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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ L’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal semble avoir rendu intenable le statu quo jusqu’ici défendu par Washington.
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Washington sort de l’immobilisme face à Moscou

L’affaire de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal semble avoir rendu intenable le statu quo jusqu’ici défendu par Washington.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h07
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


L’immobilisme devenait embarrassant. Depuis des mois, la Maison Blanche temporisait face aux sanctions contre la Russie votées à une écrasante majorité par le Congrès au cours de l’été. Elle avait même laissé passer, le 30 janvier, la date limite fixée par les élus quant à ces sanctions prises en représailles aux interférences prêtées à Moscou lors de la campagne présidentielle de 2016. Le département du Trésor s’était contenté de publier une liste de deux cents noms, tournée en ridicule à Moscou. Il s’est ravisé, jeudi 15 mars, en annonçant une série de sanctions contre Moscou.

        Sur les sanctions :
         

          Washington annonce des sanctions contre Moscou pour son ingérence dans la présidentielle



Un mois plus tôt, le 13 février, au cours de l’audition annuelle au Sénat consacrée aux menaces pesant sur la sécurité des Etats-Unis, Dan Coats, le directeur du renseignement national – approuvé notamment par le prochain secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, alors responsable de la CIA –, avait dit que l’absence de réaction américaine était contre-productive. « Il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait que la Russie estime que ses efforts ont porté leurs fruits et considère les élections de mi-mandat en 2018 comme une cible pour des opérations d’influence », avait-il prévenu.
Immobilisme
Lorsque le sénateur démocrate Jack Reed (Rhode Island) avait demandé aux responsables quelles « actions spécifiques » avaient été demandées par la Maison Blanche « pour contrer et limiter » ces efforts prêtés à la Russie, Dan Coats et le directeur du FBI, Christopher Wray, avaient bien été en peine d’en citer une seule.
« Nous ne pouvons pas faire face à cette menace, qui est sérieuse, avec une réponse de l’ensemble de l’administration, lorsque le chef de cette dernière continue de nier qu’elle existe », s’était agacé le sénateur indépendant du Maine, Angus King. Le 27 février, au cours d’une autre audition au Sénat, le responsable de la NSA, l’amiral Michael Rodgers, avait confirmé n’avoir reçu aucune « autorité » ou des « capacités supplémentaires ».
Cet immobilisme renvoyait aux tergiversations de Donald Trump face à l’analyse du renseignement américain sur l’origine des piratages informatiques et sur la manipulation des réseaux sociaux constatés en 2016. Après une brève rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine, en marge d’un sommet régional au Vietnam, en novembre 2017, le président américain avait ainsi déclaré : « Chaque fois qu’il me voit, il me dit : “Je n’ai pas fait ça”, et je le crois vraiment quand il me le dit. » Donald Trump avait ensuite réitéré sa confiance dans ses services de renseignement.

        Lire :
         

          Donald Trump face à de solides accusations d’interférences russes



Statu quo intenable
La réaction de Washington à l’attaque visant un ancien agent russe à Salisbury, au Royaume-Uni, a témoigné initialement de la même réticence. La porte-parole du président, Sarah Sanders, a ainsi refusé de mettre en cause la Russie, lundi, tout en exprimant avec fermeté sa solidarité avec le gouvernement britannique. Le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, qui ignorait alors qu’il s’agissait de son dernier communiqué avant son limogeage, le lendemain, n’a pas hésité, au contraire, à pointer du doigt Moscou.
Mais l’affaire de Salisbury semble avoir finalement rendu le statu quo intenable. En publiant la liste de dix-neuf personnes et de cinq entités russes désormais sanctionnées par un gel d’avoirs et par l’interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec elles, le département du Trésor est passé à l’action. Une partie des cibles renvoie aux inculpations annoncées le 16 février par le procureur spécial chargé d’enquêter sur ces interférences, Robert Mueller. Elles visent treize personnes de nationalité russe, dont un proche du président, Vladimir Poutine. L’acte d’inculpation ne décrit que les manipulations des réseaux sociaux. Le département du Trésor met également en cause des cyberattaques, dont une visant le secteur de l’énergie.
Survenant après l’expulsion de vingt-trois diplomates russes en poste au Royaume-Uni, les sanctions américaines renforcent l’idée d’un front occidental face à la Russie. Elles s’inscrivent dans un véritable climat de guerre froide entre Moscou et Washington, que la riposte attendue des autorités russes ne pourra qu’aggraver.

        Lire aussi :
         

                Ex-espion empoisonné : Londres, Paris, Berlin et Washington accusent Moscou






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Entrée dans sa huitième année jeudi, la guerre de Syrie a fait plus de 350 000 morts et s’est complexifiée au fil des ans.
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Syrie : des milliers de civils fuient la Ghouta orientale et Afrin

Entrée dans sa huitième année jeudi, la guerre de Syrie a fait plus de 350 000 morts et s’est complexifiée au fil des ans.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h36
   





                        



   


Déclenchée il y a tout juste huit ans, le 15 mars 2011, à la suite de manifestations réclamant la démocratie, réprimées dans le sang par le régime de Bachar Al-Assad, la guerre de Syrie a fait plus de 350 000 morts, et s’est complexifiée au fil des ans.
Jeudi 15 mars, deux fronts sont ouverts en Syrie : dans le sud du pays, où plus de 70 % de l’enclave rebelle de la Ghouta orientale a été prise par le régime, notamment la ville-clé de Hammouriyé ; et dans le Nord-Ouest, où la ville d’Afrin, aux mains des Kurdes, pourrait tomber dans les prochains jours sous les assauts des forces turques et de leurs supplétifs syriens. Des dizaines de milliers de civils fuyaient jeudi ces deux enclaves rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Le régime contrôle plus de 70 % de la Ghouta orientale
Le régime a pris la ville-clé de Hammouriyé
Les troupes loyalistes ont pris jeudi la ville-clé de Hammouriyé, dans le sud de l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, selon l’OSDH. « Le régime syrien contrôle désormais la totalité de cette ville après que les combattants de Faylaq al-Rahmane [groupe rebelle] se sont retirés et que la grande majorité des civils l’ont fuie », a dit à l’Agence France-Presse le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Le régime contrôle désormais plus de 70 % de la partie rebelle de l’enclave rebelle.
Plus de 12 000 civils ont fui
Environ 12 500 civils ont quitté depuis la matinée les localités de Hammouriyé, de Kfar Batna, de Jisrine et de Saqba, toutes situées dans la partie sud du fief rebelle, selon l’OSDH. Il s’agit du plus grand nombre de civils à quitter ce bastion rebelle depuis le début de la vaste offensive du régime, le 18 février.
Frappes aériennes et tirs d’artillerie quotidiens ont tué plus de 1 200 civils en moins d’un mois, dont plus de 250 enfants, et fait plus de 4 800 blessés, selon l’OSDH.
La Russie a une nouvelle fois apporté jeudi son soutien au régime de Damas dans son offensive.

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                La Ghouta orientale, un jardin d’éden devenu cauchemar d’un peuple



Un convoi d’aide arrivé à Douma
Un dispositif humanitaire visant à « soutenir 26 100 personnes pendant un mois  » était distribuée jeudi à Douma, ville du nord de l’enclave de la Ghouta orientale, a fait savoir le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Le convoi comprend « 25 camions affrétés par le CICR, le Croissant-Rouge syrien et l’ONU, qui transportent 5 220 colis de vivres et 5 220 sacs de farine », écrit le CICR dans un communiqué, ajoutant que son président, Peter Maurer, « voyage avec le convoi pour voir directement comment l’aide est distribuée et pour discuter avec les habitants ». Cette troisième livraison d’aides à Douma en dix jours « n’est qu’une petite partie de ce dont ces familles ont besoin ».

   



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          Syrie : après un mois sous terre, les habitants de la Ghouta à bout de forces



L’étau se ressert encore sur Afrin
La ville d’Afrin sera « très bientôt » prise, affirme Ankara
La Turquie a affirmé jeudi que la ville d’Afrin serait « très bientôt nettoyée » des combattants kurdes, soutenus par la coalition internationale, qui la contrôlent, et qu’Ankara considère comme des « terroristes ».
L’offensive militaire contre Afrin, une région du nord-ouest de la Syrie, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de terroriste par la Turquie mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), a débuté le 20 janvier.
De nombreux civils sont en train de la fuir, selon l’OSDH, et les forces de l’offensive turque ont déjà repris plus de 70 % de l’enclave kurde.
30 000 civils ont fui les bombardements turcs
Plus de 30 000 civils ont fui lors des dernières vingt-quatre heures les bombardements turcs sur Afrin, a rapporté jeudi l’OSDH. Les civils tentent notamment de gagner les localités de Nobol et de Zahra, dans un secteur contrôlé par le régime.
Le spectre d’un siège de cette ville de quelque 350 000 habitants ou d’un assaut fait craindre un nouveau drame humanitaire en Syrie.

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Syrie : sommet Turquie-Russie-Iran à Istanbul le 4 avril
Les présidents russe, iranien et turc se réuniront à Istanbul le 4 avril pour un sommet consacré à la Syrie, a fait savoir jeudi le ministère des affaires étrangères turc. La tenue de ce sommet avait été annoncée le 8 février, mais sa date n’avait pas été formellement arrêtée.
La Russie et l’Iran, qui soutiennent le régime de Bachar Al-Assad, et la Turquie, qui appuie l’opposition, avaient tenu un premier sommet trilatéral dans la station balnéaire de Sotchi, en Russie, en novembre 2017. Lors de cette rencontre, le président russe, Vladimir Poutine, avait rallié ses homologues turc, Recep Tayyip Erdogan, et iranien, Hassan Rohani, à l’idée d’organiser une réunion entre représentants du régime et de l’opposition en Syrie. Celle-ci s’est tenue à la fin de janvier, sans déboucher sur des résultats concrets.
L’armée syrienne accusée de viols « systématiques »
Des soldats de l’armée syrienne et des miliciens prorégime ont systématiquement recours au viol de civils et à la violence sexuelle, des atrocités considérées comme des crimes contre l’humanité, selon une enquête de l’ONU rendue publique jeudi.
Les rebelles qui se combattent le régime ont commis des crimes similaires, mais à une échelle « considérablement moindre », écrit dans son rapport la commission internationale d’enquête sur la Syrie, mandatée par les Nations unies.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Dès l’été 1968, des penseurs ont tenté d’analyser le mouvement qui venait à peine de s’achever. Voici des extraits de textes de l’époque.
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Edgar Morin, Paul Ricœur, Raymond Aron, Alain Touraine... ce qu’ils ont écrit à chaud sur Mai 68

Dès l’été 1968, des penseurs ont tenté d’analyser le mouvement qui venait à peine de s’achever. Voici des extraits de textes de l’époque.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 14h50
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15.03.2018 à 18h49
   





                        



                                


                            

Comment les intellectuels ont-ils analysé, sur le moment, le mouvement qui a secoué la France en mai et juin 1968 ? Réponses avec quatre textes publiés entre le printemps et l’été qui a suivi les événements.
Raymond Aron : « Cette révolution a été à la fois anachronique et futuriste »
« Un psychodrame », c’est ainsi que le philosophe (1905-1983) a interprété la révolte étudiante de Mai dans La Révolution introuvable (Fayard), publié en juillet 1968. Mais s’il moque l’« anachronisme » de la « commune estudiantine », il voit un « contenu moderne », donc selon lui légitime, dans les aspirations des cadres d’entreprise à une « décentralisation du pouvoir de décision ».
Edgar Morin : « Une extase de l’histoire »
Le sociologue, qui enseigne brièvement à l’université de Nanterre au printemps 1968, observe les événements avec sympathie. Dans une série d’articles écrit pour Le Monde pendant les événements, par la suite repris dans l’ouvrage collectif Mai 1968 : la brèche (Fayard), il salue notamment la « commune étudiante », « riche, folle, géniale comme une révolution », et s’interroge sur son devenir : finira-t-elle en s’étiolant dans la confusion ou en trouvant la force de sa métamorphose ?
Paul Ricœur : « L’Occident est entré dans une révolution culturelle »
En 1968, le philosophe enseigne à la faculté de Nanterre et suit de près les événements. « Cette révolution attaque le nihilisme d’une société qui, tel un tissu cancéreux, n’a pas d’autre but que sa propre croissance », écrit-il notamment dans l’une des trois contributions qu’il livre au Monde en juin 1968. Nous republions un extrait de ces textes, qui ont été par la suite repris dans la revue Esprit.
Alain Touraine : « Une nouvelle lutte des classes »
Le sociologue, alors professeur à l’université de Nanterre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les militants socialistes doivent départager les quatre textes d’orientation déposés par Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/03/2018
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Congrès du PS : les militants votent pour désigner leur premier secrétaire

Les militants socialistes doivent départager les quatre textes d’orientation déposés par Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h13
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Après quelques mois de campagne et un débat télévisé, les quatre candidats à la tête du Parti socialiste, Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel s’en remettent ce jeudi 15 mars au vote des militants. L’enjeu est de taille pour les concurrents alors que seulement deux d’entre eux seront qualifiés pour le second tour, le 29 mars. Les militants doivent se prononcer sur les quatre textes d’orientations proposés par chacun des candidats.
Olivier Faure, le favori
Olivier Faure, 49 ans, est considéré comme le favori du scrutin. Son texte « Socialistes, le chemin de la renaissance » est celui qui a reçu le plus de soutiens, de la maire de Lille Martine Aubry à l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le député de Seine-et-Marne, président du groupe Nouvelle Gauche de l’Assemblée nationale, porte une candidature de « rassemblement ». Il entend proposer une méthode de refondation pour renouveler le PS et ses instances. Selon plusieurs observateurs, « à moins de 35 %, ce serait un échec » pour le candidat, souvent critiqué pour son supposé manque de charisme.
Stéphane Le Foll, le Hollandais
Stéphane Le Foll est le second candidat tenant de la ligne majoritaire du PS. A 58 ans, l’ancien ministre de l’agriculture de François Hollande porte le texte d’orientation n° 2 intitulé « Cher.e.s camarades ». Le député de la Sarthe entend rassembler les sociaux-démocrates et compte sur son verbe haut et sa notoriété pour porter la voix du parti dans le débat public. Souvent critiqué par ses adversaires pour son côté « clivant » et son opposition jugée trop frileuse à la politique d’Emmanuel Macron, il incarne le bilan du précédant quinquennat qu’il a défendu tout au long de la campagne. Selon le candidat, « les choses bougent sur le terrain » en sa faveur. Il espère se qualifier au second tour.
Emmanuel Maurel, le frondeur
Emmanuel Maurel est le seul représentant de l’aile gauche du parti. A 44 ans, le député européen porte le texte d’orientation n° 4 intitulé « L’Union et l’Espoir ». Proche du chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon dont il a été l’assistant parlementaire, il propose de s’allier avec l’ensemble des forces de gauche « antilibérales ». Il s’inscrit dans la lignée des anciens frondeurs du quinquennat de François Hollande. Considéré comme la révélation du débat télévisé, son objectif est de faire mieux qu’au congrès de Toulouse de 2012. Déjà candidat, il avait alors obtenu 13 % des voix et il s’était qualifié au second tour, avant de perdre face à Harlem Désir.
Luc Carvounas, l’ancien vallsiste
Luc Carvounas est celui qui est parti le plus tôt en campagne, dès le mois de novembre 2017. A 46 ans, le député du Val-de-Marne est le premier signataire du texte d’orientation n°1 intitulé « Un Progrès partagé pour faire gagner la gauche ». L’ancien vallsiste défend désormais ce qu’il nomme la gauche « arc-en-ciel », pour une alliance de « l’ensemble des forces progressistes, écologistes et républicaines ». Souvent critiqué pour son « grand écart idéologique », l’ancien maire d’Alfortville compte sur sa « loyauté » et sur son passé de militant pour tenter de se qualifier.
Mode d’emploi
102 000 adhérents du PS sont appelés aux urnes, même si la direction nationale table sur la participation de 30 000 votants. Pour prendre part au scrutin, il faut avoir été adhérent du parti pendant au moins un an depuis 2015 et se remettre à jour de cotisation en 2018, ce qui sera possible dans les bureaux de vote.
Dans les Bouches-du-Rhône, les militants ne pourront payer que par chèque et devront avoir obtenu un reçu fiscal pour les années 2015 ou 2016. Des mesures inédites décidées par l’ensemble des candidats et réservées à ce département, par crainte d’irrégularités dans la fédération.
Aucune procuration n’est autorisée. Le vote est physique est non pas électronique, malgré le souhait de M. Carvounas. Les militants doivent donc se rendre dans les quelque 3 200 sections du parti entre 17 heures et 22 heures pour y participer. Les résultats remonteront ensuite des sections aux fédérations et jusqu’au siège du parti.
Rue de Solférino, un représentant de chaque candidat sera présent pour s’assurer du bon déroulement du scrutin. « Nous avons mis en place tous les processus pour qu’il n’y ait pas de fraude », assure Rachid Temal, coordinateur du PS, également à la tête de la commission de récolement en cas de litige.
Les candidats sont plus méfiants : « On n’est jamais à l’abri de rien. On surveillera partout, pour que le scrutin soit incontestable et incontesté », confie M. Faure qui a prévu d’effectuer ses propres remontées de votes grâce à ses assesseurs. Même précaution dans l’entourage de M. Le Foll. « On a demandé à voir les résultats de toutes les fédérations. Si jamais il y a des fraudes, c’est tout le PS qui va perdre. Ce serait catastrophique », prévient l’une des proches du candidat.
De son côté, M. Carvounas veut croire que le scrutin se passera bien : « Ce serait de la pure folie de se prêter à ce genre de pratique. Alors qu’on a fait une bonne campagne, qu’on a réussi le débat, ce n’est pas la peine de tout gâcher, pas maintenant, pas comme ça, pas de là où on part ! », s’exclame le député du Val-de-Marne. Quant à M. Maurel, il invoque Lénine pour rappeler « ce bon vieux principe : “la confiance n’exclut pas le contrôle” : nous serons vigilants ».
Si l’écart entre les candidats est suffisamment significatif dès jeudi soir, leur ordre d’arrivée sera dévoilé avant minuit par la direction nationale du parti. Les résultats définitifs ne sont attendus que le lendemain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Cette méthode de financement, très populaire avant la crise de 2008, a criblé de dettes le fabriquant de jouets.
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Qu’est-ce que le LBO, ce montage financier tenu pour responsable de la faillite de Toys’R’Us ?

Cette méthode de financement, très populaire avant la crise de 2008, a criblé de dettes le fabriquant de jouets.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h35
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Elle semble bien loin, l’époque où le « leveraged buy-out » (LBO) était encore synonyme de baguette magique. Ce montage financier, qui a connu son heure de gloire avant la crise financière de 2008, est désormais plus souvent synonyme de miroir aux alouettes. On le tient volontiers pour responsable des difficultés économiques et des faillites des entreprises qui y ont recouru – la dernière en date étant Toys’R’Us, qui a annoncé, mercredi 14 mars, la liquidation de la quasi-totalité de ses 1 500 magasins à travers le monde.
Le LBO expliqué avec des gâteaux
Pour comprendre le fonctionnement du LBO, prenons le cas imaginaire de l’entreprise Décodus, filiale du Monde spécialisée dans la livraison de gâteaux à domicile, sise à Paris.

On a quatre ans et le plus beau des gâteaux d’anniversaire ! Merci @anneaeldurand https://t.co/ptCUr0CAzn— decodeurs (@Les Décodeurs)


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Décodus fonctionne très bien, mais aurait besoin d’investissements pour se développer. La pâtisserie n’étant pas le cœur de métier du Monde, celui-ci accepte de céder sa filiale au fonds d’investissement américain Ellebiho. Celui-ci assure croire en l’avenir de Décodus et promet déjà à ses employés d’étendre leur activité au monde entier. Mais il ne dispose pas, sur son compte en banque, du milliard d’euros que lui réclame Le Monde.
Le fonds Ellebiho va donc procéder à un achat par effet levier, ou LBO : il demande à sa banque de lui prêter le milliard d’euros nécessaire à l’achat. « Ne vous inquiétez pas, nous vous rembourserons rapidement en prélevant les profits de Décodus sur les prochaines années », explique les investisseurs du fonds à la banque. C’est donc Décodus qui va fournir à Ellebiho les fonds nécessaires pour se faire racheter.
Problème : les gâteaux Décodus se vendent moins bien que prévu à l’étranger. Les employés proposent aux patrons de Ellebiho de développer des offres « cupcakes » à destination du marché américain ou de confectionner des pâtisseries orientales pour le Maghreb, mais la réponse est négative : pour dégager rapidement des liquidités afin de rembourser la banque (et les intérêts qui accompagnent le prêt d’un milliard), les financiers d’Ellebiho imposent à Décodus des restrictions budgétaires drastiques et refusent tout investissement productif. Tout l’argent généré par les livraisons de gâteaux part en dividendes vers Ellebiho, qui pousse même Décodus à contracter de nouveaux prêts bancaires pour pouvoir se verser davantage de dividendes.
Cette logique entraîne Décodus dans une spirale infernale : faute de pouvoir investir, elle se fait dépasser, jusque sur son terrain parisien, par une start-up spécialisée dans l’ubérisation du gâteau, et n’a même plus les moyens de payer ses traites. Elle est alors placée en redressement judiciaire, avant d’être rachetée à prix cassé par une multinationale de l’agroalimentaire, pour 50 millions d’euros.
Le fonds d’investissement Ellebiho, qui a remboursé le prêt initial d’un milliard en pompant toutes les ressources de Décodus, a donc gagné 50 millions d’euros dans l’histoire.
Cette histoire correspond-elle à la réalité ?
L’histoire de Décodus est certes un peu caricaturale, mais elle reflète assez bien les risques du LBO. Ce montage financier peut fonctionner si les taux d’intérêt bancaires sont bas et que l’entreprise est florissante et dégage suffisamment de bénéfices pour rembourser sa dette et investir. A l’inverse, le LBO peut asphyxier les sociétés plus fragiles.
C’est ce qui est, par exemple, arrivé à Vivarte : le groupe d’habillement, propriétaire des enseignes André, La Halle ou Naf Naf, a frôlé la disparition en 2017 après avoir été racheté puis revendu en cascade par trois fonds d’investissement, jusqu’à accumuler une dette de 2,8 milliards d’euros. Les mêmes causes ont produit les mêmes effets chez SoLocal (ex-Pages jaunes) ou la SAUR, et le recours au LBO pose aujourd’hui des difficultés chez SFR-Numéricable.
Le groupe Toys’R’Us doit, quant à lui, supporter un endettement de 7,5 milliards de dollars (6 milliards d’euros) depuis son rachat en 2005 par les groupes de capital-risque KKR et Bain Capital, par l’intermédiaire d’un LBO. En 2016, par exemple, 99 % de son bénéfice a servi à payer les intérêts bancaires de ce prêt, l’empêchant d’investir sur le numérique et de résister à la concurrence d’Amazon et de Walmart.
Le LBO est particulièrement problématique lorsque survient une crise financière : confrontées à une baisse de leur chiffre d’affaires et à une hausse des taux d’intérêt, les entreprises rachetées peuvent se retrouver dans l’incapacité de rembourser leurs créances et faire faillite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Pour Emmanuel Macron et Theresa May, « il n’y a pas d’autre explication plausible » qu’un acte de la Russie, a fait savoir l’Elysée jeudi.
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Ex-espion empoisonné : Londres, Paris, Berlin et Washington accusent Moscou

Pour Emmanuel Macron et Theresa May, « il n’y a pas d’autre explication plausible » qu’un acte de la Russie, a fait savoir l’Elysée jeudi.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h31
   





                        



   


Depuis l’hospitalisation, le 4 mars, de l’ex-espion Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, empoisonnés à l’agent innervant Novitchok, le ton ne cesse de monter entre Moscou, d’une part, et Londres et ses alliés, d’autre part, aggravant des relations déjà tendues, à quelques jours de la présidentielle russe, dimanche, et à trois mois du Mondial 2018 de football organisé en Russie.
Londres, Berlin, Paris, et Washington font front commun
Après l’accusation formelle de Moscou par la première ministre britannique, Theresa May, Berlin, Paris, Londres et Washington ont écrit, jeudi, dans une déclaration commune, que la responsabilité russe était la seule explication « plausible » de la tentative d’assassinat de l’ancien agent double, ce qui constitue une menace pour leur sécurité :
« Nous, les chefs d’Etat et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, exprimons notre consternation après l’attaque contre Sergeï et Ioulia Skripal à Salisbury, Royaume-Uni, le 4 mars 2018. Cet emploi d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie, constitue le premier emploi offensif d’un agent neurotoxique en Europe depuis la seconde guerre mondiale. C’est une atteinte à la souveraineté britannique, et toute action de cette nature venue d’un Etat partie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques est une violation claire de ladite convention et du droit international. C’est notre sécurité à tous qui est menacée. »
Les quatre dirigeants appellent la Russie à fournir toutes les données de son programme Novitckok à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
En visite pour la première fois à Salisbury, où l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Youlia sont hospitalisés depuis le 4 mars dans un état grave, Theresa May a vanté « l’unité » de ses alliés face à la Russie.

        Editorial du « Monde » :
         

          Ex-espion empoisonné : un front uni pour soutenir Theresa May face à Vladimir Poutine




Pour Moscou, les mesures de riposte « ne se feront naturellement pas attendre »
Expulsion de vingt-trois diplomates russes, gel des contacts bilatéraux, nouvelle législation contre « les activités d’Etat hostiles », Coupe du monde de football privée de la présence de la famille royale, la première ministre britannique a annoncé, mercredi, une série de mesures de rétorsion contre la Russie.
Elles ont aussitôt été qualifiées par la diplomatie russe de « provocation grossière sans précédent ». Jeudi, le Kremlin a dénoncé la position « absolument irresponsable » de Londres, soulignant que la riposte russe répondrait « au mieux » aux intérêts de la Russie. « Nous sommes, bien sûr, préoccupés par cette situation », a encore ajouté le porte-parole du Kremlin. « La partie russe n’a rien à voir avec l’incident qui a eu lieu à Salisbury ». Le président russe, Vladimir Poutine, a réuni jeudi le Conseil de sécurité nationale pour évoquer notamment la situation autour de cette affaire.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé le gouvernement britannique d’utiliser l’empoisonnement de l’ex-espion russe pour « détourner l’attention » de ses difficultés liées au Brexit. « La popularité de ce gouvernement ne cesse de baisser, a-t-il dit dans un entretien avec des médias étrangers, dont le texte a été diffusé par le ministère. Cette manière d’organiser des provocations autour de Sergueï Skripal détourne l’attention. »
« Il n’y a eu aucun programme de développement d’armes chimiques sous le nom “Novitchok” ni sous l’URSS, ni en Russie », a par ailleurs déclaré le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov, cité par l’agence Interfax.

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                Ex-espion empoisonné : Poutine, en campagne électorale, ignore la crise avec le Royaume-Uni



La France prendra des mesures « dans les prochains jours »
Après un entretien, lundi soir, condamnant « une attaque inacceptable », mais sans commenter, dans un premier temps, l’éventuelle responsabilité de la Russie, Emmanuel Macron s’est de nouveau entretenu jeudi matin avec Theresa May. Lors d’un déplacement en Indre-et-Loire, Emmanuel Macron a dit qu’il annoncerait « dans les prochains jours » les mesures qu’il compte prendre.
Le président français doit inaugurer, jeudi en fin de journée, le Salon du livre de Paris, dont la Russie est l’invitée d’honneur. Trente-huit auteurs russes y ont été invités. Il a, en outre, annoncé qu’il se rendrait en Russie les 24 et 25 mai pour participer au forum économique de Saint-Pétersbourg. Le principe de cette visite avait été décidé lors du déplacement de Vladimir Poutine en France, où Emmanuel Macron l’avait invité au château de Versailles peu après son élection à la présidence de la République, en 2017.

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                Avec l’affaire Skripal, Theresa May cherche aussi à marquer des points au Royaume-Uni






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ L’écrivain et réalisateur franco-américain, très remarqué pour son prix Goncourt en 2006, « Les Bienveillantes », signe un nouveau roman, « Une vieille histoire ».
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édition abonné


Jonathan Littell : « Je m’intéresse aux pulsions, sous toutes leurs formes »

L’écrivain et réalisateur franco-américain, très remarqué pour son prix Goncourt en 2006, « Les Bienveillantes », signe un nouveau roman, « Une vieille histoire ».



Le Monde
 |    15.03.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 16h19
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Une vieille histoire. Nouvelle version, de Jonathan Littell, Gallimard, 384 p., 21 €.

Douze ans après Les Bienveillantes (Gallimard, 2006), dont la noirceur n’avait pas rebuté le million de lecteurs qui avaient accepté d’adopter, durant quelque 900 pages, le point de vue d’un officier SS durant la seconde guerre mondiale, il signe Une vieille histoire (nouvelle version). En sept chapitres, le roman reprend, revisite et redéploie la matrice d’un texte sorti en 2012 aux éditions Fata Morgana.
Prolongeant et approfondissant la structure obsessionnelle de celui-ci, le roman propose sept variations sur une même trame narrative. Au début de chaque chapitre, un narrateur nage dans une piscine. Quand il en sort, c’est pour s’engouffrer dans un couloir obscur, et franchir les portes que le hasard, ou son inconscient, le conduisent à pousser. Chacune d’elle ouvre sur un territoire (une maison, une chambre d’hôtel, un studio, un espace plus vaste, une ville ou une zone sauvage), dans lequel se remettent en jeu, selon des modalités chaque fois différentes, les relations humaines fondamentales (ou leur absence), telles que la famille, le couple, la solitude, le groupe ou la guerre.
Roman fascinant par sa capacité à relancer sans cesse la curiosité du lecteur à l’égard d’un récit dont les motifs ne cessent de se charger d’une valeur nouvelle, Une vieille histoire ne ménage, pas plus que ne le faisaient Les Bienveillantes, la sensibilité du lecteur. Des relations sexuelles sous toutes leurs formes à la guerre selon toutes ses modalités, il explore et met en lumière les formes obscures de violence et de domination qui mettent le monde en mouvement, et dont le métier de vivre exige de s’accommoder.
Pourquoi avez-vous éprouvé le besoin de proposer une « nouvelle version » d’un livre déjà publié ?
Ce n’est pas si original que cela. D’autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ « Le Monde » revient sur cet épisode tragique, documents et témoignages à l’appui. Le chef du service international du « Monde », Christophe Ayad, a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le programme, gelé pour une dizaine de jours, cible dans un premier temps les hommes seuls n’ayant pas de demande d’asile en cours d’instruction.
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Compte rendu

En Israël, la Cour suprême suspend un plan d’expulsion de milliers d’Africains

Le programme, gelé pour une dizaine de jours, cible dans un premier temps les hommes seuls n’ayant pas de demande d’asile en cours d’instruction.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-15T18:27:05+01:00"

        Le 15.03.2018 à 18h27






    
Manifestation contre la présence de réfugiés et demandeurs d’asile africains en Israël, le 24 février 2018, à Tel Aviv.
Crédits : JACK GUEZ / AFP


La Cour suprême israélienne a suspendu un plan gouvernemental prévoyant l’expulsion prochaine de milliers d’Africains entrés illégalement dans le pays, selon la copie de l’arrêt rendu jeudi 15 mars. La Cour, saisie par des organisations de défense des migrants, a gelé le programme jusqu’au 26 mars, donnant à l’Etat jusqu’à cette date pour fournir l’argumentaire légal détaillé sur lequel il repose.
Partir ou aller en prison
Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou veut expulser des milliers d’Erythréens et de Soudanais entrés illégalement en Israël et qui n’ont pas de demande d’asile en cours d’instruction. Il leur donne le choix : partir d’ici à début avril – soit pour leur pays d’origine, soit pour un pays tiers – ou aller en prison indéfiniment.

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                Israël veut expulser les « infiltrés » africains



Ce plan concerne dans un premier temps les hommes seuls qui n’ont pas soumis de demande d’asile ou dont la demande a été rejetée. « Nous prenons ici un ordre provisoire interdisant [à l’Etat] d’expulser des clandestins vers un pays tiers » en vertu de ce programme, a précisé la Cour.
Le plan du gouvernement a suscité de nombreuses critiques, notamment de la part du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU mais aussi, en Israël même, de certains survivants de la Shoah.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Tiraillé entre l’équipe de France et l’équipe d’Espagne, le défenseur de 22 ans a été appelé pour la première fois par le sélectionneur, Didier Deschamps.
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Equipe de France : Lucas Hernandez, un Bleu de circonstance ?

Tiraillé entre l’équipe de France et l’équipe d’Espagne, le défenseur de 22 ans a été appelé pour la première fois par le sélectionneur, Didier Deschamps.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h53
    |

            Anthony Hernandez








                        



   


Le choix cornélien de Lucas Hernandez, né à Marseille, mais qui a grandi en Espagne, vient-il d’être définitivement tranché par Didier Deschamps ? A 22 ans, le défenseur de l’Atlético de Madrid, international espoir français à neuf reprises, était tiraillé depuis plusieurs mois entre les Bleus et la Roja. Quel maillot allait revêtir ce défenseur central de formation, aligné parfois au poste de latéral gauche par son entraîneur, Diego Simeone ?
Il semble que le fils de l’ancien footballeur Jean-François Hernandez (Toulouse, OM ou Atlético) ait donné sa préférence au premier qui l’a appelé. Lucas Hernandez figure en effet dans la liste des 24 joueurs qui disputeront deux matchs amicaux de l’équipe de France face à la Colombie et à la Russie (23 et 27 mars).

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          Didier Deschamps appelle Ben Yedder et Hernandez



Il y a seulement deux semaines, lors d’un entretien à la chaîne espagnole RTVE, la tendance était complètement différente. « L’Espagne m’a tout donné, et je serais ravi d’obtenir la nationalité du pays, car je me considère plus espagnol que français. Qu’est-ce que je peux te dire ? Je parle mieux espagnol que français. Ça veut tout dire… », déclarait le jeune homme. A la mi-janvier, il avait avoué avoir entrepris des démarches pour bénéficier d’un passeport de son pays d’adoption, répondant par là même aux appels du sélectionneur espagnol Julen Lopetegui : « Comme vous le savez, je suis Français et j’ai un passeport français. Mais bon, on est en train de regarder, c’est entre les mains des avocats, et il faut rester tranquille. »
Ces atermoiements et ces signaux contradictoires ont de quoi surprendre et même rendre dubitative la presse ibérique, à l’image de la question d’un journaliste espagnol à Didier Deschamps, lui demandant s’il n’avait pas peur que Hernandez ne réponde pas à la convocation. « Vous inquiétez pas, il est très content de venir avec nous, je peux vous l’assurer », a répliqué, taquin, le Bayonnais.
A son poste de prédilection, dans l’axe de la défense, la concurrence lui ôte tout espoir : Varane, Umtiti, Kimpembe ou encore Koscielny. Le sélectionneur souhaite l’utiliser à gauche. La méforme du Parisien Layvin Kurzawa n’y est pas étrangère. « Je le prends pour être latéral gauche, en Espoirs il joue à ce poste-là aussi, il joue autant défenseur central que latéral, voire plus latéral, avec l’Atlético Madrid. C’est un jeune joueur, mais qui est déjà habitué aux compétitions internationales, il n’arrive pas là par hasard. Il est très content de jouer avec nous. » 
Bis repetita avec Théo Hernandez ?
Mais, même à ce poste, Lucas Digne part titulaire, et le convalescent Benjamin Mendy, qui est en phase de reprise avec Manchester City, devrait être en Russie si tout se passe bien. On peut donc légitimement se demander si Deschamps n’a pas sélectionné le Colchonero pour couper l’herbe sous le pied de l’Espagne. Le capitaine des champions du monde 1998 se défend bien entendu de toute manœuvre mesquine : « Je ne prends jamais un joueur pour l’empêcher de choisir une autre sélection. Quand je fais la démarche, c’est parce que je pense que c’est le moment pour que ce soit valable pour Lucas, comme ça a été le cas pour d’autres joueurs. »

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                Ligue des champions : Lucas Hernandez, l’autre Français de l’Atlético



Un argument de poids peut inciter à se fier à la sincérité de Didier Deschamps. Seules les rencontres officielles fixent une fois pour toutes la nationalité sportive d’un footballeur. « Après, vous connaissez le règlement, ce ne sont pas les matches amicaux qui permettent de bloquer le joueur », a ainsi plaidé justement le technicien. On imagine mal quand même Lucas Hernandez répondre à cette convocation avec les Bleus et finalement opter pour le maillot de la Roja quelques semaines, ou mois, plus tard.

Juntos a pasar la eliminatoria!!! AÚPA @Atleti!!!!!! 🔴⚪️ #UEL #VamosAtleti https://t.co/aMjM7wgqTc— LucasHernandez (@Lucas Hernández)


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La fratrie Hernandez offre un autre cas d’espèce. Le jeune frère de Lucas, Théo Hernandez, qui a quitté l’Atlético cet été pour rejoindre le rival, le Real, pourrait, quant à lui, opter pour la sélection espagnole. En mai 2017, il ne s’était pas présenté à un rassemblement des Espoirs tricolores.
De par son parcours, Lucas Hernandez sera soumis à une pression particulière en équipe de France. Son comportement, même le plus anodin, commence déjà à être épié. Alors qu’il a publié un tweet, certainement préenregistré, pour encourager son club avant le huitième de finale retour de Ligue Europa prévu ce soir, des commentaires de supporteurs français lui reprochent de n’avoir pas salué à la place sa première sélection avec les Bleus. Sur le terrain comme en dehors, Lucas Hernandez n’a plus le droit à l’erreur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le distributeur acquiert la start-up spécialisée dans la livraison de paniers-repas.
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« Foodtech » : Carrefour croque Quitoque

Le distributeur acquiert la start-up spécialisée dans la livraison de paniers-repas.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h11
    |

            Cécile Prudhomme








                        


Après avoir développé des modèles de livraison express à domicile dans les grandes villes, la grande distribution s’intéresse à la « foodtech », cette filière de jeunes entreprises qui s’est développée sur le créneau de la livraison à domicile de repas ou de composants de repas, à destination d’une clientèle urbaine et active.
Le groupe Carrefour a annoncé, jeudi 15 mars, l’acquisition de la société Quitoque, une start-up fondée en 2014 à Paris, championne en France de la livraison de paniers-repas avec 3 millions de repas livrés en 2017. Lancée par Etienne Boix, Céline Nguyen et Grégoire Roty, trois trentenaires ambitieux, elle s’est positionnée sur la vague du manger sain et propose chaque semaine un panier contenant les ingrédients ainsi que les recettes pour réaliser jusqu’à 5 plats prêts en 30 minutes.
Le montant de cette opération n’a pas été dévoilé, ni les pourcentages de détention. Mais Carrefour acquiert plus de 70 % du capital, le reste étant entre les mains des fondateurs qui resteront aux commandes de la société. Elle compte 60 employés environ.
Pour Carrefour, l’opération est stratégique, car elle permet de renforcer son offre numérique, avec des synergies en matière d’approvisionnement ou de logistique, mais aussi d’acquérir une meilleure connaissance des habitudes des consommateurs et des fichiers clients plus précis. Le distributeur complète aussi son offre de services dans la livraison de courses à domicile, de la commande de paniers entiers de courses sur son site Internet Ooshoop.fr – prochainement rebaptisé Carrefour.fr –, à la livraison en une heure de produits alimentaires et non alimentaires de dépannage au travers de son service Carrefour Express, présent dans 15 villes de France, et pour lequel elle s’est associée avec la société de coursiers Stuart.
Une consolidation du secteur
Le secteur de la foodtech est en pleine ébullition. Selon les prévisions de Xerfi en novembre 2017, le chiffre d’affaires du marché français devrait quintupler pour passer de 200 millions d’euros en 2016 à 1 milliard en 2020. « Pour autant, les acteurs peinent à être rentables, affichant des pertes colossales pour certains d’entre eux, relève Xerfi. Et avec un taux de défaillance de 28 % des entreprises de foodtech entre 2016 et 2017, la viabilité des business models reste à démontrer. Take Eat Easy et Tok Tok Tok ont été contraints de mettre la clef sous la porte en 2016. Une situation qui permet d’anticiper la consolidation, inéluctable à terme, des sociétés de livraison de repas autour de 2 à 3 leadeurs maximum ».
Frichti, qui livre des plats préparés dans ses cuisines à domicile, était parvenu à lever 30 millions d’euros en mai 2017. Tandis que le groupe Sodexo s’est offert, au mois de janvier, une participation majoritaire dans FoodChéri, lancée en avril 2015 et spécialisée dans les livraisons de repas.

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                La livraison de repas suscite l’appétit des investisseurs



Pour les distributeurs, la préparation de repas constitue un prolongement naturel de l’activité. Aux Etats-Unis, le géant Walmart a annoncé début mars qu’il se lançait dans la commercialisation de ses propres kits repas, en ligne et dans 250 de ses magasins américains. Et en Chine, le géant du commerce en ligne Alibaba serait en discussion pour racheter la plate-forme de livraison de repas Ele.me, qui signifie « tu as faim ? » en mandarin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ La mobilisation des retraités, qui sont descendus dans la rue jeudi en défense du pouvoir d’achat, inquiète la majorité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/03/2018
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Emmanuel Macron face au péril vieux

La mobilisation des retraités, qui sont descendus dans la rue jeudi en défense du pouvoir d’achat, inquiète la majorité.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h57
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            

L’inquiétude grandit au sein du gouvernement. A l’appel de neuf syndicats, les seniors doivent descendre dans la rue, jeudi 15 mars, pour défendre leur pouvoir d’achat. La manifestation se tient dans un contexte de défiance entre l’exécutif et les retraités, qui ne digèrent pas la hausse de 1,7 % de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraites de plus de 1 289 euros, en place depuis janvier. « Ça va nous coller aux doigts comme le sparadrap du capitaine Haddock », soupire un ministre qui juge cette mesure bien « plus ennuyeuse » que la limitation de vitesse à 80 km/h.
Lors de ses déplacements, Emmanuel Macron – qui devait se rendre en Touraine mercredi 14 et jeudi 15 mars pour parler d’éducation – se voit désormais régulièrement interpellé par des retraités se plaignant de la baisse de leur pouvoir d’achat, comme ce fut le cas le 6 mars à Agen. « Vous n’êtes pas d’une génération sacrifiée », avait alors répondu le président. Quatre jours plus tôt à Châlons-en-Champagne, dialoguant avec un retraité déçu et inquiet, le chef de l’Etat avait exhorté à « la patience ». « Je sais que je demande un effort aux plus âgés, que parfois certains râlent, ça ne rend pas forcement populaire mais je l’assume », avait-il lancé.
Le premier ministre Edouard Philippe, aussi, est confronté à la colère des seniors dans les Facebook Live auxquels il se livre depuis Matignon. Et depuis le début de l’année, les ministres issus d’une terre électorale reçoivent des courriers chagrins de leurs ex-administrés âgés. « J’ai même été asticoté sur le sujet à Noël, lors des repas de famille », sourit un membre du gouvernement, qui a été sollicité par des associations de retraités.
« Nous restons très vigilants »
« L’exécutif va payer longtemps cette hausse de la CSG, pronostique un ancien ministre. C’est une grave erreur, comme l’avait commise François Hollande avec les hausses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.
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Stéphane Foucart et Stéphane Horel récompensés par le Prix européen du journalisme d’enquête

Leur enquête publiée par « Le Monde » sur les stratégies de Monsanto pour défendre le glyphosate a abouti à la création d’une commission spéciale au Parlement européen.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h15
   





                        



   


Les Prix de la presse européenne ont été décernés mercredi 14 mars à Budapest, distinguant une dizaine de journalistes européens pour leur travail. Dans la catégorie « investigation », Stéphane Foucart et Stéphane Horel, journalistes au Monde, se sont vus distinguer pour leur enquête très fouillée sur les stratégies et les méthodes discutables mises en place par Monsanto pour défendre coûte que coûte son produit phare controversé, le glyphosate.
Publiée en plusieurs volets les 2 et 3 juin, puis les 5 et 6 octobre 2017, cette série d’articles s’est nourrie des « Monsanto Papers » – un ensemble de documents internes de la firme que la justice américaine a commencé à rendre publics début 2017 dans le cadre de procès en cours. La publication de ce travail a contribué à la mise en place d’une commission spéciale du Parlement européen sur les procédures d’homologation des pesticides.

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                « Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science



Lors de la cérémonie, le prix d’excellence a été attribué à Michael Obert (Süddeutsche Zeitung Magazin) pour un reportage sur de troubles opérations de sauvetage de migrants, organisées par un chef de guerre libyen en Méditerranée. Le jury a par ailleurs attribué une mention spéciale à Till Krause et Hannes Grassegger pour une enquête sur les conditions de travail chez Facebook, en particulier celles des personnels affectés à l’effacement des contenus.
Le prix de l’innovation journalistique est allé à Bureau Local, un projet de journalisme collaboratif rassemblant plusieurs centaines de professionnels et de bénévoles, et destiné à faire émerger des sujets généralement peu traités par les grands médias. Dans la catégorie « opinion », c’est Dragan Bursac qui a été distingué, pour un article publié par Al-Jazira Balkans racontant l’histoire d’un enfant bosniaque. Le prix spécial du jury a été attribué à la journaliste danoise Ida Nyegaard Espersen (Jyllands Posten).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le spécialiste du mouvement olympique Armand de Rendinger milite pour une sincérité budgétaire des Jeux olympiques de Paris 2024.
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Paris 2024 : « Je ne crois pas à des JO d’été à moins de 10 milliards d’euros »

Le spécialiste du mouvement olympique Armand de Rendinger milite pour une sincérité budgétaire des Jeux olympiques de Paris 2024.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 13h23
    |

            Anthony Hernandez








                        



   


A-t-on bien estimé le coût réel des Jeux olympiques de Paris 2024 ? Quelques mois à peine après l’attribution décrochée à Lima (15 septembre), un rapport d’experts commandé par le gouvernement parle de « réels risques de surcoûts importants ». Pour l’expert du mouvement olympique Armand de Rendinger, auteur de La Cuisine olympique : quand la France se pique aux Jeux (éd. Temporis, 2016), il est urgent de faire preuve de sincérité en matière budgétaire.
Que pensez-vous de ce rapport et de sa conclusion ?
Ce n’est pas une surprise, d’abord parce qu’il a été commandé depuis un bout de temps par le ministère des sports, ensuite parce que beaucoup de partenaires du COJO (Comité d’organisation des Jeux) posaient la question de l’actualisation du budget. Il faut savoir que le CIO ne peut pas se permettre de voir le budget initial, qui était de 6,3 milliards d’euros et qui est maintenant de 6,8 milliards, déraper vis-à-vis de toutes les futures villes candidates.

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          Paris 2024 : des experts s’inquiètent de « réels risques de surcoûts importants »



Le CIO et le gouvernement jouent-ils leur crédibilité sur ce point ?
C’est un enjeu stratégique et politique. Le CIO doit déjà gérer l’après-Rio, qui est pour le moins un dossier complexe. Les JO de Pyeongchang ont coûté plus cher que prévu. Tokyo se présente en 2020 avec une explosion des coûts initiaux : d’un budget de 5 milliards d’euros, on a grimpé jusqu’à 27 milliards avant de descendre à 13 milliards… Si même une ville comme Paris, qui en a fait la promesse, dérape, le CIO risque de voir de plus de plus de candidats renoncer.
Enfin, il y a également une deuxième pression de la part de l’Elysée, mais aussi de la ville de Paris et de la région Ile-de-France, qui considèrent que le COJO leur a soumis un projet et qu’il est indispensable que le budget soit respecté vis-à-vis des électeurs et des contribuables.
Un acteur important, le département de la Seine-Saint-Denis, s’inquiète que l’on rogne sur ce que l’on lui avait fait miroiter en termes de développement. Comprenez-vous cette crainte ?
Il faut comprendre que le CIO considère comme important les éléments politiques qui contribueraient à améliorer l’environnement français, en matière de lutte contre les discriminations, en matière d’héritage concret pour les territoires, mais cela ne doit pas pénaliser l’organisation des Jeux et alourdir de manière trop lourde la facture. Le département, qui veut profiter de ces Jeux pour son développement, a peur que l’on rogne sur ce type de dépenses. On risque par exemple de réduire la voilure sur le nombre de logements prévus en reconversion du village des médias. Est-ce que le village tel qu’il était prévu est réaliste ? Lorsqu’on lit le rapport, on peut avoir un doute.
Du coup, n’y a-t-il pas une énorme hypocrisie d’avoir fait campagne en faveur des JO sur le développement d’un territoire en difficulté ?
Il faut dire la vérité aux Français. Les quinze jours où se déroulent les Jeux peuvent être équilibrés, et même être un peu rentables, mais tout ce qui est nécessaire à l’organisation représente un investissement majeur. Or, personne n’a osé dire très clairement à combien il se chiffre. On a renoncé à l’Exposition universelle par peur que l’investissement ne soit pas couvert par les recettes. On ne peut plus renoncer aux JO, mais il faut être honnête. Il y a des choix à faire, peut-être au détriment d’investissements dans la santé ou l’éducation. Ce sont des choix politiques sur lesquels il est nécessaire que les politiques se prononcent.
A combien estimez-vous le budget réel ?
Sur les lignes budgétaires présentées, il est bien calculé à 10 % près. Cependant, il est nécessaire d’être sincère. Ce budget est incomplet car on n’a pas pris en compte des dépenses qui ne sont pas propres aux JO mais n’en sont pas moins indispensables : le coût lié à la sécurité, aux fonctionnaires affectés, à l’accélération du Grand Paris ainsi qu’aux lois d’exception qui seront nécessaires car on doit tout réaliser dans un délai très court. Je ne crois pas à des JO d’été à moins de 10 milliards d’euros.
Vous parlez de sincérité mais n’est-ce pas un vœu pieux tant il semble déjà trop tard ?
C’est regrettable mais il n’est jamais trop tard. Il vaut mieux le faire maintenant que dans deux ou trois ans, comme l’a fait Tokyo. Chaque jour qui passe compte. Il est très bien que ce débat ait lieu et il faut qu’il soit clos au moins de juin au plus tard. Plus on attend, plus la pilule sera dure à avaler. Il est essentiel que le budget soit véritablement crédible, légitime et sincère pour permettre la mobilisation de la population.
Ce débat n’exclut-il pas le peuple ?
Je le dis clairement : ce débat est entre initiés et pas du tout avec le peuple. Tout simplement parce que l’on a refusé de faire une consultation populaire dès le début. On savait que le résultat serait négatif. On n’a fait que de la communication, il y a eu l’effet magique de l’attribution, mais deux jours après le succès de Lima les seules discussions que l’on avait concernaient cette question du budget. Qui aura la responsabilité d’annoncer les coûts réels et qui en endossera la responsabilité ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Ancien militaire, Guillaume Ancel a participé à l’opération « Turquoise ». Son livre contredit la version officielle d’une intervention avant tout « humanitaire ».
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Enquête

Les secrets de la France au Rwanda : les révélations d’un officier français

Ancien militaire, Guillaume Ancel a participé à l’opération « Turquoise ». Son livre contredit la version officielle d’une intervention avant tout « humanitaire ».

Par                                            David Servenay




LE MONDE
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        Le 15.03.2018 à 08h27

     •
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        Mis à jour le 15.03.2018 à 12h06






                        

Crédits : José Nicolas / Getty Images


                    

Le livre s’intitule Rwanda, la fin du silence, témoignage d’un officier français (éditions Les Belles Lettres, sortie vendredi 16 mars). L’officier en question, c’est Guillaume Ancel, 52 ans, dont vingt passés dans l’armée. Comme d’autres, il a participé, en juin 1994, à l’opération « Turquoise » lancée par la France dans ce pays d’Afrique, théâtre du dernier génocide du XXe siècle (800 000 morts en trois mois, en majorité tutsi), orchestré par le gouvernement en place, à dominante hutu. Le récit que l’ex-capitaine tire de cette expérience contredit la version officielle d’une opération avant tout humanitaire. Pour lui, les autorités politiques et militaires de l’époque, sous la présidence de François Mitterrand, ont surtout cherché, du moins dans un premier temps, à sauver un régime « ami » emporté par la folie meurtrière.
Un événement particulier a incité Guillaume Ancel à témoigner. Il remonte au 27 février 2014. Ce jour-là, la Fondation Jean-Jaurès, le think tank du Parti socialiste, organise à Paris un colloque à huis clos sur la politique africaine de François Mitterrand. Une quarantaine de personnes – juristes, historiens, diplomates… – y participent, sous la présidence de Paul Quilès, ancien ministre de la défense. Les intervenants se succèdent, tous si proches du PS que les contributions sont unanimes dans la louange.

Vient alors le tour de M. Ancel de raconter sa guerre, lui qui était alors « officier de guidage de tir aérien », chargé de diriger au sol les missiles largués par l’aviation. Ce qu’il raconte va à l’encontre des propos des autres intervenants. D’après lui, « Turquoise » fut bien une opération de guerre avant de se muer en intervention humanitaire. « A ce moment-là, quarante mâchoires se décrochent », se souvient-il. La tension monte, l’atmosphère devient électrique. Paul Quilès intervient. « Sorti de son contexte, jeune homme, votre témoignage pourrait faire gravement douter...



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Cet engagement vaudra jusqu’à ce que le règlement général sur la protection des données soit mis en place en Europe.
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WhatsApp s’engage à ne pas partager les données de ses utilisateurs britanniques avec Facebook

Cet engagement vaudra jusqu’à ce que le règlement général sur la protection des données soit mis en place en Europe.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h52
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


C’est un engagement public que l’application de messagerie chiffrée WhatsApp a pris. L’entreprise a promis qu’elle ne partagerait pas les données de ses utilisateurs britanniques avec Facebook. Du moins pas pour l’instant, explique l’Information Commissioner’s Office (ICO), une instance britannique publique indépendante chargée entre autres de conseiller le Parlement sur des questions de protection des données personnelles, dans un communiqué publié le 14 mars.
Rachetée par Facebook en 2014, WhatsApp avait intégré dans ses conditions d’utilisation la possibilité d’échanger des informations personnelles avec sa nouvelle maison mère à l’été 2016.
Son nouvel engagement vaudra jusqu’à ce que les deux firmes puissent « se conformer avec le règlement général sur la protection des données ». Celui-ci doit être mis en place dans l’Union européenne dès mai 2018.
Un partage jugé contraire à la loi britannique
Elizabeth Denham, qui dirige l’ICO, explique dans le communiqué que l’engagement de WhatsApp fait suite à une enquête de son organisation conduite depuis août 2016. Elle portait sur une question : celle de savoir « si WhatsApp pouvait légalement partager les données de ses utilisateurs avec Facebook de la manière dont elle le faisait ».
L’enquête a permis d’établir qu’un tel procédé était contraire à plusieurs principes du Data Protection Act, une loi britannique régissant l’utilisation des données personnelles.
Un porte-parole de WhatsApp a affirmé au site TechCrunch que l’entreprise ne collectait que « très peu de données », et que « chaque message envoyé [sur la plate-forme] était chiffré de bout en bout » : « Comme nous l’avons expliqué clairement à plusieurs reprises l’année dernière, nous ne partageons pas nos données de la manière que rapporte l’ICO. »
La fronde des pays européens contre WhatsApp
En France, la présidente de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a mis en demeure WhatsApp en décembre. Elle a demandé à l’entreprise de « procéder légalement à la transmission des données de ses utilisateurs à Facebook, notamment en obtenant leur consentement ».
D’autres pays européens ont également obligé l’application de messagerie à mieux encadrer le transfert de ses données. C’est le cas en Italie, où l’autorité de la concurrence a infligé en mai une amende de trois millions d’euros à WhatsApp pour avoir incité ses utilisateurs à accepter le transfert « en leur faisant croire qu’ils ne pourraient utiliser [le service] dans le cas contraire ». L’Allemagne a, elle, interdit à Facebook dès septembre 2016 « de collecter et de stocker les données des utilisateurs allemands de WhatsApp ». Elle lui a également ordonné de supprimer celles déjà transmises.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Les professionnels de l’aide aux personnes âgées manifestent, jeudi, dans plusieurs villes de France, ils réclament plus de moyens humains.
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Ehpad : grève des professionnels de l’aide aux personnes âgées

Les professionnels de l’aide aux personnes âgées manifestent, jeudi, dans plusieurs villes de France, ils réclament plus de moyens humains.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 16h15
   





                        


Augmenter les effectifs « urgemment ». C’est la « priorité » pour l’intersyndicale appelant à la grève jeudi 15 mars dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les services d’aide à domicile, les hôpitaux gériatriques et autres structures en charge du grand âge.

        Lire aussi :
         

                Ehpad : état des lieux de l’accueil des personnes âgées sur le territoire



« On ne peut plus admettre que des personnes âgées ne soient pas douchées régulièrement », que leurs repas soient expédiés, résume Mireille Stivala (CGT) au nom de neuf autres syndicats (FSU, Fédération autonome de la fonction publique, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, Solidaires, Union fédérale action sociale et Unsa) et de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). « Les résidents, on est obligé de les bousculer un peu. Il n’y a pas d’échange entre les soignants et les soignés », confie Emilienne Nyambal, qui travaille depuis sept ans à l’Ehpad des Chenets, à Courbevoie.

Laure, Fabienne, Stéphanie et Chantal travaillent comme aides soignantes dans un #Ehpad de Seine et Marne. Elles so… https://t.co/xcjKaULS8a— EhkirchValentin (@Valentin Ehkirch)


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Alors qu’un rassemblement est organisé depuis 13 heures sous ses fenêtres, à Paris, une délégation était reçue à la mi-journée au ministère des solidarités et de la santé. Les revendications : de meilleurs salaires et conditions de travail, l’abrogation de la réforme du financement des Ehpad. Et surtout un ratio d’un salarié tous personnels confondus pour un résident, contre 0,6 en moyenne actuellement. Une demande qui serait « pratiquement » satisfaite si la proposition de doubler le ratio de soignants en quatre ans, formulée dans un rapport parlementaire publié mercredi, était mise en œuvre. Soit plus de 200 000 recrutements, pour un coût de 7 milliards à 10 milliards d’euros.
Mais la ministre a déjà fait savoir que la France n’avait « pas les moyens budgétaires » de garantir le ratio d’un pour un. Une position « rigide et inflexible », a réagi jeudi le leader de FO, Jean-Claude Mailly. Le syndicaliste a suggéré de consacrer aux Ehpad une « partie » des recettes fiscales supplémentaires enregistrées en 2017. Concernant la réforme du financement des Ehpad qui a, selon elle, fait « 20 à 25 % » de perdants, la ministre promet d’en « neutraliser les effets négatifs » et n’exclut pas des « ajustements », en plus des 50 millions d’euros supplémentaires annoncés à la fin janvier. Elle présentera à la fin mars une feuille de route globale pour la prise en charge du vieillissement.

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                Grève des Ehpad : « Le gouvernement n’a pas pris la mesure des problèmes »



Les personnels des Ehpad avaient déjà organisé une première journée de mobilisation à la fin du mois de janvier, qui avait été très suivie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Pour la première fois de l’histoire, un match de Ligue 1, en l’occurrence Nice-PSG dimanche 18 mars, sera diffusé à 13 heures. Didier Quillot, directeur général exécutif de la Ligue professionnelle de Football (LFP), détaille ses stratégies.
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Didier Quillot : « Il faut développer la notoriété de la Ligue 1 »

Pour la première fois de l’histoire, un match de Ligue 1, en l’occurrence Nice-PSG dimanche 18 mars, sera diffusé à 13 heures. Didier Quillot, directeur général exécutif de la Ligue professionnelle de Football (LFP), détaille ses stratégies.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        



   


Pour la première fois de l’histoire, un match de Ligue 1, en l’occurrence Nice-PSG dimanche 18 mars, sera diffusé à 13 heures. La raison ? Séduire le marché asiatique. Didier Quillot, directeur général exécutif de la Ligue professionnelle de Football (LFP), détaille, à cette occasion, ses stratégies.
Programmer un match de Ligue 1 à l’heure du déjeuner dominical a-til été compliqué ?
Même si cet horaire perturbe les habitudes, Canal+ et beIn Sports, qui diffuseront le match en direct, ont bien compris l’importance de cette opération. Par rapport à d’autres pays européens, le football français est très en retard en matière de développement international. Pour développer la notoriété de notre championnat, la Chine est incontournable. Cet immense pays montre une appétence croissante pour le football, comme le prouvent les audiences des grandes rencontres de Premier League anglaise ou de Liga espagnole diffusées à l’heure du déjeuner en Europe et donc en début de soirée en Chine.
Avec la Fédération française de football, la Ligue a ouvert en février 2017 un bureau à Pékin. Parmi les deux salariés, on trouve l’ancienne directrice administrative de la NBA en Chine. La « marque » Ligue 1 se développe à grande vitesse sur les réseaux sociaux chinois. Ce match Nice-PSG, diffusé en direct à 20 heures en Chine, va renforcer notre visibilité. J’ajoute que la rencontre sera également diffusée en direct au Japon, en Thaïlande, en Malaisie, à Hong-Kong et à Singapour.
Vous pensez que cette affiche va attirer du monde ? 
Les Chinois sont friands de marque. Et le PSG d’aujourd’hui, c’est un peu comme Vuitton. Nice est aussi une marque connue en Asie. La ville bien sûr, mais aussi le club local dont les actionnaires majoritaires sont chinois.
Ne pensez-vous pas que seul le PSG est « vendeur » à l’étranger ?
Non. Pour diverses raisons, des clubs comme l’Olympique lyonnais, l’AS Monaco ou l’Olympique de Marseille ont aussi du potentiel que nous devons développer à l’international.
Avez-vous d’autres opérations en vue pour séduire les Chinois ?
Fin mars, à l’occasion de la finale de la Coupe de la Ligue entre le PSG et Monaco, nous allons inviter une dizaine de médias chinois au match qui se déroulera à Bordeaux. Et la saison prochaine, nous diffuserons en Chine d’autres matches de L1 en direct.
La Ligue a t-elle des ambitions sur le continent américain ?
Bien sûr. L’arrivée de Neymar au PSG n’a fait que renforcer l’intérêt des médias brésiliens pour la Ligue 1, intérêt qui existe depuis quelques années avec la présence de nombreux joueurs sud-américains dans notre championnat. Sur le territoire nord-américain, nous partons de plus loin. Je me suis rendu aux Etats-Unis en janvier, en compagnie notamment de Youri Djorkaeff et Didier Drogba, nos « ambassadeurs ». J’ai tenté de flécher des investisseurs américains vers la France plutôt que l’Angleterre, ce qui n’est pas simple ! La Premier League est très populaire aux Etats-Unis, la Ligue 1 beaucoup moins. Mais nous allons y arriver. Et le décalage horaire avec le continent américain est plus facile à gérer qu’avec l’Asie.
Pour « vendre » la Ligue 1 à l’étranger, faut-il améliorer la qualité du « produit » télévisé ?
Nous y travaillons avec les diffuseurs et les clubs. Afin de proposer un rendu plus dynamique, plus immersif dans le match, nous avons changé des angles de captation, les placements de certaines caméras. Nous demandons aux clubs de remplir la tribune (et son éventuel premier niveau) située face à la caméra principale. Les clubs savent que les droits TV sont stratégiques. Mais dans certains stades, vieillissants et donc peu adaptés, le travail est difficile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Notre chroniqueur dénonce les propos d’un professeur de philosophie qui a justifié le viol à la télévision sénégalaise en arguant que les femmes sont provocatrices par nature.
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Chronique

« Au Sénégal, nous avons construit une société où être femme est un supplice »

Notre chroniqueur dénonce les propos d’un professeur de philosophie qui a justifié le viol à la télévision sénégalaise en arguant que les femmes sont provocatrices par nature.

Par                                            Hamidou Anne




LE MONDE
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        Le 15.03.2018 à 17h13

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        Mis à jour le 15.03.2018 à 17h32






    
Capture d’écran de l’émission « Jakaarlo Bi » du 9 mars 2018, diffusée sur la chaîne privée sénégalaise TFM, avec le professeur de philosophie et chroniqueur Songué Diouf.
Crédits : DR


Chronique. Au Sénégal, Songué Diouf, professeur de philosophie et chroniqueur dans un talk-show bien suivi sur une chaîne de télévision privée, a affirmé à l’antenne le 9 mars, au lendemain de la journée internationale des femmes : « Pour les viols, je coupe la poire en deux. Vous faites tout pour que nous vous violions. Et quand nous vous violons, nous allons en prison. Et vous qui avez tout fait pour que nous vous violions, vous restez libres. » Sur le plateau, comme seule réaction, des ricanements…
De tels propos sont graves et ne devraient jamais être tenus, a fortiori à la télévision. Ils m’ont surpris, car je connais l’homme depuis mes années au lycée, où il était un brillant esprit qui séduisait ses jeunes interlocuteurs. Depuis, j’ai gardé pour lui de l’amitié et de l’affection. Mais Songué Diouf a commis un dérapage inacceptable, qui appelle des excuses de sa part et son retrait du débat public par respect pour celles et ceux qu’il a heurtés, surtout les femmes qui ont subi l’horreur du viol.

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Plus généralement, dans cette polémique, se font face deux groupes. Il y a ceux, choqués par ces déclarations, qui demandent des excuses, l’éviction du chroniqueur de la télévision, une action en justice pour apologie du viol. Ils sont dans leur droit et méritent un soutien sérieux. L’affaire est grave. A ce titre, elle doit faire l’objet d’une prise en charge qui dépasse le seul cadre des réseaux sociaux, voire des médias.
Quant à ceux qui défendent les propos de Songué Diouf, on trouve parmi eux toute une kyrielle de gens. Des idiots comme on en croise au quotidien sur Internet, qui ne méritent pas qu’on s’attarde sur eux. Mais aussi des individus censés réfléchir et avoir un minimum de bon sens. Et ce sont ceux-là qui font peur, en vérité. Ils se fendent de tribunes et de prises de parole dans nos rues, nos maisons, nos lieux de travail, pour soutenir l’apologie du viol. Ils trouvent un écho dans certains médias irresponsables qui hébergent leurs saillies misogynes.

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C’est dans leurs rangs qu’il faut ranger le journaliste animateur du talk-show incriminé, qui soutient le professeur Diouf et le dépeint même sous les traits de la victime. Le renversement est grossier et sonne comme une nouvelle atteinte à la dignité des personnes qui ont été violées. Celles-ci sont assimilées à des bourreaux pour s’être habillées de façon « provocatrice ». Elles passent du statut de victimes à celui de vulgaires aguicheuses.
« Je ne me tairai pas »
Ceci rappelle les réactions déclenchées dans le pays en 2012 par la condamnation du journaliste mondain Cheikh Yérim Seck pour avoir violé une jeune fille dans une auberge. Beaucoup blâmaient la victime en demandant : « Que faisait-elle dans une auberge seule avec un homme jusqu’à être violée ? » Comme si le consentement féminin ne signifiait rien. Comme si le musellement des femmes ne devait jamais cesser.
Les propos de Songué Diouf sont terribles pour quiconque pense que nous pouvons construire une société différente qui respecte la simple dignité des femmes. Mais ils peuvent constituer un tournant majeur dans un contexte mondial de libération de la parole des victimes de viol, de harcèlement et d’agression sexuelle. En écho à #meetoo et #balancetonporc, des Sénégalaises ont lancé #nopiwuma (« je ne me tairai pas »). Intellectuels, hommes politiques – dont l’absence de réaction dans cette affaire est symptomatique du niveau du débat public sénégalais –, religieux progressistes ont une fenêtre de tir pour qu’enfin une révolution s’opère dans notre pays sur la question des droits des femmes.

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Les voix de ces dernières ne doivent plus cesser de tonner à nos oreilles de mâles égoïstes. Leurs cris de révolte doivent irriguer l’espace public et faire vivre le débat dans notre pays, où l’interprétation de la religion et les rapports sociaux ont instauré le sexisme et la misogynie. Combien de femmes, de petites filles sont violées et réduites au silence dans nos maisons, souvent avec la complicité des familles ?
Pis, on vient de leur dire que c’est de leur faute, car elles sont habillées de façon sexy ou ont des formes généreuses, qu’elles l’ont cherché, que c’est bien fait pour elles. Nous avons construit une société où être femme est un supplice, et nous devons tous en avoir honte.
Hamidou Anne est un consultant en communication institutionnelle sénégalais qui vit à Dakar. Il est également coauteur de l’ouvrage collectif Politisez-vous !.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Electrisés par une annonce prématurée de la ministre des outre-mer Annick Girardin, les militants ont décidé de poursuivre la grève.
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A Mayotte, la base relance la guerre des barrages

Electrisés par une annonce prématurée de la ministre des outre-mer Annick Girardin, les militants ont décidé de poursuivre la grève.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 11h22
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        


« Vous nous avez trahis. » Sur les barrages finalement maintenus à Mayotte, mercredi 14 mars, les membres de la délégation qui avaient rencontré, la veille, la ministre des outre-mer, Annick Girardin, essuient la colère des militants de base. Alors qu’ils se rendent à Tsingoni, dans le centre de l’île, où doivent se réunir au grand complet les dirigeants de l’intersyndicale et du collectif des citoyens, Saïd Hachim (CGT), Salim Nahouda (CGT) et Mahamoud Azihary, figure éminente du collectif, n’arrivent pas à se faire entendre.

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Des divisions sont apparues depuis que Fatihou Ibrahim, un des porte-parole du mouvement qui paralyse partiellement le département depuis le 20 février, a annoncé, à l’issue des cinq heures de discussion avec la ministre, que la suspension du mouvement et la levée des barrages allaient être proposées. Cette éventualité devait encore être soumise à l’approbation de la population, appelée à se rassembler mercredi matin place de la République, à Mamoudzou.
Atmosphère tendue
Mais le message a été rapidement balayé par la colère des grévistes et des barragistes. Une colère attisée par le communiqué diffusé dès mardi soir par le ministère des outre-mer se félicitant d’« un accord mettant un terme à la crise de Mayotte ». Selon ce texte, « les collectifs et l’intersyndicale se sont engagés à débloquer les barrages de l’île au cours de la matinée du 14 mars ». Cette annonce précipitée, une invraisemblable bévue, a placé les membres de la délégation dans une situation délicate.

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A l’ouverture de la réunion des dirigeants de l’intersyndicale et du collectif, à la mairie de Tsingoni, l’atmosphère est tendue. Les échanges ne commenceront pas avant l’arrivée de trois imams. Un à un, chaque participant est appelé à prêter serment, sur le Coran, de ne pas « trahir le mouvement » : le serment de Tsingoni. La presse est invitée à quitter les lieux. Car les échanges vont être rudes. Les représentants qui faisaient partie de la délégation tentent de justifier leur démarche. En vain.

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Au terme de quatre heures de réunion, la décision est prise de poursuivre le mouvement et de maintenir les barrages. C’est Fatihou Ibrahim lui-même qui est chargé de venir l’annoncer à la presse. Celui qui, la veille, avait salué « des avancées réelles » à l’issue de la rencontre avec Mme Girardin dénonce à présent « une mascarade », « cinq heures perdues ». « Nous sommes scandalisés que la ministre annonce qu’un accord avait été trouvé alors qu’aucun protocole n’a été signé et que la suspension du mouvement n’a pas encore été approuvée par la population », explique le porte-parole. Il déplore « des méthodes d’un autre temps » et « une volonté d’imposer coûte que coûte les choix du gouvernement ». Estimant que, « finalement, la ministre n’a rien compris », il assure que « la grève continue, les barrages continuent, tant que nous n’aurons pas un vrai interlocuteur ».
Catharsis
Rentrée dans la nuit à Paris pour faire une communication au conseil des ministres de mercredi matin, où son travail a été « salué » par le premier ministre et le président de la République, selon Benjamin Grivaux, le porte-parole du gouvernement, Mme Girardin n’a pu que prendre acte de ce retournement. Interrogée mercredi soir lors de l’émission « Quotidien », sur TMC, elle a toutefois promis de tenir les engagements pour Mayotte pris la veille, même si les barrages « ne sont pas levés tout de suite ». « On a une telle colère, une telle peur que ça va prendre du temps » de mettre fin à la crise, a-t-elle reconnu. « Le retour sur le terrain (…) a peut-être été brutal parce qu’on n’a pas suffisamment expliqué ce qui a été mis » sur la table, a-t-elle avancé, ajoutant que, peut-être, « la base est plus dure » que les négociateurs.
Malgré la position inflexible affichée à Tsingoni, la situation ne semble pas totalement bloquée. Dès ce jeudi, les trois missionnaires restés à Mayotte, le préfet Jean-Jacques Brot, le conseiller d’Etat Jean Courtial, le général de gendarmerie Lambert Lucas, auquel s’est ajouté Yves Jobic, contrôleur général de la police nationale, devaient rencontrer les dirigeants de l’intersyndicale et du collectif pour engager les discussions sur les axes de rattrapage et de développement de Mayotte qui doivent émerger d’ici un mois, conformément à ce qui avait été convenu lors de la réunion de mardi soir.
Par ailleurs, les négociateurs vont se rendre sur tous les barrages maintenus pour expliquer le bilan des échanges avec la ministre des outre-mer, la nature des engagements pris et des discussions qui vont se poursuivre. La tâche ne sera vraisemblablement pas aisée mais c’est le prix à payer après trois semaines de grèves et de blocages, la fatigue, l’énervement et la radicalisation qui s’ensuivent. L’arrêt brutal du mouvement, du jour au lendemain, n’était tout simplement pas jouable. La maladresse du ministère n’a pas facilité les choses.
D’une certaine manière, l’exercice de catharsis de Tsingoni aura toutefois eu deux vertus. D’abord, il fallait que chacun dise ce qu’il avait sur le cœur, même si, pour ceux qui s’étaient le plus exposés, à l’image des deux jeunes figures émergentes de ce mouvement, Fatihou Ibrahim et Saïd Hachim, l’épreuve a été rude. « Cela a été perçu comme une trahison, j’ai été accusé de tous les maux », confie ce dernier, qui fait état des insultes, voire des menaces qu’il a reçues au téléphone.
Bien que désavoués en apparence, ces derniers ont toutefois pu faire partager leurs convictions et ont été maintenus dans leurs fonctions à la tête du mouvement. En endossant la position prise collectivement à Tsingoni par l’intersyndicale et le collectif, ils peuvent continuer à aller sur les barrages pour rencontrer les militants et les citoyens de base sans se faire rejeter. « Il est important de les préserver, note un observateur averti. Ce sont eux la relève de ce territoire. Ils sont le symbole d’une jeunesse, d’un haut niveau intellectuel, qui veut s’engager pour l’avenir de Mayotte. » La grève et les barrages continuent à Mayotte. Les difficultés d’approvisionnement et sanitaires s’aggravent. Et une élection législative partielle doit avoir lieu dimanche 18 mars. Dans l’indifférence quasi générale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Fragilisé par le meurtre d’un journaliste, le premier ministre, Robert Fico, a présenté, mercredi, sa démission au président, à condition que des élections anticipées ne soient pas organisées.
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Slovaquie : le vice-premier ministre pressenti pour former le nouveau gouvernement

Fragilisé par le meurtre d’un journaliste, le premier ministre, Robert Fico, a présenté, mercredi, sa démission au président, à condition que des élections anticipées ne soient pas organisées.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 15h54
   





                        



   


Le président slovaque, Andrej Kiska, a annoncé, jeudi 15 mars, qu’il confierait la formation d’un nouveau gouvernement au vice-premier ministre, Peter Pellegrini, proche du chef du gouvernement démissionnaire, Robert Fico.
« Je confierai à M. Pellegrini la formation d’un nouveau gouvernement dès que j’aurai reçu la démission du gouvernement actuel de M. Fico », a dit M. Kiska aux journalistes à l’issue d’une rencontre avec le vice-premier ministre.
M. Fico a offert mercredi sa démission dans le sillage de l’assassinat du journaliste Jan Kuciak, à l’origine d’une profonde crise politique. M. Kuciak avait enquêté sur des liens entre des hommes d’affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise, la’Ndrangheta, et des hommes politiques slovaques, y compris dans l’entourage du premier ministre.
La démission de M. Fico et la désignation de son successeur, membre important du parti Smer-SD du premier ministre sortant, devraient intervenir officiellement dans l’après-midi lors de leur réception par le président Kiska.
« Hier (mercredi), les partis de la coalition m’ont informé qu’ils avaient le soutien d’une majorité au parlement pour un nouveau gouvernement conduit par M. Pellegrini », a déclaré M. Kiska.

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          Le président accepte la démission du premier ministre



Démission sous conditions
En offrant sa démission mercredi, M. Fico a posé trois conditions à son départ :
le président Kiska devra respecter le résultat des élections législatives de 2016 ;respecter et garantir l’accord de coalition qui a permis la mise en place du gouvernement actuel ;accepter que son parti propose son candidat à la tête du futur gouvernement.
D’après les déclarations de M. Kiska jeudi, ces conditions ont été acceptées. Auparavant, le chef de l’Etat avait demandé soit un remaniement en profondeur du gouvernement, soit des élections anticipées. M. Fico souhaitait éviter cette dernière solution.
La coalition hétéroclite issue des législatives de 2016 comprend, outre le parti à tendance sociale-démocrate Smer-SD de M. Fico, le Parti national slovaque (SNS, droite nationaliste) et Most-Hid (centre droit, proche de la minorité hongroise).



                            


                        

                        

