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<article-nb="2018/03/13/19-1">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ La dessinatrice belge Judith Vanistendael a réalisé un court reportage graphique de sa visite illégale dans ce camp situé sur l’île de Lesbos, interdit aux médias.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤     
Moria, l’enfer de Lesbos

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Judith Vanistendael
Auteure de bande dessinée belge d’expression néerlandaise, Judith Vanistendael (David, les femmes et la mort, Le Lombard ; Salto, Le Lombard) s’est rendue de manière illégale en fin d’année dernière dans le camp de réfugiés de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. Ce camp maintient sur place tous les réfugiés venus de Turquie que l’Europe ne peut absorber. Il est interdit à la presse depuis 2016. Judith Vanistendael a produit un récit de dix pages en dessinant de mémoire, sans même réaliser de croquis, afin de ne pas se faire repérer. Elle a décidé de publier son reportage graphique sur Le Monde.fr.
  

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Cartolina


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ Les utilisateurs du réseau social sont invités à tweeter sans utiliser la lettre « e », en hommage au roman de Georges Perec « La Disparition ». Un défi à l’initiative du réseau d’éducation Canopé.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

#JourSansE : Twitter joue à Georges Perec

Les utilisateurs du réseau social sont invités à tweeter sans utiliser la lettre « e », en hommage au roman de Georges Perec « La Disparition ». Un défi à l’initiative du réseau d’éducation Canopé.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h14
    |

                            Marie Slavicek








                        



   


Voici l’occupation du jour sur l’outil social au piaf azur : façon La Disparition, sans a priori, par amour du français, par plaisir, mais surtout, laissant cours à son imagination, tout Twitto produira, par 280 cadrats grand maximum, mots doux, pantoums ou propos musicaux où aucun « rond pas tout à fait clos, fini par un trait horizontal » n’apparaîtra.

🗓 #SaveTheDate ➤➤➤ Le #JourSansE, ce sera le 13 mars !
— reseau_canope (@Canopé)


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Plutôt coton… Hashtag #SOS ou #mayday. Fanfaron scribouillard qui dirait pouvoir abolir sans tracas un outil du français plutôt capital. Car la diva du A au Z apparaît partout dans un baragouin issu du latin. La participation à la discussion contraint à l’omission, ainsi qu’à moult circonlocutions.
Mais au moins trois machinations pourront rafraîchir l’inspiration :

Ressources vitales pour le #JourSansE :
- Analyseur de tweets en ligne : https://t.co/GFBHn20z8v 
— lvighier (@Vighier Lionel)


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A trop bannir son nom, la divagation mais aussi la confusion vont nourrir l’introduction à la distraction 2.0.
Je retrouve donc mes « e » et vous passe le flambeau.
Alors, à vos mots. Et au boulot !

Quoi ? Un #JourSansE ? Aucun souci, j’ai la solution, un slogan convaincant ! Sans tracas, à grand fracas, chantons… https://t.co/tVdKqr0Yn3— gallisse (@Romain Gallissot)


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Voici donc, sans amphigouri a priori, un mardi carillonnant son amour tous azimuts pour "La Disparition". #JourSansE— GDeleur (@Guillaume D.)


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Constat brutal au saut du lit : mon jardin sous un plaid blanc. La saison du froid n'a pas tout à fait fini son par… https://t.co/GnQcDgmesy— frenchmailman (@French Mailman)


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Manon prit son baluchon, puis partit sans un bruit, sans un soupir, sans aucun chagrin. L'air pur la grisait. #JourSansE— Canope_50 (@Atelier Canopé 50)


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Un lion riquiqui sortit pour voir un dingo. 
Un loup fuit. Un opossum court. 
Où vont-ils ? 
— ParisPasRose (@Claire Underwood)


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#JourSansE : Georges Perec revient sur son roman "La disparition" (1969) 📚 https://t.co/qbuMEzhgLM— Inafr_officiel (@Ina.fr)


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<article-nb="2018/03/13/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Tous les lundis, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nine Antico.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/03/2018
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« Maléfiques », par Nine Antico (épisode 23)

Tous les lundis, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nine Antico.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 07h46
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ Le journaliste et scénariste du comics « Black Panther », est revenu, lors du festival South by Southwest, sur sa participation à l’univers Marvel.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Ta-Nehisi Coates : « Captain America est comme Barack Obama, il croit en l’idéal de l’Amérique »

Le journaliste et scénariste du comics « Black Panther », est revenu, lors du festival South by Southwest, sur sa participation à l’univers Marvel.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 09h49
    |

            Pauline Croquet (Austin (États-Unis), envoyée spéciale)








                        


Journaliste et auteur à succès, Ta-Nehisi Coates est considéré comme l’un des penseurs afro-américains les plus influents de sa génération. Mais c’est sa contribution à l’univers des comic books — et plus particulièrement à Black Panther, dont l’adaptation au cinéma vient de dépasser le milliard de dollars de recettes — qui a été au cœur de son intervention au festival South by Southwest (SXSW), à Austin (Texas), samedi 10 mars.

Great conversation between The Atlantic’s Ta-Nehisi Coates and Jefferey Goldberg. #sxsw https://t.co/ZeIjSQzSjQ https://t.co/jUnqEUDtft— CurrencyTim (@Tim McAlpine)


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Devant plusieurs centaines de personnes, il s’est exprimé sur sa décision d’accepter d’écrire, pour Marvel, une partie des prochains épisodes de la célèbre franchise Captain America. Pourtant, Ta-Nehisi Coates le reconnaît : dans sa jeunesse à Baltimore bercée par la figure de Malcolm X — « il était comme Jésus à la maison » — ce héros blanc ultrapatriote ne l’intéressait pas. « Captain America est comme Barack Obama, il croit en l’idéal de l’Amérique », affirme l’écrivain avant de préciser : « Soyons clairs, il ne s’agit ni de louanges ni de critiques. Il croit vraiment en cet idéal. »
C’est justement ce qui amuse l’auteur d’Une colère noire, lettre à mon fils (Autrement, 2016), fervent critique politique de l’administration Trump, mais aussi un grand déçu de la présidence Obama. Ecrire Captain America est une façon de s’attaquer à cet idéalisme américain :
« Quand tu écris des comic books, tu ne peux pas rester dans ton monde. »
« Bizarrement optimiste »
Quid de la politique d’écriture dans l’univers Marvel ? « Quand vous faites des bandes dessinées dans un endroit comme Marvel, vous prenez une histoire qui est déjà en cours. Pour l’écrire, vous devez faire toutes ces recherches historiques, vous devez lire tous ces autres bandes dessinées. » Une règle à laquelle l’auteur ne dérogera pas pour Captain America :
« Toute proposition que je ferai sera basée sur ce qui s’est passé avant. J’aime ce genre de chose. Je pense que c’est vraiment, vraiment cool. J’aime faire partie d’un plus grand arc et d’une histoire plus grande. »
Ta-Nehisi Coates n’a pas tari d’éloges sur Ryan Coogler, « le grand réalisateur » du film Black Panther. Cette adaptation sur grand écran a été en partie inspirée par le travail de M. Coates en tant que scénariste de la bande dessinée depuis 2016.
« Ryan Coogler a réussi quelque chose que l’on avait jamais vu. Regardez le casting qui regroupe des acteurs noirs venus du monde entier. C’est un message important pour la diaspora. »

        Lire aussi :
         

                « Black Panther » : le premier super-héros noir reprend du pouvoir dans la pop culture américaine



« Le racisme est un luxe »
Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef de l’hebdomadaire The Atlantic et animateur de la conférence, a bien tenté de revenir sur le sujet de sa venue — le journalisme à l’ère de Donald Trump — en demandant à l’auteur comment il percevait la couverture médiatique de l’actuelle présidence : « Je me sens bizarrement optimiste. Je vois beaucoup moins d’indécision concernant Trump qu’il n’y en a eu dans le passé. » Et de lui demander s’il était se sentait militant : « Mon travail d’écrivain est différent. Celui d’un activiste est de convaincre les gens de s’engager, faire quelque chose. Ce n’est pas ce que je fais. »
A la fin de la conférence, Ta-Nahisi Coates s’est aussi exprimé sur le racisme, thème central de son œuvre. Jeffrey Goldberg lui a demandé ce qui pourrait y mettre fin :
« Une perte complète de la blancheur et de sa suite de privilèges. Une redistribution massive de la richesse. […] Le racisme est un luxe. Tant que vous pouvez vous le permettre, vous allez faire ce que vous pouvez pour le garder. Quand il devient trop coûteux de garder, le racisme devient inutile. »

        Lire aussi :
         

                Les intellectuels afro-américains en pleine bataille d’idées






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/13/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Il est avant tout traducteur assidu de la littérature anglo-saxonne qui l’éblouit  : Pynchon, Brautignan… Mais à ses heures perdues, il écrit pour lui. « La Dissipation » en est la preuve.
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édition abonné


Nicolas Richard, bricoleur de génie

Il est avant tout traducteur assidu de la littérature anglo-saxonne qui l’éblouit  : Pynchon, Brautignan… Mais à ses heures perdues, il écrit pour lui. « La Dissipation » en est la preuve.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 09h00
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

A défaut d’être une règle, cela pourrait être un principe : pour faire le portrait d’un auteur, ne pas hésiter à commencer par la fin. Non pas ses funérailles, bien sûr, même si, dans La Dissipation, Nicolas Richard évoque la possibilité, pour un écrivain, d’être « débriefé juste après sa mort ». Mais les derniers mots qu’il vous glisse, l’air de rien, en quittant le pub où vous avez discuté de son nouveau roman, autour de quelques bières. En l’occurrence, celui que l’on connaissait surtout, jusque-là, pour son remarquable travail de traduction d’une littérature anglo-saxonne exigeante (depuis les poèmes de Richard Brautigan jusqu’aux romans de Thomas Pynchon, Harry Crews, Richard Powers ou Paul Beatty) formule chaleureusement la hâte qu’il a de lire l’article consacré à son livre, et se dit « très curieux de voir comment [on va] réussir à se dépatouiller avec tout ça ».
Jeu de miroirs et de mise en abyme
Simple formule de politesse ? Sans doute pas. Peu avant, Nicolas Richard a longuement développé son goût pour « l’écriture sur la littérature ». « Je suis amateur de critique littéraire, avait-il expliqué, c’est une discipline que j’adore. A chaque fois que je commence à lire un article, je m’intéresse à la façon dont il est bâti, je me mets à la place du journaliste pour savoir comment il a fait, quelle est l’ouverture, quelle est la clôture, comment il intègre les citations… C’est presque de l’espionnage industriel. » S’il y a quelque chose d’un peu troublant, dans l’idée d’écrire la critique d’un livre dont l’auteur décortique la critique, ce jeu de miroirs et de mise en abyme paraît assez approprié lorsqu’il s’agit d’évoquer une rencontre avec le traducteur de l’écrivain américain Thomas Pynchon, né en 1937, auteur postmoderne par excellence, notamment connu pour le soin qu’il met à se préserver des médias, depuis la parution de son premier livre, en 1963. Et d’autant plus que le traducteur,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/13/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 92)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 07h09
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ En écrivant « Homo sapienne », qui traite d’identité sexuelle et de violence sociale, Niviaq Korneliussen s’attendait à choquer les Inuits. Mais pas à signer un best-seller.
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édition abonné


Histoire d’un livre. Abattre les tabous groenlandais

En écrivant « Homo sapienne », qui traite d’identité sexuelle et de violence sociale, Niviaq Korneliussen s’attendait à choquer les Inuits. Mais pas à signer un best-seller.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 09h00
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        



                                


                            
Homo sapienne, de Niviaq Korneliussen, traduit du danois par Inès Jorgensen, La Peuplade, 232 p., 21 €.

Niviaq Korneliussen affirme avoir écrit son roman de près de 200 pages en quelques semaines, comme poussée par une urgente volonté de libération de la parole. Quelques mois plus tôt, en 2012, cette Inuite, née en 1990 à Nanortalik, un village groenlandais de 1 500 habitants, qui écrivait pour « [s’]évader du quotidien, rompre l’isolement », avait gagné un concours de nouvelles organisé par la maison d’édition locale Milik – celle-là même qui publierait Homo sapienne en 2014. L’œuvre primée, « San Francisco », mettait déjà en scène les cinq personnages du roman à venir : deux lesbiennes, un gay, une bisexuelle et une transsexuelle.
Abordées clairement et avec un point de vue affirmé, les questions d’identité sexuelle mais aussi d’identité nationale et d’indépendance du Groenland, « pays constitutif » du royaume du Danemark, sont au cœur du roman. Si Niviaq Korneliussen se réclame à cet égard d’un « mouvement d’indépendance nationale qui est très fort aujourd’hui », c’est pour mieux critiquer « ceux qui pensent qu’elle résoudrait tous leurs problèmes, dont celui de la violence. Ce n’est pas le cas. On doit faire cela lentement, posément, en restant ouvert sur le monde, sans couper les ponts avec le Danemark », dit-elle quand on la rencontre à Montréal cet automne, durant la promotion québécoise de son livre.
« J’ai même reçu des menaces »
Quand Homo sapienne paraît, l’auteure a 24 ans et vit à Nuuk, la petite capitale de la grande île arctique. « L’accueil a d’abord été mitigé. J’ai même reçu des menaces, se souvient l’écrivaine, parce que je critiquais beaucoup de choses du Groenland et que je parlais de sexualité, un tabou dans une société qui reste traditionnelle et très masculine. Mais j’y étais préparée. »
Homo...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/03/2018
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 37)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 07h04
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ Raconter l’histoire de joueurs de « Street Fighter » tout en respectant les codes de mangas de football ou de basket, c’est le pari réussi du trio français Izu, Kalon et Mado.
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« Versus Fighting Story » : premier round gagnant pour le manga français d’e-sport

Raconter l’histoire de joueurs de « Street Fighter » tout en respectant les codes de mangas de football ou de basket, c’est le pari réussi du trio français Izu, Kalon et Mado.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 16h56
    |

            William Audureau








                        



   


Le monde se divise en deux catégories : il y a ceux et celles qui appellent pierre-feuille-ciseaux shifumi, et celles qui connaissent son véritable nom japonais, jankenpon. Les trois auteurs français de Versus Fighting Story, premier manga consacré à l’e-sport, appartiennent à l’évidence à la seconde école, celle des puristes.
Tout au long des aventures de Maxime Volta, jeune surdoué du jeu de combat Street Fighter V trop imbu de sa personne et obligé de tout réapprendre après une défaite en tournoi, le manga témoigne d’une volonté d’authenticité obsédante. De la restitution fidèle de l’esthétique du titre de Capcom aux onomatopées en katakana, un syllabaire japonais, en passant par les personnages directement inspirés de célébrités réelles de la scène e-sport, comme le commentateur Ken Bogard, Versus Fighting Story transpire l’amour pour son sujet. Une approche sans concession qui fait autant sa limite – malgré les explications, certains enchaînements sont difficiles à saisir pour un profane – que sa force – cette œuvre exigeante restitue avec soin la richesse et l’histoire insoupçonnée de la scène e-sport, autant que sa dimension hautement psychologique.

   


Dans ses plus belles pages, Versus Fighting Story dit même quelque chose de notre époque, de cet emballement médiatique autour des compétitions de jeu vidéo et de l’avènement de l’e-sport-business, comme il y a eu le foot-business dans les années 1990. Et laisse poindre une certaine nostalgie des tournois d’antan, confidentiels, artisanaux, conviviaux. Tout autant qu’il salue avec affection la culture traditionnelle japonaise, les vieilles boutiques de jeu d’import du boulevard Voltaire à Paris, ou encore les stick arcade et la Dreamcast, non sans s’amuser parfois de son propre snobisme.

   


D’une manière générale, ce shonen exigeant et foisonnant ne cache pas sa double fascination pour le Japon et les années 1990. Au-delà d’une œuvre sur une scène électronique extrêmement technique et pointue, c’est aussi une déclaration d’amour à la culture des trentenaires d’aujourd’hui. A l’image de la caution humoristique de ce premier tome, le personnage déjanté de John-Claude Lafleur, qui évoque autant l’acteur Jean-Claude Van Damme, qui jouait Guile dans le film Street Fighter, que Rock Lee dans Naruto. Le trio livre une œuvre de référence sur l’e-sport, tout en restant un shonen vivant et à la passion communicative.

   


On aimerait parfois que Versus Fighting Story prenne un peu plus de temps pour exposer son importante galerie de personnages, qui ne déparailleraient pas dans un casting de jeu de combat. Mais difficile d’en tenir rigueur à ce manga hautement otaku, plein d’autodérision aussi pour cette figure, et qui restera comme un instantané précieux d’une nouvelle ère pour l’e-sport. Shoryuken !
Versus Fighting Story, de Izu, Kalon et Madd, tome 1 paru le 7 mars, éditions Glénat, 192 pages, 7,60 euros. Tome 2 le 4 juillet 2018, série en cours



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/13/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ Le romancier, lauréat du prix Goncourt en 1976 pour « Les Flamboyants », est aussi membre du jury du prix Médicis.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/03/2018
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Patrick Grainville élu à l’Académie française

Le romancier, lauréat du prix Goncourt en 1976 pour « Les Flamboyants », est aussi membre du jury du prix Médicis.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 10h19
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du "Monde des livres")








                        



   


Le romancier, éditeur et critique littéraire Patrick Grainville a été élu, jeudi 8 mars, par l’Académie française, au fauteuil d’Alain Decaux, vacant depuis 2016. Treize voix lui ont été favorables, et deux au chanoine et maître en théologie Dominique-Marie Dauzet. Trois académiciens ont voté blanc, sept autres marquant leur bulletin d’une croix.
Né dans le Calvados le 1er juin 1947, agrégé de lettres, Patrick Grainville a surgi en littérature comme un retour de flamme baroque dans une époque dominée par le goût des aventures textuelles. Déjà fort remarqué en 1973 avec son deuxième roman, La Lisière (Gallimard), que Jacqueline Piatier qualifia dans « Le Monde des livres » de « flamboyant blason de la vie humaine et du monde », il devient trois ans plus tard, à 29 ans, l’un des plus jeunes lauréats de l’histoire du prix Goncourt avec les somptueux Flamboyants (Le Seuil), précisément. Sans craindre la démesure, Les Flamboyants racontent l’épopée folle et parfois grotesque du roi Tokor, sorte de Caligula imaginaire égaré en Afrique noire, emportant le lecteur dans un tourbillon mêlant lyrisme et dérision.
Conservant son métier d’enseignant malgré un succès populaire qui ne se démentira pas durant les deux décennies suivantes, Grainville affirme volontiers son goût pour une littérature de la démesure, capable de prendre des risques, celui de la chair sublimée par l’érotisme, comme dans Le Paradis des orages ou Le Baiser de la pieuvre (tous deux au Seuil). Alors que l’image et la métaphore y sont prédominantes, souvent puissantes, une partie importante de son œuvre est tournée vers la peinture. Sa grande proximité avec de nombreux artistes a d’ailleurs donné lieu à plusieurs publications et collaborations au long des années, que ce soit avec Georges Mathieu ou avec Hervé Di Rosa.
Une soixantaine d’ouvrages, dont vingt-six romans
Certains de ses romans témoignent tout particulièrement de cet attrait pour les arts plastiques, dont L’Atelier du peintre (Le Seuil) ou Bison (Le Seuil), qui retraçait le voyage en France de George Catlin venu présenter ses toiles et ses objets indiens au roi Louis-Philippe en 1845. C’est encore la peinture qui est le cœur battant de son ouvrage le plus récent, Falaise des fous, qui lui vaut en ce début d’année de renouer avec le grand succès, tant critique que populaire. Présenté par l’éditeur comme l’aboutissement de toute une vie, Falaise des fous déploie sur plus de six cents pages une écriture sans doute assagie, ou apaisée, mais toujours foisonnante, et retrace cinquante ans d’histoire au rythme trépidant de la libération de la peinture, du surgissement de « l’ogre Courbet » à la disparition de Monet au pays des nymphéas.

        Lire la critique de « Falaise des fous » :
         

          Patrick Grainville a posé son chevalet sur la côte normande



En près de cinquante ans désormais, Grainville a publié une soixantaine d’ouvrages, dont vingt-six romans, ce qui ne l’a pas empêché de soutenir de nombreux écrivains : collaborateur atypique du « Figaro littéraire », où il défend depuis les années 1980 une littérature exigeante en se gardant de toute forme de dogmatisme, il est également membre du jury du prix Médicis et surtout éditeur au Seuil, dont il est l’un des piliers historiques du comité de lecture.
A la suite de cette élection, l’Académie française comptera désormais trente-quatre membres, dont seulement quatre femmes, cinq sièges restant à pourvoir. On sera curieux, en tout cas, d’entendre Patrick Grainville proférer comme il se doit l’éloge de son prédécesseur, Alain Decaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ Boris Gobille et Jean-François Hamel décrivent le défi que Mai 68 a représenté pour les avant-gardes littéraires. Passionnant.
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Mai 68 : écrivains, apprenez à ne plus l’être !

Boris Gobille et Jean-François Hamel décrivent le défi que Mai 68 a représenté pour les avant-gardes littéraires. Passionnant.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 09h29
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            
Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes littéraires, de Boris Gobille, CNRS Editions, 400 p., 25 €.
Nous sommes tous la pègre. Les années 68 de Blanchot, de Jean-François Hamel, Minuit, « Paradoxe », 144 p., 14,50 €.

Le plus douloureux, pour l’avant-garde, c’est après. Dans la doctrine de Lénine, quelques-uns s’en souviennent, les intellectuels devaient aider les travailleurs à prendre conscience de leur vocation historique : bâtir une société égalitaire où les intellectuels, justement, n’auraient plus lieu d’être. Plus généralement, c’est chaque moment révolutionnaire qui remet l’avant-garde devant sa responsabilité – disparaître pour que naisse le monde nouveau.
Les délices du prophétisme autodestructeur
En 1968, les écrivains furent particulièrement concernés par cette brûlante injonction, ainsi que le montre la réjouissante étude de Boris Gobille. Issu d’une thèse de doctorat, ce travail éclaire le « défi » que Mai 68 représenta pour les avant-gardes littéraires. Depuis des années déjà, ces dernières avaient dynamité les catégories « à travers lesquelles la littérature se pratique, se pense et se dit ». Avec le structuralisme (Barthes, Foucault, notamment), elles avaient décrété la mort de « l’auteur ». Par leur radicalité esthétique et politique, elles ne pouvaient qu’applaudir et épauler un soulèvement visant à libérer la parole de chacune et de chacun.

Mais, pour ces avant-gardes, une fois de plus, rejoindre la rébellion, c’était savourer les délices du prophétisme autodestructeur. Car elles ne pouvaient survivre longtemps à une insurrection dont l’arme était « la créativité à la base », comme l’affirme alors la commission « Nous sommes en marche » du comité d’action de Censier. En proclamant que l’imagination était la chose la mieux partagée, et qu’elle ne saurait plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Ecrits sur l’histoire (1963-1986) », de Louis Althusser.
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Figures libres. Balade dans l’histoire avec Althusser

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Ecrits sur l’histoire (1963-1986) », de Louis Althusser.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 17h12
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Ecrits sur l’histoire (1963-1986), de Louis Althusser, édité par G. M. Goshgarian, PUF, « Perspectives critiques », 286 p., 20 €.

Quelques publications seulement ont assuré au philosophe Louis Althusser (1918-1990) une place de choix parmi les références théoriques des années 1968, celles qui ont préparé et suivi l’événement. Ses textes disponibles étaient bien peu nombreux – principalement, en 1965, Pour Marx et Lire le Capital, aux éditions Maspero. Mais ils furent vite tenus pour décisifs par nombre d’intellectuels et de militants.
Les uns étudiaient auprès de lui à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, à Paris.
D’autres appartenaient à des générations différentes, certains vivaient fort loin de la France.
Tous avaient la conviction que, avec son travail, le marxisme pouvait changer de forme, de style, voire d’époque. Il s’agissait de lire Marx structuralement, conceptuellement, pour en tirer d’autres leçons politiques que celles de l’opportunisme, jugé décérébré, des apparatchiks communistes de l’époque.
Auteur prolixe à titre posthume
Ces rares textes cachaient une forêt de manuscrits, ce qui n’étonne pas chez un penseur marqué de tant de paradoxes. Logicien à l’esprit clair et lucide, il souffrait de psychose, de crises d’angoisse et de dépression. Volontiers rebelle, se voulant révolutionnaire, il semblait parfois conformiste. Amoureux de son épouse Hélène Rytmann, il l’assassina en 1980 dans une crise de démence, et fut déclaré irresponsable. De ces singularités, la moindre n’est pas de s’être révélé auteur prolixe à titre posthume.
Depuis une vingtaine d’années, on a lu bien plus de textes de Louis Althusser que de son vivant. Ses archives, déposées à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), ont donné naissance à une dizaine de volumes. Les Ecrits sur l’histoire qui paraissent aujourd’hui constituent le quatrième...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Claro use sa plume sergent-major sur le ­nouveau livre de Denis Tillinac.
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Le feuilleton. La croix et l’artichaut

Claro use sa plume sergent-major sur le ­nouveau livre de Denis Tillinac.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h30
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Caractériel, de Denis Tillinac, Albin Michel, 176 p., 15 €.

De tous les genres ­littéraires imaginables, il en est un qui sidère – on n’est même pas sûr qu’il s’agisse d’un genre littéraire. Difficile d’en définir la forme, d’en fixer les canons. Il remonte à une époque révolue mais séduit encore quelques assis éclairés à la bougie. Peu d’écrivains l’osent, tant il est risqué. Situé à égale distance du suranné et du ridicule, il récompense ceux qui s’y collent par une ankylose stylistique sans doute incurable. Il sait pourtant se dilater telle une vessie dès qu’on l’agite devant un auditoire égrotant, seul capable de discerner, sous l’enduit de l’ennui, le papier peint de la sincérité (pardon).
Ce genre littéraire, pourtant, il faut bien ici le nommer. Appelons-le, faute d’un terme plus technique, la « TLD » – la très longue dictée. Contrairement à la « DO » – la dictée ordinaire –, qui s’épanche laborieusement en salle de classe tel un ru de mots croisés mais ne dure jamais plus d’une vingtaine de lignes, la TLD, elle, n’hésite pas à occuper l’espace entier d’un livre. Hypnotique au point de courir le risque du soporifique, elle sidère par sa foi dans un récit entièrement constitué de carton-pâte, dans le choix de mots bibelots nimbés de poussière, extraits d’un lexique qui a tout d’une vitrine et, comme elle, ne réfléchit que la bouche qui l’embue.
Oyez. Denis Tillinac vient de porter la TLD à son paroxysme. Après lui, gageons-le, plus personne n’osera relever le gant. A peine a-t-on entrouvert Caractériel qu’on entend déjà crisser la plume sur le papier réglé. Il faut dire que Tillinac a l’ouïe fine et la sergent-major affûtée. Bien, prenez une feuille, notez votre nom et votre prénom en haut à gauche, inscrivez le titre au milieu puis écrivez, gaffe aux liaisons, c’est parti : « Le silence grésillait [virgule] modulé plutôt que rompu par les chants des grillons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ La chronique de Leïla Slimani, à propos du « Réconfort », de Pierre Daymé.
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Premier roman. Spectateur des autres

La chronique de Leïla Slimani, à propos du « Réconfort », de Pierre Daymé.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 09h34
    |

                            Leïla Slimani (Ecrivaine)








                        



                                


                            
Le Réconfort, de Pierre Daymé, Fayard, 220 p., 17 €.

Imaginez-vous dans une pièce couverte de miroirs. S’y reflète le visage de l’être aimé et les visages de tous ceux que lui-même a aimés. C’est cette impression vertigineuse qui vous envahit en lisant Le Réconfort, premier roman de Pierre Daymé. Le narrateur aime Quentin, qui aime Kristian Hansen. Les personnages se croisent entre Malmö, Berlin, Paris et la Corse, dans un monde rendu tout petit par la magie des sentiments et de l’attraction physique. La géographie a subi une sorte de rétractation ; les grandes villes se résument à quelques rues, où l’on se croise et où l’on se quitte. On se connaît avant de se connaître, chaque personnage est d’abord un visage virtuel que l’on fait défiler sous son pouce. Avec ­Facebook, Instagram et Tinder, les corps se choisissent et se consomment.
Le narrateur est tout entier spectateur des autres. Fasciné par les corps étrangers, toujours un peu dominé, il regarde ses amants avec les yeux d’un enfant fasciné par ces corps d’hommes. Lorsqu’il apprend que Quentin est mort, victime d’une balle perdue, il décide de mener une sorte d’enquête, de rencontrer sa famille et de retrouver le fameux Kristian Hansen, dont Quentin avait tant souffert qu’il ne l’aime plus.
Simplicité cristalline
L’auteur construit son récit autour du schéma très classique du triangle amoureux. Il y explore des sentiments qui sont au cœur de la littérature depuis des siècles : la passion, la jalousie, la crainte de perdre l’être aimé. « Une histoire très banale, comme tu as dû en vivre toi aussi, comme j’en ai vécu beaucoup, avec des inconnus, tous interchangeables, mais qui, sur le moment, me paraissaient uniques », écrit Daymé. Qu’est-ce qui fait alors que cette histoire est si attachante ? Peut-être la simplicité cristalline de l’écriture, et ce mélange troublant de dureté et de désinvolture dans la description...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Parmi les parutions en poche de ce début d’année 2018, « Le Monde » vous recommande…
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Sélection. Livres de poche

Parmi les parutions en poche de ce début d’année 2018, « Le Monde » vous recommande…



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h15
    |

                            Philippe-Jean Catinchi, 
                            Benjamin Hourticq, 
Amaury da Cunha, 
Nicolas Weill et 
Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Mauvaise mère (In a Country of Mothers), d’A. M. Homes, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Arlette Stroumza, Babel, 448 p., 9,80 €.
Quand l’Américaine A. M. Homes a écrit son troisième roman, publié aux Etats-Unis en 1993 et en France en 1997 (chez Belfond), la jeune femme, née en 1961, n’avait pas encore été contactée par la mère biologique qui l’avait abandonnée à la naissance – ce qui advint peu de temps après, et qu’elle a raconté dans le formidable Le Sens de la famille (Actes Sud, 2007). Mais son livre, travaillé – comme toute son œuvre délicieusement corrosive – par la question des rapports entre parents et enfants et par l’identité, imaginait déjà des « retrouvailles ».
Dans Mauvaise mère, Claire, une psy ayant réussi sa carrière et sa famille (un mari aimant, deux garçons charmants), se persuade en effet que sa nouvelle patiente, Joy, est la fille qu’elle a abandonnée vingt-cinq ans plus tôt, dans des conditions terribles, alors qu’elle était une adolescente – un secret qui la hante et la ronge depuis. L’idée, un peu vague et folle au départ, se transforme chez la psy en obsession, tandis que sa patiente, qui était venue la consulter parce qu’elle ne parvenait pas à se convaincre d’aller étudier à l’autre bout du pays dans la prestigieuse université où elle avait été acceptée, ne se doute de rien, mais s’attache à sa thérapeute.
Alternant le récit de Claire et celui de Joy, A. M. Homes orchestre la montée de la tension dans ce roman qui emprunte au thriller autant qu’à la comédie sociale et explore la dimension toxique des liens familiaux, réels ou fantasmés, avec lucidité et humour. Avec, aussi, un impressionnant sens du rythme dans la narration. Premier roman publié en France d’A. M. Homes, Mauvaise mère n’était plus disponible depuis longtemps, alors qu’il constitue une excellente porte d’entrée dans l’œuvre de cette talentueuse Américaine, auteure notamment de La Fin d’Alice...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ Après « Cartel », le romancier américain revient à un propos plus intimiste, sinon moins audacieux, avec un remake rock’n’roll de « The Long Goodbye ».
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Winslow refait Chandler

Après « Cartel », le romancier américain revient à un propos plus intimiste, sinon moins audacieux, avec un remake rock’n’roll de « The Long Goodbye ».



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h15
    |

            Yann Plougastel








                        



                                


                            
Missing : Germany, de Don Winslow, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Philippe Loubat-Delranc, Seuil, 320 p., 21,50 €.

Le diable se niche parfois dans les détails. Surtout si l’on s’appelle Don Winslow et que l’on a écrit deux romans majeurs, La Griffe du chien et Cartel (Fayard, 2007 ; Seuil, 2016), sur trente ans de guerre antidrogue entre le Mexique et les Etats-Unis, où, à cheval entre thriller et journalisme, l’on a inventé une sorte de nouveau genre, le polar documentaire. Dans quoi se lancer après pareilles sommes ?
Une solution à ce problème : relire les grands classiques, qui sont à l’origine de son envie. Tel Raymond Chandler (1888-1959), l’inventeur de Philip Marlowe, devenu l’archétype du détective privé, et dont Winslow s’inspirait déjà largement dans ses premiers romans (Cirque à Piccadilly ou Le Miroir de Bouddha, Gallimard, « Série noire », 1995 et 1996).
Le Marlowe de Winslow
En se replongeant dans la dernière aventure de Marlowe, The Long Goodbye (Gallimard, « Série noire », 1954 ; traduction révisée en 2014), le romancier tombe en arrêt devant le personnage de Terry Lennox. Pendant la seconde guerre mondiale, en Allemagne, ce brave garçon avait sauvé Marlowe d’une mort certaine en repoussant un obus non explosé, ce qui lui valut d’être à moitié défiguré par un éclat. Il épousa ensuite à Hollywood une milliardaire, devint alcoolique et, par amitié, Marlowe, dans le bouquin de Chandler, enquête sur son suicide suspect. Bingo, se dit Winslow.
Son propre Marlowe, l’écrivain l’a déjà : il s’agit de Franck Decker, dont le lecteur a fait la connaissance dans Missing : New York (Seuil, 2015). C’est un ancien sergent de police à Lincoln (Nebraska), devenu détective privé pour mener sa propre enquête sur la disparition d’une jeune afro-américaine. Ancien vétéran de la guerre en Irak, cet individualiste forcené, désabusé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Avec « Ne préfère pas le sang à l’eau », la romancière se place sur le terrain de l’empathie pour évoquer le sort des réfugiés dans les démocraties occidentales.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Céline Lapertot fait le portrait du désespoir et de l’inhumanité

Avec « Ne préfère pas le sang à l’eau », la romancière se place sur le terrain de l’empathie pour évoquer le sort des réfugiés dans les démocraties occidentales.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h15
    |

                            Eric Loret








                        



                                


                            
Ne préfère pas le sang à l’eau, de Céline Lapertot, Viviane Hamy, 152 p., 17 €.

Le troisième roman de Céline Lapertot, 31 ans, se présente comme une fable. Il s’ouvre pourtant sur une situation rien moins qu’inventée, en faisant déferler trois cents réfugiés sur ses premières pages : « Ils étaient assis, le long des routes qu’on leur avait assignées. Les yeux tournés à l’intérieur d’eux-mêmes. L’âme un peu vaste des nombreux chemins empruntés, de douleur, de soif et d’impatience. Attendre ici, quelques heures, bâtir un camp de fortune pendant quelques jours, le temps de savoir où aller, où se rendre exactement, où construire sa vie dans cette partie de monde qu’on ne connaît que par très lointain ouï-dire. » Ils arrivent à Cartimandua, démocratie occidentale en miniature. On les appelle les « nez-verts ». Ils viennent de contrées désertiques, chercher un peu d’eau dans cette oasis qui en regorge.
Le roman alterne deux types de chapitres : d’un côté, l’histoire de la petite Karole, 10 ans, habituée à « la morsure de la soif, jusqu’à la sensation d’évanouissement », dont on sait dès le début qu’elle mourra par cette eau qui devait la sauver. Son cadavre, dont le regard est « aussi bleu que l’océan en plein juillet », est charrié par un long thrène qui hausse Ne préfère pas le sang à l’eau au niveau d’une épopée crucifiante. Les autres chapitres mettent en scène Thiego et son ami ­Titouan, qu’on découvre en prison à l’enseigne d’un chapitre au titre aussi poétique que politique : « Méfie-toi de tes idées, on en meurt. »
La bêtise humaine
C’est qu’à Cartimandua, après « l’explosion de la Grande Citerne » et la raréfaction de l’eau, les « nez-verts » sont désormais des boucs émissaires : « Il n’y a pas plus envahisseur que celui qui vient en demandant qu’on lui règle le prix de la vie. » Or, comme le fait remarquer la mère de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Dans le subtil « Terres promises », la romancière sarde lance ses personnages à la poursuite de chimères destructrices.
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Milena Agus est revenue des ailleurs illusoires

Dans le subtil « Terres promises », la romancière sarde lance ses personnages à la poursuite de chimères destructrices.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h15
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            
Terres promises (Terre promesse), de Milena Agus, traduit de l’italien par Marianne Faurobert, Liana Levi, 176 p., 15 €.

Le septième roman de Milena Agus ? Déjà ? On se rappelle ses débuts, il y a dix ans. Les éditions Liana Levi lançaient une auteure italienne inconnue. Une Sarde, timide et effacée… A l’époque, ses premiers livres, Quand le requin dort et Mal de pierres (2005 et 2006 ; Liana Levi, 2010 et 2007), n’avaient connu qu’un succès d’estime en Italie. En France, en revanche, Mal de pierres allait devenir un best-seller. Rafler des prix et inspirer à la réalisatrice ­Nicole Garcia un magnifique long-métrage présenté à Cannes en 2016.
Pas facile de survivre à pareil début. Surtout quand on déteste le feu des projecteurs. Agus choisit le travail, la discrétion. A Cagliari, chaque jour, elle s’assied à son humble écritoire, une petite table de bois, à l’ombre de la Vierge. En dix ans, elle a bâti une œuvre à part, forte et fantasque, affranchie des modes : sept romans où ses grands yeux étonnés se posent sur ce que nos existences ont de « misérable et de merveilleux ». Simultanément.
Comme chez Baudelaire, chacun sa chimère
« Mon prochain s’appellera Terres promises. Le pluriel est important », avait-elle insisté lorsque nous l’avions rencontrée chez elle en 2016. On comprend pourquoi. Chacun la sienne. Comme chez Baudelaire, chacun sa chimère. Cette bête griffue colle au corps de ses personnages telle une seconde peau. Tantôt elle les euphorise et les fait rêver. Tantôt elle pèse sur eux « comme le fourniment d’un fantassin romain ». Parfois, elle fait les deux, elle les dope et les accable en même temps.
Au départ, l’intrigue est simple. Raffaele, un fils de paysans sardes, est amoureux d’Ester. Pour échapper à un destin tout tracé de berger ou d’ouvrier agricole, l’homme part à Gênes et s’engage dans la marine....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Romans, récits… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 9 mars 2018.
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Livres en bref

Romans, récits… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 9 mars 2018.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 09h33
    |

                            Stéphanie Dupays (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres"), 
                            Pierre Deshusses (Collaborateur du "Monde des livres"), 
                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
Raphaëlle Leyris, 
                                Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres") et 
                            Ariane Singer (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            Roman. Sous le velours
Les Spectateurs, de Nathalie Azoulai, P.O.L, 320 p., 17,90 €.
Cela s’appelle un « velours » : une liaison fautive. Ainsi, lors d’une fameuse conférence de presse, le 27 novembre 1967, de Gaulle parle-t-il des juifs, « qui étaient restés ce qu’ils avaient-z-été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ». Regardant la télévision avec ses parents et sa petite sœur, un garçon de 12 ans est fasciné par cette faute, tandis que la phrase fait naître l’inquiétude chez les adultes, exilés avant sa naissance d’un pays d’Orient. Autour de ce velours, et d’une famille dont la mère ne rêve qu’aux robes des stars hollywoodiennes, Nathalie Azoulai déploie un récit impressionniste, qui travaille la langue comme un tissu, de même que dans Titus n’aimait pas Bérénice (P.O.L, prix Médicis 2015), la phrase était sculptée à même le marbre de la légende racinienne. Ici, elle cache dans les plis du texte les secrets et les angoisses de ses personnages, ainsi que les motifs récurrents de son œuvre, telles la figure du frère, la maternité et la capacité des mots à exclure, brillamment explorée dans Les Manifestations (Seuil, 2005). R. L.
Roman. Tout mettre à feu
Si nous ne brûlons pas, de Justine Bo, Equateurs, 296 p., 20 €.
Le titre, entre crainte et menace, en donne un indice : il y a dans Si nous ne brûlons pas une rage incendiaire, qui emporte tout sur son passage. Revisitant son histoire à travers les territoires qu’elle a traversés, la narratrice pratique au fil de ce texte, au lyrisme intense et dur, une politique de la terre brûlée. Celle qui annonce dès les premières lignes : « Je n’ai pas 30 ans et je suis déjà en pièces », porte un regard extraordinairement sombre sur la ville portuaire où elle est née et a vécu sa jeunesse, et sur sa famille. Ainsi que sur Sciences Po, où elle étudie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ La sélection du « Monde des livres » parmi les nombreuses parutions récentes qui accompagnent le cinquantenaire.
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Mai 68 : la petite bibliothèque

La sélection du « Monde des livres » parmi les nombreuses parutions récentes qui accompagnent le cinquantenaire.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h28
    |

                            Florent Georgesco, 
                            Serge Audier (Philosophe et collaborateur du « Monde des livres ») et 
                            André Loez (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
1968. De grands soirs en petits matins, de Ludivine Bantigny, Seuil, « L’univers historique », 450 p., 25 €.
Contredire les clichés sur 1968, décaper les faux savoirs et les vrais procès qui font de Mai une simple parenthèse ludique, voire l’origine condamnable des pires travers sociaux, tels sont les buts de Ludivine Bantigny dans cette synthèse nourrie d’une considérable recherche de première main. L’entreprise est superbement réussie.
Seize chapitres ciselés éclairent toutes les facettes de l’événement 1968, depuis l’avant-Mai, d’une surprenante densité revendicative, jusqu’à toutes les formes d’action, d’invention, de contestation et de répression qui surgissent au printemps. Le propos n’est pas chronologique, toutefois : plutôt que l’enchaînement des causalités, c’est le fourmillement du réel qui emplit ces pages, au plus près des individus et de leurs expériences. Paysans qui fournissent en vivres des ouvriers grévistes, policiers inquiets de l’insuffisance de leur équipement, joie fugace ou durable des solidarités éprouvées dans la rue : d’innombrables exemples permettent à l’auteure de restituer l’intensité d’un moment où tous les rapports de domination ordinaire, à l’université, à l’usine, à l’hôpital, font plus que vaciller, sauf peut-être entre hommes et femmes.
Elle en montre les dimensions internationales : souvenirs de la guerre d’Algérie, dénonciations de l’impérialisme américain au Vietnam, militantismes inspirés par les luttes des étudiants allemands ou polonais sont autant d’expériences antérieures qui subitement cristallisent. Rapide sur les artistes, cinéastes ou écrivains, l’ouvrage consacre en revanche des passages très neufs au monde rural, généralement délaissé par tant d’études qui font de la scène parisienne l’unique décor du mouvement. Le livre donne à l’événement son étendue et son imprévu. Sa violence, aussi : les corps endoloris ou rendus infirmes par les coups de matraque...




                        

                        

