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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. La nouvelle série policière de Canal+ entraîne ses personnages dans les profondeurs de Paris et le téléspectateurs dans un voyage étouffant (sur Canal+ à 21 heures).
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TV – « Nox », les martyrs des catacombes

Notre choix du soir. La nouvelle série policière de Canal+ entraîne ses personnages dans les profondeurs de Paris et le téléspectateurs dans un voyage étouffant (sur Canal+ à 21 heures).



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h45
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Série sur Canal+ à 21 heures

Plusieurs impératifs ont guidé la création et l’écriture de Nox, la ­nouvelle série policière de Canal+. Les deux principaux étant de répondre à « l’appétit des abonnés pour le thriller » – en ­respectant, par conséquent, les ­figures imposées du genre – et de raconter une histoire circonscrite dans le temps, avec un début et une fin. Comprendre : sans que les auteurs aient à se préoccuper d’une éventuelle suite.
Ainsi se retrouve-t-on au cœur d’une intrigue dont les ramifications, tout comme les lieux où elle se tient, se liguent pour nous faire perdre le nord, et ce à plus d’un titre. Car il s’agit bel et bien dans Nox de nous mettre sens dessus dessous, au propre comme au figuré. En nous ­brinquebalant, de la surface aux profondeurs, de la lumière à ­l’obscurité, d’un Paris lumineux aux égouts nauséabonds. Là où disparaît un jour Julie Susini (Maïwenn) – bonne flic au ­caractère fougueux –, alors qu’elle est en train de poursuivre un gang de braqueurs de distributeurs de billets.
Rien à perdre
Sa mère, Catherine (Nathalie Baye), ex-membre de la police ­judiciaire mise à la retraite pour insubordination, amère, butée, persuadée de l’incompétence de la police, décide de foncer, ­entraînant au passage Raphaël (Malik Zidi), le coéquipier de Julie. Catherine prend tous les risques, bafoue les règles, passe outre les interdictions des responsables ­officiels. Elle n’a plus rien à ­perdre. Pas plus que Raphaël, ­fragile, indécis mais capable aussi d’une détermination d’égaré qui émeut.
C’est essentiellement sur ce duo que s’établissent les bases du ­récit, durant deux épisodes qui se donnent le temps de peaufiner la psychologie des personnages et la nature des liens qu’elle autorise. D’abord chien et chat, Raphaël et Catherine finissent par trouver leur point de rencontre dans le sentiment de culpabilité qu’ils ont en commun. Le premier parce qu’il se sent responsable de la ­disparition de Julie. La seconde parce qu’elle n’a jamais été très maternelle. Ces deux-là partagent aussi une pudeur des sentiments qui empêche une complicité ­immédiate. De leurs blessures ils tireront néanmoins le parti de ne rien craindre, tout comme celui de comprendre la noirceur ­humaine.

Hélas, passé les deux épisodes, Nox bifurque. Négligeant la ­dimension psychologique au ­profit de l’action et du suspense, la ­série opère une plongée de plus en plus profonde dans les carrières souterraines parisiennes, ces entrailles urbaines où finissent les oubliés et les rejetés, SDF, sans-papiers… qui ne trouvent pas leur place en surface ; et où agissent les monstres, tortionnaires, tueurs et disséqueurs de ­cadavres.
Dans ce labyrinthe dont nous découvrons les zones, les recoins et les trappes en même temps que les protagonistes, dans le faisceau de leurs lampes torches, la mise en scène de Mabrouk El Mechri – qui privilégie dans ce décor ­restreint et accidenté les mouvements de caméra et les changements d’angle – donne le tournis. Une sensation physique que le réalisateur a sciemment choisi de nous faire vivre. Dommage qu’à trop vouloir étreindre il ait perdu le sens de l’équilibre. Et les auteurs, celui de la mesure. Le ­scénario ayant mérité qu’on le ­décharge des fausses ou inutiles pistes, personnages et artifices qui l’émaillent, dans le seul but, semble-t-il, de retarder le ­dénouement.
Nox, série créée par Frédéric Cavayé, Quoc Dang Tran et Jérôme Fansten. Réalisée par Mabrouk El Mechri. Avec Nathalie Baye, Malik Zidi, Maïwenn, Frédéric Pierrot (Fr., 2018, 6 × 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Depuis la rentrée 2017, Julien Sellier est aux manettes de « RTL Petit Matin », la prématinale de la radio, qui caracole en tête des audiences. Rencontre avec un « bébé RTL » qui a su imposer sa marque.
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Les petits matins de Julien Sellier

Depuis la rentrée 2017, Julien Sellier est aux manettes de « RTL Petit Matin », la prématinale de la radio, qui caracole en tête des audiences. Rencontre avec un « bébé RTL » qui a su imposer sa marque.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h11
    |

                            Camille Langlade








                        



   


Il est 4 heures du matin et le thermomètre affiche -7 degrés. Le silence règne en maître dans les rues de Paris, vides, tout comme les couloirs de RTL. Dans la station historique de la rue Bayard (prochainement délocalisée à Neuilly-sur-Seine), Julien Sellier s’attelle au travail, un vilain chat dans la gorge : « J’espère que je vais réussir à avoir une bonne voix », murmure-t-il. Dans le studio voisin, une rediffusion des « Grosses Têtes » se fait entendre, en attendant la prise d’antenne de Julien et son équipe.
Derrière son écran d’ordinateur, le jeune trentenaire prépare « RTL Petit Matin », la prématinale de la radio qui réveille plus de 1,5 million d’auditeurs (source Médiamétrie). Un bel accomplissement pour ce « bébé RTL ». « On m’a toujours fait confiance, malgré mon jeune âge », reconnaît Julien Sellier. Passé par une fac d’histoire à Rennes et par l’Institut pratique du journalisme (IPJ) de Paris, il débarque à RTL en 2009, suite à l’obtention de la bourse Jean-Baptiste Dumas. Depuis, il n’en est jamais sorti. Il fait ses premières gammes en reportage avant de se consacrer à la présentation. De 2012 à 2017, il est à l’antenne pour le journal de 19 heures dans « RTL Soir ». Depuis septembre, il a succédé à Stéphane Carpentier (dont il a été le joker) aux commandes de la prématinale.
Décontraction et information
4 h 30 : tout le monde est à son poste. Marina Giraudeau à la météo, Olivia Leray à la présentation du journal. Le chef d’orchestre peut commencer. « Bonjour les amis, j’espère que vous avez bien dormi », annonce Julien d’une voix grave, légèrement enrouée. « Je force à mort », confiera-il plus tard entre deux prises. Fort heureusement, cela ne s’entend pas.
Avec son physique de jeune premier, lunettes arrondies sur le nez, pull, jean et baskets, le Rennais manie l’art de la décontraction, tout en restant sérieux. Sa pastille matinale est un savant mélange de détente et d’information. Entre deux flashs info, le chef François Pasteau vient présenter sa recette du jour, quelques auditeurs éclairent l’actu et Cyprien Cini propose une chronique décalée en fin d’émission. Une ambiance conviviale et bonne enfant règne dans le studio, qui se ressent à l’antenne. « Quand tu te lèves aussi tôt, c’est très sympa de bien s’entendre avec ses collègues », déclare Julien Sellier. On veut bien le croire.

   


Debout devant son micro, le journaliste ne s’assoit jamais. Exercice sportif ? Pas vraiment… « Avant, je faisais les journaux assis, pas le choix, mais en début d’année je me suis mis debout parce que j’avais mal au dos, et je me suis senti très à l’aise. Bon je suis d’accord, ça fait un peu prof mais c’est très agréable. Je vois tout le monde et pour faire le chef d’orchestre, c’est plus simple. » Comme pour les émissions d’access prime time à la télévision, la prématinale doit « chauffer » les auditeurs avant le grand rendez-vous matinal d’Yves Calvi.
De 4 h 30 à 7 heures, le tempo va crescendo. « Le ton qu’on a à 4 h 30 n’est pas du tout le même que celui de sept heures moins le quart », conçoit Julien Sellier. Le décor non plus. Plus on se rapproche de l’échéance, plus les visages se font sérieux, fermés. Les vestes viennent habiller les épaules des présentateurs de journaux. « Le rythme est un peu plus soutenu au fur et à mesure de la matinale, mais ça se fait vraiment progressivement », explique l’animateur. Une montée en puissance calculée, qui atteint son paroxysme lors de la dernière demi-heure.
Une montée en puissance calculée
Le studio se remplit au fur et à mesure, les couloirs de la station aussi. Dernière ligne droite. La tension monte ; les infos s’enchaînent, comme les intervenants. Les regards restent concentrés, un œil sur l’écran TV qui montre le plateau de la matinale d’Yves Calvi. Il faut garder le rythme jusqu’à la passe d’arme finale.
De l’autre côté du transistor, suit un large spectre d’auditeurs. « On se rend compte qu’on a des réactions de personnes très différentes : des jeunes, des vieux, des actifs, des retraités, des gens de gauche, de droite, des cadres, des ouvriers, des gens qui habitent dans les villes, les campagnes ou les banlieues », remarque Julien Sellier. D’où la nécessité de varier les sujets et les tonalités. « Le matin, les gens sont en train de faire plein de choses, il faut réussir à capter leur attention, faire en sorte qu’ils nous écoutent et pas seulement qu’ils nous entendent. »
Pour préparer « RTL Petit Matin », Julien Sellier travaille surtout le soir, pour tout ce qui est « froid », c’est-à-dire les chroniques et les invités déjà calés la veille. « Je suis plus efficace le soir, j’ai dû garder ça de l’époque où je faisais le “19 heures” ». Puis le matin même, le présentateur se consacre à l’actualité « chaude » : « Je divise en deux le temps de travail, ce que tout le monde ne fait pas. Mes prédécesseurs bossaient entièrement le matin. Je gratte une demi-heure de sommeil. » Toujours cela de gagné... quand, comme lui, on se lève à 2 heures (du matin, cela va de soi).
Donner les premières infos de la journée, faire les premiers choix : voilà ce qui motive Julien Sellier dans cette tranche de lève-tôt. « Même à 6 h 30, on essaie toujours d’avoir un sourire dans la voix. Il ne faut pas oublier que la plupart des auditeurs viennent de se réveiller et c’est la première voix qu’ils entendent. » Quid du reportage ? Le trentenaire ne s’en cache pas, cela lui manque, parfois. « C’est vrai que j’ai arrêté au moment où je commençais à avoir un plus d’expérience, donc il y a toujours un petit regret. Mais j’ai 31 ans, je pourrai y revenir plus tard, ce n’est pas fini ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Des membres de l’association 350.org se sont allongés dans l’une des salles les plus fréquentées du musée pour l’appeler à refuser les dons du groupe pétrolier.
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Des militants écologistes au Louvre pour protester contre le mécène Total

Des membres de l’association 350.org se sont allongés dans l’une des salles les plus fréquentées du musée pour l’appeler à refuser les dons du groupe pétrolier.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h48
   





                        



   


C’est un combat vieux de plusieurs années. Des militants écologistes réclament le boycott, par le Louvre, de son mécène Total. Ils ont mené une nouvelle action en ce sens lundi 12 mars, en s’allongeant, vêtus de noir, devant Le Radeau de La Méduse, dans l’une des salles les plus fréquentées du musée. Les militants ont scandé des slogans contre l’action du groupe pétrolier puis ont quitté les lieux après deux heures d’action.
Les visiteurs ont été évacués vers d’autres salles au bout d’une dizaine de minutes, tandis que les protestataires restaient sur le sol, pour « symboliser les victimes des activités pétrolières » selon l’ONG 350.org. Le Louvre, interrogé par l’Agence France-Presse, a confirmé l’évacuation des visiteurs de la salle, puis le départ des activistes de leur plein gré, sans intervention de vigiles ni de forces de l’ordre.
La campagne « Libérons le Louvre », lancée par un collectif d’associations emmené par 350.org, demande au musée de mettre un terme à son partenariat avec la Fondation Total, au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques, les énergies fossiles – charbon, pétrole, gaz – étant largement responsables des gaz à effet de serre sources du réchauffement planétaire.
« De plus en plus de communautés seront poussées à l’exil à mesure que les impacts du dérèglement climatique continueront de s’accentuer », explique le collectif lundi.
« En tant que courroie de transmission entre les civilisations et les cultures, mais aussi en tant que lieu d’éducation, le partenariat avec Total entre en contradiction avec l’ambition du musée de tisser des ponts entre civilisations passées et générations actuelles. »
Des actions menées depuis 2015
Il y a un an, une trentaine de militants avaient déposé un tapis d’étoffes noires au pied de la Victoire de Samothrace, formant une « rivière de pétrole » symbolique, accompagnée de tracts « Total soutient le Louvre/Le Louvre soutient Total - #zerofossile ». Quelques mois plus tard, les bassins extérieurs étaient victimes d’une « marée noire », après ajout d’un colorant noir « 100 % naturel » selon les organisateurs. En 2015 déjà, l’association 350.org avait lancé une pétition pour que le partenariat entre le Louvre et Total cesse.
Total est un partenaire du Louvre depuis environ vingt ans. Dans une réponse adressée en janvier 2017 au responsable de 350.org France, le président du musée, Jean-Luc Martinez, détaillait ses actions (soutien à des expositions, rénovations, éducation culturelle, action sociale), évoquant un « soutien financier décisif ».

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Les rencontres du cinéma latino-américain fêtent le cinquantenaire de cette année dont l’actualité, très riche, marqua un grand nombre de films.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La compagnie fondée par les marionnettistes Camille Trouvé et Brice Berthoud est en tournée avec sa dernière création, « White Dog ».
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Les vies rêvées en papier froissé des Anges au plafond

La compagnie fondée par les marionnettistes Camille Trouvé et Brice Berthoud est en tournée avec sa dernière création, « White Dog ».



Le Monde
 |    12.03.2018 à 14h48
    |

            Cristina Marino








                        



   


Il était une fois… une comédienne formée à l’art de la marionnette à Glasgow, Camille Trouvé, et un circassien, fil-de-fériste et jongleur à ses débuts, Brice Berthoud, devenu ensuite comédien et marionnettiste. Tous deux fondèrent en 2000 la compagnie Les Anges au plafond, installée à Malakoff (Hauts-de-Seine) et spécialisée dans la création de spectacles originaux mêlant marionnettes à taille humaine, projections vidéo, musiques jouées en direct. Le nom même de leur compagnie évoque « l’irruption discrète de créatures célestes dans notre réalité ».
D’ailleurs, dès leur première œuvre à quatre mains, Le Cri quotidien (2000), c’est une ville entière avec ses habitants qu’ils font surgir des pages d’un grand journal manipulé sur scène. Dans les sept opus qui ont suivi, ils ont développé la même approche artistique autour de plusieurs axes : le papier comme matériau de prédilection pour la construction de leurs marionnettes, l’épopée comme trame narrative, la mise en question de l’espace scénique, le geste de la manipulation visible ou invisible, la présence d’une partition musicale interprétée en live par des musiciens.
Camille Claudel et Romain Gary
Camille Trouvé et Brice Berthoud alternent régulièrement les rôles quand ils créent un nouveau spectacle : quand l’un(e) signe la mise en scène, l’autre interprète les personnages et manipule les créatures de papier froissé qui peuplent leur univers. Ainsi, dans Les Nuits polaires (2004), c’est Brice qui raconte sous un igloo, et avec trois marionnettes, les histoires adaptées par Camille des récits du Groenland de l’écrivain Jorn Riel. Pour le diptyque consacré à la mythologie grecque, Une Antigone de papier (2007) et Au fil d’Œdipe (2009), ils ont inversé les rôles d’écriture/mise en scène et d’interprétation/manipulation d’un spectacle à l’autre.

Pour les deux créations inspirées de la vie tragique de Camille Claudel, Les Mains de Camille (2012) et Du rêve que fut ma vie (2014), c’est logiquement Camille Trouvé qui incarne la sculptrice en proie à ses démons de papier, dans une mise en scène signée par son comparse. Pour leur dernier diptyque en date, autour de l’existence et de l’œuvre de Romain Gary (alias Emile Ajar), avec R.A.G.E (2015) et White Dog (2017, d’après le roman Chien blanc, paru en 1970), c’est elle qui reste dans l’ombre de l’adaptation et de la mise en scène tandis que lui donne vie aux marionnettes sur le plateau aux côtés d’autres comédiens.

Relations entre l’intime et le politique
Avec Les Anges au plafond, on est bien loin de l’univers enfantin et parfois un peu caricatural du traditionnel Guignol. Derrière l’apparente légèreté de leurs créatures en papier froissé se cache une passionnante réflexion sur les relations entre l’intime et le politique, sur les décalages (mise à distance, humour, dualité, etc.) qui peuvent naître des rapports entre le marionnettiste et les objets qu’il manipule.
L’interaction des comédiens avec le public est également au cœur des créations de cette compagnie qui n’hésite pas à passer de la jauge très restreinte d’un igloo en toile pour Les Nuits polaires au plateau gigantesque de R.A.G.E où quelques spectateurs peuvent choisir de voir le spectacle non pas dans la salle mais assis sur la scène au même niveau que la troupe. Cet univers hors norme est à découvrir dans les huit spectacles de cette compagnie en tournée à travers la France, notamment à Malakoff avec White Dog, du 15 au 21 mars, dans le cadre du 18e festival Marto ! (Marionnettes et objets).

Sur le Web : www.lesangesauplafond.net et www.festivalmarto.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Une enquête menée auprès de 1 200 auteurs est publiée à l’occasion du salon Livre Paris, qui s’ouvrira vendredi 16 mars.
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Entre les auteurs et leurs éditeurs, la situation reste tendue

Une enquête menée auprès de 1 200 auteurs est publiée à l’occasion du salon Livre Paris, qui s’ouvrira vendredi 16 mars.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h00
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Comme chiens et chats. Les relations entre auteurs et éditeurs restent tendues, selon un baromètre publié lundi 12 mars par la Société civile des auteurs multimédia (SCAM) et la Société des gens de lettres (SGDL), avant l’ouverture du salon Livre Paris, vendredi.
Sur les 1 200 auteurs ayant répondu au questionnaire, 29,2 % considèrent avoir « des relations non satisfaisantes, voire conflictuelles, avec certains ou la majorité de leurs éditeurs, et 8 % avec tous leurs éditeurs ».
Sans surprise, écrire ne fait pas vivre. Un quart des auteurs ne perçoivent aucun à-valoir pour leur ouvrage. Celui-ci est inférieur à 1 500 euros pour 34 % ­d’entre eux et se situe entre 1 500 et 3 000 euros pour 36,7 % des ­personnes interrogées. Seuls 14,4 % touchent entre 3 000 et 5 000 euros et 14,9 %, davantage.
Le baromètre évoque « un taux de rémunération moyen » très bas, de 7,2 % du prix hors taxe du livre. Les romanciers sont un peu mieux lotis (8,5 %), tout comme les auteurs de BD (8 %). A l’inverse, les auteurs jeunesse occupent le bas de l’échelle (5,2 %).

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                Les organisateurs du salon Livre Paris ouvrent le tiroir caisse aux auteurs



Les questions financières, nerf de la guerre
De fait, seul un tiers des auteurs exercent uniquement ce métier d’écriture. La grande majorité doit trouver des revenus annexes pour vivre. Depuis le dernier ­baromètre, daté de 2015, 48 % des sondés estiment que leur situation financière s’est maintenue, mais 44 % qu’elle s’est détériorée.
En outre, une certaine opacité perdure chez les éditeurs : près d’un quart des auteurs ont, par exemple, eu connaissance de traductions de leur livre à l’international sans en avoir été informés au préalable par leur maison d’édition. Plus de la moitié d’entre eux n’ont pas perçu de droits, alors que leur titre était exploité à l’étranger. Autre grief : 25 % des auteurs regrettent que leur éditeur n’ait pas pris la peine de leur dire que leur ouvrage avait été mis au pilon.
Parmi les éléments positifs mentionnés dans cette étude, figure le fait que le travail de création des éditeurs semble mieux apprécié et que le taux de satisfaction des auteurs quant à la diffusion de leur ouvrage augmente. En outre, la promotion des livres est jugée plus satisfaisante.
Un tiers des écrivains, en revanche, se plaignent d’un manque d’informations sur les ventes de leurs ouvrages. En effet, 60 % des auteurs doivent réclamer leurs relevés de droits. Et quand ils récupèrent ces documents, 66 % les jugent ni clairs ni complets. Les questions financières étant le nerf de la guerre, près des deux tiers des auteurs doivent écrire à leurs éditeurs pour réclamer le paiement de leur dû…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La Tefaf (The European Fine Art Fair) réunit le haut du panier des galeristes du continent, représentant quelque 29 spécialités, de l’Antiquité jusqu’à la période la plus contemporaine.
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édition abonné


A Maastricht, sept mille ans d’histoire de l’art

La Tefaf (The European Fine Art Fair) réunit le haut du panier des galeristes du continent, représentant quelque 29 spécialités, de l’Antiquité jusqu’à la période la plus contemporaine.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h35
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Vous voulez tout savoir des tabatières chinoises ? ­Allez à Maastricht. Plutôt intéressé par les arts de la table ? Ces salières sont pour vous. Elles ont été fabriquées non loin de là, à Delft, vers 1695. On les complétera avantageusement par un service d’assiettes en porcelaine, chinoises elles aussi, plus tardives d’environ un siècle. Cent soixante pièces toutefois, mais d’occasion : elles ont ­appartenu à Mme de Pompadour… Besoin d’un casque ? En voici un, en bronze, fondu à ­Corinthe au Ve siècle avant notre ère. D’un motif pour une déclaration d’amour ? On peut le trouver dans ce portrait qu’un homme fit jadis de lui-même en compagnie de son épouse. On a même leurs noms : elle s’appelle Saskia, lui, c’est Rembrandt !
C’est qu’on trouve de tout, à Maastricht. La Tefaf (The European Fine Art Fair) est même la seule foire du monde dans ce cas, qui réunit à ce niveau l’art premier, les antiquités égyptiennes ou classiques, les manuscrits et les livres rares, les objets d’art, le ­mobilier, les bijoux, et l’art de tous les temps, jusqu’au plus contemporain : Emmanuel Perrotin, ­notre gloire nationale en la matière, y a pour la première fois un stand. « 7 000 ans d’histoire de l’art », proclament justement les prospectus. Des petits trésors, 30 000 objets en tout, estimés collectivement à plusieurs milliards d’euros, apportés là jusqu’au 18 mars par 287 marchands, parmi les plus pointus dans leur spécialité.
Des spécialités, il y en a 29 au total, chacune scrutée à la loupe par un bataillon – ils sont 189 – d’experts indépendants. La plupart sont des historiens d’art ­reconnus ou des conservateurs de musée. Et ils peuvent s’appuyer sur des analyses scientifiques réalisées sous la houlette de Robert Van Langh, chef du département de restauration du Rijksmuseum d’Amsterdam. Un peu comme si la Biennale des antiquaires de Paris passait ses œuvres au crible du laboratoire de recherche des Musées de France, pratique –...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Pour « Cocoa Sugar », son troisième album, le trio écossais a changé sa façon de travailler.
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De la pop dans le hip-hop de Young Fathers

Pour « Cocoa Sugar », son troisième album, le trio écossais a changé sa façon de travailler.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h08
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Difficile d’être meilleurs camarades que ces trois Ecossais qui ont passé plus de la moitié de leur vie ­ensemble. S’entretenir avec les Young Fathers, Alloysious Massaquoi, Kayus Bankole et G Hastings, à propos de leur nouvel ­album, Cocoa Sugar, sorti vendredi 9 mars, c’est d’abord s’exposer à leurs private jokes. Alors qu’Alloysious Massaquoi, la trentaine joyeuse, raconte la venue de ses parents libériens dans la capitale écossaise, Kayus Bankole, ­hilare, rétorque : « Moi aussi, je ne savais pas qu’il y avait des Noirs à Edimbourg, j’y suis né car ma mère nigériane a trouvé un travail de ­secrétaire là-bas. » G Hastings est le seul des trois à venir d’un quartier populaire. « Au début, comme j’étais le seul Blanc du groupe, on me prenait pour le DJ, s’amuse-t-il. Personne ne pensait que je rappais avec mes deux potes sur scène. »

Bouleverser les clichés, proposer un hip-hop loin des formats ­radios et des canons du genre, chercher dans leur environnement ce qu’il y a de plus nerveux et de sombre, c’est leur credo. A l’origine de ce trio formé en 2008, il y a une amitié et un amour du hip-hop forgés dans un local pour jeunes d’Edimbourg, où s’organisaient des après-midi rap. Les trois copains ont alors 14 ans. Mais leur passion est loin d’être à la mode à « Embra », petit nom qu’ils donnent à leur ville : « A Edimbourg, il n’y avait pas de scène musicale forte, se souvient G Hastings. Ce n’est pas Glasgow, Manchester ou Londres. Chez nous, tout le monde écoutait de la musique rave, du happy hardcore… Le hip-hop ­paraissait très lent à côté. La première fois que je suis allé à une rave, j’ai presque eu peur tellement le son était fort. »
« Le naturel est revenu au galop »
Dès leurs premiers morceaux, les Young Fathers vont pourtant insuffler à leur rap cette énergie peu commune de la techno et du punk anglais. A leurs beats hip-hop, ils ajoutent des guitares saturées,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Hommages radiophoniques et rééditions discographiques saluent en France les 90 ans de la grande mezzo-soprano allemande, née à Berlin en 1928.
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Christa Ludwig : « Je suis une vache sacrée »

Hommages radiophoniques et rééditions discographiques saluent en France les 90 ans de la grande mezzo-soprano allemande, née à Berlin en 1928.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 09h39
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Pour rencontrer Christa Ludwig, il faut sortir de Vienne et gagner les hauteurs de Klosterneuburg – un nombre non négligeable de virages enneigés –, comme ce 20 janvier, avant de la surprendre à une heure de l’après-midi, en robe de chambre, en train de prendre son café et de beurrer ses biscottes. La cantatrice avait, semble-t-il, mal noté le rendez-vous pris il y a quelques semaines. C’est donc autour de la table de la cuisine que se déroulera l’entretien avec celle qui fut la plus grande mezzo-soprano de la seconde moitié du XXe siècle, adulée dans Mozart, Schubert, Schumann, Brahms, Mahler, Strauss, et qui, à 90 ans le 16 mars, n’a rien perdu de son franc-parler.
La maison de disques Warner Classics sort, pour votre anniversaire, une compilation avec des inédits. Les avez-vous écoutés ?
Non. Je n’écoute plus jamais mes disques. Et ce n’est pas par nostalgie. Bien sûr, j’apprécie ce cadeau, mais tout cela est derrière moi. C’est une profession pour les jeunes. Je suis mezzo-soprano et les mezzos ont toujours les pieds sur terre. Quand on commence cette profession, on doit savoir que ça s’arrête un jour. Même si, à Vienne, je suis une vache sacrée, et la seule femme membre d’honneur de l’Orchestre philharmonique.
Cela fait maintenant vingt-quatre ans que vous avez cessé de chanter et commencé une nouvelle vie…
« Quand on est chanteur, on vit dans une serre comme une plante exotique. »
Quand on est chanteur, on vit dans une serre comme une plante exotique. La première chose que j’ai faite en sortant de l’Opéra de Vienne, le 14 décembre 1994, après avoir chanté une dernière fois la Clytemnestre de Strauss dans Elektra, a été d’ouvrir mon manteau pour sentir le vent et la neige sur la Gärtnerstrasse. Je voulais m’enrhumer. Aujourd’hui, je fais attention à ma santé, si ce n’est que, peut-être, je bois un peu trop d’alcool.
Ah bon ?
Oui, j’ai tous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Avec son splendide premier album, « Recomeçar », le Brésilien offre une bande-son idéale à l’après-carnaval.
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Tim Bernardes, de saudade en aubades

Avec son splendide premier album, « Recomeçar », le Brésilien offre une bande-son idéale à l’après-carnaval.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 08h30
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Selon certains oiseaux de nuit, il ne serait meilleur moment, pour se bercer de musique, que les lendemains de fête. Au Brésil, cette assertion prend fatalement les couleurs locales et chamarrées du carnaval : rien n’égalerait les décibels d’après-défilé, prétendent les initiés. Qu’on se souvienne de la saudade qui nimbe A Banda (1966), inoubliable samba post-bamboche de Chico Buarque : « Tout reprit sa place/Chacun chanta dans son coin/Et dans chaque chant, une douleur/Après le passage de la fanfare. » Ou encore Manha de Carnaval (1959), bossa badine pour matins câlins, versifiée par Antonio Maria : « Après ce jour heureux/Je ne sais s’il y aura d’autres jours. »
Février est passé, le carnaval et son lot de couleurs aussi ; l’heure est donc, pour les noceurs que nous sommes, aux douleurs et aux douceurs de l’« après ». C’est là qu’intervient un jeune Paulista de 26 ans, Tim Bernardes. Paru à l’automne 2017, son premier album solo, Recomeçar, est loué par toutes les oreilles alertes que compte encore le Brésil : âmes groggy, ouïes engourdies, ce prodige vous guérira fissa.
Pour qui connaît les pétrins brésiliens, il est loisible d’y entendre la bande-son d’une nation sonnée, assommée de bacchanales et de scandales, repue de messes sportives et de kermesses politiciennes ; une nation, en un mot, où tout serait à recommencer, comme nous l’enjoint le titre de l’album. Sur cette table rase, nulle miette moralisatrice, cependant. Tim Bernardes n’appelle pas le pouvoir à armer « les bons citoyens », comme le fait Gusttavo Lima, vedette de variété brésilienne. Il se contente d’en référer à l’Etat de droit : « Le Mondial et le carnaval auront lieu/Mais tout continue de travers/Il n’est rien de juste ou d’injuste, sinon la justice de fait », déplore-t-il sur Tanto Faz (« Peu importe »).

En bon justicier, Bernardes avance masqué, à rebours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ A La Maison rouge, à Paris, une exposition réunit quelque deux cents figurines fabriquées aux Etats-Unis du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle.
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Les poupées noires, visages d’un passé sombre des Etats-Unis

A La Maison rouge, à Paris, une exposition réunit quelque deux cents figurines fabriquées aux Etats-Unis du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 10h15
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Depuis vingt ans, Deborah Neff, avocate américaine, collectionne les poupées. Il n’y aurait là rien d’exceptionnel si elle ne se consacrait à un genre particulier, les poupées noires fabriquées aux Etats-Unis du milieu du XIXe siècle au milieu du XXe. Son premier achat, c’était dans une foire aux antiquités à Atlanta, par hasard. Elle a en a réuni depuis plus de deux cents, qui sont montrées hors des Etats-Unis pour la première fois.
Il y en a d’anciennes et de plus récentes, de ruinées et d’intactes. La plupart sont anonymes, fabrications artisanales à base de chiffons accumulés et enveloppés de vêtements imitant ceux des enfants ou des adultes par leurs tissus et leurs coupes. Elles sont le plus souvent parées d’adjonctions de toutes sortes et tous matériaux, boutons, rubans, colliers, verre pour les yeux, cuirs, fourrures, cheveux, dents animales, bois sculpté et poli, têtes de poupées industrielles récupérées.

Du stade le plus rudimentaire au plus élaboré, du corps réduit à quelques volumes simples à l’imitation la plus détaillée, tous les degrés de schématisme et de réalisme se succèdent. Selon les matériaux disponibles et selon la dextérité de celle ou celui qui était au travail, l’objet est plus ou moins remarquable. Les mieux finis ne sont pas nécessairement les plus émouvants. Ce serait même plutôt l’inverse : des formes simples et nues, un visage aux traits indiqués par des fils rouge et blanc arrêtent mieux le regard que les poupées encombrées d’accessoires, ne serait-ce que parce qu’il y a plus d’invention et de liberté dans les objets les plus abrégés que dans les plus complets.
Déterminisme déplaisant
Les peaux sont donc noires ou de nuances de brun plus ou moins sombres. Ces poupées représentent des Afro-Américains, c’est-à-dire, pour les plus anciennes, des esclaves ; puis des populations qui ont subi la ségrégation raciale après la guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage et cela...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Tous les lundis, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nine Antico.
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« Maléfiques », par Nine Antico (épisode 23)

Tous les lundis, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nine Antico.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 07h46
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le documentaire sur la tribu kanak de Saint-Louis sera diffusé mercredi 14 mars à 20 h 50 sur France Ô et en avant-première dès dimanche sur le Monde.fr.
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« Saint-Louis, une histoire calédonienne » : le visage contrasté d’une tribu kanak

Le documentaire sur la tribu kanak de Saint-Louis sera diffusé mercredi 14 mars à 20 h 50 sur France Ô et en avant-première dès dimanche sur le Monde.fr.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 00h00
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 09h20
    |

            Patrick Roger








                        


De la route qui relie Nouméa à Mont-Dore, distantes d’une vingtaine de kilomètres dans le Grand Sud de la Nouvelle-Calédonie, la seule image que l’on aperçoive de la tribu kanak de Saint-Louis, c’est le clocher de la mission, construite dans les années 1860. La rocade, sur laquelle circulent plus de vingt mille véhicules par jour, traverse de part en part le territoire de la tribu. Les jeunes de Saint-Louis savent qu’ils disposent là d’un moyen de pression stratégique, parce que, comme le raconte Ambrosio Kamodji, qui fut le premier bachelier de la tribu et est aujourd’hui éducateur spécialisé, « quand ils bloquent, ça bloque tout ».
La RP2 est souvent le théâtre de violences. Organisées ou plus ou moins spontanées, collectives et revendicatives ou simplement délictuelles. Fin 2016, à la suite de la mort d’un des leurs, William Decoiré, tué par un gendarme à un barrage routier au volant d’une voiture volée, de violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre s’y déroulèrent pendant plusieurs semaines. Il fallut plusieurs jours pour déblayer les dizaines de carcasses de voitures brûlées. Les gendarmes ont dit avoir agi en « légitime défense ». Le parquet avait classé l’affaire, attisant la violence des jeunes. Une enquête a finalement été ouverte et, tout récemment, l’association William, qui se bat pour « obtenir la vérité », a obtenu qu’une reconstitution soit organisée, ce que les autorités avaient toujours refusé.
Référendum en novembre
Ben Salama et Thomas Marie, les auteurs du documentaire « Saint-Louis, une histoire calédonienne », projeté mercredi 14 mars à 20 h 50 sur France Ô et dont Le Monde est partenaire (il est diffusé en avant-première sur le site du monde.fr entre le 11 et le 14 mars), peuvent à juste titre estimer que leur travail, qui a réclamé près de deux mois de contacts préalables puis de tournage sur place, y aura contribué. Mais, pour les jeunes de la tribu, la mort de William Decoiré reste une blessure, qui parfois peut virer à la « haine ».
Il ne s’agit pas pour les réalisateurs de « réhabiliter » Saint-Louis, cette tribu urbanisée, gagnée par les faubourgs de Nouméa, la pieuvre tentaculaire en constante expansion, mais d’en montrer un visage plus contrasté. De se plonger dans ses contradictions. Saint-Louis a mauvaise réputation. Pour un jeune Kanak à la recherche d’un emploi, c’est une tache sur le CV. Aussi, quand une jeune fille de la tribu obtient une bourse pour aller poursuivre des études supérieures en métropole, c’est un événement partagé par toute la famille, et un véritable déchirement. De même que l’on perçoit bien ses interrogations, alors qu’elle manifeste avec les indépendantistes, sur l’avenir d’une Kanaky indépendante, sur laquelle la population calédonienne va avoir à se prononcer au début du mois de novembre.
« Saint-Louis, c’est les Etats-Unis de la Kanaky »
Les éléments les plus radicaux, eux, farouchement indépendantistes, assurent qu’ils n’iront pas voter, car ils ne se retrouvent pas dans ceux qui les représentent et expriment même parfois une forme de rejet. Saint-Louis, comme l’explique justement le titre du documentaire, est un concentré de l’histoire calédonienne et de ses contradictions, de la religion, de la politique et de la coutume. « Saint-Louis, c’est les Etats-Unis de la Kanaky », assume fièrement Marie-Luce Wemoadjou, une « ancienne », rappelant la tradition d’accueil de la tribu. Mais c’est aussi là qu’eurent lieu au début des années 2000 de violents affrontements intercommunautaires, chassant les Wallisiens de leur quartier de l’Ave Maria.
Saint-Louis a mauvaise réputation, et elle n’est pas forcément usurpée. Pour la majeure partie de la population, elle rime avec caillassage, violence, délinquance, malgré tous les efforts déployés ces dernières années par la municipalité de Mont-Dore et les services de l’administration territoriale. Et pourtant, le documentaire s’achève sur la « fierté » des jeunes de la tribu d’accueillir, à l’occasion des journées du patrimoine, des « étrangers » pour leur faire découvrir leur territoire et leurs réalisations. De quoi, le temps d’une journée, pouvoir espérer en un « destin commun ».






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chronique. L’ancien député est arrivé au Média pour une émission hebdomadaire, il en est parti après le licenciement de la rédactrice en chef. Jean-Luc Mélenchon l’a traité de « manipulateur ».
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Il est comme ça… Noël Mamère


                      Chronique. L’ancien député est arrivé au Média pour une émission hebdomadaire, il en est parti après le licenciement de la rédactrice en chef. Jean-Luc Mélenchon l’a traité de « manipulateur ».



Le Monde
 |    11.03.2018 à 18h30
    |

            Philippe Ridet








   


A dire vrai, on a été un peu surpris quand, en décembre, les dirigeants du Média, cette télé diffusée sur Internet dont il ne faut pas dire qu’elle soutient Jean-Luc Mélenchon même si ça en a tout l’air, ont fait fuiter l’arrivée de Noël Mamère. A la fois prise de guerre et tête de gondole, l’ancien député et maire de Bègles était la preuve vivante de l’ouverture d’esprit des concepteurs de cette nouvelle chaîne. Etait-il bien à sa place dans le monde de La France insoumise ? A près de 70 ans, il apportait son expérience de journaliste professionnel acquise sur Antenne 2 (« Ah ! Dou dou dou dou… ») de 1977 à 1992 (le « 13 heures », « Le Grand Raid », « Résistances » et un peu de placard…) et plusieurs décennies de militantisme chez les Verts, ou plutôt à leurs côtés, tant ces derniers ont été longs à l’accepter comme l’un des leurs.
C’est toujours émouvant de voir un senior, un journaliste à l’ancienne, mettre sa notoriété au service de la bleusaille. Respect. De plus, Noël Mamère n’est pas seulement l’écolo le plus cathodique de France après Nicolas Hulot (et Aymeric Caron, bien sûr !), mais aussi le recordman de France du meilleur score obtenu par un candidat Vert à l’élection présidentielle avec 5,25 % des suffrages en 2002. Un exploit aussi inoxydable qu’un record du monde d’athlétisme frelaté du temps de l’ex-RDA. En résumé, une grosse pointure pour un petit média.

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                Noël Mamère quitte Le Média, le site d’information de la gauche alternative



Et puis il apportait sa moustache. Ça n’a l’air de rien une moustache, mais ça fait gentil, doux, débonnaire, confit de canard et madiran, tweed et velours. Ça inspire confiance, la moustache. Demandez à Pierre Bellemare, par exemple. Qui se méfierait d’un type aussi jovial ? Une vraie tête de téléachat. Noël Mamère semble être né avec la sienne. De brune, elle est devenue grise puis blanche. Mais elle est comme la preuve que son propriétaire sait être fidèle quand certains lui reprochent d’avoir un peu navigué en politique. Qu’il sait être humble quand il a cumulé tous les mandats possibles depuis sa première élection, à la fin des années 1980. A l’inverse, du côté de La France insoumise, presque plus un poil ne dépasse, à part ceux d’Alexis Corbière. A l’image du mentor, on y est glabre et tranchant. Quand il était socialiste, Jean-Luc Mélenchon avait un bouc. Passé de mode, comme la rose au poing. Aujourd’hui, la révolution rase de près.

Croire que Mamère ait pu être manipulé, ce serait croire qu'il a des convictions stables. Juste un lamentable tireur dans le dos qui veut racheter sa place dans la bonne société. Le manipulateur, c'est lui.— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 7 mars 2018


Bref, il y avait comme un petit problème de casting, disons de style, entre Mamère et Le Média. Redevenu journaliste, l’ancien présentateur a aussi retrouvé quelques fondamentaux de la profession. D’accord pour changer le monde, mais pas en commençant par cacher la vérité sous le tapis, a-t-il rappelé à ses nouveaux collègues après la décision de la chaîne de ne pas diffuser d’images des bombardements de l’enclave de la Goutha, en Syrie, par l’aviation de Bachar Al-Assad.

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D’accord pour renouveler les têtes, mais pas en virant la présentatrice du journal, dans un procès devenu public. D’accord pour interroger les médias, mais sans toutefois les haïr. Journaliste un jour, journaliste toujours, il a pris ses cliques, ses claques et sa moustache, laissant ses anciens collègues bien au chaud dans leurs certitudes. Peu après sa démission, Noël Mamère accompagnait Benoît Hamon, dont il est proche, au Salon de l’agriculture. Cet homme aime les situations compliquées.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. Mathilde Damoisel retrace, à travers ses figures emblématiques, près de deux siècles de combats pour l’émancipation des femmes (sur France 5 à 22 h 40).
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TV - « Simone, Louise, Olympe et les autres... »

Notre choix du soir. Mathilde Damoisel retrace, à travers ses figures emblématiques, près de deux siècles de combats pour l’émancipation des femmes (sur France 5 à 22 h 40).



Le Monde
 |    11.03.2018 à 18h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 40



Durant la Grande Guerre, il ne fait pas bon être une institutrice syndiquée portant des vêtements masculins, féministe de surcroît. Et comme elle adhère au Comité international des femmes pour une paix permanente, Hélène Brion est suspecte. Bientôt suspendue, arrêtée pour propagande défaitiste, elle plaide la cause du féminisme, se jugeant iniquement poursuivie pour un délit politique puisqu’elle n’a pas les droits d’un citoyen dans une démocratie où le suffrage n’est universel qu’au masculin. Condamnée à trois ans de prison avec sursis, révoquée, elle va s’attacher à composer une Encyclopédie féministe dont elle reprend inlassablement l’index, découvrant que la seule identité concédée aux femmes tient dans leur prénom, le nom restant la marque d’une aliénation paternelle ou maritale.
Sans doute est-ce pour cela que Mathilde Damoisel n’a désigné les héroïnes phares de son documentaire sur l’histoire des féministes françaises que par leur prénom, Simone, Louise ou Olympe, remontant le temps, de l’auteure du Deuxième sexe (1949) à celle de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791).
Poids excessif des icônes
Ce parti pris a son revers. Si le long combat des femmes pour leur émancipation politique est rappelé, il s’appuie sur quelques figures célèbres (Olympe de Gouges donc, Flora Tristan, George Sand même, pourtant rétive à ce type de lutte collective, Louise Michel, plus tard Louise Weiss, Berty ­Albrecht, Simone de Beauvoir, ­Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé – curieusement mal orthographiée – Evelyne Sullerot ou Gisèle Halimi) plutôt que sur les champs qui ont nourri ces militantes : l’éducation, la science, la justice sociale et la représentation civique.
Et si l’on se réjouit de la place faite à Hubertine Auclert et à ses coups d’éclat médiatiques, pourquoi la préférer à Jeanne Deroin ou Désirée Gay, héroïnes de 1848, ou taire l’apport de la saint-simonienne Claire Démar ou des éducatrices Elisa Lemonnier et Marie Pape-Carpantier ? Ce souci d’établir un panthéon « grand public » a ses vertus aussi : Marguerite Durand et son quotidien féministe, La Fronde, lancé quand éclate l’affaire Dreyfus, ou Madeleine Pelletier, psychiatre qui revendique le bien-fondé de l’avortement, méritent mieux que l’oubli ; mais Marguerite Thibert, féministe et haut fonctionnaire internationale, dont Françoise Thébaud vient de livrer la Traversée du siècle (Belin, 2017) tout autant. Affaire de choix bien sûr.

   


Heureusement, le second volet, plus fluide, dissipe la plupart de ces réserves pour s’emparer d’une notion du collectif qui tempère le poids excessif des icônes. Même Beauvoir, très présente, l’est pour sa pensée bien plus que pour son parcours biographique ; et la fameuse cérémonie à l’Arc de triomphe, le 26 août 1970, où Monique Wittig, Christine Delphy, Anne Zelensky, Christiane Rochefort et quelques autres, devant la tombe du soldat inconnu, commémorent le 50e anniversaire du suffrage féminin américain en proclamant qu’« un homme sur deux est une femme », prend là toute sa force.
On regrettera toutefois que l’épopée s’arrête au début des années 1980, la piste proposée pour notre époque – la réinvention du féminisme par la lutte élargie contre toutes les discriminations – sonnant juste. De l’importance de ne pas conclure à tout prix quand il reste tant à faire.
Simone, Louise, Olympe et les autres : la grande histoire des féministes, de Mathilde Damoisel (Fr., 2 × 52 min).
Le second volet sera diffusé dimanche 18 mars à 22 h 35.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A voir aussi ce soir. Brett Morgen retrace le parcours de la primatologue en Tanzanie et rappelle ses découvertes primordiales (sur National Geographic à 20 h 45).
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TV – « Jane », mère adoptive des chimpanzés sauvages

A voir aussi ce soir. Brett Morgen retrace le parcours de la primatologue en Tanzanie et rappelle ses découvertes primordiales (sur National Geographic à 20 h 45).



Le Monde
 |    11.03.2018 à 17h45
    |

                            Louis Berthelot








                        


Documentaire sur National Geographic à 20 h 45

En avril 1957, le paléontologue britannique Louis Leakey organise des recherches sur les chimpanzés sauvages. Le but de l’étude est de mieux comprendre les modes de vie des premiers hommes à travers leurs lointains cousins. Afin d’observer les primates du parc national de Gombe Stream, dans le nord-ouest de la Tanzanie, il engage une secrétaire : Jane Goodall.
Agée de 26 ans, sans aucune formation ni diplôme scientifique, la jeune femme originaire de Bournemouth, en Angleterre, s’installe au milieu des primates. Elle est accompagnée par un cameraman, qui deviendra son mari quelques années plus tard, Hugo van Lawick. Les images d’archives, uniques, ont été tournées au cœur même de l’habitat des chimpanzés sauvages. Là où, en octobre 1960, Jane Goodall remarque l’un d’entre eux, occupé à arracher les feuilles d’une brindille pour en faire une longue tige, qu’il plonge dans une termitière, avant de la ressortir couverte d’insectes, qu’il engloutit aussitôt.
Soixante années d’observation
La découverte provoque une révolution au sein de la communauté scientifique. « Maintenant, nous de­vons redéfinir la notion d’homme, la notion d’outil, ou alors accepter le chimpanzé comme un être humain… », en conclura Louis Leakey. Le réalisateur Brett Morgen a choisi de donner la parole à Jane Goodall, 83 ans, afin qu’elle commente les images de ses missions à Gombe. Exercice auquel elle se plie volontiers, enrichissant le documentaire d’anecdotes tirées de ses soixante années d’observation et invitant à l’émerveillement devant les paysages grandioses de la Tanzanie. Sur une bande-son ­signée du compositeur Philip Glass, sa voix (et sa présence), non seulement rend plus vivante une narration chronologique plutôt lente, ­mais contribue aussi à l’égayer.

   


Le film, nommé aux British Academy Film Awards dans la catégorie « meilleur documentaire », souffre tout de même de l’absence d’un élément central dans la vie de Jane Goodall : son engagement pour la sauvegarde de la faune. Elle a créé le Jane Goodall Institute en 1977 et agit pour améliorer les conditions de vie des chimpanzés en captivité. Les rares instants consacrés à son combat pour l’environnement laissent un goût d’inachevé à ce portrait intime d’une femme d’exception.
Jane, de Brett Morgen (EU, 2018, 86 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le journaliste et scénariste du comics « Black Panther », est revenu, lors du festival South by Southwest, sur sa participation à l’univers Marvel.
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Ta-Nehisi Coates : « Captain America est comme Barack Obama, il croit en l’idéal de l’Amérique »

Le journaliste et scénariste du comics « Black Panther », est revenu, lors du festival South by Southwest, sur sa participation à l’univers Marvel.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 09h49
    |

            Pauline Croquet (Austin (États-Unis), envoyée spéciale)








                        


Journaliste et auteur à succès, Ta-Nehisi Coates est considéré comme l’un des penseurs afro-américains les plus influents de sa génération. Mais c’est sa contribution à l’univers des comic books — et plus particulièrement à Black Panther, dont l’adaptation au cinéma vient de dépasser le milliard de dollars de recettes — qui a été au cœur de son intervention au festival South by Southwest (SXSW), à Austin (Texas), samedi 10 mars.

Great conversation between The Atlantic’s Ta-Nehisi Coates and Jefferey Goldberg. #sxsw https://t.co/ZeIjSQzSjQ https://t.co/jUnqEUDtft— CurrencyTim (@Tim McAlpine)


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Devant plusieurs centaines de personnes, il s’est exprimé sur sa décision d’accepter d’écrire, pour Marvel, une partie des prochains épisodes de la célèbre franchise Captain America. Pourtant, Ta-Nehisi Coates le reconnaît : dans sa jeunesse à Baltimore bercée par la figure de Malcolm X — « il était comme Jésus à la maison » — ce héros blanc ultrapatriote ne l’intéressait pas. « Captain America est comme Barack Obama, il croit en l’idéal de l’Amérique », affirme l’écrivain avant de préciser : « Soyons clairs, il ne s’agit ni de louanges ni de critiques. Il croit vraiment en cet idéal. »
C’est justement ce qui amuse l’auteur d’Une colère noire, lettre à mon fils (Autrement, 2016), fervent critique politique de l’administration Trump, mais aussi un grand déçu de la présidence Obama. Ecrire Captain America est une façon de s’attaquer à cet idéalisme américain :
« Quand tu écris des comic books, tu ne peux pas rester dans ton monde. »
« Bizarrement optimiste »
Quid de la politique d’écriture dans l’univers Marvel ? « Quand vous faites des bandes dessinées dans un endroit comme Marvel, vous prenez une histoire qui est déjà en cours. Pour l’écrire, vous devez faire toutes ces recherches historiques, vous devez lire tous ces autres bandes dessinées. » Une règle à laquelle l’auteur ne dérogera pas pour Captain America :
« Toute proposition que je ferai sera basée sur ce qui s’est passé avant. J’aime ce genre de chose. Je pense que c’est vraiment, vraiment cool. J’aime faire partie d’un plus grand arc et d’une histoire plus grande. »
Ta-Nehisi Coates n’a pas tari d’éloges sur Ryan Coogler, « le grand réalisateur » du film Black Panther. Cette adaptation sur grand écran a été en partie inspirée par le travail de M. Coates en tant que scénariste de la bande dessinée depuis 2016.
« Ryan Coogler a réussi quelque chose que l’on avait jamais vu. Regardez le casting qui regroupe des acteurs noirs venus du monde entier. C’est un message important pour la diaspora. »

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« Le racisme est un luxe »
Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef de l’hebdomadaire The Atlantic et animateur de la conférence, a bien tenté de revenir sur le sujet de sa venue — le journalisme à l’ère de Donald Trump — en demandant à l’auteur comment il percevait la couverture médiatique de l’actuelle présidence : « Je me sens bizarrement optimiste. Je vois beaucoup moins d’indécision concernant Trump qu’il n’y en a eu dans le passé. » Et de lui demander s’il était se sentait militant : « Mon travail d’écrivain est différent. Celui d’un activiste est de convaincre les gens de s’engager, faire quelque chose. Ce n’est pas ce que je fais. »
A la fin de la conférence, Ta-Nahisi Coates s’est aussi exprimé sur le racisme, thème central de son œuvre. Jeffrey Goldberg lui a demandé ce qui pourrait y mettre fin :
« Une perte complète de la blancheur et de sa suite de privilèges. Une redistribution massive de la richesse. […] Le racisme est un luxe. Tant que vous pouvez vous le permettre, vous allez faire ce que vous pouvez pour le garder. Quand il devient trop coûteux de garder, le racisme devient inutile. »

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Il est avant tout traducteur assidu de la littérature anglo-saxonne qui l’éblouit  : Pynchon, Brautignan… Mais à ses heures perdues, il écrit pour lui. « La Dissipation » en est la preuve.
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édition abonné


Nicolas Richard, bricoleur de génie

Il est avant tout traducteur assidu de la littérature anglo-saxonne qui l’éblouit  : Pynchon, Brautignan… Mais à ses heures perdues, il écrit pour lui. « La Dissipation » en est la preuve.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 09h00
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

A défaut d’être une règle, cela pourrait être un principe : pour faire le portrait d’un auteur, ne pas hésiter à commencer par la fin. Non pas ses funérailles, bien sûr, même si, dans La Dissipation, Nicolas Richard évoque la possibilité, pour un écrivain, d’être « débriefé juste après sa mort ». Mais les derniers mots qu’il vous glisse, l’air de rien, en quittant le pub où vous avez discuté de son nouveau roman, autour de quelques bières. En l’occurrence, celui que l’on connaissait surtout, jusque-là, pour son remarquable travail de traduction d’une littérature anglo-saxonne exigeante (depuis les poèmes de Richard Brautigan jusqu’aux romans de Thomas Pynchon, Harry Crews, Richard Powers ou Paul Beatty) formule chaleureusement la hâte qu’il a de lire l’article consacré à son livre, et se dit « très curieux de voir comment [on va] réussir à se dépatouiller avec tout ça ».
Jeu de miroirs et de mise en abyme
Simple formule de politesse ? Sans doute pas. Peu avant, Nicolas Richard a longuement développé son goût pour « l’écriture sur la littérature ». « Je suis amateur de critique littéraire, avait-il expliqué, c’est une discipline que j’adore. A chaque fois que je commence à lire un article, je m’intéresse à la façon dont il est bâti, je me mets à la place du journaliste pour savoir comment il a fait, quelle est l’ouverture, quelle est la clôture, comment il intègre les citations… C’est presque de l’espionnage industriel. » S’il y a quelque chose d’un peu troublant, dans l’idée d’écrire la critique d’un livre dont l’auteur décortique la critique, ce jeu de miroirs et de mise en abyme paraît assez approprié lorsqu’il s’agit d’évoquer une rencontre avec le traducteur de l’écrivain américain Thomas Pynchon, né en 1937, auteur postmoderne par excellence, notamment connu pour le soin qu’il met à se préserver des médias, depuis la parution de son premier livre, en 1963. Et d’autant plus que le traducteur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Notre choix du soir. En Pologne où règne encore ce combustible, des scientifiques tentent de créer un charbon « bleu » moins polluant (sur Arte à 22 h 55).
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TV - « Vers un charbon propre ? »

Notre choix du soir. En Pologne où règne encore ce combustible, des scientifiques tentent de créer un charbon « bleu » moins polluant (sur Arte à 22 h 55).



Le Monde
 |    10.03.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 55

   


Astucieusement bâti sur des images aériennes, des graphiques animés et des témoignages d’experts, Vers un charbon propre ?,de Claus U. Eckert, dresse une histoire de ce combustible miracle de la révolution industrielle. Et qui, en dépit de ses rejets polluants (240 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année), demeure indispensable à beaucoup de pays. Concentrant son enquête sur l’Allemagne et la Pologne, avec une ­incursion du côté de Lens, dans le Pas-de-Calais, pour faire le point sur l’après-charbon en France, le réalisateur passe en revue les innovations technologiques visant à rendre plus « propre » le charbon sous toutes ses formes.
Depuis la fin des années 1990, l’Allemagne a investi environ 500 milliards d’euros dans les énergies renouvelables. Cependant, l’éolien et le photovoltaïque ne couvrant aujourd’hui que 69 % des besoins en électricité, le troisième pays producteur de lignite au monde (derrière la Russie et l’Australie) ne peut suspendre le fonctionnement de ses centrales à charbon, qui contribueraient au réchauffement de la planète et dont les climatologues allemands recommandent la fermeture d’ici quinze ans.
Un bar à oxygène à Cracovie
Si l’objectif semble difficile à réaliser, des initiatives permettent encore d’espérer. Dans l’est du pays par exemple, où des mines ont été fermées, un réseau d’une vingtaine de lacs artificiels étendus sur près de 40 km constitue une petite merveille de reconversion, dont le coût s’est tout de même élevé à 10 milliards d’euros.
La réalité est beaucoup moins rose chez le voisin polonais, où règnent les poêles à charbon, 90 % de la production électrique provenant encore de la houille. Ce n’est sans doute pas un hasard si seize des vingt villes européennes les plus polluées sont polonaises. A Cracovie, l’air est tellement vicié qu’un bar à oxygène, où les clients peuvent venir s’offrir un shoot pour une dizaine d’euros, fait un tabac.
A l’Institut de traitement chimique du charbon de Zabrze, des études sont menées pour éliminer les substances volatiles qui contiennent le plus de particules polluantes ; le charbon dit « bleu » obtenu étant moins polluant (mais deux fois plus cher) que le charbon classique.
Vers un charbon propre ?, de Claus U. Eckert (Allemagne, 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Longtemps marginal en France, le tatouage fait de plus en plus d’adeptes. Retour sur l’histoire plurielle de cet art, à l’occasion du Mondial du tatouage, à Paris.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
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Le tatouage, un art primitif devenu populaire

Longtemps marginal en France, le tatouage fait de plus en plus d’adeptes. Retour sur l’histoire plurielle de cet art, à l’occasion du Mondial du tatouage, à Paris.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 06h39
    |

            Romain Geoffroy et 
                                Rédaction Snapchat - Le Monde








                        



   


Le tatouage fait de plus en plus d’adeptes. Selon un sondage IFOP réalisé en novembre 2016 pour le Syndicat national des artistes tatoueurs auprès de 1 002 personnes, 14 % des Français ont déjà été tatoués. Chez les 18-24 ans, cette proportion atteint même 26 %.
A l’occasion du Mondial du tatouage, qui se tient jusqu’au dimanche 11 mars à la Grande Halle de la Villette, à Paris, retour sur l’histoire de cet art dont les origines sont multiples.
Cet article a été initialement publié dans l’édition « Discover » du Monde sur l’application Snapchat.
Ötzi, plus vieux tatoué connu
Vieux de plus de 5 300 ans (il serait né vers − 3 300 avant JC), l’« Homme des glaces », retrouvé en 1991 momifié à la frontière italo-autrichienne, portait 61 tatouages. Il s’agissait essentiellement de traits parallèles, dont la plus grande partie était sur le bas des jambes.

   


Ces tatouages (probablement faits pour soigner l’arthrose dont souffrait Ötzi) étaient faits par incisions, dans lesquelles on frottait du charbon de bois.
Le « tatau » polynésien, l’origine du mot
Le tatouage a été pratiqué dans toutes les régions du monde et à toutes les époques. L’origine du mot vient de Polynésie : le tatau y est une pratique ancestrale très importante qui pourrait remonter à – 1 300 ans avant JC.

   


Un rite durant lequel on coloriait sa peau lors des étapes importantes de la vie en utilisant des dents de requin et des os taillés. Il était aussi un marqueur social, car essentiellement pratiqué par les classes supérieures.
Au Japon, de l’outil punitif à l’interdiction
Durant l’époque d’Edo (1600-1868), l’irezumi (tatouage japonais) devient synonyme de punition : les criminels sont tatoués de force sur le bras ou sur le front.

   


Malgré son image négative dans la société, l’irezumi se développe et des Japonais se recouvrent tout le corps de dragons, de personnages et d’autres motifs. En 1872, les tatouages seront finalement interdits par le gouvernement. Ils seront à nouveau autorisés à partir de 1948, lors de l’occupation américaine.
En Europe, une pratique réappropriée par les marins
Le tatouage est interdit en Europe, en 787, par l’Eglise, car jugé comme un symbole païen. Dans l’Ancien Testament (Lévitique 19:28), on peut lire :
« Vous ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Eternel. »
Le tatouage réapparaîtra cependant au XVIIIe siècle, après que des marins européens de retour de Polynésie s’approprient la pratique.
En Russie, un CV criminel sur la peau
En Union soviétique (dès 1922), le tatouage devient central dans les prisons et goulags. Par un système très codifié, les prisonniers se gravent leur parcours criminel sur la peau.

   


Les motifs et le nombre de tatouages donnent des indices sur la raison de leur séjour derrière les barreaux et instaurent une sorte de hiérarchie en prison. Les autorités soviétiques ayant commencé à déchiffrer certains symboles à partir des années 1960, le tatouage peut aussi trahir celui qui a la peau encrée.
1891 : invention de la machine à tatouer électrique
Le tatoueur américain Samuel O’Reilly est le premier inventeur d’une machine à tatouer électrique. Il s’inspire du stylo électrique, créé quelques années plus tôt par Thomas Edison, auquel il ajoute des aiguilles et un tube permettant d’insérer de l’encre dans la peau.

   


L’apparition du dermographe révolutionne l’art du tatouage, permettant d’aller beaucoup plus vite et de développer de nouvelles techniques.
De l’image du mauvais garçon à la pop culture
Si l’art et la technique évoluent, le tatouage reste jusqu’aux années 1980 une pratique underground. Aux Etats-Unis comme en Europe, il est souvent associé aux « mauvais garçons », aux gangs, mais aussi au rock, au punk puis au rap.

   


Mais les stars de la musique vont lui donner une image « cool » qui le fera entrer dans la pop culture.

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                Japonais, hyperréaliste, tribal ou old school... l’essor sans fin du tatouage



La question inévitable de la douleur
Difficile de séparer tatouage et douleur. Mais selon la partie du corps à tatouer, les aiguilles pénétrant la peau peuvent être plus ou moins désagréables.

   


Si vous êtes sensible, mieux vaut donc éviter de demander un dragon sur le pied.
Regrets et détatouage
On peut se lasser de son tatouage ou le trouver gênant dans le monde du travail… L’augmentation du nombre de tatoués s’accompagne donc d’une hausse des détatouages.

   


Le détatouage au laser, pratiqué par les dermatologues, permet de casser les billes d’encre sous la peau. Cela peut être long, douloureux et pas toujours complètement efficace. En France, il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

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