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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Ahmed H. a été condamné à sept ans de prison ferme pour avoir jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015.
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La justice hongroise confirme la condamnation d’un Syrien « injustement diabolisé »

Ahmed H. a été condamné à sept ans de prison ferme pour avoir jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h31
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Accusé d’avoir participé à des heurts violents entre migrants et forces de l’ordre à la frontière serbo-hongroise en 2015, un Syrien a vu sa peine confirmée lors d’un nouveau jugement en Hongrie, mercredi 14 mars. Ahmed H., devenu le symbole d’une dérive sécuritaire dans ce pays d’Europe centrale, a été condamné à sept ans de prison pour terrorisme et entrée irrégulière. Selon Eda Seyhan, d’Amnesty International :
« Lui qui aura simplement tenté d’aider sa famille à fuir la Syrie a été injustement diabolisé dans le tribunal tout comme à l’extérieur. Aucune des preuves à son encontre ne constitue un acte de terrorisme. »

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La décision de justice survient en pleine campagne électorale et alors que le premier ministre souverainiste, Viktor Orban, candidat à sa réélection le 8 avril, a publiquement reproché à l’Union européenne de « soutenir le terrorisme ». Cette dernière, comme Washington, s’était inquiétée du caractère disproportionné de la condamnation d’Ahmed H. lors de son premier procès.
La Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction à l’encontre de la Hongrie, accusée de bafouer les droits humains : les magistrats collent étrangement, concernant les dossiers de migrants entrés illégalement dans le pays, au discours de fermeté du gouvernement. Le Parlement européen a aussi fait référence au cas d’Ahmed H. pour réclamer en mai 2017 le déclenchement d’une procédure de sanctions à l’encontre de Budapest.
Mauvais endroit au mauvais moment
Le 16 novembre 2016, Ahmed H., décorateur résidant à Chypre, avait été reconnu coupable de « franchissement illégal de la frontière, acte de terrorisme et participation à un attroupement portant atteinte à l’ordre public ». Le jugement le qualifiait alors de « dangereux fanatique religieux », parce qu’il avait approfondi sa connaissance du Coran et était membre d’une organisation sunnite ayant pignon sur rue.
Quadragénaire, réfugié depuis neuf ans à Chypre, marié à une Chypriote chrétienne, père de deux petites filles, Ahmed H. s’était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Il avait pris la route des Balkans à l’été 2015, dans le but d’arracher ses parents et d’autres membres de sa famille aux combats sévissant à Alep. Il souhaitait les conduire en Allemagne, où l’attitude ouverte de la chancelière Angela Merkel tranchait avec celle de ses voisins. Mais il s’était présenté à la frontière hongroise, le 16 septembre, au moment où Budapest venait de se barricader et de pénaliser toute traversée sauvage de la clôture. Des centaines de migrants s’étaient alors retrouvées dans une impasse côté serbe et avaient imploré les forces de l’ordre de les laisser passer.
Des affrontements avaient éclaté et onze d’entre eux avaient été emprisonnés. Depuis, ceux que les ONG avaient surnommé les « onze de Röszke », du nom du poste frontière en question, ont tous été libérés, sauf Ahmed H., que Viktor Orban persiste à vouloir décrire comme un « terroriste ». Il est l’unique migrant condamné à ce titre en Hongrie. Il peut encore faire appel.

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                La justice hongroise ordonne la révision du procès du « terroriste d’Orban »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le chef de l’opposition, Jeremy Corbyn a refusé de soutenir les sanctions visant la Russie, « coupable », selon Londres, d’avoir empoisonné un ex-agent double sur le sol britannique.
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Avec l’Affaire Skripal, Theresa May cherche aussi à marquer des points au Royaume-Uni

Le chef de l’opposition, Jeremy Corbyn a refusé de soutenir les sanctions visant la Russie, « coupable », selon Londres, d’avoir empoisonné un ex-agent double sur le sol britannique.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h17
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Expulsion de vingt-trois diplomates russes, suspension des contacts diplomatiques, nouvelle législation contre « les activités d’Etat hostiles », Coupe du monde de football privée de présence de la famille royale. Theresa May a annoncé, mercredi 14 mars, une panoplie calculée au plus juste de mesures de rétorsion contre la Russie qu’elle tient pour responsable de l’empoisonnement, à Salisbury, de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, qui restent entre la vie et la mort. « Il n’existe pas d’autre conclusion que celle qui désigne l’Etat russe comme coupable de la tentative de meurtre de M. Skripal et de sa fille et des menaces contre la vie d’autres citoyens britanniques à Salisbury », a déclaré la première ministre.
« C’est un affront à l’interdiction de l’usage des armes chimiques, a-t-elle ajouté. Et c’est un affront au système légal dont nous et nos partenaires internationaux dépendons. » Mme May s’est félicitée de la solidarité exprimée par les alliés du Royaume-Uni – Etats-Unis, Allemagne et France en tête. « Ce qui est arrivé ici pourrait se passer dans n’importe quel autre pays » occidental, a-t-elle souligné.

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          Ex-espion empoisonné : Londres suspend les contacts bilatéraux avec Moscou



En défenseuse de l’Etat de droit
En affichant sa fermeté et en se posant en défenseuse de l’Etat de droit, Mme May a aussi cherché à marquer des points sur la scène politique britannique, où son leadership est ardemment contesté. Le refus du chef de l’opposition, Jeremy Corbyn, de soutenir explicitement les mesures annoncées, son appel au « maintien d’un dialogue solide avec la Russie » et son étonnante dénonciation des coupes budgétaires au Foreign office, ont été visiblement accueillis avec une certaine consternation sur ses propres bancs.
Son ambivalence pourrait aider Theresa May à élargir ses soutiens et à renforcer sa position, alors que les discussions avec Bruxelles sur le Brexit entrent dans une phase cruciale. L’ambassadeur russe à Londres, Alexandre Yakovenko, lui, a jugé la réaction britannique « absolument inacceptable » et digne d’une « provocation ».
En 2006, quatre diplomates russes avaient été expulsés après l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko, ancien agent du KGB, à Londres. Cette fois, Theresa May a donné une semaine à vingt-trois officiels russes, considérés comme des espions (sur cinquante-neuf en poste à Londres) pour faire leurs bagages. Cette expulsion, « la plus lourde depuis plus de trente ans », devrait « radicalement porter atteinte » aux capacités des Russes en matière de renseignement, a assuré la première ministre.
En outre, une invitation à Londres adressée au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a été révoquée et aucun officiel ni membre de la famille royale n’assistera à la Coupe du monde de football cet’été en Russie. Mais un boycott pur et simple de la compétition, qui aurait été fort impopulaire, a été écarté. De même, la première ministre n’a pas annoncé la suspension de l’autorisation d’émettre de la chaîne publique russe RT (ex-Russia Today) alors que l’Ofcom (l’autorité indépendante des communications) lui avait adressé mardi une mise en demeure. Rien non plus concernant les actifs financiers et immobiliers à Londres de nombreux Russes proches du pouvoir – une cible sensible pour l’élite russe, mais aussi pour la City.
Theresa May a aussi annoncé la mise en chantier d’une nouvelle loi contre « toutes formes d’activité hostile d’Etat » et l’adoption d’une disposition de type « Magnitsky act », du nom de la loi américaine qui permet de sanctionner les complices d’atteintes aux droits de l’homme perpétrés par la Russie.
Tandis qu’à Moscou le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitry Peskov, dénonçait des accusations britanniques « dépourvues de fondements et de preuves », le leader du Labour, Jeremy Corbyn, a semblé abonder dans ce sens devant le Parlement. Suggérant la possibilité que la Russie ait « par négligence perdu le contrôle » de l’agent innervant utilisé pour empoisonner les Skripal, il a fait crédit à Moscou de sa demande de remise d’un échantillon. Tout en qualifiant d’« affreux et épouvantables » les événements de Salisbury, il a accusé le gouvernement d’avoir affaibli la diplomatie britannique par ses coupes budgétaires.

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          Ce qu’il faut retenir des échanges entre Moscou et Londres après l’empoisonnement de l’ex-espion russe



Le plein de soutiens
La manière dont la ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme, Emily Thornberry, pourtant proche de M. Corbyn, regardait ses chaussures pendant l’intervention de ce dernier et le manque de traditionnelles marques d’approbation parmi les députés de l’opposition, pourraient refléter une certaine réserve au sein de son camp.
La députée Yvette Cooper, candidate malheureuse à la direction du Labour en 2015 face à M. Corbyn, l’a d’ailleurs contredit en soulignant ensuite que les méthodes de l’état russe doivent faire l’objet d’une « condamnation sans équivoque ».
Au contraire, Theresa May a, elle, fait le plein de soutiens, y compris parmi les élus « rebelles » sur la question du Brexit. Le consensus autour du discours de la première ministre s’est étendu au Parti national écossais (SNP) ordinairement hypercritique et même aux Libéraux démocrates. Vincent Cable, le chef de ces derniers, a apporté son soutien « total » à Mme May. Dix jours après l’attentat de Salisbury et huit jours avant un Conseil européen décisif pour le Brexit, la première ministre britannique pourrait commencer à percevoir des « dividendes russes ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La première ministre britannique a annoncé la suspension des contacts bilatéraux avec la Russie, le 14 mars.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Français, Italiens ou Britanniques, ils ont rejoint le mouvement kurde par sympathie idéologique ou pour lutter contre les djihadistes de l’EI, et n’entendent pas quitter la ville menacée de siège.
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Des volontaires occidentaux comptent rester « jusqu’au bout » avec les forces kurdes à Afrin

Français, Italiens ou Britanniques, ils ont rejoint le mouvement kurde par sympathie idéologique ou pour lutter contre les djihadistes de l’EI, et n’entendent pas quitter la ville menacée de siège.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h31
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

Plus de sept semaines après avoir déclenché leur offensive, l’armée turque et ses supplétifs syriens – des groupes d’inspiration islamiste issus de la rébellion armée – étaient, mercredi 14 mars, aux portes de la ville kurde d’Afrin. Prenant la ville en étau à l’est et à l’ouest, les assaillants ont déclaré laisser ouverte une voie d’évacuation pour les civils tandis que les combattants kurdes qui défendent Afrin affirment se préparer à de longs combats urbains. Dans leurs rangs se trouve un petit groupe de combattants occidentaux dont certains entendent rester sur place, alors que l’encerclement complet d’Afrin et de ses habitants pourrait se profiler.

« La situation est critique. Quoi qu’il arrive, je resterai jusqu’au bout avec d’autres camarades qui, comme moi, ne veulent pas abandonner leurs amis kurdes », déclarait mardi après-midi le volontaire britannique Jamie Janson, joint à Afrin-ville par la messagerie en ligne WhatsApp. Comme des dizaines d’autres combattants occidentaux, Jamie Janson a rejoint les rangs des forces kurdes syriennes pour combattre l’organisation Etat islamique (EI). Il poursuit aujourd’hui son engagement en participant à la défense de l’enclave kurde d’Afrin, située dans le nord-ouest de la Syrie.
Lorsque l’armée turque et ses supplétifs syriens ont lancé leur opération sur Afrin, le volontaire britannique s’apprêtait à quitter la Syrie. Rakka, l’ancienne capitale de l’EI, était tombée et, dans la zone frontalière irako-syrienne, les dernières poches djihadistes étaient sur le point d’être réduites par les forces kurdes. « J’allais quitter la Syrie mais l’attaque turque sur Afrin m’a convaincu de rester et de continuer le combat, raconte Jamie Janson. Cette guerre n’a rien à voir avec celle que nous avons menée face à Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique - EI]. Malgré les capacités de résistance des Kurdes, nous sommes dépassés militairement. »
Une...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La Russie cherche à tourner en ridicule les accusations de la Grande-Bretagne sur l’implication de Moscou dans l’affaire de l’espion empoisonné avec sa fille le 4 mars à Salisbury.
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Affaire Skripal : à Moscou, ironie et accusations de coup monté

La Russie cherche à tourner en ridicule les accusations de la Grande-Bretagne sur l’implication de Moscou dans l’affaire de l’espion empoisonné avec sa fille le 4 mars à Salisbury.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h37
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Dénégations, indignation surjouée, une pointe de complotisme… et comme un léger parfum de trolling, pour reprendre le vocabulaire propre à Internet et à un domaine dans lequel la Russie s’est taillée une réputation solide. Moscou veut tourner en ridicule les accusations de Londres dans l’affaire Sergueï Skripal, du nom de l’ancien espion russe empoisonné avec sa fille, le 4 mars à Salisbury, dans laquelle le Royaume-Uni suspecte une implication russe.
Comment expliquer autrement le fait que le député Andreï Lougovoï ait été parmi les premiers officiels russes chargés de commenter l’affaire ? « Les Anglais souffrent d’une grave maladie, ironisait M. Lougovoï dès le 6 mars. Dès que quelque chose se passe en rapport avec des Russes, ils cherchent la piste d’une implication russe. »

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Avant d’entrer au Parlement, Andreï Lougovoï a surtout été l’un des deux principaux suspects dans l’assassinat au polonium radioactif d’un autre défecteur russe, Alexandre Litvinenko, en 2006 à Londres. Ce précédent, dans lequel Londres a officiellement dénoncé une implication du Kremlin, a largement contribué à faire du cas Skripal une crise diplomatique.
Le même Lougovoï a également avancé l’idée d’un plan monté de toutes pièces destiné à saboter le Mondial de football organisé en Russie cet été dressant un parallèle avec les Jeux olympiques de Sotchi, supposément torpillés de façon similaire par le déclenchement opportun d’une révolution en Ukraine. « Je pense que cette histoire fait partie d’un plan plus large, conçu quelque part par quelqu’un, pour discréditer la Russie (…) avant la Coupe du monde de football » a-t-il déclaré.
Une manœuvre pour « discréditer la Russie »
La réaction de M. Lougovoï est loin d’être un cas isolé. « Nous avons averti à plusieurs reprises qu’avant le début de la Coupe du Monde, les médias occidentaux allaient lancer une campagne de grande ampleur dans le but de discréditer la Russie et miner la confiance dans le pays hôte », indiquait dès le déclenchement de l’affaire le ministère des affaires étrangères russe, pendant qu’un général des services de sécurité (FSB), Vladimir Djabarov, réduisait le dossier à une manœuvre pour « blâmer et noircir la Russie ».
« Il semble que le scénario d’une campagne antirusse ait déjà été écrit », renchérissait l’ambassade de Russie à Londres, regrettant « qu’au lieu d’une explication officielle sur cette question, le ministre des Affaires étrangères ait décidé de menacer la Russie de représailles ». A mesure que l’affaire gagnait en importance au Royaume-Uni, les réactions officielles russes se teintaient d’une ironie à peine voilée, la porte-parole du ministère des affaires étrangères allant jusqu’à évoquer « un numéro de cirque au Parlement britannique ».

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Il aura fallu les menaces de représailles évoquées par Theresa May, le 12 mars, assorties d’un ultimatum exigeant des clarifications de Moscou, pour que Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères, réponde d’un sobre : « La Russie est innocente et est prête à coopérer si la Grande-Bretagne remplit ses obligations internationales. » En d’autres termes, que la police britannique ouvre l’enquête à ses homologues russes et accepte de transmettre à la Russie des échantillons du poison utilisé. La demande tournera court.
Après expiration de l’ultimatum et l’annonce, mercredi par Londres, de la « suspension des contacts bilatéraux » avec Moscou et l’expulsion de vingt-trois diplomates russes du territoire britannique, le ministère des affaires étrangères russe a durci le ton, déclarant que la réaction de Moscou « ne se fera[it] pas attendre ».
Une pointe de fierté face à l’élimination d’un ancien agent double
Vladimir Poutine avait lui balayé, il y a quelques jours, la question d’un journaliste de la BBC en marge d’un déplacement à quelques jours d’un scrutin présidentiel gagné d’avance : « Ecoutez, nous nous occupons ici d’agriculture ! (…) Tirez les choses au clair de votre côté et nous en parlerons ensuite. »
Dans les médias russes, la tonalité est la même : celle du coup monté destiné à « salir la Russie » et à « tout mettre sur le dos du sanguinaire Poutine ». S’y ajoute toutefois – et tant pis pour la contradiction – une pointe de fierté face à l’élimination d’un ancien agent double, réfugié en Russie à la faveur d’un échange d’espions après avoir passé quatre ans en prison. S’adressant aux « traîtres », Kirill Kleimenov, de la Première chaîne, avertissait ainsi : « Ne choisissez pas l’Angleterre comme lieu de résidence. Quelles que soient vos raisons : que vous soyez un traître professionnel à la mère-patrie ou que vous détestiez votre pays uniquement pendant votre temps libre. »

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Reste à savoir l’effet qu’aura l’affaire dans l’opinion le 18 mars, jour d’élection présidentielle. Va-t-elle contribuer à resserrer les rangs de la société russe, comme le font habituellement les phases de tensions internationales, ou bien une partie de l’opinion sera-t-elle rebutée par l’éclatement de cette nouvelle crise déclenchée par un assassinat ciblé ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La première ministre britannique avait donné jusqu’à mardi minuit à la Russie pour s’expliquer sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russo-britannique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Ex-espion empoisonné : Londres suspend les contacts bilatéraux avec Moscou

La première ministre britannique avait donné jusqu’à mardi minuit à la Russie pour s’expliquer sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russo-britannique.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h28
   





                        



Les vingt-quatre heures accordées à Moscou pour s’expliquer sont écoulées. Faute de réponse à son ultimatum, la première ministre britannique, Theresa May, a annoncé, mercredi 14 mars, une série de sanctions contre la Russie, « coupable », selon Londres, d’avoir empoisonné l’ex-agent double russo-britannique Sergueï Skripal et sa fille Youlia sur le sol britannique il y a dix jours.
« Cela constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni », a déclaré la première ministre devant les députés britanniques, avant d’annoncer, en conséquence, la « suspension des contacts bilatéraux » avec Moscou et l’expulsion de vingt-trois diplomates russes du territoire britannique, dont le Royaume-Uni dit qu’ils sont « des agents du renseignement non déclarés ». « Ils ont une semaine pour partir », a ajouté Mme May, qui précise qu’il s’agit de la plus importante expulsion du genre depuis trente ans. La Russie disposait jusqu’ici de cinquante-neuf diplomates accrédités au Royaume-Uni.
Mme May a détailé que la suspension des contacts inclut « la révocation de l’invitation faite au ministre des affaires étrangères [Sergueï Lavrov] de visiter » le Royaume-Uni ; et qu’aucun membre du gouvernement ou de la famille royale ne se rendra à la Coupe du monde de football qui se tiendra en Russie du 14 juin au 15 juillet. Theresa May a aussi menacé de geler les avoirs de l’Etat russe.
La première ministre a toutefois dit qu’elle « continu [ait] de croire que ce n’est pas dans [l’]intérêt national [de la Grande-Bretagne] de couper tout dialogue ».
« Sarcasme, mépris et défiance »
Lors de son allocution, Mme May a dénoncé le « mépris » de la Russie.
« Il était juste d’offrir à la Russie l’occasion de fournir une explication, mais sa réaction trahit un mépris total pour la gravité de ces événements. Elle n’a fourni aucune explication crédible. Au lieu de cela, elle a traité l’utilisation d’un agent neurotoxique militaire en Europe avec sarcasme, mépris et défiance. »
L’un des « pères » des Novitchok, Vil Mirzaïanov, qui vit désormais aux Etats-Unis, a affirmé que la Russie était le seul pays capable de produire et de déployer un agent innervant aussi puissant.

        Sur le novitchok :
         

          un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe



Theresa May a également dit regretter la « voie » suivie par Vladimir Poutine en matière diplomatique.
« Beaucoup d’entre nous ont tourné leurs regards avec espoir vers la Russie post-soviétique. Nous voulions une meilleure relation et il est tragique que le président Poutine ait choisi de suivre cette voie. »

   


Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU
Le ministère des affaires étrangères russe a immédiatement déclaré mercredi que la réaction de Moscou à l’expulsion de diplomates par Londres « ne se fera pas attendre ». Le Royaume-Uni a « fait le choix de la confrontation », a ajouté le ministère dans un communiqué.
L’ambassade de Russie à Londres a de son côté qualifié la réaction britannique d’« hostile, inacceptable et injustifiée » :
« Nous considérons cette action hostile inacceptable, injustifiée et de courte vue. Toute la responsabilité de la détérioration des relations entre la Russie et le Royaume-Uni est le fait des dirigeants britanniques actuels. »
Le Kremlin avait précédemment déclaré qu’il « n’admet [ait] pas » les accusations « sans preuves » et les ultimatums de Londres. 
Quant au boycott diplomatique du Mondial 2018 par le Royaume-Uni, le comité d’organisation a rétorqué que cela n’aurait « pas d’impact ». « Le choix revient à chaque supporteur de venir à la Coupe du monde ou de ne pas y venir. (…) C’est dommage que tout le monde n’adhère pas au principe de laisser le football en dehors de la politique », a déclaré à l’agence de presse RIA Novosti Alexeï Sorokine, son directeur général.

        Lire :
         

          A Moscou, ironie et accusations de coup monté



Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’empoisonnement de Sergeï Skripal et de sa fille doit se tenir mercredi dans la soirée, à la demande du Royaume-Uni, alors que ses principaux alliés — France, Union européenne, Allemagne, Etats-Unis — lui ont apporté leur soutien. La France attend cependant de connaître « les conclusions définitives » de l’enquête avant de prendre position, a dit mercredi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Les Etats-Unis ont aussi refusé, pour l’heure, de commenter l’éventuelle responsabilité de Moscou.
L’OTAN a, de son côté, sommé la Russie de répondre aux questions posées par le Royaume-Uni et a dénoncé l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille comme « une violation flagrante des normes et accords internationaux » sur les armes chimiques.
Londres appelle les Britanniques à la vigilance
Au Royaume-Unis, le ministère des affaires étrangères britannique a mis en garde, mercredi sur son site Internet, les Britanniques souhaitant se rendre en Russie des risques de réactions hostiles.
« En raison des tensions politiques accrues entre le Royaume-Uni et la Russie, vous devez être conscients de la possibilité de sentiments antibritanniques et de harcèlement en ce moment. Il vous est conseillé de rester vigilants, d’éviter toute manifestation et d’éviter de commenter publiquement les derniers développements politiques. »
Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, Sergueï Skripal et sa fille Youlia ont été hospitalisés dans un état « critique », après avoir été victimes d’une tentative de meurtre, selon les autorités britanniques. Un policier intervenu sur place se trouve lui aussi dans un état grave.
L’annonce de la découverte à son domicile londonien du corps d’un autre exilé russe opposé au régime de M. Poutine et portant, selon sa fille, des traces de strangulation, n’a rien fait pour détendre l’atmosphère. Encore moins le fait qu’il s’agisse de Nikolaï Glouchkov, ancien dirigeant d’Aeroflot, condamné en Russie pour détournement de fonds, proche de l’oligarque Boris Berezovski, lui-même retrouvé pendu dans sa salle de bain du Berkshire en 2013.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Dans une décision inédite, la Cour de justice de l’Union européenne a invalidé la sentence d’un tribunal arbitral « ISDS », au motif qu’il n’était pas qualifié à interpréter le droit européen.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’affaire concerne deux hommes condamnés pour avoir brûlé en Catalogne les portraits de l’ancien roi Juan Carlos et de la reine Sofia.
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L’Espagne condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour entrave à la liberté d’expression

L’affaire concerne deux hommes condamnés pour avoir brûlé en Catalogne les portraits de l’ancien roi Juan Carlos et de la reine Sofia.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h00
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

C’est un rappel à l’ordre pour l’Espagne en matière de liberté d’expression. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné le royaume, mardi 13 mars, à dédommager deux hommes, jugés en 2007 pour avoir brûlé encagoulés un portrait géant, retourné à l’envers, du roi Juan Carlos et de la reine Sofia, à l’issue d’une manifestation contre la visite du couple à Gérone, en Catalogne. Condamnés à quinze mois de prison pour « injure à la Couronne », ils avaient vu leur peine commuée en une amende de 2 700 euros chacun.
L’arrêt survient alors que le débat sur les entraves à la liberté d’expression fait rage en Espagne, à la suite de nombreuses peines de prison controversées infligées à des rappeurs ou à des internautes pour des délits d’apologie du terrorisme ou de haine, dans la foulée de cette affaire.
La Cour de Strasbourg estime que les actes condamnés en Espagne sont couverts par la liberté d’expression, car ils constituent « une critique politique de la monarchie en général » et du roi « en tant que symbole de la nation espagnole. » Refusant que les deux hommes soient poursuivis pour incitation à la haine et à la violence, à la différence du Tribunal constitutionnel espagnol en 2015, la CEDH considère que leur action servait à « attirer les médias » et qu’elle a utilisé un « degré tolérable de provocation pour transmettre un message dans un contexte de liberté d’expression. » La Cour condamne l’Espagne à rembourser les deux hommes et à leur verser 9 000 euros de dommages et intérêt.
Des répercutions sur les peines prononcées à l’avenir
« L’arrêt de la CEDH ne nous surprend pas, reconnaît le porte-parole de l’association espagnole Juges pour la démocratie, Ignacio Gonzalez Vega. Cela fait quelque temps que nous dénonçons un recul de la liberté d’expression en Espagne… » « L’arrêt pourrait avoir des répercutions sur les peines prononcées à l’avenir en Espagne », se félicite-t-il.
Depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le budget courant est désormais à l’équilibre. Mais le gouvernement britannique refuse de mettre fin aux coupes budgétaires, malgré les demandes répétées de l’opposition.
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Au Royaume-Uni, le débat sur l’austérité relancé

Le budget courant est désormais à l’équilibre. Mais le gouvernement britannique refuse de mettre fin aux coupes budgétaires, malgré les demandes répétées de l’opposition.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h09
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Avec deux ans de retard sur le calendrier initial, le Royaume-Uni a finalement atteint l’objectif qu’il s’était fixé en lançant son grand plan d’austérité en 2010 : le budget courant de l’Etat (hors investissement) est désormais (presque) à l’équilibre. Sur l’année fiscale, d’avril 2017 à mars 2018, son déficit sera de 0,1 % du produit intérieur brut (PIB). Il doit devenir très légèrement positif, à + 0,1 % du PIB lors de l’année 2018-2019.

En présentant mardi 13 mars son bilan économique semestriel, le chancelier de l’Echiquier, Philip Hammond, a salué ce succès : « C’est un tournant dans le rétablissement de cette nation suite à la crise financière. »
En 2010, un déficit stratosphérique
Mais l’annonce a relancé de plus belle le débat sur la nécessité de mettre fin aux coupes budgétaires. « La complaisance [de Philip Hammond] est incroyable, s’est ainsi insurgé John McDonnell, chargé de l’économie au Parti travailliste. La crise des services publics atteint une dimension jamais vue. Est-ce qu’il a écouté les docteurs, les infirmières, les enseignants, les officiers de police, les aides-soignants, et même ses propres conseillers municipaux conservateurs ? Ils lui disent qu’ils ne peuvent plus attendre, qu’il doit agir maintenant. »

Quand le gouvernement conservateur est revenu au pouvoir en 2010, le déficit de l’Etat britannique était stratosphérique, à 10 % du PIB. A l’époque, il ne semblait y avoir guère d’autre choix que d’adopter un plan de rigueur. Les partis politiques ne se battaient que sur la vitesse des coupes à effectuer dans le budget, pas sur leur nécessité.
Huit ans plus tard, la situation est très différente. Le déficit est désormais de 2,2 % du PIB (en comptant les investissements). Le Royaume-Uni continue à emprunter sur les marchés financiers à un taux d’intérêt historiquement bas. Et les conséquences de l’austérité se font sévèrement sentir.
Dans le même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le premier constructeur automobile mondial a bouclé en 2017 la meilleure année de son histoire. Malgré le dieselgate, qui a accéléré sa mutation.
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Volkswagen a pris le virage de la mobilité connectée et électrique

Le premier constructeur automobile mondial a bouclé en 2017 la meilleure année de son histoire. Malgré le dieselgate, qui a accéléré sa mutation.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h47
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Volkswagen avait donné cette année rendez-vous à la presse à Berlin, et non à Wolfsburg, son siège historique. Les deux cités ne sont éloignées que de 200 kilomètres. Mais Wolfsburg, avec sa grande usine à cheminées, symbolise l’industrie allemande traditionnelle, plantée au milieu de la plaine rurale de Basse-Saxe, alors que Berlin, métropole internationale en plein essor, rime avec économie numérique et nouveaux services de mobilité.
Deux ans et demi après le scandale des moteurs diesel truqués, le constructeur automobile voulait, mardi 13 mars, afficher sa transformation et sa nouvelle stratégie : devenir leadeur de la mobilité connectée et électrique grand public.

Difficile de croire que le colosse de 642 000 salariés, encore empêtré dans les conséquences d’une crise historique, puisse avoir déjà réussi ce tournant. Et pourtant, VW a remporté ces derniers mois quelques victoires d’étape qui démontrent son exceptionnelle résilience.
10,7 millions de véhicules vendus
Les chiffres, d’abord : avec 10,7 millions de véhicules vendus l’an dernier, en hausse de 4,3 % par rapport à 2016, dont 4,2 millions en Chine, il est le numéro un mondial. Son chiffre d’affaires a grimpé de 6,3 %, à 230 milliards d’euros. Le résultat opérationnel hors effets exceptionnels a bondi de 16,5 %.
Et le réservoir de liquidités est impressionnant : 22,4 milliards d’euros, soit seulement « deux milliards de moins qu’à la fin de l’année 2015 », a précisé Matthias Müller, PDG du groupe. Et ce, bien que les suites de la « thématique du diesel » ont coûté 3,2 milliards d’euros en 2017, qu’il s’agisse des conséquences judiciaires du scandale, des rappels ou des primes au changement des vieux diesels.

En clair : 2017 a été pour VW la meilleure année de son histoire. Le constructeur s’efforce pourtant de faire profil bas, car il continue à être attaqué de toutes parts en Allemagne et à l’étranger. Alors, M. Müller, qui a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’approfondissement de l’Union monétaire n’est pas dans les priorités du nouveau gouvernement allemand, en dépit des idées françaises.
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Entre Paris et Berlin, une réforme poussive de la zone euro

L’approfondissement de l’Union monétaire n’est pas dans les priorités du nouveau gouvernement allemand, en dépit des idées françaises.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h53
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

A Paris, cela fait presque six mois qu’on attend ce moment. Vendredi 16 mars, le ministre français des finances, Bruno Le Maire, doit s’entretenir pour la première fois avec son nouvel homologue allemand, le social-démocrate Olaf Scholz. Une rencontre est également prévue à Paris entre Emmanuel Macron et Angela Merkel dans les tout prochains jours, en amont du Conseil européen des 22 et 23 mars à Bruxelles. Les négociations avec l’Allemagne pour tenter d’aboutir à une feuille de route commune pour réformer la zone euro vont enfin pouvoir commencer.
Cependant, les ambitions initiales de la France semblent déjà avoir été revues à la baisse. Emmanuel Macron avait exposé ses objectifs pendant sa campagne présidentielle : pour la zone euro, avait-il dit, il faudrait un ministre des finances, un Parlement spécifique et un budget substantiel. Ce dernier devrait atteindre « plusieurs points du produit intérieur brut [PIB] de la zone euro », avait précisé le nouveau président français dans une interview au Point, le 31 août 2017.
L’idée d’un Parlement de la zone euro a été enterrée très vite, dès l’automne 2017. Celle d’un « super-ministre » a pris du plomb dans l’aile à la fin de l’année, quand il s’est agi de choisir un nouveau président de l’Eurogroupe et que les ministres des finances ont préféré désigner l’un des leurs (le Portugais Mario Centeno), plutôt que de faire la révolution et d’élire un président permanent.

Ligne rouge
Quant au budget de la zone euro en tant que tel, même si la chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas fermé la porte, la manière dont les discussions se sont engagées à Bruxelles au cours des dernières semaines à propos du budget de l’ensemble de l’Union européenne (UE), n’augure rien de bon. Les capitales s’écharpent déjà pour savoir comment compenser les 12 à 14 milliards d’euros annuels qui vont manquer du fait du départ des Britanniques, pour un budget commun ne pesant pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Faute de réponse à son ultimatum, Theresa May devrait annoncer, mercredi, des sanctions contre la Russie, après l’attaque contre Sergueï Skripal et sa fille Youlia.
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Ex-espion russe empoisonné : Londres à l’heure de la riposte contre Moscou

Faute de réponse à son ultimatum, Theresa May devrait annoncer, mercredi, des sanctions contre la Russie, après l’attaque contre Sergueï Skripal et sa fille Youlia.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 13h16
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


La crise diplomatique entre Moscou et Londres s’est envenimée, mardi 13 mars, au lendemain du discours de Theresa May soulignant la « très probable » responsabilité de la Russie dans l’empoisonnement de l’ex-agent double russo-britannique Sergueï Skripal et de sa fille Youlia dans la commune de Salisbury. Mercredi 14 mars, faute de réponse à son ultimatum, la première ministre britannique devait annoncer au Parlement une série de sanctions visant la Russie, après une réunion du Conseil de sécurité nationale.
De plus, une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU doit se tenir mercredi soir. Cette session publique se tiendra à la demande du Royaume-Uni et portera sur l’empoisonnement de Sergeï Skripal, a annoncé la présidence néerlandaise de l’ONU.
L’escalade de la tension entre les deux pays, la plus grave depuis la crise des missiles des années 1970-1980, met à l’épreuve les solidarités occidentales – à l’heure de Donald Trump – et européenne – en plein Brexit –, que Vladimir Poutine cherche précisément à tester. La crise met aussi en lumière le rôle du Royaume-Uni comme terre de repli des opposants, oligarques et autres exilés russes.

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                Ex-espion empoisonné : le réquisitoire de Theresa May contre Moscou



« Personne ne peut venir au Parlement et dire : “Je donne vingt-quatre heures à la Russie” », a tonné mardi Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères. Theresa May avait donné jusqu’à mardi minuit à Moscou pour expliquer l’usage du Novitchok, un puissant agent innervant fabriqué en Russie dans l’attaque perpétrée le 4 mars à Salisbury qui laisse Sergueï et Youlia Skripal, ainsi qu’un policier britannique, entre la vie et la mort. Mais Moscou a rejeté l’ultimatum britannique et exigé la livraison d’un échantillon du produit incriminé, que Londres refuse.
« Semer la discorde »
La Russie n’a « rien à voir avec cela », a balayé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qualifiant d’« absurdité » les accusations de Mme May. Son homologue britannique, Boris Johnson, a souligné que l’empoisonnement de l’espion réfugié au Royaume-Uni constituait « la première utilisation d’un agent innervant sur le continent européen depuis la seconde guerre mondiale ».
L’annonce de la découverte à son domicile londonien du corps d’un autre exilé russe opposé au régime Poutine et portant, selon sa fille, des traces de strangulation, n’a rien fait pour détendre l’atmosphère. Encore moins le fait qu’il s’agit de Nikolaï Glouchkov, ancien dirigeant d’Aeroflot condamné en Russie pour détournement de fonds, proche de l’oligarque Boris Berezovski, lui-même retrouvé pendu dans sa salle de bains du Berkshire en 2013.
Selon une enquête du site Buzzfeed, quatorze personnes, des oligarques russes et leurs partenaires d’affaires britanniques sont mortes au Royaume-Uni ces dernières années dans des conditions qui « suggèrent l’implication de la Russie » alors que la police britannique a classé leurs décès comme « non suspects ».
Citant plusieurs ex-agents secrets américains et britanniques, cette enquête de juin 2017 affirme que les autorités britanniques ont fermé les yeux « par peur des représailles, du fait de l’incompétence de la police et pour préserver les milliards déversés par les Russes sur la City ». Londres est devenue, selon Buzzfeed, « un creuset pour les agissements des services secrets et des mafias russes ». Mardi, la ministre de l’intérieur, Amber Rudd, a annoncé la réouverture des quatorze enquêtes en question.
De fait, par crainte de compromettre les relations avec Moscou, Theresa May, ministre de l’intérieur entre 2010 et 2016, a longtemps freiné l’ouverture d’une enquête après l’assassinat de l’ancien agent du KGB et opposant Alexandre Litvinenko, à Londres, en 2006, par ingestion de polonium radioactif incorporé à une tasse de thé. Au point que l’implication de Moscou n’a été rendue publique que dix ans après les faits.
Mme May, depuis qu’elle est première ministre et surtout depuis les accusations d’ingérence russe dans la campagne du référendum sur le Brexit, a durci le ton. En novembre 2017, dans un discours retentissant, elle avait accusé Moscou d’« utiliser l’information comme une arme » afin de « semer la discorde dans le monde occidental ». La mise en garde qu’elle avait alors lancée à Moscou sonne aujourd’hui amèrement : « Nous savons ce que vous faites. Et vous ne réussirez pas (…). Le Royaume-Uni fera tout ce qui est nécessaire pour se protéger. »
Une attaque « inacceptable »
Aiguë, la crise actuelle fait peser sur le Foreign Office de l’imprévisible Boris Johnson la charge de rallier les soutiens internationaux en faveur de sanctions multilatérales. Son voyage à Moscou, en décembre 2017, n’avait guère permis de réchauffer les relations avec Moscou.
Mardi, M. Johnson s’est dit encouragé par la solidarité des pays amis. La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé que c’est à la Russie de « fournir des réponses rapides aux questions justifiées du gouvernement britannique » et le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a mis en avant la « solidarité européenne sans équivoque, inébranlable et très forte », prévenant que « les coupables [seront] punis pour ce qu’ils ont fait ». Quant au président français, Emmanuel Macron, il a condamné une attaque « inacceptable », sans toutefois commenter les accusations contre Moscou.
Mais au-delà de ces marques de solidarité, les Européens ne semblent pas envisager de nouvelles sanctions et des craquements se font sentir. « L’affaire [de Salisbury] devrait conduire la Grande-Bretagne à examiner sa position d’ouverture aux capitaux russes d’origine douteuse », a grincé Norbert Röttgen, président de la commission des affaires étrangères du Bundestag, en Allemagne.
La crise intervient alors que l’avenir des relations entre Londres et l’UE en matière de sécurité est hypothéqué par le Brexit. Elle pourrait d’ailleurs peser sur les difficiles négociations en cours. L’ambivalence de Donald Trump à l’égard de Moscou complique encore le tableau. Le président américain a fini par évoquer du bout des lèvres le rôle possible de la Russie mais il se trouve qu’il a limogé mardi son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, nettement plus explicite à ce sujet.
Une panoplie de sanctions pourrait être annoncée mercredi par Theresa May, comme l’expulsion de diplomates, le gel d’avoirs de proches du régime, le renforcement de la loi sur le blanchiment d’argent, voire le boycott par les responsables politiques et la famille royale de la Coupe du monde de football organisée en Russie en juin et juillet.
Pour Mme May, dont la fermeté est appréciée à Westminster de la gauche à la droite, la partie est délicate. De quelque nature qu’elles soient, les sanctions prononcées risquent de renforcer l’image d’un Vladimir Poutine défiant l’Occident. Un message qui n’est probablement pas pour déplaire au président russe à quatre jours de sa réélection annoncée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Editorial. La chancelière allemande fait face à un environnement plus hostile que jamais. Elle est désormais à la tête d’un gouvernement qui a fait de la « relance de l’Europe » sa priorité.
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Angela Merkel n’a d’autre choix que de s’appuyer sur la France

Editorial. La chancelière allemande fait face à un environnement plus hostile que jamais. Elle est désormais à la tête d’un gouvernement qui a fait de la « relance de l’Europe » sa priorité.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 12h06
   





                        


Editorial du « Monde ». Enfin ! Près de six mois après les élections générales, Angela Merkel va être de nouveau élue chancelière mercredi 14 mars par une majorité de députés allemands. Dans une Europe où chaque élection, de la Grande-Bretagne à l’Italie en passant par la France ou l’Autriche, ressemble désormais à un jeu de chamboule-tout, l’Allemagne fait figure d’exception.

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                Allemagne : après six mois de négociations, Angela Merkel réélue chancelière



Si de nouveaux visages, bienvenus, y font leur apparition, le quatrième gouvernement présidé par Angela Merkel ne diffère pas fondamentalement des grandes coalitions précédentes, formées par les conservateurs et les sociaux-démocrates en 2005 et en 2013. On peut bien entendu se féliciter de cette stabilité de la principale économie de la zone euro. De même, Emmanuel Macron ne peut que se réjouir d’avoir à Berlin des interlocuteurs plus sensibles à ses thèses que ne l’aurait été une coalition formée par la CDU, les Verts et les libéraux du FDP, comme cela a été tenté initialement à l’automne 2017.
Mais la stabilité allemande ne doit pas faire illusion. Les vingt-cinq semaines nécessaires à Angela Merkel pour former un gouvernement – un record – tout comme la présence massive du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) au Bundestag montrent que le pays est moins stable qu’il n’y paraît. Or les défis qui attendent « Merkel IV » sont au moins aussi grands que ceux des années précédentes.
Un monde plus protectionniste
Certes l’euro n’est plus en danger comme en 2009 mais, entre la montée des eurosceptiques et des populistes en Europe, le renforcement de régimes autoritaires en Chine, en Russie et en Turquie et la menace d’une guerre commerciale lancée par les Etats-Unis, Angela Merkel fait face à un environnement plus hostile que jamais.
Elle qui a longtemps cru, comme une majorité de ses compatriotes, que le commerce était le plus sûr moyen de rapprocher les peuples et que Washington était le partenaire sur lequel la démocratie allemande était sûre de pouvoir compter en toutes circonstances doit réviser tous ses schémas de pensée. A son corps défendant, l’Allemagne va devoir s’adapter à un monde plus protectionniste et augmenter son budget militaire.
Dans ce contexte, elle n’a d’autre choix que de s’appuyer sur la France. Mais Berlin ne sera pas pour Paris un partenaire facile. Entre des conservateurs allemands hostiles à davantage de solidarité financière avec le reste de la zone euro et des sociaux-démocrates très réservés sur la défense européenne, Emmanuel Macron va vite devoir reconnaître que l’union est un combat.

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                Angela Merkel veut « redonner une voix forte » à l’Allemagne au sein de l’UE



Déjà en février, les conservateurs allemands n’ont pas soutenu son idée de créer des listes transnationales lors des élections européennes de 2019, infligeant au président français un revers symbolique de bien mauvais augure. Désormais à la tête d’un gouvernement qui a fait de la « relance de l’Europe » sa priorité, Angela Merkel ne peut pourtant plus tergiverser. Il y va de son intérêt, mais aussi de celui de l’Union européenne. Pour la chancelière, il s’agit maintenant de ne pas rater sa sortie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Près de six mois après les élections législatives du 24 septembre 2017, la chancelière allemande a enfin été élue par les députés.
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Allemagne : après six mois de négociations, Angela Merkel réélue chancelière

Près de six mois après les élections législatives du 24 septembre 2017, la chancelière allemande a enfin été élue par les députés.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 11h50
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Enfin ! Il était difficile de ne pas avoir ce mot à l’esprit en assistant, mercredi 14 mars, à la réélection d’Angela Merkel par le Bundestag. Cent soixante et onze jours après les élections législatives du 24 septembre 2017, la chancelière allemande a, enfin, été réélue pour un quatrième mandat, avec 364 voix sur 692.
Le vote a eu lieu à bulletin secret et le résultat a été proclamé, un peu avant 10 heures, par Wolfgang Schäuble, le président du Bundestag. Au vu du décompte, Mme Merkel n’a pas fait le plein des voix des groupes de sa majorité : si l’ensemble des députés chrétiens-démocrates (CDU-CSU) et sociaux-démocrates (SPD) avaient voté pour elle, elle aurait en effet obtenu 399 voix.

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Avec cette réélection, qui devait être suivie par la prestation de serment d’Angela Merkel et de ses ministres au Bundestag, en milieu de journée, une longue parenthèse se referme. Depuis la naissance de la République fédérale, en 1949, jamais autant de temps ne s’était écoulé entre des élections législatives et l’investiture d’un nouveau gouvernement. En 2009, cela avait pris un mois. En 2013, il avait fallu attendre trois mois. Cette fois, presque six mois auront été nécessaires.
Grand flou
Pour répondre à l’impatience de ses concitoyens, Mme Merkel a promis que sa nouvelle équipe serait très vite opérationnelle. « Le moment est venu de se mettre au travail », a-t-elle déclaré, lundi 12 mars, lors d’une conférence de presse. Ses partenaires répètent le même message. « Le nouveau gouvernement n’a en fait que trois ans devant lui. Il va donc falloir qu’il cravache », avait déclaré Manuela Schwesig, l’une des dirigeantes du SPD, dans un entretien paru, la veille, dans le quotidien Die Welt.
Au-delà de ces déclarations de bonnes intentions, le calendrier du nouveau gouvernement reste toutefois dans le plus grand flou. Interrogée sur le sujet, lundi, la chancelière s’est contentée d’annoncer qu’un séminaire gouvernemental serait rapidement organisé afin que chacun de ses quinze ministres présente sa propre feuille de route. En revanche, elle a opposé une fin de non-recevoir à ceux qui, dans l’opposition, la somment d’exposer un programme de réformes en cent jours.
Cette absence d’agenda clair témoigne d’un évident manque de coordination entre la CDU de Mme Merkel et ses deux partenaires de coalition qui, l’un comme l’autre, semblent davantage préoccupés par leurs propres échéances partisanes que par la cohérence de l’action gouvernementale.
Au sein de la CDU, les initiatives personnelles semblent avoir déjà pris le pas sur la discipline collective
C’est le cas des sociaux-démocrates. Avant leur prochain congrès, prévu le 22 avril à Wiesbaden (Hesse), les dirigeants du SPD souhaitent démontrer qu’ils ont eu raison d’inciter leur base à voter pour la reconduction d’une « grande coalition » avec les conservateurs. Pour Andrea Nahles, la chef de file des députés SPD au Bundestag, qui briguera la présidence du parti dans six semaines, il est indispensable que le nouveau gouvernement ait engagé, d’ici là, une réforme d’envergure.
Ancienne ministre du travail d’Angela Merkel, Mme Nahles tient ainsi à ce que soit votée rapidement une loi, réclamée de longue date par le SPD, permettant aux salariés qui travaillent à temps partiel de travailler à plein-temps s’ils le souhaitent.

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                Angela Merkel n’a d’autre choix que de s’appuyer sur la France



De son côté, la CSU pousse, elle aussi, pour inscrire ses propres priorités en tête de l’agenda du nouveau gouvernement. Dans un entretien au quotidien Bild, paru dimanche, Horst Seehofer, le nouveau ministre fédéral de l’intérieur, a ainsi promis la « tolérance zéro » contre les délinquants, une généralisation de la vidéosurveillance, ainsi qu’un « plan d’envergure pour accélérer les procédures d’examen des demandes d’asile et pratiquer une politique d’expulsion plus conséquente » pour ceux dont les demandes ont été rejetées.
Le message est clair : à six mois des élections régionales en Bavière, le président de la CSU entend profiter de sa nomination au gouvernement fédéral pour ramener au bercail les électeurs de son parti tentés par le vote AfD (extrême droite), au risque de braquer le SPD.
A l’intérieur même de la CDU, enfin, les initiatives personnelles semblent avoir déjà pris le pas sur la discipline collective. Dans une interview au Berliner Morgenpost, publiée lundi, le nouveau ministre de la santé, Jens Spahn, a ainsi affirmé que les personnes bénéficiant d’une allocation-chômage dans le cadre de la réforme baptisée « Hartz IV » ne pouvaient être considérées comme pauvres, dans la mesure où leurs besoins élémentaires sont assurés.
Un nouveau ministre sèchement recadré
Quelques heures plus tard, ce jeune ministre qui fait figure de principal adversaire de Mme Merkel au sein de la CDU, s’est fait sèchement recadrer par la nouvelle secrétaire générale du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer, proche de la chancelière. « Je mets en garde les gens comme lui ou moi qui gagnons correctement notre vie qu’ils ne doivent pas expliquer à ceux qui reçoivent le “Hartz IV” ce qu’ils doivent éprouver », a-t-elle déclaré.
Les propos du nouveau ministre de la santé ont également été sévèrement critiqués par les sociaux-démocrates. « Il semble que M. Spahn ne se soit pas montré assez attentif lors des négociations de coalition. Nous avons explicitement parlé du fait que, dans notre pays, il y avait des gens qui n’allaient pas bien », a réagi le secrétaire général du SPD, Lars Klingbeil.

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                Entre Paris et Berlin, une réforme poussive de la zone euro



« Cette grande coalition ne commence pas comme un mariage d’amour », a constaté Olaf Scholz (SPD), nouveau ministre des finances et vice-chancelier, lundi, aux côtés de Mme Merkel et de M. Seehofer. Le vote de mercredi au Bundestag le confirme. Certes, la chancelière a été réélue par 53 % des députés. Mais, depuis son arrivée au pouvoir, il y a douze ans, jamais cette majorité n’a été aussi étriquée. En 2013, c’est avec 73 % des voix en sa faveur qu’elle avait inauguré son troisième mandat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Installé près de La Corogne, le groupe Inditex, qui détient l’enseigne de mode, est le premier employeur de la région. Mais la délocalisation de sa production inquiète.
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En Espagne, la « Zara-dépendance » de la Galice

Installé près de La Corogne, le groupe Inditex, qui détient l’enseigne de mode, est le premier employeur de la région. Mais la délocalisation de sa production inquiète.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 11h09
    |

                            Juliette Garnier (envoyée spéciale à La Corogne) et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Les Catalans ont le Barça. Les Galiciens ont Zara. L’enseigne espagnole d’habillement est à La Corogne, première ville de Galice, ce que le club de football est à Barcelone : une fierté régionale.
Réputé pour son poulpe au piment vert et sa tour d’Hercule, un phare romain qui, au Moyen Age, orientait les navires des pèlerins anglais en chemin pour Saint-Jacques-de-Compostelle, le port de La Corogne, sur la côte Atlantique de l’Espagne, est le fief historique d’Inditex, ce groupe fondé par Amancio Ortega en 1963, douze ans avant l’ouverture de la première boutique Zara en centre-ville. Le milliardaire, qui détient 59,3 % du capital d’Inditex, coté à Madrid depuis 2001, aurait pu « mille fois » déménager son entreprise, rapporte un cadre. Il n’en a rien été.
A 82 ans, la première fortune d’Espagne – son patrimoine est estimé à 56 milliards d’euros – habite toujours sur le port, face à une côte lacérée par les tempêtes du golfe de Gascogne. Et son groupe (171 839 employés dont environ 50 000 en Espagne) draine 4 800 salariés dans les faubourgs de La Corogne, à Arteixo, sur la zone industrielle Poligono de Sabon, pour concevoir, fabriquer, vendre en ligne et expédier ses collections dans 7 475 magasins à travers le monde.
« Les plus intelligents de la copie »
Tous ceux que le numéro un mondial de l’habillement fascine se résignent à cette quasi-expatriation pour travailler à 13 km du centre-ville, loin de la folle Barcelone et à une heure d’avion de Madrid, dans des open spaces immaculés de 5 000 m². Parmi les 700 designers, beaucoup sont étrangers ; 46 nationalités cohabitent. « Les plus intelligents de la copie » de grandes marques de mode, jure Martine Leherpeur, spécialiste des tendances. Le groupe attire modistes et stylistes, grâce à « de bons salaires », à en croire un cadre, et des partenariats noués avec la Parsons School de New York ou l’école Esmod à Paris. Dans les locaux de Zara, la moyenne d’âge des...




                        

                        


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En Italie, les « égoïstes » du Nord contre les « assistés » du Sud

L’emballement médiatique survenu au lendemain des législatives au sujet d’une fausse information a révélé la persistance d’un clivage inextinguible et aussi vieux que le pays.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 06h46
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE ROME
Au début, l’histoire se présentait comme une de ces innombrables infos un peu loufoques, partagées des milliers de fois sur les réseaux sociaux, qui auront été l’ordinaire d’une campagne législative italienne au contenu politique particulièrement pauvre. Le premier média à en rendre compte est la Gazzetta du Mezzogiorno, dans son édition du 8 mars.
Selon ce quotidien local de la région des Pouilles, dès le lendemain des élections du 4 mars, les bureaux du Centre d’assistance fiscale et la mairie de Bari ont été littéralement pris d’assaut. La raison de cet afflux ? Des dizaines et des dizaines d’électeurs, ayant appris que le Mouvement 5 Etoiles (M5S) avait gagné, pensaient visiblement que son programme entrerait en vigueur du jour au lendemain, avant même que soit formé le nouveau gouvernement ; ils se sont rendus dans leurs agences pour demander le formulaire leur donnant droit au « revenu de citoyenneté ».
L’agence de presse ANSA reprend alors la nouvelle, bientôt imitée par l’ensemble de la presse nationale et les journaux télévisés. D’autres cas de ruées vers les guichets sont signalés à Giovinazzo (toujours dans les Pouilles), mais aussi à Palerme, en Sicile, où de faux formulaires ont même commencé à circuler… En un clin d’œil, les demandeurs de Bari sont devenus le symbole d’un Sud crédule et arriéré, où – comme par hasard – le M5S a triomphé encore plus qu’ailleurs.
Très vite, celui-ci qualifie l’histoire de « fake news » (« bufala » en italien), tandis que le maire (non inscrit) de Giovinazzo essaie immédiatement de politiser l’affaire, confiant gravement : « Je crois que les citoyens ont été envoûtés par les spots électoraux. Il y a bien une victoire nette et irréfutable des Cinq Etoiles, mais pour le “revenu de citoyenneté”, ça va être difficile… »
« Génération perdue »
Seulement voilà, après quelques heures d’hilarité, la ruée vers les guichets complaisamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les producteurs ont justifié les différences de salaires en arguant que l’acteur Matt Smith (alias le prince Philip) était plus connu au moment de la négociation des cachets.
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Netflix paye moins la reine que le prince consort dans la série « The Crown »

Les producteurs ont justifié les différences de salaires en arguant que l’acteur Matt Smith (alias le prince Philip) était plus connu au moment de la négociation des cachets.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 03h34
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 11h11
   





                        



   


La reine d’Angleterre est moins bien lotie que son prince sur Netflix. Les producteurs de la série à succès The Crown, qui retrace la vie de la reine Elizabeth II, ont reconnu, mardi 13 mars, que l’acteur Matt Smith – il incarne le prince consort Philip Mountbatten, duc d’Edimbourg – était mieux rémunéré que l’actrice Claire Foy, jouant la souveraine.
Selon le magazine Variety, l’actrice britannique gagnait 40 000 dollars (32 280 euros) par épisode en 2017, alors que le budget par épisode était de 7 millions de dollars.
Sans infirmer, ni confirmer les montants, l’équipe de la série a justifié cet écart de rémunération par le fait que Matt Smith était mieux établi et reconnu au moment de la négociation des cachets – il avait incarné Doctor Who dans la série éponyme de la BBC entre 2010 et 2013. Mais cette explication n’a pas fait taire toutes les critiques. Certains ont ainsi estimé que cette différence de traitement aurait dû cesser après la première saison, l’actrice ayant reçu de nombreuses récompenses et louanges pour sa prestation.

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                Comment Robin Wright a obtenu d’être payée autant que Kevin Spacey pour « House of Cards »



Le fossé salarial sera comblé
« Partant du principe que la reine Elizabeth jouée par [Claire] Foy est le pivot et la force motrice de la série, il est incompréhensible que [Matt] Smith soit toujours payé davantage qu’elle dans la seconde saison », déplore Alex Abad-Santos, correspondant culture du site d’informations Vox. Un constat partagé par le New York Times, qui estime que Claire Foy est devenue en deux saisons une « star émergente » remportant le Golden Globe de la meilleure actrice, et étant plusieurs fois nommée (Golden Globe, Emmy). Le quotidien met en comparaison le cas de Matt Smith qui n’a « pas été nommé, ni pour un Golden Globe, ni pour un Emmy ».
Par ailleurs, Claire Foy avait déjà acquis une solide réputation d’actrice pour ses rôles dans Maîtres et valets (2010-2012) ou Dans l’ombre des Tudors (2015), lorsqu’elle a été choisie.
Suzanne Mackie, l’une des productrices de The Crown, a affirmé que le fossé salarial serait comblé pour la troisième saison. Mais Claire Foy n’en bénéficiera pas. En effet, les deux acteurs principaux vont être remplacés pour le tournage qui commence en juillet, et qui fera un saut dans le temps (des années 1940-1950 aux années 1960-1970) : Olivia Colman interprétera la reine Elizabeth II et le nom du successeur de Matt Smith n’est pas encore connu. Helena Bonham-Carter doit pour sa part remplacer Vanessa Kirby en tant que princesse Margaret, la sœur de la reine.
Un sujet récurrent dans l’industrie
L’inégalité salariale entre acteurs et actrices est un sujet récurrent à Hollywood. Comme le rappelle le New York Times, l’actrice principale du film de Ridley Scott, All The Money in the Word, Michelle Williams, avait touché 80 dollars par jour – un peu au-dessus du salaire minimal – pour dix jours supplémentaires de tournage, en conséquence de l’éviction de Kevin Spacey du film. Son partenaire à l’écran, Mark Wahlberg, avait reçu le même salaire journalier, ainsi qu’une prime négociée de 1,5 million de dollars. Pour mettre un terme à la polémique, l’agent de l’acteur avait fait une donation de 2 millions de dollars, au nom de Michelle Williams, à une association se battant contre l’inégalité salariale et les abus sexuels à Hollywood.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Londres a promis une « panoplie » de sanctions si le Kremlin n’apporte pas de réponse satisfaisante sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, Ioulia.
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Ce qu’il faut retenir des échanges entre Moscou et Londres après l’empoisonnement de l’ex-espion russe

Londres a promis une « panoplie » de sanctions si le Kremlin n’apporte pas de réponse satisfaisante sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, Ioulia.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 20h15
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 00h00
   





                        


L’essentiel
Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été hospitalisés le 4 mars « dans un état critique » à Salisbury dans le sud de l’Angleterre, après avoir été retrouvés inconscients sur un banc.La police antiterroriste britannique, saisie de l’enquête, déclare que les deux victimes ont été empoisonnées à l’aide d’un agent neurotoxique.Le 12 mars, Theresa May affirme qu’il est « très probable » que la Russie soit à l’origine de l’attaque et lui demande des explications d’ici mardi 13 mars à minuit.Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, qualifie de « propagande » les accusations de Londres.

   


Une relation dégradée avec Moscou
Cet empoisonnement est le dernier épisode qui met à mal une relation déjà dégradée entre Londres et Moscou. L’enquête sur la morte d’Alexandre Litvinenko avait conclu que celui-ci a été empoisonné lors d’une opération des services secrets russes « probablement approuvée par le président Poutine » selon la justice britannique. Au cours des derniers mois, les multiples approches d’avions ou navires russes dans les eaux territoriales britanniques ont conduit Londres à durcir le ton face au Kremlin. Plusieurs députés britanniques ont dénoncé des « ingérences » russes, via les réseaux sociaux, dans la campagne du référendum sur le Brexit. Londres a déclaré la Russie « responsable de la cyberattaque destructrice NotPetya », en juin 2017, qui avait notamment affecté le numéro un mondial de la publicité, le groupe britannique WPP.
Le chiffre
3
Nombre – minimum – de morts suspectes d’exilés russes installés à Londres : Alexandre Litvinenko meurt le 23 novembre 2006 après trois semaines d’agonie à la suite d’un empoisonnement au polonium 210 ; celle d’Alexandre Perepilitchni passe pour naturelle mais des analyses révèlent la présence dans son organisme d’une molécule associée au gelsemium, une plante toxique venue d’Asie. L’ex-oligarque russe Boris Berezovski est retrouvé pendu en mars 2013 dans sa résidence près de Londres. Sa mort est considérée comme « inexpliquée » par la police britannique. Pour BuzzFeed, les services américains estiment à 14 le nombre de morts suspectes liées à la Russie.
La citation
« L’information récente selon laquelle deux personnes sont tombées gravement malades au Royaume-Uni à la suite d’une exposition à un agent innervant est vivement préoccupante », a déclaré Ahmet Uzümcü, directeur général de l’OIAC.
Escalade
Donald Trump affirme mardi que les Etats-Unis sont « sans réserve » avec la Grande-Bretagne. Emmanuel Macron condamne une « attaque inacceptable ». La chancelière allemande Angela Merkel déclare prendre « extrêmement au sérieux » les accusations de Londres contre Moscou.
L’autorité britannique de régulation des médias, Ofcom, annonce que le réseau russe d’information continue Russia Today (RT) pourrait perdre ses licences au Royaume-Uni si le gouvernement de Theresa May détermine que Moscou est responsable de l’empoisonnement. Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, prévient que Moscou n’autoriserait plus aucun média britannique à opérer en Russie si RT perdait ses licences. Elle ajoute qu’aucun pays ne devrait menacer une puissance nucléaire.

Pour aller plus loin
Soupçons d’empoisonnement d’un ex-espion russe en AngleterreEx-espion empoisonné : la crise s’envenime entre la Russie et le Royaume-UniL’empoisonnement de Sergueï Skripal ravive le spectre du « laboratoire des poisons » soviétique.Novitchok : un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les services de l’antiterrorisme enquêtent en raison du passé de la victime. Pour Scotland Yard, il n’existe « aucun élément suggérant un lien avec l’incident de Salisbury ».
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Un exilé russe, proche de l’oligarque Boris Berezovksi, retrouvé mort à Londres

Les services de l’antiterrorisme enquêtent en raison du passé de la victime. Pour Scotland Yard, il n’existe « aucun élément suggérant un lien avec l’incident de Salisbury ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h46
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 19h18
   





                        



   


Nikolaï Glouchkov, un Russe, ancien partenaire en affaires de l’oligarque et opposant au Kremlin Boris Berezovksi, a été trouvé mort, lundi 12 mars, dans des circonstances inexpliquées dans sa maison, dans le quartier de New Malden, au sud de Londres.
Cette mort survient en pleine tension entre Londres et Moscou autour de l’affaire Skripal, du nom de l’ex-espion russe empoisonné, le 4 mars, avec un agent innervant militaire à Salisbury, dans le sud-ouest du Royaume-Uni, une attaque attribuée par Londres à la Russie.
La police antiterroriste britannique a précisé, mardi, s’être saisie de l’enquête « par précaution et à cause des relations qu’avait cet homme », sans toutefois confirmer son identité, dans un communiqué. La police britannique a souligné dans son communiqué qu’elle n’avait « pas de preuve d’un lien avec l’incident à Salisbury ».

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Traces de strangulation
Selon sa fille Natalia citée par le quotidien russe Kommersant, son corps portait des traces de strangulation. Selon le Guardian, Nikolaï Glouchkov, 68 ans, avait reçu l’asile politique au Royaume-Uni en 2010.
« Nous avons des amis en commun, ils ont annoncé sa mort. Je ne sais rien sur ses causes, mais c’était un homme âgé. Il est décédé à son domicile à Londres », a réagi Demian Koudriavtsev, le propriétaire du quotidien économique russe Vedomosti et ancien conseiller de Boris Berezovski, cité par l’agence officielle TASS. « On m’a confirmé le fait qu’il est mort, mais j’en ignore les causes », a déclaré, pour sa part, Andreï Borovkov, l’avocat de Nikolaï Glouchkov, cité par l’agence publique RIA Novosti.
Condamné pour détournement de fonds
Ancien cadre dirigeant d’Aeroflot dans les années 1990, M. Glouchkov avait été condamné à huit ans de prison par contumace en mars 2017 par la justice russe, qui avait ordonné le versement à la compagnie aérienne de 20 millions de dollars saisis à la fin des années 1990 sur des comptes en Suisse.
Les poursuites pour détournement de fonds au détriment d’Aeroflot avaient été lancées en 1999, au moment où Glouchkov faisait partie des partenaires de Boris Berezovski. L’ex-oligarque russe devenu opposant au Kremlin avait été retrouvé pendu dans sa résidence près de Londres en mars 2013. M. Glouchkov avait mis en doute la thèse d’un suicide.



                            


                        

                        


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Portraits des quinze ministres du nouveau gouvernement d’Angela Merkel

Neuf hommes et six femmes composent le quatrième gouvernement de la chancelière allemande. Ils entrent en fonction ce mercredi 14 mars.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 08h08
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Cent soixante et onze jours après les élections législatives, le nouveau gouvernement allemand entre enfin en fonction, mercredi 14 mars. Quinze ministres au total (auxquels s’ajoutent une trentaine de secrétaires d’Etat), sous l’autorité d’Angela Merkel, dont c’est le quatrième mandat en tant que chancelière fédérale.
Comme dans le gouvernement sortant, issu des législatives de 2013, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD) comptent chacun six ministres de plein exercice, tandis que l’Union chrétienne-sociale (CSU), l’alliée bavaroise de la CDU, en a trois.
Politiquement, le SPD et la CSU ont toutefois gagné en influence, le premier récupérant le portefeuille des finances et la seconde celui de l’intérieur, signe d’un relatif affaiblissement de Mme Merkel (CDU) qui ne compte plus que deux fidèles dans la nouvelle équipe : Peter Altmaier (économie) et Ursula von der Leyen (défense).

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Comme l’équipe sortante, la nouvelle compte neuf hommes et six femmes (plus la chancelière), une entorse à la parité due à la CSU bavaroise qui, contrairement à la CDU et au SPD, n’a confié qu’à des hommes les ministères de plein exercice qui lui étaient réservés.
En revanche, cette équipe est plus jeune que la précédente. La moyenne d’âge des ministres est de 50 ans, soit cinq de moins que le gouvernement nommé en 2013. Dans cette nouvelle équipe, seule Angela Merkel et Horst Seehofer (intérieur) ont plus de 60 ans.
Les nouvelles têtes
Olaf Scholz (SPD), 59 ans, ministre des finances et vice-chancelier

   


Le vice-chancelier d’Angela Merkel partage au moins deux choses avec elle : Hambourg, où elle est née et dont il fut élu maire en 2011, et une certaine réserve naturelle qui passe pour un manque de charisme mais cache une opiniâtreté de fer et un goût prononcé pour le pouvoir. Salué pour sa bonne gestion de sa ville, même si son bilan est entaché par les violences urbaines qui ont perturbé le sommet du G20, en juillet 2017, le nouveau ministre des finances est considéré comme appartenant à l’aile droite du SPD, notamment depuis son soutien sans faille aux réformes entreprises par le chancelier Gerhard Schröder au début des années 2000.
Toute la question est aujourd’hui de savoir dans quelle mesure sa politique se démarquera de celle de Wolfgang Schäuble (CDU), qui fut chargé des finances de 2009 à 2017. Pour l’heure, M. Scholz s’est surtout employé à mettre ses pas dans ceux de son prédécesseur, assurant notamment qu’il serait le garant du « zéro noir » (Schwarze Null), cher à celui-ci, autrement dit d’une politique de strict équilibre budgétaire.
Très attendu sur le terrain européen, où il est peu connu, il devra aussi rendre des comptes au SPD, dont il est président par intérim depuis la démission de Martin Schulz, le 11 février. Au sein du parti, beaucoup attendent en effet de lui qu’il profite du fait que les sociaux-démocrates aient récupéré le portefeuille des finances, ce qui n’était plus le cas depuis 2009, pour mener une politique plus offensive en matière d’investissements.
Jens Spahn (CDU), 37 ans, ministre de la santé

   


Le ministère de la santé sera sans doute l’un des plus politiques du nouveau gouvernement, et ce en raison de la personnalité de son nouveau titulaire, Jens Spahn, qui était depuis 2015 secrétaire d’Etat aux finances.
Elu pour la première fois au Bundestag en 2002, à l’âge de 22 ans, le député de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a été le premier membre de la direction de la CDU, en 2015, à critiquer ouvertement la politique d’accueil des réfugiés décidée cette année-là par Angela Merkel. Mais son désaccord avec elle est en réalité bien plus profond. Dans son parti, M. Spahn fait en effet partie de ceux qui estiment que Mme Merkel a trop rapproché la CDU du SPD, au risque de perdre une partie de son électorat traditionnel.
En nommant M. Spahn au ministère de la santé, un domaine qu’il connaît bien pour en avoir été le responsable au groupe CDU du Bundestag de 2009 à 2015 – ce qui lui valut à l’époque d’être accusé de conflits d’intérêts en raison de ses liens avec une société de lobbying spécialisée dans le secteur pharmaceutique –, la chancelière a choisi d’envoyer un signal clair en direction de l’aile libérale-conservatrice de son parti.
Horst Seehofer (CSU), 68 ans, ministre de l’intérieur 

   


Depuis la signature du « contrat de coalition », le 7 février, Horst Seehofer ne cesse de répéter que cet accord le « satisfait pleinement ». Cela peut se comprendre, tant sur le plan politique que personnel. Sur le fond, le président de la CSU a en effet obtenu le durcissement qu’il réclamait depuis 2015 à Angela Merkel en matière de politique migratoire. Une façon pour son parti de tenter d’endiguer la montée du parti d’extrême droite AfD, à moins d’un an des prochaines élections bavaroises. Par ailleurs, il hérite pour lui-même d’un « super » ministère de l’intérieur élargi au secteur du logement et auquel est désormais accolé le mot « Heimat » (patrie).
A 68 ans, celui qui était depuis 2008 ministre-président de la Bavière reste président de la CSU, même si son autorité à la tête des conservateurs bavarois est très contestée depuis le mauvais résultat du parti aux élections législatives du 24 septembre 2017.
Dans un entretien au quotidien conservateur Bild, dimanche 11 février, le nouveau ministre de l’intérieur a promis la « tolérance zéro » contre les délinquants, une généralisation de la vidéosurveillance et un « plan d’envergure pour accélérer les procédures d’examen des demandes d’asile et pratiquer une politique d’expulsion plus conséquente » pour ceux dont les demandes ont été rejetées.
Hubertus Heil (SPD), 45 ans, ministre du travail et des affaires sociales

   


A l’automne 2013, son nom avait circulé pour le ministère de l’économie. C’est finalement à Sigmar Gabriel, alors président du SPD, que ce portefeuille avait été confié. Quatre ans et demi plus tard, Hubertus Heil entre cette fois au gouvernement, comme ministre du travail et des affaires sociales. En annonçant sa nomination, le 9 mars, Andrea Nahles, la présidente du SPD au Bundestag, a salué « un homme qui comprend et connaît les partenaires sociaux ». Agé de 45 ans, cet élu de Basse-Saxe, député depuis 1998, a été secrétaire général du SPD de 2005 à 2009 puis de juin à septembre 2017.
Au travail et aux affaires sociales, le ministère fédéral doté du plus gros budget (140 milliards d’euros), il devra mettre en œuvre deux réformes délicates : l’encadrement des contrats à durée déterminée, qui a fait l’objet d’âpres discussions entre sociaux-démocrates et conservateurs lors des négociations sur le « contrat de coalition », et la refonte du système des retraites, qui sera l’un des principaux chantiers du nouveau gouvernement.
Anja Karliczek (CDU), 46 ans, ministre de l’éducation

   


Les Allemands ont découvert son nom le 25 février, quand Angela Merkel a dévoilé la liste des futurs ministres issus de la CDU. Inconnue du grand public, Anja Karliczek n’est membre du Bundestag que depuis 2013. Auparavant, elle avait travaillé dans l’hôtel de ses parents, dans une petite ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
Elue de la circonscription voisine de celle de Jens Spahn, le nouveau ministre de la santé, elle n’a aucune expertise particulière dans le domaine de l’éducation, ce qui a été largement souligné par la presse et par l’opposition au moment de sa nomination. Son rôle devrait pourtant être plus important que celui de nombre de ses prédécesseurs, en raison de la volonté affichée par la nouvelle « grande coalition » de renforcer les prérogatives de l’Etat fédéral en la matière, au risque de remettre en cause plus de soixante ans de souveraineté quasi absolue des Länder dans ce domaine.
Julia Klöckner (CDU), 45 ans, ministre de l’agriculture

   


Invitée régulière des émissions politiques et très populaire parmi les adhérents de la CDU, dont elle est l’une des vice-présidentes, Julia Klöckner fait partie des rares personnalités du parti conservateur considérées comme pouvant succéder à Angela Merkel, même si sa défaite inattendue face au SPD lors des élections régionales de 2016 en Rhénanie-Palatinat en fait aujourd’hui une prétendante moins évidente.
Agée de 45 ans, Mme Klöckner est assez représentative de la nouvelle génération de responsables de la CDU, partisans d’une ligne plus libérale que Mme Merkel sur le plan économique, et plus conservatrice sur le terrain des valeurs. Avocate du projet de traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, elle est également connue pour ses prises de position contre l’avortement et pour l’interdiction de la recherche sur les cellules-souches embryonnaires. Sa nomination au ministère de l’agriculture n’est pas une surprise. Elle y fut déjà secrétaire d’Etat de 2009 à 2011.
Franziska Giffey (SPD), 39 ans, ministre de la famille

   


C’est l’une des surprises du nouveau gouvernement. Agée de 39 ans, Franziska Giffey est une parfaite inconnue sur la scène politique nationale. Depuis 2015, elle était maire de Neukölln, un des arrondissements les plus populaires de Berlin mais aussi un de ceux où les questions d’intégration et les défis liés à la « gentrification » de la capitale allemande sont les plus aigus. Née en 1978 à Francfort-sur-l’Oder, sur la frontière polonaise, elle est – avec Angela Merkel – la seule ministre de plein exercice du nouveau gouvernement à être originaire d’ex-Allemagne de l’Est
Svenja Schulze (SPD), 49 ans, ministre de l’environnement

   


Les défenseurs de l’environnement ont jugé sévèrement le « contrat de coalition », estimant qu’il manquait singulièrement d’ambition dans deux domaines en particulier : la transition énergétique et la lutte contre les émissions de CO2. Ces dossiers seront pourtant au cœur de la nouvelle législature, notamment suite à la décision du tribunal administratif fédéral de Leipzig, le 27 février, qui autorise les grandes villes à interdire la circulation des voitures diesel polluantes, un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules dans le pays.
Dans la bataille qui s’annonce, les associations de défense de l’environnement s’inquiètent déjà du rôle que jouera la nouvelle ministre, Svenja Schutze. Chargée de la recherche scientifique dans le gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie de 2010 à 2017, elle était jusque-là secrétaire générale de la puissante fédération SPD de ce Land, une fédération peu réputée pour ses idées audacieuses dans le domaine de l’environnement en raison de ses liens historiques avec l’industrie du charbon.
Andreas Scheuer (CSU), 43 ans, ministre des transports

   


Secrétaire général de la CSU depuis 2013, Andreas Scheuer est surtout connu hors de Bavière pour ses déclarations provocatrices. En 2014, lors de l’élection de Bodo Ramelow, membre du parti de gauche radicale Die Linke, à la tête du Land de Thuringe, il avait parlé de « jour de honte pour l’Allemagne réunifiée », qualifiant le nouveau ministre-président de ce Land situé dans l’ancienne RDA d’« agent de haut rang de l’ex-Stasi-Connection ».
En 2016, il avait déploré l’attitude trop laxiste, selon lui, des autorités allemandes vis-à-vis des étrangers sans titre de séjour, déclarant : « Le pire, c’est un Sénégalais joueur de foot et servant de messe qui vit ici depuis plus de trois ans. Lui, tu ne pourras jamais l’expulser. »
Au ministère des transports, M. Scheuer succède à Alexander Dobrindt, désormais chef de file des députés CSU au Bundestag. A ce poste, il devrait s’inscrire dans la stricte continuité de son prédécesseur, qui fut un défenseur zélé des intérêts de l’industrie automobile, secteur clé de l’économie bavaroise.
Les rescapés
Ursula von der Leyen (CDU), 59 ans, ministre de la défense

   


Aucun ministre n’avait été aussi contesté au cours des dernières années. Fragilisée par plusieurs scandales ayant touché l’armée allemande ainsi que par le débat récurrent sur le sous-équipement de la Bundeswehr, Ursula von der Leyen est – avec Gerd Müller (CSU), chargé du développement – la seule membre de l’équipe sortante à conserver son portefeuille.
Proche d’Angela Merkel, cette mère de sept enfants, qui fut ministre de la famille de 2005 à 2009, fait partie des 75 députés conservateurs (sur 225) à avoir voté en faveur de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, en juin 2017. Son maintien au ministère de la défense pourrait toutefois n’être que provisoire, en attendant qu’un poste se libère à la Commission européenne, en 2019, ou à l’Otan, en 2020, au terme du mandat de l’actuel secrétaire général, le Norvégien Jens Stoltenberg.
Peter Altmaier, 59 ans, ministre de l’économie

   


Fidèle parmi les fidèles d’Angela Merkel, dont il fut ministre de l’environnement (2012-2013) puis ministre de la chancellerie à partir de 2013, Peter Altmaier assurait l’intérim de Wolfgang Schäuble (CDU) au ministère des finances depuis l’élection de celui-ci à la présidence du Bundestag, en octobre 2017. Faute de pouvoir conserver ce portefeuille dont ont hérité les sociaux-démocrates, il a hérité du ministère de l’économie, réputé moins prestigieux et moins influent.
Européen convaincu et parfaitement francophone, cet élu de la Sarre est un parlementaire aguerri – il est membre du Bundestag depuis 1994 – autant qu’un habitué des plateaux de télévision. Situé à l’aile gauche de la CDU, il entretient de longue date des relations cordiales avec les écologistes et les sociaux-démocrates. En juin 2017, il a lui aussi fait partie des députés conservateurs ayant voté pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels.
Heiko Maas (SPD), 51 ans, ministre des affaires étrangères

   


Dans une autre vie, Heiko Maas aurait pu être champion cycliste. A 51 ans, il continue de pratiquer le triathlon et passe pour être l’un des hommes politiques allemands les plus passionnés de sport. Nommé ministre de la justice en 2013, il est surtout connu pour son engagement contre l’extrême droite ainsi que pour sa loi controversée, entrée en vigueur le 1er janvier et qui oblige les réseaux sociaux à supprimer les contenus haineux publiés par leurs utilisateurs.
Européen convaincu, cet élu de la Sarre ne s’est guère aventuré jusque-là sur le terrain de la politique étrangère. En juillet 2017, il s’était toutefois distingué par des propos très sévères contre le régime turc. « M. Erdogan remplit les prisons avec ses adversaires et ceux qui le critiquent. Cela n’a plus rien à voir avec ce que doit être un Etat de droit », avait-il dit, quelques jours après l’arrestation, en Turquie, de plusieurs défenseurs des droits de l’homme.
Katarina Barley (SPD), 49 ans, ministre de la justice

   


« Je suis un couteau suisse », avait-elle récemment confié, façon de dire que tout portefeuille lui conviendrait du moment qu’on lui en proposerait un. Fille d’un journaliste britannique et d’une médecin allemande, bilingue en anglais et très à l’aise en français – elle a étudié le droit en France –, Katarina Barley faisait partie des possibles successeurs de Sigmar Gabriel aux affaires étrangères.
Ministre de la famille depuis juin 2017, cette ancienne secrétaire générale du SPD (2015-2017) a finalement hérité du portefeuille de la justice. Ce secteur ne lui est pas étranger : avant d’être élue au Bundestag, en 2013, elle avait travaillé comme juriste à la Cour constitutionnelle de Karlsruhe et comme conseillère au ministère de la justice du Land de Rhénanie-Palatinat.
Helge Braun (CDU), 45 ans, ministre de la chancellerie

   


Médecin anesthésiste, membre du Bundestag depuis 2002, cet élu de la Hesse était déjà secrétaire d’Etat à la chancellerie depuis 2013, où il s’occupait notamment des relations entre l’Etat fédéral et les Länder. Avec le départ de Peter Altmaier pour le ministère de l’économie, cet homme discret et sans appétence particulière pour les caméras accède au poste stratégique de ministre de la chancellerie, sorte de super-directeur de cabinet, véritable bras droit d’Angela Merkel.
Gerd Müller (CSU), 62 ans, ministre du développement

   


Avec Ursula von der Leyen (défense), Gerd Müller (CSU) est le seul ministre de plein exercice du précédent cabinet à conserver son poste. Chargé du développement depuis 2013, il a lancé, en 2016, l’idée d’un « plan Marshall pour l’Afrique », qui témoigne de l’intérêt croissant de la diplomatie allemande pour ce continent. L’une des justifications de ce plan de développement, qui a pour l’instant peu de retombées concrètes, est la « lutte contre les causes de l’immigration », une priorité affichée d’Angela Merkel depuis la crise des réfugiés de 2015.



                            


                        

                        

