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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Une étude du Boston Consulting Group publiée mercredi 13 mars indique que les salariés et les dirigeants attendent beaucoup de l’intelligence artificielle, ce qui ne les empêchent pas d’exprimer leurs craintes.
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Intelligence artificielle : naissance du « manageur augmenté »

Une étude du Boston Consulting Group publiée mercredi 13 mars indique que les salariés et les dirigeants attendent beaucoup de l’intelligence artificielle, ce qui ne les empêchent pas d’exprimer leurs craintes.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h08
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Salariés et manageurs portent un regard plutôt lucide et favorable à l’intégration de l’intelligence artificielle au travail, avec une dichotomie des perceptions qui annonce une nécessaire intensification du rôle des responsables des ressources humaines.
C’est ce qui ressort d’une étude menée entre novembre 2017 et janvier 2018 par le Boston Consulting Group et le mutualiste Malakoff Médéric, auprès de quelque 1 700 salariés et dirigeants d’entreprises du secteur privé, publiée le 13 mars.
Si concrètement « les entreprises sont encore peu préparées à accompagner les transformations », l’émergence de salariés aux capacités démultipliées par l’interaction avec la machine est déjà « dans les esprits », affirme le cabinet de conseils, qui prévoie la naissance des « collaborateurs augmentés », voire des « manageurs augmentés », auxquels il adresse quelques recommandations.
Bénéfices attendus importants
L’étude réalisée avec le soutien du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et de l’Observatoire social international (OSI) avait pour ambition de mesurer l’impact de l’intelligence artificielle, telle que définie par l’Américain Marvin Minsky, sur l’évolution des compétences et l’organisation du travail. Ainsi, 75 % des dirigeants et 80 % des salariés déclarent connaître l’intelligence artificielle ainsi définie, mais seuls 12 % des dirigeants et 24 % des salariés interrogés disent savoir exactement de quoi il s’agit.

L’intelligence artificielle « ce sont des systèmes informatiques qui accomplissent des tâches [apprentissage, organisation de la mémoire, raisonnement critique] dans quatre champs : le support à la décision, la vision et la perception par des ordinateurs, le langage naturel [assistants personnels] et la partie robotique [optimisation de la production ou de la logistique] », précise Sylvain Duranton, fondateur de BCG Gamma, dédié à la datascience.

Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ L’extension du décret Montebourg ne suffira pas à protéger l’indépendance des entreprises du CAC 40… sauf si les salariés entrent massivement à leur capital, explique l’économiste Gérard Lafay dans une tribune au « Monde ».
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Indépendance des grandes entreprises : « La solution doit être trouvée dans un renouveau de la participation »

L’extension du décret Montebourg ne suffira pas à protéger l’indépendance des entreprises du CAC 40… sauf si les salariés entrent massivement à leur capital, explique l’économiste Gérard Lafay dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 15h37
    |

Gérard Lafay (Professeur émérite d’économie à l’université Panthéon-Assas-Paris-II)







                        



                                


                            

Tribune. Parmi les problèmes des entreprises françaises, l’un des plus importants est la faiblesse de la structure capitalistique. Très souvent, leur capital est trop dispersé, faute d’être détenu par des groupes cohérents d’actionnaires.
De nombreuses entreprises, solides et efficaces, grandes ou petites, tombent ainsi entre les mains de capitaux étrangers. Tantôt elles sont absorbées par des groupes concurrents, qui s’approprient leur technologie avant de délocaliser leurs centres de recherche puis leurs activités productives ; tantôt elles sont la proie de fonds d’investissement vautours, qui ont pour effet de les dépecer « par appartement ».
Le secteur industriel français a ainsi vu disparaître successivement des noms emblématiques comme Pechiney, Arcelor, Alcatel, et il voit maintenant des entreprises prestigieuses se faire absorber par morceaux, comme c’est le cas de Lafarge ou d’Alstom.
Des décennies d’inaction
La faiblesse de la maîtrise du capital concerne la plupart des grandes entreprises du CAC 40, qui sont détenues à plus de 50 % par des étrangers. Elle concerne aussi les petites et moyennes entreprises, et en particulier les start-up qui cèdent bien souvent à la convoitise de leurs concurrents. Il est vrai que les autorités françaises commencent à se préoccuper de la situation, après des décennies d’inaction.
En 2014, le décret Montebourg soumettait à une autorisation préalable les investissements dans le secteur de la défense, de l’énergie, de l’eau, des transports, des communications électroniques et de la santé publique. Ce périmètre va être élargi par la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) du gouvernement Philippe afin de couvrir « les activités essentielles à la garantie du pays en matière d’ordre public, de sécurité publique ou de défense nationale ».
Pour utiles qu’elles soient, ces mesures ne feront cependant pas face à l’ampleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le suisse Richemont est entré en négociations exclusives avec le groupe milanais pour lui céder la marque parisienne de maroquinerie.
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L’italien Piquadro veut racheter Lancel

Le suisse Richemont est entré en négociations exclusives avec le groupe milanais pour lui céder la marque parisienne de maroquinerie.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 15h29
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


L’italien Piquadro veut s’offrir Lancel. Le groupe suisse Richemont, numéro deux mondial du luxe, a annoncé mardi 13 mars être entré en négociations exclusives avec cette grosse PME cotée à la Bourse de Milan pour lui céder la marque de maroquinerie fondée en 1876 à Paris. L’annonce de ce projet de cession a fait bondir le titre Piquadro de 4,5 %.
Fondée en 1987 par Marco Palmieri, Piquadro est une marque spécialisée de maroquinerie et de bagagerie haut de gamme. Connue pour ses attachés-cases et ses valises à roulettes, elle est vendue en grands magasins, dans un réseau de boutiques à son enseigne et en ligne.
Une marque déficitaire
A la tête de près de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires, la firme introduite en Bourse en octobre 2007 a déjà procédé à des opérations de croissance externe. Fin 2016, elle a mis la main sur une marque toscane, The Bridge, pour un montant de 3,2 millions d’euros, d’après la presse italienne.
Richemont, spécialiste de l’horlogerie et de la joaillerie, avait racheté la marque Lancel en 1997 pour quelque 210 millions d’euros. En 2005, puis en 2013, il avait déjà envisagé de céder cette marque déficitaire, avant d’y renoncer. La transaction avec Piquadro pourrait être bouclée à la fin du premier semestre 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Jouets et équipements de sport arrivent en tête des articles interceptés aux frontières par les douanes françaises.
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Plus de 8,4 millions de produits de contrefaçon saisis en France en 2017

Jouets et équipements de sport arrivent en tête des articles interceptés aux frontières par les douanes françaises.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 14h43
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


Les jouets et les équipements de sport se rangent au premier rang des 8,4 millions de produits contrefaits saisis aux frontières par les douanes françaises en 2017. Les 17 000 douaniers ont intercepté plus de 1,2 million de boîtes de jeux, de jouets et d’articles de sport ainsi que 1,1 million de vêtements issus de la contrefaçon, d’après le rapport annuel des douanes, publié mardi 13 mars.
Ces deux familles de produits devancent les équipements électriques, électroniques et informatiques (1,1 million de produits saisis) et les chaussures (587 977 paires saisies).
« Pas de limites géographiques »
Le nombre de produits contrefaits interceptés recule de 7,7 % par rapport à l’an dernier, selon les services de l’Etat. Le chiffre demeure toutefois « impressionnant », note dans un communiqué l’Union des fabricants (Unifab). « Cette ampleur démontre que la contrefaçon, ne connaît pas de limites géographiques et continue d’envahir l’Europe et le quotidien des consommateurs en touchant tous les secteurs d’activité », observe cette association française de lutte anti-contrefaçon présidée par Christian Peugeot, héritier de la famille Peugeot, actionnaire du groupe PSA.
Les douanes françaises ont également saisi 238,2 tonnes de tabac de contrebande sur le territoire national (– 8 % par rapport à 2016) et 958 armes à feux (+ 11 %).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Pour l’économiste Jean-Pierre Petit, l’attitude du président américain relève d’une posture, à la fois vis-à-vis des partenaires commerciaux et vis-à-vis de ses électeurs avant les élections de mi-mandat en novembre.
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La « guerre commerciale de Trump » n’aura pas lieu

Pour l’économiste Jean-Pierre Petit, l’attitude du président américain relève d’une posture, à la fois vis-à-vis des partenaires commerciaux et vis-à-vis de ses électeurs avant les élections de mi-mandat en novembre.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h58
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            

L’éclairage. La menace d’une guerre commerciale déclenchée par Donald Trump n’est pas nouvelle. Elle a hanté les marchés durant la campagne pour l’élection présidentielle de 2016, puis de temps à autre en 2017. Il est vrai que le président américain dispose en matière commerciale de pouvoirs étendus. Mais signalons avant toute chose que les conflits commerciaux avec les Etats-Unis sont plus la règle que l’exception depuis la grande phase de libéralisation des échanges au début des années 1980.
En moyenne, depuis 1980, la US International Trade Commission a ouvert environ cinquante enquêtes par an sur les pratiques déloyales en matière de commerce extérieur, sur des produits représentant en moyenne 0,4 % des importations américaines. Parfois les tensions sont un peu plus fortes parce qu’elles concernent des grands pays, ou des secteurs considérés comme stratégiques ou politiquement sensibles. Ces enquêtes ont abouti à des sanctions représentant plus de 1 % du total des importations américaines dans deux cas particuliers.
Pas d’impact macroéconomique significatif
A peine arrivé à la Maison Blanche, Bill Clinton a lancé entre le début 1993 et mai 1995 des actions restrictives à l’encontre du Japon dans le secteur automobile. Cela a notamment abouti à des droits de douane de 100 % sur les importations de voitures de luxe. Plus récemment, George W. Bush Junior avait lancé une procédure à l’encontre des exportations européennes d’acier vers les Etats-Unis, qui ont abouti en mars 2002 à des hausses de droits de 8 % à 30 % sur certains produits. Ce contentieux a été porté par l’Europe devant l’Organisation mondiale du commerce, qui lui donna raison en juillet 2003.
Mais aucun de ces conflits n’a eu d’impact macroéconomique significatif.
Les mesures annoncées par Donald Trump restent du même ordre de grandeur que ces cas précédents. Elles ne concernent pas plus de 2 % des importations de biens et 0,2 % du PIB américain....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ La fusion des régulateurs bancaire et de l’assurance vise à mieux prévenir « l’émergence de risques financiers systémiques », selon Pékin.
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La Chine crée un super-régulateur financier pour contrôler son économie au plus près

La fusion des régulateurs bancaire et de l’assurance vise à mieux prévenir « l’émergence de risques financiers systémiques », selon Pékin.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h45
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


La Chine va créer un « super-régulateur » financier et la banque centrale du pays va voir ses pouvoirs renforcés dans le cadre d’une vaste réorganisation institutionnelle, présentée mardi 13 mars au parlement. La fusion des régulateurs bancaire (CBRC) et de l’assurance (CIRC) vise à rendre « plus solide et plus efficace le cadre réglementaire » et à mieux « empêcher l’émergence de risques financiers systémiques », a expliqué le conseiller d’Etat Wang Yong, qui a présenté cette réorganisation.
Parallèlement, la Banque du peuple de Chine (BPC), la banque centrale chinoise, va voir ses prérogatives étendues, puisqu’elle aura aussi la responsabilité d’établir de nouvelles lois et réglementations en matière financière, une tâche jusqu’alors réservée aux régulateurs. L’institution gagne donc en importance juste avant la nomination d’un nouveau gouverneur.
Pourquoi cette réforme ? 
Dette colossale, failles réglementaires, produits d’investissement opaques… Pékin fait face à de nombreux risques qui menacent son économie.

        Lire aussi :
         

                Dette : le délicat exercice d’équilibriste de la Chine



A eux deux, les secteurs de la banque et de l’assurance représentent 34 068 milliards d’euros, en hausse constante ces dernières années. Les actifs gérés par les compagnies d’assurance ont, par exemple, triplé entre 2011 et 2017. Cette expansion s’est faite au prix d’une accumulation de risques. De nombreux produits dits de « gestion de fortune » ont été vendus par les banques, et les assurances. Ces produits à haut rendement (7,5 % en moyenne) sont la plupart du temps garantis, effaçant la notion de risque pour les consommateurs. Mais ces garanties ne font que transférer le risque à d’autres acteurs, en l’occurrence les institutions qui vendent les assurances pour ces produits financiers.
A cela s’ajoute l’essor de la finance de l’ombre : instruments de crédit peu régulés, créances douteuses n’apparaissant pas dans le bilan des banques, ou d’institutions financières privées. La Chine s’est efforcée de renforcer la transparence, avec quelques avancées en 2017, mais le chantier reste important. En mars 2017, le président de la Commission de régulation de l’assurance chinoise (CIRC) a été limogé.

        Lire aussi :
         

                Les chantiers de Liu He, le « M. Economie » de la Chine



Qui prendra la tête de ce super-régulateur ? 
Pour l’instant, aucune nomination officielle n’a été annoncée. Loué pour son efficacité, l’actuel président de la CBRC, Guo Shuqing, pourrait prendre les rênes du nouveau régulateur financier. Quant au poste de gouverneur de la banque centrale, il pourrait revenir à Liu He. Ce conseiller économique et proche du président chinois Xi Jinping, pressenti pour devenir vice-premier ministre en charge de l’économie, cumulerait alors ces deux casquettes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Tout, à la City, à Londres, est organisé pour les hommes. La finance reste l’un des secteurs les plus machos, constate le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
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« Petite balade » dans la « Cité » des hommes

Tout, à la City, à Londres, est organisé pour les hommes. La finance reste l’un des secteurs les plus machos, constate le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h21
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Parfois, l’évidence est devant nous mais on ne la voit plus. Alors – mea culpa – il a fallu qu’une banquière française me la pointe du doigt pour que la vérité apparaisse à ma vue : à la City, dans les rues, tout est organisé pour les hommes.
Les statistiques sont connues. Au Royaume-Uni, d’après le think tank New Financial, seuls 14 % des membres des comités de direction des sociétés financières sont des femmes (la France est à peu près au même niveau, à 16 %, contre 34 % en Scandinavie). Le bonnet d’âne revient au private equity (10 %) et aux hedge funds (11 %). Sous pression depuis quelques années, les conseils d’administration ont fait un effort, mais la proportion demeure de seulement 23 %.
Un relent de cadeaux achetés par ces messieurs
Mais nul besoin de faire de sérieux calculs statistiques pour le savoir. « Promenez-vous à la City : tous les magasins sont pour les hommes. Il n’y a que des coiffeurs pour hommes, des boutiques de complets, des vêtements pour hommes. Impossible d’y faire la moindre course », souligne cette banquière, qui tient à rester anonyme. Elle est arrivée à Londres il y a quatre ans, et la différence avec Paris lui a sauté aux yeux.
Petite démonstration, un mardi en fin de journée, au Royal Exchange, un ancien bâtiment reconverti en cafés et magasins, situé en face de la Banque d’Angleterre, au cœur de la City. Le défilé des vitrines est sans appel : un magasin de chaussures pour homme, un autre de lunettes avec un rayon pour femme quasi inexistant, un troisième de cosmétiques pour homme, un quatrième de sacoches en cuir…

Et quand les produits sont pour les femmes, il y a comme un relent de cadeaux achetés par ces messieurs sur le chemin du retour chez eux, avec beaucoup de bijoutiers. A l’intérieur du bâtiment, des collègues de bureau prennent un verre après le travail : à 18 heures, ce jour-là, on trouve quarante hommes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Passage en revue des acteurs de ce feuilleton politique et social qui entre mercredi dans une nouvelle phase, avec la présentation du projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances sur ce dossier.
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Réforme de la SNCF : les protagonistes de la future bataille

Passage en revue des acteurs de ce feuilleton politique et social qui entre mercredi dans une nouvelle phase, avec la présentation du projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances sur ce dossier.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h46
    |

                            Éric Béziat, 
Philippe Jacqué et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Accélération du calendrier, cristallisation possible d’un conflit social… A partir du mercredi 14 mars, le feuilleton SNCF, commencé lors de la publication du rapport Spinetta sur « L’avenir du transport ferroviaire » et l’annonce du projet de réforme de la SNCF du premier ministre, Edouard Philippe, entre dans une nouvelle dimension.
Mercredi, d’abord, le projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances pour lancer sa réforme sera présenté en conseil des ministres. Le texte sera probablement succinct, se contentant de lister les thèmes déjà connus : ouverture à la concurrence, transformation de la SNCF en société nationale à capitaux publics et suppression du statut de cheminot pour les nouvelles recrues. Le lendemain, jeudi 15 mars, une nouvelle liste sera dévoilée : celle des chapitres du projet stratégique que le premier ministre a demandé à la SNCF de préparer pour cet été. Efficacité industrielle, polyvalence des salariés, numérique et organisation du travail devraient être au programme.
En fin de journée, jeudi, ce sera au tour des syndicats de monter au créneau. A partir des annonces de l’exécutif, puis de la SNCF, les quatre organisations représentatives des cheminots, pour une fois unies, décideront si elles lancent ou non une grève dure et à quelle échéance. Tout cela se déroule dans le cadre d’une concertation prévue jusqu’à fin avril, qui, si elle avance sans blocages, permettra de remplacer, au fur et à mesure, les ordonnances par des amendements législatifs soumis à discussion au Parlement.

Négociations, réunions de concertation, conflit en préparation… panorama de la quinzaine de protagonistes qui seront les acteurs de la grande bataille politique et sociale à venir.

L’ÉXÉCUTIF EST À LA MANŒUVRE
Elisabeth Borne, la techno-ministre
Difficile de faire plus compétente sur le papier. Les problèmes de la SNCF ? Elisabeth Borne, qui fut directrice de la stratégie du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Malgré une hausse des volumes de bière vendus en 2017, les deux brasseurs voient leurs chiffres d’affaires rester stables.
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Heineken et Kronenbourg sous la pression de la guerre des prix

Malgré une hausse des volumes de bière vendus en 2017, les deux brasseurs voient leurs chiffres d’affaires rester stables.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 16h42
    |

            Laurence Girard








                        



   


La guerre des prix à laquelle se livrent les enseignes n’épargne pas le rayon bière. Les résultats d’Heineken et de Kronenbourg, les deux poids lourds du marché français de la petite mousse, le prouvent. Kronenbourg, qui publiait ses résultats 2017 mardi 13 mars, a annoncé une croissance de ses volumes de 1,7 %. Mais son chiffre d’affaires est resté stable pour la deuxième année consécutive, à 936 millions d’euros.

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La dynamique de vente a été plus forte chez son grand rival. « Nos volumes ont progressé de 4,1 % en 2017 », affirme Pascal Sabrié, directeur général d’Heineken France. Pour autant, le chiffre d’affaires, lui, n’a augmenté que de 1 %, atteignant la barre du milliard d’euros.
Multiplier les innovations
« Les relations avec la grande distribution en France sont les plus difficiles que j’ai jamais rencontrées », estime d’ailleurs Joao Abecasis, qui après un parcours au sein du groupe danois Carlsberg a repris les rênes de sa filiale française à l’été 2017, et est ainsi devenu PDG de Kronenbourg, après le départ de Marc Vermeulen.

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Et pourtant, Heineken comme Kronenbourg multiplient les innovations pour accroître la valeur de leur portefeuille et tenter d’éviter le rouleau compresseur des réductions de prix et des promotions. Le néerlandais a lancé une vingtaine de nouvelles références en 2017. Il se félicite en particulier du succès des déclinaisons Sangre et Mojito de sa marque Desperados et du lancement de Heineken 0.0, version sans alcool de sa marque emblématique. Pour sa part, Kronenbourg met en exergue les bons résultats de sa bière sans alcool Tourtel Twist Framboise.

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Cette année, les deux concurrents ont mis de nouvelles recettes à leur carte. Kronenbourg décline Tourtel Twist au citron vert, la Skoll version Caïpiroska et Grimbergen puise dans son histoire avec Héritage de l’Abbaye. Le néerlandais va proposer sa bière Edelweiss en sans alcool et étendre encore la marque Heineken.
Concurrence des petits brasseurs
Les deux acteurs en place doivent aussi réagir à la concurrence des petits brasseurs dont le nombre ne cesse de croître. On en dénombre désormais plus de 1 100 répartis sur tout le territoire.
Heineken a fait le choix d’importer en France des marques que le groupe a dans son portefeuille. Comme la belge Mort Subite ou l’américaine Lagunitas. Elle va étoffer son offre avec trois nouvelles marques belges : Hapkin, Judas et Ciney. Kronenbourg, fait, pour sa part, le pari de la distribution de petits brasseurs français. « Nous étendons l’accord de commercialisation avec la brasserie Pietra, de la restauration à la grande distribution. Et nous avons signé avec la brasserie du Pays Basque », explique M. Abecasis.
Heineken comme Kronenbourg mettent tous deux en avant leurs investissements dans leur outil industriel en France. Soit respectivement 20 millions d’euros pour l’un et 23 millions d’euros pour l’autre en 2018. Sous pression, ils souhaitent accroître leur compétitivité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Alors que les Etats-Unis dérégulent leurs banques, les géants du numérique deviennent le principal concurrent des banques. Un indice de plus de l’overdose de finance sur la planète, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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Les banques, les GAFA et le génie de la finance

Alors que les Etats-Unis dérégulent leurs banques, les géants du numérique deviennent le principal concurrent des banques. Un indice de plus de l’overdose de finance sur la planète, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 11h46
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Les Etats-Unis et la Chine ressemblent à un même acteur jouant devant son miroir. Ils sont de plus en plus semblables, mais les actions de l’un sont le négatif de celles de l’autre. L’Amérique ferme ses frontières à l’électronique et à l’acier chinois quand la Chine tente de domestiquer sa frénésie d’investissements à l’étranger.
Face à l’activisme désordonné de ses assureurs et de ses banquiers, Pékin donne un tour de vis quand Washington ouvre les vannes. Le gouvernement chinois a annoncé une modification en profondeur de sa politique de régulation avec la fusion de ses autorités de surveillance des banques et des assurances ainsi que le renforcement de sa banque centrale. Finance de l’ombre, créances douteuses, investissements opaques, le pays érige en « bataille décisive » le combat contre les risques financiers.
Cap vers la dérégulation

C’est tout le contraire de l’autre côté du Pacifique. Les parlementaires américains cherchent à desserrer l’étau réglementaire qui étreint les établissements bancaires du pays depuis la crise de 2008. Cette semaine, le Sénat devrait adopter un texte soumis dans la foulée à la chambre des Représentants. Donald Trump l’avait promis, assurant que ses amis entrepreneurs ne trouvaient pas de banques pour leur prêter de l’argent à cause des réglementations.
Comme s’il n’était pas né en 2008, le président américain évite toute référence à cette période où les grands banquiers et assureurs américains ont manqué de plonger le monde dans le chaos par leurs acrobaties financières. Cap vers la dérégulation de la finance. Car même chez les démocrates, beaucoup trouvent que le balancier de la régulation est allé trop loin, muselant des banques régionales modestes. D’ailleurs, le texte examiné cette semaine imposera toujours une étroite surveillance à la dizaine de banques dont les actifs dépassent les 250 milliards de dollars (200 milliards d’euros).
Un risque...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le président de l’influent institut de recherche munichois IFO Clemens Fuest juge que les taxes imposées aux importations d’acier et d’aluminum par Trump auront un impact limité.
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« Le protectionnisme ne fait que des perdants »

Le président de l’influent institut de recherche munichois IFO Clemens Fuest juge que les taxes imposées aux importations d’acier et d’aluminum par Trump auront un impact limité.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h31
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

En décidant, jeudi 8 mars, d’imposer des taxes à l’importation de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, le président américain Donald Trump a réveillé les craintes d’une guerre commerciale. Clemens Fuest, président de l’IFO, l’influent institut de recherche munichois, appelle les Européens à ne pas rompre le dialogue avec Washington.

Les droits de douane instaurés par Donald Trump sur l’acier et l’aluminium heurteront-ils la reprise européenne ?
A elles seules, ces taxes auront un impact limité : l’acier et l’aluminium représentent 2 % seulement des exportations allemandes vers les Etats-Unis, et moins encore pour la France et les autres pays de la zone euro. Le danger serait d’assister à une escalade : si, par exemple, Donald Trump élargissait les droits de douane aux voitures européennes, par exemple, 25 % des exportations allemandes vers le sol américain seraient cette fois concernées.
L’autre danger serait de voir l’Union européenne (UE) augmenter à son tour ses droits de douane envers l’acier chinois ou indien, afin de protéger son secteur sidérurgique fragilisé par les droits de douane américains de la concurrence asiatique. Des représailles suivraient à coup sûr. Il faut maintenir la coopération entre les pays opposés au protectionnisme américain. Si l’Europe veut soutenir son industrie sidérurgique, mieux vaut le faire par des subventions ou des investissements que par une hausse des taxes à l’importation.

L’économie américaine profitera-t-elle de cette mesure ?
Pas vraiment. Nous avons calculé qu’en cas de guerre commerciale déclarée une hausse de 35 % des droits de douane américains sur une large gamme de produits importés se traduirait par une baisse de 7 % du produit intérieur brut des Etats-Unis, alors que l’impact serait bien moindre pour le Vieux Continent.
Bruxelles a-t-elle eu raison de riposter en augmentant les taxes sur certains...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Les deux premiers syndicats du géant de la distribution entendent s’opposer au plan « stratégique » de la direction qui prévoit la suppression de plusieurs milliers d’emplois.
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Carrefour : FO et la CFDT appellent à une grève générale samedi 31 mars

Les deux premiers syndicats du géant de la distribution entendent s’opposer au plan « stratégique » de la direction qui prévoit la suppression de plusieurs milliers d’emplois.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 12h54
   





                        



   


Un peu moins de deux mois après l’annonce par la direction de la suppression de milliers d’emplois, le climat social à Carrefour se tend. Force ouvrière (FO) et la CFDT appellent à une grève samedi 31 mars « sur l’ensemble du groupe » et espèrent « de nombreux magasins fermés ou perturbés », ont annoncé mardi les deux premiers syndicats du géant de la distribution.
« L’ensemble des délégués syndicaux Force ouvrière Carrefour des magasins de proximité, supermarchés et hypermarchés, ainsi que des entrepôts (Supply Chain) et des sièges » ont décidé cette action pour répondre aux « attaques des actionnaires sur les emplois et la location-gérance et au hold-up sur (la) participation aux bénéfices » des salariés, explique FO dans un communiqué.
« On appelle tous les salariés de l’entreprise à cesser le travail le 31 » mars, soit pendant le week-end de Pâques, a de son côté déclaré Sylvain Macé pour la CFDT. « On est exactement sur les mêmes mots d’ordre » que FO, a-t-il expliqué. Selon M. Macé, « des arrêts de travail » devraient avoir lieu « dans tous les magasins », avec « certainement » des magasins fermés.
« On s’attend à un mouvement qui va être suivi », a déclaré Michel Enguelz, représentant de FO Carrefour. « On peut s’attendre à de nombreux magasins fermés ou perturbés », possiblement avec « des approvisionnements difficiles », a-t-il dit.
« Il y a déjà des arrêts de travail en ce moment »
« Il y a déjà des arrêts de travail en ce moment », a-t-il par ailleurs précisé, « notamment dans la logistique », c’est-à-dire dans les entrepôts qui approvisionnent les magasins. Si ces mouvements prennent des « proportions », des « pénuries de marchandises » peuvent être attendues « dans certains magasins », dès la « fin de la semaine », a-t-il estimé. « Maintenant, entre aujourd’hui et le 31, la direction peut peut-être faire des propositions et changer la donne », a avancé M. Enguelz.
Le « plan stratégique » pour le groupe Carrefour, annoncé à la fin de janvier par son président-directeur général, Alexandre Bompard, prévoit la suppression de 2 400 postes dans les sièges du groupe par un plan de départs volontaires et par la sortie du groupe de 273 ex-magasins Dia, qui affecte 2 100 salariés, avec un plan social à la clé. Au total, Carrefour emploie 115 000 personnes en France.
Auparavant, Carrefour avait également annoncé le passage en location-gérance de cinq de ses hypermarchés, avec une perte de rémunération équivalente à deux mois pour les employés concernés, selon la CFDT.
Les salariés devraient par ailleurs toucher cette année une cinquantaine d’euros de participation, contre plus de six cents euros l’an dernier, a-t-on appris vendredi. FO et la CFDT ont pour « revendication commune » un « complément de participation » à 600 euros, a dit M. Enguelz. Une réunion sur ce sujet doit avoir lieu mercredi avec la direction.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ A l’occasion de la Semaine de l’argent, Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française, s’est rendue dans une école élémentaire du 19e arrondissement de Paris.
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Une banquière initie des élèves de CM1 à la gestion d’un budget

A l’occasion de la Semaine de l’argent, Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française, s’est rendue dans une école élémentaire du 19e arrondissement de Paris.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 13h43
    |

                            Véronique Chocron








                        


Lundi 12 mars, rue de Tanger, 19e arrondissement de Paris, dans une école élémentaire classée en zone d’éducation prioritaire. Les élèves de CM1, qui participent à l’opération « J’invite un banquier dans ma classe », ont constitué des équipes autour d’un jeu de société où il est question d’achats et de paiements.
Cette initiation à la gestion d’un budget intervient à l’occasion de la Semaine de l’argent (du 12 au 18 mars) et s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation plus large des pouvoirs publics, qui considèrent l’éducation financière comme un élément essentiel de l’intégration sociale.
La rencontre est insolite, mais les enfants se prêtent facilement au jeu. La banquière invitée, Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française, valide les réponses et en profite pour glisser quelques notions budgétaires. A la question « Je viens de recevoir mon argent de poche, que vais-je en faire ? », ils répondent en chœur : « Je l’économise, pour en avoir plus. »
Réponses déroutantes
En plus d’être raisonnables, les élèves se montrent avisés. Ils ne donneraient pas un numéro de carte bancaire à un ami qui le demanderait sur un réseau social. Quelques réponses déroutent parfois la banquière invitée.
A l’interrogation « Que signifie l’expression les bons comptes font les bons amis ? », un enfant suggère qu’« on va plus facilement se faire des amis à cause de notre argent ». « Les amis, ça ne s’achète pas, intervient Mme Barbat-Layani, même moi qui suis banquière, je peux vous le dire ! » Les élèves découvrent ce qu’est un crédit et qu’il faut faire opposition auprès de la banque lorsqu’on perd un chèque.
A 9 ans, ils n’ont aucun préjugé à l’égard des banquiers. A la fin du jeu, ils sont cinq dans la classe à dire vouloir embrasser cette carrière. Dix mille élèves ont participé à cette opération depuis sa création, en 2015. Selon l’Agence nouvelle des solidarités actives, association indépendante au service de l’inclusion, qui l’a évaluée en 2017, le bilan est positif : 36 % des enfants déclarent mieux comprendre le budget de leurs parents et le dispositif profite particulièrement aux élèves le plus en difficulté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Certains établissements mettent en avant les performances de leurs gérants, mais leur accorder une confiance aveugle serait une erreur.
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La gestion des banques privées, un argument décisif ?

Certains établissements mettent en avant les performances de leurs gérants, mais leur accorder une confiance aveugle serait une erreur.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h28
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Dans la banque privée, la qualité de la gestion est-elle l’argument déterminant pour séduire la clientèle ? Certains acteurs, parmi les plus dynamiques du marché, mettent en avant leurs performances, qu’il s’agisse de produits ouverts au grand public (sicav, fonds communs de placement), de fonds sur-mesure accessibles uniquement à leur clientèle privée (gestion sous mandat) ou de formules intermédiaires (gestion pilotée, gestion conseillée).

51 %
En France, la moitié des actifs confiés à des sociétés de gestion (2 050 milliards d’euros sur 4 000 milliards) le sont à travers des mandats, selon l’Association française de la gestion financière (AFG). Cette proportion est stable dans le temps. La gestion sous mandat est moins réglementée que la gestion collective. L’AFG a néanmoins rédigé en 1997 un « règlement de déontologie de la gestion de portefeuille individualisée sous mandat ». Ces règles déontologiques ayant été approuvées par l’Autorité des marchés financiers (AMF), elles sont obligatoires pour l’ensemble des sociétés de gestion.


Lazard Frères gestion, Edmond de Rothschild, Rothschild & Cie gestion, le groupe Oddo BHF, les suisses Pictet et Lombard Odier, voire l’américain JPMorgan, en font partie. Leur point commun ? Aucun n’est adossé à l’un des six grands réseaux bancaire français : BNP Paribas, le groupe BPCE, Crédit agricole, Crédit mutuel-CIC, la Société générale et La Banque postale. Selon McKinsey, les banques privées de ces grands réseaux s’arrogeraient les deux tiers du marché. Grâce à leur taille, les grands groupes font des économies d’échelle. Leur force est de proposer une très large gamme de services, notamment du crédit bancaire, ce que les acteurs de taille plus modeste ne peuvent pas toujours faire.

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                Les nouveaux défis des banques privées



Prendre des paris audacieux
Pour les banques privées indépendantes, se distinguer par la qualité de leur gestion est important, d’autant plus que les grands établissements sont régulièrement critiqués par leur approche trop « indicielle » qui se borne à répliquer l’évolution moyenne des marchés. Difficile, en effet, pour ces poids lourds, qui ont industrialisé leurs processus de gestion, de prendre des paris audacieux. « Dans les grands établissements, le contrôle des risques est la priorité. On demande avant tout au gérant de maîtriser la volatilité, c’est-à-dire de ne pas trop s’écarter des indices », explique Frédéric Lorenzini, fondateur du site d’information N3D, spécialisé dans la banque privée.
Certains acteurs revendiquent une gestion « à l’ancienne », plus libre et plus artisanale
Si les gérants des grandes sociétés de gestion s’éloignent généralement assez peu de leur « benchmark » (indice de référence), c’est aussi parce que leurs clients institutionnels demandent surtout des fonds « purs », qu’ils utilisent pour composer leurs propres portefeuilles. Pour des raisons réglementaires, un produit étiqueté « grandes valeurs européennes » doit être en permanence investi en actions européennes, et pas dans autre chose. Face à ces méthodes industrielles, certains acteurs revendiquent une gestion « à l’ancienne », plus libre et plus artisanale. « Ce que les clients viennent chercher chez nous, c’est une gestion de conviction et du sur-mesure. Notre mission est de battre les indices, ce qui est difficile dans la durée. Peu y parviennent », dit François de Saint-Pierre, directeur de la gestion privée chez Lazard Frères Gestion.
« Ce que les clients viennent chercher chez nous, c’est une gestion de conviction et du sur-mesure »
« Architecture ouverte »
Alors qu’à peine 800 entreprises sont cotées en Bourse en France, plus de 10 000 fonds y sont commercialisés. L’univers de la gestion collective est si vaste qu’il est très difficile de s’y repérer. La société américaine Morningstar, qui attribue à chaque produit une note allant d’une à cinq étoiles, met gratuitement ses analyses à la disposition du grand public. Les particuliers fortunés à la recherche de la meilleure gestion auraient-ils donc intérêt à confier leur argent aux établissements qui collectionnent les meilleures notes ? Pas forcément.
Les fonds qui enregistrent les meilleures performances sont souvent ceux dont les gérants prennent le plus de risque
D’abord, la plupart des banques privées fonctionnent en « architecture ouverte ». Quand il construit un portefeuille pour son client, le banquier peut opter librement pour les fonds d’établissements concurrents. Dans ces conditions, il n’est pas nécessaire d’être client de Lazard Frères, par exemple, pour accéder à sa gestion réputée. Un autre aspect incite à relativiser l’importance des notes attribuées aux sicav et aux fonds : l’essentiel de la performance d’un portefeuille (entre 60 % et 80 %) provient de l’allocation d’actifs, c’est-à-dire des arbitrages qui sont faits par le gérant en banque privée entre les différentes classes d’actifs (actions, obligations, matières premières, devises, etc.). La sélection des fonds ou des titres vifs (« stock picking ») ne joue donc qu’un rôle secondaire dans la performance finale.
En outre, les fonds qui enregistrent les meilleures performances sont souvent ceux dont les gérants prennent le plus de risque, ou plus précisément qui investissent sur les marchés et les titres les plus risqués. « Or, la plupart de nos clients cherchent avant tout à préserver leur patrimoine, explique Vincent Izrael, responsable de l’équipe d’investissement privé chez JPMorgan Banque privée France. Ils ont déjà fait fortune et ne sont pas prêts à prendre des risques démesurés sur les marchés financiers. »

Lexique
Gestion libre L’épargnant a une totale liberté : il décide lui-même du choix de ses investissements et effectue lui-même les arbitrages au sein de son portefeuille.
Gestion sous mandat Le client délègue entièrement la gestion de son portefeuille à un professionnel spécialisé, qui agit pour son compte en se fondant sur les objectifs fixés lors de la signature du mandat.
Gestion conseillée Le client décide lui-même de son allocation d’actifs et de ses investissements. Le rôle du conseiller se borne essentiellement à lui indiquer des recommandations émanant de son comité d’investissement.
Gestion profilée Méthode de gestion reposant sur l’aversion au risque de l’investisseur. La gestion est déléguée à un gérant spécialisé. Le profil peut être prudent, équilibré ou dynamique.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, Olivier Dussopt reçoit les syndicats de fonctionnaires, mardi 13 mars.
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Le temps de travail des fonctionnaires au menu des discussions avec l’exécutif

Le secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, Olivier Dussopt reçoit les syndicats de fonctionnaires, mardi 13 mars.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h20
    |

            Benoît Floc'h








                        


C’est dans une ambiance un peu lourde que s’engage la concertation entre le gouvernement et les syndicats de fonctionnaires, mardi 13 mars. Les neuf organisations de la fonction publique ont déjà été reçues en tête-à-tête par Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat placé auprès de Gérald Darmanin, début février. Elles sont maintenant invitées à lancer les discussions sur le fond avec la Direction générale de l’administration et de la fonction publique. Au menu, les quatre chantiers annoncés le 1er février par le premier ministre : rénovation du dialogue social, recours accru aux contractuels, rémunération au mérite et plans de départs volontaires.

        Lire aussi :
         

                L’heure de vérité pour les fonctionnaires



Le même jour, à 15 heures 30, M. Dussopt reçoit sept des neuf syndicats (donc pas la CFDT et l’UNSA) : ceux qui appellent à se mobiliser le 22 mars pour protester contre la politique du gouvernement. Une rencontre obligatoire dans le cas d’un préavis de grève. Il n’est pas exclu que la réunion de mardi matin tourne court. Les sept syndicats engagés pour le 22 mars avaient demandé – en vain – qu’elle soit reportée.

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Cela fait des mois que le climat se détériore entre les syndicats de fonctionnaires et le gouvernement. Promesse présidentielle de supprimer 120 000 postes, rétablissement du jour de carence en cas d’arrêt maladie, gel du point d’indice, annonces du 1er février… Les mauvaises nouvelles se sont accumulées.
« Ce type de déclaration pollue totalement les négociations »
Mercredi 7 mars, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, en a ajouté une nouvelle : devant les membres de la commission des finances du Sénat, il a indiqué qu’une réforme du temps de travail des fonctionnaires était « une mesure possible ». « Tous les agents publics ne font pas 35 heures. Cela fait partie des anciens tabous que nous mettrons sur la table », a-t-il ajouté.
Outre qu’elle ne figure pas parmi les chantiers du 1er février, la question est sensible. Le temps de travail est un angle d’attaque récurrent chez les contempteurs des fonctionnaires. Deux rapports rendus publics en 2016 avaient de fait mis en évidence de nombreuses inégalités. En mai, celui de Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, montrait qu’il existe « des différences de traitement au sein de la fonction publique, y compris dans la fonction publique d’Etat entre services et entre collectivités locales », rappelle M. Laurent.
La mission qu’il a conduite a évalué la durée annuelle de travail des fonctionnaires à 1 584 heures par an, inférieure de 1,4 % à la durée réglementaire (1 607 heures). « Cette différence, indique le rapport, s’explique principalement par la nature des missions confiées au secteur public. En effet, les exigences du service public entraînent des contraintes spécifiques dont la contrepartie a porté plus souvent sur la durée du travail que sur les rémunérations. » En octobre 2016, la Cour des comptes avait étudié le temps de travail des agents dans 103 collectivités locales. Celui-ci n’était que de 1 562 heures, mais la Cour reconnaissait « l’amorce d’un mouvement de rattrapage ».

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En faisant référence à M. Darmanin, Christian Grolier, secrétaire général de FO fonctionnaires, regrette que « ce type de déclaration pollue totalement les négociations ». « C’est particulièrement désagréable, estime-t-il, car cela stigmatise les fonctionnaires. On est prêt à discuter, mais il ne faut oublier que ceux qui travaillent le plus le dimanche, les jours fériés, ce sont les fonctionnaires, pas les salariés du privé. » Même agacement à l’UNSA, qui n’a cependant pas appelé à se mobiliser le 22 mars : « L’aménagement du temps de travail des fonctionnaires repose toujours sur un accord négocié, précise Luc Farré, secrétaire général de l’UNSA fonction publique. Il n’y a donc pas d’abus. Après, on peut considérer que les fonctionnaires doivent travailler davantage, mais il faudra alors revoir les accords et compenser cela par la rémunération. »
Les syndicats ont néanmoins obtenu gain de cause sur un point : le rendez-vous salarial, prévu en octobre, est avancé à mi-juin, c’est-à-dire « avant la période de préparation budgétaire et une fois que les perspectives économiques et budgétaires seront connues ». Olivier Dussopt annoncera-t-il de bonnes nouvelles aux agents publics ? « Chaque chose en son temps », répond-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’Organisation pour la coopération et le développement économique a publié ses prévisions pour 2018 et 2019. L’économie mondiale devrait croître de 3,9 %. Mais les tensions protectionnistes ont augmenté et menacent les perspectives à moyen terme.
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L’économie mondiale accélère, les risques augmentent, selon l’OCDE

L’Organisation pour la coopération et le développement économique a publié ses prévisions pour 2018 et 2019. L’économie mondiale devrait croître de 3,9 %. Mais les tensions protectionnistes ont augmenté et menacent les perspectives à moyen terme.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 11h14
    |

            Marie de Vergès








                        



   


L’économie mondiale se renforce, les tensions aussi. Tel est le diagnostic posé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ses dernières prévisions publiées mardi 13 mars.
L’activité mondiale accélère
En 2017, la croissance mondiale a enregistré sa plus solide performance depuis six ans, à 3,7 %. La tendance devrait se poursuivre et s’accentuer en 2018 et 2019, avec un taux de croissance planétaire attendu à 3,9 %, soit une révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage pour cette année, et 0,3 point pour la suivante, en comparaison des dernières prévisions publiées en novembre. Un commerce mondial robuste, une reprise de l’investissement et un niveau élevé de confiance des ménages et des entreprises soutiennent la tendance, de même que les baisses d’impôts et les hausses des dépenses récemment annoncées aux Etats-Unis.
En zone euro, l’OCDE a procédé à de franches révisions à la hausse pour l’Allemagne, mais aussi pour la France, « aidée par l’impact des réformes récentes ». L’économie hexagonale devrait ainsi progresser de 2,2 % en 2018 et 1,9 % en 2019, soit une hausse respective de 0,4 et 0,2 point par rapport aux dernières prévisions.
Cette accélération se traduit en créations d’emplois : à l’échelle de l’OCDE, le taux de chômage est enfin tombé en deçà de son niveau d’avant-crise. Cette amélioration est toutefois inégale et a moins profité aux jeunes qu’aux travailleurs les plus âgés.
Globalement, l’OCDE tempère l’optimisme en soulignant que « les perspectives de croissance à moyen terme demeurent beaucoup plus faibles qu’avant la crise financière ».
Risques et tensions à la hausse
Des signaux d’alarme ont, ces dernières semaines, montré que les risques n’ont pas disparu, bien au contraire. Les taxes décrétées début mars par le président américain Donald Trump sur l’acier et l’aluminium ont ravivé les craintes d’une guerre commerciale. « Le protectionnisme est un vrai danger qui pourrait affecter négativement la confiance, l’investissement et les emplois. Les gouvernements des pays producteurs d’acier doivent éviter l’escalade », exhorte l’organisation. Une solution, suggère-t-elle, serait d’accélérer les travaux menés au sein du Forum mondial sur les surcapacités dans l’acier, une instance hébergée par l’OCDE.

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L’institution souligne aussi le risque de tensions financières que peut provoquer la remontée des taux d’intérêt. En février, les marchés ont été brièvement saisis de panique, et ont semblé tabler sur un retour brutal de l’inflation.

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Pourtant, celle-ci devrait demeurer « modeste », estime l’OCDE, compte tenu d’une série de facteurs tels que la faible croissance de la productivité et les évolutions sur le marché du travail comprimant les hausses de salaires. Mais de nouveaux à-coups ne sont pas à exclure sur les marchés financiers, et l’organisation appelle les banques centrales à communiquer le plus clairement possible sur les étapes de normalisation de leur politique monétaire
Les réformes ralentissent
Le raffermissement de la croissance mondiale offre aux gouvernements l’opportunité d’agir pour consolider le mouvement. Pourtant, « les efforts de réformes structurelles ont ralenti à la fois dans les économies avancées et émergentes, y compris en 2017, malgré des actions importantes dans certains pays du G20 tels que l’Italie, la France, le Japon, l’Inde et l’Argentine », souligne l’OCDE. Cette inertie, cumulée à la faible productivité et l’anémie des salaires, risque de compromettre les progrès dans l’élévation du niveau de vie. Et, par ricochet, entamer la confiance des peuples dans l’efficacité de leurs dirigeants.

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L’OCDE appelle les Etats à mettre en place, tant qu’il est temps, un ambitieux programme de réformes, afin de renforcer les créations d’emplois, réduire les inégalités hommes-femmes et œuvrer pour une croissance plus inclusive.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ La fracture territoriale peine à se réduire et les villes moyennes décrochent.
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Emploi : la croissance de l’emploi se concentre toujours plus dans une dizaine de métropoles

La fracture territoriale peine à se réduire et les villes moyennes décrochent.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 11h48
    |

            Sarah Belouezzane et 
Elise Barthet








                        



   


« De mon bureau, j’ai vue sur la rue principale. Les lumières sont allumées. Il y a encore de l’activité, ça rassure. On a eu très peur quand les Galeries Lafayette ont lancé leur plan de fermeture de sites dans les villes moyennes », se souvient Caroline Cayeux, maire de Beauvais depuis dix-sept ans. L’enseigne locale a finalement été franchisée. Un soulagement pour l’édile qui, comme de nombreux élus, s’inquiète de voir les emplois « vampirisés » par les métropoles.

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Car, si la reprise économique s’est confirmée en 2017, elle n’a pas profité à tout le monde. Selon les chiffres publiés par l’Insee mardi 13 mars, l’emploi salarié a bondi de 0,3 % au quatrième trimestre. Sur la période, 72 700 postes ont été créés, malgré la mauvaise dynamique du secteur public. Au total, 268 800 créations nettes d’emplois ont été recensées en France sur un an.
Contre toute attente, l’industrie, après un long déclin, a vu ses effectifs augmenter, de 6 400 postes au quatrième trimestre. Une première depuis 2001. Le bâtiment enregistre, lui, une hausse de 30 100 postes sur l’année. Pour autant, ce sont les services marchands, grands gagnants des mutations économiques de ces dernières années, qui tirent globalement la hausse de l’emploi salarié. On leur doit, à eux seuls, 225 700 créations nettes de postes en 2017.

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Mais l’Hexagone a beau se trouver dans une meilleure santé économique, la fracture territoriale peine à se réduire. « Si l’on caricature, observe Jérôme Fourquet, politologue et directeur du département opinions et stratégies d’entreprise à l’Ifop, nous avons deux France : celle qui profite de l’embellie et celle qui estime rester à quai. Une fracture que nous avons d’ailleurs vu se dessiner lors du second tour de l’élection présidentielle, et qui est toujours là. »
Le tournant des années 2000
La « métropolisation » du travail a en effet bénéficié à certaines agglomérations au détriment de zones rurales et périphériques. Le tournant a lieu au début des années 2000. La croissance de l’emploi, jusque-là diffusée sur l’ensemble du territoire, s’est accélérée dans dix métropoles : Paris, bien sûr, mais aussi Bordeaux, Nantes, Rennes, Toulouse, Montpellier, ainsi que Lille, Lyon, Grenoble et Marseille.
C’est dans ces ensembles de plus de 400 000 habitants que s’installent pour l’essentiel les cadres. Là aussi que se développe le gros de l’économie de la connaissance et des nouvelles technologies. « En 2011, rappelle France Stratégie dans une étude parue fin février, 85 % des ingénieurs de l’informatique, 75 % des professionnels de l’information et de la communication et 69 % du personnel d’études et de recherche y sont localisés. »

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A l’inverse, les métiers fragiles restent fortement présents dans les aires urbaines de moins de 100 000 habitants. Ouvriers de la mécanique, du textile et du cuir, caissiers… La plupart sont implantés dans le Bassin parisien hors Ile-de-France, le nord, une partie de l’est et du centre de la France ainsi que dans les territoires agro-industriels de l’Ouest.
La crise de 2008, en précipitant le décrochage des villes moyennes, a accentué cette tendance. Dans les bassins englobant les principales métropoles, l’emploi a progressé de 1,4 % par an en moyenne entre 1999 et 2014, contre 0,8 % sur l’ensemble du territoire. La France de l’emploi s’est polarisée. Résultat : aujourd’hui, les métropoles rassemblent près de 46 % des postes, dont 22 % à Paris et ses environs et 24 % en province.
Mais la prospérité des grandes aires urbaines ne tient pas seulement à la concentration des services : espaces hétérogènes, elles bénéficient du dynamisme démographique de leurs franges. Les couronnes attirent les emplois ouvriers du BTP, du transport et les services aux particuliers. « Les activités logistiques et industrielles trouvent dans l’espace périurbain un cadre propice à leur développement, note France Stratégie : les terrains sont disponibles, le foncier moins cher, il y a moins de congestion urbaine et de contraintes liées à la proximité des lieux de résidence. »
Mutualiser des projets
Les métropoles ne sont toutefois pas toutes logées à la même enseigne. Si Bordeaux, Montpellier, Nantes, Rennes et Toulouse ont pris du poids dans l’emploi national, Nice, Rouen et Strasbourg en ont perdu ces dernières années. Toutes ces villes n’entretiennent pas non plus avec leur environnement direct les mêmes interactions. Grenoble, par exemple, fait moins bien que la région qui l’entoure.
Depuis 2016, l’embellie économique a néanmoins commencé à redistribuer les cartes. Tirés par le secteur automobile, les Hauts-de-France ont, par exemple, enregistré en 2017 un solde net positif de presque 2 000 emplois, selon le cabinet Trendeo. Les usines Sevelnord de PSA à Hordain, de Renault à Maubeuge et de Toyota à Valenciennes se sont remises à embaucher. En Picardie, le fabricant de tracteurs AGCO Massey Ferguson a annoncé qu’il comptait étendre son site de production de Beauvais.
Pour pallier le déclin économique des villes moyennes, l’exécutif pousse depuis 2010 à la constitution de pôles métropolitains. Dans l’Oise, Beauvais, Compiègne et Creil ont suivi cette voie en mutualisant plusieurs projets dans les transports et l’enseignement. « Ça nous permet de drainer plus d’aides du conseil régional face au Valenciennois ou à la région d’Arras, traditionnellement mieux organisés », souligne Caroline Cayeux. La région mise sur l’agroalimentaire. « Cette spécialisation, c’est la clé de la réussite pour nos territoires, assure l’élue. On ne peut pas être bon en tout ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Bernard a eu sept petits sinistres en deux ans et demi. Bien qu’il ne soit responsable que d’un seul, son assureur, la Macif, le radie. Les autres compagnies lui proposent des tarifs exorbitants. Des courtiers lui conseillent de ne plus déclarer les petits sinistres.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le juriste Thibault Schrepel dénonce la montée en puissance d’un courant idéologique qui plaide en faveur d’un démantèlement des géants du numérique.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Diaboliser les GAFA est politiquement porteur, mais éloigné de toute démarche scientifique »

Dans une tribune au « Monde », le juriste Thibault Schrepel dénonce la montée en puissance d’un courant idéologique qui plaide en faveur d’un démantèlement des géants du numérique.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 10h53
    |

Thibault Schrepel (Docteur en droit, chercheur associé à l’université Paris-1-Panthéon-Sorbonne et membre de l’institut Droit & croissance)







                        



                                


                            

Tribune. Saviez-vous qu’une cinquième maison de Poudlard a le vent en poupe  J. K. Rowling, maître de la série fantastique des Harry Potter, semble être prise de cours par la réalité.
Cette cinquième maison, c’est celle du « Break Up Companies » qui trouve un écho de plus en plus fréquent. Son « mojo » [pouvoir magique] ? Casser les entreprises relevant des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) en autant de morceaux que possible. Sa méthode ? Jeter des sorts un peu hasardeux dont on ne connaît rien des effets, mais qui ont une forte résonance politique.
Elle prône ainsi un démantèlement des géants du numérique sous couvert de protéger le consommateur, quand bien même les études les plus sérieuses en droit de la concurrence et en macroéconomie reconnaissent dans ce populisme nouveau le spectre du protectionnisme radical dont on peine encore à identifier les effets bénéfiques.

Cette maison idéologique qui a un poulpe pour blason – animal tentaculaire qui est suffisamment flasque pour être modelée selon l’intérêt politique du moment – n’est jamais que la chimère de plusieurs groupes de lobbyists, dont l’Open Markets Institute, étant précisé que son appellation ne reflète en rien son contenu
Ses membres ont bon vent de se référer aux cas AT&T et Standard Oil, relevant que par le passé ces deux entreprises ont été scindées en deux sans que cela n’ait causé de débâcle majeure.
Puissance toute relative
Sans entrer dans une analyse plus réaliste des cas visés, relevons simplement à quel point la situation de ces deux entreprises ne peut en rien être comparée avec celle des GAFA. Analyser les seules parts de marché est en effet trop réducteur ; encore faut-il tenir compte, notamment, de la robustesse de ces dernières ainsi que de la pression concurrentielle.
Or, notons à quel point les membres du GAFA se font tous concurrence entre eux : Amazon est désormais un acteur technologique majeur...




                        

                        

