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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans une note confidentielle, l’IGAENR s’inquiète des écueils liés à l’examen des candidatures dans les universités.
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L’Inspection générale alerte sur « les difficultés philosophiques ou techniques » de Parcoursup

Dans une note confidentielle, l’IGAENR s’inquiète des écueils liés à l’examen des candidatures dans les universités.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 18h02
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



   


La loi est promulguée, mais la partie n’est pas gagnée. Dans une note de suivi de la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, que Le Monde s’est procurée, l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) met en garde contre une loi qui « pose des difficultés philosophiques ou techniques liées à l’examen des candidatures ».
Dans ce document présenté le 6 mars aux recteurs d’académie, les inspecteurs généraux relèvent que « dans beaucoup d’établissements visités, les procédures d’examen des candidatures sont loin d’être formalisées » et que « certains établissements ou communautés universitaires affichent une opposition ou une réserve à l’idée d’examiner et de classer des candidatures ». L’association des enseignants-chercheurs en sociologie, l’ASES, fait d’ailleurs état, au 7 mars, d’une dizaine de départements de sciences humaines qui ont décidé collectivement de ne pas siéger dans les futures commissions d’examen des dossiers des étudiants.
Peu d’universités intègrent le « oui si »
Face à ces difficultés, l’IGAENR recommande aux ministres de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale d’« intensifier la communication et l’accompagnement de la prise en main de l’outil d’aide au traitement des dossiers de candidature par les établissements » mis au point par leur administration.
La note des inspecteurs généraux pointe un autre écueil : « Peu d’universités intègrent à ce stade la dimension “réussite des étudiants” dans la procédure d’accord conditionnel concrétisé par les “oui si” » ouvrant la voie à un accompagnement pédagogique du candidat. Les raisons évoquées par les établissements pour expliquer « le peu d’intérêt qu’ils portent » à la mesure sont diverses : « Absence de véritable tension sur les filières », « insuffisance de financement de la réforme et délais de mise en œuvre », mais aussi « prudence ou attentisme des équipes de direction » dans un contexte d’« interprétation sélective de la réforme ».
La tendance est donc à se contenter de maintenir les dispositifs de remédiation déjà existants même si « quelques initiatives intéressantes émergent », ajoute l’IGAENR, qui souligne l’intérêt des MOOC pour accompagner les étudiants, que les universités auraient décidé d’accepter, sous condition.
Appel à la vigilance des rectorats
Quant à la possibilité d’intégrer des attendus locaux – les compétences nécessaires à l’entrée des différentes filières, fixées au niveau national par la nouvelle loi –, et de donner des éléments d’appréciation des dossiers dans Parcoursup, elle donne lieu à des pratiques très différentes. « Certaines universités ont exclu la prescription d’attendus locaux, tandis que d’autres ont laissé la possibilité à leurs composantes d’en décider », constatent les inspecteurs généraux.
Si le plus souvent les attendus locaux reprennent sous une autre forme les attendus nationaux, « quelques-uns les durcissent, font référence à des filières du baccalauréat ou se confondent avec les éléments d’appréciation des dossiers », alerte la note. Devant l’hétérogénéité des situations, l’IGAENR préconise de « renforcer la vigilance des rectorats sur la nature des informations » données dans ce cadre.

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En termes d’augmentation des capacités d’accueil, « l’effort a été bien plus soutenu en BTS qu’en CPGE », relèvent les inspecteurs généraux, qui encouragent à mener la réflexion sur la carte des BTS entre académies, et ce « à l’échelle de la région académique, pour favoriser la mobilité des étudiants ».
Pour ce qui est de la situation spécifique de l’Ile-de-France, l’IGAENR recommande d’accentuer la concertation entre les recteurs des trois académies franciliennes (Paris, Versailles et Créteil) et les présidents d’université concernés afin de « définir des quotas d’accueil de bacheliers hors académie qui ne désavantagent pas tel ou tel type d’établissement intra-muros ou périphériques et d’organiser une commission d’examen des bacheliers sans affectation qui prenne en compte l’ensemble du territoire ».

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L’Inspection regrette enfin que « les recteurs n’ont eu qu’un impact limité sur les établissements en matière de mise en œuvre des candidatures groupées » – ces vœux multiples permettant aux candidats de demander un cursus dans différents établissements et appelle à organiser, pour l’avenir, « une concertation recteurs présidents portant sur le développement des vœux groupés communs à plusieurs établissements en amont de la définition des capacités d’accueil ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Accusé d’avoir mutilé, violé et tué Moktaria Chaïb, le 20 décembre 1997, et Marie-Hélène Gonzalez, le 16 juin 1998, Jacques Rançon est jugé depuis le 5 mars à Perpignan.
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Affaire des disparues de Perpignan : Jacques Rançon « demande pardon » pour les deux meurtres

Accusé d’avoir mutilé, violé et tué Moktaria Chaïb, le 20 décembre 1997, et Marie-Hélène Gonzalez, le 16 juin 1998, Jacques Rançon est jugé depuis le 5 mars à Perpignan.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h35
   





                        



   


Il a finalement « demandé pardon », vingt ans après les faits. Jugé depuis le 5 mars pour avoir mutilé, violé et tué Moktaria Chaïb, le 20 décembre 1997, et Marie-Hélène Gonzalez, le 16 juin 1998, Jacques Rançon s’est excusé pour ses actes, lundi 12 mars devant la cour d’assises à Perpignan.
« Je demande pardon. Moktaria et Marie-Hélène n’auraient pas dû mourir. Ce que j’ai fait est très grave. Je ne sais pas dire pourquoi j’ai fait ça », a-t-il lancé. Pour un de ses avocats, Me Xavier Capelet, l’accusé « est en train de changer. (…) Il en avait marre d’entendre certains raconter des salades à la barre. En même temps, ça l’a fait réagir. »
Un peu plus tôt, lundi, M. Rançon, qui a un lourd passé de délinquant sexuel, avait également demandé pardon à l’une de ses victimes qui est venue témoigner d’une agression qui a eu lieu en 1998 dans les Pyrénées-Orientales.
La femme d’une quarantaine d’années avait été agressée par M. Rançon qui avait percuté sa voiture et tenté de l’en faire sortir en lui faisant croire que « sa voiture faisait des étincelles ». Elle avait refusé après avoir vu l’agresseur porter un couteau Laguiole. Elle avait alors alerté par téléphone son père qui avait réussi à faire fuir le prévenu en lui assénant un coup de batte de base-ball.
Une première condamnation en 1992
Jacques Rançon a déjà été condamné en 1992 à Amiens à huit ans de prison pour le viol de Nathalie qui avait été agressée au volant de sa voiture, menacée avec un couteau et forcée de monter dans la voiture de l’accusé. Ce dernier l’avait ensuite violée sur un chemin de traverse.
A la barre, lundi, la victime est revenue sur son agression : « C’est atroce, j’ai cru que je n’allais plus vivre. » Après ce viol, M. Rançon l’avait rappelé à plusieurs reprises : « Il me parlait comme si on était des potes, il voulait qu’on continue à se voir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Après avoir licencié son directeur général, l’association a décidé de se séparer de son directeur administratif et financier, ainsi que sa directrice juridique.
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La purge à la direction de la SPA continue

Après avoir licencié son directeur général, l’association a décidé de se séparer de son directeur administratif et financier, ainsi que sa directrice juridique.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h00
    |

            Denis Cosnard








                        



   


La crise s’accentue à la Société protectrice des animaux (SPA), l’une des associations préférées des Français. Après avoir annoncé le 7 mars le licenciement de son directeur général, accusé de « faute grave », l’organisation a décidé de se séparer de deux autres de ses principaux dirigeants : le directeur administratif et financier et la directrice juridique. L’un et l’autre ont reçu, lundi 12 mars, une lettre de convocation à un entretien préalable à leur licenciement, selon les informations recueillies par Le Monde de sources concordantes. Ils ont été mis à pied à titre conservatoire. Un licenciement pour « faute grave » est évoqué dans les deux cas, mais aucun motif précis n’a été encore mentionné.
« Natacha Harry, la présidente de la SPA, est en train de décapiter la maison », s’alarme l’avocat Eric Gaftarnik, qui a démissionné il y a peu du conseil d’administration et de sa fonction bénévole de secrétaire général, c’est-à-dire de numéro deux de l’association. « Elle prend des décisions inconsidérées, prive la SPA de ses éléments essentiels, et la déstabilise, ajoute-t-il. L’association, qui se remettait à peine d’années de pertes et d’administration judiciaire, est de nouveau en danger. »

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                Nouvelle crise à la Société protectrice des animaux



« Incompétence » et « propos sexistes »
Le 7 mars, deux arguments avaient été mis en avant pour justifier la mise à l’écart du directeur général Joël Pain. Celui-ci est accusé à la fois d’« incompétence » et d’avoir « tenu des propos sexistes à l’encontre de la présidente et de salariées », selon l’avocat de la SPA, Olivier Baratelli. « Etant donné que ces propos grossiers, insultants et scandaleux impliquent également Vincent Bourcier, actuel directeur administratif et financier, et Anne Tholy, directrice juridique, le bureau de l’association a pris la décision d’engager aussi à leur encontre une procédure disciplinaire, explique à présent l’avocat. La SPA estime ne pas pouvoir laisser en poste des personnes aussi peu respectueuses de l’association, de son conseil d’administration, de ses salariés, de ses délégués présidents, de sa présidente, de ses donateurs, etc. »
Des arguments contestés par les intéressés. « On va sans doute ressortir de vieux [e-mails] dans lesquels nous avons échangé des blagues de potaches, avance Anne Tholy, la directrice juridique, arrivée en janvier 2016. Mais la réalité est ailleurs. Nous sommes écartés parce que nous n’avons pas voulu prêter allégeance à la présidente. » 
La SPA est depuis plusieurs mois le théâtre d’une lutte interne très vive. D’un côté, la présidente, Natacha Harry, une journaliste de télévision élue en 2013 pour sortir la SPA de l’ornière ; de l’autre, plusieurs dirigeants salariés de l’association, des techniciens recrutés sous son mandat mais qui ont contesté ses méthodes, notamment le poids de la communication et les contrats passés avec l’agence Image 7. Ce dossier a été le point central du bras de fer entre Mme Harry et son directeur général, Joël Pain, mis à pied en décembre 2017.
Un « climat de terreur »
Considérés comme des proches de ce dernier, le directeur financier Vincent Bourcier, arrivé il y a un an à peine, et la directrice juridique sont eux aussi à présent évincés. Depuis plusieurs semaines déjà, ils ne participaient plus aux réunions du comité exécutif. « Compte tenu de l’ambiance exécrable, notre licenciement constitue presque un soulagement », commente M. Bourcier.
Pour l’ancien secrétaire général Eric Gaftarnik, « Natacha Harry cherche à prendre tous les pouvoirs, et à ne garder autour d’elle que des courtisans, dans une dérive césariste ». Il craint que d’autres cadres ne quittent la SPA, que ce soit de façon forcée ou pour échapper au « climat de terreur » qui règne, selon lui, dans l’association. Une analyse totalement démentie par Natacha Harry, qui, mercredi, a obtenu le soutien unanime de son conseil d’administration pour licencier le directeur général.
Créée en 1845, la SPA est la plus ancienne association de protection animale en France. Elle compte actuellement plus de 650 salariés et s’appuie sur un réseau comptant d’environ quatre mille bénévoles. La majorité de ses ressources provient de legs et de dons.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Travail collaboratif, apprentissage par projet, esprit critique… Il est bon que les élèves sortent du cadre habituel et fassent preuve d’initiative et d’inventivité.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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O21. Lycéens cherchent coopération et créativité

Travail collaboratif, apprentissage par projet, esprit critique… Il est bon que les élèves sortent du cadre habituel et fassent preuve d’initiative et d’inventivité.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h10
    |

                            Isabelle Dautresme








                        



                                


                            

« Les programmes très chargés, le bac qu’il faut préparer et les dossiers pour l’enseignement supérieur dont il faut soigner les notes… Au lycée, rien ne pousse les enseignants et les élèves à sortir des schémas de pensée habituels et à exprimer un point de vue original, regrette Olivier Rey, responsable de l’unité Veille et Analyses de l’Institut français de l’éducation (IFE). L’imagination et l’inventivité ne sont clairement pas rentables. »
La collaboration, l’apprentissage par projet, le droit à l’erreur, l’esprit critique n’auraient-ils vraiment aucune place dans un lycée plombé par la pesanteur des examens et des notes ? Pas si simple. Dans cet environnement très contraint, largement dominé par le cours « magistralo-dialogué », où les matières artistiques (arts plastiques, théâtre, musique) sont reléguées au rang d’option, il existe malgré tout quelques espaces de liberté où les élèves peuvent s’affranchir d’une logique de répétition des exercices et faire preuve d’initiatives et d’inventivité.
« Improvisation et anticipation »
 Les travaux personnels encadrés (TPE), en classe de première générale, en font partie. Là, ce n’est pas l’enseignant qui transmet les ­connaissances, mais les élèves qui vont chercher l’information pour réaliser, à trois ou quatre, un exposé à la fois écrit et oral, sur un sujet qu’ils ont choisi. Les lycéens sont aux commandes, et les enseignants les accompagnent. « Le format même de l’exercice pousse les jeunes à sortir du cadre habituel. Ils peuvent se montrer imaginatifs aussi bien dans le choix du sujet que dans la manière de mener et de rendre compte de leurs travaux. La vocation des TPE est bien de ­former les lycéens à la recherche scientifique. Comme tout chercheur, ils doivent être capables d’improvisation et d’anticipation et donc se montrer créatifs », analyse Riad Ressik, professeur de SES (sciences économiques et sociales) au lycée Michelet à Vanves (Hauts-de-Seine).
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.
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« Plus de 500 municipalités s’opposent aux compteurs Linky »

Stéphane Lhomme, conseiller municipal et militant antinucléaire, s’élève dans une tribune au « Monde » contre les arguments utilisés par vingt-six députés « En marche » en faveur des « compteurs intelligents », publiés sur le site du « Monde » le 2 mars.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h28
    |

                            Stéphane Lhomme (Directeur de l’Observatoire du nucléaire)








                        



                                


                            

Tribune. Vingt-six députés de La République en marche (LRM) ont publié une tribune favorable au déploiement par Enedis des compteurs communicants Linky (« Le Monde » du 2 mars 2018). Leurs arguments méritent d’être discutés… et même rectifiés.
En premier lieu, il faut noter que ce texte aligne les affirmations gratuites et les slogans creux, certains étant même scandés deux fois : « Les compteurs Linky sont un outil majeur au service de la transition énergétique », « Ils permettent de piloter plus efficacement le réseau », « Ils permettent aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation électrique » ou (encore !) « C’est une composante majeure de la transition énergétique »…
Un abonnement plus cher
Par ailleurs, les signataires avancent une étude qui assure que le Linky « pourrait permettre jusqu’à 23 % d’économies d’énergie » : on n’est pas loin du régime qui permet de « perdre 25 kg en 5 jours en mangeant à volonté ».

Mais il ne faut pas oublier que le distributeur Enedis est une filiale à 100 % d’EDF… qui vit en nous vendant de l’électricité et qui, déjà proche de la faillite, n’aurait assurément pas autorisé un programme sabrant ses rentrées financières. De toute façon, alors que le déploiement des Linky n’en est qu’à son début, il apparaît déjà un peu partout que, loin de permettre des économies, ces compteurs démultiplient beaucoup de factures et obligent de nombreux usagers à prendre un abonnement plus cher pour ne pas disjoncter continuellement.
Les députés LRM démontrent qu’ils sont autant « hors-sol » que leurs prédécesseurs en avouant d’abord qu’ils ne sont que des courroies de transmission au service de l’Elysée, promouvant « la transition énergétique promue actuellement au plus haut sommet de l’Etat français ». Mais le plus édifiant est qu’ils prétendent – peut-être le croient-ils vraiment ! – qu’« il n’existe pas de dysfonctionnement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.
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Pinar Selek : « Le mouvement “#metoo” est un peu du “déjà-vu” en Turquie »

Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h00
    |

Pinar Selek (Sociologue-docteure en science politique, université Nice Sophia Antipolis)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, la fameuse action féministe #metoo a secoué plusieurs hommes de différents secteurs du pouvoir. Les nouvelles technologies de communication – les nouvelles ressources militantes de notre époque – ont joué un rôle important dans la libération et la diffusion des paroles des femmes. Ce mouvement est rapidement devenu non seulement populaire mais aussi transnational. S’il est le fruit des luttes féministes de longue date, il a suscité une revitalisation politique des mouvements féministes, généralement occidentaux.
L’autoritarisme rampant du régime islamo-conservateur met en place une politique de réislamisation de la société
Et la Turquie ? Celles ou ceux qui connaissent l’importance du mouvement féministe dans l’espace des luttes sociales de ce pays, se demandent comment les femmes en Turquie ont réagi à cette tempête ? La réponse est courte : le mouvement #metoo n’a pas eu un impact en Turquie.
Pourquoi ? Pouvons-nous expliquer cette situation avec la peur qui domine dans toute la société ? Les femmes n’ont pas osé révéler leurs expériences, parce qu’elles avaient peur ? Parce que le patriarcat en Turquie est plus fort qu’ailleurs ? Ce n’est pas si simple. L’exemple de Turquie, par sa complexité frappante, nous impose d’éviter des catégorisations classiques, mais de voir les liens entre plusieurs facteurs.
Nous parlons d’un contexte politique où règne la masculinité meurtrière qui se renforce avec la violence politique dans un climat de guerre. L’autoritarisme rampant d’un régime islamo-conservateur met en place, en parallèle aux mesures de plus en plus répressives, une politique de réislamisation de la société. Cela serait utopique, voire anodin, d’attendre que, dans ce contexte, un tel mouvement émerge ? Non, pas du tout, car aujourd’hui malgré le tableau général, le mouvement féministe constitue l’un des plus dynamiques en Turquie.
Radicalisme pragmatique
Apparu dans un climat de paralysie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ En France, les politiques menées pour aider les actifs invalides sont à la traîne, comparées à nombre de pays européens.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Emploi et handicap : pour des entreprises plus inclusives

En France, les politiques menées pour aider les actifs invalides sont à la traîne, comparées à nombre de pays européens.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 15h13
    |

            Annie Kahn








                        



   


Les Jeux paralympiques qui se tiennent jusqu’au 18 mars à Pyeongchang, en Corée du Sud, forcent ­l’admiration. Il en est ainsi deux fois tous les quatre ans, lors des Jeux olympiques d’hiver, puis des Jeux d’été, brèves périodes durant lesquelles les personnes en situation de handicap sont à l’honneur. Le reste du temps, c’est l’inverse qui se produit. Pour trouver un travail, être promus à leur juste valeur, il leur est extrêmement difficile de convaincre, même si leur handicap ne restreint qu’un nombre limité de fonctions (ne pas pouvoir marcher pour un paraplégique) et laisse ­entières les autres (réfléchir, échanger, décider pour ce même invalide).
En France, les actifs en situation de handicap sont ainsi deux fois plus au chômage que la moyenne nationale. La conférence « Emploi & handicap : explorer la notion d’inclusion pour aller plus loin », coorganisée par l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) et Le Monde, le 14 mars, à l’auditorium du Monde, à Paris, a pour objectif de trouver des pistes d’amélioration.
Et il y en a. Ne serait-ce qu’en s’inspirant de certaines pratiques mises en place dans d’autres pays développés. Selon l’étude « Maladie, invalidité et travail : surmonter les obstacles », publiée en 2010 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), toujours d’actualité, la France s’avère moins inclusive que la plupart des pays de l’ouest de l’Europe, qu’il s’agisse des pays scandinaves, toujours à l’honneur en matière de politique sociale, mais aussi de l’Autriche ou de l’Allemagne. Quant au Royaume-Uni, si sa politique est moins généreuse ­financièrement, elle est en revanche plus efficace pour inclure les handicapés dans la vie active.
« Une stratégie gagnante-gagnante »
Or, il semble qu’il y ait désormais un consensus au sein des pays développés pour mener des politiques qui ne soient plus seulement compensatoires, mais inclusives. Parce qu’« aider cette population à travailler est une stratégie ­gagnante-gagnante pour lutter contre l’exclusion, augmenter leurs revenus, tout en améliorant le vivier de personnes compétentes ainsi que la situation économique à long terme », explique l’OCDE en préface de l’étude.
Les pistes de progrès sont multiples. Elles ­concernent l’environnement du monde du travail tout d’abord. Avec, en priorité, l’accès à l’éducation et à la mobilité. En France, près de la moitié des handicapés n’ont pas dépassé le ­niveau du brevet, contre moins de 30 % pour l’ensemble de la population. Les plus brillants intellectuellement se heurtent à des questions d’équipement, quand ce n’est pas à l’hostilité de certains enseignants. Si « les progrès ont été fulgurants en dix ans », comme l’affirmait Nathalie Mons, ­professeure de sociologie à l’université de ­Cergy-Pontoise, en février 2016, dans une note du Conseil national d’évaluation du système scolaire – qu’elle préside –, « certaines failles béantes demeurent », reconnaît-elle. Comme le manque de formation des enseignants non spécialisés à l’accueil de ces enfants.
Une formation qu’il faudrait généraliser à tous les citoyens, futurs collaborateurs ou employeurs de personnes en situation de handicap. Pour qu’elles ne se sentent pas stigmatisées et finissent pas trouver un emploi qui leur ­convienne. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Une enquête nationale sur l’emploi des personnes handicapées, publiée en mai 2017 par le site Talents Handicap, indiquait que 72 % des personnes handicapées interrogées n’étaient pas du tout satisfaites de leur situation professionnelle, 23 % se déclarant même désespérées, dans l’impossibilité de retrouver un emploi. « Un candidat handicapé (bien que la nature de son handicap soit ignorée de l’employeur) obtient quinze fois moins de réponses positives qu’un candidat de référence [d’après une enquête menée par l’Observatoire des discriminations en 2005] », observait à l’époque Jean-François Amadieu, son directeur. Mais la situation semble toujours alarmante puisque 37 % des saisines adressées au ­Défenseur des droits relatives au handicap ­concernent l’emploi. « Dans la majorité des dossiers qu’il traite, le Défenseur des droits constate que l’obligation d’aménagement raisonnable des employeurs à l’égard des travailleurs handicapés n’est pas respectée », selon un communiqué ­publié par cette institution le 13 décembre 2017.
De fait, près de la moitié des lieux de travail ­actuels sont inaccessibles aux personnes en fauteuil roulant : largeur des portes insuffisante, escaliers ou absence de sanitaires adaptés, selon une étude OpinionWay pour l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Ladapt).
Conscient de cette situation, le gouvernement entend simplifier les procédures et s’engager dans une démarche positive. Pour enfin tirer plus largement parti de cette Force de la différence (PUF, 2012) chère au sociologue Norbert Alter.
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).

Au programme
Conférence « Emploi & Handicap : explorer la notion d’inclusion pour aller plus loin » Mercredi 14 mars, de 9 heures à 11 heures. Auditorium du Monde, 80, boulevard Auguste-Blanqui, Paris 13e. Introduction : Gilles van Kote, ­directeur délégué au développement du Groupe Le Monde. Anne Baltazar, présidente de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph). Table ronde : Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de ­football professionnelle. Bachir ­Kerroumi, chargé de mission ­Résilience urbaine à la Mairie de Paris. Etienne Klein, philosophe des sciences, directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Deza Nguembock, fondatrice de l’agence Esthétique et handicap (E & H Lab). Débat animé par Annie Kahn, ­journaliste au Monde.





                            


                        

                        


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Harcèlement : La Poste reconnaît le statut de victime à une employée

L’entreprise a fait volte-face lors de l’audience aux prud’hommes, après avoir failli à protéger une salariée, victime durant des années d’un harceleur.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 15h43
    |

            Francine Aizicovici








                        



   


C’est un coup de théâtre auquel Emmanuelle E. ne s’attendait pas. Employée depuis 2001 à La Poste et en arrêt depuis trois ans pour « état dépressif réactionnel par stress au travail », cette femme de 36 ans a enfin vu son statut de victime reconnu par son employeur, lors d’une audience au conseil des prud’hommes de Paris, vendredi 9 mars.
« C’est la première fois que La Poste reconnaît explicitement que j’ai subi des choses. Cela me fait du bien, merci », a conclu la plaignante, qui demande notamment la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de son employeur pour manquements répétés à son obligation de préservation de la santé de ses salariés. Elle reproche à La Poste de ne pas l’avoir protégée des harcèlements et des agressions sexuelles qu’elle dit avoir subis durant plusieurs années.
Trois jours avant l’audience, La Poste, au travers des conclusions écrites de son avocate, Delphine Diepois, niait encore les faits, commis selon Emmanuelle par son supérieur hiérarchique, Didier D., chef d’équipe sur le site de Coliposte de Val-de-Reuil (Eure).
« J’ai cru que c’était normal »
A l’appui de ces conclusions figuraient une dizaine de témoignages de salariés du site affirmant n’avoir « jamais été témoin » de « gestes » ou d’« attitudes déplacées » de la part de Didier vis-à-vis d’Emmanuelle ; l’accusé, qui dément tout, « vit extrêmement mal » cette mise en cause et « a souvent des idées noires », faisait valoir l’assistante sociale, citée dans les conclusions de Me Diepois. Bref, la victime, c’était lui. Dans ses écrits, l’avocate demandait donc logiquement au conseil des prud’hommes de constater « qu’il n’y a eu aucun acte constitutif de harcèlement sexuel » à l’encontre de la salariée.
Mais à l’audience, tout bascule. En prenant la parole, Me Diepois annonce que cette « argumentation [de la Poste] a été modifiée », et lâche, contre toute attente, que « l’entreprise reconnaît qu’Emmanuelle a subi des gestes déplacés ». Soulagée de ne plus être considérée comme une menteuse, la plaignante est sortie en larmes du bâtiment, rejoignant la quarantaine de personnes venues la soutenir à l’appel du syndicat SUD-PTT, partie intervenant au procès.
Son histoire ressemble à beaucoup d’autres histoires de femmes harcelées ou agressées au travail. Emmanuelle à 19 ans quand elle entre à La Poste, en 2001 ; c’est son premier emploi. Très vite, dit-elle, Didier fait d’elle une proie. Elle raconte :
« Ça a commencé par des claques sur les fesses. Il arrivait derrière moi et pinçait mon soutien-gorge. Il disait que, si je voulais une bonne note, je devais passer sous son bureau. Un jour, il m’a allongée sur le tapis roulant où on pose les colis hors norme et il m’a mis une fessée. Tout le monde riait. Alors j’ai cru que c’était normal. C’était mon premier travail. »
Puis, selon ses dires, son supérieur en serait venu à des « attouchements » après lui avoir proposé une formation pour obtenir un poste à responsabilité – « j’étais choquée, mais je pensais c’était mon péage pour avoir la formation ». Deux tentatives de viol auraient même été évitées de justesse.
« Tout le monde savait »
En moins de dix ans, Emmanuelle totalisera sept accidents du travail ainsi que de nombreux arrêts maladie au terme desquels elle retournait au travail « la peur au ventre ». Elle ne dit rien par honte, par peur de perdre son emploi et pour éviter des difficultés à sa mère, également employée sur le site. Mais elle assure que « tout le monde savait ». Elle prend des anxiolytiques, des antidépresseurs, des antalgiques, tente par deux fois de mettre fin à ses jours… Son corps s’abîme et le harcèlement sexuel fait place au harcèlement moral :
« Elle a une faiblesse physique, qui va peut-être la rendre moins rapide au travail. Elle va commencer à agacer, à avoir des réflexions, on la chronomètre quand elle va aux toilettes. On lui dit d’“arrêter de [se] victimiser” », rapporte son avocate, Maude Beckers, à l’audience.
« La Poste a protégé le harceleur au lieu de me protéger »
Ce n’est qu’en mars 2015 qu’elle se décide à révéler les faits à des représentants de la fédération SUD, qui contactent la direction de la plate-forme et la direction régionale. « La société a réagi dès qu’elle a eu connaissance des faits », souligne l’avocate de La Poste. De fait, une enquête interne est menée et conduit à la suspension de Didier, qui reste rémunéré en attendant un conseil de discipline. Mais celui-ci n’aura jamais lieu.
Le 24 août, Didier est admis à partir en retraite, le 1er novembre 2017. Le délai, très court, et la date de départ sont révélateurs du malaise de l’entreprise, selon Noura Damerval, secrétaire de la fédération SUD et de SUD Haute-Normandie ; « on n’a jamais vu quelqu’un aller en vacances ou en retraite en novembre ou en décembre, parce que c’est une période forte pour l’activité colis ». Pour elle, « La Poste a voulu étouffer l’affaire ». « Elle a protégé le harceleur au lieu de me protéger », appuie Emmanuelle.
Malgré la volte-face de La Poste à l’audience, la partie est loin d’être terminée. Si l’entreprise reconnaît les faits, elle considère qu’ils se sont arrêtés en 2008, lorsque Didier a été muté à un autre étage, et qu’ils sont donc désormais prescrits. Emmanuelle soutient, elle, que Didier a continué à la harceler jusqu’en mars 2015, date à laquelle elle a été mise en arrêt de travail.
Outre la résiliation de son contrat aux torts de l’employeur et les indemnités afférentes, elle demande un total de 140 000 euros de dommages et intérêts à son employeur. Le jugement sera rendu le 17 mai.


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Violences sexuelles : ce que dit la loi
            




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En savoir plus"],
qui ne sont pas consentis.En savoir plus"],
tout acte de pénétration sexuelle non consenti (avec violence et/ou contrainte, menace, surprise). Tous les actes de pénétration sexuelle sont visés (buccale, vaginale, anale, par le sexe, par le doigt ou encore par l’objet). La loi réprime également les tentatives de viol, c’est-à-dire les actes stoppés uniquement «&nbspen raison de circonstances indépendantes de la volonté de [leur] auteur ».En savoir plus"]
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    "autorite": ["L’abus d’autorité", "Toutes les violences sexuelles commises par une personne qui «&nbspabuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ». Par exemple lorsque l’agresseur est en situation de supériorité hiérarchique sur sa victime."],
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1. Les différents types de violences");
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2. Les circonstances aggravantesParfois minimisées, certaines situations sont au contraires jugées comme aggravantes par la justice et peuvent entraîner des sanctions plus sévères, selon les types de violences. Voici les principales :");
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« Chemise arrachée » d’Air France : le procès en appel de douze prévenus s’est ouvert lundi

Douze salariés et ex-salariés de la compagnie aérienne sont jugés en appel du 12 au 20 mars pour des faits de violences et de dégradations ayant eu lieu au mois d’octobre 2015.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h19
   





                        



   


Les images avaient marqué les esprits : deux cadres d’Air France, chemise arrachée pour l’un, torse nu pour l’autre, escaladant des clôtures le 5 octobre 2015. Diffusées dans les médias et sur la Toile, elles étaient devenues le symbole des difficultés de dialogue entre les syndicats et le patronat français.
Elles sont de nouveau d’actualité à partir de lundi 12 mars, avec l’ouverture du procès en appel de douze salariés et ex-salariés de la compagnie aérienne à Paris. Les prévenus, pour la plupart membres de la CGT (Confédération générale du travail), sont accusés de violences et de dégradations commises le 5 octobre 2015.
Quatre des anciens salariés qui ont été licenciés comparaissent pour violences. Trois d’entre eux avaient été condamnés à trois et quatre mois de prison avec sursis en première instance, à la fin de novembre 2016 à Bobigny. Le quatrième avait été relaxé mais le parquet a fait appel.  Les huit autres prévenus, qui avaient été condamnés à 500 euros d’amende, sont rejugés pour des dégradations commises sur le portail d’accès au siège.
Les prévenus ont été soutenus, lundi, par une cinquantaine de personnes, brandissant des drapeaux de la CGT et de FO. Elles se sont réunies devant le tribunal de Paris. A l’ouverture du procès, la présidente a demandé aux accusés la raison de leur appel. « Je ne me reconnais pas dans les accusations » de violences (qui lui ont valu d’être condamné à trois mois de prison avec sursis), a fait savoir l’un d’eux.
« Il n’y a rien », a de son côté avancé Sofiane Hakiki, avocat de deux syndicalistes. « Les vidéos on va les regarder pendant deux semaines et on verra une foule qui s’avance vers des personnes mais il est impossible de déterminer qui a fait quoi dans ces vidéos, a-t-il affirmé. On s’est servi d’eux pour faire face à la pression politique pour qu’il y ait un procès. On a pris des personnes au hasard. »
« Regrets que le procès se poursuive » pour Air France, appel aux soutiens pour la CGT
Pour rappel, le jour des faits, le 5 octobre 2015, une manifestation contre un projet de restructuration menaçant plusieurs milliers d’emplois avait dégénéré à l’aéroport de Roissy. Violemment pris à partie alors qu’ils exposaient le plan, Xavier Broseta, directeur des ressources humaines d’Air France à l’époque, et Pierre Plissonnier, ex-responsable du long-courrier, désormais retraité, avaient dû fuir sous les huées des salariés, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second.

        Lire aussi :
         

                Air France : récit d’une manifestation qui a dégénéré



Avant l’audience d’appel, par voie de communiqué transmis à l’Agence France-Presse, Air France a dit « regretter que ce procès se poursuive, imposant à toutes les victimes de se replonger dans ces événements, qui ont été choquants pour tous ». La société estime que le jugement donné par le tribunal de Bobigny était « mesuré » et qu’il aurait dû « permettre de tourner la page du triste épisode des violences » du 5 octobre 2015, a-t-elle ajouté.
De son côté, comme elle l’avait fait en première instance, Me Lilia Mhissen, qui défend dix des prévenus, entend dénoncer un « dossier monté totalement à charge à partir de vidéos qui ont fait l’objet de montages et de ralentissements », tandis que d’autres, susceptibles de disculper ses clients, ont été écartées de la procédure.
La CGT a, de son côté, écrit dans un communiqué que Manuel Valls « avait mis une grosse pression sur la direction d’Air France ainsi que sur les forces de l’ordre et de la justice pour que des salariés soient condamnés sévèrement ». Le syndicat ajoute avoir « bon espoir, maintenant que la pression médiatique est retombée, de faire jaillir la vérité, c’est-à-dire l’innocence de nos camarades ». Il appelle au soutien de ses sympathisants.

        Lire aussi :
         

                « Chemise arrachée » : le gouvernement dément tout esprit de revanche



Depuis les faits, la direction a pris plusieurs fois la précaution de « délocaliser » à Paris des séances de négociation avec les syndicats, par crainte de nouveaux débordements. Une situation que la CGT a l’intention de dénoncer lors d’un rassemblement qui se tiendra à midi, avant l’ouverture de l’audience.
Une grève en parallèle du procès
Ce nouveau procès s’ouvre dans un contexte particulier : la compagnie a sensiblement redressé sa situation financière, renouant avec les bénéfices.
En conséquence, les syndicats qui manifestaient en 2015 contre un éventuel plan social, se mobilisent aujourd’hui pour réclamer leur « part du gâteau ». Ils exigent une revalorisation des grilles salariales de 6 % et une large intersyndicale appelle à une grève le 23 mars. Un mois après un précédent mouvement qui a entraîné l’annulation d’un quart des vols.



                            


                        

                        


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Emploi et handicap : en Espagne, des « enclaves » dans des entreprises ordinaires

Créés en 2004, ces dispositifs favorisent l’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Mêlé aux travailleurs de l’usine, soumis à la même pression du chronomètre qui, au-dessus de sa tête, marque les temps, Javier Catón, 37 ans, est concentré sur le tableau de bord d’un camion. Il encastre des touches, une à une, tout en suivant sur l’écran le plan de montage. « Je suis très content, dit-il, en souriant. J’aime le travail et les collègues. Parfois je vais prendre une bière avec eux après le boulot. Et j’apprends des choses. Ça change de la manutention. J’aimerais rester ici. Je crois que j’en suis capable… »
Javier souffre d’un handicap psychique qui affecte plus de 33 % de ses capacités. Mais cela fait un an qu’il a troqué son ­emploi de manutentionnaire au centre spécial de travail (CET) de la Fondation Roncalli de Madrid, spécialisée dans l’aide aux personnes handicapées mentales et psychiques, pour intégrer, avec quatre autres travailleurs handicapés, une « enclave professionnelle » au sein de l’usine de fabrication de véhicules industriels Iveco, dans la capitale espagnole.
Ces « enclaves », créées en Espagne en 2004 pour favoriser l’intégration dans les entreprises ordinaires, sont des groupes de cinq travailleurs handicapés au ­minimum, tous provenant d’un CET. Au moins 60 % d’entre eux doivent présenter des « difficultés particulières pour ­l’accès au marché ordinaire du travail », une paralysie cérébrale, une maladie psychique ou un handicap intellectuel de plus de 33 %, ou bien un handicap physique de plus de 65 %. Les 40 % restant doivent présenter n’importe quel handicap de plus de 33 %. Le contrat entre le CET et l’entreprise doit durer au moins trois ans. Il est renouvelable une fois. Si l’un des travailleurs quitte l’enclave pour être ­employé en direct par l’entreprise, celle-ci bénéficie d’exonérations de charges et de subventions pour aménagement de poste par exemple. Et un autre travailleur handicapé intègre l’enclave.
« Lorsque l’on fait de la prestation de services, nous sommes limités à des emplois annexes, comme le nettoyage ou la jardinerie, explique Almudena Menchen, ­directrice du CET Roncalli. L’enclave permet de placer des travailleurs dans le cœur de métier d’une entreprise ordinaire, ce qui permet d’augmenter et de diversifier les possibilités d’emplois, tout en les accompagnant dans l’insertion. »
« Ils ont brisé nos préjugés »
Durant les trois premiers mois, leurs postes ont été dédoublés afin qu’ils puissent apprendre le travail. Leurs chefs et les services médicaux ont été formés par des responsables du CET, afin de réagir en cas de crise d’épilepsie, d’angoisse ou perte de mémoire. « Souvent, il suffit qu’ils sortent prendre l’air », explique Mme Menchen, qui regrette que, « par peur et ignorance, les entreprises préfèrent employer des personnes avec un handicap physique plutôt que mental ». Au quotidien, c’est Juan José Muñoz, 36 ans, le seul membre de l’enclave dont le handicap est physique, qui veille à ce que tout se passe bien. « J’étais chef d’entrepôt au CET Roncalli, dit-il. Mais accompagner les autres afin qu’ils puissent faire partie d’une entreprise ordinaire me remplit de satisfaction. »
Des réunions entre le CET et l’entreprise permettent d’examiner l’évolution des travailleurs et de procéder à des adaptations. « Nous avons introduit des écrans qui indiquent les pièces à intégrer sur le ­tableau de bord, que l’on coche pour n’en oublier aucune, explique Miguel Lopez, superviseur de la ligne d’assemblage dont dépend l’enclave. C’est une amélioration dont ont profité tous les salariés. »
Pour Iveco, l’enclave est une manière de respecter les objectifs de la loi espagnole de 2 % d’employés avec un handicap, tout en défendant des « valeurs », explique la compagnie. D’autres pourraient suivre la même voie : une nouvelle loi, approuvée en novembre 2017, interdit aux entreprises qui ne respectent pas ce quota de ­répondre à des appels d’offres publics.
Isabel Morales, employée dans la même ligne de montage que les membres de l’enclave, se félicite aussi de l’expérience :« Ils ont brisé nos préjugés sur le handicap et se sont très bien intégrés. Tout le monde devrait avoir le droit de s’épanouir professionnellement… »
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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Témoigner pour faire bouger les lignes

Selon six personnalités, c’est avant tout notre regard sur le handicap qui doit changer



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
   





                        


Extraits du livret « Emploi & handicap. Inclusion : explorer, aller plus loin », conçu par L’Assocation de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).

   


Cédric Villani, mathématicien lauréat de la médaille Fields (2010) ; député de l’Essonne (LRM) :
« J’ai connu à l’Ecole normale supérieure un géomètre atteint d’un syndrome de Marfan aigu et totalement aveugle. Son métier nécessitait des ­interfaces en braille, qui lui permettaient, par exemple, de lire ou de répondre à ses mails. Complètement autonome, il est devenu un chercheur mondialement reconnu. (…)
Il est déterminant que les personnes handicapées et les personnes valides partagent ensemble des émotions. J’ai moi-même travaillé bénévolement sur ce sujet en tant que président de l’association Musaïques, fondée par le compositeur Patrice Moullet. Des jeunes en ­situation de handicap travaillent avec nos instruments qui s’adaptent à toutes sortes de contraintes physiques ou psychiques. Puis nous organisons des ­concerts devant un public ; c’est la plus belle manière de communiquer des émotions, qui sont toujours le moteur des grands changements. »
Dominique Lerch, inspecteur d’académie honoraire :
« En Suède, en Norvège, en Islande, mais aussi en Italie, en Espagne ou au Portugal, la quasi-totalité des élèves sont scolarisés en école ordinaire. (…) Une politique européenne visant à uniformiser la réglementation en la matière serait précieuse. »
Etienne Klein, philosophe des sciences ; directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives :
« Une expérience du handicap m’a ­conduit à explorer des voies impensables. J’ai été atteint d’une ­tumeur dans la gorge à l’âge de 30 ans. J’ai pu être soigné, mais ne suis plus doté que d’une seule corde ­vocale ­fonctionnelle, ce qui aurait dû me priver ad vitam de la parole, du moins ­intelligible. J’ai eu la chance de bénéficier d’un intense programme de rééducation. ­Paradoxalement, ce travail m’a fait ­acquérir une meilleure maîtrise de ma voix que celle que j’avais auparavant. »
Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football professionnel :
« Les personnes en situation de handicap ont toutes quelque chose à apporter à la société. Plus tôt on sensibilise les jeunes à la tolérance, à l’ouverture d’esprit,plus ils accorderont de valeur à la richesse humaine. (…) Il est important que les clubs accueillent des équipes de joueurs handicapés, qu’ils organisent des rencontres ; 15 % d’entre eux le font déjà. »
Vincent Ferry,chef d’entreprise, tétraplégique :
« [Après mon accident], il a fallu que je change radicalement ma méthode de management. Je suis passé d’un management très vertical à un mode totalement libéré. Huit ans plus tard, nous avons doublé notre chiffre d’affaires et la société compte désormais quatre-vingts salariés. »
Gilles Babinet,digital champion de la France auprès de la Commission européenne depuis 2012 :
« Encourager [le marché des services et produits pour handicapés] par des dispositifs fiscaux avantageux, par exemple, serait un grand service à rendre aux personnes handicapées. (…)
On assisterait alors à la formation d’un cercle vertueux, car ces entreprises sont autant de nouvelles opportunités d’emploi pour les personnes handicapées. »
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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Emploi et handicap : « Les stéréotypes sont le principal frein à l’intégration des personnes handicapées »

Eric Molinié poursuit un parcours professionnel rare, malgré sa tétraplégie. Il déplore l’énorme retard français.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
    |

            Annie Kahn








                        



   


Myopathe depuis l’enfance, tétraplégique, Eric Molinié est actuellement secrétaire général de Dalkia, filiale d’EDF. Il a alterné les fonctions dans les domaines ­public et privé. Entre ses débuts à la Banque ­Indosuez et son parcours actuel chez EDF, il a été président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), président du Samusocial, entre autres. Un parcours qu’il retrace dans Vivant ! (Odile Jacob, 2016).
Votre parcours professionnel est exceptionnel. Quel est le principal frein à l’intégration des handicapés dans le monde du travail ?
Les stéréotypes, les représentations que les personnes valides se font des personnes handicapées. Ce regard qui préjuge avant de dialoguer. Cette idée, lors d’un entretien de recrutement, qu’une personne en fauteuil ne peut remplir le poste proposé, sans même lui poser la question.
Comment combattre ces stéréotypes ?
En amont, à l’école, si elle était plus inclusive. Quand on a fréquenté quelqu’un en fauteuil à la maternelle, on ne panique pas ensuite. Des progrès ont été réalisés en ce sens grâce à la loi de 2005 qui a été une révolution en donnant droit à la compensation, en fonction du handicap de la personne. Au financement d’une auxiliaire de vie scolaire, d’un taxi pour faire le trajet, par exemple.
Ensuite, en racontant de belles histoires. Le ­Téléthon, les compétitions handisport changent le regard. Et en partageant de bonnes pratiques, comme cela a été fait dans la brochure EDF « Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel » ou dans les guides de la Halde.
Le lycée Hoche, à Versailles, vous a refusé l’accès en classe prépa en raison de votre handicap. Si l’établissement privé voisin, Sainte-Geneviève, ne vous avait pas accepté, vous n’auriez jamais fait HEC. Pensez-vous que la situation a évolué ?
La Halde a fait son boulot en condamnant les auteurs de discriminations. Il faut à la fois ­manier la carotte – raconter de belles histoires – et le bâton – condamner. Mais 80 % des ­handicapés arrêtent leurs études au niveau du bac. A l’université, on ne compte que 1 % à 2 % de handicapés.
Dans votre livre, « Vivant ! », vous écrivez que, pour réussir, vous avez dû « donner ­davantage », pour faire oublier votre ­handicap. Par exemple ?
Quand on vous voit arriver, on se dit qu’il va vous falloir des horaires aménagés. C’est un stéréotype. Du coup, je suis longtemps arrivé le premier, et parti le dernier. Mais, un jour, à la salle des marchés de la Banque Indosuez, je suis arrivé à 9 h 15. J’ai expliqué que j’avais eu du mal à trouver un taxi. Je me suis fait engueuler. Un collègue est arrivé encore plus tard pour un ­problème d’enfant. Aucune critique. Quand on est handicapé, il ne faut pas risquer d’être moins productif.
Vous écrivez aussi que, paradoxalement, le handicap a facilité certaines rencontres…
Quand je pouvais encore tenir debout, j’avais bricolé un fauteuil style Louis XIII, avec un siège qui me propulsait pour que je puisse me lever. Comme mon bureau était en face de celui du directeur, des visiteurs me voyaient en ­passant, étaient étonnés, et on engageait la conversation. Quand j’interviens dans des ­conférences, on me repère beaucoup mieux par la suite, grâce à mon fauteuil ! Je vis ces événements positivement.
Vous avez été et êtes très impliqué dans de nombreuses associations. En quoi vos engagements associatifs et professionnels se fertilisent-ils mutuellement, comme vous l’écrivez ?
Mon expérience de l’entreprise m’a aidé à améliorer le fonctionnement d’associations et à prouver à leurs membres que ce pouvait être passionnant de le faire. A la Halde, j’ai renoué le dialogue entre cette institution et le monde de l’entreprise. A l’inverse, j’ai contribué à ouvrir EDF au monde du handicap. Ç’a été la porte d’entrée d’une culture de la diversité dans le groupe. Je crée des passerelles.
Vous avez observé qu’intégrer un handicapé favorise la cohésion de l’équipe. Pourquoi ?
Le handicap est une école de management. Beaucoup de manageurs m’ont dit qu’embaucher une personne handicapée, en regardant au-delà du diplôme et de la forteresse que constitue le handicap, oblige à considérer les goûts, le potentiel du candidat. Cela apprend à voir une personne dans toutes ses dimensions. Et la ­présence d’un handicapé dans une équipe oblige à mieux s’organiser. C’est une situation qui crée des solidarités.
En matière de politique publique, quelle ­serait aujourd’hui la principale mesure à prendre pour faciliter la vie personnelle et professionnelle des handicapés ?
La France est très en retard en matière d’accessibilité des bâtiments accueillant du public, et des moyens de transport. La plupart des lieux publics ne sont pas accessibles. Dans 80 % des cas, c’est parce qu’il y a une marche. Une seule. C’est le cas de la moitié des commerces.
Ensuite, les procédures administratives pour percevoir des droits sont extrêmement lourdes. Il faut s’y prendre un an à l’avance pour renouveler, tous les cinq ans, la prestation de compensation du handicap. Un dossier simplifié suffirait pour un myopathe comme moi.
Comment jugez-vous la France par rapport aux autres pays, en matière de services ­rendus aux handicapés ?
Roissy est le seul aéroport où, chaque fois que je rentre, je dois attendre une heure à une heure et demie pour récupérer mon fauteuil. Et, à chaque fois, il est cassé. A Cracovie, Beyrouth, Pékin, ou ailleurs, c’est impeccable. A Rome, à peine descendu de l’avion, je retrouve mon fauteuil avec les autres bagages.
C’est un exemple qui en dit long…
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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Handicap : la France va simplifier  sa politique d’aide à l’emploi

Des mesures législatives devraient accélérer l’embauche de personnes souffrant de handicaps.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h33
    |

            Annie Kahn








                        



   


Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La formule illustre parfaitement la situation à laquelle sont confrontées, en France, tant les personnes en situation de handicap que les entreprises qui voudraient les embaucher. Deux chiffres donnent une idée de la complexité du processus. Un employeur souhaitant embaucher un travailleur handicapé doit d’abord remplir un formulaire comportant plus de 85 items. Quant à la personne en situation de handicap, il lui faut s’y retrouver parmi les 60 aides et prestations proposées par un grand nombre d’acteurs, et ­expliquées souvent sans grande clarté.
Freins à l’embauche
Nombreuses sont donc les sociétés qui contournent la loi du 10 juillet 1987 imposant aux entreprises de plus de 20 salariés d’employer au moins 6 % de travailleurs handicapés. Plutôt que de les embaucher, elles préfèrent – comme la loi les y autorise – verser une contribution à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) s’il s’agit d’une entreprise privée, ou au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Elles peuvent aussi sous-traiter certaines fonctions ou achats à des entreprises adaptées, voire à des établissements et services d’aide par le travail (ESAT).
Conséquence : les entreprises n’employaient globalement que 3,4 % de travailleurs handicapés en 2015, selon les derniers chiffres publiés par la Dares ­(direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), en novembre 2017. Et le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteint 19 %, soit le double de celui des valides.

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En outre, les dispositifs d’aide à la ­recherche d’emploi pour travailleurs handicapés ne sont « pas en mesure d’assurer pleinement et prioritairement l’accompagnement des personnes souffrant d’un handicap lourd et complexe », signalait l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un rapport publié en mai 2017. Qu’il s’agisse de Pôle emploi auquel ont recourt 73 % des handicapés, des Cap emploi, spécialisés dans l’aide aux personnes handicapées, qui prennent en charge 23 % d’entre eux, ou des missions locales (moins de 4 %).
Les contraintes ou les défaillances administratives ne sont bien sûr pas les seuls freins à l’embauche de personnes souffrant d’un handicap physique ou psychique. Mais elles constituent des obstacles non négligeables.

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Le gouvernement s’est saisi du problème. Quatre ministres, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, Muriel Pénicaud, ministre du travail, ­Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, et Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics, annonçaient conjointement, le 15 février, le lancement d’une concertation, avec les syndicats de salariés et d’employeurs, ainsi qu’avec le Conseil national consultatif des personnes handicapées, pour réformer la politique dans ce domaine. « La ­politique publique n’est pas à la hauteur des besoins et des demandes des employeurs », reconnaissait Sophie Cluzel.
A l’instar de l’ensemble des pays développés, les ministres veulent augmenter le taux d’emploi direct de travailleurs handicapés dans les entreprises, par opposition aux politiques plus anciennes qui ­visaient à les dédommager ou à les confiner dans des institutions spécifiques.
« Accommodements »
Ils souhaitent simplifier le dispositif. Dans un courrier envoyé aux partenaires sociaux et aux associations, et publié par le site de la spécialisée Vivre FM, ils expliquent vouloir « permettre la rencontre d’une personne handicapée avec un ­employeur, qu’il s’agisse des acteurs de l’emploi, de la formation, du médico-social et de la santé au travail, pour sortir de la concurrence des services, de leur manque de lisibilité, de leur complexité ».
Pour Bruno Le Maire, les actions à mener doivent être plus incitatives. « Aujourd’hui, la politique consiste à tendre la main aux personnes en situation de handicap. On trouve des accommodements, mais ils ne sont pas satisfaisants. Il faut renverser cette perspective, ce regard. Voir ce que ces personnes peuvent apporter au monde », déclarait-il à la presse, à l’issue de l’annonce du lancement de cette concertation en vue d’une nouvelle politique de l’emploi des travailleurs handicapés.
Deux textes de loi devant être discutés ces prochains mois pourraient accélérer le processus de simplification en incorporant des mesures spécifiques pour les travailleurs handicapés. Il s’agirait du projet de loi sur la réforme de l’apprentissage, de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle. Un des objectifs fixés par le gouvernement lors du Comité interministériel du handicap, le 20 septembre 2017, étant de porter le taux d’apprentis handicapés dans la fonction publique à 6 %, contre 1 % actuellement.
Par ailleurs, certaines dispositions pourraient être incluses dans le volet concernant la responsabilité sociale et environnementale des entreprises de la future loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), portée par Bruno Le Maire. Ces dernières viendront compléter ou simplifier des lois et règlements qui n’ont cessé d’évoluer ces dernières décennies.
Des décrets successifs ont ainsi amélioré les dispositifs permettant de cumuler une allocation pour adultes handicapés (AAH) et un revenu professionnel. Cette allocation, de 810 euros pour une personne seule, sera progressivement portée à 900 euros en novembre 2019. Cette AAH décroît avec les revenus. Une personne handicapée célibataire ne ­perçoit ainsi plus d’AAH à partir du ­moment où ses revenus dépassent 1,38 smic, soit 1 592 euros.
A cette allocation s’ajoute la prestation de compensation du handicap (PCH), aide financière versée par le département, sans condition de ressources, pour rembourser tout ou partie des dépenses liées à la perte d’autonomie, et en particulier celles pour se rendre sur son lieu de travail.
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le manque croissant de personnel qualifié oblige les entreprises à s’adapter.
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Emploi et handicap : en Allemagne, la « culture de l’inclusion » des handicapés est devenue une priorité

Le manque croissant de personnel qualifié oblige les entreprises à s’adapter.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Nous voyant nous approcher dangereusement de son établi, Anton Kultaew n’est pas très rassuré. ­Personne, à part son collègue le plus proche, ne pénètre d’habitude dans son espace de travail. Mais son chef est là, alors le jeune homme fait un effort de concentration pour poursuivre sa tâche : préparer une pièce de ­métal qui sera ensuite usinée par une machine. Anton Kultaew est handicapé mental léger. Depuis un an, il est ­employé comme aide technicien chez ­Bohrma, une entreprise qui produit des tuyaux et couronnes de forage pour les entreprises de travaux publics. Bohrma, implantée dans les environs de Fulda, en Hesse, compte 38 salariés, dont cinq handicapés. Parmi eux, deux ont été atteints de problèmes physiques sérieux au cours de leur carrière, trois ont été embauchés avec leur handicap, dont M. Kultaew.
« Nous pensons qu’il faut donner à chacun une chance d’être fier de son travail » Maria Erb, responsable DRH chez Bohrma
« Quand on a accueilli Anton, on a ­essayé de le faire travailler à différents postes, mais c’est là qu’il se sent le mieux. Il est un peu sensible, il a besoin d’un ­espace protégé », explique Florian Witzel, le directeur de l’usine, chargé d’organiser la production « en fonction des forces et des faiblesses de chacun ». M. Witzel n’utilise d’ailleurs pas souvent le mot « handicapé » pour qualifier les cinq travailleurs concernés dans son usine, pas plus qu’il ne s’étend sur les détails de leur empêchement. Tout ce qui compte, c’est de « trouver à la personne la bonne place » dans la production. « C’est dans la culture du groupe depuis longtemps. Nous pensons qu’il faut donner à chacun une chance d’être fier de son travail. On a simplement appris à travailler avec le handicap », explique Maria Erb, fille de Martin Himmelmann, le fondateur du groupe, et responsable des ressources humaines chez Bohrma.
 « Sentiment de solidarité »
Bohrma a reçu en 2016 le prix de l’inclusion, décerné depuis quatre ans par des ­acteurs de l’économie, dont la fédération des employeurs BDA et l’agence fédérale pour l’emploi. Depuis quelques années, l’inclusion dans le travail des personnes handicapées est devenue une priorité en Allemagne. A cause du vieillissement de la population, de plus en plus de travailleurs ont des limitations physiques au travail. Par ailleurs, le faible taux de chômage et le manque grandissant de personnel qualifié obligent les entreprises à s’adapter pour conserver les travailleurs et à considérer leurs compétences. La législation contraint déjà les entreprises de plus de 20 salariés à consacrer 5 % des postes à des personnes en situation de handicap, sous peine d’amende compensatoire pouvant aller jusqu’à 300 euros par mois. Mais pour encourager les bonnes pratiques, les initiatives patronales se multiplient.
Avec plus de 15 % de travailleurs handicapés, Bohrma dépasse les quotas imposés. Elle reste une entreprise compétitive sur le marché. Ses carnets de commandes sont pleins, elle exporte dans le monde entier et verse des salaires élevés. La clé du succès ? L’aide de Perspektiva, une association lancée il y a dix-huit ans par un collectif local d’entreprises et d’établissements de formation pour favoriser l’intégration par le travail des personnes en difficulté psychologique et en situation de handicap, hors établissement spécialisé.
Joachim Pentz est un de ses permanents. « Nous accueillons d’abord les personnes fragilisées dans un centre. Quand c’est nécessaire, nous les entraînons à certaines compétences sociales comme la ponctualité ou l’endurance au travail. Et puis nous les plaçons dans les entreprises avec beaucoup de suivi pour rassurer les deux côtés. Il y a une phase de test, pour trouver la bonne place au travailleur, puis on augmente graduellement son temps de travail. A la fin, si cela fonctionne, il est embauché, au même tarif que les autres », explique-t-il.
Dans la région de Fulda, qui compte beaucoup de petites sociétés industrielles familiales comme Bohrma, il est désormais de bon ton pour une entreprise d’être membre de Perspektiva. Conséquence : les barrières psychologiques à l’embauche des handicapés tombent. Et les patrons observent les effets sur les autres salariés. « La plupart le disent : le sentiment de solidarité entre les travailleurs, de responsabilité, est plus fort. Tous sont davantage attachés à l’entreprise et plus motivés », souligne M. Pentz.
L’agence fédérale pour l’emploi aide les patrons dans cette démarche. Elle dispose d’un bureau spécialisé pour le placement des handicapés et l’accompagnement des entreprises. Et dans les firmes de taille ­importante, un référent spécial aux personnes handicapées participe à toutes les réunions du Betriebsrat, le conseil d’entreprise, organe de représentation des salariés dans le dialogue avec la direction. Une fois les barrières psychologiques levées, les subventions aplanissent souvent les dernières difficultés pour les employeurs. Outre les aides à l’aménagement des lieux de travail en cas de limitation physique, la loi prévoit des subventions, limitées à deux ans, pouvant atteindre 70 % de la ­rémunération d’un salarié handicapé.
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.
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Au Royaume-Uni, la mort des partenariats public-privé

Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Le Royaume-Uni, qui a été l’un des principaux leadeurs des partenariats public-privé, a désormais presque cessé d’y recourir. De 2002 à 2007, les autorités britanniques ont signé en moyenne 55 contrats de ce type par an. L’an dernier (avril 2016 à mars 2017), elles n’en ont passé qu’un seul, selon un récent rapport du National Audit Office, l’équivalent britannique de la Cour des comptes.
La quasi-disparition des private finance initiative (PFI), pour reprendre la terminologie officielle anglaise, est la conséquence logique de défauts de plus en plus apparents. Ce système permet de faire financer un investissement public – par exemple la construction d’un hôpital ou d’une école – par le secteur privé. L’Etat n’a pas besoin de débourser d’argent, donc l’emprunt n’apparaît pas dans les comptes publics. Mais au bout d’une dizaine d’années, les remboursements commencent, s’étendant sur des décennies.

C’est exactement ce qu’il se passe actuellement au Royaume-Uni. Après les années 2000, où ces investissements semblaient indolores, il est désormais l’heure de payer : 700 PFI sont actuellement en cours ; l’an dernier, les autorités publiques ont dû verser 10,3 milliards de livres (11,5 milliards d’euros) pour les honorer. En l’état actuel des choses, les remboursements vont s’élever au total à 199 milliards de livres, et s’étaleront jusqu’aux années 2040.
Impopulaires
Dans ces circonstances, les PFI sont devenus très impopulaires. Le gouvernement conservateur ose à peine les défendre – et n’y recourt plus. Quant au Parti travailliste, sous la houlette de son leadeur très à gauche Jeremy Corbyn, il a fait de la fin des PFI l’un de ses grands objectifs. Il propose de supprimer la majeure partie d’entre eux, en les ramenant directement sous le contrôle du secteur public. Le 8 février, John McDonnell, en charge de l’économie au Labour, estimait que les entreprises privées concernées ne seraient pas nécessairement compensées : « Le Parlement déterminera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le bailleur affirme qu’il ne peut être tenu pour responsable des problèmes d’évacuation des eaux usées, du fait que ces derniers sont liés à un problème de conception de l’immeuble.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Quand faut-il finaliser son CV et ses lettres de motivation ? Est-il risqué de formuler un seul vœu ? Les réponses des conseillères d’orientation du CIO Médiacom, lors d’un tchat sur Le Monde.fr.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Les rapports critiques de la Cour des comptes se succèdent et la ministre de la justice, Nicoles Belloubet, renonce à ces contrats pour le futur programme de construction de prisons.
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Trop coûteux, les partenariats public-privé n’ont plus la cote

Les rapports critiques de la Cour des comptes se succèdent et la ministre de la justice, Nicoles Belloubet, renonce à ces contrats pour le futur programme de construction de prisons.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 12h30
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Les partenariats public-privé (PPP) pour construire les 7 000 places de prison prévues et des tribunaux, c’est terminé. La ministre de la justice l’a confirmé vendredi 9 mars. Nicole Belloubet a repris à son compte les critiques formulées par ses prédécesseurs socialistes et celles de la Cour des comptes dans son rapport de décembre 2017 sur l’immobilier de la justice, appelant à « mettre fin à la fuite en avant » que constitue le PPP « en raison de son coût et de son insoutenabilité financière ». Il n’aura donc pas vécu plus de quinze ans, en France, mais le dernier contrat signé par l’Etat, celui du Palais de justice de Paris, ne s’éteindra qu’en 2044.
Importé du Royaume-Uni en France au début des années 2000, le contrat de PPP permet à une collectivité locale, un ministère, de confier à un seul opérateur privé non seulement la conception, la construction et le financement d’un bâtiment ou d’un équipement public mais aussi son exploitation sur une longue période, de vingt-cinq à trente ans. L’utilisateur public paiera un loyer à compter de la réception du bien et tout au long de cette super-concession, puis en récupérera à terme la propriété. L’opérateur privé est, en général, un consortium formé d’une entreprise du BTP pour la conception et la construction, d’exploitants pour des services variés, chauffage, ménage, hôtellerie, sécurité, et d’un financeur, fonds d’investissement ou banque.
A ce jour, 250 contrats de partenariat au sens juridique strict, ont été conclus. Dès 2002, quatre ministères étaient précurseurs en utilisant ces formules approchées du PPP : ceux de la défense, de l’intérieur, de la santé, pour édifier ou rénover casernes, gendarmeries, commissariats, hôpitaux, et surtout de la justice, pour 14 établissements pénitentiaires et deux palais de justice, à Caen et Paris.
Nicolas Sarkozy aura été un ardent promoteur des PPP, en tant que ministre des finances puis comme président de la République, entre 2007...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Pour l’universitaire spécialiste de la violence politique, le groupe de Tarnac « incarne ce qu’il y a de plus radical aujourd’hui ».
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Isabelle Sommier : « Il n’y a pas, pour le moment, de menace d’ultragauche »

Pour l’universitaire spécialiste de la violence politique, le groupe de Tarnac « incarne ce qu’il y a de plus radical aujourd’hui ».



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h27
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            
Professeure de sociologie politique à Paris-I, spécialiste des mouvements sociaux et de la violence, Isabelle Sommier décrypte, dans un entretien au Monde, la réalité de l’ultragauche en France. Deux livres viennent de sortir sous sa direction : La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours (avec Nicolas Lebourg, Riveneuve, 2017) ; Marseille années 68 (avec Olivier Fillieule, Les Presses de Sciences Po, 25 euros, 612 pages). Elle participera, mardi 13 mars ,à un colloque consacré à l’ultragauche, organisé par la Fondation Jean-Jaurès.

Comment définir l’ultragauche ?
Aucun des différents groupes ou collectifs n’accepte l’appellation d’« ultragauche ». Je l’utilise pour distinguer l’extrême gauche, qui est composée de partis, de formations institutionnalisées. L’ultragauche est, elle, faite d’ensembles informels, de groupes affinitaires, souvent constitués autour de personnalités, comme c’est particulièrement net pour le groupe dit de Tarnac.
L’ultragauche a deux filiations historiques. D’abord l’opposition dite de gauche au marxisme-léninisme dans les années 1920 avec le conseillisme, Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Anton Pannekoek, puis avec le groupe Socialisme ou barbarie. Ensuite avec le mouvement autonome qui puise ses racines dans le Parti communiste italien mais qui, en arrivant en France au milieu des années 1970, va avoir une inflexion beaucoup plus libertaire. Mais la matrice de l’ultragauche est dans le communisme. Elle s’est développée avec une hybridation de plus en plus forte avec la culture libertaire.
Quelles en sont les sous-familles ?
Certains sont, comme pour Tarnac, d’influence post-situationniste. Cela se note dans le jeu sur la langue, la dénonciation de la société de consommation. Il y a un autre ensemble, la famille anti-industrielle, plus de matrice anarchiste, qui se développe beaucoup – on l’a vu avec l’occupation de l’Ecole...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Huit personnes sont jugées devant le tribunal correctionnel de Paris à partir de mardi, dont Julien Coupat et Yildune Lévy, accusés d’avoir saboté des lignes de TGV en 2008.
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Tarnac, le procès d’un sabotage et d’un fiasco judiciaire

Huit personnes sont jugées devant le tribunal correctionnel de Paris à partir de mardi, dont Julien Coupat et Yildune Lévy, accusés d’avoir saboté des lignes de TGV en 2008.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 12h15
    |

            Henri Seckel








                        



   


Ce fut un emballement spectaculaire, alors le contraste l’est aussi, forcément, entre le déclenchement de « l’affaire de Tarnac », il y a dix ans, et sa conclusion judiciaire qui approche. En 2008, Tarnac était une histoire de terrorisme. En 2018, c’est un procès de droit commun. C’était la résurgence de l’« ultragauche » des années de plomb qui voulait abattre l’Etat. Il en reste huit prévenus qui comparaissent devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris à partir du mardi 13 mars et jusqu’au 30 mars.
Pendant près de trois semaines, Julien Coupat, 43 ans, et Yildune Lévy, 34 ans, vont être jugés pour « dégradations d’un bien appartenant à autrui » – en l’occurrence un TGV de la SNCF et des câbles électriques de Réseau ferré de France. Eux deux et deux autres prévenus, Elsa Hauck, 33 ans, et Bertrand Deveaud, 31 ans, sont aussi jugés pour « association de malfaiteurs », en raison de leur participation à une manifestation s’étant achevée par des heurts avec les forces de l’ordre. Ils encourent dix ans de prison ; les quatre derniers doivent répondre de délits mineurs (« refus de se soumettre au prélèvement biologique », « recel de documents administratifs volés »).

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Tout ça – des mois de filature, 15 000 heures d’écoute, un dossier de 27 000 pages – pour ça. Ce procès, qui n’a pas lieu aux assises en raison du rejet par la Cour de cassation, en janvier 2017, de la qualification terroriste, constitue le dernier acte d’un feuilleton dont la trace dans l’histoire sera peut-être moins celle d’un sabotage que celle de son exploitation politique et d’un fiasco judiciaire.
Incarnation de la menace
Retour en 2008. Dans la nuit du 7 au 8 novembre, quatre lignes de TGV sont sabotées selon le même modus operandi : un crochet en fer à béton posé sur une caténaire, qui agrippe le pantographe du train sur son passage. Aucun risque de déraillement, mais suffisamment de dégâts pour paralyser une partie du réseau SNCF. Trois jours plus tard a lieu une vague d’interpellations, notamment à Paris et à Tarnac, en Corrèze, village de 320 âmes investi par 150 policiers encagoulés, sous l’œil de nombreuses caméras.
Les perquisitions sont encore en cours lorsque Michèle Alliot-Marie, ministre (UMP) de l’intérieur, se félicite de l’arrestation d’une vingtaine d’individus issus de la « mouvance anarcho-autonome ». Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, évoque un groupe appelé « cellule invisible », « qui avait pour objet la lutte armée », et dont « il n’est pas exclu qu’il ait envisagé des actions contre des personnes ». Il est question de « commando » et de « guérilleros » dans les médias ; neuf personnes sont mises en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme » ; Julien Coupat devient l’incarnation de la menace, dans une France qui n’a pas encore connu Mohamed Merah ni les attentats de 2015 et 2016. Pour la toute nouvelle direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), ce « FBI à la française » voulu par le président Nicolas Sarkozy élu un an plus tôt, c’est une belle prise.
Les enquêteurs affirment, sur la foi d’un témoin anonyme, que Julien Coupat, alors âgé de 34 ans, est le cerveau du « groupe de Tarnac », qu’il aurait endoctriné. Selon ce dernier, Coupat aurait assuré qu’« il pourrait être un jour envisagé d’avoir à tuer, car la vie humaine a une valeur inférieure au combat politique », et son objectif serait « le renversement de l’Etat » selon des méthodes décrites dans l’ouvrage L’Insurrection qui vient (éditions La Fabrique, 2007), dont il est présenté comme « le théoricien ».

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Dossier fragile
C’est lui qui serait, avec Yildune Lévy, sa compagne âgée de 25 ans, l’auteur du sabotage survenu à Dhuisy, en Seine-et-Marne, affirment les enquêteurs, qui surveillent tout ce petit monde depuis des mois, à la suite d’informations fournies par un agent secret britannique infiltré dans la mouvance altermondialiste. Ainsi, selon un long procès-verbal de filature, aujourd’hui connu sous le nom de « PV 104 », les deux suspects se sont rendus en Seine-et-Marne dans la soirée du 7 novembre, et leur véhicule a été vu à 4 heures du matin stationnant pendant vingt minutes sur les lieux où le sabotage allait avoir lieu une heure plus tard.
Très vite, pourtant, l’instruction va patiner. Les mis en examen sont relâchés les uns après les autres, y compris Julien Coupat, en mai 2009, après six mois à la Santé. Le procureur de Paris a beau rappeler que cette libération « ne saurait être interprétée comme le signe de l’absence ou l’insuffisance de charges », le dossier, auquel les médias ont largement accès, semble fragile.
D’abord, l’identité du témoin anonyme a fuité, et celui-ci, filmé à son insu par TF1 en novembre 2009, révèle que son témoignage n’en était pas un : il dit avoir signé un texte rédigé à l’avance par les enquêteurs. Quant au fameux « PV 104 », son authenticité est remise en cause par les avocats de la défense, qui y ont relevé de nombreuses incohérences concernant les horaires, les trajets et les effectifs de police présents. Et qui soulignent qu’aucun des dix-huit agents censés avoir effectué la filature n’a vu les suspects procéder au sabotage.
Charge symbolique
Me Thierry Lévy, avocat de Julien Coupat, dénonce alors « un scandale d’Etat » : « Le gouvernement a pris la responsabilité d’ordonner des enquêtes en incitant les policiers et les juges à se montrer peu scrupuleux afin de donner consistance à quelque chose qui n’existe pas ». Une partie de la gauche – François Hollande en tête – dénonce une manœuvre politique, ainsi résumée par le député socialiste André Vallini : « Le gouvernement cherche à entretenir un climat, pour ne pas dire une psychose sécuritaire, et comme la délinquance ne suffit plus toujours à impressionner l’opinion publique, il semble qu’il cherche à utiliser la menace terroriste en essayant de l’amalgamer avec la mouvance de l’ultragauche. » Symbole d’un dossier devenu ingérable, le juge d’instruction Thierry Fragnoli en est dessaisi au bout de trois ans – il exerce aujourd’hui à Papeete, à 16 000 kilomètres de Tarnac.

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Pour Me Marie Dosé, avocate de Yildune Lévy, les prochaines semaines seront « le procès d’une instruction qui s’est émancipée des grands principes de prudence et de présomption d’innocence ». Me Jérémie Assous, qui défend les sept autres prévenus, se réjouit quant à lui de faire « le procès de l’antiterrorisme ». Il est toutefois peu probable que Michèle Alliot-Marie, Jean-Claude Marin ou encore l’ancien patron de la DCRI Bernard Squarcini, tous cités comme témoins par la défense, se présentent à la barre.
La juge Corinne Goetzmann s’attachera à maintenir les débats sur les faits. Mais il lui sera difficile de déshabiller ce procès de toute sa charge symbolique, laquelle sera d’autant plus forte que, à quelques semaines du déménagement du tribunal de grande instance de Paris dans le 17e arrondissement, Tarnac sera la dernière grande affaire en correctionnelle jugée sur l’île de la Cité.



                            


                        

                        

