près de quarante mots pour désigner le brouillard. Selon qu’il prend la forme d’un ruban de nuages déroulé dans le labyrinthe des fjords, ou d’un manteau plus laineux que les 80 000 moutons de l’archipel réunis, il ne porte pas le même nom. Dans le dictionnaire féringien, chaque montagne, chaque prairie, chaque relief a son entrée. « Comparé au reste du Danemark, on a l’impression qu’ici, tout est plus petit. C’est pour ça qu’on est attentif au moindre détail, et qu’on lui donne un nom. De cette façon, tout devient plus grand », explique la guide Elin Hentze en gravissant la colline qui sépare Tórshavn, la capitale (21 000 habitants) du village de Kirkjubøur (70 âmes).
L’histoire est mal connue, mais on dit que c’est sur ce site du littoral que s’installèrent les premiers habitants, entre le IVe et le VIe siècle, avant que les Vikings ne mettent la main sur l’archipel, opportunément situé entre l’Écosse et l’Islande. Rattachées à la couronne norvégienne, puis danoise à la fin du XIVe siècle, les Féroé sont aujourd’hui une province autonome du royaume du Danemark (à l’image du Groenland).

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Maisons aux toits chevelus
Dans un enclos en pierre sèche qui rappelle les pâturages d’Irlande, l’église médiévale de Kirkjubøur prête le flanc à l’Océan : des murs nus blanchis à la chaux, une charpente en coque de navire inversée. À deux pas, une ferme en bois noir aux fenêtres encadrées de rouge. Construite il y a neuf cents ans, il s’agirait de « la plus vieille maison en bois d’Europe encore habitée ». Son architecture est typique des Féroé : pas d’étage, pour limiter la prise au vent, et des mottes de terre chevelues en guise de toiture. « La terre est un bon isolant, ajoute la guide. On met de l’écorce de bouleau en dessous, pour l’imperméabilité. » Dans la capitale, Tórshavn, les mêmes toitures féeriques coiffent les bâtiments du gouvernement, des petites maisons rouges aux noms imprononçables agglutinées sur le promontoire rocheux de Tinganes. Ici, pas d’enceintes de sécurité ni de gardes, les piétons sont libres de déambuler entre « Skansapakkhúsið » (les bureaux du premier ministre) et « Sethúsini » (le siège du ministère du commerce)…

   


L’archipel compte dix-huit îles, connectées par liaison maritime ou terrestre, via trois ponts interîles et deux tunnels sous-marins. Un réseau de bus existe, mais le plus simple est de se déplacer en voiture. Les routes sont excellentes, deux heures suffisent à rallier la cascade de Gásadalur, à la pointe sud-ouest, et les falaises de Viðareiði (jusqu’à 754 m !), au nord. Ouvert en 2002, le Vágatunnilin a été creusé sous le détroit de Vestmanna sur près de 5 km, que l’on parcourt en pente douce, avant de remonter progressivement au-dessus du niveau de la mer. Au bout du tunnel, l’île de Vágar, que la fonte des neiges, l’érosion et la violence de l’Océan ont rendue, par endroits, totalement irréelle.
Il ne fait jamais très froid aux îles Féroé. L’hiver, la température moyenne est de 3 °C, l’été, de 12 °C.
Pour croire ne serait-ce qu’une seconde à l’existence de la magie, il faut enfiler ses chaussures de randonnée et faire la balade de deux heures sur les rives du lac Sørvágsvatn. L’eau, à 5 °C, serpente dans la prairie, les tourbières, où s’ébaillent moutons et oies sauvages, rien d’extraordinaire. Jusqu’au moment où l’on se rend compte que le lac longe une falaise haute de 64 mètres. Depuis le piton voisin (Trælanípa, la « falaise des esclaves »), on le voit surplomber l’Océan, suspendu comme une piscine à débordement. Car, à la fin, le Sørvágsvatn s’y jette, dans un torrent sans cesse repoussé par les vagues. « Regarde la cascade : avec le vent, elle remonte », sourit Jóhannus Hansen en montrant les filets d’eau qui rebroussent chemin. Il n’a que 29 ans, et cela doit faire cent cinquante fois qu’il contemple ce spectacle. En parallèle de ses études d’ingénieur, il a monté son agence de tourisme, Reika Adventures, spécialisée dans la randonnée et l’escalade. « Le monde a découvert notre pays en 2015, avec l’éclipse totale du Soleil. Maintenant, les gens ne viennent plus seulement en juillet, mais aussi en août et en septembre. »

   


Il ne fait jamais très froid aux îles Féroé. L’hiver, la température moyenne est de 3 °C ; l’été, de 12 °C. « En juillet-août, il y a moins de vagues, mais plus d’oiseaux, précise Jóhannus. Des milliers de petits pingouins, guillemots, fous de Bassan, cormorans, viennent se reproduire. » Le macareux, irrésistible oiseau joufflu au bec coloré, trouve refuge sur les pentes de l’île la plus occidentale, Mykines. Entre mai et septembre, un ferry assure la liaison depuis Vágar (45 min). À l’ouest de l’unique village de l’île, un sentier mène en direction du phare. La colonie de macareux se trouve juste avant le pont suspendu : les jours de beau temps, ils sortent de leur trou par centaines, et se dandinent le long du chemin.
« Nous avons une expression pour désigner la zone de l’Atlantique qui sépare l’Islande des îles Féroé : “The Devil’s Dancefloor”, la piste de danse du diable. » Johannus Hansen, guide de randonnée
Sur ces terres sans arbres ni cultures, tout tourne autour du poisson — l’élevage de saumons et la pêche au maquereau constituent la première source de revenus. À Vestmanna, un pêcheur, Magni Blástein, propose aux touristes de l’accompagner en mer. Avec lui, impossible de rentrer bredouille. Au mieux, on revient au port le panier lesté d’un haddock, d’un cabillaud ou d’un carrelet. Au pire, sans trophée, mais avec en mémoire les images du détroit, dont les falaises éventrées rappellent les gorges spectaculaires du hameau de Gjógv, sur l’île d’Eysturoy.
À quarante-cinq minutes de voiture au nord de Vestmanna, le tableau offert par le village de Saksun est moins lisible. Le paysage joue du même ressort que le lac « suspendu » de Sørvágsvatn : l’illusion d’optique. Depuis le haut de la montagne, les cascades se jettent dans ce qui semble être un lac bordé de sable noir. La surprise nous attend en bas, de l’autre côté du plan d’eau : au lieu de s’arrêter au pied du massif, la plage se faufile dans un canyon, et rejoint l’Océan. « Avant, il y avait un bras de mer à la place de cette plage, et le lac était une baie, explique Jóhannus Hansen. Puis il y a eu une tempête, et des tonnes de sable se sont engouffrées. Rien ne protège cette côte. Nous avons une expression pour désigner la zone de l’Atlantique qui sépare l’Islande des îles Féroé : “The Devil’s Dancefloor.” » La piste de danse du diable. Elin Hentze avait raison. Dit comme ça, les vagues, le vent, les falaises, tout est encore plus grand.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Ahmed H. a été condamné à sept ans de prison ferme pour avoir jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015.
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La justice hongroise confirme la condamnation d’un Syrien « injustement diabolisé »

Ahmed H. a été condamné à sept ans de prison ferme pour avoir jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h31
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Accusé d’avoir participé à des heurts violents entre migrants et forces de l’ordre à la frontière serbo-hongroise en 2015, un Syrien a vu sa peine confirmée lors d’un nouveau jugement en Hongrie, mercredi 14 mars. Ahmed H., devenu le symbole d’une dérive sécuritaire dans ce pays d’Europe centrale, a été condamné à sept ans de prison pour terrorisme et entrée irrégulière. Selon Eda Seyhan, d’Amnesty International :
« Lui qui aura simplement tenté d’aider sa famille à fuir la Syrie a été injustement diabolisé dans le tribunal tout comme à l’extérieur. Aucune des preuves à son encontre ne constitue un acte de terrorisme. »

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                Hongrie : le cas d’Ahmed H., emprisonné pour dix ans, symbole de la politique sécuritaire d’Orban



La décision de justice survient en pleine campagne électorale et alors que le premier ministre souverainiste, Viktor Orban, candidat à sa réélection le 8 avril, a publiquement reproché à l’Union européenne de « soutenir le terrorisme ». Cette dernière, comme Washington, s’était inquiétée du caractère disproportionné de la condamnation d’Ahmed H. lors de son premier procès.
La Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction à l’encontre de la Hongrie, accusée de bafouer les droits humains : les magistrats collent étrangement, concernant les dossiers de migrants entrés illégalement dans le pays, au discours de fermeté du gouvernement. Le Parlement européen a aussi fait référence au cas d’Ahmed H. pour réclamer en mai 2017 le déclenchement d’une procédure de sanctions à l’encontre de Budapest.
Mauvais endroit au mauvais moment
Le 16 novembre 2016, Ahmed H., décorateur résidant à Chypre, avait été reconnu coupable de « franchissement illégal de la frontière, acte de terrorisme et participation à un attroupement portant atteinte à l’ordre public ». Le jugement le qualifiait alors de « dangereux fanatique religieux », parce qu’il avait approfondi sa connaissance du Coran et était membre d’une organisation sunnite ayant pignon sur rue.
Quadragénaire, réfugié depuis neuf ans à Chypre, marié à une Chypriote chrétienne, père de deux petites filles, Ahmed H. s’était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Il avait pris la route des Balkans à l’été 2015, dans le but d’arracher ses parents et d’autres membres de sa famille aux combats sévissant à Alep. Il souhaitait les conduire en Allemagne, où l’attitude ouverte de la chancelière Angela Merkel tranchait avec celle de ses voisins. Mais il s’était présenté à la frontière hongroise, le 16 septembre, au moment où Budapest venait de se barricader et de pénaliser toute traversée sauvage de la clôture. Des centaines de migrants s’étaient alors retrouvées dans une impasse côté serbe et avaient imploré les forces de l’ordre de les laisser passer.
Des affrontements avaient éclaté et onze d’entre eux avaient été emprisonnés. Depuis, ceux que les ONG avaient surnommé les « onze de Röszke », du nom du poste frontière en question, ont tous été libérés, sauf Ahmed H., que Viktor Orban persiste à vouloir décrire comme un « terroriste ». Il est l’unique migrant condamné à ce titre en Hongrie. Il peut encore faire appel.

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Avec l’affaire Skripal, Theresa May cherche aussi à marquer des points au Royaume-Uni

Le chef de l’opposition, Jeremy Corbyn a refusé de soutenir les sanctions visant la Russie, « coupable », selon Londres, d’avoir empoisonné un ex-agent double sur le sol britannique.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 10h36
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            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Expulsion de vingt-trois diplomates russes, suspension des contacts diplomatiques, nouvelle législation contre « les activités d’Etat hostiles », Coupe du monde de football privée de présence de la famille royale. Theresa May a annoncé, mercredi 14 mars, une panoplie calculée au plus juste de mesures de rétorsion contre la Russie qu’elle tient pour responsable de l’empoisonnement, à Salisbury, de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, qui restent entre la vie et la mort. « Il n’existe pas d’autre conclusion que celle qui désigne l’Etat russe comme coupable de la tentative de meurtre de M. Skripal et de sa fille et des menaces contre la vie d’autres citoyens britanniques à Salisbury », a déclaré la première ministre.
« C’est un affront à l’interdiction de l’usage des armes chimiques, a-t-elle ajouté. Et c’est un affront au système légal dont nous et nos partenaires internationaux dépendons. » Mme May s’est félicitée de la solidarité exprimée par les alliés du Royaume-Uni – Etats-Unis, Allemagne et France en tête. « Ce qui est arrivé ici pourrait se passer dans n’importe quel autre pays » occidental, a-t-elle souligné.

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En défenseuse de l’Etat de droit
En affichant sa fermeté et en se posant en défenseuse de l’Etat de droit, Mme May a aussi cherché à marquer des points sur la scène politique britannique, où son leadership est ardemment contesté. Le refus du chef de l’opposition, Jeremy Corbyn, de soutenir explicitement les mesures annoncées, son appel au « maintien d’un dialogue solide avec la Russie » et son étonnante dénonciation des coupes budgétaires au Foreign office, ont été visiblement accueillis avec une certaine consternation sur ses propres bancs.
Son ambivalence pourrait aider Theresa May à élargir ses soutiens et à renforcer sa position, alors que les discussions avec Bruxelles sur le Brexit entrent dans une phase cruciale. L’ambassadeur russe à Londres, Alexandre Yakovenko, lui, a jugé la réaction britannique « absolument inacceptable » et digne d’une « provocation ».
En 2006, quatre diplomates russes avaient été expulsés après l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko, ancien agent du KGB, à Londres. Cette fois, Theresa May a donné une semaine à vingt-trois officiels russes, considérés comme des espions (sur cinquante-neuf en poste à Londres) pour faire leurs bagages. Cette expulsion, « la plus lourde depuis plus de trente ans », devrait « radicalement porter atteinte » aux capacités des Russes en matière de renseignement, a assuré la première ministre.
En outre, une invitation à Londres adressée au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a été révoquée et aucun officiel ni membre de la famille royale n’assistera à la Coupe du monde de football cet’été en Russie. Mais un boycott pur et simple de la compétition, qui aurait été fort impopulaire, a été écarté. De même, la première ministre n’a pas annoncé la suspension de l’autorisation d’émettre de la chaîne publique russe RT (ex-Russia Today) alors que l’Ofcom (l’autorité indépendante des communications) lui avait adressé mardi une mise en demeure. Rien non plus concernant les actifs financiers et immobiliers à Londres de nombreux Russes proches du pouvoir – une cible sensible pour l’élite russe, mais aussi pour la City.
Theresa May a aussi annoncé la mise en chantier d’une nouvelle loi contre « toutes formes d’activité hostile d’Etat » et l’adoption d’une disposition de type « Magnitsky act », du nom de la loi américaine qui permet de sanctionner les complices d’atteintes aux droits de l’homme perpétrés par la Russie.
Tandis qu’à Moscou le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitry Peskov, dénonçait des accusations britanniques « dépourvues de fondements et de preuves », le leader du Labour, Jeremy Corbyn, a semblé abonder dans ce sens devant le Parlement. Suggérant la possibilité que la Russie ait « par négligence perdu le contrôle » de l’agent innervant utilisé pour empoisonner les Skripal, il a fait crédit à Moscou de sa demande de remise d’un échantillon. Tout en qualifiant d’« affreux et épouvantables » les événements de Salisbury, il a accusé le gouvernement d’avoir affaibli la diplomatie britannique par ses coupes budgétaires.

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Le plein de soutiens
La manière dont la ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme, Emily Thornberry, pourtant proche de M. Corbyn, regardait ses chaussures pendant l’intervention de ce dernier et le manque de traditionnelles marques d’approbation parmi les députés de l’opposition, pourraient refléter une certaine réserve au sein de son camp.
La députée Yvette Cooper, candidate malheureuse à la direction du Labour en 2015 face à M. Corbyn, l’a d’ailleurs contredit en soulignant ensuite que les méthodes de l’état russe doivent faire l’objet d’une « condamnation sans équivoque ».
Au contraire, Theresa May a, elle, fait le plein de soutiens, y compris parmi les élus « rebelles » sur la question du Brexit. Le consensus autour du discours de la première ministre s’est étendu au Parti national écossais (SNP) ordinairement hypercritique et même aux Libéraux démocrates. Vincent Cable, le chef de ces derniers, a apporté son soutien « total » à Mme May. Dix jours après l’attentat de Salisbury et huit jours avant un Conseil européen décisif pour le Brexit, la première ministre britannique pourrait commencer à percevoir des « dividendes russes ».




                            


                        

                        


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