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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Depuis plus d’un an, l’état-major fait l’objet d’accusations d’irrégularité sur ses marchés d’affrètement aérien pour les opérations extérieures.
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Transport militaire : mise en cause, l’armée répond pour la première fois

Depuis plus d’un an, l’état-major fait l’objet d’accusations d’irrégularité sur ses marchés d’affrètement aérien pour les opérations extérieures.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h29
    |

            Nathalie Guibert








                        


L’état-major des armées a répondu pour la première fois, samedi 10 mars, aux accusations d’irrégularités dont il fait l’objet depuis plus d’un an sur ses marchés d’affrètement aérien des opérations extérieures. Sa réponse s’adresse à un article de l’émission « Secrets d’info » de France Inter, publié samedi, qui a utilisé des documents anonymes mettant en cause nommément plusieurs officiers du centre des soutiens des opérations.
Avant cette publication, la ministre des armées, Florence Parly, avait brièvement répondu lors de son passage à l’antenne, le 9 février, que la société prestataire mise en cause depuis plusieurs mois, ICS, n’était plus titulaire du marché des avions gros-porteurs concernés. Faute de posséder des appareils, l’armée française loue à prix d’or des avions-cargos Antonov ou Illiouchine, ukrainiens et russes pour l’essentiel.
Sollicité par Le Monde à plusieurs reprises sur ce dossier, pour lequel nous avions révélé en octobre 2017 l’ouverture d’une enquête du Parquet national financier, suivie de perquisitions, le ministère avait jusque-là gardé le silence. Les investigations portent notamment sur des faits de favoritisme. Depuis 2016, la Cour des comptes, la commission des finances de l’Assemblée nationale, puis le contrôle général des armées, ont produit des rapports sur le sujet.

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« La société ICS n’est plus en contrat avec les armées à titre exclusif, le marché d’affrètement d’avions-cargos n’ayant pas été reconduit [en novembre 2017] », écrit le porte-parole de l’état-major, le colonel Patrick Steiger. Mais, précise-t-il, elle est toujours dans la liste des prestataires de la défense pour l’affrètement aérien et maritime en urgence. Le colonel indique : « Il appartient à la justice d’enquêter et de juger, c’est pourquoi la ministre a décidé d’enclencher une procédure au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. »
« Critiques non consolidées »
L’ancien ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a lui aussi répondu, par mail, à France Inter. « Le sujet a été instruit par mon cabinet et mes services bien avant la publication des rapports », affirme-t-il en évoquant des « alertes » émanant de « prestataires divers ». Selon lui, « vingt-trois marchés de transport stratégique ont été passés et exécutés sans difficultés ni irrégularités. Un seul marché, pointé du doigt par [le député] François Cornut-Gentille fait l’objet de critiques non consolidées ».
L’élu Les Républicains a réagi par une lettre adressée mardi 13 mars à M. Le Drian, en s’étonnant que le ministre ne l’ait pas informé des travaux ainsi menés en interne au moment où il réalisait son contrôle parlementaire. « Je note que le contrôle général des armées n’a été saisi qu’à l’automne 2017 par votre successeur », ajoute-t-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ L’extension du décret Montebourg ne suffira pas à protéger l’indépendance des entreprises du CAC 40… sauf si les salariés entrent massivement à leur capital, explique l’économiste Gérard Lafay dans une tribune au « Monde ».
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Indépendance des grandes entreprises : « La solution doit être trouvée dans un renouveau de la participation »

L’extension du décret Montebourg ne suffira pas à protéger l’indépendance des entreprises du CAC 40… sauf si les salariés entrent massivement à leur capital, explique l’économiste Gérard Lafay dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 15h37
    |

Gérard Lafay (Professeur émérite d’économie à l’université Panthéon-Assas-Paris-II)







                        



                                


                            

Tribune. Parmi les problèmes des entreprises françaises, l’un des plus importants est la faiblesse de la structure capitalistique. Très souvent, leur capital est trop dispersé, faute d’être détenu par des groupes cohérents d’actionnaires.
De nombreuses entreprises, solides et efficaces, grandes ou petites, tombent ainsi entre les mains de capitaux étrangers. Tantôt elles sont absorbées par des groupes concurrents, qui s’approprient leur technologie avant de délocaliser leurs centres de recherche puis leurs activités productives ; tantôt elles sont la proie de fonds d’investissement vautours, qui ont pour effet de les dépecer « par appartement ».
Le secteur industriel français a ainsi vu disparaître successivement des noms emblématiques comme Pechiney, Arcelor, Alcatel, et il voit maintenant des entreprises prestigieuses se faire absorber par morceaux, comme c’est le cas de Lafarge ou d’Alstom.
Des décennies d’inaction
La faiblesse de la maîtrise du capital concerne la plupart des grandes entreprises du CAC 40, qui sont détenues à plus de 50 % par des étrangers. Elle concerne aussi les petites et moyennes entreprises, et en particulier les start-up qui cèdent bien souvent à la convoitise de leurs concurrents. Il est vrai que les autorités françaises commencent à se préoccuper de la situation, après des décennies d’inaction.
En 2014, le décret Montebourg soumettait à une autorisation préalable les investissements dans le secteur de la défense, de l’énergie, de l’eau, des transports, des communications électroniques et de la santé publique. Ce périmètre va être élargi par la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) du gouvernement Philippe afin de couvrir « les activités essentielles à la garantie du pays en matière d’ordre public, de sécurité publique ou de défense nationale ».
Pour utiles qu’elles soient, ces mesures ne feront cependant pas face à l’ampleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Les représentants des citoyens refusent de dialoguer avec la ministre des outre-mer. Ils jugent ses annonces insuffisantes et réclament un plan de développement.
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A Mayotte, le dialogue avec la ministre Annick Girardin tourne court

Les représentants des citoyens refusent de dialoguer avec la ministre des outre-mer. Ils jugent ses annonces insuffisantes et réclament un plan de développement.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 16h31
    |

            Patrick Roger








                        


Réunis pendant plus de trois heures en début d’après-midi, mardi 13 mars, les représentants du collectif de citoyens, de l’intersyndicale et des élus de Mayotte ont finalement refusé, après de longues discussions et alors qu’apparaissent des divisions dans le mouvement, l’offre de dialogue lancée par la ministre des outre-mer, Annick Girardin. Cette dernière, retranchée dans la résidence du préfet, aura tenté en vain d’établir des contacts et de solliciter des interventions de médiation.

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Rien n’y a fait. Aux alentours de 16 h 30, alors que la rencontre était prévue à 14 heures, la délégation accostait au ponton de Petite-Terre. Munie en quelque sorte d’un mandat : dire à la ministre qu’elle retourne en métropole, que les représentants du mouvement ne discuteraient pas avec elle, ni avec les trois hauts fonctionnaires missionnés qui l’accompagnent.
Des annonces insuffisantes
Fatihou Ibrahim, un des porte-parole du mouvement, résume la position commune arrêtée par le collectif, les élus et l’intersyndicale. « Nous allons voir la ministre et lui expliquer que la tonalité qu’elle a donnée à sa visite n’a pas du tout plu aux Mahorais. Ceux-ci ont compris que c’était une mascarade », explique-t-il.

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« La ministre n’est pas le bon interlocuteur, poursuit M. Ibrahim. Elle nous a manqué de respect. Nos camarades ne comprendraient pas que nous discutions avec elle. Puisqu’elle n’est qu’une boîte aux lettres, nous lui remettons un courrier commun des élus et des syndicats pour qu’elle le remette aux personnes compétentes. Que le gouvernement nous envoie un véritable interlocuteur, capable de prendre des engagements sur trois points : un plan de rattrapage pour Mayotte, un plan de développement et des moyens contre l’insécurité. »
Pour le jeune leadeur, les mesures annoncées la veille par la ministre sur ce dernier point « ne sont pas des mesures ». Et il ne voit pas l’intérêt d’engager des discussions avec les trois missionnaires puisqu’« ils ne sont pas mandatés ». Lundi, Mme Girardin avait annoncé que soixante gendarmes supplémentaires allaient être maintenus sur le territoire jusqu’à la fin de l’année scolaire, qu’une brigade de gendarmerie allait être créée à Koungou et que de nouveaux renforts de policiers et de gendarmes devraient arriver d’ici au 1er août pour être affectés à la brigade de prévention de la délinquance juvénile.

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A vingt-quatre heures d’une catastrophe sanitaire
Avant de pénétrer dans la résidence du préfet, le porte-parole prévient. « Nous allons la voir par politesse mais uniquement pour lui dire que nous avons compris son jeu. Mayotte traverse une crise comme on n’en a jamais connu, sauf peut-être en 1976. Nous, syndicats et collectifs, nous faisons l’écho de la souffrance des gens. Le mouvement va continuer tant que le gouvernement ne se décidera pas à prendre en considération l’ampleur de la crise. »
La ministre a, en principe, prévu de repartir mardi soir en métropole pour faire un exposé de la situation au conseil des ministres qui se tiendra mercredi. Dans la matinée, lors de sa visite du centre hospitalier de Mayotte, les autorités hospitalières ont fait savoir que le département était « à vingt-quatre heures d’une catastrophe sanitaire ». Les tentatives de discussion, pour l’heure, semblent bel et bien vouées à l’échec.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Avec déjà six postulants déclarés, la course à la succession de Pierre Gattaz n’a jamais paru aussi ouverte.
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Les candidatures à la présidence du Medef se multiplient

Avec déjà six postulants déclarés, la course à la succession de Pierre Gattaz n’a jamais paru aussi ouverte.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 13h14
    |

            Sarah Belouezzane et 
Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            
Au Medef, l’arrivée du printemps fait naître les vocations et les candidatures pour succéder à Pierre Gattaz fleurissent. « A ce rythme, on va passer les dix », ironise l’un d’eux. Ils sont actuellement six sur la ligne de départ. Un nombre déjà élevé pour une institution dont beaucoup se demandent si elle a encore un rôle à jouer dans le paysage social français.
La semaine dernière, Olivier Klotz, président du Medef Alsace, et Alexandre Saubot, ex-vice président de l’organisation patronale, ont fait connaître leurs intentions, rejoignant Patrick Martin et Frédéric Motte, respectivement numéro un des Medef Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France, Jean-Charles Simon, ex-responsable du mouvement, et Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du syndicat des employeurs. Des hommes qui ont en commun de connaître parfaitement les rouages de l’institution de l’avenue Bosquet, à Paris.
La candidature de M. Saubot, annoncée le 4 mars dans Le Journal du dimanche, n’est pas une surprise. Son nom circulait ces derniers mois mais le président du pôle social du Medef a attendu la fin des discussions sur l’assurance-chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage pour se dévoiler. Désireux de s’exprimer « en homme libre », il a indiqué avoir renoncé à sa vice-présidence du Medef, ajoutant qu’il quitterait la tête de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) à la fin de son mandat en avril. Une façon de mettre la pression sur son principal concurrent, M. Roux de Bézieux, qui n’a pas fait de même.
« Les entrepreneurs ont désormais un vrai choix avec des personnalités et sans doute des visions différentes pour le positionnement du Medef dans l’avenir », juge Jacques Chanut, président de la fédération du bâtiment. « Encore plus que d’habitude, la campagne va être majeure, ajoute l’un de ses homologues. Il y a une forte attente de changement. » Qui pour l’endosser ? Pour l’heure,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Passage en revue des acteurs de ce feuilleton politique et social qui entre mercredi dans une nouvelle phase, avec la présentation du projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances sur ce dossier.
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Réforme de la SNCF : les protagonistes de la future bataille

Passage en revue des acteurs de ce feuilleton politique et social qui entre mercredi dans une nouvelle phase, avec la présentation du projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances sur ce dossier.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h46
    |

                            Éric Béziat, 
Philippe Jacqué et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Accélération du calendrier, cristallisation possible d’un conflit social… A partir du mercredi 14 mars, le feuilleton SNCF, commencé lors de la publication du rapport Spinetta sur « L’avenir du transport ferroviaire » et l’annonce du projet de réforme de la SNCF du premier ministre, Edouard Philippe, entre dans une nouvelle dimension.
Mercredi, d’abord, le projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances pour lancer sa réforme sera présenté en conseil des ministres. Le texte sera probablement succinct, se contentant de lister les thèmes déjà connus : ouverture à la concurrence, transformation de la SNCF en société nationale à capitaux publics et suppression du statut de cheminot pour les nouvelles recrues. Le lendemain, jeudi 15 mars, une nouvelle liste sera dévoilée : celle des chapitres du projet stratégique que le premier ministre a demandé à la SNCF de préparer pour cet été. Efficacité industrielle, polyvalence des salariés, numérique et organisation du travail devraient être au programme.
En fin de journée, jeudi, ce sera au tour des syndicats de monter au créneau. A partir des annonces de l’exécutif, puis de la SNCF, les quatre organisations représentatives des cheminots, pour une fois unies, décideront si elles lancent ou non une grève dure et à quelle échéance. Tout cela se déroule dans le cadre d’une concertation prévue jusqu’à fin avril, qui, si elle avance sans blocages, permettra de remplacer, au fur et à mesure, les ordonnances par des amendements législatifs soumis à discussion au Parlement.

Négociations, réunions de concertation, conflit en préparation… panorama de la quinzaine de protagonistes qui seront les acteurs de la grande bataille politique et sociale à venir.

L’ÉXÉCUTIF EST À LA MANŒUVRE
Elisabeth Borne, la techno-ministre
Difficile de faire plus compétente sur le papier. Les problèmes de la SNCF ? Elisabeth Borne, qui fut directrice de la stratégie du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Analyse. L’initiative lancée par Paris vient s’ajouter à une quinzaine de stratégies régionales existantes au bilan au mieux qualifié de « mitigé » et plus souvent d’« échec », explique la journaliste du « Monde », Laurence Caramel.
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Au Sahel, le discours et la méthode

Analyse. L’initiative lancée par Paris vient s’ajouter à une quinzaine de stratégies régionales existantes au bilan au mieux qualifié de « mitigé » et plus souvent d’« échec », explique la journaliste du « Monde », Laurence Caramel.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 12h39
    |

            Laurence Caramel








                        



   


Analyse. Au Sahel, l’engagement militaire de la France et l’aide au développement serviront désormais le même objectif : la lutte contre les groupes djihadistes et la radicalisation de la jeunesse. Cette convergence souhaitée par Emmanuel Macron doit se traduire par une concentration des projets financés par la coopération française dans les zones les plus fragiles susceptibles de basculer et de voir s’enraciner de nouveaux foyers terroristes.
Les experts du ministère de la défense et de l’Agence française de développement (AFD) ont travaillé pendant six mois pour parvenir à une cartographie commune de cette géographie des risques. Elle coïncide en grande partie avec celle sur laquelle se déploient déjà les forces françaises de l’opération « Barkhane » dans le centre et le nord du Mali ou dans la région dite « des trois frontières » entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. La région du lac Tchad, où sévit Boko Haram, est également ciblée comme l’une des zones prioritaires d’intervention.

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Symbole de cette volonté, un premier projet de 10 millions d’euros consacré à l’éducation dans la région de Mopti a été annoncé. Le chiffre est conséquent : il équivaut au dixième du budget d’investissement dont dispose le ministre de l’éducation malien pour tout le pays.
Le choix de cette localité qui borde le fleuve Niger ne doit rien au hasard. Des dizaines d’écoles ont dû être fermées après avoir été les cibles d’attaques, et les enseignants terrorisés refusent aujourd’hui de rejoindre leurs classes. C’est ici, surtout, que les troupes de l’opération « Serval » avaient stoppé, en janvier 2013, l’avancée des djihadistes sur Bamako.
Mais, cinq ans après que Paris a volé au secours du gouvernement malien, la présence des troupes étrangères accueillies en libératrices ne soulève plus autant d’enthousiasme. Et le risque qu’une part croissante de la population voie dans les soldats français des « forces d’occupation » est pris au sérieux.
Il devient urgent d’adresser un autre message. « Pour des raisons humanitaires et politiques, il faut montrer aux populations qu’elles ne sont pas abandonnées », insiste Laurent Bossard, directeur du Club du Sahel, en décrivant des territoires privés de toute administration en dehors des grandes villes.
« Frustration de la jeunesse »
Les militaires sont parmi les premiers à avoir mis en avant les limites d’une approche exclusivement sécuritaire. « Nous pouvons produire de la sécurité, mais c’est le développement qui apportera la paix. La frustration de la jeunesse qui aspire à un autre avenir augmente », soulignait, en janvier, le général Luc du Perron de Revel, lors d’une conférence au ministère des affaires étrangères.
Cette nécessité a conduit M. Macron à souhaiter la création d’une Alliance pour le Sahel qui est parvenue, depuis son lancement, en juillet 2017, à rassembler les principaux bailleurs bilatéraux et multilatéraux. Fin février, l’Alliance pour le Sahel a dévoilé un portefeuille de 500 projets pour un montant de 6 milliards d’euros comme un gisement prêt à être exploité pour qu’adviennent des jours meilleurs, propres de surcroît à écarter les jeunes des routes migratoires. Il est question de développement rural, d’accès à l’énergie et aux services de base, d’emplois pour les jeunes, de gouvernance et de sécurité.

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Mais, comme met en garde le chercheur Serge Michailof, auteur, en 2015, d’un essai remarqué, Africanistan (Fayard) : « N’oublions pas que, dans la décennie qui a précédé l’effondrement du Mali en 2012, ce pays a pu absorber un milliard de dollars d’aide par an pour se retrouver dans un état où quelques bandes de djihadistes ont failli en prendre le contrôle. Comment imaginer, dès lors, que le simple doublement des ressources d’aide sans modification radicale des conditions de son emploi pourrait faciliter la sortie de crise ? »
Changer de méthode, c’est aussi ce que promet l’Alliance pour le Sahel en dépassant les travers bien connus de l’aide internationale : absence de coordination entre les bailleurs, lourdeur des procédures d’approbation des projets, lenteur dans le décaissement des fonds, inadéquation avec les besoins des populations… Elle parle ainsi de créer « des circuits courts », des « projets à impact rapide ».
Tant de bonnes intentions
L’initiative lancée par Paris vient s’ajouter à une quinzaine de stratégies régionales déjà existantes, dont le bilan est qualifié au mieux de « mitigé » mais plus souvent d’« échec ». Si cela ne la condamne pas a priori, cela conduit à la prudence. Les annales du développement sont peuplées de tant de bonnes intentions. Paris fut, en 2005, l’hôte de la conférence internationale où fut adoptée la déclaration sur l’harmonisation de l’aide. 

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« Tous les bailleurs parlent de coordination, mais aucun ne veut être coordonné », observe Tertius Zongo, ancien premier ministre du Burkina Faso. Il remarque que, pendant que les bailleurs parlent entre eux de bonnes pratiques, ils continuent de faire comme si les intéressés eux-mêmes n’avaient aucun avis : « L’aide ne doit plus être quelque chose qu’on vient nous mettre dans la bouche sans que nous ayons décidé ce que nous allons manger. Imposer des solutions qui n’ont rien à voir avec l’histoire de nos pays ne peut que conduire à l’échec. »
M. Zongo, chercheur associé à la Fondation pour les études et recherches sur le développement international, a inauguré, au début de l’année, à Ouagadougou, une chaire Sahel. Sous des dehors académiques, le projet est bien d’encourager les donateurs à s’appuyer sur un vivier de jeunes experts locaux qui, assure-t-il, existe désormais. Tout autant capables d’élaborer des programmes que d’aller sur des terrains où, pour des raisons de sécurité, les Blancs ne peuvent plus aller. S’il réussit, il y aurait, au-delà du discours, véritablement un changement de méthode.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Face à « l’impasse des négociations », l’intersyndicale a signé lundi un protocole de sortie de grève. Les agents dénoncent leurs conditions de travail et la future loi asile-immigration.
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Cour nationale du droit d’asile : fin de la grève après 28 jours de mobilisation

Face à « l’impasse des négociations », l’intersyndicale a signé lundi un protocole de sortie de grève. Les agents dénoncent leurs conditions de travail et la future loi asile-immigration.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h43
   





                        



   


La grève, historiquement longue, des rapporteurs à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a pris fin lundi 12 mars après vingt-huit jours de mobilisation visant à dénoncer leurs conditions de travail, ainsi que celle des avocats, qui menaient leur propre mouvement, a annoncé l’intersyndicale.
« Après vingt-huit jours de grève, face à l’impasse des négociations et à la stratégie d’épuisement des directions de la Cour et du Conseil d’Etat, les agents ont finalement décidé de signer un protocole de sortie de grève, pourtant largement insuffisant », écrit l’intersyndicale dans un communiqué.

        Lire notre reportage :
         

          A la Cour nationale du droit d’asile, une grève contre la future loi immigration



Si elle reconnaît « certaines avancées », elle estime toutefois « qu’aucune solution sur les revendications essentielles » portées par les agents durant le mouvement de grève n’a été apportée.
« Carences des politiques publiques »
Dénonçant « l’absence de véritable projet de juridiction » et « des carences des politiques publiques concernant la CNDA », l’intersyndicale prévient que « les agents poursuivront leur mobilisation afin que des solutions concrètes soient apportées dans les meilleurs délais ».
Les rapporteurs de la CNDA dénonçaient des conditions de travail « au rabais » et une « politique du chiffre », alors que la Cour a rendu 47 814 décisions en 2017.
En grève depuis le 13 février pour dénoncer le projet de loi asile-immigration porté par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, les avocats déploraient quant à eux la diminution du délai pour déposer sa demande, la réduction du délai pour exercer son droit à recours, l’absence de caractère suspensif de la plupart des recours, la multiplication des décisions rendues par ordonnance et le recours à la visioconférence.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ L’ancien premier ministre se dit globalement en phase avec la politique du gouvernement mais revendique sa « liberté de parole » au sein du groupe LRM.
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Manuel Valls, l’électron libre de la majorité

L’ancien premier ministre se dit globalement en phase avec la politique du gouvernement mais revendique sa « liberté de parole » au sein du groupe LRM.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h27
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

Un pied dedans, un pied dehors. Manuel Valls a un positionnement singulier, depuis sa réélection aux législatives dans son fief de l’Essonne, il y a près de neuf mois. Etant apparenté au groupe de La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale, il participe à toutes les réunions stratégiques des députés macronistes et se considère comme « un député de la majorité ».
« Tous ceux qui ont appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en font partie. Moi, j’ai appelé à voter Macron dès le premier tour pour éviter un second tour Fillon-Le Pen et parce que la stratégie d’Hamon nous menait au désastre. Même si cela n’a pas été évident au début, je suis aujourd’hui un député de la majorité », observe-t-il, en affirmant avoir tourné la page de sa rivalité avec l’actuel chef de l’Etat, lors du précédent quinquennat. « Pour moi, la réussite de Macron se conjugue avec la réussite du pays, donc il faut être utile. Moi, je peux être utile au pays et au sein de la majorité. »
« Respectueux de la discipline interne »
Alors que d’ex-socialistes convertis au macronisme jugent la ligne du gouvernement trop libérale sur le plan économique et trop ferme sur l’immigration, lui se dit globalement en phase avec la politique menée. « Je n’ai pas de désaccords majeurs sur la sécurité, l’économie ou l’immigration », assure-t-il. Après avoir été longtemps considéré comme un homme de droite au sein du PS, il dit se retrouver dans « l’équilibre social-libéral » du groupe LRM.
Pour autant, même s’il se dit « respectueux de la discipline interne » et loyal vis-à-vis de sa nouvelle famille d’adoption, M. Valls occupe une place à part parmi les 312 députés du groupe LRM, car il joue sa propre partition, cultivant une grande liberté de parole du fait de son expérience et de son statut d’ancien premier ministre. « Je peux avoir des interrogations sur des sujets et je ne m’empêche pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Réduit à la portion congrue, le groupe des députés socialistes essaye de préserver son unité.
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La Nouvelle Gauche veut se tenir à l’écart des « boules puantes » du congrès du PS

Réduit à la portion congrue, le groupe des députés socialistes essaye de préserver son unité.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h23
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
Comme chaque semaine, les députés du groupe Nouvelle Gauche entament leur réunion de groupe ce 16 janvier. La semaine précédente, à une journée d’intervalle, leur président, Olivier Faure, et le député de la Sarthe, Stéphane Le Foll, ont annoncé coup sur coup leur candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. A l’époque, ils sont donc désormais quatre députés – Luc Carvounas s’étant déclaré en novembre 2017, et Delphine Batho alors toujours en lice – à concourir au 78e congrès du PS. Seul Emmanuel Maurel siège, lui, au Parlement européen.
« Je craignais le pire », confie Marietta Karamanli, députée de la Sarthe et soutien de M. Le Foll. « Je pensais que cela poserait problème », abonde l’élue du Puy-de-Dôme, Christine Pirès-Beaune, qui a choisi M. Faure. Mais, ce jour-là, devant la trentaine de participants habituels, le chef de file des parlementaires désamorce d’emblée la situation. « Le groupe doit rester un sanctuaire au sein duquel les débats de congrès n’ont pas lieu de se dérouler », prévient M. Faure. M. Le Foll acquiesce.
Le message est passé. Il a pour le moment été respecté depuis le début de la campagne. Même quand, le 11 février, dans Le Journal du dimanche, M. Carvounas dénonce « les frères jumeaux du Hollandisme » ou que des fuites dans la presse font état du poste occupé par l’épouse de M. Faure à l’Elysée. En réunion de groupe, chaque mardi, rien ne transparaît.
« Les boules puantes sont réservées à la récréation, pas pendant les cours. C’est un espace protégé », analyse Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle et soutien de M. Faure. « Nous ne parlons pas du congrès parce qu’on a envie de continuer à travailler ensemble après. Nous n’avons pas le temps d’y penser. On est submergés », explique Mme Karamanli.
« On a un instinct de survie »
Après les élections législatives de 2017, les députés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, Olivier Dussopt reçoit les syndicats de fonctionnaires, mardi 13 mars.
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Le temps de travail des fonctionnaires au menu des discussions avec l’exécutif

Le secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, Olivier Dussopt reçoit les syndicats de fonctionnaires, mardi 13 mars.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h20
    |

            Benoît Floc'h








                        


C’est dans une ambiance un peu lourde que s’engage la concertation entre le gouvernement et les syndicats de fonctionnaires, mardi 13 mars. Les neuf organisations de la fonction publique ont déjà été reçues en tête-à-tête par Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat placé auprès de Gérald Darmanin, début février. Elles sont maintenant invitées à lancer les discussions sur le fond avec la Direction générale de l’administration et de la fonction publique. Au menu, les quatre chantiers annoncés le 1er février par le premier ministre : rénovation du dialogue social, recours accru aux contractuels, rémunération au mérite et plans de départs volontaires.

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                L’heure de vérité pour les fonctionnaires



Le même jour, à 15 heures 30, M. Dussopt reçoit sept des neuf syndicats (donc pas la CFDT et l’UNSA) : ceux qui appellent à se mobiliser le 22 mars pour protester contre la politique du gouvernement. Une rencontre obligatoire dans le cas d’un préavis de grève. Il n’est pas exclu que la réunion de mardi matin tourne court. Les sept syndicats engagés pour le 22 mars avaient demandé – en vain – qu’elle soit reportée.

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Cela fait des mois que le climat se détériore entre les syndicats de fonctionnaires et le gouvernement. Promesse présidentielle de supprimer 120 000 postes, rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie, gel du point d’indice, annonces du 1er février… Les mauvaises nouvelles se sont accumulées.
« Ce type de déclaration pollue totalement les négociations »
Mercredi 7 mars, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, en a ajouté une nouvelle : devant les membres de la commission des finances du Sénat, il a indiqué qu’une réforme du temps de travail des fonctionnaires était « une mesure possible ». « Tous les agents publics ne font pas 35 heures. Cela fait partie des anciens tabous que nous mettrons sur la table », a-t-il ajouté.
Outre qu’elle ne figure pas parmi les chantiers du 1er février, la question est sensible. Le temps de travail est un angle d’attaque récurrent chez les contempteurs des fonctionnaires. Deux rapports rendus publics en 2016 avaient de fait mis en évidence de nombreuses inégalités. En mai, celui de Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, montrait qu’il existe « des différences de traitement au sein de la fonction publique, y compris dans la fonction publique d’Etat entre services et entre collectivités locales », rappelle M. Laurent.
La mission qu’il a conduite a évalué la durée annuelle de travail des fonctionnaires à 1 584 heures par an, inférieure de 1,4 % à la durée réglementaire (1 607 heures). « Cette différence, indique le rapport, s’explique principalement par la nature des missions confiées au secteur public. En effet, les exigences du service public entraînent des contraintes spécifiques dont la contrepartie a porté plus souvent sur la durée du travail que sur les rémunérations. » En octobre 2016, la Cour des comptes avait étudié le temps de travail des agents dans 103 collectivités locales. Celui-ci n’était que de 1 562 heures, mais la Cour reconnaissait « l’amorce d’un mouvement de rattrapage ».

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En faisant référence à M. Darmanin, Christian Grolier, secrétaire général de FO fonctionnaires, regrette que « ce type de déclaration pollue totalement les négociations ». « C’est particulièrement désagréable, estime-t-il, car cela stigmatise les fonctionnaires. On est prêt à discuter, mais il ne faut oublier que ceux qui travaillent le plus le dimanche, les jours fériés, ce sont les fonctionnaires, pas les salariés du privé. » Même agacement à l’UNSA, qui n’a cependant pas appelé à se mobiliser le 22 mars : « L’aménagement du temps de travail des fonctionnaires repose toujours sur un accord négocié, précise Luc Farré, secrétaire général de l’UNSA fonction publique. Il n’y a donc pas d’abus. Après, on peut considérer que les fonctionnaires doivent travailler davantage, mais il faudra alors revoir les accords et compenser cela par la rémunération. »
Les syndicats ont néanmoins obtenu gain de cause sur un point : le rendez-vous salarial, prévu en octobre, est avancé à mi-juin, c’est-à-dire « avant la période de préparation budgétaire et une fois que les perspectives économiques et budgétaires seront connues ». Olivier Dussopt annoncera-t-il de bonnes nouvelles aux agents publics ? « Chaque chose en son temps », répond-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Convaincu en 2011 puis déçu, l’élu régional du Grand Est, Jordan Grosse-Cruciani, a décidé de quitter le Front national.
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« Avec la tête de Marine Le Pen partout, on voit bien que ça ne marche pas »

Convaincu en 2011 puis déçu, l’élu régional du Grand Est, Jordan Grosse-Cruciani, a décidé de quitter le Front national.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 16h22
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

Il part « déçu, mais pas fâché ». Dès le lendemain du congrès du Front national, Jordan Grosse-Cruciani a demandé son transfert sur la liste des « non-inscrits », au conseil régional du Grand Est. Ce week-end frontiste, supposé être « refondateur », l’a conforté dans sa décision de quitter les rangs du parti d’extrême droite. Avec son accent traînant des Vosges, il décrit les « failles » du discours de Marine Le Pen : « Toujours les mêmes, rien de chiffré sur l’économie, et le cul entre deux chaises sur l’euro ». Sans compter la nouvelle direction, « la même, plus quelques entrants dociles ». 
Jordan Grosse-Cruciani est passé « vite fait » au congrès de Lille pour faire ses adieux à quelques amis. L’élu de 27 ans imagine que beaucoup lui tourneront le dos. « C’est un truc du Front. Tu es dans la famille, mais le jour où tu pars, c’est fini. » Certains avaient déjà essayé de le retenir. Après tout, « il y a toujours des creux » dans la vie d’un parti. Lui ne tient plus. « Ras le bol. J’y crois plus, pas avec elle. » Elle, c’est Marine Le Pen.
Gueule d’ange et master en droit
Le Vosgien a pourtant rejoint le FN en 2011, enthousiasmé par le laïus de celle qui venait d’en prendre la tête. Il a essayé d’y croire encore, après la défaite présidentielle de 2017, jusqu’à envoyer sa profession de foi de candidat au conseil national frontiste, en octobre. Un mois après, il savait qu’il partirait.
« Je ne veux pas faire mon Philippot », prévient Jordan Grosse-Cruciani. Pas question de « faire tous les plateaux télé pour cracher » sur un parti à qui il doit son élection. Mais il sait également que son profil a participé à crédibiliser le FN, avec sa gueule d’ange et son master en droit. « Quand ils avaient tous les zinzins, ils étaient bien contents de trouver quelqu’un qui présente bien, qui parle transports ou écologie. » Sous-entendu,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Ce nouveau tiers-lieu installé à Belleville accueille une vingtaine d’associations et d’entreprises qui agissent pour développer la participation citoyenne et le débat public.
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La Halle civique, laboratoire de la démocratie participative à Paris

Ce nouveau tiers-lieu installé à Belleville accueille une vingtaine d’associations et d’entreprises qui agissent pour développer la participation citoyenne et le débat public.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h09
    |

            Claire Legros








                        



   


Peinture fraîche et baies vitrées ouvertes sur la capitale. Dans la panoplie des tiers-lieux et incubateurs parisiens, la Halle civique, inaugurée dans l’ancienne Maison de l’air et de l’environnement du parc de Belleville, lundi 12 mars, tient une place à part. Non pas à cause de sa vue imprenable sur les toits de Paris, le centre Georges-Pompidou et la tour Montparnasse, un rêve de promoteur immobilier, mais parce que les 650 m2 de ce nouvel espace de coworking accueillent une vingtaine d’organisations qui partagent la même ambition : renforcer le pouvoir d’agir des citoyens et les remettre au cœur des politiques publiques.
Au premier étage, l’équipe du collectif Démocratie ouverte prépare la deuxième édition du Printemps citoyen, une série d’événements organisés du 21 mars au 4 avril dans toute la France pour « nourrir le débat démocratique ». Dans le bureau voisin, des membres de Kawaa, une entreprise du secteur de l’économie sociale et solidaire, actualise le programme de la Nuit des débats organisée par la Mairie de Paris le 24 mars. La start-up a développé une plate-forme en ligne qui permet de susciter des rencontres dans la vie réelle. Au rez-de-chaussée, les salles devraient accueillir bientôt des ateliers avec des habitants du quartier ainsi que des séminaires d’ingénierie de la concertation (université Panthéon-Sorbonne) du sociologue Loïc Blondiaux, dont certains étudiants s’installeront à Belleville en résidence.

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L’idée d’un tiers-lieu spécialisé dans l’innovation démocratique s’inspire au départ du Civic Hall de New York, vaste incubateur de start-up spécialisées dans les « civic tech », des technologies visant à redonner du pouvoir aux citoyens. Mais la comparaison avec le grand frère américain s’arrête assez vite. « Il y a une différence de culture très nette entre la France et les Etats-Unis dans le domaine de l’innovation civique, constate Kévin André, cofondateur de Kawaa. Personne n’avait envie de créer un énième espace d’incubation orienté business sur une thématique comme la démocratie. »
Protection des données personnelles
L’un des principaux enjeux de la démocratie numérique touche en effet à la protection des données personnelles des utilisateurs. Le collectif choisi par la Ville de Paris veut développer « une proposition alternative, qui ne repose pas sur l’utilisation de données personnelles comme c’est le cas aujourd’hui pour des plates-formes telles que Change.org ou Avaaz », dit Armel Le Coz, l’un des fondateurs de Démocratie ouverte, qui a développé un incubateur de start-up dédié à la participation citoyenne.
Le collectif veut aussi laisser une large place à l’innovation démocratique sous toutes ses formes, numériques mais pas seulement. « Il n’y a pas que la tech dans la vie démocratique », résume Stéphane Vincent, fondateur de La 27e Région, qui travaille depuis 2009 avec des collectivités pour concevoir des politiques publiques associant les élus, les administrations et les citoyens.

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Le contrat avec la Ville de Paris est signé pour une durée de trois ans : la Mairie offre le toit, assorti d’une subvention de 50 000 euros pour l’installation dans le bâtiment. A charge pour les résidents de trouver des financements pour leur développement. La plupart des civic tech françaises vivent du financement participatif, de contrats avec les collectivités, et pour certaines de partenariats avec des fondations philanthropiques, comme celle de Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York. Mais ce modèle économique reste fragile. « Il nous manque des fondations du même genre en France, qui pourraient investir dans l’innovation démocratique », constate Stéphane Vincent, dont La 27e Région a été repérée par la fondation Bloomberg en 2017. Les résidents espèrent aussi que la Halle apportera une visibilité à leurs travaux, notamment à l’international.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ A la tête d’une mission d’information, Manuel Valls souhaite que la Nouvelle-Calédonie reste dans la République. Les députés examinent mardi le projet de loi organisant la consultation en novembre.
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L’Assemblée nationale se penche sur le référendum calédonien

A la tête d’une mission d’information, Manuel Valls souhaite que la Nouvelle-Calédonie reste dans la République. Les députés examinent mardi le projet de loi organisant la consultation en novembre.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 11h14
    |

            Patrick Roger








                        


L’Assemblée nationale examine, mardi 13 mars, le projet de loi organisant la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, qui devrait avoir lieu le 4 novembre. L’ensemble des groupes politiques a approuvé en commission des lois, sur la base du rapport présenté par Manuel Valls, député (apparenté LRM) de l’Essonne, le texte qui avait été adopté par le Sénat le 20 février.
Le sujet du corps électoral appelé à prendre part au référendum étant ainsi évacué, le comité des signataires de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, qui se réunira le 27 mars à Matignon sous l’égide du premier ministre, Edouard Philippe, devrait à présent pouvoir se pencher sur la formulation de la question qui sera soumise à la consultation. Une deuxième étape importante.
A cet effet, M. Valls, également président de la mission d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, s’est rendu sur le territoire du 19 au 23 février, en compagnie du rapporteur, Christian Jacob (LR), de la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet (LRM), et de Naïma Moutchou (LRM), porte-parole du groupe sur ce texte.
« Une démarche à la québécoise »
Une mission, comme il le dit lui-même, destinée à « déblayer le terrain avant le déplacement du président de la République », qui devrait aller en Nouvelle-Calédonie début mai. Là-bas, l’ancien premier ministre n’a pas hésité à exprimer publiquement son souhait que la Nouvelle-Calédonie reste française, au risque de braquer ses interlocuteurs indépendantistes. « A titre personnel », tient-il à préciser, mais le propos n’avait rien d’anodin.
« Pourquoi j’ai fait ça ?, poursuit le député de l’Essonne. Parce qu’il faut chercher à enjamber le référendum. Or, tout ce qui n’aura pas été traité avant la consultation sera plus difficile à traiter après. Et je crains que, si le non à l’indépendance est fort, les tenants du non demandent à en tirer mandat pour les élections territoriales de 2019. »
L’ancien rocardien – Michel Rocard avait été l’artisan des premiers accords de Matignon du 26 juin 1988 entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou – puis conseiller de Lionel Jospin lorsque celui-ci, à Matignon, conclut l’accord de Nouméa, estime qu’« il faut savoir s’émanciper des accords qui ont conduit l’évolution de la Nouvelle-Calédonie depuis trente ans. S’il faut garder tous les acquis, il faut accepter l’idée qu’une période s’achève ».
Lui-même, quand il était à Matignon, confesse avoir « caressé l’idée d’un troisième accord mais ça n’a pas été possible ». Si M. Valls pense qu’il faut laisser aux Kanaks la possibilité d’un droit à l’autodétermination – « une démarche à la québécoise » –, il ne croit pas, en revanche, que, « dans l’avenir, on puisse continuer à vivre avec les textes actuels, trois types de citoyenneté, trois listes électorales ».
« Valls a quand même quelques atouts »
M. Jacob n’est pas loin de rejoindre M. Valls. En tout cas quand il s’agit de se prononcer pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans le giron de la République française. « La prise de position de notre mission a suscité le débat, se félicite le président du groupe LR de l’Assemblée nationale. Tant mieux. » Il souhaite que M. Macron, lorsqu’il se rendra sur place, prenne clairement position.
« Imaginez que le référendum ait lieu en métropole et que le président de la République n’ait pas un avis sur le rattachement à la France. Ce n’est pas possible », défend-il. Et il sait gré à l’ancien premier ministre de ne pas avoir dissimulé son opinion : « Valls a quand même quelques atouts, il connaît la Nouvelle-Calédonie et il connaît les gens. Ça lui donne une stature particulière. Et il n’est pas timide. »
En tant que présidente de la commission des lois, Mme Braun-Pivet, elle, est plus réservée. « L’objet de la mission n’est pas de prendre position. En aucun cas, nous ne sommes là pour orienter ou influencer les décisions du gouvernement ou le choix de la consultation. En même temps, il est difficile de demander à des personnalités comme l’ancien premier ministre ou le président du principal groupe d’opposition de ne pas dire ce qu’ils pensent », reconnaît-elle, fataliste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ La nouvelle plate-forme d’inscription prévoit qu’une commission d’accès à l’enseignement supérieur de faire des propositions au plus proche des aspirations du candidat.
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Parcoursup 2018 : Pourquoi indiquer une préférence dans ses vœux d’orientation post-bac?

La nouvelle plate-forme d’inscription prévoit qu’une commission d’accès à l’enseignement supérieur de faire des propositions au plus proche des aspirations du candidat.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 09h57
   





                        



   


A savoir avant de finaliser ses dossiers de candidature sur Parcoursup 2018, d’ici au 31 mars : contrairement à Admission post-bac, la nouvelle plate-forme ne permet pas aux candidats de classer leurs vœux. Mais elle leur demande de saisir leur « préférence » en termes de vœu(x) de formation. Cette information confidentielle et non transmise aux établissements a pour objectif « d’éclairer la commission d’accès à l’enseignement supérieur », indique Parcoursup aux candidats. Cette commission, créée à l’occasion de récente réforme d’accès aux études supérieures, sera chargée de « faire des propositions si le candidat n’a reçu aucune proposition sur l’un de ses vœux confirmés ou s’il n’a reçu que des réponses négatives ». 
Le champ de 1 500 caractères à remplir est donc censé guider cette commission pour qu’elle lui propose une formation proche de ses aspirations. « Cette rubrique demande un peu au jeune de réfléchir à son plan B s’il n’obtient aucun de ses vœux » précise Ferroudja Kaci. Celui-ci doit donc y indiquer le type de formation, la spécialité ou le secteur qu’il visait prioritairement, avant de préciser quel pourrait être ce plan B. De cette précision peut dépendre la proposition du recteur, plus ou moins proche des vœux initiaux…

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
En cette période de formulation et de confirmation des vœux d’orientation sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver sur ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les vœux d’orientation, Le Monde organise également les conférences O21/S’orienter au 21e siècle, à Paris (17 et 18 mars), après Nancy, Lille, Nantes et Bordeaux.

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                Choisir son orientation : participez à nos conférences O21 à Paris, les 17 et 18 mars








                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Huit militants d’extrême gauche sont jugés à Paris à partir de mardi, soupçonnés d’avoir saboté une ligne TGV en 2008. La qualification terroriste, évoquée, n’a pas été retenue.
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L’affaire de Tarnac résumée en 5 épisodes

Huit militants d’extrême gauche sont jugés à Paris à partir de mardi, soupçonnés d’avoir saboté une ligne TGV en 2008. La qualification terroriste, évoquée, n’a pas été retenue.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 17h23
    |

            Alexandre Pouchard








                        



   


C’est une étape importante – mais sans doute pas la dernière – d’une affaire qui dure depuis dix ans. Huit militants d’extrême gauche comparaissent, à partir de mardi 13 mars, devant le tribunal correctionnel de Paris pour « association de malfaiteurs » après le sabotage d’une ligne de TGV en novembre 2008. Ils avaient été arrêtés peu après dans le village corrézien de Tarnac, qui est devenu le symbole de l’affaire.
Présentée alors comme relevant du terrorisme, le gouvernement de l’époque mettant en avant les « risques de résurgence violente de l’extrême gauche », l’enquête s’est ensuite enlisée, plusieurs failles apparaissant dans la procédure. La qualification terroriste a finalement été abandonnée, mais la justice doit désormais décider si les prévenus ont bel et bien commis l’acte de sabotage de 2008. Retour sur cette affaire en cinq épisodes.




       



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Plusieurs lignes TGV disjonctent dans la nuit du vendredi 7 au 8 novembre 2008 après que des crochets métalliques ont été fixés sur des caténaires (câbles d'alimentation électrique) :sur la Paris-Strasbourg à hauteur de la commune de Dhuisy, en Seine-et-Marne ;sur la Paris-Lille à Rully et Montagny, dans l'Oise ;sur la Paris-Lyon à Pasilly, dans l'Yonne.Plus de 20 000 personnes se retrouvent bloquées dans des gares à cause de retards de près de 150 trains. Un lien est établi avec un autre sabotage survenu le 26 octobre 2008, à Vigny, en Moselle.Quelques jours plus tard, le 11 novembre, 20 personnes sont arrêtées à Paris, Rouen, dans la Meuse et dans une communauté libertaire, à Tarnac, un petit village de Corrèze. La ministre de l'intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, évoque alors des « risques de résurgence violente de l'extrême gauche radicale ». Neuf personnes, dont le leader présumé du groupe Julien Coupat et sa compagne, Yildune Lévy, sont mises en examen pour « association de malfaiteurs à caractère terroriste ». Cinq (dont Coupat) sont placées en détention le 15 novembre. Elles auraient été présentes à proximité de lieux de dégradation et disposaient, selon les enquêteurs, de cartes du réseau ferré ou encore de pinces à forge. Ils seront progressivement remis en liberté jusqu'en mai 2009.Le groupe était sous surveillance des services de renseignement depuis plusieurs mois, notamment après une rencontre internationale d'anarchistes à New York en janvier 2008.",
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Une information judiciaire est ouverte en novembre 2011 à Nanterre après une plainte des mis en examen pour « faux et usage de faux en écriture publique », accusant la police d'avoir rédigé un procès-verbal mensonger pour les mettre en cause dans le sabotage de Dhuisy, en Seine-et-Marne. Plusieurs éléments de ce procès-verbal sont effectivement douteux : alors que Julien Coupat et Yildune Lévy auraient été suivis en filature dans la nuit du sabotage, la description des routes empruntées ne correspond pas à celles constatées sur le terrain ;un des brigadiers a été signalé comme étant simultanément au siège de la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), à 56 km des lieux de la filature ;les policiers assurent n'avoir pas quitté le couple des yeux mais n'ont pas vu le moment où ils auraient installé le crochet métallique sur la voie ferrée.>> Voir la vidéo : Tarnac : les incohérences du PV 104 en vidéoEn octobre 2012, Le Canard enchaîné révèle que la carte bancaire d'Yildune Lévy a été utilisée à Paris dans la nuit du sabotage, au moment celui-ci aurait eu lieu. Peu après, la justice ordonne l'audition des dix-huit policiers qui auraient suivi les suspects cette nuit-là. Ils invoqueront le secret-défense de l'affaire.Par ailleurs, la défense dénonce un système d'écoutes artisanales de l'épicerie de Tarnac avant l'ouverture officielle de l'enquête – et plus globalement des pressions politiques sur la justice. Après avoir été confrontés là aussi au secret défense, les juges obtiendront les motifs de cette mise sur écoute : la « prévention du terrorisme » n'y est pas mentionnée mais « la criminalité et la délinquance organisées » – qu'aucun fait dans le dossier ne vient étayer.>> Lire l'article (2013) : Tarnac : les juges impuissants face au secret défense",
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Le 8 août 2015, huit personnes sont renvoyées en correctionnelle, dont Coupat, Lévy et deux autres pour « association de malfaiteurs ». Mais le juge d'instruction ne retient pas le caractère terroriste de leur action. Julien Coupat et Yildune Lévy seront jugés pour le sabotage de Seine-et-Marne mais celui de Moselle fait l'objet d'un non-lieu. Le parquet fait appel.La plainte pour de faux procès-verbaux présumés se conclut, elle, par un non-lieu prononcé par le juge d'instruction.",
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Le 28 juin 2016, la chambre de l'instruction de la cour d'appel confirme l'ordonnance d'août 2015 écartant la notion de terrorisme. Le parquet général de Paris forme un pourvoi en cassation… mais est désavoué quelques mois plus tard par l'avocat général, qui, devant la Cour de cassation, préconise le rejet de la qualification de terrorisme. La juridiction rend sa décision le 10 janvier 2017 : Julien Coupat et les autres membres du groupe Tarnac ne seront pas jugés pour des activités « terroristes ».",
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Le procès pour « association de malfaiteurs », sans qualification terroriste donc, à propos des dégradations de la ligne SNCF, s'ouvre le 13 mars 2018 devant le tribunal correctionnel de Paris. Comparaissent :Julien Coupat, 43 ansYildune Lévy, 34 ansElsa Hauck, 33 ansBertrand Deveaud, 31 ans.Ils encourent jusqu'à cinq ans de prison.Sont également jugés, pour falsification ou recel de documents volés :Christophe Becker, 41 ansManon Glibert, 34 ansEnfin, Benjamin Rosoux, 39 ans, et Mathieu Burnel, 36 ans, sont poursuivis – comme quatre des autres prévenus – pour refus de se soumettre à un prélèvement biologique.",
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Lire l’enquête détaillée sur le blog « Tarnac, une instruction française »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ En novembre 2018, la Nouvelle-Calédonie doit se prononcer sur son indépendance. Comment faire en sorte que la question posée soit la plus neutre possible ?
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ 
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Thierry Mariani estime que le « Front national a évolué » et qu’il faut regarder « si un accord ou un rapprochement sont possibles ».
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Chez Les Républicains, le retour de flamme d’une alliance avec le FN ?

L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Thierry Mariani estime que le « Front national a évolué » et qu’il faut regarder « si un accord ou un rapprochement sont possibles ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 11h16
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Il s’en est encore trouvé un pour rallumer la mèche. Depuis plus de trente ans, la question des rapports avec le Front national embrase les débats au sein de la droite, en particulier quand un de ses responsables – ce qui arrive à un rythme épisodique – brandit la main en direction de la famille Le Pen. Cette fois, c’est Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, député pendant vingt-deux ans sous les étiquettes successives du RPR, de l’UMP puis de Les Républicains, qui s’y est collé.
Dans une interview au JDD.fr, samedi 10 mars, ce russophile convaincu a malmené le tabou déjà ébranlé par le passé de l’alliance avec l’extrême droite. « Sans alliés, nous allons rester dans l’opposition pour longtemps. Il est temps de renverser la table, a déclaré M. Mariani. Le Front national a évolué. Regardons si un accord ou un rapprochement sont possibles. Parce que si on veut des alliés, ils seront forcément de ce côté-là si on veut appliquer un programme de droite. »
Certes, l’ancien chef de file de La Droite populaire, un courant qui regroupait des élus de l’aile droite de l’ex-UMP, est un habitué de ce genre de flirts. Après tout, rappelle-t-il lui-même au Monde, il donnait des interviews à l’hebdomadaire d’extrême droite Minute lorsqu’il occupait le ministère des transports, entre 2010 et 2012. « Tout a changé depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Nous avons affaire à un renversement d’alliances, explique l’intéressé. Le centre, qui nous a empêchés pendant des années de réaliser ce qu’on devait faire, est parti chez Macron. Et le FN d’aujourd’hui n’est plus celui de Jean-Marie Le Pen. »
« Une expression isolée »
Alors que le parti lepéniste tente d’opérer une mue en prenant le nom de Rassemblement national – une manière selon Marine Le Pen de « lever un frein psychologique » et de favoriser la « réunion de toutes les énergies » – ce débat risque d’occuper...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ « Le FN ne s’est pas affranchi de ses vieux démons », pointe Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde » dans sa chronique.
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« Au FN, une rénovation en trompe-l’œil »

« Le FN ne s’est pas affranchi de ses vieux démons », pointe Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde » dans sa chronique.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 08h32
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au "Monde")








                        



                                


                            

Chronique. Changer de nom est tout sauf un acte anodin. Cela revient, pour un individu, à se dépouiller de son identité originelle pour faire oublier ce qu’elle pouvait avoir de stigmatisant et, pour une entreprise, à effacer une marque jugée obsolète pour mieux accompagner un changement de stratégie et d’image. De même pour un parti politique. Il y a trois ans, Nicolas Sarkozy avait ainsi rebaptisé Les Républicains une UMP qui n’était pourtant pas bien vieille, mais qu’il entendait rénover du sol au plafond. Jean-Luc Mélenchon avait suivi, un an plus tard, en troquant son tristounet Parti de gauche pour la conquérante France insoumise.
Après avoir entretenu pendant des semaines un suspense assez artificiel, Marine Le Pen vient, à son tour, de sauter le pas à l’occasion du congrès de son mouvement, organisé à Lille les 10 et 11 mars : sous réserve que les adhérents approuvent le choix de leur présidente (et que quelque mauvais coucheur ne vienne contester la propriété du label), le Front national (FN) deviendra, demain, le Rassemblement national.
C’est faire d’une pierre trois coups : gommer le sigle forgé par son père lors de la création du parti en 1972, lever le « frein psychologique » que cette appellation par trop guerrière constitue pour beaucoup de Français, démontrer enfin que le mouvement d’extrême droite entend achever sa mue et s’imposer demain comme un parti de gouvernement.
Nouveau look et vieux démons
Il y a loin, pourtant, de la coupe aux lèvres. Comme le congrès de Lille l’a amplement démontré, ce changement de nom ne suffira pas à convaincre qu’il est porteur d’un véritable changement de cap.
Il est d’abord évident, en effet, que le futur « RN » est loin d’avoir tranché les racines anciennes du FN. Comme pour se faire pardonner sa transgression œdipienne, Mme Le Pen elle-même a rappelé que ce Rassemblement national était l’étiquette choisie par Jean-Marie Le Pen pour accompagner ses candidats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Leurs entourages assurent que l’Elysée et Matignon s’entendent à merveille. Car si les différences de vues entre les deux hommes existent bien, ils ont décidé de les taire
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Macron-Philippe, un tandem au-delà des divergences

Leurs entourages assurent que l’Elysée et Matignon s’entendent à merveille. Car si les différences de vues entre les deux hommes existent bien, ils ont décidé de les taire



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 11h02
    |

            Cédric Pietralunga et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            

Benjamin Griveaux l’a encore répété à la sortie du conseil des ministres, mercredi 7 mars. « Il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette » entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe, a assuré le porte-parole du gouvernement, alors que des élus font état de dissensions entre les deux têtes de l’exécutif, notamment sur la décision de réduire à 80 km/h la vitesse sur les routes, une mesure qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.
Depuis le début du quinquennat, le refrain est repris en chœur tant à l’Elysée qu’à Matignon. Entre le président et son premier ministre, « la relation est fluide », martèle l’entourage d’Edouard Philippe. « Il n’y a pas de divergences », affirme celui d’Emmanuel Macron. « Ça matche bien entre eux », assure Marie Guévenoux, députée La République en marche (LRM) de l’Essonne. L’histoire de la Ve République a beau être parsemée de coups bas entre les deux maisons, « ceux qui essaient d’enfoncer un coin entre nous se trompent », ajoute un pilier de la macronie.
Mais bien s’entendre ne veut pas dire être d’accord sur tout. Sur plusieurs dossiers, traités ces dernières semaines au sommet de l’Etat, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont bien eu, selon plusieurs proches, des différences de vues. Rien d’insurmontable ou qui ne puisse être traité en tête à tête par les deux hommes, notamment lors de leur déjeuner hebdomadaire du lundi, à l’Elysée. Mais cela ne cadre pas avec le tableau idyllique vendu par l’exécutif.
« Le premier ministre instruit, le président tranche »
La « discussion » la plus récente concerne le 80 km/h, mesure décriée par de nombreux élus de terrain, qui la considèrent comme « ruralicide ». Depuis le début, le premier ministre en a fait un symbole de la nécessaire lutte contre la mortalité sur les routes, qui ne baisse plus. Cela déplaît aux Français ? « Le 80 km/h a été décidé pour sauver des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le premier ministre, qui a reçu, lundi soir, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, s’est, en revanche, montré plus flou sur les autres revendications des dirigeants nationalistes corses.
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Edouard Philippe confirme que la Corse sera mentionnée dans « un article spécifique » de la Constitution

Le premier ministre, qui a reçu, lundi soir, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, s’est, en revanche, montré plus flou sur les autres revendications des dirigeants nationalistes corses.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 22h19
   





                        



   


Le gouvernement va-t-il accéder au moins à une des revendications des dirigeants nationalistes corses ? Selon Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, président de l’exécutif et de l’Assemblée de l’île qui ont été reçus à Matignon, lundi 12 mars, Edouard Philippe leur a confirmé que la Corse serait mentionnée dans « un article spécifique » de la Constitution. Conformément à l’engagement pris par Emmanuel Macron lors de sa visite à Bastia au début de février.
Selon M. Talamoni, « cet article spécifique ne sera pas l’article 72 (sur les collectivités locales métropolitaines) avec un alinéa concernant la Corse, mais un véritable article distinct », ce qui semble éloigner la perspective évoquée d’un article 72-5. Interrogé par l’Agence France-Presse, Matignon n’a pas fait de commentaire sur cette question de la numérotation.

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Interrogé sur les raisons de cette prudence, M. Simeoni a rapporté que le premier ministre avait souligné que « la révision constitutionnelle était un processus d’ensemble, complexe, que la question corse divisait souvent, qu’ils avaient une majorité à trouver à travers le vote du Congrès ».
M. Philippe évasif quant aux autres revendications
Au Sénat, la droite, dont le gouvernement a besoin pour pouvoir modifier la Constitution, souhaite que la mention à la Corse soit inscrite dans l’article 72. Ainsi pour M. Simeoni, s’il ne « sous-estime pas la difficulté de l’exercice pour le gouvernement », il estime qu’« une volonté politique clairement affirmée (…) va créer une dynamique politique qui va convaincre un grand nombre de députés et de sénateurs ».

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En revanche, concernant les autres revendications des dirigeants nationalistes (co-officialité de la langue, statut de résident, autonomie fiscale…), M. Phillipe s’est montré plus flou. « Le gouvernement, pour l’instant, s’est contenté de prendre acte de nos propositions et n’a pas fait connaître la sienne », a fait savoir Gilles Simeoni, parlant de « statu quo » sur le dossier.



                            


                        

                        

