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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Les industriels français de la défense ont vu leur part de marché croître de près d’un point à 6,7 %, sur la période 2013-2017 par rapport à 2008-2012, selon le Sipri.
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La France, troisième exportateur mondial d’armement

Les industriels français de la défense ont vu leur part de marché croître de près d’un point à 6,7 %, sur la période 2013-2017 par rapport à 2008-2012, selon le Sipri.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h37
    |

            Isabelle Chaperon








                        



   


Quiz : sur quel marché en forte croissance la France réussit-elle à augmenter son poids ? Réponse : les ventes d’armes majeures, selon le rapport publié lundi 12 mars par l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri).
Sur la période 2013-2017, les ventes d’armes dans le monde ont augmenté de 10 % en volume par rapport au quinquennat précédent 2008-2012. La France a quant à elle augmenté de 27 % ses ventes, ce qui lui a permis de porter de 5,8 % à 6,7 % sa part de marché. Elle a ainsi supplanté l’Allemagne, dont les ventes ont reculé de 14 % dans le même temps, pour devenir le troisième exportateur mondial.
Si la France a cédé entre 2013 et 2017 des équipements militaires à 81 pays, l’Egypte –troisième importateur mondial – concentre à elle seule 25 % des ventes de Rafale et de navires de guerre, dont les Mistral initialement construits pour la Russie. Une relation forte : 37 % des commandes d’équipements militaires du Caire ont été passées à la France, qui devance les Etats-Unis (26 %) et la Russie (21 %). Après l’Egypte, les grands clients des Dassault, Naval Group et autres Thales sont la Chine (8,6 %) et l’Inde (8,5 %).

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                La France solde l’affaire des Mistral



L’Inde, premier acheteur
Dominant le classement mondial des exportateurs, les Etats-Unis (34 % de part de marché) ont encore creusé l’écart. Ils ont multiplié les contrats à l’export, notamment en Arabie saoudite (deuxième importateur mondial), aux Emirats arabes unis et en Australie, sous l’administration Obama. Deuxième exportateur, la Russie (22 % de part de marché) a quant à elle vu ses ventes reculer de 7,1 %, malgré des succès en Inde, en Chine et au Vietnam.
Côté acheteurs, l’Inde se place en tête, ayant concentré, entre 2013 et 2017, 12 % des transferts d’armes opérés sur la planète, avec une augmentation de 24 % de ses achats par rapport à 2008-2012. « Les tensions entre l’Inde, d’une part, et la Chine et le Pakistan, d’autre part, alimentent une demande croissante de l’Inde en armes majeures qu’elle est incapable de produire elle-même », précise dans le rapport Siemon Wezeman, chercheur principal au programme armes et dépenses militaires du Sipri.

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                Les transferts d’armes au plus haut depuis la guerre froide



« La Chine, en revanche, devient de plus en plus capable de produire ses propres armes et continue de renforcer ses relations avec le Pakistan, le Bangladesh et le Myanmar [la Birmanie] en fournissant des armes. » La Chine est à la fois le cinquième exportateur et le cinquième importateur mondial d’armes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Un collectif de signataires, parmi lesquels Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale des droits de l’homme, et la député européenne Eva Joly, dans une tribune au « Monde », appellent l’Union européenne à participer à la négociation en cours à l’ONU d’une régulation juridique de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains.
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« Il est dans l’intérêt des entreprises que l’Europe fasse respecter l’universalité des droits humains »

Un collectif de signataires, parmi lesquels Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale des droits de l’homme, et la député européenne Eva Joly, dans une tribune au « Monde », appellent l’Union européenne à participer à la négociation en cours à l’ONU d’une régulation juridique de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h28
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Jeudi 8 mars, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a tenu une réunion consacrée entre autres au « traité sur les entreprises et les droits humains », en discussion depuis 2014 au sein d’un groupe de travail intergouvernemental placé sous les auspices du Conseil. Lors de la session la plus récente de ce groupe, qui s’est tenue à Genève en octobre 2017, les premiers éléments avaient été soumis aux délégations pour orienter les débats. L’Union européenne (UE) avait initialement refusé d’y prendre part. Elle a finalement accepté, à contrecœur.
Nous regrettons cette réticence. En tant qu’Européens, nous sommes profondément attachés au principe d’une UE dont les politiques externes sont fondées sur ses valeurs, notamment l’universalité et l’indivisibilité des droits humains et la promotion du multilatéralisme pour résoudre des problèmes communs. Il est dans l’intérêt de l’UE elle-même de contribuer aux négociations, pour plusieurs raisons.
« Plans de vigilance »
Premièrement, en refusant de s’engager de manière constructive, l’UE aura plus de mal, à l’avenir, à mobiliser des soutiens en faveur de ses propres priorités. Quand il s’agira de dénoncer les manquements des autres gouvernements, sa crédibilité sera considérablement ébranlée en raison de son attitude dans ce dossier.
Deuxièmement, les entreprises domiciliées dans l’UE sont déjà, de loin, les plus encadrées en matière de respect des droits humains, ce qui garantit qu’elles ne commettent pas de violations et ne deviennent pas complices de violations des droits humains.

Au niveau des Etats membres également, des progrès notables peuvent être notés : la France a montré l’exemple dans ce domaine, en adoptant en mars 2017 une loi qui oblige les sociétés d’une certaine taille à adopter des « plans de vigilance », notamment afin de garantir le respect des droits humains tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement.
Les Pays-Bas s’inscrivent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Annoncé lundi, le départ de son principal rival lui laisse la voie libre pour succéder à Lloyd Blankfein à la tête de la banque la plus prestigieuse de Wall Street.
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David Solomon désormais seul en lice pour prendre la tête de Goldman Sachs

Annoncé lundi, le départ de son principal rival lui laisse la voie libre pour succéder à Lloyd Blankfein à la tête de la banque la plus prestigieuse de Wall Street.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h49
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


La voie est libre pour David Solomon, qui devrait devenir le prochain patron de Goldman Sachs. Son principal rival, Harvey Schwartz, va quitter la banque la plus prestigieuse de Wall Street le 20 avril, prenant sa retraite après vingt ans de services, a annoncé le groupe lundi 12 mars. A 55 ans, M. Solomon reste donc seul en lice pour succéder à Lloyd Blankfein, 63 ans. Après douze années de règne, ce dernier devrait céder son fauteuil prochainement, sans doute avant la fin de l’année, croit savoir le Wall Street Journal. La transition fera basculer la banque, qui fêtera ses 150 ans début 2019, dans une nouvelle ère.
M. Solomon a rejoint Goldman Sachs en 1999, après un début de carrière chez Bear Stearns comme vendeur de « junk bonds » – obligations pourries –, et a dirigé le département banque d’affaires de Goldman Sachs pendant une dizaine d’années, jusqu’en 2016. Il avait été nommé numéro deux de la banque avec M. Schwartz fin 2016, après le départ de Gary Cohn devenu conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche.
Une étape symbolique
Selon le New York Times, s’il n’est pas connu comme le « roi du deal », M. Solomon est réputé pour son engagement en faveur de ses clients. Sous son impulsion, la banque s’est diversifiée sur les prêts, qui font partie d’un des axes de développement, et a cherché à s’adapter à la génération des « millenials », les 20-35 ans d’aujourd’hui, en allégeant la charge de travail des jeunes recrues. Surtout, M. Solomon n’est pas un ancien tradeur.
La banque a profondément changé en une décennie. Au total, en incluant les actions, le chiffre d’affaires des activités de marché a été divisé par trois depuis 2009, à 11 milliards de dollars (8,9 milliards d’euros). En 2017, une étape symbolique a été franchie : les activités de banque d’affaires (fusions et acquisitions, émission d’actions et de dettes) ont dépassé celles des tradeurs en obligations, devises et matières premières.
Goldman Sachs n’est plus la banque insolente qu’elle fut avant la crise de 2008. L’an dernier, ses profits ont été divisés par deux (3,7 milliards de dollars, pour 32 milliards de chiffre d’affaires), en partie à cause de la réforme fiscale. Surtout, elle s’est fait détrôner en Bourse par sa rivale Morgan Stanley, qui valait lundi 12 mars 105 milliards de dollars, soit 2 milliards de plus qu’elle.
DJ et fin gourmet
Si sa nomination est confirmée, David Solomon devra animer la chronique boursière, en plus de défrayer la chronique people. Le New York Times a découvert sur son compte Instagram la vidéo de jeunes vacanciers se déhanchant sur une plage des Bahamas : le DJ, dont le nom de scène est D-Sol, n’était autre que David Solomon. L’homme est également un fin gourmet. L’agence Bloomberg a rédigé un long reportage, en mai 2017, sur ses restaurants préférés dans Manhattan, des institutions vénérables ou des nouveautés branchées. Le banquier d’affaires dîne dehors plus souvent que bien des critiques gastronomiques.

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                Le futur patron de Goldman Sachs : « Un DJ déluré ou une ceinture noire de karaté » ?



Un fin palais qui lui a valu quelques mésaventures. En octobre 2016, son assistant personnel lui aurait dérobé sept bouteilles de vin de bourgogne Romanée-Conti, achetées pour la bagatelle de 133 650 dollars. L’apogée d’un petit commerce florissant : l’assistant, Nicolas De Meyer, est accusé de lui avoir subtilisé des centaines de bouteilles, entre 2014 et 2016, pour un montant atteignant 1,3 million de dollars. Rien n’indique qu’elles aient été revendues à leur vraie valeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.
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« Plus de 500 municipalités s’opposent aux compteurs Linky »

Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h28
    |

                            Stéphane Lhomme (Directeur de l’Observatoire du nucléaire)








                        



                                


                            

Tribune. Vingt-six députés de La République en marche (LRM) ont publié une tribune favorable au déploiement par Enedis des compteurs communicants Linky (« Le Monde » du 2 mars 2018). Leurs arguments méritent d’être discutés… et même rectifiés.
En premier lieu, il faut noter que ce texte aligne les affirmations gratuites et les slogans creux, certains étant même scandés deux fois : « Les compteurs Linky sont un outil majeur au service de la transition énergétique », « Ils permettent de piloter plus efficacement le réseau », « Ils permettent aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation électrique » ou (encore !) « C’est une composante majeure de la transition énergétique »…
Un abonnement plus cher
Par ailleurs, les signataires avancent une étude qui assure que le Linky « pourrait permettre jusqu’à 23 % d’économies d’énergie » : on n’est pas loin du régime qui permet de « perdre 25 kg en 5 jours en mangeant à volonté ».

Mais il ne faut pas oublier que le distributeur Enedis est une filiale à 100 % d’EDF… qui vit en nous vendant de l’électricité et qui, déjà proche de la faillite, n’aurait assurément pas autorisé un programme sabrant ses rentrées financières. De toute façon, alors que le déploiement des Linky n’en est qu’à son début, il apparaît déjà un peu partout que, loin de permettre des économies, ces compteurs démultiplient beaucoup de factures et obligent de nombreux usagers à prendre un abonnement plus cher pour ne pas disjoncter continuellement.
Les députés LRM démontrent qu’ils sont autant « hors-sol » que leurs prédécesseurs en avouant d’abord qu’ils ne sont que des courroies de transmission au service de l’Elysée, promouvant « la transition énergétique promue actuellement au plus haut sommet de l’Etat français ». Mais le plus édifiant est qu’ils prétendent – peut-être le croient-ils vraiment ! – qu’« il n’existe pas de dysfonctionnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ En France, les politiques menées pour aider les actifs invalides sont à la traîne, comparées à nombre de pays européens.
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Emploi et handicap : pour des entreprises plus inclusives

En France, les politiques menées pour aider les actifs invalides sont à la traîne, comparées à nombre de pays européens.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 15h13
    |

            Annie Kahn








                        



   


Les Jeux paralympiques qui se tiennent jusqu’au 18 mars à Pyeongchang, en Corée du Sud, forcent ­l’admiration. Il en est ainsi deux fois tous les quatre ans, lors des Jeux olympiques d’hiver, puis des Jeux d’été, brèves périodes durant lesquelles les personnes en situation de handicap sont à l’honneur. Le reste du temps, c’est l’inverse qui se produit. Pour trouver un travail, être promus à leur juste valeur, il leur est extrêmement difficile de convaincre, même si leur handicap ne restreint qu’un nombre limité de fonctions (ne pas pouvoir marcher pour un paraplégique) et laisse ­entières les autres (réfléchir, échanger, décider pour ce même invalide).
En France, les actifs en situation de handicap sont ainsi deux fois plus au chômage que la moyenne nationale. La conférence « Emploi & handicap : explorer la notion d’inclusion pour aller plus loin », coorganisée par l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) et Le Monde, le 14 mars, à l’auditorium du Monde, à Paris, a pour objectif de trouver des pistes d’amélioration.
Et il y en a. Ne serait-ce qu’en s’inspirant de certaines pratiques mises en place dans d’autres pays développés. Selon l’étude « Maladie, invalidité et travail : surmonter les obstacles », publiée en 2010 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), toujours d’actualité, la France s’avère moins inclusive que la plupart des pays de l’ouest de l’Europe, qu’il s’agisse des pays scandinaves, toujours à l’honneur en matière de politique sociale, mais aussi de l’Autriche ou de l’Allemagne. Quant au Royaume-Uni, si sa politique est moins généreuse ­financièrement, elle est en revanche plus efficace pour inclure les handicapés dans la vie active.
« Une stratégie gagnante-gagnante »
Or, il semble qu’il y ait désormais un consensus au sein des pays développés pour mener des politiques qui ne soient plus seulement compensatoires, mais inclusives. Parce qu’« aider cette population à travailler est une stratégie ­gagnante-gagnante pour lutter contre l’exclusion, augmenter leurs revenus, tout en améliorant le vivier de personnes compétentes ainsi que la situation économique à long terme », explique l’OCDE en préface de l’étude.
Les pistes de progrès sont multiples. Elles ­concernent l’environnement du monde du travail tout d’abord. Avec, en priorité, l’accès à l’éducation et à la mobilité. En France, près de la moitié des handicapés n’ont pas dépassé le ­niveau du brevet, contre moins de 30 % pour l’ensemble de la population. Les plus brillants intellectuellement se heurtent à des questions d’équipement, quand ce n’est pas à l’hostilité de certains enseignants. Si « les progrès ont été fulgurants en dix ans », comme l’affirmait Nathalie Mons, ­professeure de sociologie à l’université de ­Cergy-Pontoise, en février 2016, dans une note du Conseil national d’évaluation du système scolaire – qu’elle préside –, « certaines failles béantes demeurent », reconnaît-elle. Comme le manque de formation des enseignants non spécialisés à l’accueil de ces enfants.
Une formation qu’il faudrait généraliser à tous les citoyens, futurs collaborateurs ou employeurs de personnes en situation de handicap. Pour qu’elles ne se sentent pas stigmatisées et finissent pas trouver un emploi qui leur ­convienne. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Une enquête nationale sur l’emploi des personnes handicapées, publiée en mai 2017 par le site Talents Handicap, indiquait que 72 % des personnes handicapées interrogées n’étaient pas du tout satisfaites de leur situation professionnelle, 23 % se déclarant même désespérées, dans l’impossibilité de retrouver un emploi. « Un candidat handicapé (bien que la nature de son handicap soit ignorée de l’employeur) obtient quinze fois moins de réponses positives qu’un candidat de référence [d’après une enquête menée par l’Observatoire des discriminations en 2005] », observait à l’époque Jean-François Amadieu, son directeur. Mais la situation semble toujours alarmante puisque 37 % des saisines adressées au ­Défenseur des droits relatives au handicap ­concernent l’emploi. « Dans la majorité des dossiers qu’il traite, le Défenseur des droits constate que l’obligation d’aménagement raisonnable des employeurs à l’égard des travailleurs handicapés n’est pas respectée », selon un communiqué ­publié par cette institution le 13 décembre 2017.
De fait, près de la moitié des lieux de travail ­actuels sont inaccessibles aux personnes en fauteuil roulant : largeur des portes insuffisante, escaliers ou absence de sanitaires adaptés, selon une étude OpinionWay pour l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Ladapt).
Conscient de cette situation, le gouvernement entend simplifier les procédures et s’engager dans une démarche positive. Pour enfin tirer plus largement parti de cette Force de la différence (PUF, 2012) chère au sociologue Norbert Alter.
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).

Au programme
Conférence « Emploi & Handicap : explorer la notion d’inclusion pour aller plus loin » Mercredi 14 mars, de 9 heures à 11 heures. Auditorium du Monde, 80, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13e. Introduction : Gilles van Kote, ­directeur délégué au développement du Groupe Le Monde. Anne Baltazar, présidente de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph). Table ronde : Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de ­football professionnelle. Bachir ­Kerroumi, chargé de mission ­Résilience urbaine à la Mairie de Paris. Etienne Klein, philosophe des sciences, directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Deza Nguembock, fondatrice de l’agence Esthétique et handicap (E & H Lab). Débat animé par Annie Kahn, ­journaliste au Monde.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Créés en 2004, ces dispositifs favorisent l’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail.
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Emploi et handicap : en Espagne, des « enclaves » dans des entreprises ordinaires

Créés en 2004, ces dispositifs favorisent l’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Mêlé aux travailleurs de l’usine, soumis à la même pression du chronomètre qui, au-dessus de sa tête, marque les temps, Javier Catón, 37 ans, est concentré sur le tableau de bord d’un camion. Il encastre des touches, une à une, tout en suivant sur l’écran le plan de montage. « Je suis très content, dit-il, en souriant. J’aime le travail et les collègues. Parfois je vais prendre une bière avec eux après le boulot. Et j’apprends des choses. Ça change de la manutention. J’aimerais rester ici. Je crois que j’en suis capable… »
Javier souffre d’un handicap psychique qui affecte plus de 33 % de ses capacités. Mais cela fait un an qu’il a troqué son ­emploi de manutentionnaire au centre spécial de travail (CET) de la Fondation Roncalli de Madrid, spécialisée dans l’aide aux personnes handicapées mentales et psychiques, pour intégrer, avec quatre autres travailleurs handicapés, une « enclave professionnelle » au sein de l’usine de fabrication de véhicules industriels Iveco, dans la capitale espagnole.
Ces « enclaves », créées en Espagne en 2004 pour favoriser l’intégration dans les entreprises ordinaires, sont des groupes de cinq travailleurs handicapés au ­minimum, tous provenant d’un CET. Au moins 60 % d’entre eux doivent présenter des « difficultés particulières pour ­l’accès au marché ordinaire du travail », une paralysie cérébrale, une maladie psychique ou un handicap intellectuel de plus de 33 %, ou bien un handicap physique de plus de 65 %. Les 40 % restant doivent présenter n’importe quel handicap de plus de 33 %. Le contrat entre le CET et l’entreprise doit durer au moins trois ans. Il est renouvelable une fois. Si l’un des travailleurs quitte l’enclave pour être ­employé en direct par l’entreprise, celle-ci bénéficie d’exonérations de charges et de subventions pour aménagement de poste par exemple. Et un autre travailleur handicapé intègre l’enclave.
« Lorsque l’on fait de la prestation de services, nous sommes limités à des emplois annexes, comme le nettoyage ou la jardinerie, explique Almudena Menchen, ­directrice du CET Roncalli. L’enclave permet de placer des travailleurs dans le cœur de métier d’une entreprise ordinaire, ce qui permet d’augmenter et de diversifier les possibilités d’emplois, tout en les accompagnant dans l’insertion. »
« Ils ont brisé nos préjugés »
Durant les trois premiers mois, leurs postes ont été dédoublés afin qu’ils puissent apprendre le travail. Leurs chefs et les services médicaux ont été formés par des responsables du CET, afin de réagir en cas de crise d’épilepsie, d’angoisse ou perte de mémoire. « Souvent, il suffit qu’ils sortent prendre l’air », explique Mme Menchen, qui regrette que, « par peur et ignorance, les entreprises préfèrent employer des personnes avec un handicap physique plutôt que mental ». Au quotidien, c’est Juan José Muñoz, 36 ans, le seul membre de l’enclave dont le handicap est physique, qui veille à ce que tout se passe bien. « J’étais chef d’entrepôt au CET Roncalli, dit-il. Mais accompagner les autres afin qu’ils puissent faire partie d’une entreprise ordinaire me remplit de satisfaction. »
Des réunions entre le CET et l’entreprise permettent d’examiner l’évolution des travailleurs et de procéder à des adaptations. « Nous avons introduit des écrans qui indiquent les pièces à intégrer sur le ­tableau de bord, que l’on coche pour n’en oublier aucune, explique Miguel Lopez, superviseur de la ligne d’assemblage dont dépend l’enclave. C’est une amélioration dont ont profité tous les salariés. »
Pour Iveco, l’enclave est une manière de respecter les objectifs de la loi espagnole de 2 % d’employés avec un handicap, tout en défendant des « valeurs », explique la compagnie. D’autres pourraient suivre la même voie : une nouvelle loi, approuvée en novembre 2017, interdit aux entreprises qui ne respectent pas ce quota de ­répondre à des appels d’offres publics.
Isabel Morales, employée dans la même ligne de montage que les membres de l’enclave, se félicite aussi de l’expérience :« Ils ont brisé nos préjugés sur le handicap et se sont très bien intégrés. Tout le monde devrait avoir le droit de s’épanouir professionnellement… »
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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Témoigner pour faire bouger les lignes

Selon six personnalités, c’est avant tout notre regard sur le handicap qui doit changer



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
   





                        


Extraits du livret « Emploi & handicap. Inclusion : explorer, aller plus loin », conçu par L’Assocation de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).

   


Cédric Villani, mathématicien lauréat de la médaille Fields (2010) ; député de l’Essonne (LRM) :
« J’ai connu à l’Ecole normale supérieure un géomètre atteint d’un syndrome de Marfan aigu et totalement aveugle. Son métier nécessitait des ­interfaces en braille, qui lui permettaient, par exemple, de lire ou de répondre à ses mails. Complètement autonome, il est devenu un chercheur mondialement reconnu. (…)
Il est déterminant que les personnes handicapées et les personnes valides partagent ensemble des émotions. J’ai moi-même travaillé bénévolement sur ce sujet en tant que président de l’association Musaïques, fondée par le compositeur Patrice Moullet. Des jeunes en ­situation de handicap travaillent avec nos instruments qui s’adaptent à toutes sortes de contraintes physiques ou psychiques. Puis nous organisons des ­concerts devant un public ; c’est la plus belle manière de communiquer des émotions, qui sont toujours le moteur des grands changements. »
Dominique Lerch, inspecteur d’académie honoraire :
« En Suède, en Norvège, en Islande, mais aussi en Italie, en Espagne ou au Portugal, la quasi-totalité des élèves sont scolarisés en école ordinaire. (…) Une politique européenne visant à uniformiser la réglementation en la matière serait précieuse. »
Etienne Klein, philosophe des sciences ; directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives :
« Une expérience du handicap m’a ­conduit à explorer des voies impensables. J’ai été atteint d’une ­tumeur dans la gorge à l’âge de 30 ans. J’ai pu être soigné, mais ne suis plus doté que d’une seule corde ­vocale ­fonctionnelle, ce qui aurait dû me priver ad vitam de la parole, du moins ­intelligible. J’ai eu la chance de bénéficier d’un intense programme de rééducation. ­Paradoxalement, ce travail m’a fait ­acquérir une meilleure maîtrise de ma voix que celle que j’avais auparavant. »
Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football professionnel :
« Les personnes en situation de handicap ont toutes quelque chose à apporter à la société. Plus tôt on sensibilise les jeunes à la tolérance, à l’ouverture d’esprit,plus ils accorderont de valeur à la richesse humaine. (…) Il est important que les clubs accueillent des équipes de joueurs handicapés, qu’ils organisent des rencontres ; 15 % d’entre eux le font déjà. »
Vincent Ferry,chef d’entreprise, tétraplégique :
« [Après mon accident], il a fallu que je change radicalement ma méthode de management. Je suis passé d’un management très vertical à un mode totalement libéré. Huit ans plus tard, nous avons doublé notre chiffre d’affaires et la société compte désormais quatre-vingts salariés. »
Gilles Babinet,digital champion de la France auprès de la Commission européenne depuis 2012 :
« Encourager [le marché des services et produits pour handicapés] par des dispositifs fiscaux avantageux, par exemple, serait un grand service à rendre aux personnes handicapées. (…)
On assisterait alors à la formation d’un cercle vertueux, car ces entreprises sont autant de nouvelles opportunités d’emploi pour les personnes handicapées. »
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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Emploi et handicap : « Les stéréotypes sont le principal frein à l’intégration des personnes handicapées »

Eric Molinié poursuit un parcours professionnel rare, malgré sa tétraplégie. Il déplore l’énorme retard français.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
    |

            Annie Kahn








                        



   


Myopathe depuis l’enfance, tétraplégique, Eric Molinié est actuellement secrétaire général de Dalkia, filiale d’EDF. Il a alterné les fonctions dans les domaines ­public et privé. Entre ses débuts à la Banque ­Indosuez et son parcours actuel chez EDF, il a été président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), président du Samusocial, entre autres. Un parcours qu’il retrace dans Vivant ! (Odile Jacob, 2016).
Votre parcours professionnel est exceptionnel. Quel est le principal frein à l’intégration des handicapés dans le monde du travail ?
Les stéréotypes, les représentations que les personnes valides se font des personnes handicapées. Ce regard qui préjuge avant de dialoguer. Cette idée, lors d’un entretien de recrutement, qu’une personne en fauteuil ne peut remplir le poste proposé, sans même lui poser la question.
Comment combattre ces stéréotypes ?
En amont, à l’école, si elle était plus inclusive. Quand on a fréquenté quelqu’un en fauteuil à la maternelle, on ne panique pas ensuite. Des progrès ont été réalisés en ce sens grâce à la loi de 2005 qui a été une révolution en donnant droit à la compensation, en fonction du handicap de la personne. Au financement d’une auxiliaire de vie scolaire, d’un taxi pour faire le trajet, par exemple.
Ensuite, en racontant de belles histoires. Le ­Téléthon, les compétitions handisport changent le regard. Et en partageant de bonnes pratiques, comme cela a été fait dans la brochure EDF « Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel » ou dans les guides de la Halde.
Le lycée Hoche, à Versailles, vous a refusé l’accès en classe prépa en raison de votre handicap. Si l’établissement privé voisin, Sainte-Geneviève, ne vous avait pas accepté, vous n’auriez jamais fait HEC. Pensez-vous que la situation a évolué ?
La Halde a fait son boulot en condamnant les auteurs de discriminations. Il faut à la fois ­manier la carotte – raconter de belles histoires – et le bâton – condamner. Mais 80 % des ­handicapés arrêtent leurs études au niveau du bac. A l’université, on ne compte que 1 % à 2 % de handicapés.
Dans votre livre, « Vivant ! », vous écrivez que, pour réussir, vous avez dû « donner ­davantage », pour faire oublier votre ­handicap. Par exemple ?
Quand on vous voit arriver, on se dit qu’il va vous falloir des horaires aménagés. C’est un stéréotype. Du coup, je suis longtemps arrivé le premier, et parti le dernier. Mais, un jour, à la salle des marchés de la Banque Indosuez, je suis arrivé à 9 h 15. J’ai expliqué que j’avais eu du mal à trouver un taxi. Je me suis fait engueuler. Un collègue est arrivé encore plus tard pour un ­problème d’enfant. Aucune critique. Quand on est handicapé, il ne faut pas risquer d’être moins productif.
Vous écrivez aussi que, paradoxalement, le handicap a facilité certaines rencontres…
Quand je pouvais encore tenir debout, j’avais bricolé un fauteuil style Louis XIII, avec un siège qui me propulsait pour que je puisse me lever. Comme mon bureau était en face de celui du directeur, des visiteurs me voyaient en ­passant, étaient étonnés, et on engageait la conversation. Quand j’interviens dans des ­conférences, on me repère beaucoup mieux par la suite, grâce à mon fauteuil ! Je vis ces événements positivement.
Vous avez été et êtes très impliqué dans de nombreuses associations. En quoi vos engagements associatifs et professionnels se fertilisent-ils mutuellement, comme vous l’écrivez ?
Mon expérience de l’entreprise m’a aidé à améliorer le fonctionnement d’associations et à prouver à leurs membres que ce pouvait être passionnant de le faire. A la Halde, j’ai renoué le dialogue entre cette institution et le monde de l’entreprise. A l’inverse, j’ai contribué à ouvrir EDF au monde du handicap. Ç’a été la porte d’entrée d’une culture de la diversité dans le groupe. Je crée des passerelles.
Vous avez observé qu’intégrer un handicapé favorise la cohésion de l’équipe. Pourquoi ?
Le handicap est une école de management. Beaucoup de manageurs m’ont dit qu’embaucher une personne handicapée, en regardant au-delà du diplôme et de la forteresse que constitue le handicap, oblige à considérer les goûts, le potentiel du candidat. Cela apprend à voir une personne dans toutes ses dimensions. Et la ­présence d’un handicapé dans une équipe oblige à mieux s’organiser. C’est une situation qui crée des solidarités.
En matière de politique publique, quelle ­serait aujourd’hui la principale mesure à prendre pour faciliter la vie personnelle et professionnelle des handicapés ?
La France est très en retard en matière d’accessibilité des bâtiments accueillant du public, et des moyens de transport. La plupart des lieux publics ne sont pas accessibles. Dans 80 % des cas, c’est parce qu’il y a une marche. Une seule. C’est le cas de la moitié des commerces.
Ensuite, les procédures administratives pour percevoir des droits sont extrêmement lourdes. Il faut s’y prendre un an à l’avance pour renouveler, tous les cinq ans, la prestation de compensation du handicap. Un dossier simplifié suffirait pour un myopathe comme moi.
Comment jugez-vous la France par rapport aux autres pays, en matière de services ­rendus aux handicapés ?
Roissy est le seul aéroport où, chaque fois que je rentre, je dois attendre une heure à une heure et demie pour récupérer mon fauteuil. Et, à chaque fois, il est cassé. A Cracovie, Beyrouth, Pékin, ou ailleurs, c’est impeccable. A Rome, à peine descendu de l’avion, je retrouve mon fauteuil avec les autres bagages.
C’est un exemple qui en dit long…
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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Handicap : la France va simplifier  sa politique d’aide à l’emploi

Des mesures législatives devraient accélérer l’embauche de personnes souffrant de handicaps.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h33
    |

            Annie Kahn








                        



   


Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La formule illustre parfaitement la situation à laquelle sont confrontées, en France, tant les personnes en situation de handicap que les entreprises qui voudraient les embaucher. Deux chiffres donnent une idée de la complexité du processus. Un employeur souhaitant embaucher un travailleur handicapé doit d’abord remplir un formulaire comportant plus de 85 items. Quant à la personne en situation de handicap, il lui faut s’y retrouver parmi les 60 aides et prestations proposées par un grand nombre d’acteurs, et ­expliquées souvent sans grande clarté.
Freins à l’embauche
Nombreuses sont donc les sociétés qui contournent la loi du 10 juillet 1987 imposant aux entreprises de plus de 20 salariés d’employer au moins 6 % de travailleurs handicapés. Plutôt que de les embaucher, elles préfèrent – comme la loi les y autorise – verser une contribution à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) s’il s’agit d’une entreprise privée, ou au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Elles peuvent aussi sous-traiter certaines fonctions ou achats à des entreprises adaptées, voire à des établissements et services d’aide par le travail (ESAT).
Conséquence : les entreprises n’employaient globalement que 3,4 % de travailleurs handicapés en 2015, selon les derniers chiffres publiés par la Dares ­(direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), en novembre 2017. Et le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteint 19 %, soit le double de celui des valides.

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En outre, les dispositifs d’aide à la ­recherche d’emploi pour travailleurs handicapés ne sont « pas en mesure d’assurer pleinement et prioritairement l’accompagnement des personnes souffrant d’un handicap lourd et complexe », signalait l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un rapport publié en mai 2017. Qu’il s’agisse de Pôle emploi auquel ont recourt 73 % des handicapés, des Cap emploi, spécialisés dans l’aide aux personnes handicapées, qui prennent en charge 23 % d’entre eux, ou des missions locales (moins de 4 %).
Les contraintes ou les défaillances administratives ne sont bien sûr pas les seuls freins à l’embauche de personnes souffrant d’un handicap physique ou psychique. Mais elles constituent des obstacles non négligeables.

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Le gouvernement s’est saisi du problème. Quatre ministres, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, Muriel Pénicaud, ministre du travail, ­Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, et Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics, annonçaient conjointement, le 15 février, le lancement d’une concertation, avec les syndicats de salariés et d’employeurs, ainsi qu’avec le Conseil national consultatif des personnes handicapées, pour réformer la politique dans ce domaine. « La ­politique publique n’est pas à la hauteur des besoins et des demandes des employeurs », reconnaissait Sophie Cluzel.
A l’instar de l’ensemble des pays développés, les ministres veulent augmenter le taux d’emploi direct de travailleurs handicapés dans les entreprises, par opposition aux politiques plus anciennes qui ­visaient à les dédommager ou à les confiner dans des institutions spécifiques.
« Accommodements »
Ils souhaitent simplifier le dispositif. Dans un courrier envoyé aux partenaires sociaux et aux associations, et publié par le site de la spécialisée Vivre FM, ils expliquent vouloir « permettre la rencontre d’une personne handicapée avec un ­employeur, qu’il s’agisse des acteurs de l’emploi, de la formation, du médico-social et de la santé au travail, pour sortir de la concurrence des services, de leur manque de lisibilité, de leur complexité ».
Pour Bruno Le Maire, les actions à mener doivent être plus incitatives. « Aujourd’hui, la politique consiste à tendre la main aux personnes en situation de handicap. On trouve des accommodements, mais ils ne sont pas satisfaisants. Il faut renverser cette perspective, ce regard. Voir ce que ces personnes peuvent apporter au monde », déclarait-il à la presse, à l’issue de l’annonce du lancement de cette concertation en vue d’une nouvelle politique de l’emploi des travailleurs handicapés.
Deux textes de loi devant être discutés ces prochains mois pourraient accélérer le processus de simplification en incorporant des mesures spécifiques pour les travailleurs handicapés. Il s’agirait du projet de loi sur la réforme de l’apprentissage, de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle. Un des objectifs fixés par le gouvernement lors du Comité interministériel du handicap, le 20 septembre 2017, étant de porter le taux d’apprentis handicapés dans la fonction publique à 6 %, contre 1 % actuellement.
Par ailleurs, certaines dispositions pourraient être incluses dans le volet concernant la responsabilité sociale et environnementale des entreprises de la future loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), portée par Bruno Le Maire. Ces dernières viendront compléter ou simplifier des lois et règlements qui n’ont cessé d’évoluer ces dernières décennies.
Des décrets successifs ont ainsi amélioré les dispositifs permettant de cumuler une allocation pour adultes handicapés (AAH) et un revenu professionnel. Cette allocation, de 810 euros pour une personne seule, sera progressivement portée à 900 euros en novembre 2019. Cette AAH décroît avec les revenus. Une personne handicapée célibataire ne ­perçoit ainsi plus d’AAH à partir du ­moment où ses revenus dépassent 1,38 smic, soit 1 592 euros.
A cette allocation s’ajoute la prestation de compensation du handicap (PCH), aide financière versée par le département, sans condition de ressources, pour rembourser tout ou partie des dépenses liées à la perte d’autonomie, et en particulier celles pour se rendre sur son lieu de travail.
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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Emploi et handicap : en Allemagne, la « culture de l’inclusion » des handicapés est devenue une priorité

Le manque croissant de personnel qualifié oblige les entreprises à s’adapter.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Nous voyant nous approcher dangereusement de son établi, Anton Kultaew n’est pas très rassuré. ­Personne, à part son collègue le plus proche, ne pénètre d’habitude dans son espace de travail. Mais son chef est là, alors le jeune homme fait un effort de concentration pour poursuivre sa tâche : préparer une pièce de ­métal qui sera ensuite usinée par une machine. Anton Kultaew est handicapé mental léger. Depuis un an, il est ­employé comme aide technicien chez ­Bohrma, une entreprise qui produit des tuyaux et couronnes de forage pour les entreprises de travaux publics. Bohrma, implantée dans les environs de Fulda, en Hesse, compte 38 salariés, dont cinq handicapés. Parmi eux, deux ont été atteints de problèmes physiques sérieux au cours de leur carrière, trois ont été embauchés avec leur handicap, dont M. Kultaew.
« Nous pensons qu’il faut donner à chacun une chance d’être fier de son travail » Maria Erb, responsable DRH chez Bohrma
« Quand on a accueilli Anton, on a ­essayé de le faire travailler à différents postes, mais c’est là qu’il se sent le mieux. Il est un peu sensible, il a besoin d’un ­espace protégé », explique Florian Witzel, le directeur de l’usine, chargé d’organiser la production « en fonction des forces et des faiblesses de chacun ». M. Witzel n’utilise d’ailleurs pas souvent le mot « handicapé » pour qualifier les cinq travailleurs concernés dans son usine, pas plus qu’il ne s’étend sur les détails de leur empêchement. Tout ce qui compte, c’est de « trouver à la personne la bonne place » dans la production. « C’est dans la culture du groupe depuis longtemps. Nous pensons qu’il faut donner à chacun une chance d’être fier de son travail. On a simplement appris à travailler avec le handicap », explique Maria Erb, fille de Martin Himmelmann, le fondateur du groupe, et responsable des ressources humaines chez Bohrma.
 « Sentiment de solidarité »
Bohrma a reçu en 2016 le prix de l’inclusion, décerné depuis quatre ans par des ­acteurs de l’économie, dont la fédération des employeurs BDA et l’agence fédérale pour l’emploi. Depuis quelques années, l’inclusion dans le travail des personnes handicapées est devenue une priorité en Allemagne. A cause du vieillissement de la population, de plus en plus de travailleurs ont des limitations physiques au travail. Par ailleurs, le faible taux de chômage et le manque grandissant de personnel qualifié obligent les entreprises à s’adapter pour conserver les travailleurs et à considérer leurs compétences. La législation contraint déjà les entreprises de plus de 20 salariés à consacrer 5 % des postes à des personnes en situation de handicap, sous peine d’amende compensatoire pouvant aller jusqu’à 300 euros par mois. Mais pour encourager les bonnes pratiques, les initiatives patronales se multiplient.
Avec plus de 15 % de travailleurs handicapés, Bohrma dépasse les quotas imposés. Elle reste une entreprise compétitive sur le marché. Ses carnets de commandes sont pleins, elle exporte dans le monde entier et verse des salaires élevés. La clé du succès ? L’aide de Perspektiva, une association lancée il y a dix-huit ans par un collectif local d’entreprises et d’établissements de formation pour favoriser l’intégration par le travail des personnes en difficulté psychologique et en situation de handicap, hors établissement spécialisé.
Joachim Pentz est un de ses permanents. « Nous accueillons d’abord les personnes fragilisées dans un centre. Quand c’est nécessaire, nous les entraînons à certaines compétences sociales comme la ponctualité ou l’endurance au travail. Et puis nous les plaçons dans les entreprises avec beaucoup de suivi pour rassurer les deux côtés. Il y a une phase de test, pour trouver la bonne place au travailleur, puis on augmente graduellement son temps de travail. A la fin, si cela fonctionne, il est embauché, au même tarif que les autres », explique-t-il.
Dans la région de Fulda, qui compte beaucoup de petites sociétés industrielles familiales comme Bohrma, il est désormais de bon ton pour une entreprise d’être membre de Perspektiva. Conséquence : les barrières psychologiques à l’embauche des handicapés tombent. Et les patrons observent les effets sur les autres salariés. « La plupart le disent : le sentiment de solidarité entre les travailleurs, de responsabilité, est plus fort. Tous sont davantage attachés à l’entreprise et plus motivés », souligne M. Pentz.
L’agence fédérale pour l’emploi aide les patrons dans cette démarche. Elle dispose d’un bureau spécialisé pour le placement des handicapés et l’accompagnement des entreprises. Et dans les firmes de taille ­importante, un référent spécial aux personnes handicapées participe à toutes les réunions du Betriebsrat, le conseil d’entreprise, organe de représentation des salariés dans le dialogue avec la direction. Une fois les barrières psychologiques levées, les subventions aplanissent souvent les dernières difficultés pour les employeurs. Outre les aides à l’aménagement des lieux de travail en cas de limitation physique, la loi prévoit des subventions, limitées à deux ans, pouvant atteindre 70 % de la ­rémunération d’un salarié handicapé.
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Une enquête menée auprès de 1 200 auteurs est publiée à l’occasion du salon Livre Paris, qui s’ouvrira vendredi 16 mars.
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Entre les auteurs et leurs éditeurs, la situation reste tendue

Une enquête menée auprès de 1 200 auteurs est publiée à l’occasion du salon Livre Paris, qui s’ouvrira vendredi 16 mars.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h00
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Comme chiens et chats. Les relations entre auteurs et éditeurs restent tendues, selon un baromètre publié lundi 12 mars par la Société civile des auteurs multimédia (SCAM) et la Société des gens de lettres (SGDL), avant l’ouverture du salon Livre Paris, vendredi.
Sur les 1 200 auteurs ayant répondu au questionnaire, 29,2 % considèrent avoir « des relations non satisfaisantes, voire conflictuelles, avec certains ou la majorité de leurs éditeurs, et 8 % avec tous leurs éditeurs ».
Sans surprise, écrire ne fait pas vivre. Un quart des auteurs ne perçoivent aucun à-valoir pour leur ouvrage. Celui-ci est inférieur à 1 500 euros pour 34 % ­d’entre eux et se situe entre 1 500 et 3 000 euros pour 36,7 % des ­personnes interrogées. Seuls 14,4 % touchent entre 3 000 et 5 000 euros et 14,9 %, davantage.
Le baromètre évoque « un taux de rémunération moyen » très bas, de 7,2 % du prix hors taxe du livre. Les romanciers sont un peu mieux lotis (8,5 %), tout comme les auteurs de BD (8 %). A l’inverse, les auteurs jeunesse occupent le bas de l’échelle (5,2 %).

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Les questions financières, nerf de la guerre
De fait, seul un tiers des auteurs exercent uniquement ce métier d’écriture. La grande majorité doit trouver des revenus annexes pour vivre. Depuis le dernier ­baromètre, daté de 2015, 48 % des sondés estiment que leur situation financière s’est maintenue, mais 44 % qu’elle s’est détériorée.
En outre, une certaine opacité perdure chez les éditeurs : près d’un quart des auteurs ont, par exemple, eu connaissance de traductions de leur livre à l’international sans en avoir été informés au préalable par leur maison d’édition. Plus de la moitié d’entre eux n’ont pas perçu de droits, alors que leur titre était exploité à l’étranger. Autre grief : 25 % des auteurs regrettent que leur éditeur n’ait pas pris la peine de leur dire que leur ouvrage avait été mis au pilon.
Parmi les éléments positifs mentionnés dans cette étude, figure le fait que le travail de création des éditeurs semble mieux apprécié et que le taux de satisfaction des auteurs quant à la diffusion de leur ouvrage augmente. En outre, la promotion des livres est jugée plus satisfaisante.
Un tiers des écrivains, en revanche, se plaignent d’un manque d’informations sur les ventes de leurs ouvrages. En effet, 60 % des auteurs doivent réclamer leurs relevés de droits. Et quand ils récupèrent ces documents, 66 % les jugent ni clairs ni complets. Les questions financières étant le nerf de la guerre, près des deux tiers des auteurs doivent écrire à leurs éditeurs pour réclamer le paiement de leur dû…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Contesté par les sociétés minières, le texte adopté par le Parlement doit fortement augmenter les taxes que l’Etat congolais prélève sur les exportations de cobalt.
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Compte rendu

En RDC, Joseph Kabila promulgue le nouveau Code minier

Contesté par les sociétés minières, le texte adopté par le Parlement doit fortement augmenter les taxes que l’Etat congolais prélève sur les exportations de cobalt.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-12T11:11:36+01:00"

        Le 12.03.2018 à 11h11






    
Sur le site de la mine de cuivre et de cobalt de Tenke Fungurume, le 29 janvier 2013.
Crédits : REUTERS


Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a promulgué, vendredi 9 mars, le nouveau Code minier. Celui-ci doit multiplier par cinq la taxe sur le cobalt pour, officiellement, rapporter davantage de ressources fiscales au pays.
En échange, le chef de l’Etat congolais qui s’accroche au pouvoir depuis la fin officielle de son second mandat le 19 décembre 2016, très critiqué par l’opposition, l’église et la société civile, a promis une « concertation » dans l’application de la loi pour calmer les inquiétudes des entreprises du secteur.

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Le taux de la redevance sur le cobalt, dont la RDC a fourni les deux tiers de la demande mondiale en 2017, va passer de 2 % à 10 % si un décret du premier ministre classe ce minerai rare indispensable aux batteries nouvelle génération des voitures électriques parmi les « substances stratégiques » – ce dont personne ne doute.
Juste avant la promulgation, le prix du cobalt a battu un nouveau record à la Bourse des métaux de Londres, à 84 000 dollars (68 132 euros) la tonne, vendredi, en clôture.
Campagne de lobbying
« Une valeur d’environ 10 milliards de dollars de cuivre et de cobalt est exportée chaque année de la RDC et un effort sans précédent de lobbying est attendu de la part du secteur minier pour tenter de faire changer d’avis le président Kabila », prédisait le courtier britannique Darton Commodities dans son rapport annuel en février.
Cette bataille de lobbying a connu son point culminant jeudi, quand le président Kabila a reçu pendant plusieurs heures sept entreprises minières, parmi lesquelles Glencore, Rangold et Ivanhoé.

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Outre la taxe sur le cobalt, ces entreprises qui exploitent les richesses du sous-sol congolais sous le régime très libéral du Code minier de 2002, redoutent d’autres nouvelles dispositions : une taxe sur les super-profits et la fin d’une clause de stabilité des contrats de dix ans.
Au terme de cette campagne de lobbying aussi intense que discrète et opaque, les miniers n’ont pas obtenu le réexamen du texte qu’ils souhaitaient, juste un « dialogue constructif avec le gouvernement autour des mesures d’application de la présente loi », selon le communiqué présidentiel.
Face aux pressions, le président Kabila a reçu le soutien sans faille d’un des hommes forts du régime, le patron de la société minière publique Générale des carrières et des mines (Gécamines), Albert Yuma.
Des miniers avaient espéré en vain que le ministre des mines, Martin Kwabelulu, obtienne une nouvelle lecture du texte au Parlement.
Le nouveau code doit « rapporter à l’Etat des recettes substantielles pour son développement économique et social », proclame le communiqué de la présidence.

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Des revendications fiscales somme toutes légitimes : deuxième plus grand pays d’Afrique avec 2,3 millions de km2 et 70 à 90 millions d’habitants, la RDC dispose pour 2018 d’un budget d’à peine 5 milliards de dollars pour ses besoins titanesques : éducation, santé, infrastructures, sécurité, sans parler du coût des élections prévues le 23 décembre.
La RDC est pourtant souvent qualifiée de « scandale géologique » avec le cuivre et le cobalt du Katanga, le coltan du Kivu, les diamants du Kasaï…
Adopté en pleine guerre, le précédent code avait pour mission principale d’attirer et de rassurer les investisseurs, avec des facilités dans l’octroi des droits et le régime fiscal.
Prédation des ressources minières
La promulgation du nouveau code est présentée comme une victoire patriotique et politique par les partisans du président Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin en décembre 2016.
« Le président exprime la volonté et l’intérêt du peuple congolais », écrit sur Twitter un conseiller du président, Jean-Claude Mwewa, qui ironise sur le « lourd silence » des opposants.

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D’autres doutent que le code n’allège vraiment la souffrance de millions de Congolais : « Un nouveau Code minier (…) ne mettra pas fin à la prédation de nos ressources minières. Les multinationales et le régime Kabila se disputent chacun leurs intérêts, pas ceux du peuple congolais. Deux camps prédateurs se disputant le butin du Congo ! », a dénoncé sur son compte Twitter le mouvement citoyen Lucha.
En juillet 2017, l’ONG britannique Global Witness avait qualifié le secteur minier congolais de « distributeur automatique de billets » pour le régime de Joseph Kabila. Début novembre, une ONG américaine, le Centre Carter, avait estimé que 750 millions de dollars n’avaient pu être retracés de « manière fiable » dans la comptabilité de la société d’Etat Gécamines. « Une idiotie, un mensonge », avait réagi son PDG, M. Yuma.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Six personnes ont été placées en garde à vue à la suite d’une enquête ouverte pour « blanchiment de fraude fiscale », notamment.
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Partouche chute en Bourse après des perquisitions dans trois casinos

Six personnes ont été placées en garde à vue à la suite d’une enquête ouverte pour « blanchiment de fraude fiscale », notamment.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 11h15
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Les investisseurs n’aiment pas le grabuge. Ils ont massivement vendu leurs actions Partouche, lundi 12 mars à la Bourse de Paris, après des perquisitions en série effectuées dans des casinos du groupe dans le sud de la France durant la nuit de samedi à dimanche. Résultat : une heure et demie après l’ouverture de la cotation, le titre dévissait de 17 %, s’échangeant à son plus bas niveau depuis février 2016. La valeur boursière du groupe, l’un des deux leadeurs des casinos en France, avec Barrière, se trouve ainsi ramenée à 264 millions d’euros.
C’est que l’affaire est d’ampleur. Une enquête visant l’entreprise est ouverte pour « blanchiment de fraude fiscale », « tenue illicite d’une maison de jeux et de hasard » et « abus de bien social ». Elle a été confiée à la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. Dans ce cadre, les policiers du Service central des courses et jeux (SCCJ) ont mené samedi soir des perquisitions dans trois casinos exploités par le groupe à Cannes (Alpes-Maritimes), Bandol (Var) et La Grande-Motte (Hérault).
Un montant joué « très supérieur au montant déclaré »
Au total, six personnes ont été placées en garde à vue, dont trois directeurs de casinos Partouche, selon une source proche de l’enquête. Plusieurs suspects ont été interpellés à Cannes et d’autres convoqués dans les locaux de la police judiciaire de Nice, où ils ont été placés en garde à vue. Selon Le Midi Libre, le domicile d’une des personnes interpellées, responsable de plusieurs casinos, a également été perquisitionné.
Les personnes interpellées sont soupçonnées d’avoir organisé depuis au moins un an et demi des parties de poker « au cours desquelles le montant joué était très supérieur au montant déclaré officiellement », a expliqué une source proche du dossier à l’agence France-Presse (AFP). « Le montant déclaré était parfois 20 fois inférieur à celui réellement joué », a-t-elle précisé. Cette sous-déclaration des montants joués créait de fait « un système de blanchiment de fraude fiscale et de minoration des recettes fiscales pour le casino ». Dans ce cadre, les intermédiaires sont suspectés d’avoir touché des commissions.
Menace de fermeture administrative
L’affaire risque de coûter cher à Partouche, un groupe familial qui a failli sombrer il y a quelques années, et n’a renoué avec les bénéfices que depuis 2015. Dans l’immédiat, la fermeture administrative des trois casinos concernés aurait été demandée, selon l’agence Reuters. Sans être les plus importants du groupe, ces trois établissements possèdent un poids non négligeable. Celui de La Grande-Motte a été le 16e casino le plus fréquenté de France en 2016-2017, avec 27,2 millions d’euros de chiffre d’affaires (produit brut des jeux).

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Quant à celui de Cannes, très déficitaire, la famille Partouche avait lourdement investi pour le transférer en juin 2017 du Palm Beach au sein de l’hôtel 3.14, un lieu plus adapté. L’enquête en cours et la possible fermeture administrative ne peuvent que compliquer son retour aux profits.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La transformation radicale du paysage énergétique allemand et européen est la conséquence directe de la catastrophe de Fukushima il y a tout juste sept ans. D’autres répliques sont à venir, notamment en France.
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E.ON-RWE : après le tremblement de terre

La transformation radicale du paysage énergétique allemand et européen est la conséquence directe de la catastrophe de Fukushima il y a tout juste sept ans. D’autres répliques sont à venir, notamment en France.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h07
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Dans Après le tremblement de terre (2000), le romancier japonais Haruki Murakami raconte comment le séisme qui a détruit la ville de Kobe en 1995 a affecté le cœur et la destinée des survivants, réveillant des failles intimes tout aussi ravageuses que celles du sous-sol de l’Archipel. Le séisme du 7 décembre 2011 qui a frappé le nord du Japon, provoquant un tsunami meurtrier et détruisant la centrale nucléaire de Fukushima, a eu le même effet. Rarement un accident industriel, dont on peine encore à établir le véritable bilan humain (aucun mort direct mais des milliers de déplacés et d’irradiés), n’a autant transformé une filière économique aussi stratégique, laissant remonter à la surface des mouvements tectoniques à l’œuvre depuis longtemps : méfiance envers le nucléaire, essor des énergies renouvelables, modification des équilibres économiques.

C’est à cette aune qu’il faut mesurer la spectaculaire opération capitalistique annoncée ce week-end en Allemagne. Un échange d’actifs entre les deux principaux électriciens du pays, E.ON et RWE, qui aboutit à spécialiser le premier dans les services et les réseaux et le second dans la pure production d’électricité, qu’elle soit à base de ­charbon, de gaz ou de renouvelable. Un peu comme si, en France, EDF se contentait de fabriquer de l’électricité pour le vendre à Engie, et d’autres se chargeraient de la commercialisation auprès des consommateurs.

Victime collatérale
C’est en effet l’accident de Fukushima qui a ­conduit le gouvernement allemand à décréter dès 2011 la sortie totale en dix ans du nucléaire, qui représentait plus de 20 % de la production d’électricité. Une décision majeure qui, en doublant ­quasiment la part de l’électricité renouvelable, a détruit le modèle économique des producteurs. D’autant que le phénomène s’est répandu en ­Europe, après les décisions italienne, suisse, belge, autrichienne dans cette voie de sortie du nucléaire. L’apparition de ces nouvelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le ministre de l’économie et des finances dévoile ses arbitrages sur l’objet social des entreprises, enjeu de la future loi Pacte.
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Bruno Le Maire : « Ne dilapidons pas le résultat de nos efforts »

Le ministre de l’économie et des finances dévoile ses arbitrages sur l’objet social des entreprises, enjeu de la future loi Pacte.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 14h46
    |

            Elise Barthet, 
Benoît Floc'h et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

A quelques jours de l’envoi au Conseil d’Etat du projet de loi « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte) sur les entreprises, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, dévoile au Monde les arbitrages rendus sur la place de l’entreprise. Il ferme la porte à toute redistribution des surplus fiscaux issus de la croissance.

Vous avez commandé au patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, et à l’ancienne secrétaire général de la CFDT, Nicole Notat, un rapport sur l’entreprise. Qu’en retient le gouvernement ?
Bruno Le Maire : Le président de la République l’a dit à plusieurs reprises durant sa campagne : pour être profitables, les entreprises ne peuvent plus se détourner des enjeux sociaux et environnementaux. C’est une demande des consommateurs et des citoyens comme des investisseurs. Nous proposerons donc dans Pacte une modification du code civil. Nous donnerons également la possibilité aux entreprises qui le souhaitent de se fixer des objectifs sociaux et environnementaux et de les retranscrire dans leurs statuts.

C’est un vrai choix de rupture. Aucune entreprise ne peut plus envisager son succès et son profit sans considérer les impacts de son activité. La modification du code civil, socle de notre droit depuis plus de deux cents ans, sera aussi dans l’intérêt des entrepreneurs.
Ces évolutions ne vont-elles pas entraîner, comme le craignent les organisations patronales, une explosion des contentieux ?
Nous avons entendu les inquiétudes. Nous serons vigilants pour que la rédaction retenue n’introduise pas d’insécurité juridique.
Qu’est-ce que ça va changer concrètement ?
Nous affirmons haut et fort que les entreprises doivent participer au bien commun. C’est une modernisation essentielle du capitalisme français. Celui-ci ne doit pas se limiter à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Pierre Louette, ancien numéro deux d’Orange et ex-PDG de l’AFP, succède à Francis Morel, qui a su redresser le quotidien économique.
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Passage de témoin à la tête du groupe Les Echos-Le Parisien

Pierre Louette, ancien numéro deux d’Orange et ex-PDG de l’AFP, succède à Francis Morel, qui a su redresser le quotidien économique.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h58
    |

            François Bougon et 
Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Vendredi 9 mars, le hall des locaux flambant neufs du Parisien et des Echos, non loin de la tour Eiffel, est bondé. A 69 ans, Francis Morel fête son départ. Entre champagne et petits fours, le PDG du groupe Les Echos-Le Parisien, propriété de LVMH, découvre les fausses « unes » préparées pour respecter la tradition de la presse papier.
Le Parisien affiche « Tout schuss », avec Francis Morel en tenue de ski. Sur celle des Echos, le patron parade sur une plage ensoleillée. Le titre : « Francis, Merci. » Les journalistes n’ont pas osé « Merci Francis ! », qui aurait pu passer pour provocateur aux yeux de l’actionnaire, Bernard Arnault, raillé dans le documentaire de François Ruffin, « Merci patron ! ».
Lundi, M. Morel laisse les clefs de la boutique à Pierre Louette, 55 ans. L’ancien numéro 2 d’Orange connaît de longue date Nicolas Bazire, membre du comité exécutif de LVMH. Il a travaillé entre 2000 et 2003 pour Europaweb, l’ancien pôle Internet de M. Arnault. « C’est une chance de se voir confier les rênes d’un groupe doté de très belles marques », se félicite M. Louette.

M. Morel ne part pas de gaieté de cœur. Son mandat ­arrivait à échéance en avril-mai 2019, et il comptait aller au bout. « Cela ne me fait pas plaisir, mais depuis le début de l’année, il y avait beaucoup de rumeurs sur mon départ. Il fallait clarifier les choses pour la stabilité de l’entreprise », dit-il au Monde.
Chantier du numérique et diversification
Il laisse à son successeur un groupe en relativement bon état. Aux Echos, déficitaire à son arrivée, il a opéré un redressement spectaculaire. « Le titre est bénéficiaire depuis 2015. La diffusion augmente depuis sept ans, grâce au numérique. Les activités de diversification représentent 40 % du chiffre d’affaires, et nous allons vers les 50 %. »
Sous sa houlette, Les Echos ont mis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.
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Zone euro : la fronde des pays du Nord face aux ambitions de Macron

Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Lundi 12 mars, l’Eurogroupe devait plancher à Bruxelles sur la préparation d’un sommet de la zone euro prévu à la fin du mois. Un sommet capital, au cours duquel Paris et Berlin pourraient enfin présenter une position commune sur l’avenir de l’eurozone, après six mois de tergiversations politiques en Allemagne pour former une coalition gouvernementale entre conservateurs de la CDU et sociaux-démocrates du SPD.
La réunion des ministres des finances de la zone euro, lundi, risquait cependant d’être plombée par une récente prise de position de huit pays du nord de l’Europe, emmenés par les Pays-Bas, aux côtés des trois Etats baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), de la Suède, de la Finlande, du Danemark et de l’Irlande.

Cette « alliance du Nord » défend une vision du futur de la zone euro nettement moins ambitieuse que celle d’Emmanuel Macron. Un avenir qui passe avant tout, soulignent ces pays dans une lettre commune diffusée le 6 mars, par « le respect des règles communes », à commencer par le pacte de stabilité et de croissance, et son fameux plafond d’un déficit public à 3 % du produit intérieur brut.
« Quand on a des visions, il faut aller chez le docteur »
Pas un mot sur la nécessité de se doter d’un ministre des finances, d’un budget commun et encore moins d’un Parlement de la zone euro, contrairement à ce qu’avait réclamé le président français dans son discours de la Sorbonne, fin septembre 2017. Il s’agit davantage de se concentrer sur les réformes dont « l’eurozone a besoin » plutôt que sur celles qu’il serait « sympathique d’avoir ».
Le premier ministre libéral néerlandais, Mark Rutte, a pris la tête de ce cercle des « pays vertueux »
La formule rappelle, en moins brutal, le « quand on a des visions, il faut aller chez le docteur » lancé en septembre par Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, juste après un discours du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ E.ON et RWE se lancent dans une méga-opération d’échanges d’activités
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En Allemagne, nouvelles grandes manœuvres dans l’énergie

E.ON et RWE se lancent dans une méga-opération d’échanges d’activités



Le Monde
 |    12.03.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 09h59
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

C’est une manœuvre spectaculaire, qui rebat les cartes sur le marché allemand et européen de l’énergie. Dans la nuit de samedi 10 à dimanche 11 mars, les deux groupes E.ON et RWE ont annoncé leur intention d’opérer un gigantesque échange d’activités d’un montant de 20 milliards d’euros.
Celui-ci devait être scellé lundi 12 mars, une fois que les derniers actionnaires auront signé, rapporte la presse allemande. E.ON devrait alors prendre le contrôle de la filiale de son concurrent RWE, Innogy, valorisée 19 milliards d’euros en Bourse, avant de la démanteler. RWE, à la faveur de ce démantèlement, récupérera de nouvelles activités, notamment dans les énergies renouvelables, pour former l’un des plus gros énergéticiens d’Europe.
L’objectif d’E.ON est de se concentrer sur deux activités : la distribution d’électricité et les réseaux. Avec cette opération complexe, le groupe devient le premier distributeur d’énergie d’Allemagne. Après la conclusion de l’accord, il devrait distribuer de l’électricité et du gaz à 45 millions de clients et exploiter un réseau de 1,5 million de kilomètres.
E.ON veut également proposer des solutions de production de courant décentralisées, comme des centrales de cogénération. Mais il se sépare de ses activités dans les énergies renouvelables, qui reviennent à RWE. En 2016, E.ON avait déjà isolé ses centrales conventionnelles dans une autre société, Uniper. Les 47 % d’actions qu’il détenait ont été vendues, fin 2017, au groupe énergétique finnois Fortum.
Se renforcer dans les énergies vertes
De son côté, RWE se concentrerait sur la production d’électricité, en se renforçant dans les énergies vertes. Une volte-face, puisque le groupe s’était séparé, il y a deux ans, de l’activité « renouvelable », avec la création d’Innogy pour se concentrer uniquement sur l’exploitation de ses réacteurs nucléaires, à gaz et à charbon.
L’industriel va récupérer les centrales hydrauliques et les grands parcs éoliens d’E.ON...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Pour faire valoir les droits des Etats-Unis sur le marché de l’acier, le président américain a préféré déclencher une guerre commerciale plutôt que de se tourner vers l’Organisation mondiale du commerce. Pas sûr qu’il en sorte vainqueur, souligne dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     


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« Trump privilégie les duels version western spaghetti au détriment du droit international »

Pour faire valoir les droits des Etats-Unis sur le marché de l’acier, le président américain a préféré déclencher une guerre commerciale plutôt que de se tourner vers l’Organisation mondiale du commerce. Pas sûr qu’il en sorte vainqueur, souligne dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 07h47
    |

            Stéphane Lauer (Editorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique Donald Trump a-t-il déjà entendu parler de Donawitz ? C’est dans cette petite ville de Styrie, située en plein cœur du berceau sidérurgique de l’empire austro-hongrois, qu’au début du XXe siècle se situait la plus grande usine d’acier d’Europe. La bourgade a même donné son nom au procédé d’affinage de la fonte en fusion, qui est aujourd’hui utilisé pour les deux tiers de la production mondiale d’acier. Comme les autres bassins sidérurgiques européens ou américains, Donawitz a été frappée de plein fouet par la crise des années 1980, avant de renaître de ses cendres grâce à sa reconversion dans les aciers spéciaux.
Avant d’annoncer des taxes de 25 % sur les importations américaines d’acier pour ramener les emplois dans le Midwest, le président états-unien aurait dû s’intéresser à ce qui se passe à Donawitz, où le groupe Voestalpine a récemment ouvert une unité de production capable de produire annuellement 500 000 tonnes de fils d’acier pour l’automobile, avec seulement 14 employés. Une usine similaire dans les années 1960 aurait nécessité la présence d’un millier de salariés. L’acier comme industrie de main-d’œuvre, il faut oublier, expliquait il y a quelques mois le directeur de Voestalpine, Wolfgang Eder, à l’agence de presse Bloomberg. « A long terme, nous perdrons la plupart des ouvriers traditionnels, des gens qui font le sale boulot dans les hauts-fourneaux. »

Il se trouve que ceux qui font le « sale boulot » en Pennsylvanie ou dans l’Ohio constituent le cœur de l’électorat de M. Trump. Il a conquis leur vote en promettant que les embauches reprendraient en mettant fin à la concurrence déloyale des pays à faibles coûts de production, comme la Chine. Sur ce point précis, le président américain a raison. La surproduction chinoise a déstabilisé le marché mondial de l’acier et il est nécessaire d’y remédier. En revanche, les taxes à l’importation risquent de faire des déçus dans le Midwest.
Le...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ A 32 ans, le secrétaire général du syndicat britannique des travailleurs indépendants (IWGB), est de tous les combats contre les petits boulots, aux côtés des chauffeurs d’Uber et des coursiers de Deliveroo.
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Jason Moyer-Lee, le défenseur des nouveaux prolétaires

A 32 ans, le secrétaire général du syndicat britannique des travailleurs indépendants (IWGB), est de tous les combats contre les petits boulots, aux côtés des chauffeurs d’Uber, des coursiers de Deliveroo et de TDL.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 07h12
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Chauffeurs d’Uber, livreurs de Deliveroo, coursiers transportant les paquets des entreprises du Net, femmes de ménage « invisibles » nettoyant les bureaux aux aurores… Il existe un point commun à tous ces prolétaires du XXIe siècle : l’immense majorité d’entre eux n’est représentée par aucun syndicat, les grandes centrales du Royaume-Uni étant implantées dans l’industrie et la fonction publique.
Ces dernières années, un nouveau trublion a cependant fait son apparition. L’Independent Workers Union of Great Britain (IWGB, le syndicat britannique des travailleurs indépendants) est de tous les combats concernant la gig economy, l’économie des petits boulots. Il a notamment contribué à la victoire d’octobre 2016, quand un tribunal a estimé que les chauffeurs d’Uber à Londres ne pouvaient être considérés comme des autoentrepreneurs (la société américaine a interjeté appel). Il mène aussi la lutte chez Deliveroo, l’entreprise de livraison de plats cuisinés, afin d’obtenir le salaire minimal pour les coursiers. L’offensive se poursuit. Mardi 6 mars, le syndicat a manifesté pour défendre les femmes de ménage de plusieurs universités de la capitale, qui travaillent pour des sous-traitants, dans des conditions de travail très inférieures à celles des employés de l’université.
Un homme se trouve au cœur de ces batailles : Jason Moyer-Lee, un Américain de 32 ans, tombé dans le syndicalisme presque par hasard. Le secrétaire général de l’IWGB reçoit dans un bureau minuscule sis au centre de Londres, encombré de piles de papiers, un vieil autocollant pour la campagne de Bernie Sanders – l’ancien candidat à la primaire démocrate aux Etats-Unis – accroché à une étagère.

Ton direct, cheveux ras, peu enclin aux grands épanchements intellectuels, M. Moyer-Lee prise l’action et abhorre la léthargie des syndicats historiques. « Leur approche, c’est de parler, parler, parler… » Lui préfère la grève surprise et l’agit-prop...




                        

                        

