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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ La première ministre britannique, Theresa May, a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.
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Ex-espion russe empoisonné en Angleterre : « très probable » que la Russie soit responsable

La première ministre britannique, Theresa May, a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h32
   





                        



   


La première ministre britannique Theresa May a déclaré, lundi 12 mars devant les députés britanniques, qu’il était « très probable » que la Russie soit responsable de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille le 4 mars dernier dans le sud de l’Angleterre.
Soulignant que l’agent innervant utilisé contre M. Skripal et sa fille ioulia était une substance « de qualité militaire » développée par la Russie, Mme May a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques. Soit l’Etat russe est directement responsable de leur empoisonnement, soit il a laissé leurs agresseurs se procurer l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury, a-t-elle ajouté. Si la Russie ne fournit aucune réponse crédible, la Grande-Bretagne conclura que cet acte équivaut à un usage de la force sur le territoire britannique, a-t-elle conclu.
« D’aucune façon le problème de la Russie »
Interrogé par la BBC sur une éventuelle responsabilité de la Russie, le président russe, Vladimir Poutine, a répondu :
« Tirez les choses au clair de votre côté et après nous en parlerons avec vous. »
L’ambassade de Russie à Moscou a, de son côté, déclaré que Londres joue un « jeu très dangereux » dans sa manière de mener l’enquête sur l’empoisonnement en Angleterre d’un ex-agent double russe.
Interrogé plus tôt, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait répondu n’avoir « pas entendu de déclarations de responsables politiques britanniques selon lesquelles la Russie est impliquée ». « Le citoyen russe mentionné avait travaillé pour l’un des services secrets britanniques, l’incident s’est passé sur le territoire britannique et ce n’est d’aucune façon le problème de la Russie, encore moins de ses dirigeants », a-t-il ajouté au cours d’un point de presse. Moscou a déjà qualifié les allégations de « propagande ».
Londres accusé de vouloir boycotter le Mondial
La télévision d’Etat russe a, par ailleurs, accusé les autorités britanniques d’avoir elles-mêmes empoisonné l’ancien agent double pour perturber l’organisation de la Coupe du monde de football en Russie l’été prochain. « Skripal ne servait plus à rien en tant que source. Mais il est très utile en tant que victime d’empoisonnement. Pourquoi ne pas l’empoisonner ? Ça ne coûte rien. Et avec sa fille tant qu’à faire pour rendre la chose encore plus émouvante pour l’opinion publique », a commenté Dmitri Kiseliov, le principal présentateur pro-Kremlin.
Selon M. Kiseliov, un protégé de Vladimir Poutine, l’émotion suscitée par cette affaire fournit à Londres un prétexte pour organiser le boycottage du Mondial de football.
Skripal et sa fille toujours dans un état critique
Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont à l’hôpital dans un état critique depuis le 4 mars, jour où ils ont été retrouvés inconscients sur un banc devant un centre commercial de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.
La police a établi qu’un agent innervant – substance chimique qui agit sur le système nerveux et peut entraîner la mort – était à l’origine de leur état, mais elle n’a pas dit plus précisément de quelle substance il s’agissait.
Plusieurs centaines de personnes qui ont fréquenté un restaurant italien et un pub de Salisbury, où avaient été Sergueï Skripal et sa fille avant de plonger dans un état inconscient, ont été invitées dimanche à nettoyer soigneusement leurs vêtements, des traces de l’agent innervant ayant été retrouvées dans ces deux endroits.

        Lire :
         

          L’empoisonnement de Sergueï Skripal ravive le spectre du « laboratoire des poisons » soviétique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.
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Pinar Selek : « Le mouvement “#metoo” est un peu du “déjà-vu” en Turquie »

Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h00
    |

Pinar Selek (Sociologue-docteure en science politique, université Nice Sophia Antipolis)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, la fameuse action féministe #metoo a secoué plusieurs hommes de différents secteurs du pouvoir. Les nouvelles technologies de communication – les nouvelles ressources militantes de notre époque – ont joué un rôle important dans la libération et la diffusion des paroles des femmes. Ce mouvement est rapidement devenu non seulement populaire mais aussi transnational. S’il est le fruit des luttes féministes de longue date, il a suscité une revitalisation politique des mouvements féministes, généralement occidentaux.
L’autoritarisme rampant du régime islamo-conservateur met en place une politique de réislamisation de la société
Et la Turquie ? Celles ou ceux qui connaissent l’importance du mouvement féministe dans l’espace des luttes sociales de ce pays, se demandent comment les femmes en Turquie ont réagi à cette tempête ? La réponse est courte : le mouvement #metoo n’a pas eu un impact en Turquie.
Pourquoi ? Pouvons-nous expliquer cette situation avec la peur qui domine dans toute la société ? Les femmes n’ont pas osé révéler leurs expériences, parce qu’elles avaient peur ? Parce que le patriarcat en Turquie est plus fort qu’ailleurs ? Ce n’est pas si simple. L’exemple de Turquie, par sa complexité frappante, nous impose d’éviter des catégorisations classiques, mais de voir les liens entre plusieurs facteurs.
Nous parlons d’un contexte politique où règne la masculinité meurtrière qui se renforce avec la violence politique dans un climat de guerre. L’autoritarisme rampant d’un régime islamo-conservateur met en place, en parallèle aux mesures de plus en plus répressives, une politique de réislamisation de la société. Cela serait utopique, voire anodin, d’attendre que, dans ce contexte, un tel mouvement émerge ? Non, pas du tout, car aujourd’hui malgré le tableau général, le mouvement féministe constitue l’un des plus dynamiques en Turquie.
Radicalisme pragmatique
Apparu dans un climat de paralysie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.
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Au Royaume-Uni, la mort des partenariats public-privé

Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Le Royaume-Uni, qui a été l’un des principaux leadeurs des partenariats public-privé, a désormais presque cessé d’y recourir. De 2002 à 2007, les autorités britanniques ont signé en moyenne 55 contrats de ce type par an. L’an dernier (avril 2016 à mars 2017), elles n’en ont passé qu’un seul, selon un récent rapport du National Audit Office, l’équivalent britannique de la Cour des comptes.
La quasi-disparition des private finance initiative (PFI), pour reprendre la terminologie officielle anglaise, est la conséquence logique de défauts de plus en plus apparents. Ce système permet de faire financer un investissement public – par exemple la construction d’un hôpital ou d’une école – par le secteur privé. L’Etat n’a pas besoin de débourser d’argent, donc l’emprunt n’apparaît pas dans les comptes publics. Mais au bout d’une dizaine d’années, les remboursements commencent, s’étendant sur des décennies.

C’est exactement ce qu’il se passe actuellement au Royaume-Uni. Après les années 2000, où ces investissements semblaient indolores, il est désormais l’heure de payer : 700 PFI sont actuellement en cours ; l’an dernier, les autorités publiques ont dû verser 10,3 milliards de livres (11,5 milliards d’euros) pour les honorer. En l’état actuel des choses, les remboursements vont s’élever au total à 199 milliards de livres, et s’étaleront jusqu’aux années 2040.
Impopulaires
Dans ces circonstances, les PFI sont devenus très impopulaires. Le gouvernement conservateur ose à peine les défendre – et n’y recourt plus. Quant au Parti travailliste, sous la houlette de son leadeur très à gauche Jeremy Corbyn, il a fait de la fin des PFI l’un de ses grands objectifs. Il propose de supprimer la majeure partie d’entre eux, en les ramenant directement sous le contrôle du secteur public. Le 8 février, John McDonnell, en charge de l’économie au Labour, estimait que les entreprises privées concernées ne seraient pas nécessairement compensées : « Le Parlement déterminera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les bénéficiaires disent comprendre la décision controversée de ne pas servir des repas aux étrangers.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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A Essen, à la soupe populaire réservée aux Allemands

Les bénéficiaires disent comprendre la décision controversée de ne pas servir des repas aux étrangers.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h16
    |

            Thomas Wieder (Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur le site Internet de la soupe populaire d’Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), c’est bien précisé : « Nouvelles inscriptions : mercredi, 9 heures. » Alors, pour être sûr d’être accepté, Omar est venu dix minutes en avance. A la porte, une femme : « C’est pour quoi ?
– Je viens m’enregistrer.
– Il est trop tard. 
– Mais il n’est pas encore 9 heures…
– Désolé, ça ne va pas être possible. »
La porte se referme. Omar insiste. Cette fois, il brandit un passeport. Un passeport allemand. Quelques minutes plus tard, la femme revient vers lui : « C’est bon. Entrez… »
En venant s’inscrire à la soupe populaire d’Essen, mercredi 7 mars, Omar s’attendait à ce genre de contrariété. Agé de 68 ans, ce mécanicien à la retraite se doutait que son « visage un peu bronzé » risquait de jouer en sa défaveur. Comme tout le monde ici, il a entendu parler du nouveau règlement, en vigueur depuis janvier mais qui a provoqué un débat à l’échelle nationale après avoir été révélé par la presse, fin février. Celui-ci est affiché sur la porte d’entrée : « En raison de l’augmentation du nombre de réfugiés ces dernières années, la part d’étrangers parmi nos clients a atteint 75 %. Pour garantir une intégration raisonnable, nous sommes dans l’obligation de n’accepter que des clients ayant un passeport allemand. »

Fils d’immigrés libanais arrivés en Allemagne dans les années 1960, « électeur écolo depuis trente ans », Omar « aurai[t] bien sûr préféré qu’on n’en arrive pas à une telle décision ». Mais au fond, il comprend. « Les gens qui s’indignent ne savent pas de quoi ils parlent. Les Kurdes, les Syriens, les Irakiens, tous ceux qui sont arrivés récemment, ils ne respectent rien, surtout les jeunes. Dans les magasins, ils ne font pas la queue, ils emmerdent les gens, ils ne pensent qu’à profiter du système. Moi, j’ai mis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les autorités sont critiquées pour avoir tardé à alerter sur un risque de contamination.
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Espion empoisonné : Theresa May exhortée à agir contre la Russie

Les autorités sont critiquées pour avoir tardé à alerter sur un risque de contamination.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h24
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Qu’un agent double russe et sa fille se fassent empoisonner en plein Salisbury, petite ville tranquille du sud de l’Angleterre, était déjà embarrassant pour le gouvernement de Theresa May. Qu’il ait fallu une semaine pour mettre en garde la population locale contre un risque potentiel de contamination ne va pas faciliter la tâche de la première ministre britannique, déjà accusée de mollesse pour son refus de montrer explicitement du doigt la Russie de Vladimir Poutine.
Dimanche 11 mars, sept jours après que Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été découverts inconscients sur un banc dans un quartier commerçant de Salisbury, les autorités sanitaires ont révélé que des traces de contamination à l’agent innervant qui leur a été administré ont été retrouvées au restaurant italien Zizzi et au pub The Mill. Les victimes, hospitalisées en soins intensifs et dont l’état était jugé, dimanche, « critique mais stable », avaient fréquenté ces établissements avant de tomber dans le coma. Les quelque 500 autres clients qui s’y sont rendus les 4 ou 5 mars ont été invités à nettoyer tous leurs vêtements et objets personnels.
Sanctions financières
Des consommateurs, interrogés par la BBC, ont protesté contre ces conseils tardifs, ayant parfois oublié quels vêtements ils portaient ces jours-là. Il n’y a « aucune raison de paniquer », a tenté de les rassurer le National Health Service, le service national de santé, qualifiant de « faible » le risque de contamination et assurant que les précautions prises étaient de type « ceinture et bretelle ».
La nature du poison – dont l’analyse pourrait trahir l’origine – n’a pas été rendue publique par les autorités, alors que plus de 250 policiers antiterroristes appuyés par 180 militaires analysent plus de 240 indices et 200 témoignages. Outre le restaurant et le pub, la maison de Sergueï Skripal, à Salisbury, et le cimetière de la ville, où sont enterrés son épouse et leur fils morts récemment, font l’objet d’investigations. Le mystère reste entier sur le mode d’administration du poison : livré à domicile par colis ? Introduit dans un bouquet de fleurs au cimetière visité par l’ancien espion, le 1er mars, à l’occasion de l’anniversaire de son fils ? Apporté par Youlia, arrivée récemment de Moscou, dans un « cadeau offert par des amis » ?

        Lire aussi :
         

                A ce stade, Poutine « se moque éperdument » de l’ingérence dans l’élection américaine



Pour Theresa May, l’état de santé « grave mais stable » de Nick Bailey, le policier hospitalisé après avoir porté secours aux victimes, est un autre sujet de préoccupation, accroissant la pression pour qu’elle hausse le ton vis-à-vis de la Russie, lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale, lundi 12 mars. « Si l’implication d’un Etat étranger venait à être prouvée (…), le gouvernement répondrait de manière appropriée », a répété, dimanche, le ministre des finances, Philip Hammond, à la BBC. Modéré, il a rejoint ses collègues des affaires étrangères, Boris Johnson, et de la défense, Gavin Williamson, qui réclament des sanctions financières contre Moscou dont l’implication pourrait être difficile à prouver.
D’ailleurs, le Parti conservateur au gouvernement pourrait avoir, tout comme les clients du Zizzi ou du pub The Mill, à laver son linge sale : selon le Times, les tories ont perçu, depuis 2010, plus de 3 millions de livres (3,4 millions d’euros) de dons d’hommes d’affaires russes et de lobbyistes souvent liés au régime Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.
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Zone euro : la fronde des pays du Nord face aux ambitions de Macron

Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Lundi 12 mars, l’Eurogroupe devait plancher à Bruxelles sur la préparation d’un sommet de la zone euro prévu à la fin du mois. Un sommet capital, au cours duquel Paris et Berlin pourraient enfin présenter une position commune sur l’avenir de l’eurozone, après six mois de tergiversations politiques en Allemagne pour former une coalition gouvernementale entre conservateurs de la CDU et sociaux-démocrates du SPD.
La réunion des ministres des finances de la zone euro, lundi, risquait cependant d’être plombée par une récente prise de position de huit pays du nord de l’Europe, emmenés par les Pays-Bas, aux côtés des trois Etats baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), de la Suède, de la Finlande, du Danemark et de l’Irlande.

Cette « alliance du Nord » défend une vision du futur de la zone euro nettement moins ambitieuse que celle d’Emmanuel Macron. Un avenir qui passe avant tout, soulignent ces pays dans une lettre commune diffusée le 6 mars, par « le respect des règles communes », à commencer par le pacte de stabilité et de croissance, et son fameux plafond d’un déficit public à 3 % du produit intérieur brut.
« Quand on a des visions, il faut aller chez le docteur »
Pas un mot sur la nécessité de se doter d’un ministre des finances, d’un budget commun et encore moins d’un Parlement de la zone euro, contrairement à ce qu’avait réclamé le président français dans son discours de la Sorbonne, fin septembre 2017. Il s’agit davantage de se concentrer sur les réformes dont « l’eurozone a besoin » plutôt que sur celles qu’il serait « sympathique d’avoir ».
Le premier ministre libéral néerlandais, Mark Rutte, a pris la tête de ce cercle des « pays vertueux »
La formule rappelle, en moins brutal, le « quand on a des visions, il faut aller chez le docteur » lancé en septembre par Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, juste après un discours du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le soldat qui gardait le bâtiment a été blessé puis a tiré sur son agresseur.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Attaque au couteau devant la résidence de l’ambassadeur d’Iran à Vienne

Le soldat qui gardait le bâtiment a été blessé puis a tiré sur son agresseur.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 02h54
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 07h56
   





                        


Un Autrichien de 26 ans a agressé au couteau un soldat de garde devant la résidence de l’ambassadeur d’Iran à Vienne, dimanche 11 mars au soir. Le militaire a abattu l’homme avec son arme de service, selon la police.
L’assaillant « est mort sur place », a dit à l’AFP un porte-parole de la police, Harald Söros. Selon un porte-parole du ministère de la défense, cité par l’agence APA, il s’agissait d’un homme domicilié à Vienne et originaire de la province autrichienne du Tyrol.
Les motivations de l’assaillant ne sont pas connues pour l’heure. Les faits se sont déroulés vers 23 h 35, selon la police, dans un quartier résidentiel de Vienne.
Surveillance renforcée
Le soldat, qui se trouvait devant une guérite à l’entrée de l’ambassade, a été blessé à un bras. « Il a dans un premier temps fait usage de spray au poivre » contre son assaillant, avant de tirer, a précisé M. Söros.
Selon les premières constatations, le soldat « a agi dans les règles », selon le porte-parole du ministère de la défense. La police a ordonné un renforcement de la surveillance autour de toutes les représentations diplomatiques de Vienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Un restaurant et un pub de Salisbury fréquentés par Sergeï Skripal et sa fille quand ils ont été empoisonnés ont révélé des traces de contamination. Les clients ont été alertés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Empoisonnement d’un ex-espion russe : deux établissements contaminés

Un restaurant et un pub de Salisbury fréquentés par Sergeï Skripal et sa fille quand ils ont été empoisonnés ont révélé des traces de contamination. Les clients ont été alertés.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 21h51
   





                        



   


Des traces de contamination à l’agent innervant administré à un ex-espion russe et à sa fille ont été retrouvées dans un restaurant et un pub de Salisbury qu’ils ont fréquentés il y a une semaine, quand ils ont été empoisonnés dans des circonstances encore floues.
Les clients, jusqu’à 500, s’étant rendus dans l’établissement de la chaîne de restauration Zizzi dans cette ville paisible du sud de l’Angleterre ou dans le Mill Pub le jour ou le lendemain de l’empoisonnement ont été invités par les autorités sanitaires à laver leurs affaires.
« Nous avons appris qu’il y a une contamination limitée dans le Mill Pub et le restaurant Zizzi à Salisbury », a déclaré Jenny Harries, directrice médicale adjointe de Public Health England, au cours d’une conférence de presse dimanche 11 mars.
Selon la BBC, des traces de la substance toxique ont été décelées sur et autour de la table où ont déjeuné Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, le 4 mars avant d’être retrouvés inconscients sur un banc de la ville où habite l’ex-agent double.
Laver à sec
« Il peut y avoir un très petit risque pour la santé associé à un contact répété avec des affaires ayant pu être contaminées », a expliqué Mme Harries tout en assurant que les dangers pour le grand public étaient « faibles ».
« A titre de précaution », elle a invité les clients ayant fréquenté les établissements entre le dimanche 4 mars à 13h30 et leur fermeture le lendemain à nettoyer leurs vêtements dans un lave-linge. Ceux ne pouvant être lavés qu’à sec doivent être placés « dans deux sacs plastiques fermés » et « conservés de manière sûre » jusqu’à nouvel ordre. Pour les autres objets, comme les téléphones portables et sacs à main, il faut utiliser des lingettes ou, si ce n’est pas possible, les nettoyer manuellement à l’eau savonneuse.

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                Royaume-Uni : l’empoisonnement de Sergueï Skripal ravive le spectre du « laboratoire des poisons » soviétique



Les victimes se trouvaient dimanche dans un état « critique mais stable » en soins intensifs, a dit pendant la conférence de presse Cara Charles-Barks, la directrice générale du service public de santé (NHS) à Salisbury. Le policier hospitalisé après son intervention est « conscient » mais également « dans un état grave mais stable ».
Enquête « complexe »
Sergueï Skripal et sa fille ont-ils été empoisonnés dans le pub ou le restaurant, désormais fermés pour une durée indéterminée ? Ont-ils été suivis au cours de leurs déplacements ? Le poison se trouvait-il dans un colis livré à domicile ou dans un bouquet de fleurs déposé au cimetière de Salisbury où reposent des parents ? Ou bien Youlia a-t-elle introduit elle-même l’agent innervant au Royaume-Uni en apportant de Moscou un « cadeau offert par des amis » en rendant visite à son père ?

   


Plusieurs pistes sont envisagées, selon la presse britannique, dans le cadre d’une enquête de grande ampleur tentant de faire la lumière sur la tentative de meurtre. C’est une enquête « complexe », a souligné dimanche le chef de la police de Wiltshire, Kier Pritchard. Des renforts militaires ont été dépêchés sur place pour déplacer des objets et des véhicules potentiellement contaminés.
Les enquêteurs ont jusqu’ici identifié plus de 240 témoins et recueilli environ 200 éléments de preuve, avait annoncé la veille la ministre de l’Intérieur Amber Rudd à l’issue d’une réunion d’urgence du gouvernement. Elle avait jugé prématuré de désigner un responsable mais nombreux sont ceux au Royaume-Uni à y voir la main de la Russie, comme le chef de la diplomatie Boris Johnson. Moscou a nié toute implication.
La réponse de May trop « molle »
« Si l’implication d’un Etat étranger venait à être prouvée dans cette enquête, alors évidemment ce serait très grave et le gouvernement répondrait de manière appropriée », a déclaré dimanche le chancelier de l’Echiquier Philip Hammond sur la BBC.
Il a repris les éléments de langage précédemment utilisés par la Première ministre conservatrice Theresa May. Mais selon le Sunday Times, il figure parmi les poids lourds du gouvernement, comme Boris Johnson et le ministre de la Défense Gavin Williamson, qui jugent la réponse de Mme May trop « molle » et l’exhortent à annoncer des sanctions contre la Russie dès lundi. Le Parti conservateur est également critiqué, d’après le journal, pour avoir reçu plus de trois millions de livres (3,4 millions d’euros) de dons de riches russes depuis 2010.
Marina Litvinenko, la veuve d’Alexandre Litvinenko, un ancien agent secret russe et opposant à Vladimir Poutine empoisonné à Londres en 2006, a quant à elle déploré sur la BBC que le Royaume-Uni n’ait « pas tiré les leçons du meurtre de mon mari ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ TFL, l’organisme public qui gère les transports dans la capitale britannique, vient d’interdire des affiches publicitaires invitant les entrepreneurs britanniques à « oublier le Brexit ».
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La « RATP » de Londres n’aime pas l’humour normand

TFL, l’organisme public qui gère les transports dans la capitale britannique, vient d’interdire des affiches publicitaires invitant les entrepreneurs britanniques à « oublier le Brexit ».



Le Monde
 |    11.03.2018 à 19h08
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 09h28
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


La RATP de Londres n’apprécie pas l’humour normand sur le Brexit. Transport for London (TFL), l’organisme public qui gère les transports dans la capitale britannique, vient d’interdire des affiches publicitaires du conseil régional de Normandie invitant les entrepreneurs britanniques à « oublier le Brexit » et à « voter avec leurs pieds » en franchissant la Manche.
TFL assure que la campagne de promotion normande contient « des images et des messages qui évoquent des sujets sensibles ou controversés pour le public ». Le placard controversé se présente sous la forme d’une fausse « une » du journal imaginaire The Normandy Times, proclamant : « Les chefs d’entreprise britanniques peuvent maintenant voter avec leurs pieds et oublier les craintes de l’après-Brexit ». Sous une carte représentant la Manche comme un simple fleuve séparant le sud de l’Angleterre de la Normandie, le « journal » titre : « Une région française ouverte aux affaires permet aux entreprises britanniques de prospérer en Europe » Le texte enfonce le clou de l’inquiétude des milieux économiques britanniques en invitant les investisseurs à « agir maintenant alors que l’article 50 a été déclenché il y a plus d’un an, sans qu’aucun signe d’accord commercial entre la Grande Bretagne et l’UE se profile. » 
« Magical Norman Tour »
Bannie du métro de Londres, la campagne de l’Agence de développement (AD) du conseil régional va pouvoir néanmoins se déployer dans la presse britannique à partir du 14 mars et dans cinq villes britanniques — Bristol, Birmingham, Manchester, Cambridge et Londres — que visitera un bus promotionnel lors d’un « Magical Norman Tour ». AD Normandie dit que « cette opération de charme » est destinée à « séduire les entrepreneurs britanniques et la réponse de la Normandie à l’atmosphère anxiogène post-Brexit. » 
Le président de la région, Hervé Morin, a dit « regretter vivement » le refus de TFL, insistant sur les réductions d’impôt et les prêts d’installation proposés aux entrepreneurs désireux de « rester dans la zone euro ». 
Ironiquement, la décision de l’autorité des transports londoniens ne fait que renforcer l’écho de la campagne de promotion normande conçue dans la lignée de celle lancée en 2016 par le quartier d’affaires parisien de la Défense, qui proclamait : « Tired of the fog ? Try the frogs ! » (« Marre du brouillard ? Essayez les grenouilles ! ») surnom des Français pour les Anglo-Saxons.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le représentant au commerce américain a participé, samedi, à une réunion avec la commissaire au commerce de l’UE à Bruxelles, sans parvenir à un accord.
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Taxes américaines : l’Union européenne demande toujours une exemption

Le représentant au commerce américain a participé, samedi, à une réunion avec la commissaire au commerce de l’UE à Bruxelles, sans parvenir à un accord.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 19h40
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 06h39
   





                        



   


L’Union européenne n’a pas obtenu, samedi 10 mars, satisfaction sur sa demande d’être exemptée des taxes douanières imposées par Donald Trump sur l’acier et l’aluminium, après avoir mis en garde Washington contre le risque d’une guerre commerciale.
Les Européens ont signifié leur déception samedi au représentant au commerce américain Robert Lighthizer, venu à Bruxelles pour une réunion prévue de longue date avec la commissaire au commerce Cecilia Malmström et le ministre japonais de l’économie Hiroshige Seko. Le Japon, comme l’Union européenne, exige d’être exempté des taxes américaines.

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« La discussion a été franche » mais « nous n’avons pas obtenu de clarté immédiate sur la procédure pour être exemptés et les discussions vont se poursuivre la semaine prochaine », a annoncé Mme Malmström dans un message sur son compte Twitter, à l’issue de la rencontre qui a duré environ quatre heures.
« Nous sommes un allié proche et un partenaire commercial des Etats-Unis. A ce titre, l’Union européenne doit être exclue des mesures annoncées » par le président Donald Trump, a encore répété Mme Malmström.
Mise en garde sur les conséquences
Les entretiens ont également porté sur la coopération entre les trois partenaires pour lutter contre les pratiques de dumping et les problèmes posés par les surcapacités dans le secteur de la sidérurgie. Les Européens ont fait état de bons résultats sur cette partie de la rencontre et espèrent que leurs efforts seront pris en compte par Donald Trump.
Les Européens et les Japonais n’attendaient pas de décision samedi mais ils ont souhaité mettre la pression sur les Américains. Le président français Emmanuel Macron avait quant à lui, mis en garde vendredi soir son homologue américain contre les conséquences de sa décision :
« De telles mesures visant des pays alliés, qui respectent les règles du commerce mondial, ne seraient pas efficaces pour lutter [contre] les pratiques déloyales. L’Europe répondra de manière claire et proportionnée contre toute pratique infondée et contraire aux règles du commerce mondial. »
Le vice-président de la Commission Jyrki Katainen a également commenté la décision américaine vendredi à Bruxelles :
« Il ne s’agit pas d’une négociation commerciale. Ce dont nous parlons, c’est d’une action unilatérale contre les règles internationales. Nous voulons solder cela avant que ça devienne réellement un problème. »
L’UE a préparé des contre-mesures si Donald Trump persiste dans son intention de sanctionner ses sidérurgistes. Ainsi trois options existent :
La plus immédiate, applicable en trois mois, consisterait à taxer lourdement, en guise de rétorsion, certains produits américains emblématiques, comme les jeans, les motos de grosse cylindrée ou le beurre de cacahuète, dont Bruxelles a établi une liste.L’UE envisage également de mettre en œuvre des mesures dites « de sauvegarde » pour protéger son industrie des importations étrangères d’acier et d’aluminium.Enfin, elle prévoit de déposer, le cas échéant, une plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que les mesures américaines, sous couvert de protéger la sécurité nationale, ne servent qu’à avantager ses entreprises.

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Un « affront » pour l’Allemagne 
L’Europe a exporté 5,3 milliards d’euros d’acier et 1,1 milliard d’euros d’aluminium en 2017 vers les Etats-Unis. Les Européens restent pour l’instant unis, mais la Commission européenne redoute les initiatives américaines pour les diviser.
« Nous ne pourrons pas accepter que l’UE soit divisée par l’administration américaine », a averti Jyrki Katainen, très explicite à l’adresse des Britanniques, en train de négocier leur départ de l’UE. Il a rappelé que « le Royaume-Uni est toujours membre de l’Union européenne et que cela lui impose des obligations ».
Les alliés et les rivaux des Etats-Unis ont dénoncé depuis jeudi le net virage protectionniste américain et une attaque contre le libre-échange. L’Allemagne, un des plus grands pays exportateurs au monde, directement pointée du doigt par Donald Trump, a été particulièrement virulente, dénonçant un « affront » envers ses alliés.
Pour le ministère chinois du commerce, il s’agit d’un « abus », et le chef de la diplomatie, Wang Yi, a promis une « réponse appropriée » en cas de guerre commerciale avec Washington. La Chine, de loin le premier producteur mondial d’acier, est régulièrement accusée d’être à l’origine de la surcapacité dans le secteur, en raison de ses subventions massives.

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                Ce qu’il faut retenir de la décision de Donald Trump sur l’acier et l’aluminium






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ D’une part, l’institut de Francfort avance vers un retour à la normale de sa politique et, d’autre part, il souhaite relever la part des femmes parmi son encadrement.
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Les petits pas de la Banque centrale européenne

D’une part, l’institut de Francfort avance vers un retour à la normale de sa politique et, d’autre part, il souhaite relever la part des femmes parmi son encadrement.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 15h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Chronique. C’est le genre de détails sibyllins pour le grand public, mais que les spécialistes de la Banque centrale européenne (BCE) – les ECB watchers, en anglais – adorent décortiquer dans tous les sens. Jeudi 8 mars, à l’issue de sa réunion, l’institut monétaire a publié un communiqué où il confirme qu’il ne s’interdit pas de prolonger ses rachats de dettes publiques et privées (le quantitative easing, en anglais, ou QE), aujourd’hui de 30 milliards d’euros par mois, au-delà de septembre. En revanche, il a supprimé la formule selon laquelle il pourrait en augmenter le volume.
Sur le fond, cela ne change pas grand-chose, car la probabilité de voir la BCE gonfler ses rachats de dettes au-delà de la rentrée prochaine était très faible : toute sa stratégie est justement d’en réduire progressivement le volume. A l’inverse, en cas de choc économique majeur, susceptible de faire replonger la croissance européenne, nul doute que son président, Mario Draghi, attentif à tout ce qui est susceptible de heurter l’activité en zone euro, n’hésitera pas à augmenter le volume du QE, s’il le juge nécessaire.

Sur la forme, en revanche, le signal est important. En supprimant cette formule, la BCE fait un petit pas de plus, prudent et symbolique, vers le retour à la normale de sa politique. Mais pas seulement : elle tente également de déconnecter le QE des perspectives d’inflation, toujours plate. Et ce, afin que les marchés ne se concentrent plus uniquement sur la seule fin des rachats de dettes, mais sur l’ensemble des instruments monétaires – à commencer par les taux directeurs. Lentement, subtilement, l’institution modifie son « guidage des anticipations » (forward guidance, en anglais), c’est-à-dire sa communication envers les marchés, essentielle à la réussite de ses mesures.
Eviter les biais de genre
Jeudi 8 mars, la gardienne de l’euro a également fait un autre petit pas, d’une nature très différente....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Si, dans l’ensemble du Royaume-Uni, l’espérance de vie progresse encore, la tendance s’est inversée dans des dizaines de régions d’Angleterre. C’est le cas à Hartlepool, petite ville minée par le chômage, où malbouffe, alcoolisme et consommation de drogues raccourcissent la vie de ses habitants.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Au Royaume-Uni, pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie baisse dans certaines régions. Pauvreté, mode de vie mais aussi coupes budgétaires expliquent ce phénomène.
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Voyage au pays où l’austérité fait reculer l’espérance de vie

Au Royaume-Uni, pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie baisse dans certaines régions. Pauvreté, mode de vie mais aussi coupes budgétaires en sont à l’origine.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 16h56
    |

            Eric Albert (Hartlepool, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Paul Edmonson Jones sourit quand on lui mentionne l’étrange concept développé par quelques médecins pour résumer le problème de leurs patients : « shit life syndrome », littéralement « le syndrome d’une vie de merde ». « Oui, j’en ai entendu parler, confirme le directeur de la santé publique de la mairie de Hartlepool, une ville du nord-est de l’Angleterre. C’est vrai : ces gens sont malades parce qu’ils ont une vie de merde, qui va en empirant. Ils n’ont pas d’emploi, pas d’espoir, et trouvent consolation en allant boire des bières, fumer des cigarettes, et ils s’abîment la santé. »
Hartlepool est la 18e ville la plus pauvre d’Angleterre. Les chantiers navals, les mines et les usines chimiques ont fermé depuis bien longtemps. La dernière aciérie proche s’est éteinte en 2015. Voilà des générations que la pauvreté et les difficultés sociales sont généralisées.
Mais, depuis quelques années, un nouveau phénomène est venu s’ajouter : les gens meurent plus jeunes. Pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie diminue. Jusqu’à récemment, même des endroits comme celui-ci voyaient la population vivre plus longtemps, malgré un fort retard sur les régions riches. C’est désormais fini.
« Si vous atteignez 60 ans, c’est déjà pas mal »
Si, dans l’ensemble du Royaume-Uni, l’espérance de vie progresse encore, la tendance s’est inversée dans des dizaines de régions d’Angleterre. A Hartlepool, pour les hommes, elle a chuté de plus d’un an, à 76 ans, de 2011-2013 à 2014-2016. Dans les quartiers les plus pauvres, elle n’est que de 71 ans. Pour les femmes, la tendance est stable, à 81 ans en moyenne et à 79 ans pour les plus pauvres.
« Dans le quartier, si vous atteignez 60 ans, c’est déjà pas mal. » Sacha Bedding prononce cette phrase le plus sérieusement du monde. Avec Teresa Driver, il dirige l’Annexe, une association plantée au cœur de Dyke House, l’un des endroits les plus pauvres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Cinq ans après son élection, le pape François doit faire face à plusieurs scandales : trois cardinaux proches de lui sont sur la sellette.
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Au Vatican, les embarras du C9, le cénacle chargé de transformer la curie

Cinq ans après son élection, le pape François doit faire face à plusieurs scandales : trois cardinaux proches de lui sont sur la sellette.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h21
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

A la fois symbole et outil de la réforme selon François, le C9 est aujourd’hui dans l’épreuve. Peu après son élection, François avait réuni autour de lui, pour l’aider à réformer la curie romaine, un conseil de huit, puis neuf, cardinaux, d’où ce surnom de C9. Choisis pour représenter tous les continents, ses membres ont été nommés pour faire pièce à l’appareil curial, aider le pape à gouverner l’Eglise catholique et à dessiner la nouvelle « Constitution » qui régira l’administration vaticane, succédant à celle promulguée en 1988 par Jean Paul II, Pastor bonus.
Pour la troisième fois, seulement huit cardinaux du C9 étaient présents lors de sa dernière réunion, fin février. En juin 2017, le Vatican a en effet mis en « congé » le cardinal australien George Pell qui venait d’être inculpé, dans son pays, pour des « délits d’agressions sexuelles anciennes » impliquant de « multiples plaignants ».
Depuis lors, celui qui demeure, en titre, l’un des tout premiers responsables de l’administration vaticane, puisqu’il est chargé de la réforme financière à la tête du nouveau secrétariat à l’économie du Saint-Siège, prépare sa défense. L’ancien archevêque de Sydney a comparu, lundi 5 mars, devant un tribunal de Melbourne, qui décidera s’il existe assez d’éléments pour un procès. En attendant, sa fonction demeure en suspens.

Des questions émergent
Le degré d’information du pape sur la situation au Chili, au regard des accusations portées par des victimes d’un prêtre pédophile contre Juan Barros, un évêque qui l’aurait couvert, et le soutien de François à ce prélat, a fait émerger des questions concernant un autre membre du C9, le cardinal chilien Francisco Errazuriz. Ancien archevêque de Santiago de 1998 à 2010 et ancien président de la conférence épiscopale chilienne de 1998 à 2004, il connaît nécessairement très bien la situation.
Vendredi 9 mars, le site National Catholic Reporter a révélé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les troupes loyalistes cherchent à scinder la poche insurgée.
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Syrie : Damas cherche à couper en deux l’enclave de la Ghouta

Les troupes loyalistes cherchent à scinder la poche insurgée.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h43
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Près de quinze jours après le début de leur offensive terrestre dans la Ghouta orientale, les forces pro-régime ont réduit de moitié la taille du territoire contrôlé par les combattants anti-Assad. Mais le cœur urbain de l’enclave rebelle assiégée, en lisière de Damas, leur échappe toujours. Appuyées par l’aviation russe et syrienne, dont les frappes ont causé la mort de plus de 950 civils depuis le 18 février, les troupes loyalistes cherchent à couper en deux la poche insurgée. Si les commandos d’élite avancent, ils font face aux contre-attaques des insurgés.
L’offensive en vue de sectionner l’enclave pourrait s’accélérer. « Vladimir Poutine veut obtenir une victoire symbolique avant l’élection présidentielle russe du 18 mars, explique Ibrahim Hamidi, journaliste au quotidien panarabe Asharq Al-Awsat. Si les Forces du tigre [sur le flanc est] et la 4e  division [à l’ouest] opèrent la jonction, ce sera un succès pour les Russes. Cela ne signifie pas la fin de la bataille. »
Selon M. Hamidi, les Russes souhaitent « renouveler l’accord de désescalade signé en juillet dans le nord de la Ghouta orientale avec Jaych Al-Islam et maintenir la pression sur la partie sud [fief de la faction Faylaq Al-Rahmane], jusqu’à obtenir l’expulsion des combattants de [l’ex- Front Al-] Nosra. » Ces derniers ne seraient que quelques centaines, éparpillés dans le sud de la Ghouta orientale. Moscou a obtenu que ces djihadistes soient exclus du cessez-le-feu humanitaire voté par l’ONU.
Départ de l’ex-Front Al-Nosra
Semblant déterminé à jouer sa propre partition, Jaych Al-Islam, le plus puissant groupe insurgé local, a annoncé, vendredi 9 mars, le départ de son territoire des hommes de Tahrir Al-Cham, l’actuelle appellation de l’ex-Front Al-Nosra, émanation d’Al-Qaida, après des « consultations avec les Nations unies et plusieurs acteurs internationaux. » Il ne s’agit pas de combattants actifs, mais de prisonniers détenus par Jaysh Al-Islam, qui a combattu Tahrir Al-Cham en 2017.

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« C’est un pas politique, une façon de dire pour Jaych Al-Islam qu’ils remplissent leur part du contrat [par rapport à la résolution de l’ONU] et d’embarrasser les Russes, juge Monzer Akbik, porte-parole de La Syrie de demain, mouvement d’opposition impliqué dans les négociations de 2017 pour une désescalade. Mais les Russes affirment désormais que le départ des combattants de Nosra ne suffit pas. La situation est très complexe. » Des canaux de communication sont toujours maintenus entre les camps belligérants, mais la confrontation militaire l’emporte pour l’instant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Cinq ans après son élection, François fait l’objet de critiques pour ses hésitations dans la lutte contre les abus sexuels commis par des prêtres.
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La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie

Cinq ans après son élection, François fait l’objet de critiques pour ses hésitations dans la lutte contre les abus sexuels commis par des prêtres.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h13
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Le 16 janvier, le pape François témoignait devant quatre-vingt-dix jésuites chiliens que « la grande paix » éprouvée par lui au moment où il a compris qu’il allait être élu pape « ne [l]’a[vait] pas quitté » depuis. Deux mois plus tard, pourrait-il encore l’affirmer ? Car depuis ce premier jour du voyage qui l’a conduit au Chili et au Pérou, s’est ouverte la crise la plus violente de son pontificat, cinq ans après son élection, le 13 mars 2013.
En l’espace de trois semaines, le scandale de pédophilie qui secoue le clergé chilien depuis des années est devenu le scandale qui ébranle la figure du pape François. A l’heure des premiers bilans d’un pontificat censé remettre de l’ordre à la tête de l’Eglise, cela tombe mal. Cette affaire est d’autant plus dommageable pour François qu’elle écorne trois des marqueurs attachés à son identité de pape.
François met constamment l’accent sur la défense des faibles, des démunis, des méprisés face aux forts et aux puissants. De Lampedusa, où il fulmine contre la « mondialisation de l’indifférence » qui laisse périr les migrants en mer, au discours de Santa Cruz (Bolivie), qui enrôle l’Eglise aux côtés des « mouvements populaires », des prisons qu’il ne cesse de visiter aux « esclaves sexuels » dont il prend la défense, le pape argentin tonne contre le « Dieu argent », les trafiquants d’êtres humains et les fabricants d’armes.
Le pontife argentin a accusé des fidèles et une partie du clergé du diocèse d’Osorno, au chili, d’être manipulés par des « gauchistes »
Pourquoi, alors, ne semble-t-il pas prêt à voler au secours de simples fidèles durablement meurtris par des « puissants » de sa propre Eglise, à savoir des prêtres et des évêques ? Pourquoi, lors de son voyage au Chili, a-t-il choisi de s’afficher à plusieurs reprises en compagnie d’un évêque, Mgr Juan Barros, accusé (il s’en défend) d’avoir couvert un prêtre, le père Fernando...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les associations humanitaires s’inquiètent de voir des centaines de jeunes se priver d’alimentation.
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A Calais, les migrants refusent les repas de l’Etat

Les associations humanitaires s’inquiètent de voir des centaines de jeunes se priver d’alimentation.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h06
    |

            Maryline Baumard (Calais (Pas-de-Calais) - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Personne n’avait imaginé que les exilés de Calais boycotteraient les repas servis par l’Etat. C’est pourtant ce qui s’est produit, vendredi 9 mars. Alors que l’Etat a repris les distributions de nourriture, mardi, après un arrêt de près de dix-sept mois, les migrants ne se déplacent quasiment pas vers les points de distribution. Et, quand les portions arrivent jusqu’à eux, une bonne part des 500 à 600 Erythréens, Ethiopiens et Afghans du Calaisis les refusent tout bonnement, excluant d’accepter « des dons d’un ennemi qui nous pourchasse », comme l’explique un jeune Oromo, arrivé depuis un peu plus de quatre mois « dans l’enfer de Calais ». 
Vendredi, un food truck flambant neuf, fier de son énorme logo « Préfet du Pas-de-Calais », attendait en début d’après-midi dans un enclos partiellement fermé d’un grillage surélevé de barbelés, non loin de l’ancienne « jungle ». Sous l’auvent, des salariés de La Vie active, l’entreprise mandatée par l’Etat pour les distributions, attendaient des migrants qui ne venaient pas. Alors que seul Le Monde était sur place, c’était, selon la version officielle de La Vie active, « la présence des journalistes » qui les empêchaient d’accéder au lieu.

Double langage
Entre 15 h 30 et 16 h 15, Le Monde a pu constater que seuls trois jeunes hommes avaient fait le déplacement depuis leurs abris de fortune et qu’un peu plus tard, près de l’hôpital de Calais, seul un groupe d’une dizaine d’Afghans est passé chercher le plat chaud-pain-fruits. Un carton d’une vingtaine de portions avait en revanche été préparé par La Vie active pour être livré au milieu des dunes, là où se terrent les exilés. L’entreprise a vite compris que les migrants préféraient se priver de repas plutôt que venir vers cet organisme installé dans un camion aux couleurs de la France.
Jean-Claude Lenoir, le président de l’association Salam, s’étonne de la stratégie du moment. « Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les habitants protestent depuis qu’ils ont appris que la mairie s’apprêtait à changer l’attribution de l’ancien théâtre d’anatomie, un palazzo du XVIIe siècle, pour qu’il devienne un restaurant.
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A Venise, la résistance à l’industrie du tourisme s’organise

Les habitants protestent depuis qu’ils ont appris que la mairie s’apprêtait à changer l’attribution de l’ancien théâtre d’anatomie, un palazzo du XVIIe siècle, pour qu’il devienne un restaurant.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Chronique. Les forces de l’ordre sont arrivées au petit jour, mardi 6 mars, dans le centre de Venise, place San Giacomo dell’ Orio. Cent cinquante policiers, carabiniers et membres de la Guardia di Finanza avaient été réquisitionnés et les rues adjacentes bloquées, à l’heure où le seul bruit, d’ordinaire, est celui des valises à roulettes résonnant dans le silence des petites rues désertes.
Leur mission ? Déloger les occupants du rez-de-chaussée de l’ancien théâtre d’anatomie. Enfin, les occupants… Face à eux, ils n’ont trouvé qu’un habitant du quartier assoupi, veillant sur un matériel dérisoire : des jouets pour enfants, quelques livres, des affiches. Rien de très subversif.
Alors, pourquoi une telle démonstration de force ? C’est que, depuis cinq mois, ce palazzo du XVIIe siècle est le lieu d’une contestation très embarrassante pour la mairie et la région, visant la principale ressource économique de la ville : l’industrie touristique, dont les excès nourrissent la rancœur de la population.
Tout est parti en septembre de la vente, pour 900 000 euros, de ce local appartenant à la région et désaffecté depuis des années. Lorsque les habitants des environs ont appris que la mairie s’apprêtait à changer l’attribution du lieu pour qu’il devienne un restaurant, ils ont décidé d’occuper ce local.

Refus de la « privatisation » de la lagune
« Dans les années 1980, c’était un endroit très malfamé, avec de forts problèmes de toxicomanie. Et les habitants l’ont reconquis, en ont fait un lieu familial, où les enfants viennent jouer au foot après l’école. Mais ces dernières années, les terrasses des cafés et restaurants l’ont peu à peu grignoté. Résultat : cette fois-ci, ils ne se sont pas laissé faire », explique Giancarlo Ghigi, qui a travaillé à coordonner le mouvement. L’occupation s’organise, les habitants de tous âges et de tous milieux se relaient. La mairie coupe l’électricité ? On passe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les marchés financiers avaient anticipé la percée des populismes aux élections italiennes du 4 mars et n’ont que peu réagi à l’annonce des résultats.
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Le risque politique ressurgit sur les Bourses

Les marchés financiers avaient anticipé la percée des populismes aux élections italiennes du 4 mars et n’ont que peu réagi à l’annonce des résultats.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 09h42
    |

                            Emmanuel Schafroth








                        



                                


                            

Chronique. « Che bordello ! » Nul besoin de traduire le titre du quotidien italien Il Tempo, qui a salué à sa façon le résultat des élections italiennes du 4 mars. En termes plus choisis, mais toujours dans la langue d’Umberto Eco, on peut aussi qualifier d’imbroglio la situation qui résulte de cette double poussée du populisme : 54 % des votants se sont portés sur des partis radicaux sans désigner de vrai vainqueur, tandis que le Parti démocrate de Matteo Renzi apparaît comme le grand perdant, M. Renzi, un temps surnommé le « rottamatore » (le démolisseur), n’ayant pas su se réinventer en un Macron italien.
De quoi déclencher une panique sur les marchés ? Que nenni ! Certes, le FTSE MIB, indice de la Bourse de Milan, a d’abord pris le chemin de la baisse, reculant de 0,42 %… pour s’apprécier ensuite de 4 % lors des trois séances suivantes. « Le marché semble vivre avec sérénité les derniers événements électoraux italiens. Mercredi soir, la Bourse de Milan était plus haute qu’en fin de semaine précédente et l’écart des taux à 10 ans entre l’Italie et l’Allemagne, un peu plus faible. Les investisseurs paraissent faire un triple pari : la croissance économique se maintiendra à un bon rythme, la vocation européenne du pays ne sera pas remise en cause et les taux d’intérêt ne remonteront que lentement », note Hervé Goulletquer, stratégiste à La Banque postale AM.

Réunion de la Banque centrale européenne
Le CAC 40, lui, n’a même pas daigné s’inquiéter du résultat de lundi et conclut la semaine sur 5 séances de hausse. C’est toutefois celle de jeudi qui a été la plus nette : la journée était marquée par un événement toujours très attendu, une réunion de la Banque centrale européenne (BCE), un événement qui a servi de catalyseur à la hausse du marché (le CAC 40 finissant à + 1,28 %). Or, selon l’humeur du marché, l’annonce en question pouvait être perçue comme le verre à moitié vide ou à moitié plein. « Tel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/03/2018
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Thomas Piketty : « Pour une Union dans l’Union »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h48
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Après les élections italiennes et les pitreries commerciales trumpistes, il pourrait être tentant de déprimer et d’utiliser l’Europe pour jouer au même jeu stupide du repli : durcissement migratoire, escalade protectionniste. Ce faisant, on oublierait deux points essentiels.
Un : contrairement à ce que l’on entend parfois, la montée du populisme européen ne s’explique pas par une quelconque déferlante migratoire. En vérité, le nombre de migrants entrant dans l’Union européenne (UE) était beaucoup plus élevé avant la crise financière (1,2 million par an entre 2000 et 2008). Il s’est effondré ensuite (500 000 par an entre 2008 et 2016), alors que la situation géopolitique aurait exigé une ouverture accrue.
Si l’on n’avait pas commis de lourdes fautes de politique économique, provoquant une nouvelle récession en 2011-2012, et une explosion du chômage en Europe du Sud, alors l’UE aurait pu – et pourrait encore – être plus ouverte, et éviter de se défausser sur les camps turcs pour gérer la crise. Les responsables de la montée du populisme sont ceux qui ont conduit ces politiques austéritaires à contretemps, et non les migrants et ceux qui les soutiennent.
Deux : les sanctions commerciales américaines, aussi bêtes soient-elles, ne sont que des gesticulations symboliques permettant à Trump de se démarquer des démocrates et de faire vibrer à peu de frais la corde nationaliste. Le cœur du programme trumpiste, ce sont les centaines de milliards de dollars engloutis dans la réforme fiscale adoptée en décembre 2017, qui vise à réduire massivement l’imposition des bénéfices des sociétés et des revenus et patrimoines des contribuables les plus aisés.
« Ce qui menace le monde, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands coups de dumping fiscal au profit des plus riches »
Ce qui menace le monde aujourd’hui, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands...




                        

                        

