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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Quelques heures après l’annonce de la mort de l’astro-physicien, plusieurs de ses ouvrages apparaissent dans les meilleures ventes de livres du site.
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En quelques heures, plusieurs livres de Hawking se placent dans les meilleures ventes d’Amazon

Quelques heures après l’annonce de la mort de l’astro-physicien, plusieurs de ses ouvrages apparaissent dans les meilleures ventes de livres du site.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h05
   





                        


Quelques heures à peine après l’annonce, mercredi 14 mars, de la mort de l’astro-physicien Stephen Hawking, l’une des éditions de son livre le plus connu Une brève histoire du temps : du Big Bang aux trous noirs figurait en tête des meilleures ventes du site de commerce en ligne Amazon. Ses autres ouvrages Y a-t- il un grand architecte dans l’Univers ?, Dernières nouvelles des trous noirs et Georges et les secrets de l’Univers se sont également fait une place parmi les trente livres les plus vendus sur le site.
Publiée en 1988, Une brève histoire du temps : du Big Bang aux trous noirs avait connu un succès sans précédent lors de sa sortie. L’ouvrage avait figuré dans le classement des meilleures ventes du Sunday Times pendant 237 semaines, une prouesse, d’autant plus pour un livre à caractère scientifique. Au total, il a été vendu à plus de 10 millions d’exemplaires et traduit en 35 langues.
Il s’agissait alors du premier texte destiné à des non-spécialistes de Stephen Hawking. L’astro-physicien y retrace de manière claire les théories du cosmos, de celle de Galilée à celles d’Einstein ou de Poincaré en passant par celle de Newton. Salué pour l’accessibilité de son ouvrage, il s’impose grâce à lui comme l’un des plus grands vulgarisateurs scientifiques.
Cet intérêt ravivé pour les livres écrits par le scientifique n’est pas surprenant. A la fin de l’année dernière, au mois d’octobre 2017, le physicien avait publié sa thèse sur le site Internet de l’université de Cambridge, où il était professeur, ce qui avait fait planter le système informatique de l’université.

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                Mort de Stephen Hawking : la communauté scientifique salue « un ambassadeur de la science »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Deux études scientifiques montrent que le développement des centrales à charbon est susceptible de pulvériser les objectifs fixés lors de la COP21.
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Pierre Barthélémy, journaliste scientifique au « Monde », a répondu aux questions des internautes sur l’astrophysicien, mort mercredi.
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« Si on avait observé les trous noirs s’évaporer, Hawking aurait obtenu un Nobel »

Pierre Barthélémy, journaliste scientifique au « Monde », a répondu aux questions des internautes sur l’astrophysicien, mort mercredi.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h59
   





                        



   


MC : Quelles sont les découvertes remarquables de Stephen Hawking ?
Pierre Barthélémy : Le travail le plus important de Stephen Hawking concerne les « trous noirs ». La théorie classique prévoyait qu’il s’agissait de corps tellement denses et massifs que rien, ni matière, ni lumière, ni information, ne pouvait s’en échapper. Hawking, en appliquant les propriétés de la mécanique quantique, a montré que ces objets peuvent « fuiter ». Cette « évaporation des trous noirs » porte d’ailleurs le nom de « rayonnement Hawking ».
Mais il faut bien garder à l’esprit que Hawking était avant tout un théoricien. Il ne faisait pas d’expériences de physique. Il reste encore à observer ce rayonnement dans la réalité… Si cette observation avait été faite de son vivant, Hawking aurait sans nul doute obtenu un prix Nobel.

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                Les conseils de Stephen Hawking pour s’échapper d’un trou noir



John house : Peut-on lui attribuer un prix Nobel à titre posthume ?
Il n’a pas eu le prix Nobel parce que sa prédiction sur l’évaporation des trous noirs n’a pas été confirmée par l’observation, contrairement au boson de Higgs, qui a été découvert au LHC (le plus gros accélérateur de particules du monde) en 2012, longtemps après avoir été prédit. Les théoriciens Peter Higgs et François Englert ont presque aussitôt eu le prix Nobel de physique, en 2013.
Un troisième physicien, Robert Brout, aurait dû partager le prix avec eux mais il était mort en 2011. Le prix Nobel n’est attribué qu’à des chercheurs vivants. Voilà pourquoi Stephen Hawking ne l’aura jamais (sauf si on change la règle…).
Luron : S’agit-il plus d’un vulgarisateur à la Hubert Reeves que d’un aspirant Nobel ?
Je ne dirais pas qu’il s’agissait d’un vulgarisateur à la Hubert Reeves. Son livre le plus célèbre, Une brève histoire du temps, a été vendu à des millions d’exemplaires mais les personnes l’ayant lu en entier sont beaucoup moins nombreuses, l’ouvrage étant assez ardu dans sa dernière partie.
Violoncelle86 : J’ai regardé à multiples reprises le film The Theory of Everything, relatant la vie de Hawking. A chaque fois, Eddie Redmayre (interprétant Stephen Hawking) m’émeut. Sans la maladie de Charcot, il aurait eu une belle vie…
Effectivement, le film (Une merveilleuse histoire du temps, en français) rendait bien le personnage qu’était Stephen Hawking, surtout dans ses jeunes années.
Et pour ce qui est de sa maladie, je me suis souvent demandé à quoi on pouvait attribuer cette exceptionnelle longévité. La SLA (ou maladie de Charcot) est une maladie cruelle qui touche les neurones moteurs, et la majorité des personnes qui en sont atteintes meurent dans les trois ans qui suivent le diagnostic. Cette maladie est décelée chez environ 2 500 personnes par an en France.

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                Qu’est-ce que la maladie de Charcot, dont était atteint Stephen Hawking ?



Alain : S’il n’avait pas été en chaise roulante, aurait-il eu la même aura ?
Stephen Hawking n’était pas dupe. Sur son site Internet, il écrivait : « Je suis certain que mon handicap a un rapport avec ma célébrité. » Il ajoutait qu’il ne prêtait d’ailleurs guère d’attention à la façon dont les médias le décrivaient : « Ils ont besoin d’un personnage à la Einstein auquel se référer. Mais, pour les journalistes, me comparer à Einstein est ridicule. Ils ne comprennent ni le travail d’Einstein ni le mien. » C’est un peu dur pour la presse mais cela montre qu’Hawking savait qu’il ne pouvait occuper la même place dans le panthéon scientifique que ses plus grands prédécesseurs.
Dick F. : Qui peut désormais reprendre le titre de « scientifique contemporain le plus connu » ? Personnellement, je suis un grand fan de Sir Roger Penrose (The Road To Reality est un tour de force). Qui d’autre ?
Pour l’instant, difficile de voir qui peut reprendre ce « flambeau ». Il faut un cocktail gagnant de grande qualité scientifique, de vulgarisation et d’aura médiatique. Roger Penrose est certes très respecté dans le milieu scientifique mais loin d’être aussi connu. L’Américain Neil deGrasse Tyson pourrait éventuellement faire figure de successeur…
En 2017, Neil deGrasse Tyson a publié Petite Excursion dans le cosmos, où il manie avec adresse les ficelles de la vulgarisation et embarque le lecteur dans la compréhension de l’Univers.

        Lire (édition abonnés) la critique du livre « Petite Excursion dans le cosmos » :
         

          Excursion express dans le Cosmos



MM66 : Hawkins sera regretté et sa contribution scientifique est indéniable. Cependant, pourquoi nos chercheurs français n’ont-ils pas cette aura ?
Ce n’est pas forcément une question de génie. Le problème des chercheurs français, c’est d’abord qu’ils… sont français, et pas de culture anglophone. Or l’anglais est la langue et le vecteur de la science. La plupart des grandes revues scientifiques sont en anglais et éditées par des personnes de culture anglophone. Les ouvrages qui sortent en France sont rarement traduits en anglais.
Les chercheurs français sont reconnus à leur juste valeur dans le milieu, mais cela ne leur ouvre pas pour autant les portes de la notoriété, qui passe également souvent par de grands ouvrages de vulgarisation.
J’ajoute que souvent, la culture des chercheurs français ne les pousse pas trop à la mise en avant personnelle, qui est assez mal vue dans le domaine de la recherche.
Vanilys : Au sujet des chercheurs que l’on pourrait comparer à Stephen Hawking, je pense pour ma part à Hubert Reeves bien sûr, mais aussi à Etienne Klein et à Jean-Pierre Luminet, deux brillants scientifiques et vulgarisateurs.
Les trois chercheurs dont vous parlez sont effectivement d’excellents vulgarisateurs. Hubert Reeves a probablement une dimension plus internationale, mais ils sont essentiellement connus dans le monde francophone.
MorduDeSériezzz : Stephen Hawking a joué dans beaucoup de séries (« The Big Bang Theory », « Les Simpson », etc.). Sait-on si ces séries vont lui rendre hommage avec des épisodes spéciaux ?
Il est encore trop tôt pour dire si des séries lui rendront cet hommage posthume. Mais il est vrai que Stephen Hawking était apparu dans Les Simpson et dans Star Trek. Il en était d’ailleurs assez fier. Dans un épisode de Star Trek, il disputait une partie de poker avec Newton et Einstein. Il a aussi prêté sa voix, digitalisée, à la chanson Keep Talking des Pink Floyd. On s’attend davantage à voir des personnages comme Einstein, Newton ou Galilée dans des fictions : il est assez rare que des chercheurs contemporains fassent une apparition dans ce type d’œuvres.
Pour écouter Keep Talking, des Pink Floyd, c’est ici :

Smithix : Pourriez-vous nous expliquer comment fonctionnait ce logiciel qui lui permettait de communiquer avec cette désormais célèbre voix robotique ? Est-il mis à la disposition d’autres personnes ayant perdu la faculté de parler ?
Stephen Hawking utilisait un synthétiseur vocal, une machine qui retranscrit oralement les mots écrits. Evidemment, il ne pouvait pas écrire ses messages à la main. Pour les rédiger, il faisait défiler des mots sur un écran et cliquait dessus. Au départ, le clic était activé par un pouce, mais quand il a perdu aussi l’usage de ce doigt, le seul muscle qu’il pouvait contrôler pour cliquer était un muscle de la joue. Il me semble qu’on a aussi amélioré le programme pour qu’il tente de prédire les mots suivants.
J’ai assisté une fois à une session de questions-réponses avec Stephen Hawking. La plupart des questions avaient été envoyées à l’avance et il avait eu le temps d’enregistrer les réponses. Il lui suffisait de déclencher son synthétiseur vocal. Mais il a aussi accepté de répondre en direct à une question posée par un journaliste. La rédaction de la réponse, qui ne devait pas dépasser deux phrases, a pris quelques longues minutes.
JK : Que sait-on de la façon dont Hawking travaillait au quotidien avec son handicap ?
Quand sa maladie est devenue trop handicapante, il n’a plus été question, pour Stephen Hawking, de travailler tout seul. Bien sûr, son cerveau conservait toutes ses capacités, mais il lui fallait de l’aide pour traduire ses idées et faire les calculs qui les accompagnaient. Il avait donc pris l’habitude de travailler avec de jeunes chercheurs (comme par exemple le Français Christophe Galfard).
Jiemel : Que penser de ses prévisions concernant l’avenir de l’humanité ?
Effectivement, Stephen Hawking, qui avait beaucoup écrit sur le destin de l’Univers, s’est aussi intéressé à celui de notre espèce. Il avait notamment exprimé ses craintes sur les progrès de l’intelligence artificielle (les machines risquant de surpasser les hommes dans un scénario un peu à la Terminator) ou sur le fait que la Terre allait devenir invivable. Difficile de juger la qualité de ces prévisions… Le mieux est de citer la phrase célèbre attribuée à un autre grand physicien, Niels Bohr : « Il est difficile de faire des prédictions, surtout quand elles concernent l’avenir… »
Rémi : Y a-t-il des conférences ou interventions de Hawking disponibles gratuitement sur Internet ?
Oui, il y a notamment cette conférence TED datant de 2008, sous-titrée en français, dans laquelle Stephen Hawking pose quelques grandes questions, telles que : « Comment l’univers a-t-il commencé ? », « Comment la vie a-t-elle vu le jour ? », « Sommes-nous seuls ? ».
Majuan : Pour Stephen Hawking, il y avait quoi avant le Big Bang ?
Pour nous, à notre échelle temporelle humaine et dans notre façon d’aborder l’Histoire, il y a toujours un avant. C’est différent quand on s’intéresse à l’histoire du cosmos. Pour Stephen Hawking, le temps de notre Univers commence au Big Bang (la naissance de l’Univers tel que nous le connaissons). Le temps a un début. Et par définition, il ne peut y avoir d’avant. Tout comme quand vous allez au pôle Nord, vous ne pouvez pas aller plus au nord.
Rol : Quelle est sa position sur l’existence de Dieu et des formes de vie extraterrestres ?
Je ne m’avancerai pas sur l’aspect Dieu, d’autant que le Dieu évoqué par Einstein ou Hawking n’a pas forcément la même signification que pour la plupart des gens.
Pour ce qui est de l’existence de formes de vie extraterrestres, il n’excluait pas – comme, j’imagine, l’immense majorité des scientifiques – que la vie ait pu apparaître ailleurs que sur Terre. Rappelons qu’en 2015, Stephen Hawking avait soutenu le programme Breakthrough Initiatives, qui recouvre plusieurs projets concernant la détection d’une vie extraterrestre.
Caro : Il pensait que la Terre allait devenir dans le futur invivable pour les humains ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Effectivement, fin 2016, lors d’un débat, Stephen Hawking avait déclaré : « Je ne pense pas que nous survivrons mille ans de plus si nous ne nous échappons pas de notre fragile planète. » Un peu comme dans le film Interstellar, il encourageait donc les humains à chercher une nouvelle planète d’accueil et à développer le transport spatial.
Ce à quoi Hubert Reeves, dans un entretien que j’ai réalisé avec lui peu de temps après, a vivement rétorqué : « Ce qui est important, c’est d’arriver à apprendre à vivre sur la Terre, à y vivre en harmonie avec la nature. Si on n’apprend pas cela, que ferons-nous ? Nous transporterons nos problèmes ailleurs et cela recommencera. »

        Lire aussi :
         

                Hubert Reeves : « L’histoire de l’Univers est l’histoire de chacun d’entre nous »



Jean : Dans la série des grands physiciens et vulgarisateurs, qui poursuivent le travail théorique de Hawking, il faut aussi citer Carlo Rovelli, spécialiste de la gravitation quantique (toujours la recherche du Graal…).
Vous avez raison de citer Carlo Rovelli. J’ajoute toutefois qu’aucun des chercheurs cités (Neil deGrasse Tyson, Hubert Reeves, Carlo Rovelli) n’atteint le niveau de reconnaissance mondiale d’un personnage comme Stephen Hawking.
Carlo Rovelli avait accordé un entretien au Monde en 2015 sur son rapport au temps, à retrouver ici :

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                Carlo Rovelli : « On ne voit jamais le temps, mais on voit les choses changer »



Maxime : Quels sont ses livres de vulgarisation scientifique que vous pouvez recommander pour se plonger dans ses travaux et ses réflexions ?
En s’accrochant un peu (voire beaucoup), il faut tout de même lire Une brève histoire du temps, qui évoque le Big Bang, les notions d’espace et de temps telles que les voit la relativité générale, les « trous noirs » et toutes les questions un peu plus ardues sur la grande réunification de la physique.
Arriver à concilier la relativité générale d’Einstein, qui décrit l’infiniment grand (et la gravitation), et la mécanique quantique, qui décrit l’infiniment petit (et les autres forces de la nature) est un des plus grands défis de la science depuis des décennies.
AG : Hawking a-t-il publié d’autres livres de vulgarisation après Une brève histoire du temps, qui permettent d’aller plus loin que son premier livre ?
On peut citer L’Univers dans une coquille de noix et Dernières Nouvelles des trous noirs. Et rappeler aussi que Stephen Hawking avait, dans Sur les épaules des géants, présenté les travaux de ses grands prédécesseurs (Galilée, Copernic, Kepler, Newton, Einstein) et leurs textes les plus marquants.
Mari1009 : Nous est-il possible de consulter des revues scientifiques, sur l’astrophysique, dans lesquels les chercheurs publient leurs travaux et réflexions ?
Les revues scientifiques dites primaires, celles où les chercheurs publient leurs résultats, sont très difficiles à lire ou à trouver, très « pointues », en anglais, et très chères. Voilà pourquoi je recommande de commencer par des magazines spécialisés comme Ciel et Espace, par exemple.
Toutefois, pour qui est vraiment passionné et en veut davantage, il y a moyen de trouver gratuitement les versions de travail des études en astrophysique sur le site de prépublications scientifiques arXiv.
Jpbrussels : Je voulais juste faire remarquer qu’il est décédé le même jour que la naissance d’Einstein.
C’est juste. Et comme il était né un 8 janvier, jour de la mort de Galilée, on dira que la boucle est bouclée…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ A la télévision, le célèbre astrophysicien n’hésitait pas à se moquer de lui-même. Il a incarné son propre rôle dans « Star Trek », « The Big Bang Theory » ou « Les Simpsons ».
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<article-nb="2018/03/14/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ L’astrophysicien a multiplié les prises de parole sur l’intelligence artificielle, qu’il considérait comme un danger, mais aussi une source d’opportunités.
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L’intelligence artificielle, « la pire ou meilleure chose arrivée à l’humanité », estimait Hawking

L’astrophysicien a multiplié les prises de parole sur l’intelligence artificielle, qu’il considérait comme un danger, mais aussi une source d’opportunités.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h17
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h40
    |

            Morgane Tual








                        



   


L’intelligence artificielle n’était pas la spécialité de Stephen Hawking, plutôt célèbre pour ses travaux sur les trous noirs et les secrets de l’univers. Mais ces dernières années, la voix de cet éminent astrophysicien britannique, mort mercredi 14 mars, était devenue l’une des plus puissantes pour alerter l’opinion publique sur les implications des technologies d’intelligence artificielle (IA).

        Lire aussi :
         

          la nécrologie de Stephen Hawking



« Je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité », avait-il déclaré en décembre 2014 dans un entretien à la BBC. « Une fois que les hommes auraient développé l’intelligence artificielle, celle-ci décollerait seule, et se redéfinirait de plus en plus vite, avait-il déclaré. Les humains, limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés. »
Ces propos avaient connu un fort écho, alors que les technologies d’intelligence artificielle connaissent, depuis le début des années 2010, d’importants progrès – notamment grâce aux avancées du deep learning, liées à la puissance de calcul et les masses de données désormais accessibles.

        Lire nos explications :
         

          Comment le « deep learning » révolutionne l'intelligence artificielle



« Course à l’armement »
Quelques mois plus tard, Stephen Hawking avait été, aux côtés du patron de Tesla, Elon Musk, l’un des plus prestigieux signataires d’une lettre ouverte réclamant l’interdiction des « robots tueurs ». Plus d’un millier de personnalités, dont une majorité de chercheurs en IA et en robotique, avaient exprimé leur crainte d’une « course à l’armement doté d’IA », évoquant des technologies capables « de sélectionner et de combattre des cibles sans intervention humaine ». Les auteurs de cette lettre redoutaient également que ces technologies ne tombent entre les mains de terroristes, de dictateurs et de seigneurs de guerre.
Plus récemment, lors du Web Summit de Lisbonne en novembre, l’astrophysicien, également conseiller de l’institut Future of Life chargé d’étudier les risques de l’IA, avait appelé à l’adoption urgente de « règles » pour encadrer les recherches sur l’intelligence artificielle. « Nous devons être conscients des dangers, les identifier, et employer les meilleures pratiques et cadres pour nous préparer à ses conséquences bien en avance, avait-il déclaré lors d’une conférence. La montée de l’IA pourrait être la pire ou la meilleure chose qui soit jamais arrivée à l’humanité. »
« Eradiquer enfin la maladie et la pauvreté »
Car si les craintes de Stephen Hawking sur l’IA ont souvent été mises en avant, régulièrement associées aux déclarations alarmistes d’Elon Musk, le chercheur britannique avait un avis nuancé sur ces technologies, qu’il jugeait également porteuses d’espoir.
En octobre 2016, il avait déclaré, à l’occasion de l’ouverture d’un centre de recherche sur la place de l’IA dans la société à l’université de Cambridge, que les bénéfices potentiels de l’IA étaient « énormes ».
« Nous ne pouvons pas prédire ce que nous pourrions réussir quand nos esprits seront amplifiés par l’IA. Peut-être qu’avec les outils de cette nouvelle révolution technologique, nous serons capables de défaire certains dégâts sur la nature de la précédente – l’industrialisation. Et nous pouvons espérer éradiquer enfin la maladie et la pauvreté. »
« L’IA pourrait être le plus important événement de l’histoire de notre civilisation », avait-il ajouté. L’astrophysicien avait alors salué la création de ce centre de recherche, avec son célèbre sens de l’humour : « Nous passons beaucoup de temps à étudier l’histoire, à savoir, admettons-le, principalement l’histoire de la stupidité. C’est un changement bienvenu que des personnes étudient à la place le futur de l’intelligence. »

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          la nécrologie de Stephen Hawking






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Deux millions de Français souffriraient, sans le savoir, de cette maladie bronchique grave, parfois mortelle. Plusieurs experts demandent, dans une tribune au « Monde », la déclaration de l’état d’urgence sanitaire.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Il faut « faire de la broncho-pneumopathie chronique obstructive une priorité de santé publique »

Deux millions de Français souffriraient, sans le savoir, de cette maladie bronchique grave, parfois mortelle. Plusieurs experts demandent, dans une tribune au « Monde », la déclaration de l’état d’urgence sanitaire.



Le Monde
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La hausse sans précédent du prix du paquet de cigarettes, entrée en vigueur le 1er mars, a été l’occasion de mettre sur le devant de la scène, outre le cancer du poumon, une des conséquences les plus graves du tabac : la BPCO, appelée également broncho-pneumopathie chronique obstructive.
Malgré sa fréquence – 8 % de la population de plus de 40 ans atteinte en France – et ses impacts sur les malades et la collectivité, cette pathologie chronique touchant les bronches est peu ­familière pour la plupart des Français. Elle est souvent assimilée à une simple « toux du fumeur », alors que 20 % des cas sont dus à d’autres facteurs, notamment les expositions à des poussières ou à des produits chimiques, liées à ­l’activité professionnelle.
La BPCO est une maladie grave, voire mortelle sans prise en charge précoce et adaptée. En France, pour la seule ­année 2014, elle a tué près de 18 000 personnes, soit environ cinq fois plus que les accidents de la route. Elle peut être responsable d’un handicap invalidant, d’une réelle souffrance respiratoire, même sans attendre les stades les plus sévères.
En France, en 2014, elle a tué près de 18 000 personnes, soit cinq fois plus que les accidents de la route
Les défis de la BPCO sont immenses au regard de l’impact de la maladie en France. Sur le plan du diagnostic, 30 % des cas au mieux, 10 % au pire, sont diagnostiqués à ce jour, souvent à un stade tardif, par exemple durant une hospitalisation. Au moins deux millions de Français sont des malades BPCO qui s’ignorent.
Les causes en sont connues : la BPCO et ses symptômes (essoufflement à l’effort, toux, expectoration, bronchites répétées) sont largement ignorés ou sous-estimés du grand ­public, ce qui complexifie l’auto­repérage de la maladie. Les professionnels de santé dits « de première ligne » sont peu familiarisés aux stratégies de détection de la pathologie, faute d’incitations et de formations suffisantes.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ L’astrophysicien britannique, atteint de la maladie de Charcot depuis 1964, est mort mercredi 14 mars à l’âge de 76 ans.
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ L’astrophysicien britannique, spécialiste des trous noirs, est mort mercredi à 76 ans. Scientifiques mais aussi responsables scientifiques lui rendent hommage.
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Mort de Stephen Hawking : la communauté scientifique salue « un ambassadeur de la science »

L’astrophysicien britannique, spécialiste des trous noirs, est mort mercredi à 76 ans. Scientifiques mais aussi responsables scientifiques lui rendent hommage.



Le Monde
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14.03.2018 à 12h58
   





                        


« Un être unique, dont on se souviendra avec affection non seulement à Cambridge, mais dans le monde entier », a écrit Stephen Toope, le vice-président de l’université de Cambridge, où Stephen Hawking avait étudié et travaillait, quelques minutes après l’annonce de la mort du physicien, mercredi 14 mars. « Son exceptionnelle contribution au savoir scientifique, aux mathématiques et à la vulgarisation laisse une contribution indélébile », a-t-il ajouté.
Sur Twitter, la NASA a salué « un physicien de renom et un ambassadeur de la science ». « Ses découvertes ont ouvert un univers de possibilités que nous et le monde continuons à explorer », a déclaré l’agence spatiale américaine.

Remembering Stephen Hawking, a renowned physicist and ambassador of science. His theories unlocked a universe of po… https://t.co/bcCi0mnhD1— NASA (@NASA)


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L’astrophysicien américain Neil de Grasse Tyson a également salué sa mémoire. « Sa mort laisse un vide intellectuel. Mais ce n’est pas du vide, voyez-le plutôt comme une sorte d’énergie imprégnant l’espace-temps, qui défie la mesure », a-t-il écrit.
« Un esprit brillant et extraordinaire »
Des personnalités politiques ont également salué la mémoire du physicien né à Oxford en 1942, à l’instar de la première ministre britannique, Theresa May, qui salue « un esprit brillant et extraordinaire ».

Professor Stephen Hawking was a brilliant and extraordinary mind - one of the great scientists of his generation. H… https://t.co/VgBnpXvrqE— theresa_may (@Theresa May)


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« Le professeur Stephen Hawking était un esprit brillant et extraordinaire, l’un des plus grands scientifiques de sa génération. Son courage, son humour et sa détermination à tirer le meilleur de la vie ont été une source d’inspiration. Son héritage ne sera pas oublié. » 
Le secrétaire d’Etat britannique aux anciens combattants, Tobias Ellwood, a déclaré que Stephen Hawking était « une inspiration pour nous tous, quelle que soit notre situation, pour atteindre les étoiles ». « Il a tiré les rideaux pour nous donner un aperçu du tout : de l’Univers et du pouvoir de l’esprit humain », a commenté la secrétaire d’Etat au développement, Penny Mordaunt.
Sa mort a également suscité des réactions à l’étranger. Le premier ministre indien, Narendra Modi, a, par exemple, estimé que le chercheur britannique avait « rendu le monde meilleur ».
En France, le mathématicien et député Cédric Villani lui a rendu hommage au micro de franceinfo, le qualifiant de « scientifique hors pair », dotée d’une « énergie inlassable qu’il avait déployée pour parler de sa science avec amour et la faire partager ». 
Stephen William Hawking est l’un des scientifiques les plus renommés du monde. Son travail s’est concentré sur le rapprochement de la théorie de la relativité et de la théorie des quantas pour tenter d’expliquer la création de l’Univers et son fonctionnement.

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                Le physicien Stephen Hawking, auteur d’« Une brève histoire du temps », est mort à 76 ans






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ L’astrophysicien et cosmologiste britannique était le scientifique contemporain le plus connu. Il est mort à 76 ans.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ La mise en orbite de Starman, il y a un mois environ, a ouvert la voie aux projets de grandes ampleurs d’Elon Musk, qui veut faire de l’humanité une espèce multiplanétaire pour assurer sa pérennité.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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Où nous conduit ce roadster rouge cosmique ?

La mise en orbite de Starman, il y a un mois environ, a ouvert la voie aux projets de grandes ampleurs d’Elon Musk, qui veut faire de l’humanité une espèce multiplanétaire pour assurer sa pérennité.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 12h04
    |

                            Roland Lehoucq (Astrophysicien, Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives)








                        



Screams and cheers erupted at Cape Canaveral, Florida as the massive rocket fired its 27 engines and rumbled into the blue sky over the same NASA launchpad that served as a base for the US missions to Moon four decades ago. / AFP PHOTO / SPACEX / HO / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / SPACEX" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

                                Screams and cheers erupted at Cape Canaveral, Florida as the massive rocket fired its 27 engines and rumbled into the blue sky over the same NASA launchpad that served as a base for the US missions to Moon four decades ago. / AFP PHOTO / SPACEX / HO / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / SPACEX" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS




                            
Carte blanche. En 1981, la première scène du film d’animation de science-fiction Heavy Metal [Métal Hurlant en français] fascina ses spectateurs : une Corvette décapotable blanche, pilotée par un personnage en combinaison d’astronaute, sortait de la soute d’une ­navette spatiale avant de se précipiter vers la Terre au rythme endiablé de Radar Rider des Riggs. Cela n’avait aucun sens, c’était physiquement impossible mais incroyablement excitant. Le message était clair, dans l’air du temps : on s’en fiche, on le fait quand même.
Il y a environ un mois, la fusée Falcon Heavy de la société SpaceX, dirigée par Elon Musk, réussissait son vol inaugural et mettait en orbite solaire un roadster rouge, ayant pour passager un mannequin en combinaison spatiale nommé Starman, en hommage à la chanson de David Bowie.
Les références geeks ne manquaient pas : tandis qu’en fond brillait la Terre et que jouait Life on Mars, l’écran du tableau de bord affichait le « Don’t panic ! » du Guide du voyageur galactique, de Douglas Adams, la boîte à gants contenait un exemplaire de Fondation, d’Isaac Asimov, et l’un des circuits imprimés de la voiture portait l’inscription « Fabriquée sur Terre par des humains ». La fiction est devenue réalité. ­Au-delà de la réussite technique et du coup de communication, comment interpréter ces images ? Faut-il s’en ficher ?
Revanche de geek
Si cette démonstration ressemble à une ­revanche de geek, il reste plaisant de voir des rêves d’ingénieurs mis en avant à la place de nouvelles déprimantes. Voir la Terre depuis le roadster est aussi propice à prendre un peu de recul. D’abord, ce lancement n’est pas décisif même s’il faut reconnaître que l’atterrissage synchronisé des deux boosters était assez ­impressionnant (le corps central s’est, lui, abîmé en mer à une centaine de mètres de la barge de réception). Elon Musk poursuit en fait sur sa lancée, porté par sa fortune...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le Britannique, spécialiste des trous noirs, bien connu du grand public était paralysé par une maladie dégénérative depuis les années 1960.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/03/2018
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Le physicien Stephen Hawking, auteur d’« Une brève histoire du temps », est mort à 76 ans

Le Britannique, spécialiste des trous noirs, bien connu du grand public était paralysé par une maladie dégénérative depuis les années 1960.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 05h26
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 12h57
    |

            Pierre Barthélémy et 
Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Il a quitté le fauteuil roulant où était cloué son corps souffreteux pour rejoindre, peut-être, une dimension de l’espace-temps où son esprit vagabondait avec une absolue liberté. Le physicien et cosmologiste britannique Stephen Hawking, le plus célèbre scientifique contemporain, est mort à 76 ans, a annoncé sa famille mercredi 14 mars.
« Nous sommes profondément attristés par la mort, aujourd’hui, de notre père adoré. (…) C’était un grand scientifique et un homme extraordinaire, dont le travail vivra encore de nombreuses années », ont écrit ses enfants Lucy, Robert et Tim dans ce texte publié par l’agence britannique Press Association.
Stephen Hawking était un paradoxe. Son nom est mondialement connu du grand public, alors même que ses incursions dans les méandres de la cosmologie, entre Big Bang, trous noirs et singularités astrophysiques, qui ont donné lieu à plus de cent trente articles de recherche, ne pouvaient être suivies que par une poignée de théoriciens de haut vol. Cette renommée, il la doit d’abord à un best-seller planétaire, Une brève histoire du temps (J’ai lu), paru en 1988 et vendu à plusieurs millions d’exemplaires.
Une icône
Il la doit aussi au contraste, qui pouvait provoquer le malaise autant que la fascination, entre une terrible infirmité physique, qui l’avait réduit à ne plus pouvoir s’exprimer qu’à l’aide d’un unique doigt valide – puis d’une contraction de la joue – actionnant un synthétiseur vocal, et une exceptionnelle puissance intellectuelle, doublée d’un robuste sens de l’humour. Cette dualité, portée chez lui à son paroxysme, en a fait une icône. Le symbole de la victoire de la pensée sur la chair, à l’image de l’éclat d’un visage d’éternel étudiant que n’arrivait pas à flétrir le rictus de lèvres muettes.
Né le 8 janvier 1942 à Oxford, le jeune Stephen Hawking ne montre guère de prédispositions pour l’école, avant tout par paresse, exerçant plus volontiers son imagination...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Une étude épidémiologique réévalue les effets des faibles intoxications liées à la pollution au plomb. Plus de 400 000 décès lui seraient imputables chaque année aux Etats-Unis.
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Aux Etats-Unis, un décès sur six serait attribuable à une exposition au plomb

Une étude épidémiologique réévalue les effets des faibles intoxications liées à la pollution au plomb. Plus de 400 000 décès lui seraient imputables chaque année aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 20h31
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h16
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Le chiffre est énorme et bien supérieur aux estimations antérieures : les expositions environnementales au plomb contribuent à plus de 400 000 décès par an aux Etats-Unis. Par comparaison, l’étude annuelle sur le fardeau mondial des maladies pour 2015 évaluait à 558 000 décès au niveau mondial la mortalité attribuable au plomb, en ne prenant en compte que les morts adultes. Réalisée avec une grande rigueur méthodologique, l’étude de Bruce Lanphear (Simon Fraser University, Vancouver, Canada) et de ses collègues américains a été publiée, lundi 12 mars, dans The Lancet Public Health.
Aux Etats-Unis, les maladies cardiovasculaires sont en diminution mais demeurent la première cause de mortalité, à l’inverse de la France, où les cancers les devancent (28 % contre 21 %). Parmi les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires figurent bien sûr le tabagisme, l’hypertension artérielle (HTA), le diabète et la sédentarité, mais l’exposition environnementale au plomb fait elle-même partie des circonstances favorisant l’hypertension et par conséquent les pathologies circulatoires.
Par ailleurs, l’intoxication au plomb (saturnisme) atteint d’autres organes (système nerveux, notamment avec des troubles cognitifs et du comportement). Elle survient même aux niveaux les plus bas que l’on puisse mesurer. Diverses études ont montré que les troubles les plus marqués sont associés à des niveaux plutôt bas d’exposition, précise dans un commentaire accompagnant l’article Philip Landrigan (Mount Sinai Hospital, New York). Les expositions environnementales se font par ingestion ou inhalation, le plomb ayant largement été utilisé, par exemple dans des peintures ou dans l’essence, même si sa présence a beaucoup régressé.
Deux fois plus d’infarctus du myocarde
La part attribuable aux expositions au plomb dans les décès aux Etats-Unis n’avait jamais été étudiée de la manière la plus méthodique qui soit : celle consistant à suivre sur une longue période un échantillon représentatif de la population nationale et de s’assurer que l’on écarte les biais possibles qui pourraient fausser l’interprétation des résultats. De plus, les études jusqu’ici disponibles ne s’intéressaient pas aux expositions environnementales donnant une concentration relativement faible de plomb dans le sang (plombémie).
Le seuil de déclenchement d’une intervention quand des adultes se trouvent dans un environnement où ils sont exposés au plomb est fixé à 5 microgrammes par décilitre (µg/dL) de sang aux Etats-Unis. Bruce Lanphear et ses coauteurs se sont donc plus particulièrement attachés à explorer les résultats pour une population ayant des taux situés en dessous de cette valeur.

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                Pollution : les femmes enceintes françaises surexposées à l’arsenic et au mercure



Entre 1988 et 1994, les chercheurs ont rassemblé un effectif de plus de 14 000 personnes de 20 ans et plus, au sein d’un échantillon représentatif de la population américaine, et l’ont suivi jusqu’à la fin de l’année 2011. La valeur moyenne de la plombémie dans ce groupe était de 2,7 µg/dL et 20 % des sujets inclus présentaient une valeur d’au moins 5 µg/dL.
En comparant les 10 % du groupe ayant les niveaux de plombémie les plus bas aux 10 % ayant les taux les plus élevés, les auteurs ont constaté chez ces derniers une élévation de 37 % de la mortalité toutes causes confondues, et de 70 % pour la mortalité due à une maladie cardiovasculaire, sachant que la mortalité par infarctus du myocarde est carrément doublée. Le même schéma d’augmentation se retrouve en ne prenant en considération que les personnes ayant une plombémie inférieure à 5 µg/dL.
250 000 décès d’origine cardiovasculaire
Pour s’assurer qu’ils pouvaient attribuer cet accroissement à l’exposition au plomb, Bruce Lanphear et ses collègues ont éliminé les facteurs pouvant constituer un biais de confusion dans l’interprétation (d’autres causes pouvant expliquer cette tendance) : âge, sexe, origine ethnique, résider en ville, tabagisme, diabète, HTA, taux de cholestérol, consommation d’alcool et revenu. Si, par principe, la persistance de biais ne peut être écartée, les auteurs en concluent que 412 000 décès annuels aux Etats-Unis, dont quelque 250 000 d’origine cardiovasculaire, sont bien attribuables à une exposition au plomb.

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                L’eau du robinet de près de trois millions de consommateurs est polluée



Ils soulignent donc l’importance de « quantifier la contribution de l’exposition environnementale au plomb à la mortalité par maladie cardiovasculaire pour comprendre les tendances de la mortalité et développer des stratégies complètes pour prévenir les maladies cardiovasculaires ».
« C’est un résultat des plus surprenants, je ne m’y attendais pas, avoue l’épidémiologiste William Dab, professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et sécurité du Conservatoire national des arts et métiers. Mais l’étude, bien qu’ancienne, est faite dans les règles de l’art, avec une méthode qui apporte un fort niveau de preuve. Elle est convaincante. De très nombreux facteurs de risque cardiovasculaire sont pris en compte sauf la pollution atmosphérique. Mais le risque attribuable en population générale tient compte des autres facteurs de risque et je ne crois pas que la pollution atmosphérique pourrait inverser la tendance. »
Une réévaluation plus globale de l’impact sanitaire des expositions environnementales au plomb apparaît donc nécessaire ailleurs qu’aux Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ La découverte de deux structures plus petites à l’intérieur du temple dédié au « serpent à plumes » pourrait contribuer à lever l’énigme de l’abandon inexpliqué de la cité maya.
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D’étranges pyramides emboîtées à Chichen Itza

La découverte de deux structures plus petites à l’intérieur du temple dédié au « serpent à plumes » pourrait contribuer à lever l’énigme de l’abandon inexpliqué de la cité maya.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 06h46
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Au Mexique, le 17 novembre 2016, une équipe multidisciplinaire de l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM) et de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH) fait une annonce étonnante : la plus haute pyramide de Chichen Itza, le Kukulkan – nom maya de Quetzalcoatl, « Serpent-plumes précieuses » –, cache deux autres pyramides, plus petites, emboîtées l’une dans l’autre, à la manière de poupées russes. Une découverte majeure pour la datation de la grande cité maya du Yucatan.
Utilisant le procédé géophysique non invasif de la tomographie de la résistivité électrique 3D, les scientifiques ont pu observer l’intérieur du Kukulkan. Et ils ont découvert que cet édifice de 55 mètres de côté, aux neuf terrasses et quatre escaliers vertigineux, ne contenait pas seulement une première structure pyramidale interne, connue depuis les années 1930, mais aussi une seconde sous-structure initiale plus petite et donc plus ancienne.
Pour l’archéologue mexicaine Denisse Argote (INAH), cette révélation « change complètement la conception du processus de construction à Chichen Itza et, en particulier, celle du Kukulkan. Cette découverte pourrait nous aider à répondre aux nombreuses questions sur les modes de vie des Mayas ».
Cette première pyramide intérieure du Kukulkan, haute d’une dizaine de mètres, « daterait des années 550-800, période la moins connue de Chichen Itza, dite de style “maya pur” ». Elle est cachée par la structure intermédiaire, pyramide de vingt mètres de haut. « Le principe de ces ­édifices emboîtés est assez courant dans toute la Mésoamérique », souligne Fabienne de Pierrebourg, directrice du département Amériques au Quai Branly. Comme le Kukulkan, les pyramides sont souvent ­bâties au-dessus d’un cénote, gouffre ­résultant de l’effondrement de la roche calcaire et communiquant avec un réseau de rivières souterraines.
Axe cosmique
Ces constructions symbolisent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Ce symptôme, dont l’origine diverse est souvent méconnue, n’est pas curable, mais l’ostéopathie, la sophrologie ou des techniques d’habituation peuvent en diminuer la gêne.
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Acouphènes : des outils pour ne plus les entendre

Ce symptôme, dont l’origine diverse est souvent méconnue, n’est pas curable, mais l’ostéopathie, la sophrologie ou des techniques d’habituation peuvent en diminuer la gêne.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 14h00
    |

                            Sylvie Logean ("Le Temps")








                        



                                


                            
Un sifflement aigu et continu, présent jour et nuit. C’est le supplice qu’endure Thomas, 30 ans, depuis déjà dix ans. Lié à un traumatisme sonore, vestige de ses premières sorties en discothèque, l’acouphène dont souffre le jeune homme s’est depuis passablement atténué, sans pour autant lui laisser de répit. « Cela a été très difficile au début, j’ai passé plusieurs nuits blanches. Le son était si fort que c’était à vouloir s’en taper la tête contre les murs. Au travail, selon les situations, j’entendais davantage mon acouphène que la voix de mes interlocuteurs. Je terminais certaines journées complètement lessivé. »
Comme Thomas, on estime qu’environ 10 % de la population souffre d’un acouphène chronique, un symptôme se traduisant par la sensation de bourdonnement, de cliquetis ou de sifflement dans une oreille. Parmi les personnes concernées, un individu sur dix serait même dans une situation de grande souffrance. L’apparition d’un acouphène peut être liée à diverses affections, telles que problèmes vasculaires, respiratoires ou encore à des myoclonies, à savoir des contractions musculaires involontaires des muscles du voile du palais ou entourant les osselets situés dans l’oreille interne. Les médecins parlent alors d’acouphènes objectifs, pour lesquels une vibration bruyante est démontrable.
Dans la grande majorité des cas, toutefois, les acouphènes sont dits « subjectifs », à savoir que la source sonore n’est pas identifiable. Ces derniers sont souvent attachés à une perte auditive, consécutive à un traumatisme sonore, au vieillissement, à des séquelles d’otite, à une maladie de Menière, à des lésions du nerf auditif ou encore à la prise de certains médicaments pouvant se révéler toxiques pour l’oreille. Par ailleurs, des problèmes dans la région cranio-cervicale sont également en mesure d’entraîner l’apparition d’acouphènes somatosensoriels.
Reprendre le contrôle
Si l’acouphène n’est pas considéré comme une maladie, mais comme un...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Une enquête réalisée auprès des 15-24 ans montre que les adolescents et les jeunes adultes dorment trop peu. Des professionnels préconisent un « couvre-feu digital ».
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
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Les écrans nuisent gravement au sommeil des jeunes

Une enquête réalisée auprès des 15-24 ans montre que les adolescents et les jeunes adultes dorment trop peu. Des professionnels préconisent un « couvre-feu digital ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 10h56
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Le constat est sans appel. Les adolescents et jeunes adultes dorment de moins en moins. Moins de sept heures par nuit en semaine pour 38 % des jeunes de 15-24 ans, alors que les besoins sont de sept à dix heures par nuit, selon les ­recommandations établies par la National Sleep Fondation américaine. Ils manquent donc gravement de sommeil, alerte l’enquête rendue ­publique mardi 13 mars par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la ­mutuelle MGEN, à l’occasion de la 18e Journée du sommeil, vendredi 16 mars. L’enquête a été réalisée par OpinionWay auprès de 1 014 jeunes de 15 à 24 ans en décembre 2017. « 88 % d’entre eux estiment même être en manque de sommeil et ressentent de la fatigue, de la nervosité, de la somnolence », explique la neurobiologiste Joëlle Adrien, présidente de l’INSV.
Or, les effets néfastes de l’insuffisance de sommeil sur la santé physique et mentale sont bien identifiés : une baisse des performances cognitives et des résultats scolaires, des troubles du métabolisme, notamment une surcharge pondérale, des problèmes cardio-vasculaires, une fonction immunitaire réduite, de la fatigue, des problèmes de santé mentale (dépression, anxiété), etc.
Etat de tension et d’excitation
Autre constat de l’étude INSV/MGEN, un tiers des sondés évoquent des difficultés à s’endormir, en moyenne à 23 h 20 la semaine et à 0 h 49 le week-end, pour un lever respectivement à 7 h 02 et 9 h 43. En cause, l’hyperconnexion. Le lien entre usage excessif des écrans et mauvais sommeil est avéré. « Les activités interactives mettent les jeunes dans un état de tension et d’excitation qui va à l’encontre du ralentissement qui devrait prévaloir à l’instauration du sommeil », souligne la pneumologue Maria Pia d’Ortho pour l’INSV.
Ainsi une étude coordonnée par Ben Carter (King’s College de Londres), publiée en 2016 dans JAMA Pediatrics, a analysé une centaine d’articles, et en a retenu onze. Elle a montré...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Deux équipes américaines ont modifié le génome de fourmis pour les rendre insensibles aux phéromones. Une première chez un insecte social.
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Les premières fourmis mutantes privées de leur odorat

Deux équipes américaines ont modifié le génome de fourmis pour les rendre insensibles aux phéromones. Une première chez un insecte social.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h09
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Tous les spécialistes des fourmis semblent d’accord. S’il est un événement qui a récemment marqué leur discipline, c’est bien celui-ci : pour la première fois, deux équipes américaines sont parvenues à modifier le génome de leur insecte favori. En supprimant un gène dans leurs œufs, ces deux groupes ont donné naissance à des animaux dépourvus d’odorat.
Venant après les vers, mouches, moustiques, rongeurs, poissons et primates, l’information peut sembler anodine. Seulement voilà, c’est la première fois que les ciseaux génétiques Crispr-Cas9 s’attaquent à un insecte social, ce qui pourrait ouvrir un champ important de la recherche sur le comportement. Les articles ont été publiés simultanément, le 10 août, par la revue Cell.

Comme chez les abeilles, le mode de reproduction des fourmis, avec leur reine comme seule génitrice, rend les manipulations génétiques ardues. Les scientifiques peinent encore, en effet, à fabriquer une reine au laboratoire. Les équipes de Claude Desplan, à la New York University (NYU), et ­David Kronauer, à l’université Rockefeller, également à New York, ont ­contourné la difficulté.
Viser le système olfactif
Le premier a travaillé sur des fourmis sauteuses indiennes, Harpegnathos salvator, chez qui toutes les ouvrières sont fertiles, susceptibles de devenir de « pseudo-reines » et de fonder leur colonie. Le second s’est concentré sur Ooceraea biroi, qui présente la particularité de se reproduire par parthénogénèse, autrement dit par clonage – certains serpents et lézards en font de même.
Tous deux sont donc intervenus sur les œufs en visant le système olfactif. Chez les fourmis, l’odorat est guidé par un grand nombre de gènes. Sauf que l’un d’entre eux, baptisé « Orco », joue un rôle particulier. Sa suppression prive les insectes de 90 % de leur odorat. C’est lui que les chercheurs ont éteint grâce à Crispr.

L’observation des individus nés après cette intervention s’est avérée assez concluante....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Pour traiter les infections, la société des fourmis a mis en place un système particulièrement sophistiqué de protection collective.
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Fourmis : comment elles protégent la colonie des infections

Pour traiter les infections, la société des fourmis a mis en place un système particulièrement sophistiqué de protection collective.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 10h34
   





                        



                                


                            
Attention, danger ! Le panneau pourrait constamment figurer à l’entrée des fourmilières. Dans cette société de la promiscuité et de l’échange permanent, une menace rôde : l’infection. Qu’une d’elles soit infectée par un champignon ou une bactérie contagieuse et c’est toute la colonie qui peut rapidement disparaître. Les insectes ont donc développé des parades d’une grande inventivité, collective, comme il se doit.
Sylvia Cremer, de l’Institut de sciences et de technologie d’Autriche, s’est fait une spécialité de ce qu’on nomme l’immunité sociale. Dans deux articles, publiés en février dans le journal eLife et en mars dans la revue PNAS, elle en détaille quelques aspects, impressionnants de finesse et de sophistication.

Premier étage de la fusée, le nettoyage. Une seconde nature chez la fourmi. Lorsque l’une d’elles rentre d’une expédition extérieure, une de ses camarades se charge immédiatement de vérifier sa propreté, puis, dès qu’elle détecte quelque chose de suspect, d’assurer son ­nettoyage. Ce comportement n’a rien d’extraordinaire : nombre d’autres insectes sociaux mais aussi de mammifères pratiquent ainsi « l’épouillage ». Sauf que Dame Fourmi va plus loin.
L’espèce Lasius neglectus, par exemple, chère à Sylvia Cremer, utilise l’acide formique sécrété par ses glandes pour ­attaquer les infections à champignons ­Metarhizium. Dans de précédentes publications, l’équipe autrichienne avait montré comment les soignants utilisaient deux techniques : la première consistant à pulvériser, depuis un organe situé sur son postérieur, un spray sur les zones touchées par des spores ; la seconde, à ­lécher abondamment les plaies après avoir préalablement placé dans sa bouche un peu d’acide.
Réduction des risques
Comment les fourmis choisissent-elles entre ces deux traitements ? La publication de PNAS apporte une réponse. Tout dépend en réalité du statut sérologique du soignant… et du...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ En Côte d’Ivoire, l’observation de la lutte entre ces insectes et les termites a révélé des mœurs quasi militaires et un service de santé des armées très efficace.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/03/2018
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Les fourmis, redoutables stratèges militaires

En Côte d’Ivoire, l’observation de la lutte entre ces insectes et les termites a révélé des mœurs quasi militaires et un service de santé des armées très efficace.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 20h39
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

L’éclaireur s’est approché le premier. Tranquillement, prenant garde de ne pas se faire repérer, il a compté les ­ennemis, évalué leur force, avant de retourner parmi les siens recruter des soldats. La colonne s’est formée, mise en route, jusqu’à l’arrivée sur zone. Elle s’est préparée, puis a lancé l’assaut. Un combat terrible, inégal, décimant les défenseurs, sans toutefois épargner les assaillants. La bataille achevée, ces derniers ont ramené au camp les blessés susceptibles d’être sauvés. L’opération sanitaire a alors commencé : une heure de soins intensifs, méticuleux, permettant de remettre sur pied la plupart des invalides en vingt-quatre heures. Un bon repas – composé du cadavre des adversaires – et une nuit de sommeil ont suffi à reconstituer la troupe. Dès le lendemain, elle repartait au front chercher de quoi ­vivre, prête à mourir.
Ce bref récit pourrait aisément trouver sa place dans un remake de La Guerre du feu. Chronique d’une tribu cannibale, au cœur de la préhistoire… Pourtant, tout ici est résolument exact, validé par la science. Pas davantage d’humains dans cette ­bataille homérique. Les scientifiques qui ont ­patiemment reconstitué chacun de ses épisodes ne font pas profession d’archéologues ou d’historiens. Ils ne fouillent pas les archives, et, lorsqu’ils grattent la terre, ils ne cherchent aucun témoignage du passé. Ils sont biologistes du comportement, avec une spécialité : la myrmécologie, autrement dit la science des fourmis.
Car c’est d’un ­affrontement entre insectes qu’il s’agit. La rigueur voudrait que l’on évoque une chasse, puisqu’il ­oppose des proies et des prédateurs. Difficile pourtant de ne pas y sentir un parfum de guerre, tant la stratégie mise en place, la sophistication tactique, la précision de l’organisation et la rigueur dans l’application des consignes paraissent relever de la chose militaire. Une équipe de l’université de Würzburg (Allemagne) en a méthodiquement relaté les détails, dans...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ La pratique d’un unique test ne réduit pas la mortalité et augmente la détection des formes à risque faible.
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Cancer de la prostate : un dosage ponctuel du PSA ne sauve pas de vies

La pratique d’un unique test ne réduit pas la mortalité et augmente la détection des formes à risque faible.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h41
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Une vaste étude britannique, baptisée CAP Trial, apporte un solide argument de plus à la remise en cause de l’intérêt du dosage de l’antigène spécifique prostatique (PSA) comme outil de dépistage du cancer touchant cette glande masculine. Dans leur article publié mardi 6 mars dans le Journal of the American Medical Association, Richard Martin (Université de Bristol) et ses collègues ne trouvent pas de différence significative dans la mortalité due à un cancer de la prostate entre les hommes âgés de 50 à 69 ans à qui un dosage ponctuel du PSA était proposé et ceux qui n’y étaient pas invités et constituaient donc le groupe contrôle.
Le dosage sanguin du PSA est un test biologique qui, comme son nom l’indique, est le témoin de phénomènes affectant la prostate. Le problème est qu’il n’est en rien spécifique du cancer de la prostate. Son élévation au-dessus des valeurs normales, qui varient en fonction de l’âge, peut également résulter d’une inflammation, d’un adénome (bénin)… De plus, jusqu’à un quart des hommes ayant un cancer de la prostate conserveraient une valeur de PSA normale.
Néanmoins, une partie des urologues a ardemment soutenu le recours au PSA comme outil de dépistage systématique. Ces spécialistes avancent l’argument que les hommes chez qui un cancer aura été détecté à la suite de cet examen tireront le bénéfice d’une intervention plus précoce. A l’inverse, d’autres médecins et des institutions comme, en France, la Haute Autorité de santé, ne le recommandent pas. Ils invoquent la réduction, au mieux modeste, de la mortalité par cancer de la prostate et la mortalité globale, ainsi que les dommages dus au surdiagnostic et au surtraitement des cancers peu agressifs, qui n’auraient pas représenté une menace vitale, faisant l’objet d’interventions plus ou moins lourdes.
Mettre un terme à la controverse
Après notamment deux autres essais destinés à trancher sur le pour et le contre, mais n’ayant pas mis un terme à la controverse,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le rapport du comité d’expert sur les fausses informations mis en place par la Commission européenne a été rendu public lundi 12 mars.
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