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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Deux équipes américaines ont modifié le génome de fourmis pour les rendre insensibles aux phéromones. Une première chez un insecte social.
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Les premières fourmis mutantes privées de leur odorat

Deux équipes américaines ont modifié le génome de fourmis pour les rendre insensibles aux phéromones. Une première chez un insecte social.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h09
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Tous les spécialistes des fourmis semblent d’accord. S’il est un événement qui a récemment marqué leur discipline, c’est bien celui-ci : pour la première fois, deux équipes américaines sont parvenues à modifier le génome de leur insecte favori. En supprimant un gène dans leurs œufs, ces deux groupes ont donné naissance à des animaux dépourvus d’odorat.
Venant après les vers, mouches, moustiques, rongeurs, poissons et primates, l’information peut sembler anodine. Seulement voilà, c’est la première fois que les ciseaux génétiques Crispr-Cas9 s’attaquent à un insecte social, ce qui pourrait ouvrir un champ important de la recherche sur le comportement. Les articles ont été publiés simultanément, le 10 août, par la revue Cell.

Comme chez les abeilles, le mode de reproduction des fourmis, avec leur reine comme seule génitrice, rend les manipulations génétiques ardues. Les scientifiques peinent encore, en effet, à fabriquer une reine au laboratoire. Les équipes de Claude Desplan, à la New York University (NYU), et ­David Kronauer, à l’université Rockefeller, également à New York, ont ­contourné la difficulté.
Viser le système olfactif
Le premier a travaillé sur des fourmis sauteuses indiennes, Harpegnathos salvator, chez qui toutes les ouvrières sont fertiles, susceptibles de devenir de « pseudo-reines » et de fonder leur colonie. Le second s’est concentré sur Ooceraea biroi, qui présente la particularité de se reproduire par parthénogénèse, autrement dit par clonage – certains serpents et lézards en font de même.
Tous deux sont donc intervenus sur les œufs en visant le système olfactif. Chez les fourmis, l’odorat est guidé par un grand nombre de gènes. Sauf que l’un d’entre eux, baptisé « Orco », joue un rôle particulier. Sa suppression prive les insectes de 90 % de leur odorat. C’est lui que les chercheurs ont éteint grâce à Crispr.

L’observation des individus nés après cette intervention s’est avérée assez concluante....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Pour traiter les infections, la société des fourmis a mis en place un système particulièrement sophistiqué de protection collective.
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Fourmis : comment elles protégent la colonie des infections

Pour traiter les infections, la société des fourmis a mis en place un système particulièrement sophistiqué de protection collective.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h09
   





                        



                                


                            
Attention, danger ! Le panneau pourrait constamment figurer à l’entrée des fourmilières. Dans cette société de la promiscuité et de l’échange permanent, une menace rôde : l’infection. Qu’une d’elles soit infectée par un champignon ou une bactérie contagieuse et c’est toute la colonie qui peut rapidement disparaître. Les insectes ont donc développé des parades d’une grande inventivité, collective, comme il se doit.
Sylvia Cremer, de l’Institut de sciences et de technologie d’Autriche, s’est fait une spécialité de ce qu’on nomme l’immunité sociale. Dans deux articles, publiés en février dans le journal eLife et en mars dans la revue PNAS, elle en détaille quelques aspects, impressionnants de finesse et de sophistication.

Premier étage de la fusée, le nettoyage. Une seconde nature chez la fourmi. Lorsque l’une d’elles rentre d’une expédition extérieure, une de ses camarades se charge immédiatement de vérifier sa propreté, puis, dès qu’elle détecte quelque chose de suspect, d’assurer son ­nettoyage. Ce comportement n’a rien d’extraordinaire : nombre d’autres insectes sociaux mais aussi de mammifères pratiquent ainsi « l’épouillage ». Sauf que Dame Fourmi va plus loin.
L’espèce Lasius neglectus, par exemple, chère à Sylvia Cremer, utilise l’acide formique sécrété par ses glandes pour ­attaquer les infections à champignons ­Metarhizium. Dans de précédentes publications, l’équipe autrichienne avait montré comment les soignants utilisaient deux techniques : la première consistant à pulvériser, depuis un organe situé sur son postérieur, un spray sur les zones touchées par des spores ; la seconde, à ­lécher abondamment les plaies après avoir préalablement placé dans sa bouche un peu d’acide.
Réduction des risques
Comment les fourmis choisissent-elles entre ces deux traitements ? La publication de PNAS apporte une réponse. Tout dépend en réalité du statut sérologique du soignant… et du...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ En Côte d’Ivoire, l’observation de la lutte entre ces insectes et les termites a révélé des mœurs quasi militaires et un service de santé des armées très efficace.
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Les fourmis, redoutables stratèges militaires

En Côte d’Ivoire, l’observation de la lutte entre ces insectes et les termites a révélé des mœurs quasi militaires et un service de santé des armées très efficace.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h09
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
L’éclaireur s’est approché le premier. Tranquillement, prenant garde de ne pas se faire repérer, il a compté les ­ennemis, évalué leur force, avant de retourner parmi les siens recruter des soldats. La colonne s’est formée, mise en route, jusqu’à l’arrivée sur zone. Elle s’est préparée, puis a lancé l’assaut. Un combat terrible, inégal, décimant les défenseurs, sans toutefois épargner les assaillants. La bataille achevée, ces derniers ont ramené au camp les blessés susceptibles d’être sauvés. L’opération sanitaire a alors commencé : une heure de soins intensifs, méticuleux, permettant de remettre sur pied la plupart des invalides en vingt-quatre heures. Un bon repas – composé du cadavre des adversaires – et une nuit de sommeil ont suffi à reconstituer la troupe. Dès le lendemain, elle repartait au front chercher de quoi ­vivre, prête à mourir.
Ce bref récit pourrait aisément trouver sa place dans un remake de La Guerre du feu. Chronique d’une tribu cannibale, au cœur de la préhistoire… Pourtant, tout ici est résolument exact, validé par la science. Pas davantage d’humains dans cette ­bataille homérique. Les scientifiques qui ont ­patiemment reconstitué chacun de ses épisodes ne font pas profession d’archéologues ou d’historiens. Ils ne fouillent pas les archives, et, lorsqu’ils grattent la terre, ils ne cherchent aucun témoignage du passé. Ils sont biologistes du comportement, avec une spécialité : la myrmécologie, autrement dit la science des fourmis. Car c’est d’un ­affrontement entre insectes qu’il s’agit. La rigueur voudrait que l’on évoque une chasse, puisqu’il ­oppose des proies et des prédateurs. Difficile pourtant de ne pas y sentir un parfum de guerre, tant la stratégie mise en place, la sophistication tactique, la précision de l’organisation et la rigueur dans l’application des consignes paraissent relever de la chose militaire. Une équipe de l’université de Würzburg (Allemagne) en a méthodiquement relaté les détails, dans cinq articles successifs....




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ La pratique d’un unique test ne réduit pas la mortalité et augmente la détection des formes à risque faible.
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Cancer de la prostate : un dosage ponctuel du PSA ne sauve pas de vies

La pratique d’un unique test ne réduit pas la mortalité et augmente la détection des formes à risque faible.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h41
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Une vaste étude britannique, baptisée CAP Trial, apporte un solide argument de plus à la remise en cause de l’intérêt du dosage de l’antigène spécifique prostatique (PSA) comme outil de dépistage du cancer touchant cette glande masculine. Dans leur article publié mardi 6 mars dans le Journal of the American Medical Association, Richard Martin (Université de Bristol) et ses collègues ne trouvent pas de différence significative dans la mortalité due à un cancer de la prostate entre les hommes âgés de 50 à 69 ans à qui un dosage ponctuel du PSA était proposé et ceux qui n’y étaient pas invités et constituaient donc le groupe contrôle.
Le dosage sanguin du PSA est un test biologique qui, comme son nom l’indique, est le témoin de phénomènes affectant la prostate. Le problème est qu’il n’est en rien spécifique du cancer de la prostate. Son élévation au-dessus des valeurs normales, qui varient en fonction de l’âge, peut également résulter d’une inflammation, d’un adénome (bénin)… De plus, jusqu’à un quart des hommes ayant un cancer de la prostate conserveraient une valeur de PSA normale.
Néanmoins, une partie des urologues a ardemment soutenu le recours au PSA comme outil de dépistage systématique. Ces spécialistes avancent l’argument que les hommes chez qui un cancer aura été détecté à la suite de cet examen tireront le bénéfice d’une intervention plus précoce. A l’inverse, d’autres médecins et des institutions comme, en France, la Haute Autorité de santé, ne le recommandent pas. Ils invoquent la réduction, au mieux modeste, de la mortalité par cancer de la prostate et la mortalité globale, ainsi que les dommages dus au surdiagnostic et au surtraitement des cancers peu agressifs, qui n’auraient pas représenté une menace vitale, faisant l’objet d’interventions plus ou moins lourdes.
Mettre un terme à la controverse
Après notamment deux autres essais destinés à trancher sur le pour et le contre, mais n’ayant pas mis un terme à la controverse,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Le rapport du comité d’expert sur les fausses informations mis en place par la Commission européenne a été rendu public lundi 12 mars.
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<article-nb="2018/03/12/19-6">
<filnamedate="20180312"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180312"><AAMMJJHH="2018031219">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Neurobiologie – Une étude très discutée affirme que dans notre espèce, la neurogenèse est indétectable après l’adolescence, bousculant un dogme qui avait lui-même peiné à s’imposer.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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Le cerveau adulte produit-il vraiment des neurones ?

Neurobiologie – Une étude très discutée affirme que dans notre espèce, la neurogenèse est indétectable après l’adolescence, bousculant un dogme qui avait lui-même peiné à s’imposer.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 11h12
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Notre cerveau est-il capable de produire de nouveau neurones, au-delà du stock de près de 100 milliards de ces cellules nerveuses constitué dans la prime enfance ? Une étude très discutée, publiée jeudi 8 mars dans la revue Nature, suggère que non, ouvrant un nouveau chapitre dans l’histoire chahutée de la neurogenèse, le mécanisme de formation des cellules nerveuses.
Il y a près d’un siècle, le physiologiste espagnol Santiago Ramon y Cajal (1852-1934) avait posé un dogme : le cerveau adulte, chez les mammifères, ne voyait naître aucun nouveau neurone. Notre encéphale était un mouroir neuronal, notre bagage initial en la matière étant voué à une flétrissure inéluctable. Ces observations ont bien fait l’objet de contestations à partir des années 1960, mais il a fallu attendre 1998 pour que soit démontrée la présence de nouveaux neurones chez l’humain adulte, dans l’hippocampe, cette petite structure cérébrale dévolue notamment à la mémoire.
Mais voilà qu’une équipe dirigée par Arturo Alvarez-Buylla (Université de Californie, San Francisco) vient chambouler à son tour la nouvelle doctrine. « La neurogenèse dans l’hippocampe humain chute brutalement chez l’enfant pour atteindre des niveaux indétectables chez l’adulte. » Tel est le titre on ne peut plus explicite de l’article dans Nature. L’équipe internationale a cherché la présence de jeunes neurones et de cellules nerveuses progénitrices dont ils seraient issus dans 59 échantillons post-mortem et post-opératoires d’hippocampes humains, allant de la période fœtale à 77 ans. Seul un petit nombre de jeunes neurones était observé à 7 et 13 ans, mais aucun dans le cerveau adulte. Cette prolifération neuronale s’assèche de la même façon chez un autre primate, le macaque, montrent aussi les chercheurs. « Si la neurogenèse se poursuit dans l’hippocampe humain adulte, c’est un phénomène rare », concluent Arturo Alvarez-Buyall et ses collègues.

Une conclusion immédiatement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Le roboticien Raja Chatila défend la création d’un « comité d’éthique du numérique ». Pour lui, la question de la confusion entre humanoïdes et humains doit être posée dès à présent.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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Progrès scientifique : attention à la « confusion » entre homme et robot

Le roboticien Raja Chatila défend la création d’un « comité d’éthique du numérique ». Pour lui, la question de la confusion entre humanoïdes et humains doit être posée dès à présent.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 16h14
    |

            David Larousserie et 
Hervé Morin








                        



                                


                            

Raja Chatila dirige l’Institut des ­systèmes intelligents et de robotique (ISIR) de l’université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, où il est professeur. Il dirige également le laboratoire d’excellence Smart sur les interactions homme-machine. Il avait auparavant dirigé le Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (LAAS-CNRS) à Toulouse. Membre de la Commission de réflexion sur l’éthique de la ­recherche en sciences et technologies du ­numérique (Cerna), il a participé à la rédaction de plusieurs avis de cette instance regroupant divers organismes de recherche. Membre de l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE), il y préside une initiative internationale pour « les considérations éthiques dans l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes ». Il a récemment cosigné dans Le Monde une tribune demandant la création d’un ­comité national d’éthique du numérique.

Qu’est-ce qu’un robot ? Entre les aspirateurs automatiques, les voitures autonomes, les drones, les androïdes, les « chatbots », on s’y perd parfois…
Parmi les scientifiques, il n’y a pas forcément de définition qui fasse consensus. Il faut d’abord faire un détour historique par la notion d’intelligence artificielle [IA], car les deux sont liées. L’expression « intelligence artificielle » a été introduite en 1956 pour désigner l’ensemble des techniques qui sont censées donner à la machine, c’est-à-dire à l’ordinateur, des capacités qui, chez l’être humain, d’après la définition, nécessitent « des facultés d’intelligence de haut niveau ». Auparavant, en 1950, Alan Turing avait proposé un test pour répondre à la question : « Une machine peut-elle penser ? », le critère étant qu’on ne puisse distinguer la conversation d’une machine de celle d’un humain. Presque à la même époque, le mot « robot » est apparu dans la technologie, hors du champ ­exclusif de la science-fiction dans lequel il était enfermé...




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Des chercheurs publient cette semaine des images fascinantes des régions polaires de la planète géante du Système solaire.
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<article-nb="2018/03/12/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.
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Omniprésents robots

Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h47
    |

                            Alain Abellard








                        



                                


                            

Il fait rêver, fantasmer. Pourtant, ce n’est qu’une machine créée par l’homme et pour l’homme. Parfois, le robot emprunte selon un narcissisme terriblement humain l’apparence de son créateur, avec des versions humanoïdes. Depuis les premiers automates, la robotique est devenue sophistiquée ; à l’échelle du temps humain son histoire est brève, mais indissociable de l’Intelligence artificielle, en pleine expansion, qui simule et reproduit le fonctionnement de l’intelligence humaine avec l’absorption de données gérées avec une puissance de calcul phénoménale.
Le mot « robot » est né en 1920 sous la plume de l’auteur tchèque Karel Capek, qui l’utilisa dans sa pièce de théâtre R.U.R. (Rossum’s Universal Robots). Dérivé de robota, terme tchèque qui signifie « travail, corvée, besogne », le mot dit tout. La robotique, le processus qui permet la conception et la réalisation de machines, mobilise les chercheurs pour maîtriser l’interaction avec le monde réel, à travers des capteurs, des contacts, des actionneurs.
Les robots tiennent aussi de la magie, voire du charme, que leur a donné un Jacques de Vaucanson au XVIIIe siècle avec son canard digérateur et ses autres automates. Voltaire chanta en quelques vers les louanges de cet homme qui osa imiter la vie avec ses créations : « Le hardi Vaucanson, rival de Prométhée, Semblait, de la nature imitant les ressorts, Prendre le feu des cieux pour animer les corps. »
Fiable, sans état d’âme, bosseur
Si les robots ont battu les champions du jeu d’échecs et du jeu de go, grâce aux progrès fulgurants de l’intelligence artificielle, ils demeurent patauds. Hors conditions expérimentales, la maîtrise de la bipédie nécessite des ressources hallucinantes, le toucher pareillement, pour des résultats médiocres, et quant aux émotions et sentiments, voire la conscience, inutile d’en parler, sauf à être un passionné de romans de science-fiction et de transhumanisme, mouvement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Les kits de la société californienne 23andMe seront vendus aux Etats-Unis sans ordonnance. Mais, insistent les autorités de santé, on peut présenter un risque génétique sans pour autant tomber malade.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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Cancer du sein : aux Etats-Unis, des tests de prédisposition bientôt en vente libre

Les kits de la société californienne 23andMe seront vendus aux Etats-Unis sans ordonnance. Mais, insistent les autorités de santé, on peut présenter un risque génétique sans pour autant tomber malade.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 13h00
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Un test de prédisposition au cancer du sein sera bientôt en rayon chez Walmart ou Amazon. Mardi 6 mars, l’agence de santé américaine, la FDA, a donné son feu vert à la commercialisation des kits de la société californienne 23andMe. Il sera accessible sans ordonnance, contrairement aux tests génétiques déjà sur le marché.

Il suffira aux Américaines de cracher dans un petit tube et de le poster pour savoir si elles sont porteuses de certaines mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 associées à un risque élevé de cancer du sein. Les altérations recherchées par 23andMe – 3 sur plus de 1 000 identifiées pour les gènes BRCA – sont le plus souvent retrouvées chez les femmes d’origine ashkénaze (juifs d’Europe orientale et centrale).
Ce test de prédisposition est le second lancé par la société. Le premier a été autorisé par la FDA le 6 avril 2017 et cible dix maladies et syndromes, dont Parkinson et Alzheimer. Vendu 199 dollars (162 euros), il est couplé à un test censé informer le client sur ses origines géographiques et ethniques.
Un tournant dans la position de la FDA
L’autorisation de ces kits marque un tournant dans la position de la FDA qui, en 2013, avait ordonné à 23andMe de les retirer du marché. Dans un courrier adressé à la fondatrice de la société, Anne Wojcicki, l’agence soulignait alors les risques encourus par les patients en cas d’erreur ou de mauvaise interprétation.
Elle estime aujourd’hui que les données communiquées par 23andMe sont suffisantes pour garantir la fiabilité des tests, et que la décision doit revenir au consommateur. Cette décision ouvre la voie aux concurrents de 23andMe – dont Pathway Genomics, Counsyl ou Color Genomics –, qui pourront s’appuyer dessus pour lancer des tests comparables.
Pionnier, 23andMe possède déjà l’une des plus grandes bases de données génétiques au monde, avec plus de 2 millions de profils. Ces informations sont une mine d’or pour les laboratoires pharmaceutiques, qui cherchent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Au menu : des thérapies géniques contre certaines surdités, les mystérieux langages des mammifères marins, nouvelles découvertes archéologiques à Rome, etc.
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<article-nb="2018/03/12/19-12">
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Selon l’association Vivre sans thyroïde, un million des patients auraient renoncé à la nouvelle formule du médicament. Selon les autorités sanitaires, c’est deux fois moins.
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Bataille de chiffres sur la consommation de Levothyrox

Selon l’association Vivre sans thyroïde, un million des patients auraient renoncé à la nouvelle formule du médicament. Selon les autorités sanitaires, c’est deux fois moins.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 10h35
    |

            Pascale Santi








                        


Parmi les 3 millions de personnes qui prennent en France de la lévothyroxine, pour soigner l’hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde, près d’un tiers se serait détourné de la nouvelle formule du Levothyrox du laboratoire Merck, au profit d’autres traitements. C’est ce qu’a annoncé, jeudi 8 mars, l’association Vivre sans thyroïde. Demandée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), afin de rendre le produit plus stable, la nouvelle formule a été commercialisée en mars 2017. Mais rapidement, des patients se sont plaints d’effets secondaires (douleurs, fatigues, maux de tête, problèmes digestifs…).
Face à leur colère, les autorités de santé ont mis à disposition d’autres traitements alors que le levothyrox était en situation de quasi-monopole. L’ancienne formule, renommée Euthyrox et remise au compte-gouttes sur le marché sur demande du ministère de la santé, et d’autres formules sont arrivées sur le marché français ces derniers mois : Henning, Thyrofix, Euthyral…

        Lire aussi :
         

                La polémique sur le Levothyrox expliquée en six points



« L’effet amplificateur des réseaux sociaux »
Vivre sans thyroïde et le laboratoire sont en désaccord sur les chiffres. Pour parvenir à un million de personnes, l’association, pour qui Merck aurait perdu un tiers de part de marché, s’est fondée sur une base de données de l’Assurance-maladie sur les volumes de tous les médicaments remboursés. Elle mentionne aussi que nombre de patients sont allés acheter l’ancienne formule à l’étranger… Sans que ce soit facilement chiffrable. Elle suppose également que des patients n’ont pas consommé les boîtes de Levothyrox qu’ils avaient achetées dès lors qu’ils ont réussi à se procurer un médicament concurrent. « Cela représente 33 millions de comprimés de Levothyrox nouvelle formule délivrés mais non consommés », indique leur communiqué.
« Nous démentons les chiffres avancés par Vivre sans thyroïde, dont la méthode de calcul n’est absolument pas détaillée »
Selon l’association, ces chiffres sont « en contradiction complète avec les affirmations officielles des pouvoirs publics, qui assurent encore aujourd’hui que ce n’est pas une crise sanitaire ». Selon elle, on est loin des 0,75 % de patients qui ont signalé des effets indésirables, comme l’indique le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Fin novembre 2017, l’agence indiquait que 17 310 personnes avaient déclaré des effets indésirables, « une fréquence de signalement totalement inattendue », due notamment à « l’effet amplificateur des réseaux sociaux ».
L’association estime même que « ce chiffre de 1 million de patients est sous-estimé, car encore aujourd’hui de nombreux patients témoignent quotidiennement de l’impossibilité de trouver en pharmacie les alternatives au Levothyrox nouvelle formule, malgré une prescription médicale en règle », déplore Sabine Bonnot, vice-présidente de Vivre sans thyroïde.
Interrogé, le laboratoire Merck répond : « Nous démentons les chiffres avancés par Vivre sans thyroïde, dont la méthode de calcul n’est absolument pas détaillée. Ils ne reflètent pas la réalité », nous indique Thierry Hulot, président des activités Biopharma de Merck en France. Il s’agit selon lui d’une interprétation erronée des données d’Ameli Santé, base qui a pour objectif de suivre le coût des médicaments remboursés par l’Assurance-maladie et ne permet pas de suivre le nombre de patients sous traitement.

        Lire la tribune sur le Lévothyrox (édition abonnés) :
         

          « Il faudra avoir une expertise sociologique de cette invraisemblable “crise” »



Information judiciaire ouverte pour tromperie aggravée
« Les dernières données dont nous disposons font état d’une baisse de part de marché entre 10 % et 12 % tant pour le nombre de boîtes vendues (selon Ameli.fr) que pour la part de marché patients sous Levothyrox (d’après les chiffres du groupement d’intérêt économique de l’industrie pharmaceutique Gers) sur le dernier trimestre 2017 », ajoute Thierry Hulot. Ce qui représente environ 300 000 patients qui se sont détournés de la nouvelle formule du Levothyrox. Il estime qu’il est temps de « mettre fin à ce business parallèle de la fausse information ». 
Répondant à ce communiqué, l’ANSM et la direction générale de la Santé ont indiqué, vendredi, « qu’environ 500 000 patients se sont tournés vers des alternatives à la nouvelle formule du Levothyrox », soit entre les deux évaluations. Et l’ANSM précise : « Il faut être vigilant dans la comparaison brute entre le nombre de boites dispensées de Levothyrox nouvelle formule (traitement mensuel de 30 comprimés) et le nombre de boîtes dispensées des alternatives (traitement de 3 mois de 100 comprimés) ». Il semble que l’analyse réalisée par l’association Vivre sans Thyroide n’ait pas tenu compte de cette spécificité, estime l’ANSM.
Lundi, le procureur de Marseille a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour tromperie aggravée, blessure involontaire et mise en danger d’autrui. L’association de patients a par ailleurs assigné le laboratoire Merck et l’ANSM en justice pour obtenir des explications et la diffusion de documents officiels demandés depuis des mois à l’agence du médicament.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ En raison d’une fuite dans un sinus, un Irlandais avait le cerveau comprimé par l’air qui était entré dans sa boîte crânienne.
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<article-nb="2018/03/12/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ La revue « Science » consacre vendredi sa « une » aux résultats d’une étude sur la propagation des fausses nouvelles sur les réseaux sociaux.
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<article-nb="2018/03/12/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Aux Etats-Unis comme en France, cette tendance pour le don d’organes avec donneur vivant ne dépend pas seulement de la générosité mais aussi de paramètres médicaux et socio-économiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/03/2018
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Don d’organes : les femmes donnent davantage leur rein que les hommes

Aux Etats-Unis comme en France, cette tendance pour le don d’organes avec donneur vivant ne dépend pas seulement de la générosité mais aussi de paramètres médicaux et socio-économiques.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 07h46
    |

            Paul Benkimoun








                        


S’il est de nombreux domaines où les femmes sont encore tenues dans une position inférieure à celle des hommes, il en est d’autres où elles les devancent souvent. C’est entre autres le cas pour ce geste généreux qu’est le don d’organes avec donneur vivant, tout au moins s’agissant du rein.
Jagbir Gill (Université de Colombie britannique, Vancouver) et ses collègues ont publié, jeudi 8 mars, dans le Journal of the American Society of Nephrology, les tendances pour le don de rein aux Etats-Unis. Une fois les corrections statistiques apportées afin d’éliminer les biais possibles, il apparaît que la fréquence de don d’un rein est supérieure de 44 % chez les femmes par rapport aux hommes.
L’équipe de chercheurs canadiens a travaillé à partir des registres de transplantation et de recensement de la population aux Etats-Unis, en se concentrant sur deux paramètres : le sexe et le revenu. Entre 2005 et 2015, le taux non corrigé de don de rein aux Etats-Unis pour les femmes et pour les hommes est respectivement de 30,1 et de 19,3 par million d’habitants. Et si la tendance reste stable pour les femmes (– 5 %), le don émanant d’un donneur masculin est en diminution au cours de la décennie 2005-2015 (– 25 %), ce qui accroît d’autant les différences.
Prédominance féminine ancienne
De même, si pour les deux sexes, le taux de don de rein reste plus stable parmi les individus ayant les revenus les plus élevés que chez ceux possédant les plus faibles, la diminution de l’acte de don est plus spectaculaire pour les hommes ayant des bas revenus. L’impact du niveau de revenu est donc plus prononcé chez les hommes. Cela pourrait notamment s’expliquer par la situation aux Etats-Unis où, contrairement à d’autres pays, notamment la France, être donneur d’organe implique pour le volontaire des coûts importants qui peuvent être lourds à supporter, voire être dissuasifs.
En France, l’Agence de la biomédecine, qui suit l’activité du don d’organes et des greffes, précise que pour les greffés rénaux à partir de donneur vivant entre 2013 et 2017, les femmes représentent 62 % des donneurs et 34 % des receveurs. Une répartition que l’on ne retrouve pas pour le don de foie du vivant où les femmes constituent 41 % des donneurs et 46 % des receveurs.
« Malgré la prédominance de femmes qui donnent, nous ne pouvons pas forcément en déduire, sans étude plus approfondie, que les hommes sont moins candidats au don du vivant. En effet, pour pouvoir être éligible au don, les candidats doivent répondre à des critères de compatibilité médicale, avoir un très bon état de santé, passer devant un comité spécialisé et devant le tribunal de grande instance. Autant d’étapes qui ne relèvent pas que de la “volonté de donner” », précise-t-on à l’Agence de la biomédecine.
En effet, dans le don d’organe avec donneur vivant, il ne s’agit pas seulement d’une question de générosité. Dans un éditorial qui accompagne la publication de Jagbir Gill et de ses collègues, deux auteurs, Arthur Matas (Université du Minnesota) et Rebecca Hays (Université du Wisconsin), pointent les différents facteurs concourant à ces tendances aux Etats-Unis. La prédominance féminine parmi les donneurs est ancienne, soulignent-ils.
Semaine nationale de mobilisation
« La disparité est vraisemblablement multifactorielle et inclut des taux plus élevés de maladie rénale au stade terminal chez les hommes (ce qui fait que les membres de la famille non touchés ont plus de chances d’être des femmes) et des différences selon le sexe dans les taux de maladies concomitantes (par exemple l’hypertension artérielle), ce qui limite les volontaires pour le don », détaille l’éditorial.
Cependant, le paramètre du sexe demeure important, comme le montre la treizième Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, qu’organise du 10 au 18 mars l’Agence de la biomédecine. L’Agence dit « “Bravo et merci” à tous ceux qui ont pris le temps de s’inscrire comme donneurs de moelle osseuse pour, peut-être un jour, sauver des vies. En effet, la moelle osseuse a un rôle vital dans le fonctionnement du corps humain : elle est à l’origine de la production des cellules sanguines ».
L’Agence précise qu’en « 2017, ils étaient 20 866 nouveaux inscrits sur le registre français, dont seulement 35 % d’hommes. Encourager le plus grand nombre d’hommes à devenir donneurs de moelle osseuse, c’est l’objectif prioritaire de cette nouvelle campagne ! » L’intérêt des dons de moelle osseuse masculin réside dans le fait qu’ils ne risquent pas de contenir des anticorps fréquemment produits chez les femmes au cours d’une grossesse et donc d’offrir plus de compatibilité en vue d’une greffe.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ L’économiste Jérôme Mathis revient, dans une tribune au « Monde », sur la spéculation qui a fait exploser, aux Etats-Unis, le coût d’un médicament contre une maladie mortelle, ouvrant un débat sur la moralité de la finance.
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édition abonné


« Immoral mais légal, le scandale du Daraprim interroge la régulation des marchés financiers »

L’économiste Jérôme Mathis revient, dans une tribune au « Monde », sur la spéculation qui a fait exploser, aux Etats-Unis, le coût d’un médicament contre une maladie mortelle, ouvrant un débat sur la moralité de la finance.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 12h01
    |

Jérôme Mathis (Professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine)







                        



                                


                            

Tribune. Les Américains attendent avec impatience, le 9 mars, le verdict du procès de Martin Shkreli, l’homme le plus détesté des Etats-Unis, accusé d’avoir spéculé sur le prix d’un médicament.
Rappel des faits. Le matin du 21 septembre 2015, les Américains atteints de toxoplasmose (une infection parasitaire potentiellement mortelle) se retrouvent confrontés à une atroce réalité. Les chaînes d’information diffusent en boucle un message qui éclate comme un coup de tonnerre dans un ciel serein.
Le prix de leur médicament, le Daraprim, a été multiplié du jour au lendemain par plus de cinquante, passant de 13,50 à 750 dollars l’unité. L’ahurissante envolée tarifaire est intervenue sans alerte, peu après que Martin Shkreli, un financier trentenaire et cofondateur d’un fonds spéculatif, a racheté à un laboratoire pharmaceutique les droits exclusifs de sa commercialisation.
Quelques casseroles judiciaires
À l’échelle de la nation, la pilule a du mal à passer. Hillary Clinton et Donald Trump, les deux candidats en lice pour la présidentielle américaine, fustigent publiquement la pratique. D’autant que l’intéressé n’en est ni à son premier scandale ni à sa première tentative de s’enrichir sur le dos de personnes vulnérables. Un an auparavant, il s’était livré à une opération similaire en multipliant par vingt, du jour au lendemain, le prix d’un médicament destiné au traitement de la cystinurie, une maladie rare à l’origine de calculs rénaux héréditaires.

Immoral mais légal, ce scandale interroge la régulation des marchés financiers. Aucun texte relatif à l’encadrement des pratiques financières ne permet toutefois de sanctionner cette opération. Fort heureusement pour l’opinion publique, le spéculateur, dont l’arrogance affichée n’a de cesse de souffler sur les braises de la colère nationale, a quelques casseroles judiciaires à son actif (pyramide de Ponzi, manipulations comptables et autres formes de fraudes...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Comment les enfants souffrant de troubles des fonctions cognitives ou des apprentissages peuvent trouver leur chemin. Explications en BD.
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<article-nb="2018/03/12/19-18">
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Les arguments mis en avant par les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme sont fallacieux, juge le professeur Stéphane Viville, du CHU de Strasbourg, dans une tribune au « Monde ». Il est temps qu’ils abandonnent leur discours idéologique et qu’ils modifient leur vision datée de la famille.
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Don de gamètes : « Il est temps de lever l’anonymat »

Les arguments mis en avant par les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme sont fallacieux, juge le professeur Stéphane Viville, du CHU de Strasbourg, dans une tribune au « Monde ». Il est temps qu’ils abandonnent leur discours idéologique et qu’ils modifient leur vision datée de la famille.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h20
    |

Stéphane Viville (Professeur à la faculté de médecine de Strasbourg)







                        



   


Tribune. Dans son dernier avis sur l’assistance médicale à la procréation (AMP), le Comité consultatif national d’éthique se montre, une fois de plus, très timoré : il préconise essentiellement d’ouvrir l’accès à l’AMP aux femmes célibataires ou en couple homosexuel, mais n’aborde malheureusement pas la problématique de l’anonymat du don de gamètes, alors même que ces femmes auront recours à cette pratique. En effet, l’anonymat fait l’objet de polémiques depuis de longues années.
L’insémination artificielle avec donneur fut introduite en tant que pratique médicale dans les années 1930 en Angleterre. C’est la très forte opposition de l’Eglise anglicane à cette pratique, l’assimilant à un adultère, qui a incité le corps médical à imposer l’anonymat du don de gamètes, instaurant ainsi une forme de clandestinité à cette activité. Le don de gamètes s’est mis en place en France à partir des années 1970, sous l’impulsion du professeur Georges David. Elle est assurée par vingt-trois centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme (Cecos).
Eviter toute discussion éthique
Afin de ne pas avancer d’arguments à connotation religieuse, omniprésents à l’époque, mais peu avouables en cette période post-Mai 68, le don de gamètes a été présenté comme un don de sang. Se référer à une pratique clinique permettait ainsi d’éviter toute discussion éthique. Or, cet amalgame est peu justifié tant la finalité du don d’organes et celle du don de gamètes diffèrent : l’un soigne, l’autre engendre une vie nouvelle, une part d’humanité.
Depuis, la situation a évolué, et nombre de pays pratiquent ce don avec la possibilité, pour la personne le souhaitant, d’obtenir des renseignements sur le donneur. Cette évolution est liée à un changement radical de la perception du don de gamètes, mais aussi à l’avènement du droit à connaître ses origines. Le Royaume-Uni a levé l’anonymat en 2005, autorisant la divulgation d’informations identifiantes sur le donneur aux personnes majeures concernées.

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                « La découverte de l’identité d’un donneur de gamètes risque d’engendrer des situations explosives »



La France reste très pusillanime sur le sujet. Dans les faits, il ne s’agit pas de faire des dons nominatifs, mais d’offrir la possibilité aux personnes conçues par don de gamètes d’avoir accès à l’identité du donneur. Il n’est nullement question, par ailleurs, d’envisager une rétroactivité de la loi : les donneurs anonymes le resteront.
Depuis bientôt cinquante ans, les Cecos n’ont pas évolué et campent sur leurs positions. Ils restent violemment opposés à la possibilité de levée de l’anonymat. Or, il est temps d’accepter la possibilité d’une double filiation : génétique/biologique et intentionnelle. La transmission génétique est une réalité, la transmission culturelle, sociale et affective une autre. Pour ce faire, une vraie rupture conceptuelle de la notion de famille est nécessaire afin de dépasser celle du XIXe siècle.
Une prétendue pénurie de donneurs
La faiblesse des arguments contre la levée de l’anonymat est étonnante. En particulier, il est avancé qu’aucune étude de l’impact psychologique de cette levée sur les personnes nées après don de gamètes n’a été réalisée. Et qui mieux que les Cecos pouvaient conduire de tels travaux ? De même, ils auraient dû, a contrario, et à l’instar des Britanniques, mener des études sur l’impact psychologique de l’anonymat du don de gamètes.
Un deuxième argument est celui de la prétendue pénurie de donneurs que la levée de l’anonymat engendrerait, alors même qu’il y a déjà un manque criant de dons. Cette justification est balayée par l’expérience anglaise : en dix ans de pratique de levée de l’anonymat, les dons ont doublé. Cet argument est donc un mythe ! Il est inconcevable que les responsables des Cecos l’ignorent.

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                Anonymat du don de gamètes : « Il faut prendre en considération la construction psychique de l’enfant »



Est-ce bien surprenant ? Avec la levée de l’anonymat, le statut du donneur change, il passe d’une clandestinité honteuse à une reconnaissance de son altruisme. L’anonymat génère un sentiment de transgression, il revient à réaliser un acte inavouable, lié, plus ou moins consciemment, à l’adultère. Sa levée place au contraire le donneur dans une situation valorisante, il n’est plus le fournisseur d’un produit illicite. Il acquiert une identité, son acte est reconnu. Il devient une personne. Il est donc temps d’abolir certaines considérations morales assimilant la pratique de l’AMP, et en particulier avec tiers donneurs, à une transgression.
L’importance de s’inscrire dans une filiation, de connaître ses origines, est souvent remise en question par certains responsables de Cecos, qui avancent le peu de demandes qu’ils reçoivent. Est-ce étonnant dans un système où les parents ne sont pas, contrairement à l’Angleterre, incités à révéler à leurs enfants leur mode d’engendrement et où les personnes conçues par don, et qui en sont informées, savent que la levée de l’anonymat est interdite et passible de sévères condamnations en cas de violation ?
Attachement ancestral à la filiation
On est en droit de s’interroger sur les fondements de ce besoin de connaître ses origines et sa filiation, mais non sur l’importance de ce besoin. Il est facile de le nier, alors même que le négateur connaît ses propres origines. Nous pourrions multiplier les exemples qui soulignent l’attachement ancestral de l’homme à sa filiation. Tous les domaines de l’art traitent du sujet, citons ne serait-ce que le mythe d’Œdipe.
L’engouement que rencontrent les sociétés qui proposent des tests génétiques directement disponibles au consommateur illustre aussi ce besoin d’inscription dans une filiation. Ces analyses d’ADN permettent de la retracer et d’identifier des parents plus au moins proches. Ils peuvent ainsi servir de tests de paternité ou de maternité, permettre l’identification de demi-frères ou demi-sœurs, de cousins. De ce fait, l’anonymat des donneurs de gamètes ne saurait être garanti.

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                Don de gamètes : « Les enfants ne régleront pas tous leurs problèmes en rencontrant leur géniteur »



S’il en était encore besoin, force est de constater que cela rend intenable le positionnement des Cecos. En effet, ces tests génétiques ont déjà permis à plusieurs personnes conçues par don de gamètes de découvrir l’identité du donneur. En attendant la levée de l’anonymat du don de gamètes, qu’ils ne pourront éternellement éviter, il est important que les Cecos informent les donneurs et les receveurs de gamètes que l’anonymat n’est plus assuré à 100 %. En effet, si l’entourage du donneur et la personne conçue font ce type de test, il y a une probabilité que non seulement le mode de conception soit révélé, mais aussi l’identité du donneur.
Il est temps pour les Cecos d’abandonner leur discours idéologique, de modifier leur vision datée de la famille et d’accepter la levée possible de l’anonymat des donneurs de gamètes, cela avant que la technologie ne la leur impose.
Stéphane Viville est praticien hospitalier au CHU de Strasbourg, responsable de l’unité fonctionnelle « génétique de l’infertilité », fondateur du Centre de diagnostic pré-implantatoire, ancien chef de service du laboratoire de fécondation in vitro du CHU de Strasbourg.
Cette tribune a été publiée initialement dans la version papier du Monde et sur son site Internet le 7 juillet 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Des chercheurs marseillais ont observé comment le pigment persistait indéfiniment alors que les cellules de la peau mouraient. Ce qui pourrait servir à faciliter la suppression des tatouages.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                

Le secret de l’éternité des tatouages découvert

Des chercheurs marseillais ont observé comment le pigment persistait indéfiniment alors que les cellules de la peau mouraient. Ce qui pourrait servir à faciliter la suppression des tatouages.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 20h57
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h54
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Pourquoi les tatouages sont-ils si durables alors que les cellules présentes dans le derme qui absorbent le pigment meurent beaucoup plus rapidement ? Des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et d’Aix-Marseille université regroupés au sein du centre d’immunologie de Marseille-Luminy ont élucidé cette énigme, ouvrant la voie à une solution plus efficace pour les effacer. Les travaux de cette équipe dirigée par Sandrine Henri et Bernard Malissen ont été publiés, mardi 6 mars, dans le Journal of Experimental Medicine.
Jusqu’à récemment, l’idée prévalait que le tatouage teintait les fibroblastes, cellules constituant le derme (la couche intermédiaire des trois que comprend la peau). Puis, il est apparu que les cellules du derme où se concentre l’encre sont en fait les macrophages, des cellules appartenant au système immunitaire dont « le rôle est de capter tous les objets étrangers ayant pénétré dans le corps », comme l’explique Sandrine Henri. Mais, ni les fibroblastes ni les macrophages ne persistent durant toute la vie d’un individu. « Un macrophage dure de l’ordre d’une vingtaine de jours », précise Sandrine Henri. Ils sont sans cesse renouvelés au cours de l’existence.
Les chercheurs marseillais qui étudiaient ces macrophages du derme chez des souris à peau noire avaient remarqué que le pigment qui donne cette couleur à leur peau, la mélanine, était réabsorbé par les macrophages lorsque les cellules qui le produisent meurent. Ils ont alors eu l’idée de vérifier s’il en allait de même avec l’encre des tatouages.
Des queues de souris tatouées
Pour ce faire, ils ont travaillé avec un modèle de souris génétiquement modifiées de façon à pouvoir détruire les macrophages présents dans leur derme. Les scientifiques ont mis au point un anticorps capable de reconnaître et de se lier spécifiquement aux macrophages, et lui ont accolé une toxine destinée à les détruire. Quelques semaines après la destruction des macrophages, ces cellules étaient remplacées par de nouveaux macrophages produits à partir de cellules précurseuses de la moelle osseuse.
Dans un premier temps, les chercheurs ont tatoué la queue des souris et ont constaté que seuls les macrophages du derme captaient le pigment. Puis, ils ont détruit ces cellules et ont observé que le tatouage ne se modifiait pas pour autant. « Les particules de pigment sont trop grosses pour se disperser facilement et restent sur place avant d’être captées par les nouveaux macrophages », détaille Sandrine Henri.

   


C’est donc une sorte de cycle qui se déroule dans le derme avec des cellules qui absorbent le pigment et meurent ensuite en le transmettant à de nouvelles cellules environnantes, et ainsi de suite. Un phénomène confirmé par le fait que lorsque de la peau tatouée d’une souris est greffée sur une autre souris non tatouée, six semaines plus tard, la plupart des macrophages contenant du pigment ont bien été produits par la souris receveuse et non par celle sur laquelle le greffon avait été prélevé.

   


Pour Bernard Malissen et Sandrine Henri, leurs constatations devrait servir à améliorer les traitements actuels de suppression des tatouages. En effet, ceux-ci font appel à des lasers sophistiqués pour détruire les cellules où se trouve le pigment. Cela nécessite des séances répétées pour détruire les cellules et fragmenter le pigment, et entraîne des dommages cutanés collatéraux. « Notre idée est de combiner notre technique d’anticorps spécifique combiné à une toxine pour détruire les macrophages avec le laser. Nous avons développé un anticorps pour la souris et nous allons travailler sur l’équivalent humain afin de collaborer avec des dermatologues sur de la peau humaine. La destruction très localisée des macrophages éviterait la recapture du pigment fragmenté et faciliterait son évacuation par les vaisseaux lymphatiques », explique Sandrine Henri. Un espoir pour les personnes qu’embarrassent leurs vieux tatouages.



                            


                        

                        


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Quand Persépolis copiait Babylone

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Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
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            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection Archéologie. A Persépolis en Iran, comme à ­Angkor au Cambodge ou à Pétra en Jordanie, les archéologues traquent les vestiges urbains après avoir privilégié le monumental et sa sauvegarde. La construction de la capitale perse du grand roi achéménide Darius Ier, adossée au flanc du Kuh-e Rahmat (la « montagne de la Miséricorde »), face à une plaine sans fin, commença autour de 515 av. J.-C. et se prolongea deux siècles durant, jusqu’à l’incendie que les troupes d’Alexandre le Grand auraient allumé en 330 av. J.-C., qui ravagea la cité.
La démesure de la ville royale était à l’égal de l’empire de Darius, qui embrassait trois continents, de l’Indus à la mer Egée, du Caucase à la Nubie. Une terrasse artificielle monumentale – 450 mètres sur 300 mètres –, surélevée de 15 mètres, portait les palais et espaces administratifs, dont la Salle des cent colonnes, les magasins du Trésor et les casernes. Le long des escaliers accédant à la grande salle d’audience de l’Apadana court une frise de bas-reliefs toujours visible. celle-ci représente l’interminable procession des sujets de l’empire, en file indienne par satrapies – les provinces assujetties –, portant au souverain les tributs qui lui étaient dus. Scènes de propagande célébrant la puissance du roi.
A visiter l’été prochain
A l’université de Téhéran, la traduction des milliers de tablettes d’argile crue, en écriture cunéiforme majoritairement élamite, trouvées sur place, se poursuit. Des jardins urbains étaient aménagés pour le campement royal lorsque le souverain séjournait à Persépolis avec sa suite de dix mille personnes. Retrouver les quartiers habités par les ouvriers, les artisans, les paysans, comme les résidences des dignitaires, tel est l’objet du projet irano-italien « Du palais à la ville », lancé en 2008. A 3,5 km à l’ouest de la terrasse, depuis 2011, la fouille est dirigée par Alireza Askari Chaverdi, codirecteur du Centre iranien pour la recherche...




                        

                        

