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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Ahmed H. a été condamné à sept ans de prison ferme pour avoir jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015.
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La justice hongroise confirme la condamnation d’un Syrien « injustement diabolisé »

Ahmed H. a été condamné à sept ans de prison ferme pour avoir jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h31
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Accusé d’avoir participé à des heurts violents entre migrants et forces de l’ordre à la frontière serbo-hongroise en 2015, un Syrien a vu sa peine confirmée lors d’un nouveau jugement en Hongrie, mercredi 14 mars. Ahmed H., devenu le symbole d’une dérive sécuritaire dans ce pays d’Europe centrale, a été condamné à sept ans de prison pour terrorisme et entrée irrégulière. Selon Eda Seyhan, d’Amnesty International :
« Lui qui aura simplement tenté d’aider sa famille à fuir la Syrie a été injustement diabolisé dans le tribunal tout comme à l’extérieur. Aucune des preuves à son encontre ne constitue un acte de terrorisme. »

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La décision de justice survient en pleine campagne électorale et alors que le premier ministre souverainiste, Viktor Orban, candidat à sa réélection le 8 avril, a publiquement reproché à l’Union européenne de « soutenir le terrorisme ». Cette dernière, comme Washington, s’était inquiétée du caractère disproportionné de la condamnation d’Ahmed H. lors de son premier procès.
La Commission européenne a ouvert une procédure d’infraction à l’encontre de la Hongrie, accusée de bafouer les droits humains : les magistrats collent étrangement, concernant les dossiers de migrants entrés illégalement dans le pays, au discours de fermeté du gouvernement. Le Parlement européen a aussi fait référence au cas d’Ahmed H. pour réclamer en mai 2017 le déclenchement d’une procédure de sanctions à l’encontre de Budapest.
Mauvais endroit au mauvais moment
Le 16 novembre 2016, Ahmed H., décorateur résidant à Chypre, avait été reconnu coupable de « franchissement illégal de la frontière, acte de terrorisme et participation à un attroupement portant atteinte à l’ordre public ». Le jugement le qualifiait alors de « dangereux fanatique religieux », parce qu’il avait approfondi sa connaissance du Coran et était membre d’une organisation sunnite ayant pignon sur rue.
Quadragénaire, réfugié depuis neuf ans à Chypre, marié à une Chypriote chrétienne, père de deux petites filles, Ahmed H. s’était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Il avait pris la route des Balkans à l’été 2015, dans le but d’arracher ses parents et d’autres membres de sa famille aux combats sévissant à Alep. Il souhaitait les conduire en Allemagne, où l’attitude ouverte de la chancelière Angela Merkel tranchait avec celle de ses voisins. Mais il s’était présenté à la frontière hongroise, le 16 septembre, au moment où Budapest venait de se barricader et de pénaliser toute traversée sauvage de la clôture. Des centaines de migrants s’étaient alors retrouvées dans une impasse côté serbe et avaient imploré les forces de l’ordre de les laisser passer.
Des affrontements avaient éclaté et onze d’entre eux avaient été emprisonnés. Depuis, ceux que les ONG avaient surnommé les « onze de Röszke », du nom du poste frontière en question, ont tous été libérés, sauf Ahmed H., que Viktor Orban persiste à vouloir décrire comme un « terroriste ». Il est l’unique migrant condamné à ce titre en Hongrie. Il peut encore faire appel.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le chef de l’opposition, Jeremy Corbyn a refusé de soutenir les sanctions visant la Russie, « coupable », selon Londres, d’avoir empoisonné un ex-agent double sur le sol britannique.
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Avec l’Affaire Skripal, Theresa May cherche aussi à marquer des points au Royaume-Uni

Le chef de l’opposition, Jeremy Corbyn a refusé de soutenir les sanctions visant la Russie, « coupable », selon Londres, d’avoir empoisonné un ex-agent double sur le sol britannique.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 18h14
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h17
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Expulsion de vingt-trois diplomates russes, suspension des contacts diplomatiques, nouvelle législation contre « les activités d’Etat hostiles », Coupe du monde de football privée de présence de la famille royale. Theresa May a annoncé, mercredi 14 mars, une panoplie calculée au plus juste de mesures de rétorsion contre la Russie qu’elle tient pour responsable de l’empoisonnement, à Salisbury, de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, qui restent entre la vie et la mort. « Il n’existe pas d’autre conclusion que celle qui désigne l’Etat russe comme coupable de la tentative de meurtre de M. Skripal et de sa fille et des menaces contre la vie d’autres citoyens britanniques à Salisbury », a déclaré la première ministre.
« C’est un affront à l’interdiction de l’usage des armes chimiques, a-t-elle ajouté. Et c’est un affront au système légal dont nous et nos partenaires internationaux dépendons. » Mme May s’est félicitée de la solidarité exprimée par les alliés du Royaume-Uni – Etats-Unis, Allemagne et France en tête. « Ce qui est arrivé ici pourrait se passer dans n’importe quel autre pays » occidental, a-t-elle souligné.

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          Ex-espion empoisonné : Londres suspend les contacts bilatéraux avec Moscou



En défenseuse de l’Etat de droit
En affichant sa fermeté et en se posant en défenseuse de l’Etat de droit, Mme May a aussi cherché à marquer des points sur la scène politique britannique, où son leadership est ardemment contesté. Le refus du chef de l’opposition, Jeremy Corbyn, de soutenir explicitement les mesures annoncées, son appel au « maintien d’un dialogue solide avec la Russie » et son étonnante dénonciation des coupes budgétaires au Foreign office, ont été visiblement accueillis avec une certaine consternation sur ses propres bancs.
Son ambivalence pourrait aider Theresa May à élargir ses soutiens et à renforcer sa position, alors que les discussions avec Bruxelles sur le Brexit entrent dans une phase cruciale. L’ambassadeur russe à Londres, Alexandre Yakovenko, lui, a jugé la réaction britannique « absolument inacceptable » et digne d’une « provocation ».
En 2006, quatre diplomates russes avaient été expulsés après l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko, ancien agent du KGB, à Londres. Cette fois, Theresa May a donné une semaine à vingt-trois officiels russes, considérés comme des espions (sur cinquante-neuf en poste à Londres) pour faire leurs bagages. Cette expulsion, « la plus lourde depuis plus de trente ans », devrait « radicalement porter atteinte » aux capacités des Russes en matière de renseignement, a assuré la première ministre.
En outre, une invitation à Londres adressée au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a été révoquée et aucun officiel ni membre de la famille royale n’assistera à la Coupe du monde de football cet’été en Russie. Mais un boycott pur et simple de la compétition, qui aurait été fort impopulaire, a été écarté. De même, la première ministre n’a pas annoncé la suspension de l’autorisation d’émettre de la chaîne publique russe RT (ex-Russia Today) alors que l’Ofcom (l’autorité indépendante des communications) lui avait adressé mardi une mise en demeure. Rien non plus concernant les actifs financiers et immobiliers à Londres de nombreux Russes proches du pouvoir – une cible sensible pour l’élite russe, mais aussi pour la City.
Theresa May a aussi annoncé la mise en chantier d’une nouvelle loi contre « toutes formes d’activité hostile d’Etat » et l’adoption d’une disposition de type « Magnitsky act », du nom de la loi américaine qui permet de sanctionner les complices d’atteintes aux droits de l’homme perpétrés par la Russie.
Tandis qu’à Moscou le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitry Peskov, dénonçait des accusations britanniques « dépourvues de fondements et de preuves », le leader du Labour, Jeremy Corbyn, a semblé abonder dans ce sens devant le Parlement. Suggérant la possibilité que la Russie ait « par négligence perdu le contrôle » de l’agent innervant utilisé pour empoisonner les Skripal, il a fait crédit à Moscou de sa demande de remise d’un échantillon. Tout en qualifiant d’« affreux et épouvantables » les événements de Salisbury, il a accusé le gouvernement d’avoir affaibli la diplomatie britannique par ses coupes budgétaires.

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          Ce qu’il faut retenir des échanges entre Moscou et Londres après l’empoisonnement de l’ex-espion russe



Le plein de soutiens
La manière dont la ministre des affaires étrangères du cabinet fantôme, Emily Thornberry, pourtant proche de M. Corbyn, regardait ses chaussures pendant l’intervention de ce dernier et le manque de traditionnelles marques d’approbation parmi les députés de l’opposition, pourraient refléter une certaine réserve au sein de son camp.
La députée Yvette Cooper, candidate malheureuse à la direction du Labour en 2015 face à M. Corbyn, l’a d’ailleurs contredit en soulignant ensuite que les méthodes de l’état russe doivent faire l’objet d’une « condamnation sans équivoque ».
Au contraire, Theresa May a, elle, fait le plein de soutiens, y compris parmi les élus « rebelles » sur la question du Brexit. Le consensus autour du discours de la première ministre s’est étendu au Parti national écossais (SNP) ordinairement hypercritique et même aux Libéraux démocrates. Vincent Cable, le chef de ces derniers, a apporté son soutien « total » à Mme May. Dix jours après l’attentat de Salisbury et huit jours avant un Conseil européen décisif pour le Brexit, la première ministre britannique pourrait commencer à percevoir des « dividendes russes ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La première ministre britannique a annoncé la suspension des contacts bilatéraux avec la Russie, le 14 mars.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le candidat de l’APC, le ministre des affaires étrangères Samura Kamara, est légèrement devancé par celui du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), l’opposant Julius Maada Bio. Le second tour est prévu le 27 mars.
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Compte rendu

Premier tour de la présidentielle en Sierra Leone : victoire fragile des revanchards

Le candidat de l’APC, le ministre des affaires étrangères Samura Kamara, est légèrement devancé par celui du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), l’opposant Julius Maada Bio. Le second tour est prévu le 27 mars.

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-14T17:16:32+01:00"

        Le 14.03.2018 à 17h16






                        

Crédits : OLIVIA ACLAND / REUTERS


                    

C’est la victoire, fragile et temporaire, des revanchards et d’un obstiné de la politique sierra-léonaise. Une victoire fragile qui ne tiendra que par sa confirmation au second tour de la présidentielle prévu pour le 27 mars. Mais à ce jour, le Congrès de tout le peuple (APC ou All people’s congress) du président sortant Ernest Baï Koroma, érodé par dix années de pouvoir, se retrouve, sur le papier, en ballottage défavorable à l’écoute des résultats du premier tour publiés, mercredi 13 mars, par la Commission électorale nationale (NEC).
Comme un symbole, le candidat de l’APC, le ministre des affaires étrangères Samura Kamara (42,7 % des voix), est légèrement devancé par celui du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), l’opposant Julius Maada Bio (43,3 %), éphémère chef d’une junte militaire (janvier à mars 1996) qui transmît le pouvoir aux civils. On est loin de la barre des 55 % nécessaires en Sierra Leone pour gagner dès le vote du 7 mars. « Nous ne voulons pas de deuxième tour, cela reste le meilleur moyen de gagner l’élection », nous déclarait Alpha Kanu, le porte-parole du parti et ministre des affaires publiques, trois jours avant les résultats. Reconnaissance implicite que cette formation héritière de l’ancien parti unique envisage aussi la défaite, elle qui n’a jamais quitté le pouvoir démocratiquement.

L’ambition d’une victoire expresse s’est avérée démesurée compte tenu du bilan contrasté des dix ans de pouvoir de l’APC et de la personnalité plutôt effacée de son champion Samura Kamara (66 ans). Méconnu du grand public, il a été propulsé porte-drapeau du parti présidentiel, à l’été 2017, par un oukase du chef de l’Etat qui fit grincer des dents à l’intérieur de cette formation. « C’est un technocrate et une marionnette entre les mains d’Ernest Baï Koroma », assène Kelvin Lewis, directeur de l’association des journalistes sierra-léonais.
Errosion significative au sein des électeurs
Le président sortant,...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’ancien ministre de l’intérieur, le général Rodriguez Torres, est accusé de « complot » contre « l’unité » des forces armées.
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Au Venezuela, une figure du chavisme dissident arrêtée

L’ancien ministre de l’intérieur, le général Rodriguez Torres, est accusé de « complot » contre « l’unité » des forces armées.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 16h36
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



   


Le général de réserve Miguel Rodriguez Torres, ancien ministre de l’intérieur du président Nicolas Maduro, a été arrêté par le Service bolivarien de renseignement (Sebin), la police politique, dans un hôtel de Caracas, mardi 13 mars. Une dizaine d’agents, sous les ordres d’un général, l’a fait sortir d’une réunion publique de son Movimiento Amplio Desafío de todos (« Mouvement du large défi de tous »), et l’a emmené au siège du contre-espionnage militaire, dans la périphérie de la capitale. Il est accusé de « complot » visant à fracturer « l’unité monolithique des forces armées bolivariennes ».
Ironie de l’histoire, le général Rodriguez Torres est le créateur du Sebin, qu’il dirigea pendant dix ans sous la présidence de son vieux camarade, le lieutenant-colonel Hugo Chavez (1999-2013). Les deux officiers avaient participé au sanglant putsch raté du 4 février 1992, dont l’anniversaire est célébré par le régime comme une fête nationale. Miguel Rodriguez Torres avait dirigé l’attaque contre la résidence présidentielle, La Casona, n’hésitant pas à mettre en danger la famille du chef de l’Etat, qui ne se trouvait pas là.

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Après être arrivé au pouvoir par les urnes, Hugo Chavez lui a confié les anciens renseignements généraux, transformés en Sebin, sur les conseils des services secrets cubains. Fidèle à la tradition complotiste de ses frères d’armes, Rodriguez Torres a dénoncé plusieurs conspirations, dont l’arrestation et expulsion d’un jeune cinéaste américain, Timothy Hallet Tracy, traité comme un redoutable espion.
Bien placé pour accumuler des « dossiers » compromettants sur tous les officiers et sur les personnalités civiles du chavisme, le général Rodriguez Torres est nommé ministre de l’intérieur par Nicolas Maduro, élu de justesse à la présidence en 2013, lors d’un scrutin au résultat controversé. Le nouveau ministre s’empresse alors de crier au complot des opposants.
Il prend ses distances avec Nicolas Maduro
En 2014, les manifestations de l’opposition trouvent en lui un adversaire implacable, combinant l’action des forces de sécurité (police et gendarmerie) et des irréguliers, les « collectifs » chavistes armés, agissant en service commandé. Entre février et juillet, la répression se solde par la mort de 43 personnes, la plupart tués par balle. Cependant, le contrôle des groupes paramilitaires suscite des divisions au sommet de l’Etat. En octobre 2014, le dirigeant d’un « collectif » du quartier « 23 de enero », bastion chaviste de Caracas, est tué par la police. A la demande des irréguliers, Rodriguez Torres est limogé.
Le général conserve néanmoins des contacts avec les officiers et donne des cours à l’Académie militaire. Comme la procureure générale Luisa Ortega, il prend ses distances avec Nicolas Maduro lors des manifestations de 2017, qu’il considère légitimes, tout en condamnant les violences. Il prépare sa candidature à la présidence de la République et se positionne au centre de l’échiquier politique, comme une alternative entre le gouvernement Maduro et l’opposition. Le pouvoir riposte en le privant de ses droits politiques pendant un an et donc de la possibilité de se présenter à la présidentielle de 2018.

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                L’exode massif des Vénézuéliens face au régime chaviste



Le général ne se laisse pas démonter pour autant. En juillet, il condamne le simulacre d’Assemblée constituante convoquée par le chef de l’Etat. En août, il s’affiche avec les figures du chavisme dissident dans le grand amphi de l’Université catholique Andres Bello (UCAB), à Caracas, à côté des leaders de l’opposition. Le 8 mars, il rejoint le nouveau front élargi formé par l’opposition, le Frente Amplio Venezuela Libre. Cette convergence entre chavistes dissidents et opposants a été favorisée par les jésuites qui dirigent l’UCAB.
« La conséquence de la fracture du madurisme »
Selon Rocio San Miguel, directrice de l’ONG Contrôle citoyen et experte en questions de défense, « l’arrestation du général Miguel Rodriguez Torres pourrait être la conséquence de la fracture du madurisme au sein des forces armées ». Les officiers supérieurs, très présents au gouvernement et à la tête des entreprises publiques, s’enrichissent grâce aux multiples trafics : drogues, armes, pétrole, ressources minières et même aliments. Mais les troupes et leurs familles subissent les difficultés partagées par les Vénézuéliens à cause des pénuries, de l’hyperinflation et de l’insécurité.

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La crainte de la colère au sein de l’armée explique le sort que le gouvernement Maduro a réservé au charismatique général de réserve Raul Baduel, que ses camarades appelaient « le Samouraï ». Lui aussi chaviste de la première heure, il avait rétabli Hugo Chavez au pouvoir, alors que ce dernier se trouvait emprisonné dans une caserne, lors du putsch raté de 2002.
Nommé ministre de la défense, le général Baduel s’est élevé contre l’emprise croissante des Cubains sur les forces armées. Résultat : démission, puis condamnation pour de supposées malversations. En mars 2017, alors qu’il avait purgé sa peine de huit ans, il a été remis en prison, souvent à l’isolement. Cet acharnement est un message adressé à tous les militaires mécontents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Contrairement à ce qu’avait annoncé la semaine précédente le premier ministre, la présidente Armeenah Gurib-Fakim a décidé de s’accrocher à son poste.
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Compte rendu

Impliquée dans un scandale financier, la présidente mauricienne refuse de démissionner

Contrairement à ce qu’avait annoncé la semaine précédente le premier ministre, la présidente Armeenah Gurib-Fakim a décidé de s’accrocher à son poste.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 14.03.2018 à 16h16

     •
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        Mis à jour le 14.03.2018 à 16h22






    
La présidente mauricienne, Ameenah Gurib-Fakim, au forum de Doha le 21 mai 2016.
Crédits : KARIM JAAFAR / AFP


C’est un oui suivi d’un non. La présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim a annoncé mercredi 14 mars qu’elle refusait de démissionner, contrairement à ce qu’avait annoncé la semaine passée le premier ministre Pravind Jugnauth. Mme Gurib-Fakim conteste les faits qui lui sont reprochés en lien avec un scandale financier. « N’ayant rien à se reprocher et pouvant apporter des preuves corroborantes, son Excellence Mme Ameenah Gurib-Fakim rejette toute perspective de démission », a annoncé dans un communiqué la présidence mauricienne.

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Seule femme chef d’État en Afrique, la présidente mauricienne a également fait savoir qu’elle était « prête à intenter une action en justice pour se défendre contre les accusations calomnieuses qui la visent ». Le premier ministre Pravind Jugnauth avait annoncé vendredi que la présidente démissionnerait de ses fonctions « peu après les célébrations du 50e anniversaire de l’indépendance », qui ont eu lieu lundi, et avant la rentrée parlementaire, le 27 mars.
Engluée dans un scandale financier
Mme Gurib-Fakim, 58 ans, occupe son poste depuis juin 2015. Elle est depuis plusieurs jours sous forte pression, car accusée d’avoir utilisé une carte bancaire fournie par une ONG, Planet Earth Institute (PEI), pour effectuer des achats personnels. Le montant des dépenses (bijoux, chaussures de marque, etc) s’élève à au moins 25 000 euros, selon le quotidien mauricien L’Express. Mme Gurib-Fakim avait reconnu les faits, mais a affirmé avoir remboursé en mars 2017 l’argent utilisé à titre personnel.
Dans le communiqué publié mercredi, la présidence précise la défense de Mme Gurib-Fakim, en affirmant qu’elle a utilisé « par inadvertance la carte de PEI pour des dépenses extérieures au cadre de sa mission pour un montant global de 26 000 dollars » (21 000 euros). « Elle en a elle-même immédiatement informé le PEI et demandé un relevé détaillé. Elle a rigoureusement et aussitôt remboursé par virement bancaire ces dépenses spécifiques, mais aussi toutes les autres dépenses engagées par le PEI pour sa mission », ajoute le texte.
Dans un court message publié sur son site internet, PEI a confirmé que la présidente mauricienne avait bien remboursé les sommes concernées. Basée à Londres, cette ONG est financée par le milliardaire angolais Alvaro Sobrinho. Homme d’affaires proche du pouvoir angolais, poursuivi au Portugal et en Suisse, celui-ci a détourné plus de 600 millions de dollars de la Banco Espirito Santo Angola lorsqu’il dirigeait la banque, avait révélé début mars le journal en ligne français Mediapart. Alvaro Sobrinho a tenté plusieurs fois d’investir à Maurice, selon L’Express, ce qui avait déjà déclenché des polémiques.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Il a suffi d’un regard dédaigneux de la journaliste Liang Xiangyi à l’égard d’une collègue posant une question obséquieuse à un ministre pour que le Net chinois s’en empare.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Lever les yeux au ciel peut faire de vous une icône rebelle en Chine

Il a suffi d’un regard dédaigneux de la journaliste Liang Xiangyi à l’égard d’une collègue posant une question obséquieuse à un ministre pour que le Net chinois s’en empare.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h52
    |

                            Brice Laemle








                        


Oubliez les insultes. Remisez au placard vos doigts et bras d’honneur. Vos globes oculaires suffisent. Le summum de l’irrévérence se joue parfois à un petit rien. Un regard, une attitude ou une posture peuvent s’avérer plus frappantes et efficaces que n’importe quelle prise de parole courroucée.

Somebody give this woman an Oscar 😂 https://t.co/Idbn58Cz8o— luluyilun (@Lulu Yilun Chen)


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La scène s’est déroulée, mardi 13 mars au matin, lors de la conférence de presse du ministre chinois du commerce, en marge de la session parlementaire annuelle de l’Assemblée nationale populaire. Alors que celle-ci est diffusée en direct à la télévision, la journaliste Zhang Huijun, habillée en rouge, interroge le ministre. Le moins que l’on puisse dire est que la – très longue – question d’une quarantaine de secondes, une éternité à la télévision, frôle la courtisanerie.
« La transformation de la responsabilité de la surveillance des biens de l’Etat est un sujet de préoccupation universelle. Par conséquent, en tant que directeur de la Commission de supervision et d’administration des biens d’Etat du conseil d’Etat, quelles nouvelles mesures allez-vous prendre en 2018 ? Cette année marque le 40e anniversaire de la politique de réforme et d’ouverture, et notre pays va encore élargir son ouverture aux pays étrangers. Alors que le secrétaire général du Parti communiste chinois Xi propose l’initiative One Belt One Road, les entreprises publiques ont augmenté leurs investissements dans les pays situés sur l’initiative One Belt One Road. Comment contrôler efficacement les actifs étrangers des entreprises publiques ? Eviter la perte d’actifs ? Quels mécanismes avons-nous mis en place jusqu’à présent, et quel est le résultat de notre supervision ? S’il vous plaît, résumez pour nous, merci. »
A côté de Zhang Huijun, qui travaille pour l’American Multimedia Television, une chaîne de télévision chinoise sise en Californie proche de la chaîne publique chinoise CCTV, Liang Xiangyi s’impatiente, souffle, sourit nerveusement, hausse les épaules. Habillée en bleu, la correspondante du média chinois Yicai inspecte de bas en haut sa consœur, tente de se contenir, et finit par laisser éclater son exaspération à travers un roulement des yeux très théâtral.

记者会由某组织控制。
蓝衣服 ：第一财经电视记者 梁相宜
红衣服 ：原供职于中央电视台的、曾任职中国旅游与经济电视台执行台长，现全美电视台台长张慧君。假外媒，口中称“我国”。

— huangmeijuan (@美娟美心)


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L’histoire aurait pu s’arrêter là, sauf que le Web chinois a repéré la scène et s’en est gaussé sur les réseaux sociaux. Des parodies multiples, des dessins ou même des coques de smartphone à l’effigie de la journaliste rebelle ou représentant la scène ont émergé dans les heures qui ont suivi.

Amazing to see how these two ladies  just exploded over Chinese social media in the span of a few hours.  Fan art i… https://t.co/VFGNzclVX0— luluyilun (@Lulu Yilun Chen)


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Found my cell phone cover for the spring season on Taobao https://t.co/wTjgndsfDx— luluyilun (@Lulu Yilun Chen)


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@luluyilun  https://t.co/MnnL4Due2n— yixiaoerle (@宇宙尘埃)


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Apparently, today has officially become Weibo's "roll your eyes day" https://t.co/Z77OhI8IWN https://t.co/b0s5Ejs96f— WhatsOnWeibo (@What's on Weibo)


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Nul doute que les fuites de conversations personnelles sur l’application WeChat publiées par le site WhatsonWeibo ont relancé la machine. Lorsque son collègue de Yicai rappelle à Liang Xiangyi qu’elle est filmée en direct et lui demande pourquoi elle a réagi de manière si flagrante, celle-ci répond simplement : « Parce que la femme à côté de moi était idiote. » Zhang Huijun aurait également répondu à un ami sur la même application : « Qu’est-ce qu’elle a à me regarder ainsi celle-là ? »

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Reste qu’au-delà de l’inimitié flagrante entre ces deux journalistes se pose une nouvelle fois la question de la censure en Chine. Lorsque la scène est devenue un sujet de conversation sur le gigantesque réseau social Weibo, un équivalent de Twitter en Chine, la recherche de « Liang Xiangyi » ou le terme afférent, « question-asking bitch » (qu’on évitera de vous traduire ici) ont été bloqués, comme l’a repéré le site Free Weibo.

蓝衣女名字“梁相宜”超过“修宪”和“宪法”成为微博第一屏蔽词。
— kuriko_c (@KurikoC)


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@luluyilun Uh oh... some of the trending Weibo articles are disappearing.... https://t.co/NUqz7BXwIK— Davidramli (@David Ramli)


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Aussi, selon les collègues de Liang Xiangyi, cités par le South China Morning Post, la journaliste aurait perdu son accréditation, tout comme son compte Weibo, bloqué. Lorsqu’on se souvient que le Parlement chinois a validé, deux jours plus tôt, l’abolition de la limite des mandats présidentiels et que la Toile chinoise est sous étroite surveillance du Parti communiste chinois, les sourires disparaissent aussi vite qu’ils sont arrivés. En un clin d’œil.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Français, Italiens ou Britanniques, ils ont rejoint le mouvement kurde par sympathie idéologique ou pour lutter contre les djihadistes de l’EI, et n’entendent pas quitter la ville menacée de siège.
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Des volontaires occidentaux comptent rester « jusqu’au bout » avec les forces kurdes à Afrin

Français, Italiens ou Britanniques, ils ont rejoint le mouvement kurde par sympathie idéologique ou pour lutter contre les djihadistes de l’EI, et n’entendent pas quitter la ville menacée de siège.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h31
    |

                            Allan Kaval








                        



                                


                            

Plus de sept semaines après avoir déclenché leur offensive, l’armée turque et ses supplétifs syriens – des groupes d’inspiration islamiste issus de la rébellion armée – étaient, mercredi 14 mars, aux portes de la ville kurde d’Afrin. Prenant la ville en étau à l’est et à l’ouest, les assaillants ont déclaré laisser ouverte une voie d’évacuation pour les civils tandis que les combattants kurdes qui défendent Afrin affirment se préparer à de longs combats urbains. Dans leurs rangs se trouve un petit groupe de combattants occidentaux dont certains entendent rester sur place, alors que l’encerclement complet d’Afrin et de ses habitants pourrait se profiler.

« La situation est critique. Quoi qu’il arrive, je resterai jusqu’au bout avec d’autres camarades qui, comme moi, ne veulent pas abandonner leurs amis kurdes », déclarait mardi après-midi le volontaire britannique Jamie Janson, joint à Afrin-ville par la messagerie en ligne WhatsApp. Comme des dizaines d’autres combattants occidentaux, Jamie Janson a rejoint les rangs des forces kurdes syriennes pour combattre l’organisation Etat islamique (EI). Il poursuit aujourd’hui son engagement en participant à la défense de l’enclave kurde d’Afrin, située dans le nord-ouest de la Syrie.
Lorsque l’armée turque et ses supplétifs syriens ont lancé leur opération sur Afrin, le volontaire britannique s’apprêtait à quitter la Syrie. Rakka, l’ancienne capitale de l’EI, était tombée et, dans la zone frontalière irako-syrienne, les dernières poches djihadistes étaient sur le point d’être réduites par les forces kurdes. « J’allais quitter la Syrie mais l’attaque turque sur Afrin m’a convaincu de rester et de continuer le combat, raconte Jamie Janson. Cette guerre n’a rien à voir avec celle que nous avons menée face à Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique - EI]. Malgré les capacités de résistance des Kurdes, nous sommes dépassés militairement. »
Une...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La Russie cherche à tourner en ridicule les accusations de la Grande-Bretagne sur l’implication de Moscou dans l’affaire de l’espion empoisonné avec sa fille le 4 mars à Salisbury.
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Affaire Skripal : à Moscou, ironie et accusations de coup monté

La Russie cherche à tourner en ridicule les accusations de la Grande-Bretagne sur l’implication de Moscou dans l’affaire de l’espion empoisonné avec sa fille le 4 mars à Salisbury.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h37
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Dénégations, indignation surjouée, une pointe de complotisme… et comme un léger parfum de trolling, pour reprendre le vocabulaire propre à Internet et à un domaine dans lequel la Russie s’est taillée une réputation solide. Moscou veut tourner en ridicule les accusations de Londres dans l’affaire Sergueï Skripal, du nom de l’ancien espion russe empoisonné avec sa fille, le 4 mars à Salisbury, dans laquelle le Royaume-Uni suspecte une implication russe.
Comment expliquer autrement le fait que le député Andreï Lougovoï ait été parmi les premiers officiels russes chargés de commenter l’affaire ? « Les Anglais souffrent d’une grave maladie, ironisait M. Lougovoï dès le 6 mars. Dès que quelque chose se passe en rapport avec des Russes, ils cherchent la piste d’une implication russe. »

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Avant d’entrer au Parlement, Andreï Lougovoï a surtout été l’un des deux principaux suspects dans l’assassinat au polonium radioactif d’un autre défecteur russe, Alexandre Litvinenko, en 2006 à Londres. Ce précédent, dans lequel Londres a officiellement dénoncé une implication du Kremlin, a largement contribué à faire du cas Skripal une crise diplomatique.
Le même Lougovoï a également avancé l’idée d’un plan monté de toutes pièces destiné à saboter le Mondial de football organisé en Russie cet été dressant un parallèle avec les Jeux olympiques de Sotchi, supposément torpillés de façon similaire par le déclenchement opportun d’une révolution en Ukraine. « Je pense que cette histoire fait partie d’un plan plus large, conçu quelque part par quelqu’un, pour discréditer la Russie (…) avant la Coupe du monde de football » a-t-il déclaré.
Une manœuvre pour « discréditer la Russie »
La réaction de M. Lougovoï est loin d’être un cas isolé. « Nous avons averti à plusieurs reprises qu’avant le début de la Coupe du Monde, les médias occidentaux allaient lancer une campagne de grande ampleur dans le but de discréditer la Russie et miner la confiance dans le pays hôte », indiquait dès le déclenchement de l’affaire le ministère des affaires étrangères russe, pendant qu’un général des services de sécurité (FSB), Vladimir Djabarov, réduisait le dossier à une manœuvre pour « blâmer et noircir la Russie ».
« Il semble que le scénario d’une campagne antirusse ait déjà été écrit », renchérissait l’ambassade de Russie à Londres, regrettant « qu’au lieu d’une explication officielle sur cette question, le ministre des Affaires étrangères ait décidé de menacer la Russie de représailles ». A mesure que l’affaire gagnait en importance au Royaume-Uni, les réactions officielles russes se teintaient d’une ironie à peine voilée, la porte-parole du ministère des affaires étrangères allant jusqu’à évoquer « un numéro de cirque au Parlement britannique ».

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Il aura fallu les menaces de représailles évoquées par Theresa May, le 12 mars, assorties d’un ultimatum exigeant des clarifications de Moscou, pour que Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères, réponde d’un sobre : « La Russie est innocente et est prête à coopérer si la Grande-Bretagne remplit ses obligations internationales. » En d’autres termes, que la police britannique ouvre l’enquête à ses homologues russes et accepte de transmettre à la Russie des échantillons du poison utilisé. La demande tournera court.
Après expiration de l’ultimatum et l’annonce, mercredi par Londres, de la « suspension des contacts bilatéraux » avec Moscou et l’expulsion de vingt-trois diplomates russes du territoire britannique, le ministère des affaires étrangères russe a durci le ton, déclarant que la réaction de Moscou « ne se fera[it] pas attendre ».
Une pointe de fierté face à l’élimination d’un ancien agent double
Vladimir Poutine avait lui balayé, il y a quelques jours, la question d’un journaliste de la BBC en marge d’un déplacement à quelques jours d’un scrutin présidentiel gagné d’avance : « Ecoutez, nous nous occupons ici d’agriculture ! (…) Tirez les choses au clair de votre côté et nous en parlerons ensuite. »
Dans les médias russes, la tonalité est la même : celle du coup monté destiné à « salir la Russie » et à « tout mettre sur le dos du sanguinaire Poutine ». S’y ajoute toutefois – et tant pis pour la contradiction – une pointe de fierté face à l’élimination d’un ancien agent double, réfugié en Russie à la faveur d’un échange d’espions après avoir passé quatre ans en prison. S’adressant aux « traîtres », Kirill Kleimenov, de la Première chaîne, avertissait ainsi : « Ne choisissez pas l’Angleterre comme lieu de résidence. Quelles que soient vos raisons : que vous soyez un traître professionnel à la mère-patrie ou que vous détestiez votre pays uniquement pendant votre temps libre. »

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Reste à savoir l’effet qu’aura l’affaire dans l’opinion le 18 mars, jour d’élection présidentielle. Va-t-elle contribuer à resserrer les rangs de la société russe, comme le font habituellement les phases de tensions internationales, ou bien une partie de l’opinion sera-t-elle rebutée par l’éclatement de cette nouvelle crise déclenchée par un assassinat ciblé ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ La première ministre britannique avait donné jusqu’à mardi minuit à la Russie pour s’expliquer sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russo-britannique.
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Ex-espion empoisonné : Londres suspend les contacts bilatéraux avec Moscou

La première ministre britannique avait donné jusqu’à mardi minuit à la Russie pour s’expliquer sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russo-britannique.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 18h28
   





                        



Les vingt-quatre heures accordées à Moscou pour s’expliquer sont écoulées. Faute de réponse à son ultimatum, la première ministre britannique, Theresa May, a annoncé, mercredi 14 mars, une série de sanctions contre la Russie, « coupable », selon Londres, d’avoir empoisonné l’ex-agent double russo-britannique Sergueï Skripal et sa fille Youlia sur le sol britannique il y a dix jours.
« Cela constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni », a déclaré la première ministre devant les députés britanniques, avant d’annoncer, en conséquence, la « suspension des contacts bilatéraux » avec Moscou et l’expulsion de vingt-trois diplomates russes du territoire britannique, dont le Royaume-Uni dit qu’ils sont « des agents du renseignement non déclarés ». « Ils ont une semaine pour partir », a ajouté Mme May, qui précise qu’il s’agit de la plus importante expulsion du genre depuis trente ans. La Russie disposait jusqu’ici de cinquante-neuf diplomates accrédités au Royaume-Uni.
Mme May a détailé que la suspension des contacts inclut « la révocation de l’invitation faite au ministre des affaires étrangères [Sergueï Lavrov] de visiter » le Royaume-Uni ; et qu’aucun membre du gouvernement ou de la famille royale ne se rendra à la Coupe du monde de football qui se tiendra en Russie du 14 juin au 15 juillet. Theresa May a aussi menacé de geler les avoirs de l’Etat russe.
La première ministre a toutefois dit qu’elle « continu [ait] de croire que ce n’est pas dans [l’]intérêt national [de la Grande-Bretagne] de couper tout dialogue ».
« Sarcasme, mépris et défiance »
Lors de son allocution, Mme May a dénoncé le « mépris » de la Russie.
« Il était juste d’offrir à la Russie l’occasion de fournir une explication, mais sa réaction trahit un mépris total pour la gravité de ces événements. Elle n’a fourni aucune explication crédible. Au lieu de cela, elle a traité l’utilisation d’un agent neurotoxique militaire en Europe avec sarcasme, mépris et défiance. »
L’un des « pères » des Novitchok, Vil Mirzaïanov, qui vit désormais aux Etats-Unis, a affirmé que la Russie était le seul pays capable de produire et de déployer un agent innervant aussi puissant.

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          un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe



Theresa May a également dit regretter la « voie » suivie par Vladimir Poutine en matière diplomatique.
« Beaucoup d’entre nous ont tourné leurs regards avec espoir vers la Russie post-soviétique. Nous voulions une meilleure relation et il est tragique que le président Poutine ait choisi de suivre cette voie. »

   


Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU
Le ministère des affaires étrangères russe a immédiatement déclaré mercredi que la réaction de Moscou à l’expulsion de diplomates par Londres « ne se fera pas attendre ». Le Royaume-Uni a « fait le choix de la confrontation », a ajouté le ministère dans un communiqué.
L’ambassade de Russie à Londres a de son côté qualifié la réaction britannique d’« hostile, inacceptable et injustifiée » :
« Nous considérons cette action hostile inacceptable, injustifiée et de courte vue. Toute la responsabilité de la détérioration des relations entre la Russie et le Royaume-Uni est le fait des dirigeants britanniques actuels. »
Le Kremlin avait précédemment déclaré qu’il « n’admet [ait] pas » les accusations « sans preuves » et les ultimatums de Londres. 
Quant au boycott diplomatique du Mondial 2018 par le Royaume-Uni, le comité d’organisation a rétorqué que cela n’aurait « pas d’impact ». « Le choix revient à chaque supporteur de venir à la Coupe du monde ou de ne pas y venir. (…) C’est dommage que tout le monde n’adhère pas au principe de laisser le football en dehors de la politique », a déclaré à l’agence de presse RIA Novosti Alexeï Sorokine, son directeur général.

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          A Moscou, ironie et accusations de coup monté



Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’empoisonnement de Sergeï Skripal et de sa fille doit se tenir mercredi dans la soirée, à la demande du Royaume-Uni, alors que ses principaux alliés — France, Union européenne, Allemagne, Etats-Unis — lui ont apporté leur soutien. La France attend cependant de connaître « les conclusions définitives » de l’enquête avant de prendre position, a dit mercredi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Les Etats-Unis ont aussi refusé, pour l’heure, de commenter l’éventuelle responsabilité de Moscou.
L’OTAN a, de son côté, sommé la Russie de répondre aux questions posées par le Royaume-Uni et a dénoncé l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille comme « une violation flagrante des normes et accords internationaux » sur les armes chimiques.
Londres appelle les Britanniques à la vigilance
Au Royaume-Unis, le ministère des affaires étrangères britannique a mis en garde, mercredi sur son site Internet, les Britanniques souhaitant se rendre en Russie des risques de réactions hostiles.
« En raison des tensions politiques accrues entre le Royaume-Uni et la Russie, vous devez être conscients de la possibilité de sentiments antibritanniques et de harcèlement en ce moment. Il vous est conseillé de rester vigilants, d’éviter toute manifestation et d’éviter de commenter publiquement les derniers développements politiques. »
Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, Sergueï Skripal et sa fille Youlia ont été hospitalisés dans un état « critique », après avoir été victimes d’une tentative de meurtre, selon les autorités britanniques. Un policier intervenu sur place se trouve lui aussi dans un état grave.
L’annonce de la découverte à son domicile londonien du corps d’un autre exilé russe opposé au régime de M. Poutine et portant, selon sa fille, des traces de strangulation, n’a rien fait pour détendre l’atmosphère. Encore moins le fait qu’il s’agisse de Nikolaï Glouchkov, ancien dirigeant d’Aeroflot, condamné en Russie pour détournement de fonds, proche de l’oligarque Boris Berezovski, lui-même retrouvé pendu dans sa salle de bain du Berkshire en 2013.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Alors que la contestation reprend dans cette ville minière du nord-est du Maroc après l’arrestation de quatre militants, le pouvoir durcit le ton.
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Compte rendu

A Jerada, les autorités marocaines menacent désormais les manifestants

Alors que la contestation reprend dans cette ville minière du nord-est du Maroc après l’arrestation de quatre militants, le pouvoir durcit le ton.

Par                                            Ghalia Kadiri




Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-14T13:29:49+01:00"

        Le 14.03.2018 à 13h29






    
Pendant une manifestation organisée après la mort d’un mineur dans une exploitation clandestine, à Jerada, le 3 février 2018.
Crédits : Youssef Boudlal / REUTERS


Le pouvoir marocain change de ton à Jerada. Agitée par une contestation populaire depuis la mort accidentelle de deux frères dans une mine clandestine de charbon, fin décembre 2017, la ville a vu la tension remonter ces derniers jours après l’arrestation de quatre jeunes militants, samedi 10 et dimanche 11 février. Les autorités, qui avaient jusqu’ici opté pour un « dialogue ouvert » afin d’apaiser la situation, ont lancé mardi 13 mars un avertissement aux manifestants, se disant prêtes à apporter « des réponses fermes face aux agissements et comportements irresponsables ».
« Le ministère de l’intérieur […] souligne son droit d’appliquer la loi dans la ville de Jerada, par l’interdiction des manifestations illégales sur la voie publique et par des réponses fermes face aux agissements et comportements irresponsables », détaille un communiqué officiel.
Grève générale
Alors qu’un calme relatif était revenu ces dernières semaines, la série d’arrestations, les premières depuis le début du mouvement, a ravivé l’indignation des habitants de cette ville située aux confins du Maroc et de l’Algérie, sinistrée depuis la fermeture de ses mines à la fin des années 1990. Depuis samedi, les meneurs du mouvement de contestation ont lancé une grève générale, une marche et de grands rassemblements pour la libération des jeunes emprisonnés.

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« Dimanche, nous étions des milliers à manifester », soutient un participant qui requiert l’anonymat, tandis que les autorités locales parlent de 600 à 700 personnes. « Plusieurs militants, accompagnés de femmes et d’enfants, ont marché des dizaines de kilomètres en direction d’Oujda. D’autres ont même décidé d’organiser des rassemblements à Rabat », affirme Mohammed Kerzazi, membre de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH). Mardi matin, la police a formé un cordon pour contenir les manifestants qui se dirigeaient vers la place centrale où se sont déroulés les principaux rassemblements depuis l’éclatement de la protestation.
Les autorités marocaines assurent pour leur part que les arrestations n’ont rien à voir avec le mouvement social mais sont liées pour trois des cas à un accident « en état d’ébriété », avec délit de fuite, et pour le dernier à une « violation d’établissement public » avec des dégâts matériels. « Il s’agit d’un accident tout à fait banal. C’est une excuse, tout le monde sait que les quatre jeunes arrêtés sont des activistes du Hirak [« mouvance », nom donné au mouvement de contestation], résume Mohammed El Ouali, un syndicaliste de la ville. Je les connais personnellement. » 
« Mines de la mort »
Selon des sources locales, les militants auraient été arrêtés alors qu’ils participaient à un débat sur l’avenir du Hirak et les propositions faites par le chef du gouvernement lors de sa visite à Oujda en février. « Nous nous sommes rendus lundi au tribunal. On nous a dit qu’ils allaient être entendus mardi. En fait, ils ont été auditionnés discrètement lundi au tribunal de première instance d’Oujda et seront jugés le 19 mars », indique M. Kerzazi.

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Depuis fin décembre, de grandes manifestations pacifiques se sont succédé pour demander des « alternatives économiques » à la seule activité de cette petite localité du nord-est marocain : l’extraction clandestine de charbon dans les « mines de la mort », où des centaines de mineurs risquent quotidiennement leur vie. « Depuis 1998, 44 personnes sont décédées. L’Etat doit non seulement trouver une solution économique mais aussi juger les reponsables qui ont plongé Jerada dans cette situation insoutenable », analyse M. Kerzazi.
Loin de la répression qui s’était brutalement abattue sur la région voisine du Rif, agitée depuis un an et demi par un autre mouvement de protestation et où la police a arrêté plus de 450 personnes, les autorités marocaines n’avaient pas déployé de forces antiémeutes ni procédé à des arrestations à Jerada.

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Un plan d’action économique proposé par le gouvernement pour répondre aux revendications de la population avait permis une accalmie. Mais, fin février, des manifestants étaient redescendus dans la rue pour demander des réponses plus concrètes. Soulignant « les efforts déployés par le gouvernement », le ministère de l’intérieur a affirmé : « certaines parties s’obstinent à décrédibiliser ces efforts », en « incitant la population de manière continue à manifester ».
Mais les récentes arrestations et les menaces du pouvoir marocain pourraient aggraver les tensions, comme ce fut le cas dans le Rif, où la gestion de la crise est très critiquée par les associations de défense des droits de l’homme.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit espérer l’encerclement total de cette localité d’ici à mercredi soir.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Syrie : l’étau se resserre sur la ville d’Afrin, encore tenue par les Kurdes

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit espérer l’encerclement total de cette localité d’ici à mercredi soir.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 13h05
   





                        


L’étau se resserre sur la ville syrienne d’Afrin. Recep Tayyip Erdogan espère que ce bastion kurde syrien sera « totalement encerclé » mercredi 14 mars au soir, a annoncé une source présidentielle, précisant des propos du président turc. Mardi, l’armée turque a annoncé avoir encerclé la ville, tenue par les Unités de protection du peuple (YPG, branche armée du Parti de l’union démocratique, kurde).
Birusk Hasakeh, un porte-parole de l’organisation kurde présent dans la ville, a toutefois assuré que celle-ci n’était pas entièrement assiégée. Il a déclaré que le dernier accès permettant d’en sortir était la cible de violents bombardements.

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Une offensive lancée en janvier
La Turquie a lancé le 20 janvier avec des rebelles supplétifs syriens une vaste offensive dans l’enclave d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG).
Fer de lance de la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie, partenaires de la coalition internationale emmenée par Washington, vainqueurs des djihadistes à Rakka, les YPG défendent Afrin sans appui extérieur. L’enclave se trouve en effet en dehors de la zone placée sous protection de la coalition qu’ils contrôlent avec leurs alliés locaux dans le nord-est du pays.
Alliées des Occidentaux, les YPG sont considérées par la Turquie comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avec lequel l’Etat turc est en guerre sur son propre territoire. Ankara perçoit comme une menace existentielle la formation d’une entité sous le contrôle des forces kurdes à sa frontière méridionale.

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                En Syrie, l’offensive turque s’approche du cœur de l’enclave kurde d’Afrin



Deux mois de combats et des centaines de morts
Mercredi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a rapporté que dix combattants pro-régime avaient été tués par des frappes aériennes turques visant un point de contrôle qui se trouve sur l’unique route reliant la ville au territoire adjacent qui se trouve sous contrôle du régime de Bachar Al-Assad. « Les routes utilisées à l’est par les terroristes [c’est ainsi que le président turc désigne les combattants kurdes] pour entrer et sortir de la région seront fermées aujourd’hui ou demain, si Dieu le veut », a aussi déclaré mercredi M. Erdogan.
Le chef de l’Etat turc a par ailleurs réitéré qu’après Afrin, la Turquie « nettoierait » les autres villes tenues par les YPG dans le nord de la Syrie, dont Manbij, où sont également postés des soldats américains.
L’OSDH estime à près de 200 le nombre de civils tués depuis le 20 janvier. Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont aussi documenté plusieurs cas de morts civiles et soulignent un usage disproportionné de la force par l’armée turque.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Dans une décision inédite, la Cour de justice de l’Union européenne a invalidé la sentence d’un tribunal arbitral « ISDS », au motif qu’il n’était pas qualifié à interpréter le droit européen.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’affaire concerne deux hommes condamnés pour avoir brûlé en Catalogne les portraits de l’ancien roi Juan Carlos et de la reine Sofia.
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L’Espagne condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour entrave à la liberté d’expression

L’affaire concerne deux hommes condamnés pour avoir brûlé en Catalogne les portraits de l’ancien roi Juan Carlos et de la reine Sofia.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 15h00
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

C’est un rappel à l’ordre pour l’Espagne en matière de liberté d’expression. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné le royaume, mardi 13 mars, à dédommager deux hommes, jugés en 2007 pour avoir brûlé encagoulés un portrait géant, retourné à l’envers, du roi Juan Carlos et de la reine Sofia, à l’issue d’une manifestation contre la visite du couple à Gérone, en Catalogne. Condamnés à quinze mois de prison pour « injure à la Couronne », ils avaient vu leur peine commuée en une amende de 2 700 euros chacun.
L’arrêt survient alors que le débat sur les entraves à la liberté d’expression fait rage en Espagne, à la suite de nombreuses peines de prison controversées infligées à des rappeurs ou à des internautes pour des délits d’apologie du terrorisme ou de haine, dans la foulée de cette affaire.
La Cour de Strasbourg estime que les actes condamnés en Espagne sont couverts par la liberté d’expression, car ils constituent « une critique politique de la monarchie en général » et du roi « en tant que symbole de la nation espagnole. » Refusant que les deux hommes soient poursuivis pour incitation à la haine et à la violence, à la différence du Tribunal constitutionnel espagnol en 2015, la CEDH considère que leur action servait à « attirer les médias » et qu’elle a utilisé un « degré tolérable de provocation pour transmettre un message dans un contexte de liberté d’expression. » La Cour condamne l’Espagne à rembourser les deux hommes et à leur verser 9 000 euros de dommages et intérêt.
Des répercutions sur les peines prononcées à l’avenir
« L’arrêt de la CEDH ne nous surprend pas, reconnaît le porte-parole de l’association espagnole Juges pour la démocratie, Ignacio Gonzalez Vega. Cela fait quelque temps que nous dénonçons un recul de la liberté d’expression en Espagne… » « L’arrêt pourrait avoir des répercutions sur les peines prononcées à l’avenir en Espagne », se félicite-t-il.
Depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le budget courant est désormais à l’équilibre. Mais le gouvernement britannique refuse de mettre fin aux coupes budgétaires, malgré les demandes répétées de l’opposition.
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Au Royaume-Uni, le débat sur l’austérité relancé

Le budget courant est désormais à l’équilibre. Mais le gouvernement britannique refuse de mettre fin aux coupes budgétaires, malgré les demandes répétées de l’opposition.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 12h09
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Avec deux ans de retard sur le calendrier initial, le Royaume-Uni a finalement atteint l’objectif qu’il s’était fixé en lançant son grand plan d’austérité en 2010 : le budget courant de l’Etat (hors investissement) est désormais (presque) à l’équilibre. Sur l’année fiscale, d’avril 2017 à mars 2018, son déficit sera de 0,1 % du produit intérieur brut (PIB). Il doit devenir très légèrement positif, à + 0,1 % du PIB lors de l’année 2018-2019.

En présentant mardi 13 mars son bilan économique semestriel, le chancelier de l’Echiquier, Philip Hammond, a salué ce succès : « C’est un tournant dans le rétablissement de cette nation suite à la crise financière. »
En 2010, un déficit stratosphérique
Mais l’annonce a relancé de plus belle le débat sur la nécessité de mettre fin aux coupes budgétaires. « La complaisance [de Philip Hammond] est incroyable, s’est ainsi insurgé John McDonnell, chargé de l’économie au Parti travailliste. La crise des services publics atteint une dimension jamais vue. Est-ce qu’il a écouté les docteurs, les infirmières, les enseignants, les officiers de police, les aides-soignants, et même ses propres conseillers municipaux conservateurs ? Ils lui disent qu’ils ne peuvent plus attendre, qu’il doit agir maintenant. »

Quand le gouvernement conservateur est revenu au pouvoir en 2010, le déficit de l’Etat britannique était stratosphérique, à 10 % du PIB. A l’époque, il ne semblait y avoir guère d’autre choix que d’adopter un plan de rigueur. Les partis politiques ne se battaient que sur la vitesse des coupes à effectuer dans le budget, pas sur leur nécessité.
Huit ans plus tard, la situation est très différente. Le déficit est désormais de 2,2 % du PIB (en comptant les investissements). Le Royaume-Uni continue à emprunter sur les marchés financiers à un taux d’intérêt historiquement bas. Et les conséquences de l’austérité se font sévèrement sentir.
Dans le même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le premier constructeur automobile mondial a bouclé en 2017 la meilleure année de son histoire. Malgré le dieselgate, qui a accéléré sa mutation.
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Volkswagen a pris le virage de la mobilité connectée et électrique

Le premier constructeur automobile mondial a bouclé en 2017 la meilleure année de son histoire. Malgré le dieselgate, qui a accéléré sa mutation.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h47
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Volkswagen avait donné cette année rendez-vous à la presse à Berlin, et non à Wolfsburg, son siège historique. Les deux cités ne sont éloignées que de 200 kilomètres. Mais Wolfsburg, avec sa grande usine à cheminées, symbolise l’industrie allemande traditionnelle, plantée au milieu de la plaine rurale de Basse-Saxe, alors que Berlin, métropole internationale en plein essor, rime avec économie numérique et nouveaux services de mobilité.
Deux ans et demi après le scandale des moteurs diesel truqués, le constructeur automobile voulait, mardi 13 mars, afficher sa transformation et sa nouvelle stratégie : devenir leadeur de la mobilité connectée et électrique grand public.

Difficile de croire que le colosse de 642 000 salariés, encore empêtré dans les conséquences d’une crise historique, puisse avoir déjà réussi ce tournant. Et pourtant, VW a remporté ces derniers mois quelques victoires d’étape qui démontrent son exceptionnelle résilience.
10,7 millions de véhicules vendus
Les chiffres, d’abord : avec 10,7 millions de véhicules vendus l’an dernier, en hausse de 4,3 % par rapport à 2016, dont 4,2 millions en Chine, il est le numéro un mondial. Son chiffre d’affaires a grimpé de 6,3 %, à 230 milliards d’euros. Le résultat opérationnel hors effets exceptionnels a bondi de 16,5 %.
Et le réservoir de liquidités est impressionnant : 22,4 milliards d’euros, soit seulement « deux milliards de moins qu’à la fin de l’année 2015 », a précisé Matthias Müller, PDG du groupe. Et ce, bien que les suites de la « thématique du diesel » ont coûté 3,2 milliards d’euros en 2017, qu’il s’agisse des conséquences judiciaires du scandale, des rappels ou des primes au changement des vieux diesels.

En clair : 2017 a été pour VW la meilleure année de son histoire. Le constructeur s’efforce pourtant de faire profil bas, car il continue à être attaqué de toutes parts en Allemagne et à l’étranger. Alors, M. Müller, qui a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ En Ethiopie, les relations se sont dégradées entre habitants et soldats déployés à Moyale, en région Oromia, fief de la contestation antigouvernementale.
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Compte rendu

L’armée éthiopienne tue 9 civils, 5 000 personnes fuient au Kenya

En Ethiopie, les relations se sont dégradées entre habitants et soldats déployés à Moyale, en région Oromia, fief de la contestation antigouvernementale.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-14T11:32:47+01:00"

        Le 14.03.2018 à 11h32






    
Dans la partie kényane de la ville de Moyale, qui s’étend de part et d’autre de la frontière avec l’Ethiopie, en juillet 2008.
Crédits : Antony Njuguna / REUTERS


Près de 5 000 personnes se sont réfugiées du côté kényan de la ville frontalière de Moyale après avoir fui la partie éthiopienne, où neuf civils ont été tués pendant le week-end des 10 et 11 mars par des soldats éthiopiens dans des circonstances controversées, a annoncé mardi 13 mars la Croix-Rouge kényane. « Environ 5 000 réfugiés sont arrivés à Moyale, la majorité étant des femmes et des enfants », indique l’organisation dans un communiqué.
Selon un habitant de la ville, qui a requis l’anonymat, l’armée éthiopienne recherche des membres du Front de libération oromo (OLF), un groupe rebelle. « Il y a une agression et un harcèlement continu qui suscite la peur et force les gens à fuir », a-t-il déclaré à l’AFP.

        Lire aussi notre série
         

          L’Ethiopie à cran



L’agence officielle ENA avait rapporté dimanche 11 mars que des soldats avaient tué neuf civils près de la ville frontalière, après les avoir pris par erreur pour des membres de l’OLF. Mais deux résidents de Moyale, parlant lundi à l’AFP sous couvert de l’anonymat par crainte de représailles, ont contesté cette version.
« Ils ont commencé à tuer tout ce qui bougeait »
Selon l’un d’eux, qui s’est enfui de l’autre côté de la frontière, la tuerie a eu lieu samedi quand un attroupement s’est formé autour de deux motocyclistes qui s’étaient heurtés et avaient commencé à se quereller. « Un véhicule militaire est arrivé. Les soldats en sont sortis et ont commencé à tirer de toutes parts et à tuer tout ce qui bougeait. »
La fusillade s’est produite, selon ces résidents, dans un quartier réputé pour son opposition au gouvernement éthiopien, alors que les relations entre la population et les soldats déployés à Moyale s’étaient tendues après la déclaration de l’état d’urgence. Cette mesure, qui interdit notamment toute manifestation, a été prise le 16 février, au lendemain de la démission du premier ministre Hailemariam Desalegn.

        Lire aussi l’épisode 4 de notre série :
         

          Les jeunes Ethiopiens « déterminés à mourir libres plutôt que de vivre comme des esclaves »



Moyale est située en région Oromia (dans le sud et l’ouest du pays), berceau de la communauté oromo, la plus importante d’Ethiopie, et épicentre d’un mouvement de protestation ayant débuté fin 2015, puis s’étant étendu en 2016 à d’autres régions, dont celle des Amhara (nord). Sa répression a fait au moins 940 morts.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Juan Pappier, expert de l’ONG Human Rights Watch, rappelle dans une tribune au « Monde » que l’adhésion de la Colombie à l’OCDE doit être conditionnée à la lutte du gouvernement contre les inégalités et la pauvreté, qui affectent en particulier les Wayuu, dans la région de La Guajira.
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« Le processus d’adhésion de la Colombie à l’OCDE doit être l’occasion de secourir les populations indigènes en détresse »

Juan Pappier, expert de l’ONG Human Rights Watch, rappelle dans une tribune au « Monde » que l’adhésion de la Colombie à l’OCDE doit être conditionnée à la lutte du gouvernement contre les inégalités et la pauvreté, qui affectent en particulier les Wayuu, dans la région de La Guajira.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h25
    |

Juan Pappier (Chercheur spécialiste des Amériques pour Human Rights Watch)







                        



                                


                            

Tribune. Dans les prochaines semaines, le président de la Colombie Juan Manuel Santos pourrait concrétiser l’une de ses plus anciennes ambitions : que son pays soit admis comme Etat membre au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le 22 mars, le Comité des affaires du travail et sociales de l’OCDE débattra de la question, car cette prestigieuse organisation internationale, qui regroupe principalement des pays à revenu élevé, promeut des politiques visant à améliorer le bien-être des populations mondiales sur les plans économique et social.
La Colombie est un pays marqué par de profondes inégalités, comme j’ai pu le constater en me rendant sur place à maintes reprises pour Human Rights Watch. Le contraste n’est peut-être nulle part aussi saisissant que dans la région de La Guajira, à l’extrême nord du pays, où sévit une crise alimentaire qui n’a que trop duré et qui était largement évitable.

Dans cette province, les Wayuu, le plus grand peuple indigène du pays, souffre de malnutrition aiguë, aggravée voire provoquée par de graves dysfonctionnements en termes de gouvernance. L’accès limité à l’eau et aux vivres a déjà coûté la vie à des dizaines d’enfants.
Beaucoup pleuraient
Il y a vingt ans, beaucoup estimaient que la Colombie risquait de devenir un Etat défaillant. Les progrès accomplis depuis, notamment la fin de la guerre contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), sont indéniablement impressionnants. Pourtant, dans des régions comme La Guajira, les gens se sentent abandonnés par leur propre gouvernement.
Lors de ma première visite à La Guajira en août 2016, Jorge, un professeur âgé de 32 ans, enseignait dans une « école » faite de quatre poteaux, d’un vieux tableau noir et de caisses de bière en guise de chaises. Ses élèves arrivaient en retard parce que le puits de leur communauté s’était asséché et qu’ils avaient dû se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Shinzo Abe se retrouve dans la tourmente du scandale Moritomo, une affaire de trafic d’influence.
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Au Japon, le premier ministre fragilisé

Shinzo Abe se retrouve dans la tourmente du scandale Moritomo, une affaire de trafic d’influence.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h08
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Depuis que le ministère des finances japonais a reconnu, le 12 mars, avoir modifié le contenu de quatorze documents dans une affaire de trafic d’influence, le scandale Moritomo, au profit d’un opérateur d’écoles privées nationalistes, des centaines de Japonais se réunissent devant le Parlement pour demander la démission du premier ministre, Shinzo Abe, et de son vice-premier ministre et ministre des finances, Taro Aso.
Cet allié du chef de gouvernement semble particulièrement menacé mais a jusqu’à présent exclu de quitter son poste. « Mon travail est d’identifier pourquoi c’est arrivé et d’empêcher que cela ne se reproduise », s’est défendu M. Aso mardi 13 mars. La situation est particulièrement délicate et il pourrait ne pas participer à la réunion des responsables des finances du G20 des 19 et 20 mars à Buenos Aires (Argentine).
L’affaire Moritomo a éclaté en février 2017 quand il est apparu que le groupe, qui s’est donné pour mission de promouvoir un enseignement « réaffirmant le caractère impérial du Japon », avait bénéficié d’un rabais de près de 85 % pour l’acquisition d’un terrain du ministère du territoire, afin d’y construire une nouvelle école. Les dirigeants de Moritomo, Yasunori Kagoike, et son épouse, Junko, sont proches d’Akie Abe, l’épouse du premier ministre. Une citation de Mme Abe appuyant la transaction et encourageant la construction de l’école apparaît dans les versions non modifiées des documents du ministère des finances.

        Lire aussi :
         

                Au Japon, zéro pointé pour l’école de la morale



Les aveux de l’administration ont confirmé l’information donnée le 2 mars par le quotidien de centre gauche Asahi, qui révélait que des documents avaient été modifiés pour effacer toute référence à Mme Abe, mais également au premier ministre et à l’organisation ultraconservatrice Nippon Kaigi (« conférence du Japon »), à laquelle appartiennent M. Abe et M. Kagoike.
Arguments peu convaincants
Depuis, l’affaire s’envenime. Un fonctionnaire du ministère des finances s’est suicidé – selon la police – et le directeur de l’agence des impôts, Nobuhisa Sagawa, qui avait témoigné en février 2017 au Parlement sur ce dossier, a démissionné le 9 mars. M. Aso attribue les changements à M. Sagawa, qui les aurait faits pour que le contenu des écrits ne contredise pas ses affirmations face au Parlement. D’autres parlent de « sontoku », un terme japonais désignant une manière d’agir pour prévenir les attentes d’un supérieur. Le nom de Mme Abe aurait été effacé pour complaire au premier ministre.
Mais ces arguments ne convainquent guère. Ancien du ministère des finances, Kazumasa Oguro estime dans le Japan Times que la modification des documents ne peut avoir eu lieu sans pression venue de très haut. Cette altération est un délit grave et « une attaque directe contre les fondements de la démocratie », dénonce le quotidien Asahi.

   


M. Sagawa a été nommé à l’été 2017 à la tête de l’agence des impôts par le gouvernement, semble-t-il comme récompense pour avoir « menti » au Parlement. Et le couple Kagoike reste en garde à vue sans contact avec l’extérieur depuis juillet 2017, victime d’une pratique dite de « l’otage de la justice », souvent utilisée dans des affaires politiques.
Pour l’heure, M. Abe veut garder M. Aso au gouvernement car son départ le placerait en première ligne face aux attaques. Et M. Aso, qui fut premier ministre en 2008-2009, dirige une importante faction du Parti libéral démocrate (PLD), la formation au pouvoir. Or M. Abe ambitionne d’être réélu à la présidence du PLD en septembre, et ce pour rester premier ministre trois années de plus. Certains au sein du parti s’interrogent désormais sur cette perspective. En février 2017, Shinzo Abe avait affirmé qu’il quitterait son poste s’il était prouvé que sa femme ou lui étaient impliqués dans l’affaire Moritomo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le chef de l’agence onusienne chargée des réfugiés palestiniens s’inquiète des coupes budgétaires américaines.
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Pierre Krähenbühl : « La frustration à Gaza est immense »

Le chef de l’agence onusienne chargée des réfugiés palestiniens s’inquiète des coupes budgétaires américaines.



Le Monde
 |    14.03.2018 à 11h03
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            Hélène Sallon et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Le gel, par Washington, de l’essentiel de sa contribution à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a entraîné la plus grave crise financière de l’histoire de cette organisation onusienne créée en 1949. Son commissaire général, le Suisse Pierre Krähenbühl, lance un cri d’alarme à la veille d’une réunion avec 90 pays, à Rome, jeudi 15 mars, destinée à trouver des fonds pour permettre à l’agence de poursuivre sa mission.
L’UNRWA est-il menacé par une décision américaine la privant d’un quart de son budget ?
Il faut distinguer les choses. Le mandat donné par l’Assemblée générale de l’ONU, en 1949, est fortement protégé, et l’UNRWA en tant que tel n’est pas en péril. Ce mandat a été renouvelé la dernière fois en 2016, voté par 167 pays. C’est une reconnaissance politique évidente de notre rôle. Mais le défi est très sérieux sur le plan du financement. Nous dépensons entre 1,2 et 1,3 milliard de dollars [970 millions à 1,05 milliard d’euros] par an pour l’ensemble de nos activités d’enseignement, de santé, d’aides d’urgence. Il manquait déjà, en début d’année, 146 millions de dollars pour boucler le budget, et à cela s’ajoutent maintenant les 300 millions coupés par les Etats-Unis [qui ne verseront que 60 millions]. Cela met à risque toute une partie des services de base que nous assurons, et notamment les aides pour Gaza, mais aussi celles que nous fournissons aux Palestiniens en Syrie. Grâce au soutien de l’ONU et en demandant à nos contributeurs d’avancer leurs versements, nous arriverons à tenir jusqu’à mai.
Qu’attendez-vous de la réunion de Rome ?
Chacun des pays représentés à cette conférence lancée par la Suède, la Jordanie et l’Egypte va venir avec ses propres perspectives. Certains nous apporteront un soutien politique, et d’autres, j’espère, des annonces fermes d’engagements financiers additionnels. Le...




                        

                        

