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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Si l’idée du démantèlement du géant du Net peut séduire par son caractère spectaculaire, mieux vaut plutôt se concentrer sur les véritables enjeux, explique l’avocat Michel Roseau, dans une tribune au « Monde ».
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« A partir de quel moment une entreprise comme Google entrave-t-elle la concurrence ? »

Si l’idée du démantèlement du géant du Net peut séduire par son caractère spectaculaire, mieux vaut plutôt se concentrer sur les véritables enjeux, explique l’avocat Michel Roseau, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h00
    |

Michel Roseau (Avocat en droit de la concurrence et professeur de droit européen à l’université Paris-II-Panthéon Assas)







                        



                                


                            
Tribune. L’Autorité de la concurrence a publié, mardi 6 mars, les résultats de l’enquête sectorielle qu’elle a lancée en mai 2016, portant sur la situation concurrentielle du secteur de la publicité sur internet et l’importance de l’exploitation des données. Le fil rouge de cette enquête peut se résumer ainsi : le marché de la publicité en ligne dysfonctionne du fait de l’existence d’un duopole Google - Facebook. La réaction de certains commentateurs, avides de sensationnalisme, mais visiblement peu au fait de la technicité du droit de la concurrence, a été très vive. Elle a été jusqu’à demander rien de moins que le démantèlement de Google.
Il paraît absurde de substituer lamain trop visible d’une autorité de concurrence – aussi qualifiée soit-elle – à la main invisible du marché
Si une telle idée peut séduire par son caractère spectaculaire, elle n’a rien d’original. Depuis que la régulation antitrust est née aux Etats-Unis avec le Sherman Act de 1890, que d’aucuns appellent la « Constitution économique américaine », le démantèlement de la Standard Oil en trente-quatre sociétés, prononcé en 1911, est une référence totémique en matière de régulation de l’économie par le droit de la concurrence. Elle ressurgit de loin en loin, comme ce fut le cas le 27 novembre 2014 quand une résolution du Parlement européen, sans valeur juridique, demanda déjà le démantèlement de Google. En la matière, au-delà du sensationnalisme, plusieurs questions épineuses, d’ordre juridique et économique, se posent.
Au plan juridique, il convient d’observer que la tentative de l’Autorité de la concurrence de se doter en 2015 d’un pouvoir d’injonction structurelle, certes limité au secteur du commerce de détail, mais incluant la possibilité d’ordonner des cessions d’actifs à un opérateur en position dominante sans caractérisation préalable d’un abus de marché, s’est heurtée à la censure du Conseil constitutionnel.
Dans le cadre de l’examen de la loi du 10 juillet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le gouvernement a présenté mercredi son « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ». Les syndicats de cheminots se retrouvent jeudi pour définir leur action.
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Réforme de la SNCF : les syndicats sont prêts « au bras de fer »

Le gouvernement a présenté mercredi son « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire ». Les syndicats de cheminots se retrouvent jeudi pour définir leur action.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h00
   





                        



   


Les syndicats de cheminots ont unanimement dénoncé le projet de loi permettant le recours à des ordonnances pour réformer la SNCF, présenté mercredi 14 mars en conseil des ministres. Cette réforme n’est en rien une surprise, et la réaction des syndicats ne l’est pas plus. L’UNSA est prête « au bras de fer », SUD Rail veut « une grève reconductible et dure » et la CFDT prévoit « une mobilisation des cheminots ».

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                SNCF : le gouvernement lance sa réforme par ordonnances



« On va vers un bras de fer, c’est clair, a prévenu Roger Dillenseger, secrétaire général de l’UNSA, deuxième syndicat à la SNCF. La balle était dans le camp du gouvernement. Ce projet de loi montre son approche contradictoire entre une volonté d’échanges affichée et la réalité du texte. »
Le texte présenté en conseil des ministres mercredi « montre bien qu’on n’est pas dans une concertation mais dans une explication de texte. Le gouvernement veut passer en force », a dénoncé auprès de l’AFP Erik Meyer, porte-parole de SUD Rail. Le 3e syndicat cheminot souhaite « une grève reconductible et dure face à un gouvernement dur et inflexible ».
La CFDT note que « pas une virgule n’a été modifiée entre les premières annonces et le projet de loi ». « On va droit dans le mur avec une telle méthode. Cela va durcir les positions. Les réunions de concertation sont stériles. On va réellement vers une mobilisation des cheminots. Ce ne sera pas une grève corporatiste mais pour défendre le ferroviaire », a déclaré Didier Aubert, son secrétaire général.
« On va droit dans le mur »
Une réunion intersyndicale est prévue jeudi afin de « faire un point sur la manifestation nationale du 22 mars », a dit M. Aubert. Et « on va certainement définir un calendrier d’appel à la grève », a-t-il ajouté.
« L’objectif est clairement pour nous de sortir avec une date » de démarrage d’une grève, quitte à se revoir pour « fixer les modalités du mouvement », a dit M. Meyer. La CGT Cheminots (1er syndicat) avait dit mardi, après avoir rencontré le premier ministre, Edouard Philippe, que l’intersyndicale pourrait décider « une grève reconductible par période de vingt-quatre heures ou sous une autre forme ».

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                La contre-réforme ferroviaire de la CGT en sept propositions clés



SUD Rail a déjà déposé seul un préavis de grève mais uniquement pour permettre aux cheminots de participer à la manifestation nationale organisée à Paris le 22 mars à l’appel de la CGT Cheminots, rejointe par les trois autres syndicats représentatifs et par FO.
Le projet de loi doit être débattu en avril à l’Assemblée nationale et en mai au Sénat. Il prévoit notamment « l’arrêt des recrutements au statut (de cheminot) des nouveaux agents », ce qui est considéré par les syndicats comme un casus belli.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste José Antonio Ocampo explique que la manière la plus juste d’imposer les bénéfices des sociétés consiste à traiter les multinationales en tant que sociétés uniques faisant des affaires à travers les frontières internationales.
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« Taxer l’activité réelle des multinationales dans chaque pays »

Dans cette chronique, l’économiste José Antonio Ocampo explique que la manière la plus juste d’imposer les bénéfices des sociétés consiste à traiter les multinationales en tant que sociétés uniques faisant des affaires à travers les frontières internationales.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h00
    |

José Antonio Ocampo (Professeur à l’université Columbia (New York), directeur du Comité des politiques  de développement dépendant du Conseil écono...







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Ces dernières années, les fuites de documents comme les « Panama Papers » et les « Paradise Papers » ont dévoilé les dessous obscurs de la mondialisation et provoqué des dénonciations de l’évasion fiscale de la part de citoyens du monde entier. Le plus choquant est que ces pratiques sont légales. Quand les multinationales créent des filiales, celles-ci sont considérées comme des entreprises légalement indépendantes. Une société mère peut ensuite fixer les prix des transactions entre ses filiales pour enregistrer ses bénéfices dans des pays à faible taux d’imposition, plutôt que dans les pays où l’activité économique initiale s’est réellement produite.
Maintenant que les états-Unis ont réduit leur taux de 35 % à 21 %, le nivellement par le bas va probablement s’intensifier
Ce système du « prix de transfert » alimente la concurrence entre les pays, qui ont revu à la baisse leurs taux d’impôt sur les sociétés. Maintenant que les Etats-Unis ont réduit leur taux de 35 % à 21 %, le nivellement par le bas va probablement s’intensifier. En Inde, au Mexique, au Brésil et dans d’autres pays en voie de développement, les politiciens appellent déjà à des réductions d’impôts afin de rester compétitifs, d’attirer les investissements étrangers, de créer ou de sauver des emplois.
Tous les pays ont le droit de s’assurer qu’ils sont compétitifs au sein de l’économie mondiale. Ils peuvent y parvenir de plusieurs manières, notamment en investissant dans l’éducation, en finançant la recherche scientifique et technologique et en construisant des infrastructures efficaces. Mais la concurrence fiscale n’est pas la voie à suivre, notamment parce qu’elle réduit les revenus nécessaires pour réaliser de tels investissements, en particulier dans les pays en développement qui, selon un rapport du Fonds monétaire international de 2015, perdent plus de 200 milliards de dollars par an en raison de l’évasion fiscale des multinationales.
Arrêter le...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Un collectif d’associations d’usagers, de syndicats de cheminots et d’élus locaux appelle, dans une tribune au « Monde », le gouvernement à ne pas sacrifier les « petites » lignes sur l’autel de la réforme de la SNCF.
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« Réserver le ferroviaire aux seules grandes villes ne ferait que créer de nouveaux territoires abandonnés de la République »

Un collectif d’associations d’usagers, de syndicats de cheminots et d’élus locaux appelle, dans une tribune au « Monde », le gouvernement à ne pas sacrifier les « petites » lignes sur l’autel de la réforme de la SNCF.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Il n’y a pas plus de « petites lignes » que de petits territoires. Les lignes ferroviaires de proximité, comme les autres, sont une réponse évidente aux besoins de mobilité et à la pollution grandissante. L’Etat, avec les collectivités, doit les entretenir et les redynamiser. Pourtant, le manque d’investissements dans la régénération du réseau ferroviaire menace aujourd’hui de fermeture environ 9 000 km de lignes, dites « petites ». Comment ce terme aussi méprisant a-­t-­il pu s’imposer ? La Creuse est-elle un « petit » territoire ? Un seul exemple : la gare de Veynes (Hautes-Alpes), cœur de l’étoile ferroviaire du même nom, voit circuler vingt-neuf trains par jour. Est-ce « petit » ? Et l’une de ses branches, la ligne Grenoble - ­Gap, compte un millier de voyageurs quotidiens.
Au total, cent trente et une lignes sont sur la sellette
Mais la SNCF a l’art d’accuser son chien d’avoir la rage : dans sa communication habituelle, elle avançait un chiffre de moitié inférieur. Résultat, cette ligne est désormais menacée de fermeture à court terme. Au total, cent trente et une lignes sont sur la sellette. Si elles ne sont pas les plus fréquentées – personne ne le conteste –, ces lignes, le plus souvent rurales mais parfois urbaines, sont des lignes de proximité, tout simplement.
Le gouvernement est grand prince : « On ne décide pas de la fermeture de 9 000 km de lignes depuis Paris. » Même le rapport Spinetta ne le préconisait pas ; alors, pourquoi s’en défend-il ? Dans les faits, l’équation est simple. L’Etat assure que les engagements déjà pris, à hauteur de 1,5 milliard d’euros dans le cadre des contrats de plan Etat-­région (CPER), « seront tenus ». Mais comme la ministre des transports, Elisabeth Borne, l’a reconnu devant le Sénat, « il apparaît aujourd’hui clairement que cette somme ne sera pas suffisante ». Dès lors, il ne reste plus au gouvernement qu’à transmettre la patate chaude aux régions.
Le...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le PDG d’Havas Village France Raphaël de Andréis estime que les agences de communication restent indispensables aux annonceurs pour s’orienter dans la complexité croissante des algorithmes et du data.
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« C’est sur l’équilibre entre “data analyse” et algorithmes que repose toute la valeur ajoutée des agences médias modernes »

Dans une tribune au « Monde », le PDG d’Havas Village France Raphaël de Andréis estime que les agences de communication restent indispensables aux annonceurs pour s’orienter dans la complexité croissante des algorithmes et du data.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h47
    |

Raphaël de Andréis (Président de l’Union  des  entreprises de conseil   et achat média et PDG   d’Havas Village France)







                        



                                


                            
Tribune. Vous êtes en train de lire Le Monde, c’est à peu près ma seule certitude. Etes-vous en train de le lire sur papier ? Sur ordinateur, tablette ou mobile ? Via Twitter, Facebook, Google peut-être ? Comme Le Monde, les grands médias modernes ont muté de façon vertigineuse ces dernières années. Nouvelles temporalités, nouveaux supports, nouvelles technologies, nouvelles écritures… ils ont dû tout repenser pour conserver leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs.
demain, les assistants personnels détermineront les contenus que nous consommerons
Si l’essor du numérique a permis de réinventer notre façon de consommer les médias, il a aussi complètement reconfiguré la chaîne de valeur des médias – annonceurs, agences de communication, éditeurs et producteurs de contenu – et y a introduit les GAFA (géants du Web), qui ont de toute évidence créé de nouveaux rapports de force en son sein.
Il est aujourd’hui impératif de trouver un modèle économique pérenne pour l’ensemble des acteurs de cette chaîne de valeur quand, demain, ce seront les assistants personnels qui détermineront les contenus que nous consommerons grâce à une utilisation de plus en plus grande des données.
Partie émergée de l’iceberg
Cette complexité infinie des usages des médias, matérialisée par la masse vertigineuse des data (données informatiques) et l’automatisation des actions, n’est que la partie émergée de l’iceberg auquel les marques et les annonceurs sont confrontés pour, eux aussi, toucher leurs consommateurs. La connexion entre les marques et les médias était jusqu’ici le cœur de métier des agences. Mais en a-t-on encore besoin ?
il faut de plus en plus créer des algorithmes capables d’unifier, et donc simplifier, des sources de données très hétérogènes
Le rôle des agences est d’aider les marques à dominer et à tirer profit de cette complexité, qui contient des menaces mais aussi beaucoup d’opportunités. Concrètement, notre plus-value...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Deux millions de Français souffriraient, sans le savoir, de cette maladie bronchique grave, parfois mortelle. Plusieurs experts demandent, dans une tribune au « Monde », la déclaration de l’état d’urgence sanitaire.
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Il faut « faire de la broncho-pneumopathie chronique obstructive une priorité de santé publique »

Deux millions de Français souffriraient, sans le savoir, de cette maladie bronchique grave, parfois mortelle. Plusieurs experts demandent, dans une tribune au « Monde », la déclaration de l’état d’urgence sanitaire.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h40
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La hausse sans précédent du prix du paquet de cigarettes, entrée en vigueur le 1er mars, a été l’occasion de mettre sur le devant de la scène, outre le cancer du poumon, une des conséquences les plus graves du tabac : la BPCO, appelée également broncho-pneumopathie chronique obstructive.
Malgré sa fréquence – 8 % de la population de plus de 40 ans atteinte en France – et ses impacts sur les malades et la collectivité, cette pathologie chronique touchant les bronches est peu ­familière pour la plupart des Français. Elle est souvent assimilée à une simple « toux du fumeur », alors que 20 % des cas sont dus à d’autres facteurs, notamment les expositions à des poussières ou à des produits chimiques, liées à ­l’activité professionnelle.
La BPCO est une maladie grave, voire mortelle sans prise en charge précoce et adaptée. En France, pour la seule ­année 2014, elle a tué près de 18 000 personnes, soit environ cinq fois plus que les accidents de la route. Elle peut être responsable d’un handicap invalidant, d’une réelle souffrance respiratoire, même sans attendre les stades les plus sévères.
En France, en 2014, elle a tué près de 18 000 personnes, soit cinq fois plus que les accidents de la route
Les défis de la BPCO sont immenses au regard de l’impact de la maladie en France. Sur le plan du diagnostic, 30 % des cas au mieux, 10 % au pire, sont diagnostiqués à ce jour, souvent à un stade tardif, par exemple durant une hospitalisation. Au moins deux millions de Français sont des malades BPCO qui s’ignorent.
Les causes en sont connues : la BPCO et ses symptômes (essoufflement à l’effort, toux, expectoration, bronchites répétées) sont largement ignorés ou sous-estimés du grand ­public, ce qui complexifie l’auto­repérage de la maladie. Les professionnels de santé dits « de première ligne » sont peu familiarisés aux stratégies de détection de la pathologie, faute d’incitations et de formations suffisantes.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Juan Pappier, expert de l’ONG Human Rights Watch, rappelle dans une tribune au « Monde » que l’adhésion de la Colombie à l’OCDE doit être conditionnée à la lutte du gouvernement contre les inégalités et la pauvreté, qui affectent en particulier les Wayuu, dans la région de La Guajira.
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« Le processus d’adhésion de la Colombie à l’OCDE doit être l’occasion de secourir les populations indigènes en détresse »

Juan Pappier, expert de l’ONG Human Rights Watch, rappelle dans une tribune au « Monde » que l’adhésion de la Colombie à l’OCDE doit être conditionnée à la lutte du gouvernement contre les inégalités et la pauvreté, qui affectent en particulier les Wayuu, dans la région de La Guajira.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h25
    |

Juan Pappier (Chercheur spécialiste des Amériques pour Human Rights Watch)







                        



                                


                            

Tribune. Dans les prochaines semaines, le président de la Colombie Juan Manuel Santos pourrait concrétiser l’une de ses plus anciennes ambitions : que son pays soit admis comme Etat membre au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le 22 mars, le Comité des affaires du travail et sociales de l’OCDE débattra de la question, car cette prestigieuse organisation internationale, qui regroupe principalement des pays à revenu élevé, promeut des politiques visant à améliorer le bien-être des populations mondiales sur les plans économique et social.
La Colombie est un pays marqué par de profondes inégalités, comme j’ai pu le constater en me rendant sur place à maintes reprises pour Human Rights Watch. Le contraste n’est peut-être nulle part aussi saisissant que dans la région de La Guajira, à l’extrême nord du pays, où sévit une crise alimentaire qui n’a que trop duré et qui était largement évitable.

Dans cette province, les Wayuu, le plus grand peuple indigène du pays, souffre de malnutrition aiguë, aggravée voire provoquée par de graves dysfonctionnements en termes de gouvernance. L’accès limité à l’eau et aux vivres a déjà coûté la vie à des dizaines d’enfants.
Beaucoup pleuraient
Il y a vingt ans, beaucoup estimaient que la Colombie risquait de devenir un Etat défaillant. Les progrès accomplis depuis, notamment la fin de la guerre contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), sont indéniablement impressionnants. Pourtant, dans des régions comme La Guajira, les gens se sentent abandonnés par leur propre gouvernement.
Lors de ma première visite à La Guajira en août 2016, Jorge, un professeur âgé de 32 ans, enseignait dans une « école » faite de quatre poteaux, d’un vieux tableau noir et de caisses de bière en guise de chaises. Ses élèves arrivaient en retard parce que le puits de leur communauté s’était asséché et qu’ils avaient dû se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. La chancelière allemande fait face à un environnement plus hostile que jamais. Elle est désormais à la tête d’un gouvernement qui a fait de la « relance de l’Europe » sa priorité.
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Angela Merkel n’a d’autre choix que de s’appuyer sur la France

Editorial. La chancelière allemande fait face à un environnement plus hostile que jamais. Elle est désormais à la tête d’un gouvernement qui a fait de la « relance de l’Europe » sa priorité.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 12h06
   





                        


Editorial du « Monde ». Enfin ! Près de six mois après les élections générales, Angela Merkel va être de nouveau élue chancelière mercredi 14 mars par une majorité de députés allemands. Dans une Europe où chaque élection, de la Grande-Bretagne à l’Italie en passant par la France ou l’Autriche, ressemble désormais à un jeu de chamboule-tout, l’Allemagne fait figure d’exception.

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                Allemagne : après six mois de négociations, Angela Merkel réélue chancelière



Si de nouveaux visages, bienvenus, y font leur apparition, le quatrième gouvernement présidé par Angela Merkel ne diffère pas fondamentalement des grandes coalitions précédentes, formées par les conservateurs et les sociaux-démocrates en 2005 et en 2013. On peut bien entendu se féliciter de cette stabilité de la principale économie de la zone euro. De même, Emmanuel Macron ne peut que se réjouir d’avoir à Berlin des interlocuteurs plus sensibles à ses thèses que ne l’aurait été une coalition formée par la CDU, les Verts et les libéraux du FDP, comme cela a été tenté initialement à l’automne 2017.
Mais la stabilité allemande ne doit pas faire illusion. Les vingt-cinq semaines nécessaires à Angela Merkel pour former un gouvernement – un record – tout comme la présence massive du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Bundestag montrent que le pays est moins stable qu’il n’y paraît. Or les défis qui attendent « Merkel IV » sont au moins aussi grands que ceux des années précédentes.
Un monde plus protectionniste
Certes l’euro n’est plus en danger comme en 2009 mais, entre la montée des eurosceptiques et des populistes en Europe, le renforcement de régimes autoritaires en Chine, en Russie et en Turquie et la menace d’une guerre commerciale lancée par les Etats-Unis, Angela Merkel fait face à un environnement plus hostile que jamais.
Elle qui a longtemps cru, comme une majorité de ses compatriotes, que le commerce était le plus sûr moyen de rapprocher les peuples et que Washington était le partenaire sur lequel la démocratie allemande était sûre de pouvoir compter en toutes circonstances doit réviser tous ses schémas de pensée. A son corps défendant, l’Allemagne va devoir s’adapter à un monde plus protectionniste et augmenter son budget militaire.
Dans ce contexte, elle n’a d’autre choix que de s’appuyer sur la France. Mais Berlin ne sera pas pour Paris un partenaire facile. Entre des conservateurs allemands hostiles à davantage de solidarité financière avec le reste de la zone euro et des sociaux-démocrates très réservés sur la défense européenne, Emmanuel Macron va vite devoir reconnaître que l’union est un combat.

        Lire aussi :
         

                Angela Merkel veut « redonner une voix forte » à l’Allemagne au sein de l’UE



Déjà en février, les conservateurs allemands n’ont pas soutenu son idée de créer des listes transnationales lors des élections européennes de 2019, infligeant au président français un revers symbolique de bien mauvais augure. Désormais à la tête d’un gouvernement qui a fait de la « relance de l’Europe » sa priorité, Angela Merkel ne peut pourtant plus tergiverser. Il y va de son intérêt, mais aussi de celui de l’Union européenne. Pour la chancelière, il s’agit maintenant de ne pas rater sa sortie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’écrivaine et poète Nathalie Quintane explique comment l’« affaire de Tarnac » a changé son rapport à l’écriture et pourquoi les révolutions littéraires et politiques peuvent se mêler.
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Nathalie Quintane : « Une partie de l’extrême gauche lit davantage de littérature »

Dans un entretien au « Monde », l’écrivaine et poète Nathalie Quintane explique comment l’« affaire de Tarnac » a changé son rapport à l’écriture et pourquoi les révolutions littéraires et politiques peuvent se mêler.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 09h58
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h22
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Professeure de lettres au collège, à Digne-les-Bains, Nathalie Quintane est poète et écrivain. Auteure de Que faire des classes moyennes ? (P.O.L, 2016), attachée à la recherche formelle de la poésie contemporaine comme à l’ironie politique et sociale, elle a récemment publié Ultra-Proust (La Fabrique) et publiera en mai Un œil en moins, aux éditions P.O.L. Collaboratrice occasionnelle du site Lundimatin, Nathalie Quintane revient sur les liens que la gauche libertaire et révolutionnaire entretient avec la production littéraire.

En quoi l’« affaire de Tarnac » a-t-elle été un tournant et a-t-elle déclenché un changement dans votre rapport à la littérature et à l’écriture ?
Disons que le réel n’était soudain plus seulement « un effet » à vocation esthétique. Le gouvernement de l’époque a commencé à radicaliser son rapport à la contestation politique — l’affaire de Tarnac est emblématique de ce changement, un changement assez brutal.
« L’histoire des avant-gardes historiques en poésie et l’influence qu’elles ont exercée a toujours été minimisée, en France »
Mon ouvrage Tomates, paru en 2010, ne fait que prendre en compte l’irruption de cette brutalité dans des vies a priori plutôt tranquilles (en tout cas, la mienne), en essayant de comprendre en quelque sorte ce qui m’avait échappé jusque-là, ce que j’avais oublié, et dont je ne savais même pas que c’était oublié à un point tel qu’il me faudrait, par l’écriture, le retrouver : une généalogie effacée à gauche, terriblement marginalisée, relativisée ou réduite (l’anti-franquisme, Mai 68 et ses suites, par exemple).
Etant poète, j’étais forcément sensible à cette marginalisation et à cet effacement. L’histoire des avant-gardes historiques en poésie et l’influence qu’elles ont exercée a toujours été minimisée, en France. Le travail de rappel et de reprise doit y être constant. Il m’a semblé qu’il fallait entreprendre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La mise en orbite de Starman, il y a un mois environ, a ouvert la voie aux projets de grandes ampleurs d’Elon Musk, qui veut faire de l’humanité une espèce multiplanétaire pour assurer sa pérennité.
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Où nous conduit ce roadster rouge cosmique ?

La mise en orbite de Starman, il y a un mois environ, a ouvert la voie aux projets de grandes ampleurs d’Elon Musk, qui veut faire de l’humanité une espèce multiplanétaire pour assurer sa pérennité.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 12h04
    |

                            Roland Lehoucq (Astrophysicien, Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives)








                        



Screams and cheers erupted at Cape Canaveral, Florida as the massive rocket fired its 27 engines and rumbled into the blue sky over the same NASA launchpad that served as a base for the US missions to Moon four decades ago. / AFP PHOTO / SPACEX / HO / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / SPACEX" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

                                Screams and cheers erupted at Cape Canaveral, Florida as the massive rocket fired its 27 engines and rumbled into the blue sky over the same NASA launchpad that served as a base for the US missions to Moon four decades ago. / AFP PHOTO / SPACEX / HO / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / SPACEX" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS




                            
Carte blanche. En 1981, la première scène du film d’animation de science-fiction Heavy Metal [Métal Hurlant en français] fascina ses spectateurs : une Corvette décapotable blanche, pilotée par un personnage en combinaison d’astronaute, sortait de la soute d’une ­navette spatiale avant de se précipiter vers la Terre au rythme endiablé de Radar Rider des Riggs. Cela n’avait aucun sens, c’était physiquement impossible mais incroyablement excitant. Le message était clair, dans l’air du temps : on s’en fiche, on le fait quand même.
Il y a environ un mois, la fusée Falcon Heavy de la société SpaceX, dirigée par Elon Musk, réussissait son vol inaugural et mettait en orbite solaire un roadster rouge, ayant pour passager un mannequin en combinaison spatiale nommé Starman, en hommage à la chanson de David Bowie.
Les références geeks ne manquaient pas : tandis qu’en fond brillait la Terre et que jouait Life on Mars, l’écran du tableau de bord affichait le « Don’t panic ! » du Guide du voyageur galactique, de Douglas Adams, la boîte à gants contenait un exemplaire de Fondation, d’Isaac Asimov, et l’un des circuits imprimés de la voiture portait l’inscription « Fabriquée sur Terre par des humains ». La fiction est devenue réalité. ­Au-delà de la réussite technique et du coup de communication, comment interpréter ces images ? Faut-il s’en ficher ?
Revanche de geek
Si cette démonstration ressemble à une ­revanche de geek, il reste plaisant de voir des rêves d’ingénieurs mis en avant à la place de nouvelles déprimantes. Voir la Terre depuis le roadster est aussi propice à prendre un peu de recul. D’abord, ce lancement n’est pas décisif même s’il faut reconnaître que l’atterrissage synchronisé des deux boosters était assez ­impressionnant (le corps central s’est, lui, abîmé en mer à une centaine de mètres de la barge de réception). Elon Musk poursuit en fait sur sa lancée, porté par sa fortune...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ De « L’insurrection qui vient » à la création du site « Lundimatin », la mouvance révolutionnaire liée à l’affaire de Tarnac s’ouvre au milieu culturel.
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Procès de Tarnac : le Comité invisible, dix ans de subversion

De « L’insurrection qui vient » à la création du site « Lundimatin », la mouvance révolutionnaire liée à l’affaire de Tarnac s’ouvre au milieu culturel.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 08h08
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h54
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Voici plus de dix ans que L’insurrection qui vient (La Fabrique, 2007), brûlot théorique du Comité invisible, embrasait la sphère radicale. Depuis, les membres ont grandi, voyagé, bataillé, vieilli aussi. Se sont-ils pour autant assagis ? Disons qu’ils semblent avoir beaucoup appris. Et avoir en partie rompu avec la posture « post-situ » qui caractérisait leurs premiers écrits. Un ton péremptoire et un style comminatoire hérités des méthodes les plus contestables de l’Internationale situationniste et de son mentor, Guy Debord.
« Voir la gueule de ceux qui sont quelqu’un dans cette société peut aider à comprendre la joie de n’y être personne », écrivaient-ils en 2017. Et les voici qui, le 27 janvier 2018, organisent, à la Bourse du travail, à Paris, et au Clos sauvage, à Aubervilliers, une journée de conférences et de débats intitulée « Tout le monde déteste le travail », où sont notamment intervenus le philosophe Pierre Musso, l’écrivain de science-fiction Alain Damasio ou le metteur en scène Sylvain Creuzevault. Contradiction ? Plutôt une évolution, perceptible depuis leur deuxième opus, A nos amis (La Fabrique, 2014), où les formules lapidaires à l’égard d’autres collectifs – coopérativistes ou mutualistes – laissaient place à une volonté d’ouverture.

Il y a une indéniable volonté de « ne pas s’enfermer dans un ghetto radical », déclare Julien Coupat, lors de la soirée que les « tarnaciens » ont donnée, jeudi 8 mars, à la Marbrerie, chaleureuse salle de concerts de Montreuil, louée chichement pour l’occasion. Une fête pour se serrer les coudes avant les trois semaines d’audiences qui se sont ouvertes mardi 13 mars.
Autre pilier du groupe et animateur du site Lundimatin, Mathieu Burnel se réjouit que la soirée réunisse aussi bien de jeunes émeutiers que des écrivains confirmés, de nouvelles recrues que de vieux routiers, comme le philosophe Frédéric Lordon ou l’écrivain Serge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », estime que l’annonce du limogeage du secrétaire d’Etat Rex Tillerson, mardi, illustre le chaos, teinté de vaudeville, qui est devenu le lot de Washington à l’ère Trump.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/03/2018
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« Le 13 mars, une journée de folie ordinaire dans la capitale fédérale des Etats-Unis »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », estime que l’annonce du limogeage du secrétaire d’Etat Rex Tillerson, mardi, illustre le chaos, teinté de vaudeville, qui est devenu le lot de Washington à l’ère Trump.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 06h50
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 07h05
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au "Monde")








                        



                                


                            
Chronique. Washington est une ville qui se lève tôt. Mardi 13 mars, le petit-déjeuner est déjà loin lorsqu’une alerte du Washington Post tombe à 8 h 40 sur les smartphones, ouvrant une journée qui s’annonce fébrile : Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat, chef de la diplomatie américaine, est limogé. Rexit !
En temps normal, une nouvelle de cette ampleur se déroule au moins sur deux jours, rythmés par des séquences politiques et médiatiques éprouvées. Mais Washington ne vit plus à l’heure normale. Comme le locataire de la Maison Blanche, cette journée est donc imprévisible.
8 h 44. Premier Tweet présidentiel sur le sujet. Donald Trump félicite Mike Pompeo, le directeur de la CIA, qui « fera un job fantastique » au poste de secrétaire d’Etat. Rex Tillerson est « remercié pour son service », sans point d’exclamation. Et le président se découvre féministe en vantant la nomination de la « première femme à la tête de la CIA », Gina Haspel.
Il se dit que Rex Tillerson a appris sa disgrâce par ce Tweet. A vrai dire, sa notice nécrologique avait déjà été publiée : l’ex-PDG d’ExxonMobil était depuis longtemps sur un siège éjectable. Le 30 novembre 2017, le New York Times avait annoncé que la Maison Blanche préparait son éviction et son remplacement par Mike Pompeo. Le lendemain, Donald Trump avait raillé le « foireux New York Times » : « FAKE NEWS ! Il ne part pas ! Nous travaillons très bien ensemble. » Le 13 mars passera à la postérité comme le jour où le « fake news » est devenu « real news ».
8 h 58. Selon le Wall Street Journal, John McEntee, l’assistant personnel du président, a été limogé aussi, apparemment pour un problème de sécurité. Ce jeune homme qui accompagnait Donald Trump depuis trois ans a été escorté, lundi, hors de la Maison Blanche. Dans le chaos ambiant, la nouvelle était passée inaperçue.
9 heures....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités parmi lesquelles Alain Badiou, Rony Brauman et Emmanuel Dockès estime que le procès qui s’ouvre le 13 mars démontre que l’Etat a mis en œuvre des moyens démesurés pour empêcher la contestation.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/03/2018
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« Pourquoi nous continuons de soutenir les inculpés de Tarnac »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités parmi lesquelles Alain Badiou, Rony Brauman et Emmanuel Dockès estime que le procès qui s’ouvre le 13 mars démontre que l’Etat a mis en œuvre des moyens démesurés pour empêcher la contestation.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h09
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Alors qu’au terme de dix ans de procédure, d’errements et d’acharnement s’ouvre finalement un procès de trois semaines pour juger l’affaire dite « de Tarnac », on pourrait croire qu’il s’agit là d’un cas un peu rocambolesque remontant à la lointaine période où Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie officiaient à la tête de la République. Mais non.
Cette affaire raconte, en une illustration par l’absurde, comment l’antiterrorisme est devenu, non une simple politique de répression, mais un rouage essentiel de l’action publique. Elle dit aussi, dans l’état où elle va être jugée, la configuration actuelle des rapports de force politique.

En dix ans, à force d’appels maniaques du parquet qui s’est porté jusqu’en cassation, le combat bec et ongles des inculpés a arraché une sorte de « jurisprudence Tarnac » : les formes d’action « révolutionnaires » ne sont pas passibles de l’incrimination de terrorisme, du moins jusqu’à nouvel ordre. L’offensive de 2008, qui voulait que de simples tags, à partir du moment où ils étaient assimilables aux « anarcho-autonomes de la tendance d’ultragauche », soient traités par l’antiterrorisme, a été repoussée.
Mais entre-temps, les services de renseignement, qui fonctionnent largement comme une police politique, se sont constitués un nouvel arsenal, plus discret, plus maniable et plus efficace, en contournant ladite « jurisprudence ». Plutôt que de construire de ronflantes « associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », on se contente désormais de banales « associations de malfaiteurs », inventées d’ailleurs à cet effet au XIXe siècle par les lois scélérates contre les « menées anarchistes ».
L’affaire du quai de Valmy
Comme lors de l’affaire du quai de Valmy [en mai 2016, deux policiers étaient violemment pris pour cibles par des militants antifascistes dans leur voiture, à Paris], on monte en épingle un épisode fortuit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Jérôme Batout et l’universitaire Raphaël Gaillard ont comparé les écrits et les parcours du président et du révolutionnaire.
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Emmanuel Macron, Julien Coupat : « l’anarchiste n’est pas toujours celui qu’on croit »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Jérôme Batout et l’universitaire Raphaël Gaillard ont comparé les écrits et les parcours du président et du révolutionnaire.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 10h12
    |

Jérôme Batout (Philosophe et économiste, conseiller à la rédaction du Débat, Gallimard) et Raphaël Gaillard (Professeur de psychiatrie à l’universi...







                        



                                


                            
Tribune. Nous ne sommes pas qualifiés pour nous exprimer sur le plan juridique au sujet du procès de l’« affaire de Tarnac ». Mais l’ouverture de celui-ci, mardi 13 mars, nous a donné envie de relire L’Insurrection qui vient, publié par un « comité invisible » en 2007, même si, d’après ce que l’on sait, c’est dans un souci d’accusation qu’un lien a été établi entre ce livre et les personnes – notamment Julien Coupat – qui comparaîtront cette semaine devant la justice.

En relisant L’Insurrection, onze ans après, notre intérêt s’est trouvé davantage stimulé par sa portée psychologique que politique. C’est à se demander si l’anarchie, survivance très française de mouvements radicaux des XIXe et XXe siècles, n’est pas devenue une métaphore utile pour saisir un des ressorts de l’individu contemporain, en ce début de XXIe siècle.
« Un dernier conseil : ne respectez jamais les règles. » Ainsi a parlé Emmanuel Macron devant la jeunesse indienne, samedi 10 mars, lors de sa visite officielle à Delhi. Alors qu’on avait écouté, vingt-quatre heures plus tôt, le témoignage articulé de Julien Coupat, dans « Envoyé spécial », il était permis de se demander, en relisant L’Insurrection qui vient et Révolution, le livre publié par Emmanuel Macron fin 2016, qui était l’auteur de quoi.
Sur le plan psychologique, l’anarchiste n’est pas toujours celui que l’on croit, et Pasolini, longtemps avant la montée en puissance d’un capitalisme fondé sur la transgression, observait que « rien n’est plus anarchiste que le pouvoir, puisque le pouvoir fait ce qu’il veut ».
Façonner sa propre norme
Prenons Emmanuel Macron et Julien Coupat, deux personnes que tout oppose évidemment sur le plan politique. Deux hommes nés dans un milieu bourgeois au milieu des années 1970. L’un et l’autre ont un père médecin, et les deux garçons furent en partie éduqués par les jésuites...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La modification de la Constitution permettant à Xi Jinping d’être président à vie ouvre, paradoxalement, une période d’incertitude, estime l’universitaire chinois Lun Zhang dans une tribune au « Monde ».
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« La Chine entre dans une période de contre-réforme au nom de la réforme »

La modification de la Constitution permettant à Xi Jinping d’être président à vie ouvre, paradoxalement, une période d’incertitude, estime l’universitaire chinois Lun Zhang dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 16h35
    |

Lun Zhang (Professeur des universités à l’université de Cergy-Pontoise)







                        



                                


                            

Tribune. Le 11 mars, l’abolition dans la constitution chinoise de la limite du nombre de mandats présidentiels marque de manière symbolique la fin d’une période commencée il y a exactement quarante ans : en 1978, sur les ruines de la Révolution culturelle, la Chine entamait une réforme et une ouverture.
Désormais, si la réforme est toujours officiellement à l’ordre du jour et si nous pouvons encore voir apparaître certaines mesures techniques en vue d’une amélioration administrative et de la performance économique, l’âme de la réforme est bel et bien enterrée. La Chine entre dans une période de contre-réforme au nom de la réforme, dans une phase de « grande réaction historique » qui vise à faire table rase de cette réforme qui a libéré l’énergie de centaines de millions de Chinois et modifié en profondeur le paysage mondial.
Corruption hallucinante et inégalité sociale
Cet événement est une étape décisive de la tendance amorcée depuis cinq ans sous Xi Jinping. Certains Chinois n’hésitent pas à qualifier cette date de « 3.11 » (11 mars) faisant allusion au « 9.11 » (11 septembre [2001]) aux Etats-Unis.
Au cours de ces dernières décennies, malgré une ligne autoritaire sur le plan politique, la réforme impulsée par Deng Xiaoping a accordé beaucoup plus de liberté au peuple chinois par rapport à l’époque de Mao, d’où sa réussite mais aussi les crises que nous constatons tous de nos jours : en effet, les citoyens ne sont que des sujets incomplets possédant des libertés, des droits partiels dans la réforme.

Ainsi la corruption hallucinante et l’inégalité sociale marchent-elles de pair et empoisonnent-elles cette réforme qui a perdu progressivement le soutien de la population et sa vitalité. Les privilégiés contrôlent le pouvoir et les ressources, formant des groupes d’intérêt qui freinent le plus possible la mise en œuvre de véritables mesures de réforme. Le modèle de développement qui fonctionnait jusqu’à présent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’extension du décret Montebourg ne suffira pas à protéger l’indépendance des entreprises du CAC 40… sauf si les salariés entrent massivement à leur capital, explique l’économiste Gérard Lafay dans une tribune au « Monde ».
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Indépendance des grandes entreprises : « La solution doit être trouvée dans un renouveau de la participation »

L’extension du décret Montebourg ne suffira pas à protéger l’indépendance des entreprises du CAC 40… sauf si les salariés entrent massivement à leur capital, explique l’économiste Gérard Lafay dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 15h37
    |

Gérard Lafay (Professeur émérite d’économie à l’université Panthéon-Assas-Paris-II)







                        



                                


                            

Tribune. Parmi les problèmes des entreprises françaises, l’un des plus importants est la faiblesse de la structure capitalistique. Très souvent, leur capital est trop dispersé, faute d’être détenu par des groupes cohérents d’actionnaires.
De nombreuses entreprises, solides et efficaces, grandes ou petites, tombent ainsi entre les mains de capitaux étrangers. Tantôt elles sont absorbées par des groupes concurrents, qui s’approprient leur technologie avant de délocaliser leurs centres de recherche puis leurs activités productives ; tantôt elles sont la proie de fonds d’investissement vautours, qui ont pour effet de les dépecer « par appartement ».
Le secteur industriel français a ainsi vu disparaître successivement des noms emblématiques comme Pechiney, Arcelor, Alcatel, et il voit maintenant des entreprises prestigieuses se faire absorber par morceaux, comme c’est le cas de Lafarge ou d’Alstom.
Des décennies d’inaction
La faiblesse de la maîtrise du capital concerne la plupart des grandes entreprises du CAC 40, qui sont détenues à plus de 50 % par des étrangers. Elle concerne aussi les petites et moyennes entreprises, et en particulier les start-up qui cèdent bien souvent à la convoitise de leurs concurrents. Il est vrai que les autorités françaises commencent à se préoccuper de la situation, après des décennies d’inaction.
En 2014, le décret Montebourg soumettait à une autorisation préalable les investissements dans le secteur de la défense, de l’énergie, de l’eau, des transports, des communications électroniques et de la santé publique. Ce périmètre va être élargi par la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) du gouvernement Philippe afin de couvrir « les activités essentielles à la garantie du pays en matière d’ordre public, de sécurité publique ou de défense nationale ».
Pour utiles qu’elles soient, ces mesures ne feront cependant pas face à l’ampleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Pour l’économiste Jean-Pierre Petit, l’attitude du président américain relève d’une posture, à la fois vis-à-vis des partenaires commerciaux et vis-à-vis de ses électeurs avant les élections de mi-mandat en novembre.
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La « guerre commerciale de Trump » n’aura pas lieu

Pour l’économiste Jean-Pierre Petit, l’attitude du président américain relève d’une posture, à la fois vis-à-vis des partenaires commerciaux et vis-à-vis de ses électeurs avant les élections de mi-mandat en novembre.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h58
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            

L’éclairage. La menace d’une guerre commerciale déclenchée par Donald Trump n’est pas nouvelle. Elle a hanté les marchés durant la campagne pour l’élection présidentielle de 2016, puis de temps à autre en 2017. Il est vrai que le président américain dispose en matière commerciale de pouvoirs étendus. Mais signalons avant toute chose que les conflits commerciaux avec les Etats-Unis sont plus la règle que l’exception depuis la grande phase de libéralisation des échanges au début des années 1980.
En moyenne, depuis 1980, la US International Trade Commission a ouvert environ cinquante enquêtes par an sur les pratiques déloyales en matière de commerce extérieur, sur des produits représentant en moyenne 0,4 % des importations américaines. Parfois les tensions sont un peu plus fortes parce qu’elles concernent des grands pays, ou des secteurs considérés comme stratégiques ou politiquement sensibles. Ces enquêtes ont abouti à des sanctions représentant plus de 1 % du total des importations américaines dans deux cas particuliers.
Pas d’impact macroéconomique significatif
A peine arrivé à la Maison Blanche, Bill Clinton a lancé entre le début 1993 et mai 1995 des actions restrictives à l’encontre du Japon dans le secteur automobile. Cela a notamment abouti à des droits de douane de 100 % sur les importations de voitures de luxe. Plus récemment, George W. Bush Junior avait lancé une procédure à l’encontre des exportations européennes d’acier vers les Etats-Unis, qui ont abouti en mars 2002 à des hausses de droits de 8 % à 30 % sur certains produits. Ce contentieux a été porté par l’Europe devant l’Organisation mondiale du commerce, qui lui donna raison en juillet 2003.
Mais aucun de ces conflits n’a eu d’impact macroéconomique significatif.
Les mesures annoncées par Donald Trump restent du même ordre de grandeur que ces cas précédents. Elles ne concernent pas plus de 2 % des importations de biens et 0,2 % du PIB américain....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Tout, à la City, à Londres, est organisé pour les hommes. La finance reste l’un des secteurs les plus machos, constate le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
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« Petite balade » dans la « Cité » des hommes

Tout, à la City, à Londres, est organisé pour les hommes. La finance reste l’un des secteurs les plus machos, constate le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h21
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Parfois, l’évidence est devant nous mais on ne la voit plus. Alors – mea culpa – il a fallu qu’une banquière française me la pointe du doigt pour que la vérité apparaisse à ma vue : à la City, dans les rues, tout est organisé pour les hommes.
Les statistiques sont connues. Au Royaume-Uni, d’après le think tank New Financial, seuls 14 % des membres des comités de direction des sociétés financières sont des femmes (la France est à peu près au même niveau, à 16 %, contre 34 % en Scandinavie). Le bonnet d’âne revient au private equity (10 %) et aux hedge funds (11 %). Sous pression depuis quelques années, les conseils d’administration ont fait un effort, mais la proportion demeure de seulement 23 %.
Un relent de cadeaux achetés par ces messieurs
Mais nul besoin de faire de sérieux calculs statistiques pour le savoir. « Promenez-vous à la City : tous les magasins sont pour les hommes. Il n’y a que des coiffeurs pour hommes, des boutiques de complets, des vêtements pour hommes. Impossible d’y faire la moindre course », souligne cette banquière, qui tient à rester anonyme. Elle est arrivée à Londres il y a quatre ans, et la différence avec Paris lui a sauté aux yeux.
Petite démonstration, un mardi en fin de journée, au Royal Exchange, un ancien bâtiment reconverti en cafés et magasins, situé en face de la Banque d’Angleterre, au cœur de la City. Le défilé des vitrines est sans appel : un magasin de chaussures pour homme, un autre de lunettes avec un rayon pour femme quasi inexistant, un troisième de cosmétiques pour homme, un quatrième de sacoches en cuir…

Et quand les produits sont pour les femmes, il y a comme un relent de cadeaux achetés par ces messieurs sur le chemin du retour chez eux, avec beaucoup de bijoutiers. A l’intérieur du bâtiment, des collègues de bureau prennent un verre après le travail : à 18 heures, ce jour-là, on trouve quarante hommes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ En revenant à une position conservatrice, le président américain bouscule les différents courants politiques qui traversent le monde des pixels.
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Jeux vidéo violents : comment Trump a divisé la communauté des joueurs

En revenant à une position conservatrice, le président américain bouscule les différents courants politiques qui traversent le monde des pixels.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h20
    |

            William Audureau








                        



   


Analyse. Quand il s’agit de redessiner les lignes de clivage, Donald Trump possède un talent incontestable. En accusant les jeux vidéo les plus violents d’influencer la jeunesse, le locataire de la Maison Blanche n’a pas seulement allumé un contre-feu bien commode face aux appels à mieux encadrer le port d’arme aux Etats-Unis après la tuerie du lycée de Parkland, en Floride. Il a également pris à revers une partie de ses propres électeurs, et a amené l’industrie et les différents courants politiques qui la traversent à devoir reconsidérer leur position.
Historiquement, les débats sur le jeu vidéo ont toujours été centrés sur la santé, qu’elle soit physique — épilepsie, addiction — ou mentale. Bien que jamais établi, le lien supposé entre violence et jeux sanglants comme Doom ou Mortal Kombat a été suggéré à de nombreuses occasions, notamment depuis le massacre de Columbine, en 1999. Une association le plus souvent introduite par des personnalités conservatrices, des médias institutionnels et des associations de défense de la famille.

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          18 ans après Columbine, les vieux démons du jeu vidéo



Face à ces accusations récurrentes, un contre-discours s’est organisé à partir du milieu des années 1990. Il a d’abord pris la forme d’un lobbying, celui de l’Entertainment Software Association (ESA) aux Etats-Unis, défendant l’image d’une industrie responsable, autoréglementée, et guère plus violente que le cinéma ou la télévision. Il a également été le fait, à partir des années 2000, de chercheurs en sociologie et en psychologie. Ou tout simplement de joueurs et journalistes spécialisés qui ont usé d’Internet pour exprimer leur énervement et leur lassitude face à l’éternelle méfiance que suscite leur passion.
Nouveaux clivages
On avait pu croire ces vieux débats ensevelis, remplacés par de nouvelles grilles de lecture plus sociétales. Dans les années 2010, a en effet émergé un nouveau discours critique, venu cette fois de l’intérieur, c’est-à-dire des joueurs et des joueuses eux-mêmes, et de leur aile gauche.
Hostiles aux thèses conservatrices des années 1990 mais sensibles à la dimension politique des jeux vidéo, celles-ci et ceux-ci militent pour la prise en considération des stéréotypes sexistes et racistes que véhiculent — sans en avoir forcément conscience — des classiques comme Super Mario Bros. ou Call of Duty : Modern Warfare. Ainsi en va-t-il des femmes, le plus souvent réduites à des rôles d’objet sexuel ou de récompense, et des minorités ethniques, résumées à des clichés sur le gangstérisme ou le terrorisme, etc., au profit d’un type de consommateur longtemps identifié comme blanc et masculin.
En réaction à ce nouveau discours, une autre ligne de front s’est ouverte, avec l’émergence en 2014 du GamerGate, un mouvement de joueurs hostiles à ce qu’ils perçoivent comme une tentative de politisation, ou plutôt de repolitisation de leur loisir, voire d’intrusion du « politiquement correct ». Au nom de leurs droits en tant que consommateurs et de la liberté d’expression, les voilà auto-intronisés résistants d’un ordre ancien menacé, celui des « gamers ».
Cette population jeune, ultraconnectée et méfiante à l’égard des médias a beau se dire apolitique, elle a rapidement fait l’objet d’une campagne de séduction de la part de la nouvelle vague de l’extrême droite américaine, l’alt-right. Non sans un certain succès : sur Internet, une partie de ces joueurs s’est mue, en 2016, en partisans du nouveau héraut du politiquement incorrect, Donald Trump.
Télescopage des époques
Tout cela, c’était avant la tuerie de Parkland, le 14 février. En pointant du doigt la possible responsabilité des jeux vidéo dans les massacres en milieu scolaire, le président américain a pris le contre-pied complet d’une partie de ses électeurs et soutiens en ligne.
Finie, l’icône politique iconoclaste et libertarienne de 2016 : voilà que le magnat de l’immobilier se drape dans la posture conservatrice et interventionniste des anti-jeux vidéo des années 1990. Du côté du GamerGate, plutôt que de se scandaliser de la volte-face présidentielle, on s’amuse plutôt de l’embarras que celui-ci a pu provoquer dans le camp des progressistes et dans la presse spécialisée.
Avec cette nouvelle approche, Donald Trump place en effet le discours progressiste des années 2010 face à une contradiction. Si les mouvements féministes et antiracistes appellent à réformer les jeux vidéo pour qu’ils cessent de reconduire une vision stéréotypée de la société aux joueurs, pourquoi la question de leur influence sur la violence des jeunes ne devrait-elle pas elle aussi être posée ? Le journaliste néoconservateur Ian Miles Cheong jubile ainsi du dilemme posé aux partisans de l’influente vidéaste féministe Anita Sarkeesian : « Soit les jeux vidéo influencent ceux qui y jouent, soit ils ne les influencent pas. Les journalistes jeux vidéo passent leur temps à babiller sur le fait que “les jeux ne rendent pas violents” mais d’une certaine manière “autorisent la violence” et causent assurément des attitudes violentes envers les femmes et les minorités. Alors, que choisir ? », fait-il mine de s’interroger, mélangeant violence physique — armée — d’une part, et violence symbolique — discriminatoire — de l’autre.
Crise de conscience du jeu vidéo
La migraine est réelle. Considérer le jeu vidéo comme un art en son for intérieur dispense-t-il de s’interroger sur ses éventuels excès ? Quelle place pour l’inclusivité du jeu vidéo quand un président conservateur préempte sa repolitisation ? Peut-on avoir défendu le jeu vidéo dans les années 1990 et se ranger du côté de ses contempteurs vingt-cinq ans plus tard ?
Depuis la publication de la vidéo de la Maison Blanche, de nouvelles lignes de partage politique lézardent un peu plus encore les positions défendues au sein de l’industrie et brouillent le message des discours politiques actuels.
« Rendre les jeux responsables d’une tuerie, c’est complètement idiot, la science le dit, mais ça empêche de discuter sereinement de l’image du monde et de l’humanité qu’on renvoie en général à travers les jeux », s’inquiète Sandra Duval, conceptrice-narratrice au studio lyonnais Arkane.
Positions figées
D’autant que ces saillies vieilles de plusieurs décennies provoquent des réactions épidermiques. Olivier Mauco, enseignant à Sciences Po, confirme un débat « hystérisé » : un sentiment de persécution hérité du siècle précédent rend la plupart des joueurs hermétiques à toute critique, grossière comme pondérée, de la production vidéoludique actuelle.
Rares sont les voix qui se sont élevées pour tenter de concilier, comme Warren Spector, célèbre concepteur américain de Deus Ex, à la fois rejet des thèses sur l’influence néfaste de ce loisir et critique du mauvais goût des superproductions ultraviolentes. Cette position nuancée lui a valu de nombreuses réponses ulcérées. Syndrome d’une industrie tiraillée entre l’avant-garde sociétale, celle du progressisme, et ses démons d’un autre siècle, que Trump réincarne.
Ironiquement, d’un point de vue législatif, le président américain a pieds et poings liés. En 2010, la Cour suprême américaine a reconnu aux jeux vidéo le statut d’œuvres relevant du premier amendement, les protégeant de toute politique de censure.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Analyse. L’initiative lancée par Paris vient s’ajouter à une quinzaine de stratégies régionales existantes au bilan au mieux qualifié de « mitigé » et plus souvent d’« échec », explique la journaliste du « Monde », Laurence Caramel.
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Au Sahel, le discours... et la méthode

Analyse. L’initiative lancée par Paris vient s’ajouter à une quinzaine de stratégies régionales existantes au bilan au mieux qualifié de « mitigé » et plus souvent d’« échec », explique la journaliste du « Monde », Laurence Caramel.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 19h26
    |

            Laurence Caramel








                        



   


Analyse. Au Sahel, l’engagement militaire de la France et l’aide au développement serviront désormais le même objectif : la lutte contre les groupes djihadistes et la radicalisation de la jeunesse. Cette convergence souhaitée par Emmanuel Macron doit se traduire par une concentration des projets financés par la coopération française dans les zones les plus fragiles susceptibles de basculer et de voir s’enraciner de nouveaux foyers terroristes.
Les experts du ministère de la défense et de l’Agence française de développement (AFD) ont travaillé pendant six mois pour parvenir à une cartographie commune de cette géographie des risques. Elle coïncide en grande partie avec celle sur laquelle se déploient déjà les forces françaises de l’opération « Barkhane » dans le centre et le nord du Mali ou dans la région dite « des trois frontières » entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. La région du lac Tchad, où sévit Boko Haram, est également ciblée comme l’une des zones prioritaires d’intervention.

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Symbole de cette volonté, un premier projet de 10 millions d’euros consacré à l’éducation dans la région de Mopti a été annoncé. Le chiffre est conséquent : il équivaut au dixième du budget d’investissement dont dispose le ministre de l’éducation malien pour tout le pays.
Le choix de cette localité qui borde le fleuve Niger ne doit rien au hasard. Des dizaines d’écoles ont dû être fermées après avoir été les cibles d’attaques, et les enseignants terrorisés refusent aujourd’hui de rejoindre leurs classes. C’est ici, surtout, que les troupes de l’opération « Serval » avaient stoppé, en janvier 2013, l’avancée des djihadistes sur Bamako.
Mais, cinq ans après que Paris a volé au secours du gouvernement malien, la présence des troupes étrangères accueillies en libératrices ne soulève plus autant d’enthousiasme. Et le risque qu’une part croissante de la population voie dans les soldats français des « forces d’occupation » est pris au sérieux.
Il devient urgent d’adresser un autre message. « Pour des raisons humanitaires et politiques, il faut montrer aux populations qu’elles ne sont pas abandonnées », insiste Laurent Bossard, directeur du Club du Sahel, en décrivant des territoires privés de toute administration en dehors des grandes villes.
« Frustration de la jeunesse »
Les militaires sont parmi les premiers à avoir mis en avant les limites d’une approche exclusivement sécuritaire. « Nous pouvons produire de la sécurité, mais c’est le développement qui apportera la paix. La frustration de la jeunesse qui aspire à un autre avenir augmente », soulignait, en janvier, le général Luc du Perron de Revel, lors d’une conférence au ministère des affaires étrangères.
Cette nécessité a conduit M. Macron à souhaiter la création d’une Alliance pour le Sahel qui est parvenue, depuis son lancement, en juillet 2017, à rassembler les principaux bailleurs bilatéraux et multilatéraux. Fin février, l’Alliance pour le Sahel a dévoilé un portefeuille de 500 projets pour un montant de 6 milliards d’euros comme un gisement prêt à être exploité pour qu’adviennent des jours meilleurs, propres de surcroît à écarter les jeunes des routes migratoires. Il est question de développement rural, d’accès à l’énergie et aux services de base, d’emplois pour les jeunes, de gouvernance et de sécurité.

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Mais, comme met en garde le chercheur Serge Michailof, auteur, en 2015, d’un essai remarqué, Africanistan (Fayard) : « N’oublions pas que, dans la décennie qui a précédé l’effondrement du Mali en 2012, ce pays a pu absorber un milliard de dollars d’aide par an pour se retrouver dans un état où quelques bandes de djihadistes ont failli en prendre le contrôle. Comment imaginer, dès lors, que le simple doublement des ressources d’aide sans modification radicale des conditions de son emploi pourrait faciliter la sortie de crise ? »
Changer de méthode, c’est aussi ce que promet l’Alliance pour le Sahel en dépassant les travers bien connus de l’aide internationale : absence de coordination entre les bailleurs, lourdeur des procédures d’approbation des projets, lenteur dans le décaissement des fonds, inadéquation avec les besoins des populations… Elle parle ainsi de créer « des circuits courts », des « projets à impact rapide ».
Tant de bonnes intentions
L’initiative lancée par Paris vient s’ajouter à une quinzaine de stratégies régionales déjà existantes, dont le bilan est qualifié au mieux de « mitigé » mais plus souvent d’« échec ». Si cela ne la condamne pas a priori, cela conduit à la prudence. Les annales du développement sont peuplées de tant de bonnes intentions. Paris fut, en 2005, l’hôte de la conférence internationale où fut adoptée la déclaration sur l’harmonisation de l’aide. 

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« Tous les bailleurs parlent de coordination, mais aucun ne veut être coordonné », observe Tertius Zongo, ancien premier ministre du Burkina Faso. Il remarque que, pendant que les bailleurs parlent entre eux de bonnes pratiques, ils continuent de faire comme si les intéressés eux-mêmes n’avaient aucun avis : « L’aide ne doit plus être quelque chose qu’on vient nous mettre dans la bouche sans que nous ayons décidé ce que nous allons manger. Imposer des solutions qui n’ont rien à voir avec l’histoire de nos pays ne peut que conduire à l’échec. »
M. Zongo, chercheur associé à la Fondation pour les études et recherches sur le développement international, a inauguré, au début de l’année, à Ouagadougou, une chaire Sahel. Sous des dehors académiques, le projet est bien d’encourager les donateurs à s’appuyer sur un vivier de jeunes experts locaux qui, assure-t-il, existe désormais. Tout autant capables d’élaborer des programmes que d’aller sur des terrains où, pour des raisons de sécurité, les Blancs ne peuvent plus aller. S’il réussit, il y aurait, au-delà du discours, véritablement un changement de méthode.



                            


                        

                        

