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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Neuf hommes et six femmes composent le quatrième gouvernement de la chancelière allemande.
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Les quinze ministres du nouveau gouvernement d’Angela Merkel

Neuf hommes et six femmes composent le quatrième gouvernement de la chancelière allemande.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h25
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Cent soixante et onze jours après les élections législatives, le nouveau gouvernement allemand entre enfin en fonction, mercredi 14 mars. Quinze ministres au total (auxquels s’ajoutent une trentaine de secrétaires d’Etat), sous l’autorité d’Angela Merkel, dont c’est le quatrième mandat en tant que chancelière fédérale.
Comme dans le gouvernement sortant, issu des législatives de 2013, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD) comptent chacun six ministres de plein exercice, tandis que l’Union chrétienne-sociale (CSU), l’alliée bavaroise de la CDU, en a trois.
Politiquement, le SPD et la CSU ont toutefois gagné en influence, le premier récupérant le portefeuille des finances et la seconde celui de l’intérieur, signe d’un relatif affaiblissement de Mme Merkel (CDU) qui ne compte plus que deux fidèles dans la nouvelle équipe : Peter Altmaier (économie) et Ursula von der Leyen (défense).

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Comme l’équipe sortante, la nouvelle compte neuf hommes et six femmes (plus la chancelière), une entorse à la parité due à la CSU bavaroise qui, contrairement à la CDU et au SPD, n’a confié qu’à des hommes les ministères de plein exercice qui lui étaient réservés.
En revanche, cette équipe est plus jeune que la précédente. La moyenne d’âge des ministres est de 50 ans, soit cinq de moins que le gouvernement nommé en 2013. Dans cette nouvelle équipe, seule Angela Merkel et Horst Seehofer (intérieur) ont plus de 60 ans.
Les nouvelles têtes
Olaf Scholz (SPD), 59 ans, ministre des finances et vice-chancelier

   


Le vice-chancelier d’Angela Merkel partage au moins deux choses avec elle : Hambourg, où elle est née et dont il fut élu maire en 2011, et une certaine réserve naturelle qui passe pour un manque de charisme mais cache une opiniâtreté de fer et un goût prononcé pour le pouvoir. Salué pour sa bonne gestion de sa ville, même si son bilan est entaché par les violences urbaines qui ont perturbé le sommet du G20, en juillet 2017, le nouveau ministre des finances est considéré comme appartenant à l’aile droite du SPD, notamment depuis son soutien sans faille aux réformes entreprises par le chancelier Gerhard Schröder au début des années 2000.
Toute la question est aujourd’hui de savoir dans quelle mesure sa politique se démarquera de celle de Wolfgang Schäuble (CDU), qui fut chargé des finances de 2009 à 2017. Pour l’heure, M. Scholz s’est surtout employé à mettre ses pas dans ceux de son prédécesseur, assurant notamment qu’il serait le garant du « zéro noir » (Schwarze Null), cher à celui-ci, autrement dit d’une politique de strict équilibre budgétaire.
Très attendu sur le terrain européen, où il est peu connu, il devra aussi rendre des comptes au SPD, dont il est président par intérim depuis la démission de Martin Schulz, le 11 février. Au sein du parti, beaucoup attendent en effet de lui qu’il profite du fait que les sociaux-démocrates aient récupéré le portefeuille des finances, ce qui n’était plus le cas depuis 2009, pour mener une politique plus offensive en matière d’investissements.
Jens Spahn (CDU), 37 ans, ministre de la santé

   


Le ministère de la santé sera sans doute l’un des plus politiques du nouveau gouvernement, et ce en raison de la personnalité de son nouveau titulaire, Jens Spahn, qui était depuis 2015 secrétaire d’Etat aux finances.
Elu pour la première fois au Bundestag en 2002, à l’âge de 22 ans, le député de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a été le premier membre de la direction de la CDU, en 2015, à critiquer ouvertement la politique d’accueil des réfugiés décidée cette année-là par Angela Merkel. Mais son désaccord avec elle est en réalité bien plus profond. Dans son parti, M. Spahn fait en effet partie de ceux qui estiment que Mme Merkel a trop rapproché la CDU du SPD, au risque de perdre une partie de son électorat traditionnel.
En nommant M. Spahn au ministère de la santé, un domaine qu’il connaît bien pour en avoir été le responsable au groupe CDU du Bundestag de 2009 à 2015 – ce qui lui valut à l’époque d’être accusé de conflits d’intérêts en raison de ses liens avec une société de lobbying spécialisée dans le secteur pharmaceutique –, la chancelière a choisi d’envoyer un signal clair en direction de l’aile libérale-conservatrice de son parti.
Horst Seehofer (CSU), 68 ans, ministre de l’intérieur 

   


Depuis la signature du « contrat de coalition », le 7 février, Horst Seehofer ne cesse de répéter que cet accord le « satisfait pleinement ». Cela peut se comprendre, tant sur le plan politique que personnel. Sur le fond, le président de la CSU a en effet obtenu le durcissement qu’il réclamait depuis 2015 à Angela Merkel en matière de politique migratoire. Une façon pour son parti de tenter d’endiguer la montée du parti d’extrême droite AfD, à moins d’un an des prochaines élections bavaroises. Par ailleurs, il hérite pour lui-même d’un « super » ministère de l’intérieur élargi au secteur du logement et auquel est désormais accolé le mot « Heimat » (patrie).
A 68 ans, celui qui était depuis 2008 ministre-président de la Bavière reste président de la CSU, même si son autorité à la tête des conservateurs bavarois est très contestée depuis le mauvais résultat du parti aux élections législatives du 24 septembre 2017.
Dans un entretien au quotidien conservateur Bild, dimanche 11 février, le nouveau ministre de l’intérieur a promis la « tolérance zéro » contre les délinquants, une généralisation de la vidéosurveillance et un « plan d’envergure pour accélérer les procédures d’examen des demandes d’asile et pratiquer une politique d’expulsion plus conséquente » pour ceux dont les demandes ont été rejetées.
Hubertus Heil (SPD), 45 ans, ministre du travail et des affaires sociales

   


A l’automne 2013, son nom avait circulé pour le ministère de l’économie. C’est finalement à Sigmar Gabriel, alors président du SPD, que ce portefeuille avait été confié. Quatre ans et demi plus tard, Hubertus Heil entre cette fois au gouvernement, comme ministre du travail et des affaires sociales. En annonçant sa nomination, le 9 mars, Andrea Nahles, la présidente du SPD au Bundestag, a salué « un homme qui comprend et connaît les partenaires sociaux ». Agé de 45 ans, cet élu de Basse-Saxe, député depuis 1998, a été secrétaire général du SPD de 2005 à 2009 puis de juin à septembre 2017.
Au travail et aux affaires sociales, le ministère fédéral doté du plus gros budget (140 milliards d’euros), il devra mettre en œuvre deux réformes délicates : l’encadrement des contrats à durée déterminée, qui a fait l’objet d’âpres discussions entre sociaux-démocrates et conservateurs lors des négociations sur le « contrat de coalition », et la refonte du système des retraites, qui sera l’un des principaux chantiers du nouveau gouvernement.
Anja Karliczek (CDU), 46 ans, ministre de l’éducation

   


Les Allemands ont découvert son nom le 25 février, quand Angela Merkel a dévoilé la liste des futurs ministres issus de la CDU. Inconnue du grand public, Anja Karliczek n’est membre du Bundestag que depuis 2013. Auparavant, elle avait travaillé dans l’hôtel de ses parents, dans une petite ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
Elue de la circonscription voisine de celle de Jens Spahn, le nouveau ministre de la santé, elle n’a aucune expertise particulière dans le domaine de l’éducation, ce qui a été largement souligné par la presse et par l’opposition au moment de sa nomination. Son rôle devrait pourtant être plus important que celui de nombre de ses prédécesseurs, en raison de la volonté affichée par la nouvelle « grande coalition » de renforcer les prérogatives de l’Etat fédéral en la matière, au risque de remettre en cause plus de soixante ans de souveraineté quasi absolue des Länder dans ce domaine.
Julia Klöckner (CDU), 45 ans, ministre de l’agriculture

   


Invitée régulière des émissions politiques et très populaire parmi les adhérents de la CDU, dont elle est l’une des vice-présidentes, Julia Klöckner fait partie des rares personnalités du parti conservateur considérées comme pouvant succéder à Angela Merkel, même si sa défaite inattendue face au SPD lors des élections régionales de 2016 en Rhénanie-Palatinat en fait aujourd’hui une prétendante moins évidente.
Agée de 45 ans, Mme Klöckner est assez représentative de la nouvelle génération de responsables de la CDU, partisans d’une ligne plus libérale que Mme Merkel sur le plan économique, et plus conservatrice sur le terrain des valeurs. Avocate du projet de traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, elle est également connue pour ses prises de position contre l’avortement et pour l’interdiction de la recherche sur les cellules-souches embryonnaires. Sa nomination au ministère de l’agriculture n’est pas une surprise. Elle y fut déjà secrétaire d’Etat de 2009 à 2011.
Franziska Giffey (SPD), 39 ans, ministre de la famille

   


C’est l’une des surprises du nouveau gouvernement. Agée de 39 ans, Franziska Giffey est une parfaite inconnue sur la scène politique nationale. Depuis 2015, elle était maire de Neukölln, un des arrondissements les plus populaires de Berlin mais aussi un de ceux où les questions d’intégration et les défis liés à la « gentrification » de la capitale allemande sont les plus aigus. Née en 1978 à Francfort-sur-l’Oder, sur la frontière polonaise, elle est – avec Angela Merkel – la seule ministre de plein exercice du nouveau gouvernement à être originaire d’ex-Allemagne de l’Est
Svenja Schulze (SPD), 49 ans, ministre de l’environnement

   


Les défenseurs de l’environnement ont jugé sévèrement le « contrat de coalition », estimant qu’il manquait singulièrement d’ambition dans deux domaines en particulier : la transition énergétique et la lutte contre les émissions de CO2. Ces dossiers seront pourtant au cœur de la nouvelle législature, notamment suite à la décision du tribunal administratif fédéral de Leipzig, le 27 février, qui autorise les grandes villes à interdire la circulation des voitures diesel polluantes, un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules dans le pays.
Dans la bataille qui s’annonce, les associations de défense de l’environnement s’inquiètent déjà du rôle que jouera la nouvelle ministre, Svenja Schutze. Chargée de la recherche scientifique dans le gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie de 2010 à 2017, elle était jusque-là secrétaire générale de la puissante fédération SPD de ce Land, une fédération peu réputée pour ses idées audacieuses dans le domaine de l’environnement en raison de ses liens historiques avec l’industrie du charbon.
Andreas Scheuer (CSU), 43 ans, ministre des transports

   


Secrétaire général de la CSU depuis 2013, Andreas Scheuer est surtout connu hors de Bavière pour ses déclarations provocatrices. En 2014, lors de l’élection de Bodo Ramelow, membre du parti de gauche radicale Die Linke, à la tête du Land de Thuringe, il avait parlé de « jour de honte pour l’Allemagne réunifiée », qualifiant le nouveau ministre-président de ce Land situé dans l’ancienne RDA d’« agent de haut rang de l’ex-Stasi-Connection ».
En 2016, il avait déploré l’attitude trop laxiste, selon lui, des autorités allemandes vis-à-vis des étrangers sans titre de séjour, déclarant : « Le pire, c’est un Sénégalais joueur de foot et servant de messe qui vit ici depuis plus de trois ans. Lui, tu ne pourras jamais l’expulser. »
Au ministère des transports, M. Scheuer succède à Alexander Dobrindt, désormais chef de file des députés CSU au Bundestag. A ce poste, il devrait s’inscrire dans la stricte continuité de son prédécesseur, qui fut un défenseur zélé des intérêts de l’industrie automobile, secteur clé de l’économie bavaroise.
Les rescapés
Ursula von der Leyen (CDU), 59 ans, ministre de la défense

   


Aucun ministre n’avait été aussi contesté au cours des dernières années. Fragilisée par plusieurs scandales ayant touché l’armée allemande ainsi que par le débat récurrent sur le sous-équipement de la Bundeswehr, Ursula von der Leyen est – avec Gerd Müller (CSU), chargé du développement – la seule membre de l’équipe sortante à conserver son portefeuille.
Proche d’Angela Merkel, cette mère de sept enfants, qui fut ministre de la famille de 2005 à 2009, fait partie des 75 députés conservateurs (sur 225) à avoir voté en faveur de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, en juin 2017. Son maintien au ministère de la défense pourrait toutefois n’être que provisoire, en attendant qu’un poste se libère à la Commission européenne, en 2019, ou à l’Otan, en 2020, au terme du mandat de l’actuel secrétaire général, le Norvégien Jens Stoltenberg.
Peter Altmaier, 59 ans, ministre de l’économie

   


Fidèle parmi les fidèles d’Angela Merkel, dont il fut ministre de l’environnement (2012-2013) puis ministre de la chancellerie à partir de 2013, Peter Altmaier assurait l’intérim de Wolfgang Schäuble (CDU) au ministère des finances depuis l’élection de celui-ci à la présidence du Bundestag, en octobre 2017. Faute de pouvoir conserver ce portefeuille dont ont hérité les sociaux-démocrates, il a hérité du ministère de l’économie, réputé moins prestigieux et moins influent.
Européen convaincu et parfaitement francophone, cet élu de la Sarre est un parlementaire aguerri – il est membre du Bundestag depuis 1994 – autant qu’un habitué des plateaux de télévision. Situé à l’aile gauche de la CDU, il entretient de longue date des relations cordiales avec les écologistes et les sociaux-démocrates. En juin 2017, il a lui aussi fait partie des députés conservateurs ayant voté pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels.
Heiko Maas (SPD), 51 ans, ministre des affaires étrangères

   


Dans une autre vie, Heiko Maas aurait pu être champion cycliste. A 51 ans, il continue de pratiquer le triathlon et passe pour être l’un des hommes politiques allemands les plus passionnés de sport. Nommé ministre de la justice en 2013, il est surtout connu pour son engagement contre l’extrême droite ainsi que pour sa loi controversée, entrée en vigueur le 1er janvier et qui oblige les réseaux sociaux à supprimer les contenus haineux publiés par leurs utilisateurs.
Européen convaincu, cet élu de la Sarre ne s’est guère aventuré jusque-là sur le terrain de la politique étrangère. En juillet 2017, il s’était toutefois distingué par des propos très sévères contre le régime turc. « M. Erdogan remplit les prisons avec ses adversaires et ceux qui le critiquent. Cela n’a plus rien à voir avec ce que doit être un Etat de droit », avait-il dit, quelques jours après l’arrestation, en Turquie, de plusieurs défenseurs des droits de l’homme.
Katarina Barley (SPD), 49 ans, ministre de la justice

   


« Je suis un couteau suisse », avait-elle récemment confié, façon de dire que tout portefeuille lui conviendrait du moment qu’on lui en proposerait un. Fille d’un journaliste britannique et d’une médecin allemande, bilingue en anglais et très à l’aise en français – elle a étudié le droit en France –, Katarina Barley faisait partie des possibles successeurs de Sigmar Gabriel aux affaires étrangères.
Ministre de la famille depuis juin 2017, cette ancienne secrétaire générale du SPD (2015-2017) a finalement hérité du portefeuille de la justice. Ce secteur ne lui est pas étranger : avant d’être élue au Bundestag, en 2013, elle avait travaillé comme juriste à la Cour constitutionnelle de Karlsruhe et comme conseillère au ministère de la justice du Land de Rhénanie-Palatinat.
Helge Braun (CDU), 45 ans, ministre de la chancellerie

   


Médecin anesthésiste, membre du Bundestag depuis 2002, cet élu de la Hesse était déjà secrétaire d’Etat à la chancellerie depuis 2013, où il s’occupait notamment des relations entre l’Etat fédéral et les Länder. Avec le départ de Peter Altmaier pour le ministère de l’économie, cet homme discret et sans appétence particulière pour les caméras accède au poste stratégique de ministre de la chancellerie, sorte de super-directeur de cabinet, véritable bras droit d’Angela Merkel.
Gerd Müller (CSU), 62 ans, ministre du développement

   


Avec Ursula von der Leyen (défense), Gerd Müller (CSU) est le seul ministre de plein exercice du précédent cabinet à conserver son poste. Chargé du développement depuis 2013, il a lancé, en 2016, l’idée d’un « plan Marshall pour l’Afrique », qui témoigne de l’intérêt croissant de la diplomatie allemande pour ce continent. L’une des justifications de ce plan de développement, qui a pour l’instant peu de retombées concrètes, est la « lutte contre les causes de l’immigration », une priorité affichée d’Angela Merkel depuis la crise des réfugiés de 2015.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le nouveau secrétaire d’Etat s’est fait l’écho du ton agressif prisé par Donald Trump et est favorable à une dénonciation de l’accord conclu avec Téhéran en 2015.
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Mike Pompeo, de la CIA au département d’Etat

Le nouveau secrétaire d’Etat s’est fait l’écho du ton agressif prisé par Donald Trump et est favorable à une dénonciation de l’accord conclu avec Téhéran en 2015.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h25
   





                        



   


Après des mois de rumeurs, le président américain Donald Trump a annoncé, d’un tweet, mardi 13 mars, le limogeage de Rex Tillerson, remplacé au poste de secrétaire d’Etat par Mike Pompeo, qui dirigeait la CIA depuis le 23 janvier 2017.
Agé de 54 ans, Mike Pompeo a « la même façon de penser [que moi] », a avancé Donald Trump depuis la pelouse de la Maison Blanche. Le Sénat entendra Mike Pompeo le mois prochain pour une audition de confirmation.

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Accord sur la Corée du Nord et l’Iran
Le nouveau secrétaire d’Etat s’est fait l’écho du ton agressif et parfois guerrier prisé par Donald Trump en promettant, en octobre 2017, une CIA plus « agressive, brutale, impitoyable, implacable – vous choisissez le mot ». Il a également affirmé que la politique d’extrême fermeté de Donald Trump avait permis une prochaine rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Comme Donald Trump, Mike Pompeo est très virulent à l’égard de l’Iran et favorable à la dénonciation de l’accord sur le nucléaire conclu entre Téhéran et les grandes puissances en 2015. En octobre, il a accusé l’Iran de rechercher une « hégémonie » régionale.
Ingérence russe : ne pas contredire le président
A la tête de la CIA, M. Pompeo a évité de critiquer ouvertement le président, qui met régulièrement en doute les conclusions des agences de renseignement sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016. Il a minimisé l’importance des ingérences russes, faisant valoir que Moscou a cherché à influencer la vie politique américaine depuis des décennies.
Le mois dernier, il a jugé normal d’avoir reçu en janvier au siège de la CIA le chef des services de renseignement russe.
Il a toutefois mis en garde sur une possible nouvelle ingérence des pirates informatiques russes dans les élections de mi-mandat en novembre.
Favorable à la collecte de données
Mike Pompeo est favorable à la collecte par les agences de sécurité des données de communication des Américains. Dans une tribune publiée en 2016 dans le Wall Street Journal, il plaidait pour la reprise de la collecte des métadonnées des lignes téléphoniques personnelles et la création d’un moteur de recherche croisant ces données avec des informations sur les finances et le mode de vie des personnes concernées.
Il a apporté son soutien aux programmes de surveillance de la National Security Agency (NSA – Agence nationale de sécurité) et a soutenu que le lanceur d’alerte Edward Snowden, ancien analyste de l’agence qui avait dévoilé ces programmes et qui est réfugié en Russie, méritait la peine de mort pour trahison.
De West Point au Tea Party
Né en Californie, Mike Pompeo a eu un parcours fulgurant, en sachant saisir des opportunités qui l’ont mené jusqu’à Donald Trump. Il est sorti major de sa promotion à l’école militaire de West Point en 1986. Après avoir servi pendant cinq ans et atteint le grade de capitaine – sans jamais être allé au combat –, il a intégré la Harvard Law School, l’une des grandes facultés de droit du pays.
Il a fondé une société d’ingénierie dans le Kansas avant de se lancer dans la politique en 2010 avec le soutien des frères Koch, des milliardaires qui financent les candidats conservateurs.
Elu avec la vague Tea Party à la Chambre des représentants, Mike Pompeo a acquis la réputation de présenter des projets de loi favorables aux frères Koch. A la Chambre des représentants, il intègre ensuite l’une de ses commissions les plus prestigieuses, celle du renseignement, où les élus ont accès à nombre d’informations confidentielles.
Mais c’est grâce à l’âpre combat mené par les républicains contre Hillary Clinton dans l’affaire de l’attentat de Benghazi, qui a coûté la vie à l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye en 2012, que l’élu est passé de l’ombre à la lumière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La rédactrice en chef du magazine américain a fait appel à un professeur d’histoire qui a pointé les stéréotypes racistes publiés pendant des décennies.
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Racisme : « National Geographic » fait son mea culpa

La rédactrice en chef du magazine américain a fait appel à un professeur d’histoire qui a pointé les stéréotypes racistes publiés pendant des décennies.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h18
   





                        


Du racisme et des regrets. C’est le bilan que dresse dans un éditorial Susan Goldberg, la rédactrice en chef de National Geographic, magazine américain de photographie et de reportages fondé en 1888, après avoir épluché les cent trente ans d’archives de la revue. Elle explique que sa publication a décidé de faire son « examen de conscience » à l’occasion d’un numéro spécial sur le concept de « races » — « le principe même de races est une hérésie scientifique et ne résulte d’aucune façon d’une différenciation biologique », rappelle-t-elle.
Pour cela, les collaborateurs du National Geographic ont fait appel à John Edwin Mason, professeur d’histoire de l’Afrique et d’histoire de la photographie à l’université de Virginie. De l’étude des archives du magazine, il a tiré deux conclusions, énoncées dans l’éditorial :
« Jusque dans les années 1970, “National Geographic” ignorait complètement les personnes de couleur qui vivaient aux Etats-Unis, ne leur reconnaissant que rarement un statut, le plus souvent celui d’ouvrier ou de domestique. Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les “natifs” d’autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de “sauvages anoblis”, tout ce qu’il y a de plus cliché. »

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« Stéréotypes de la culture blanche occidentale »
Pour étayer ses propos, John Edwin Mason s’appuie notamment sur l’exemple d’un reportage réalisé en Afrique du Sud en 1962, dans lequel aucun Noir sud-africain ne s’exprime. A la place, les personnes noires représentées sont des domestiques, des ouvriers ou sont en train de danser.
Il pointe aussi les « représentations glamour des femmes insulaires du Pacifique » faites par le magazine, les photographies sur lesquelles figurent des « autochtones “non civilisés”, apparemment fascinés par la technologie “civilisée” des Occidentaux ». Ou encore cette légende dans un reportage en Australie datant de 1916 : « deux Noirs sud-australiens : ces sauvages se classent parmi les moins intelligents de tous les êtres humains. »
« Contrairement aux magazines comme “Life”, explique John Edwin Mason, “National Geographic” a très peu fait en sorte que ses lecteurs dépassent les stéréotypes de la culture blanche occidentale, poursuit l’éditorial. (…) “National Geographic” n’a pas organisé l’émancipation des préjugés que son autorité aurait permis d’organiser. »
L’opération d’autocritique du National Geographic rappelle celle du New York Times. Après s’être plongé dans ses archives et avoir constaté que ses nécrologies étaient essentiellement consacrées à des hommes blancs, le quotidien américain a publié, le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les nécrologies de « quinze femmes remarquables » — telles que Diane Arbus, Charlotte Brontë ou encore Ida B. Wells — qui n’avaient jamais été écrites.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le départ de Rex Tillerson constitue le remaniement le plus spectaculaire, à ce jour, de l’administration Trump.
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Rex Tillerson, dernière victime de la « lessiveuse » de l’administration Trump

Le départ de Rex Tillerson constitue le remaniement le plus spectaculaire, à ce jour, de l’administration Trump.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 17h22
   





                        



   


« You’re fired »… A chaque nouveau départ d’une personnalité de son administration, l’injonction légendaire de Donald Trump dans The Apprentice, l’émission de télé-réalité qui l’a rendu populaire, revient à l’esprit des observateurs. Cette fois, c’est avec un tweet que le président américain a annoncé, mardi 13 mars, le limogeage de Rex Tillerson, remplacé au poste de secrétaire d’Etat par l’actuel directeur de la CIA, Mike Pompeo. Ce départ constitue le remaniement le plus spectaculaire, à ce jour, de l’administration Trump.

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Sally Yates
Alors ministre de la justice par intérim, membre de l’administration Obama, Sally Yates est limogée par Donald Trump dix jours après son investiture comme 45e président des Etats-Unis, le 30 janvier 2017, pour avoir invité le personnel du département de la justice à ne pas mettre en œuvre le décret présidentiel sur une limitation de l’immigration.

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Michael Flynn
Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche démissionne le 13 février après la révélation de ses entretiens avec l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis avant l’entrée en fonctions de Donald Trump. Au cours de ces entretiens, Flynn aurait abordé la question des sanctions américaines contre la Russie et il aurait ensuite dissimulé le contenu de ces conversations au vice-président Mike Pence.

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James Comey
Le directeur du FBI dirigeait une enquête sur une éventuelle collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie destinée à peser sur le résultat de la présidentielle du 8 novembre. Trump le limoge le 9 mai.

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Sean Spicer
Le porte-parole de la Maison Blanche démissionne le 21 juillet après la nomination d’Anthony Scaramucci au poste de directeur de la communication.

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Reince Priebus
L’ancien président du comité national du Parti républicain est limogé le 28 juillet de son poste de secrétaire général de la Maison Blanche et remplacé par John Kelly. Un proche de Trump confie que le président a perdu confiance en lui en raison de l’échec de plusieurs projets législatifs majeurs au Congrès, pourtant contrôlé par les républicains.

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Anthony Scaramucci
Trump limoge le 31 juillet son directeur de la communication dix jours seulement après sa nomination en raison de propos obscènes à l’égard d’autres responsables de la Maison Blanche retranscrits par un journaliste du New Yorker.

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Conseil des industriels et Forum de stratégie et de politique
En pleine polémique sur la réponse de Trump aux violences de Charlottesville, en Virginie, où une contre-manifestante a été tuée par un militant suprémaciste en marge d’un rassemblement de l’extrême droite, une vague de démissions touchent ces deux commissions consultatives formées de chefs d’entreprise, choqués par les déclarations du président. Trump préfère couper court à l’expérience et annonce le 16 août la dissolution de ces deux instances.

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Steve Bannon
Il était l’un des architectes de sa victoire à l’élection présidentielle et promoteur au sein de la Maison Blanche d’une vision protectionniste et nationaliste, inspiré du site d’information dont il était le rédacteur en chef, Breitbart News ; Steve Bannon quitte à son tour la Maison Blanche le 18 août.

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Carl Icahn
Le milliardaire annonce le 18 août qu’il renonce à ses fonctions de conseiller spécial de Trump face aux critiques estimant que ses avis en matière de régulation pourraient bénéficier à ses propres affaires.

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Sebastian Gorka
Cet autre conseiller de Trump était un proche de la ligne nationaliste dure de Steve Bannon. Le 25 août, la Maison Blanche annonce qu’il ne travaille plus pour le président.

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Tom Price
Mis en cause dans une affaire de déplacements en avions privés, le secrétaire à la santé et aux services sociaux démissionne le 29 septembre. Sa position était également fragilisée par les échecs à répétition des tentatives d’abrogation de l’Obamacare, la loi sur l’assurance maladie promulguée en 2010 par Barack Obama dont il était pourtant un opposant déterminé.

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Andrew McCabe
Agé de 49 ans, le directeur adjoint du FBI, en butte à des critiques de Trump et d’autres républicains, présente sa démission le 29 janvier, à quelques semaines seulement de l’expiration de son mandat. Dans les mois précédant son départ, Trump en avait fait la cible de certains de ses tweets dans lesquels il lui reprochait sa proximité avec Hillary Clinton.

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Rob Porter
Le secrétaire du personnel de la Maison Blanche, accusé de violences conjugales par ses deux ex-épouses, est poussé vers la sortie le 7 février.

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Hope Hicks
La Maison Blanche annonce le 28 février le départ de la directrice de la communication de la présidence. Ancienne conseillère ponctuelle d’Ivanka Trump, la fille du président, Hope Hicks, 29 ans, avait été l’une des premières personnes recrutées par le républicain pour sa campagne présidentielle de 2016. Elle avait pris ses fonctions en septembre, après le passage éclair d’Anthony Scaramucci.

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Gary Cohn
Le conseiller économique de la Maison Blanche présente sa démission le 7 mars après n’avoir pu dissuader Trump de revoir son projet de taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium. Ancien banquier de Goldman Sachs, Gary Cohn, qui fut l’un des principaux artisans de la réforme fiscale adoptée en décembre dernier, s’opposait aux partisans du protectionnisme au sein du gouvernement fédéral américain.

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Rex Tillerson
Le secrétaire d’Etat et ancien PDG de la compagnie pétrolière Exxon Mobil est écarté le 13 mars et remplacé par le directeur de la CIA Mike Pompeo. Gina Haspel, directrice adjointe de la CIA, est nommée à la tête de l’Agence centrale de renseignement.

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Rex Tillerson, limogé par Donald Trump après des mois de désaccords

Le divorce avait été annoncé de longue date à Washington, alimenté par des fuites du très proche entourage du président. Ce dernier n’a pas pris la peine de l’en informer directement.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 17h09
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Un défaut de loyauté, qu’il soit justifié ou non, voilà ce qui est rédhibitoire dans l’administration de Donald Trump. Après le directeur du FBI, James Comey, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson l’a appris à ses dépens, mardi 13 mars. Le secrétaire d’Etat avait écourté une tournée en Afrique, après avoir été informé vendredi 9 mars, selon la presse américaine, que le président envisageait de mettre fin à ses fonctions. Ce dernier n’a cependant pas pris la peine de l’en informer directement.
Il ne restait plus que la solution du limogeage
Le divorce avait été annoncé de longue date à Washington, alimenté par des fuites du très proche entourage du président. L’ancien responsable du géant pétrolier Exxon Mobil avait refusé de lâcher prise. Il ne restait plus que la solution du limogeage.
Rex Tillerson a été, comme d’autres avant lui, la victime collatérale d’une victoire inattendue. Lorsque le magnat de l’immobilier avait remporté par surprise l’élection présidentielle, le 8 novembre 2016, il était, en effet, apparu assez vite que la transition n’avait pas été sérieusement préparée. Boudant les experts reconnus qui avaient majoritairement pris position contre lui pendant la campagne des primaires républicaines, Donald Trump avait hésité avant d’arrêter son choix.
Son passé à la tête d’Exxon Mobil
Celui de Rex Tillerson, qu’il ne connaissait pas, lui avait été soufflé par l’ancienne secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et l’ancien secrétaire à la défense Robert Gates, tous deux républicains. Son expérience à la tête d’Exxon Mobil, et le carnet d’adresses que cette fonction permet de disposer, avait joué à son avantage. Ils compensaient son absence d’expérience dans les rouages de l’administration. Son audition au Sénat pour sa confirmation, cependant, avait mis en évidence des nuances avec le président sur le dossier du nucléaire iranien comme sur celui du réchauffement climatique.
Rex Tillerson avait été rangé par la presse dans le camp...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La modification de la Constitution permettant à Xi Jinping d’être président à vie ouvre, paradoxalement, une période d’incertitude, estime l’universitaire chinois Lun Zhang dans une tribune au « Monde ».
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« La Chine entre dans une période de contre-réforme au nom de la réforme »

La modification de la Constitution permettant à Xi Jinping d’être président à vie ouvre, paradoxalement, une période d’incertitude, estime l’universitaire chinois Lun Zhang dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 16h35
    |

Lun Zhang (Professeur des universités à l’université de Cergy-Pontoise)







                        



                                


                            

Tribune. Le 11 mars, l’abolition dans la constitution chinoise de la limite du nombre de mandats présidentiels marque de manière symbolique la fin d’une période commencée il y a exactement quarante ans : en 1978, sur les ruines de la Révolution culturelle, la Chine entamait une réforme et une ouverture.
Désormais, si la réforme est toujours officiellement à l’ordre du jour et si nous pouvons encore voir apparaître certaines mesures techniques en vue d’une amélioration administrative et de la performance économique, l’âme de la réforme est bel et bien enterrée. La Chine entre dans une période de contre-réforme au nom de la réforme, dans une phase de « grande réaction historique » qui vise à faire table rase de cette réforme qui a libéré l’énergie de centaines de millions de Chinois et modifié en profondeur le paysage mondial.
Corruption hallucinante et inégalité sociale
Cet événement est une étape décisive de la tendance amorcée depuis cinq ans sous Xi Jinping. Certains Chinois n’hésitent pas à qualifier cette date de « 3.11 » (11 mars) faisant allusion au « 9.11 » (11 septembre [2001]) aux Etats-Unis.
Au cours de ces dernières décennies, malgré une ligne autoritaire sur le plan politique, la réforme impulsée par Deng Xiaoping a accordé beaucoup plus de liberté au peuple chinois par rapport à l’époque de Mao, d’où sa réussite mais aussi les crises que nous constatons tous de nos jours : en effet, les citoyens ne sont que des sujets incomplets possédant des libertés, des droits partiels dans la réforme.

Ainsi la corruption hallucinante et l’inégalité sociale marchent-elles de pair et empoisonnent-elles cette réforme qui a perdu progressivement le soutien de la population et sa vitalité. Les privilégiés contrôlent le pouvoir et les ressources, formant des groupes d’intérêt qui freinent le plus possible la mise en œuvre de véritables mesures de réforme. Le modèle de développement qui fonctionnait jusqu’à présent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La dessinatrice belge Judith Vanistendael a réalisé un court reportage graphique de sa visite illégale dans ce camp situé sur l’île de Lesbos, interdit aux médias.
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Moria, l’enfer de Lesbos

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Judith Vanistendael
Auteure de bande dessinée belge d’expression néerlandaise, Judith Vanistendael (David, les femmes et la mort, Le Lombard ; Salto, Le Lombard) s’est rendue de manière illégale en fin d’année dernière dans le camp de réfugiés de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. Ce camp maintient sur place tous les réfugiés venus de Turquie que l’Europe ne peut absorber. Il est interdit à la presse depuis 2016. Judith Vanistendael a produit un récit de dix pages en dessinant de mémoire, sans même réaliser de croquis, afin de ne pas se faire repérer. Elle a décidé de publier son reportage graphique sur Le Monde.fr.
  

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ A quatre mois du scrutin, les autorités n’ont pas encore choisi de solution technique pour l’identification des électeurs et la transmission des résultats.
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Décryptage

Les Maliens voteront en juillet pour la présidentielle, mais comment ?

A quatre mois du scrutin, les autorités n’ont pas encore choisi de solution technique pour l’identification des électeurs et la transmission des résultats.

Joan Tilouine
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-13T15:28:24+01:00"

        Le 13.03.2018 à 15h28






    
Une électrice malienne tient sa carte biométrique, à Bamako, lors des municipales du 20 novembre 2016.
Crédits : HABIBOU KOUYATE/AFP


Le chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta, martèle que le premier tour de l’élection présidentielle se tiendra bien le 29 juillet, sans d’ailleurs préciser s’il sera candidat à sa propre succession. Le nord et le centre du pays restent pourtant les théâtres de la « guerre contre le terrorisme ». La menace des groupes djihadistes, à la résilience éprouvée, pourrait empêcher la bonne tenue du scrutin. Mais pas question pour le gouvernement de décaler ce rendez-vous attendu par une nation meurtrie, comme l’ont été les locales et les régionales censées se tenir fin 2017 mais reportées au mois d’avril 2018 pour des raisons sécuritaires.
A ces questions militaires s’ajoutent toutefois celles, délicates, de l’identification de près de 7 millions d’électeurs maliens et de la transmission des résultats. A un peu plus de quatre mois du scrutin, la solution technique n’a toujours pas été choisie, ce qui suscite déjà des critiques de la part de l’opposition et fait naître l’inquiétude au sein du gouvernement. L’option technologique reste pour le moment privilégiée par les autorités, désireuses d’organiser un scrutin crédible et non contesté.

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Début mars, le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Mohamed Ag-Erlaf, l’a rappelé dans une lettre adressée à son collègue chargé de l’économie. Cette missive, dont l’objet est : « demande de passation de marché par entente directe » et que Le Monde Afrique a pu consulter, détaille l’unique proposition d’offre technique qui émane du groupe français Idemia, nouveau nom donné en septembre 2017 à OT-Morpho, fruit de la fusion des sociétés Oberthur Technologies (OT) et Morpho.
La première, OT, a été choisie en 2016 pour fournir le passeport biométrique malien. L’année suivante, en novembre, elle était exclue pour deux ans et demi de tous les contrats financés par la Banque mondiale, après avoir reconnu avoir eu recours à la corruption au Bangladesh en vue d’obtenir un contrat. La seconde, Morpho, ancienne filiale du groupe français d’aéronautique Safran, avait décroché le contrat de fourniture de cartes d’électeurs pour la présidentielle de 2013.

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Cinq ans plus tard, l’entité OT-Morpho devenue Idemia prévoit « la mise en place d’un système d’authentification biométrique de la carte d’électeur », « la transmission des résultats par le scan des procès-verbaux » et des « moyens de communication pour la transmission des résultats à partir des bureaux de vote y compris à l’étranger ». Plutôt que l’utilisation de bulletins de vote imprimés, cette offre privilégie l’option numérique avec la livraison de tablettes à raison de « 27 000 kits mobiles », la formation de 75 000 agents électoraux à leur maniement et la « mise en œuvre de moyens de communication réseau dans 60 commissions de centralisation pour la transmission des résultats ». Le tout en trois mois et pour un montant, jugé élevé, de 54 millions d’euros (hors taxes) « payable sur les exercices budgétaires 2018-2019 ».
« Difficile, sinon impossible, à mettre en place »
Le comité de pilotage des élections a d’ores et déjà validé cette proposition, le 23 février. Le ministre de l’administration territoriale a demandé début mars au gouvernement « de bien vouloir autoriser la conclusion du marché ». Cela n’a pas manqué de provoquer l’ire du président malien, selon l’un de ses conseillers qui dit, sous couvert d’anonymat, craindre « une prédation économique » et redouter des dysfonctionnements techniques que l’opposition pourrait pointer. Comme ce fut le cas lors de l’élection présidentielle contestée d’août 2017 au Kenya, où OT-Morpho avait fourni les tablettes utilisées pour la reconnaissance biométrique et la transmission électronique des résultats, soupçonnés d’avoir été manipulés.

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« L’offre retenue me semble difficile, sinon impossible, à mettre en place à quatre mois du scrutin sur un territoire où la couverture Internet et d’électricité reste faible, poursuit un proche conseiller du premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. On pourrait tout aussi bien s’orienter vers une solution peu coûteuse avec l’usage d’encre indélébile et la signature de registres, comme en France. »
Associé de la société OT pour la fourniture de passeports biométriques, l’homme d’affaires malien Samba Bathily reste lui aussi circonspect et se défend d’avoir soutenu le projet d’Idemia. « J’ai investi conjointement avec OT pour les passeports, mais je n’ai rien à voir avec le dossier concernant ces élections, piloté par Morpho, dit-il. Je l’ai expliqué à Idemia : je ne crois pas en leur offre et, au regard du calendrier très serré, une solution plus classique me semble préférable pour le Mali. » Contactée, la société Idemia n’a pas souhaité réagir.

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Le président Ibrahim Boubacar Keïta et son chef de gouvernement devront trancher dans les prochaines semaines. Lors d’un entretien accordé au Monde fin février, le chef de l’Etat avait déclaré faire confiance à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) tout en précisant : « J’ai mission de faire en sorte que la démocratie soit confortée au Mali. Je ne peux pas prendre le risque d’un quelconque glissement du calendrier électoral. » Après des protestations de l’opposition auprès de la CENI et des autorités, le gouvernement a confié l’audit du fichier électoral à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Mis au point par l’URSS dans les années 1970 et 1980, cet agent innervant est cinq à dix fois plus létal que le sarin ou le VX.
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Novitchok : un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe

Mis au point par l’URSS dans les années 1970 et 1980, cet agent innervant est cinq à dix fois plus létal que le sarin ou le VX.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 16h59
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Si la succession des événements depuis l’empoisonnement d’un ex-agent russe et de sa fille, le 4 mars, en Angleterre ne suffisait pas, l’évocation du Novitchok achève de ressusciter les échos d’une guerre froide que l’on croyait terminée. C’est ce poison, dont l’histoire est étroitement liée à celle de la période soviétique, qui a été utilisé pour empoisonner l’agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Youlia dans un quartier commerçant de la ville de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.
Cette conclusion, à laquelle les autorités britanniques sont arrivées au bout d’une semaine d’enquête, a poussé la première ministre, Theresa May, lundi 12 mars, à accuser directement le gouvernement russe d’être derrière cette tentative d’assassinat.

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Quel est ce poison ?
Le Novitchok est une famille d’agents innervants extrêmement dangereux qui « provoque un ralentissement du rythme cardiaque et l’obstruction des voies respiratoires jusqu’à la mort par asphyxie », explique à l’agence de presse Reuters le Pr Gary Stephens, expert en pharmacologie à l’université de Reading, en Angleterre. Concrètement, ce poison inhibe la cholinestérase, une enzyme qui permet au système nerveux de communiquer avec les muscles. Incapable de bouger ses muscles, la victime se trouve dans l’impossibilité de respirer.
Si un traitement d’urgence peut permettre de sauver la personne avant que le cœur ne s’arrête, le manque d’oxygène peut provoquer des dégâts irrémédiables dans le cerveau. Huit jours après leur empoisonnement, Sergueï et Youlia Skripal étaient toujours en soins intensifs dans un état critique.
Le Novitchok est considéré comme cinq à dix fois plus létal que les deux autres agents innervants les plus connus : le gaz sarin (utilisé par le régime de Bachar Al-Assad contre ses adversaires en Syrie) et le VX (responsable de la mort du demi-frère du président coréen Kim Jong-un, selon la diplomatie américaine).
Selon la forme sous laquelle le poison est administré, les premiers symptômes peuvent apparaître entre trente secondes et deux minutes, selon le manuel Responding to Terrorism : A Medical Handbook. Les spécialistes ont connaissance de versions liquides (un fluide incolore qui peut être mélangé à de la nourriture ou jeté sur la peau) et solides (de la poudre ultrafine inhalée par le nez, ou des patchs collés sur la peau) du Novitchok.
D’où vient ce poison ?
Le Novitchok, dont le nom signifie « petit nouveau », fut mis au point par des chercheurs de l’Union des républiques socialistes soviétiques dans les années 1970 et 1980, dans le cadre du programme « Foliant ». Son développement répondait à un enjeu stratégique majeur pour les Soviétiques : jouer aux bons élèves dans les discussions internationales sur l’interdiction des armes chimiques, tout en fabriquant secrètement de nouveaux agents innervants surpuissants, résistant aux antidotes traditionnels.
Les agents de la famille Novitchok étaient composés d’ingrédients autorisés individuellement, qui ne révélaient leur toxicité qu’une fois combinés. Cette caractéristique présentait un double avantage : les ingrédients pouvaient être transportés individuellement en toute sécurité vers le lieu où ils devaient être utilisés, et ils étaient quasi indétectables par les enquêteurs internationaux en cas de contrôle.
Le développement du Novitchok a continué malgré les engagements de l’URSS à mettre fin à son programme chimique, et son existence a, finalement, été découverte par la communauté internationale grâce à des transfuges soviétiques au début des années 1990.
Après la guerre froide, la Russie a montré patte blanche en réclamant l’aide des Etats-Unis pour démanteler son arsenal d’armes chimiques, comme le raconte l’organisation américaine Nuclear Threat Initiative. Un partenariat que Moscou a choisi de rompre en 2012, aiguisant les doutes quant à la sincérité de son engagement à tirer un trait sur son armement chimique. Officiellement, la Russie est censée achever par elle-même la destruction totale de son arsenal d’ici à décembre 2020.

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La Russie est-elle derrière cet empoisonnement ?
Selon les experts interrogés par l’agence de presse américaine Associated Press, la production de Novitchok requiert une expertise et des mesures de sécurité que l’on ne peut normalement trouver que dans des laboratoires gouvernementaux.
En revanche, selon Andrea Sella, professeur en chimie non organique à l’University College de Londres, la Russie n’est pas la seule nation capable de produire du Novitchok. L’analyse des échantillons retrouvés sur Sergueï Skripal et sa fille pourraient permettre de remonter la piste du laboratoire qui a produit l’agent innervant. Pour Alastair Hay, spécialiste de la toxicologie environnementale à l’université de Leeds :
« Les agences de renseignement et les gouvernements ont une connaissance raisonnable des différents procédés et méthodes de fabrication utilisés par chaque pays. »
Celui-ci s’interroge d’ailleurs sur le choix d’un poison si étroitement associé à la Russie, alors qu’il existe des « méthodes beaucoup plus efficaces » de tuer quelqu’un, sans prendre le risque d’être identifié. « Peut-être que cela fait partie du message », avance-t-il.
Pour le gouvernement britannique, en tout cas, le doute n’est guère permis : « Il est très probable que la Russie soit responsable » de l’empoisonnement. « Il s’agit soit d’une attaque directe de l’Etat russe contre notre pays, soit le gouvernement russe a perdu le contrôle de [ce produit] terriblement nocif et a permis son utilisation par d’autres », a déclaré Theresa May, qui a réclamé la communication par Moscou du « programme Novitchok » à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
La révélation des détails sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille a, logiquement, inquiété les habitants de Salisbury. La Pre Sally Davies, cheffe des services de santé britanniques, a toutefois fait savoir à la BBC que le risque était « faible ». Par mesure de précaution, les quelque cinq cents clients et employés passés dans le restaurant et le pub où les Skripal pourraient avoir été empoisonnés ont toutefois été invités à nettoyer leurs vêtements, pour éliminer d’éventuelles traces de Novitchok.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le patron de la CIA, Mike Pompeo, est nommé à la tête du département d’Etat, a annoncé sur Twitter le président des Etats-Unis, confirmant une information du « Washington Post ».
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Donald Trump limoge son chef de la diplomatie, Rex Tillerson

Le patron de la CIA, Mike Pompeo, est nommé à la tête du département d’Etat, a annoncé sur Twitter le président des Etats-Unis, confirmant une information du « Washington Post ».



Le Monde
 |    13.03.2018 à 13h52
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h28
   





                        



   


Donald Trump a annoncé, mardi 13 mars, le remplacement de Rex Tillerson à la tête du département d’Etat par le directeur de la CIA, Mike Pompeo, confirmant une information du Washington Post.

Mike Pompeo, Director of the CIA, will become our new Secretary of State. He will do a fantastic job! Thank you to… https://t.co/bQrfIvM6iT— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Mike Pompeo, directeur de la CIA, va devenir notre nouveau secrétaire d’Etat. Il fera un travail fantastique ! Merci à Rex Tillerson pour son travail ! Gina Haspel va devenir la nouvelle directrice de la CIA, pour la première fois dirigée par une femme. Bravo à tous ! »
Décrit comme un « faucon », ayant tenu des propos controversés sur la torture, Mike Pompeo, 53 ans, avait pris la tête de l’agence de renseignement américaine en janvier 2017.
Gina Haspel est nommée directrice de l’agence en remplacement de ce dernier. Elle devient la première femme à occuper ce poste.
Régulièrement mis en porte-à-faux par le président Donald Trump, Rex Tillerson, venu du monde du pétrole, accumulait les difficultés ces derniers mois.
Le président Trump voulait mettre en place « une nouvelle équipe avant les discussions avec la Corée du Nord et pour les négociations commerciales en cours », a-t-on commenté à la Maison Blanche. Le président a aussi fait état de désaccord avec le secrétaire d’Etat, notamment sur l’Iran.
« Nous nous entendions bien, mais nous avions des désaccords, a lancé M. Trump dans les jardins de la Maison Blanche, en partance pour la Californie. Quand vous regardez l’accord sur le nucléaire iranien : je pensais qu’il était horrible ; il pensait qu’il était OK. »
Rex Tillerson n’a pas parlé à Donald Trump avant son limogeage et ignore les raisons pour lesquelles il a été écarté et remplacé. « Mais il est reconnaissant d’avoir pu servir, et continue à penser que servir le public est une tâche noble qu’il ne faut pas regretter », a déclaré Steve Goldstein, un haut responsable du département d’Etat, qui a également été remercié peu de temps après.

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Des mois de rumeurs
L’hypothèse d’une mise à l’écart de M. Tillerson et de son remplacement par M. Pompeo avait déjà été évoquée au début d’octobre, et ravivée par le New York Times en novembre. Elle avait à l’époque été démentie par la Maison Blanche, et M. Trump avait qualifié l’information de « fake news ».
Les relations entre Donald Trump et l’ancien patron du géant pétrolier ExxonMobil, qui avait été recommandé à Donald Trump par Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat (2005–2009) de George W. Bush, n’ont jamais été au beau fixe, le secrétaire d’Etat ayant maintes fois affiché ses divergences avec le président, sur la Corée du Nord, l’Iran et pas plus tard que lundi sur la Russie.

   


Le président américain avait lui-même laissé planer le doute sur l’avenir de Rex Tillerson après des révélations de la chaîne NBC, selon laquelle ce dernier l’aurait qualifié de « crétin » pendant une réunion au département d’Etat en présence de plusieurs membres de l’administration présidentielle l’été dernier. Peu après, l’ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, avait publiquement démenti être intéressée par le poste de secrétaire d’Etat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Cette attaque, à l’origine incertaine, risque de compromettre un processus de réconciliation entre factions déjà laborieux.
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Tentative d’attentat contre le premier ministre palestinien à Gaza

Cette attaque, à l’origine incertaine, risque de compromettre un processus de réconciliation entre factions déjà laborieux.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 13h05
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Un nuage de fumée sombre s’élève à l’horizon, des passants toussent, des policiers courent dans un accès de panique vers le lieu de l’explosion : une bombe artisanale a visé le convoi du premier ministre palestinien Rami Hamdallah, mardi 13 mars, alors qu’il venait de pénétrer dans la bande de Gaza, par le point de passage d’Erez. Plusieurs personnes ont été légèrement blessées dans cet attentat, mais le dirigeant, indemne, a poursuivi sa visite pendant deux heures, avant de retourner en Cisjordanie.
Le cabinet du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné cet acte « lâche ». « Quels que soient les auteurs, ils servent directement les intérêts de l’occupation israélienne, le principal bénéficiaire de la division » entre factions, explique un communiqué. Le chef des services de sécurité palestiniens, Majed Faraj, l’un des plus proches collaborateurs du « raïs », se trouvait aussi dans le convoi. « Il est trop tôt pour accuser quiconque », a-t-il dit.

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L’Autorité palestinienne tient le Hamas pour responsable de la sécurité sur le terrain. De son côté, le mouvement islamiste armé, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, a publié un communiqué dans lequel il nie toute implication et dénonce l’attaque. Celle-ci s’inscrirait dans « les tentatives visant à déstabiliser la sécurité dans la bande de Gaza, ainsi que les tentatives pour compromettre les efforts actuels en vue de parvenir à l’unité nationale et à la réconciliation intérieure », dit son communiqué. Le Hamas fait ainsi référence au processus politique engagé depuis octobre 2017, à l’instigation de l’Egypte, pour surmonter les divisions entre factions et permettre à l’AP de reprendre le contrôle de la bande de Gaza. Ce processus laborieux se heurte pour l’instant à des écueils administratifs mais surtout à une défiance mutuelle profondément enracinée.
Le plus grave incident depuis cinq mois à Gaza
« Nous ne laisserons personne détruire le projet national palestinien », a déclaré Rami Hamdallah. Le premier ministre a assuré que l’AP comptait poursuivre ses efforts en vue de la réconciliation. « J’appelle le Hamas et les autres factions à participer au Conseil national palestinien qui sera réuni en avril, parce qu’il s’agit d’une phase critique pour le peuple palestinien », a-t-il ajouté. Malgré son stoïcisme et ces propos volontaristes, cet épisode est le plus grave incident survenu depuis cinq mois à Gaza.
Il risque d’accentuer les tensions entre factions et la méfiance de Mahmoud Abbas envers ce territoire palestinien qui lui échappe. Quant aux auteurs possibles de l’attaque, l’une des pistes fréquemment citées conduit vers l’un des groupuscules salafistes implantés dans le territoire palestinien. Depuis début janvier, une phase de confrontation inédite a débuté entre le Hamas et les djihadistes éparpillés dans le Sinaï égyptien, affiliés à l’organisation Etat islamique (EI). Dès le début d’après-midi, le Hamas confirmait que des arrestations avaient eu lieu.

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Lors de sa visite à Gaza, M. Hamdallah a notamment participé à l’inauguration d’une infrastructure promise depuis treize ans : la station d’épuration Ngest, qui traitera à terme les eaux usées rejetées par 360 000 personnes vivant dans le nord de l’enclave. D’un coût total de 73 millions de dollars (59 millions d’euros), dont 19,2 pris en charge par l’Agence française de développement (AFD), ce dispositif ambitieux a été longtemps retardé par les obstacles dans l’importation des équipements et des matériaux créés par les Israéliens. Il est constitué de stations de pompage, d’une station de traitement de ces eaux usées et de neuf nouveaux bassins d’infiltration. Une très rare bonne nouvelle à Gaza.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a réagi vivement aux accusations de Theresa May, qui a estimé « très probable que la Russie soit responsable » de cet empoisonnement.
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Ex-espion empoisonné : la crise s’envenime entre la Russie et le Royaume-Uni

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a réagi vivement aux accusations de Theresa May, qui a estimé « très probable que la Russie soit responsable » de cet empoisonnement.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 18h25
   





                        



La crise diplomatique entre la Russie et le Royaume-Uni continue de s’envenimer, mardi 13 mars, une semaine après l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury (sud de l’Angleterre). Le gouvernement britannique accuse désormais explicitement la Russie et lui demande des explications ; les Russes, quant à eux, clament leur innocence et accusent les autorités britanniques de vouloir les « discréditer » avec leurs « accusations gratuites ».

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Le réquisitoire de Theresa May
La première ministre britannique, Theresa May, a fait savoir qu’elle réunirait son Conseil de sécurité nationale (NSC) mercredi, pour examiner la réponse apportée par Moscou à la suite de l’ultimatum qu’elle lui a fixé. « Il y aura une réunion du NSC demain matin pour parler des prochaines étapes (…), pour parler de la réponse de la Russie quelle qu’elle soit », a déclaré mardi son porte-parole.
Lundi soir, sous la pression des conservateurs, Mme May avait accusé la Russie d’avoir empoisonné Sergueï Skripal et sa fille Youlia. A l’appui de ses accusations, l’identification par la police scientifique britannique de l’agent innervant utilisé, une substance « de qualité militaire », du groupe des agents « Novitchok ».

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Faute d’une communication du « programme Novitchok » à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et d’une « réponse crédible » de l’ambassadeur russe Alexandre Yakovenko d’ici à mardi soir, a averti Mme May, « nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la Chambre [des députés] et présenterai l’éventail des mesures que nous prendrons en représailles. »
La riposte de la Russie
« La Russie est innocente et est prête à coopérer » à l’enquête « si la Grande-Bretagne remplit ses obligations internationales », a déclaré de son côté le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse tenue mardi à Moscou.
Selon ce dernier, la Convention sur l’interdiction des armes chimiques prévoit qu’en cas d’utilisation de substances interdites une demande d’information soit envoyée au pays soupçonné d’en être à l’origine qui, à son tour, a le droit de procéder à ses propres analyses.
« Nous avons exigé par une note officielle d’accéder à cette substance et (…) à tous les éléments de l’enquête. Ces demandes ont été rejetées. Avant de poser des ultimatums, il vaut mieux respecter ses obligations en matière de droit international. »
Pour la Russie, les autorités britanniques ne veulent que « discréditer » Moscou avec leurs « accusations gratuites ». Dans un communiqué, le ministère russe des affaires étrangères a estimé mardi que « cet incident constitue une nouvelle tentative basse des autorités britanniques de discréditer la Russie ».
Et face à la menace du régulateur de l’audiovisuel britannique, Ofcom, de retirer la licence accordée à la chaîne Russia Today (RT), Moscou, par la voix de la porte-parole de la diplomatie Maria Zakharova, a prévenu : « Aucun média britannique ne travaillera en Russie s’ils ferment RT. »
Les soutiens de la Maison Blanche et de l’Europe
Theresa May a reçu le soutien de la Maison Blanche, qui lui a exprimé sa solidarité. « Je vais parler à Theresa May aujourd’hui. Pour moi ça ressemble à la Russie, en se basant sur toutes les preuves qu’ils ont », a déclaré Donald Trump mardi devant des journalistes à la Maison Blanche, sans se montrer totalement affirmatif.
La veille, Emmanuel Macron et Mme May s’étaient parlé au téléphone, exprimant leur accord pour « continuer à agir de concert pour répondre au comportement agressif russe », selon le communiqué de Downing Street. Mardi, le ministère des affaires étrangères français a qualifié cet empoisonnement d’« attaque totalement inacceptable » et exprimé « la solidarité de la France à l’égard du Royaume-Uni, allié stratégique de tout premier plan de notre pays ».
La Commission européenne a à son tour fait part mardi de sa solidarité « inébranlable » envers Londres. « Il est de la plus haute importance que ceux qui sont responsables (…) voient très clairement qu’il y a une solidarité européenne – sans équivoque, inébranlable et très forte – de façon qu’ils soient vraiment punis pour ce qu’ils ont fait », a commenté le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, devant le Parlement européen à Strasbourg.
La réaction « préoccupée » de l’OIAC
Ahmet Uzümcü, directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, a exprimé mardi sa « vive préoccupation ». M. Uzümcü a déclaré s’être entretenu lundi par téléphone avec le ministre britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, pour s’informer des résultats de l’enquête à ce stade.
« Il est extrêmement inquiétant que les agents chimiques soient encore utilisés pour blesser les gens. Ceux qui sont à l’origine de cette utilisation doivent être tenus responsables de leurs actions. »
La Russie, qui a assuré l’an dernier avoir détruit entièrement son stock d’armes chimiques, a jusqu’à minuit pour s’expliquer sur l’empoisonnement de l’ex-espion, faute de quoi Londres a promis des représailles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Pour l’économiste Jean-Pierre Petit, l’attitude du président américain relève d’une posture, à la fois vis-à-vis des partenaires commerciaux et vis-à-vis de ses électeurs avant les élections de mi-mandat en novembre.
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La « guerre commerciale de Trump » n’aura pas lieu

Pour l’économiste Jean-Pierre Petit, l’attitude du président américain relève d’une posture, à la fois vis-à-vis des partenaires commerciaux et vis-à-vis de ses électeurs avant les élections de mi-mandat en novembre.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h58
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            

L’éclairage. La menace d’une guerre commerciale déclenchée par Donald Trump n’est pas nouvelle. Elle a hanté les marchés durant la campagne pour l’élection présidentielle de 2016, puis de temps à autre en 2017. Il est vrai que le président américain dispose en matière commerciale de pouvoirs étendus. Mais signalons avant toute chose que les conflits commerciaux avec les Etats-Unis sont plus la règle que l’exception depuis la grande phase de libéralisation des échanges au début des années 1980.
En moyenne, depuis 1980, la US International Trade Commission a ouvert environ cinquante enquêtes par an sur les pratiques déloyales en matière de commerce extérieur, sur des produits représentant en moyenne 0,4 % des importations américaines. Parfois les tensions sont un peu plus fortes parce qu’elles concernent des grands pays, ou des secteurs considérés comme stratégiques ou politiquement sensibles. Ces enquêtes ont abouti à des sanctions représentant plus de 1 % du total des importations américaines dans deux cas particuliers.
Pas d’impact macroéconomique significatif
A peine arrivé à la Maison Blanche, Bill Clinton a lancé entre le début 1993 et mai 1995 des actions restrictives à l’encontre du Japon dans le secteur automobile. Cela a notamment abouti à des droits de douane de 100 % sur les importations de voitures de luxe. Plus récemment, George W. Bush Junior avait lancé une procédure à l’encontre des exportations européennes d’acier vers les Etats-Unis, qui ont abouti en mars 2002 à des hausses de droits de 8 % à 30 % sur certains produits. Ce contentieux a été porté par l’Europe devant l’Organisation mondiale du commerce, qui lui donna raison en juillet 2003.
Mais aucun de ces conflits n’a eu d’impact macroéconomique significatif.
Les mesures annoncées par Donald Trump restent du même ordre de grandeur que ces cas précédents. Elles ne concernent pas plus de 2 % des importations de biens et 0,2 % du PIB américain....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Ciblé par plusieurs enquêtes, le premier ministre espère des élections anticipées avant l’été pour revitaliser son capital politique.
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Les calculs savants de Nétanyahou mettent le Parlement israélien en ébullition

Ciblé par plusieurs enquêtes, le premier ministre espère des élections anticipées avant l’été pour revitaliser son capital politique.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h48
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

« Il est tard, mais pas trop tard. » Benyamin Nétanyahou s’est adressé aux députés de droite, lundi 12 mars à la Knesset, pour les appeler à la « responsabilité » et les convaincre de préserver la coalition au pouvoir. Pourtant, le premier ministre souhaite des élections anticipées dans les plus brefs délais, fin juin, pour retrouver une forte légitimité face aux enquêtes policières qui le cernent. Dans ce mouvement contradictoire se situent toute la complexité de la vie parlementaire israélienne et les calculs opaques de son acteur principal, qui dirige le pays depuis neuf ans, après un premier mandat de trois ans (1996-1999).
Même les experts les plus fins ont le tournis depuis plusieurs jours en suivant la crise de nerfs qui s’est emparée de la coalition. Le prétexte : le service militaire pour les jeunes ultraorthodoxes. La vraie raison : le prix de la survie politique de M. Nétanyahou. Celui-ci cherche à obtenir, d’ici à mercredi, une majorité suffisante pour dissoudre la Knesset, alors que les sondages donnent une large avance à son parti, le Likoud, sur les centristes de Yesh Atid, en cas de scrutin. Mais certains de ses partenaires dans la coalition excluent cette option.
L’exemption du service militaire de jeunes haredim
La crise a débuté en raison des exigences maximalistes formulées par l’un des deux partis ultraorthodoxes présents au gouvernement, Judaïsme unifié de la Torah (JUT). Cette formation voulait qu’une nouvelle législation soit adoptée pour exempter de service militaire les jeunes haredim inscrits dans les écoles religieuses (yeshiva). En septembre 2017, la Haute cour de justice avait rejeté le dispositif en vigueur, en évoquant une rupture d’égalité entre les citoyens. Elle avait donné un an au gouvernement pour trouver une parade législative. Pendant ce temps, la partie la plus radicale des communautés haredim n’a cessé de se mobiliser dans la rue. La base a mis ses représentants, religieux et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La fusion des régulateurs bancaire et de l’assurance vise à mieux prévenir « l’émergence de risques financiers systémiques », selon Pékin.
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La Chine crée un super-régulateur financier pour contrôler son économie au plus près

La fusion des régulateurs bancaire et de l’assurance vise à mieux prévenir « l’émergence de risques financiers systémiques », selon Pékin.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h45
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


La Chine va créer un « super-régulateur » financier et la banque centrale du pays va voir ses pouvoirs renforcés dans le cadre d’une vaste réorganisation institutionnelle, présentée mardi 13 mars au parlement. La fusion des régulateurs bancaire (CBRC) et de l’assurance (CIRC) vise à rendre « plus solide et plus efficace le cadre réglementaire » et à mieux « empêcher l’émergence de risques financiers systémiques », a expliqué le conseiller d’Etat Wang Yong, qui a présenté cette réorganisation.
Parallèlement, la Banque du peuple de Chine (BPC), la banque centrale chinoise, va voir ses prérogatives étendues, puisqu’elle aura aussi la responsabilité d’établir de nouvelles lois et réglementations en matière financière, une tâche jusqu’alors réservée aux régulateurs. L’institution gagne donc en importance juste avant la nomination d’un nouveau gouverneur.
Pourquoi cette réforme ? 
Dette colossale, failles réglementaires, produits d’investissement opaques… Pékin fait face à de nombreux risques qui menacent son économie.

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A eux deux, les secteurs de la banque et de l’assurance représentent 34 068 milliards d’euros, en hausse constante ces dernières années. Les actifs gérés par les compagnies d’assurance ont, par exemple, triplé entre 2011 et 2017. Cette expansion s’est faite au prix d’une accumulation de risques. De nombreux produits dits de « gestion de fortune » ont été vendus par les banques, et les assurances. Ces produits à haut rendement (7,5 % en moyenne) sont la plupart du temps garantis, effaçant la notion de risque pour les consommateurs. Mais ces garanties ne font que transférer le risque à d’autres acteurs, en l’occurrence les institutions qui vendent les assurances pour ces produits financiers.
A cela s’ajoute l’essor de la finance de l’ombre : instruments de crédit peu régulés, créances douteuses n’apparaissant pas dans le bilan des banques, ou d’institutions financières privées. La Chine s’est efforcée de renforcer la transparence, avec quelques avancées en 2017, mais le chantier reste important. En mars 2017, le président de la Commission de régulation de l’assurance chinoise (CIRC) a été limogé.

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Qui prendra la tête de ce super-régulateur ? 
Pour l’instant, aucune nomination officielle n’a été annoncée. Loué pour son efficacité, l’actuel président de la CBRC, Guo Shuqing, pourrait prendre les rênes du nouveau régulateur financier. Quant au poste de gouverneur de la banque centrale, il pourrait revenir à Liu He. Ce conseiller économique et proche du président chinois Xi Jinping, pressenti pour devenir vice-premier ministre en charge de l’économie, cumulerait alors ces deux casquettes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Ce festival, qui marque la fin de l’hiver, est célébré au cours de la pleine lune du mois de phâlguna, en février et en mars. On s’y réjouit des bonnes récoltes et de la défaite du mal.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ En Birmanie, où le réseau social est particulièrement populaire, des ultranationalistes l’ont utilisé pour diffuser des appels à la violence envers la minorité musulmane.
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L’ONU accuse Facebook d’avoir laissé se propager des discours de haine contre les Rohingya

En Birmanie, où le réseau social est particulièrement populaire, des ultranationalistes l’ont utilisé pour diffuser des appels à la violence envers la minorité musulmane.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 17h54
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Selon des experts des Nations unies (ONU), Facebook aurait joué un rôle « déterminant » dans la crise qui secoue la Birmanie. Le réseau social est accusé d’avoir laissé se propager des discours de haine et des appels à la violence envers les musulmans rohingya. Depuis août 2017, 700 000 d’entre eux ont été poussés à s’exiler au Bangladesh, à cause d’une campagne de l’armée birmane à leur encontre. La minorité des Rohingya est considérée en Birmanie comme une menace à la prédominance bouddhiste. Elle est la cible de massacres : selon Médecins sans frontières, environ 6 700 Rohingya, parmi lesquels au moins 730 enfants de moins de 5 ans, ont déjà été tués.
C’est en marge d’une session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, lundi 12 mars, que Marzuki Darusman a dénoncé la responsabilité de Facebook, rapporte l’agence de presse Reuters. Le président de la mission internationale mandatée par l’organisme pour enquêter sur les violations de droits humains en Birmanie a expliqué que les réseaux sociaux avaient « substantiellement contribué au niveau d’animosité, aux dissensions et au conflit » du fait de la diffusion de « discours de haine ». Il a précisé que la plate-forme visée par ces propos était Facebook.
« Tout se fait sur Facebook en Birmanie »
Yanghee Lee, rapporteuse de la situation des droits humains en Birmanie, a argué que Facebook jouait un rôle important dans la diffusion d’informations dans le pays. Elle a rappelé que le gouvernement lui-même l’utilisait à cette fin. « Tout se fait sur Facebook en Birmanie », a-t-elle expliqué aux journalistes, ajoutant que le site avait aidé au développement du pays, mais qu’il avait aussi été beaucoup utilisé pour propager des discours de haine.
« Nous savons que les bouddhistes ultranationalistes ont des comptes Facebook, et qu’ils incitent à beaucoup de violence et de haine contre les Rohingya et d’autres minorités ethniques. »
Contactée par Le Monde, Facebook a assuré prendre le problème « extrêmement au sérieux ». « Il n’y a pas de place pour les discours de haine ou les contenus qui promeuvent la violence sur Facebook, et nous travaillons dur pour les supprimer de la plate-forme », a rappelé l’entreprise. Facebook assure avoir « investi de manière significative » dans des technologies de modération, notamment dans la langue locale. « Nous avons travaillé avec des experts en Birmanie pour développer des campagnes de contre-discours », précise Facebook.
La plate-forme a précisé qu’elle avait également mis en place sur son site un espace expliquant ses règles d’utilisation destiné à la population birmane. « Bien sûr, nous pouvons toujours faire mieux, et nous allons continuer à travailler avec des experts locaux pour aider à aller [en ce sens] », a indiqué une porte-parole de l’entreprise.
Le compte d’un moine extrémiste populaire supprimé
En septembre 2017, Facebook avait déjà essuyé des critiques en raison de la manière dont elle gérait la situation en Birmanie. Des activistes l’avaient ainsi soupçonnée de censurer des Rohingya. A l’époque, plusieurs d’entre eux avaient vu leurs comptes suspendus ou fermés. Comme l’expliquait une chercheuse d’Amnesty International au Daily Beast, cela semblait être lié à des campagnes de signalement menées contre les publications et comptes des Rohingya par leurs opposants. Facebook avait alors promis de se pencher sur la question.
A la fin de février, le réseau social a par ailleurs pris une mesure forte pour tenter de remédier à la propagation de discours antimusulmans : la suppression du compte de Wirathu, un moine bouddhiste extrémiste. Considéré comme l’un des principaux acteurs de la montée de l’islamophobie en Birmanie, il avait, selon un porte-parole de Facebook cité par l’Agence France-Presse, promu sur Facebook « la haine et la violence ».
« Si une personne partage régulièrement du contenu faisant la promotion de la haine, nous pouvons prendre une série de mesures telles que la suspension temporaire de sa capacité à poster et, finalement, la suppression de son compte », a signalé le porte-parole.



                            


                        

                        


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« Petite balade » dans la « Cité » des hommes

Tout, à la City, à Londres, est organisé pour les hommes. La finance reste l’un des secteurs les plus machos, constate le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h21
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Parfois, l’évidence est devant nous mais on ne la voit plus. Alors – mea culpa – il a fallu qu’une banquière française me la pointe du doigt pour que la vérité apparaisse à ma vue : à la City, dans les rues, tout est organisé pour les hommes.
Les statistiques sont connues. Au Royaume-Uni, d’après le think tank New Financial, seuls 14 % des membres des comités de direction des sociétés financières sont des femmes (la France est à peu près au même niveau, à 16 %, contre 34 % en Scandinavie). Le bonnet d’âne revient au private equity (10 %) et aux hedge funds (11 %). Sous pression depuis quelques années, les conseils d’administration ont fait un effort, mais la proportion demeure de seulement 23 %.
Un relent de cadeaux achetés par ces messieurs
Mais nul besoin de faire de sérieux calculs statistiques pour le savoir. « Promenez-vous à la City : tous les magasins sont pour les hommes. Il n’y a que des coiffeurs pour hommes, des boutiques de complets, des vêtements pour hommes. Impossible d’y faire la moindre course », souligne cette banquière, qui tient à rester anonyme. Elle est arrivée à Londres il y a quatre ans, et la différence avec Paris lui a sauté aux yeux.
Petite démonstration, un mardi en fin de journée, au Royal Exchange, un ancien bâtiment reconverti en cafés et magasins, situé en face de la Banque d’Angleterre, au cœur de la City. Le défilé des vitrines est sans appel : un magasin de chaussures pour homme, un autre de lunettes avec un rayon pour femme quasi inexistant, un troisième de cosmétiques pour homme, un quatrième de sacoches en cuir…

Et quand les produits sont pour les femmes, il y a comme un relent de cadeaux achetés par ces messieurs sur le chemin du retour chez eux, avec beaucoup de bijoutiers. A l’intérieur du bâtiment, des collègues de bureau prennent un verre après le travail : à 18 heures, ce jour-là, on trouve quarante hommes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ En revenant à une position conservatrice, le président américain bouscule les différents courants politiques qui traversent le monde des pixels.
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Jeux vidéo violents : comment Trump a divisé la communauté des joueurs

En revenant à une position conservatrice, le président américain bouscule les différents courants politiques qui traversent le monde des pixels.



Le Monde
 |    13.03.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
13.03.2018 à 14h20
    |

            William Audureau








                        



   


Analyse. Quand il s’agit de redessiner les lignes de clivage, Donald Trump possède un talent incontestable. En accusant les jeux vidéo les plus violents d’influencer la jeunesse, le locataire de la Maison Blanche n’a pas seulement allumé un contre-feu bien commode face aux appels à mieux encadrer le port d’arme aux Etats-Unis après la tuerie du lycée de Parkland, en Floride. Il a également pris à revers une partie de ses propres électeurs, et a amené l’industrie et les différents courants politiques qui la traversent à devoir reconsidérer leur position.
Historiquement, les débats sur le jeu vidéo ont toujours été centrés sur la santé, qu’elle soit physique — épilepsie, addiction — ou mentale. Bien que jamais établi, le lien supposé entre violence et jeux sanglants comme Doom ou Mortal Kombat a été suggéré à de nombreuses occasions, notamment depuis le massacre de Columbine, en 1999. Une association le plus souvent introduite par des personnalités conservatrices, des médias institutionnels et des associations de défense de la famille.

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Face à ces accusations récurrentes, un contre-discours s’est organisé à partir du milieu des années 1990. Il a d’abord pris la forme d’un lobbying, celui de l’Entertainment Software Association (ESA) aux Etats-Unis, défendant l’image d’une industrie responsable, autoréglementée, et guère plus violente que le cinéma ou la télévision. Il a également été le fait, à partir des années 2000, de chercheurs en sociologie et en psychologie. Ou tout simplement de joueurs et journalistes spécialisés qui ont usé d’Internet pour exprimer leur énervement et leur lassitude face à l’éternelle méfiance que suscite leur passion.
Nouveaux clivages
On avait pu croire ces vieux débats ensevelis, remplacés par de nouvelles grilles de lecture plus sociétales. Dans les années 2010, a en effet émergé un nouveau discours critique, venu cette fois de l’intérieur, c’est-à-dire des joueurs et des joueuses eux-mêmes, et de leur aile gauche.
Hostiles aux thèses conservatrices des années 1990 mais sensibles à la dimension politique des jeux vidéo, celles-ci et ceux-ci militent pour la prise en considération des stéréotypes sexistes et racistes que véhiculent — sans en avoir forcément conscience — des classiques comme Super Mario Bros. ou Call of Duty : Modern Warfare. Ainsi en va-t-il des femmes, le plus souvent réduites à des rôles d’objet sexuel ou de récompense, et des minorités ethniques, résumées à des clichés sur le gangstérisme ou le terrorisme, etc., au profit d’un type de consommateur longtemps identifié comme blanc et masculin.
En réaction à ce nouveau discours, une autre ligne de front s’est ouverte, avec l’émergence en 2014 du GamerGate, un mouvement de joueurs hostiles à ce qu’ils perçoivent comme une tentative de politisation, ou plutôt de repolitisation de leur loisir, voire d’intrusion du « politiquement correct ». Au nom de leurs droits en tant que consommateurs et de la liberté d’expression, les voilà auto-intronisés résistants d’un ordre ancien menacé, celui des « gamers ».
Cette population jeune, ultraconnectée et méfiante à l’égard des médias a beau se dire apolitique, elle a rapidement fait l’objet d’une campagne de séduction de la part de la nouvelle vague de l’extrême droite américaine, l’alt-right. Non sans un certain succès : sur Internet, une partie de ces joueurs s’est mue, en 2016, en partisans du nouveau héraut du politiquement incorrect, Donald Trump.
Télescopage des époques
Tout cela, c’était avant la tuerie de Parkland, le 14 février. En pointant du doigt la possible responsabilité des jeux vidéo dans les massacres en milieu scolaire, le président américain a pris le contre-pied complet d’une partie de ses électeurs et soutiens en ligne.
Finie, l’icône politique iconoclaste et libertarienne de 2016 : voilà que le magnat de l’immobilier se drape dans la posture conservatrice et interventionniste des anti-jeux vidéo des années 1990. Du côté du GamerGate, plutôt que de se scandaliser de la volte-face présidentielle, on s’amuse plutôt de l’embarras que celui-ci a pu provoquer dans le camp des progressistes et dans la presse spécialisée.
Avec cette nouvelle approche, Donald Trump place en effet le discours progressiste des années 2010 face à une contradiction. Si les mouvements féministes et antiracistes appellent à réformer les jeux vidéo pour qu’ils cessent de reconduire une vision stéréotypée de la société aux joueurs, pourquoi la question de leur influence sur la violence des jeunes ne devrait-elle pas elle aussi être posée ? Le journaliste néoconservateur Ian Miles Cheong jubile ainsi du dilemme posé aux partisans de l’influente vidéaste féministe Anita Sarkeesian : « Soit les jeux vidéo influencent ceux qui y jouent, soit ils ne les influencent pas. Les journalistes jeux vidéo passent leur temps à babiller sur le fait que “les jeux ne rendent pas violents” mais d’une certaine manière “autorisent la violence” et causent assurément des attitudes violentes envers les femmes et les minorités. Alors, que choisir ? », fait-il mine de s’interroger, mélangeant violence physique — armée — d’une part, et violence symbolique — discriminatoire — de l’autre.
Crise de conscience du jeu vidéo
La migraine est réelle. Considérer le jeu vidéo comme un art en son for intérieur dispense-t-il de s’interroger sur ses éventuels excès ? Quelle place pour l’inclusivité du jeu vidéo quand un président conservateur préempte sa repolitisation ? Peut-on avoir défendu le jeu vidéo dans les années 1990 et se ranger du côté de ses contempteurs vingt-cinq ans plus tard ?
Depuis la publication de la vidéo de la Maison Blanche, de nouvelles lignes de partage politique lézardent un peu plus encore les positions défendues au sein de l’industrie et brouillent le message des discours politiques actuels.
« Rendre les jeux responsables d’une tuerie, c’est complètement idiot, la science le dit, mais ça empêche de discuter sereinement de l’image du monde et de l’humanité qu’on renvoie en général à travers les jeux », s’inquiète Sandra Duval, conceptrice-narratrice au studio lyonnais Arkane.
Positions figées
D’autant que ces saillies vieilles de plusieurs décennies provoquent des réactions épidermiques. Olivier Mauco, enseignant à Sciences Po, confirme un débat « hystérisé » : un sentiment de persécution hérité du siècle précédent rend la plupart des joueurs hermétiques à toute critique, grossière comme pondérée, de la production vidéoludique actuelle.
Rares sont les voix qui se sont élevées pour tenter de concilier, comme Warren Spector, célèbre concepteur américain de Deus Ex, à la fois rejet des thèses sur l’influence néfaste de ce loisir et critique du mauvais goût des superproductions ultraviolentes. Cette position nuancée lui a valu de nombreuses réponses ulcérées. Syndrome d’une industrie tiraillée entre l’avant-garde sociétale, celle du progressisme, et ses démons d’un autre siècle, que Trump réincarne.
Ironiquement, d’un point de vue législatif, le président américain a pieds et poings liés. En 2010, la Cour suprême américaine a reconnu aux jeux vidéo le statut d’œuvres relevant du premier amendement, les protégeant de toute politique de censure.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La première ministre britannique a donné jusqu’à mardi soir à la Russie pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.
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