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Portrait

L’Ethiopien Eskinder Nega, « coupable de journalisme, pas de terrorisme »

L’Ethiopie à cran (3). Libéré de prison en février à la faveur d’une amnistie gouvernementale, le journaliste se dit prêt à reprendre la plume.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
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        Le 12.03.2018 à 18h01






    
Le journaliste Eskinder Nega, après sa libération de la prison de Kaliti à Addis-Abeba, le 14 février 2018.
Crédits : YONAS TADESSE/AFP


Quand le journaliste Eskinder Nega et d’autres prisonniers ont été relâchés, le 14 février, une foule enthousiaste les attendait à la sortie de la prison de Kaliti, en périphérie de la capitale Addis-Abeba. La veille, à Adama, à 90 km, des milliers de jeunes célébraient la libération de leur « héros » Bekele Gerba, une figure de l’opposition éthiopienne. « On ne méritait pas un tel accueil. Mais les gens ne nous célébraient pas. Ils exprimaient leur espoir de changement. Nous étions juste un symbole », raconte, ému, Eskinder Nega. Depuis sa sortie de prison après plus de six ans de détention, un ballet discontinu de supporteurs égaye sa résidence d’Addis-Abeba.

        Présentation de notre série
         

          L’Ethiopie à cran



Alors que ses geôliers ont bien tenté de lui arracher de fausses confessions, Eskinder Nega a été relâché, comme des milliers de prisonniers depuis janvier, dans le cadre d’une amnistie gouvernementale. « Je ne m’y attendais pas du tout », reconnaît cet homme long et mince, flanqué d’une veste de costume trop grande. Eskinder Nega, 48 ans, est un habitué des prisons éthiopiennes. Il y a été enfermé « huit ou neuf fois ». En 2012, il avait été condamné à une peine de dix-huit années d’emprisonnement pour « haute trahison et infractions liées au terrorisme ».
« Lettre du goulag »
Juste avant sa condamnation, il avait dénoncé dans un article en ligne l’absence de liberté d’expression dans son pays. Sa carte de presse lui avait été retirée quelques années plus tôt. « J’étais coupable de journalisme, pas de terrorisme. Le gouvernement éthiopien utilise ce mot pour museler les dissidents », déplore-t-il. Les Etats-Unis s’étaient alors dits « profondément déçus. » Amnesty International l’avait qualifié de « prisonnier d’opinion ». « Je n’ai jamais choisi d’être défenseur des droits humains. J’ai été forcé d’agir ainsi car je ne pouvais pas pratiquer le journalisme dans mon pays en raison de l’absence de démocratie », poursuit-il.

        Episode 1
         

          En Ethiopie, les Oromo frappent à la porte du pouvoir



Aujourd’hui, il est prêt à reprendre la plume. Pendant plusieurs années, il n’en a pas eu le droit. Il ne pouvait écrire que sur des emballages en carton. De lessive, de biscuits, de tout ce qu’il pouvait trouver en prison. C’était sa punition quand certains de ses articles fuitaient, notamment sa « Lettre du goulag de l’Ethiopie » publiée dans le New York Times en 2013. « Ils ont confisqué mes livres. Je n’avais pas de papier, on faisait entrer des stylos clandestinement », explique-t-il.
La seule distraction de ce chrétien orthodoxe était la lecture de la Bible et la prière. Il ne pouvait pas voir sa famille qui vit aux Etats-Unis, profondément marquée par sa captivité. « Mon fils est né en prison, en plein cœur du combat », précise-t-il. Sa femme, la journaliste éthiopienne Serkalem Fasil, a passé dix-sept mois derrière les barreaux entre 2005 et 2007.
« Prêcher la paix »
Le combat d’Eskinder Nega est désormais de militer en faveur d’une « transition pacifique vers la démocratie » dont son pays a grand besoin, affirme-t-il. Cela ne lui semble pas impossible. « Il se passe quelque chose au sein de la coalition au pouvoir qui n’existait pas il y a six ans. Le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens [EPRDF, au pouvoir depuis vingt-sept ans], qui m’a emprisonné, n’était pas intéressé par la démocratie. » Il va même jusqu’à comparer la dynamique interne à la coalition à celle qui existait au sein du Parti communiste de l’Union soviétique avant sa chute, et au Parti national d’Afrique du Sud au moment de la libération de Nelson Mandela.

        Episode 2
         

          Dans les prisons éthiopiennes : « Ils fouettaient mes pieds nus avec des câbles »



Contrairement à de nombreux observateurs de la vie politique éthiopienne, il n’est pas suspendu à l’annonce de la nomination du premier ministre qui devrait avoir lieu dans les prochains jours. « C’est ce que va décider la coalition ensuite qui compte », analyse-t-il. Celle-ci détient la totalité des sièges à la chambre basse du Parlement. Eskinder Nega estime que le gouvernement devrait engager des négociations avec tous les partis d’opposition, y compris ceux considérés comme illégaux. « Je pense que cela mettrait un terme à une violence désastreuse. Ce n’est pas la voie vers la démocratie. Les moyens sont aussi importants que la fin », ajoute-t-il, faisant référence aux usines et bus incendiés par des manifestants en colère.
Eskinder Nega estime qu’il faut éduquer les jeunes à la non-violence : « Il y a des gens que cette jeunesse peut écouter et qui peuvent prêcher la paix. Si je suis qualifié, je serais ravi d’en faire partie. » Mais cela doit être temporaire car « la solution [à la crise] est politique », et non militaire d’après le journaliste, qui pense que l’état d’urgence, entériné par le Parlement le 2 mars, ne va imposer qu’une brève période d’accalmie. « Il ne s’agit pas d’une paix qui vient d’en bas, prévient-il. Quand elle est imposée par le haut, elle ne dure pas. »

Sommaire de notre série « L’Ethiopie à cran »
Entre état d’urgence et signes d’ouverture, Le Monde Afrique prend le pouls d’un pays qui vit une période charnière.

        Episode 2
         

          Dans les prisons éthiopiennes : « Ils fouettaient mes pieds nus avec des câbles »




        Episode 1
         

          En Ethiopie, les Oromo frappent à la porte du pouvoir




        Présentation de la série
         

          L’Ethiopie à cran







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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les industriels français de la défense ont vu leur part de marché croître de près d’un point à 6,7 %, sur la période 2013-2017 par rapport à 2008-2012, selon le Sipri.
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La France, troisième exportateur mondial d’armement

Les industriels français de la défense ont vu leur part de marché croître de près d’un point à 6,7 %, sur la période 2013-2017 par rapport à 2008-2012, selon le Sipri.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h37
    |

            Isabelle Chaperon








                        



   


Quiz : sur quel marché en forte croissance la France réussit-elle à augmenter son poids ? Réponse : les ventes d’armes majeures, selon le rapport publié lundi 12 mars par l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri).
Sur la période 2013-2017, les ventes d’armes dans le monde ont augmenté de 10 % en volume par rapport au quinquennat précédent 2008-2012. La France a quant à elle augmenté de 27 % ses ventes, ce qui lui a permis de porter de 5,8 % à 6,7 % sa part de marché. Elle a ainsi supplanté l’Allemagne, dont les ventes ont reculé de 14 % dans le même temps, pour devenir le troisième exportateur mondial.
Si la France a cédé entre 2013 et 2017 des équipements militaires à 81 pays, l’Egypte –troisième importateur mondial – concentre à elle seule 25 % des ventes de Rafale et de navires de guerre, dont les Mistral initialement construits pour la Russie. Une relation forte : 37 % des commandes d’équipements militaires du Caire ont été passées à la France, qui devance les Etats-Unis (26 %) et la Russie (21 %). Après l’Egypte, les grands clients des Dassault, Naval Group et autres Thales sont la Chine (8,6 %) et l’Inde (8,5 %).

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                La France solde l’affaire des Mistral



L’Inde, premier acheteur
Dominant le classement mondial des exportateurs, les Etats-Unis (34 % de part de marché) ont encore creusé l’écart. Ils ont multiplié les contrats à l’export, notamment en Arabie saoudite (deuxième importateur mondial), aux Emirats arabes unis et en Australie, sous l’administration Obama. Deuxième exportateur, la Russie (22 % de part de marché) a quant à elle vu ses ventes reculer de 7,1 %, malgré des succès en Inde, en Chine et au Vietnam.
Côté acheteurs, l’Inde se place en tête, ayant concentré, entre 2013 et 2017, 12 % des transferts d’armes opérés sur la planète, avec une augmentation de 24 % de ses achats par rapport à 2008-2012. « Les tensions entre l’Inde, d’une part, et la Chine et le Pakistan, d’autre part, alimentent une demande croissante de l’Inde en armes majeures qu’elle est incapable de produire elle-même », précise dans le rapport Siemon Wezeman, chercheur principal au programme armes et dépenses militaires du Sipri.

        Lire aussi :
         

                Les transferts d’armes au plus haut depuis la guerre froide



« La Chine, en revanche, devient de plus en plus capable de produire ses propres armes et continue de renforcer ses relations avec le Pakistan, le Bangladesh et le Myanmar [la Birmanie] en fournissant des armes. » La Chine est à la fois le cinquième exportateur et le cinquième importateur mondial d’armes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Pour fuir la violence des hommes, des femmes kényanes fondent leurs propres villages et retrouvent leur liberté.
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A Mokupori, au Kenya, les femmes se libèrent : « Ici, nous avons le pouvoir »
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Reportage

A Mokupori, au Kenya, les femmes se libèrent : « Ici, nous avons le pouvoir »

LE MONDE |

12.03.2018 à 17h39

Mokupori est un village de femmes situé à plus de 300 kilomètres au nord de Nairobi. Il a été créé il y a vingt-cinq ans par une poignée de pionnières fuyant le sort que leur réservait leur communauté : excision, déscolarisation, violences domestiques banalisées. Aujourd’hui, vingt-six femmes vivent dans ce refuge, et une poignée de communautés de ce type ont émergé dans la région. Un reportage de la photographe Diana Zeyneb Alhindawi.
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            data-slide-description="Des femmes et des enfants dans le village de Mopukori, en février 2018. Bien que la ville d’Archers Post ne soit qu’à 3 kilomètres, il est très difficile pour les résidentes de s’y rendre. Les commerçants les traitent avec respect car ils travaillent avec elles, mais la tension est forte avec les autres hommes."
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Des femmes et des enfants dans le village de Mopukori, en février 2018. Bien que la ville d’Archers Post ne soit qu’à 3 kilomètres, il est très difficile pour les résidentes de s’y rendre. Les commerçants les traitent avec respect car ils travaillent avec elles, mais la tension est forte avec les autres hommes.



Diana Zeyneb Alhindawi pour Le Monde



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Ex-espion russe empoisonné en Angleterre : « très probable » que la Russie soit responsable

La première ministre britannique, Theresa May, a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h32
   





                        



   


La première ministre britannique Theresa May a déclaré, lundi 12 mars devant les députés britanniques, qu’il était « très probable » que la Russie soit responsable de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille le 4 mars dernier dans le sud de l’Angleterre.
Soulignant que l’agent innervant utilisé contre M. Skripal et sa fille ioulia était une substance « de qualité militaire » développée par la Russie, Mme May a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques. Soit l’Etat russe est directement responsable de leur empoisonnement, soit il a laissé leurs agresseurs se procurer l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury, a-t-elle ajouté. Si la Russie ne fournit aucune réponse crédible, la Grande-Bretagne conclura que cet acte équivaut à un usage de la force sur le territoire britannique, a-t-elle conclu.
« D’aucune façon le problème de la Russie »
Interrogé par la BBC sur une éventuelle responsabilité de la Russie, le président russe, Vladimir Poutine, a répondu :
« Tirez les choses au clair de votre côté et après nous en parlerons avec vous. »
L’ambassade de Russie à Moscou a, de son côté, déclaré que Londres joue un « jeu très dangereux » dans sa manière de mener l’enquête sur l’empoisonnement en Angleterre d’un ex-agent double russe.
Interrogé plus tôt, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait répondu n’avoir « pas entendu de déclarations de responsables politiques britanniques selon lesquelles la Russie est impliquée ». « Le citoyen russe mentionné avait travaillé pour l’un des services secrets britanniques, l’incident s’est passé sur le territoire britannique et ce n’est d’aucune façon le problème de la Russie, encore moins de ses dirigeants », a-t-il ajouté au cours d’un point de presse. Moscou a déjà qualifié les allégations de « propagande ».
Londres accusé de vouloir boycotter le Mondial
La télévision d’Etat russe a, par ailleurs, accusé les autorités britanniques d’avoir elles-mêmes empoisonné l’ancien agent double pour perturber l’organisation de la Coupe du monde de football en Russie l’été prochain. « Skripal ne servait plus à rien en tant que source. Mais il est très utile en tant que victime d’empoisonnement. Pourquoi ne pas l’empoisonner ? Ça ne coûte rien. Et avec sa fille tant qu’à faire pour rendre la chose encore plus émouvante pour l’opinion publique », a commenté Dmitri Kiseliov, le principal présentateur pro-Kremlin.
Selon M. Kiseliov, un protégé de Vladimir Poutine, l’émotion suscitée par cette affaire fournit à Londres un prétexte pour organiser le boycottage du Mondial de football.
Skripal et sa fille toujours dans un état critique
Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont à l’hôpital dans un état critique depuis le 4 mars, jour où ils ont été retrouvés inconscients sur un banc devant un centre commercial de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.
La police a établi qu’un agent innervant – substance chimique qui agit sur le système nerveux et peut entraîner la mort – était à l’origine de leur état, mais elle n’a pas dit plus précisément de quelle substance il s’agissait.
Plusieurs centaines de personnes qui ont fréquenté un restaurant italien et un pub de Salisbury, où avaient été Sergueï Skripal et sa fille avant de plonger dans un état inconscient, ont été invitées dimanche à nettoyer soigneusement leurs vêtements, des traces de l’agent innervant ayant été retrouvées dans ces deux endroits.

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          L’empoisonnement de Sergueï Skripal ravive le spectre du « laboratoire des poisons » soviétique






                            


                        

                        


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édition abonné


Donald Trump visite la Californie, Etat en « résistance »

Le président américain est attendu mardi 13 mars dans le « Golden State », en conflit ouvert avec le gouvernement fédéral.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h12
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

C’est la visite la plus tardive d’un président, à ce stade de son mandat, depuis Eisenhower. Et c’est certainement la moins désirée. Donald Trump devait arriver mardi 13 mars en Californie, pour un déplacement considéré comme une provocation dans un Etat qui s’est érigé en capitale de la « résistance » à son administration, que ce soit sur l’immigration, l’environnement ou la fiscalité.
Depuis l’installation de M. Trump à la Maison Blanche, en janvier 2017, le conflit n’a cessé de s’aggraver entre Washington et la Californie démocrate, au point que les politologues assurent qu’il faut remonter aux années 1955-1960 pour trouver un bras de fer comparable dans le fédéralisme américain. Il s’agissait alors de la déségrégation, que le gouvernement fédéral entendait faire respecter dans les Etats sudistes. Cette fois, les perspectives sont inversées. C’est le camp progressiste qui invoque les « droits des Etats », illustrant les tensions dans le fédéralisme à l’heure de Donald Trump.
Budget spécial « résistance »
En un an, l’attorney général (le procureur général) de l’Etat, Xavier Becerra, qui a obtenu un budget spécial « résistance » et embauché une vingtaine de juristes, a déjà déposé 26 plaintes contre le gouvernement fédéral à propos de sujets les plus divers : de la construction du « mur » à la frontière mexicaine à la fin du remboursement de la contraception par les assurances santé ; du retard dans les normes d’émissions des climatiseurs à la reprise des forages pétroliers offshore, un tabou en Californie depuis la grande marée noire de 1969 au large de Santa Barbara.
L’administration Trump, elle, a de son côté pris nombre de mesures qui ont été perçues comme des agressions. Alors que les ventes de cannabis récréatif venaient de commencer, le 1er janvier, le ministre de la justice a abrogé la circulaire de Barack Obama qui permettait aux Etats de développer un marché réglementé en dépit de la prohibition fédérale. Washington...




                        

                        


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Reportage

Au Kenya, une « mini-république de femmes » contre les violences et les mutilations

Des villages de femmes existent depuis vingt-cinq ans dans la région samburu. Des refuges toujours nécessaires malgré l’évolution de la société.

Par                                            Marion Douet (envoyée spéciale à Archers Post)




LE MONDE
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        Le 12.03.2018 à 17h09






    
A Mopukori, en février 2018. Vingt-six femmes vivent dans ce village refuge, plus de 300 kilomètres au nord de Nairobi. Elles seules peuvent décider quels hommes sont autorisés à résider sur place.
Crédits : Diana Zeyneb Alhindawi pour Le Monde


Une dizaine de huttes de bois et de plastique qui se dressent au milieu d’une plaine aride, souvent visitée la nuit par les éléphants et les léopards : pour beaucoup, le village de Mopukori serait hostile. Pour elles, c’est un havre de paix. « Nous sommes très heureuses de vivre ici parce que nous sommes libres. Personne n’est là pour nous imposer des restrictions, nous avons le pouvoir », sourit Nepi Lelegweny. Regard tranquille, dents du bonheur, elle est la doyenne du village, du haut de ses 42 ans. Autour d’elle, se sont rassemblées à l’ombre d’un grand acacia quelques-unes des vingt-six femmes qui forment cette communauté atypique.
Il y a vingt-cinq ans, une poignée de pionnières a fondé ce village à quelques kilomètres de la bourgade d’Archers Post, à plus de 300 kilomètres au nord de Nairobi, pour fuir le sort que leur réservait leur propre communauté. Comme leurs cousins masai, les Samburu pratiquent l’excision comme préalable au mariage, traditionnellement arrangé dès le plus jeune âge. Dans cette région pauvre et isolée, les jeunes filles quittent très tôt l’école – l’anglais et le swahili, enseignés dès le primaire au Kenya, ne sont presque pas parlés dans le village. Les femmes sont réduites à leur rôle de mère et très peu considérées. Au sein des foyers, racontent-elles, les violences sont banales.

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                Les fragiles progrès de l’Afrique en matière de nutrition et d’éducation



Une fatalité que les habitantes de Mopukori ont décidé de briser. Jernesa Lekiloi est la dernière arrivée. Il y a quatre mois, cette mère âgée de « presque 28 ans » a quitté en bloc son mari, son foyer et son village, à plus de 40 kilomètres de là. Elle avait entendu parler d’un refuge pour les femmes. « Nous sommes venus à pied, moi et mes cinq enfants. Cela a pris deux semaines car il fallait porter les plus petits, faire des haltes », raconte cette femme au visage enfantin souligné par une épaisse rangée de colliers de perles. « J’étais mariée à un homme très violent, qui buvait beaucoup. Nous avons eu jusqu’à 300 chèvres, mais il a tout vendu pour acheter de l’alcool. Je ne veux surtout pas qu’il revienne, il me battrait encore. »
Seules les femmes décident qui a droit de cité
La présence des hommes est tolérée dans le village, mais ce n’est pas le cas à Umoja, à une dizaine de kilomètres. Au fil des ans, quelques communautés de ce type ont essaimé dans la région, faute de place dans les villages de femmes existants mais aussi en raison de désaccords sur le règlement. Ils sont une dizaine, principalement des fils de résidentes devenus adultes, à vivre à Mopukori. Les pères sont autorisés à venir voir leurs enfants, les « petits amis » à rendre visite, parfois à rester dormir. La règle est stricte : seules les femmes décident qui a droit de cité.
Celles-ci ont des raisons pragmatiques d’accepter la présence masculine : elle les aide à assurer leur sécurité. « Nous sommes organisés pour faire des rondes. Un premier groupe tourne jusqu’à minuit, le deuxième veille jusqu’au matin », explique Bruce Lenasio, le fils de Mary, l’une des plus anciennes membres de la communauté. En tricot blanc et pagne bleu noué à la taille, il se montre fier de ce rôle emprunté à la tradition des morans, ces jeunes « guerriers » chargés de protéger le bétail et le village.

    
Des résidentes au travail sur une nouvelle construction dans le village de femmes de  Mopukori, plus de 300 kilomètres au nord de Nairobi, en février 2018. Vingt-cinq ans après la fondation de cette communauté, des mères continuent d’arriver avec leurs enfants.
Crédits : Diana Zeyneb Alhindawi pour Le Monde


Après la tombée de la nuit, lorsque Mopukori, sans électricité, est plongé dans le noir et le silence, la faune sauvage est la plus grande menace. Une semaine plus tôt, un éléphant a franchi la clôture d’épineux qui entoure le village, brisant plusieurs branches du grand acacia, sans faire cette fois plus de dégâts. Parfois, les habitantes doivent aussi se protéger de la colère et de la brutalité des hommes. « Il y a peu de temps, mon petit ami est venu. Il voulait rester dormir, mais je n’étais pas d’accord car il avait bu. Nous l’avons chassé », raconte avec un mélange de tristesse et de soulagement Nasileen Letapo, 32 ans et trois garçons.
« L’homme et la femme doivent vivre ensemble »
L’autonomie de la communauté passe aussi par l’indépendance financière. Mopukori vit, comme n’importe quel village samburu, de l’élevage du bétail (même si le troupeau s’est réduit à quatre chèvres depuis la rude sécheresse de l’année dernière) et de la culture de petites parcelles arrachées à la plaine sèche et sablonneuse. Les femmes vendent aussi leurs colliers de perles aux touristes qui sillonnent les parcs naturels alentour, et qui laissent au passage quelques dons. Chaque shilling économisé permet de lancer une petite activité, de revente ou de confection, pour rapporter un peu plus d’argent. Un rôle traditionnellement dévolu aux hommes mais qui semble aujourd’hui évident aux résidentes de Mopukori.

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A Archers Post, une telle inversion des règles ne réjouit pas tout le monde. Dans cette bourgade poussiéreuse qui s’étend le long de la route nationale, les hommes sont partagés entre tolérance, indifférence et rejet. « Ce n’est pas acceptable, ces femmes combattent notre communauté », gronde John Lemasa, en démarrant sa lourde moto blanche.
Un peu plus loin, le pasteur Julius Lelesit, qui arbore boutons de manchettes et chemise mauve brillante, est bien embêté : « Je les autorise à venir à l’église, mais en tant qu’homme de Dieu je me dois de leur rappeler que l’homme et la femme doivent vivre ensemble. » Et cette figure tutélaire d’ajouter, sans trop y croire, à l’évocation des violences subies : « Nous avons pourtant un conseil chargé de résoudre les problèmes au sein des familles… »
Initiatives privées ou projets d’ONG
Dans la capitale, Nairobi, ces quelques villages samburu ne sont que vaguement connus. Personne ne peut dire combien il en existe à l’échelle nationale. « Il y en a très peu, ce sont des initiatives privées ou des projets d’ONG », affirme sans plus de chiffres Wangechi Wachira, qui dirige le Centre for Rights Education and Awareness (CREAW), une association de lutte pour les droits des femmes. Pour elle, la solution est ailleurs : « C’est à l’Etat de prendre en charge ces survivantes, la loi prévoit d’ailleurs de créer des refuges et nous allons continuer de nous battre pour que cela soit fait. »
Une loi de 2015 contre les violences domestiques devait en effet permettre la création de structures d’accueil à travers tout le pays. Un processus complexe dont les modalités sont encore mal définies, admet-on au sein de la Commission nationale du genre, chargée de conseiller l’Etat sur ces questions. Et d’autant plus laborieux qu’il dépend de la volonté politique et des ressources publiques.

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Le Parlement kényan a également adopté en 2011 une loi interdisant les mutilations génitales. Si une docteure de Machakos (au sud-est de Nairobi) a demandé devant la justice en janvier 2018 l’annulation de ce texte qu’elle juge discriminatoire à l’égard des femmes souhaitant respecter les rites – une requête renvoyée vers la Cour suprême –, l’excision est de moins en moins pratiquée, remplacée par une cérémonie symbolique ou tout simplement bannie. Les chiffres chutent lentement : actuellement, 20 % des femmes sont excisées, contre 30 % au début des années 2000. Mais de grandes disparités existent entre les zones urbaines et rurales. « Certains villages sont tellement isolés que la loi n’y est même pas connue ! » note Wangechi Wachira, du CREAW.
Au milieu de la plaine de Mopukori, Nepi confirme : « Avant, aucune femme ne pouvait être mariée sans être “coupée” ; maintenant, c’est peut-être une sur cinq, celles qui viennent de l’intérieur [du pays] », dit-elle, faisant frémir ses doubles boucles d’oreille d’un hochement de tête. La doyenne est optimiste mais les défis restent nombreux. Bon ou mauvais signe, les arrivées n’ont pas cessé. Mary, la mère de Bruce, une femme élégante aux cheveux déjà grisonnants, commence à réunir l’argent nécessaire pour construire un nouveau village. Sans attendre l’ouverture des refuges de l’Etat, dont elle n’a jamais entendu parler.


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Reportage

A Madagascar, la difficile lutte contre le kidnapping

Sur la Grande Ile, la communauté des « karanes », des Indiens de Madagascar, sont régulièrement la cible de rapts.

Par                Laure Verneau (contributrice Le Monde Afrique, Antananarivo)



LE MONDE
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        Le 12.03.2018 à 17h01

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        Mis à jour le 12.03.2018 à 18h18






    
Antananarivo, la capitale de Madagascar, en décembre 2013.
Crédits : Thomas Mukoya/REUTERS


Vingt-trois jours. Yanish Ismaël détient un triste record : celui de la détention la plus longue. Le jour de son enlèvement, un garde du corps a été tué. Yeux bandés, roué de coups, le jeune homme de 26 ans a ensuite été conduit dans une pièce de 10m2, où il est resté enfermé avec plusieurs de ses ravisseurs. « C’était de la torture morale. Ils me disaient que j’allais sortir bientôt, puis que j’allais mourir le soir même. Je n’ai pu parler à ma famille que deux fois. »
La famille de Yanish est indienne de nationalité française. Elle fait partie de la communauté des « karanes », cible privilégiée des ravisseurs, bien qu’il y ait aussi des kidnappings de Malgaches. « Une forte défiance existe à Madagascar envers ce groupe réputé fermé et, surtout, qui domine largement l’économie locale », explique Olivia Rajerison, avocate spécialiste du droit de la nationalité. Une richesse qui suscite fantasmes et convoitises quand 90 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.
A titre d’illustration, dans le classement Forbes des fortunes d’Afrique francophone de 2015, on trouve trois milliardaires français d’origine indienne. Hassanein Hiridjee, le PDG du groupe Axian (télécoms), Ylias Akbaraly, le PDG de Sipromad (produits d’entretien) et Iqbal Rahim, à la tête de Galana (industrie pétrolière) figurent tous les trois dans le top 10. « Les Malgaches reprochent aussi à cette communauté de ne pas se mélanger avec la population », souligne Olivia Rajerison.
Tradition migratoire
Originaires d’un Etat du nord-ouest de l’Inde, le Gujerat, les Indiens sont arrivés à Madagascar à la fin du XIXe siècle. Issus de la tradition migratoire des commerçants gujeratis, ils sont en grande majorité musulmans chiites, mais on compte une petite partie d’hindous. Le terme « karane » est dérivé de la prononciation du mot Coran, Quran. L’expression, aujourd’hui passée dans le langage courant, a une forte connotation péjorative, voire xénophobe.

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La plupart des Indiens de Madagascar ont la nationalité française. Historiquement, c’est dans les années 1950 que ces derniers, qui travaillaient avec les compagnies françaises, ont commencé à prendre leur place. « Lors de l’indépendance en 1960 [Madagascar était une colonie française], les personnes résidant sur le territoire pouvaient garder la nationalité malgache et opter pour la française. Ou alors elles conservaient la nationalité française dans le cas où elles ne pouvaient pas prétendre à la malgache, qui est essentiellement de filiation et difficile d’accès. » C’est pourquoi des personnes d’origine indienne nées à Madagascar avant l’indépendance sont ainsi devenues françaises et sont au nombre de 15 000 environ aujourd’hui sur la Grande Ile.
Yanish, lui, ne compte pas tout de suite retourner à Madagascar. Il souffre encore de stress post-traumatique malgré un attachement indéfectible à ce pays. Le jeune homme a besoin de respirer ailleurs pour se reconstruire. Mais l’absence de reconnaissance de statut de victime et par conséquent de réparation judiciaire rend difficile le processus.
Paiement d’une rançon
Si le kidnapping est loin d’être un phénomène nouveau à Madagascar, le rythme des rapts semble s’intensifier depuis six mois. Selon les chiffres de la police malgache, une quinzaine d’enlèvements a été répertoriée en 2017 et deux « karanes » ont déjà été enlevés en 2018. Les premiers cas connus remontent à la fin des années 1990. Depuis 2010, une centaine de cas officiels a été recensée, selon le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), une association de droit malgache qui fait de l’accompagnement psychologique aux victimes et sert d’intermédiaire entre les familles et les forces de l’ordre malgaches.
Mais leur nombre exact depuis vingt ans pourrait être en réalité bien plus élevé car beaucoup de familles ne déposent pas plainte. Elles donnent aussi peu d’informations à la police, bien qu’elles soient en contact direct avec les ravisseurs le temps de la détention. C’est ainsi que de nombreux cas d’enlèvements, dans les quartiers plus modestes, passent sous les radars. A chaque fois, c’est le même dénouement : la captivité prend fin lorsqu’il y a paiement d’une rançon.

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Naina Andriatsitohaina est un patron de presse malgache et un homme d’affaires influent sur l’île. Jean et veste bien coupés, baskets de ville, sa colère sourd sous son ton placide. Son fils Nathan, 14 ans, franco-malgache, a été kidnappé le 22 décembre 2017, alors qu’il rentrait de l’école. L’adolescent est resté trois jours en captivité. Naina Andriatsitohaina est l’un des rares à avoir porté plainte en France et à Madagascar. « Les gens ne portent pas plainte par peur d’être enlevés, assassinés. C’est irresponsable de la part de l’Etat d’affirmer que les choses n’avancent pas car les victimes n’osent pas parler », tempête-t-il en faisant allusion aux dernières « unes » de journaux.
En tant que ressortissants français, les familles de victimes ont la possibilité de porter plainte dans les deux pays. Une dizaine de plaintes ont été ainsi déposées à Paris, dont trois sont pour l’instant classées sans suite. « Ces décisions peuvent trouver leur source dans la difficulté parfois à identifier les auteurs des infractions ou à récolter au travers de l’enquête des éléments suffisamment précis », explique William Bourdon, l’avocat français chargé du dossier. La distance qui sépare les deux pays et le temps écoulé sont autant de paramètres qui ne facilitent pas les investigations.
Recrudescence des rapts
Le mutisme des victimes est ainsi un vrai obstacle. Le bâtonnier Solo Radson, avocat rattaché au CFOIM, témoigne : « Leur silence est très compréhensible car ils font l’objet de représailles, pour certains même après la libération de leur parent. » D’un point de vue pénal, le kidnapping est un crime. La justice prend en compte deux volets : la séquestration et l’extorsion de fonds. Contacté, le juge d’instruction chargé de ces affaires d’enlèvements côté Madagascar n’a pas souhaité s’exprimer.
Face à la recrudescence des rapts, une cellule mixte a été mise sur pied en septembre 2017. Composée de quatre gendarmes et de quatre policiers malgaches, ces derniers travaillent exclusivement sur ces cas d’enlèvements. Jean-Rostand Rabialahy, le directeur de cabinet du ministère de la sécurité publique, connaît le travail de longue haleine qu’impliquent ces enquêtes, qui perdurent bien après les libérations. « Vingt-huit personnes ont été mises sous mandat de dépôt en 2017, déclare t-il. Ces affaires sont tentaculaires : elles relèvent de la criminalité organisée, il y a des ramifications, des appuis et des soutiens partout. » 

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Sur la Grande Ile, le ras-le-bol contre l’insécurité est tel qu’une plate-forme d’un genre nouveau a vu le jour : Aok’zay, qui signifie « Ça suffit ! ». Pour la première fois, les acteurs du secteur privé, de la société civile ainsi que les syndicats des travailleurs parlent d’une même voix pour dire stop aux kidnappings. Les citoyens sont invités à manifester le 15 mars dans le but d’interpeller les autorités. En attendant, ces six derniers mois, une quarantaine de familles karanes a quitté l’île pour Maurice. A leurs racines, elles ont préféré la sécurité.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Pinar Selek : « Le mouvement “#metoo” est un peu du “déjà-vu” en Turquie »

Dans une tribune au « Monde », la sociologue turque Pinar Selek, exilée en France, estime que la société turque, sous le coup d’une surveillance étroite de la part du régime d’Erdogan, a peu réagi au mouvement #metoo.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h00
    |

Pinar Selek (Sociologue-docteure en science politique, université Nice Sophia Antipolis)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, la fameuse action féministe #metoo a secoué plusieurs hommes de différents secteurs du pouvoir. Les nouvelles technologies de communication – les nouvelles ressources militantes de notre époque – ont joué un rôle important dans la libération et la diffusion des paroles des femmes. Ce mouvement est rapidement devenu non seulement populaire mais aussi transnational. S’il est le fruit des luttes féministes de longue date, il a suscité une revitalisation politique des mouvements féministes, généralement occidentaux.
L’autoritarisme rampant du régime islamo-conservateur met en place une politique de réislamisation de la société
Et la Turquie ? Celles ou ceux qui connaissent l’importance du mouvement féministe dans l’espace des luttes sociales de ce pays, se demandent comment les femmes en Turquie ont réagi à cette tempête ? La réponse est courte : le mouvement #metoo n’a pas eu un impact en Turquie.
Pourquoi ? Pouvons-nous expliquer cette situation avec la peur qui domine dans toute la société ? Les femmes n’ont pas osé révéler leurs expériences, parce qu’elles avaient peur ? Parce que le patriarcat en Turquie est plus fort qu’ailleurs ? Ce n’est pas si simple. L’exemple de Turquie, par sa complexité frappante, nous impose d’éviter des catégorisations classiques, mais de voir les liens entre plusieurs facteurs.
Nous parlons d’un contexte politique où règne la masculinité meurtrière qui se renforce avec la violence politique dans un climat de guerre. L’autoritarisme rampant d’un régime islamo-conservateur met en place, en parallèle aux mesures de plus en plus répressives, une politique de réislamisation de la société. Cela serait utopique, voire anodin, d’attendre que, dans ce contexte, un tel mouvement émerge ? Non, pas du tout, car aujourd’hui malgré le tableau général, le mouvement féministe constitue l’un des plus dynamiques en Turquie.
Radicalisme pragmatique
Apparu dans un climat de paralysie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les rencontres du cinéma latino-américain fêtent le cinquantenaire de cette année dont l’actualité, très riche, marqua un grand nombre de films.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Faute de propositions concrètes, le voyage du chef de la diplomatie de Donald Trump tourne à vide, selon l’ancien ambassadeur américain en République centrafricaine.
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Point de vue

Rex Tillerson en Afrique : « Une tournée d’excuses… et rien d’autre »

Faute de propositions concrètes, le voyage du chef de la diplomatie de Donald Trump tourne à vide, selon l’ancien ambassadeur américain en République centrafricaine.

Par                Jeffrey Hawkins



LE MONDE
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        Le 12.03.2018 à 15h25

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        Mis à jour le 12.03.2018 à 15h51






    
Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson avant son départ de l’aéroport Jomo-Kenyatta à Nairobi, le 12 mars 2018.
Crédits : Jonathan Ernst/AP


Tribune. Après l’Ethiopie, Djibouti, le Kenya, où il a annulé samedi un certain nombre de rencontres suite à un malaise, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson poursuit, lundi 12 mars, sa première visite en Afrique par le Tchad et le Nigeria. Voyage qui doit finalement être écourté d’une journée.
Même avant son départ, sa tournée en Afrique s’annonçait peu propice à une nette amélioration des relations entre Washington et ses partenaires africains. Plus d’un an après les élections aux Etats-Unis, le locataire de la Maison Blanche ne se penchait que rarement sur les questions africaines. Le président Donald Trump n’a eu qu’une seule réunion multilatérale avec des chefs d’Etats africains, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2017. Quant à son chef de la diplomatie, lui aussi n’avait organisé qu’une seule rencontre avec des Africains deux mois après. Ni l’un ni l’autre n’envisageait de faire de déplacement sur le continent. L’intérêt de l’administration Trump était clairement ailleurs.
De l’indifférence aux insultes
Et puis, au mois de janvier, on est passé d’une approche d’indifférence quasi totale vis-à-vis de l’Afrique à des insultes émanant directement du leader des Etats-Unis. Dans une conférence avec des membres du Congrès sur l’immigration, le président Trump a traité de « pays de merde » des partenaires africains d’où partaient des migrants pour les Etats-Unis et l’Europe. Il va de soi que ces propos ont été très mal reçus.
Il fallait donc faire quelque chose. Le président Trump avait beau ignorer l’Afrique, les enjeux pour les Etats-Unis y sont très importants, de la lutte contre le terrorisme à l’exploitation des riches ressources sous le sol africain. M. Trump a donc décidé d’envoyer son ministre en tournée d’excuses.

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Il y avait quelques torts individuels à réparer aussi, ce qui pourrait expliquer le choix de plusieurs pays sur l’itinéraire de M. Tillerson. Le Nigeria ? En juin, Donald Trump avait apparemment dit qu’une fois entrés aux Etats-Unis, les visiteurs nigérians « ne retourneraient jamais dans leurs huttes ». L’Union africaine (UA) ? Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, s’était rendu à Washington pour rencontrer M. Tillerson juste après sa prise de fonction, mais ce dernier avait annulé à la dernière minute le rendez-vous. Le Tchad ? Le pays, acteur clé pour la sécurité sous-régionale, avait subitement et apparemment sans explication préalable été inclus sur la liste noire des pays dont les ressortissants étaient provisoirement interdits du territoire américain par crainte d’attaque terroriste.
M. Tillerson avait donc du pain sur la planche. Mais, dès le début, le département d’Etat et le chef de la diplomatie américaine ont été clairs. Un voyage pour « promouvoir une relation importante ? » Certes. Une tournée pour « faire suite » à la rencontre entre Rex Tillerson et les leaders africains au mois de novembre 2017. Oui. Mais, comme l’a souligné un responsable du ministère dans un briefing avant le départ, il n’y aura pas de « deliverable ». Pas d’initiative nouvelle donc. Le secrétaire d’Etat partait en Afrique pour écouter ses interlocuteurs. Et certainement pas pour lancer une nouvelle politique régionale.
Rien de neuf
Le 6 mars, Rex Tillerson a prononcé un discours à Washington sur les relations entre l’Amérique et l’Afrique. Une belle occasion pour le ministre de remettre les choses à plat avant son départ, de montrer aux Africains que l’administration Trump cherchait à refonder les bases d’un engagement avec le continent.
S’il a annoncé le versement de 533 millions de dollars (432 millions d’euros) d’assistance humanitaire pour la Somalie, l’Ethiopie et l’Afrique centrale, dont les besoins sont criants, il ne parlait que de vieux programmes déjà en cours. Le Trans-Sahara Counter-Terrorism Partnership destiné à aider les pays du Sahel à combattre le terrorisme ? Cela date de l’administration Bush. Les autres formes d’assistance vantées par Rex Tillerson dans son discours ? AGOA, Power Africa, YALI, PEPFAR, initiatives pour promouvoir l’économie, la santé, et la jeunesse africaine, toutes ont été lancées sous les présidents Bush ou Obama. Rien de neuf.

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Et son effort pour être « à l’écoute » des Africains ? Si M. Tillerson a dû annuler une partie de sa visite au Kenya, c’est parce qu’il est trop occupé à gérer des surprises « trumpiennes » : des tractations diplomatique avec la Corée du Nord ou l’annonce de nouvelles taxes jugées protectionnistes sur l’importation de l’acier et de l’aluminum.
Un président qui insulte des Africains. Une administration qui n’annonce rien de nouveau. Un secrétaire d’Etat tellement distrait par des questions internes qu’il n’arrive même pas à suivre son agenda sur le continent. Pas certain dans ces conditions que la « tournée d’excuses » porte de bons fruits.
Jeffrey Hawkins a été ambassadeur des Etats-Unis en République centrafricaine de 2015 à 2017. Il dirige aujourd’hui la Bibliothèque américaine de Paris.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historien revient sur la comparaison, qu’il avait lui-même faite dans nos colonnes, entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.
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Zeev Sternhell : « En Israël, il n’existe qu’une seule droite, la droite extrême nationaliste et raciste »

Dans une tribune au « Monde », l’historien revient sur la comparaison, qu’il avait lui-même faite dans nos colonnes, entre le sort des juifs avant la guerre et celui des Palestiniens aujourd’hui.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 16h03
    |

                            Zeev Sternhell (Historien)








                        



                                


                            
Dans ce texte, l’historien Zeev Sternhell répond au journaliste israélien Ben-Dror Yemini, auteur d’une tribune parue dans « Le Monde », elle-même en réponse à un point de vue du premier, paru également dans nos colonnes.
Tribune. Dans sa tentative de réponse à ma tribune du 18 février le journaliste Ben-Dror Yemini, depuis longtemps cheville ouvrière d’une propagande droitière naïve et grossière bien connue en Israël, a quand même raison sur un point important : voilà plus de quarante ans que je crains pour le sort de la démocratie israélienne et que je mets en garde mes compatriotes contre le pourrissement de notre société qu’engendrent nécessairement l’occupation, la colonisation et l’apartheid dans les territoires conquis en 1967.
La démocratie peut mourir lentement, en silence, sans tomber nécessairement dans un fracas de fin du monde
Il faut être aveugle pour ne pas voir la réalité : cette perception d’un avenir sombre me préoccupait dès avant la guerre du Kippour de 1973, mais l’accession de la droite au pouvoir en 1977 et les débuts de la colonisation à outrance qui, aujourd’hui, avec plus de 300 000 colons, est parvenue à découper la Cisjordanie en peau de léopard m’ont convaincu que j’assistais à un processus que je craignais plus que tout : la lente agonie du sionisme des fondateurs.
J’avoue être assez fier de mes articles des années 1970 et 1980 : je voyais alors se dessiner un processus long, lent et continu de détérioration de la démocratie israélienne, je voyais venir le début de la fin d’un nationalisme juif qui pouvait avoir été de droite mais à facette libérale ou de gauche avec une vague coloration socialisante.

C’est ce nationalisme-là qui fut le fondement d’Israël à sa naissance et qui permit, en dépit de ses imperfections et de ses faiblesses, d’édifier la démocratie libérale et d’assurer l’égalité juridique et politique de tous les citoyens, et donc de la minorité arabe. C’est ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.
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Au Royaume-Uni, la mort des partenariats public-privé

Le Royaume-Uni, longtemps champion des PPP, a aujourd’hui presque arrêté ce genre de contrat, dont les remboursements s’étaleront jusqu’aux années 2040.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Le Royaume-Uni, qui a été l’un des principaux leadeurs des partenariats public-privé, a désormais presque cessé d’y recourir. De 2002 à 2007, les autorités britanniques ont signé en moyenne 55 contrats de ce type par an. L’an dernier (avril 2016 à mars 2017), elles n’en ont passé qu’un seul, selon un récent rapport du National Audit Office, l’équivalent britannique de la Cour des comptes.
La quasi-disparition des private finance initiative (PFI), pour reprendre la terminologie officielle anglaise, est la conséquence logique de défauts de plus en plus apparents. Ce système permet de faire financer un investissement public – par exemple la construction d’un hôpital ou d’une école – par le secteur privé. L’Etat n’a pas besoin de débourser d’argent, donc l’emprunt n’apparaît pas dans les comptes publics. Mais au bout d’une dizaine d’années, les remboursements commencent, s’étendant sur des décennies.

C’est exactement ce qu’il se passe actuellement au Royaume-Uni. Après les années 2000, où ces investissements semblaient indolores, il est désormais l’heure de payer : 700 PFI sont actuellement en cours ; l’an dernier, les autorités publiques ont dû verser 10,3 milliards de livres (11,5 milliards d’euros) pour les honorer. En l’état actuel des choses, les remboursements vont s’élever au total à 199 milliards de livres, et s’étaleront jusqu’aux années 2040.
Impopulaires
Dans ces circonstances, les PFI sont devenus très impopulaires. Le gouvernement conservateur ose à peine les défendre – et n’y recourt plus. Quant au Parti travailliste, sous la houlette de son leadeur très à gauche Jeremy Corbyn, il a fait de la fin des PFI l’un de ses grands objectifs. Il propose de supprimer la majeure partie d’entre eux, en les ramenant directement sous le contrôle du secteur public. Le 8 février, John McDonnell, en charge de l’économie au Labour, estimait que les entreprises privées concernées ne seraient pas nécessairement compensées : « Le Parlement déterminera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les bénéficiaires disent comprendre la décision controversée de ne pas servir des repas aux étrangers.
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A Essen, à la soupe populaire réservée aux Allemands

Les bénéficiaires disent comprendre la décision controversée de ne pas servir des repas aux étrangers.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 12h16
    |

            Thomas Wieder (Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur le site Internet de la soupe populaire d’Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), c’est bien précisé : « Nouvelles inscriptions : mercredi, 9 heures. » Alors, pour être sûr d’être accepté, Omar est venu dix minutes en avance. A la porte, une femme : « C’est pour quoi ?
– Je viens m’enregistrer.
– Il est trop tard. 
– Mais il n’est pas encore 9 heures…
– Désolé, ça ne va pas être possible. »
La porte se referme. Omar insiste. Cette fois, il brandit un passeport. Un passeport allemand. Quelques minutes plus tard, la femme revient vers lui : « C’est bon. Entrez… »
En venant s’inscrire à la soupe populaire d’Essen, mercredi 7 mars, Omar s’attendait à ce genre de contrariété. Agé de 68 ans, ce mécanicien à la retraite se doutait que son « visage un peu bronzé » risquait de jouer en sa défaveur. Comme tout le monde ici, il a entendu parler du nouveau règlement, en vigueur depuis janvier mais qui a provoqué un débat à l’échelle nationale après avoir été révélé par la presse, fin février. Celui-ci est affiché sur la porte d’entrée : « En raison de l’augmentation du nombre de réfugiés ces dernières années, la part d’étrangers parmi nos clients a atteint 75 %. Pour garantir une intégration raisonnable, nous sommes dans l’obligation de n’accepter que des clients ayant un passeport allemand. »

Fils d’immigrés libanais arrivés en Allemagne dans les années 1960, « électeur écolo depuis trente ans », Omar « aurai[t] bien sûr préféré qu’on n’en arrive pas à une telle décision ». Mais au fond, il comprend. « Les gens qui s’indignent ne savent pas de quoi ils parlent. Les Kurdes, les Syriens, les Irakiens, tous ceux qui sont arrivés récemment, ils ne respectent rien, surtout les jeunes. Dans les magasins, ils ne font pas la queue, ils emmerdent les gens, ils ne pensent qu’à profiter du système. Moi, j’ai mis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Tokyo exigeait que toute négociation soit précédée de gestes concrets de Pyongyang vers la dénucléarisation mais n’a pas été entendu.
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Le Japon craint l’isolement après l’annonce du sommet Trump-Kim

Tokyo exigeait que toute négociation soit précédée de gestes concrets de Pyongyang vers la dénucléarisation mais n’a pas été entendu.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h57
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

La soudaine décision du président américain, Donald Trump, d’accepter une rencontre avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pour discuter de la dénucléarisation, a pris de court le Japon, qui redoute désormais de se retrouver isolé dans le jeu diplomatique autour de la péninsule coréenne.
« Jamais nous n’avions imaginé qu’une telle décision pouvait être prise maintenant », a ainsi déclaré au quotidien Asahi un cadre du ministère nippon des affaires étrangères au sujet de la « bonne nouvelle », ainsi que l’a présenté le 9 mars M. Trump au premier ministre Shinzo Abe lors d’un entretien téléphonique après l’annonce du possible sommet.

C’est peu dire que le Japon a été pris au dépourvu. M. Abe, qui doit rencontrer Donald Trump début avril, a dit « apprécier le changement d’attitude de Pyongyang », qu’il attribue, comme le président américain, aux sévères sanctions imposées par la communauté internationale et à la coopération entre Washington, Tokyo et Séoul.
Or, le chef du gouvernement nippon, qui a tout fait pour s’attirer les bonnes grâces de M. Trump depuis l’élection de ce dernier en novembre 2016, notamment pour renforcer l’alliance bilatérale de défense, n’a pas été consulté sur la question de discussions directes américano-nord-coréennes. « La décision a été prise totalement dans le dos du Japon, regrette-t-on au ministère de la défense. L’Archipel a été laissé de côté. »
« Menace nationale »
Le Japon s’est posé comme l’un des plus ardents défenseurs de la stratégie dite de « pression maximale » marquée par l’adoption des sanctions les plus fermes contre Pyongyang qui en 2017 a réalisé un essai nucléaire et multiplié les tirs de missiles, dont deux ont survolé l’Archipel.
Tokyo n’a cessé de marteler que « le dialogue pour le dialogue ne sert à rien » et voulait que toute négociation soit précédée de mesures concrètes de Pyongyang vers la dénucléarisation....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les autorités sont critiquées pour avoir tardé à alerter sur un risque de contamination.
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Espion empoisonné : Theresa May exhortée à agir contre la Russie

Les autorités sont critiquées pour avoir tardé à alerter sur un risque de contamination.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h24
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Qu’un agent double russe et sa fille se fassent empoisonner en plein Salisbury, petite ville tranquille du sud de l’Angleterre, était déjà embarrassant pour le gouvernement de Theresa May. Qu’il ait fallu une semaine pour mettre en garde la population locale contre un risque potentiel de contamination ne va pas faciliter la tâche de la première ministre britannique, déjà accusée de mollesse pour son refus de montrer explicitement du doigt la Russie de Vladimir Poutine.
Dimanche 11 mars, sept jours après que Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été découverts inconscients sur un banc dans un quartier commerçant de Salisbury, les autorités sanitaires ont révélé que des traces de contamination à l’agent innervant qui leur a été administré ont été retrouvées au restaurant italien Zizzi et au pub The Mill. Les victimes, hospitalisées en soins intensifs et dont l’état était jugé, dimanche, « critique mais stable », avaient fréquenté ces établissements avant de tomber dans le coma. Les quelque 500 autres clients qui s’y sont rendus les 4 ou 5 mars ont été invités à nettoyer tous leurs vêtements et objets personnels.
Sanctions financières
Des consommateurs, interrogés par la BBC, ont protesté contre ces conseils tardifs, ayant parfois oublié quels vêtements ils portaient ces jours-là. Il n’y a « aucune raison de paniquer », a tenté de les rassurer le National Health Service, le service national de santé, qualifiant de « faible » le risque de contamination et assurant que les précautions prises étaient de type « ceinture et bretelle ».
La nature du poison – dont l’analyse pourrait trahir l’origine – n’a pas été rendue publique par les autorités, alors que plus de 250 policiers antiterroristes appuyés par 180 militaires analysent plus de 240 indices et 200 témoignages. Outre le restaurant et le pub, la maison de Sergueï Skripal, à Salisbury, et le cimetière de la ville, où sont enterrés son épouse et leur fils morts récemment, font l’objet d’investigations. Le mystère reste entier sur le mode d’administration du poison : livré à domicile par colis ? Introduit dans un bouquet de fleurs au cimetière visité par l’ancien espion, le 1er mars, à l’occasion de l’anniversaire de son fils ? Apporté par Youlia, arrivée récemment de Moscou, dans un « cadeau offert par des amis » ?

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                A ce stade, Poutine « se moque éperdument » de l’ingérence dans l’élection américaine



Pour Theresa May, l’état de santé « grave mais stable » de Nick Bailey, le policier hospitalisé après avoir porté secours aux victimes, est un autre sujet de préoccupation, accroissant la pression pour qu’elle hausse le ton vis-à-vis de la Russie, lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale, lundi 12 mars. « Si l’implication d’un Etat étranger venait à être prouvée (…), le gouvernement répondrait de manière appropriée », a répété, dimanche, le ministre des finances, Philip Hammond, à la BBC. Modéré, il a rejoint ses collègues des affaires étrangères, Boris Johnson, et de la défense, Gavin Williamson, qui réclament des sanctions financières contre Moscou dont l’implication pourrait être difficile à prouver.
D’ailleurs, le Parti conservateur au gouvernement pourrait avoir, tout comme les clients du Zizzi ou du pub The Mill, à laver son linge sale : selon le Times, les tories ont perçu, depuis 2010, plus de 3 millions de livres (3,4 millions d’euros) de dons d’hommes d’affaires russes et de lobbyistes souvent liés au régime Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’opposition n’a réussi à récupérer que deux des quatre sièges qu’elle avait gagnés en 2016 avant que ses élus soient démis de leurs fonctions.
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Revers pour les militants prodémocratie au Parlement de Hongkong

L’opposition n’a réussi à récupérer que deux des quatre sièges qu’elle avait gagnés en 2016 avant que ses élus soient démis de leurs fonctions.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h15
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Le camp pro-Pékin de Hongkong a réussi à s’emparer de deux des quatre sièges qu’avaient emportés, en septembre 2016, des candidats de l’opposition prodémocratie, lesquels furent par la suite disqualifiés pour avoir critiqué le pouvoir chinois lors de leur prestation de serment.
Dimanche 11 mars, un peu plus de 2 millions de Hongkongais (sur 7,3 millions d’habitants) étaient appelés aux urnes pour des élections législatives partielles dont l’enjeu dépassait largement les quatre sièges en lice. L’opposition n’avait pas hésité à qualifier ce scrutin de « référendum » : une faible participation ou une victoire des candidats pro-Pékin seraient un signe de la résignation des Hongkongais face à l’immixtion croissante des autorités chinoises dans les affaires de Hongkong. Si au contraire ces quatre sièges étaient rendus à l’opposition, qui se les était vu confisquer à l’issue d’une interprétation juridique de Pékin, il aurait fallu y voir un message de refus de l’intimidation du pouvoir central.
Or le taux de participation fut de l’ordre de 43 % – contre 58 % aux élections générales de 2016 – et l’opposition ne récupéra que la moitié de ces sièges. C’est donc un résultat décevant pour le camp pro-démocratie qui avait pourtant organisé des primaires pour éviter une dispersion des voix et optimiser ses chances. Les résultats ont toutefois été serrés et un recomptage a été nécessaire pour l’un des sièges. Il reste deux sièges vacants à pourvoir au Legislative Council (Legco). Leurs députés, disqualifiés pour les mêmes raisons que les autres, ont fait appel de leur exclusion.
« Retour à l’ordre »
Le gouvernement avait certes compliqué la tâche à l’opposition en rejetant plusieurs candidatures ou en tardant à les accréditer. L’ancien député disqualifié Edward Yiu, par exemple, n’a reçu la validation de sa candidature par la commission électorale que fin janvier, lui laissant à peine cinq semaines pour faire campagne dans une circonscription...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les protestataires reprochent au gouvernement d’avoir créé de nouvelles taxes et de nouveaux impôts qui vont apauvrir la population.
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Compte rendu

Au Niger, nouvelle manifestation contre la loi de finances « antisociale »

Les protestataires reprochent au gouvernement d’avoir créé de nouvelles taxes et de nouveaux impôts qui vont apauvrir la population.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 12.03.2018 à 11h11

     •
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        Mis à jour le 12.03.2018 à 11h14






    
Manifestation contre la loi de finances à Niamey, le 14 janvier 2018.
Crédits : BOUREIMA HAMA / AFP


Plusieurs milliers de personnes ont à nouveau manifesté, dimanche 11 mars, à Niamey contre la loi de finances 2018 qu’elles jugent « antisociale », a constaté un journaliste de l’AFP. « A bas la loi de finances injuste ! », « Vive la société civile », « La lutte continue », ont scandé les manifestants dans la capitale nigérienne.
Les protestataires répondaient à l’appel d’une coalition d’organisations de la société civile, des partis de l’opposition politique et de quelques syndicats. « Ce n’est pas pour le plaisir que nous manifestons régulièrement, c’est contre l’injustice, a déclaré devant la foule Moussa Tchangari, l’une des figures des manifestations. Les autorités n’ont jamais montré le moindre signe d’une disponibilité au dialogue. »

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Depuis octobre 2017 et la préparation du budget 2018, un collectif de la société civile et l’opposition politique organisent des manifestations à Niamey et dans les grandes villes du pays pour demander « l’abrogation » de la loi de finances. Les protestataires reprochent au gouvernement d’avoir créé de nouvelles taxes et de nouveaux impôts qui vont « presser le peuple » et surtout d’avoir « accordé des cadeaux fiscaux d’une vingtaine de milliards de francs CFA » (une trentaine de millions d’euros) aux compagnies de téléphonie.
« Aucun ravage fiscal particulier »
A l’appel des partis de la mouvance présidentielle, des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté le 4 mars dans la capitale et à l’intérieur du pays, pour « soutenir le président nigérien » Mahamadou Issoufou et « la loi de finances ». « Après trois mois de mise en œuvre », la loi de finances « n’a provoqué aucun ravage fiscal particulier », avait argué Mohamed Bazoum, le ministre de l’intérieur et président du parti au pouvoir.

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Le ministre des finances, Hassoumi Massoudou, avait affirmé fin février que, contrairement à ce qu’avancent ses détracteurs, le budget 2018 ne contient « pratiquement aucune mesure » affectant « les campagnes », où vivent 80 % des 20 millions de Nigériens, en majorité pauvres. Une nouvelle manifestation contre le budget est prévue le 25 mars.
Les « marches “pour” ou “contre” » la loi de finance 2018 « affaiblissent le pays et accentuent les divergences entre des acteurs politiques et sociaux », ont prévenu samedi une dizaine d’organisations dans un communiqué commun. Ces organisations se sont dites « disponibles » pour servir de « médiation » entre les protagonistes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Contesté par les sociétés minières, le texte adopté par le Parlement doit fortement augmenter les taxes que l’Etat congolais prélève sur les exportations de cobalt.
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Compte rendu

En RDC, Joseph Kabila promulgue le nouveau Code minier

Contesté par les sociétés minières, le texte adopté par le Parlement doit fortement augmenter les taxes que l’Etat congolais prélève sur les exportations de cobalt.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-12T11:11:36+01:00"

        Le 12.03.2018 à 11h11






    
Sur le site de la mine de cuivre et de cobalt de Tenke Fungurume, le 29 janvier 2013.
Crédits : REUTERS


Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a promulgué, vendredi 9 mars, le nouveau Code minier. Celui-ci doit multiplier par cinq la taxe sur le cobalt pour, officiellement, rapporter davantage de ressources fiscales au pays.
En échange, le chef de l’Etat congolais qui s’accroche au pouvoir depuis la fin officielle de son second mandat le 19 décembre 2016, très critiqué par l’opposition, l’église et la société civile, a promis une « concertation » dans l’application de la loi pour calmer les inquiétudes des entreprises du secteur.

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Le taux de la redevance sur le cobalt, dont la RDC a fourni les deux tiers de la demande mondiale en 2017, va passer de 2 % à 10 % si un décret du premier ministre classe ce minerai rare indispensable aux batteries nouvelle génération des voitures électriques parmi les « substances stratégiques » – ce dont personne ne doute.
Juste avant la promulgation, le prix du cobalt a battu un nouveau record à la Bourse des métaux de Londres, à 84 000 dollars (68 132 euros) la tonne, vendredi, en clôture.
Campagne de lobbying
« Une valeur d’environ 10 milliards de dollars de cuivre et de cobalt est exportée chaque année de la RDC et un effort sans précédent de lobbying est attendu de la part du secteur minier pour tenter de faire changer d’avis le président Kabila », prédisait le courtier britannique Darton Commodities dans son rapport annuel en février.
Cette bataille de lobbying a connu son point culminant jeudi, quand le président Kabila a reçu pendant plusieurs heures sept entreprises minières, parmi lesquelles Glencore, Rangold et Ivanhoé.

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Outre la taxe sur le cobalt, ces entreprises qui exploitent les richesses du sous-sol congolais sous le régime très libéral du Code minier de 2002, redoutent d’autres nouvelles dispositions : une taxe sur les super-profits et la fin d’une clause de stabilité des contrats de dix ans.
Au terme de cette campagne de lobbying aussi intense que discrète et opaque, les miniers n’ont pas obtenu le réexamen du texte qu’ils souhaitaient, juste un « dialogue constructif avec le gouvernement autour des mesures d’application de la présente loi », selon le communiqué présidentiel.
Face aux pressions, le président Kabila a reçu le soutien sans faille d’un des hommes forts du régime, le patron de la société minière publique Générale des carrières et des mines (Gécamines), Albert Yuma.
Des miniers avaient espéré en vain que le ministre des mines, Martin Kwabelulu, obtienne une nouvelle lecture du texte au Parlement.
Le nouveau code doit « rapporter à l’Etat des recettes substantielles pour son développement économique et social », proclame le communiqué de la présidence.

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Des revendications fiscales somme toutes légitimes : deuxième plus grand pays d’Afrique avec 2,3 millions de km2 et 70 à 90 millions d’habitants, la RDC dispose pour 2018 d’un budget d’à peine 5 milliards de dollars pour ses besoins titanesques : éducation, santé, infrastructures, sécurité, sans parler du coût des élections prévues le 23 décembre.
La RDC est pourtant souvent qualifiée de « scandale géologique » avec le cuivre et le cobalt du Katanga, le coltan du Kivu, les diamants du Kasaï…
Adopté en pleine guerre, le précédent code avait pour mission principale d’attirer et de rassurer les investisseurs, avec des facilités dans l’octroi des droits et le régime fiscal.
Prédation des ressources minières
La promulgation du nouveau code est présentée comme une victoire patriotique et politique par les partisans du président Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin en décembre 2016.
« Le président exprime la volonté et l’intérêt du peuple congolais », écrit sur Twitter un conseiller du président, Jean-Claude Mwewa, qui ironise sur le « lourd silence » des opposants.

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D’autres doutent que le code n’allège vraiment la souffrance de millions de Congolais : « Un nouveau Code minier (…) ne mettra pas fin à la prédation de nos ressources minières. Les multinationales et le régime Kabila se disputent chacun leurs intérêts, pas ceux du peuple congolais. Deux camps prédateurs se disputant le butin du Congo ! », a dénoncé sur son compte Twitter le mouvement citoyen Lucha.
En juillet 2017, l’ONG britannique Global Witness avait qualifié le secteur minier congolais de « distributeur automatique de billets » pour le régime de Joseph Kabila. Début novembre, une ONG américaine, le Centre Carter, avait estimé que 750 millions de dollars n’avaient pu être retracés de « manière fiable » dans la comptabilité de la société d’Etat Gécamines. « Une idiotie, un mensonge », avait réagi son PDG, M. Yuma.


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Compte rendu

Vers un second tour de la présidentielle en Sierra Leone

Selon des résultats partiels, moins de 1 % des voix sépare le candidat de l’opposition, légèrement en tête, de celui du parti au pouvoir.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 12.03.2018 à 11h00






    
Dans un bureau de vote de Kono, lors des élections générales en Sierra Leone, le 7 mars 2018.
Crédits : TOMMY TRENCHARD POUR LE MONDE


Le candidat du principal parti d’opposition à l’élection présidentielle en Sierra Leone, Julius Maada Bio, devance de peu celui du parti au pouvoir, Samura Kamara, selon les résultats partiels publiés dimanche 11 mars par la Commission électorale nationale (NEC).
Selon ces résultats portant sur 75 % des bureaux de vote dans chaque province, Julius Maada Bio obtient 43,3 % des suffrages exprimés, et Samura Kamara 42,6 %, soit un écart d’un peu moins de 15 000 voix.
La NEC doit proclamer les résultats complets en début de semaine, mais un second tour semble presque certain, le seuil pour être élu au premier tour se situant à 55 % des voix.

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Les habitants de ce pays d’Afrique de l’Ouest se sont déplacés en nombre mercredi 7 mars pour élire leurs nouveaux président et vice-président, membres du Parlement et conseillers locaux.
Rôle d’arbitre
Le président sortant, Ernest Bai Koroma, qui ne pouvait se représenter après deux mandats de cinq ans, a désigné pour porter les couleurs de son parti, le Congrès de tout le peuple (APC), son ministre des affaires étrangères, Samura Kamara.
Face à lui, le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP), principale formation d’opposition, a de nouveau présenté M. Bio, un ancien général, battu par M. Koroma en 2012.

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Un ancien cadre du SLPP, Kandeh Yumkella, qui se présente au nom d’une nouvelle formation, la Grande Coalition nationale (NGC), est crédité pour sa part de 6,69 % des voix. En cas de second tour, il pourrait jouer le rôle d’arbitre entre les deux partis qui se succèdent au pouvoir depuis l’indépendance, en 1961.
« Augmentation des intimidations »
Les missions d’observateurs étrangers et de la société civile, notamment celle de l’Union européenne, ont salué une campagne généralement pacifique et le bon déroulement du scrutin, mais déploré une « augmentation des intimidations et des actes de violence dans la dernière semaine » de campagne et après la fermeture des bureaux de vote.

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Le bilan de l’administration sortante est contrasté. Elle est parvenue à attirer les investisseurs pour reconstruire le pays, dévasté par la guerre civile (1991-2002). Mais l’économie reste fragile après les chocs de l’épidémie d’Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières, et la corruption n’a pas diminué.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.
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Zone euro : la fronde des pays du Nord face aux ambitions de Macron

Emmenés par les Pays-Bas, huit Etats plaident en priorité pour « le respect des règles communes », notamment du pacte de stabilité et de croissance.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Lundi 12 mars, l’Eurogroupe devait plancher à Bruxelles sur la préparation d’un sommet de la zone euro prévu à la fin du mois. Un sommet capital, au cours duquel Paris et Berlin pourraient enfin présenter une position commune sur l’avenir de l’eurozone, après six mois de tergiversations politiques en Allemagne pour former une coalition gouvernementale entre conservateurs de la CDU et sociaux-démocrates du SPD.
La réunion des ministres des finances de la zone euro, lundi, risquait cependant d’être plombée par une récente prise de position de huit pays du nord de l’Europe, emmenés par les Pays-Bas, aux côtés des trois Etats baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), de la Suède, de la Finlande, du Danemark et de l’Irlande.

Cette « alliance du Nord » défend une vision du futur de la zone euro nettement moins ambitieuse que celle d’Emmanuel Macron. Un avenir qui passe avant tout, soulignent ces pays dans une lettre commune diffusée le 6 mars, par « le respect des règles communes », à commencer par le pacte de stabilité et de croissance, et son fameux plafond d’un déficit public à 3 % du produit intérieur brut.
« Quand on a des visions, il faut aller chez le docteur »
Pas un mot sur la nécessité de se doter d’un ministre des finances, d’un budget commun et encore moins d’un Parlement de la zone euro, contrairement à ce qu’avait réclamé le président français dans son discours de la Sorbonne, fin septembre 2017. Il s’agit davantage de se concentrer sur les réformes dont « l’eurozone a besoin » plutôt que sur celles qu’il serait « sympathique d’avoir ».
Le premier ministre libéral néerlandais, Mark Rutte, a pris la tête de ce cercle des « pays vertueux »
La formule rappelle, en moins brutal, le « quand on a des visions, il faut aller chez le docteur » lancé en septembre par Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, juste après un discours du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, pourtant...




                        

                        

