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En Namibie, la ferme aux guépards
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En Namibie, la ferme aux guépards

LE MONDE |

11.03.2018 à 17h01
11.03.2018 à 17h18

En Namibie, une Américaine passionnée par les guépards, Laurie Marker, a créé en 1991 le Cheetah Conservation Fund (CCF) afin de protéger l’espèce, dont il ne reste que 7 100 représentants dans le monde, dont 3 000 dans ce pays d’Afrique australe. Parmi les actions que mène le CCF figurent la sensibilisation des éleveurs, incités à utiliser des chiens de garde pour éloigner le prédateur des troupeaux, et la préservation de la savane, habitat naturel du félin. Un reportage photographique de Bertrand Rieger.
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Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie.



Bertrand Rieger/hemis.fr



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Reportage

En Namibie, la ferme modèle où l’on sauve les guépards

Depuis vingt-sept ans, Laurie Marker multiplie les actions pour faire coexister félins et fermiers, notamment grâce au berger d’Anatolie, et enrayer l’extinction en cours.

Par                Bertrand Rieger



LE MONDE
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        Le 11.03.2018 à 17h00

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        Mis à jour le 11.03.2018 à 17h55






    
Un soigneur nourrit les guépards pensionnaires du Cheetah Conservation Fund, à Otjiwarongo, en Namibie.
Crédits : Bertrand Rieger / hemis.fr


Armée d’un bâton et d’une longue cuillère de bois, Laurie Marker regarde les trois guépards filer juste devant elles à plus de 80 km/h. Comme chaque matin dans ce centre de conservation planté au beau milieu de la Namibie, les félins se dégourdissent les pattes en poursuivant un chiffon rouge attaché à un câble entraîné par un petit moteur. L’un des guépards a tôt fait de rattraper le tissu et de l’immobiliser entre ses pattes, se redressant fièrement comme s’il attendait des applaudissements. Laurie s’approche de lui, fouille dans une besace pendue à sa ceinture, en sort un petit morceau de viande sanguinolent et le dépose dans la cuillère. L’animal s’en saisit aussitôt. « La cuillère permet à la nourriture de ne pas être salie par la terre – les guépards sont assez tatillons – et nous évite aussi d’être mordus », explique Laurie. En ce petit matin de mars, le show est rodé et chaque protagoniste connaît parfaitement son rôle. Voilà plus de quinze ans qu’il dure.
Danger critique d’extinction
Avant de créer le Cheetah Conservation Fund (Fonds de conservation du guépard, CCF), en 1991, Laurie Marker, Américaine originaire de l’Oregon où elle travaille dans le parc zoologique de son père, n’a ni diplômes ni soutiens. « Nous y avions des guépards. C’était l’un des seuls parcs au monde à en posséder. Ils venaient d’ailleurs de Namibie. » C’est à cette époque que Laurie tombe amoureuse de ces félins taillés comme des lévriers, capables de pointes de vitesse à 110 km/h, ce qui en fait les mammifères terrestres les plus rapides du monde.
Elle se met à les observer, parcourt la planète pour les étudier, passe beaucoup de temps en Namibie, où vit la plus grande population de guépards au monde (environ 3 000 aujourd’hui). Elle y découvre qu’ils y sont, comme ailleurs, en danger critique d’extinction, victimes du braconnage, de la réduction de leur habitat naturel grignoté par l’expansion des activités humaines, et aussi des innombrables conflits avec les éleveurs.

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Quelque 90 % des guépards du pays vivent sur des terres agricoles où paissent les troupeaux. Veaux, chèvres et moutons, le gagne-pain des éleveurs, sont la proie du félin. En moyenne, un fermier namibien perd 10 % à 15 % de ses ovins à cause des prédateurs, et 3 % à 5 % de ses bovins. Les guépards ne sont pas les seuls à blâmer. Les autres suspects sont nombreux, au premier rang desquels le lycaon (chien sauvage d’Afrique) et le chacal. Mais les éleveurs ne font pas dans le détail. Leurs pièges et leurs coups de feu blessent ou tuent sans distinction.
Trente-six guépards hébergés
Désireuse d’agir pour protéger les guépards, Laurie Marker décide de s’installer en Namibie en 1990. Le pays vient d’accéder à l’indépendance de l’Afrique du Sud et, contrairement à ce qui s’est passé dix ans plus tôt chez le voisin zimbabwéen, l’événement ne s’accompagne pas d’une brutale confiscation des terres des Blancs au profit des Noirs. C’est donc assez facilement que l’Américaine acquiert un terrain à 270 km au nord de la capitale, Windhoek, en plein bush, et y fait construire des bâtiments grâce à l’aide de donateurs privés. Elle commence par héberger des guépards blessés, malades ou orphelins. Elle les soigne, relâche les plus robustes dans la nature – environ deux tiers de ses pensionnaires –, garde les autres pour attirer les touristes (10 000 visiteurs en 2016) et surtout pour continuer à étudier l’espèce, bien mal connue.



Dans ce but, elle se dote d’un laboratoire, recrute des biologistes et des généticiens. Les résultats de ses recherches sont publiés dans des revues à comité de lecture. Pour parfaire son expertise, elle décroche un doctorat en zoologie à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) en 2002. Le CCF est aujourd’hui un centre scientifique et un pôle touristique de référence, animé par 20 salariés, autant de stagiaires du monde entier, et riche de 36 guépards gardés sur de vastes parcelles délimitées par des enclos.
Le kangal, chien miraculeux
Mais étudier et soigner les animaux ne suffit pas : Laurie veut surtout enrayer le déclin de l’espèce en tentant de réduire le nombre de conflits entre les fermiers et les félins. Pour cela, elle mûrit un projet plus ambitieux. « Dans l’Oregon, autour du parc zoologique où je travaillais, les troupeaux des éleveurs subissaient des attaques de coyotes. Pour s’en prémunir, ils utilisaient des chiens de garde, les kangals, de gros bergers d’Anatolie. »
Les fermiers namibiens ont aussi des chiens, mais leur fonction est d’encadrer et de conduire les troupeaux, pas de les protéger des prédateurs. En 1994, Laurie fait venir des Etats-Unis quelques-uns de ces kangals aux proportions massives, 80 cm au garrot pour 60 kg. Bien que taillés pour la bagarre, ils n’ont pas besoin, en théorie, d’en arriver là pour tenir les guépards à distance : leur simple présence suffit à dissuader les félins, moins costauds, de s’approcher des troupeaux. Les premiers éleveurs qui acceptent de jouer le jeu et d’adopter un chien sont bluffés : ils observent 80 % à 100 % d’attaques en moins.

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Pourtant, malgré ces bons résultats, Laurie sait qu’il va lui falloir du temps pour convaincre plus largement. Les fermiers rechignent à s’encombrer d’un chien supplémentaire, à changer leurs habitudes, à mettre la main à la poche (le CCF vend chaque kangal 70 dollars, soit 57 euros). Surtout, ils reprochent à l’Américaine de leur donner des leçons d’élevage alors qu’elle-même n’est pas de la partie. Qu’à cela ne tienne, Laurie deviendra fermière.
Près de 2 000 têtes de bétail
Dans la ferme modèle qu’elle a créée, 200 chèvres et boucs côtoient une centaine de moutons et près de 1 500 veaux et vaches. Non seulement les onze kangals du CCF peuvent y apprendre leur métier de chien de garde avant d’être vendus, mais Laurie et ses acolytes sont aussi plus crédibles lorsqu’ils conseillent les fermiers. « A ce jour, nous avons placé 600 chiens, se félicite-t-elle. Je reçois des demandes de partout en Namibie mais aussi d’Afrique du Sud, d’Angola, du Botswana… En Tanzanie, certains veulent tester les kangals contre les léopards et les lions. Il y a une liste d’attente d’au moins un an ! »

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Fallait-il vraiment un cheptel de près de 2 000 têtes de bétail pour persuader les sceptiques ? « On devait pouvoir montrer aux éleveurs que nos chiens se débrouillaient bien avec de grands troupeaux. » Mais il y a une autre raison. Laurie esquisse un sourire satisfait : « On ne vous a pas encore montré les salles de traite ? » Deux fois par jour, à 5 heures et à 17 heures, 50 chèvres laitières sont traites et donnent quelque 90 litres de lait par jour. Les responsables de la ferme en font du fromage, vendu dans les boutiques du centre, dans les lodges alentour ainsi que dans les magasins des villes avoisinantes. Une source de revenus supplémentaire pour le CCF et, surtout, la preuve que chaque ressource y est exploitée au maximum.
Espace vital réduit par la sécheresse
Et pour achever de prouver qu’elle a envisagé absolument tous les aspects du problème, Laurie Marker tient à faire visiter sa petite usine de valorisation du bois mort, située à quelques centaines de mètres du centre et dont elle a confié la gestion au biologiste américain Bruce Brewer. « A cause de la sécheresse, du surpâturage et de la culture sur brûlis, certaines zones de Namibie auparavant recouvertes d’une savane grasse et ouverte sont aujourd’hui envahies par les buissons épineux, explique-t-il. Le bétail et les guépards éprouvent les plus grandes difficultés à y évoluer. Leur espace vital respectif est donc réduit d’autant, ce qui augmente les probabilités qu’ils se croisent. »

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Depuis 2002, le CCF a donc entrepris de déboiser localement afin de restaurer un milieu ouvert propice à la coexistence pacifique de toutes les espèces. Et, pour boucler le cercle vertueux, les épineux coupés sont transformés en bois de chauffage. « Nous produisons chaque année quelques centaines de tonnes de rondins de bois à brûler et de rondins de charbon, affiche fièrement Bruce. Et nous espérons grimper à quelques milliers de tonnes par an. » 
Baptisée Bushblok, l’initiative a reçu un soutien financier de l’Union européenne, de la Finlande et de la Suède. « La vente des rondins ne représente pas une importante rentrée d’argent, reconnaît Bruce. Mais le but est moins de dégager un gros bénéfice que d’inspirer des initiatives similaires un peu partout en Namibie. »
Plus que 7 100 guépards sur la planète
Reste à souhaiter que les efforts du CCF pour sauver les guépards ne soient pas un grain de sable dans le bush. En décembre 2016, la Zoological Society of London et les ONG Wildlife Conservation Society et Panthera cosignaient une étude au retentissement mondial : les auteurs y affirmaient qu’il ne reste plus que 7 100 guépards sur la planète, contre 100 000 il y a un siècle : « 7 100 individus adultes et adolescents, précise Anne Schmidt-Küntzel, généticienne au CCF. Si l’on compte les jeunes et les nouveau-nés, le chiffre est plus proche de 10 000. Mais vu l’énorme mortalité des jeunes guépards [près de 75 %], les auteurs ont eu raison de se focaliser sur le nombre d’adultes. »
L’étude aligne d’autres données choc : la surface de l’habitat naturel du félin s’est réduite de 91 %. Alors qu’au début du XXe siècle on le trouvait encore partout sur le continent africain, dans la péninsule Arabique, au Moyen-Orient et jusqu’en Asie centrale, il n’est plus présent que dans une dizaine de pays d’Afrique, tandis qu’une colonie d’une cinquantaine d’individus subsiste en Iran. « Si les lions ou les tigres disparaissaient, affirme Anne Schmidt-Küntzel, le genre auquel ils appartiennent, Panthera, aurait encore d’autres représentants : le léopard, le jaguar… Mais le guépard est le seul représentant de son genre, Acinonyx. Ce ne serait pas seulement une espèce qui s’éteindrait mais un genre entier. »
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            data-slide-description="Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le Cheetah Conservation Fund (CCF) a été créé en 1991 à Otjiwarongo, en Nambie, par l’Américaine Laurie Marker pour protéger le félin."
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            data-slide-description="Avec des pointes de vitesse à plus de 110km/h, le félin est le mammifère terrestre le plus rapide du monde."
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            data-slide-description="Le CCF abrite actuellement 36 guépards, en captivité temporaire, destinés à être relachés dans le bush."
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            data-slide-description="Laurie Marker récompense un guépard après qu’il a couru derrière un leurre pour garder la forme."
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            data-slide-description="Le CCF est animé par 20 salariés et autant de stagiaires de toutes nationalités."
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            data-slide-description="A la fois un espace de conservation et pôle touristique, le CCF est devenu un centre scientifique de référence dans le monde pour la conservation de l’espèce."
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            data-slide-description="Mendel, un guépard souffrant d’insuffisance rénale chronique, doit recevoir des fluides sous-cutanés trois fois par semaine."
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            data-slide-description="Les kangals, ou berger d’Anatolie, sont craints des guépards. En leur présence, les félins n’osent pas s’approcher du bétail et ne sont donc plus exposés à la colère des éleveurs."
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            data-slide-description="Le centre est doté d’une clinique vétérinaire, où guépards, chèvres et bergers d’Anatolie sont bichonnés."
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            data-slide-description="Un jeune kangal bénéficie des soins des vétérinaires du CCF."
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            data-slide-description="Le CCF élève et dresse des kangals pour les placer auprès de fermiers de Namibie mais aussi d’Afrique du Sud, d’Angola, du Botswana et de Tanzanie pour enrayer l’extinction du guépard, prédateur des troupeaux."
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            data-slide-description="Les 50 chèvres du CCF donnent quelque 90 litres de lait par jour qui produisent des fromages vendus dans les boutiques du centre de conservation mais aussi dans les lodges alentour et dans les magasins des villes avoisinantes."
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            data-slide-description="Pour améliorer l’habitat des guépards, le CCF transforme en briquettes de bois les épais buissons qui prolifèrent dans le bush."
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            data-slide-description="Ces briquettes de bois sont ensuite commercialisées sous la marque « Bushblok »."
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Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie.

Bertrand Rieger/hemis.fr
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Emmanuel Macron a participé dimanche, aux côtés du dirigeant indien Narendra Modi, au premier sommet de la coalition issue de la COP21.
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L’Alliance solaire internationale, une coalition pour promouvoir le solaire dans les pays en développement

Emmanuel Macron a participé dimanche, aux côtés du dirigeant indien Narendra Modi, au premier sommet de la coalition issue de la COP21.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 09h43
    |

                            Xemartin Laborde et 
                            Romain Imbach








                        


La France va accroître fortement ses financements pour promouvoir l’énergie solaire dans les pays émergents, une priorité dans la lutte contre les dérèglements climatiques, a annoncé Emmanuel Macron, dimanche 11 mars à New Delhi.
Dans un discours au sommet fondateur de l’Alliance solaire internationale (ASI) à New Delhi, coprésidé par l’Inde et la France, M. Macron a indiqué que la France allait engager d’ici 2022 700 millions d’euros supplémentaires, en prêts et en dons débloqués par l’Agence française de développement (AFD), pour soutenir des projets dans la soixantaine de pays adhérents de cette organisation. Cet effort portera à 1 milliard d’euros l’engagement de Paris depuis la création de l’ASI, une coalition issue du sommet de Paris de la COP21, puisque 300 millions d’euros y ont déjà été investis.

        Analyse :
         

          En Inde, les promesses du premier sommet de l’Alliance solaire internationale




   


Mise à jour le 11 mars à 9 h 45 : correction d’une erreur dans l’unité de l’irradiation solaire horizontale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », le député européen, militant anti-OGM, figure de l’altermondialisme, raconte les origines de son engagement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
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José Bové : « J’ai été happé par le militantisme »

Pour « La Matinale du Monde », le député européen, militant anti-OGM, figure de l’altermondialisme, raconte les origines de son engagement.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 12h44
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Militant du Larzac, membre ­fonda­teur du syndicat agricole Confédération paysanne, candidat à l’élection présidentielle de 2007, José Bové est l’une des figures du mouvement altermondialiste. Il est depuis 2009 député européen (Groupe des Verts/Alliance libre européenne) et il s’est opposé au projet ­d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).
Je ne serais pas arrivé là si…
Si ma mère ne m’avait pas soutenu lors de mon premier conflit à l’école. J’ai 3 ans, nous sommes aux Etats-Unis, à Berkeley, où mes parents finissent leurs études – agronomie pour mon père, sciences naturelles pour ma mère. La maîtresse demande de dessiner un écureuil. Je rends mon dessin, elle me dit que je dois le recommencer, parce qu’il a la queue dans le prolongement du corps, et non en l’air. Je refuse. Ma mère est convoquée, ­j’explique que, quand je vois les écureuils ­traverser la route, ils n’ont jamais la queue en l’air… Et ma mère dit à l’institutrice que je ne changerai pas mon dessin. Je m’en souviens comme si c’était hier !
Vos parents ont-ils souvent été de votre côté ?
Cela s’est reproduit plusieurs fois, oui. Ils n’étaient pas forcément d’accord avec mes choix de vie, mais ils les accompagnaient. Quand les curés de la pension d’Athis-Mons où je suis adolescent, critiquent les livres que j’achète, ma mère me défend. Quand je vais au Larzac en 1973, mes parents sont là, ils viennent camper. Quand on me refuse en 1974 mon statut d’objecteur de conscience et que je dois me cacher, ils se taisent devant les gendarmes. Et ils sont venus à la plupart de mes procès. Y compris en 2001, lorsque des collègues de la Confédération paysanne et moi-même sommes jugés pour avoir ­détruit des plants de riz transgéniques dans une serre du Cirad [Centre de coopération ­internationale en recherche agronomique], à Montpellier. Ma mère avait fait toute sa ­carrière au Cirad, elle retrouvait chez les plaignants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le slogan « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique ») avait occupé une place centrale dans la campagne électorale victorieuse de Donald Trump en 2016.
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« Keep America great ! » : Trump dévoile son slogan pour 2020

Le slogan « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique ») avait occupé une place centrale dans la campagne électorale victorieuse de Donald Trump en 2016.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 14h42
   





                        



   


L’élection présidentielle américaine de 2020 peut sembler encore lointaine, mais Donald Trump a déjà son slogan de campagne pour se faire réélire, dévoilé samedi 10 mars : « Keep America great ! », que l’on peut traduire par « Gardons sa grandeur à l’Amérique ! ».
Le slogan « Make America great again » (« Rendons sa grandeur à l’Amérique ») avait occupé une place centrale dans la campagne électorale victorieuse de Donald Trump en 2016. Martelée dans les discours, déclinée dans les affiches et sur les casquettes, reprise abrégée en « MAGA » sur les réseaux sociaux, cette promesse a survécu à l’élection présidentielle, pour rester une expression fédérant les partisans de Trump. De quatre mots, le slogan passerait donc à trois, agrémentés d’un point d’exclamation.
Directeur de campagne nommé
Samedi, devant une foule rassemblée à Moon Township, Donald Trump, qui a nommé à la fin de février un directeur de campagne en vue de sa réélection en 2020, a redit son espoir d’avoir comme candidate rivale l’animatrice Oprah Winfrey, dont le nom a circulé en février après un discours remarqué lors de la cérémonie des Golden Globes.
M. Trump a répété sa certitude qu’il sortirait vainqueur d’un éventuel duel avec celle-ci car, a-t-il assuré, « je connais sa faiblesse ».

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                Président Trump, an II : l’homme pressé






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ A Auch, dans le Gers, entre 500 et 600 motards se sont rassemblées à l’hippodrome.
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En Occitanie, des centaines de motards défilent contre la limitation à 80 km/h

A Auch, dans le Gers, entre 500 et 600 motards se sont rassemblées à l’hippodrome.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 22h06
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 22h32
   





                        


Des centaines de motards ont manifesté samedi 10 mars en Occitanie contre la future limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires sans séparateur de voies, notamment à Auch (Gers) et Perpignan (Pyrénées-Orientales).

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                Le gouvernement maintient la limitation à 80 km/h sur l’ensemble des routes secondaires



A Auch, un cortège long de plusieurs centaines de mètres, composé de 500 à 600 motards selon la police (de 500 à 800 selon la Fédération des motards en colère (FFMC) du Gers), s’est dirigé vers le centre-ville, bloquant la circulation, a constaté un correspondant de l’Agence France-Presse.
« L’énervement va gagner les usagers »
« C’est vraiment un raz-le-bol que les gens sont venus donner au gouvernement », a déclaré Bruno Laumenerche, le coordinateur de la manifestation à laquelle ont participé des motards d’Agen (Lot-et-Garonne) et de Toulouse. Ils ont également été rejoints par une trentaine d’artisans taxis. « On demande un retrait pur et simple de la réglementation », a-t-il ajouté. De son côté, le président de la FFCM du Gers, Alain Burnichon a dénoncé une « mesure complètement arbitraire (…), sachant qu’en toute honnêteté, l’accidentologie ne va pas être diminuée pour autant ». Et ajoute :
« Les véhicules ne sont pas équipés de systèmes leur permettant de stabiliser la vitesse à 80, donc on va être limité à 70-75 km/h. L’énervement va gagner les usagers de la route. Il va y avoir des dépassements, et il y aura certainement plus d’accidents qu’on peut le croire. »
Le député LREM du Gers Jean-René Cazeneuve a échangé quelques mots avec M. Burnichon pour lui dire son incompréhension quant au refus d’une mesure qui selon lui « va renforcer la sécurité routière pour tous ».
A Perpignan, quelque 310 motards selon la police ont répondu à l’appel de la FFMC des Pyrénées-Orientales.
Selon le gouvernement, la limitation de la vitesse à 80 km/h sera appliquée le 1er juillet sur l’ensemble des routes secondaires sans séparateur de voies, un dispositif dont l’efficacité sera évaluée en 2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées pour demander que les voies sur berges dans le centre de la capitale rive droite restent piétonnes.
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A Paris, habitants et élus se rassemblent pour que les voies sur berges restent piétonnes

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées pour demander que les voies sur berges dans le centre de la capitale rive droite restent piétonnes.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 18h28
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 19h01
   





                        



   


Des centaines de parisiens, élus compris, se sont rassemblées sur les quais de Seine, samedi 10 mars, pour demander que les voies sur berge dans le centre de la capitale rive droite restent piétonnes, comme la maire Anne Hidalgo y tient.
« Nous sommes là pour que nos enfants respirent un air de qualité », a lancé Mme Hidalgo (PS) à la foule. « Nous sommes dans le sens de l’Histoire », a-t-elle ajouté, assurant que cette mobilisation « est suivie par tous les maires du monde ».
Beaucoup d’élus de Paris ceints de leur écharpe tricolore étaient venus, notamment socialistes, communistes ou écologistes, au milieu de cyclistes et de poussettes, de même que quelques-uns des départements limitrophes, comme Stéphane Troussel (PS, Seine-Saint-Denis) ou Luc Carvounas (PS, Val-de-Marne). Le rassemblement, intitulé « Sauvons les Berges », se voulait apolitique mais a surtout eu du succès à gauche. Selon les organisateurs quelque 2 000 participants se sont retrouvés sur les berges.

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                La fermeture des voies sur berges à Paris n’a pas eu d’impact notable sur la qualité de l’air



« C’est un combat essentiel pour Paris », a souligné l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage, rendant hommage à Anne Hidalgo « qui a affronté des tempêtes pour s’attaquer à la pollution de l’air ». Des Franciliens sont venus aussi pour soutenir le mouvement. Comme Yann Gourvennec, chef d’entreprise venu à vélo, il était là parce qu’il « utilise tous les jours les quais pour aller au travail » a-t-il expliqué.
Nouvel arrêté
« La plupart des voitures qui passaient sur les berges, c’était des gens qui n’habitent pas Paris », a relevé pour sa part Stéphane Ludwig, un enseignant d’une trentaine d’années, jugeant « inadmissible que (les non-Parisiens) se mobilisent pour nous polluer ».
Voitures, motos, scooters : tous les véhicules motorisés sont interdits sur 3,3 km de la voie Georges-Pompidou, du quai bas de l’entrée du tunnel des Tuileries (dans le premier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe), aux termes d’un arrêté municipal d’octobre 2016.
Ce texte a été annulé le mois dernier par un tribunal administratif, mais la maire a annoncé jeudi avoir signé « un nouvel arrêté en tenant compte de ce qu’a dit le tribunal », pris « en concertation avec l’Etat et le préfet de police de Paris ».
Ce nouveau texte ne fait plus référence à un quelconque objectif de « réduction des émissions de polluants atmosphériques et d’amélioration de la santé publique », mais insiste sur des arguments patrimoniaux et touristiques. Il considère notamment que la circulation « compromet (…) la valorisation du site à des fins esthétiques et touristiques ». Les rives de la Seine sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

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                A Paris, Anne Hidalgo intensifie sa guerre contre la voiture






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le groupe nucléaire va débourser plusieurs centaines de millions d’euros de pénalités pour le retard de dix ans du chantier du réacteur d’Olkiluoto.
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EPR : épilogue du feuilleton finlandais d’Areva

Le groupe nucléaire va débourser plusieurs centaines de millions d’euros de pénalités pour le retard de dix ans du chantier du réacteur d’Olkiluoto.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 12h11
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Après des années de fortes tensions entre Areva et l’électricien finlandais Teollisuuden Voima Oyj (TVO), les deux sociétés sont en train de mettre la dernière main à un accord sur le dossier de la construction du réacteur EPR (troisième génération) d’Olkiluoto (OL3). Au ministère français de l’économie et à la direction du groupe nucléaire, on estime que sa finalisation n’est plus qu’une question de jours.
Ce compromis permettra de clore la procédure d’arbitrage engagée par les deux parties devant la Chambre de commerce internationale de Londres : TVO réclamait 2,6 milliards d’euros à son fournisseur français pour un retard de dix ans dans la mise en service d’OL3, dont la facture initiale a triplé pour atteindre 9 milliards ; Areva demandait 3,4 milliards, imputant cette dérive du calendrier et certains surcoûts à TVO et aux lenteurs de STUK, l’autorité de sûreté nucléaire locale.

L’accord intervient un an avant la mise en service commercial du réacteur, prévue en mai 2019. Il est clair que c’est Areva SA, et non TVO, qui devra payer des pénalités. Mais la France s’en tire bien : elle est parvenue à un bon accord, qui l’obligera quand même à débourser plusieurs centaines de millions d’euros, fait savoir une source bien informée.
Reste que c’est finalement le contribuable qui paiera. Sur les 4,5 milliards de recapitalisation décidés par le gouvernement en 2017 pour l’ancien ensemble Areva, 2 milliards ont été affectés à Areva SA, notamment pour régler le passif d’OL3.
Errements des années 2000
Le solde de 2,5 milliards a été versé à Orano, nouvelle dénomination des activités de l’ancien Areva dans le cycle de combustible (mines, enrichissement de l’uranium, retraitement des déchets). Actionnaire à 87 % de l’ex-Areva, l’Etat règle ainsi la facture des errements des années 2000, qui ont poussé Areva à la quasi-faillite avec une perte cumulée de plus de 10 milliards entre 2011 et 2016.

Début 2016, Emmanuel Macron,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Malgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.
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Sept ans après Fukushima, l’opposition japonaise se mobilise pour la sortie du nucléaire

Malgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 09h45
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Défi au gouvernement. Volonté de relancer le débat sur l’usage de l’atome pour la production d’électricité. Véritable ambition politique. Il y a un peu de tout cela dans le projet de loi prévoyant la sortie du nucléaire déposé, vendredi 9 mars, par quatre partis de l’opposition japonaise, à commencer par le Parti démocrate constitutionnel (PDC), qui avait fait campagne sur ce point lors des législatives d’octobre 2017.
Le texte prévoit d’arrêter tous les réacteurs d’ici à cinq ans et de réduire de 30 % les besoins annuels en électricité d’ici à 2030, par rapport au niveau de 2010. Il souhaite porter à 40 % la part des renouvelables. Pour financer le démantèlement des réacteurs, leur nationalisation est envisagée. « Le nucléaire pose des problèmes comme l’accumulation des déchets ou l’exposition des travailleurs aux radiations, a expliqué Yukio Edano, le dirigeant du PDC, qui a fait une tournée dans tout le Japon pour promouvoir ce texte. L’idée se généralise qu’il représente un risque pour l’humanité et dépasse les connaissances actuelles. »
Sept ans après la catastrophe de Fukushima de mars 2011, la défiance des Japonais envers l’atome reste réelle. Dimanche 11 mars, jour anniversaire de la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, une cérémonie officielle s’est tenue à Tokyo, en présence du premier ministre Shinzo Abe, du prince Akishino, fils cadet de l’empereur Akihito, et de son épouse Kiko, tous deux représentant le couple impérial, ainsi que de survivants. Les opposants à l’atome ont également appelé à manifester.
Indépendamment de l’initiative du PDC, la sortie du nucléaire est aussi promue par les anciens premiers ministres, Junichiro Koizumi – mentor de Shinzo Abe, l’actuel premier ministre –, Morihiro Hosokawa ou encore Naoto Kan, qui dirigeait le gouvernement au moment de la catastrophe.
L’unanimité à soutenir l’atome semble se fissurer dans le cabinet du premier ministre japonais
MM. Koizumi et Hosokawa ont eux aussi travaillé sur un projet de législation pour sortir du nucléaire avec l’ONG Genjiren. « Les défenseurs du nucléaire privilégient leurs propres intérêts à ceux de la population et de l’environnement », a déploré M. Koizumi lors d’une conférence de presse, le 7 mars, au Club des correspondants de la presse étrangère.

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                Japon : premier feu vert depuis 2011 pour le redémarrage de réacteurs nucléaires Tepco



Un point qui rappelle les critiques formulées au moment de la catastrophe sur l’opacité du « village nucléaire » nippon, une coterie de politiciens, d’industriels et d’universitaires jugée responsable du drame dont la résolution devrait prendre une quarantaine d’années et coûter, selon une estimation d’avril 2017 du Centre d’études économiques JCER, 70 000 milliards de yens (624 milliards d’euros). Le gouvernement, lui, l’estime à 22 000 milliards de yens (196 milliards d’euros).
A la centrale, les progrès pour le démantèlement sont réels mais lents. La Compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco, responsable de Fukushima) doit notamment résoudre les problèmes de l’extraction du corium, le combustible fondu de trois réacteurs, et de l’eau contaminée, issue du refroidissement des réacteurs endommagés. 850 000 tonnes ont été accumulées.

   


La relance du débat intervient au moment où le gouvernement Abe prépare un nouveau cadre d’orientation pour l’énergie. La dernière révision date de 2014. Elle fixait la part du nucléaire à 20-22 % en 2030 – contre 28 avant Fukushima –, celle des renouvelables à 22-24 %, celle du gaz à 27 % et celle du charbon à 26 %. L’atome était alors considéré comme l’une des sources d’énergie « de base ». Ce texte avait enterré l’objectif, fixé en 2012 par l’administration précédente, d’une sortie du nucléaire d’ici à 2040.
« Lamentables »
Au sein du cabinet Abe, l’unanimité à soutenir le nucléaire semble se fissurer. Le ministre des affaires étrangères, Taro Kono, connu pour son hostilité à cette énergie, a profité d’une conférence à Abou Dhabi, le 17 janvier, pour critiquer les objectifs d’utilisation des énergies renouvelables, les qualifiant de « lamentables » et en retard car « le pays privilégie le statu quo par peur du changement ».

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                Une bombe de la deuxième guerre mondiale découverte dans l’enceinte de la centrale de Fukushima



En janvier, quand MM. Koizumi et Hosokawa ont abordé leur projet, le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, maintenait de son côté l’objectif de redémarrage des réacteurs. « Nous cherchons également à réduire la dépendance au nucléaire autant que possible en augmentant l’usage des renouvelables et par la mise en œuvre de mesures d’économies d’énergie », avait-il toutefois nuancé.
Proche d’une industrie inquiète des conséquences financières d’une sortie du nucléaire, le gouvernement Abe cherche à relancer 42 réacteurs sur les 54 en fonctionnement avant le 11 mars 2011. Après la catastrophe, l’ensemble du parc avait été mis à l’arrêt, faisant bondir les importations de combustible pour centrales thermiques. Mais le processus de redémarrage reste lent et complexe. Cinq réacteurs ont repris du service, 19 autres attendent une autorisation de redémarrer.
Outre les coûts d’adaptation aux nouvelles normes de sécurité édictées après Fukushima, qui s’élèveraient à près d’un milliard de dollars par réacteur, la relance se heurte aux réticences des populations. A la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, gérée par la Tepco, le gouverneur du département de Niigata, Ryuichi Yoneyama, s’y oppose. Il estime que les causes réelles de la catastrophe de Fukushima restent à déterminer, de même que l’impact réel d’un accident nucléaire sur le corps humain et la vie quotidienne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ L’initiative, imaginée par Paris et New Delhi lors de la COP21, est officiellement lancée.
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En Inde, les promesses du premier sommet de l’Alliance solaire internationale

L’initiative, imaginée par Paris et New Delhi lors de la COP21, est officiellement lancée.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 08h39
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

C’est l’une des étapes-clés de la visite d’Emmanuel Macron en Inde, du 9 au 12 mars. New Delhi accueille, dimanche, le sommet fondateur de l’Alliance solaire internationale (ASI), imaginée par l’Inde et la France lors de la COP21, fin 2015, et destinée à regrouper les pays situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. Sur les 121 pays concernés, soixante ont signé l’accord-cadre, près de la moitié de ces derniers l’ayant ratifié.
L’alliance est née d’un constat : les pays proches de l’équateur bénéficient d’un fort ensoleillement de trois cents jours par an en moyenne, mais ne disposent pas toujours des technologies, des financements ou de l’expertise nécessaires pour l’exploiter à son maximum. Entre 20 % à 50 % de leurs populations n’ont pas accès à l’électricité.

L’ASI prévoit d’aider surtout les nations les plus pauvres, ainsi que les petits Etats insulaires comme les îles Fidji, Tuvalu et Nauru ou encore les Comores. Pour eux, le principal obstacle au solaire est d’abord le coût du financement. L’ASI espère le diminuer en regroupant des appels d’offres et en mettant en place, dans le courant de l’année, un mécanisme commun de garantie, imaginé par la Banque mondiale.
L’alliance espère mobiliser 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030, notamment auprès d’investisseurs privés et de bailleurs de fonds
« Au fur et à mesure que la technologie solaire devient maîtrisée et rentable, les investisseurs privés prennent le relais des bailleurs de fonds publics, et cette plate-forme de garantie devrait les inciter à augmenter leurs investissements », explique Nicolas Fornage, directeur de l’Agence française de développement (AFD) en Inde.
L’alliance espère mobiliser 1 000 milliards de dollars (810 milliards d’euros) d’ici à 2030, notamment auprès d’investisseurs privés et de bailleurs de fonds comme l’AFD. « L’Alliance solaire facilitera les investissements dans les petits projets comme le solaire de toiture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ L’argument revient souvent dans la bouche des homophobes : l’homosexualité serait condamnable, car contraire aux lois de la nature. Pourtant, la science prouve tout le contraire.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Pour l’instance de régulation, le financement du compteur électrique communicant Linky sera « neutre » pour les particuliers, contrairement à ce qu’affirme une pétition de l’UFC-Que choisir.
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La Commission de régulation de l’énergie prend la défense de Linky

Pour l’instance de régulation, le financement du compteur électrique communicant Linky sera « neutre » pour les particuliers, contrairement à ce qu’affirme une pétition de l’UFC-Que choisir.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 20h19
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 20h48
   





                        


La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a pris la défense du compteur électrique communicant Linky, vendredi 9 mars, soulignant que son financement sera « neutre » pour les particuliers, au lendemain de lancement d’une pétition par l’UFC-Que choisir. Vendredi en début de soirée, elle avait reçu plus de 89 000 signatures.
L’association de défense des consommateurs affirme dans sa pétition que « [les particuliers vont] payer 15 euros par an pendant dix ans pour permettre à Enedis d’installer un compteur communicant pour lequel [ils n’auront] aucune contrepartie ».
Une affirmation que dément la Commission de régulation de l’Energie dans un communiqué :
« Sur le coût de ce projet, le président de la CRE [Jean-François Carenco] élève le ton pour rappeler que son financement sera totalement neutre pour les clients grâce aux nombreux gains que ces compteurs permettront, notamment pour maîtriser la demande d’énergie. »
Les compteurs Linky « rendent possible la réduction de la consommation d’énergie, le développement de nouveaux services énergétiques, l’émergence de nouveaux acteurs et l’optimisation des coûts des réseaux et de leur performance », assure la CRE.
La Cour des comptes avait dénoncé le coût de Linky
Une affirmation que la Cour des comptes, dans un rapport publié en février, nuançait très largement :
« Les gains que les compteurs peuvent apporter au consommateur sont encore insuffisants. Ce sont pourtant eux qui justifient l’importance de l’investissement réalisé. »
Autre pomme de discorde, pour l’UFC-Que choisir : « Les conditions de financement du compteur, et notamment les conditions de rémunération d’Enedis. » L’association de consommateurs s’appuie de nouveau sur le rapport de la haute juridiction financière, qui avait estimé que « les conditions de rémunérations d’Enedis sont généreuses et devraient être revues ».
Le déploiement des compteurs est en effet assuré par Enedis pour un coût de plus de 5 milliards d’euros entre 2014 et 2024. Pour ne pas faire peser cette somme sur les particuliers, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a mis en place un système de tarif différé. Enedis a avancé l’argent, et sera remboursé avec intérêts au moment où le programme portera ses fruits, à partir de 2021, dans la facture des consommateurs. Mais en analysant la construction de ce tarif, la Cour des comptes estime qu’il permettra à Enedis d’empocher au passage près de 500 millions d’euros.
La CRE et Enedis avaient contesté ces conclusions et accusent la cour de faire « une analyse erronée » en négligeant les bénéfices apportés par les compteurs lorsqu’ils seront installés.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ La présence du virus de l’influenza aviaire de gène H5 a été mise en évidence lors d’un contrôle. Cet agent pathogène est « sans menace pour l’homme » selon la préfecture.
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Grippe aviaire : 7 450 canards abattus dans le Finistère

La présence du virus de l’influenza aviaire de gène H5 a été mise en évidence lors d’un contrôle. Cet agent pathogène est « sans menace pour l’homme » selon la préfecture.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 18h29
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 19h12
   





                        


Un cas d’influenza aviaire faiblement pathogène a été identifié dans un élevage de canards du Finistère, et 7 450 canards de l’élevage vont être abattus, a annoncé, vendredi 9 mars, la préfecture du Finistère.
La présence du virus de l’influenza aviaire de gène H5 a été mise en évidence lors d’un contrôle, dans le cadre d’un plan de dépistage de la direction générale de l’alimentation, dépendante du ministère de l’agriculture, a indiqué la préfecture du Finistère dans un communiqué. Afin d’éviter une propagation du virus, « une mesure de confinement des volailles avec restriction de leurs mouvements est prise temporairement dans un rayon d’un kilomètre autour de l’exploitation », a précisé le communiqué.
« L’agent pathogène, qui infecte les oiseaux sauvages et les oiseaux domestiques, et dont la circulation est connue, est sans menace pour l’homme » poursuit la préfecture du Finistère.
Plus de 120 000 canards abattus depuis début 2018
Cet abattage massif est loin d’être le premier en 2018. Depuis le début de l’année, ont été abattus par précaution :
25 000 canards dans le Morbihan, début février ;16 000 canards en Vendée, fin février ;19 000 canards dans le Gers, début et fin février ;8 500 canards dans les Deux-Sèvres, début mars ;19 000 canards en Maine-et-Loire, début mars ;20 200 canards en Loire-Atlantique, début février et début mars ;8 000 canards en Lot-et-Garonne, début mars ;7 450 canards dans le Finistère, début mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ A 15 km de Paris et situé entre deux aéroports, Roissy et le Bourget, le triangle de Gonesse est une zone à fort potentiel économique.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Bruxelles envisage entre autres une classification des produits financiers en fonction de critères écologiques et une réforme de la directive sur les agences de notation.
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L’Europe publie sa feuille de route pour ouvrir la finance aux enjeux climatiques

Bruxelles envisage entre autres une classification des produits financiers en fonction de critères écologiques et une réforme de la directive sur les agences de notation.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 18h30
    |

            Simon Roger








                        



   


Pour le moment, le calendrier de travail est respecté. Comme l’avait annoncé le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis lors du sommet climat One Planet Summit, organisé le 12 décembre 2017 pour les deux ans de l’accord de Paris, Bruxelles publie sa feuille de route sur la finance verte. Dévoilé jeudi 8 mars, le document d’une vingtaine de pages développe différentes pistes pour intégrer l’impératif de lutte contre le réchauffement climatique dans les règles du jeu des marchés financiers.
Mais comme souvent avec la mécanique communautaire, l’annonce du 8 mars n’est qu’une étape dans un processus de plusieurs mois à l’issue duquel les Etats membres pourraient appliquer les préconisations de ce « plan d’action pour financer la croissance durable ». À courte échéance, c’est le Conseil européen des 22 et 23 mars qui va s’emparer du dossier : une conférence de haut niveau devrait être consacrée au sujet le 22 mars à Bruxelles.
« L’écart entre le besoin en financement climat et l’offre actuelle se chiffre à 179 milliards d’euros par an, soulignait Valdis Dombrovskis pendant le One Planet Summit. Cette somme ne pourra être compensée par les seules finances publiques, il faut la participation du secteur financier privé. » Mais les acteurs de la finance ayant peur du vide, il était crucial de baliser le terrain pour faciliter leur conversion vers des pratiques plus vertueuses.
« Développement résilient »
Fin 2016, la Commission a donc constitué un groupe d’experts européens sur la finance durable (dit groupe HLEG), d’une vingtaine de membres, chargé de réfléchir à cette évolution du secteur financier. Après un premier rapport intermédiaire publié en juillet 2017, le groupe a rendu ses conclusions définitives le 31 janvier.
Pour Pascal Canfin, le directeur du WWF France et l’un des quatre experts français intégrés au groupe de travail de la Commission, l’ambition « n’est pas d’aborder la finance verte comme un marché de niche, mais bien de transformer l’ensemble des acteurs financiers ». La démarche s’inscrit dans le cadre de l’accord de Paris, dont l’article 2 invite les Etats signataires à rendre « les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques ».
A la tête du groupe HLEG, Christian Thimann, conseiller spécial auprès du président du groupe AXA, prône lui aussi un « changement systémique ». « Nous n’avons pas considéré un aspect de la finance durable en particulier, mais un ensemble de fonctionnements et un ensemble d’acteurs inhérents au système financier qui, si on met en œuvre les préconisations émises dans le rapport, peuvent changer le mode de fonctionnement de la finance », précisait-il fin janvier.
« Langue commune »
Comment ? L’une des idées du plan d’action européen est d’obliger les acteurs financiers à mieux prendre en compte les questions environnementales dans leurs politiques d’investissement. La question qui devrait agiter les instances communautaires est de savoir quels types de contraintes pourraient peser sur les investisseurs institutionnels et les gestionnaires d’actifs. Un autre axe retenu par Bruxelles consiste à dégager une « langue commune de la finance durable », afin de classifier les produits financiers en fonction de critères climatiques, environnementaux et sociaux, acceptés par les Vingt-Huit.
Ces deux mesures doivent faire l’objet d’une proposition législative de la Commission en mai. Un vote du Parlement européen sur la modification des règles prudentielles doit également intervenir ce mois-là. « La réglementation financière de l’UE ne fait actuellement pas de différence entre les investissements verts ou non », reconnaît-on à Bruxelles.

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                Pollution : Anne Hidalgo va dans le bon sens



Parmi les autres pistes envisagées figurent la création d’un standard européen pour les produits financiers verts et la modification de la directive sur les agences de notation. « Aujourd’hui, les enjeux de long terme et de soutenabilité ne sont pas pris en compte par les agences de notation », observe Pascal Canfin. Pour le directeur du WWW France, la feuille de route présentée le 8 mars devrait permettre aussi d’y voir plus clair dans le jeu des différents acteurs du secteur. « Dix ans après la crise financière, on va voir s’ils sont ont changé leur mode de fonctionnement, s’ils sont au rendez-vous de l’urgence climatique », lance-t-il.
Le plan d’action de l’Europe sur la finance verte intervient enfin dans un contexte d’expansion des obligations vertes, ces emprunts qui financent des initiatives liées à la transition énergétique. En novembre dernier, les émissions de ces green bonds ont, pour la première fois, franchi la barre des 100 milliards de dollars, a pointé l’ONG Climate Bonds Initiative. Un essor qu’il faut tout de même pondérer par un autre chiffre : les obligations vertes ne représentaient, fin 2017, que 0,9 % du total des obligations émises à l’échelle mondiale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le site, dont l’aménagement devait être annoncé vendredi 9 mars, ne verra en fait pas le jour en 2019 dans le bois de Vincennes.
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La mairie de Paris reporte le projet de baignade au lac Daumesnil

Le site, dont l’aménagement devait être annoncé vendredi 9 mars, ne verra en fait pas le jour en 2019 dans le bois de Vincennes.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 16h51
    |

                            Garance Feitama








                        



   


La maire (PS) de la capitale, Anne Hidalgo, a fait marche arrière jeudi 8 mars : la Ville de Paris a décidé de « reporter » le projet de baignade dans les bassins qui devaient être installés en 2019 dans le lac Daumesnil, en bordure du bois de Vincennes. L’annonce devait être officialisée le 9 mars, date à laquelle prend fin l’enquête publique lancée par la mairie du XIIe arrondissement, où se trouve le bois. A la place, les habitants du quartier verront s’installer un bassin estival mobile, sur les pelouses de Reuilly.

Le projet généreux de baignade dans le lac Daumesnil s'est avéré plus compliqué et plus cher que prévu pour répondr… https://t.co/XkeijSgRdK— Baratti_Elbaz (@C Baratti-Elbaz)


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Le projet d’aménagement de la zone de baignade avait suscité la colère des riverains et des associations écologistes de quartier, dont le collectif Le Feu au lac, qui avait lancé une pétition il y a quelques semaines, recueillant près de 15 000 signatures. Ils craignaient « la dénaturation d’un lieu peuplé d’oiseaux – des paons, des cormorans, des cygnes, des bernaches et des colverts », ainsi qu’une hausse significative de la fréquentation des lieux puisque le site devait être prêt à accueillir plus de 2 000 baigneurs par jour.
« Les risques d’atteintes à l’environnement et à la biodiversité étaient trop importants », explique Yves Contassot, élu (EELV) du XIIIe arrondissement. La mairie prévoyait en effet la construction de trois bassins bétonnés de 8 000 m2 à l’intérieur du lac, l’aménagement des berges sud de l’île de Bercy pour y accueillir une plage, et l’installation de fontaines destinées à éloigner les oiseaux du site.
Avis défavorable
Dans son rapport publié en octobre 2017, l’inspectrice de la nature, des paysages et des sites de Paris avait donné un avis défavorable sur le projet, dont le coût était estimé à 9,5 millions d’euros. « Il ne permet pas de garantir le maintien de l’état et de l’aspect de ce site classé zone naturelle », conclut-elle. C’est une victoire pour les écologistes.
Pour autant, le président du groupe écologiste de Paris, David Belliard, déplore le manque de piscines dans la capitale. « Nos concitoyennes et concitoyens aspirent à nager et à profiter de points d’eau. Nous demandons donc une modification du projet de la ZAC Bercy-Charenton dans le XIIe arrondissement afin d’y intégrer un centre aquatique écologique », rappelle-t-il.
La Ville de Paris cherche à améliorer son offre pour les adeptes de la natation dans le cadre du plan « Nager à Paris ». Actuellement, elle dénombre 7 millions d’entrées par an dans ses piscines municipales, près de 70 000 usagers très réguliers, et une moyenne annuelle de 190 000 usagers par piscine, alors que celles-ci ont été conçues pour en accueillir 120 000.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le tribunal administratif de Toulouse a jugé que « la carence des autorités nationales » pour rétablir l’ursidé dans un état de conservation favorable « constitue une faute ».
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L’Etat condamné pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ours des Pyrénées

Le tribunal administratif de Toulouse a jugé que « la carence des autorités nationales » pour rétablir l’ursidé dans un état de conservation favorable « constitue une faute ».



Le Monde
 |    09.03.2018 à 13h19
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 18h53
    |

            Audrey Garric








                        



   


C’est une victoire pour les associations de défense de l’ours. Dans une décision rendue mardi 6 mars, le tribunal administratif de Toulouse a condamné l’Etat pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ursidé dans les Pyrénées. Il devra verser 8 750 euros à chacune des deux ONG Pays de l’ours - Adet et Ferus, qui avaient déposé plainte en avril 2015 pour faire reconnaître la « carence de la France ».
A l’issue d’une audience le 13 février, les juges ont considéré que « la France ne satisfait pas à son obligation de rétablissement de l’ours brun dans un état de conservation favorable » et que « la carence des autorités nationales face à cette obligation constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l’Etat ». Ursus arctos est classé comme une espèce protégée sur le sol français depuis 1981, ainsi qu’en Europe par la directive Habitat faune flore de 1992.
« Effectif insuffisant »
Ils estiment que, malgré une tendance démographique « globalement positive », l’effectif actuel reste « insuffisant pour assurer la pérennité de l’espèce » et que « l’existence même du noyau occidental est menacée à court terme ».
En 2017, le massif pyrénéen comptait trente-neuf plantigrades après la naissance d’au moins sept oursons, répartis en deux noyaux disjoints sur une aire totale de 3 800 km2 : trente-sept individus dans les Pyrénées centrales et deux dans les Pyrénées occidentales. Mais la population ursine n’est toujours pas viable. « Elle peut disparaître à tout moment dans les Pyrénées occidentales, avec seulement deux mâles depuis 2007, explique Alain Reynes, le directeur de l’association Pays de l’ours-Adet. Dans les Pyrénées centrales, les effectifs, en hausse, restent fragiles et présentent un risque de consanguinité élevé. » Pour preuve, 70 % des oursons nés depuis vingt ans viennent du même père, le vieux mâle dominant Pyros.
En 2012, la Commission européenne avait déjà déclenché une procédure d’infraction contre la France pour « manquement à ses obligations de protection de l’ours brun des Pyrénées ». Un an plus tard, une expertise collective scientifique menée par le Muséum national d’histoire naturelle jugeait « défavorables » les perspectives futures pour l’animal. Elle chiffrait à deux cent cinquante individus matures l’objectif pour mettre la population à l’abri du danger, avec un premier seuil d’une cinquantaine d’animaux dans l’ensemble du massif. Les scientifiques recommandaient alors de réintroduire rapidement trois ou quatre individus, dont deux femelles, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Aucune réintroduction depuis 2006
Pourtant, aucun lâcher n’a eu lieu depuis douze ans par les autorités françaises, à l’exception de l’arrivée d’un mâle slovène en 2016 du côté espagnol, passé en France depuis. Les dernières réintroductions datent de 2006 — cinq spécimens —, après les trois nouveaux individus de 1996 et 1997 sur une décision des ministères de l’environnement de l’époque.
Et aucun plan de conservation de l’espèce n’a été adopté depuis le dernier, qui couvrait la période 2006-2009. « L’importance des oppositions locales à la réintroduction des ours […] ne saurait suffire à justifier ces huit années de retard », dit le tribunal. Et d’ajouter : « Il n’est au demeurant pas établi que les oppositions locales feraient obstacle à toute opération de réintroduction alors qu’il apparaît que les dégâts imputés aux ours sur les troupeaux et les ruches restent relativement mesurés. »
Hausse des attaques
L’an dernier, les attaques avaient connu une forte augmentation, particulièrement dans l’Ariège, le département le plus touché, notamment en raison de chutes exceptionnelles d’ovins. La mort de 689 animaux a été indemnisée (dont une partie au bénéfice du doute), contre 228 en 2016, selon les chiffres de la préfecture de l’Ariège. De quoi relancer l’opposition des éleveurs à la présence du plantigrade, dont la majorité estime que la cohabitation n’est pas possible.

        Lire le reportage :
         

          En Ariège, la présence des ours fait sortir les fusils



A l’inverse, les associations avancent un sondage réalisé par l’IFOP à la fin février pour quatorze ONG. Celui-ci montre que les Français sont favorables à 84 % au maintien d’une population d’ours dans les Pyrénées, tandis que 73 % des habitants des Pyrénées occidentales se prononcent pour le lâcher de deux femelles dans le Béarn.
Dans un communiqué commun, publié vendredi, Pays de l’ours - Adet et Ferus se félicitent du jugement et demandent au gouvernement de « programmer dès ce printemps les premiers lâchers de femelles afin d’éviter la disparition de l’espèce en Pyrénées occidentales » ainsi que « l’adoption rapide d’un nouveau plan de restauration de l’ours brun dans les Pyrénées ».
« Ce jugement ne dit pas qu’il faut des réintroductions, car le tribunal n’en a pas la compétence.  Il peut seulement condamner la destruction de spécimens ou de leur habitat », rétorque Bruno Besche-Commenge, le porte-parole de l’Association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées, qui lutte contre le plantigrade. « Nous n’avons pas pris de décision sur ce sujet. Nicolas Hulot écoute tout le monde : les éleveurs, les associations et tous les acteurs du territoire », indique-t-on du côté du ministère de la transition écologique et solidaire. L’avenir de l’ours reste plus que jamais en suspens.

        Lire aussi :
         

                Quel avenir pour l’ours dans les Pyrénées ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Un nouveau débat public sur la gestion des déchets nucléaires sera organisé à la fin de l’année. Les opposants demandent l’abandon pur et simple du projet d’enfouissement.
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Bure : le gouvernement joue la carte de la concertation

Un nouveau débat public sur la gestion des déchets nucléaires sera organisé à la fin de l’année. Les opposants demandent l’abandon pur et simple du projet d’enfouissement.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 15h19
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Le bâton et la main tendue. La fermeté et le dialogue… Deux semaines après l’évacuation, par cinq cents gendarmes mobiles, d’un bois occupé, près de Bure (Meuse), par une quinzaine d’opposants au projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs, le gouvernement tente de relancer la concertation. Mercredi 7 mars, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a réuni à Paris, pour un « comité de haut niveau », une soixantaine de participants, dont l’ensemble des parlementaires de la Meuse et de la Haute-Marne, mais aussi les maires de plusieurs des communes concernées. Objectif : déminer un dossier devenu explosif.

L’exécutif veut d’abord jouer la carte de « la transparence », avec un dispositif « hors norme » pour « un projet hors norme ». Un débat public national sera ainsi organisé de septembre à décembre 2018, sous l’égide de la Commission nationale du débat public, sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs – dont ceux, à haute activité et à vie longue, destinés au site de Bure. En réalité, la consultation du public sur ce plan, mis à jour tous les trois ans, est déjà prévue par la loi. En outre, deux débats nationaux sur ce sujet ont déjà été menés, en 2005-2006 et en 2013 – celui-ci dans un climat de tension extrême qui a empêché son déroulement normal –, sans remettre en cause le projet de stockage profond.
Un débat supplémentaire peut-il changer la donne et ouvrir la voie à d’autres options ? Formellement, M. Lecornu assure que tout est possible : « Si, demain, les scientifiques lèvent le doigt pour dire qu’ils ont trouvé la solution miracle, on avisera. » Mais, ajoute-t-il aussitôt en reprenant une formule de Nicolas Hulot, « pour l’instant, la solution de l’enfouissement est la moins mauvaise ». Sauf « miracle » donc, il n’est pas question d’alternative.
Le processus de concertation mis en place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ La journaliste Mathilde Golla a arpenté les marchés de producteurs et les épiceries coopératives, testé une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne et les paniers recettes, dont elle a tiré un guide pratique.
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Comment vivre 100 jours sans supermarché ?

La journaliste Mathilde Golla a arpenté les marchés de producteurs et les épiceries coopératives, testé une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne et les paniers recettes, dont elle a tiré un guide pratique.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 11h45
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

Le livre. Elle a passé cent jours sans mettre un pied dans un supermarché. A la place, la journaliste du Figaro Mathilde Golla a arpenté les marchés de producteurs, les épiceries coopératives et autres potagers urbains, a adhéré à une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) et a testé la cueillette en plein champ. Elle a tiré de ce défi, réalisé en février 2016, un guide pratique qui vient de paraître aux éditions Flammarion.
Tout débute par une rencontre, celle d’un éleveur normand qui décide d’arrêter son activité faute de continuer à en vivre. Une situation loin d’être isolée. « En France, un agriculteur sur cinq perd de l’argent, tandis qu’un sur trois gagne moins de 350 euros par mois », rappelle la journaliste de 37 ans, spécialisée en économie. Car en dix ans, les paysans ont perdu plus de 30 % de plus-value au profit des transformateurs et des distributeurs. Et Mathilde Golla d’interroger : les circuits courts – des produits agricoles commercialisés en vente directe ou avec un seul intermédiaire – peuvent-ils être le « salut d’une agriculture aux abois » ?

Avec l’aide des internautes, la journaliste se lance alors dans une aventure pavée de bonnes intentions et de produits frais et locaux. Elle se fixe des règles : boycotter les grandes surfaces et petites supérettes, y compris bio, et éviter les commerces de bouche. Côté nourriture, l’auteure traque les petits producteurs sur les marchés mais aussi via des structures qui essaiment partout en France : La Ruche qui dit oui – forte de ses 1 300 points de distribution –, le Comptoir local – qui livre chez les consommateurs des produits frais et de saison provenant d’Ile-de-France –, Okadran ou Poiscaille – vente directe de viande et de poisson.
Investissement en temps
Elle teste également les paniers recettes (Foodette, Quitoque, Les Commis, etc.), les épiceries tenues par les adhérents (La Louve, Supercoop,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Editorial. En insistant pour pérenniser la piétonnisation des berges sur la rive droite de la Seine, la maire de Paris ouvre la voie dans le combat des villes contre la pollution.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Pollution : Anne Hidalgo va dans le bon sens

Editorial. En insistant pour pérenniser la piétonnisation des berges sur la rive droite de la Seine, la maire de Paris ouvre la voie dans le combat des villes contre la pollution.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h45
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est la nouvelle bataille de Paris. Le sujet est à ne surtout pas aborder dans un taxi. L’objet de la querelle ? Ces 3 300 mètres de quais sur la rive droite de la Seine, qui hystérisent la vie parisienne depuis leur fermeture à la circulation automobile, en octobre 2016. Un rassemblement est organisé samedi 10 mars là où Paris Plages déploie ses transats l’été, avec comme cri de ralliement : « Des poussettes contre la pollution ! Non au retour des voitures ! »
Car le vrombissement des moteurs thermiques menace de chasser les promeneurs de ce tronçon de la voie Georges-Pompidou, cette autoroute urbaine traversant la capitale d’ouest en est. Le tribunal administratif de Paris a annulé la fermeture des voies sur berges le 21 février, au motif que l’étude d’impact environnemental comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances ».
Cette décision a obligé Anne Hidalgo à prendre un nouvel arrêté, le 8 mars. Pour éviter qu’il soit à son tour rejeté, la Mairie de Paris a soigneusement gommé toute référence à un objectif de réduction de la pollution atmosphérique ou de santé publique, se contentant d’invoquer la valorisation patrimoniale d’un site hautement touristique.
2 500 morts prématurées
Les voies sur berges, au centre de toutes les crispations, ne représentent que 0,16 % du kilométrage francilien. Mais leur fermeture s’inscrit dans une politique plus large de restriction de la place de la voiture dans la cité. Paris n’est pas la première ville du monde, ni de France, à s’attaquer à ce chantier. Bordeaux et Lyon ont achevé il y a bien longtemps leur reconquête des quais de la Garonne et du Rhône.
Mme Hidalgo a voulu aller plus loin, en instaurant les fameuses vignettes Crit’Air pour bannir progressivement les véhicules les plus polluants. D’ici à 2024, année où Paris accueillera les Jeux olympiques, les diesels ne pourront plus y circuler. En 2030, ce sera au tour des voitures à l’essence. Dans ce combat contre la pollution, la maire de Paris n’avance pas à contresens, elle ouvre la voie. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, veut en finir avec le moteur thermique à l’échelle du pays à l’horizon 2040. Certaines villes d’Allemagne, comme Stuttgart, berceau de Porsche et de Mercedes, envisagent même désormais de barrer leurs rues au diesel.

        Lire aussi.
         

          Voies sur berge à Paris : le nouvel arrêté ne se réfère plus à la réduction de la pollution



Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a beau critiquer la « méthode autoritaire » de sa rivale politique, Mme Hidalgo a raison de viser les véhicules polluants. Question de santé publique. Un Parisien sur deux est surexposé au dioxyde d’azote, majoritairement émis par le trafic routier. Des dépassements qui concernent également d’autres agglomérations et valent à la France d’être sous la menace d’un renvoi devant la Cour de justice de l’Union européenne. Les rejets de gaz toxiques sont responsables d’environ 48 000 morts prématurées en France chaque année, dont 2 500 à Paris.
Reste tous ces automobilistes désorientés que l’Etat a, pendant des décennies, incités à investir dans le diesel. Les alternatives font encore défaut. Les modèles électriques ou hybrides restent chers. Le changement d’opérateur des vélos en libre-service tourne à l’accident industriel. Les métros et RER sont en surchauffe.
L’Allemagne, qui est aussi dans le collimateur de Bruxelles, envisage la gratuité des transports en commun dans certaines villes. A Paris, cette mesure a déjà été expérimentée lors des pics de pollution. Valérie Pécresse y a mis fin. A la gratuité, pas aux pics.



                            


                        

                        

