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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le petit crustacé, essentiel à l’alimentation des animaux des eaux polaires, est de plus en plus utilisé à la fois dans l’aquaculture et sous forme de complément nutritionnel.
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Greenpeace alerte sur le boom de la pêche au krill en Antarctique

Le petit crustacé, essentiel à l’alimentation des animaux des eaux polaires, est de plus en plus utilisé à la fois dans l’aquaculture et sous forme de complément nutritionnel.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h20
    |

            Martine Valo








                        



   


Il n’a l’air de presque rien, ce minuscule crustacé de deux grammes tout au plus. Mais avec ses congénères, dans l’océan Antarctique, le krill forme une biomasse probablement supérieure à celle des humains. Et cette manne suscite des convoitises : l’espèce Euphausia superba – qui se présente en essaims de plusieurs kilomètres de long dans ces eaux polaires –, commence à peser lourd dans l’industrie mondiale de la pêche. Cet engouement inquiète Greenpeace qui, toute l’année 2018, mène campagne en faveur de la création de nouvelles aires protégées autour du continent antarctique afin de protéger l’environnement austral.
Parti naviguer dans ces parages durant trois mois, l’équipage de l’Arctic Sunrise devrait rapporter fin mars des données sur ces écosystèmes fragiles. D’ici là, l’ONG a déjà collecté quelques images de chalutiers en pêchant le krill et en illustre sa publication intitulée : « Licence to krill, le monde mal connu de la pêche antarctique », rendue publique mardi 13 mars. Il s’agit moins d’une dénonciation en bonne et due forme que d’un appel à la vigilance au sujet d’une espèce essentielle à l’alimentation des baleines qui en mangent plusieurs tonnes par jour, tout comme s’en nourrissent les manchots, phoques, oiseaux marins, poissons et céphalopodes de ces eaux polaires.

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Le problème pour eux, c’est que les animaux domestiques – notamment les poissons d’aquaculture – partagent désormais avec les humains leur menu de base. Les consommateurs américains, australiens, allemands, britanniques sont friands d’huile de krill : ils l’apprécient en tant que complément alimentaire riche en acides gras-omega 3. Les Français s’approvisionnent, eux, en capsules sur Internet moyennant des prix extrêmement divers. Depuis fin 2011, l’Union européenne autorise notamment l’utilisation du petit crustacé dans certains produits laitiers, matières grasses à tartiner, sauces, céréales de petit-déjeuner, plats diététiques… Il entre aussi dans la composition de cosmétiques.
Une biomasse de 379 millions de tonnes
« Cette pêcherie symbolise l’absurdité d’un monde où l’on veut pêcher toujours plus loin, plus profond, dans des circonstances extrêmes alors que l’on connaît mal cette espèce, clé de voûte de tout l’écosystème, dénonce Hélène Bourges, responsable de la campagne Océans à Greenpeace France. On ne sait pas grand-chose de sa biologie, ni de sa vulnérabilité face au changement climatique et à l’acidification du milieu marin. » Tout le monde en convient : les connaissances sur l’Euphausia superba font défaut. « Il est admis que le fondement scientifique de la gestion de cette pêcherie est faible et que des informations supplémentaires sur le comportement de cette espèce et des statistiques de pêche sont absolument nécessaires », écrit ainsi l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Les estimations de la biomasse elle-même varient considérablement. Celle-ci atteindrait 379 millions de tonnes, dont plus de la moitié finirait mangée par les cétacés, les phoques, les manchots, les calmars et les poissons, selon la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). Cette organisation – chargée de gérer strictement la pêche du krill, de la légine et du poisson des glaces dans cette partie du monde –, a pour autre mission de veiller à la préservation de cet environnement encore bien sauvegardé. C’est elle qui fixe les limites.
En théorie, le taux de capture totale admissible dans le sud-ouest de l’Antarctique est de 5,6 millions de tonnes par an. Toutefois, la CCAMLR a décidé de le réglementer à 620 000 tonnes, réparties sur quatre régions du sud-ouest de l’Atlantique. Greenpeace note que dans la zone ouest de la péninsule Antarctique, ce maximum a été atteint plusieurs fois depuis 2010.
Insuffisance des observations scientifiques

   


Les premières expériences de pêche au krill, menées par l’ancienne URSS, remontent aux années 1960. Les captures ont connu ensuite des années à plus de 500 000 tonnes dans la décennie 1980, avant de chuter et de remonter à plus de 320 000 tonnes en 2014, selon les déclarations recueillies par la FAO. Depuis, les techniques ont évolué : les chaluts qui écrasaient les crustacés laissent la place à des tuyaux aspirants. Quinze navires opèrent dans cette pêche industrielle, un secteur essentiellement occupé par des flottes norvégiennes, sud-coréennes et chinoises.

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Elle serait cependant l’une des plus durables au monde, assurent les professionnels regroupés dans l’Association of Responsible Krill Harvesting Companies. « Hautement spécialisée et exigeante, la pêche au krill nécessite d’énormes investissements initiaux », indique cette organisation. S’inscrire dans la durée est d’autant plus nécessaire que « le développement du marché et l’adoption des produits ont été lents », rapporte-t-elle. Mais elle souligne elle aussi l’insuffisance des observations scientifiques et s’engage à collaborer avec la CCAMLR pour la collecte des données.
« Nous demandons instamment que les bateaux restent loin des aires marines protégées ou des zones dont nous demandons le classement afin de préserver la faune qui y vit », dit Hélène Bourges, de Greenpeace
Malgré cette bonne volonté affichée, le rapport de Greenpeace s’interroge sur le développement de cette pratique. Outre les risques de pollution que présente la navigation dans une zone encore quasi intacte, celle-ci empiète aussi sur les sources alimentaires de la faune. « Nous ne réclamons pas son interdiction, mais nous demandons instamment que les bateaux restent loin des aires marines protégées ou des zones dont nous demandons le classement afin de préserver la faune qui y vit », expose Hélène Bourges. Durant son expédition, les membres de l’Arctic Sunrise ont observé des navires manifestement en train de pratiquer un transbordement de pêche ou de carburant, ce qui n’est pas interdit, mais rend tout contrôle difficile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Cinquante mille agriculteurs ont convergé vers la capitale financière de l’Inde après une marche éreintante pour alerter sur la situation dramatique des campagnes.
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Bombay submergée par une vague de paysans en colère

Cinquante mille agriculteurs ont convergé vers la capitale financière de l’Inde après une marche éreintante pour alerter sur la situation dramatique des campagnes.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h31
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Ils ont marché six jours durant, alors que l’été indien, avec plus d’un mois d’avance, gratifie le centre ouest du sous-continent d’une vague de chaleur record. Les agriculteurs de la région de Nashik, dans le nord du Maharashtra, ont parcouru jusqu’à 180 kilomètres par des températures approchant parfois les 40 degrés à l’ombre. Lundi 12 mars en tout début de matinée, ils ont envahi le centre de leur capitale, Bombay, exténués et les pieds dans un état épouvantable, obligeant les secours à leur venir en aide à même le trottoir.
Selon le All India Kisan Sabha (« syndicat des paysans de toute l’Inde », AIKS), l’émanation du Parti communiste de l’Inde (marxiste) organisatrice de cette démonstration de force, près de 50 000 personnes formaient la marée humaine qui a pris place sur la pelouse grillée d’Azad Maidan, le terrain de cricket situé face à la gare Victoria. Leur objectif : sensibiliser la population urbaine au désespoir des campagnes et accroître la pression sur le gouvernement régional, dirigé comme l’Etat fédéral, à New Delhi, par les nationalistes hindous.
« L’année dernière, on nous a promis l’effacement de nos dettes mais il n’y a que les plus riches qui en ont bénéficié. Mon dossier a été refusé et avec les mauvaises récoltes qui se succèdent, je ne peux plus rien rembourser, il faudrait au moins qu’on nous garantisse les prix », raconte Harshul, un homme de 45 ans qui se protège du soleil ardant avec un malheureux bout de carton.
Tulsa est dans la même situation. Cultivatrice sur les hauteurs de Nashik, un site connu depuis quelques années maintenant pour les vignobles que les Occidentaux ont réussi à y implanter, cette femme de 51 ans est venue jusque dans le centre historique de Bombay chaussée de simples sandales en plastique. « J’ai six personnes à charge dans ma famille et je n’y arrive plus. Les terres où je cultive mon riz appartiennent au ministère des forêts, il faut qu’on me les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le comité interministériel pour la reconstruction des deux îles antillaises a entériné un engagement des pouvoirs publics de près de 500 millions d’euros.
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Le coût du passage d’Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy dépasse les 3 milliards d’euros

Le comité interministériel pour la reconstruction des deux îles antillaises a entériné un engagement des pouvoirs publics de près de 500 millions d’euros.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 01h45
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 08h28
    |

            Rémi Barroux








                        


Reconstruire dans la durée et se préparer, dans des délais plus brefs, à la prochaine saison cyclonique : tels sont les enjeux des îles antillaises Saint-Martin et Saint-Barthélemy, durement touchées par le passage de l’ouragan Irma dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, qui a tué 11 personnes. Six mois après, lundi 12 mars, le gouvernement français et les deux collectivités territoriales se sont retrouvés pour parler argent, financement des chantiers à venir à l’occasion d’un comité pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

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Le coût total du cataclysme dépassera sans aucun doute les 3 milliards d’euros, dont 1,83 milliard d’euros pour l’évaluation des seuls dégâts assurés (bâtis publics et privés, parc automobile…), une somme considérable pour ces deux îles qui comptent moins de 40 000 habitants. A l’issue de cette réunion, cinquième du genre, l’annonce a été faite d’un engagement des pouvoirs publics d’une somme globale qui « avoisinera les 500 millions d’euros ».
Deux cents millions pour les infrastructures publiques
Sur cette somme, 163 millions ont déjà été engloutis dans le dispositif d’urgence pour les deux îles antillaises touchées par Irma, soit les secours avec l’envoi massif de militaires, gendarmes, sécurité civile – en tout 3 000 personnes ; les aides immédiates, notamment le bâchage des maisons et des installations ravagées ; la distribution de quelque 1 800 tonnes de matériel, d’eau, de vivres, etc.
Cent quarante millions d’euros sont aussi investis par l’Etat dans le « soutien économique aux entreprises, aux particuliers et aux deux collectivités ». Ces sommes ont été consacrées à la prise en charge du chômage partiel, de cartes prépayées pour les familles les plus en difficulté (4 200 foyers sur les deux îles), ainsi qu’à un moratoire sur les cotisations sociales qui durera jusqu’à novembre 2018. Les deux collectivités territoriales bénéficient aussi d’une aide du gouvernement pour leur fonctionnement, à hauteur de 65 millions, dont la quasi-totalité pour Saint-Martin.

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Ces sommes étaient déjà connues, ce qui n’est pas le cas des quelque 200 millions (194,6 exactement) que la collectivité de Saint-Martin a présenté, lundi, dans le cadre d’un plan d’investissement pour la reconstruction de ses bâtiments et des infrastructures publiques. Les bâtiments scolaires bénéficieront de 33,5 millions d’euros – l’Etat en finançant près de la moitié –, les équipements sportifs de 13 millions, le centre hospitalier de Saint-Martin de 12 millions (dont la moitié allouée par l’Etat). Le coût de l’enfouissement des réseaux électriques, mis à bas par l’ouragan, sera pris en charge par l’Etat à hauteur de 14,7 millions d’euros. L’un des plus gros postes sera celui de la gestion des zones à risques, qui passe par la construction d’abris paracycloniques ou l’achat d’équipements d’alerte : sur les 29 millions à investir, le gouvernement a promis d’octroyer une aide de 17,8 millions d’euros, dont 6 pour les abris et 11 au compte du fonds Barnier, soit l’indemnisation des gens qui seraient déplacés.
« La participation directe de l’Etat et de ses opérateurs représentera ainsi un tiers des investissements de la collectivité de Saint-Martin, soit 66,4 millions d’euros. Et en prenant en compte l’ensemble des dépenses, y compris celles de l’urgence, l’engagement financier non remboursable de l’Etat atteindra 370 millions d’euros », résume Philippe Gustin, délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. A cette somme, il convient encore d’agréger quelque 125 millions issus – entre autres – du Fonds de solidarité de l’Union européenne, ce qui amène au total d’engagement d’environ 500 millions d’euros.
Surchauffe du secteur du BTP et pénurie de matériel
La reconstruction, qui devrait prendre plusieurs années, doit aussi s’accompagner de mesures à plus brève échéance. En effet, une grande partie du parc immobilier, notamment celui des particuliers, reste à sécuriser, avant même de le rebâtir, en vue de la prochaine saison cyclonique qui débutera dans quatre mois.
Les expertises des sociétés d’assurances, qui évaluent les dégâts et permettent les remboursements, ont à peine fini leur tâche. La venue de 200 à 300 experts n’a pas été facile à organiser, assure la délégation interministérielle pour la reconstruction des deux îles. « A ce stade, les assurances n’ont également payé que 609 millions d’euros sur 1,83 milliard de dégâts assurés », lit-on dans le communiqué du délégué, publié lundi. Sachant que seuls 40 % des habitants étaient assurés.

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Il est aussi fait état d’une « surchauffe » possible du secteur du BTP, avec la multiplication des chantiers, alors même « que la reconstruction des infrastructures publiques n’a pas encore commencé ». La Fondation de France qui aide, avec les Compagnons bâtisseurs et la Croix-Rouge, un certain nombre de familles saint-martinoises à reconstruire ou consolider leurs habitations, témoigne de problèmes d’approvisionnement en matériel de chantier. « Nous constatons aussi des problèmes de main-d’œuvre, car les artisans de l’île sont débordés et préfèrent aller sur la reconstruction des maisons des habitants les plus aisés, des chantiers plus importants », raconte ainsi Karine Meaux, responsable des urgences à la Fondation de France.

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Une différente gestion des Néerlandais
Ce n’est donc pas tant un problème d’argent que de réalisation concrète des travaux, aurait insisté le premier ministre, Edouard Philippe, lors du comité interministériel. Et si les tensions entre la communauté territoriale et son président, Daniel Gibbs, avec les autorités de l’Etat sont en partie apaisées, il reste une demande d’aide plus importante de la part de Saint-Martin et, a contrario, un doute sur la capacité opérationnelle de la collectivité du côté du gouvernement. « Pour reconstruire un groupe scolaire, c’est deux ans, et pour l’ensemble du parc public, cela demandera un énorme travail de suivi. Or il n’y a que deux personnes chez les territoriaux pour élaborer et suivre l’ensemble des marchés publics », raconte, sous couvert d’anonymat, un spécialiste du dossier.
Cette réunion du comité a rempli son objectif qui était d’avoir la certitude que les investissements seraient bien utilisés, explique le délégué. Les Néerlandais ont choisi d’affecter une somme globale de 550 millions d’euros à la partie de Saint-Martin qui est sous leur responsabilité, pour solde de tout compte. « L’Etat français préfère, lui, des investissements dans un cadre juridique sécurisé, planifié sur plusieurs années, avec des sommes affectées à des actions concrètes », explique Philippe Gustin.
Un suivi sera assuré par le gouvernement et une clause de revoyure a été décidée. En juin, le prochain comité interministériel consacré à la reconstruction étudiera les retours d’expérience et les leçons tirées par les collectivités et l’Etat du passage d’Irma.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.
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« Plus de 500 municipalités s’opposent aux compteurs Linky »

Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h28
    |

                            Stéphane Lhomme (Directeur de l’Observatoire du nucléaire)








                        



                                


                            

Tribune. Vingt-six députés de La République en marche (LRM) ont publié une tribune favorable au déploiement par Enedis des compteurs communicants Linky (« Le Monde » du 2 mars 2018). Leurs arguments méritent d’être discutés… et même rectifiés.
En premier lieu, il faut noter que ce texte aligne les affirmations gratuites et les slogans creux, certains étant même scandés deux fois : « Les compteurs Linky sont un outil majeur au service de la transition énergétique », « Ils permettent de piloter plus efficacement le réseau », « Ils permettent aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation électrique » ou (encore !) « C’est une composante majeure de la transition énergétique »…
Un abonnement plus cher
Par ailleurs, les signataires avancent une étude qui assure que le Linky « pourrait permettre jusqu’à 23 % d’économies d’énergie » : on n’est pas loin du régime qui permet de « perdre 25 kg en 5 jours en mangeant à volonté ».

Mais il ne faut pas oublier que le distributeur Enedis est une filiale à 100 % d’EDF… qui vit en nous vendant de l’électricité et qui, déjà proche de la faillite, n’aurait assurément pas autorisé un programme sabrant ses rentrées financières. De toute façon, alors que le déploiement des Linky n’en est qu’à son début, il apparaît déjà un peu partout que, loin de permettre des économies, ces compteurs démultiplient beaucoup de factures et obligent de nombreux usagers à prendre un abonnement plus cher pour ne pas disjoncter continuellement.
Les députés LRM démontrent qu’ils sont autant « hors-sol » que leurs prédécesseurs en avouant d’abord qu’ils ne sont que des courroies de transmission au service de l’Elysée, promouvant « la transition énergétique promue actuellement au plus haut sommet de l’Etat français ». Mais le plus édifiant est qu’ils prétendent – peut-être le croient-ils vraiment ! – qu’« il n’existe pas de dysfonctionnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Des membres de l’association 350.org se sont allongés dans l’une des salles les plus fréquentées du musée pour l’appeler à refuser les dons du groupe pétrolier.
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Des militants écologistes au Louvre pour protester contre le mécène Total

Des membres de l’association 350.org se sont allongés dans l’une des salles les plus fréquentées du musée pour l’appeler à refuser les dons du groupe pétrolier.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h48
   





                        



   


C’est un combat vieux de plusieurs années. Des militants écologistes réclament le boycott, par le Louvre, de son mécène Total. Ils ont mené une nouvelle action en ce sens lundi 12 mars, en s’allongeant, vêtus de noir, devant Le Radeau de La Méduse, dans l’une des salles les plus fréquentées du musée. Les militants ont scandé des slogans contre l’action du groupe pétrolier puis ont quitté les lieux après deux heures d’action.
Les visiteurs ont été évacués vers d’autres salles au bout d’une dizaine de minutes, tandis que les protestataires restaient sur le sol, pour « symboliser les victimes des activités pétrolières » selon l’ONG 350.org. Le Louvre, interrogé par l’Agence France-Presse, a confirmé l’évacuation des visiteurs de la salle, puis le départ des activistes de leur plein gré, sans intervention de vigiles ni de forces de l’ordre.
La campagne « Libérons le Louvre », lancée par un collectif d’associations emmené par 350.org, demande au musée de mettre un terme à son partenariat avec la Fondation Total, au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques, les énergies fossiles – charbon, pétrole, gaz – étant largement responsables des gaz à effet de serre sources du réchauffement planétaire.
« De plus en plus de communautés seront poussées à l’exil à mesure que les impacts du dérèglement climatique continueront de s’accentuer », explique le collectif lundi.
« En tant que courroie de transmission entre les civilisations et les cultures, mais aussi en tant que lieu d’éducation, le partenariat avec Total entre en contradiction avec l’ambition du musée de tisser des ponts entre civilisations passées et générations actuelles. »
Des actions menées depuis 2015
Il y a un an, une trentaine de militants avaient déposé un tapis d’étoffes noires au pied de la Victoire de Samothrace, formant une « rivière de pétrole » symbolique, accompagnée de tracts « Total soutient le Louvre/Le Louvre soutient Total - #zerofossile ». Quelques mois plus tard, les bassins extérieurs étaient victimes d’une « marée noire », après ajout d’un colorant noir « 100 % naturel » selon les organisateurs. En 2015 déjà, l’association 350.org avait lancé une pétition pour que le partenariat entre le Louvre et Total cesse.
Total est un partenaire du Louvre depuis environ vingt ans. Dans une réponse adressée en janvier 2017 au responsable de 350.org France, le président du musée, Jean-Luc Martinez, détaillait ses actions (soutien à des expositions, rénovations, éducation culturelle, action sociale), évoquant un « soutien financier décisif ».

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Près de 500 postes vont être supprimés d’ici à 2022 au sein de l’établissement public chargé des prévisions météorologiques, soit plus de 15 % des personnels.
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Avis de coup de vent sur Météo-France

Près de 500 postes vont être supprimés d’ici à 2022 au sein de l’établissement public chargé des prévisions météorologiques, soit plus de 15 % des personnels.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 06h29
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Cinq cents postes en moins à Météo-France d’ici à 2022, sur un effectif total de 3 124 agents, voilà qui peut inquiéter les syndicats de personnels. Surtout au vu des missions qui semblent toujours plus urgentes et complexes, avec le dérèglement climatique qui se traduit par des chutes de neige improbables, des tempêtes plus violentes, des crues et inondations majeures…
« Dans ce contexte, on pourrait s’attendre à une volonté politique forte de maintenir a minima les moyens de Météo-France pour lui permettre d’assurer ses missions. C’est l’inverse qui est annoncé », dénoncent les syndicats de l’établissement public (CFDT, CGT, FO, Solidaires). Et de rappeler les 120 000 postes de fonctionnaires supprimés dans le programme « Action publique 2022 ». « Traduction pour Météo-France : moins 95 postes dès 2018, moins 500 postes au total d’ici à 2022, coupes claires pour un établissement qui a perdu un quart de ses effectifs et la moitié de ses implantations territoriales ces dix dernières années », protestent-ils.
Une restructuration redoutée
Ces chiffres ne sont réfutés ni par le ministère de la transition écologique et solidaire ni par la direction de Météo-France. « Ce ne sont pas des pertes d’emplois, car il y aura plus de personnes qui doivent partir à la retraite, de l’ordre de 700. Personne ne partira donc de manière forcée, tient à rassurer le PDG, Jean-Marc Lacave. Rien qu’en 2018, nous allons embaucher 70 ingénieurs et techniciens. » Il estime qu’au contraire cette feuille de route gouvernementale aurait des avantages. « C’est sévère, mais c’est une première très importante en termes de prévision sur le moyen terme, de réformes structurelles à conduire, on n’avait jamais eu auparavant de vision au-delà d’un an. »
Les syndicats redoutent justement cette restructuration. Ils dénoncent une « automatisation à outrance », avec la fin des expertises locales, des « bulletins automatiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Le Syndicat des énergies renouvelables s’insurge contre la volonté du gouvernement de renégocier à la baisse six projets de parcs offshore, ou même de les annuler.
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Quand la France bride le développement de l’éolien en mer

Le Syndicat des énergies renouvelables s’insurge contre la volonté du gouvernement de renégocier à la baisse six projets de parcs offshore, ou même de les annuler.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 16h16
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

« Un signal désastreux. » Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), d’ordinaire mesuré dans ses prises de position, hausse cette fois le ton. L’objet de sa colère ? Un amendement, déposé par le gouvernement, au projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance, qui arrive devant le Sénat mardi 13 mars, après avoir été adopté en première lecture par les députés le 30 janvier.
Cet amendement vise à permettre à l’Etat de renégocier – à la baisse – les tarifs de rachat de l’électricité retenus lors des deux appels d’offres organisés, en 2011 et 2013, en vue du déploiement de six parcs éoliens en mer, au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes, pour un total de 3 000 mégawatts (MW) : quatre lors du premier appel d’offres (Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Nazaire et Saint-Brieuc), puis deux lors du second (Le Tréport, Yeu-Noirmoutier).

« Le tarif accordé à ces installations est très élevé et ne correspond plus aux prix actuels de l’éolien en mer, entraînant des rémunérations excessives pour les candidats retenus », justifie le gouvernement. L’Etat cherche donc à « réduire le coût de soutien public des projets », tout en assurant vouloir « conforter » la filière de l’éolien offshore. De fait, les prix de rachat de l’électricité, qui avaient été garantis lors des deux appels d’offres, s’établissaient entre 160 et 200 euros le mégawattheure (MWh). Ils ont depuis chuté en Europe : au Royaume-Uni ou en Allemagne, ils avoisinent aujourd’hui 60 euros le MWh.
Retard hexagonal
« Il faut comparer ce qui est comparable », rétorque Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER. Les projets plus anciens lancés en Allemagne ou au Royaume-Uni, actuellement en cours de construction, l’ont été à des coûts moyens de 160 à 180 euros le MWh, ce qui est « cohérent » avec les prix français.
« Ce projet d’amendement permettrait, s’il était adopté, de remettre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ E.ON et RWE se lancent dans une méga-opération d’échanges d’activités
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En Allemagne, nouvelles grandes manœuvres dans l’énergie

E.ON et RWE se lancent dans une méga-opération d’échanges d’activités



Le Monde
 |    12.03.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 09h59
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

C’est une manœuvre spectaculaire, qui rebat les cartes sur le marché allemand et européen de l’énergie. Dans la nuit de samedi 10 à dimanche 11 mars, les deux groupes E.ON et RWE ont annoncé leur intention d’opérer un gigantesque échange d’activités d’un montant de 20 milliards d’euros.
Celui-ci devait être scellé lundi 12 mars, une fois que les derniers actionnaires auront signé, rapporte la presse allemande. E.ON devrait alors prendre le contrôle de la filiale de son concurrent RWE, Innogy, valorisée 19 milliards d’euros en Bourse, avant de la démanteler. RWE, à la faveur de ce démantèlement, récupérera de nouvelles activités, notamment dans les énergies renouvelables, pour former l’un des plus gros énergéticiens d’Europe.
L’objectif d’E.ON est de se concentrer sur deux activités : la distribution d’électricité et les réseaux. Avec cette opération complexe, le groupe devient le premier distributeur d’énergie d’Allemagne. Après la conclusion de l’accord, il devrait distribuer de l’électricité et du gaz à 45 millions de clients et exploiter un réseau de 1,5 million de kilomètres.
E.ON veut également proposer des solutions de production de courant décentralisées, comme des centrales de cogénération. Mais il se sépare de ses activités dans les énergies renouvelables, qui reviennent à RWE. En 2016, E.ON avait déjà isolé ses centrales conventionnelles dans une autre société, Uniper. Les 47 % d’actions qu’il détenait ont été vendues, fin 2017, au groupe énergétique finnois Fortum.
Se renforcer dans les énergies vertes
De son côté, RWE se concentrerait sur la production d’électricité, en se renforçant dans les énergies vertes. Une volte-face, puisque le groupe s’était séparé, il y a deux ans, de l’activité « renouvelable », avec la création d’Innogy pour se concentrer uniquement sur l’exploitation de ses réacteurs nucléaires, à gaz et à charbon.
L’industriel va récupérer les centrales hydrauliques et les grands parcs éoliens d’E.ON...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Deux ouvrages racontent la « grande catastrophe » qu’a connue le Japon en 2011. L’un décrit l’apocalypse à travers le regard de survivants, l’autre livre le témoignage du dirigeant de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.
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Retours à Fukushima, sept ans après

Deux ouvrages racontent la « grande catastrophe » qu’a connue le Japon en 2011. L’un décrit l’apocalypse à travers le regard de survivants, l’autre livre le témoignage du dirigeant de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 12h02
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Livres. Le 11 mars, le Japon a commémoré le septième anniversaire de la « grande catastrophe » de 2011. Une double catastrophe comme on le sait. D’abord, le séisme de magnitude 9, le plus violent jamais mesuré dans l’Archipel, suivi d’un tsunami – une vague culminant à trente-six mètres de hauteur –, qui dévastèrent la côte est de l’île de Honshu, faisant, selon le dernier bilan officiel, 18 500 morts et disparus.
Ensuite, l’accident, le plus grave de l’histoire de l’atome civil après celui de Tchernobyl en 1986, qui mit en pièces la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, où les cœurs de trois réacteurs entrèrent en fusion, recrachant des nuages de particules radioactives qui ont contaminé la région pour des décennies.
Deux ouvrages, en librairie le 7 mars, nous ramènent aujourd’hui sur les lieux de la tragédie, le premier parmi les corps et les esprits broyés par le cataclysme, le second dans les entrailles de la centrale nucléaire en perdition. Deux livres d’une facture très différente mais qui, l’un et l’autre, plongent le lecteur dans l’effroi.
C’est à la première catastrophe, le « super-tsunami », « O-tsunami » en japonais, que s’attache le récit du journaliste Richard Lloyd Parry, correspondant du Times à Tokyo. Les Fantômes du tsunami, fruit de six ans d’enquête, a pour épicentre l’école primaire d’un village où périrent soixante-quatorze enfants et dix de leurs enseignants. Le matin de ce vendredi-là, ils avaient quitté leurs proches sur la formule rituelle « itte kimasu », « je pars et je reviendrai », et s’étaient vu répondre « itte rasshai », « pars pour revenir ». Aucun ne tint promesse, emporté par une déferlante en forme d’« animal affamé ».
Témoignages pudiques et réalisme cru
Mêlant témoignages intimes empreints de pudeur et descriptions d’un réalisme cru, l’auteur rapporte des scènes cauchemardesques. Un grand-père remuant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le consortium chargé d’opérer le service de vélos en libre-service dans la capitale s’en prend à son prédécesseur, JCDecaux, et aux élus parisiens
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/03/2018
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« Vélibgate » : le délégataire Smovengo règle ses comptes

Le consortium chargé d’opérer le service de vélos en libre-service dans la capitale s’en prend à son prédécesseur, JCDecaux, et aux élus parisiens



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 11h39
    |

                            Olivier Razemon








                        


« Smovengo sort de son silence », titre le communiqué. L’entreprise délégataire chargée du nouveau Vélib’, qui tente péniblement d’installer les stations du vélo en libre-service, à Paris, depuis plus de deux mois, n’en peut plus de porter le chapeau du fiasco. Dans un communiqué au vitriol, publié dimanche 11 mars, ce consortium, composé de la société montpelliéraine Smoove et de trois groupes spécialisés dans la mobilité, entend « rétablir quelques vérités ».
Après le changement de délégataire, décidé en avril 2017, un millier de stations Vélib’ devaient progressivement être déployées dans la capitale et dans soixante-six autres communes franciliennes au cours du premier trimestre 2018. On n’en compte aujourd’hui que 375, selon le site Velib.nocle qui effectue un décompte minutieux depuis le début de l’année. Et encore, seule une partie d’entre elles sont en état de fonctionner. Les autres, alimentées de manière temporaire par des batteries, ont tendance à se décharger. La situation est encore plus critique au-delà du périphérique. En Seine-Saint-Denis, seules deux stations ont vu le jour depuis le 1er janvier. « Et, pour couronner le tout, le service clients demeure injoignable, apparemment sous-dimensionné, au dire même des téléconseillers contactés », ajoute l’association provélo Paris en selle, qui dénonce une « vélib’érézina ».
Pénalités
Ces dysfonctionnements coûtent cher à Smovengo. Le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM), qui réunit les représentants des communes concernées sous la présidence de Catherine Baratti-Elbaz, élue socialiste de Paris, a infligé au délégataire une pénalité de 3 millions d’euros pour non-respect des délais.
Mais Smovengo ne veut plus payer seul. Il identifie « deux causes principales » aux retards dans la mise en place, et relève deux responsabilités. Celle de JCDecaux, d’abord, qui a exploité les Vélib’ parisiens pendant dix ans. « Notre concurrent a tout tenté, par ses recours juridiques (tous perdus !) et ses manœuvres dilatoires, pour retarder le passage de relais. Encore aujourd’hui, il multiplie les déclarations agressives et mensongères », affirme le communiqué.

        Lire aussi :
         

                Une nouvelle offre de vélos en libre-service à l’assaut des villes



Cette déclaration fait référence aux propos tenus par Jean-Charles Decaux, le 8 mars. « Ils ne sont pas à la hauteur des enjeux », avait estimé le codirecteur général du groupe spécialisé dans la publicité urbaine, jugeant que l’agencement des stations constituait pourtant « la chose la plus simple à faire – gérer les vélos et les abonnés sera bien plus compliqué ». Smovengo répond que « le très grand retard dans le démontage des [anciennes] stations perturbe fortement la montée en puissance de [leurs] chantiers ». On subodorait que les relations entre les deux opérateurs n’étaient pas au beau fixe ; on en a la confirmation.
Mais le consortium s’en prend surtout aux élus. « La gestion administrative du projet par le SAVM a souffert de graves insuffisances », écrit Smovengo, qui énumère les griefs à l’encontre de son donneur d’ordre. Le délégataire attribue notamment aux élus franciliens la responsabilité de multiples retards.
Les élus parisiens dans l’embarras
Ainsi, la contractualisation des obligations entre le SAVM, récemment rebaptisé Lib’, et Smovengo, « a dérapé de trois mois : elle était initialement prévue en février 2017 et a été passée courant mai », affirme le consortium. En outre, « les cahiers des charges techniques fournis n’étaient pas complets ». Enfin, « six semaines ont été perdues par le SAVM pour la validation des designs des bornes et des vélos ».
Dès lors, « pour que l’opérateur exécute bien sa tâche, encore faut-il que le donneur d’ordre assume toutes les responsabilités qui lui incombent », est-il asséné encore dans le communiqué. Le fait qu’un délégataire d’un marché public s’en prenne publiquement, et dans des termes aussi directs, à son donneur d’ordre, constitue un cas de figure assez rare dans l’exercice des marchés publics.
Ce nouvel épisode du « Vélibgate », comme l’a baptisé Twitter, met les élus parisiens dans l’embarras. Depuis le début de l’année, la maire, Anne Hidalgo, et Catherine Baratti-Elbaz ne cessent d’affirmer qu’elles « tapent du poing sur la table » ou « mettent la pression » sur Smovengo, tout en accordant des dédommagements aux abonnés. Cette situation « n’est pas de notre responsabilité directe », affirmait encore Anne Hidalgo, sur France Inter, le 8 mars. Peut-être l’objectif initial, qui consistait à instaurer un « Vélib métropolitain et électrique », était-il trop ambitieux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Créé en 1991, le Cheetah Conservation Fund, qui accueille 36 félins destinés à être relâchés dans le bush, tente d’enrayer la disparition de l’espèce.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤     




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En Namibie, la ferme aux guépards
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En Namibie, la ferme aux guépards

LE MONDE |

11.03.2018 à 17h01
11.03.2018 à 17h18

En Namibie, une Américaine passionnée par les guépards, Laurie Marker, a créé en 1991 le Cheetah Conservation Fund (CCF) afin de protéger l’espèce, dont il ne reste que 7 100 représentants dans le monde, dont 3 000 dans ce pays d’Afrique australe. Parmi les actions que mène le CCF figurent la sensibilisation des éleveurs, incités à utiliser des chiens de garde pour éloigner le prédateur des troupeaux, et la préservation de la savane, habitat naturel du félin. Un reportage photographique de Bertrand Rieger.
Chargement en cours…




                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie."
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            data-slide-description="Le Cheetah Conservation Fund (CCF) a été créé en 1991 à Otjiwarongo, en Nambie, par l’Américaine Laurie Marker pour protéger le félin."
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            data-slide-description="Avec des pointes de vitesse à plus de 110km/h, le félin est le mammifère terrestre le plus rapide du monde."
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            data-slide-description="Le CCF abrite actuellement 36 guépards, en captivité temporaire, destinés à être relachés dans le bush."
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            data-slide-description="Laurie Marker récompense un guépard après qu’il a couru derrière un leurre pour garder la forme."
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            data-slide-description="Le CCF est animé par 20 salariés et autant de stagiaires de toutes nationalités."
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            data-slide-description="A la fois un espace de conservation et pôle touristique, le CCF est devenu un centre scientifique de référence dans le monde pour la conservation de l’espèce."
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            data-slide-description="Mendel, un guépard souffrant d’insuffisance rénale chronique, doit recevoir des fluides sous-cutanés trois fois par semaine."
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            data-slide-description="Les kangals, ou berger d’Anatolie, sont craints des guépards. En leur présence, les félins n’osent pas s’approcher du bétail et ne sont donc plus exposés à la colère des éleveurs."
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            data-slide-description="Le centre est doté d’une clinique vétérinaire, où guépards, chèvres et bergers d’Anatolie sont bichonnés."
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            data-slide-description="Un jeune kangal bénéficie des soins des vétérinaires du CCF."
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            data-slide-description="Le CCF élève et dresse des kangals pour les placer auprès de fermiers de Namibie mais aussi d’Afrique du Sud, d’Angola, du Botswana et de Tanzanie pour enrayer l’extinction du guépard, prédateur des troupeaux."
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            data-slide-description="Les 50 chèvres du CCF donnent quelque 90 litres de lait par jour qui produisent des fromages vendus dans les boutiques du centre de conservation mais aussi dans les lodges alentour et dans les magasins des villes avoisinantes."
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            data-slide-description="Pour améliorer l’habitat des guépards, le CCF transforme en briquettes de bois les épais buissons qui prolifèrent dans le bush."
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            data-slide-description="Ces briquettes de bois sont ensuite commercialisées sous la marque « Bushblok »."
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Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie.



Bertrand Rieger/hemis.fr



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En Namibie, une Américaine passionnée par les guépards, Laurie Marker, a créé en 1991 le Cheetah Conservation Fund (CCF) afin de protéger l’espèce, dont il ne reste que 7 100 représentants dans le monde, dont 3 000 dans ce pays d’Afrique australe. Parmi les actions que mène le CCF figurent la sensibilisation des éleveurs, incités à utiliser des chiens de garde pour éloigner le prédateur des troupeaux, et la préservation de la savane, habitat naturel du félin. Un reportage photographique de Bertrand Rieger.'
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Reportage

En Namibie, la ferme modèle où l’on sauve les guépards

Depuis vingt-sept ans, Laurie Marker multiplie les actions pour faire coexister félins et fermiers, notamment grâce au berger d’Anatolie, et enrayer l’extinction en cours.

Par                Bertrand Rieger



LE MONDE
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        Le 11.03.2018 à 17h00

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        Mis à jour le 11.03.2018 à 17h55






    
Un soigneur nourrit les guépards pensionnaires du Cheetah Conservation Fund, à Otjiwarongo, en Namibie.
Crédits : Bertrand Rieger / hemis.fr


Armée d’un bâton et d’une longue cuillère de bois, Laurie Marker regarde les trois guépards filer juste devant elles à plus de 80 km/h. Comme chaque matin dans ce centre de conservation planté au beau milieu de la Namibie, les félins se dégourdissent les pattes en poursuivant un chiffon rouge attaché à un câble entraîné par un petit moteur. L’un des guépards a tôt fait de rattraper le tissu et de l’immobiliser entre ses pattes, se redressant fièrement comme s’il attendait des applaudissements. Laurie s’approche de lui, fouille dans une besace pendue à sa ceinture, en sort un petit morceau de viande sanguinolent et le dépose dans la cuillère. L’animal s’en saisit aussitôt. « La cuillère permet à la nourriture de ne pas être salie par la terre – les guépards sont assez tatillons – et nous évite aussi d’être mordus », explique Laurie. En ce petit matin de mars, le show est rodé et chaque protagoniste connaît parfaitement son rôle. Voilà plus de quinze ans qu’il dure.
Danger critique d’extinction
Avant de créer le Cheetah Conservation Fund (Fonds de conservation du guépard, CCF), en 1991, Laurie Marker, Américaine originaire de l’Oregon où elle travaille dans le parc zoologique de son père, n’a ni diplômes ni soutiens. « Nous y avions des guépards. C’était l’un des seuls parcs au monde à en posséder. Ils venaient d’ailleurs de Namibie. » C’est à cette époque que Laurie tombe amoureuse de ces félins taillés comme des lévriers, capables de pointes de vitesse à 110 km/h, ce qui en fait les mammifères terrestres les plus rapides du monde.
Elle se met à les observer, parcourt la planète pour les étudier, passe beaucoup de temps en Namibie, où vit la plus grande population de guépards au monde (environ 3 000 aujourd’hui). Elle y découvre qu’ils y sont, comme ailleurs, en danger critique d’extinction, victimes du braconnage, de la réduction de leur habitat naturel grignoté par l’expansion des activités humaines, et aussi des innombrables conflits avec les éleveurs.

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Quelque 90 % des guépards du pays vivent sur des terres agricoles où paissent les troupeaux. Veaux, chèvres et moutons, le gagne-pain des éleveurs, sont la proie du félin. En moyenne, un fermier namibien perd 10 % à 15 % de ses ovins à cause des prédateurs, et 3 % à 5 % de ses bovins. Les guépards ne sont pas les seuls à blâmer. Les autres suspects sont nombreux, au premier rang desquels le lycaon (chien sauvage d’Afrique) et le chacal. Mais les éleveurs ne font pas dans le détail. Leurs pièges et leurs coups de feu blessent ou tuent sans distinction.
Trente-six guépards hébergés
Désireuse d’agir pour protéger les guépards, Laurie Marker décide de s’installer en Namibie en 1990. Le pays vient d’accéder à l’indépendance de l’Afrique du Sud et, contrairement à ce qui s’est passé dix ans plus tôt chez le voisin zimbabwéen, l’événement ne s’accompagne pas d’une brutale confiscation des terres des Blancs au profit des Noirs. C’est donc assez facilement que l’Américaine acquiert un terrain à 270 km au nord de la capitale, Windhoek, en plein bush, et y fait construire des bâtiments grâce à l’aide de donateurs privés. Elle commence par héberger des guépards blessés, malades ou orphelins. Elle les soigne, relâche les plus robustes dans la nature – environ deux tiers de ses pensionnaires –, garde les autres pour attirer les touristes (10 000 visiteurs en 2016) et surtout pour continuer à étudier l’espèce, bien mal connue.



Dans ce but, elle se dote d’un laboratoire, recrute des biologistes et des généticiens. Les résultats de ses recherches sont publiés dans des revues à comité de lecture. Pour parfaire son expertise, elle décroche un doctorat en zoologie à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) en 2002. Le CCF est aujourd’hui un centre scientifique et un pôle touristique de référence, animé par 20 salariés, autant de stagiaires du monde entier, et riche de 36 guépards gardés sur de vastes parcelles délimitées par des enclos.
Le kangal, chien miraculeux
Mais étudier et soigner les animaux ne suffit pas : Laurie veut surtout enrayer le déclin de l’espèce en tentant de réduire le nombre de conflits entre les fermiers et les félins. Pour cela, elle mûrit un projet plus ambitieux. « Dans l’Oregon, autour du parc zoologique où je travaillais, les troupeaux des éleveurs subissaient des attaques de coyotes. Pour s’en prémunir, ils utilisaient des chiens de garde, les kangals, de gros bergers d’Anatolie. »
Les fermiers namibiens ont aussi des chiens, mais leur fonction est d’encadrer et de conduire les troupeaux, pas de les protéger des prédateurs. En 1994, Laurie fait venir des Etats-Unis quelques-uns de ces kangals aux proportions massives, 80 cm au garrot pour 60 kg. Bien que taillés pour la bagarre, ils n’ont pas besoin, en théorie, d’en arriver là pour tenir les guépards à distance : leur simple présence suffit à dissuader les félins, moins costauds, de s’approcher des troupeaux. Les premiers éleveurs qui acceptent de jouer le jeu et d’adopter un chien sont bluffés : ils observent 80 % à 100 % d’attaques en moins.

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Pourtant, malgré ces bons résultats, Laurie sait qu’il va lui falloir du temps pour convaincre plus largement. Les fermiers rechignent à s’encombrer d’un chien supplémentaire, à changer leurs habitudes, à mettre la main à la poche (le CCF vend chaque kangal 70 dollars, soit 57 euros). Surtout, ils reprochent à l’Américaine de leur donner des leçons d’élevage alors qu’elle-même n’est pas de la partie. Qu’à cela ne tienne, Laurie deviendra fermière.
Près de 2 000 têtes de bétail
Dans la ferme modèle qu’elle a créée, 200 chèvres et boucs côtoient une centaine de moutons et près de 1 500 veaux et vaches. Non seulement les onze kangals du CCF peuvent y apprendre leur métier de chien de garde avant d’être vendus, mais Laurie et ses acolytes sont aussi plus crédibles lorsqu’ils conseillent les fermiers. « A ce jour, nous avons placé 600 chiens, se félicite-t-elle. Je reçois des demandes de partout en Namibie mais aussi d’Afrique du Sud, d’Angola, du Botswana… En Tanzanie, certains veulent tester les kangals contre les léopards et les lions. Il y a une liste d’attente d’au moins un an ! »

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Fallait-il vraiment un cheptel de près de 2 000 têtes de bétail pour persuader les sceptiques ? « On devait pouvoir montrer aux éleveurs que nos chiens se débrouillaient bien avec de grands troupeaux. » Mais il y a une autre raison. Laurie esquisse un sourire satisfait : « On ne vous a pas encore montré les salles de traite ? » Deux fois par jour, à 5 heures et à 17 heures, 50 chèvres laitières sont traites et donnent quelque 90 litres de lait par jour. Les responsables de la ferme en font du fromage, vendu dans les boutiques du centre, dans les lodges alentour ainsi que dans les magasins des villes avoisinantes. Une source de revenus supplémentaire pour le CCF et, surtout, la preuve que chaque ressource y est exploitée au maximum.
Espace vital réduit par la sécheresse
Et pour achever de prouver qu’elle a envisagé absolument tous les aspects du problème, Laurie Marker tient à faire visiter sa petite usine de valorisation du bois mort, située à quelques centaines de mètres du centre et dont elle a confié la gestion au biologiste américain Bruce Brewer. « A cause de la sécheresse, du surpâturage et de la culture sur brûlis, certaines zones de Namibie auparavant recouvertes d’une savane grasse et ouverte sont aujourd’hui envahies par les buissons épineux, explique-t-il. Le bétail et les guépards éprouvent les plus grandes difficultés à y évoluer. Leur espace vital respectif est donc réduit d’autant, ce qui augmente les probabilités qu’ils se croisent. »

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Depuis 2002, le CCF a donc entrepris de déboiser localement afin de restaurer un milieu ouvert propice à la coexistence pacifique de toutes les espèces. Et, pour boucler le cercle vertueux, les épineux coupés sont transformés en bois de chauffage. « Nous produisons chaque année quelques centaines de tonnes de rondins de bois à brûler et de rondins de charbon, affiche fièrement Bruce. Et nous espérons grimper à quelques milliers de tonnes par an. » 
Baptisée Bushblok, l’initiative a reçu un soutien financier de l’Union européenne, de la Finlande et de la Suède. « La vente des rondins ne représente pas une importante rentrée d’argent, reconnaît Bruce. Mais le but est moins de dégager un gros bénéfice que d’inspirer des initiatives similaires un peu partout en Namibie. »
Plus que 7 100 guépards sur la planète
Reste à souhaiter que les efforts du CCF pour sauver les guépards ne soient pas un grain de sable dans le bush. En décembre 2016, la Zoological Society of London et les ONG Wildlife Conservation Society et Panthera cosignaient une étude au retentissement mondial : les auteurs y affirmaient qu’il ne reste plus que 7 100 guépards sur la planète, contre 100 000 il y a un siècle : « 7 100 individus adultes et adolescents, précise Anne Schmidt-Küntzel, généticienne au CCF. Si l’on compte les jeunes et les nouveau-nés, le chiffre est plus proche de 10 000. Mais vu l’énorme mortalité des jeunes guépards [près de 75 %], les auteurs ont eu raison de se focaliser sur le nombre d’adultes. »
L’étude aligne d’autres données choc : la surface de l’habitat naturel du félin s’est réduite de 91 %. Alors qu’au début du XXe siècle on le trouvait encore partout sur le continent africain, dans la péninsule Arabique, au Moyen-Orient et jusqu’en Asie centrale, il n’est plus présent que dans une dizaine de pays d’Afrique, tandis qu’une colonie d’une cinquantaine d’individus subsiste en Iran. « Si les lions ou les tigres disparaissaient, affirme Anne Schmidt-Küntzel, le genre auquel ils appartiennent, Panthera, aurait encore d’autres représentants : le léopard, le jaguar… Mais le guépard est le seul représentant de son genre, Acinonyx. Ce ne serait pas seulement une espèce qui s’éteindrait mais un genre entier. »
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            data-slide-description="Les 50 chèvres du CCF donnent quelque 90 litres de lait par jour qui produisent des fromages vendus dans les boutiques du centre de conservation mais aussi dans les lodges alentour et dans les magasins des villes avoisinantes."
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            data-slide-description="Pour améliorer l’habitat des guépards, le CCF transforme en briquettes de bois les épais buissons qui prolifèrent dans le bush."
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            data-slide-description="Ces briquettes de bois sont ensuite commercialisées sous la marque « Bushblok »."
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Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie.

Bertrand Rieger/hemis.fr
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Emmanuel Macron a participé dimanche, aux côtés du dirigeant indien Narendra Modi, au premier sommet de la coalition issue de la COP21.
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L’Alliance solaire internationale, une coalition pour promouvoir le solaire dans les pays en développement

Emmanuel Macron a participé dimanche, aux côtés du dirigeant indien Narendra Modi, au premier sommet de la coalition issue de la COP21.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 09h43
    |

                            Xemartin Laborde et 
                            Romain Imbach








                        


La France va accroître fortement ses financements pour promouvoir l’énergie solaire dans les pays émergents, une priorité dans la lutte contre les dérèglements climatiques, a annoncé Emmanuel Macron, dimanche 11 mars à New Delhi.
Dans un discours au sommet fondateur de l’Alliance solaire internationale (ASI) à New Delhi, coprésidé par l’Inde et la France, M. Macron a indiqué que la France allait engager d’ici 2022 700 millions d’euros supplémentaires, en prêts et en dons débloqués par l’Agence française de développement (AFD), pour soutenir des projets dans la soixantaine de pays adhérents de cette organisation. Cet effort portera à 1 milliard d’euros l’engagement de Paris depuis la création de l’ASI, une coalition issue du sommet de Paris de la COP21, puisque 300 millions d’euros y ont déjà été investis.

        Analyse :
         

          En Inde, les promesses du premier sommet de l’Alliance solaire internationale




   


Mise à jour le 11 mars à 9 h 45 : correction d’une erreur dans l’unité de l’irradiation solaire horizontale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », le député européen, militant anti-OGM, figure de l’altermondialisme, raconte les origines de son engagement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
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José Bové : « J’ai été happé par le militantisme »

Pour « La Matinale du Monde », le député européen, militant anti-OGM, figure de l’altermondialisme, raconte les origines de son engagement.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 12h44
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Militant du Larzac, membre ­fonda­teur du syndicat agricole Confédération paysanne, candidat à l’élection présidentielle de 2007, José Bové est l’une des figures du mouvement altermondialiste. Il est depuis 2009 député européen (Groupe des Verts/Alliance libre européenne) et il s’est opposé au projet ­d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).
Je ne serais pas arrivé là si…
Si ma mère ne m’avait pas soutenu lors de mon premier conflit à l’école. J’ai 3 ans, nous sommes aux Etats-Unis, à Berkeley, où mes parents finissent leurs études – agronomie pour mon père, sciences naturelles pour ma mère. La maîtresse demande de dessiner un écureuil. Je rends mon dessin, elle me dit que je dois le recommencer, parce qu’il a la queue dans le prolongement du corps, et non en l’air. Je refuse. Ma mère est convoquée, ­j’explique que, quand je vois les écureuils ­traverser la route, ils n’ont jamais la queue en l’air… Et ma mère dit à l’institutrice que je ne changerai pas mon dessin. Je m’en souviens comme si c’était hier !
Vos parents ont-ils souvent été de votre côté ?
Cela s’est reproduit plusieurs fois, oui. Ils n’étaient pas forcément d’accord avec mes choix de vie, mais ils les accompagnaient. Quand les curés de la pension d’Athis-Mons où je suis adolescent, critiquent les livres que j’achète, ma mère me défend. Quand je vais au Larzac en 1973, mes parents sont là, ils viennent camper. Quand on me refuse en 1974 mon statut d’objecteur de conscience et que je dois me cacher, ils se taisent devant les gendarmes. Et ils sont venus à la plupart de mes procès. Y compris en 2001, lorsque des collègues de la Confédération paysanne et moi-même sommes jugés pour avoir ­détruit des plants de riz transgéniques dans une serre du Cirad [Centre de coopération ­internationale en recherche agronomique], à Montpellier. Ma mère avait fait toute sa ­carrière au Cirad, elle retrouvait chez les plaignants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le slogan « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique ») avait occupé une place centrale dans la campagne électorale victorieuse de Donald Trump en 2016.
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« Keep America great ! » : Trump dévoile son slogan pour 2020

Le slogan « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique ») avait occupé une place centrale dans la campagne électorale victorieuse de Donald Trump en 2016.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 14h42
   





                        



   


L’élection présidentielle américaine de 2020 peut sembler encore lointaine, mais Donald Trump a déjà son slogan de campagne pour se faire réélire, dévoilé samedi 10 mars : « Keep America great ! », que l’on peut traduire par « Gardons sa grandeur à l’Amérique ! ».
Le slogan « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique ») avait occupé une place centrale dans la campagne électorale victorieuse de Donald Trump en 2016. Martelée dans les discours, déclinée dans les affiches et sur les casquettes, reprise abrégée en « MAGA » sur les réseaux sociaux, cette promesse a survécu à l’élection présidentielle, pour rester une expression fédérant les partisans de Trump. De quatre mots, le slogan passerait donc à trois, agrémentés d’un point d’exclamation.
Directeur de campagne nommé
Samedi, devant une foule rassemblée à Moon Township, Donald Trump, qui a nommé à la fin de février un directeur de campagne en vue de sa réélection en 2020, a redit son espoir d’avoir comme candidate rivale l’animatrice Oprah Winfrey, dont le nom a circulé en février après un discours remarqué lors de la cérémonie des Golden Globes.
M. Trump a répété sa certitude qu’il sortirait vainqueur d’un éventuel duel avec celle-ci car, a-t-il assuré, « je connais sa faiblesse ».

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                Président Trump, an II : l’homme pressé






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ A Auch, dans le Gers, entre 500 et 600 motards se sont rassemblées à l’hippodrome.
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En Occitanie, des centaines de motards défilent contre la limitation à 80 km/h

A Auch, dans le Gers, entre 500 et 600 motards se sont rassemblées à l’hippodrome.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 22h06
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 22h32
   





                        


Des centaines de motards ont manifesté samedi 10 mars en Occitanie contre la future limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur de voies, notamment à Auch (Gers) et Perpignan (Pyrénées-Orientales).

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                Le gouvernement maintient la limitation à 80 km/h sur l’ensemble des routes secondaires



A Auch, un cortège long de plusieurs centaines de mètres, composé de 500 à 600 motards selon la police (de 500 à 800 selon la Fédération des motards en colère (FFMC) du Gers), s’est dirigé vers le centre-ville, bloquant la circulation, a constaté un correspondant de l’Agence France-Presse.
« L’énervement va gagner les usagers »
« C’est vraiment un raz-le-bol que les gens sont venus donner au gouvernement », a déclaré Bruno Laumenerche, le coordinateur de la manifestation à laquelle ont participé des motards d’Agen (Lot-et-Garonne) et de Toulouse. Ils ont également été rejoints par une trentaine d’artisans taxis. « On demande un retrait pur et simple de la réglementation », a-t-il ajouté. De son côté, le président de la FFCM du Gers, Alain Burnichon a dénoncé une « mesure complètement arbitraire (…), sachant qu’en toute honnêteté, l’accidentologie ne va pas être diminuée pour autant ». Et ajoute :
« Les véhicules ne sont pas équipés de systèmes leur permettant de stabiliser la vitesse à 80, donc on va être limité à 70-75 km/h. L’énervement va gagner les usagers de la route. Il va y avoir des dépassements, et il y aura certainement plus d’accidents qu’on peut le croire. »
Le député LREM du Gers Jean-René Cazeneuve a échangé quelques mots avec M. Burnichon pour lui dire son incompréhension quant au refus d’une mesure qui selon lui « va renforcer la sécurité routière pour tous ».
A Perpignan, quelque 310 motards selon la police ont répondu à l’appel de la FFMC des Pyrénées-Orientales.
Selon le gouvernement, la limitation de la vitesse à 80 km/h sera appliquée le 1er juillet sur l’ensemble des routes secondaires sans séparateur de voies, un dispositif dont l’efficacité sera évaluée en 2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées pour demander que les voies sur berges dans le centre de la capitale rive droite restent piétonnes.
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A Paris, habitants et élus se rassemblent pour que les voies sur berges restent piétonnes

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées pour demander que les voies sur berges dans le centre de la capitale rive droite restent piétonnes.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 18h28
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 19h01
   





                        



   


Des centaines de parisiens, élus compris, se sont rassemblées sur les quais de Seine, samedi 10 mars, pour demander que les voies sur berge dans le centre de la capitale rive droite restent piétonnes, comme la maire Anne Hidalgo y tient.
« Nous sommes là pour que nos enfants respirent un air de qualité », a lancé Mme Hidalgo (PS) à la foule. « Nous sommes dans le sens de l’Histoire », a-t-elle ajouté, assurant que cette mobilisation « est suivie par tous les maires du monde ».
Beaucoup d’élus de Paris ceints de leur écharpe tricolore étaient venus, notamment socialistes, communistes ou écologistes, au milieu de cyclistes et de poussettes, de même que quelques-uns des départements limitrophes, comme Stéphane Troussel (PS, Seine-Saint-Denis) ou Luc Carvounas (PS, Val-de-Marne). Le rassemblement, intitulé « Sauvons les Berges », se voulait apolitique mais a surtout eu du succès à gauche. Selon les organisateurs quelque 2 000 participants se sont retrouvés sur les berges.

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                La fermeture des voies sur berges à Paris n’a pas eu d’impact notable sur la qualité de l’air



« C’est un combat essentiel pour Paris », a souligné l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage, rendant hommage à Anne Hidalgo « qui a affronté des tempêtes pour s’attaquer à la pollution de l’air ». Des Franciliens sont venus aussi pour soutenir le mouvement. Comme Yann Gourvennec, chef d’entreprise venu à vélo, il était là parce qu’il « utilise tous les jours les quais pour aller au travail » a-t-il expliqué.
Nouvel arrêté
« La plupart des voitures qui passaient sur les berges, c’était des gens qui n’habitent pas Paris », a relevé pour sa part Stéphane Ludwig, un enseignant d’une trentaine d’années, jugeant « inadmissible que (les non-Parisiens) se mobilisent pour nous polluer ».
Voitures, motos, scooters : tous les véhicules motorisés sont interdits sur 3,3 km de la voie Georges-Pompidou, du quai bas de l’entrée du tunnel des Tuileries (dans le premier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe), aux termes d’un arrêté municipal d’octobre 2016.
Ce texte a été annulé le mois dernier par un tribunal administratif, mais la maire a annoncé jeudi avoir signé « un nouvel arrêté en tenant compte de ce qu’a dit le tribunal », pris « en concertation avec l’Etat et le préfet de police de Paris ».
Ce nouveau texte ne fait plus référence à un quelconque objectif de « réduction des émissions de polluants atmosphériques et d’amélioration de la santé publique », mais insiste sur des arguments patrimoniaux et touristiques. Il considère notamment que la circulation « compromet (…) la valorisation du site à des fins esthétiques et touristiques ». Les rives de la Seine sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

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                A Paris, Anne Hidalgo intensifie sa guerre contre la voiture






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le groupe nucléaire va débourser plusieurs centaines de millions d’euros de pénalités pour le retard de dix ans du chantier du réacteur d’Olkiluoto.
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EPR : épilogue du feuilleton finlandais d’Areva

Le groupe nucléaire va débourser plusieurs centaines de millions d’euros de pénalités pour le retard de dix ans du chantier du réacteur d’Olkiluoto.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 12h11
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Après des années de fortes tensions entre Areva et l’électricien finlandais Teollisuuden Voima Oyj (TVO), les deux sociétés sont en train de mettre la dernière main à un accord sur le dossier de la construction du réacteur EPR (troisième génération) d’Olkiluoto (OL3). Au ministère français de l’économie et à la direction du groupe nucléaire, on estime que sa finalisation n’est plus qu’une question de jours.
Ce compromis permettra de clore la procédure d’arbitrage engagée par les deux parties devant la Chambre de commerce internationale de Londres : TVO réclamait 2,6 milliards d’euros à son fournisseur français pour un retard de dix ans dans la mise en service d’OL3, dont la facture initiale a triplé pour atteindre 9 milliards ; Areva demandait 3,4 milliards, imputant cette dérive du calendrier et certains surcoûts à TVO et aux lenteurs de STUK, l’autorité de sûreté nucléaire locale.

L’accord intervient un an avant la mise en service commercial du réacteur, prévue en mai 2019. Il est clair que c’est Areva SA, et non TVO, qui devra payer des pénalités. Mais la France s’en tire bien : elle est parvenue à un bon accord, qui l’obligera quand même à débourser plusieurs centaines de millions d’euros, fait savoir une source bien informée.
Reste que c’est finalement le contribuable qui paiera. Sur les 4,5 milliards de recapitalisation décidés par le gouvernement en 2017 pour l’ancien ensemble Areva, 2 milliards ont été affectés à Areva SA, notamment pour régler le passif d’OL3.
Errements des années 2000
Le solde de 2,5 milliards a été versé à Orano, nouvelle dénomination des activités de l’ancien Areva dans le cycle de combustible (mines, enrichissement de l’uranium, retraitement des déchets). Actionnaire à 87 % de l’ex-Areva, l’Etat règle ainsi la facture des errements des années 2000, qui ont poussé Areva à la quasi-faillite avec une perte cumulée de plus de 10 milliards entre 2011 et 2016.

Début 2016, Emmanuel Macron,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Malgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
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Sept ans après Fukushima, l’opposition japonaise se mobilise pour la sortie du nucléaire

Malgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 09h45
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Défi au gouvernement. Volonté de relancer le débat sur l’usage de l’atome pour la production d’électricité. Véritable ambition politique. Il y a un peu de tout cela dans le projet de loi prévoyant la sortie du nucléaire déposé, vendredi 9 mars, par quatre partis de l’opposition japonaise, à commencer par le Parti démocrate constitutionnel (PDC), qui avait fait campagne sur ce point lors des législatives d’octobre 2017.
Le texte prévoit d’arrêter tous les réacteurs d’ici à cinq ans et de réduire de 30 % les besoins annuels en électricité d’ici à 2030, par rapport au niveau de 2010. Il souhaite porter à 40 % la part des renouvelables. Pour financer le démantèlement des réacteurs, leur nationalisation est envisagée. « Le nucléaire pose des problèmes comme l’accumulation des déchets ou l’exposition des travailleurs aux radiations, a expliqué Yukio Edano, le dirigeant du PDC, qui a fait une tournée dans tout le Japon pour promouvoir ce texte. L’idée se généralise qu’il représente un risque pour l’humanité et dépasse les connaissances actuelles. »
Sept ans après la catastrophe de Fukushima de mars 2011, la défiance des Japonais envers l’atome reste réelle. Dimanche 11 mars, jour anniversaire de la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, une cérémonie officielle s’est tenue à Tokyo, en présence du premier ministre Shinzo Abe, du prince Akishino, fils cadet de l’empereur Akihito, et de son épouse Kiko, tous deux représentant le couple impérial, ainsi que de survivants. Les opposants à l’atome ont également appelé à manifester.
Indépendamment de l’initiative du PDC, la sortie du nucléaire est aussi promue par les anciens premiers ministres, Junichiro Koizumi – mentor de Shinzo Abe, l’actuel premier ministre –, Morihiro Hosokawa ou encore Naoto Kan, qui dirigeait le gouvernement au moment de la catastrophe.
L’unanimité à soutenir l’atome semble se fissurer dans le cabinet du premier ministre japonais
MM. Koizumi et Hosokawa ont eux aussi travaillé sur un projet de législation pour sortir du nucléaire avec l’ONG Genjiren. « Les défenseurs du nucléaire privilégient leurs propres intérêts à ceux de la population et de l’environnement », a déploré M. Koizumi lors d’une conférence de presse, le 7 mars, au Club des correspondants de la presse étrangère.

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                Japon : premier feu vert depuis 2011 pour le redémarrage de réacteurs nucléaires Tepco



Un point qui rappelle les critiques formulées au moment de la catastrophe sur l’opacité du « village nucléaire » nippon, une coterie de politiciens, d’industriels et d’universitaires jugée responsable du drame dont la résolution devrait prendre une quarantaine d’années et coûter, selon une estimation d’avril 2017 du Centre d’études économiques JCER, 70 000 milliards de yens (624 milliards d’euros). Le gouvernement, lui, l’estime à 22 000 milliards de yens (196 milliards d’euros).
A la centrale, les progrès pour le démantèlement sont réels mais lents. La Compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco, responsable de Fukushima) doit notamment résoudre les problèmes de l’extraction du corium, le combustible fondu de trois réacteurs, et de l’eau contaminée, issue du refroidissement des réacteurs endommagés. 850 000 tonnes ont été accumulées.

   


La relance du débat intervient au moment où le gouvernement Abe prépare un nouveau cadre d’orientation pour l’énergie. La dernière révision date de 2014. Elle fixait la part du nucléaire à 20-22 % en 2030 – contre 28 avant Fukushima –, celle des renouvelables à 22-24 %, celle du gaz à 27 % et celle du charbon à 26 %. L’atome était alors considéré comme l’une des sources d’énergie « de base ». Ce texte avait enterré l’objectif, fixé en 2012 par l’administration précédente, d’une sortie du nucléaire d’ici à 2040.
« Lamentables »
Au sein du cabinet Abe, l’unanimité à soutenir le nucléaire semble se fissurer. Le ministre des affaires étrangères, Taro Kono, connu pour son hostilité à cette énergie, a profité d’une conférence à Abou Dhabi, le 17 janvier, pour critiquer les objectifs d’utilisation des énergies renouvelables, les qualifiant de « lamentables » et en retard car « le pays privilégie le statu quo par peur du changement ».

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En janvier, quand MM. Koizumi et Hosokawa ont abordé leur projet, le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, maintenait de son côté l’objectif de redémarrage des réacteurs. « Nous cherchons également à réduire la dépendance au nucléaire autant que possible en augmentant l’usage des renouvelables et par la mise en œuvre de mesures d’économies d’énergie », avait-il toutefois nuancé.
Proche d’une industrie inquiète des conséquences financières d’une sortie du nucléaire, le gouvernement Abe cherche à relancer 42 réacteurs sur les 54 en fonctionnement avant le 11 mars 2011. Après la catastrophe, l’ensemble du parc avait été mis à l’arrêt, faisant bondir les importations de combustible pour centrales thermiques. Mais le processus de redémarrage reste lent et complexe. Cinq réacteurs ont repris du service, 19 autres attendent une autorisation de redémarrer.
Outre les coûts d’adaptation aux nouvelles normes de sécurité édictées après Fukushima, qui s’élèveraient à près d’un milliard de dollars par réacteur, la relance se heurte aux réticences des populations. A la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, gérée par la Tepco, le gouverneur du département de Niigata, Ryuichi Yoneyama, s’y oppose. Il estime que les causes réelles de la catastrophe de Fukushima restent à déterminer, de même que l’impact réel d’un accident nucléaire sur le corps humain et la vie quotidienne.




                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
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En Inde, les promesses du premier sommet de l’Alliance solaire internationale

L’initiative, imaginée par Paris et New Delhi lors de la COP21, est officiellement lancée.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 08h39
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            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

C’est l’une des étapes-clés de la visite d’Emmanuel Macron en Inde, du 9 au 12 mars. New Delhi accueille, dimanche, le sommet fondateur de l’Alliance solaire internationale (ASI), imaginée par l’Inde et la France lors de la COP21, fin 2015, et destinée à regrouper les pays situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. Sur les 121 pays concernés, soixante ont signé l’accord-cadre, près de la moitié de ces derniers l’ayant ratifié.
L’alliance est née d’un constat : les pays proches de l’équateur bénéficient d’un fort ensoleillement de trois cents jours par an en moyenne, mais ne disposent pas toujours des technologies, des financements ou de l’expertise nécessaires pour l’exploiter à son maximum. Entre 20 % à 50 % de leurs populations n’ont pas accès à l’électricité.

L’ASI prévoit d’aider surtout les nations les plus pauvres, ainsi que les petits Etats insulaires comme les îles Fidji, Tuvalu et Nauru ou encore les Comores. Pour eux, le principal obstacle au solaire est d’abord le coût du financement. L’ASI espère le diminuer en regroupant des appels d’offres et en mettant en place, dans le courant de l’année, un mécanisme commun de garantie, imaginé par la Banque mondiale.
L’alliance espère mobiliser 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030, notamment auprès d’investisseurs privés et de bailleurs de fonds
« Au fur et à mesure que la technologie solaire devient maîtrisée et rentable, les investisseurs privés prennent le relais des bailleurs de fonds publics, et cette plate-forme de garantie devrait les inciter à augmenter leurs investissements », explique Nicolas Fornage, directeur de l’Agence française de développement (AFD) en Inde.
L’alliance espère mobiliser 1 000 milliards de dollars (810 milliards d’euros) d’ici à 2030, notamment auprès d’investisseurs privés et de bailleurs de fonds comme l’AFD. « L’Alliance solaire facilitera les investissements dans les petits projets comme le solaire de toiture...




                        

                        

