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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Mis au point par l’URSS dans les années 1970 et 1980, cet agent innervant est cinq à dix fois plus létal que le sarin ou le VX.
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Novitchok : un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe

Mis au point par l’URSS dans les années 1970 et 1980, cet agent innervant est cinq à dix fois plus létal que le sarin ou le VX.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 16h59
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Si la succession des événements depuis l’empoisonnement d’un ex-agent russe et de sa fille, le 4 mars, en Angleterre ne suffisait pas, l’évocation du Novitchok achève de ressusciter les échos d’une guerre froide que l’on croyait terminée. C’est ce poison, dont l’histoire est étroitement liée à celle de la période soviétique, qui a été utilisé pour empoisonner l’agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Youlia dans un quartier commerçant de la ville de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.
Cette conclusion, à laquelle les autorités britanniques sont arrivées au bout d’une semaine d’enquête, a poussé la première ministre, Theresa May, lundi 12 mars, à accuser directement le gouvernement russe d’être derrière cette tentative d’assassinat.

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          Le réquisitoire de Theresa May contre Moscou



Quel est ce poison ?
Le Novitchok est une famille d’agents innervants extrêmement dangereux qui « provoque un ralentissement du rythme cardiaque et l’obstruction des voies respiratoires jusqu’à la mort par asphyxie », explique à l’agence de presse Reuters le Pr Gary Stephens, expert en pharmacologie à l’université de Reading, en Angleterre. Concrètement, ce poison inhibe la cholinestérase, une enzyme qui permet au système nerveux de communiquer avec les muscles. Incapable de bouger ses muscles, la victime se trouve dans l’impossibilité de respirer.
Si un traitement d’urgence peut permettre de sauver la personne avant que le cœur ne s’arrête, le manque d’oxygène peut provoquer des dégâts irrémédiables dans le cerveau. Huit jours après leur empoisonnement, Sergueï et Youlia Skripal étaient toujours en soins intensifs dans un état critique.
Le Novitchok est considéré comme cinq à dix fois plus létal que les deux autres agents innervants les plus connus : le gaz sarin (utilisé par le régime de Bachar Al-Assad contre ses adversaires en Syrie) et le VX (responsable de la mort du demi-frère du président coréen Kim Jong-un, selon la diplomatie américaine).
Selon la forme sous laquelle le poison est administré, les premiers symptômes peuvent apparaître entre trente secondes et deux minutes, selon le manuel Responding to Terrorism : A Medical Handbook. Les spécialistes ont connaissance de versions liquides (un fluide incolore qui peut être mélangé à de la nourriture ou jeté sur la peau) et solides (de la poudre ultrafine inhalée par le nez, ou des patchs collés sur la peau) du Novitchok.
D’où vient ce poison ?
Le Novitchok, dont le nom signifie « petit nouveau », fut mis au point par des chercheurs de l’Union des républiques socialistes soviétiques dans les années 1970 et 1980, dans le cadre du programme « Foliant ». Son développement répondait à un enjeu stratégique majeur pour les Soviétiques : jouer aux bons élèves dans les discussions internationales sur l’interdiction des armes chimiques, tout en fabriquant secrètement de nouveaux agents innervants surpuissants, résistant aux antidotes traditionnels.
Les agents de la famille Novitchok étaient composés d’ingrédients autorisés individuellement, qui ne révélaient leur toxicité qu’une fois combinés. Cette caractéristique présentait un double avantage : les ingrédients pouvaient être transportés individuellement en toute sécurité vers le lieu où ils devaient être utilisés, et ils étaient quasi indétectables par les enquêteurs internationaux en cas de contrôle.
Le développement du Novitchok a continué malgré les engagements de l’URSS à mettre fin à son programme chimique, et son existence a, finalement, été découverte par la communauté internationale grâce à des transfuges soviétiques au début des années 1990.
Après la guerre froide, la Russie a montré patte blanche en réclamant l’aide des Etats-Unis pour démanteler son arsenal d’armes chimiques, comme le raconte l’organisation américaine Nuclear Threat Initiative. Un partenariat que Moscou a choisi de rompre en 2012, aiguisant les doutes quant à la sincérité de son engagement à tirer un trait sur son armement chimique. Officiellement, la Russie est censée achever par elle-même la destruction totale de son arsenal d’ici à décembre 2020.

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La Russie est-elle derrière cet empoisonnement ?
Selon les experts interrogés par l’agence de presse américaine Associated Press, la production de Novitchok requiert une expertise et des mesures de sécurité que l’on ne peut normalement trouver que dans des laboratoires gouvernementaux.
En revanche, selon Andrea Sella, professeur en chimie non organique à l’University College de Londres, la Russie n’est pas la seule nation capable de produire du Novitchok. L’analyse des échantillons retrouvés sur Sergueï Skripal et sa fille pourraient permettre de remonter la piste du laboratoire qui a produit l’agent innervant. Pour Alastair Hay, spécialiste de la toxicologie environnementale à l’université de Leeds :
« Les agences de renseignement et les gouvernements ont une connaissance raisonnable des différents procédés et méthodes de fabrication utilisés par chaque pays. »
Celui-ci s’interroge d’ailleurs sur le choix d’un poison si étroitement associé à la Russie, alors qu’il existe des « méthodes beaucoup plus efficaces » de tuer quelqu’un, sans prendre le risque d’être identifié. « Peut-être que cela fait partie du message », avance-t-il.
Pour le gouvernement britannique, en tout cas, le doute n’est guère permis : « Il est très probable que la Russie soit responsable » de l’empoisonnement. « Il s’agit soit d’une attaque directe de l’Etat russe contre notre pays, soit le gouvernement russe a perdu le contrôle de [ce produit] terriblement nocif et a permis son utilisation par d’autres », a déclaré Theresa May, qui a réclamé la communication par Moscou du « programme Novitchok » à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
La révélation des détails sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille a, logiquement, inquiété les habitants de Salisbury. La Pre Sally Davies, cheffe des services de santé britanniques, a toutefois fait savoir à la BBC que le risque était « faible ». Par mesure de précaution, les quelque cinq cents clients et employés passés dans le restaurant et le pub où les Skripal pourraient avoir été empoisonnés ont toutefois été invités à nettoyer leurs vêtements, pour éliminer d’éventuelles traces de Novitchok.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a réagi vivement aux accusations de Theresa May, qui a estimé « très probable que la Russie soit responsable » de cet empoisonnement.
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Ex-espion empoisonné : la crise s’envenime entre la Russie et le Royaume-Uni

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a réagi vivement aux accusations de Theresa May, qui a estimé « très probable que la Russie soit responsable » de cet empoisonnement.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h25
   





                        



La crise diplomatique entre la Russie et le Royaume-Uni continue de s’envenimer, mardi 13 mars, une semaine après l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury (sud de l’Angleterre). Le gouvernement britannique accuse désormais explicitement la Russie et lui demande des explications ; les Russes, quant à eux, clament leur innocence et accusent les autorités britanniques de vouloir les « discréditer » avec leurs « accusations gratuites ».

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Le réquisitoire de Theresa May
La première ministre britannique, Theresa May, a fait savoir qu’elle réunirait son Conseil de sécurité nationale (NSC) mercredi, pour examiner la réponse apportée par Moscou à la suite de l’ultimatum qu’elle lui a fixé. « Il y aura une réunion du NSC demain matin pour parler des prochaines étapes (…), pour parler de la réponse de la Russie quelle qu’elle soit », a déclaré mardi son porte-parole.
Lundi soir, sous la pression des conservateurs, Mme May avait accusé la Russie d’avoir empoisonné Sergueï Skripal et sa fille Youlia. A l’appui de ses accusations, l’identification par la police scientifique britannique de l’agent innervant utilisé, une substance « de qualité militaire », du groupe des agents « Novitchok ».

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Faute d’une communication du « programme Novitchok » à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et d’une « réponse crédible » de l’ambassadeur russe Alexandre Yakovenko d’ici à mardi soir, a averti Mme May, « nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la Chambre [des députés] et présenterai l’éventail des mesures que nous prendrons en représailles. »
La riposte de la Russie
« La Russie est innocente et est prête à coopérer » à l’enquête « si la Grande-Bretagne remplit ses obligations internationales », a déclaré de son côté le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse tenue mardi à Moscou.
Selon ce dernier, la Convention sur l’interdiction des armes chimiques prévoit qu’en cas d’utilisation de substances interdites une demande d’information soit envoyée au pays soupçonné d’en être à l’origine qui, à son tour, a le droit de procéder à ses propres analyses.
« Nous avons exigé par une note officielle d’accéder à cette substance et (…) à tous les éléments de l’enquête. Ces demandes ont été rejetées. Avant de poser des ultimatums, il vaut mieux respecter ses obligations en matière de droit international. »
Pour la Russie, les autorités britanniques ne veulent que « discréditer » Moscou avec leurs « accusations gratuites ». Dans un communiqué, le ministère russe des affaires étrangères a estimé mardi que « cet incident constitue une nouvelle tentative basse des autorités britanniques de discréditer la Russie ».
Et face à la menace du régulateur de l’audiovisuel britannique, Ofcom, de retirer la licence accordée à la chaîne Russia Today (RT), Moscou, par la voix de la porte-parole de la diplomatie Maria Zakharova, a prévenu : « Aucun média britannique ne travaillera en Russie s’ils ferment RT. »
Les soutiens de la Maison Blanche et de l’Europe
Theresa May a reçu le soutien de la Maison Blanche, qui lui a exprimé sa solidarité. « Je vais parler à Theresa May aujourd’hui. Pour moi ça ressemble à la Russie, en se basant sur toutes les preuves qu’ils ont », a déclaré Donald Trump mardi devant des journalistes à la Maison Blanche, sans se montrer totalement affirmatif.
La veille, Emmanuel Macron et Mme May s’étaient parlé au téléphone, exprimant leur accord pour « continuer à agir de concert pour répondre au comportement agressif russe », selon le communiqué de Downing Street. Mardi, le ministère des affaires étrangères français a qualifié cet empoisonnement d’« attaque totalement inacceptable » et exprimé « la solidarité de la France à l’égard du Royaume-Uni, allié stratégique de tout premier plan de notre pays ».
La Commission européenne a à son tour fait part mardi de sa solidarité « inébranlable » envers Londres. « Il est de la plus haute importance que ceux qui sont responsables (…) voient très clairement qu’il y a une solidarité européenne – sans équivoque, inébranlable et très forte – de façon qu’ils soient vraiment punis pour ce qu’ils ont fait », a commenté le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, devant le Parlement européen à Strasbourg.
La réaction « préoccupée » de l’OIAC
Ahmet Uzümcü, directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, a exprimé mardi sa « vive préoccupation ». M. Uzümcü a déclaré s’être entretenu lundi par téléphone avec le ministre britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, pour s’informer des résultats de l’enquête à ce stade.
« Il est extrêmement inquiétant que les agents chimiques soient encore utilisés pour blesser les gens. Ceux qui sont à l’origine de cette utilisation doivent être tenus responsables de leurs actions. »
La Russie, qui a assuré l’an dernier avoir détruit entièrement son stock d’armes chimiques, a jusqu’à minuit pour s’expliquer sur l’empoisonnement de l’ex-espion, faute de quoi Londres a promis des représailles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Tout, à la City, à Londres, est organisé pour les hommes. La finance reste l’un des secteurs les plus machos, constate le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
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« Petite balade » dans la « Cité » des hommes

Tout, à la City, à Londres, est organisé pour les hommes. La finance reste l’un des secteurs les plus machos, constate le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h21
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Parfois, l’évidence est devant nous mais on ne la voit plus. Alors – mea culpa – il a fallu qu’une banquière française me la pointe du doigt pour que la vérité apparaisse à ma vue : à la City, dans les rues, tout est organisé pour les hommes.
Les statistiques sont connues. Au Royaume-Uni, d’après le think tank New Financial, seuls 14 % des membres des comités de direction des sociétés financières sont des femmes (la France est à peu près au même niveau, à 16 %, contre 34 % en Scandinavie). Le bonnet d’âne revient au private equity (10 %) et aux hedge funds (11 %). Sous pression depuis quelques années, les conseils d’administration ont fait un effort, mais la proportion demeure de seulement 23 %.
Un relent de cadeaux achetés par ces messieurs
Mais nul besoin de faire de sérieux calculs statistiques pour le savoir. « Promenez-vous à la City : tous les magasins sont pour les hommes. Il n’y a que des coiffeurs pour hommes, des boutiques de complets, des vêtements pour hommes. Impossible d’y faire la moindre course », souligne cette banquière, qui tient à rester anonyme. Elle est arrivée à Londres il y a quatre ans, et la différence avec Paris lui a sauté aux yeux.
Petite démonstration, un mardi en fin de journée, au Royal Exchange, un ancien bâtiment reconverti en cafés et magasins, situé en face de la Banque d’Angleterre, au cœur de la City. Le défilé des vitrines est sans appel : un magasin de chaussures pour homme, un autre de lunettes avec un rayon pour femme quasi inexistant, un troisième de cosmétiques pour homme, un quatrième de sacoches en cuir…

Et quand les produits sont pour les femmes, il y a comme un relent de cadeaux achetés par ces messieurs sur le chemin du retour chez eux, avec beaucoup de bijoutiers. A l’intérieur du bâtiment, des collègues de bureau prennent un verre après le travail : à 18 heures, ce jour-là, on trouve quarante hommes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Face à « l’impasse des négociations », l’intersyndicale a signé lundi un protocole de sortie de grève. Les agents dénoncent leurs conditions de travail et la future loi asile-immigration.
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Cour nationale du droit d’asile : fin de la grève après 28 jours de mobilisation

Face à « l’impasse des négociations », l’intersyndicale a signé lundi un protocole de sortie de grève. Les agents dénoncent leurs conditions de travail et la future loi asile-immigration.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h43
   





                        



   


La grève, historiquement longue, des rapporteurs à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a pris fin lundi 12 mars après vingt-huit jours de mobilisation visant à dénoncer leurs conditions de travail, ainsi que celle des avocats, qui menaient leur propre mouvement, a annoncé l’intersyndicale.
« Après vingt-huit jours de grève, face à l’impasse des négociations et à la stratégie d’épuisement des directions de la Cour et du Conseil d’Etat, les agents ont finalement décidé de signer un protocole de sortie de grève, pourtant largement insuffisant », écrit l’intersyndicale dans un communiqué.

        Lire notre reportage :
         

          A la Cour nationale du droit d’asile, une grève contre la future loi immigration



Si elle reconnaît « certaines avancées », elle estime toutefois « qu’aucune solution sur les revendications essentielles » portées par les agents durant le mouvement de grève n’a été apportée.
« Carences des politiques publiques »
Dénonçant « l’absence de véritable projet de juridiction » et « des carences des politiques publiques concernant la CNDA », l’intersyndicale prévient que « les agents poursuivront leur mobilisation afin que des solutions concrètes soient apportées dans les meilleurs délais ».
Les rapporteurs de la CNDA dénonçaient des conditions de travail « au rabais » et une « politique du chiffre », alors que la Cour a rendu 47 814 décisions en 2017.
En grève depuis le 13 février pour dénoncer le projet de loi asile-immigration porté par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, les avocats déploraient quant à eux la diminution du délai pour déposer sa demande, la réduction du délai pour exercer son droit à recours, l’absence de caractère suspensif de la plupart des recours, la multiplication des décisions rendues par ordonnance et le recours à la visioconférence.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’association Transparency International estime que 5 milliards d’euros d’argent étranger douteux ont été investis dans des propriétés au Royaume-Uni, dont environ 20 % venant de Russie.
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Londres, refuge et lessiveuse préférés des oligarques

L’association Transparency International estime que 5 milliards d’euros d’argent étranger douteux ont été investis dans des propriétés au Royaume-Uni, dont environ 20 % venant de Russie.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h24
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Les oligarques russes sont devenus tellement omniprésents à Londres depuis une vingtaine d’années que l’association antiblanchiment ClampK organise désormais des visites guidées des maisons issues de l’argent douteux. Les « Kleptotours », comme ils sont surnommés, passent de somptueuse résidence en somptueuse résidence dans les quartiers chics de la capitale britannique. On part du splendide appartement avec vue sur la Tamise d’Igor Chouvalov, le vice-premier ministre russe – valeur de l’appartement : 13 millions d’euros ; salaire du responsable politique : 125 000 euros en 2014. La balade se dirige ensuite vers la maison de Knightsbridge du roi de l’aluminium, Oleg Deripaska, et passe aussi devant une résidence plus petite appartenant à Roman Rotenberg, dont le père et l’oncle sont d’anciens partenaires de judo de Vladimir Poutine.
Cette forte présence de Russes proches du pouvoir pourrait rendre le Kremlin très sensible à d’éventuelles sanctions visant les actifs investis à Londres, voire l’attribution des visas. Ces mesures ont été évoquées par la presse britannique comme possibles rétorsions à l’affaire Skripal.
« Londongrad »
Londres sert à la fois de grande lessiveuse de l’argent sale et de refuge pour les oligarques. La ville est parfois surnommée « Londongrad »… L’association Transparency International estime que 4,4 milliards de livres sterling (5 milliards d’euros) d’argent étranger douteux ont été investis dans des propriétés au Royaume-Uni, dont environ 20 % venant de Russie. Les très chères écoles privées anglaises sont prisées de la haute société russe. Beaucoup d’hommes d’affaires russes aiment régler leurs comptes devant les tribunaux commerciaux britanniques plutôt que face à la justice russe. Parmi les oligarques les plus connus au Royaume-Uni se trouvent Roman Abramovitch, qui possède le club de football de Chelsea, ou encore Evgueni Lebedev, le propriétaire du quotidien de Londres Evening Standard.

Jeremy Corbyn,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Editorial. La précipitation avec laquelle le directeur de cabinet de Juncker a été nommé au secrétariat général de la Commission est du plus mauvais effet sur l’image des institutions européennes.
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Martin Selmayr, une embarrassante promotion express à Bruxelles

Editorial. La précipitation avec laquelle le directeur de cabinet de Juncker a été nommé au secrétariat général de la Commission est du plus mauvais effet sur l’image des institutions européennes.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h05
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La promotion express, fin février, du directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker, Martin Selmayr, au poste-clé de secrétaire général de la Commission européenne, a provoqué une fronde sans précédent, à Bruxelles comme à Strasbourg. Lundi 12 mars, les eurodéputés de tous bords ont dénoncé cette nomination au sommet de l’administration bruxelloise, dans un concert de critiques dont l’intensité a surpris.

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                Martin Selmayr ou l’ivresse du pouvoir de Bruxelles



Les compétences de l’intéressé ne sont pas en cause. Pas plus que sa nationalité – allemande – ni ses convictions européennes. C’est la méthode qui est contestée : le fait du prince, un choix personnel du président Juncker en faveur de son conseiller le plus proche, au mépris, sinon de la lettre, du moins de l’esprit des règles. La procédure est peut-être respectée, mais la précipitation avec laquelle M. Selmayr, 47 ans, a été promu, l’absence de compétition et de transparence qui a prévalu dans l’attribution de ce poste stratégique, considéré comme celui du plus puissant des 32 000 fonctionnaires de la Commission, sont du plus mauvais effet sur l’image des institutions européennes.
A un an de la fin de son mandat, M. Juncker n’a pas à rougir de son bilan : il est parvenu, sans grande difficulté il est vrai, à faire oublier son prédécesseur, José Manuel Barroso, lui-même discrédité par son pantouflage au service de la banque Goldman Sachs. L’ancien premier ministre luxembourgeois aime à dire qu’il dirige une Commission plus « politique », présentée comme la Commission de « la dernière chance » lorsqu’il a pris ses fonctions début 2015.
Petits arrangements entre amis
A la différence du précédent collège, l’actuelle Commission n’est pas restée passive face aux graves crises qui n’ont cessé de se multiplier après celle de l’euro, qu’il s’agisse de l’arrivée massive des demandeurs d’asile, du Brexit, ou du défi présenté par l’élection de M. Trump à la tête des Etats-Unis. S’il a pu être à la hauteur, en dépit d’une santé chancelante, M. Juncker le doit en partie à son directeur de cabinet, un juriste de formation apte à brandir les traités européens pour imposer ses vues. Bourreau de travail, Martin Selmayr l’a aidé à affronter les capitales européennes, quitte à prendre le contre-pied des positions de son pays d’origine, l’Allemagne, en particulier dans la gestion de la zone euro.
A ce titre, M. Selmayr ne s’est sans doute pas fait que des amis. Mais le problème est ailleurs : à l’heure où les partis eurosceptiques ont remporté la moitié des suffrages en Italie, où l’extrême droite prospère dans plusieurs Etats de l’UE, où des dirigeants d’Europe centrale remettent en cause l’Etat de droit, la Commission ne peut s’offrir le luxe de ce type de petits arrangements entre amis.

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A quatorze mois des élections européennes, dans un contexte de poussée europhobe et antisystème, Bruxelles doit se garder de présenter l’image d’une élite ­coupée du peuple. L’« affaire Selmayr », celle d’un technocrate qui n’aurait de comptes à rendre à personne sinon à son mentor, donne au pire moment le spectacle d’une administration qui vit dans une bulle, où rivalisent calculs de carrière et vains jeux de pouvoir. Jean-Claude Juncker s’était fixé pour objectif de se concentrer sur les sujets essentiels et d’en finir avec la bureaucratie procédurière, dans laquelle l’Europe perdait son âme et sa popularité. Plus qu’un faux pas, cette nomination montre qu’il a oublié cet engagement. Il n’est pas trop tard pour y remédier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’un des trois partis de la coalition gouvernementale appelle à des élections anticipées. Le ministre de l’intérieur a été poussé à la démission par le chef du gouvernement, Robert Fico.
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Après le meurtre du journaliste Jan Kuciak, le premier ministre slovaque vacille

L’un des trois partis de la coalition gouvernementale appelle à des élections anticipées. Le ministre de l’intérieur a été poussé à la démission par le chef du gouvernement, Robert Fico.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h56
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Le pouvoir de Robert Fico vacille en Slovaquie. Dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 mars, l’un des trois partis de la coalition gouvernementale, la petite formation Most-Hid, représentant la minorité hongroise du pays, a appelé ses partenaires du SMER-SD (populistes de gauche), accusés de corruption et de liens avec la mafia, et de l’extrême droite du SNS, à organiser des élections anticipées. En d’autres termes, la coalition en place depuis mars 2016 menace d’éclater.
Quelques heures plus tôt, afin de tenter de maintenir son gouvernement, le premier ministre (SMER-SD) avait pourtant cédé à la pression en poussant à la démission son très controversé ministre de l’intérieur, Robert Kalinak. Ancien avocat et homme d’affaires, celui-ci était jugé peu susceptible de laisser la police enquêter en toute indépendance sur le double meurtre du journaliste d’investigation Jan Kuciak et de sa fiancée, Martina Kusnirova, dont les corps criblés de balles ont été retrouvés le 26 février.
Le reporter enquêtait sur des liens supposés entre des membres du gouvernement appartenant au SMER-SD et la Mafia italienne
Car au moment de sa mort, le reporter effectuait, pour le site internet Aktuality.sk, des recherches sur des liens supposés entre des membres du gouvernement appartenant au SMER-SD et la mafia italienne, qui détournait, selon lui, des subventions européennes. Il avait évoqué des liens entre l’assistante du premier ministre, Maria Troskova, et un homme d’affaires italien proche de la ’Ndrangheta, le crime organisé calabrais.
Une seconde manifestation appelant à l’organisation d’un nouveau scrutin avait rassemblé plus de 40 000 personnes, vendredi 9 mars, dans le centre de la capitale, Bratislava. Elle avait reçu le soutien inédit de l’Eglise, très influente dans ce pays catholique d’Europe centrale comptant 5,4 millions d’habitants.

« Le départ de M. Kalinak, ce n’est pas assez », estime Juraj Seliga, doctorant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ La promotion controversée du bras droit de Jean-Claude Juncker au poste de secrétaire général de la Commission européenne tourne au règlement de comptes.
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Martin Selmayr ou l’ivresse du pouvoir de Bruxelles

La promotion controversée du bras droit de Jean-Claude Juncker au poste de secrétaire général de la Commission européenne tourne au règlement de comptes.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 10h48
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Qui veut la peau de Martin Selmayr ? Largement inconnu du grand public, l’homme réputé le plus puissant de Bruxelles est désormais sur la sellette, après avoir été parachuté secrétaire général de la Commission européenne par son président, Jean-Claude Juncker, dont il était directeur de cabinet, à la barbe des commissaires et des pays membres.
A 47 ans, ce juriste de formation, aussi brillant que redouté, occupe depuis le 1er mars le poste le plus élevé de cette institution de 32 000 fonctionnaires, mais doit faire face à une fronde inédite dans le microcosme bruxellois. C’est le journal Libération qui a allumé la mèche, dénonçant un « coup d’Etat » : candidat au poste de secrétaire général adjoint fin janvier, cet Allemand s’est retrouvé bombardé en quelques minutes au sommet de l’administration communautaire à la faveur du départ à la retraite surprise, annoncée en plein collège de la Commission, mercredi 21 février, du titulaire du poste depuis 2015, le néerlandais Alexander Italianer.
« Cela a été une complète surprise », a avoué, au site Politico, la très discrète Marianne Thyssen, commissaire belge aux questions sociales. Depuis, la Commission s’est enferrée dans des considérations procédurales, assurant que les règles avaient été « suivies religieusement », mais finissant par admettre que M. Selmayr avait été le seul candidat auditionné pour le poste.
Au Parlement européen, les Verts allemands furent les premiers à se saisir du « Selmayrgate » : « La manière dont Martin Selmayr a été nommé jette le discrédit sur les institutions européennes. Si les règles ont été respectées, alors il faut les changer », estime l’élu Sven Giegold. Lors d’un débat en plénière spécialement programmé, lundi 12 mars, les eurodéputés se sont tous émus du parachutage. 
« Tu as besoin d’un dur »
« Les institutions européennes n’appartiennent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Washington veut faire voter une nouvelle résolution exigeant une trêve immédiate.
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L’ONU presse la Russie de mettre un terme à l’offensive dans la Ghouta orientale

Washington veut faire voter une nouvelle résolution exigeant une trêve immédiate.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 09h20
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



                                


                            

La Russie était, une nouvelle fois, sur le banc des accusés à l’ONU. Lors d’une réunion publique du conseil de sécurité, lundi 12 mars, qui faisait suite à l’adoption unanime d’une trêve en Syrie il y a deux semaines, les diplomates ont pointé la responsabilité de Moscou « qui n’a pas voulu ou pas pu » arrêter l’offensive militaire du régime syrien dans l’enclave de la Ghouta orientale.
Un millier de civils sont toujours dans l’attente d’une évacuation médicale urgente et 400 000 personnes ont un besoin immédiat de vivres et de médicaments. La résolution 2401 exigeait un accès sûr et sans entrave pour une durée de trente jours de l’aide humanitaire. Mais « depuis ce vote, les bombardements sur la Ghouta se sont intensifiés », s’est désespéré le secrétaire général Antonio Guterres. « Les sièges n’ont pas été levés et aucune personne blessée n’a été évacuée ». La Syrie « saigne de l’intérieur » a-t-il conclu, rappelant que le conflit entrait dans sa huitième année.

Faute de cessez-le-feu avéré, le ton est monté contre Moscou autour de la table en forme de fer à cheval du conseil de sécurité. « La Russie peut faire arrêter ce bain de sang », a tonné l’ambassadeur français François Delattre rappelant que Moscou « compte tenu de son influence sur le régime, compte tenu aussi de sa participation aux opérations, a la capacité de convaincre le régime par toutes les pressions nécessaires d’arrêter cette offensive terrestre et aérienne. » La France « n’est pas dans la posture mais dans l’action » a t-il martelé, plaidant pour plus de « pression et de l’engagement ». Une critique à peine voilée de l’allié américain accusé de s’en tenir jusqu’à présent à des déclarations musclées.
« L’heure est venue d’agir »
Un an après l’envoi de missiles Tomahawks à la suite de l’attaque chimique sur la ville de Khan Sheikhoun, Washington a cependant laissé entendre, lundi 12 mars,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Il y a dix ans, Brezovica attirait des touristes de toute l’ex-Yougoslavie. Aujourd’hui, hôtels délabrés et pistes à l’abandon sont le quotidien de cette station de ski serbe en territoire kosovar.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ A ce stade, la Commission privilégie une approche douce, à base d’autorégulation et de bon vouloir des plates-formes en ligne et des réseaux sociaux.
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La timide réponse de Bruxelles face à la diffusion des « fake news »

A ce stade, la Commission privilégie une approche douce, à base d’autorégulation et de bon vouloir des plates-formes en ligne et des réseaux sociaux.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 07h16
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Si certains pays, dont la France, sont en pointe sur le dossier et se préparent à légiférer pour éviter la diffusion de fausses informations – avec un éventuel déréférencement de sites et/ou le retrait obligatoire de contenus –, la Commission européenne, elle, consulte, s’informe… En vue d’être « prête à agir », affirme la commissaire à l’économie et la société numériques, la Bulgare Mariya Gabriel, qui devrait présenter un projet concret dans les semaines à venir.
En attendant, elle a publié, lundi 12 mars, le rapport d’un groupe d’experts indépendants qui suggèrent des définitions du phénomène et formulent des recommandations, adressées aux plates-formes en ligne et aux réseaux sociaux. Suivront une « communication » et des « options tangibles ». A ce stade, Bruxelles privilégie une approche douce – certains la qualifient de trop optimiste –, à base d’autorégulation et de bon vouloir.
Ce code de bonnes pratiques – qui préfère éviter le terme « fake news », trop vague aux yeux des experts, professeurs, journalistes, membres des plates-formes en ligne… – souligne le danger pour la démocratie, la science, l’éducation ou la santé d’un tel phénomène.
Une dizaine de principes avancés

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Pour répliquer à la désinformation, il avance une dizaine de principes. Parmi ces recommandations, le recours à des journalistes capables de décoder et corriger une nouvelle – et éventuellement formés dans cette optique, avec l’apport de fonds publics – ; la sauvegarde de la diversité du paysage médiatique ; l’obligation, pour les plates-formes, d’assurer la transparence sur leur mode de sélection des informations ; l’accès facilité des usagers à des informations fiables et recoupées, etc. « Surtout en période électorale », insistent les experts, sans toutefois pointer du doigt la Russie et certains de ses relais, ou d’autres acteurs susceptibles d’intervenir dans les processus démocratiques.
La Commission espère « agir au mieux » avant les prochaines échéances, dont le scrutin européen de mars 2019. Concrètement, que pourrait-il se passer si une fausse information est délibérément diffusée ? A cette question, Mme Gabriel répond que ses services travaillent sur cette question « à dimensions multiples ». En clair, Bruxelles ne légiférera pas – ce qui s’avérerait d’ailleurs très difficile. Il faudra voir, dès lors, si ses appels aux « bonnes pratiques » ont la moindre chance d’être entendus ou si, comme d’autres tentatives de régulation, elles seront contournées, voire oubliées.
« Un signal dangereux »

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A ce stade, la Commission n’évoque pas le « devoir de coopération » que la France, par exemple, pourrait tenter d’imposer aux réseaux sociaux, aux plates-formes et aux fournisseurs d’accès à Internet, avec, à la clé, un système de signalement d’une fausse information et la transmission, par la suite, de ce renseignement aux autorités publiques.
Le code de conduite européen auquel, espèrent les experts et la commissaire, pourraient souscrire les acteurs du secteur devrait, en tout état de cause, entrer en vigueur au début de 2019, quitte à être ensuite enrichi et soumis à un mécanisme de vérification.
« Tout le monde attend désormais que la Commission joue son rôle. Une approche trop douce, essentiellement favorable aux plates-formes, découragerait beaucoup de monde et enverrait un signal dangereux à ceux qui répandent des fausses nouvelles ou se livrent à de la propagande », explique Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, l’une des organisations qui ont participé aux débats.
Désir de réforme
Mme Gabriel peut, en tout cas, appuyer son désir de réforme sur les réponses que 3 000 personnes ont adressées à la Commission, et sur un récent Eurobaromètre, pour lequel 26 000 citoyens ont été interrogés. Quelque 83 % d’entre eux jugent que les « fake news » représentent un véritable danger pour les institutions démocratiques. Si les médias en ligne ne sont jugés fiables que par 26 % des intervenants et les sites de vidéos par 27 %, la presse imprimée recueille, elle, 63 % d’opinions favorables et la radio 70 %.
Autre enseignement marquant de ces consultations : la moitié des sondés jugent que le « fact checking », opéré après la publication d’une information erronée, est intéressant, mais insuffisant. Selon eux, ces rectifications ne touchent que trop rarement le public qui a lu la première version de cette « nouvelle ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Face aux résistances des conservateurs, le pontife fait bouger le Vatican en changeant ses structures et en le poussant à s’ouvrir vers l’extérieur.
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Cinq ans après son élection, le pape François veut faire évoluer les pratiques plus que la doctrine

Face aux résistances des conservateurs, le pontife fait bouger le Vatican en changeant ses structures et en le poussant à s’ouvrir vers l’extérieur.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 06h46
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Se heurter à des « résistances », a confié le pape François à des jésuites, le 19 janvier, lors de sa visite au Pérou, est le « signe que l’on est sur la bonne voie. Autrement, le démon ne se donnerait pas de mal pour [en] opposer ». Le pontife argentin s’est décerné ce satisfecit ironique alors que des critiques continuent régulièrement de s’en prendre à son style ou à ses orientations. Cinq ans après son élection, le 13 mars 2013, dans une atmosphère de crise après la renonciation de Benoît XVI, où en est la réforme pour laquelle il a été élu ?
Pour ses cardinaux électeurs, la réforme était d’abord celle d’une curie romaine secouée par des luttes de clans, dysfonctionnelle et financièrement opaque. François répète qu’il lui importe plus de mettre en route des processus irréversibles que de faire des changements de structures dont rien ne garantit le caractère durable.
Pour une vraie réforme, répète-t-il, il faut changer « les cœurs », c’est-à-dire les mentalités, ce qui est aussi ambitieux que difficilement mesurable. Les changements de structures prennent plus de temps que prévu. En chantier depuis des années, la rédaction d’une nouvelle Constitution appelée à remplacer l’actuelle, Pastor Bonus, qui date de 1988, est, selon le Vatican, « bien avancée ».
Un coup de balai a été donné à la « banque du Vatican », accusée d’abriter des intérêts crapuleux
François a commencé par le plus urgent : les finances. Un bon coup de balai a été donné à la « banque du Vatican », accusée d’abriter des intérêts crapuleux. Le nouveau secrétariat pour l’économie est chargé de contraindre les différents organismes de la curie à établir et à respecter un budget. Mais il est malaisé d’évaluer la réalité des changements apportés.
Le conseil pour l’économie, présidé par le cardinal allemand Reinhard Marx, vient de proposer, fin février, la création d’une « cellule de pilotage » des ressources humaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans sa bande dessinée parue en France en février, l’artiste décrit une Turquie traumatisée par la violence et l’insécurité et confrontée à un pouvoir intrusif et autoritaire.
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Le dessinateur Ersin Karabulut au chevet d’une société turque résignée

Dans sa bande dessinée parue en France en février, l’artiste décrit une Turquie traumatisée par la violence et l’insécurité et confrontée à un pouvoir intrusif et autoritaire.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 06h29
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE D’ISTANBUL
Des enfants exclus de l’école pour avoir réfléchi, des ménagères qui trouvent des mots d’amour à l’intérieur des légumes qu’elles épluchent, un phallus qui pousse au plafond d’un appartement. Bienvenue dans l’univers fantastique du dessinateur Ersin Karabulut, l’espoir de la bande dessinée turque, dont l’album Contes ordinaires d’une société résignée vient de sortir en France, le 21 février, aux éditions Fluide glacial.
Dès la couverture, le ton est donné. On y voit des hommes et des femmes qui se jettent dans le vide depuis les toits des immeubles. Au premier plan, un couple et sa petite fille s’apprêtent à sauter eux aussi. La femme se retourne, son regard glaçant plonge le lecteur dans l’atmosphère oppressante et extravagante décrite à travers quinze contes finement traduits et adaptés du turc par Didier Pasamonik.
Le graphisme est réaliste, les histoires sont fantastiques, un peu à la manière d’Edgar Allan Poe. Ersin Karabulut y décrit la peur, la résignation. Il imagine les pathologies et les fantasmes qui hantent la société turque, traumatisée par la violence et l’insécurité, résignée face à un pouvoir politique de plus en plus intrusif et autoritaire.
Dans Monochrome, l’un des récits, la population est incitée, au nom de la réussite sociale, à se vêtir et à se colorer la peau en gris. Seule couleur politiquement correcte, le gris gagne du terrain à tel point que les « dissidents » en vêtements colorés se font rappeler à l’ordre dans les transports en commun.
« Pousser l’absurdité jusqu’à l’extrême »
Les « incolores », renommés « affranchis », sont de plus en plus nombreux, tout le monde veut en être. Le parti du gris gagne même l’environnement. Les arbres sont peints à la bombe grise, les mers sont teintes en gris. Seul le ciel a gardé sa couleur d’origine, il suffit de relever la tête pour s’en rendre compte.
Regarder le ciel, c’est ce que Ersin Karabulut fait,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La première ministre britannique a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/03/2018
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Ex-espion empoisonné : le réquisitoire de Theresa May contre Moscou

La première ministre britannique a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 12h20
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


« Il est très probable que la Russie soit responsable » de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Youlia. C’est ce qu’a déclaré Theresa May, lundi 12 mars, devant la Chambre des communes, huit jours seulement après que cet ex-agent double russe, réfugié au Royaume-Uni, âgé de 66 ans, et sa fille de 33 ans ont été découverts inconscients sur un banc dans un quartier commerçant de Salisbury.
Alors que les deux victimes demeurent en soins intensifs dans un état critique, la première ministre britannique, sous la pression des conservateurs, a haussé le ton, montrant du doigt, explicitement, pour la première fois, la Russie, au risque d’une escalade entre Londres et Moscou. Il avait fallu dix ans à la justice britannique pour affirmer publiquement, en 2016, que l’assassinat de l’ancien agent et opposant Alexandre Litvinenko, à Londres, en 2006, par ingestion de polonium radioactif incorporé à une tasse de thé, était « probablement approuvé par le président Poutine ».
L’accusation de Mme May repose sur l’identification par la police scientifique britannique de l’agent innervant utilisé pour empoisonner Sergueï et Youlia Skripal, une substance « de qualité militaire », du groupe des agents « Novitchok » (« nouveau venu » en russe) mis au point par l’Union soviétique dans les années 1970 et 1980. « Il s’agit soit d’une attaque directe de l’Etat russe contre notre pays, soit le gouvernement russe a perdu le contrôle de [ce produit] terriblement nocif et a permis son utilisation par d’autres », a-t-elle assuré.
« Réponse crédible »
Faute d’une communication du « programme Novitchok » à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et d’une « réponse crédible » de l’ambassadeur russe Alexandre Yakovenko d’ici à mardi soir, a-t-elle averti sur un ton cassant dans un inhabituel silence glacé du Parlement, « nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la Chambre et présenterai l’éventail des mesures que nous prendrons en représailles ».
En Russie, interrogé avant l’allocution de Mme May par la BBC sur une éventuelle responsabilité russe, le président Vladimir Poutine a répondu sur un ton badin : « Tirez les choses au clair de votre côté et après nous en parlerons avec vous. » « C’est un spectacle de cirque au Parlement britannique, et la conclusion est claire : c’est une nouvelle campagne [contre la Russie] basée sur la provocation », a renchéri Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères.
Les commentaires officiels russes tournent autour de cette idée de « provocation ». Certains font remarquer que le régime aurait pu se débarrasser de Sergueï Skripal pendant les quatre ans qu’il a passés en camp, entre sa condamnation pour « haute trahison » en 2006 et l’échange opéré en 2010 avec des agents dormants du Kremlin aux Etats-Unis, qui a permis son exfiltration au Royaume-Uni. D’autres thèses plus extravagantes évoquent une manipulation des services spéciaux britanniques, soucieux de faire oublier un Brexit désastreux, voire de salir la Russie à la veille de la Coupe du monde de football.
Double message
Mais pour John Lough et James Sherr, experts au cercle de réflexion britannique Chatham House, l’implication russe « fait peu de doute » car Moscou n’a pas envoyé les signaux diplomatiques de rigueur pour montrer son innocence. Pour ces experts, le message est double : aux « traîtres » installés au Royaume-Uni — « Vous ne serez jamais en sécurité » ; au Royaume-Uni lui-même — « Nous pensons que vous êtes faibles et nous n’avons aucun respect pour vous. » 
L’attaque de Salisbury serait destinée à « tester » Londres en lui signifiant qu’elle est moins prise au sérieux en raison des coupes dans son budget de défense et du Brexit. Après l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko en 2006, le gouvernement Cameron (2010-2016) avait freiné des quatre fers pour empêcher une enquête. Il s’agissait de préserver les investisseurs russes, fervents clients de la City et friands d’immobilier de luxe dans la capitale britannique.
Cette fois, le climat, alourdi par les accusations de cyberattaques et de manipulation russe du référendum de 2016 sur le Brexit, pourrait aboutir à des sanctions sérieuses. « Il est temps de changer la Bourse de Londres, avantage pour les Russes, en atout stratégique pour le Royaume-Uni », arguent les analystes de Chatham House, en recommandant des sanctions financières.
Soutien de la Maison Blanche
Au Parlement, le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a plaidé en faveur de « la poursuite d’un dialogue vigoureux avec la Russie » afin d’« éviter aux tensions de s’envenimer ». Il s’est fait huer par les partisans de Mme May, en accusant celle-ci d’hésiter à viser « les oligarques russes et leurs associés » qui, selon le Times, ont fait don de plus de 3 millions de livres sterling (3,4 millions d’euros) au Parti conservateur.
Dans ce contexte houleux, alors qu’un policier a été lui aussi empoisonné, Theresa May a reçu le soutien de la Maison Blanche, qui lui a exprimé sa solidarité. « Nous faisons toute confiance à l’enquête britannique selon laquelle la Russie est probablement responsable de l’attaque », a dit le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson. Emmanuel Macron s’est aussi déclaré solidaire du Royaume-Uni. Avec Mme May au téléphone lundi soir, ils ont exprimé leur accord pour « continuer à agir de concert pour répondre au comportement agressif russe », selon le communiqué de Downing Street.
Le temps gagné lundi par la première ministre vise à mobiliser ses alliés. Mardi, elle pourrait annoncer l’expulsion de diplomates, des mesures contre les banques russes, voire le boycottage de la Coupe du monde de football en Russie. Mais l’affaire Skripal met surtout en lumière le risque d’exploitation par Moscou d’une situation nouvelle : le relatif isolement d’un Royaume-Uni en plein divorce d’avec l’Europe.

        Lire :
         

          L’empoisonnement de Sergueï Skripal ravive le spectre du « laboratoire des poisons » soviétique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.
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Pinar Selek : « Le mouvement “#metoo” est un peu du “déjà-vu” en Turquie »

Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h00
    |

Pinar Selek (Sociologue-docteure en science politique, université Nice Sophia Antipolis)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, la fameuse action féministe #metoo a secoué plusieurs hommes de différents secteurs du pouvoir. Les nouvelles technologies de communication – les nouvelles ressources militantes de notre époque – ont joué un rôle important dans la libération et la diffusion des paroles des femmes. Ce mouvement est rapidement devenu non seulement populaire mais aussi transnational. S’il est le fruit des luttes féministes de longue date, il a suscité une revitalisation politique des mouvements féministes, généralement occidentaux.
L’autoritarisme rampant du régime islamo-conservateur met en place une politique de réislamisation de la société
Et la Turquie ? Celles ou ceux qui connaissent l’importance du mouvement féministe dans l’espace des luttes sociales de ce pays, se demandent comment les femmes en Turquie ont réagi à cette tempête ? La réponse est courte : le mouvement #metoo n’a pas eu un impact en Turquie.
Pourquoi ? Pouvons-nous expliquer cette situation avec la peur qui domine dans toute la société ? Les femmes n’ont pas osé révéler leurs expériences, parce qu’elles avaient peur ? Parce que le patriarcat en Turquie est plus fort qu’ailleurs ? Ce n’est pas si simple. L’exemple de Turquie, par sa complexité frappante, nous impose d’éviter des catégorisations classiques, mais de voir les liens entre plusieurs facteurs.
Nous parlons d’un contexte politique où règne la masculinité meurtrière qui se renforce avec la violence politique dans un climat de guerre. L’autoritarisme rampant d’un régime islamo-conservateur met en place, en parallèle aux mesures de plus en plus répressives, une politique de réislamisation de la société. Cela serait utopique, voire anodin, d’attendre que, dans ce contexte, un tel mouvement émerge ? Non, pas du tout, car aujourd’hui malgré le tableau général, le mouvement féministe constitue l’un des plus dynamiques en Turquie.
Radicalisme pragmatique
Apparu dans un climat de paralysie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.
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Au Royaume-Uni, la mort des partenariats public-privé

Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Le Royaume-Uni, qui a été l’un des principaux leadeurs des partenariats public-privé, a désormais presque cessé d’y recourir. De 2002 à 2007, les autorités britanniques ont signé en moyenne 55 contrats de ce type par an. L’an dernier (avril 2016 à mars 2017), elles n’en ont passé qu’un seul, selon un récent rapport du National Audit Office, l’équivalent britannique de la Cour des comptes.
La quasi-disparition des private finance initiative (PFI), pour reprendre la terminologie officielle anglaise, est la conséquence logique de défauts de plus en plus apparents. Ce système permet de faire financer un investissement public – par exemple la construction d’un hôpital ou d’une école – par le secteur privé. L’Etat n’a pas besoin de débourser d’argent, donc l’emprunt n’apparaît pas dans les comptes publics. Mais au bout d’une dizaine d’années, les remboursements commencent, s’étendant sur des décennies.

C’est exactement ce qu’il se passe actuellement au Royaume-Uni. Après les années 2000, où ces investissements semblaient indolores, il est désormais l’heure de payer : 700 PFI sont actuellement en cours ; l’an dernier, les autorités publiques ont dû verser 10,3 milliards de livres (11,5 milliards d’euros) pour les honorer. En l’état actuel des choses, les remboursements vont s’élever au total à 199 milliards de livres, et s’étaleront jusqu’aux années 2040.
Impopulaires
Dans ces circonstances, les PFI sont devenus très impopulaires. Le gouvernement conservateur ose à peine les défendre – et n’y recourt plus. Quant au Parti travailliste, sous la houlette de son leadeur très à gauche Jeremy Corbyn, il a fait de la fin des PFI l’un de ses grands objectifs. Il propose de supprimer la majeure partie d’entre eux, en les ramenant directement sous le contrôle du secteur public. Le 8 février, John McDonnell, en charge de l’économie au Labour, estimait que les entreprises privées concernées ne seraient pas nécessairement compensées : « Le Parlement déterminera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les bénéficiaires disent comprendre la décision controversée de ne pas servir des repas aux étrangers.
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A Essen, à la soupe populaire réservée aux Allemands

Les bénéficiaires disent comprendre la décision controversée de ne pas servir des repas aux étrangers.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h16
    |

            Thomas Wieder (Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur le site Internet de la soupe populaire d’Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), c’est bien précisé : « Nouvelles inscriptions : mercredi, 9 heures. » Alors, pour être sûr d’être accepté, Omar est venu dix minutes en avance. A la porte, une femme : « C’est pour quoi ?
– Je viens m’enregistrer.
– Il est trop tard. 
– Mais il n’est pas encore 9 heures…
– Désolé, ça ne va pas être possible. »
La porte se referme. Omar insiste. Cette fois, il brandit un passeport. Un passeport allemand. Quelques minutes plus tard, la femme revient vers lui : « C’est bon. Entrez… »
En venant s’inscrire à la soupe populaire d’Essen, mercredi 7 mars, Omar s’attendait à ce genre de contrariété. Agé de 68 ans, ce mécanicien à la retraite se doutait que son « visage un peu bronzé » risquait de jouer en sa défaveur. Comme tout le monde ici, il a entendu parler du nouveau règlement, en vigueur depuis janvier mais qui a provoqué un débat à l’échelle nationale après avoir été révélé par la presse, fin février. Celui-ci est affiché sur la porte d’entrée : « En raison de l’augmentation du nombre de réfugiés ces dernières années, la part d’étrangers parmi nos clients a atteint 75 %. Pour garantir une intégration raisonnable, nous sommes dans l’obligation de n’accepter que des clients ayant un passeport allemand. »

Fils d’immigrés libanais arrivés en Allemagne dans les années 1960, « électeur écolo depuis trente ans », Omar « aurai[t] bien sûr préféré qu’on n’en arrive pas à une telle décision ». Mais au fond, il comprend. « Les gens qui s’indignent ne savent pas de quoi ils parlent. Les Kurdes, les Syriens, les Irakiens, tous ceux qui sont arrivés récemment, ils ne respectent rien, surtout les jeunes. Dans les magasins, ils ne font pas la queue, ils emmerdent les gens, ils ne pensent qu’à profiter du système. Moi, j’ai mis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les autorités sont critiquées pour avoir tardé à alerter sur un risque de contamination.
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Espion empoisonné : Theresa May exhortée à agir contre la Russie

Les autorités sont critiquées pour avoir tardé à alerter sur un risque de contamination.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h24
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Qu’un agent double russe et sa fille se fassent empoisonner en plein Salisbury, petite ville tranquille du sud de l’Angleterre, était déjà embarrassant pour le gouvernement de Theresa May. Qu’il ait fallu une semaine pour mettre en garde la population locale contre un risque potentiel de contamination ne va pas faciliter la tâche de la première ministre britannique, déjà accusée de mollesse pour son refus de montrer explicitement du doigt la Russie de Vladimir Poutine.
Dimanche 11 mars, sept jours après que Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été découverts inconscients sur un banc dans un quartier commerçant de Salisbury, les autorités sanitaires ont révélé que des traces de contamination à l’agent innervant qui leur a été administré ont été retrouvées au restaurant italien Zizzi et au pub The Mill. Les victimes, hospitalisées en soins intensifs et dont l’état était jugé, dimanche, « critique mais stable », avaient fréquenté ces établissements avant de tomber dans le coma. Les quelque 500 autres clients qui s’y sont rendus les 4 ou 5 mars ont été invités à nettoyer tous leurs vêtements et objets personnels.
Sanctions financières
Des consommateurs, interrogés par la BBC, ont protesté contre ces conseils tardifs, ayant parfois oublié quels vêtements ils portaient ces jours-là. Il n’y a « aucune raison de paniquer », a tenté de les rassurer le National Health Service, le service national de santé, qualifiant de « faible » le risque de contamination et assurant que les précautions prises étaient de type « ceinture et bretelle ».
La nature du poison – dont l’analyse pourrait trahir l’origine – n’a pas été rendue publique par les autorités, alors que plus de 250 policiers antiterroristes appuyés par 180 militaires analysent plus de 240 indices et 200 témoignages. Outre le restaurant et le pub, la maison de Sergueï Skripal, à Salisbury, et le cimetière de la ville, où sont enterrés son épouse et leur fils morts récemment, font l’objet d’investigations. Le mystère reste entier sur le mode d’administration du poison : livré à domicile par colis ? Introduit dans un bouquet de fleurs au cimetière visité par l’ancien espion, le 1er mars, à l’occasion de l’anniversaire de son fils ? Apporté par Youlia, arrivée récemment de Moscou, dans un « cadeau offert par des amis » ?

        Lire aussi :
         

                A ce stade, Poutine « se moque éperdument » de l’ingérence dans l’élection américaine



Pour Theresa May, l’état de santé « grave mais stable » de Nick Bailey, le policier hospitalisé après avoir porté secours aux victimes, est un autre sujet de préoccupation, accroissant la pression pour qu’elle hausse le ton vis-à-vis de la Russie, lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale, lundi 12 mars. « Si l’implication d’un Etat étranger venait à être prouvée (…), le gouvernement répondrait de manière appropriée », a répété, dimanche, le ministre des finances, Philip Hammond, à la BBC. Modéré, il a rejoint ses collègues des affaires étrangères, Boris Johnson, et de la défense, Gavin Williamson, qui réclament des sanctions financières contre Moscou dont l’implication pourrait être difficile à prouver.
D’ailleurs, le Parti conservateur au gouvernement pourrait avoir, tout comme les clients du Zizzi ou du pub The Mill, à laver son linge sale : selon le Times, les tories ont perçu, depuis 2010, plus de 3 millions de livres (3,4 millions d’euros) de dons d’hommes d’affaires russes et de lobbyistes souvent liés au régime Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.
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Zone euro : la fronde des pays du Nord face aux ambitions de Macron

Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Lundi 12 mars, l’Eurogroupe devait plancher à Bruxelles sur la préparation d’un sommet de la zone euro prévu à la fin du mois. Un sommet capital, au cours duquel Paris et Berlin pourraient enfin présenter une position commune sur l’avenir de l’eurozone, après six mois de tergiversations politiques en Allemagne pour former une coalition gouvernementale entre conservateurs de la CDU et sociaux-démocrates du SPD.
La réunion des ministres des finances de la zone euro, lundi, risquait cependant d’être plombée par une récente prise de position de huit pays du nord de l’Europe, emmenés par les Pays-Bas, aux côtés des trois Etats baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), de la Suède, de la Finlande, du Danemark et de l’Irlande.

Cette « alliance du Nord » défend une vision du futur de la zone euro nettement moins ambitieuse que celle d’Emmanuel Macron. Un avenir qui passe avant tout, soulignent ces pays dans une lettre commune diffusée le 6 mars, par « le respect des règles communes », à commencer par le pacte de stabilité et de croissance, et son fameux plafond d’un déficit public à 3 % du produit intérieur brut.
« Quand on a des visions, il faut aller chez le docteur »
Pas un mot sur la nécessité de se doter d’un ministre des finances, d’un budget commun et encore moins d’un Parlement de la zone euro, contrairement à ce qu’avait réclamé le président français dans son discours de la Sorbonne, fin septembre 2017. Il s’agit davantage de se concentrer sur les réformes dont « l’eurozone a besoin » plutôt que sur celles qu’il serait « sympathique d’avoir ».
Le premier ministre libéral néerlandais, Mark Rutte, a pris la tête de ce cercle des « pays vertueux »
La formule rappelle, en moins brutal, le « quand on a des visions, il faut aller chez le docteur » lancé en septembre par Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, juste après un discours du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le soldat qui gardait le bâtiment a été blessé puis a tiré sur son agresseur.
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Attaque au couteau devant la résidence de l’ambassadeur d’Iran à Vienne

Le soldat qui gardait le bâtiment a été blessé puis a tiré sur son agresseur.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 02h54
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 07h56
   





                        


Un Autrichien de 26 ans a agressé au couteau un soldat de garde devant la résidence de l’ambassadeur d’Iran à Vienne, dimanche 11 mars au soir. Le militaire a abattu l’homme avec son arme de service, selon la police.
L’assaillant « est mort sur place », a dit à l’AFP un porte-parole de la police, Harald Söros. Selon un porte-parole du ministère de la défense, cité par l’agence APA, il s’agissait d’un homme domicilié à Vienne et originaire de la province autrichienne du Tyrol.
Les motivations de l’assaillant ne sont pas connues pour l’heure. Les faits se sont déroulés vers 23 h 35, selon la police, dans un quartier résidentiel de Vienne.
Surveillance renforcée
Le soldat, qui se trouvait devant une guérite à l’entrée de l’ambassade, a été blessé à un bras. « Il a dans un premier temps fait usage de spray au poivre » contre son assaillant, avant de tirer, a précisé M. Söros.
Selon les premières constatations, le soldat « a agi dans les règles », selon le porte-parole du ministère de la défense. La police a ordonné un renforcement de la surveillance autour de toutes les représentations diplomatiques de Vienne.



                            


                        

                        

