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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Rapport d’étonnement. Au sein du Center for Humane Technology, d’anciens employés et dirigeants d’entreprises high-tech dénoncent les dangers des « technologies addictives ».
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Sus aux pirates de nos esprits !

Rapport d’étonnement. Au sein du Center for Humane Technology, d’anciens employés et dirigeants d’entreprises high-tech dénoncent les dangers des « technologies addictives ».



Le Monde
 |    11.03.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
« Lâche ton téléphone et reviens à ta vie. » C’est la devise de l’application gratuite Moment, qui propose de minuter le temps d’utilisation du portable. Essayez pour voir ! C’est effrayant, le nombre d’heures qu’on passe l’œil rivé sur « cet écran où s’agitent des insectes » – comme disait Federico Fellini des premières télévisons. Utiliser Moment, mesurer le temps considérable passé collé à son téléphone est une des manières concrètes, parmi beaucoup d’autres, de « prendre le contrôle de son téléphone et de sa vie ». L’expérience est fortement conseillée par le Center for Humane Technology, un think tank lancé début février par d’anciens employés et dirigeants d’entreprises high-tech, préoccupés par la façon dont les nouvelles technologies « piratent nos esprits ».
Voler notre temps
Ce centre a été fondé par un ancien « philosophe produit » de Google, Tristan Harris, qui, en décembre 2015, quittait l’entreprise de Mountain View pour créer une association dont le nom claque comme un manifeste : Time Well Spent, « temps bien employé ». Rapidement, Harris fait connaître ses idées par des conférences TED et sur le magazine télévisé de CBS « 60 Minutes » : les ingénieurs et les concepteurs des technologies et des réseaux ne cherchent plus à nous rendre service et à nous faciliter l’existence, mais à nous rendre « accros » à leurs produits et à « voler notre temps ». Ils sont décidés à forcer notre esprit de se détourner de ses centres d’intérêt primordiaux.
Très inquiet, Harris compare les portables, avec leurs touches colorées et leurs incessantes offres et tentations, aux « machines à sous » des casinos : ce sont des « technologies addictives », comme le confirme l’anthropologue culturelle Natasha D. Schüll, auteure d’Addiction by ­Design (Princeton University Press, 2012), qui a rejoint le Center for Humane Technology.
Le mouvement lancé par Harris a pris de l’ampleur....




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les alertes et pastilles apparaissant sur les téléphones sont assez peu encadrées, symbole de l’absence de consensus sur la question de l’attention des utilisateurs.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’impressionnante pugnacité de Nétanyahou, de crise en crise, ne peut être comprise sans un retour sur ses années d’opérations au sein des forces spéciales israéliennes.
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<article-nb="2018/03/11/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le nouveau numéro de la revue « Cités » offre un panorama intéressant des griefs soulevés par ce domaine d’études.
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Le postcolonialisme critiqué en nuances

Le nouveau numéro de la revue « Cités » offre un panorama intéressant des griefs soulevés par ce domaine d’études.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 11h31
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Vingt ans après l’introduction en France des premiers textes issus des études postcoloniales, il est possible de faire paraître un numéro de revue ouvertement critique, mais qui cherche la nuance plutôt que la polémique. C’est l’heureuse découverte que l’on fait en ouvrant le nouveau numéro de la revue Cités. A l’exception d’un texte accrocheur et très engagé du sémanticien François Rastier, mais sur un sujet un peu périphérique (« Sur l’interprétation postcoloniale du terrorisme islamiste »), les articles rassemblés par le philosophe Christian Godin discutent plus qu’ils n’accusent le postcolonialisme. Certains de ses représentants français, comme les historiens Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, sont même invités à intervenir – et concluent que la France est entrée « dans un moment de déploiement de la pensée ­post­coloniale ».
Puissance de ­l’occidentalocentrisme
Dans l’ensemble, si le dossier ne renouvelle pas les enjeux, il offre des articles accessibles qui permettent de se faire une idée des griefs soulevés par les études postcoloniales. Ce courant d’études littéraires, né dans les universités anglo-saxonnes au tournant des années 1980, avait l’ambition non seulement de prendre la domination coloniale comme objet d’enquête, mais aussi de remettre en cause la coupure entre l’avant et l’après de la colonisation, de questionner la puissance de ­l’occidentalocentrisme dans nos représentations et de lutter contre la « violence épistémique » qui consiste, en retour, à mettre l’autre dans les catégories réifiantes.
Prenant soin de séparer, à l’intérieur du champ postcolonial, les « modérés » et les « maximalistes », Christian Godin liste les dangers menaçant ce qu’il appelle une « idéologie » : ­l’anti-universalisme (car la notion d’universel est occidentale), l’essentialisation (qui se repère dans le fait qu’un Européen est toujours suspect de ne pas être vraiment anticolonialiste) et surtout son impossible...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Faut-il légiférer sur la propagation des fausses informations, comme l’envisage le gouvernement ? Le sociologue Romain Badouard analyse le phénomène.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Les “fake news” expriment une défiance à l’égard des élites »

Faut-il légiférer sur la propagation des fausses informations, comme l’envisage le gouvernement ? Le sociologue Romain Badouard analyse le phénomène.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 15h40
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Romain Badouard, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Cergy-Pontoise, est l’auteur du Désenchantement de l’Internet. Désinformation, rumeur et propagande (FYP éditions, 2017)
On oublie de se poser une question sur les « fake news » : ceux qui les font circuler y croient-ils ?
La sociologie des rumeurs, nous apprend que les individus qui les partagent n’y croient pas forcément dur comme fer ; en revanche, ils adhèrent à la vision du monde qu’elles colportent. Or, ce qui caractérise le phénomène des « fake news », outre l’industrialisation de leur production afin de générer des revenus publicitaires sur les réseaux sociaux, c’est leur utilisation à des fins de propagande politique. Aux Etats-Unis comme en France, des réseaux organisés, le plus souvent situés à l’extrême droite du spectre politique, mettent en circulation de fausses informations qui nourrissent un véritable discours politique – clairement antisystème et xénophobe.
Or, si ces fausses informations ont un tel succès (elles peuvent être partagées des dizaines, voire des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux), c’est qu’elles expriment une défiance à l’égard des élites politiques, médiatiques et intellectuelles. En ce sens, les « fake news » peuvent aussi être comprises comme le véhicule des indignations ordinaires d’une partie toujours croissante de la population.
De quoi ces circulations de fausses nouvelles sont-elles politiquement le symptôme ?
Elles sont un nouvel indicateur d’un phénomène plus ancien et plus profond, celui de la crise de confiance politique qui affecte la plupart des démocraties occidentales. Lorsque l’on observe le contenu des fausses nouvelles, on voit que l’impôt et la mauvaise gestion de l’argent public sont des thèmes récurrents. On y parle beaucoup du sentiment d’injustice ressenti par une partie importante de la population. Ces « fake...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Pour la retraite de base des salariés, une période d’arrêt maladie est validée pour le calcul du montant de la pension sur la base d’un trimestre tous les soixante jours d’indemnisation, rappelle dans sa chronique Marc Darnault, associé chez Optimaretraite.
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Arrêt maladie : que pouvez-vous perdre à la retraite ?

Pour la retraite de base des salariés, une période d’arrêt maladie est validée pour le calcul du montant de la pension sur la base d’un trimestre tous les soixante jours d’indemnisation, rappelle dans sa chronique Marc Darnault, associé chez Optimaretraite.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 19h00
    |

                            Marc Darnault (Associé chez Optimaretraite)








                        



   


Question à un expert. Pour la retraite de base des salariés, une période d’arrêt maladie est validée pour le calcul du montant de la pension sur la base d’un trimestre tous les soixante jours d’indemnisation par la Caisse primaire d’assurance-maladie.
Un arrêt de travail plus court ne permet pas la validation de trimestres. Cependant, il le sera si la personne a travaillé le reste de l’année. Il faut savoir que le nombre de trimestres acquis, que ce soit des trimestres cotisés, de maladie ou autres, ne pourra jamais dépasser quatre sur une année civile.
Préjudice en fin de carrière
Si la période de maladie risque d’avoir peu ou pas d’impact sur le nombre trimestres validés, il est à noter que les indemnités perçues durant l’arrêt maladie ne sont pas comptabilisées lors du calcul du salaire annuel moyen. Une période de maladie en fin de carrière, là où se trouvent généralement les vingt-cinq meilleures années, peut donc être préjudiciable au montant de la pension de base, celle qui est versée par la Sécurité sociale.
A souligner également que les trimestres acquis durant l’arrêt maladie ne pourront être pris en compte, pour répondre aux conditions de durée d’assurance pour un départ anticipé pour carrière longue, que dans une limite de quatre au total.
Du point de vue des régimes complémentaires, des points Arrco, et Agirc pour les cadres, peuvent être attribués si la période d’arrêt maladie dure plus de soixante jours consécutifs et si elle vient interrompre une période où des cotisations étaient versées à ces régimes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Analyse. Cette répartition entre divertissement mondialisé et galéjade nationale n’est pas que française, relève le journaliste du « Monde », Jacques Mandelbaum.
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Cinéma : super-héros planétaires et infra-héros nationaux se partagent le haut de l’affiche

Analyse. Cette répartition entre divertissement mondialisé et galéjade nationale n’est pas que française, relève le journaliste du « Monde », Jacques Mandelbaum.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 13h38
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Analyse. Connaissez-vous beaucoup de films qui, en l’espace de cinq jours, rassemblent 2 millions de spectateurs dans les salles françaises ? C’est ce qui s’est produit avec La Ch’tite Famille, sixième long-métrage de Dany Boon, sorti mercredi 28 février, qui fait une entrée en fanfare en tête du box-office. Il s’ajoute à l’autre « phénomène » national de ce début 2018, Les Tuche (troisième du nom), d’Olivier Baroux, qui agrège 5 millions de spectateurs en cinquième semaine d’exploitation.
Face à ce tandem français typé, un autre prodige, hollywoodien et globalisé celui-ci, domine la partie, avec 2 400 000 entrées en troisième semaine d’exploitation. On a évidemment nommé Black Panther, de Ryan Coogler, qui engrange à ce jour la somme faramineuse de 800 millions de dollars (650 millions d’euros) dans le monde. Le succès rencontré par ces films, qui se joue dans un cas à l’échelle planétaire, dans les autres sur la scène nationale, est incommensurable. Il n’en reste pas moins intéressant à souligner, tant le cinéma y apparaît comme un bon marqueur du découplage qui caractérise le phénomène de la mondialisation.
Menace hégémonique de Disney
L’affaire n’est pas nouvelle. Voilà beau temps que blockbusters hollywoodiens et comédies françaises se partagent le haut de l’affiche du box-office national. Cette répartition entre divertissement mondialisé, dont Hollywood se pose en maître absolu, et galéjade nationale, localement plébiscitée mais plus ou moins inexportable, n’est pas que française. On retrouve ce schéma à peu près partout en Europe.
Chez nous, sans surprise, la confrontation oppose au sommet mythologie planétaire et légende gauloise, esprit d’aventure et irréductibilité du terroir, rêve de grandeur universelle et passion du particularisme. Jacques Tati, génie hors sol, l’avait vu très tôt, en incarnant, dès Jour de fête (1949), un facteur berrichon qui, sous la double influence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Pour créer les décors du film, la décoratrice Hannah Beachler a croisé des éléments d’architecture africaine à des références futuristes.
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Comment le film « Black Panther » rebâtit l’Afrique

Pour créer les décors du film, la décoratrice Hannah Beachler a croisé des éléments d’architecture africaine à des références futuristes.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 08h55
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Au creux de montagnes verdoyantes, une ville s’élève. Son architecture est difficile à identifier et si l’homme a laissé une profonde empreinte, hérissant le paysage de gratte-ciel, il s’est aussi entouré d’arbres. Une oasis plutôt qu’une jungle urbaine, c’est ainsi que l’on pourrait décrire la capitale du royaume africain du Wakanda, Golden City. Ici règne le prince T’Challa, alias Black Panther, superhéros du film du même nom réalisé par Ryan Coogler, véritable phénomène de société aux Etats-Unis et au-delà. En mettant en scène quasi uniquement des acteurs à la peau noire, l’œuvre casse les codes jusque-là en vigueur à Hollywood, où les Afro-Américains sont souvent cantonnés à des rôles de voyous ou de subalternes.
Ici, c’est tout le contraire. L’homme et la femme noirs en imposent à l’homme blanc. Leur ville est à l’image de la civilisation qu’ils ont construite : résolument africaine, technologiquement avancée et harmonieuse, à l’opposé des « shithole countries » (« pays de merde »), ainsi que Donald Trump aurait qualifié les pays d’Afrique, Haïti et le Salvador. Le film invente une nation africaine qui aurait échappé à l’esclavage grâce au vibranium, un métal aux propriétés extraordinaires. Pour faire vivre ce monde fantastique, la chef décoratrice Hannah Beachler a dû inventer tout un univers. « Le défi était d’imaginer une vision futuriste de l’Afrique. Qu’est-ce que les Africains auraient fait s’ils avaient gardé le contrôle de leur culture, s’ils n’avaient pas été colonisés ? Comment leurs cultures se seraient-elles entremêlées ? », ­explique-t-elle au magazine Wired.
L’horizon urbain qu’elle déploie associe différentes références à l’architecture du continent noir. Les tours du palais royal, qui figure au premier plan, sont hérissées de poutres. Elles évoquent ainsi la ville de Tombouctou, au Mali, où certaines des mosquées construites aux XIVe et XVe siècles sont faites de briques de...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte sa rencontre avec le dresseur de fauves du cirque Pinder, à l’heure où les associations de défense du bien-être animal dénoncent les pratiques ayant cours, selon elles, dans le milieu circassien.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Des coups de griffes, le dompteur de fauves Frédéric Edelstein en a essuyé quelques-uns »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte sa rencontre avec le dresseur de fauves du cirque Pinder, à l’heure où les associations de défense du bien-être animal dénoncent les pratiques ayant cours, selon elles, dans le milieu circassien.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h58
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Chronique. Né à Lyon sous le signe du lion, élevé par un père administrateur de plusieurs cirques traditionnels (Bouglione, Amar, Cirque d’hiver, Pinder), Frédéric Edelstein ne pouvait pas échapper à son destin : devenir dompteur. De fauves, s’entend. Sous le chapiteau rouge et or du cirque Pinder, l’homme présente actuellement un numéro de dressage au milieu de douze lions blancs : deux mâles et dix femelles qu’il fait parader nonchalamment sur la piste, sauter d’un tabouret à l’autre, et marcher debout, dressés sur les pattes arrière. En guise de final, les mammifères se couchent sur le corps du dresseur, allongé sur la sciure.

Le baiser, que celui-ci a l’habitude de poser sur le museau de la lionne la plus proche est donné avec une énergie appuyée, ces derniers temps. Comme un message envoyé à destination des associations de défense du bien-être animal qui, ces derniers mois, ont pris la parole dans les médias et les réseaux sociaux pour dénoncer les pratiques ayant cours, selon elles, dans le milieu du cirque. Coups de bâton, privations, punitions, mutilations… Le doute s’est installé chez ceux qui allaient jusque-là au cirque le cœur léger, gourmands de strass et de paillettes, sans se demander si les animaux présentés pouvaient être maltraités. Et si les cages, dans lesquelles sont enfermées les bêtes sauvages une grande partie de la journée, étaient devenues intolérables pour nos sociétés éprises de justice ?
Dix fois, vingt fois au cours des deux heures que nous passerons ensemble, Frédéric Edelstein répétera qu’il n’a jamais brutalisé un animal de sa vie, aussi féroce que soit un carnivore de 300 kg aux canines acérées. Le dresseur préfère parler d’« exploit », d’un « lien incroyable avec un animal dangereux », d’une relation faite de « respect réciproque ». D’« amour » aussi, finit-il par lâcher. Il faudrait être une petite souris et s’introduire dans les séances d’entraînement pour...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Editorial. En voulant réduire la capacité d’intervention des groupes minoritaires sur les projets de loi, le gouvernement ne peut que braquer davantage les parlementaires et rendre plus aléatoire encore le sort de sa réforme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Révision constitutionnelle : le piège du droit d’amendement

Editorial. En voulant réduire la capacité d’intervention des groupes minoritaires sur les projets de loi, le gouvernement ne peut que braquer davantage les parlementaires et rendre plus aléatoire encore le sort de sa réforme.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h30
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Réformer les institutions est toujours un exercice à haut risque. Lorsque, le 3 juillet 2017, le président de la République avait annoncé au Parlement son intention de réviser la Constitution, l’ambition était vigoureuse : moderniser le fonctionnement des pouvoirs publics pour les rendre plus « efficaces », plus « représentatifs » et plus « responsables ».
Outre des changements à peu près consensuels – suppression de la Cour de justice de la République et du droit des anciens présidents de la République de siéger au Conseil constitutionnel, réformes du Conseil supérieur de la magistrature et du Conseil économique, social et environnemental –, Emmanuel Macron entendait mener à bien trois réformes emblématiques et approuvées par les Français : réduction d’un tiers du nombre de députés et de sénateurs, introduction d’une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif et limitation à trois mandats successifs pour les parlementaires et les présidents d’exécutifs locaux. Sans entrer dans le détail, il souhaitait aussi accélérer la procédure d’élaboration des lois. Enfin, la mention de la Corse dans la Constitution et l’élargissement du droit à l’expérimentation des collectivités locales se sont, depuis, ajoutés au menu.

        Lire aussi :
         

                Macron assoit la domination de l’exécutif sur le Parlement



Mais, plus le chantier se précise, plus les difficultés s’amoncellent. Pour des raisons juridiques, d’abord. La plupart de ces réformes sont de nature constitutionnelle et entraînent une révision de la Loi fondamentale, laquelle suppose l’accord du Sénat, quelle que soit la procédure utilisée (vote du Congrès à la majorité des 3/5es ou référendum). La réduction du nombre de parlementaires relève de la loi organique et implique aussi l’accord des sénateurs, puisqu’ils sont concernés. Seule la modification du scrutin législatif relève de la loi ordinaire et peut se dispenser de l’aval du Sénat.
Musellement des contre-pouvoirs
Peu ou prou, l’assentiment du Sénat est donc déterminant. Or il est très loin d’être acquis. Pour d’évidentes raisons politiques, la majorité de droite du Palais du Luxembourg n’est guère encline à faire cadeau au chef de l’Etat de la réussite d’une réforme d’ampleur. Le président du Sénat, Gérard Larcher, s’est donc érigé en défenseur pugnace des droits des parlementaires, refusant catégoriquement la limitation du cumul des mandats dans le temps et exigeant que la diminution du nombre de députés et de sénateurs ne nuise pas à la représentation équitable des territoires.

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Le climat risque fort de se dégrader un peu plus depuis que le gouvernement a précisé sa volonté de rationaliser le travail des parlementaires, notamment en restreignant leur droit d’amendement : il veut, d’une part, interdire, lors de la discussion d’un texte en séance publique, le dépôt d’un amendement déjà rejeté en commission et, d’autre part, limiter le nombre d’amendements de chaque groupe proportionnellement au nombre de ses élus, ce qui réduirait d’autant la capacité d’intervention des groupes minoritaires.
L’intention est compréhensible : limiter la capacité d’obstruction dont usent et bien souvent abusent toutes les oppositions. Mais, en encadrant ainsi le droit d’amendement – dont le principe est posé par l’article 44 de la Constitution –, le gouvernement ne peut que braquer davantage les parlementaires et rendre plus aléatoire encore le sort de sa réforme. Si la recherche de l’efficacité est légitime, elle ne saurait justifier le musellement des contre-pouvoirs, aussi agaçants soient-ils. Mieux vaut convaincre que contraindre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Que l’on postule en prépa, BTS, DUT, ou en licence ou Paces, dans quelle mesure le critère de l’origine géographique sera-t-il pris en compte ? Explications avant la date limite pour faire ses voeux, mardi 13 mars.
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Parcoursup 2018 : peut-on faire des voeux d’inscription postbac en dehors de son académie ?

Que l’on postule en prépa, BTS, DUT, ou en licence ou Paces, dans quelle mesure le critère de l’origine géographique sera-t-il pris en compte ? Explications avant la date limite pour faire ses voeux, mardi 13 mars.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 07h45
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


A savoir avant de formuler ses dernières voeux d’orientation sur la plateforme Parcoursup, au plus tard mardi 13 mars à 18 heures : dans les filières sélectives (CPGE, BTS, DUT, écoles avec concours ou examen d’entrée, etc.), la sélection ne se fait pas, sauf rares mentions contraires, en fonction du critère géographique, seule la qualité du dossier est prise en compte (notes, classement de l’élève dans sa classe, « projet de formation motivé », etc.).
Pour candidater à l’université (licence, Paces), le secteur géographique était, sur l’ancienne plate-forme APB, l’un des deux critères utilisés (avec l’ordre des vœux) pour départager les candidats s’ils étaient plus nombreux que le nombre de places. Avec la nouvelle plate-forme Parcoursup, la priorité reste donnée, dans ces filières, aux candidats de l’académie. Cette dernière est définie par le domicile des parents (ou du responsable légal) du candidat, et on peut connaître son académie de rattachement en cliquant sur l’onglet « Secteurs licences » dans Parcoursup.
Pour augmenter ses chances d’être pris dans une filière très demandée, mieux vaut donc faire au moins un vœu dans son académie, quitte à en faire un autre sur la même licence d’une autre académie.
Il est en effet également possible de postuler dans des licences en dehors de son académie. Dans ce cas, une alerte sur fond jaune (voir la capture d’écran) prévient que le candidat ne sera pas prioritaire si la formation reçoit plus de demandes que de places disponibles. Ce n’est qu’après la clôture des vœux que le recteur de l’académie fixera un quota de candidats « hors académie ». Moins la filière est en tension, plus celui-ci est susceptible d’être important. Comme le précise l’alerte sur Parcoursup, il est donc vivement conseillé de formuler « également » des vœux dans les licences de son académie.

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les vœux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/S’orienter au 21e siècle, à Paris (17 et 18 mars), après Nancy, Lille, Nantes et Bordeaux.

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                Choisir son orientation : participez à nos conférences O21 à Paris, les 17 et 18 mars



A la veille de la clôture des vœux sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup, sera organisé un tchat en direct avec des psychologues du Centre d’information et d’orientation Mediacom, lundi 12 mars à 13 heures. A consulter également : notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/03/2018
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Thomas Piketty : « Pour une Union dans l’Union »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h48
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Après les élections italiennes et les pitreries commerciales trumpistes, il pourrait être tentant de déprimer et d’utiliser l’Europe pour jouer au même jeu stupide du repli : durcissement migratoire, escalade protectionniste. Ce faisant, on oublierait deux points essentiels.
Un : contrairement à ce que l’on entend parfois, la montée du populisme européen ne s’explique pas par une quelconque déferlante migratoire. En vérité, le nombre de migrants entrant dans l’Union européenne (UE) était beaucoup plus élevé avant la crise financière (1,2 million par an entre 2000 et 2008). Il s’est effondré ensuite (500 000 par an entre 2008 et 2016), alors que la situation géopolitique aurait exigé une ouverture accrue.
Si l’on n’avait pas commis de lourdes fautes de politique économique, provoquant une nouvelle récession en 2011-2012, et une explosion du chômage en Europe du Sud, alors l’UE aurait pu – et pourrait encore – être plus ouverte, et éviter de se défausser sur les camps turcs pour gérer la crise. Les responsables de la montée du populisme sont ceux qui ont conduit ces politiques austéritaires à contretemps, et non les migrants et ceux qui les soutiennent.
Deux : les sanctions commerciales américaines, aussi bêtes soient-elles, ne sont que des gesticulations symboliques permettant à Trump de se démarquer des démocrates et de faire vibrer à peu de frais la corde nationaliste. Le cœur du programme trumpiste, ce sont les centaines de milliards de dollars engloutis dans la réforme fiscale adoptée en décembre 2017, qui vise à réduire massivement l’imposition des bénéfices des sociétés et des revenus et patrimoines des contribuables les plus aisés.
« Ce qui menace le monde, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands coups de dumping fiscal au profit des plus riches »
Ce qui menace le monde aujourd’hui, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Les plaintes en diffamation envers des universitaires ébranlent une dimension essentielle de leur travail : la critique. Mais l’idée de légiférer contre de telles procédures divise.
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Les chercheurs face aux « procédures bâillons »

Les plaintes en diffamation envers des universitaires ébranlent une dimension essentielle de leur travail : la critique. Mais l’idée de légiférer contre de telles procédures divise.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 11h01
    |

                            Cécile Michaut








                        



                                


                            
Les chercheurs et les enseignants-chercheurs doivent-ils bénéficier d’une liberté d’expression accrue ? La question peut sembler étrange : les experts issus des universités et des institutions de recherche se trouvent tous les jours sur les plateaux de télévision ou interviewés dans les journaux et ne semblent pas se censurer. Pourtant, nombre d’entre eux craignent aujourd’hui des poursuites judiciaires – et cette inquiétude est ravivée par la récente mise en examen du sociologue Jean-Claude Kaufmann pour diffamation contre le « sociologue » de l’émission de téléréalité « Mariés au premier regard ».

Les « procédures bâillons », ces plaintes en diffamation visant parfois plus à intimider et à faire taire qu’à obtenir réparation, n’épargnent pas les universitaires, mais elles sont très rares : dans un rapport rendu en avril 2017, le juriste Denis Mazeaud en recensait seulement huit, la plupart aboutissant à une relaxe, voire à une condamnation des parties civiles à verser des dommages et intérêts aux chercheurs pour procédure abusive. Le plus important organisme de recherche français, le CNRS, confirme d’ailleurs que les procédures à l’encontre de ses chercheurs sont très peu fréquentes.
Laurent Neyret, chercheur en droit constitutionnel, affirme que sa plume ne sera plus la même après la procédure bâillon intentée par Chimirec en 2014
Si ces procédures sont rares, elles ne sont pas forcément sans conséquence. Ainsi, Laurent Neyret, chercheur en droit constitutionnel, affirme que sa plume ne sera plus la même après la procédure bâillon intentée par Chimirec en 2014. Dans une revue juridique, il avait commenté une décision de justice en droit de l’environnement défavorable à l’entreprise.
Laurent Neyret a été poursuivi pour diffamation par Chimirec mais le tribunal de grande instance de Paris lui a donné raison : soulignant que « le seul fait d’examiner le caractère diffamatoire d’un article tel que celui rédigé par Laurent Neyret était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le sermon, le pamphlet, le « caractère » font florès sur les réseaux sociaux. Ne sommes-nous pas entrés dans une nouvelle ère classique ?
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Le youtubeur Norman, héritier de La Bruyère

Le sermon, le pamphlet, le « caractère » font florès sur les réseaux sociaux. Ne sommes-nous pas entrés dans une nouvelle ère classique ?



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h58
    |

                            Eric Loret








                        



                                


                            
Des difficultés de la presse et de l’édition, on déduit assez souvent que la lecture est en péril. La célèbre publicité pour les cours d’écriture de l’Américain James Patterson nous invite d’ailleurs para­doxalement à cesser cette activité obsolète pour nous mettre à écrire : « Stop reading this. Start writing. » Un minimum de bon sens et d’observation nous souffle pourtant qu’on n’a pas cessé de lire, mais que la place de l’écrit et de l’écrivain a été, comme on dit, réassignée : peut-être que l’on achète moins de livres et de journaux, mais la plupart d’entre nous lisons et aussi produisons de l’écrit en timeline, sur Twitter, sur ­Facebook, et nous lisons et produisons (certes moins) des images fixes ou animées, sur ­YouTube, en stories sur Instagram ou Snapchat, etc.
Car « lire », ce n’est pas seulement abouter des lettres pour déchiffrer des mots, c’est surtout savoir interpréter. Or, quand on regarde le genre de « textes » que sont les stories, dont la réussite repose sur un habile contrepoint de l’écrit et de l’image, on se dit que la lecture n’est vraiment pas en reste, ni l’inventivité en péril. Et qu’on est passé d’un système légitimant des « auteurs » (qui sont, comme leur nom l’indique, « autorisés ») à une société où il n’est plus illégitime (ni non plus légitime) pour personne d’écrire et de créer.
Fabrique du sens
Parallèlement, on entend dire que la littérature est morte, mais on sait par ailleurs que cette plainte date du milieu du XIXe siècle et de l’industrialisation de l’édition. Rien de neuf dans le déclinisme, donc. Ce qui a changé peut-être, enrevanche, c’est que, comme l’a analysé Alexandre Geffen dans son essai Réparer le monde (Le Monde du 29 décembre 2017), les lecteurs du XXIe siècle attendent surtout désormais que la « réparation » apportée par la fiction soit un soin direct, un pansement, et non plus un travail. Depuis deux siècles, ce qui portait le nom...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs juge que légaliser l’euthanasie et le suicide assisté n’est pas la solution.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
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Débat sur l’euthanasie : « Défier la mort est plus facile de loin que de près »

Dans une tribune au « Monde », la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs juge que légaliser l’euthanasie et le suicide assisté n’est pas la solution.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 07h10
    |

Anne  de la Tour (Présidente de la SFAP, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, qui  fédère plus de 10 000 soignants et 6 00...







                        



                                


                            

Tribune. Tout le monde a en tête la belle pomme rouge fatale à Blanche-Neige. C’est une pomme luisante, appétissante, et qui exaucera tous ses vœux. Mais qu’elle croque de ce fruit, et la voilà plongée dans le ­sommeil de la mort : son sang se ­glacera, son souffle s’arrêtera, et ses yeux se fermeront à jamais.
Si l’on en croit la clameur impatiente en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté supposée monter des sondages, c’est le type de mort que désirent aujourd’hui une bonne partie de nos concitoyens : sans méchante sorcière sans doute, mais une mort qui vient, en blouse blanche, vous faire la piqûre ­létale ou vous donner le comprimé qui produira l’effet instantané, sans les souffrances et les embarras du « mourir ».
La tribune signée par 156 députés dans Le Monde daté du 1er mars, et qui fait suite au dépôt, ces derniers mois, de trois propositions de loi visant déjà à dépénaliser l’euthanasie, se présente, elle aussi, à l’opinion comme une pomme magnifique, survitaminée, désirable : qui s’opposerait à une « nouvelle liberté », un « nouveau droit » ? Qui serait assez « frileux » ou archaïque, ou conservateur, ou têtu, pour s’opposer à un vœu que l’on nous dit désormais majoritaire ?
Etre soulagé et accompagné par des soignants compétents
Forte de son expérience de dizaines de milliers de patients accompagnés chaque jour, au total quelques millions de patients depuis près de trente ans, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) est bien placée pour déplorer, avec les 156 élus, qu’on ne meure pas mieux en France, ou que « l’offre de soins palliatifs ne satisfasse pas à la multiplicité des situations individuelles ». Est-ce à dire cependant que l’on meurt, en France, si mal ? La plupart des 580 000 décès annuels interviennent de façon apaisée.
Nous regrettons bien sûr avec les élus les euthanasies clandestines : une lecture correcte des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.
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Omniprésents robots

Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h47
    |

                            Alain Abellard








                        



                                


                            

Il fait rêver, fantasmer. Pourtant, ce n’est qu’une machine créée par l’homme et pour l’homme. Parfois, le robot emprunte selon un narcissisme terriblement humain l’apparence de son créateur, avec des versions humanoïdes. Depuis les premiers automates, la robotique est devenue sophistiquée ; à l’échelle du temps humain son histoire est brève, mais indissociable de l’Intelligence artificielle, en pleine expansion, qui simule et reproduit le fonctionnement de l’intelligence humaine avec l’absorption de données gérées avec une puissance de calcul phénoménale.
Le mot « robot » est né en 1920 sous la plume de l’auteur tchèque Karel Capek, qui l’utilisa dans sa pièce de théâtre R.U.R. (Rossum’s Universal Robots). Dérivé de robota, terme tchèque qui signifie « travail, corvée, besogne », le mot dit tout. La robotique, le processus qui permet la conception et la réalisation de machines, mobilise les chercheurs pour maîtriser l’interaction avec le monde réel, à travers des capteurs, des contacts, des actionneurs.
Les robots tiennent aussi de la magie, voire du charme, que leur a donné un Jacques de Vaucanson au XVIIIe siècle avec son canard digérateur et ses autres automates. Voltaire chanta en quelques vers les louanges de cet homme qui osa imiter la vie avec ses créations : « Le hardi Vaucanson, rival de Prométhée, Semblait, de la nature imitant les ressorts, Prendre le feu des cieux pour animer les corps. »
Fiable, sans état d’âme, bosseur
Si les robots ont battu les champions du jeu d’échecs et du jeu de go, grâce aux progrès fulgurants de l’intelligence artificielle, ils demeurent patauds. Hors conditions expérimentales, la maîtrise de la bipédie nécessite des ressources hallucinantes, le toucher pareillement, pour des résultats médiocres, et quant aux émotions et sentiments, voire la conscience, inutile d’en parler, sauf à être un passionné de romans de science-fiction et de transhumanisme, mouvement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Sébastien Jean estime que la réplique de l’Union européenne à la volonté de Donald Trump de taxer fortement les importations d’acier et d’aluminium doit être ferme et coordonnée avec ses partenaires.
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Guerre commerciale : « Il faut répondre à Trump par la politique »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Sébastien Jean estime que la réplique de l’Union européenne à la volonté de Donald Trump de taxer fortement les importations d’acier et d’aluminium doit être ferme et coordonnée avec ses partenaires.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h50
    |

Sébastien Jean (Directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii)







                        



                                


                            
Tribune. L’annonce par Donald Trump de la décision imminente de frapper les importations américaines d’acier d’une taxe de 25 % et celles d’aluminium de 10 % n’est pas seulement un incident commercial de plus. Si elle était confirmée, elle serait profondément déstabilisante pour les relations commerciales internationales et leur cadre institutionnel, pour plusieurs raisons.
Cette annonce suggère que les tenants du nationalisme économique tiennent désormais le haut du pavé à la maison blanche
La taille, d’abord. Les mesures annoncées concerneraient près de 50 milliards de dollars d’importations, une valeur probablement sans précédent pour ce type de mesures, qui plus est dans des secteurs sensibles et sans limitation de durée. La manière, ensuite. En invoquant la sécurité nationale, le président américain signifie on ne peut plus clairement que le politique prime l’économique dans son approche des questions commerciales. C’est aller à l’encontre de l’essence même du système commercial multilatéral, dont l’objet est de s’entendre sur des règles permettant de gérer les tensions éventuelles sans avoir recours au rapport de force politique.

La signification politique, enfin. La question commerciale est âprement débattue depuis le début du mandat de Donald Trump au sein même de la Maison Blanche. Cette annonce suggère que les tenants du nationalisme économique tiennent désormais le haut du pavé, ce que confirme la démission annoncée mardi 6 mars de Gary Cohn, principal conseiller économique du président et représentant emblématique des milieux d’affaires parmi ses proches.
Eviter la surenchère
Même si rien n’est figé dans une administration aussi instable et imprévisible, cela n’augure rien de bon pour la suite, d’autant que l’enquête en cours sur les violations présumées de droits de propriété intellectuelle par la Chine pourrait bientôt venir jeter de l’huile sur le feu, et que le signal envoyé aux lobbys les incitera à redoubler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les membres du Cercle Freyssinet Philippe Deleur et Denis Tersen estiment que l’Union européenne doit à la fois préserver les règles multilatérales du commerce et leur donner une nouvelle légitimité.
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Guerre commerciale : « Pour l’Europe, c’est un moment de vérité » face à Washington

Dans une tribune au « Monde », les membres du Cercle Freyssinet Philippe Deleur et Denis Tersen estiment que l’Union européenne doit à la fois préserver les règles multilatérales du commerce et leur donner une nouvelle légitimité.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h00
    |

Philippe Delleur et Denis Tersen (Membres  du Cercle Freyssinet, réseau d’anciens responsables  de la direction des relations économiques extérieures)







                        



                                


                            
Tribune. Le président des Etats-Unis avait commencé fort. Dès le lendemain de son installation à la Maison Blanche, il retirait son pays du projet de Partenariat transpacifique, qui devait intégrer commercialement les deux rives du Pacifique, sauf la Chine, et demandait la renégociation de l’Alena, le traité de libre-échange nord-américain. Puis plus rien, ou presque, sur le plan commercial, comme une pause.
Pour le président américain, « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner »
Profitant des règlements de comptes au sein de l’administration américaine, les « faucons » ont repris l’initiative. Donald Trump vient d’annoncer l’imposition de droits de douane de respectivement 25 % et 10 % sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis. Et quand le président de la Commission européenne répond que l’Europe fera valoir ses droits et prendra des mesures miroirs contre des produits américains – ce qu’autoriseraient les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) –, le président américain double la mise en prévoyant dans ce cas des droits supplémentaires sur les automobiles européennes (allemandes) achetées par les consommateurs américains, proclamant que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ».
Si la Chine est l’objectif principal – ou devrait l’être –, elle ne pèse que 6 % des importations américaines d’acier et d’aluminium. Ce sont donc les alliés des Etats-Unis – Europe, Corée du Sud, peut-être Canada – qui sont ciblés en priorité. La désinvolture du président américain n’étonne plus. Restrictions commerciales, escalade des rétorsions et contre-rétorsions, effets de contagion (car il faut bien vendre ailleurs les produits détournés des Etats-Unis)…, la menace est réelle pour toutes les économies majeures.
Un statu quo intenable
Pour l’Europe, c’est un moment de vérité. Elle est en première ligne et va devoir s’affirmer. L’épreuve est sérieuse tant elle peut être tiraillée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’économiste Thomas Breda rappelle, dans une tribune au « Monde », que l’introduction en 2006 en Suisse d’un logiciel mesurant les « écarts injustifiés » n’a guère modifié les inégalités observées.
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« Le logiciel ne permet pas de s’attaquer au problème central du plafond de verre des salaires »

L’économiste Thomas Breda rappelle, dans une tribune au « Monde », que l’introduction en 2006 en Suisse d’un logiciel mesurant les « écarts injustifiés » n’a guère modifié les inégalités observées.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h53
    |

Thomas Breda (Chercheur à l’Ecole d’économie de Paris et au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le gouvernement a présenté une cinquantaine de mesures pour s’attaquer à ce qui fut annoncé par le président comme « grande cause du quinquennat », à savoir les inégalités entre les femmes et les hommes. L’une des mesures phares consiste à créer un programme informatique pour les entreprises de plus de cinquante salariés. Il serait intégré aux logiciels de paie et permettrait de calculer les écarts « injustifiés » de salaires.
Le résultat serait obligatoirement rendu public dans l’entreprise et communiqué aux élus du personnel et aux délégués syndicaux. Les entreprises auraient alors trois ans pour résorber ces éventuels écarts « injustifiés » calculés par le logiciel, sous peine de se voir appliquer une pénalité financière, qui serait de 1 % de la masse salariale.

Aurait-on enfin trouvé l’arme ultime pour supprimer les écarts de salaire entre les femmes et les hommes, si difficiles à résorber ? Il se trouve que la proposition faite par le gouvernement n’est en fait pas tellement novatrice. La Suisse en 2006, puis l’Allemagne, le Luxembourg et l’Union européenne, ont mis en place ou proposé des outils similaires. Et il existe déjà un logiciel en accès libre pour la France (http://www.equal-pace.eu/france/). La réforme suisse de 2006 ne rend pas l’utilisation du logiciel obligatoire, mais les entreprises qui détiennent des marchés publics peuvent en revanche être contrôlées et inviter, sous peine de sanctions, à réduire les écarts calculés par le logiciel si les écarts injustifiés dépassent 5 %.

Pour évaluer cette réforme (lien vers PDF en anglais, http://www.sole-jole.org/16275.pdf), l’économiste Giannina Vaccaro a utilisé le fait que seules les entreprises de plus de cinquante salariés sont concernées. En comparant l’évolution des écarts de salaire avant et après la réforme suisse dans les entreprises dont l’effectif est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le risque pour les marchés financiers aujourd’hui n’est pas la volatilité, mais l’instabilité, qui est tout autre chose, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.
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« Le véritable risque réside dans des ruptures d’ampleur suffisante pour hypothéquer des années d’accumulation d’épargne »

Le risque pour les marchés financiers aujourd’hui n’est pas la volatilité, mais l’instabilité, qui est tout autre chose, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h49
    |

Didier Saint-Georges (Membre du comité d’investissement de Carmignac)







                        



   


Tout observateur un peu attentif n’a pu manquer de remarquer que la soudaine correction des marchés d’actions au début du mois de février s’est accompagnée d’une brutale remontée des indicateurs de volatilité. Il n’en faut probablement pas davantage pour conforter la perception que volatilité équivaut à risque, et que le fameux indice « Vix » mérite bien son surnom médiatique d’« indicateur de la peur ».
La volatilité représente, techniquement, rien de plus que l’ampleur des variations d’un indicateur quelconque autour de sa moyenne historique. Et les indicateurs de volatilité couramment utilisés, comme le « Vix », sont simplement ceux qui sont implicitement retenus par les professionnels de marchés dans le prix des options sur indices boursiers qu’ils proposent.

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                Comprendre la correction des marchés



Par un mouvement de prudence bien naturel des teneurs de marché, ces volatilités implicites bondissent quand des investisseurs paniqués en grand nombre cherchent à leur acheter des options pour protéger leurs positions. Et cette envolée soudaine de la volatilité est d’autant plus spectaculaire qu’elle fait suite à une longue période où le sentiment de grande confiance des investisseurs (merci les banques centrales !) se reflétait dans un besoin de couvertures très faible, donc des volatilités stables et très basses.
La réalité est qu’il est normal qu’un marché, soumis par nature à de très nombreuses incertitudes, affiche une certaine volatilité
Au fond, c’est d’un seul coup la « volatilité de la volatilité » qui se réveille. Mais tout ceci n’a vraiment d’importance que pour les traders, ou les apprentis spéculateurs qui auraient parié un peu prématurément sur la mort de la volatilité. La réalité est qu’il est normal qu’un marché, soumis par nature à de très nombreuses incertitudes, affiche une certaine volatilité. Depuis le pic de février, l’indice « Vix » est d’ailleurs revenu à des niveaux d’une grande banalité.

        Lire aussi :
         

                « Les indices de volatilité seraient les détonateurs de la crise de février »



Le véritable risque de marché pour un investisseur est ailleurs. Il réside dans des ruptures d’ampleur suffisante pour hypothéquer parfois des années d’accumulation d’épargne. De tels phénomènes restés célèbres se sont produits dans les marchés actions lors du krach d’octobre 1987, lors de l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990, en 2002 dans le sillage de l’éclatement de la bulle Internet, et bien sûr en 2008.
Facteurs de déstabilisation
En se gardant d’exagérer les parallèles entre des situations radicalement différentes, il faut toutefois reconnaître dans ces phénomènes de véritables déstabilisations de situations d’équilibre apparemment bien installées. On peut même voir dans les périodes de grande stabilité l’origine, si ce n’est la cause, d’une grande vulnérabilité à un choc externe, lui-même souvent très difficile à anticiper. Si l’on veut scruter les risques de marchés aujourd’hui, c’est dans les éventuels facteurs de déstabilisation de la longue et fructueuse convalescence des marchés post-2008 qu’il faut donc chercher.
En partant du constat que l’intervention extraordinaire des banques centrales a été la première cause de confort des marchés depuis 2009, la modification de leur attitude constitue bien le premier risque de déstabilisation. Les banques centrales ont acheté pour 11 000 milliards de dollars d’actifs financiers depuis 2009. En 2018, la Fed en revendra pour 400 milliards, et la banque centrale européenne réduira progressivement à zéro ses achats. Ce renversement de tendance constitue un risque d’instabilité majeur, a fortiori dans un monde toujours surendetté.
L’intervention des banques centrales a eu une autre conséquence indirecte : le creusement des inégalités entre les détenteurs de patrimoines financiers, qui ont profité de la hausse des marchés, et les simples salariés qui n’ont pas constaté d’amélioration de leur niveau de vie. Ce creusement a favorisé (parmi d’autres facteurs) l’avènement de dynamiques contestataires puissantes (de ce point de vue, l’issue des récentes élections en Italie fait écho à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis en 2016).

        Lire aussi :
         

                Des « dérivés sur indice » à la dérive des marchés



Ces mouvements sont enclins à remettre en cause les credo du libéralisme économique et de la globalisation, au profit de ceux du keynésianisme et du protectionnisme. Ils représentent en ce sens pour les marchés une menace à l’équilibre qui les a portés depuis de longues années.
Moteur économique
Heureusement pour les investisseurs, les marchés ont pour moteur central la microéconomie (la santé des entreprises) et la macroéconomie (la santé des économies), qui est capable de transcender ces risques. Tant que ce moteur économique tourne lui-même de façon équilibrée sur tous ses cylindres, les marchés peuvent s’accommoder de beaucoup de menaces hypothétiques. C’est encore le cas aujourd’hui. Mais il faut être lucide sur le fait que le prochain ralentissement économique mettra à jour ces fragilités.



                            


                        

                        

