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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La première ministre britannique, Theresa May, a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.
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Ex-espion russe empoisonné en Angleterre : « très probable » que la Russie soit responsable

La première ministre britannique, Theresa May, a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h32
   





                        



   


La première ministre britannique Theresa May a déclaré, lundi 12 mars devant les députés britanniques, qu’il était « très probable » que la Russie soit responsable de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille le 4 mars dernier dans le sud de l’Angleterre.
Soulignant que l’agent innervant utilisé contre M. Skripal et sa fille ioulia était une substance « de qualité militaire » développée par la Russie, Mme May a donné jusqu’à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques. Soit l’Etat russe est directement responsable de leur empoisonnement, soit il a laissé leurs agresseurs se procurer l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury, a-t-elle ajouté. Si la Russie ne fournit aucune réponse crédible, la Grande-Bretagne conclura que cet acte équivaut à un usage de la force sur le territoire britannique, a-t-elle conclu.
« D’aucune façon le problème de la Russie »
Interrogé par la BBC sur une éventuelle responsabilité de la Russie, le président russe, Vladimir Poutine, a répondu :
« Tirez les choses au clair de votre côté et après nous en parlerons avec vous. »
L’ambassade de Russie à Moscou a, de son côté, déclaré que Londres joue un « jeu très dangereux » dans sa manière de mener l’enquête sur l’empoisonnement en Angleterre d’un ex-agent double russe.
Interrogé plus tôt, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait répondu n’avoir « pas entendu de déclarations de responsables politiques britanniques selon lesquelles la Russie est impliquée ». « Le citoyen russe mentionné avait travaillé pour l’un des services secrets britanniques, l’incident s’est passé sur le territoire britannique et ce n’est d’aucune façon le problème de la Russie, encore moins de ses dirigeants », a-t-il ajouté au cours d’un point de presse. Moscou a déjà qualifié les allégations de « propagande ».
Londres accusé de vouloir boycotter le Mondial
La télévision d’Etat russe a, par ailleurs, accusé les autorités britanniques d’avoir elles-mêmes empoisonné l’ancien agent double pour perturber l’organisation de la Coupe du monde de football en Russie l’été prochain. « Skripal ne servait plus à rien en tant que source. Mais il est très utile en tant que victime d’empoisonnement. Pourquoi ne pas l’empoisonner ? Ça ne coûte rien. Et avec sa fille tant qu’à faire pour rendre la chose encore plus émouvante pour l’opinion publique », a commenté Dmitri Kiseliov, le principal présentateur pro-Kremlin.
Selon M. Kiseliov, un protégé de Vladimir Poutine, l’émotion suscitée par cette affaire fournit à Londres un prétexte pour organiser le boycottage du Mondial de football.
Skripal et sa fille toujours dans un état critique
Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont à l’hôpital dans un état critique depuis le 4 mars, jour où ils ont été retrouvés inconscients sur un banc devant un centre commercial de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.
La police a établi qu’un agent innervant – substance chimique qui agit sur le système nerveux et peut entraîner la mort – était à l’origine de leur état, mais elle n’a pas dit plus précisément de quelle substance il s’agissait.
Plusieurs centaines de personnes qui ont fréquenté un restaurant italien et un pub de Salisbury, où avaient été Sergueï Skripal et sa fille avant de plonger dans un état inconscient, ont été invitées dimanche à nettoyer soigneusement leurs vêtements, des traces de l’agent innervant ayant été retrouvées dans ces deux endroits.

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          L’empoisonnement de Sergueï Skripal ravive le spectre du « laboratoire des poisons » soviétique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ A la suite du congrès de « refondation » du Front national à Lille dimanche, le politologue Erwan Lecœur a répondu aux questions des lecteurs du Monde.fr.
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Au FN, « le lien au nom n’est pas seulement politique, il est aussi affectif »

A la suite du congrès de « refondation » du Front national à Lille dimanche, le politologue Erwan Lecœur a répondu aux questions des lecteurs du Monde.fr.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h50
   





                        


Marine Le Pen, réélue à l’unanimité, dimanche 11 mars, à la présidence du Front national lors du congrès du parti, à Lille, a proposé à ses adhérents de rebaptiser le parti d’extrême droite « Rassemblement national ». La nouvelle appellation, conçue parallèlement à une retouche des instances, doit être soumise à un vote des adhérents organisé par correspondance dans les semaines à venir.
Au lendemain du congrès du parti, le sociologue et politologue Erwan Lecœur, coauteur du Dictionnaire de l’extrême droite (Larousse, 2007), a répondu aux questions des internautes lors d’un chat sur le site du Monde.fr.
Comment analysez-vous la venue de Stephen Bannon au congrès du FN ?
Erwan Lecœur : Steve Bannon, c’est un peu le magicien qui a fait gagner un populiste. Il est en tournée en Europe pour expliquer aux mouvements populistes nationalistes que le vent de l’histoire est avec eux et comment réussir à accéder au pouvoir, comme il l’a fait avec Donald Trump. Cette intervention a permis à Marine Le Pen de remplir deux objectifs urgents : en externe, polariser l’attention médiatique ; en interne, montrer à sa base radicale qu’elle n’avait pas renié certaines idées et que le changement (de nom) n’était pas reniement, mais volonté de gagner.

        Lire :
         

          Steve Bannon, invité vedette du congrès du FN : « L’Histoire est de notre côté »



Le nom « Rassemblement national » existerait déjà et serait un mouvement politique. Le nom aurait même déjà été déposé. Est-ce vrai ? Si oui, Marine Le Pen va devoir changer de proposition de nouveau nom pour le parti ? Peut-elle utiliser le nom « RN » si celui-ci a été déposé ? Merci d’avance.
Il semble, en effet, que ce nom ne soit pas disponible. Et que son propriétaire n’ait pas du tout envie de céder ses droits sur l’appellation déposée. Cela pose problème, car le nom avait une histoire. Il avait été utilisé par l’avocat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour (campagne de 1965, dirigée par un certain Jean-Marie Le Pen), puis par Le Pen en 1986 et ensuite : il servait à désigner l’ouverture du FN lors d’élections, notamment à des pans de la droite qui ne voulaient pas entrer au FN.
Du coup, la consultation lancée auprès des adhérents va être polluée par ces affaires et cette longue histoire. Le mélange entre politique et juridique n’est pas nouveau chez les Le Pen ; le nom de Front national avait lui aussi été contesté à Jean-Marie Le Pen par d’anciens militants dès 1973, puis par Bruno Mégret en 1999. Le Pen avait gagné à chaque fois. Mais il n’est pas impossible que, cette fois, Marine Le Pen perde devant les tribunaux, si elle essaie de passer en force. Ce serait une pierre de plus dans son jardin.

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          FN : la marque « Rassemblement national », objet d’un imbroglio juridique



Marine Le Pen a-t-elle évoqué au congrès une alliance avec Wauquiez ou Philippot pour les prochaines élections ?
Non, elle n’a pas évoqué d’alliance particulière, sauf en rappelant celle avec Dupont-Aignan, mais elle a martelé la nécessité d’une « ouverture » à d’autres forces politiques, pour pouvoir gouverner un jour. C’est toute la difficulté de l’exercice : elle estime que le clivage gauche-droite est dépassé, elle ne veut pas d’alliance privilégiée avec la droite (contrairement à une partie de ses cadres, et sa nièce), mais elle propose un nouveau nom qui rappelle la droite du Rassemblement pour la République (RPR). Et en face, Laurent Wauquiez espère attirer les électeurs déçus du FN, tout comme Florian Philippot. Au fond, le RN doit permettre de sortir de cette situation de faiblesse, en reprenant l’initiative, médiatique, puis politique.
Qu’en est-il de la scission avec Florian Philippot ? Marine Le Pen et Florian Philippot se parlent-ils encore ? Combien d’élus ont rejoint ce dernier ?
Pour le moment, le mouvement de Florian Philippot reste marginal et ne concerne que quelques milliers de militants et quelques élus. Il n’a pas réussi à faire une scission, comme Bruno Mégret en 1998, qui avait emporté la moitié du FN de l’époque.
On ne sait pas si Florian Philippot et Marine Le Pen se parlent. Ils laissent entendre que non, jouent la carte de la division et semblent vouloir s’ignorer. Elle fait comme son père avant elle : moquer les espoirs de tout challenger dans la « galaxie ». Elle espère pouvoir rebondir avec le changement de nom. Philippot connaît l’histoire, il pense avoir raison sur le fond et sur la stratégie, mais il sait que sa tentative doit rapidement prendre de l’ampleur pour réussir. Sinon, il sera un parmi les multiples mouvements issus du FN qui vivent et survivent dans cette famille politique.
Pourquoi Marine Le Pen veut-elle changer de nom ? Est-ce que ça signifie que la ligne politique du FN va changer ?
Non, il ne s’agit pas de changer la ligne politique mais plutôt de relancer une dynamique de « rassemblement » pour espérer arriver au pouvoir un jour. Il s’agit de rassurer les déçus de la dernière élection présidentielle en interne et de répondre aux critiques qui demandent de nouvelles alliances. Et il y a aussi une dimension symbolique et familiale, chez les Le Pen : le FN, c’est le parti de Jean-Marie. Le RN, c’est Marine, comme elle avait déjà créé le « Rassemblement Bleu Marine ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Au FN, un nouveau nom pour une ligne dure



Quels sont les arguments des militants qui sont contre un changement de nom ?
Pour la plupart, les militants estiment que le nom fait partie de l’ADN de « leur » parti. Et que le changer serait renier ce qu’ils ont défendu depuis des années, contre le reste du « système ». Ils y sont attachés, comme ils restent attachés à la figure de Le Pen (père), même s’ils reconnaissent qu’il peut nuire à l’accession au pouvoir. Le FN est un parti « famille », qui encadre les militants, les forme, les rassure. Le lien au nom n’est pas seulement politique, il est aussi affectif.
Bonjour, y a-t-il eu consultation des adhérents pour proposer ce nouveau terme de « Rassemblement national » ?
Il y a eu un travail de consultation des adhérents (non public) ces derniers mois qui portait sur plusieurs sujets, dont l’opportunité de changer de nom. Le résultat est très serré, d’après la direction du FN : 52 % de personnes favorables à un changement. C’est peu. Et depuis hier, il y a une consultation en cours, par correspondance, sur le nouveau nom proposé. Il sera sans doute suivi par huissier et permettra de faire parler du FN-RN pendant quelques semaines.
Quand on fait des recherches sur le RN, on s’aperçoit qu’historiquement ce parti est d’idéologie fasciste, voire néonazie. Si un changement de nom du FN était nécessaire pour la dédiabolisation, c’est plutôt mal parti, non ? Comment le FN va-t-il faire pour redorer son image après cet événement, maintenant qu’on risque de l’associer avec cet ancien parti ?
En effet, l’expression « Rassemblement national » est déjà connotée historiquement. L’avocat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour, mais aussi le Rassemblement national populaire de Déat (1942), et le parti créé plus récemment qui porte déjà ce nom sont également issus de cette tradition de la droite antigaulliste. Mais le terme de « rassemblement » est aussi plus ouvert que celui de « front », qui avait une connotation guerrière, en même temps qu’une dimension de rassemblement électoral, voulue par ses créateurs d’Ordre nouveau, en 1972.
Pour Marine Le Pen, l’objectif est de donner le sentiment qu’elle rénove le FN pour l’ouvrir à de nouvelles alliances pour accéder au pouvoir, mais aussi de rassurer sur les fondamentaux, face à Wauquiez et Philippot, qui lui disputent ses électeurs sur des bases proches. Donc, un petit air de « radicalité historique » n’est pas forcément mauvais, pour cela.
Marine Le Pen a été réélue à l’unanimité à la tête du FN. Est-ce que ça signifie qu’elle a réussi à redorer son blason auprès des militants après son débat raté à la présidentielle face à Macron ?
Auprès des militants, elle apparaît comme incontournable et elle a réussi à resserrer les rangs, malgré les difficultés dans l’opinion, liées à la déception de la présidentielle. Cela veut aussi dire qu’elle a mené à terme la « marinisation » du parti dont elle a pris la tête fin 2010. Elle a désormais placé ses proches à tous les niveaux de pouvoir et elle tient le parti, sans opposition forte. Bruno Gollnisch et Marion Maréchal Le Pen ne pèsent plus beaucoup en interne. Par ailleurs, il n’y avait pas d’autre candidat(e), donc l’unanimité est plus aisée. Florian Philippot a choisi de créer son mouvement. Et Marion Maréchal Le Pen de faire une pause.
La ligne politique actuelle du FN est-elle celle d’avant ou d’après l’alliance avec Dupont-Aignan ? MLP a-t-elle définitivement abandonné certaines mesures, comme, me semble-t-il, la fin de la scolarité gratuite pour les enfants sans papiers ?
La ligne politique actuelle doit, en effet, revenir aux fondamentaux (protection, liberté, sécurité) et marquer la filiation du RN avec le FN sur quelques grandes mesures phares : préférence nationale, Europe des nations, etc. Il s’agit pour Marine Le Pen de laisser ouverte l’élaboration de propositions nouvelles, pour deux raisons : il faut « faire sérieux » et devenir un parti de gouvernement, et il faut pouvoir nouer des alliances, pour pouvoir espérer gagner les élections. Donc, on assiste dans un premier temps à un retour aux éléments structurants qui fondent le « lepénisme » (version Marine), avec quelques innovations qui datent de ces dernières années : liberté des petits entrepreneurs contre les gros (du CAC 40), protectionnisme et localisme de production, capitalisme national et « familial », intérêt pour les nouvelles technologies (le Google à la française, qui existe, mais ne fonctionne pas), et surtout l’idée de gouverner par grands référendums sur les grands sujets (peine de mort, euro, etc.) La ligne de Marine Le Pen, c’est d’abord de construire une proposition « ni droite ni gauche, nationale », en empruntant des éléments de programme aux deux camps, pour les mixer dans une proposition de « protectionnisme nationaliste ». Ensuite, sur cette base, elle pourra discuter avec d’autres forces politiques qui pourraient venir affirmer sa légitimité pour les prochaines échéances, dont les Européennes l’année prochaine. Mais on ne sait pas encore lesquelles, à ce stade.
Vu l’absence d’huissier, comment peut-on lire ce chiffre de 52 % ? Il est à peine en faveur d’un changement de nom, et vu ce qui est mis en avant avec le nom de « RN », est-ce que MLP se laisse une marge de manœuvre pour revenir en arrière si besoin ?
C’est une hypothèse, en effet. En tout cas, le lancement du nouveau nom n’est pas certain de réussir, à ce stade. En interne comme en externe, médiatiquement et juridiquement.
Que devient Marion Maréchal ? Est-elle impliquée d’une manière ou d’une autre aux réflexions actuelles ?
Non, a priori elle influe plutôt de l’extérieur, avec des amis à l’intérieur. Partisane d’une alliance avec la droite, elle attend de voir ce que la stratégie de Marine Le Pen va donner.  Le changement de nom ne vise-t-il pas principalement à écarter définitivement, Monsieur Jean-Marie Le Pen ?
C’est en effet une des principales conséquences – et peut-être une des raisons réelles – de ce changement de nom : marquer un changement d’époque. Le Front national était le parti du père, même s’il n’avait pas été parmi les « fondateurs » en 1972, son image était liée à celle du FN. Le RN sera le parti de la fille, dans la lignée du Rassemblement Bleu Marine, utilisé depuis quelques années.

        Lire :
         

          Jean-Marie Le Pen qualifie le changement de nom du FN d’« assassinat politique »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Dix-neuf reporters italiens vivent actuellement sous protection policière permanente. Un phénomène en hausse, alorq qu’un clan de la ’Ndrangheta est suspecté d’avoir tué un journaliste slovaque et sa compagne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/03/2018
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Menacés par la mafia, des journalistes italiens sous escorte

Dix-neuf reporters italiens vivent actuellement sous protection policière permanente. Un phénomène en hausse, alorq qu’un clan de la ’Ndrangheta est suspecté d’avoir tué un journaliste slovaque et sa compagne.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h13
    |

                            Thomas Saintourens








                        



                                


                            

Une Opel grise s’immobilise sur le parking du stade communal, vide en ce jeudi matin d’hiver. La vitre arrière s’abaisse, laissant entrevoir le visage de la passagère, une femme brune : Marilena Natale, une journaliste locale. D’un brusque geste de la main, elle nous invite à suivre le convoi. Le chauffeur de l’Opel redémarre, zigzaguant dans les rues désertes de Casal di Principe (Campanie), le fief d’un puissant clan de la Camorra, la mafia napolitaine. La voiture grise file le long des hautes clôtures protégeant des villas forteresses aux volets clos, puis se gare dans la cour intérieure de l’ex-demeure de Mario Caterino – un tueur notoire condamné à perpétuité – transformée en un restaurant-pizzeria, symbole de la lutte antimafia. Précédée par son garde du corps, un grand gaillard au crâne chauve, Marilena Natale s’enferme dans un bureau du premier étage. Elle grille une cigarette puis, à la manière d’une cartomancienne, retourne sur la table les portraits format A4 des membres de la famille Schiavone. « Voici mon puzzle criminel », annonce-t-elle de sa voix rocailleuse, avec cet accent napolitain qui fait chuinter les « s ».
« Ils veulent ma mort. C’est à cause de cette famille, une vraie holding criminelle, que je suis sous escorte depuis treize mois », raconte cette femme de 45 ans, mère de deux garçons d’une vingtaine d’années, en avisant le carabinier en civil posté dans un coin de la pièce, toujours debout, jamais dos à la porte. Voilà plus de vingt ans qu’elle chronique les méfaits des maîtres mafieux du territoire. Après avoir longtemps travaillé au quotidien La Gazzetta di Caserta, elle est désormais journaliste et reporter d’images pour Piùenne, une chaîne de télévision locale dont le JT bat des records d’audience. Marilena Natale est la dernière arrivée au « club » des 19 reporters italiens sous escorte. Un chiffre dévoilé il y a quelques mois. « Moi, je ne voulais pas faire ce métier. Je veux juste écrire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’entreprise a fait volte-face lors de l’audience aux prud’hommes, après avoir failli à protéger une salariée, victime durant des années d’un harceleur.
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Harcèlement : La Poste reconnaît le statut de victime à une employée

L’entreprise a fait volte-face lors de l’audience aux prud’hommes, après avoir failli à protéger une salariée, victime durant des années d’un harceleur.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 15h43
    |

            Francine Aizicovici








                        



   


C’est un coup de théâtre auquel Emmanuelle E. ne s’attendait pas. Employée depuis 2001 à La Poste et en arrêt depuis trois ans pour « état dépressif réactionnel par stress au travail », cette femme de 36 ans a enfin vu son statut de victime reconnu par son employeur, lors d’une audience au conseil des prud’hommes de Paris, vendredi 9 mars.
« C’est la première fois que La Poste reconnaît explicitement que j’ai subi des choses. Cela me fait du bien, merci », a conclu la plaignante, qui demande notamment la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de son employeur pour manquements répétés à son obligation de préservation de la santé de ses salariés. Elle reproche à La Poste de ne pas l’avoir protégée des harcèlements et des agressions sexuelles qu’elle dit avoir subis durant plusieurs années.
Trois jours avant l’audience, La Poste, au travers des conclusions écrites de son avocate, Delphine Diepois, niait encore les faits, commis selon Emmanuelle par son supérieur hiérarchique, Didier D., chef d’équipe sur le site de Coliposte de Val-de-Reuil (Eure).
« J’ai cru que c’était normal »
A l’appui de ces conclusions figuraient une dizaine de témoignages de salariés du site affirmant n’avoir « jamais été témoin » de « gestes » ou d’« attitudes déplacées » de la part de Didier vis-à-vis d’Emmanuelle ; l’accusé, qui dément tout, « vit extrêmement mal » cette mise en cause et « a souvent des idées noires », faisait valoir l’assistante sociale, citée dans les conclusions de Me Diepois. Bref, la victime, c’était lui. Dans ses écrits, l’avocate demandait donc logiquement au conseil des prud’hommes de constater « qu’il n’y a eu aucun acte constitutif de harcèlement sexuel » à l’encontre de la salariée.
Mais à l’audience, tout bascule. En prenant la parole, Me Diepois annonce que cette « argumentation [de la Poste] a été modifiée », et lâche, contre toute attente, que « l’entreprise reconnaît qu’Emmanuelle a subi des gestes déplacés ». Soulagée de ne plus être considérée comme une menteuse, la plaignante est sortie en larmes du bâtiment, rejoignant la quarantaine de personnes venues la soutenir à l’appel du syndicat SUD-PTT, partie intervenant au procès.
Son histoire ressemble à beaucoup d’autres histoires de femmes harcelées ou agressées au travail. Emmanuelle à 19 ans quand elle entre à La Poste, en 2001 ; c’est son premier emploi. Très vite, dit-elle, Didier fait d’elle une proie. Elle raconte :
« Ça a commencé par des claques sur les fesses. Il arrivait derrière moi et pinçait mon soutien-gorge. Il disait que, si je voulais une bonne note, je devais passer sous son bureau. Un jour, il m’a allongée sur le tapis roulant où on pose les colis hors norme et il m’a mis une fessée. Tout le monde riait. Alors j’ai cru que c’était normal. C’était mon premier travail. »
Puis, selon ses dires, son supérieur en serait venu à des « attouchements » après lui avoir proposé une formation pour obtenir un poste à responsabilité – « j’étais choquée, mais je pensais c’était mon péage pour avoir la formation ». Deux tentatives de viol auraient même été évitées de justesse.
« Tout le monde savait »
En moins de dix ans, Emmanuelle totalisera sept accidents du travail ainsi que de nombreux arrêts maladie au terme desquels elle retournait au travail « la peur au ventre ». Elle ne dit rien par honte, par peur de perdre son emploi et pour éviter des difficultés à sa mère, également employée sur le site. Mais elle assure que « tout le monde savait ». Elle prend des anxiolytiques, des antidépresseurs, des antalgiques, tente par deux fois de mettre fin à ses jours… Son corps s’abîme et le harcèlement sexuel fait place au harcèlement moral :
« Elle a une faiblesse physique, qui va peut-être la rendre moins rapide au travail. Elle va commencer à agacer, à avoir des réflexions, on la chronomètre quand elle va aux toilettes. On lui dit d’“arrêter de [se] victimiser” », rapporte son avocate, Maude Beckers, à l’audience.
« La Poste a protégé le harceleur au lieu de me protéger »
Ce n’est qu’en mars 2015 qu’elle se décide à révéler les faits à des représentants de la fédération SUD, qui contactent la direction de la plate-forme et la direction régionale. « La société a réagi dès qu’elle a eu connaissance des faits », souligne l’avocate de La Poste. De fait, une enquête interne est menée et conduit à la suspension de Didier, qui reste rémunéré en attendant un conseil de discipline. Mais celui-ci n’aura jamais lieu.
Le 24 août, Didier est admis à partir en retraite, le 1er novembre 2017. Le délai, très court, et la date de départ sont révélateurs du malaise de l’entreprise, selon Noura Damerval, secrétaire de la fédération SUD et de SUD Haute-Normandie ; « on n’a jamais vu quelqu’un aller en vacances ou en retraite en novembre ou en décembre, parce que c’est une période forte pour l’activité colis ». Pour elle, « La Poste a voulu étouffer l’affaire ». « Elle a protégé le harceleur au lieu de me protéger », appuie Emmanuelle.
Malgré la volte-face de La Poste à l’audience, la partie est loin d’être terminée. Si l’entreprise reconnaît les faits, elle considère qu’ils se sont arrêtés en 2008, lorsque Didier a été muté à un autre étage, et qu’ils sont donc désormais prescrits. Emmanuelle soutient, elle, que Didier a continué à la harceler jusqu’en mars 2015, date à laquelle elle a été mise en arrêt de travail.
Outre la résiliation de son contrat aux torts de l’employeur et les indemnités afférentes, elle demande un total de 140 000 euros de dommages et intérêts à son employeur. Le jugement sera rendu le 17 mai.


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Violences sexuelles : ce que dit la loi
            




require(["jquery", "jquery-ui/core"], function($, jqueryUICore) {
  var donnees1 = {
En savoir plus"],
qui ne sont pas consentis.En savoir plus"],
tout acte de pénétration sexuelle non consenti (avec violence et/ou contrainte, menace, surprise). Tous les actes de pénétration sexuelle sont visés (buccale, vaginale, anale, par le sexe, par le doigt ou encore par l’objet). La loi réprime également les tentatives de viol, c’est-à-dire les actes stoppés uniquement «&nbspen raison de circonstances indépendantes de la volonté de [leur] auteur ».En savoir plus"]
  }
  var donnees2 = {
    "autorite": ["L’abus d’autorité", "Toutes les violences sexuelles commises par une personne qui «&nbspabuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ». Par exemple lorsque l’agresseur est en situation de supériorité hiérarchique sur sa victime."],
    "ascendant": ["Les agressions commises par un ascendant ou un conjoint", "Il s’agit d’une circonstance aggravante dans le cas d’une agression sexuelle ou d’un viol, et ce, que l’auteur des faits soit l’ascendant naturel ou adoptif de la victime."],
    "ivresse": ["Les agressions commises en état d’ivresse", "Le fait qu’une agression sexuelle ou un viol ait été commis par une personne ivre ou sous l’emprise de stupéfiants expose l’auteur à des peines renforcées."],
    "menace": ["L’usage de la menace ou d’une arme ainsi que les blessures et lésions", "Lorsqu’une ou plusieurs de ces conditions sont réunies, les sanctions prévues par la loi sont alourdies."],
    "vulnerables": ["Les atteintes aux personnes vulnérables", "Toutes les violences sexuelles commises sur une personne vulnérable du fait de son âge, d’une infirmité, d’une déficience psychique ou physique ou d’un état de grossesse sont plus durement réprimées. C’est aussi le cas pour les atteintes commises sur une personne mineure de plus de quinze ans."],
    "groupe": ["Les violences commises en groupe", "Toutes les violences sexuelles commises par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice sont plus sévèrement réprimées."]
  }
  var hauteurheader = ($("#header").outerHeight() ? $("#header").outerHeight() : 0);
1. Les différents types de violences");
  $.each(donnees1,function(i,d){
'+d[0]+''+d[1]+'Reprendre la lecture ⬆');
  });
2. Les circonstances aggravantesParfois minimisées, certaines situations sont au contraires jugées comme aggravantes par la justice et peuvent entraîner des sanctions plus sévères, selon les types de violences. Voici les principales :");
  $.each(donnees2,function(i,d){
'+d[0]+''+d[1]+'Reprendre la lecture ⬆')  
  });
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Editorial. L’annonce d’une prochaine rencontre entre le leadeur nord-coréen et le président américain est à prendre avec prudence.
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Kim Jong-un et Donald Trump, le sommet des ego

Editorial. L’annonce d’une prochaine rencontre entre le leadeur nord-coréen et le président américain est à prendre avec prudence.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h53
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le sommet Trump-Kim aura-t-il lieu ? Quatre jours après l’annonce aussi tonitruante qu’extravagante de l’acceptation par le président des Etats-Unis d’une rencontre avec le dictateur de Corée du Nord, nul n’est capable de le prédire. Compte tenu de la personnalité des deux protagonistes, ce coup de théâtre diplomatique peut se traduire aussi bien par un succès retentissant que par un désastreux fiasco.
Résumons les faits. Dans son message de Nouvel An, le Nord-Coréen, Kim Jong-un, fait passer derrière sa rhétorique guerrière habituelle un message d’ouverture à l’égard de la Corée du Sud. A Séoul, le nouveau président Moon Jae-in n’attend que cela : il est partisan de la détente avec Pyongyang. En février, les Jeux olympiques d’hiver en Corée du sud servent de tremplin à ce dialogue. Début mars, les émissaires du président Moon se rendent à Pyongyang, où ils sont reçus par Kim, qui leur fait part de son souhait de rencontrer le président Moon en avril, puis le président Trump pour parler de la dénucléari­sation de la péninsule. Les émissaires vont à Washington transmettre le message. Donald Trump les reçoit ­immédiatement et accepte, le jour même, la proposition de Kim Jong-un ainsi relayée – une première dans l’histoire – prenant de court ses propres ministres et conseillers.
Obtenir un allégement des sanctions
A quoi attribuer ce changement de pied nord-coréen ? « A moi », a répondu Donald Trump. Il n’est pas impossible, en effet, que la manière forte pratiquée à Washington, mélange de menaces, de fermeté et de sanctions de l’ONU, à l’égard de Pyongyang ait fini parfaire réfléchir la Corée du Nord. Il est également probable que, une fois son programme nucléaire militaire mené à bien, Kim Jong-un souhaite à présent installer une trêve pour s’attaquer à la situation économique de son pays et obtenir un allégement des sanctions.

        Lire aussi :
         

                La proposition de rencontre de Kim Jong-un, un indéniable succès pour Donald Trump



La majorité des experts de la crise nord-coréenne, défi pour la région et la diplomatie américaine depuis trois décennies, conseillent néanmoins la plus grande prudence. Ils font valoir que l’annonce de ce sommet permet déjà à Pyongyang de marquer un point capital, celui de placer sur un pied d’égalité le jeune dictateur du pays le plus fermé du monde, héritier d’une dynastie de tyrans, qui a acquis l’arme nucléaire en dépit de touts les mises en garde de l’ONU, et le président élu de la première puissance militaire mondiale.
Prudence et trumpisme, toutefois, ne font pas bon ménage. M. Trump n’a pour l’instant demandé aucune contrepartie aux Nord-Coréens en échange de ce cadeau. Il compte sur son talent personnel pour le « deal ». Il lui reste deux mois, à lui et à ses équipes, pour mettre sur pied une stratégie pour l’instant totalement inexistante, la coordonner avec celle de l’allié sud-coréen qui, avec le président Moon, a pris les devants sur Washington, et ménager l’anxiété de l’autre grand allié dans la région, le Japon. En diplomatie, deux mois, pour une négociation pareille, c’est très peu. Au poker, tout est possible. Bienvenue dans le monde de Donald Trump.

        Lire aussi :
         

                Nucléaire coréen : que faut-il attendre de la rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Accusé d’avoir mutilé, violé et tué Moktaria Chaïb, le 20 décembre 1997, et Marie-Hélène Gonzalez, le 16 juin 1998, Jacques Rançon est jugé depuis le 5 mars à Perpignan.
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Affaire des disparues de Perpignan : Jacques Rançon « demande pardon » pour les deux meurtres

Accusé d’avoir mutilé, violé et tué Moktaria Chaïb, le 20 décembre 1997, et Marie-Hélène Gonzalez, le 16 juin 1998, Jacques Rançon est jugé depuis le 5 mars à Perpignan.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h35
   





                        



   


Il a finalement « demandé pardon », vingt ans après les faits. Jugé depuis le 5 mars pour avoir mutilé, violé et tué Moktaria Chaïb, le 20 décembre 1997, et Marie-Hélène Gonzalez, le 16 juin 1998, Jacques Rançon s’est excusé pour ses actes, lundi 12 mars devant la cour d’assises à Perpignan.
« Je demande pardon. Moktaria et Marie-Hélène n’auraient pas dû mourir. Ce que j’ai fait est très grave. Je ne sais pas dire pourquoi j’ai fait ça », a-t-il lancé. Pour un de ses avocats, Me Xavier Capelet, l’accusé « est en train de changer. (…) Il en avait marre d’entendre certains raconter des salades à la barre. En même temps, ça l’a fait réagir. »
Un peu plus tôt, lundi, M. Rançon, qui a un lourd passé de délinquant sexuel, avait également demandé pardon à l’une de ses victimes qui est venue témoigner d’une agression qui a eu lieu en 1998 dans les Pyrénées-Orientales.
La femme d’une quarantaine d’années avait été agressée par M. Rançon qui avait percuté sa voiture et tenté de l’en faire sortir en lui faisant croire que « sa voiture faisait des étincelles ». Elle avait refusé après avoir vu l’agresseur porter un couteau Laguiole. Elle avait alors alerté par téléphone son père qui avait réussi à faire fuir le prévenu en lui assénant un coup de batte de base-ball.
Une première condamnation en 1992
Jacques Rançon a déjà été condamné en 1992 à Amiens à huit ans de prison pour le viol de Nathalie qui avait été agressée au volant de sa voiture, menacée avec un couteau et forcée de monter dans la voiture de l’accusé. Ce dernier l’avait ensuite violée sur un chemin de traverse.
A la barre, lundi, la victime est revenue sur son agression : « C’est atroce, j’ai cru que je n’allais plus vivre. » Après ce viol, M. Rançon l’avait rappelé à plusieurs reprises : « Il me parlait comme si on était des potes, il voulait qu’on continue à se voir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Hubert de Givenchy symbolisait l’élégance à la française. Avec lui disparaît un des derniers grands témoins de l’âge d’or de la haute couture.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le couturier Hubert de Givenchy est mort à l’âge de 91 ans

Hubert de Givenchy symbolisait l’élégance à la française. Avec lui disparaît un des derniers grands témoins de l’âge d’or de la haute couture.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 14h13
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h17
    |

                            Carine Bizet








                        



                                


                            

L’homme le plus élégant de la mode française, Hubert Taffin de Givenchy, est mort à l’âge de 91 ans. « M. de Givenchy s’est éteint dans son sommeil le samedi 10 mars 2018. Ses neveux et nièces et leurs enfants partagent sa douleur », écrit son compagnon, le couturier Philippe Venet, dans un communiqué. Avec lui disparaît un des derniers grands témoins de l’âge d’or de la haute couture française, qui brilla dès la fin de la seconde guerre mondiale, ainsi que l’incarnation d’un style de vie privilégié et raffiné.
Hubert de Givenchy naît le 20 février 1927, à Beauvais, dans une famille protestante de la vieille noblesse française. Son père meurt alors qu’il n’a que 2 ans, et le petit garçon grandit en admirant sa mère, une belle femme élégante et sophistiquée dont il a hérité l’allure naturelle et un physique de star hollywoodienne.
Son grand-père, conservateur de la manufacture de Beauvais et de celle des Gobelins, collectionne des tissus et des costumes du monde entier qui fascinent l’enfant. Celui-ci doit décrocher de bonnes notes pour avoir le droit d’admirer ces trésors. Son goût des toilettes et des belles matières a donc tout le loisir de se développer, même si on le destine plutôt à une carrière d’avocat. Mais le jeune adolescent Hubert de Givenchy découvre l’œuvre impressionnante et sculpturale du couturier espagnol Cristobal Balenciaga et décide que là sera son destin. II fera même une fugue à Paris dans l’espoir de rencontrer son idole et de lui montrer ses dessins.
L’escapade n’atteint pas son but mais le jeune homme déterminé finit par vaincre les réticences familiales : à 17 ans, en 1945, il s’installe à Paris pour suivre les cours de l’Ecole des beaux-arts et trouver du travail dans les maisons de couture qui refleurissent dans la capitale libérée. Doué, élégant, cultivé et bien élevé, Hubert de Givenchy s’intègre vite dans ce milieu symptomatique d’une époque. La couture parisienne est alors un véritable bouillon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le videur d’une boîte de nuit lilloise accuse l’assistant parlementaire du député FN, Sébastien Chenu, d’insultes à caractère raciste et de violences légères.
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Propos racistes du numéro 2 du FNJ, Davy Rodriguez : la victime porte plainte

Le videur d’une boîte de nuit lilloise accuse l’assistant parlementaire du député FN, Sébastien Chenu, d’insultes à caractère raciste et de violences légères.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h18
   





                        



   


Le videur d’un bar, visé samedi soir par des propos racistes lancés par le numéro 2 du Front national de la jeunesse (FNJ), Davy Rodriguez, a décidé de porter plainte, lundi 12 mars, a annoncé le parquet de Lille à l’Agence France-Presse.
Il a accusé ce cadre du parti d’extrême droite, également assistant parlementaire du député FN Sébastien Chenu, d’insultes à caractère raciste et violences légères. L’enquête préliminaire ouverte par le parquet a été confiée à la sûreté urbaine de Lille. M. Rodriguez a été suspendu dimanche par le FN à titre conservatoire.
Dans une vidéo mise en ligne sur Twitter samedi, on voit M. Rodriguez visiblement agité à la sortie d’un bar de Lille où se tenait le congrès du FN tout le week-end. Les personnes qui l’accompagnent tentent de l’apaiser, en faisant référence à la présidente du Front national : « Mais calme-toi, Davy, tu n’as aucun intérêt à t’énerver ! Tu crois que Marine aimerait te voir comme ça ? » M. Rodriguez répond qu’il n’en a « rien à foutre ».
« Stop, t’es assistant parlementaire », lui rappelle ensuite un autre ami. Puis, le numéro 2 du FNJ semble prononcer « espèce de nègre de merde », à l’endroit d’une tierce personne, qui s’avère donc est le videur du bar dans lequel plusieurs membres du Front national ont passé la soirée de vendredi.
« Cabale politique »
Dans un tweet, M. Rodriguez a nié « formellement avoir tenu les propos racistes qui me sont prêtés ». Interrogé par le site d’information Buzzfeed News, il affirme ensuite que la vidéo est « un pur montage » et dénonce « une cabale politique ».
La Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a par ailleurs annoncé lundi dans un communiqué vouloir saisir la justice pour que que « l’auteur de cette injure à caractère racial connaisse une sanction exemplaire ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’appareil de la compagnie bangladaise US-Bangla Airlines, qui transportait 67 passagers et 4 membres d’équipage, se préparait à atterrir.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Népal : au moins 49 morts dans le crash d’un avion de ligne près de l’aéroport de Katmandou

L’appareil de la compagnie bangladaise US-Bangla Airlines, qui transportait 67 passagers et 4 membres d’équipage, se préparait à atterrir.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 16h20
   





                        



   


Un avion de la compagnie bangladaise US-Bangla Airlines avec soixante et onze personnes à bord s’est écrasé, lundi 12 mars, près de l’aéroport de Katmandou où il se préparait à atterrir, faisant au moins 49 morts et 22 blessés.
L’appareil qui transportait 67 passagers et quatre membres d’équipage, a chuté sur un terrain de football près de l’unique aéroport international du pays. Parmi les passagers figuraient 33 Népalais, 32 Bangladais, 1 Chinois et 1 Maldivien, a annoncé un porte-parole de la compagnie aérienne. Le Medical College de Katmandou, l’hôpital le plus proche du lieu du crash, a pris en chage 16 survivants.
Les causes de l’accident n’étaient pas immédiatement déterminées, mais, selon un communiqué des autorités aéroportuaires, l’avion, qui effectuait la liaison Dacca-Katmandou, était « hors de contrôle » peu avant l’atterrissage. Selon des témoins oculaires, l’appareil s’est écrasé en effectuant une deuxième tentative d’atterrissage. Des photos montrent l’épave incendiée que des sauveteurs ont dû découper à la recherche des victimes.
Panaches de fumée
Des images en direct postées sur Facebook montrent la colonne de fumée noire s’élevant derrière la piste d’atterrissage, où un autre appareil est en attente. Des véhicules des services d’urgence semblent foncer dans la fumée tandis que des témoins de l’accident filment la scène avec leur téléphone portable.

   


L’avion était un Bombardier Dash 8-Q400 turbopropulseur, a précisé Mahbubur Rahman du ministère de l’aviation civile. Il était vieux de 17 ans, selon le site basé en Suède de suivi des vols en temps réel Flightradar24.
L’aéroport international de Katmandou a rouvert après avoir été brièvement fermé à la suite de l’accident avec des vols à l’arrivée qui ont dû être déroutés.
Le Népal a subi plusieurs catastrophes aériennes ces dernières années, qui ont porté des coups sévères à son industrie du tourisme. La plupart de ces accidents ont été imputés à l’inexpérience des pilotes ainsi qu’à des problèmes de maintenance et de gestion.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Dans une note confidentielle, l’IGAENR s’inquiète des écueils liés à l’examen des candidatures dans les universités.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

L’Inspection générale alerte sur « les difficultés philosophiques ou techniques » de Parcoursup

Dans une note confidentielle, l’IGAENR s’inquiète des écueils liés à l’examen des candidatures dans les universités.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 18h02
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



   


La loi est promulguée, mais la partie n’est pas gagnée. Dans une note de suivi de la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, que Le Monde s’est procurée, l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR) met en garde contre une loi qui « pose des difficultés philosophiques ou techniques liées à l’examen des candidatures ».
Dans ce document présenté le 6 mars aux recteurs d’académie, les inspecteurs généraux relèvent que « dans beaucoup d’établissements visités, les procédures d’examen des candidatures sont loin d’être formalisées » et que « certains établissements ou communautés universitaires affichent une opposition ou une réserve à l’idée d’examiner et de classer des candidatures ». L’association des enseignants-chercheurs en sociologie, l’ASES, fait d’ailleurs état, au 7 mars, d’une dizaine de départements de sciences humaines qui ont décidé collectivement de ne pas siéger dans les futures commissions d’examen des dossiers des étudiants.
Peu d’universités intègrent le « oui si »
Face à ces difficultés, l’IGAENR recommande aux ministres de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale d’« intensifier la communication et l’accompagnement de la prise en main de l’outil d’aide au traitement des dossiers de candidature par les établissements » mis au point par leur administration.
La note des inspecteurs généraux pointe un autre écueil : « Peu d’universités intègrent à ce stade la dimension “réussite des étudiants” dans la procédure d’accord conditionnel concrétisé par les “oui si” » ouvrant la voie à un accompagnement pédagogique du candidat. Les raisons évoquées par les établissements pour expliquer « le peu d’intérêt qu’ils portent » à la mesure sont diverses : « Absence de véritable tension sur les filières », « insuffisance de financement de la réforme et délais de mise en œuvre », mais aussi « prudence ou attentisme des équipes de direction » dans un contexte d’« interprétation sélective de la réforme ».
La tendance est donc à se contenter de maintenir les dispositifs de remédiation déjà existants même si « quelques initiatives intéressantes émergent », ajoute l’IGAENR, qui souligne l’intérêt des MOOC pour accompagner les étudiants, que les universités auraient décidé d’accepter, sous condition.
Appel à la vigilance des rectorats
Quant à la possibilité d’intégrer des attendus locaux – les compétences nécessaires à l’entrée des différentes filières, fixées au niveau national par la nouvelle loi –, et de donner des éléments d’appréciation des dossiers dans Parcoursup, elle donne lieu à des pratiques très différentes. « Certaines universités ont exclu la prescription d’attendus locaux, tandis que d’autres ont laissé la possibilité à leurs composantes d’en décider », constatent les inspecteurs généraux.
Si le plus souvent les attendus locaux reprennent sous une autre forme les attendus nationaux, « quelques-uns les durcissent, font référence à des filières du baccalauréat ou se confondent avec les éléments d’appréciation des dossiers », alerte la note. Devant l’hétérogénéité des situations, l’IGAENR préconise de « renforcer la vigilance des rectorats sur la nature des informations » données dans ce cadre.

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En termes d’augmentation des capacités d’accueil, « l’effort a été bien plus soutenu en BTS qu’en CPGE », relèvent les inspecteurs généraux, qui encouragent à mener la réflexion sur la carte des BTS entre académies, et ce « à l’échelle de la région académique, pour favoriser la mobilité des étudiants ».
Pour ce qui est de la situation spécifique de l’Ile-de-France, l’IGAENR recommande d’accentuer la concertation entre les recteurs des trois académies franciliennes (Paris, Versailles et Créteil) et les présidents d’université concernés afin de « définir des quotas d’accueil de bacheliers hors académie qui ne désavantagent pas tel ou tel type d’établissement intra-muros ou périphériques et d’organiser une commission d’examen des bacheliers sans affectation qui prenne en compte l’ensemble du territoire ».

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L’Inspection regrette enfin que « les recteurs n’ont eu qu’un impact limité sur les établissements en matière de mise en œuvre des candidatures groupées » – ces vœux multiples permettant aux candidats de demander un cursus dans différents établissements et appelle à organiser, pour l’avenir, « une concertation recteurs présidents portant sur le développement des vœux groupés communs à plusieurs établissements en amont de la définition des capacités d’accueil ».



                            


                        

                        


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« Chemise arrachée » d’Air France : le procès en appel de douze prévenus s’est ouvert lundi

Douze salariés et ex-salariés de la compagnie aérienne sont jugés en appel du 12 au 20 mars pour des faits de violences et de dégradations ayant eu lieu au mois d’octobre 2015.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h19
   





                        



   


Les images avaient marqué les esprits : deux cadres d’Air France, chemise arrachée pour l’un, torse nu pour l’autre, escaladant des clôtures le 5 octobre 2015. Diffusées dans les médias et sur la Toile, elles étaient devenues le symbole des difficultés de dialogue entre les syndicats et le patronat français.
Elles sont de nouveau d’actualité à partir de lundi 12 mars, avec l’ouverture du procès en appel de douze salariés et ex-salariés de la compagnie aérienne à Paris. Les prévenus, pour la plupart membres de la CGT (Confédération générale du travail), sont accusés de violences et de dégradations commises le 5 octobre 2015.
Quatre des anciens salariés qui ont été licenciés comparaissent pour violences. Trois d’entre eux avaient été condamnés à trois et quatre mois de prison avec sursis en première instance, à la fin de novembre 2016 à Bobigny. Le quatrième avait été relaxé mais le parquet a fait appel.  Les huit autres prévenus, qui avaient été condamnés à 500 euros d’amende, sont rejugés pour des dégradations commises sur le portail d’accès au siège.
Les prévenus ont été soutenus, lundi, par une cinquantaine de personnes, brandissant des drapeaux de la CGT et de FO. Elles se sont réunies devant le tribunal de Paris. A l’ouverture du procès, la présidente a demandé aux accusés la raison de leur appel. « Je ne me reconnais pas dans les accusations » de violences (qui lui ont valu d’être condamné à trois mois de prison avec sursis), a fait savoir l’un d’eux.
« Il n’y a rien », a de son côté avancé Sofiane Hakiki, avocat de deux syndicalistes. « Les vidéos on va les regarder pendant deux semaines et on verra une foule qui s’avance vers des personnes mais il est impossible de déterminer qui a fait quoi dans ces vidéos, a-t-il affirmé. On s’est servi d’eux pour faire face à la pression politique pour qu’il y ait un procès. On a pris des personnes au hasard. »
« Regrets que le procès se poursuive » pour Air France, appel aux soutiens pour la CGT
Pour rappel, le jour des faits, le 5 octobre 2015, une manifestation contre un projet de restructuration menaçant plusieurs milliers d’emplois avait dégénéré à l’aéroport de Roissy. Violemment pris à partie alors qu’ils exposaient le plan, Xavier Broseta, directeur des ressources humaines d’Air France à l’époque, et Pierre Plissonnier, ex-responsable du long-courrier, désormais retraité, avaient dû fuir sous les huées des salariés, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second.

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Avant l’audience d’appel, par voie de communiqué transmis à l’Agence France-Presse, Air France a dit « regretter que ce procès se poursuive, imposant à toutes les victimes de se replonger dans ces événements, qui ont été choquants pour tous ». La société estime que le jugement donné par le tribunal de Bobigny était « mesuré » et qu’il aurait dû « permettre de tourner la page du triste épisode des violences » du 5 octobre 2015, a-t-elle ajouté.
De son côté, comme elle l’avait fait en première instance, Me Lilia Mhissen, qui défend dix des prévenus, entend dénoncer un « dossier monté totalement à charge à partir de vidéos qui ont fait l’objet de montages et de ralentissements », tandis que d’autres, susceptibles de disculper ses clients, ont été écartées de la procédure.
La CGT a, de son côté, écrit dans un communiqué que Manuel Valls « avait mis une grosse pression sur la direction d’Air France ainsi que sur les forces de l’ordre et de la justice pour que des salariés soient condamnés sévèrement ». Le syndicat ajoute avoir « bon espoir, maintenant que la pression médiatique est retombée, de faire jaillir la vérité, c’est-à-dire l’innocence de nos camarades ». Il appelle au soutien de ses sympathisants.

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Depuis les faits, la direction a pris plusieurs fois la précaution de « délocaliser » à Paris des séances de négociation avec les syndicats, par crainte de nouveaux débordements. Une situation que la CGT a l’intention de dénoncer lors d’un rassemblement qui se tiendra à midi, avant l’ouverture de l’audience.
Une grève en parallèle du procès
Ce nouveau procès s’ouvre dans un contexte particulier : la compagnie a sensiblement redressé sa situation financière, renouant avec les bénéfices.
En conséquence, les syndicats qui manifestaient en 2015 contre un éventuel plan social, se mobilisent aujourd’hui pour réclamer leur « part du gâteau ». Ils exigent une revalorisation des grilles salariales de 6 % et une large intersyndicale appelle à une grève le 23 mars. Un mois après un précédent mouvement qui a entraîné l’annulation d’un quart des vols.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Après avoir licencié son directeur général, l’association a décidé de se séparer de son directeur administratif et financier, ainsi que sa directrice juridique.
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La purge à la direction de la SPA continue

Après avoir licencié son directeur général, l’association a décidé de se séparer de son directeur administratif et financier, ainsi que sa directrice juridique.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h00
    |

            Denis Cosnard








                        



   


La crise s’accentue à la Société protectrice des animaux (SPA), l’une des associations préférées des Français. Après avoir annoncé le 7 mars le licenciement de son directeur général, accusé de « faute grave », l’organisation a décidé de se séparer de deux autres de ses principaux dirigeants : le directeur administratif et financier et la directrice juridique. L’un et l’autre ont reçu, lundi 12 mars, une lettre de convocation à un entretien préalable à leur licenciement, selon les informations recueillies par Le Monde de sources concordantes. Ils ont été mis à pied à titre conservatoire. Un licenciement pour « faute grave » est évoqué dans les deux cas, mais aucun motif précis n’a été encore mentionné.
« Natacha Harry, la présidente de la SPA, est en train de décapiter la maison », s’alarme l’avocat Eric Gaftarnik, qui a démissionné il y a peu du conseil d’administration et de sa fonction bénévole de secrétaire général, c’est-à-dire de numéro deux de l’association. « Elle prend des décisions inconsidérées, prive la SPA de ses éléments essentiels, et la déstabilise, ajoute-t-il. L’association, qui se remettait à peine d’années de pertes et d’administration judiciaire, est de nouveau en danger. »

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« Incompétence » et « propos sexistes »
Le 7 mars, deux arguments avaient été mis en avant pour justifier la mise à l’écart du directeur général Joël Pain. Celui-ci est accusé à la fois d’« incompétence » et d’avoir « tenu des propos sexistes à l’encontre de la présidente et de salariées », selon l’avocat de la SPA, Olivier Baratelli. « Etant donné que ces propos grossiers, insultants et scandaleux impliquent également Vincent Bourcier, actuel directeur administratif et financier, et Anne Tholy, directrice juridique, le bureau de l’association a pris la décision d’engager aussi à leur encontre une procédure disciplinaire, explique à présent l’avocat. La SPA estime ne pas pouvoir laisser en poste des personnes aussi peu respectueuses de l’association, de son conseil d’administration, de ses salariés, de ses délégués présidents, de sa présidente, de ses donateurs, etc. »
Des arguments contestés par les intéressés. « On va sans doute ressortir de vieux [e-mails] dans lesquels nous avons échangé des blagues de potaches, avance Anne Tholy, la directrice juridique, arrivée en janvier 2016. Mais la réalité est ailleurs. Nous sommes écartés parce que nous n’avons pas voulu prêter allégeance à la présidente. » 
La SPA est depuis plusieurs mois le théâtre d’une lutte interne très vive. D’un côté, la présidente, Natacha Harry, une journaliste de télévision élue en 2013 pour sortir la SPA de l’ornière ; de l’autre, plusieurs dirigeants salariés de l’association, des techniciens recrutés sous son mandat mais qui ont contesté ses méthodes, notamment le poids de la communication et les contrats passés avec l’agence Image 7. Ce dossier a été le point central du bras de fer entre Mme Harry et son directeur général, Joël Pain, mis à pied en décembre 2017.
Un « climat de terreur »
Considérés comme des proches de ce dernier, le directeur financier Vincent Bourcier, arrivé il y a un an à peine, et la directrice juridique sont eux aussi à présent évincés. Depuis plusieurs semaines déjà, ils ne participaient plus aux réunions du comité exécutif. « Compte tenu de l’ambiance exécrable, notre licenciement constitue presque un soulagement », commente M. Bourcier.
Pour l’ancien secrétaire général Eric Gaftarnik, « Natacha Harry cherche à prendre tous les pouvoirs, et à ne garder autour d’elle que des courtisans, dans une dérive césariste ». Il craint que d’autres cadres ne quittent la SPA, que ce soit de façon forcée ou pour échapper au « climat de terreur » qui règne, selon lui, dans l’association. Une analyse totalement démentie par Natacha Harry, qui, mercredi, a obtenu le soutien unanime de son conseil d’administration pour licencier le directeur général.
Créée en 1845, la SPA est la plus ancienne association de protection animale en France. Elle compte actuellement plus de 650 salariés et s’appuie sur un réseau comptant d’environ quatre mille bénévoles. La majorité de ses ressources provient de legs et de dons.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Les industriels français de la défense ont vu leur part de marché croître de près d’un point à 6,7 %, sur la période 2013-2017 par rapport à 2008-2012, selon le Sipri.
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La France, troisième exportateur mondial d’armement

Les industriels français de la défense ont vu leur part de marché croître de près d’un point à 6,7 %, sur la période 2013-2017 par rapport à 2008-2012, selon le Sipri.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 17h57
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 18h37
    |

            Isabelle Chaperon








                        



   


Quiz : sur quel marché en forte croissance la France réussit-elle à augmenter son poids ? Réponse : les ventes d’armes majeures, selon le rapport publié lundi 12 mars par l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri).
Sur la période 2013-2017, les ventes d’armes dans le monde ont augmenté de 10 % en volume par rapport au quinquennat précédent 2008-2012. La France a quant à elle augmenté de 27 % ses ventes, ce qui lui a permis de porter de 5,8 % à 6,7 % sa part de marché. Elle a ainsi supplanté l’Allemagne, dont les ventes ont reculé de 14 % dans le même temps, pour devenir le troisième exportateur mondial.
Si la France a cédé entre 2013 et 2017 des équipements militaires à 81 pays, l’Egypte –troisième importateur mondial – concentre à elle seule 25 % des ventes de Rafale et de navires de guerre, dont les Mistral initialement construits pour la Russie. Une relation forte : 37 % des commandes d’équipements militaires du Caire ont été passées à la France, qui devance les Etats-Unis (26 %) et la Russie (21 %). Après l’Egypte, les grands clients des Dassault, Naval Group et autres Thales sont la Chine (8,6 %) et l’Inde (8,5 %).

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L’Inde, premier acheteur
Dominant le classement mondial des exportateurs, les Etats-Unis (34 % de part de marché) ont encore creusé l’écart. Ils ont multiplié les contrats à l’export, notamment en Arabie saoudite (deuxième importateur mondial), aux Emirats arabes unis et en Australie, sous l’administration Obama. Deuxième exportateur, la Russie (22 % de part de marché) a quant à elle vu ses ventes reculer de 7,1 %, malgré des succès en Inde, en Chine et au Vietnam.
Côté acheteurs, l’Inde se place en tête, ayant concentré, entre 2013 et 2017, 12 % des transferts d’armes opérés sur la planète, avec une augmentation de 24 % de ses achats par rapport à 2008-2012. « Les tensions entre l’Inde, d’une part, et la Chine et le Pakistan, d’autre part, alimentent une demande croissante de l’Inde en armes majeures qu’elle est incapable de produire elle-même », précise dans le rapport Siemon Wezeman, chercheur principal au programme armes et dépenses militaires du Sipri.

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« La Chine, en revanche, devient de plus en plus capable de produire ses propres armes et continue de renforcer ses relations avec le Pakistan, le Bangladesh et le Myanmar [la Birmanie] en fournissant des armes. » La Chine est à la fois le cinquième exportateur et le cinquième importateur mondial d’armes.



                            


                        

                        


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Reportage

A Madagascar, la difficile lutte contre le kidnapping

Sur la Grande Ile, la communauté des « karanes », des Indiens de Madagascar, sont régulièrement la cible de rapts.

Par                Laure Verneau (contributrice Le Monde Afrique, Antananarivo)



LE MONDE
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        Le 12.03.2018 à 17h01

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        Mis à jour le 12.03.2018 à 18h18






    
Antananarivo, la capitale de Madagascar, en décembre 2013.
Crédits : Thomas Mukoya/REUTERS


Vingt-trois jours. Yanish Ismaël détient un triste record : celui de la détention la plus longue. Le jour de son enlèvement, un garde du corps a été tué. Yeux bandés, roué de coups, le jeune homme de 26 ans a ensuite été conduit dans une pièce de 10m2, où il est resté enfermé avec plusieurs de ses ravisseurs. « C’était de la torture morale. Ils me disaient que j’allais sortir bientôt, puis que j’allais mourir le soir même. Je n’ai pu parler à ma famille que deux fois. »
La famille de Yanish est indienne de nationalité française. Elle fait partie de la communauté des « karanes », cible privilégiée des ravisseurs, bien qu’il y ait aussi des kidnappings de Malgaches. « Une forte défiance existe à Madagascar envers ce groupe réputé fermé et, surtout, qui domine largement l’économie locale », explique Olivia Rajerison, avocate spécialiste du droit de la nationalité. Une richesse qui suscite fantasmes et convoitises quand 90 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.
A titre d’illustration, dans le classement Forbes des fortunes d’Afrique francophone de 2015, on trouve trois milliardaires français d’origine indienne. Hassanein Hiridjee, le PDG du groupe Axian (télécoms), Ylias Akbaraly, le PDG de Sipromad (produits d’entretien) et Iqbal Rahim, à la tête de Galana (industrie pétrolière) figurent tous les trois dans le top 10. « Les Malgaches reprochent aussi à cette communauté de ne pas se mélanger avec la population », souligne Olivia Rajerison.
Tradition migratoire
Originaires d’un Etat du nord-ouest de l’Inde, le Gujerat, les Indiens sont arrivés à Madagascar à la fin du XIXe siècle. Issus de la tradition migratoire des commerçants gujeratis, ils sont en grande majorité musulmans chiites, mais on compte une petite partie d’hindous. Le terme « karane » est dérivé de la prononciation du mot Coran, Quran. L’expression, aujourd’hui passée dans le langage courant, a une forte connotation péjorative, voire xénophobe.

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La plupart des Indiens de Madagascar ont la nationalité française. Historiquement, c’est dans les années 1950 que ces derniers, qui travaillaient avec les compagnies françaises, ont commencé à prendre leur place. « Lors de l’indépendance en 1960 [Madagascar était une colonie française], les personnes résidant sur le territoire pouvaient garder la nationalité malgache et opter pour la française. Ou alors elles conservaient la nationalité française dans le cas où elles ne pouvaient pas prétendre à la malgache, qui est essentiellement de filiation et difficile d’accès. » C’est pourquoi des personnes d’origine indienne nées à Madagascar avant l’indépendance sont ainsi devenues françaises et sont au nombre de 15 000 environ aujourd’hui sur la Grande Ile.
Yanish, lui, ne compte pas tout de suite retourner à Madagascar. Il souffre encore de stress post-traumatique malgré un attachement indéfectible à ce pays. Le jeune homme a besoin de respirer ailleurs pour se reconstruire. Mais l’absence de reconnaissance de statut de victime et par conséquent de réparation judiciaire rend difficile le processus.
Paiement d’une rançon
Si le kidnapping est loin d’être un phénomène nouveau à Madagascar, le rythme des rapts semble s’intensifier depuis six mois. Selon les chiffres de la police malgache, une quinzaine d’enlèvements a été répertoriée en 2017 et deux « karanes » ont déjà été enlevés en 2018. Les premiers cas connus remontent à la fin des années 1990. Depuis 2010, une centaine de cas officiels a été recensée, selon le Collectif des Français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM), une association de droit malgache qui fait de l’accompagnement psychologique aux victimes et sert d’intermédiaire entre les familles et les forces de l’ordre malgaches.
Mais leur nombre exact depuis vingt ans pourrait être en réalité bien plus élevé car beaucoup de familles ne déposent pas plainte. Elles donnent aussi peu d’informations à la police, bien qu’elles soient en contact direct avec les ravisseurs le temps de la détention. C’est ainsi que de nombreux cas d’enlèvements, dans les quartiers plus modestes, passent sous les radars. A chaque fois, c’est le même dénouement : la captivité prend fin lorsqu’il y a paiement d’une rançon.

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Naina Andriatsitohaina est un patron de presse malgache et un homme d’affaires influent sur l’île. Jean et veste bien coupés, baskets de ville, sa colère sourd sous son ton placide. Son fils Nathan, 14 ans, franco-malgache, a été kidnappé le 22 décembre 2017, alors qu’il rentrait de l’école. L’adolescent est resté trois jours en captivité. Naina Andriatsitohaina est l’un des rares à avoir porté plainte en France et à Madagascar. « Les gens ne portent pas plainte par peur d’être enlevés, assassinés. C’est irresponsable de la part de l’Etat d’affirmer que les choses n’avancent pas car les victimes n’osent pas parler », tempête-t-il en faisant allusion aux dernières « unes » de journaux.
En tant que ressortissants français, les familles de victimes ont la possibilité de porter plainte dans les deux pays. Une dizaine de plaintes ont été ainsi déposées à Paris, dont trois sont pour l’instant classées sans suite. « Ces décisions peuvent trouver leur source dans la difficulté parfois à identifier les auteurs des infractions ou à récolter au travers de l’enquête des éléments suffisamment précis », explique William Bourdon, l’avocat français chargé du dossier. La distance qui sépare les deux pays et le temps écoulé sont autant de paramètres qui ne facilitent pas les investigations.
Recrudescence des rapts
Le mutisme des victimes est ainsi un vrai obstacle. Le bâtonnier Solo Radson, avocat rattaché au CFOIM, témoigne : « Leur silence est très compréhensible car ils font l’objet de représailles, pour certains même après la libération de leur parent. » D’un point de vue pénal, le kidnapping est un crime. La justice prend en compte deux volets : la séquestration et l’extorsion de fonds. Contacté, le juge d’instruction chargé de ces affaires d’enlèvements côté Madagascar n’a pas souhaité s’exprimer.
Face à la recrudescence des rapts, une cellule mixte a été mise sur pied en septembre 2017. Composée de quatre gendarmes et de quatre policiers malgaches, ces derniers travaillent exclusivement sur ces cas d’enlèvements. Jean-Rostand Rabialahy, le directeur de cabinet du ministère de la sécurité publique, connaît le travail de longue haleine qu’impliquent ces enquêtes, qui perdurent bien après les libérations. « Vingt-huit personnes ont été mises sous mandat de dépôt en 2017, déclare t-il. Ces affaires sont tentaculaires : elles relèvent de la criminalité organisée, il y a des ramifications, des appuis et des soutiens partout. » 

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Sur la Grande Ile, le ras-le-bol contre l’insécurité est tel qu’une plate-forme d’un genre nouveau a vu le jour : Aok’zay, qui signifie « Ça suffit ! ». Pour la première fois, les acteurs du secteur privé, de la société civile ainsi que les syndicats des travailleurs parlent d’une même voix pour dire stop aux kidnappings. Les citoyens sont invités à manifester le 15 mars dans le but d’interpeller les autorités. En attendant, ces six derniers mois, une quarantaine de familles karanes a quitté l’île pour Maurice. A leurs racines, elles ont préféré la sécurité.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’Ethiopie à cran (3). Libéré de prison en février à la faveur d’une amnistie gouvernementale, le journaliste se dit prêt à reprendre la plume.
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Portrait

L’Ethiopien Eskinder Nega, « coupable de journalisme, pas de terrorisme »

L’Ethiopie à cran (3). Libéré de prison en février à la faveur d’une amnistie gouvernementale, le journaliste se dit prêt à reprendre la plume.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-03-12T18:01:18+01:00"

        Le 12.03.2018 à 18h01






    
Le journaliste Eskinder Nega, après sa libération de la prison de Kaliti à Addis-Abeba, le 14 février 2018.
Crédits : YONAS TADESSE/AFP


Quand le journaliste Eskinder Nega et d’autres prisonniers ont été relâchés, le 14 février, une foule enthousiaste les attendait à la sortie de la prison de Kaliti, en périphérie de la capitale Addis-Abeba. La veille, à Adama, à 90 km, des milliers de jeunes célébraient la libération de leur « héros » Bekele Gerba, une figure de l’opposition éthiopienne. « On ne méritait pas un tel accueil. Mais les gens ne nous célébraient pas. Ils exprimaient leur espoir de changement. Nous étions juste un symbole », raconte, ému, Eskinder Nega. Depuis sa sortie de prison après plus de six ans de détention, un ballet discontinu de supporteurs égaye sa résidence d’Addis-Abeba.

        Présentation de notre série
         

          L’Ethiopie à cran



Alors que ses geôliers ont bien tenté de lui arracher de fausses confessions, Eskinder Nega a été relâché, comme des milliers de prisonniers depuis janvier, dans le cadre d’une amnistie gouvernementale. « Je ne m’y attendais pas du tout », reconnaît cet homme long et mince, flanqué d’une veste de costume trop grande. Eskinder Nega, 48 ans, est un habitué des prisons éthiopiennes. Il y a été enfermé « huit ou neuf fois ». En 2012, il avait été condamné à une peine de dix-huit années d’emprisonnement pour « haute trahison et infractions liées au terrorisme ».
« Lettre du goulag »
Juste avant sa condamnation, il avait dénoncé dans un article en ligne l’absence de liberté d’expression dans son pays. Sa carte de presse lui avait été retirée quelques années plus tôt. « J’étais coupable de journalisme, pas de terrorisme. Le gouvernement éthiopien utilise ce mot pour museler les dissidents », déplore-t-il. Les Etats-Unis s’étaient alors dits « profondément déçus. » Amnesty International l’avait qualifié de « prisonnier d’opinion ». « Je n’ai jamais choisi d’être défenseur des droits humains. J’ai été forcé d’agir ainsi car je ne pouvais pas pratiquer le journalisme dans mon pays en raison de l’absence de démocratie », poursuit-il.

        Episode 1
         

          En Ethiopie, les Oromo frappent à la porte du pouvoir



Aujourd’hui, il est prêt à reprendre la plume. Pendant plusieurs années, il n’en a pas eu le droit. Il ne pouvait écrire que sur des emballages en carton. De lessive, de biscuits, de tout ce qu’il pouvait trouver en prison. C’était sa punition quand certains de ses articles fuitaient, notamment sa « Lettre du goulag de l’Ethiopie » publiée dans le New York Times en 2013. « Ils ont confisqué mes livres. Je n’avais pas de papier, on faisait entrer des stylos clandestinement », explique-t-il.
La seule distraction de ce chrétien orthodoxe était la lecture de la Bible et la prière. Il ne pouvait pas voir sa famille qui vit aux Etats-Unis, profondément marquée par sa captivité. « Mon fils est né en prison, en plein cœur du combat », précise-t-il. Sa femme, la journaliste éthiopienne Serkalem Fasil, a passé dix-sept mois derrière les barreaux entre 2005 et 2007.
« Prêcher la paix »
Le combat d’Eskinder Nega est désormais de militer en faveur d’une « transition pacifique vers la démocratie » dont son pays a grand besoin, affirme-t-il. Cela ne lui semble pas impossible. « Il se passe quelque chose au sein de la coalition au pouvoir qui n’existait pas il y a six ans. Le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens [EPRDF, au pouvoir depuis vingt-sept ans], qui m’a emprisonné, n’était pas intéressé par la démocratie. » Il va même jusqu’à comparer la dynamique interne à la coalition à celle qui existait au sein du Parti communiste de l’Union soviétique avant sa chute, et au Parti national d’Afrique du Sud au moment de la libération de Nelson Mandela.

        Episode 2
         

          Dans les prisons éthiopiennes : « Ils fouettaient mes pieds nus avec des câbles »



Contrairement à de nombreux observateurs de la vie politique éthiopienne, il n’est pas suspendu à l’annonce de la nomination du premier ministre qui devrait avoir lieu dans les prochains jours. « C’est ce que va décider la coalition ensuite qui compte », analyse-t-il. Celle-ci détient la totalité des sièges à la chambre basse du Parlement. Eskinder Nega estime que le gouvernement devrait engager des négociations avec tous les partis d’opposition, y compris ceux considérés comme illégaux. « Je pense que cela mettrait un terme à une violence désastreuse. Ce n’est pas la voie vers la démocratie. Les moyens sont aussi importants que la fin », ajoute-t-il, faisant référence aux usines et bus incendiés par des manifestants en colère.
Eskinder Nega estime qu’il faut éduquer les jeunes à la non-violence : « Il y a des gens que cette jeunesse peut écouter et qui peuvent prêcher la paix. Si je suis qualifié, je serais ravi d’en faire partie. » Mais cela doit être temporaire car « la solution [à la crise] est politique », et non militaire d’après le journaliste, qui pense que l’état d’urgence, entériné par le Parlement le 2 mars, ne va imposer qu’une brève période d’accalmie. « Il ne s’agit pas d’une paix qui vient d’en bas, prévient-il. Quand elle est imposée par le haut, elle ne dure pas. »

Sommaire de notre série « L’Ethiopie à cran »
Entre état d’urgence et signes d’ouverture, Le Monde Afrique prend le pouls d’un pays qui vit une période charnière.

        Episode 2
         

          Dans les prisons éthiopiennes : « Ils fouettaient mes pieds nus avec des câbles »




        Episode 1
         

          En Ethiopie, les Oromo frappent à la porte du pouvoir




        Présentation de la série
         

          L’Ethiopie à cran







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Quand la France bride le développement de l’éolien en mer

Le Syndicat des énergies renouvelables s’insurge contre la volonté du gouvernement de renégocier à la baisse six projets de parcs offshore, ou même de les annuler.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 16h16
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

« Un signal désastreux. » Le Syndicat des énergies renouvelables (SER), d’ordinaire mesuré dans ses prises de position, hausse cette fois le ton. L’objet de sa colère ? Un amendement, déposé par le gouvernement, au projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance, qui arrive devant le Sénat mardi 13 mars, après avoir été adopté en première lecture par les députés le 30 janvier.
Cet amendement vise à permettre à l’Etat de renégocier – à la baisse – les tarifs de rachat de l’électricité retenus lors des deux appels d’offres organisés, en 2011 et 2013, en vue du déploiement de six parcs éoliens en mer, au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes, pour un total de 3 000 mégawatts (MW) : quatre lors du premier appel d’offres (Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Nazaire et Saint-Brieuc), puis deux lors du second (Le Tréport, Yeu-Noirmoutier).

« Le tarif accordé à ces installations est très élevé et ne correspond plus aux prix actuels de l’éolien en mer, entraînant des rémunérations excessives pour les candidats retenus », justifie le gouvernement. L’Etat cherche donc à « réduire le coût de soutien public des projets », tout en assurant vouloir « conforter » la filière de l’éolien offshore. De fait, les prix de rachat de l’électricité, qui avaient été garantis lors des deux appels d’offres, s’établissaient entre 160 et 200 euros le mégawattheure (MWh). Ils ont depuis chuté en Europe : au Royaume-Uni ou en Allemagne, ils avoisinent aujourd’hui 60 euros le MWh.
Retard hexagonal
« Il faut comparer ce qui est comparable », rétorque Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER. Les projets plus anciens lancés en Allemagne ou au Royaume-Uni, actuellement en cours de construction, l’ont été à des coûts moyens de 160 à 180 euros le MWh, ce qui est « cohérent » avec les prix français.
« Ce projet d’amendement permettrait, s’il était adopté, de remettre...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 11/03/2018
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« Vélibgate » : le délégataire Smovengo règle ses comptes

Le consortium chargé d’opérer le service de vélos en libre-service dans la capitale s’en prend à son prédécesseur, JCDecaux, et aux élus parisiens



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 11h39
    |

                            Olivier Razemon








                        


« Smovengo sort de son silence », titre le communiqué. L’entreprise délégataire chargée du nouveau Vélib’, qui tente péniblement d’installer les stations du vélo en libre-service, à Paris, depuis plus de deux mois, n’en peut plus de porter le chapeau du fiasco. Dans un communiqué au vitriol, publié dimanche 11 mars, ce consortium, composé de la société montpelliéraine Smoove et de trois groupes spécialisés dans la mobilité, entend « rétablir quelques vérités ».
Après le changement de délégataire, décidé en avril 2017, un millier de stations Vélib’ devaient progressivement être déployées dans la capitale et dans soixante-six autres communes franciliennes au cours du premier trimestre 2018. On n’en compte aujourd’hui que 375, selon le site Velib.nocle qui effectue un décompte minutieux depuis le début de l’année. Et encore, seule une partie d’entre elles sont en état de fonctionner. Les autres, alimentées de manière temporaire par des batteries, ont tendance à se décharger. La situation est encore plus critique au-delà du périphérique. En Seine-Saint-Denis, seules deux stations ont vu le jour depuis le 1er janvier. « Et, pour couronner le tout, le service clients demeure injoignable, apparemment sous-dimensionné, au dire même des téléconseillers contactés », ajoute l’association provélo Paris en selle, qui dénonce une « vélib’érézina ».
Pénalités
Ces dysfonctionnements coûtent cher à Smovengo. Le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM), qui réunit les représentants des communes concernées sous la présidence de Catherine Baratti-Elbaz, élue socialiste de Paris, a infligé au délégataire une pénalité de 3 millions d’euros pour non-respect des délais.
Mais Smovengo ne veut plus payer seul. Il identifie « deux causes principales » aux retards dans la mise en place, et relève deux responsabilités. Celle de JCDecaux, d’abord, qui a exploité les Vélib’ parisiens pendant dix ans. « Notre concurrent a tout tenté, par ses recours juridiques (tous perdus !) et ses manœuvres dilatoires, pour retarder le passage de relais. Encore aujourd’hui, il multiplie les déclarations agressives et mensongères », affirme le communiqué.

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Cette déclaration fait référence aux propos tenus par Jean-Charles Decaux, le 8 mars. « Ils ne sont pas à la hauteur des enjeux », avait estimé le codirecteur général du groupe spécialisé dans la publicité urbaine, jugeant que l’agencement des stations constituait pourtant « la chose la plus simple à faire – gérer les vélos et les abonnés sera bien plus compliqué ». Smovengo répond que « le très grand retard dans le démontage des [anciennes] stations perturbe fortement la montée en puissance de [leurs] chantiers ». On subodorait que les relations entre les deux opérateurs n’étaient pas au beau fixe ; on en a la confirmation.
Mais le consortium s’en prend surtout aux élus. « La gestion administrative du projet par le SAVM a souffert de graves insuffisances », écrit Smovengo, qui énumère les griefs à l’encontre de son donneur d’ordre. Le délégataire attribue notamment aux élus franciliens la responsabilité de multiples retards.
Les élus parisiens dans l’embarras
Ainsi, la contractualisation des obligations entre le SAVM, récemment rebaptisé Lib’, et Smovengo, « a dérapé de trois mois : elle était initialement prévue en février 2017 et a été passée courant mai », affirme le consortium. En outre, « les cahiers des charges techniques fournis n’étaient pas complets ». Enfin, « six semaines ont été perdues par le SAVM pour la validation des designs des bornes et des vélos ».
Dès lors, « pour que l’opérateur exécute bien sa tâche, encore faut-il que le donneur d’ordre assume toutes les responsabilités qui lui incombent », est-il asséné encore dans le communiqué. Le fait qu’un délégataire d’un marché public s’en prenne publiquement, et dans des termes aussi directs, à son donneur d’ordre, constitue un cas de figure assez rare dans l’exercice des marchés publics.
Ce nouvel épisode du « Vélibgate », comme l’a baptisé Twitter, met les élus parisiens dans l’embarras. Depuis le début de l’année, la maire, Anne Hidalgo, et Catherine Baratti-Elbaz ne cessent d’affirmer qu’elles « tapent du poing sur la table » ou « mettent la pression » sur Smovengo, tout en accordant des dédommagements aux abonnés. Cette situation « n’est pas de notre responsabilité directe », affirmait encore Anne Hidalgo, sur France Inter, le 8 mars. Peut-être l’objectif initial, qui consistait à instaurer un « Vélib métropolitain et électrique », était-il trop ambitieux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Annoncé lundi, le départ de son principal rival lui laisse la voie libre pour succéder à Lloyd Blankfein à la tête de la banque la plus prestigieuse de Wall Street.
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David Solomon désormais seul en lice pour prendre la tête de Goldman Sachs

Annoncé lundi, le départ de son principal rival lui laisse la voie libre pour succéder à Lloyd Blankfein à la tête de la banque la plus prestigieuse de Wall Street.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 16h49
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


La voie est libre pour David Solomon, qui devrait devenir le prochain patron de Goldman Sachs. Son principal rival, Harvey Schwartz, va quitter la banque la plus prestigieuse de Wall Street le 20 avril, prenant sa retraite après vingt ans de services, a annoncé le groupe lundi 12 mars. A 55 ans, M. Solomon reste donc seul en lice pour succéder à Lloyd Blankfein, 63 ans. Après douze années de règne, ce dernier devrait céder son fauteuil prochainement, sans doute avant la fin de l’année, croit savoir le Wall Street Journal. La transition fera basculer la banque, qui fêtera ses 150 ans début 2019, dans une nouvelle ère.
M. Solomon a rejoint Goldman Sachs en 1999, après un début de carrière chez Bear Stearns comme vendeur de « junk bonds » – obligations pourries –, et a dirigé le département banque d’affaires de Goldman Sachs pendant une dizaine d’années, jusqu’en 2016. Il avait été nommé numéro deux de la banque avec M. Schwartz fin 2016, après le départ de Gary Cohn devenu conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche.
Une étape symbolique
Selon le New York Times, s’il n’est pas connu comme le « roi du deal », M. Solomon est réputé pour son engagement en faveur de ses clients. Sous son impulsion, la banque s’est diversifiée sur les prêts, qui font partie d’un des axes de développement, et a cherché à s’adapter à la génération des « millenials », les 20-35 ans d’aujourd’hui, en allégeant la charge de travail des jeunes recrues. Surtout, M. Solomon n’est pas un ancien tradeur.
La banque a profondément changé en une décennie. Au total, en incluant les actions, le chiffre d’affaires des activités de marché a été divisé par trois depuis 2009, à 11 milliards de dollars (8,9 milliards d’euros). En 2017, une étape symbolique a été franchie : les activités de banque d’affaires (fusions et acquisitions, émission d’actions et de dettes) ont dépassé celles des tradeurs en obligations, devises et matières premières.
Goldman Sachs n’est plus la banque insolente qu’elle fut avant la crise de 2008. L’an dernier, ses profits ont été divisés par deux (3,7 milliards de dollars, pour 32 milliards de chiffre d’affaires), en partie à cause de la réforme fiscale. Surtout, elle s’est fait détrôner en Bourse par sa rivale Morgan Stanley, qui valait lundi 12 mars 105 milliards de dollars, soit 2 milliards de plus qu’elle.
DJ et fin gourmet
Si sa nomination est confirmée, David Solomon devra animer la chronique boursière, en plus de défrayer la chronique people. Le New York Times a découvert sur son compte Instagram la vidéo de jeunes vacanciers se déhanchant sur une plage des Bahamas : le DJ, dont le nom de scène est D-Sol, n’était autre que David Solomon. L’homme est également un fin gourmet. L’agence Bloomberg a rédigé un long reportage, en mai 2017, sur ses restaurants préférés dans Manhattan, des institutions vénérables ou des nouveautés branchées. Le banquier d’affaires dîne dehors plus souvent que bien des critiques gastronomiques.

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Un fin palais qui lui a valu quelques mésaventures. En octobre 2016, son assistant personnel lui aurait dérobé sept bouteilles de vin de bourgogne Romanée-Conti, achetées pour la bagatelle de 133 650 dollars. L’apogée d’un petit commerce florissant : l’assistant, Nicolas De Meyer, est accusé de lui avoir subtilisé des centaines de bouteilles, entre 2014 et 2016, pour un montant atteignant 1,3 million de dollars. Rien n’indique qu’elles aient été revendues à leur vraie valeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le 10 mars 2014, « Le Monde » lançait la rubrique « Les Décodeurs », centrée sur la vérification, la pédagogie et le datajournalisme.
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Ce que 4 années de « Décodeurs » nous ont appris

Le 10 mars 2014, « Le Monde » lançait la rubrique « Les Décodeurs », centrée sur la vérification, la pédagogie et le datajournalisme.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 16h49
    |

            Samuel Laurent








                        


Lancée le 10 mars 2014, la rubrique des Décodeurs a désormais quatre ans. La promesse initiale de pédagogie et de vérification est toujours autant d’actualité, sinon plus. Voilà six enseignements que nous tirons de ces quatre années.
1. La pédagogie de l’information est aussi importante que l’information elle-même
« Venons-en aux faits. » Ce slogan qui accompagne notre rubrique marque notre attachement à cette notion : les faits, le contexte, sont essentiels pour comprendre le monde qui nous entoure. Si ce n’est pas celle qui fait sans doute le plus sa notoriété, la majorité de la production des Décodeurs s’apparente à cette famille : articles de pédagogie, de contexte, d’éclairage, pour donner à nos lecteurs les éléments, les notions qui permettent la compréhension d’un phénomène.
Ce point peut sembler aller de soi, il ne l’est pas toujours. Internet multiplie les publics et les lecteurs, parfois éloignés de la « cible » qu’avait traditionnellement un journal papier. Cette audience plus large, plus diverse, n’a pas toujours toutes les connaissances nécessaires à la compréhension d’un sujet. Ainsi, même lorsque nous travaillons sur une investigation comme les « Panama papers », il est primordial de penser en permanence à ce dont le lecteur a besoin pour réellement comprendre les enjeux de l’évasion fiscale : lexiques, graphiques, schémas, zooms sur telle ou telle technique d’ingénierie financière… C’est cet outillage qui va en partie faire le succès d’une « opération » comme celle des « Panama papers », en les rendant accessibles au plus grand nombre, même lorsqu’il s’agit d’un sujet technique et austère.
2. Le code est une révolution journalistique
C’est un autre slogan inventé à l’époque du lancement des Décodeurs : « Rien n’est trop compliqué pour être expliqué simplement. » En quatre ans, nous avons eu l’occasion de nous frotter à des sujets aussi divers que la vaccination, les exoplanètes, les exportations d’acier ou les sports méconnus. Chaque semaine ou presque, l’équipe est confrontée au défi d’expliquer un nouveau sujet complexe.
Comment le faire simplement ? L’un des grands enseignements de ces quatre années est l’apport extraordinaire que constitue une équipe de « journalistes codeurs » pour sortir du « tout article ». Expliquer un débat national, par exemple autour du cannabis, pourrait se faire en un long texte. Mais n’est-il pas plus simple de le résumer sous forme de conversation SMS, en mettant en scène un échange entre deux ou plusieurs personnes ? La notion de « classe moyenne » n’est-elle pas plus facile à comprendre si on peut, en entrant ses revenus, savoir où l’on se situe soi-même ? Représenter la circulation des fausses informations sur Facebook n’est-il pas plus efficace sous la forme d’un visuel interactif ?
Interactivité, visualisation, « ludicisation » de l’information pour la rendre plus facile à acquérir et à comprendre sont devenus des réflexes. Le code et ses applications en matière d’interactivité et d’« habillage » nous dotent des capacités à inventer, pour chaque sujet, une manière différente de le raconter.
3. Les données changent le journalisme
C’est au sein de l’équipe qui allait devenir Les Décodeurs que Le Monde a recruté ses premiers datajournalistes. Et notre rubrique n’existerait pas sans cette autre révolution que sont les données et leur mise à disposition de plus en plus importante. Données publiques et officielles, qui servent de base à la grande majorité de nos productions, mais aussi données issues de « fuites », comme celle des « Panama » ou « Paradise papers », notamment.
Beaucoup a été écrit sur cette révolution des données. Journalistiquement, elles sont un nouveau matériau d’une richesse encore sous-estimée parfois. Dernier exemple en date, nous avons récemment travaillé sur les actes médicaux dans les maternités, à partir d’une remontée nationale, qui nous a permis d’offrir à nos lecteurs une vision exhaustive des pratiques, maternité par maternité.
Les données sont une matière nouvelle, dont nous apercevons seulement les possibilités qu’elles offrent, tant en matière d’enquête que de journalisme plus « serviciel », tourné vers les lecteurs, leurs questions et leurs besoins. La collecte, le recueil, le traitement des données sont l’une des clés du journalisme de demain, nous en sommes plus que jamais persuadés.
4. Vérifier les rumeurs est une nouvelle mission des journalistes
Part la plus connue sans doute de notre activité, la vérification factuelle fait, depuis une décennie désormais, débat tant dans notre profession que dans la société. Si la vérification des propos politiques, le fameux « fact checking », est désormais entrée dans les mœurs, au point de voir femmes et hommes politiques l’invoquer au gré de leurs prises de parole, notre activité a pris un autre tournant avec la vérification des rumeurs et fausses informations qui abondent sur le Web et les réseaux sociaux.
Depuis 2015, cette activité nous mobilise à mesure que les dommages de cette « mal information » se font jour dans le monde entier, avec ce que certains observateurs ont qualifié d’âge « de la post-vérité ». Rumeurs, intox, faits déformés et manipulés, vidéos trompeuses, vrais faux sites d’information… Aux côtés des médias journalistiques prospèrent désormais des acteurs nouveaux et pluriels, aux motivations idéologiques ou mercantiles, mais dont le cœur de l’activité consiste à produire et à faire circuler des faux. Avec des conséquences difficiles à mesurer, mais réelles, sur la vie politique et les représentations de phénomènes comme l’immigration.
En 2018, nous estimons que distinguer le vrai du faux et dénoncer les fausses informations est une nouvelle mission journalistique. Une mission de service public, au service d’un débat public de qualité, condition indispensable à une vie démocratique apaisée. C’est l’objectif de notre outil, le Décodex, qui indexe plus de 700 sources douteuses et plusieurs centaines de fausses informations afin que chacun puisse en un clin d’œil obtenir des informations sur ses sources d’informations.
5. Sortir du débat sur la « neutralité » et « l’objectivité »
Un autre constat de ces quatre années est sans conteste la montée d’une violence envers les journalistes et les médias. Violence de groupes constitués et organisés, sur les réseaux sociaux, mais aussi violence des discours des personnalités politiques contre « les médias », qui leur seraient tous hostiles.
Si la critique des médias est indispensable et si nous sommes toujours attentifs aux retours de nos lecteurs, nous avons aussi constaté plusieurs malentendus, auxquels nous n’avons pas su répondre assez. Répétons-le donc une nouvelle fois : non, la neutralité n’existe pas, et l’objectivité non plus. Ce sont, du reste, les propres mots du fondateur du Monde, Hubert Beuve-Méry : « L’objectivité n’existe pas. L’honnêteté, oui ! »
Les Décodeurs n’ont jamais eu la prétention d’être objectifs, seulement celle de fournir une information basée sur des faits, vérifiable, qui cite ses sources. D’être, en somme, dans une démarche d’honnêteté. De même, la « neutralité » ne peut exister par définition, puisqu’elle dépend de la position de celui qui lit l’information autant que de celui qui l’écrit. Autrement dit, l’opinion du lecteur influe sur sa perception d’un article.
6. Un journalisme « d’intérêt public »
Expliquer, vérifier, visualiser, enquêter. Ces verbes s’appliquent à notre rubrique comme au journalisme en général. Et nos quatre années ont montré que loin de s’ériger en « nouveauté », en « disruption », notre rubrique n’a fait que remettre au centre les pratiques les plus élémentaires de notre métier, en cherchant à offrir à nos lecteurs des clés de compréhension, un lieu où vérifier l’information, et où expérimenter de nouvelles manières de la raconter, au moyen des données.
Parmi les très nombreuses critiques envers notre profession, il y a celle de ne pas s’intéresser aux sujets qui passionnent réellement son public. Notre démarche depuis quatre ans a toujours visé à remettre le lecteur au cœur de nos questionnements. Comment faire comprendre un sujet complexe ? Comment remettre du contexte dans l’actualité ? Comment aider nos lecteurs à distinguer le vrai du faux, à ne pas se faire manipuler, par de fausses informations ou des discours politiques mensongers ? Comment leur offrir l’accès aux données pertinentes ? Comment répondre à leurs questions ?
Depuis quatre ans, Les Décodeurs se sont ainsi efforcés de se mettre le plus possible au service de leur public, de leurs lecteurs, donc à votre service, avant tout. Pour encore longtemps, nous l’espérons.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 11/03/2018
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Mayotte : la ministre des outre-mer en visite dans un département au bord de l’explosion

Secouée par un mouvement de contestation populaire depuis le 20 février, l’île est en pleine crise. Annick Girardin se rend sur place ce lundi.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 06h53
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 10h34
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans les rues de Mamoudzou, la préfecture de Mayotte, comme dans celles de toutes les communes du département – le 101e département français depuis 2011 –, les ordures s’amoncellent, faute de ramassage des poubelles, dégageant une odeur parfois difficilement supportable. Le mouvement à Mayotte, qui se traduit par des grèves et blocages dans certains secteurs et réunit à présent collectif d’associations, intersyndicale, représentants patronaux et même les élus, a commencé depuis presque trois semaines maintenant.
Encore un « confetti de l’empire de l’empire » qui vient mendier des subventions ? Un énième mouvement revendicatif sur cet archipel de l’océan Indien qui, depuis la départementalisation, en a déjà connu deux de forte ampleur : en 2011 contre la vie chère ; en 2016 pour l’harmonisation du statut social. Non, il ne faut pas se tromper : la situation à Mayotte est réellement explosive, et les Mahorais ne rejettent pas la République française – pour l’appartenance à laquelle ils se sont battus – mais veulent, au contraire, que la République assume ses responsabilités et ses devoirs à leur égard.
Ce lundi 12 mars peut être une journée décisive. La ministre des outre-mer, Annick Girardin, s’est enfin résolue à se rendre sur place pour engager le « dialogue » et proposer « un travail de fond pour l’avenir de Mayotte ». Elle est accompagnée d’une mission de médiateurs, composée de l’ancien préfet de Mayotte Jean-Jacques Brot, fin connaisseur des outre-mer, du conseiller d’Etat Jean Courtial, qui avait déjà effectué une mission en 2013 sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, et du général Lambert Lucas, commandant de la gendarmerie d’outre-mer.
Tension palpable
Mais, à la veille de la venue de la ministre – et de la rentrée scolaire après les vacances de février –, la tension est montée d’un cran, faisant craindre à certains élus et responsables syndicaux un dérapage du mouvement. Alors...




                        

                        


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Handicap : la France va simplifier  sa politique d’aide à l’emploi

Des mesures législatives devraient accélérer l’embauche de personnes souffrant de handicaps.



Le Monde
 |    12.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
12.03.2018 à 17h33
    |

            Annie Kahn








                        



   


Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La formule illustre parfaitement la situation à laquelle sont confrontées, en France, tant les personnes en situation de handicap que les entreprises qui voudraient les embaucher. Deux chiffres donnent une idée de la complexité du processus. Un employeur souhaitant embaucher un travailleur handicapé doit d’abord remplir un formulaire comportant plus de 85 items. Quant à la personne en situation de handicap, il lui faut s’y retrouver parmi les 60 aides et prestations proposées par un grand nombre d’acteurs, et ­expliquées souvent sans grande clarté.
Freins à l’embauche
Nombreuses sont donc les sociétés qui contournent la loi du 10 juillet 1987 imposant aux entreprises de plus de 20 salariés d’employer au moins 6 % de travailleurs handicapés. Plutôt que de les embaucher, elles préfèrent – comme la loi les y autorise – verser une contribution à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) s’il s’agit d’une entreprise privée, ou au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Elles peuvent aussi sous-traiter certaines fonctions ou achats à des entreprises adaptées, voire à des établissements et services d’aide par le travail (ESAT).
Conséquence : les entreprises n’employaient globalement que 3,4 % de travailleurs handicapés en 2015, selon les derniers chiffres publiés par la Dares ­(direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), en novembre 2017. Et le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteint 19 %, soit le double de celui des valides.

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En outre, les dispositifs d’aide à la ­recherche d’emploi pour travailleurs handicapés ne sont « pas en mesure d’assurer pleinement et prioritairement l’accompagnement des personnes souffrant d’un handicap lourd et complexe », signalait l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un rapport publié en mai 2017. Qu’il s’agisse de Pôle emploi auquel ont recourt 73 % des handicapés, des Cap emploi, spécialisés dans l’aide aux personnes handicapées, qui prennent en charge 23 % d’entre eux, ou des missions locales (moins de 4 %).
Les contraintes ou les défaillances administratives ne sont bien sûr pas les seuls freins à l’embauche de personnes souffrant d’un handicap physique ou psychique. Mais elles constituent des obstacles non négligeables.

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Le gouvernement s’est saisi du problème. Quatre ministres, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, Muriel Pénicaud, ministre du travail, ­Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, et Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics, annonçaient conjointement, le 15 février, le lancement d’une concertation, avec les syndicats de salariés et d’employeurs, ainsi qu’avec le Conseil national consultatif des personnes handicapées, pour réformer la politique dans ce domaine. « La ­politique publique n’est pas à la hauteur des besoins et des demandes des employeurs », reconnaissait Sophie Cluzel.
A l’instar de l’ensemble des pays développés, les ministres veulent augmenter le taux d’emploi direct de travailleurs handicapés dans les entreprises, par opposition aux politiques plus anciennes qui ­visaient à les dédommager ou à les confiner dans des institutions spécifiques.
« Accommodements »
Ils souhaitent simplifier le dispositif. Dans un courrier envoyé aux partenaires sociaux et aux associations, et publié par le site de la spécialisée Vivre FM, ils expliquent vouloir « permettre la rencontre d’une personne handicapée avec un ­employeur, qu’il s’agisse des acteurs de l’emploi, de la formation, du médico-social et de la santé au travail, pour sortir de la concurrence des services, de leur manque de lisibilité, de leur complexité ».
Pour Bruno Le Maire, les actions à mener doivent être plus incitatives. « Aujourd’hui, la politique consiste à tendre la main aux personnes en situation de handicap. On trouve des accommodements, mais ils ne sont pas satisfaisants. Il faut renverser cette perspective, ce regard. Voir ce que ces personnes peuvent apporter au monde », déclarait-il à la presse, à l’issue de l’annonce du lancement de cette concertation en vue d’une nouvelle politique de l’emploi des travailleurs handicapés.
Deux textes de loi devant être discutés ces prochains mois pourraient accélérer le processus de simplification en incorporant des mesures spécifiques pour les travailleurs handicapés. Il s’agirait du projet de loi sur la réforme de l’apprentissage, de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle. Un des objectifs fixés par le gouvernement lors du Comité interministériel du handicap, le 20 septembre 2017, étant de porter le taux d’apprentis handicapés dans la fonction publique à 6 %, contre 1 % actuellement.
Par ailleurs, certaines dispositions pourraient être incluses dans le volet concernant la responsabilité sociale et environnementale des entreprises de la future loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), portée par Bruno Le Maire. Ces dernières viendront compléter ou simplifier des lois et règlements qui n’ont cessé d’évoluer ces dernières décennies.
Des décrets successifs ont ainsi amélioré les dispositifs permettant de cumuler une allocation pour adultes handicapés (AAH) et un revenu professionnel. Cette allocation, de 810 euros pour une personne seule, sera progressivement portée à 900 euros en novembre 2019. Cette AAH décroît avec les revenus. Une personne handicapée célibataire ne ­perçoit ainsi plus d’AAH à partir du ­moment où ses revenus dépassent 1,38 smic, soit 1 592 euros.
A cette allocation s’ajoute la prestation de compensation du handicap (PCH), aide financière versée par le département, sans condition de ressources, pour rembourser tout ou partie des dépenses liées à la perte d’autonomie, et en particulier celles pour se rendre sur son lieu de travail.
Ce supplément est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).



                            


                        

                        

