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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le gouvernement a présenté mercredi son « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ». Les syndicats de cheminots se retrouvent jeudi pour définir leur action.
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Réforme de la SNCF : les syndicats sont prêts « au bras de fer »

Le gouvernement a présenté mercredi son « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ». Les syndicats de cheminots se retrouvent jeudi pour définir leur action.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h00
   





                        



   


Les syndicats de cheminots ont unanimement dénoncé le projet de loi permettant le recours à des ordonnances pour réformer la SNCF, présenté mercredi 14 mars en conseil des ministres. Cette réforme n’est en rien une surprise, et la réaction des syndicats ne l’est pas plus. L’UNSA est prête « au bras de fer », SUD Rail veut « une grève reconductible et dure » et la CFDT prévoit « une mobilisation des cheminots ».

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« On va vers un bras de fer, c’est clair, a prévenu Roger Dillenseger, secrétaire général de l’UNSA, deuxième syndicat à la SNCF. La balle était dans le camp du gouvernement. Ce projet de loi montre son approche contradictoire entre une volonté d’échanges affichée et la réalité du texte. »
Le texte présenté en conseil des ministres mercredi « montre bien qu’on n’est pas dans une concertation mais dans une explication de texte. Le gouvernement veut passer en force », a dénoncé auprès de l’AFP Erik Meyer, porte-parole de SUD Rail. Le 3e syndicat cheminot souhaite « une grève reconductible et dure face à un gouvernement dur et inflexible ».
La CFDT note que « pas une virgule n’a été modifiée entre les premières annonces et le projet de loi ». « On va droit dans le mur avec une telle méthode. Cela va durcir les positions. Les réunions de concertation sont stériles. On va réellement vers une mobilisation des cheminots. Ce ne sera pas une grève corporatiste mais pour défendre le ferroviaire », a déclaré Didier Aubert, son secrétaire général.
« On va droit dans le mur »
Une réunion intersyndicale est prévue jeudi afin de « faire un point sur la manifestation nationale du 22 mars », a dit M. Aubert. Et « on va certainement définir un calendrier d’appel à la grève », a-t-il ajouté.
« L’objectif est clairement pour nous de sortir avec une date » de démarrage d’une grève, quitte à se revoir pour « fixer les modalités du mouvement », a dit M. Meyer. La CGT Cheminots (1er syndicat) avait dit mardi, après avoir rencontré le premier ministre, Edouard Philippe, que l’intersyndicale pourrait décider « une grève reconductible par période de vingt-quatre heures ou sous une autre forme ».

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SUD Rail a déjà déposé seul un préavis de grève mais uniquement pour permettre aux cheminots de participer à la manifestation nationale organisée à Paris le 22 mars à l’appel de la CGT Cheminots, rejointe par les trois autres syndicats représentatifs et par FO.
Le projet de loi doit être débattu en avril à l’Assemblée nationale et en mai au Sénat. Il prévoit notamment « l’arrêt des recrutements au statut (de cheminot) des nouveaux agents », ce qui est considéré par les syndicats comme un casus belli.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ L’homme d’affaires, qui compte parmi les adversaires de Joseph Kabila, a créé la plate-forme Ensemble pour le changement en vue de la présidentielle.
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Compte rendu

RDC : Moïse Katumbi donne le coup d’envoi de l’offensive de l’opposition depuis Johannesburg

L’homme d’affaires, qui compte parmi les adversaires de Joseph Kabila, a créé la plate-forme Ensemble pour le changement en vue de la présidentielle.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-14T16:09:49+01:00"

        Le 14.03.2018 à 16h09






                        

Crédits : Themba Hadebe / AP


                    

Il a délaissé son éternel chapeau, mais porte le type de costume – gris, luxueux, triste – qu’apprécient les chefs d’Etat. Il y a donc de la solennité dans l’air. Depuis l’Afrique du Sud, Moïse Katumbi, l’homme d’affaires de République démocratique du Congo (RDC) devenu opposant et contraint à l’exil, est en train d’initier un mouvement. Son propre mouvement politique, pour commencer, dont il a annoncé, lundi 12 mars, la création depuis un hôtel des environs de Johannesburg.
Un « conclave » réunissant ses partisans, des leaders de la société civile et des chefs de partis politiques y a eu lieu pendant tout le week-end. Vingt de ces responsables ont apposé leur signature sur l’acte de création d’Ensemble pour le changement, la plate-forme destinée à participer aux élections générales qui doivent être organisées en RDC avant le 23 décembre. Dans ce gigantesque scrutin, qui concerne 46 millions d’électeurs, Moïse Katumbi est désormais le candidat désigné d’une formation politique, la sienne. C’est la première fois.
L’opposition face à un mur de la violence
Les temps sont durs pour l’opposition congolaise, dont les militants voient leurs tentatives de se regrouper entravées par des interdictions de manifester et des violences – jusque dans les églises. Georges Kapiamba, défenseur des droits de l’homme et coauteur, avec la ministre des droits humains, d’un récent rapport établissant à quatorze morts le bilan de la répression des « marches » des 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, a recensé « plus de 365 cas de prisonniers politiques, de victimes de délits d’opinion et d’exilés politiques » dans le pays. Il est venu exposer ces faits à Johannesburg. Il n’apprend malheureusement pas grand-chose à l’assistance.

Face à ce mur de la violence, un effort d’organisation est à l’œuvre au sein de l’opposition. Celle-ci est divisée, avec plusieurs centaines de partis, en majorité microscopiques et animés par des entrepreneurs en politique...



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le maire de Béziers, proche du Front national, avait été condamné en avril 2017 pour avoir déclaré qu’il y avait trop d’enfants musulmans dans les écoles de sa ville.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                

« Provocation à la haine » : Robert Ménard relaxé en appel

Le maire de Béziers, proche du Front national, avait été condamné en avril 2017 pour avoir déclaré qu’il y avait trop d’enfants musulmans dans les écoles de sa ville.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 15h44
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h11
   





                        



   


La cour d’appel de Paris a relaxé, mercredi 14 mars, le maire de Béziers, Robert Ménard, proche du Front national, condamné en 2017 pour avoir déclaré qu’il y avait trop d’enfants musulmans dans les écoles de sa ville. La cour a ainsi infirmé un jugement du tribunal correctionnel de Paris qui, le 25 avril 2017, avait condamné M. Ménard à 2 000 euros d’amende pour « provocation à la haine et la discrimination ».
Les juges d’appel ont justifié ce revirement par un changement de la jurisprudence de la Cour de cassation, qui exige désormais que les propos incriminés contiennent « une exhortation éventuellement implicite » à la haine ou à la discrimination pour que le délit de « provocation » soit constitué, ce qui n’est ici, selon eux, pas le cas.
L’élu était poursuivi pour avoir publié sur Twitter, le 1er septembre 2016, le message suivant : « #rentréedesclasses : la preuve la plus éclatante du #GrandRemplacement en cours. Il suffit de regarder d’anciennes photos de classe. » Il était également jugé pour avoir déclaré sur LCI, le 5 septembre 2016 : « Dans une classe de centre-ville de chez moi, 91 % d’enfants musulmans. Evidemment que c’est un problème. »
« Je dis juste ce que tout le monde voit »
Les sept associations antiracistes qui s’étaient constituées partie civile, dont la Licra, le MRAP, la Ligue des droits de l’homme, SOS racisme et la Maison des potes, ont donc été déboutées.
« Je suis tellement heureux !, a réagi Robert Ménard, interrogé par l’Agence France-Presse. Je ne supporte pas l’idée que l’on puisse penser que je suis raciste ou que l’on pense que je veuille m’en prendre à des enfants en fonction de leurs origines. »
« Je dis juste ce qui est et ce que tout le monde voit. Ce deuxième procès est la défaite de ces associations qui ont dit des ignominies sur mon compte. »
Elu en 2014 à la tête de Béziers, ville héraultaise de 70 000 habitants, avec le soutien du Front national et à la faveur d’une triangulaire, l’ancien président de Reporters sans frontières est coutumier des polémiques, notamment sur l’immigration, la guerre d’Algérie ou la sécurité.

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                Plusieurs plaintes contre Robert Ménard pour une campagne d’affichage du maire de Béziers






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ L’intersyndicale et le Collectif des citoyens rejettent l’accord de principe auquel étaient parvenus mardi soir leurs représentants avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

Mayotte : l’accord avec le gouvernement rejeté, les blocages se poursuivent

L’intersyndicale et le Collectif des citoyens rejettent l’accord de principe auquel étaient parvenus mardi soir leurs représentants avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 16h33
    |

            Patrick Roger








                        



   


Après plus de quatre heures de réunion, mercredi 14 mars, à Tsingani, dans le centre de Mayotte, l’ensemble des dirigeants de l’intersyndicale et du Collectif des citoyens de Mayotte a rejeté les propositions qui avaient fait l’objet d’un accord de principe dans la nuit de mardi à mercredi avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin.
Le porte-parole du mouvement, Fatihou Ibrahim, qui avait salué les « avancées réelles » de l’accord, rappelle qu’« aucun protocole n’a été signé » et que « la suspension du mouvement n’a pas encore été approuvée par la population ».
Les membres du collectif et de l’intersyndicale estiment que « des points manquaient » dans l’accord de principe, notamment sur les questions de sécurité. Les organisateurs réclament par exemple que les victimes des actes de violence soient considérées comme des victimes de terrorisme, et soient accompagnées comme telles par les pouvoirs publics, a expliqué un des porte-parole, Salim Naoulida.

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                Cinq questions sur la situation à Mayotte



Soupçons de trahison
Ils ont également dénoncé la communication du ministère des outre-mer mardi soir, qui, juste à l’issue de cinq heures de négociations, faisait état de « la construction d’un accord mettant un terme à la crise de Mayotte », alors que les syndicalistes annonçaient qu’ils allaient consulter la population sur la suite du mouvement et demander la levée des barrages.
Fatihou Ibrahim dénonce mercredi « des méthodes d’un autre temps » et « une volonté d’imposer coûte que coûte les choix du gouvernement » :
« La grève continue tant que nous n’aurons pas un vrai interlocuteur. Toutes les forces vives présentes ont rejeté les annonces du gouvernement puisqu’elles ont compris que c’était une mascarade. »
« Cela a été perçu comme une trahison, j’ai été accusé de tous les maux », a expliqué un autre porte-parole, Saïd Hachim. Mercredi, chacun des membres a dû jurer sur un coran (la population de Mayotte est à 95 % musulmane) qu’ils « ne trahiront pas le mouvement ».

        Lire aussi les témoignages :
         

          Entre désespoir, peur et sentiment d’abandon, les habitants de Mayotte racontent leur quotidien



« Plus d’Etat, mieux d’Etat »
Mme Girardin avait notamment accepté « quinze mesures d’urgence en matière de sécurité » demandées par l’intersyndicale, et dont le contenu n’a pas été entièrement précisé. La ministre a dit vouloir remettre « plus d’Etat, mieux d’Etat » à Mayotte.
Les organisateurs se sont dits prêts à rediscuter avec une délégation ministérielle, composée de trois hauts fonctionnaires restés sur place, pour engager des travaux sur la sécurité, la lutte contre l’immigration clandestine et le développement du territoire.

        Sur les mesures :
         

          La ministre des outre-mer, Annick Girardin, annonce des mesures pour la sécurité et contre l’immigration illégale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Un collectif d’associations d’usagers, de syndicats de cheminots et d’élus locaux appelle, dans une tribune au « Monde », le gouvernement à ne pas sacrifier les « petites » lignes sur l’autel de la réforme de la SNCF.
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« Réserver le ferroviaire aux seules grandes villes ne ferait que créer de nouveaux territoires abandonnés de la République »

Un collectif d’associations d’usagers, de syndicats de cheminots et d’élus locaux appelle, dans une tribune au « Monde », le gouvernement à ne pas sacrifier les « petites » lignes sur l’autel de la réforme de la SNCF.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Il n’y a pas plus de « petites lignes » que de petits territoires. Les lignes ferroviaires de proximité, comme les autres, sont une réponse évidente aux besoins de mobilité et à la pollution grandissante. L’Etat, avec les collectivités, doit les entretenir et les redynamiser. Pourtant, le manque d’investissements dans la régénération du réseau ferroviaire menace aujourd’hui de fermeture environ 9 000 km de lignes, dites « petites ». Comment ce terme aussi méprisant a-­t-­il pu s’imposer ? La Creuse est-elle un « petit » territoire ? Un seul exemple : la gare de Veynes (Hautes-Alpes), cœur de l’étoile ferroviaire du même nom, voit circuler vingt-neuf trains par jour. Est-ce « petit » ? Et l’une de ses branches, la ligne Grenoble - ­Gap, compte un millier de voyageurs quotidiens.
Au total, cent trente et une lignes sont sur la sellette
Mais la SNCF a l’art d’accuser son chien d’avoir la rage : dans sa communication habituelle, elle avançait un chiffre de moitié inférieur. Résultat, cette ligne est désormais menacée de fermeture à court terme. Au total, cent trente et une lignes sont sur la sellette. Si elles ne sont pas les plus fréquentées – personne ne le conteste –, ces lignes, le plus souvent rurales mais parfois urbaines, sont des lignes de proximité, tout simplement.
Le gouvernement est grand prince : « On ne décide pas de la fermeture de 9 000 km de lignes depuis Paris. » Même le rapport Spinetta ne le préconisait pas ; alors, pourquoi s’en défend-il ? Dans les faits, l’équation est simple. L’Etat assure que les engagements déjà pris, à hauteur de 1,5 milliard d’euros dans le cadre des contrats de plan Etat-­région (CPER), « seront tenus ». Mais comme la ministre des transports, Elisabeth Borne, l’a reconnu devant le Sénat, « il apparaît aujourd’hui clairement que cette somme ne sera pas suffisante ». Dès lors, il ne reste plus au gouvernement qu’à transmettre la patate chaude aux régions.
Le...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Après un mouvement social de plus de trois semaines dans le 101e département français, un accord a été conclu mardi avec le gouvernement, mais l’intersyndicale l’a rejeté.
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Ce qu’il faut retenir de la situation à Mayotte

Après un mouvement social de plus de trois semaines dans le 101e département français, un accord a été conclu mardi avec le gouvernement, mais l’intersyndicale l’a rejeté.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 17h17
   





                        


L’essentiel
Depuis plus de trois semaines, un mouvement social agite Mayotte. Une grève générale touche l’île depuis le 20 février, avec au centre des revendications des Mahorais la question de l’insécurité et des conditions de vie.Mardi 13 mars, un accord a été conclu avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin, pour mettre un terme à cette vague de protestation.L’un des porte-parole du mouvement, Fatihou Ibrahime, a salué « des avancées réelles » mardi, mais l’intersyndicale a rejeté l’accord, mercredi, et a décidé de poursuivre la grève générale ainsi que les barrages.L’archipel de Mayotte, devenu département français le 1er janvier 2014, est l’un des territoires les plus pauvres de France et connaît un taux de chômage de 26 % (le taux national est de 9,2 %). L’île est aussi la destination de très nombreux migrants venant des îles voisines des Comores.
La citation
« Cela a été perçu comme une trahison. »
Les membres du Collectif des citoyens de Mayotte et de l’intersyndicale estiment que « des points manquaient » dans l’accord de principe, notamment sur les questions de sécurité. Ils ont également dénoncé la communication du ministère des outre-mer, qui, mardi à l’issue de cinq heures de négociations, faisait état de « la construction d’un accord mettant un terme à la crise de Mayotte », alors que les syndicalistes annonçaient qu’ils allaient consulter la population sur la suite du mouvement et demander la levée des barrages.
« Cela a été perçu comme une trahison, j’ai été accusé de tous les maux », a dit un porte-parole, Saïd Hachim. Mercredi, chacun des membres a dû jurer sur un coran (la population de Mayotte est à 95 % musulmane) qu’il « ne trahir [ait] pas le mouvement ».
Le chiffre
15
C’est le nombre de mesures demandées par l’intersyndicale et acceptées par Mme Girardin. Parmi celles-ci figurent :
la lutte contre les attestations d’hébergement et de paternité de complaisance ;la mise en place de navires supplémentaires contre l’immigration clandestine ;la reconnaissance des associations luttant contre l’insécurité ;la lutte contre l’habitat clandestin et le démantèlement des bandes sources d’insécurité.
Et maintenant ?
Les organisateurs se sont dits prêts à rediscuter avec une délégation ministérielle, composée de trois hauts fonctionnaires restés sur place, pour engager des travaux sur la sécurité, la lutte contre l’immigration clandestine et le développement du territoire.

Pour aller plus loin
 
Entre désespoir, peur et sentiment d’abandon, les habitants de Mayotte racontent leur quotidienCinq questions sur la situation à MayotteA Mayotte, la délinquance et la violence ont pris des proportions dramatiquesL’immigration, un facteur important de la démographie à Mayotte





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Un rapport commandé par le gouvernement souligne les prévisions irréalistes de coûts et de délais promis par les organisateurs des JO à Paris.
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Paris 2024 : des experts s’inquiètent de « réels risques de surcoûts importants »

Un rapport commandé par le gouvernement souligne les prévisions irréalistes de coûts et de délais promis par les organisateurs des JO à Paris.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 13h05
   





                        



   


Après les inquiétudes sur les transports et la polémique sur les salaires des dirigeants, celle sur les coûts d’organisation : la préparation des Jeux olympiques de Paris 2024 commence dans la difficulté.
Un rapport d’experts commandé par le gouvernement alerte sur des risques de « surcoûts importants » dans la construction des sites pour les JO, révèle Le Parisien, mercredi 14 mars, une information confirmée à l’Agence France-Presse.
Le document, une « note d’alerte » qui doit précéder un rapport définitif, évoque de « réels risques à la fois de non-réalisation dans les délais de certains équipements mais aussi de surcoûts importants ».

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Difficultés sur les installations en Seine-Saint-Denis
Le site aquatique et le village olympique, qui doivent être construits à Saint-Denis, ainsi que la zone du Bourget, qui doit accueillir le village des médias et les compétitions de volley, tir et badminton, sont évoqués dans cette note de l’Inspection générale des finances (IGF), de l’Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS) et du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD).
Dans le détail, le site aquatique, qui doit accueillir les épreuves de natation, supporte le risque de voir sa facture de 130 millions d’euros, doublée en raison de la multiplicité des acteurs et de certains élus d’en faire un site exceptionnel, résume la source proche du dossier. Les inspecteurs de l’Etat préconisent que la maîtrise d’ouvrage ne soit plus confiée à la Métropole du Grand Paris, dirigée par Patrick Ollier, mais à la Solideo, la société publique chargée de superviser les constructions olympiques.
Situé au Bourget, le site de volley-ball est jugé « anormalement coûteux » par la note d’alerte. Enfin, le village olympique, situé à cheval sur les communes de Saint-Denis, L’Ile-Saint-Denis et Saint-Ouen, pose difficulté en raison de la proximité d’une « zone archéologique », mais sa construction n’est pas remise en cause.
Le budget total des Jeux olympiques doit, à ce stade, s’élever à 6,8 milliards d’euros : 3,8 milliards pour leur organisation, financés par le CIO, les sponsors et la billetterie, ainsi que trois milliards pour la construction des équipements, financés pour moitié par les acteurs publics (Etat et collectivités) et pour moitié par les investisseurs privés.
Le rapport définitif doit être remis prochainement aux ministres concernés, Laura Flessel (sports) et Gérald Darmanin (comptes publics), et sera rendu public.
Ce rapport « ne dit pas : “Vous allez dépasser le budget”, mais “Voilà ce qu’il faut faire pour tenir le budget” », déclare Laura Flessel dans une déclaration transmise à l’AFP.
« Nous allons engager un travail de concertation avec les élus locaux afin d’explorer les nombreuses solutions qui s’offrent à nous », explique-t-elle aussi, répétant « l’engagement ferme » de « tenir les délais et tenir les budgets ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Réputé proche d’Emmanuel Macron, il a été élu, mercredi, par le bureau de l’Assemblée nationale pour prendre la tête de LCP.
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Le documentariste Bertrand Delais prend la tête de La Chaîne parlementaire

Réputé proche d’Emmanuel Macron, il a été élu, mercredi, par le bureau de l’Assemblée nationale pour prendre la tête de LCP.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 13h23
   





                        


Le documentariste Bertrand Delais a été choisi par l’Assemblée nationale, mercredi 14 mars, pour succéder à Marie-Eve Malouines à la tête de La Chaîne parlementaire (LCP), a précisé l’Assemblée nationale dans un communiqué. Il prendra ses fonctions le 8 juin, pour un mandat de trois ans.
Bertrand Delais a été élu, après un long débat, avec 13 voix pour, 7 contre, sur proposition du président de l’Assemblée (LRM) François de Rugy, selon plusieurs députés membres du bureau de la plus haute instance collégiale de l’Assemblée.

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Un réalisateur réputé proche d’Emmanuel Macron 
Le documentariste avait fait parler de lui ces derniers mois à la suite de la diffusion sur France 2, au mois de mai, de son documentaire En marche vers l’Elysée, qui revenait sur la campagne électorale d’Emmanuel Macron. Il est également l’auteur d’une série de posts de blog élogieux, publiés sur le HuffPost, concernant l’action du président de la République.
« Toutes les oppositions ont voté contre [Bertrand Delais] et la macronie a fait bloc », a affirmé l’« insoumise » Clémentine Autain. « Pour le 50e anniversaire de 1968, ce parfum d’ORTF est un signal dramatique pour la démocratie. Bertrand Delais a fait deux reportages sur Macron. Il est un soutien affiché. Ce choix est scandaleux. Il confirme le mépris de la macronie pour le pluralisme », a-t-elle aussi estimé.
« Malgré une procédure qui se voulait transparente, le candidat voulu par Emmanuel Macron est élu », a jugé un autre député qui a requis l’anonymat. « Seuls les députés La République en marche (LRM) ont voté pour, toutes les autres formations politiques ont voté contre. »
« Restaurer la confiance et la sérénité »
Onze candidatures avaient été déposées et trois candidats avaient été retenus après l’évaluation de leurs projets stratégiques. Parmi eux figuraient Bertrand Delais, Thierry Guerrier et Marie-Eve Malouines, la présidente sortante.
Marie-Eve Malouines, dont le mandat s’achève en juin, a fait l’objet début janvier d’une motion de défiance pour avoir réintégré le présentateur de la chaîne, Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle par une de ses collègues.
Après avoir restauré « la confiance et la sérénité au sein de l’entreprise », « la nouvelle équipe de direction de la chaîne (…) aura la responsabilité de proposer une grille des programmes renouvelée et d’engager les mutualisations indispensables avec Public Sénat, dans un contexte financier et budgétaire contraint », a déclaré François de Rugy dans le communiqué de l’Assemblée.

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                La journaliste de LCP qui a porté plainte contre Frédéric Haziza démissionne






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Les seuils de pension retenus pour l’application de la mesure font polémique. Un retraité sur deux devrait être perdant en 2018.
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La hausse de la CSG, point de crispation pour les seniors

Les seuils de pension retenus pour l’application de la mesure font polémique. Un retraité sur deux devrait être perdant en 2018.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h20
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Ils ont déjà réussi un pari : faire parler d’eux. Jeudi 15 mars, les retraités défileront de nouveau, à l’appel de neuf organisations syndicales et associatives, pour protester contre la hausse de 1,7 point de la CSG. « Le but, c’est de marquer notre hostilité à cette ponction supplémentaire, explique Philippe Pihet (FO). Nous voulons rappeler aux pouvoirs publics que les retraités existent alors que ce mot a disparu de leur lexique. »
Depuis le 1er janvier, cette population a vu sa CSG passer (sauf taux réduit) de 6,6 % à 8,3 % des pensions. Contrairement aux actifs et aux fonctionnaires, les seniors ne recevront pas de compensation pour cette mesure, censée rapporter en net 4,5 milliards d’euros à l’Etat cette année. Une exception que dénonce Christian Bourreau, de la Confédération française des retraités, qui n’appelle cependant pas à manifester. « Ne pas traiter les retraités comme les autres, c’est de la provocation, s’exclame-t-il. Je caricature un peu mais le message, c’est : vous êtes vieux, vous êtes riches, vous pouvez payer. » Eric Alauzet, député LRM du Doubs, n’a d’ailleurs pas hésité, dans Le Parisien du 5 mars, à parler d’une « génération dorée ».

Le sujet figurait pourtant en bonne place dans la campagne présidentielle du candidat Macron, au nom de la « solidarité intergénérationnelle ». « La génération des baby-boomeurs a connu des conditions plus favorables en termes de salaires, l’absence de chômage, etc., justifie-t-on à Bercy. Mais la redistribution se fait aussi envers les retraités les plus modestes, à travers la hausse du minimum vieillesse par exemple. »
Il n’empêche. « Les principaux “perdants” à la hausse de CSG couplée à la baisse des cotisations salariales sont les retraités relevant du taux plein de CSG, dont le nombre est estimé à environ 8 millions », soulignait à l’automne 2017 Joël...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ En proposant d’en faire une « maternité extraterritoriale », le gouvernement joue avec les questions de droit du sol et d’accession à la nationalité française.
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Mayotte : donner un statut international à la première maternité de France est-il réaliste ?

En proposant d’en faire une « maternité extraterritoriale », le gouvernement joue avec les questions de droit du sol et d’accession à la nationalité française.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 14h25
    |

                            Valentin Ehkirch








                        



   


La France pourrait-elle créer un statut exceptionnel pour la maternité de Mayotte ? Evoquée le 8 mars par le premier ministre, Edouard Philippe, la création d’un statut extraterritorial pour la seule maternité de l’île, département français, a été réaffirmée lundi 13 mars par la ministre des outre-mer, Annick Girardin, en visite à Mayotte.

        Lire :
         

          A Mayotte, le dialogue avec la ministre Annick Girardin tourne court



Concrètement, Mme Girardin a évoqué la mise en place d’un « groupe dédié » visant à donner un « statut extraterritorial » à la maternité de Mayotte, la première de France en termes de naissances, afin qu’une admission en son sein ne permette pas automatiquement d’obtenir la nationalité française.
Dans un entretien publié mardi dans le journal La Croix, le député La République en marche, Aurélien Taché, a tenté de déminer ce sujet sensible et régulièrement attaqué par une partie de la droite : le droit du sol. Il affirme dans le quotidien que la remise en cause du droit du sol n’est « pas du tout ce que souhaite faire le gouvernement ». Selon M. Taché, donner un statut d’extraterritorialité à la maternité de Mamoudzou permettrait « d’en faire en quelque sorte une “maternité internationale” ».
Ce nouveau statut pourrait poser plusieurs questions :
Qu’est-ce que le droit du sol ?
En France, la loi reconnaît à la fois le droit du sang et celui du sol. Dans le premier cas, un enfant né d’au moins un parent français obtient automatiquement la nationalité française, où qu’il naisse. Dans le second, un enfant né sur le sol français de parents étrangers peut acquérir automatiquement la nationalité française à sa majorité, à condition qu’il ait vécu au moins cinq années dans le pays depuis l’âge de 11 ans.
Qu’est-ce que l’extraterritorialité ?
L’extraterritorialité est un principe de droit international qui prévoit qu’une autorité étrangère ou une organisation internationale puisse s’exercer sur une partie d’un territoire national, comme par exemple le siège des Nations unies à New York. En revanche, les ambassades ne bénéficient pas de l’extraterritorialité, mais simplement de l’immunité diplomatique.
Selon Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble, « la question de l’extraterritorialisation d’une portion du territoire français est largement fictionnelle ». Il précise qu’une zone extraterritoriale n’est pas exempte des lois françaises :
« Si ces zones relèvent d’un droit spécifique [des conventions passées au niveau international notamment], elles n’en restent pas moins sur territoire français, et si, par exemple, un crime ou un délit y est commis, le droit pénal s’applique. »
L’obstacle de la Constitution
Pour M. Slama, « sortir de manière totalement artificielle la maternité du territoire français est irréalisable » autant qu’inconstitutionnel :
« Si une loi française le prévoyait, elle serait vraisemblablement inconstitutionnelle, puisqu’elle serait contraire au principe d’indivisibilité de la République, mais aussi au principe d’égalité devant la loi, puisqu’on appliquerait des règles différentes à des enfants nés en France en fonction de la nationalité de leurs parents. »
Un accord entre les Comores et la France serait nécessaire, mais peu probable
Seule une convention internationale permettrait de placer la maternité de Mamoudzou sous un statut international, précise le juriste. Mais cette initiative lui paraît peu probable, au vu des relations diplomatiques des pays concernés :
« Compte tenu de l’état des relations de la France avec les Comores depuis l’indépendance de l’Union des Comores et du maintien de Mayotte au sein de la République française, il est peu probable que le gouvernement comorien accepte de négocier une telle convention internationale. On ne voit pas très bien quelle serait la contrepartie et où serait leur intérêt, alors que les autorités comoriennes n’empêchent pas l’émigration vers Mayotte. Bien au contraire, elles estiment que Mayotte est une île comorienne. »
Peu d’enfants seraient concernés 
Selon Lise Faron, responsable des questions d’entrée et de séjour au sein de l’association La Cimade, qui aide les étrangers dans leurs démarches sur le sol français, le projet du gouvernement ne concernerait qu’une petite partie des enfants nés à Mayotte : ceux dont les deux parents sont étrangers. Une minorité par rapport à l’ensemble : 
« En 2014, plus de 70 % des enfants à Mayotte naissaient français, c’est-à-dire qu’au moins un des parents est français. »
Ces dernières années, les chiffres ont évolué, mais les enfants nés d’un parent français à Mayotte restent majoritaires. Selon des statistiques récentes de l’Institut national de la statistiques et des études économiques ils étaient 58 % en 2016.

        Lire :
         

          Mayotte : la ministre des outre-mer, Annick Girardin, annonce des mesures pour la sécurité et contre l’immigration illégale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ La mobilisation des retraités, qui doivent descendre dans la rue jeudi en défense du pouvoir d’achat, inquiète la majorité.
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Emmanuel Macron face au péril vieux

La mobilisation des retraités, qui doivent descendre dans la rue jeudi en défense du pouvoir d’achat, inquiète la majorité.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h36
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            

L’inquiétude grandit au sein du gouvernement. A l’appel de neuf syndicats, les seniors doivent descendre dans la rue jeudi 15 mars pour défendre leur pouvoir d’achat. La manifestation se tient dans un contexte de défiance entre l’exécutif et les retraités, qui ne digèrent pas la hausse de 1,7 % de la CSG pour les retraites de plus de 1 289 euros, en place depuis janvier. « Ça va nous coller aux doigts comme le sparadrap du capitaine Haddock », soupire un ministre qui juge cette mesure bien « plus ennuyeuse » que la limitation de vitesse à 80 km/h.
Lors de ses déplacements, Emmanuel Macron – qui devait se rendre en Touraine mercredi 14 et jeudi 15 mars pour parler d’éducation – se voit désormais régulièrement interpellé par des retraités se plaignant de la baisse de leur pouvoir d’achat, comme ce fut le cas le 6 mars à Agen. « Vous n’êtes pas d’une génération sacrifiée », avait alors répondu le président. Quatre jours plus tôt à Châlons-en-Champagne, dialoguant avec un retraité déçu et inquiet, le chef de l’Etat avait exhorté à « la patience ». « Je sais que je demande un effort aux plus âgés, que parfois certains râlent, ça ne rend pas forcement populaire mais je l’assume », avait-il lancé.
Le premier ministre Edouard Philippe, aussi, est confronté à la colère des seniors dans les Facebook Live auxquels il se livre depuis Matignon. Et depuis le début de l’année, les ministres issus d’une terre électorale reçoivent des courriers chagrins de leurs ex-administrés âgés. « J’ai même été asticoté sur le sujet à Noël, lors des repas de famille », sourit un membre du gouvernement, qui a été sollicité par des associations de retraités.
« Nous restons très vigilants »
« L’exécutif va payer longtemps cette hausse de la CSG, pronostique un ancien ministre. C’est une grave erreur, comme l’avait commise François Hollande avec les hausses d’impôts. Il l’a ensuite payée pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ L’approfondissement de l’Union monétaire n’est pas dans les priorités du nouveau gouvernement allemand, en dépit des idées françaises.
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Entre Paris et Berlin, une réforme poussive de la zone euro

L’approfondissement de l’Union monétaire n’est pas dans les priorités du nouveau gouvernement allemand, en dépit des idées françaises.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h53
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

A Paris, cela fait presque six mois qu’on attend ce moment. Vendredi 16 mars, le ministre français des finances, Bruno Le Maire, doit s’entretenir pour la première fois avec son nouvel homologue allemand, le social-démocrate Olaf Scholz. Une rencontre est également prévue à Paris entre Emmanuel Macron et Angela Merkel dans les tout prochains jours, en amont du Conseil européen des 22 et 23 mars à Bruxelles. Les négociations avec l’Allemagne pour tenter d’aboutir à une feuille de route commune pour réformer la zone euro vont enfin pouvoir commencer.
Cependant, les ambitions initiales de la France semblent déjà avoir été revues à la baisse. Emmanuel Macron avait exposé ses objectifs pendant sa campagne présidentielle : pour la zone euro, avait-il dit, il faudrait un ministre des finances, un Parlement spécifique et un budget substantiel. Ce dernier devrait atteindre « plusieurs points du produit intérieur brut [PIB] de la zone euro », avait précisé le nouveau président français dans une interview au Point, le 31 août 2017.
L’idée d’un Parlement de la zone euro a été enterrée très vite, dès l’automne 2017. Celle d’un « super-ministre » a pris du plomb dans l’aile à la fin de l’année, quand il s’est agi de choisir un nouveau président de l’Eurogroupe et que les ministres des finances ont préféré désigner l’un des leurs (le Portugais Mario Centeno), plutôt que de faire la révolution et d’élire un président permanent.

Ligne rouge
Quant au budget de la zone euro en tant que tel, même si la chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas fermé la porte, la manière dont les discussions se sont engagées à Bruxelles au cours des dernières semaines à propos du budget de l’ensemble de l’Union européenne (UE), n’augure rien de bon. Les capitales s’écharpent déjà pour savoir comment compenser les 12 à 14 milliards d’euros annuels qui vont manquer du fait du départ des Britanniques, pour un budget commun ne pesant pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Jérôme Batout et l’universitaire Raphaël Gaillard ont comparé les écrits et les parcours du président et du révolutionnaire.
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Emmanuel Macron, Julien Coupat : « l’anarchiste n’est pas toujours celui qu’on croit »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Jérôme Batout et l’universitaire Raphaël Gaillard ont comparé les écrits et les parcours du président et du révolutionnaire.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h12
    |

Jérôme Batout (Philosophe et économiste, conseiller à la rédaction du Débat, Gallimard) et Raphaël Gaillard (Professeur de psychiatrie à l’universi...







                        



                                


                            
Tribune. Nous ne sommes pas qualifiés pour nous exprimer sur le plan juridique au sujet du procès de l’« affaire de Tarnac ». Mais l’ouverture de celui-ci, mardi 13 mars, nous a donné envie de relire L’Insurrection qui vient, publié par un « comité invisible » en 2007, même si, d’après ce que l’on sait, c’est dans un souci d’accusation qu’un lien a été établi entre ce livre et les personnes – notamment Julien Coupat – qui comparaîtront cette semaine devant la justice.

En relisant L’Insurrection, onze ans après, notre intérêt s’est trouvé davantage stimulé par sa portée psychologique que politique. C’est à se demander si l’anarchie, survivance très française de mouvements radicaux des XIXe et XXe siècles, n’est pas devenue une métaphore utile pour saisir un des ressorts de l’individu contemporain, en ce début de XXIe siècle.
« Un dernier conseil : ne respectez jamais les règles. » Ainsi a parlé Emmanuel Macron devant la jeunesse indienne, samedi 10 mars, lors de sa visite officielle à Delhi. Alors qu’on avait écouté, vingt-quatre heures plus tôt, le témoignage articulé de Julien Coupat, dans « Envoyé spécial », il était permis de se demander, en relisant L’Insurrection qui vient et Révolution, le livre publié par Emmanuel Macron fin 2016, qui était l’auteur de quoi.
Sur le plan psychologique, l’anarchiste n’est pas toujours celui que l’on croit, et Pasolini, longtemps avant la montée en puissance d’un capitalisme fondé sur la transgression, observait que « rien n’est plus anarchiste que le pouvoir, puisque le pouvoir fait ce qu’il veut ».
Façonner sa propre norme
Prenons Emmanuel Macron et Julien Coupat, deux personnes que tout oppose évidemment sur le plan politique. Deux hommes nés dans un milieu bourgeois au milieu des années 1970. L’un et l’autre ont un père médecin, et les deux garçons furent en partie éduqués par les jésuites...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Les figures du mouvement s’efforçaient mercredi de défendre auprès de la base leurs négociations avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/03/2018
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Un accord fragile se dessine à Mayotte

Les figures du mouvement s’efforçaient mercredi de défendre auprès de la base leurs négociations avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 21h39
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 11h21
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        



   


Ce mercredi 14 mars était supposé marquer la sortie du mouvement de grèves et de blocages qui paralyse partiellement Mayotte depuis le 20 février. Les dirigeants du collectif et de l’intersyndicale devaient exposer dans la matinée à la population, réunie place de la République, à Mamoudzou, la teneur de l’accord de principe conclu mardi soir avec la ministre des outre-mer, Annick Girardin, au terme de cinq heures de discussion. Et ils devaient proposer la suspension du mouvement et la levée des barrages.
Mercredi matin, arrivés sur le barrage de Tsararano, des figures respectées qui faisaient partie de la délégation ayant négocié la veille au soir, Mahamoud Azihary, Said Hachim, ou encore Salim Alouda, ont été rudement pris à partie par la base. « On n’a plus confiance en vous. Vous étiez allés porter une lettre. Depuis quand on parle à une boîte aux lettres ? On ne veut plus que vous discutiez. On va renforcer tous les barrages », leur ont lancé les barragistes. Avant qu’une discussion ne s’engage non sans peine.
L’issue de cette journée cruciale demeure ainsi bien incertain. Celle de la veille avait pourtant bel et bien constitué un tournant après un début de visite ministérielle bien mal engagé. Jusqu’à ce que les principaux acteurs arrivent enfin à se parler, le « dialogue » invoqué par la ministre des outre-mer semblait rester dans l’impasse. Les mots très durs tenus par le porte-parole du mouvement, Fatihou Ibrahim, à l’arrivée de la délégation, mardi vers 16 h 30, à la résidence du préfet, à l’encontre de Mme Girardin, qualifiée de simple « boîte aux lettres », ne laissaient guère présager un déblocage de la situation.
« Restauration de la confiance »
Cinq heures plus tard, changement de ton. M. Ibrahim salue « des avancées réelles ». La ministre voit dans les engagements qui ont été pris « un message de retour de l’Etat ». De part et d’autre, on se félicite de l’accord de principe auquel ce rendez-vous a permis d’aboutir. « Il n’y a pas de protocole d’accord, précise Mme Girardin. Tout est basé sur la confiance. Mais cela suppose que l’Etat soit au rendez-vous, qu’il tienne ses engagements. » « Nous espérons que l’Etat n’est pas en train de nous mener en bateau, lui répond en écho M. Ibrahim. C’est un travail qui est fait sur la base de la confiance, nous allons juger pendant un mois. »
Le gouvernement et les représentants du mouvement se sont en effet donné un mois, au-delà des mesures d’urgence de renforcement de la sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine déjà actées, pour engager un travail de fond et élaborer un plan de rattrapage et de développement de Mayotte. Celui-ci va être mené par les trois hauts fonctionnaires missionnés par le premier ministre et qui accompagnaient la ministre : l’ancien préfet de Mayotte Jean-Jacques Brot, le conseiller d’Etat Jean Courtial et le général Lambert Lucas.
Les trois missionnaires, qui restent sur place, vont travailler avec l’ensemble des acteurs sur tous les points posés, à partir notamment de la plate-forme de revendications élaborée au cours de la mobilisation. La méthode se veut innovante. « Les propositions de la plate-forme sont intéressantes. Il faut leur donner un cadre juridique, assure Mme Girardin. Il s’agit d’imaginer, avec tous les responsables et avec les Mahorais, comment passer du catalogue de mesures, de l’affichage, à quelque chose qui permette réellement d’avancer. » 
« Le chiffrage sera le fruit du travail mené pendant un mois », confirme M. Ibrahim, pour qui cette période sera « un temps de restauration de la confiance en l’Etat ».
Même discours de la part de M. Brot. « L’objectif est d’abord de restaurer la sécurité et les moyens de lutte contre l’immigration clandestine, analyse le préfet. En un mois, on peut faire des choses spectaculairement efficaces. Le rôle de la mission sera d’accompagner cette période probatoire, d’être en quelque sorte des garants. »
« La discussion a été difficile »
En sus des mesures d’urgence annoncées lundi par Mme Girardin, les élus et les représentants du mouvement ont obtenu l’accord du gouvernement sur une quinzaine de demandes. Au premier rang, la reconnaissance, dans le travail qui va être engagé et y compris en termes de financement, des associations qui luttent contre l’insécurité et l’immigration clandestine. Un point primordial à leurs yeux.

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Parmi les autres demandes acceptées : la sécurisation des écoles et des transports, le démantèlement des bandes qui font régner la terreur à Mayotte, la lutte contre les hébergements de complaisance et les reconnaissances d’enfants de complaisance, le recensement des quartiers illégaux et la création d’un observatoire dédié, la suspension pendant un mois de la délivrance des titres de séjour (hors renouvellement). De leur côté, les maires se sont engagés à ce que l’élection législative partielle des 18 et 25 mars se tienne normalement.
« Il était absolument indispensable de lever les malentendus, notamment sur la méthode et la question du chiffrage », analyse M. Brot.
« La discussion a été difficile, reconnaît M. Ibrahim. Il a fallu d’abord qu’on se comprenne, qu’on se mette sur la même longueur d’onde. Mais il n’y a pas de volonté sans cœur. »
« Quand un ministre met tout sur la table, son cœur, sa sincérité, avec le soutien total du président et du premier ministre, avec lesquels j’ai été en contact constant depuis mon arrivée, les choses forcément avancent, confie Mme Girardin. Autour de cette table, tout le monde avait une volonté de sortir de la crise et avait en tête les risques que faisait peser la situation. Le travail accompli aujourd’hui est une première étape. » Reste à savoir si cette première étape sera validée par la base mobilisée.



                            


                        

                        


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Emmanuel Macron dans l’œil d’Annie Leibovitz

D’habitude très regardant sur son image, le chef de l’Etat a accepté que la célèbre photographe américaine le suive durant plusieurs jours, à l’Elysée mais également lors d’un déplacement en Indre-et-Loire et au Salon du livre



Le Monde
 |    13.03.2018 à 20h38
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 17h08
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


La photographe américaine Annie Leibovitz a suivi Emmanuel Macron durant quelques jours, à l’Elysée mais également lors de certains de ses déplacements, afin d’illustrer un portrait que doit prochainement lui consacrer le magazine anglo-saxon Vanity Fair.
Mardi 13 mars, la célèbre portraitiste des stars a passé plusieurs heures rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans les bureaux et les salles d’apparat de la présidence de la République. Elle s’est notamment amusée, dans le jardin de l’Elysée, à prendre une photo de groupe d’Emmanuel et Brigitte Macron entourés des directeurs des principaux musées de France (Louvre, Orsay, Pompidou, etc.), que le couple présidentiel avait invités à déjeuner.
Selon l’entourage du chef de l’Etat, Annie Leibovitz devrait également accompagner M. Macron lors d’un déplacement en Indre-et-Loire, prévu mercredi 14 et jeudi 15 mars, ainsi que lors de l’inauguration du Salon du livre, à Paris, jeudi soir. « C’est une marque de considération vis-à-vis du talent qu’a démontré Annie Leibovitz tout au long de sa carrière », justifie-t-on à l’Elysée, qui exerce habituellement un contrôle strict sur l’image du président de la République.
« Il séduirait une chaise »
Jusqu’ici, Emmanuel Macron n’avait jamais accepté d’ouvrir grandes les portes de l’Elysée à un photographe. Seule sa portraitiste personnelle, Soazig de La Moissonnière, qui fut la photographe officielle de François Bayrou lors de la campagne présidentielle de 2012 avant de devenir celle de M. Macron en 2016, avait ce privilège. L’agence people Bestimage possède également un accès facilité à l’Elysée.
Néanmoins, ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat accepte d’être suivi par un artiste. Durant la campagne, l’écrivain Philippe Besson, un ami du couple Macron, avait porte ouverte au siège parisien d’En marche !. Le romancier en avait tiré un récit, Un personnage de roman (Julliard, 2017). Lors d’un déplacement à Saint-Martin en septembre 2017, après le passage de l’ouragan Irma, M. Macron avait également convié l’écrivain Emmanuel Carrère. Le romancier en avait tiré un long portrait publié par le quotidien britannique The Guardian, dans lequel il se montrait intrigué par le personnage. « Il séduirait une chaise », y écrivait-il notamment.
Cette autorisation accordée à Annie Leibovitz intervient alors que le président de la République s’en est vertement pris, lors d’une conférence de presse à Bénarès (Inde), lundi, à une journaliste française qui l’interrogeait sur la mise en scène du couple présidentiel lors de sa visite « privée » du Taj Mahal. « Je tiens à vous remercier de l’intérêt de votre question après une visite de trois jours dans un pays comme l’Inde, qui manifeste toute la richesse que vous avez dû tirer de ce déplacement », avait tancé sur un ton très sec M. Macron. Tout le monde n’est pas Annie Leibovitz…

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Laurent Borredon, journaliste au « Monde » et spécialiste du dossier de Tarnac, a répondu à vos questions lors d’un tchat, mardi.
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« L’affaire de Tarnac montre que le système antiterroriste était dysfonctionnel »

Laurent Borredon, journaliste au « Monde » et spécialiste du dossier de Tarnac, a répondu à vos questions lors d’un tchat, mardi.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 19h36
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 21h11
   





                        


D’abord mis en cause pour « terrorisme » en 2008, huit membres du « groupe de Tarnac » comparaissent à partir du mardi 13 mars, à Paris, pour de simples dégradations d’une ligne SNCF et des manifestations violentes, des accusations qu’ils réfutent en dénonçant un procès politique.

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Le Gypaète Glabre : Est-ce qu’il y a des éléments décrédibilisant le rapport de police concernant la présence des inculpés à proximité du lieu du sabotage ferroviaire ?
De nombreux éléments décrédibilisent le rapport de police, le fameux « PV 104 » (car il est coté au numéro 104 dans le dossier d’instruction). Nous les avions ramassés dans deux posts de blog, ici et là. Le trajet décrit est incohérent, tout comme un certain nombre de descriptions. Et, alors que toutes les filatures de Julien Coupat incluses dans le dossier (au moment des sabotages, en novembre 2008, une enquête préliminaire a déjà été ouverte sur ses activités, depuis avril 2008, et il est surveillé de près) sont largement documentées (photo, détails), la seule trace de celle-ci est le fameux PV 104.
PML : On vient d’apprendre que la cour se déplacera sur le site du fameux PV 104 le 23 mars. Que peut-on en attendre ?
Pour m’y être rendu à plusieurs reprises, peut-être les magistrats constateront eux-mêmes l’impossibilité de certaines descriptions. Ceci dit, vu la lourdeur d’un déplacement de la cour, cela risque d’être davantage symbolique.
JeanPiledesCoeurs : La pose des fers sur les voies SNCF est-elle le motif central d’accusation ? Autrement dit : l’« association de malfaiteurs » tient-elle si ceci tombe ?
L’association de malfaiteurs est une infraction très vague. Dans l’ordonnance de renvoi, elle concerne, par exemple, pour Julien Coupat, le fait d’avoir préparé des délits « aux Etats-Unis, au Canada, en Allemagne, en Grèce et sur le territoire national et notamment à Vichy, Tarnac, Paris et Dhuisy [lieu du sabotage] ». Donc il pourrait tout à fait être exonéré de la pose des fers et être condamné pour association de malfaiteurs.
Lou : Vous dites qu’ils seraient susceptibles d’être condamnés pour association de malfaiteurs, encore faudrait-il qu’un mal soit fait et leur soit directement lié, non ?
Non, il suffit de dire qu’ils ont participé à des réunions préparant des manifestations violentes, qu’ils avaient de la littérature insurrectionnelle sur leurs étagères et qu’ils étaient à tel ou tel contre-sommet du G20 et de l’OTAN, et le tour est joué.
Charles : Si je ne me trompe pas, l’association de malfaiteurs ne concerne qu’une partie des prévenus, quelles sont les charges contre les autres ?
Deux d’entre eux sont poursuivis uniquement pour refus de prélèvement biologique (ADN) lors de leur garde à vue. C’est-à-dire qu’ils ont été interpellés, que la justice n’a rien trouvé contre eux, mais qu’ils sont poursuivis pour avoir refusé de donner leur ADN lors de cette garde à vue. Un ADN récolté par les policiers à leur insu de toute façon.
Deux autres sont poursuivis pour des soupçons de faux documents découverts dans un appartement lors d’une perquisition (attestations Assedic, cartes d’identité déclarées volées et factures EDF vierges).
Candide : Quelle est la nuance entre terroriste et malfaiteur ?
Cela a été l’objet de longs débats durant l’instruction et à son issue. L’article 421-1 du Code pénal stipule que « constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur »… Puis il liste des délits et des crimes. La juge d’instruction a estimé que les faits n’entraient pas dans ce cadre.
Perplexe : Ce type de sabotage a-t-il déjà ou aurait-il pu tuer des passagers ?
Non, en aucun cas.
Jhujhul : Le dossier contient-il des preuves de la culpabilité des huit membres du groupe ? Ou bien tout a été inventé par les policiers ?
La question, c’est culpabilité de quoi ? Concernant le sabotage de Dhuisy, il y a le procès-verbal de surveillance, et une théorie sur l’usage de tubes de plomberie en PVC. Sur la contre-manifestation à Vichy, il y a la preuve que les prévenus ont participé à l’événement – ce qui n’est pas un délit en soi – mais pas forcément qu’ils ont commis des délits lors de la manifestation. Sur l’association de malfaiteurs, une fois de plus, l’incrimination est tellement vague, qu’elle requiert à peine des preuves.
BD : Vous et vos confrères parlez d’un fiasco judiciaire. A croire qu’un complot fou serait à l’origine de tout cela. Cette histoire ne serait-elle pas, en réalité, une banale histoire de policiers paresseux de bien faire le travail ? (Ce qui reste honteux !)
C’est un peu plus que ça, dans la mesure où il s’agit d’une enquête sur pression politique (une pression qui s’affichait de manière assez ouverte), qu’elle a fleuri grâce à des magistrats qui se sont embarqués dedans sans jamais rien remettre en question (sauf la dernière juge d’instruction, Jeanne Duyé). Et surtout, il s’agit des mêmes unités et services qui ont eu à gérer par la suite les « vrais » terroristes, ceux qui ont fait 250 morts en France de 2012 à 2018.
Tatosan : Le traitement par « Le Monde » de l’affaire a-t-il toujours été « objectif » ? N’a-t-il pas succombé, dans un premier temps, à la tentative de manipulation politico-policière ?
Personne n’est parfait, et ce type d’affaire pose un souci de traitement dans les premières heures ou jours : les seules « sources » sont policières, judiciaires, voire politiques. Les gardés à vue sont en garde à vue, et leurs avocats ont autre chose à faire que de répondre aux médias.
Donc il y a une nécessité de prudence dans l’écriture et la présentation des sources et des éléments à charge qu’elles peuvent citer. Mais on ne peut pas, en tout cas, quand on est un journal et un site d’information, ne pas traiter d’un dossier comme celui-ci. Ce ne serait d’ailleurs pas rendre service aux personnes potentiellement accusées à tort, qui le seraient ainsi en silence.
Dans les premières heures et les premiers jours de l’affaire de Tarnac, nous avons donc fait, et bien fait, ce travail, rétrospectivement (en l’occurrence, je précise que ce n’était pas moi).
Gugus : L’ancienneté des faits supposés et l’évolution politique du pays risquent-elles de reléguer ce procès à l’anecdote d’une certaine présidence ?  C’est une possibilité, surtout maintenant que la dimension terroriste a été évacuée. Ceci dit, ZAD et manifestations anti-loi travail aidant, le spectre d’une « menace de l’ultra-gauche » est toujours agité par les politiques et pas mal de médias – avec parfois même encore le nom de Julien Coupat en tête d’affiche.
Crochet : Pensez-vous que la vérité va sortir de ce procès (donc l’innocence des accusés) ? Ou bien faut-il craindre une justice peu regardante sur les preuves ?  Grâce à l’association de malfaiteurs, la justice peut ne pas être très regardante sur les preuves. Prenons un exemple récent, le procès d’Abdelkader Merah. Il était poursuivi pour complicité concernant les crimes de son frère. Mais l’enquête n’avait pas réellement permis de mettre au jour des éléments de preuve, indispensables pour établir la complicité. Il a donc été innocenté sur ce volet. En revanche, il a été condamné pour association de malfaiteurs.
Joe6pack : Ne pensez-vous pas que la DCRI, ce super FBI français créé par Sarkozy sur mesure pour son allié Squarcini, était trop occupée à traquer des Julien Coupat au lieu de surveiller sérieusement des Mohamed Merah ?
C’est un peu plus compliqué. Si la DCRI n’avait pas surveillé (et ne surveillait pas) Julien Coupat, elle n’aurait pas attrapé pour autant Mohamed Merah, qu’elle a laissé filer en raison d’une erreur d’appréciation. En revanche, l’affaire de Tarnac montre que le système antiterroriste (renseignement et judiciaire) était dysfonctionnel et incapable de tirer les leçons de ses erreurs avant la vague d’attentats meurtriers qui ont touché la France. Ce qui s’est tragiquement confirmé par la suite.
Krimssone : Si ma mémoire est bonne, cette affaire n’avait-elle pas été gonflée par les rivalités des services de sécurité de l’Etat et par Michèle Alliot-Marie pour son profit et se faire mousser ? Je lis qu’elle ne viendra pas, ni Squarcini. Les magistrats ont-ils l’intention de les entendre ?
Pas pour l’instant, mais le tribunal se réserve cette possibilité, sous réserve que cela soit utile à la manifestation de la vérité. C’est peu probable, tant cela orienterait l’audience dans une direction très politique.
Archie : Y a-t-il la moindre chance qu’une enquête ait lieu sur les manipulations auxquelles se sont livrés la police et le renseignement ? Une commission d’enquête parlementaire ?
Les mis en examen ont engagé des procédures pour faux, mais elles n’ont pas abouti. Politiquement, certains membres du Parti socialiste, dont François Hollande, ont pris la défense des mis en examen à l’époque, mais sans aller jusqu’à la commission d’enquête. Et puis ensuite, ils sont arrivés au pouvoir. Et maintenant…
Benatt : Il y a bien eu un crochet sur une caténaire : si ce n’est pas Julien Coupat, ce seraient d’autres « malfaiteurs » ?
C’est une question à laquelle l’enquête policière ne s’est pas du tout intéressée. D’autant plus que trois autres sabotages ont eu lieu simultanément ailleurs en France et étaient donc coordonnés. Mais il n’y a jamais vraiment eu d’enquête sur ceux-là.
Paul Ricard : Si ce ne sont pas eux qui ont fait le coup, qui l’a fait ?
Les sabotages ont été revendiqués par des antinucléaires allemands, qui avaient déjà utilisé cette technique par le passé, d’ailleurs. La piste n’a jamais été creusée.
Papa Nurge : Ce procès va-t-il être aussi celui des enquêteurs, lesquels ont notamment fait l’impasse sur cette piste des antinucléaires allemands ?
Les enquêteurs viennent d’obtenir le droit d’être entendus anonymement… donc la défense va essayer, mais ça ne va pas être évident.
Benatt : Combien de temps Julien Coupat et son ex-compagne ont-ils passé en prison ?
Six mois pour Julien Coupat, deux mois pour Yildune Lévy.
Punknotdead : Y a-t-il un risque que Yildune Lévy charge son ex-compagnon pour se dédouaner ?
Non.
Bboy22 : Dix ans pour juger cette affaire… Ce n’est pas un peu long ?
D’autant plus que certaines années, quasiment aucun acte d’enquête n’a été effectué, et que cela fait quatre ans que l’instruction elle-même est achevée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Depuis plus d’un an, l’état-major fait l’objet d’accusations d’irrégularité sur ses marchés d’affrètement aérien pour les opérations extérieures.
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Transport militaire : mise en cause, l’armée répond pour la première fois

Depuis plus d’un an, l’état-major fait l’objet d’accusations d’irrégularité sur ses marchés d’affrètement aérien pour les opérations extérieures.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h29
    |

            Nathalie Guibert








                        


L’état-major des armées a répondu pour la première fois, samedi 10 mars, aux accusations d’irrégularités dont il fait l’objet depuis plus d’un an sur ses marchés d’affrètement aérien des opérations extérieures. Sa réponse s’adresse à un article de l’émission « Secrets d’info » de France Inter, publié samedi, qui a utilisé des documents anonymes mettant en cause nommément plusieurs officiers du centre des soutiens des opérations.
Avant cette publication, la ministre des armées, Florence Parly, avait brièvement répondu lors de son passage à l’antenne, le 9 février, que la société prestataire mise en cause depuis plusieurs mois, ICS, n’était plus titulaire du marché des avions gros-porteurs concernés. Faute de posséder des appareils, l’armée française loue à prix d’or des avions-cargos Antonov ou Illiouchine, ukrainiens et russes pour l’essentiel.
Sollicité par Le Monde à plusieurs reprises sur ce dossier, pour lequel nous avions révélé en octobre 2017 l’ouverture d’une enquête du Parquet national financier, suivie de perquisitions, le ministère avait jusque-là gardé le silence. Les investigations portent notamment sur des faits de favoritisme. Depuis 2016, la Cour des comptes, la commission des finances de l’Assemblée nationale, puis le contrôle général des armées, ont produit des rapports sur le sujet.

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« La société ICS n’est plus en contrat avec les armées à titre exclusif, le marché d’affrètement d’avions-cargos n’ayant pas été reconduit [en novembre 2017] », écrit le porte-parole de l’état-major, le colonel Patrick Steiger. Mais, précise-t-il, elle est toujours dans la liste des prestataires de la défense pour l’affrètement aérien et maritime en urgence. Le colonel indique : « Il appartient à la justice d’enquêter et de juger, c’est pourquoi la ministre a décidé d’enclencher une procédure au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. »
« Critiques non consolidées »
L’ancien ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a lui aussi répondu, par mail, à France Inter. « Le sujet a été instruit par mon cabinet et mes services bien avant la publication des rapports », affirme-t-il en évoquant des « alertes » émanant de « prestataires divers ». Selon lui, « vingt-trois marchés de transport stratégique ont été passés et exécutés sans difficultés ni irrégularités. Un seul marché, pointé du doigt par [le député] François Cornut-Gentille fait l’objet de critiques non consolidées ».
L’élu Les Républicains a réagi par une lettre adressée mardi 13 mars à M. Le Drian, en s’étonnant que le ministre ne l’ait pas informé des travaux ainsi menés en interne au moment où il réalisait son contrôle parlementaire. « Je note que le contrôle général des armées n’a été saisi qu’à l’automne 2017 par votre successeur », ajoute-t-il.



                            


                        

                        

