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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Mohammad Ali Najafi, le maire de Téhéran, a remis sa démission le 14 mars après avoir assisté au spectacle de danse de quelques jeunes filles.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La décision du gouvernement libéral exacerbe le débat sur l’état du système de santé dans la province francophone au Canada.
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Haro sur les hausses de salaire des médecins spécialistes au Québec

La décision du gouvernement libéral exacerbe le débat sur l’état du système de santé dans la province francophone au Canada.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h42
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        



   


Médecins contre médecins. La forte hausse salariale accordée aux médecins spécialistes du Québec mi-février ne passe pas auprès de certains de leurs confrères. L’association Médecins québécois pour un régime public a invité, fin février, sur Facebook, ses 500 membres à signer une pétition contre des « augmentations choquantes » en regard « des coupures draconiennes des dernières années » qui ont, selon elle, aggravé les conditions de travail des infirmières et autres professionnels de la santé et limité l’accès aux services médicaux pour les patients. Elle invitait également le gouvernement provincial « à investir cet argent autrement afin de préserver et améliorer le système de santé public ».

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                Au Québec, des médecins refusent une… augmentation de salaire



La polémique a été lancée par l’annonce, le 15 février, d’un accord entre le ministre de la santé, Gaëtan Barrette, et les 10 000 membres de la Fédération des médecins spécialistes. Il prévoit une hausse de rémunérations de 11,2 % sur huit ans et le partage d’une enveloppe de 2 milliards de dollars canadiens (1,2 milliard d’euros). Cette hausse a été justifiée par le ministre, lui-même un médecin spécialiste, au nom d’un « rattrapage de rattrapage » salarial et de la réduction de l’écart de revenu avec les spécialistes d’autres provinces canadiennes. Plusieurs études montrent pourtant que ceux du Québec sont mieux payés qu’ailleurs au Canada.
Le 7 mars, un rapport indépendant sur la rémunération des médecins et ses impacts « sur leur pratique et la performance du système de santé » a attisé le feu en dénonçant « la remarquable opacité » du système de négociation de la rémunération des médecins et en révélant que celle-ci avait doublé depuis dix ans, tandis que les soins aux patients diminuaient.
La polémique a gagné l’opinion publique
Dans un contexte de réformes contestées du ministre et de pénurie d’infirmières et de médecins de famille, la polémique a gagné l’opinion publique. Certains s’en sont pris sur les réseaux sociaux à ces médecins « gloutons » ou « improductifs ». Diane Francœur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, a répliqué en dénonçant un « cirque médiatique ».
Lassée de « se faire traîner dans la boue », la pédiatre Valérie Marchand a publié, le 13 mars, dans le quotidien Le Devoir un témoignage sous le titre « Nous, médecins, nous sommes plus que juste un salaire ». Elle y témoigne de son quotidien de médecin spécialiste, travaillant plus de 11 heures par jour, délaissant sa famille, payant des assurances hors de prix, sans congés payés ni régime de retraite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le programme, gelé pour une dizaine de jours, cible dans un premier temps les hommes seuls n’ayant pas de demande d’asile en cours d’instruction.
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Compte rendu

En Israël, la Cour suprême suspend un plan d’expulsion de milliers d’Africains

Le programme, gelé pour une dizaine de jours, cible dans un premier temps les hommes seuls n’ayant pas de demande d’asile en cours d’instruction.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-15T18:27:05+01:00"

        Le 15.03.2018 à 18h27






    
Manifestation contre la présence de réfugiés et demandeurs d’asile africains en Israël, le 24 février 2018, à Tel Aviv.
Crédits : JACK GUEZ / AFP


La Cour suprême israélienne a suspendu un plan gouvernemental prévoyant l’expulsion prochaine de milliers d’Africains entrés illégalement dans le pays, selon la copie de l’arrêt rendu jeudi 15 mars. La Cour, saisie par des organisations de défense des migrants, a gelé le programme jusqu’au 26 mars, donnant à l’Etat jusqu’à cette date pour fournir l’argumentaire légal détaillé sur lequel il repose.
Partir ou aller en prison
Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou veut expulser des milliers d’Erythréens et de Soudanais entrés illégalement en Israël et qui n’ont pas de demande d’asile en cours d’instruction. Il leur donne le choix : partir d’ici à début avril – soit pour leur pays d’origine, soit pour un pays tiers – ou aller en prison indéfiniment.

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                Israël veut expulser les « infiltrés » africains



Ce plan concerne dans un premier temps les hommes seuls qui n’ont pas soumis de demande d’asile ou dont la demande a été rejetée. « Nous prenons ici un ordre provisoire interdisant [à l’Etat] d’expulser des clandestins vers un pays tiers » en vertu de ce programme, a précisé la Cour.
Le plan du gouvernement a suscité de nombreuses critiques, notamment de la part du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU mais aussi, en Israël même, de certains survivants de la Shoah.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ En campagne pour l’élection présidentielle de dimanche, le président russe a été rencontrer les habitants de la péninsule.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Entrée dans sa huitième année jeudi, la guerre de Syrie a fait plus de 350 000 morts et s’est complexifiée au fil des ans.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Syrie : des milliers de civils fuient la Ghouta orientale et Afrin

Entrée dans sa huitième année jeudi, la guerre de Syrie a fait plus de 350 000 morts et s’est complexifiée au fil des ans.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h36
   





                        



   


Déclenchée il y a tout juste huit ans, le 15 mars 2011, à la suite de manifestations réclamant la démocratie, réprimées dans le sang par le régime de Bachar Al-Assad, la guerre de Syrie a fait plus de 350 000 morts, et s’est complexifiée au fil des ans.
Jeudi 15 mars, deux fronts sont ouverts en Syrie : dans le sud du pays, où plus de 70 % de l’enclave rebelle de la Ghouta orientale a été prise par le régime, notamment la ville-clé de Hammouriyé ; et dans le Nord-Ouest, où la ville d’Afrin, aux mains des Kurdes, pourrait tomber dans les prochains jours sous les assauts des forces turques et de leurs supplétifs syriens. Des dizaines de milliers de civils fuyaient jeudi ces deux enclaves rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Le régime contrôle plus de 70 % de la Ghouta orientale
Le régime a pris la ville-clé de Hammouriyé
Les troupes loyalistes ont pris jeudi la ville-clé de Hammouriyé, dans le sud de l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, selon l’OSDH. « Le régime syrien contrôle désormais la totalité de cette ville après que les combattants de Faylaq al-Rahmane [groupe rebelle] se sont retirés et que la grande majorité des civils l’ont fuie », a dit à l’Agence France-Presse le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Le régime contrôle désormais plus de 70 % de la partie rebelle de l’enclave rebelle.
Plus de 12 000 civils ont fui
Environ 12 500 civils ont quitté depuis la matinée les localités de Hammouriyé, de Kfar Batna, de Jisrine et de Saqba, toutes situées dans la partie sud du fief rebelle, selon l’OSDH. Il s’agit du plus grand nombre de civils à quitter ce bastion rebelle depuis le début de la vaste offensive du régime, le 18 février.
Frappes aériennes et tirs d’artillerie quotidiens ont tué plus de 1 200 civils en moins d’un mois, dont plus de 250 enfants, et fait plus de 4 800 blessés, selon l’OSDH.
La Russie a une nouvelle fois apporté jeudi son soutien au régime de Damas dans son offensive.

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                La Ghouta orientale, un jardin d’éden devenu cauchemar d’un peuple



Un convoi d’aide arrivé à Douma
Un dispositif humanitaire visant à « soutenir 26 100 personnes pendant un mois  » était distribuée jeudi à Douma, ville du nord de l’enclave de la Ghouta orientale, a fait savoir le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Le convoi comprend « 25 camions affrétés par le CICR, le Croissant-Rouge syrien et l’ONU, qui transportent 5 220 colis de vivres et 5 220 sacs de farine », écrit le CICR dans un communiqué, ajoutant que son président, Peter Maurer, « voyage avec le convoi pour voir directement comment l’aide est distribuée et pour discuter avec les habitants ». Cette troisième livraison d’aides à Douma en dix jours « n’est qu’une petite partie de ce dont ces familles ont besoin ».

   



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          Syrie : après un mois sous terre, les habitants de la Ghouta à bout de forces



L’étau se ressert encore sur Afrin
La ville d’Afrin sera « très bientôt » prise, affirme Ankara
La Turquie a affirmé jeudi que la ville d’Afrin serait « très bientôt nettoyée » des combattants kurdes, soutenus par la coalition internationale, qui la contrôlent, et qu’Ankara considère comme des « terroristes ».
L’offensive militaire contre Afrin, une région du nord-ouest de la Syrie, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de terroriste par la Turquie mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), a débuté le 20 janvier.
De nombreux civils sont en train de la fuir, selon l’OSDH, et les forces de l’offensive turque ont déjà repris plus de 70 % de l’enclave kurde.
30 000 civils ont fui les bombardements turcs
Plus de 30 000 civils ont fui lors des dernières vingt-quatre heures les bombardements turcs sur Afrin, a rapporté jeudi l’OSDH. Les civils tentent notamment de gagner les localités de Nobol et de Zahra, dans un secteur contrôlé par le régime.
Le spectre d’un siège de cette ville de quelque 350 000 habitants ou d’un assaut fait craindre un nouveau drame humanitaire en Syrie.

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                Syrie : des volontaires occidentaux comptent rester « jusqu’au bout » avec les forces kurdes à Afrin




   


Syrie : sommet Turquie-Russie-Iran à Istanbul le 4 avril
Les présidents russe, iranien et turc se réuniront à Istanbul le 4 avril pour un sommet consacré à la Syrie, a fait savoir jeudi le ministère des affaires étrangères turc. La tenue de ce sommet avait été annoncée le 8 février, mais sa date n’avait pas été formellement arrêtée.
La Russie et l’Iran, qui soutiennent le régime de Bachar Al-Assad, et la Turquie, qui appuie l’opposition, avaient tenu un premier sommet trilatéral dans la station balnéaire de Sotchi, en Russie, en novembre 2017. Lors de cette rencontre, le président russe, Vladimir Poutine, avait rallié ses homologues turc, Recep Tayyip Erdogan, et iranien, Hassan Rohani, à l’idée d’organiser une réunion entre représentants du régime et de l’opposition en Syrie. Celle-ci s’est tenue à la fin de janvier, sans déboucher sur des résultats concrets.
L’armée syrienne accusée de viols « systématiques »
Des soldats de l’armée syrienne et des miliciens prorégime ont systématiquement recours au viol de civils et à la violence sexuelle, des atrocités considérées comme des crimes contre l’humanité, selon une enquête de l’ONU rendue publique jeudi.
Les rebelles qui se combattent le régime ont commis des crimes similaires, mais à une échelle « considérablement moindre », écrit dans son rapport la commission internationale d’enquête sur la Syrie, mandatée par les Nations unies.

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                L’armée syrienne accusée de viols « systématiques »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal semble avoir rendu intenable le statu quo jusqu’ici défendu par Washington.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Washington sort de l’immobilisme face à Moscou

L’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal semble avoir rendu intenable le statu quo jusqu’ici défendu par Washington.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h07
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


L’immobilisme devenait embarrassant. Depuis des mois, la Maison Blanche temporisait face aux sanctions contre la Russie votées à une écrasante majorité par le Congrès au cours de l’été. Elle avait même laissé passer, le 30 janvier, la date limite fixée par les élus quant à ces sanctions prises en représailles aux interférences prêtées à Moscou lors de la campagne présidentielle de 2016. Le département du Trésor s’était contenté de publier une liste de deux cents noms, tournée en ridicule à Moscou. Il s’est ravisé, jeudi 15 mars, en annonçant une série de sanctions contre Moscou.

        Sur les sanctions :
         

          Washington annonce des sanctions contre Moscou pour son ingérence dans la présidentielle



Un mois plus tôt, le 13 février, au cours de l’audition annuelle au Sénat consacrée aux menaces pesant sur la sécurité des Etats-Unis, Dan Coats, le directeur du renseignement national – approuvé notamment par le prochain secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, alors responsable de la CIA –, avait dit que l’absence de réaction américaine était contre-productive. « Il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait que la Russie estime que ses efforts ont porté leurs fruits et considère les élections de mi-mandat en 2018 comme une cible pour des opérations d’influence », avait-il prévenu.
Immobilisme
Lorsque le sénateur démocrate Jack Reed (Rhode Island) avait demandé aux responsables quelles « actions spécifiques » avaient été demandées par la Maison Blanche « pour contrer et limiter » ces efforts prêtés à la Russie, Dan Coats et le directeur du FBI, Christopher Wray, avaient bien été en peine d’en citer une seule.
« Nous ne pouvons pas faire face à cette menace, qui est sérieuse, avec une réponse de l’ensemble de l’administration, lorsque le chef de cette dernière continue de nier qu’elle existe », s’était agacé le sénateur indépendant du Maine, Angus King. Le 27 février, au cours d’une autre audition au Sénat, le responsable de la NSA, l’amiral Michael Rodgers, avait confirmé n’avoir reçu aucune « autorité » ou des « capacités supplémentaires ».
Cet immobilisme renvoyait aux tergiversations de Donald Trump face à l’analyse du renseignement américain sur l’origine des piratages informatiques et sur la manipulation des réseaux sociaux constatés en 2016. Après une brève rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine, en marge d’un sommet régional au Vietnam, en novembre 2017, le président américain avait ainsi déclaré : « Chaque fois qu’il me voit, il me dit : “Je n’ai pas fait ça”, et je le crois vraiment quand il me le dit. » Donald Trump avait ensuite réitéré sa confiance dans ses services de renseignement.

        Lire :
         

          Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



Statu quo intenable
La réaction de Washington à l’attaque visant un ancien agent russe à Salisbury, au Royaume-Uni, a témoigné initialement de la même réticence. La porte-parole du président, Sarah Sanders, a ainsi refusé de mettre en cause la Russie, lundi, tout en exprimant avec fermeté sa solidarité avec le gouvernement britannique. Le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, qui ignorait alors qu’il s’agissait de son dernier communiqué avant son limogeage, le lendemain, n’a pas hésité, au contraire, à pointer du doigt Moscou.
Mais l’affaire de Salisbury semble avoir finalement rendu le statu quo intenable. En publiant la liste de dix-neuf personnes et de cinq entités russes désormais sanctionnées par un gel d’avoirs et par l’interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec elles, le département du Trésor est passé à l’action. Une partie des cibles renvoie aux inculpations annoncées le 16 février par le procureur spécial chargé d’enquêter sur ces interférences, Robert Mueller. Elles visent treize personnes de nationalité russe, dont un proche du président, Vladimir Poutine. L’acte d’inculpation ne décrit que les manipulations des réseaux sociaux. Le département du Trésor met également en cause des cyberattaques, dont une visant le secteur de l’énergie.
Survenant après l’expulsion de vingt-trois diplomates russes en poste au Royaume-Uni, les sanctions américaines renforcent l’idée d’un front occidental face à la Russie. Elles s’inscrivent dans un véritable climat de guerre froide entre Moscou et Washington, que la riposte attendue des autorités russes ne pourra qu’aggraver.

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                Ex-espion empoisonné : Londres, Paris, Berlin et Washington accusent Moscou






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ A dix-huit mois des législatives et de la présidentielle, le Parlement a approuvé une réforme qui doit garantir le maintien au pouvoir de l’homme fort d’Ankara.
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Le président Erdogan verrouille le système électoral turc

A dix-huit mois des législatives et de la présidentielle, le Parlement a approuvé une réforme qui doit garantir le maintien au pouvoir de l’homme fort d’Ankara.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h47
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            
Après des heures de débats et d’altercations, le Parlement turc a adopté, mercredi 14 mars à l’aube, une série d’amendements destinés à renforcer la mainmise sur le processus électoral du président, Recep Tayyip Erdogan, et de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).
A dix-huit mois d’une échéance électorale cruciale — municipales en mars 2019, législatives et présidentielle en novembre 2019 —, le « Reis » (« chef« , son surnom) et ses partisans font feu de tout bois pour assurer leur maintien au pouvoir. Le scrutin de 2019 marquera un tournant car c’est alors qu’entrera en vigueur le système d’ « hyperprésidence » voulu par l’homme fort de la Turquie et approuvé par référendum en avril 2017.
Pour garantir son succès, l’AKP a consolidé son alliance avec le Parti de l’action nationaliste (MHP), réalisant la synthèse « islamo-nationaliste » imaginée dès les années 1970, soit la convergence de vue entre les tenants de l’islam politique et les ultranationalistes.
« Le risque de voir les élections se dérouler sous la menace des armes pourrait mettre la pression sur les votants »
Avec 357 sièges sur 550 au Parlement, l’alliance n’a eu aucun mal à faire voter les amendements. A la faveur de ceux-ci, les autorités nomment désormais les responsables des bureaux de vote, dont la localisation peut être modifiée pour raison de sécurité.
Encore plus déroutant, tout électeur peut appeler les forces de l’ordre à intervenir sur les lieux du scrutin s’il se sent lésé d’une manière ou d’une autre, une prérogative jusqu’ici réservée au seul responsable du bureau de vote. « Le risque de voir les élections se dérouler sous la menace des armes pourrait mettre la pression sur les votants », a dénoncé le député Ugur Bayraktutan, du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste).

Par ailleurs, les enveloppes qui contiennent les bulletins mis par les électeurs dans les urnes ne doivent plus être tamponnées par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Des chercheurs établissent une cartographie des opérations de déstabilisation sur Internet, sous l’œil des armées, qui voient dans le cyberespace un nouveau territoire à défendre.
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Quand géographes et mathématiciens éclairent la cyberguerre

Des chercheurs établissent une cartographie des opérations de déstabilisation sur Internet, sous l’œil des armées, qui voient dans le cyberespace un nouveau territoire à défendre.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h39
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Elles représentent la nouvelle guerre mondiale, virtuelle. Ce sont des cartes étranges, à mi-chemin entre les œuvres de Vasarely et les « patates » des cours de mathématiques de l’école primaire : la cartographie du cyberespace est une science en plein progrès, que les armées regardent de près, comme en a témoigné le colloque organisé par la chaire Castex de cyberstratégie à l’Ecole militaire, à Paris, les 13 et 14 mars.
« Le cyberespace est un milieu où l’on positionne ses forces, mais c’est aussi un terrain à défendre, et une menace stratégique, a souligné Frédérick Douzet, de l’Institut français de géopolitique de Paris-VIII, organisatrice de cette réunion d’experts. En se représentant cet espace, on parviendra à mieux le comprendre, (…) comme les armées l’ont fait pour les espaces terrestres, maritimes et aériens. » Selon cette chercheuse, « on peut faire l’hypothèse qu’il existe des territoires, à conquérir et à cartographier ».
La question de la souveraineté nationale
Sur le territoire virtuel du Net, la question de la souveraineté nationale est complexe à appréhender, a indiqué le commandant cyber de l’armée française, le général Olivier Bonnet de Paillerets. « Dans la couche “infra” du cyberespace – les serveurs – la notion de territorialité s’applique. Dans la couche “applicative”, la question du contrôle des applications (donc des algorithmes), est plus complexe. Enfin, dans la couche cognitive, il y a encore beaucoup de questions ouvertes sur la notion de territorialité et sur l’appropriation des données. » Celles-ci sont en effet revendiquées à la fois par les Etats, les citoyens et les acteurs économiques privés.

De Google à Yahoo, « ce sont les acteurs qui transfèrent les données qui sont les nouveaux gardes-frontières », rappelle Uta Kohl, de l’université du pays de Galles. « Nous sommes dans ce domaine dans une logique de souveraineté de combat », estime David...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Notre chroniqueur dénonce les propos d’un professeur de philosophie qui a justifié le viol à la télévision sénégalaise en arguant que les femmes sont provocatrices par nature.
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Chronique

« Au Sénégal, nous avons construit une société où être femme est un supplice »

Notre chroniqueur dénonce les propos d’un professeur de philosophie qui a justifié le viol à la télévision sénégalaise en arguant que les femmes sont provocatrices par nature.

Par                                            Hamidou Anne




LE MONDE
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        Le 15.03.2018 à 17h13

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        Mis à jour le 15.03.2018 à 17h32






    
Capture d’écran de l’émission « Jakaarlo Bi » du 9 mars 2018, diffusée sur la chaîne privée sénégalaise TFM, avec le professeur de philosophie et chroniqueur Songué Diouf.
Crédits : DR


Chronique. Au Sénégal, Songué Diouf, professeur de philosophie et chroniqueur dans un talk-show bien suivi sur une chaîne de télévision privée, a affirmé à l’antenne le 9 mars, au lendemain de la journée internationale des femmes : « Pour les viols, je coupe la poire en deux. Vous faites tout pour que nous vous violions. Et quand nous vous violons, nous allons en prison. Et vous qui avez tout fait pour que nous vous violions, vous restez libres. » Sur le plateau, comme seule réaction, des ricanements…
De tels propos sont graves et ne devraient jamais être tenus, a fortiori à la télévision. Ils m’ont surpris, car je connais l’homme depuis mes années au lycée, où il était un brillant esprit qui séduisait ses jeunes interlocuteurs. Depuis, j’ai gardé pour lui de l’amitié et de l’affection. Mais Songué Diouf a commis un dérapage inacceptable, qui appelle des excuses de sa part et son retrait du débat public par respect pour celles et ceux qu’il a heurtés, surtout les femmes qui ont subi l’horreur du viol.

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Plus généralement, dans cette polémique, se font face deux groupes. Il y a ceux, choqués par ces déclarations, qui demandent des excuses, l’éviction du chroniqueur de la télévision, une action en justice pour apologie du viol. Ils sont dans leur droit et méritent un soutien sérieux. L’affaire est grave. A ce titre, elle doit faire l’objet d’une prise en charge qui dépasse le seul cadre des réseaux sociaux, voire des médias.
Quant à ceux qui défendent les propos de Songué Diouf, on trouve parmi eux toute une kyrielle de gens. Des idiots comme on en croise au quotidien sur Internet, qui ne méritent pas qu’on s’attarde sur eux. Mais aussi des individus censés réfléchir et avoir un minimum de bon sens. Et ce sont ceux-là qui font peur, en vérité. Ils se fendent de tribunes et de prises de parole dans nos rues, nos maisons, nos lieux de travail, pour soutenir l’apologie du viol. Ils trouvent un écho dans certains médias irresponsables qui hébergent leurs saillies misogynes.

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C’est dans leurs rangs qu’il faut ranger le journaliste animateur du talk-show incriminé, qui soutient le professeur Diouf et le dépeint même sous les traits de la victime. Le renversement est grossier et sonne comme une nouvelle atteinte à la dignité des personnes qui ont été violées. Celles-ci sont assimilées à des bourreaux pour s’être habillées de façon « provocatrice ». Elles passent du statut de victimes à celui de vulgaires aguicheuses.
« Je ne me tairai pas »
Ceci rappelle les réactions déclenchées dans le pays en 2012 par la condamnation du journaliste mondain Cheikh Yérim Seck pour avoir violé une jeune fille dans une auberge. Beaucoup blâmaient la victime en demandant : « Que faisait-elle dans une auberge seule avec un homme jusqu’à être violée ? » Comme si le consentement féminin ne signifiait rien. Comme si le musellement des femmes ne devait jamais cesser.
Les propos de Songué Diouf sont terribles pour quiconque pense que nous pouvons construire une société différente qui respecte la simple dignité des femmes. Mais ils peuvent constituer un tournant majeur dans un contexte mondial de libération de la parole des victimes de viol, de harcèlement et d’agression sexuelle. En écho à #meetoo et #balancetonporc, des Sénégalaises ont lancé #nopiwuma (« je ne me tairai pas »). Intellectuels, hommes politiques – dont l’absence de réaction dans cette affaire est symptomatique du niveau du débat public sénégalais –, religieux progressistes ont une fenêtre de tir pour qu’enfin une révolution s’opère dans notre pays sur la question des droits des femmes.

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Les voix de ces dernières ne doivent plus cesser de tonner à nos oreilles de mâles égoïstes. Leurs cris de révolte doivent irriguer l’espace public et faire vivre le débat dans notre pays, où l’interprétation de la religion et les rapports sociaux ont instauré le sexisme et la misogynie. Combien de femmes, de petites filles sont violées et réduites au silence dans nos maisons, souvent avec la complicité des familles ?
Pis, on vient de leur dire que c’est de leur faute, car elles sont habillées de façon sexy ou ont des formes généreuses, qu’elles l’ont cherché, que c’est bien fait pour elles. Nous avons construit une société où être femme est un supplice, et nous devons tous en avoir honte.
Hamidou Anne est un consultant en communication institutionnelle sénégalais qui vit à Dakar. Il est également coauteur de l’ouvrage collectif Politisez-vous !.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Bien avant les fusillades de Parkland, Las Vegas ou San Bernadino, le gouvernement fédéral a commencé à essayer d’encadrer les ventes d’armes. Avec plus ou moins de succès.
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D’Al Capone à Parkland, comment la législation sur les armes à feu a évolué aux Etats-Unis

Bien avant les fusillades de Parkland, Las Vegas ou San Bernadino, le gouvernement fédéral a commencé à essayer d’encadrer les ventes d’armes. Avec plus ou moins de succès.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h49
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 16h55
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


C’était avant l’indignation née des tueries de Columbine, de Sandy Hook ou de Parkland. Avant le National School Walkout du 14 mars, qui a vu des dizaines de milliers d’élèves sortir de leurs établissements pour exiger du président Donald Trump des mesures concrètes contre les armes à feu. Dès la fin des années 1920, marquées par des fusillades au sein du crime organisé, le gouvernement américain a tenté d’encadrer les ventes d’armes à feu. Avec plus ou moins de succès.

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Une tentative avortée en pleine guerre des gangs
Le 14 février 1929, à Chicago (Illinois), en pleine période de prohibition (1920-1933), quatre hommes du gang d’Al Capone vident les chargeurs de leurs mitraillettes Thompson et tuent sept membres du gang rival, dirigé par Bugs Moran.
A l’image du fusil d’assaut AR-15 d’aujourd’hui, la mitraillette Thompson, qui se vend alors 200 dollars (environ 3 000 dollars aujourd’hui), est présentée dans les publicités comme « l’arme portable la plus efficace », une arme « anti-bandits ». Elle est le symbole des roaring twenties — les années 1920 —, du jazz, de l’Art déco et du charleston. On la retrouve aux mains des membres des diverses mafias qui s’affrontent pour le contrôle du crime organisé, mais aussi des Incorruptibles, qui les combattent.
Mais en 1929, la guerre des gangs à Chicago se solde par seize fusillades qui conduisent soixante-quatre mafieux à la morgue. Pour enrayer la violence, le président Herbert Hoover décide d’instaurer une loi sur le contrôle des armes. Un espoir douché par le krach boursier : les priorités sont ailleurs.
Une première loi avec l’assentiment de la NRA
C’est le président Franklin Delano Roosevelt qui reprend les choses en main. Face au crime organisé et aux « exploits » de gangsters comme John Dillinger — et après la tentative d’assassinat dont il est la cible en février 1933 —, il comprend que le gouvernement fédéral doit intervenir. 

   


En 1934, il lance le programme A New Deal for Crime, qui inclut le National Firearms Act (NFA), une loi pour empêcher l’achat d’une arme à feu dans un Etat et sa revente dans un autre et qui vise essentiellement les armes utilisées par les gangs (fusils à canon scié, mitraillettes, silencieux). Le texte impose notamment une taxe de 200 dollars sur la revente des armes.
A cette époque, la National Rifle Association défendait le contrôle des armes à feu. Karl Frederick, son président, affirmait devant le Congrès (page 59 du document d’origine, page 61 sur le PDF) :
« Je n’ai jamais cru à l’utilité du port d’arme. J’en porte rarement. (…) Je ne crois pas à l’utilité de porter une arme. Je pense que leur détention devrait être encadrée et qu’ils devraient être enregistrés. »
Les assassinats de JFK et Luther King…
Les assassinats du président John Fitzgerald Kennedy (JFK), en 1963, — avec un fusil acheté par correspondance dans le magazine de la NRA American Rifleman —, du révérend Martin Luther King, en 1968, et de Robert Kennedy, la même année, poussent le président Lyndon B. Johnson à renforcer le contrôle des armes. Avec le Gun Control Act du 22 octobre 1968 (ou GCA), là encore soutenu par la NRA, il interdit la vente de certaines armes par correspondance, la vente d’armes aux mineurs, aux repris de justice, aux fugitifs, aux toxicomanes et aux malades mentaux. Le texte impose aux armuriers d’établir un registre des ventes, sans les obliger à communiquer ces informations aux autorités locales ou fédérales.
En 1972, le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et explosifs) est créé et devient le service fédéral chargé de la mise en application des textes sur les armes, les explosifs, le tabac et l’alcool et de la lutte contre leur trafic.
En 1986, le texte est amendé par le Firearm Owners’Protection Act qui interdit la vente d’armes automatiques neuves (qui tirent en rafale) mais lève l’interdiction des ventes d’armes par correspondance.
La vérification des antécédents
Après la tentative d’assassinat de Ronald Reagan, le 30 mars 1981, le Congrès vote le Brady Act (ou Brady Bill), en novembre 1993, qui tire son nom de James Brady, ancien porte-parole de la Maison Blanche grièvement blessé dans l’attentat. Il impose une vérification des antécédents de chaque client potentiel ainsi qu’un délai d’attente lors de chaque achat : c’est le système de fichier national de vérification instantanée du casier judiciaire — le National Instant Criminal Background Check System, ou NICS —, géré par le Federal Bureau of Investigation (FBI).

   


Dans la pratique, les clients doivent remplir un formulaire chez l’armurier, dont l’activité est homologuée par les autorités fédérales. Celui-ci transmet par téléphone ou Internet ces données au NICS qui vérifie les antécédents judiciaires et psychiatriques de l’acheteur potentiel, avant d’autoriser ou non la transaction. En général, les contrôles ne prennent que quelques minutes, mais peuvent durer jusqu’à trois jours si nécessaire.
Le système souffre de carences, notamment en raison de l’actualisation partielle des bases de données. Enfin, de nombreuses ventes contournent les contrôles fédéraux exigés, notamment sur Internet ou dans les foires itinérantes.
Les fusils d’assaut interdits pendant dix ans
Le 17 janvier 1989, la tuerie de la Cleveland Elementary School, à Stockton, en Californie (cinq élèves sont tués et trente blessés), pousse le président Bill Clinton à signer le Violent Crime Control and Law Enforcement Act, en 1994.
Ce texte, connu sous le nom de Federal Assault Weapons Ban (interdiction fédérale des armes d’assaut), interdit pour dix ans la vente des fusils d’assaut (type AR-15 ou AK-47).
Le moratoire expire en 2004 sans être renouvelé, malgré les efforts de parlementaires républicains et démocrates.
Virginia Tech : les failles dans la vérification des antécédents
Après la tuerie de l’université de technologie de Virginie (Virginia Tech, le 16 avril 2007, qui fait trente-deux morts et vingt-cinq blessés), le Congrès vote le NICS Improvement Amendments Act, qui tente de pallier certains défauts du Gun Control Act de 1968. Les Etats sont invités à partager avec le gouvernement fédéral des informations sur les acheteurs potentiels qui seraient visés par les interdictions du GCA de 1968.
Ainsi, Cho Seung-hui, l’auteur de la tuerie de Virginia Tech, a pu acheter des armes alors qu’une cour de Virginie avait jugé qu’il constituait un danger pour lui-même, une information qu’elle n’avait pas transmis au fichier national de vérification instantanée du casier judiciaire.

   


Tentative de réguler les ventes des fusils d’assaut
La tuerie de Las Vegas (Nevada), le 1er octobre 2017 (cinquante-huit morts), a mis les bump stocks — dispositifs permettant à un fusil de tirer en rafale quasi-automatique — au ban des accusés. Stephen Paddock, le tueur de Las Vegas, avait équipé douze de ses fusils d’un tel système. Après le massacre, des appels à interdire les bump stocks ont été lancés, mais le Congrès a préféré transmettre le dossier au service fédéral chargé de la mise en application de la loi sur les armes (Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives, ou ATF).

L’écho de la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas
Après la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas, à Parkland (Floride), les élèves rescapés ont réclamé une interdiction des variantes civiles des fusils d’assaut militaires utilisés dans les derniers grands massacres aux Etats-Unis : outre Parkland (dix-sept morts), des fusils d’assaut ont été utilisés à Sutherland Springs (Texas, vingt-six morts), Las Vegas (cinquante-huit morts), Orlando (Floride, quarante-neuf morts), San Bernardino (Californie, quatorze morts), Newtown (Connecticut, vingt-sept morts) ou Aurora (Colorado, douze morts).

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Mais ni les élus républicains ni le président Donald Trump n’ont osé défendre cette proposition pour ne pas s’aliéner la NRA, devenue, à partir de la fin des années 1970, un puissant lobby opposé à l’intervention de l’Etat fédéral dans la régulation des armes à feu et finançant les campagnes du Parti républicain. « On va regarder », a déclaré le président Trump à la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, qui lui faisait remarquer la baisse des tueries enregistrées après que le Congrès eut adopté en 1994 une loi bannissant durant dix ans les fusils d’assaut. Ils sont aujourd’hui légaux dans plus de quarante Etats.
Le seul point susceptible d’évoluer est le renforcement du contrôle des antécédents des acheteurs d’armes à feu : comme le montrait un sondage Gallup d’octobre 2017, une vaste majorité des Américains y sont favorables, tout comme le président Trump et des élus des deux bords. L’objectif est de pallier les carences dans les contrôles fédéraux des antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs avant d’autoriser toute vente d’armes.

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Actions locales
Si le gouvernement fédéral rechigne à prendre des mesures, les Etats ont montré qu’ils pouvaient légiférer. Ainsi, en 1989, la Californie a voté une loi restrictive sur les armes d’assaut, le Roberti-Roos Assault Weapons Control Act, amendé en 1999, qui interdit la détention ou le transfert d’une cinquantaine de types d’armes semi-automatiques qui entrent dans la catégorie des armes d’assaut.

   


Le Connecticut, le district de Columbia, le Maryland, le Massachusetts, le New Jersey et l’Etat de New York ont des lois qui interdisent, encadrent ou restreignent la détention des fusils d’assaut.
Après Parkland, le gouverneur républicain de Floride, Rick Scott, a signé la Marjory Stoneman Douglas High School Public Safety Act, une loi qui relève à 21 ans l’âge minimum légal pour acheter une arme à feu, impose un délai d’attente de trois jours pour toute vente de fusils et autorise certains employés d’établissements scolaires à être armés. Mais les élus de Floride ont rejeté la demande des survivants de Parkland d’interdire les fusils d’assaut semi-automatiques.
La NRA, de son côté, a annoncé lancer une procédure juridique fédérale afin de faire annuler la loi.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Une enquête de l’ONU, rendue publique jeudi, dénonce les violences sexuelles commises par des soldats de l’armée syrienne et des miliciens prorégime, considérées comme des crimes contre l’humanité.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

L’armée syrienne accusée de viols « systématiques »

Une enquête de l’ONU, rendue publique jeudi, dénonce les violences sexuelles commises par des soldats de l’armée syrienne et des miliciens prorégime, considérées comme des crimes contre l’humanité.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h39
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 16h55
   





                        


Des soldats de l’armée syrienne et des miliciens prorégime ont systématiquement eu recours au viol et à la violence sexuelle contre des civils, des atrocités considérées comme des crimes contre l’humanité, selon une enquête de l’Organisation des Nations unies (ONU), rendue publique jeudi 15 mars.
Les combattants rebelles, qui se battent contre le régime syrien, ont commis des crimes similaires, mais sur une échelle « considérablement moindre que les viols attribués aux forces gouvernementales et à leurs milices alliées », a souligné dans son rapport la Commission internationale d’enquête sur la Syrie, mandatée par l’ONU.

        Lire le témoignage d’une victime du régime :
         

          « En Syrie, le viol était le maître mot »



Ces conclusions, présentées devant le Conseil des droits de l’homme au siège européen de l’ONU, à Genève, sont fondées sur 454 interviews avec des survivants, des témoins et des travailleurs médicaux. Mais le gouvernement syrien n’a jamais autorisé les enquêteurs de cette commission à venir sur place.
« Des milliers de femmes et d’adolescentes » détenues
Pour les auteurs de l’enquête, « les viols et autres actes de violence sexuelle (…) font partie d’une agression répandue et systématique visant la population civile, et s’apparentent à des crimes contre l’humanité ».
Les barrages contrôlés par le régime ou ses alliés ainsi que les centres de détention sont les principaux lieux de violences sexuelles, affirme le rapport, qui décrit plusieurs scènes d’horreur. La commission d’enquête a noté que les soldats gouvernementaux ont détenu « des milliers de femmes et d’adolescentes » entre mars 2011, début du conflit, et la fin de 2017, période couverte par l’étude. Des violences sexuelles contre des hommes et des enfants des deux sexes ont également été répertoriées.

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Les auteurs de l’étude affirment, en revanche, n’avoir trouvé « aucune preuve d’une pratique systématique ou d’une politique chez les groupes armés [rebelles] de recourir aux violences sexuelles pour susciter la peur ou obtenir des informations », même si les rebelles se sont eux aussi livrés à des viols.
Le rapport ne fait pas état des exactions commises par l’organisation Etat islamique, qui fait l’objet d’une enquête séparée de la part de la commission.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Cette méthode de financement, très populaire avant la crise de 2008, a criblé de dettes le fabriquant de jouets.
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Qu’est-ce que le LBO, ce montage financier tenu pour responsable de la faillite de Toys’R’Us ?

Cette méthode de financement, très populaire avant la crise de 2008, a criblé de dettes le fabriquant de jouets.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h35
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Elle semble bien loin, l’époque où le « leveraged buy-out » (LBO) était encore synonyme de baguette magique. Ce montage financier, qui a connu son heure de gloire avant la crise financière de 2008, est désormais plus souvent synonyme de miroir aux alouettes. On le tient volontiers pour responsable des difficultés économiques et des faillites des entreprises qui y ont recouru – la dernière en date étant Toys’R’Us, qui a annoncé, mercredi 14 mars, la liquidation de la quasi-totalité de ses 1 500 magasins à travers le monde.
Le LBO expliqué avec des gâteaux
Pour comprendre le fonctionnement du LBO, prenons le cas imaginaire de l’entreprise Décodus, filiale du Monde spécialisée dans la livraison de gâteaux à domicile, sise à Paris.

On a quatre ans et le plus beau des gâteaux d’anniversaire ! Merci @anneaeldurand https://t.co/ptCUr0CAzn— decodeurs (@Les Décodeurs)


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Décodus fonctionne très bien, mais aurait besoin d’investissements pour se développer. La pâtisserie n’étant pas le cœur de métier du Monde, celui-ci accepte de céder sa filiale au fonds d’investissement américain Ellebiho. Celui-ci assure croire en l’avenir de Décodus et promet déjà à ses employés d’étendre leur activité au monde entier. Mais il ne dispose pas, sur son compte en banque, du milliard d’euros que lui réclame Le Monde.
Le fonds Ellebiho va donc procéder à un achat par effet levier, ou LBO : il demande à sa banque de lui prêter le milliard d’euros nécessaire à l’achat. « Ne vous inquiétez pas, nous vous rembourserons rapidement en prélevant les profits de Décodus sur les prochaines années », explique les investisseurs du fonds à la banque. C’est donc Décodus qui va fournir à Ellebiho les fonds nécessaires pour se faire racheter.
Problème : les gâteaux Décodus se vendent moins bien que prévu à l’étranger. Les employés proposent aux patrons de Ellebiho de développer des offres « cupcakes » à destination du marché américain ou de confectionner des pâtisseries orientales pour le Maghreb, mais la réponse est négative : pour dégager rapidement des liquidités afin de rembourser la banque (et les intérêts qui accompagnent le prêt d’un milliard), les financiers d’Ellebiho imposent à Décodus des restrictions budgétaires drastiques et refusent tout investissement productif. Tout l’argent généré par les livraisons de gâteaux part en dividendes vers Ellebiho, qui pousse même Décodus à contracter de nouveaux prêts bancaires pour pouvoir se verser davantage de dividendes.
Cette logique entraîne Décodus dans une spirale infernale : faute de pouvoir investir, elle se fait dépasser, jusque sur son terrain parisien, par une start-up spécialisée dans l’ubérisation du gâteau, et n’a même plus les moyens de payer ses traites. Elle est alors placée en redressement judiciaire, avant d’être rachetée à prix cassé par une multinationale de l’agroalimentaire, pour 50 millions d’euros.
Le fonds d’investissement Ellebiho, qui a remboursé le prêt initial d’un milliard en pompant toutes les ressources de Décodus, a donc gagné 50 millions d’euros dans l’histoire.
Cette histoire correspond-elle à la réalité ?
L’histoire de Décodus est certes un peu caricaturale, mais elle reflète assez bien les risques du LBO. Ce montage financier peut fonctionner si les taux d’intérêt bancaires sont bas et que l’entreprise est florissante et dégage suffisamment de bénéfices pour rembourser sa dette et investir. A l’inverse, le LBO peut asphyxier les sociétés plus fragiles.
C’est ce qui est, par exemple, arrivé à Vivarte : le groupe d’habillement, propriétaire des enseignes André, La Halle ou Naf Naf, a frôlé la disparition en 2017 après avoir été racheté puis revendu en cascade par trois fonds d’investissement, jusqu’à accumuler une dette de 2,8 milliards d’euros. Les mêmes causes ont produit les mêmes effets chez SoLocal (ex-Pages jaunes) ou la SAUR, et le recours au LBO pose aujourd’hui des difficultés chez SFR-Numéricable.
Le groupe Toys’R’Us doit, quant à lui, supporter un endettement de 7,5 milliards de dollars (6 milliards d’euros) depuis son rachat en 2005 par les groupes de capital-risque KKR et Bain Capital, par l’intermédiaire d’un LBO. En 2016, par exemple, 99 % de son bénéfice a servi à payer les intérêts bancaires de ce prêt, l’empêchant d’investir sur le numérique et de résister à la concurrence d’Amazon et de Walmart.
Le LBO est particulièrement problématique lorsque survient une crise financière : confrontées à une baisse de leur chiffre d’affaires et à une hausse des taux d’intérêt, les entreprises rachetées peuvent se retrouver dans l’incapacité de rembourser leurs créances et faire faillite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Fragilisé par le meurtre d’un journaliste, le premier ministre, Robert Fico, a présenté, mercredi, sa démission au président, à condition que des élections anticipées ne soient pas organisées.
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Slovaquie : le vice-premier ministre pressenti pour former le nouveau gouvernement

Fragilisé par le meurtre d’un journaliste, le premier ministre, Robert Fico, a présenté, mercredi, sa démission au président, à condition que des élections anticipées ne soient pas organisées.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h54
   





                        



   


Le président slovaque, Andrej Kiska, a annoncé, jeudi 15 mars, qu’il confierait la formation d’un nouveau gouvernement au vice-premier ministre, Peter Pellegrini, proche du chef du gouvernement démissionnaire, Robert Fico.
« Je confierai à M. Pellegrini la formation d’un nouveau gouvernement dès que j’aurai reçu la démission du gouvernement actuel de M. Fico », a dit M. Kiska aux journalistes à l’issue d’une rencontre avec le vice-premier ministre.
M. Fico a offert mercredi sa démission dans le sillage de l’assassinat du journaliste Jan Kuciak, à l’origine d’une profonde crise politique. M. Kuciak avait enquêté sur des liens entre des hommes d’affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise, la’Ndrangheta, et des hommes politiques slovaques, y compris dans l’entourage du premier ministre.
La démission de M. Fico et la désignation de son successeur, membre important du parti Smer-SD du premier ministre sortant, devraient intervenir officiellement dans l’après-midi lors de leur réception par le président Kiska.
« Hier (mercredi), les partis de la coalition m’ont informé qu’ils avaient le soutien d’une majorité au parlement pour un nouveau gouvernement conduit par M. Pellegrini », a déclaré M. Kiska.

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          Le président accepte la démission du premier ministre



Démission sous conditions
En offrant sa démission mercredi, M. Fico a posé trois conditions à son départ :
le président Kiska devra respecter le résultat des élections législatives de 2016 ;respecter et garantir l’accord de coalition qui a permis la mise en place du gouvernement actuel ;accepter que son parti propose son candidat à la tête du futur gouvernement.
D’après les déclarations de M. Kiska jeudi, ces conditions ont été acceptées. Auparavant, le chef de l’Etat avait demandé soit un remaniement en profondeur du gouvernement, soit des élections anticipées. M. Fico souhaitait éviter cette dernière solution.
La coalition hétéroclite issue des législatives de 2016 comprend, outre le parti à tendance sociale-démocrate Smer-SD de M. Fico, le Parti national slovaque (SNS, droite nationaliste) et Most-Hid (centre droit, proche de la minorité hongroise).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’administration Trump annonce cibler plusieurs Russes et organisations russes en représailles à l’ingérence de Moscou dans l’élection de 2016 aux Etats-Unis.
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Washington annonce des sanctions contre Moscou pour son ingérence dans la présidentielle

L’administration Trump annonce cibler plusieurs Russes et organisations russes en représailles à l’ingérence de Moscou dans l’élection de 2016 aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h24
   





                        



   


Les Etats-Unis ont annoncé, jeudi 15 mars, une série de sanctions contre la Russie pour son ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016 et plusieurs cyberattaques, notamment par le virus NotPetya, pendant l’été 2017, et par une tentative de pénétrer le système de distribution énergétique.
« Cette administration répond aux activités pernicieuses (…) de la Russie, y compris sa tentative d’interférence dans les élections américaines », a indiqué le secrétaire au trésor, Steven Mnuchin.

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Dans le détail, cinq entités, dont le FSB (services secrets intérieurs), le GRU (les renseignements militaires) et l’Internet Research Agency (IRA), et 19 individus sont visés par ces sanctions. Ces dernières se traduisent par le gel des avoirs des personnes concernées et l’interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec elles.
Parmi les 19 Russes concernés, 13 ont déjà été inculpés par Robert Mueller, le procureur spécial chargé de l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016.

        Sur l’ingérence russe :
         

          Donald Trump face à de solides accusations



La Russie a immédiatement réagi, annonçant préparer « des mesures de représailles ». « Nous réagissons avec calme », a affirmé le vice-ministre des affaires étrangères, Sergueï Riabkov, cité par l’agence de presse russe Interfax, assurant que les sanctions américaines sont « liées à la campagne électorale » de la présidentielle russe de dimanche.
Le Congrès américain était favorable
Le Congrès américain s’était déjà prononcé en faveur de sanctions contre la Russie, mais le ministère du trésor s’était contenté, le 30 janvier, de publier une liste de 200 responsables russes, sans annoncer de mesures punitives immédiates.
L’absence de sanctions concrètes et la seule publication d’une liste avaient soulevé des questions quant à la réelle volonté de l’administration de les appliquer.
L’annonce de ces sanctions intervient alors que Londres, Paris, Berlin et Washington ont conjointement accusé Moscou d’être responsable de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Youlia sur le sol britannique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Après des années d’inertie, le pays développe ses capacités de traitement, mais des lacunes demeurent dans la formation et la prévention.
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Décryptage

Lutte contre le cancer : le bond en avant de l’Algérie

Après des années d’inertie, le pays développe ses capacités de traitement, mais des lacunes demeurent dans la formation et la prévention.

Par                                            Saïd Aït-Hatrit (Alger, contributeur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 15.03.2018 à 15h28

     •
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        Mis à jour le 15.03.2018 à 17h25






    
Dans un hôpital d’Alger, en 2012.
Crédits : Louafi Larbi / REUTERS


En septembre 2017, la ville de Tlemcen a réceptionné son premier centre anti-cancer (CAC). Le nombre de structures consacrées à la lutte contre cette maladie en Algérie est ainsi passé à quinze (dont cinq dans le privé), contre quatre en 2013, selon le professeur Messaoud Zitouni, coordonnateur du Plan national anti-cancer. Sur la même période, le nombre d’appareils de radiothérapie installés est passé de sept à trente-deux.
Cet investissement considérable, l’Algérie ne pouvait plus le retarder, tant les autorités ont failli au cours de la décennie 2000. Des patients dépistés mouraient faute d’avoir été traités dans les délais. S’il est possible, en Algérie ou dans d’autres pays africains, d’avoir accès à la chirurgie, voire à de la chimiothérapie, il est beaucoup plus rare de pouvoir profiter de la radiothérapie, qui nécessite un accélérateur de particules dont le coût peut dépasser 3 millions d’euros.

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La transition épidémiologique, qui fait du cancer l’une des principales causes de mortalité sur le continent, était pourtant connue : 42 720 nouveaux cas de cancer ont été répertoriés en 2015 en Algérie et 61 000 sont attendus en 2025.
La construction de certains CAC, récemment livrés, était d’ailleurs prévue depuis le milieu des années 2000. « De 2006 à 2012, j’ai participé à plusieurs appels d’offres en radiothérapie. Ils étaient retirés puis réapparaissaient, sans qu’aucun n’aboutisse jamais, se souvient le responsable d’un fabricant d’accélérateurs. J’ignore si cela était dû à la bureaucratie, mais la situation d’urgence ne permettait pas de perdre de temps. » 
Des délais trop longs
La construction de la plupart des CAC a été relancée en 2013, peu avant que le Plan national anti-cancer, doté de 185 milliards de dinars (environ 1,6 milliard d’euros à l’époque) jusqu’en 2019 et placé sous la tutelle de la présidence de la République, soit adopté en 2015.
« Il y a cinq ans, je vous mettais au défi d’obtenir un rendez-vous en radiothérapie en moins de deux ans », témoigne le professeur Mokhtar Hamdi Cherif, fondateur du premier registre du cancer d’Algérie, à Sétif, en 1989, et président de l’association Ennour, qui vient en aide aux personnes malades : « Aujourd’hui, dans notre ville, un patient peut en obtenir un en moins de deux mois grâce aux trois accélérateurs en service. » 

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Pour sa part, le docteur Ahmed Bendib, chef du service sénologie au centre Pierre-et-Marie-Curie d’Alger, note que si « davantage de patients sont traités, les délais sont toujours trop longs » dans la capitale. Pour accélérer les procédures, il n’est pas rare que les patients du Grand Alger soient envoyés vers des CAC moins sollicités.
« Ma mère a pu bénéficier d’une prise en charge rapide dans un CHU d’Alger grâce à des connaissances, témoigne Amina. Par la suite, un ponte de la cancérologie de Marseille, un ami algérien, nous a rassurés en nous confirmant la qualité de son protocole de soins. En revanche, nous avons dû faire la radiothérapie dans une clinique privée de Blida [à 60 km d’Alger], tout comme les contrôles qui nécessitaient des IRM, car les délais étaient trop longs dans le public. »
Des associations comme Ennour ont créé des maisons d’accueil pour recevoir les malades, ainsi que leurs proches, à Sétif, Blida ou Constantine.
Dans le cadre du programme en cours, cinq CAC doivent encore être réceptionnés d’ici un an dans le public, et un autre dans le privé, autorisé depuis 2008 à participer à la lutte contre le cancer. En revanche, « les discussions sont toujours en cours pour déterminer comment l’assurance maladie, qui rembourse les frais dans le public, peut participer à la prise en charge de nos patients », explique le docteur Saïd Mahmoudi. L’hôpital privé qu’il a ouvert en 2015 à Tizi Ouzou est équipé du premier PET-Scan du pays, un appareil qui permet de détecter des tumeurs cancéreuses.
Améliorer le dépistage
De nombreux enjeux d’organisation doivent encore être réglés. C’est le cas de la maintenance des appareils médicaux tels que les scanners, qui peuvent rester des mois en panne dans le public, a dénoncé en novembre 2017 le professeur Kamel Bouzid, président de la Société algérienne d’oncologie médicale. Les autorités ont insisté auprès des fabricants Varian et Elekta, leaders mondiaux de la radiothérapie, pour qu’ils soient directement présents en Algérie, notamment pour former des ingénieurs. Reste que, pour toute une gamme d’appareils, les pièces de rechange sont rares, les prestataires incompétents ou les contrats de maintenance mal négociés.
La question du stockage des médicaments est aussi posée avec insistance. En janvier, des associations se sont alarmées de l’indisponibilité momentanée de certains anticancéreux, poussant le ministère de la santé à créer une « cellule de veille ». Alors que les molécules manquaient dans les années 2000 pour la chimiothérapie, elles sont aujourd’hui parfois gaspillées, faute de formation de pharmaciens hospitaliers spécialisés en oncologie.

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« On a voulu greffer un plan cancer sur un système de santé boiteux, qui n’est jamais évalué », s’énerve Ahmed Bendib. En novembre 2017, le ministre de la santé a annoncé un audit de tout le système sanitaire. « Par le passé, l’aspect matériel a prévalu sur l’aspect organisationnel et humain, et c’est ce que nous voulons changer avec le Plan, commente le professeur Zitouni. La gestion des stocks hospitaliers est devenue une science et nous devons mieux former nos gestionnaires. Mais changer tous ces comportements va prendre du temps. »
Toujours en termes d’organisation, en lieu et place de CAC isolés, Messaoud Zitouni souhaiterait que les futurs services de radiothérapie soient installés au sein de CHU afin de constituer des pôles de santé complets.
L’Algérie pourrait disposer d’une cinquantaine d’accélérateurs à l’horizon 2020, un niveau équivalent à celui du Maroc. L’urgence actuelle est d’améliorer les capacités de prévention et de dépistage dans un pays où 70 % des personnes sont diagnostiquées à un stade tardif. « Pour 185 000 femmes de plus de 50 ans dans la région de Sétif, il nous faut environ vingt-trois appareils de mammographie, estime Mokhtar Hamdi Cherif. Or nous n’en disposons que de quatre. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ « Le Monde » revient sur cet épisode tragique, documents et témoignages à l’appui. Le chef du service international du « Monde », Christophe Ayad, a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Ex-lieutenant-colonel, engagé dans l’opération Turquoise au Rwanda, il contredit la version officielle d’une intervention strictement humanitaire.
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Retour sur l’opération Turquoise au Rwanda : « Qu’on mente aux Français est inacceptable »

Ex-lieutenant-colonel, engagé dans l’opération Turquoise au Rwanda, il contredit la version officielle d’une intervention strictement humanitaire.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h10
    |

                            David Servenay








                        



   


Engagé dans l’opération militaro-humanitaire Turquoise, en juin et juillet 1994 au Rwanda, en tant qu’officier de guidage de tir aérien, Guillaume Ancel, aujourd’hui âgé de 52 ans, a quitté l’armée en 2005. Il publie vendredi 16 mars Rwanda, la fin du silence, témoignage d’un officier français, un récit brut et gênant pour les décideurs politiques.

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Pourquoi publier votre témoignage vingt-quatre ans après les faits ? Quelles sont vos motivations ?
Je témoignerai jusqu’à ce que cela ne fasse plus débat en France. En 2014, j’ai évoqué ces faits dans un polar, Vent sombre sur le lac Kivu (TheBookEdition), juste pour raconter de l’intérieur cette opération. J’ai alors fait face à des pressions et des menaces, émanant de responsables politiques. Cela m’a convaincu de témoigner publiquement.
Depuis vingt-quatre ans en effet, je parle de ces faits à cause du décalage entre la réalité et ce qu’on en dit. Qu’on mente aux Français de manière éhontée, c’est inacceptable. Qu’on mente aux députés, c’est aussi un beau déni de démocratie. En refusant de mettre les choses sur la table, nous acceptons de ne pas les comprendre et de recommencer, c’est un déni à l’intelligence collective. Qu’est-ce que je gagne dans cette polémique ? Rien d’autre que des ennuis et des tensions.
Quelque 2 500 hommes ont participé à l’opération Turquoise, pourquoi êtes-vous si peu nombreux à vous exprimer ?
Sur 300 officiers environ, nous sommes cinq à avoir publié des témoignages, dont deux auraient pu être écrits par le Sirpa (le service de communication des armées). Pourquoi les autres se taisent ? Si Turquoise avait été une opération classifiée, cela se comprendrait, mais c’était censé être une intervention humanitaire…
Une des raisons de ce mutisme, c’est la culture du silence. Il y a confusion dans l’armée française entre l’obligation de réserve, qui relève du secret professionnel, et ce silence assourdissant qui consiste à taire ce qui s’est passé. Il peut sembler protéger les militaires, mais en réalité il les expose bien au-delà de leurs propres responsabilités. Il permet surtout aux décideurs d’échapper à leur responsabilité. C’est particulièrement nocif en démocratie, et je ne veux pas que ce silence devienne une amnésie.

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          Les secrets de la France au Rwanda : les ambiguïtés de l’opération « Turquoise »



D’après vous, comment vont réagir les autres protagonistes de cette histoire ?
Je redoute plusieurs choses. Pour commencer, que mes compagnons d’armes craignent que je les mette en cause, alors que j’ai admiré leur professionnalisme et leur courage, sur le terrain. Ma deuxième crainte est que ce débat sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi n’ait pas lieu. Ce que je dis devrait susciter l’effroi, l’histoire que nous racontons depuis vingt-quatre ans ne correspond pas à la réalité. C’est une question de société. Je ne prétends pas avoir raison, je dis simplement que mon témoignage est incompatible avec cette fable humanitaire. Je crains enfin que nous n’ayons pas le courage de reconnaître que nous nous sommes trompés. Pourtant, personne ne nous condamnerait, au contraire, on nous respecterait de dire la vérité et de faire preuve d’un peu d’humilité. Ce serait aussi honorer la mémoire du million de victimes que nous n’avons pas su empêcher.
Vous racontez avoir commis un crime de guerre en faisant exécuter de sang-froid, par vos légionnaires, une bande de miliciens Interahamwe (extrémistes hutu). Pourquoi un tel aveu ?
Je ne considère pas que ce soit un crime de guerre de les avoir éliminés, ces miliciens ont voulu faire une démonstration de leurs crimes en exhibant notamment le gilet pare-balles d’un camarade belge massacré par leurs soins à Kigali. J’ai donc décidé de les empêcher de nuire plus longtemps. J’aurais pu éviter de raconter cet épisode, mais j’ai pris le parti de témoigner de ce qui s’est passé en réalité pendant cette opération Turquoise. Il est grand temps de sortir des fables de nos habiles communicants sur ces opérations militaires camouflées en « interventions humanitaires ». Une opération militaire n’est pas une affaire d’anges…

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Sur le fond, quelle leçon tirez-vous du Rwanda ?
Le Rwanda, c’est l’amorce de la fin de la Françafrique. C’est la première fois qu’on se prend une raclée et qu’en plus on se ridiculise. Turquoise est un échec. A travers ces événements, l’image donnée à l’Afrique et à nos partenaires européens est que nous faisons n’importe quoi et que nous soutenons des gens infréquentables. D’ailleurs, dans les dix ans qui ont suivi le génocide, la France s’est retrouvée en difficulté dans tout le pré carré africain où les pays implosaient les uns après les autres.
Mais le plus important pour moi est que nous exigions un réel contrôle démocratique sur les opérations menées au nom de la France, alors que la tentation sécuritaire ne cesse d’augmenter.
Faut-il ouvrir les archives, ainsi que le réclament de nombreux universitaires ?
L’ouverture des archives, bien sûr, mais l’ouverture réelle, car les Français sauront alors ce qui s’est vraiment passé. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas et certaines archives sont même « ouvertes, mais non consultables » ! Cela ressemble à cet ordre absurde que j’ai reçu à Sarajevo : « Ripostez, sans tirer. » C’était six mois après le Rwanda…
Tout cela abîme les militaires français engagés au Rwanda. Ils disparaîtront avec un ulcère à l’estomac, exactement comme la génération qui a vécu la guerre d’Algérie et qui n’a jamais pu dire la réalité. Ma génération doit parler, juste pour raconter la réalité de ce qui s’est passé, pour mettre les décideurs face à leurs responsabilités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ De PSA à Carrefour, de plus en plus de sociétés tricolores prennent la route de Nairobi, montant en charge sur ce marché de l’est de l’Afrique où elles font encore figure de petits poucets.
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Le Kenya « pro-business » attire les entreprises françaises

De PSA à Carrefour, de plus en plus de sociétés tricolores prennent la route de Nairobi, montant en charge sur ce marché de l’est de l’Afrique où elles font encore figure de petits poucets.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 14h00
    |

            Marie de Vergès (à Nairobi (Kenya)








                        



                                


                            

Au Kenya, certains parlent d’un « moment français ». Une façon de décrire la montée en charge soudaine des entreprises tricolores sur un marché où elles font encore figure de petits poucets. Dans ce pays, locomotive de l’Afrique de l’Est et imprégné de culture anglo-saxonne, elles n’étaient qu’une trentaine en 2013. Cette année, le cap des cent devrait être enfin franchi.
Des exemples ? Le constructeur PSA revient dans le pays qu’il avait quitté en 2002, où il assemble des véhicules depuis le mois de juin. Au deuxième semestre 2018, c’est le spécialiste des articles de sport Decathlon qui ouvrira un espace de vente à Nairobi. Plus visible encore, l’enseigne Carrefour s’impose depuis deux ans à un rythme effréné. En avril, un cinquième magasin franchisé devrait être inauguré dans la capitale kényane, sous la bannière du distributeur. Désireuse d’accompagner les entreprises européennes sur ce marché, la Société générale a ouvert en octobre, à Nairobi, un bureau de représentation, le premier d’une banque française en Afrique de l’Est…

Une part de marché encore insignifiante
Une véritable « remontada », tant était marginale la place occupée, jusqu’ici, par les sociétés hexagonales dans ce pays du Commonwealth. La part de marché française y est d’ailleurs insignifiante, de 1,3 % seulement. En 2016, la France n’était que le 16e fournisseur du Kenya. Loin derrière les grands émergents tels que l’Inde et la Chine, mais aussi les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. « Ici, il ne suffit pas de dire qu’on est Dassault ou Engie pour s’imposer, on ne connaît pas forcément nos grands groupes », souligne Pierre Gattaz, le président du Medef. « De même, ironise-t-il, le Kenya est peu connu de la France… à part pour les safaris. » A lui seul, le pays affiche pourtant un produit intérieur brut (PIB) de 78 milliards de dollars (63 milliards d’euros). Plus que celui, cumulé, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Gabon,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès revient sur la crise de croissance qui touche ce pays africain « passé en vingt ans d’un système quasi féodal au XXIe siècle ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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« En Ethiopie, tout est difficile, mais tout reste possible »

Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès revient sur la crise de croissance qui touche ce pays africain « passé en vingt ans d’un système quasi féodal au XXIe siècle ».



Le Monde
 |    15.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h32
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Emergences. L’Ethiopie, terre des opportunités, nouveau « Far East »… A Addis-Abeba, les autorités connaissent le bréviaire de l’attractivité sur le bout des doigts. « Dans les années 1990, nous étions une toute petite économie. Nous sommes maintenant l’une des plus grosses d’Afrique subsaharienne, une destination sérieuse pour les investissements et un futur hub industriel. » Ministre des finances, Abraham Tekeste s’adresse à un public sagement assis dans les rangées d’un amphithéâtre : les représentants d’une quarantaine d’entreprises françaises, venus, les 8 et 9 mars, en visite exploratoire. Avides d’en savoir plus sur le modèle d’un pays qui connaît depuis une décennie une croissance échevelée, la plus rapide du continent…

L’Ethiopie séduit et, pourtant, l’Ethiopie inquiète. Miracle ou mirage ? La crise politique qui sévit depuis des mois et vient de regagner en intensité brouille les certitudes. L’état d’urgence a été décrété mi-février, pour la seconde fois en un an et demi. Une mesure exceptionnelle prise au lendemain de la démission surprise du premier ministre, Hailemariam Desalegn, auquel le pays cherche aujourd’hui péniblement un successeur. Le tout sur fond de contestation antigouvernementale, notamment des communautés oromo et amhara, majoritaires au sein de la population et très remontées contre un appareil d’Etat contrôlé par l’ethnie des Tigré.
Qu’on ne s’y trompe pas. Politique et économie sont ici étroitement liées. « Ils sont passés, en vingt ans, d’un système quasi féodal au XXIe siècle, analyse Bernard Coulais, directeur général à Addis-Abeba du groupe BGI-Castel (bière et vin), le plus important des investisseurs français en Ethiopie. Forcément, ça bouscule. Ils sont en crise de croissance. »
Clichés misérabilistes
La trajectoire est impressionnante, stupéfiante même. Pendant longtemps, les clichés misérabilistes ont collé à la peau de l’Ethiopie, terre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Lors de sa première visite en tant que président en Californie, Donald Trump a inspecté les huit prototypes de sa promesse de campagne : un mur à la frontière avec le Mexique.
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