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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Un collectif de signataires, parmi lesquels Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale des droits de l’homme, et la député européenne Eva Joly, dans une tribune au « Monde », appellent l’Union européenne à participer à la négociation en cours à l’ONU d’une régulation juridique de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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« Il est dans l’intérêt des entreprises que l’Europe fasse respecter l’universalité des droits humains »

Un collectif de signataires, parmi lesquels Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale des droits de l’homme, et la député européenne Eva Joly, dans une tribune au « Monde », appellent l’Union européenne à participer à la négociation en cours à l’ONU d’une régulation juridique de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h28
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Jeudi 8 mars, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a tenu une réunion consacrée entre autres au « traité sur les entreprises et les droits humains », en discussion depuis 2014 au sein d’un groupe de travail intergouvernemental placé sous les auspices du Conseil. Lors de la session la plus récente de ce groupe, qui s’est tenue à Genève en octobre 2017, les premiers éléments avaient été soumis aux délégations pour orienter les débats. L’Union européenne (UE) avait initialement refusé d’y prendre part. Elle a finalement accepté, à contrecœur.
Nous regrettons cette réticence. En tant qu’Européens, nous sommes profondément attachés au principe d’une UE dont les politiques externes sont fondées sur ses valeurs, notamment l’universalité et l’indivisibilité des droits humains et la promotion du multilatéralisme pour résoudre des problèmes communs. Il est dans l’intérêt de l’UE elle-même de contribuer aux négociations, pour plusieurs raisons.
« Plans de vigilance »
Premièrement, en refusant de s’engager de manière constructive, l’UE aura plus de mal, à l’avenir, à mobiliser des soutiens en faveur de ses propres priorités. Quand il s’agira de dénoncer les manquements des autres gouvernements, sa crédibilité sera considérablement ébranlée en raison de son attitude dans ce dossier.
Deuxièmement, les entreprises domiciliées dans l’UE sont déjà, de loin, les plus encadrées en matière de respect des droits humains, ce qui garantit qu’elles ne commettent pas de violations et ne deviennent pas complices de violations des droits humains.

Au niveau des Etats membres également, des progrès notables peuvent être notés : la France a montré l’exemple dans ce domaine, en adoptant en mars 2017 une loi qui oblige les sociétés d’une certaine taille à adopter des « plans de vigilance », notamment afin de garantir le respect des droits humains tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement.
Les Pays-Bas s’inscrivent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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« Plus de 500 municipalités s’opposent aux compteurs Linky »

Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h28
    |

                            Stéphane Lhomme (Directeur de l’Observatoire du nucléaire)








                        



                                


                            

Tribune. Vingt-six députés de La République en marche (LRM) ont publié une tribune favorable au déploiement par Enedis des compteurs communicants Linky (« Le Monde » du 2 mars 2018). Leurs arguments méritent d’être discutés… et même rectifiés.
En premier lieu, il faut noter que ce texte aligne les affirmations gratuites et les slogans creux, certains étant même scandés deux fois : « Les compteurs Linky sont un outil majeur au service de la transition énergétique », « Ils permettent de piloter plus efficacement le réseau », « Ils permettent aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation électrique » ou (encore !) « C’est une composante majeure de la transition énergétique »…
Un abonnement plus cher
Par ailleurs, les signataires avancent une étude qui assure que le Linky « pourrait permettre jusqu’à 23 % d’économies d’énergie » : on n’est pas loin du régime qui permet de « perdre 25 kg en 5 jours en mangeant à volonté ».

Mais il ne faut pas oublier que le distributeur Enedis est une filiale à 100 % d’EDF… qui vit en nous vendant de l’électricité et qui, déjà proche de la faillite, n’aurait assurément pas autorisé un programme sabrant ses rentrées financières. De toute façon, alors que le déploiement des Linky n’en est qu’à son début, il apparaît déjà un peu partout que, loin de permettre des économies, ces compteurs démultiplient beaucoup de factures et obligent de nombreux usagers à prendre un abonnement plus cher pour ne pas disjoncter continuellement.
Les députés LRM démontrent qu’ils sont autant « hors-sol » que leurs prédécesseurs en avouant d’abord qu’ils ne sont que des courroies de transmission au service de l’Elysée, promouvant « la transition énergétique promue actuellement au plus haut sommet de l’Etat français ». Mais le plus édifiant est qu’ils prétendent – peut-être le croient-ils vraiment ! – qu’« il n’existe pas de dysfonctionnement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Pinar Selek : « Le mouvement “#metoo” est un peu du “déjà-vu” en Turquie »

Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h00
    |

Pinar Selek (Sociologue-docteure en science politique, université Nice Sophia Antipolis)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, la fameuse action féministe #metoo a secoué plusieurs hommes de différents secteurs du pouvoir. Les nouvelles technologies de communication – les nouvelles ressources militantes de notre époque – ont joué un rôle important dans la libération et la diffusion des paroles des femmes. Ce mouvement est rapidement devenu non seulement populaire mais aussi transnational. S’il est le fruit des luttes féministes de longue date, il a suscité une revitalisation politique des mouvements féministes, généralement occidentaux.
L’autoritarisme rampant du régime islamo-conservateur met en place une politique de réislamisation de la société
Et la Turquie ? Celles ou ceux qui connaissent l’importance du mouvement féministe dans l’espace des luttes sociales de ce pays, se demandent comment les femmes en Turquie ont réagi à cette tempête ? La réponse est courte : le mouvement #metoo n’a pas eu un impact en Turquie.
Pourquoi ? Pouvons-nous expliquer cette situation avec la peur qui domine dans toute la société ? Les femmes n’ont pas osé révéler leurs expériences, parce qu’elles avaient peur ? Parce que le patriarcat en Turquie est plus fort qu’ailleurs ? Ce n’est pas si simple. L’exemple de Turquie, par sa complexité frappante, nous impose d’éviter des catégorisations classiques, mais de voir les liens entre plusieurs facteurs.
Nous parlons d’un contexte politique où règne la masculinité meurtrière qui se renforce avec la violence politique dans un climat de guerre. L’autoritarisme rampant d’un régime islamo-conservateur met en place, en parallèle aux mesures de plus en plus répressives, une politique de réislamisation de la société. Cela serait utopique, voire anodin, d’attendre que, dans ce contexte, un tel mouvement émerge ? Non, pas du tout, car aujourd’hui malgré le tableau général, le mouvement féministe constitue l’un des plus dynamiques en Turquie.
Radicalisme pragmatique
Apparu dans un climat de paralysie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Faute de propositions concrètes, le voyage du chef de la diplomatie de Donald Trump tourne à vide, selon l’ancien ambassadeur américain en République centrafricaine.
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Point de vue

Rex Tillerson en Afrique : « Une tournée d’excuses… et rien d’autre »

Faute de propositions concrètes, le voyage du chef de la diplomatie de Donald Trump tourne à vide, selon l’ancien ambassadeur américain en République centrafricaine.

Par                Jeffrey Hawkins



LE MONDE
              datetime="2018-03-12T15:25:26+01:00"

        Le 12.03.2018 à 15h25

     •
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        Mis à jour le 12.03.2018 à 15h51






    
Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avant son départ de l’aéroport Jomo-Kenyatta à Nairobi, le 12 mars 2018.
Crédits : Jonathan Ernst/AP


Tribune. Après l’Ethiopie, Djibouti, le Kenya, où il a annulé samedi un certain nombre de rencontres suite à un malaise, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson poursuit, lundi 12 mars, sa première visite en Afrique par le Tchad et le Nigeria. Voyage qui doit finalement être écourté d’une journée.
Même avant son départ, sa tournée en Afrique s’annonçait peu propice à une nette amélioration des relations entre Washington et ses partenaires africains. Plus d’un an après les élections aux Etats-Unis, le locataire de la Maison Blanche ne se penchait que rarement sur les questions africaines. Le président Donald Trump n’a eu qu’une seule réunion multilatérale avec des chefs d’Etats africains, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2017. Quant à son chef de la diplomatie, lui aussi n’avait organisé qu’une seule rencontre avec des Africains deux mois après. Ni l’un ni l’autre n’envisageait de faire de déplacement sur le continent. L’intérêt de l’administration Trump était clairement ailleurs.
De l’indifférence aux insultes
Et puis, au mois de janvier, on est passé d’une approche d’indifférence quasi totale vis-à-vis de l’Afrique à des insultes émanant directement du leader des Etats-Unis. Dans une conférence avec des membres du Congrès sur l’immigration, le président Trump a traité de « pays de merde » des partenaires africains d’où partaient des migrants pour les Etats-Unis et l’Europe. Il va de soi que ces propos ont été très mal reçus.
Il fallait donc faire quelque chose. Le président Trump avait beau ignorer l’Afrique, les enjeux pour les Etats-Unis y sont très importants, de la lutte contre le terrorisme à l’exploitation des riches ressources sous le sol africain. M. Trump a donc décidé d’envoyer son ministre en tournée d’excuses.

        Lire aussi :
         

                Rex Tillerson en tournée de rattrapage et d’explication sur le continent africain



Il y avait quelques torts individuels à réparer aussi, ce qui pourrait expliquer le choix de plusieurs pays sur l’itinéraire de M. Tillerson. Le Nigeria ? En juin, Donald Trump avait apparemment dit qu’une fois entrés aux Etats-Unis, les visiteurs nigérians « ne retourneraient jamais dans leurs huttes ». L’Union africaine (UA) ? Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, s’était rendu à Washington pour rencontrer M. Tillerson juste après sa prise de fonction, mais ce dernier avait annulé à la dernière minute le rendez-vous. Le Tchad ? Le pays, acteur clé pour la sécurité sous-régionale, avait subitement et apparemment sans explication préalable été inclus sur la liste noire des pays dont les ressortissants étaient provisoirement interdits du territoire américain par crainte d’attaque terroriste.
M. Tillerson avait donc du pain sur la planche. Mais, dès le début, le département d’Etat et le chef de la diplomatie américaine ont été clairs. Un voyage pour « promouvoir une relation importante ? » Certes. Une tournée pour « faire suite » à la rencontre entre Rex Tillerson et les leaders africains au mois de novembre 2017. Oui. Mais, comme l’a souligné un responsable du ministère dans un briefing avant le départ, il n’y aura pas de « deliverable ». Pas d’initiative nouvelle donc. Le secrétaire d’Etat partait en Afrique pour écouter ses interlocuteurs. Et certainement pas pour lancer une nouvelle politique régionale.
Rien de neuf
Le 6 mars, Rex Tillerson a prononcé un discours à Washington sur les relations entre l’Amérique et l’Afrique. Une belle occasion pour le ministre de remettre les choses à plat avant son départ, de montrer aux Africains que l’administration Trump cherchait à refonder les bases d’un engagement avec le continent.
S’il a annoncé le versement de 533 millions de dollars (432 millions d’euros) d’assistance humanitaire pour la Somalie, l’Ethiopie et l’Afrique centrale, dont les besoins sont criants, il ne parlait que de vieux programmes déjà en cours. Le Trans-Sahara Counter-Terrorism Partnership destiné à aider les pays du Sahel à combattre le terrorisme ? Cela date de l’administration Bush. Les autres formes d’assistance vantées par Rex Tillerson dans son discours ? AGOA, Power Africa, YALI, PEPFAR, initiatives pour promouvoir l’économie, la santé, et la jeunesse africaine, toutes ont été lancées sous les présidents Bush ou Obama. Rien de neuf.

        Lire aussi :
         

                « L’Afrique ne tiendra pas un rôle très important dans la politique étrangère de Trump »



Et son effort pour être « à l’écoute » des Africains ? Si M. Tillerson a dû annuler une partie de sa visite au Kenya, c’est parce qu’il est trop occupé à gérer des surprises « trumpiennes » : des tractations diplomatique avec la Corée du Nord ou l’annonce de nouvelles taxes jugées protectionnistes sur l’importation de l’acier et de l’aluminum.
Un président qui insulte des Africains. Une administration qui n’annonce rien de nouveau. Un secrétaire d’Etat tellement distrait par des questions internes qu’il n’arrive même pas à suivre son agenda sur le continent. Pas certain dans ces conditions que la « tournée d’excuses » porte de bons fruits.
Jeffrey Hawkins a été ambassadeur des Etats-Unis en République centrafricaine de 2015 à 2017. Il dirige aujourd’hui la Bibliothèque américaine de Paris.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien revient sur la comparaison, qu’il avait lui-même faite dans nos colonnes, entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Zeev Sternhell : « En Israël, il n’existe qu’une seule droite, la droite extrême nationaliste et raciste »

Dans une tribune au « Monde », l’historien revient sur la comparaison, qu’il avait lui-même faite dans nos colonnes, entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 16h03
    |

                            Zeev Sternhell (Historien)








                        



                                


                            
Dans ce texte, l’historien Zeev Sternhell répond au journaliste israélien Ben-Dror Yemini, auteur d’une tribune parue dans « Le Monde », elle-même en réponse à un point de vue du premier, paru également dans nos colonnes.
Tribune. Dans sa tentative de réponse à ma tribune du 18 février le journaliste Ben-Dror Yemini, depuis longtemps cheville ouvrière d’une propagande droitière naïve et grossière bien connue en Israël, a quand même raison sur un point important : voilà plus de quarante ans que je crains pour le sort de la démocratie israélienne et que je mets en garde mes compatriotes contre le pourrissement de notre société qu’engendrent nécessairement l’occupation, la colonisation et l’apartheid dans les territoires conquis en 1967.
La démocratie peut mourir lentement, en silence, sans tomber nécessairement dans un fracas de fin du monde
Il faut être aveugle pour ne pas voir la réalité : cette perception d’un avenir sombre me préoccupait dès avant la guerre du Kippour de 1973, mais l’accession de la droite au pouvoir en 1977 et les débuts de la colonisation à outrance qui, aujourd’hui, avec plus de 300 000 colons, est parvenue à découper la Cisjordanie en peau de léopard m’ont convaincu que j’assistais à un processus que je craignais plus que tout : la lente agonie du sionisme des fondateurs.
J’avoue être assez fier de mes articles des années 1970 et 1980 : je voyais alors se dessiner un processus long, lent et continu de détérioration de la démocratie israélienne, je voyais venir le début de la fin d’un nationalisme juif qui pouvait avoir été de droite mais à facette libérale ou de gauche avec une vague coloration socialisante.

C’est ce nationalisme-là qui fut le fondement d’Israël à sa naissance et qui permit, en dépit de ses imperfections et de ses faiblesses, d’édifier la démocratie libérale et d’assurer l’égalité juridique et politique de tous les citoyens, et donc de la minorité arabe. C’est ce...




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Résonance. Dès ses origines, l’enseignement supérieur a affirmé avec force, face aux papes et aux princes, son autonomie et la liberté de ses recherches. La communauté universitaire pourrait s’inspirer de ce passé pour les transformations profondes qui s’annoncent.
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Les leçons toujours actuelles de l’université médiévale

Résonance. Dès ses origines, l’enseignement supérieur a affirmé avec force, face aux papes et aux princes, son autonomie et la liberté de ses recherches. La communauté universitaire pourrait s’inspirer de ce passé pour les transformations profondes qui s’annoncent.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 14h40
    |

                            Claire Judde de Larivière








                        



                                


                            
Il aura suffi de 49 députés, moins d’un dixième de l’Assemblée nationale, pour adopter définitivement, le 15 février, la loi « orientation et réussite des étudiants ». Quelques semaines d’un débat peu suivi et sans éclat, pour mettre en place une réforme de l’université qui a pris de court les enseignants comme les étudiants, présents et à venir.
Car, que l’on soit d’accord ou non avec les intentions de la nouvelle législation, on ne peut que se désoler de l’absence de discussions préalables et du fait que les établissements aient été contraints d’organiser la mise en place de ­Parcoursup avant même le vote de la loi. De telles méthodes sont en rupture majeure avec les principes mêmes de ce qu’est l’université.
Car l’institution a une histoire longue, que ses membres aiment à rappeler, dans un récit des origines qui tient encore lieu d’une identité commune, en partie mythifiée. L’université est en effet une invention médiévale, apparue entre les XIIe et XIIIe siècles dans différentes villes d’Europe. Universitas, « communauté » en latin, ne qualifie pas seulement à l’époque ces regroupements de maîtres et d’élèves, mais de nombreuses autres associations rassemblant des personnes aux intérêts communs, liées par un serment et jouissant de droits collectifs. A Bologne, Oxford ou Paris, c’est sur ce principe que se rassemblent des enseignants et leurs étudiants, une petite révolution par rapport à l’ordre féodal et à la tradition de l’Eglise.
Autonomie et liberté des enseignements
Car voilà en effet des hommes qui, sans être nécessairement ecclésiastiques, revendiquent comme seules activités celles de penser, d’écrire et de transmettre le savoir, en affirmant avec force leur autonomie et la liberté de leurs enseignements. Pour autant, l’institution s’intègre parfaitement dans le contexte politique, économique et culturel de l’époque, en même temps qu’elle est étroitement liée aux pouvoirs des princes et de l’Eglise....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le ministre de l’économie et des finances dévoile ses arbitrages sur l’objet social des entreprises, enjeu de la future loi Pacte.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Bruno Le Maire : « Ne dilapidons pas le résultat de nos efforts »

Le ministre de l’économie et des finances dévoile ses arbitrages sur l’objet social des entreprises, enjeu de la future loi Pacte.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 14h46
    |

            Elise Barthet, 
Benoît Floc'h et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

A quelques jours de l’envoi au Conseil d’Etat du projet de loi « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte) sur les entreprises, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, dévoile au Monde les arbitrages rendus sur la place de l’entreprise. Il ferme la porte à toute redistribution des surplus fiscaux issus de la croissance.

Vous avez commandé au patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, et à l’ancienne secrétaire général de la CFDT, Nicole Notat, un rapport sur l’entreprise. Qu’en retient le gouvernement ?
Bruno Le Maire : Le président de la République l’a dit à plusieurs reprises durant sa campagne : pour être profitables, les entreprises ne peuvent plus se détourner des enjeux sociaux et environnementaux. C’est une demande des consommateurs et des citoyens comme des investisseurs. Nous proposerons donc dans Pacte une modification du code civil. Nous donnerons également la possibilité aux entreprises qui le souhaitent de se fixer des objectifs sociaux et environnementaux et de les retranscrire dans leurs statuts.

C’est un vrai choix de rupture. Aucune entreprise ne peut plus envisager son succès et son profit sans considérer les impacts de son activité. La modification du code civil, socle de notre droit depuis plus de deux cents ans, sera aussi dans l’intérêt des entrepreneurs.
Ces évolutions ne vont-elles pas entraîner, comme le craignent les organisations patronales, une explosion des contentieux ?
Nous avons entendu les inquiétudes. Nous serons vigilants pour que la rédaction retenue n’introduise pas d’insécurité juridique.
Qu’est-ce que ça va changer concrètement ?
Nous affirmons haut et fort que les entreprises doivent participer au bien commun. C’est une modernisation essentielle du capitalisme français. Celui-ci ne doit pas se limiter à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. L’annonce d’une prochaine rencontre entre le leadeur nord-coréen et le président américain est à prendre avec prudence.
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Kim Jong-un et Donald Trump, le sommet des ego

Editorial. L’annonce d’une prochaine rencontre entre le leadeur nord-coréen et le président américain est à prendre avec prudence.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h53
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le sommet Trump-Kim aura-t-il lieu ? Quatre jours après l’annonce aussi tonitruante qu’extravagante de l’acceptation par le président des Etats-Unis d’une rencontre avec le dictateur de Corée du Nord, nul n’est capable de le prédire. Compte tenu de la personnalité des deux protagonistes, ce coup de théâtre diplomatique peut se traduire aussi bien par un succès retentissant que par un désastreux fiasco.
Résumons les faits. Dans son message de Nouvel An, le Nord-Coréen, Kim Jong-un, fait passer derrière sa rhétorique guerrière habituelle un message d’ouverture à l’égard de la Corée du Sud. A Séoul, le nouveau président Moon Jae-in n’attend que cela : il est partisan de la détente avec Pyongyang. En février, les Jeux olympiques d’hiver en Corée du sud servent de tremplin à ce dialogue. Début mars, les émissaires du président Moon se rendent à Pyongyang, où ils sont reçus par Kim, qui leur fait part de son souhait de rencontrer le président Moon en avril, puis le président Trump pour parler de la dénucléari­sation de la péninsule. Les émissaires vont à Washington transmettre le message. Donald Trump les reçoit ­immédiatement et accepte, le jour même, la proposition de Kim Jong-un ainsi relayée – une première dans l’histoire – prenant de court ses propres ministres et conseillers.
Obtenir un allégement des sanctions
A quoi attribuer ce changement de pied nord-coréen ? « A moi », a répondu Donald Trump. Il n’est pas impossible, en effet, que la manière forte pratiquée à Washington, mélange de menaces, de fermeté et de sanctions de l’ONU, à l’égard de Pyongyang ait fini parfaire réfléchir la Corée du Nord. Il est également probable que, une fois son programme nucléaire militaire mené à bien, Kim Jong-un souhaite à présent installer une trêve pour s’attaquer à la situation économique de son pays et obtenir un allégement des sanctions.

        Lire aussi :
         

                La proposition de rencontre de Kim Jong-un, un indéniable succès pour Donald Trump



La majorité des experts de la crise nord-coréenne, défi pour la région et la diplomatie américaine depuis trois décennies, conseillent néanmoins la plus grande prudence. Ils font valoir que l’annonce de ce sommet permet déjà à Pyongyang de marquer un point capital, celui de placer sur un pied d’égalité le jeune dictateur du pays le plus fermé du monde, héritier d’une dynastie de tyrans, qui a acquis l’arme nucléaire en dépit de touts les mises en garde de l’ONU, et le président élu de la première puissance militaire mondiale.
Prudence et trumpisme, toutefois, ne font pas bon ménage. M. Trump n’a pour l’instant demandé aucune contrepartie aux Nord-Coréens en échange de ce cadeau. Il compte sur son talent personnel pour le « deal ». Il lui reste deux mois, à lui et à ses équipes, pour mettre sur pied une stratégie pour l’instant totalement inexistante, la coordonner avec celle de l’allié sud-coréen qui, avec le président Moon, a pris les devants sur Washington, et ménager l’anxiété de l’autre grand allié dans la région, le Japon. En diplomatie, deux mois, pour une négociation pareille, c’est très peu. Au poker, tout est possible. Bienvenue dans le monde de Donald Trump.

        Lire aussi :
         

                Nucléaire coréen : que faut-il attendre de la rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Analyse. Pour l’éditorialiste Michel Noblecourt, si l’ancienne formation majoritaire, édifice en ruine, se dotera bien d’un nouveau « patron » – au plus tard le 29 mars –, elle restera un parti sans identité.
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PS, la refondation déjà en panne

Analyse. Pour l’éditorialiste Michel Noblecourt, si l’ancienne formation majoritaire, édifice en ruine, se dotera bien d’un nouveau « patron » – au plus tard le 29 mars –, elle restera un parti sans identité.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h30
    |

            Michel Noblecourt (Editorialiste)








                        



                                


                            

Analyse. Jeudi 15 mars, les 102 000 militants du Parti socialiste – selon des chiffres officiels très surestimés – sont invités à voter pour élire le premier secrétaire qui prendra les commandes au congrès d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les 7 et 8 avril. Rachid Temal, le coordinateur du PS, attend 30 000 votants, espérant sans doute que ce chiffre sera dépassé grâce à l’événement médiatique qui s’est produit mercredi 7 mars. Ce soir-là, pendant plus d’une heure et demie, les quatre postulants à la direction de l’ancienne formation majoritaire – Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel – ont débattu de l’avenir du parti d’Epinay.
En cinq ans, sous le quinquennat de François Hollande, le parti a été siphonné électoralement
Une première qui n’a pas répondu aux attentes. Le PS est sinistré. En 2012, il détenait tous les pouvoirs : l’Elysée, Matignon, l’Assemblée nationale, le Sénat, la quasi-totalité des régions, la majorité des départements et des grandes villes. En cinq ans, sous le quinquennat de François Hollande, il a été siphonné électoralement. En ruine, il a tout perdu. Inaudible, invisible, il risque d’être aspiré sur la même pente que le Parti communiste s’il ne se refonde pas d’urgence. C’est l’enjeu du congrès d’Aubervilliers, qui devrait être une première étape.

Les quatre aspirants au poste de « patron » du PS ont eu un débat à fleurets mouchetés, ne gommant pas leurs différences, mais évitant l’affrontement direct. Relancés fréquemment sur l’inventaire du quinquennat de M. Hollande, ils ont été interrogés comme s’ils étaient candidats à la présidence de la République. Ils ont ainsi déballé leurs programmes sur l’écologie, la laïcité, la fonction publique, la limitation de vitesse à 80 kilomètres/heure, le smic et le pouvoir d’achat, la fortune de Bernard Arnault, le statut des cheminots, la fiscalité, les lois sur le travail, l’immigration.
Stéphane Le Foll, grognard de la Hollandie
Ils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Tandis que l’armée de Bachar Al-Assad bombarde la Ghouta, la communauté internationale, reste impassible. Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Subhi Hadidi, le politiste Ziad Majed et l’éditeur Farouk Mardam Bay estiment que la paix est impossible tant que les bourreaux ne sont pas punis.
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« Que cesse l’impunité en Syrie »

Tandis que l’armée de Bachar Al-Assad bombarde la Ghouta, la communauté internationale, reste impassible. Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Subhi Hadidi, le politiste Ziad Majed et l’éditeur Farouk Mardam Bay estiment que la paix est impossible tant que les bourreaux ne sont pas punis.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 08h06
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 13h50
    |

Subhi Hadidi (Ecrivain), Ziad Majed (Politiste) et Farouk Mardam Bey (Editeur)







                        



                                


                            

Tribune. Après tant et tant de villes et de villages en Syrie, la Ghouta orientale, aux portes de Damas, subit un implacable siège et de furieux bombardements, y compris avec des armes non conventionnelles, ne laissant aux 350 000 habitants qui y résident toujours que ce choix, clairement exprimé par le régime de Bachar Al-Assad et ses protecteurs russes et iraniens : mourir ou partir.
Mais partir où, sinon vers d’autres localités aussi ravagées, où ils seront de nouveau à la merci des barils d’explosifs, à l’instar des millions de Syriens démunis qui les ont précédés après avoir été sommés comme eux de choisir entre la mort et la déportation.
Partir pourquoi, sinon pour qu’ils soient dépossédés du peu qu’ils possèdent et humiliés, et que s’installe à leur place une population de rechange, une colonie étrangère et/ou docile. Ainsi serait achevée la vaste opération de « nettoyage » confessionnel et/ou social à laquelle on assiste depuis quelques années, de Homs à Alep en passant par la Ghouta, afin que la dynastie des Assad soit en mesure de gouverner éternellement la Syrie dite « utile ».
Sous l’aile protectrice de l’Iran et de la Russie
Or la « communauté internationale » semble résignée à ce scénario monstrueux. Les « lignes rouges « qu’elle a tracées, interdisant l’usage des armes chimiques, sont allégrement franchies sans qu’elle s’en émeuve. Les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptées pourtant au prix de concessions faites à la Russie et à la Chine pour éviter leurs veto, sont violées aussitôt votées. Le lendemain même de l’adoption de la dernière, l’offensive contre la Ghouta s’est poursuivie sous un flot de déclarations mensongères, et les aviations syrienne et russe s’acharnent depuis lors à détruire ce qui ne l’a pas encore été, visant en particulier les hôpitaux et les dispensaires, les écoles et les marchés, afin de rendre toute vie impossible.
Il est illusoire de croire qu’une véritable...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Deux ouvrages racontent la « grande catastrophe » qu’a connue le Japon en 2011. L’un décrit l’apocalypse à travers le regard de survivants, l’autre livre le témoignage du dirigeant de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.
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Retours à Fukushima, sept ans après

Deux ouvrages racontent la « grande catastrophe » qu’a connue le Japon en 2011. L’un décrit l’apocalypse à travers le regard de survivants, l’autre livre le témoignage du dirigeant de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 12h02
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Livres. Le 11 mars, le Japon a commémoré le septième anniversaire de la « grande catastrophe » de 2011. Une double catastrophe comme on le sait. D’abord, le séisme de magnitude 9, le plus violent jamais mesuré dans l’Archipel, suivi d’un tsunami – une vague culminant à trente-six mètres de hauteur –, qui dévastèrent la côte est de l’île de Honshu, faisant, selon le dernier bilan officiel, 18 500 morts et disparus.
Ensuite, l’accident, le plus grave de l’histoire de l’atome civil après celui de Tchernobyl en 1986, qui mit en pièces la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, où les cœurs de trois réacteurs entrèrent en fusion, recrachant des nuages de particules radioactives qui ont contaminé la région pour des décennies.
Deux ouvrages, en librairie le 7 mars, nous ramènent aujourd’hui sur les lieux de la tragédie, le premier parmi les corps et les esprits broyés par le cataclysme, le second dans les entrailles de la centrale nucléaire en perdition. Deux livres d’une facture très différente mais qui, l’un et l’autre, plongent le lecteur dans l’effroi.
C’est à la première catastrophe, le « super-tsunami », « O-tsunami » en japonais, que s’attache le récit du journaliste Richard Lloyd Parry, correspondant du Times à Tokyo. Les Fantômes du tsunami, fruit de six ans d’enquête, a pour épicentre l’école primaire d’un village où périrent soixante-quatorze enfants et dix de leurs enseignants. Le matin de ce vendredi-là, ils avaient quitté leurs proches sur la formule rituelle « itte kimasu », « je pars et je reviendrai », et s’étaient vu répondre « itte rasshai », « pars pour revenir ». Aucun ne tint promesse, emporté par une déferlante en forme d’« animal affamé ».
Témoignages pudiques et réalisme cru
Mêlant témoignages intimes empreints de pudeur et descriptions d’un réalisme cru, l’auteur rapporte des scènes cauchemardesques. Un grand-père remuant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde » , 85 parlementaires s’opposent à la récente proposition de 156 députés de modifier la législation concernant la fin de vie et dénoncent les risques d’une « médecine eugénique ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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« Ouvrir la porte à la légalisation de l’euthanasie, n’est-ce pas encourager cette pratique ? »

Dans une tribune au « Monde » , 85 parlementaires s’opposent à la récente proposition de 156 députés de modifier la législation concernant la fin de vie et dénoncent les risques d’une « médecine eugénique ».



Le Monde
 |    12.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 12h14
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

[Dans une tribune publiée par Le Monde (daté 1er mars), 156 députés d’horizons différents plaidaient pour « donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et de leur destin » ­et annonçaient vouloir légiférer sur ­le sujet cette année. A leurs yeux, il faut aller plus loin que la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui a « surtout transcrit dans la loi ce qui était déjà acquis par voie réglementaire ». Des parlementaires et des soignants leur répondent.]
Tribune. La tribune parue dans Le Monde (du 1er mars) signée par 156 députés, appelant à une modification de la loi en faveur de la légalisation de l’euthanasie, interpelle. Si, bien sûr, tout le monde est d’accord sur le droit de mourir dans la dignité et dans le moins de souffrance possible, la ligne de démarcation sur la nécessité de légiférer sur l’euthanasie et/ou le suicide assisté pose question.
Tout d’abord, alors que la loi Claeys-Leonetti est à peine mise en œuvre, mal connue et a fortiori non encore évaluée, cela soulève le problème de l’insuffisance des soins palliatifs, pour ne pas parler de grande misère.

C’est pourquoi, disons-le clairement, ouvrir la porte à la légalisation de l’euthanasie, n’est-ce pas un encouragement de cette pratique, dans une société de plus en plus déshumanisée, hygiéniste, qui rejette la mort, devenue indécente, tel un dernier tabou ? Il s’agirait donc de trouver une solution expéditive à une vie qui serait tout à coup devenue inutile. Quant au fait d’affirmer que c’est une liberté à conquérir, cela nous paraît exactement le contraire. Vouloir une loi, donc un cadre normatif, pour la fin de vie, c’est alimenter un « bio-pouvoir », une société de contrôle, que décrivait Michel Foucault dans les années 1970 et qui s’intéresse moins à la mort de l’individu qu’à la mortalité comme valeur statistique : « Le pouvoir laisse tomber la mort », énonçait déjà Michel Foucault...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pour faire valoir les droits des Etats-Unis sur le marché de l’acier, le président américain a préféré déclencher une guerre commerciale plutôt que de se tourner vers l’Organisation mondiale du commerce. Pas sûr qu’il en sorte vainqueur, souligne dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
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« Trump privilégie les duels version western spaghetti au détriment du droit international »

Pour faire valoir les droits des Etats-Unis sur le marché de l’acier, le président américain a préféré déclencher une guerre commerciale plutôt que de se tourner vers l’Organisation mondiale du commerce. Pas sûr qu’il en sorte vainqueur, souligne dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 07h47
    |

            Stéphane Lauer (Editorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique Donald Trump a-t-il déjà entendu parler de Donawitz ? C’est dans cette petite ville de Styrie, située en plein cœur du berceau sidérurgique de l’empire austro-hongrois, qu’au début du XXe siècle se situait la plus grande usine d’acier d’Europe. La bourgade a même donné son nom au procédé d’affinage de la fonte en fusion, qui est aujourd’hui utilisé pour les deux tiers de la production mondiale d’acier. Comme les autres bassins sidérurgiques européens ou américains, Donawitz a été frappée de plein fouet par la crise des années 1980, avant de renaître de ses cendres grâce à sa reconversion dans les aciers spéciaux.
Avant d’annoncer des taxes de 25 % sur les importations américaines d’acier pour ramener les emplois dans le Midwest, le président états-unien aurait dû s’intéresser à ce qui se passe à Donawitz, où le groupe Voestalpine a récemment ouvert une unité de production capable de produire annuellement 500 000 tonnes de fils d’acier pour l’automobile, avec seulement 14 employés. Une usine similaire dans les années 1960 aurait nécessité la présence d’un millier de salariés. L’acier comme industrie de main-d’œuvre, il faut oublier, expliquait il y a quelques mois le directeur de Voestalpine, Wolfgang Eder, à l’agence de presse Bloomberg. « A long terme, nous perdrons la plupart des ouvriers traditionnels, des gens qui font le sale boulot dans les hauts-fourneaux. »

Il se trouve que ceux qui font le « sale boulot » en Pennsylvanie ou dans l’Ohio constituent le cœur de l’électorat de M. Trump. Il a conquis leur vote en promettant que les embauches reprendraient en mettant fin à la concurrence déloyale des pays à faibles coûts de production, comme la Chine. Sur ce point précis, le président américain a raison. La surproduction chinoise a déstabilisé le marché mondial de l’acier et il est nécessaire d’y remédier. En revanche, les taxes à l’importation risquent de faire des déçus dans le Midwest.
Le...



                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Marine Le Pen propose que le FN devienne le Rassemblement national, un nom qui a déjà un long et sombre passé, explique l’historienne Valérie Igounet dans une tribune au « Monde ».
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« Le Front national ne s’affranchit en aucun cas de son histoire »

Marine Le Pen propose que le FN devienne le Rassemblement national, un nom qui a déjà un long et sombre passé, explique l’historienne Valérie Igounet dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 13h05
    |

Valérie Igounet (historienne, co-directrice de l’Observatoire du conspirationnisme)







                        



                                


                            

Tribune. Certaines appellations peuvent susciter l’étonnement. Dimanche 11 mars, Marine Le Pen a annoncé le nouveau nom de son parti (qu’elle soumet au vote des adhérents) : le Rassemblement national (RN). Un terme – « rassemblement » – qui se substitue à celui de « front »… et un autre qui reste en place : « national ». Le logo perdure : la flamme bleu-blanc-rouge, adoptée à la création du mouvement et inspirée de celle du parti néofasciste italien, le Movimento sociale italiano (MSI).
Le « nouveau » parti lepéniste ne s’est donc défait que partiellement d’une dénomination, d’une image et d’une histoire. Lors de son discours de clôture, Marine Le Pen a apporté un début d’explication : le « nom Front national est porteur d’une histoire épique et glorieuse que personne ne doit renier, mais (…) il est pour beaucoup de Français (…) un frein psychologique pour nous rejoindre ou plus simplement pour voter ». La présidente de ce qui est encore le FN met donc en adéquation ce « rassemblement » avec l’espoir d’une renaissance, concrétisée par ce congrès de la « refondation ». Ce dernier a été présenté comme un « tournant de l’histoire du mouvement » et ses trois axes annoncés : s’implanter, s’allier et gouverner.
Rassemblement national… Ces deux termes accolés ont déjà une histoire. En premier lieu, ils ont été choisis – assortis d’un troisième – par Marcel Déat en 1941. Pendant l’Occupation, le Rassemblement national populaire (RNP) affiche comme objectif de devenir le parti unique du régime de Vichy. En 1954, ils désignent le parti de Jean-Louis Tixier-Vignancour… candidat à la présidentielle de 1965 avec comme directeur de campagne Jean-Marie Le Pen. Lors des législatives de mars 1986, les listes dans les différents départements sont bouclées sous le nom de « Listes du Rassemblement national présentées par le Front national ».

Bruno Mégret rêvait de cette grande structure de rassemblement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’ancien chef de l’Etat sort de sa réserve et s’inquiète de l’évolution de la situation en Syrie.
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François Hollande : « Quel est cet allié turc qui frappe nos propres alliés? »

Dans un entretien au « Monde », l’ancien chef de l’Etat sort de sa réserve et s’inquiète de l’évolution de la situation en Syrie.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 11h52
    |

            Marc Semo et 
                                Allan Kaval








                        



                                


                            

La progression des forces turques contre les Kurdes d’Afrin et l’intensification de l’offensive du régime syrien dans la Ghouta orientale, près de Damas, où ses forces ont isolé la ville de Douma, ont incité François Hollande à sortir de la réserve qu’il s’était imposée depuis son départ de l’Elysée, à propos des questions internationales.
Pourquoi avez-vous décidé de sortir du silence sur la tragédie syrienne ?
Je me sens à la fois solidaire et responsable. Solidaire parce que je n’oublie pas ce que les Kurdes ont pu faire en un moment extrêmement difficile pour permettre à la coalition de chasser Daech de Rakka et au-delà. Il n’est pas possible de célébrer la libération d’une partie de la Syrie et de laisser mourir des populations entières dont on sait qu’elles ont joué un rôle déterminant pour arriver à ce résultat.
Mais je me sens également responsable pour la Ghouta. Je n’avais pas été l’auteur de la fameuse « ligne rouge ». C’est Barack Obama qui l’avait définie à propos de l’utilisation des armes chimiques. En août 2013, les Etats-Unis, après un bombardement au gaz sarin par le régime [de Damas] dans la Ghouta orientale, plutôt que mener des frappes militaires, avaient préféré négocier avec les Russes et la communauté internationale la destruction de l’arsenal chimique du régime. Nous les avions suivis.
Bachar Al-Assad a néanmoins gardé de telles armes et il n’hésite pas à continuer à y recourir, même s’il le fait de façon plus discrète et donc plus pernicieuse encore. La Russie, elle, est toujours là pour bloquer aux Nations unies des enquêtes pouvant déboucher sur des sanctions. Elle est toujours là aussi pour empêcher que des résolutions soient votées au Conseil de sécurité, ou faire en sorte qu’elles demeurent lettre morte.
Que serait-il possible de faire ?
Je ne veux pas compliquer un jeu qui l’est déjà beaucoup. Mais je pense que les puissances démocratiques –...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Rapport d’étonnement. Au sein du Center for Humane Technology, d’anciens employés et dirigeants d’entreprises high-tech dénoncent les dangers des « technologies addictives ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Sus aux pirates de nos esprits !

Rapport d’étonnement. Au sein du Center for Humane Technology, d’anciens employés et dirigeants d’entreprises high-tech dénoncent les dangers des « technologies addictives ».



Le Monde
 |    11.03.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
« Lâche ton téléphone et reviens à ta vie. » C’est la devise de l’application gratuite Moment, qui propose de minuter le temps d’utilisation du portable. Essayez pour voir ! C’est effrayant, le nombre d’heures qu’on passe l’œil rivé sur « cet écran où s’agitent des insectes » – comme disait Federico Fellini des premières télévisons. Utiliser Moment, mesurer le temps considérable passé collé à son téléphone est une des manières concrètes, parmi beaucoup d’autres, de « prendre le contrôle de son téléphone et de sa vie ». L’expérience est fortement conseillée par le Center for Humane Technology, un think tank lancé début février par d’anciens employés et dirigeants d’entreprises high-tech, préoccupés par la façon dont les nouvelles technologies « piratent nos esprits ».
Voler notre temps
Ce centre a été fondé par un ancien « philosophe produit » de Google, Tristan Harris, qui, en décembre 2015, quittait l’entreprise de Mountain View pour créer une association dont le nom claque comme un manifeste : Time Well Spent, « temps bien employé ». Rapidement, Harris fait connaître ses idées par des conférences TED et sur le magazine télévisé de CBS « 60 Minutes » : les ingénieurs et les concepteurs des technologies et des réseaux ne cherchent plus à nous rendre service et à nous faciliter l’existence, mais à nous rendre « accros » à leurs produits et à « voler notre temps ». Ils sont décidés à forcer notre esprit de se détourner de ses centres d’intérêt primordiaux.
Très inquiet, Harris compare les portables, avec leurs touches colorées et leurs incessantes offres et tentations, aux « machines à sous » des casinos : ce sont des « technologies addictives », comme le confirme l’anthropologue culturelle Natasha D. Schüll, auteure d’Addiction by ­Design (Princeton University Press, 2012), qui a rejoint le Center for Humane Technology.
Le mouvement lancé par Harris a pris de l’ampleur....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les alertes et pastilles apparaissant sur les téléphones sont assez peu encadrées, symbole de l’absence de consensus sur la question de l’attention des utilisateurs.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’impressionnante pugnacité de Nétanyahou, de crise en crise, ne peut être comprise sans un retour sur ses années d’opérations au sein des forces spéciales israéliennes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le nouveau numéro de la revue « Cités » offre un panorama intéressant des griefs soulevés par ce domaine d’études.
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Le postcolonialisme critiqué en nuances

Le nouveau numéro de la revue « Cités » offre un panorama intéressant des griefs soulevés par ce domaine d’études.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 11h31
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Vingt ans après l’introduction en France des premiers textes issus des études postcoloniales, il est possible de faire paraître un numéro de revue ouvertement critique, mais qui cherche la nuance plutôt que la polémique. C’est l’heureuse découverte que l’on fait en ouvrant le nouveau numéro de la revue Cités. A l’exception d’un texte accrocheur et très engagé du sémanticien François Rastier, mais sur un sujet un peu périphérique (« Sur l’interprétation postcoloniale du terrorisme islamiste »), les articles rassemblés par le philosophe Christian Godin discutent plus qu’ils n’accusent le postcolonialisme. Certains de ses représentants français, comme les historiens Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, sont même invités à intervenir – et concluent que la France est entrée « dans un moment de déploiement de la pensée ­post­coloniale ».
Puissance de ­l’occidentalocentrisme
Dans l’ensemble, si le dossier ne renouvelle pas les enjeux, il offre des articles accessibles qui permettent de se faire une idée des griefs soulevés par les études postcoloniales. Ce courant d’études littéraires, né dans les universités anglo-saxonnes au tournant des années 1980, avait l’ambition non seulement de prendre la domination coloniale comme objet d’enquête, mais aussi de remettre en cause la coupure entre l’avant et l’après de la colonisation, de questionner la puissance de ­l’occidentalocentrisme dans nos représentations et de lutter contre la « violence épistémique » qui consiste, en retour, à mettre l’autre dans les catégories réifiantes.
Prenant soin de séparer, à l’intérieur du champ postcolonial, les « modérés » et les « maximalistes », Christian Godin liste les dangers menaçant ce qu’il appelle une « idéologie » : ­l’anti-universalisme (car la notion d’universel est occidentale), l’essentialisation (qui se repère dans le fait qu’un Européen est toujours suspect de ne pas être vraiment anticolonialiste) et surtout son impossible...




                        

                        


<article-nb="2018/03/12/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Faut-il légiférer sur la propagation des fausses informations, comme l’envisage le gouvernement ? Le sociologue Romain Badouard analyse le phénomène.
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« Les “fake news” expriment une défiance à l’égard des élites »

Faut-il légiférer sur la propagation des fausses informations, comme l’envisage le gouvernement ? Le sociologue Romain Badouard analyse le phénomène.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 15h40
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Romain Badouard, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Cergy-Pontoise, est l’auteur du Désenchantement de l’Internet. Désinformation, rumeur et propagande (FYP éditions, 2017)
On oublie de se poser une question sur les « fake news » : ceux qui les font circuler y croient-ils ?
La sociologie des rumeurs, nous apprend que les individus qui les partagent n’y croient pas forcément dur comme fer ; en revanche, ils adhèrent à la vision du monde qu’elles colportent. Or, ce qui caractérise le phénomène des « fake news », outre l’industrialisation de leur production afin de générer des revenus publicitaires sur les réseaux sociaux, c’est leur utilisation à des fins de propagande politique. Aux Etats-Unis comme en France, des réseaux organisés, le plus souvent situés à l’extrême droite du spectre politique, mettent en circulation de fausses informations qui nourrissent un véritable discours politique – clairement antisystème et xénophobe.
Or, si ces fausses informations ont un tel succès (elles peuvent être partagées des dizaines, voire des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux), c’est qu’elles expriment une défiance à l’égard des élites politiques, médiatiques et intellectuelles. En ce sens, les « fake news » peuvent aussi être comprises comme le véhicule des indignations ordinaires d’une partie toujours croissante de la population.
De quoi ces circulations de fausses nouvelles sont-elles politiquement le symptôme ?
Elles sont un nouvel indicateur d’un phénomène plus ancien et plus profond, celui de la crise de confiance politique qui affecte la plupart des démocraties occidentales. Lorsque l’on observe le contenu des fausses nouvelles, on voit que l’impôt et la mauvaise gestion de l’argent public sont des thèmes récurrents. On y parle beaucoup du sentiment d’injustice ressenti par une partie importante de la population. Ces « fake...




                        

                        

