<FILE-date="2018/03/11/19">

<article-nb="2018/03/11/19-1">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ A l’occasion du congrès du parti d’extrême droite dimanche à Lille, Marine Le Pen a annoncé le nouveau nom qu’elle souhaite donner au Front national.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Marine Le Pen propose de renommer le FN « Rassemblement national »

A l’occasion du congrès du parti d’extrême droite dimanche à Lille, Marine Le Pen a annoncé le nouveau nom qu’elle souhaite donner au Front national.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 17h52
   





                        



   


Le Front national va-t-il devenir Rassemblement national ? C’est ce que souhaite Marine Le Pen, qui a annoncé dimanche 11 mars en clôture du congrès du parti à Lille, le nouveau nom qu’elle souhaite donner au FN. Pour que ce changement soit effectif, il doit désormais être entériné par les adhérents à travers un vote par correspondance, dans les prochaines semaines.
Durant son discours, Mme Le Pen a justifié ce changement de nom par la volonté de nouer des alliances et attirer davantage d’électeurs :
« Ce nom, Front national, est porteur d’une histoire épique et glorieuse que personne ne doit renier. Mais vous le savez il est pour beaucoup de Français un frein psychologique. Le mot “front” comporte une notion d’opposition mais elle se justifiait. Nous avons dû faire front mais on fait front contre quelque chose ou quelqu’un, rarement pour ou avec. Si nous voulons gouverner nous devons le faire pour les Français et avec ceux qui partagent notre immense amour de la France. »
Pour Marine Le Pen, ce nom « doit exprimer notre volonté de rassemblement. A l’heure où l’immense majorité de Français aspire à la réunion de toutes les énergies, ce nom doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre ».
Au cours de son discours, elle a notamment insisté sur la lutte contre l’immigration : « Nous n’avons plus les moyens d’accueillir de loger, de soigner la terre entière. »
« En France, on ne s’habille pas en tenue religieuse dans les villes. En France, on ne se baigne pas tout habillé dans les piscines publiques. En France, on peut croire ou ne pas croire. En France, les filles s’habillent comment elles veulent sans être importunées. Et au passage, en France, on serre la main des femmes.
La laïcité fait partie de notre pacte social et donc de notre identité. En France, quand on est étranger, on respecte nos lois et notre peuple. »
A la suite de ce passage, les militants ont scandé à plusieurs reprises : « On est chez nous. »

La salle frontiste se met à scander « On est chez nous » https://t.co/SCcb0z2H3a— LucieSoullier (@Lucie Soullier)


require(["twitter/widgets"]);

« Engouement »
A la sortie du discours de Marine Le Pen, qui a proposé de renommer le FN « Rassemblement national », les militants interrogés étaient assez favorables à la proposition de la président du parti d’extrême droite. « Le Rassemblement ça sera un peu plus rassembleur », selon l’un d’entre eux.
Marie Wiart et son mari Claude n’étaient pas gênés par le nom Front national mais ils n’étaient pas contre un changement de nom : « Peu importe comment on nous appeler. On nous lancera toujours des noms d’oiseau. » Le couple qui a toujours voté FN, mais qui a adhéré il y a trois ans, « estime que le vrai changement doit avoir lieu en France surtout sur l’immigration qui nous envahit. On ne peut pas accueillir tous ces gens ». Pour une autre adhérente, « il va falloir qu’on l’avale (le nouveau nom) avant de pouvoir dire quoi que ce soit ».
Du côté des élus du Front national, le député Ludovic Pajot est évidemment « très content » de ce nouveau nom.
« Ce seront les adhérents qui voteront mais vous avez vu, tout le monde s’est levé pour applaudir le discours. C’est bien qu’il y a un engouement pour le nouveau nom. »
Mais pour Bruno Gollnisch, proche de Jean-Marie Le Pen, ce nouveau nom « ne paraît pas être une novation tout à fait extraordinaire. Est-ce ça suffira à changer l’opinion publique à notre sujet ? »

   


Faciliter les alliances
A l’occasion du questionnaire envoyé par le FN en novembre 2017 aux 51 000 adhérents, une « courte majorité » s’était prononcée en faveur du changement de nom du parti d’extrême droite, avait annoncé jeudi Marine Le Pen. Les résultats ont été annoncés lors du congrès, samedi : 52 % des militants sont en faveur d’un changement de nom. Précisons que ce questionnaire a été dépouillé sans huissier, et donc sans aucun moyen de contrôler les chiffres annoncés.

        Lire :
         

          Marine Le Pen réélue présidente du FN, son père déchu de la présidence d’honneur



Marine Le Pen, qui a été réélue à la quasi-unanimité à la tête du parti dimanche, avait annoncé à plusieurs reprises qu’elle souhaitait que le FN, parti fondé par son père Jean-Marie, change de nom. Une nouvelle marque, pense-t-on au FN, faciliterait les alliances, surtout au niveau local. Pour aller chercher les électeurs qui lui ont manqué pour entrer à l’Elysée, Marine Le Pen ne jure, depuis plusieurs mois, que par cette « refondation » claironnée depuis la défaite présidentielle. Et par son symbole : le nouveau nom.
« Nous ne sommes pas là pour penser à nous-mêmes mais à ceux que nous devons conquérir », lançait-elle à Caudry devant les militants du Nord, le 21 janvier. A ceux du Puy-de-Dôme, quelques semaines plus tard, elle expliquait que « le premier compromis incontournable, c’est le changement de nom ».
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des journalistes attendent l’arrivé de Marine Le Pen pour un vote avant le congrès du FN, le 10 mars. Cyril Bitton / french-politics pour le monde - Congrès du FN"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les militants votent pour les nouveaux status du FN, au premier jour du XVIeme congres du Front National, à Lille, le 10 mars."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Dans un bureau de vote sur les nouveaux statuts du FN, à Lille, le 10 mars."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // dans le bureau de vote pour les nouveaux statuts du FN, vote des militants"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Départ de Marine Le Pen, à Lille le 10 mars 2018."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Marine Le Pen vote, le 10 mars à Lille."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Vote de Marine Le Pen"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Cyril Bitton / french-politics pour le monde - Congrès du FN"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Arrivée de Marine Le Pen qui va voter "
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Arrivée de Marine Le Pen qui va voter "
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les stand des fédérations du parti, le 10 mars à Lille."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des produits de merchandising, lors du congrès du FN, le 10 mars, à Lille."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un militant lors du congrès, le 10 mars à Lille."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Le stand Nord Pas de Calais avec une photo geante de Sebastien Chenu"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Conference de presse de Marine Le Pen et de Steve Bannon"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le 10 mars à Lille, lors du congrès du FN."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les debats devant les militants, le 10 mars à Lille."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Debats devant les militants, le 10 mars à Lille."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Discours de Steve Bannon devant les militants du FN"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Conference de presse de Marine Le Pen et de Steve Bannon"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Discours de Steve Bannon devant les militants du FN, le 10 mars à Lille."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Conference de presse de Marine Le Pen et de Steve Bannon"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lille le 10 mars 2018. 1er jour du XVI eme congres du Front National // Conference de presse de Marine Le Pen et de Steve Bannon"
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/23

Suivant







Des journalistes attendent l’arrivé de Marine Le Pen pour un vote avant le congrès du FN, le 10 mars. Cyril Bitton / french-politics pour le monde - Congrès du FN

Cyril Bitton / french-politics pour Le Monde
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-2">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Début mars, la présidence française avait affirmé que « la France et les Etats-Unis ne tolèrer [aient] pas l’impunité » en cas « d’utilisation avérée » d’armes chimiques en Syrie.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Les Etats-Unis mettent, une fois encore, la Syrie en garde sur l’utilisation d’armes chimiques

Début mars, la présidence française avait affirmé que « la France et les Etats-Unis ne tolèrer [aient] pas l’impunité » en cas « d’utilisation avérée » d’armes chimiques en Syrie.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 17h46
   





                        



   


Alors que l’offensive du régime syrien se poursuit dans l’enclave rebelle de la Ghouta orientale, où plus de 1 000 civils sont morts en vingt jours, le secrétaire américain à la défense, Jim Mattis, en visite à Oman, a averti dimanche 11 mars que toute nouvelle attaque à l’arme chimique par Damas serait « très mal avisée ».
L’avertissement de M. Mattis intervient alors que des médecins dans un établissement médical de l’enclave ont assuré en fin de semaine que plusieurs patients présentaient des symptômes d’exposition au gaz de chlore.
Jim Mattis a indiqué avoir reçu des informations sur l’utilisation et l’existence de symptômes qui pourraient être causés par le chlore, mais ajouté ne pas disposer à ce stade de preuves concluantes sur un tel usage.
« Marge de manœuvre politique complète »
M. Mattis a toutefois refusé de dire clairement si l’utilisation d’armes chimiques suffirait à déclencher une riposte militaire américaine et s’est contenté de déclarer : « le président dispose d’une marge de manœuvre politique complète pour prendre la décision qu’il juge appropriée ».
« Il y a d’autres pays occidentaux qui ont été en contact avec nous et qui surveillent de très près la situation et qui sont tout à fait d’accord avec nous et avec ce que je viens de dire, à savoir qu’il serait très mal avisé pour quelqu’un d’utiliser des armes chimiques ». 

        Les réponses à vos questions :
         

          « Washington s’en tient à des déclarations musclées, sans sortir du registre diplomatique »



Le 2 mars, la présidence française avait en effet affirmé que « la France et les Etats-Unis ne tolèrer [aient] pas l’impunité » en cas « d’utilisation avérée » d’armes chimiques en Syrie.
En avril 2017, le président américain avait ordonné un tir de missile contre une base aérienne du régime syrien après que Washington a déclaré que cette installation avait été utilisée pour lancer une attaque meurtrière au gaz sarin sur une ville voisine.
L’utilisation du chlore comme arme est interdite par la loi internationale et la Russie était censée superviser la destruction de l’arsenal chimique syrien. Le fait que le régime du président Bachar Al-Assad ait encore des armes chimiques montre que « soit la Russie est incompétente, soit elle coopère avec Assad », a jugé M. Mattis.

La Ghouta orientale, au cœur du conflit syrien
Ancien « poumon vert » de Damas, situé à l’est de la capitale de la Syrie, la Ghouta orientale est un fief rebelle qui fait, depuis 2013, l’objet de bombardements quasi quotidiens.
Cette année-là, le conflit prend un nouveau tournant dans la zone avec des attaques chimiques dans les alentours de Damas ; en mai, les journalistes du Monde sur place sont les premiers à être témoins d’attaques chimiques lancées à l’entrée de la capitale durant plusieurs jours. Mais c’est surtout lors d’un massacre durant la nuit du 21 août de la même année que ces armes sont utilisées massivement.
A partir de 2015, des dizaines de civils sont affectées par les pénuries de nourriture et de médicaments.
Depuis l’été 2017, la région est censée être une des « zones de désescalade » créées en vertu d’un accord entre la Russie, l’Iran — principaux soutiens du régime — et la Turquie, qui appuie l’opposition. Mais les bombardements n’ont jamais cessé. Le 5 février, le régime lance une offensive aérienne d’une intensité inédite qui se poursuit actuellement par une offensive terrestre. Le 10 mars, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme a annoncé que 1 000 civils étaient morts en vingt jours dans l’enclave rebelle.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-3">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le stockage et l’utilisation des informations collectées par les géants de l’Internet inquiètent. En Europe, un règlement général sur la protection des données entrera en vigueur le 25 mai.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Avec l’essor de la biométrie, la société en liberté surveillée

Le stockage et l’utilisation des informations collectées par les géants de l’Internet inquiètent. En Europe, un règlement général sur la protection des données entrera en vigueur le 25 mai.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 17h12
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            

Ce jeune homme debout, les mains dans les poches, qui sourit à un écran dans l’entrée d’un fast-food, ne patiente pas devant une vidéo en attendant ses morceaux de poulet grillé. Il est en train de payer d’un sourire le repas qu’il vient de commander. Les restaurants KFC de Huangzhou, dans la région de Shanghaï, testent l’application Smile to Pay du groupe chinois Alibaba, qui permet aux clients de payer leurs achats par reconnaissance faciale.
Cette jeune femme qui montre rapidement son smartphone à la borne d’entrée d’une supérette, remplit son cabas et sort sans payer n’est ni distraite ni voleuse. Elle fait ses courses dans le magasin sans caisse Amazon Go de Seattle, sur la Côte ouest des Etats-Unis. Elle a été identifiée à l’entrée par le code-barres de son smartphone et dans tout le magasin par les caméras qui l’ont reconnue et suivie. Des capteurs ont enregistré ses achats, dont le montant est immédiatement prélevé sur son compte Amazon.
Des entreprises et non des Etats
Les technologies biométriques mises en œuvre dans ces applications sont à peu de chose près les mêmes que celles utilisées pour délivrer les documents d’identité électroniques (passeport, carte d’identité…), pour lutter contre le crime et le terrorisme, ou pour la vidéosurveillance dans les lieux publics.
La seule différence est que, dans les deux exemples cités, ce ne sont plus des Etats ni des gouvernements qui enregistrent les visages ou les empreintes digitales, mais de grandes entreprises privées, les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) en tête. Elles exploitent ces données pour identifier leurs clients dans leurs moindres activités, mieux les connaître pour leur vendre toujours plus en échange d’une « expérience utilisateur fluide et simple » !

La biométrie consiste à identifier une personne à travers ses caractéristiques physiques : empreintes digitales, visage, iris, réseau...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-4">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le « Mail on Sunday » a fait état, dimanche, de cas de harcèlement et de mauvais traitements à l’encontre de membres du personnel de l’ONG ONE, cofondée par Bono.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Après Oxfam ou MSF, l’ONG ONE confrontée à des scandales sexuels

Le « Mail on Sunday » a fait état, dimanche, de cas de harcèlement et de mauvais traitements à l’encontre de membres du personnel de l’ONG ONE, cofondée par Bono.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 17h36
   





                        



   


Viols, harcèlements sexuels, intimidations… De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) sont dans la tourmente depuis les premières révélations concernant Oxfam, dont plusieurs employés sont notamment accusés d’avoir eu recours à des prostituées locales lors d’une mission à Haïti après le tremblement de terre en 2010.
Alors que l’ONG britannique est depuis visée par de nouvelles accusations portant sur des viols au cours de missions humanitaires au Soudan du Sud ou des abus sexuels au Liberia, Médecins sans frontières (MSF), la Croix Rouge ou encore l’International Rescue Committee se retrouvent également impliqués dans des scandales sexuels, révélés ces derniers jours.
Une vingtaine de nouveaux cas de comportements sexuels inappropriés chez Oxfam 
L’ONG, confédération d’une vingtaine d’organisations humanitaires, a annoncé par la voix de son directeur général, Mark Goldring, qu’elle enquêtait sur 26 nouveaux cas de comportements sexuels inappropriés, après les révélations concernant ceux commis à Haïti.
Seize de ces 26 cas concernent les programmes internationaux de l’ONG, et se rapportent à « des événements récents comme d’autres historiquement plus anciens », a-t-il précisé mardi devant les membres d’une commission parlementaire britannique. « Nous voulons vraiment que les gens se manifestent », a dit Mark Goldring, qui a fait savoir que des enquêtes pourraient de nouveau être menées sur certaines affaires anciennes.

        Lire aussi :
         

          notre entretien avec un spécialiste des ONG : « Ce qui ne me surprend pas, c’est que ce genre de choses arrive »



A la suite de ces révélations, le gouvernement haïtien a décrété le 22 février la suspension pendant deux mois des activités d’Oxfam dans le pays. Le ministère de la planification et de la coopération externe a justifié la suspension en expliquant qu’une « faute grave (…) au détriment des ressortissants haïtiens en situation de vulnérabilité et de précarité » avait été commise, les autorités judiciaires et policières haïtiennes n’ayant pas été informées au moment des faits.
MSF confronté à 24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017
Mi-février, c’est l’ONG Médecins sans frontières qui a décidé rendre public les résultats de ses enquêtes internes sur les cas de harcèlement et de violences sexuelles. Dans un communiqué, l’organisation révèle que sur 146 plaintes ou alertes reçues en 2017 par la direction de l’organisation, qui compte quelque 40 000 employés dans le monde, « 40 cas ont été identifiés comme des cas d’abus ou de harcèlement [de toutes sortes] au terme d’une investigation interne. Sur ces 40 cas, 24 étaient des cas de harcèlement ou d’abus sexuels », dont des cas de viols.

        Lire aussi :
         

                Médecins sans frontières confrontée à 24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017



Dans 19 cas, dont aucun n’a donné lieu à un dépôt de plainte ou une action en justice, l’employé mis en cause a été licencié. « Dans les autres cas, les employés ont été sanctionnés par des mesures disciplinaires », précise le texte. Dans la quasi-totalité de ces cas, les victimes sont des employés de MSF.
« Il est important que ce scandale Oxfam serve à nourrir un débat sain et transparent sur les lieux où l’on travaille, qui sont des zones de grande violence, de non-droit et de vulnérabilité, et sur les conduites que l’on se fixe, estime Thierry Allafort-Duverger, directeur général de MSF. Nous avons jugé que c’était le moment de réaffirmer nos valeurs et nos engagements. »
Une vingtaine de membres de la Croix Rouge sont partis depuis 2015
En trois ans, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a identifié 21 membres du personnel qui ont été licenciés pour recours au sexe tarifé ou qui ont démissionné après l’ouverture d’une enquête interne. Par ailleurs, les contrats de deux autres membres du personnel suspectés d’« inconduite sexuelle n’ont pas été renouvelés », a fait savoir le directeur général du CICR, Yves Daccord, dans un communiqué diffusé vendredi 23 février.
Mais « nous craignons que d’autres incidents n’aient pas encore été signalés ou n’aient pas été traités comme il se doit après leur signalement » et « nous prenons actuellement des mesures pour remédier à ce problème », poursuit M. Daccord qui appelle le secteur humanitaire à un « changement de culture ».
« Ces comportements sont une trahison des personnes et des communautés que nous sommes là pour servir, c’est contre la dignité humaine et nous aurions dû être plus vigilants pour empêcher cela. Il est extrêmement important que le silence qui entourait ces questions ait été brisé. L’ensemble du secteur humanitaire se trouve à un tournant de son histoire. »
L’ONG IRC évoque trois cas d’abus sexuels en République démocratique du Congo
L’ONG International Rescue Committee (IRC) n’échappe pas au scandale ; après des révélations du journal britannique The Sun, mi-février, l’IRC a confirmé avoir aussi eu à faire à au moins trois cas d’abus sexuels en République démocratique du Congo.
Lucy Keating, chargée des médias à l’IRC a précisé que dans les trois cas, « le personnel a été renvoyé et la police saisie ».
Cas de harcèlement et de mauvais traitements chez ONE 
The Mail on Sunday a fait état, dimanche 11 mars, de cas de harcèlement et de mauvais traitements à l’encontre de membres du personnel de l’ONG ONE, cofondée par le chanteur irlandais Bono. L’hebdomadaire britannique relate une série d’incidents dont l’un concerne une femme mariée travaillant au bureau de Johannesburg de l’ONG. Elle affirme avoir été rétrogradée dans son emploi pour avoir refusé d’avoir des relations sexuelles avec un député tanzanien.
A la suite de cette enquête, Bono, du groupe U2 a présenté ses excuses se disant « profondément désolé » et « furieux ». Il s’est engagé à rencontrer les victimes pour s’excuser personnellement. La présidente de l’ONG, Gayle Smith, s’est, elle, dite « troublée » par les accusations. Selon elle, une enquête a trouvé des preuves de « conduite non professionnelle » ainsi que de « harcèlement et dévalorisation du personnel » entre la fin de 2011 et 2015.
Selon le Mail on Sunday, ONE est également accusée de n’avoir pas payé ses impôts en Afrique du Sud et d’avoir employé illégalement des travailleurs étrangers munis de visas de tourisme.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-5">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Depuis vingt-sept ans, Laurie Marker multiplie les actions pour faire coexister félins et fermiers, notamment grâce au berger d’Anatolie, et enrayer l’extinction en cours.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤         

Reportage

En Namibie, la ferme modèle où l’on sauve les guépards

Depuis vingt-sept ans, Laurie Marker multiplie les actions pour faire coexister félins et fermiers, notamment grâce au berger d’Anatolie, et enrayer l’extinction en cours.

Par                Bertrand Rieger



LE MONDE
              datetime="2018-03-11T17:00:33+01:00"

        Le 11.03.2018 à 17h00

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-03-11T17:55:21+01:00"

        Mis à jour le 11.03.2018 à 17h55






    
Un soigneur nourrit les guépards pensionnaires du Cheetah Conservation Fund, à Otjiwarongo, en Namibie.
Crédits : Bertrand Rieger / hemis.fr


Armée d’un bâton et d’une longue cuillère de bois, Laurie Marker regarde les trois guépards filer juste devant elles à plus de 80 km/h. Comme chaque matin dans ce centre de conservation planté au beau milieu de la Namibie, les félins se dégourdissent les pattes en poursuivant un chiffon rouge attaché à un câble entraîné par un petit moteur. L’un des guépards a tôt fait de rattraper le tissu et de l’immobiliser entre ses pattes, se redressant fièrement comme s’il attendait des applaudissements. Laurie s’approche de lui, fouille dans une besace pendue à sa ceinture, en sort un petit morceau de viande sanguinolent et le dépose dans la cuillère. L’animal s’en saisit aussitôt. « La cuillère permet à la nourriture de ne pas être salie par la terre – les guépards sont assez tatillons – et nous évite aussi d’être mordus », explique Laurie. En ce petit matin de mars, le show est rodé et chaque protagoniste connaît parfaitement son rôle. Voilà plus de quinze ans qu’il dure.
Danger critique d’extinction
Avant de créer le Cheetah Conservation Fund (Fonds de conservation du guépard, CCF), en 1991, Laurie Marker, Américaine originaire de l’Oregon où elle travaille dans le parc zoologique de son père, n’a ni diplômes ni soutiens. « Nous y avions des guépards. C’était l’un des seuls parcs au monde à en posséder. Ils venaient d’ailleurs de Namibie. » C’est à cette époque que Laurie tombe amoureuse de ces félins taillés comme des lévriers, capables de pointes de vitesse à 110 km/h, ce qui en fait les mammifères terrestres les plus rapides du monde.
Elle se met à les observer, parcourt la planète pour les étudier, passe beaucoup de temps en Namibie, où vit la plus grande population de guépards au monde (environ 3 000 aujourd’hui). Elle y découvre qu’ils y sont, comme ailleurs, en danger critique d’extinction, victimes du braconnage, de la réduction de leur habitat naturel grignoté par l’expansion des activités humaines, et aussi des innombrables conflits avec les éleveurs.

        Lire aussi :
         

                Le guépard « court tout droit » vers son extinction



Quelque 90 % des guépards du pays vivent sur des terres agricoles où paissent les troupeaux. Veaux, chèvres et moutons, le gagne-pain des éleveurs, sont la proie du félin. En moyenne, un fermier namibien perd 10 % à 15 % de ses ovins à cause des prédateurs, et 3 % à 5 % de ses bovins. Les guépards ne sont pas les seuls à blâmer. Les autres suspects sont nombreux, au premier rang desquels le lycaon (chien sauvage d’Afrique) et le chacal. Mais les éleveurs ne font pas dans le détail. Leurs pièges et leurs coups de feu blessent ou tuent sans distinction.
Trente-six guépards hébergés
Désireuse d’agir pour protéger les guépards, Laurie Marker décide de s’installer en Namibie en 1990. Le pays vient d’accéder à l’indépendance de l’Afrique du Sud et, contrairement à ce qui s’est passé dix ans plus tôt chez le voisin zimbabwéen, l’événement ne s’accompagne pas d’une brutale confiscation des terres des Blancs au profit des Noirs. C’est donc assez facilement que l’Américaine acquiert un terrain à 270 km au nord de la capitale, Windhoek, en plein bush, et y fait construire des bâtiments grâce à l’aide de donateurs privés. Elle commence par héberger des guépards blessés, malades ou orphelins. Elle les soigne, relâche les plus robustes dans la nature – environ deux tiers de ses pensionnaires –, garde les autres pour attirer les touristes (10 000 visiteurs en 2016) et surtout pour continuer à étudier l’espèce, bien mal connue.



Dans ce but, elle se dote d’un laboratoire, recrute des biologistes et des généticiens. Les résultats de ses recherches sont publiés dans des revues à comité de lecture. Pour parfaire son expertise, elle décroche un doctorat en zoologie à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) en 2002. Le CCF est aujourd’hui un centre scientifique et un pôle touristique de référence, animé par 20 salariés, autant de stagiaires du monde entier, et riche de 36 guépards gardés sur de vastes parcelles délimitées par des enclos.
Le kangal, chien miraculeux
Mais étudier et soigner les animaux ne suffit pas : Laurie veut surtout enrayer le déclin de l’espèce en tentant de réduire le nombre de conflits entre les fermiers et les félins. Pour cela, elle mûrit un projet plus ambitieux. « Dans l’Oregon, autour du parc zoologique où je travaillais, les troupeaux des éleveurs subissaient des attaques de coyotes. Pour s’en prémunir, ils utilisaient des chiens de garde, les kangals, de gros bergers d’Anatolie. »
Les fermiers namibiens ont aussi des chiens, mais leur fonction est d’encadrer et de conduire les troupeaux, pas de les protéger des prédateurs. En 1994, Laurie fait venir des Etats-Unis quelques-uns de ces kangals aux proportions massives, 80 cm au garrot pour 60 kg. Bien que taillés pour la bagarre, ils n’ont pas besoin, en théorie, d’en arriver là pour tenir les guépards à distance : leur simple présence suffit à dissuader les félins, moins costauds, de s’approcher des troupeaux. Les premiers éleveurs qui acceptent de jouer le jeu et d’adopter un chien sont bluffés : ils observent 80 % à 100 % d’attaques en moins.

        Lire aussi :
         

                Girafes, buffles et zèbres en cargo ou les lubies animalières de Joseph Kabila



Pourtant, malgré ces bons résultats, Laurie sait qu’il va lui falloir du temps pour convaincre plus largement. Les fermiers rechignent à s’encombrer d’un chien supplémentaire, à changer leurs habitudes, à mettre la main à la poche (le CCF vend chaque kangal 70 dollars, soit 57 euros). Surtout, ils reprochent à l’Américaine de leur donner des leçons d’élevage alors qu’elle-même n’est pas de la partie. Qu’à cela ne tienne, Laurie deviendra fermière.
Près de 2 000 têtes de bétail
Dans la ferme modèle qu’elle a créée, 200 chèvres et boucs côtoient une centaine de moutons et près de 1 500 veaux et vaches. Non seulement les onze kangals du CCF peuvent y apprendre leur métier de chien de garde avant d’être vendus, mais Laurie et ses acolytes sont aussi plus crédibles lorsqu’ils conseillent les fermiers. « A ce jour, nous avons placé 600 chiens, se félicite-t-elle. Je reçois des demandes de partout en Namibie mais aussi d’Afrique du Sud, d’Angola, du Botswana… En Tanzanie, certains veulent tester les kangals contre les léopards et les lions. Il y a une liste d’attente d’au moins un an ! »

        Lire aussi :
         

                En Namibie, des scènes de chasse à la mode néocoloniale



Fallait-il vraiment un cheptel de près de 2 000 têtes de bétail pour persuader les sceptiques ? « On devait pouvoir montrer aux éleveurs que nos chiens se débrouillaient bien avec de grands troupeaux. » Mais il y a une autre raison. Laurie esquisse un sourire satisfait : « On ne vous a pas encore montré les salles de traite ? » Deux fois par jour, à 5 heures et à 17 heures, 50 chèvres laitières sont traites et donnent quelque 90 litres de lait par jour. Les responsables de la ferme en font du fromage, vendu dans les boutiques du centre, dans les lodges alentour ainsi que dans les magasins des villes avoisinantes. Une source de revenus supplémentaire pour le CCF et, surtout, la preuve que chaque ressource y est exploitée au maximum.
Espace vital réduit par la sécheresse
Et pour achever de prouver qu’elle a envisagé absolument tous les aspects du problème, Laurie Marker tient à faire visiter sa petite usine de valorisation du bois mort, située à quelques centaines de mètres du centre et dont elle a confié la gestion au biologiste américain Bruce Brewer. « A cause de la sécheresse, du surpâturage et de la culture sur brûlis, certaines zones de Namibie auparavant recouvertes d’une savane grasse et ouverte sont aujourd’hui envahies par les buissons épineux, explique-t-il. Le bétail et les guépards éprouvent les plus grandes difficultés à y évoluer. Leur espace vital respectif est donc réduit d’autant, ce qui augmente les probabilités qu’ils se croisent. »

        Lire aussi :
         

                Le guépard, la girafe et le rhinocéros noir risquent de disparaître en Afrique



Depuis 2002, le CCF a donc entrepris de déboiser localement afin de restaurer un milieu ouvert propice à la coexistence pacifique de toutes les espèces. Et, pour boucler le cercle vertueux, les épineux coupés sont transformés en bois de chauffage. « Nous produisons chaque année quelques centaines de tonnes de rondins de bois à brûler et de rondins de charbon, affiche fièrement Bruce. Et nous espérons grimper à quelques milliers de tonnes par an. » 
Baptisée Bushblok, l’initiative a reçu un soutien financier de l’Union européenne, de la Finlande et de la Suède. « La vente des rondins ne représente pas une importante rentrée d’argent, reconnaît Bruce. Mais le but est moins de dégager un gros bénéfice que d’inspirer des initiatives similaires un peu partout en Namibie. »
Plus que 7 100 guépards sur la planète
Reste à souhaiter que les efforts du CCF pour sauver les guépards ne soient pas un grain de sable dans le bush. En décembre 2016, la Zoological Society of London et les ONG Wildlife Conservation Society et Panthera cosignaient une étude au retentissement mondial : les auteurs y affirmaient qu’il ne reste plus que 7 100 guépards sur la planète, contre 100 000 il y a un siècle : « 7 100 individus adultes et adolescents, précise Anne Schmidt-Küntzel, généticienne au CCF. Si l’on compte les jeunes et les nouveau-nés, le chiffre est plus proche de 10 000. Mais vu l’énorme mortalité des jeunes guépards [près de 75 %], les auteurs ont eu raison de se focaliser sur le nombre d’adultes. »
L’étude aligne d’autres données choc : la surface de l’habitat naturel du félin s’est réduite de 91 %. Alors qu’au début du XXe siècle on le trouvait encore partout sur le continent africain, dans la péninsule Arabique, au Moyen-Orient et jusqu’en Asie centrale, il n’est plus présent que dans une dizaine de pays d’Afrique, tandis qu’une colonie d’une cinquantaine d’individus subsiste en Iran. « Si les lions ou les tigres disparaissaient, affirme Anne Schmidt-Küntzel, le genre auquel ils appartiennent, Panthera, aurait encore d’autres représentants : le léopard, le jaguar… Mais le guépard est le seul représentant de son genre, Acinonyx. Ce ne serait pas seulement une espèce qui s’éteindrait mais un genre entier. »
     data-ui="carousel"
     data-module="portfolio"
     data-wrapper=".gallery"
     data-interval="false"
     data-is-atom
     tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le Cheetah Conservation Fund (CCF) a été créé en 1991 à Otjiwarongo, en Nambie, par l’Américaine Laurie Marker pour protéger le félin."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Avec des pointes de vitesse à plus de 110km/h, le félin est le mammifère terrestre le plus rapide du monde."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le CCF abrite actuellement 36 guépards, en captivité temporaire, destinés à être relachés dans le bush."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Laurie Marker récompense un guépard après qu’il a couru derrière un leurre pour garder la forme."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le CCF est animé par 20 salariés et autant de stagiaires de toutes nationalités."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A la fois un espace de conservation et pôle touristique, le CCF est devenu un centre scientifique de référence dans le monde pour la conservation de l’espèce."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Mendel, un guépard souffrant d’insuffisance rénale chronique, doit recevoir des fluides sous-cutanés trois fois par semaine."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les kangals, ou berger d’Anatolie, sont craints des guépards. En leur présence, les félins n’osent pas s’approcher du bétail et ne sont donc plus exposés à la colère des éleveurs."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le centre est doté d’une clinique vétérinaire, où guépards, chèvres et bergers d’Anatolie sont bichonnés."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un jeune kangal bénéficie des soins des vétérinaires du CCF."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le CCF élève et dresse des kangals pour les placer auprès de fermiers de Namibie mais aussi d’Afrique du Sud, d’Angola, du Botswana et de Tanzanie pour enrayer l’extinction du guépard, prédateur des troupeaux."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les 50 chèvres du CCF donnent quelque 90 litres de lait par jour qui produisent des fromages vendus dans les boutiques du centre de conservation mais aussi dans les lodges alentour et dans les magasins des villes avoisinantes."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Pour améliorer l’habitat des guépards, le CCF transforme en briquettes de bois les épais buissons qui prolifèrent dans le bush."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Ces briquettes de bois sont ensuite commercialisées sous la marque « Bushblok »."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/15

Suivant







Un guépard se repose au Cheetah Conservation Fund (CCF), en Namibie.

Bertrand Rieger/hemis.fr
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);




<article-nb="2018/03/11/19-6">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Les lycéens de terminale ont jusqu’à mardi pour finaliser leurs vœux sur la nouvelle plateforme d’admission postbac.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Parcoursup 2018 : CV, lettre de motivation, inscription, vœux… tout ce qu’il faut savoir

Les lycéens de terminale ont jusqu’à mardi pour finaliser leurs vœux sur la nouvelle plateforme d’admission postbac.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 13h46
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


Les quelque 800 000 élèves de terminale et étudiants en réorientation ont jusqu’à mardi 13 mars pour inscrire leurs vœux d’orientation dans le supérieur, et jusqu’au 31 mars pour finaliser leurs dossiers sur la nouvelle plateforme d’admission post-bac Parcoursup.
Parmi les nouveautés de cette session 2018 figure l’obligation de rédiger une lettre de motivation, et parfois un curriculum vitae, dans toutes les formations, y compris pour les licences de l’université qui étaient jusqu’ici non sélectives. Dans ces licences, ces éléments permettront, entre autres, de départager les candidats s’ils sont plus nombreux que les places disponibles.
Comment rédiger le projet de formation motivé ? Que mettre dans son CV ? Dans quelle mesure est-il possible de postuler hors de son académie ? Pourquoi dois-je indiquer une préférence dans mes vœux ? Comment interpréter le nombre de places et le nombre de vœux l’an dernier, qui découragent parfois de postuler dans une formation ? Si l’on vise une école d’arts appliqués, faut-il candidater en Manaa ou en DNMADE ? Voici les questions auxquelles répond cet article.

        Lire aussi :
         

                Parcoursup : les cinq choses à savoir sur la plate-forme qui succède à APB



Dans quelle mesure puis-je postuler en dehors de mon académie ?
Dans les filières sélectives (CPGE, BTS, DUT, écoles avec concours ou examen d’entrée, etc.), la sélection ne se fait pas, sauf mention contraire, en fonction du critère géographique, seule la qualité du dossier est prise en compte (notes, classement de l’élève dans sa classe, « projet de formation motivé », etc.).
Pour candidater à l’université (licence, Paces), le secteur géographique était, sur l’ancienne plateforme APB, l’un des deux critères utilisés (avec l’ordre des vœux) pour départager les candidats s’ils étaient plus nombreux que le nombre de places. Avec la nouvelle platforme Parcoursup, la priorité reste donnée, dans ces filières, aux candidats de l’académie. Cette dernière est définie par le domicile des parents (ou du responsable légal) du candidat, et on peut connaître son académie de rattachement en cliquant sur l’onglet « Secteurs licences » dans Parcoursup.
Pour augmenter ses chances d’être pris dans une filière très demandée, mieux vaut donc faire au moins un vœu dans son académie, quitte à en faire un autre sur la même licence d’une autre académie.
Il est en effet également possible de postuler dans des licences en dehors de son académie. Dans ce cas, une alerte sur fond jaune prévient que le candidat ne sera pas prioritaire si la formation reçoit plus de demandes que de places disponibles. Ce n’est qu’après la clôture des vœux que le recteur de l’académie fixera un quota de candidats « hors académie ». Moins la filière est en tension, plus celui-ci est susceptible d’être important. Comme le précise l’alerte sur Parcoursup, il est donc vivement conseillé de formuler « également » des vœux dans les licences de son académie.

        Lire aussi :
         

                Parcoursup : « La motivation et l’engagement sont fondamentaux pour postuler en IUT »




   


Comment rédiger ma lettre de motivation, appelée « projet de formation motivé » ?
Le « projet de formation motivé », autrement dit une « lettre de motivation » : c’est l’une des principales nouveautés, obligatoires, de Parcoursup. « L’idée n’est bien sûr pas de faire un copier-coller de celle-ci pour tous ses vœux », prévient Ferroudja Kaci, conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ). L’objectif est d’adapter et de personnaliser ce texte à chaque établissement, « de raconter quelles sont ses particularités ou options qui vont servir au candidat pour atteindre son objectif professionnel », précise-t-elle. La longueur maximale est de 1 500 signes, sauf si l’établissement de formation demande à ce qu’elle soit plus importante.
Après avoir rédigé une introduction avec une phrase d’accroche personnalisée ; du type « je candidate à telle formation parce que… », il faut décrire rapidement son parcours d’études antérieur, et, éventuellement, ses expériences professionnelles ou stages, « en expliquant en quoi ils ont permis d’acquérir des compétences, des questionnements, qui seront utiles dans la formation que l’on vise », explique la conseillère. « Si l’élève a réalisé un stage de troisième dans un cabinet d’avocats et qu’il souhaite tenter d’entrer dans un parcours d’affaires juridiques, il est important de le souligner, conseille de son côté Cécile Charasse, directrice de l’IUT d’Allier et vice-présidente de l’Association des directeurs d’IUT.
Il est ensuite possible d’aborder son projet professionnel et d’expliquer en quoi la formation va permettre de s’y préparer et d’y accéder. « Si le projet professionnel est encore flou, préciser le ou les domaines d’activité qui intéressent et montrer en quoi la formation souhaitée permettra de se diriger vers ce ou ces domaines, et de définir son projet ultérieurement », conseille la fiche d’information Parcoursup sur le projet de formation motivé. Les jurys vont essayer de voir « si le candidat sait bien où il met les pieds, s’il s’est renseigné sur la formation et sur ses débouchées », explique Mme Kaci.
Pour les filières sélectives, cette lettre de motivation est « déterminante », affirme-t-elle. « C’est l’élément-clé de la sélection en IUT : la motivation et l’engagement sont fondamentaux », confirme Mme Charasse. Pour ceux qui postulent une licence à l’université, le projet de formation motivé pourra être utilisé par les jurys pour départager les candidats dans les cas où ils seraient plus nombreux que les places disponibles. Le candidat ne pouvant savoir si ce sera le cas pour la licence qu’il convoite, autant peaufiner la rédaction de ce court texte, ce qui demeure possible jusqu’au 31 mars (date limite pour la finalisation des dossiers et la confirmation des vœux).

        Lire aussi :
         

                Comment les universités vont trier les lycéens



Que dois je mettre dans mon CV ? 
« Je n’ai rien à mettre dans mon CV » est une phrase qu’enseignants et conseillers entendent régulièrement de la part des élèves qui doivent faire leurs vœux d’orientation sur la nouvelle plateforme Parcoursup 2018 d’ici à mardi 13 mars, et finaliser leurs dossiers (CV compris) au plus tard le 31 mars. Dorénavant, ce ne sont plus seulement les formations sélectives (CPGE, BTS, IUT, etc.) qui peuvent demander aux candidats de rédiger un curriculum vitæ, mais aussi les licences universitaires. « Les jurys savent bien que les candidats sont jeunes, qu’ils n’ont donc pas nécessairement fait beaucoup de choses en dehors de l’école », rassure Ferroudja Kaci, conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ).
Sur Parcoursup, le CV est découpé en cinq rubriques à remplir : « Formation », « Langues », « Compétences », « Expériences professionnelles » et « Centres d’intérêt ». Dans les trois dernières rubriques, il peut être judicieux de valoriser « toutes les activités extrascolaires auxquelles le candidat ne pense pas spontanément », explique la conseillère. Cela peut-être « d’avoir fait du bénévolat, avoir été baby-sitter, même si c’est dans un cadre familial, de faire du sport dans un club, etc. ». Il peut aussi être intéressant d’évoquer les activités ou les projets en groupe réalisés pendant ses études (type travaux pratiques encadrés,TPE). Après chacune de ces activités, le candidat peut détailler succinctement quelles compétences ou savoirs il en retire.
Attention, dans le cadre d’un CV comme dans celui de la lettre de motivation, la forme compte (presque) autant que le fond : un CV fait à la va-vite, simplement parce que c’est une obligation pour valider son vœu, ou bien à l’inverse de manière appliquée, sont des éléments qui montrent aussi la motivation de l’élève. Dans les licences non sélectives de l’université, le CV pourra être utilisé pour départager les candidats dans le cas où ils seraient plus nombreux que les places disponibles…

        Lire aussi :
         

                O21. Comment réussir son CV quand on n’a pas (beaucoup) de diplômes ?




   


Pourquoi dois-je indiquer une préférence dans mes vœux ?
Contrairement à l’ancienne plateforme Admission post-bac, Parcoursup ne permet pas aux candidats de classer leurs vœux. Mais il leur demande de saisir leur « préférence » en termes de vœu de formation. Cette information confidentielle et non transmise aux établissements a pour objectif « d’éclairer la commission d’accès à l’enseignement supérieur », indique Parcoursup aux candidats. Cette commission, créée à l’occasion de récente réforme d’accès aux études supérieures, sera chargée de « faire des propositions si le candidat n’a reçu aucune proposition sur l’un de ses vœux confirmés ou s’il n’a reçu que des réponses négatives ». 
Le champ de 1 500 caractères à remplir est donc censé guider cette commission pour qu’elle lui propose une formation proche de ses aspirations. « Cette rubrique demande un peu au jeune de réfléchir à son plan B s’il n’obtient aucun de ses vœux » précise Ferroudja Kaci. Celui-ci doit donc y indiquer le type de formation, la spécialité ou le secteur qu’il visait prioritairement, avant de préciser quel pourrait être ce plan B. De cette précision peut dépendre la proposition du recteur, plus ou moins proche des vœux initiaux…

        Lire aussi :
         

                « Parcoursup précise les éléments étudiés par chaque formation pour classer les lycéens »



Sur Parcoursup, le nombre de candidatures reçues et de places proposées l’année précédente est indiqué pour chaque formation, et donne parfois le sentiment qu’on a aucune chance d’être pris...
Ces informations, disponibles dans la rubrique « Contexte et chiffres », « peuvent impressionner lorsque le nombre de places est faible par rapport au nombre de candidatures », commente Ferroudja Kaci, du CIDJ. Mais c’est une information « qui ne doit pas décourager le candidat », et qui ne permet pas de se faire une idée précise de la pression à l’entrée de la formation : sont comptabilisés tous les vœux, quel que soit leur rang de classement – Admission post-bac demandait en effet aux candidats de classer leurs vœux (jusqu’à 24) par ordre de préférence, mais recevaient au maximum une réponse positive.
« Un élève qui postule en CPGE peut faire des vœux dans vingt établissements différents (s’il choisit deux filières), ce qui veut dire que cent élèves peuvent postuler dans deux mille établissements. Cela représentera donc deux mille candidatures alors que ces élèves n’occuperont finalement que cent places », calcule le président de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques, Mickaël Prost, pour qui les chances d’obtenir au moins une réponse positive sont « très élevées » à condition d’élargir au maximum sa liste de candidatures.
Pour se rassurer « il peut être intéressant d’aller aux journées portes ouvertes de ces formations, de contacter les établissements ou de chercher sur leur site Internet quel est le profil d’élèves attendu », conseille Mme Kaci.

        Lire aussi :
         

                « On peut très bien intégrer une classe prépa avec 12 de moyenne générale »



Si l’on vise les écoles d’arts appliqués, faut-il candidater en Manaa ou en DNMADE ?
Sur Parcoursup, les élèves qui n’ont pas obtenu de baccalauréat sciences et technologies du design et des arts appliqués (STD2A) et qui se destinent à une école d’arts appliqués n’auront pas tous à postuler à une année de mise à niveau en arts appliqués (Manaa), à la différence de ces dernières années. En effet, treize académies sur trente ont décidé d’appliquer, dès la rentrée 2018, la réforme du premier cycle des études d’art, qui prévoit la création d’un diplôme national des métiers d’art et du design (DNMADE, en trois ans, de grade licence), pour remplacer à la fois l’actuelle Manaa (mise à niveau en arts appliqués), les BTS en arts appliqués et le DMA (diplôme des métiers d’arts).

        Lire aussi :
         

                Etudes d’art et de design : un diplôme bac + 3 va remplacer Manaa, BTS et DMA



Les treize académies concernées dès cette année par la réforme sont celles de Besançon, Clermont-Ferrand, Créteil, Dijon, Limoges, Lyon, Montpellier, Orléans-Tours, Rennes, Strasbourg, Versailles, Paris et Toulouse. Sur Parcoursup, les candidats concernés doivent sélectionner « DN made » dans l’onglet « Par type de formation ».
Pour les dix-sept autres académies, la Manaa ne disparaîtra qu’à la rentrée 2019. Pour postuler dans ce cursus sur Parcoursup, les candidats doivent sélectionner « Formations préparatoires à l’enseignement supérieur » dans l’onglet « Par type de formation », puis « Mise à niveau » dans l’onglet « Par Formation », puis « Arts appliqués » dans l’onglet « Par spécialité ».

« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les vœux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/S’orienter au 21e siècle, à Paris (17 et 18 mars), après Nancy, Lille, Nantes et Bordeaux.

        Lire aussi :
         

                Choisir son orientation : participez à nos conférences O21 à Paris, les 17 et 18 mars



A la veille de la clôture des vœux sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup, sera organisé un tchat en direct avec des psychologues du Centre d’information et d’orientation Mediacom, lundi 12 mars à 13 heures. A consulter également : notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-7">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Après la mort en prison de l’avocat russe Sergueï Magnitski, son ex-employeur, Bill Browder, a convaincu Washington d’adopter une loi sanctionnant les Russes accusés de violations des droits de l’homme. Moscou crie à l’ingérence.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’affaire Magnitski en Russie : des relents de guerre froide

Après la mort en prison de l’avocat russe Sergueï Magnitski, son ex-employeur, Bill Browder, a convaincu Washington d’adopter une loi sanctionnant les Russes accusés de violations des droits de l’homme. Moscou crie à l’ingérence.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 06h39
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            

Le 20 décembre 2017, lorsque Ramzan Kadyrov a appris qu’il rejoignait la liste des personnalités russes sanctionnées par les Etats-Unis, l’autoritaire dirigeant de la Tchétchénie a haussé les épaules. « Je n’en dors plus », a-t-il ironisé sur Instagram et Facebook, ses deux outils de communication préférés, sur lesquels il a pris, depuis des années, l’habitude de partager avec ses 4 millions d’abonnés ses poses viriles et ses pensées. Peu lui importait d’être accusé, par le Trésor et le département d’Etat américains, d’exécutions extrajudiciaires, de tortures ou de disparitions forcées. Interdiction d’entrée aux Etats-Unis ? Ses avoirs gelés dans les banques américaines et, par ricochet, dans celles de quasiment tous les pays du monde ?… Kadyrov s’en arrangerait, assurait-il.
Deux jours plus tard, la « vraie » sanction est tombée : les fameux comptes Instagram et Facebook fermaient coup sur coup, les deux sociétés expliquant devoir se plier à la législation américaine. Cette fois, Kadyrov enrage. Le Kremlin dénonce des mesures « illégales et inamicales ». Cette punition, le dirigeant tchétchène ne la doit pas – contrairement à la plupart des autres Russes sous sanctions américaines – à son rôle dans le conflit ukrainien, mais à une loi américaine de 2012, le « Magnitsky Act », qui permet d’imposer des mesures restrictives à toute personnalité russe accusée par les Etats-Unis de violations des droits de l’homme en Russie.
L’obstination d’un homme
En janvier 2017, Alexandre Bastrykine, le puissant chef du Comité d’enquête de la Fédération de Russie (un organe qui a pouvoir d’investigation et d’inculpation, placé sous l’autorité du président), Andreï Lougovoï ou encore Dmitri Kovtoun, jugés responsables de la mort, le 23 octobre 2006, au Royaume-Uni, de l’ancien agent russe Alexandre Litvinenko, empoisonné au polonium 210, une substance radioactive, étaient déjà tombés sous le coup de cette loi. Ces sanctions à répétition sont...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-8">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Fabrice Le Saché, entrepreneur de 35 ans, a annoncé dimanche dans un communiqué qu’il se présentait à la succession du président du Medef, Pierre Gattaz.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Succession de Pierre Gattaz à la tête du Medef : 8 candidats, 8 hommes

Fabrice Le Saché, entrepreneur de 35 ans, a annoncé dimanche dans un communiqué qu’il se présentait à la succession du président du Medef, Pierre Gattaz.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 14h41
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 15h25
   





                        


Un nouveau candidat se lance dans la course : Fabrice Le Saché, entrepreneur de 35 ans, a annoncé dimanche 11 mars dans un communiqué qu’il se présentait à la succession du président du Medef, Pierre Gattaz.
L’occasion de revenir sur le profil des huit candidats à la présidence du Mouvement des entreprises de France.

        Lire aussi :
         

                Medef : l’après-Gattaz déclenche la guerre des ego



Huit candidats sont en lice
Patrick Martin 
A 58 ans, le patron du Medef Auvergne Rhône-Alpes est le PDG du groupe de distribution industrielle Martin Belaysoud Expansion, où travaillent 1 900 collaborateurs.
Frédéric Motte
A 53 ans, le patron du Medef Hauts-de-France est cofondateur de Cèdres industries, un groupe de sous-traitance industrielle d’environ 400 collaborateurs et administrateur d’Entreprises & cités, un fonds de dotation visant à promouvoir la Responsabilité sociale des entreprises (RSE), qu’il a également présidé entre 2014 et 2016.
Jean-Charles Simon
A 47 ans, l’ancien codélégué général du Medef est président de Stacian, une société d’intelligence statistique et d’analyse économique. Il avait démissionné en 2010 de son poste de codélégué, sous la présidence de Laurence Parisot.
Geoffroy Roux de Bézieux
A 55 ans, le vice-président du Medef s’est fait un nom dans la téléphonie : il a créé en 1996 The Phone House, puis l’opérateur de réseau mobile virtuel Omea Telecom (qui opère en France Virgin Mobile France, Breizh Mobile, Tele2 Mobile et Casino Mobile), revendu en 2014 à Numericable. Il a également investi en 2015 dans la plateforme de financement participatif Credit.fr, spécialisée dans le prêt aux PME.
Alexandre Saubot
A 53 ans, le vice-président du Medef et président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a décidé de quitter ses mandats pour se présenter à la succession de Pierre Gattaz. Il dirige Haulotte, une entreprise familiale de plus de 1 700 collaborateurs, qui construit des matériels d’élévation.
Olivier Klotz
A 56 ans, le patron du Medef Alsace dirige également depuis 1992 Heuft France, entreprise de 49 salariés, commercialise des équipements de contrôle pour l’industrie de l’emballage.
Pierre Brajeux
A 57 ans, le patron du Medef Hauts-de-Seine est également le président fondateur de Torann France, une société de sécurité privée de plus de 2 000 collaborateurs.
Fabrice Le Saché 
A 35 ans, cet administrateur de Medef International (l’association qui représente l’organisation patronale française dans le monde) depuis 2015 dirige Aera Group, société de conseil et de négoce qui se définit comme le premier groupe de finance carbone en Afrique. Il a également créé l’index Up40, qui rassemble les start-up françaises les plus actives en Afrique.

Le président de Michelin ne sera pas candidat
Autre candidat pressenti pour succéder à Pierre Gattaz : Jean-Dominique Senard, président de Michelin. M. Senard est cependant empêché de se présenter par les statuts du Medef, qui imposent de ne pas avoir « plus de 65 ans au jour de l’élection ». Or le patron de l’équipementier atteindra cet âge le 7 mars 2018, soit quatre mois avant la date prévue, en juillet.

        Lire aussi :
         

                Quand le Medef hésite entre deux âges





Où sont les femmes ?
Au cours de sa longue histoire, le principal syndicat patronal a été principalement dirigé par des hommes. Depuis 1945, date de création du Conseil national du patronat français, transformé en Medef en 1998 par Ernest-Antoine Seillière, seule Laurence Parisot, ancienne présidente de l’institut privé Ifop, a exercé ce poste entre 2005 et 2013.
Quant aux candidats à la présidence du Medef, ils étaient majoritairement masculins, exception faite de 2010. Cette année-là, Laurence Parisot était l’unique candidate à sa réélection.


	#container_15207737733{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15207737733{
		height:500px;
	}
	#container_15207737733 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15207737733 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15207737733.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15207737733.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15207737733 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Depuis 2005, les candidats à la présidence du Medef sont majoritairement des hommes
Depuis la naissance du Medef en 1998, la seule femme candidate à la présidence du syndicat patronal était Laurence Parisot





require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15207737733",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "column",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:"normal",
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["2005","2010","2013","2018"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:1,
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Hommes ",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        "",
        4
      ],
      [
        "",
        null
      ],
      [
        "",
        5
      ],
      [
        "",
        8
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "Femmes ",
    "color": "#FFc832",
    "data": [
      [
        "",
        1
      ],
      [
        "",
        1
      ],
      [
        "",
        null
      ],
      [
        "",
        null
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 0,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: "",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-9">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les députés de l’Assemblée nationale populaire ont plébiscité un changement de la Constitution, qui limitait les mandats présidentiels à deux fois cinq ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Chine : Xi Jinping pourra officiellement rester chef de l’Etat au-delà de 2023

Les députés de l’Assemblée nationale populaire ont plébiscité un changement de la Constitution, qui limitait les mandats présidentiels à deux fois cinq ans.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 12h51
   





                        



   


Le Parlement chinois a validé, dimanche 11 mars, l’abolition de la limite des mandats présidentiels, offrant la possibilité à Xi Jinping, 64 ans, de se maintenir à la tête de l’Etat après le terme prévu de 2023.
Par 2 958 voix pour, deux contre et trois abstentions, les députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP) ont plébiscité un changement de la Constitution, qui limitait les mandats présidentiels à deux fois cinq ans. La majorité des deux tiers était requise.
La limite de deux mandats avait été imposée dans la Constitution de 1982 par l’homme fort de l’époque, Deng Xiaoping, afin d’éviter un retour au régime dictatorial de l’ère Mao Tsé-toung (1949-76). « Quarante-deux ans plus tard, à l’ère de l’Internet et de la mondialisation, un nouveau grand leader, un nouveau tyran à la Mao se lève à nouveau sur la Chine », a dénoncé le dissident Hu Jia, interrogé au téléphone par l’Agence France-Presse dans le sud du pays, où les autorités l’ont emmené à l’écart de Pékin en « vacances forcées » à l’occasion de la session plénière annuelle de l’ANP.
La « pensée Xi Jinping » dans la Constitution
La réforme fait aussi entrer la « pensée Xi Jinping » dans la Constitution, ainsi que « le rôle dirigeant » du Parti communiste chinois (PCC) dans son article premier. Cette disposition peut laisser entrevoir une recrudescence de la répression à l’encontre des opposants au régime, qui pourraient se voir accusés d’atteinte à la Constitution pour avoir simplement contesté la mainmise du PCC sur le pouvoir.
Depuis son arrivée à la tête du PCC, à la fin de 2012, puis de l’Etat au début de 2013, Xi Jinping a encore accru l’autorité du régime, à grand renfort de propagande et d’une omniprésence dans les médias d’Etat. M. Xi, héraut de la « grande renaissance de la nation chinoise », cherche à incarner face à l’Occident la revanche d’une superpuissance moderne et respectée à l’horizon 2050.

        Lire la tribune de l’universitaire Jean-Pierre Cabestan :
         

          « Xi Jinping monte en puissance et se “poutinise” »



Mais il reste sans concession aux libertés individuelles. Une loi réprime sévèrement la dissidence sur Internet, des défenseurs des droits de l’homme ont été condamnés à de lourdes peines et le militant démocrate Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, est mort en détention malgré les appels à la clémence venus de l’étranger.
Annoncé il y a tout juste deux semaines, ce projet de loi a stupéfié une partie de l’opinion publique, mais les critiques qui ont circulé un temps sur les réseaux sociaux ont été promptement effacées par les censeurs.

        De notre correspondant en Chine :
         

          Le « mandat à vie » de Xi Jinping réveille les envies d’exil







                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-10">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy y voit le seul moyen « d’appliquer un gouvernement de droite », assurant que le parti d’extrême droite a changé depuis l’époque de Jean-Marie Le Pen.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

L’ancien ministre Thierry Mariani prône un « rapprochement » des Républicains avec le FN

L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy y voit le seul moyen « d’appliquer un gouvernement de droite », assurant que le parti d’extrême droite a changé depuis l’époque de Jean-Marie Le Pen.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 11h41
   





                        



   


Thierry Mariani, ancien ministre LR de Nicolas Sarkozy, plaide pour un « rapprochement » avec le Front national, dans un entretien avec le Journal du dimanche, publié alors que le parti de Marine Le Pen tient son congrès à Lille.
Affirmant que Les Républicains « n’ont plus d’alliés » après le rapprochement des centristes avec Macron, « à quelques exceptions près », l’ex-député des Français de l’étranger, battu aux dernières législatives, interroge : « Peut-on arriver au pouvoir tout seul ? Peut-on constituer une majorité sans alliés ? La réponse est non. »
« Sans alliés, nous allons rester dans l’opposition pour longtemps. Il est temps de renverser la table. Le Front national a évolué. Regardons si un accord ou un rapprochement sont possibles », affirme celui dont le nom a été cité récemment par des responsables FN comme allié potentiel pour les élections européennes de 2019. 
« Si on veut des alliés, ils seront forcément de ce côté-là si on veut appliquer un programme de droite. On nous a très longtemps expliqué que tout rapprochement était impossible [avec le FN]. A l’époque de Jean-Marie Le Pen, c’était justifié. Aujourd’hui, ça l’est de moins en moins. »
« Pourquoi ne pourrait-on pas avoir au moins des discussions ? Le FN change de nom, ce qui est un signe. C’est le moment de réfléchir à autre chose », poursuit M. Mariani, alors que Marine Le Pen va proposer dimanche de rebaptiser le parti.

        Lire aussi :
         

                Congrès du FN : ce que l’on sait sur le changement de nom du parti



« Le débat reste tabou » chez LR
« Sur l’immigration, le programme du FN, c’est celui du RPR il y a vingt ans »
Il assure que « beaucoup de militants » LR font le même constat, mais observe que « ce débat reste à ce jour tabou ». S’il reconnaît au président du parti Laurent Wauquiez, qui exclut toute alliance avec le FN, d’avoir permis à la droite d’« à nouveau s’affirmer en tant que droite », il juge que « si nous restons dans le même canevas, nous sommes voués à l’échec ». « Il faut un accord entre tous ceux qui veulent qu’il y ait une politique différente en France, qui retrouve les valeurs de la nation. Le FN et Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan sont évidemment de ceux-là », martèle-t-il.
Invité à dire ce qui différencie encore LR et le FN sur le fond, il cite « essentiellement le programme économique », observant qu’« en matière d’immigration, le programme du FN, c’est celui du RPR il y a vingt ans ».
En juin 2017, M. Mariani avait jugé qu’il était « trop tôt » pour une entente avec le Front national mais que des « discussions » seraient nécessaires si la droite voulait « revenir aux affaires ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-11">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’Ethiopie à cran (2). Après la vague d’amnisties décidée par le gouvernement, d’anciens détenus, opposants politiques, blogueurs ou journalistes, témoignent.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤         

Témoignages

Dans les prisons éthiopiennes : « Ils fouettaient mes pieds nus avec des câbles »

L’Ethiopie à cran (2). Après la vague d’amnisties décidée par le gouvernement, d’anciens détenus, opposants politiques, blogueurs ou journalistes, témoignent.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-03-11T18:00:24+01:00"

        Le 11.03.2018 à 18h00






    
Des partisans de l’opposant éthiopien Bekele Gerba célèbrent sa libération, le 13 février 2018, à Adama, dans la région Oromia.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Eskinder Nega ne s’attendait pas à être libéré. Le journaliste éthiopien, accusé en 2012 de haute trahison et d’infractions liées au terrorisme, avait purgé un tiers de sa peine d’emprisonnement de dix-huit ans. Il a retrouvé l’espoir début janvier, quand le chef du gouvernement Hailemariam Desalegn – qui a démissionné entre-temps – a annoncé qu’il procéderait à une vague d’amnisties. C’était avant qu’on lui demande de signer une confession en échange de sa libération : « Je devais admettre que j’appartiens à Ginbot 7 [un groupe d’opposition considéré comme une organisation terroriste par le régime]. Il s’agissait d’accusations forgées de toutes pièces. » Malgré son refus d’obtempérer, Eskinder Nega a retrouvé la liberté le 14 février.

        Présentation de la série
         

          L’Ethiopie à cran



Le journaliste fait partie des milliers d’Ethiopiens libérés depuis janvier. Des prisonniers déjà condamnés ont été graciés, tandis que les charges pesant contre ceux qui sont en instance de jugement ont été abandonnées. Des figures de l’opposition, des membres de la communauté musulmane, des blogueurs étaient concernés par cette mesure visant à renforcer le « consensus national » et à « élargir l’espace politique », selon le premier ministre sortant. Ces libérations n’ont pas cessé malgré sa démission et l’annonce, mi-février, de l’instauration de l’état d’urgence, entériné le 2 mars par la chambre basse du Parlement.
« Nous ne sommes pas des voleurs »
Si Human Rights Watch (HRW) a interprété cette annonce comme « un pas vers la fin de la répression politique », d’autres y ont plutôt vu un fléchissement du pouvoir face à la pression populaire.
L’Ethiopie est secouée depuis plus de deux ans par une vague de manifestations anti-gouvernementales dont la répression a fait officiellement près d’un millier de morts en 2015-2016. L’une des revendications principales des rassemblements récents était la libération des prisonniers. Plus de 20 000 personnes avaient été emprisonnées sous le premier état d’urgence, en vigueur d’octobre 2016 à août 2017. Les deux tiers auraient été libérés, d’après le gouvernement, qui a toujours nié la présence de prisonniers politiques dans ses geôles. « Même si le gouvernement colle n’importe quelle étiquette sur n’importe qui, nous sommes des prisonniers politiques. Nous ne sommes pas des voleurs », affirmait l’opposant Merera Gudina, président du Congrès fédéraliste oromo (OFC), au lendemain de sa libération, en janvier.

        Episode 1
         

          En Ethiopie, les Oromo frappent à la porte du pouvoir



Des organisations de défense des droits humains se sont souvent indignées des contours flous de la loi anti-terroriste adoptée en 2009. Elles l’accusent d’être un instrument d’intimidation visant à réduire au silence les dissidents politiques. « Depuis qu’il a pris le pouvoir, le gouvernement a souvent utilisé le système juridique pour emprisonner les membres de l’opposition », écrit Awol Allo sur le site d’Al-Jazeera. Ce commentateur politique éthiopien qui enseigne le droit au Royaume-Uni estime que « les tribunaux ont servi d’instruments puissants de répression et de consolidation du pouvoir ».
« De nombreux prisonniers ont perdu la vue »
Lors de son dernier séjour en prison, l’opposant Bekele Gerba a « vécu dans une pièce sans fenêtre et dormi sur le sol pendant deux ans », raconte-t-il. Son état de santé inquiétant, aggravé par le manque d’accès aux soins, était l’une des raisons d’un appel à la grève mi-février dans la région Oromia. Militants de la diaspora et jeunes de la région – les qeerroo, « garçons non mariés », en langue afaan oromo – réclamaient sa libération immédiate. Après deux jours de grève, M. Bekele était relâché « grâce à la pression populaire ». « Je n’ai pas été torturé » en prison, précise-t-il. La raison, d’après lui, serait la médiatisation de son cas.

        Lire aussi :
         

                Le pouvoir éthiopien à l’heure du choix



De nombreux jeunes n’ont pas eu cette chance, notamment dans le centre de détention de Maekelawi, à Addis-Abeba, que le gouvernement veut transformer en musée. « J’ai entendu des gens pleurer. J’ai vu de mes propres yeux une personne rentrer inconsciente d’un interrogatoire. De nombreux prisonniers ont perdu la vue, certains l’ouïe », poursuit Bekele Gerba.
Dans un rapport accablant, HRW a documenté en 2013 la torture et les mauvais traitements à Maekelawi : « Les enquêteurs utilisent des méthodes coercitives sur les détenus pour leur extorquer des aveux. Les détenus se voient souvent refuser l’accès aux avocats et à leur famille. » Ils seraient punis ou récompensés en fonction de leur conformité aux exigences de ces enquêteurs qui refuseraient ou donneraient l’accès à l’eau, à la nourriture et à l’électricité, indique le rapport.
« Il y avait une sorte de torture médiévale »
Le blogueur éthiopien Befeqadu Hailu, 38 ans, a séjourné 84 jours dans ce centre de détention. C’était en 2014. « Ils fouettaient mes pieds nus avec des câbles, me giflaient tous les jours », raconte-t-il. Libéré sous caution dix-huit mois plus tard, il a été arrêté de nouveau en novembre 2016, peu après l’instauration de l’état d’urgence, et emmené dans un camp militaire sans être traduit en justice. Il y est resté 33 jours. « Ils ont pris soin de ne pas me maltraiter physiquement, contrairement à beaucoup de détenus de l’état d’urgence. » D’après lui, ceux-là ont été « battus âprement, il y avait une sorte de torture médiévale » pour pousser les gens à la confession.

        Lire aussi :
         

                Pression populaire et pouvoir divisé : les raisons de la démission du premier ministre éthiopien



Ensuite, « nous avons subi un entraînement forcé, dit-il, une sorte d’endoctrinement » divisé en six « modules ». L’un de ces modules louait le régime actuel en le comparant à l’empire de Hailé Sélassié et à la dictature militaire de Mengistu Haile Mariam. Un autre dénonçait les critiques « injustes » à l’encontre d’un gouvernement qui enregistre une croissance économique remarquable. La rééducation comprenait également des accusations à l’encontre d’agents locaux « sponsorisés par les néolibéraux », qui seraient les instigateurs d’une « révolution de couleur » à l’ukrainienne en Ethiopie, poursuit le blogueur, qui était directement visé. À la fin de la formation, les détenus étaient forcés de porter un tee-shirt sur lequel était inscrit « Plus jamais ».
Depuis, les charges contre Befeqadu Hailu ont été abandonnées dans le cadre de l’amnistie. « C’est un soulagement d’être une personne libre, même si je n’ai aucune garantie que les mêmes charges ne seront pas portées contre moi », lâche-t-il. La prudence est de mise : le blogueur Seyoum Teshome, très critique à l’égard du gouvernement, a été de nouveau arrêté jeudi 8 mars.

Sommaire de la série « L’Ethiopie à cran »
Entre état d’urgence et signes d’ouverture, Le Monde Afrique prend le pouls d’un pays qui vit une période charnière.

        Présentation de la série
         

          L’Ethiopie à cran




        Episode 1
         

          En Ethiopie, les Oromo frappent à la porte du pouvoir







<article-nb="2018/03/11/19-12">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Pesticides, OGM… A quelles conditions les labels bios sont-ils accordés ?
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/03/11/19-13">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ A Paris, le Muséum national d’histoire naturelle reconstitue pour la première fois un squelette d’« Edmontosaurus annectens » avant de l’exposer au public, en juin.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Un dinosaure renaît de ses os

A Paris, le Muséum national d’histoire naturelle reconstitue pour la première fois un squelette d’« Edmontosaurus annectens » avant de l’exposer au public, en juin.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h38
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            

Il dormait dans la collection de paléontologie du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) depuis plus d’un siècle. Le squelette d’Edmontosaurus annectens, animal de la famille des hadrosaures ou dinosaures à bec de canard, gît maintenant dans une salle de la galerie de géologie et de minéralogie du Jardin des plantes, à Paris. Dispersé, mais provisoirement. Le temps de passer sous les doigts experts d’Hélène Bourget, la restauratrice du MNHN chargée de le renforcer à l’aide d’une colle à base d’acétone et de le débarrasser des traces de gangue, de mastic et de plâtre. Une étape essentielle avant que débutent, dans les semaines à venir, son « remontage » et son « soclage » par une entreprise spécialisée, sous la surveillance du paléontologue Ronan Allain.
Même dans cet état, le spécimen de 10 mètres de long est impressionnant. Ici, l’extrémité d’un de ses énormes fémurs s’échappe d’une caisse posée à même le sol. Là, les 87 vertèbres de son appendice caudal s’étalent, alignées, sur toute la surface d’un grand établi. Plus loin, sur une étagère, son crâne, encore emballé dans sa protection en résine, côtoie des petites boîtes remplies de dents et de tendons. Partout, dans cette partie de la pièce, des ossements. De la tête et de la queue. De la cage thoracique et du dos. Du bassin et du cou. Des pattes antérieures et postérieures.
Vieux de 67 millions d’années
La raison de cet étalage anatomique ? Une exposition du Muséum. A partir du 6 juin, la nef du bâtiment accueillera, mâchoire ouverte et comme prêt à bondir sur le visiteur pour le dévorer tout cru, le dénommé « Trix », un spectaculaire et très rare squelette de Tyrannosaurus rex en excellent état de conservation et complet à plus de 75 %. Mis au jour en 2013 dans le Montana (Etats-Unis), ce spécimen vieux de 67 millions d’années effectue une tournée en Europe, pendant que le musée néerlandais qui en a la propriété subit des travaux.

Or Trix ne sera pas...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-14">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ A l’issue des tests hivernaux, pilotes, ingénieurs et patrons d’écurie reprochent à cet arceau imposé par la Fédération de gêner la visibilité des pilotes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Formule 1 : le halo de protection des pilotes pourra-t-il empêcher de nouveaux morts ?

A l’issue des tests hivernaux, pilotes, ingénieurs et patrons d’écurie reprochent à cet arceau imposé par la Fédération de gêner la visibilité des pilotes.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 12h51
    |

            Catherine Pacary (Envoyée spéciale à Barcelone)








                        



   


C’est un pic, c’est un cap, c’est un halo : comme le nez au milieu du visage de Cyrano, impossible de ne pas voir cet arceau en « V » posé au-dessus du cockpit des véhicules de formule 1 et qui prend appui devant les yeux des pilotes pour mieux les protéger. C’est « la » nouveauté du championnat 2018 qui débute à Melbourne le 25 mars. Ingénieurs, techniciens, patrons d’écurie ont eu six mois pour s’adapter à l’appendice en titane imposé par la FIA, le fameux halo (auréole en anglais). Les pilotes, eux, n’ont disposé que de huit jours, lors des essais hivernaux qui se sont terminés le 9 mars à Barcelone, pour appréhender ce nouveau dispositif.

        Lire aussi :
         

                Le nouveau look des Formule 1



Ce sont bien ces derniers, précise la Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui en sont les initiateurs. En juillet 2016, le syndicat des pilotes de F1, (Grand Prix Drivers Association, GPDA) a ainsi demandé à la FIA une forme de protection du cockpit frontal « le plus rapidement possible ». En cause, les morts d’Henry Surtees, fils du champion du monde de F1 John Surtees, en juillet 2009, et de Justin Wilson en Indycar, le 24 août 2015, tous deux frappés à la tête par un objet propulsé dans les airs.
Un immense changement pour les pilotes
Le halo représente néanmoins un immense changement pour les pilotes. Ce n’est pas la barre verticale dans leur champ de vision qui les gêne le plus. L’épaisseur et sa distance ont été calculées de telle sorte que la vision naturellement stéréoscopique de l’homme – sa capacité à faire converger le regard de ses deux yeux – en atténue l’épaisseur. Ainsi « Après deux tours, on oublie complètement le support », s’est réjoui Carlos Sainz Jr (Renault).
Plus délicate est la perte de visibilité. En hauteur, elle peut empêcher de voir les feux de départ. Le pilote Haas Romain Grosjean relativise toutefois en rappelant que sur le circuit de Monaco, il lui est arrivé de ne voir qu’un feu sur les 5… Et sans halo.

   


« Personnellement je ne suis pas encore habitué » reconnaît Esteban Cocon (Force India), à l’issue de ses premiers tests. « Nous avons juste besoin d’apprendre à conduire avec, résume le jeune Français. Cela a certainement un impact sur votre visibilité, (…) mais les avantages en termes de sécurité sont importants. Je sais que certains fans n’aiment pas ça, mais je pense qu’ils s’y habitueront assez rapidement. » « La sécurité est la priorité », rappelle la jeune pilote essayeuse de Sauber Alfa Roméo, relayant à Barcelone le message officiel, de Lewis Hamilton à Sebastian Vettel.
C’est pourtant sur ce point crucial que Romain Grosjean avait émis des doutes dès le 26 août 2017, au moment de l’annonce par la FIA. Il s’exprimait alors en tant que nouveau directeur du DGPA : « Le halo paraît vraiment efficace pour nous éviter d’être touché par un pneu qui se détacherait, mais il pose aussi beaucoup de questions », comme, en cas d’incendie, celle du temps d’extraction de la voiture qui a été augmenté. Lorsqu’on demande, quelque six mois plus tard, à Romain Grosjean s’il se sent plus en sécurité aujourd’hui, il laisse planer un long silence avant de lâcher un lapidaire : « Non. »
Les ingénieurs ont fait le job
Chez les ingénieurs, la satisfaction du devoir bien accompli domine. Prévenus officiellement en juillet 2017, ils ont fait le travail : intégrer et fixer sur les cockpits un halo de 10 kg, pour tous le même, capable de résister à une charge de 12 tonnes. Le plus compliqué pour eux a été de le faire à poids quasi constant, les monoplaces étant limitées à 733 kg, pilote inclus. Le centre de gravité a également été déplacé, d’où certaines modifications aérodynamiques.
« Heureusement, nous avions déjà travaillé sur un halo en 2016, tempère Nike Chester, directeur technique châssis chez Renault Sport F1. Nous avions étudié toutes les éventualités. Cela a été relativement facile et bien mené. » Avant de rappeler : « Nous avons eu des pilotes qui sont morts à cause de projectiles. C’est donc une bonne chose. »

   


Pour les patrons d’écuries, le débat est fini
Les patrons, eux, sont moins enthousiastes. Le « Donnez moi une tronçonneuse que je l’enlève ! » du patron de Mercedes Toto Wolff fin février restera dans les annales. Quatre arguments reviennent régulièrement. D’abord, le halo n’est pas esthétique. Ensuite, il ne s’inscrit pas dans l’ADN de la F1. « Si vous carénez les roues ou si vous couvrez la tête des pilotes, ce n’est plus de la F1 », assure un responsable. Enfin, cela déplaît aux fans, qui ont largement moqué le halo via les réseaux sociaux. Or le fan étant une denrée qui se raréfie, autant ne pas le contrarier. Seule solution, « remettre l’humain, c’est-à-dire le pilote, au cœur de la F1. » Pas gagné, derrière ses lunettes opaques, son casque et maintenant son halo.
Le temps a aussi posé problème. Cyril Abiteboul, directeur général de Renault Sport, et Eric Boulier, directeur sportif de McLaren, insistent. « Cela a pris des mois ! », lance ce dernier. Et ce temps représente « plusieurs centaines de milliers voire un million de dollars » de coûts supplémentaires, évalue le directeur des opérations Andrew Green de Force India. Néanmoins, Frédéric Vasseur, patron de Sauber Alfa Roméo, y voit toutefois plus d’avantages que d’inconvénients, en particulier en matière de sécurité : « Indéniablement, [le halo] est une protection pour le pilote. »
Indéniablement ? Le halo n’aurait pas empêché la mort de Jules Bianchi, qui a percuté un engin de levage lors du Grand Prix du Japon de 2014, et certains dénoncent une forme d’hypocrisie. « La FIA joue sur du velours, confie un responsable de communication. Qui va dire qu’elle ne veut pas plus de sécurité pour les pilotes ? » « Maintenant c’est un débat du passé, stoppe, pragmatique, Cyril Abiteboul. Le halo existe, il est là », après un vote à l’unanimité des écuries, condition à toute décision prise par la FIA. « Maintenant il faut l’exécuter du mieux possible. » Sur la piste refaite du circuit Catalunya, les voitures tournent à des vitesses jamais atteintes.

Immense lap times, and close to THREE race distances for some runners 👀

— F1 (@Formula 1)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-15">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le journaliste et scénariste du comics « Black Panther », est revenu, lors du festival South by Southwest, sur sa participation à l’univers Marvel.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Ta-Nehisi Coates : « Captain America est comme Barack Obama, il croit en l’idéal de l’Amérique »

Le journaliste et scénariste du comics « Black Panther », est revenu, lors du festival South by Southwest, sur sa participation à l’univers Marvel.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 17h31
    |

            Pauline Croquet (Austin (États-Unis), envoyée spéciale)








                        


Journaliste et auteur à succès, Ta-Nehisi Coates est considéré comme l’un des penseurs afro-américains les plus influents de sa génération. Mais c’est sa contribution à l’univers des comic books — et plus particulièrement à Black Panther, dont l’adaptation au cinéma vient de dépasser le milliard de dollars de recettes — qui a été au cœur de son intervention au festival South by Southwest (SXSW), à Austin (Texas), samedi 10 mars.

Great conversation between The Atlantic’s Ta-Nehisi Coates and Jefferey Goldberg. #sxsw https://t.co/ZeIjSQzSjQ https://t.co/jUnqEUDtft— CurrencyTim (@Tim McAlpine)


require(["twitter/widgets"]);

Devant plusieurs centaines de personnes, il s’est exprimé sur sa décision d’accepter d’écrire, pour Marvel, une partie des prochains épisodes de la célèbre franchise Captain America. Pourtant, Ta-Nehisi Coates le reconnaît : dans sa jeunesse à Baltimore bercée par la figure de Malcolm X — « il était comme Jésus à la maison » — ce héros blanc ultra-patriote ne l’intéressait pas. « Captain America est comme Barack Obama, il croit en l’idéal de l’Amérique », affirme l’écrivain avant de préciser : « Soyons clairs, il ne s’agit ni de louanges ni de critiques. Il croit vraiment en cet idéal ».
C’est justement ce qui amuse l’auteur de Une colère noire, lettre à mon fils (Autrement, 2016), fervent critique politique de l’administration Trump, mais aussi un grand déçu de la présidence Obama. Écrire Captain America est une façon de s’attaquer à cet idéalisme américain :
« Quand tu écris des comic books, tu ne peux pas rester dans ton monde. »
« Bizarrement optimiste »
Quid de la politique d’écriture dans l’univers Marvel ? « Quand vous faites des bandes dessinées dans un endroit comme Marvel, vous prenez une histoire qui est déjà en cours. Pour l’écrire, vous devez faire toutes ces recherches historiques, vous devez lire tous ces autres bandes dessinées. » Une règle à laquelle l’auteur ne dérogera pas pour Captain America :
« Toute proposition que je ferai sera basée sur ce qui s’est passé avant. J’aime ce genre de chose. Je pense que c’est vraiment, vraiment cool. J’aime faire partie d’un plus grand arc et d’une histoire plus grande. »
Ta-Nehisi Coates n’a pas tari d’éloges sur Ryan Coogler, « le grand réalisateur » du film Black Panther. Cette adaptation sur grand écran a été en partie inspirée par le travail de M. Coates en tant que scénariste de la bande dessinée depuis 2016.
« Ryan Coogler a réussi quelque chose que l’on avait jamais vu. Regardez le casting qui regroupe des acteurs noirs venus du monde entier. C’est un message important pour la diaspora. »

        Lire aussi :
         

                « Black Panther » : le premier super-héros noir reprend du pouvoir dans la pop culture américaine



« Le racisme est un luxe »
Jeffrey Goldberg, son rédacteur en chef à l’hebdomadaire The Atlantic et l’animateur de la conférence, a bien tenté de revenir sur le sujet de sa venue — le journalisme à l’ère de Donald Trump — en demandant à l’auteur comment il percevait la couverture médiatique de l’actuelle présidence : « Je me sens bizarrement optimiste. Je vois beaucoup moins d’indécision concernant Trump qu’il n’y en a eu dans le passé ». Et de lui demander s’il était se sentait militant : « mon travail d’écrivain est différent. Celui d’un activiste est de convaincre les gens de s’engager, faire quelque chose. Ce n’est pas ce que je fais ».
À la fin de la conférence, Ta-Nahisi Coates s’est aussi exprimé sur le racisme, thème central de son œuvre. Jeffrey Goldberg lui a demandé ce qui pourrait y mettre fin :
« Une perte complète de la blancheur et de sa suite de privilèges. Une redistribution massive de la richesse. […] Le racisme est un luxe. Tant que vous pouvez vous le permettre, vous allez faire ce que vous pouvez pour le garder. Quand il devient trop coûteux de garder, le racisme devient inutile. »

        Lire aussi :
         

                Les intellectuels afro-américains en pleine bataille d’idées






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-16">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Pour sa course de reprise après les JO, le quintuple champion olympique a terminé second de la mass-start, en Finlande.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Biathlon : revenu de loin, Martin Fourcade s’échappe au classement de la Coupe du monde

Pour sa course de reprise après les JO, le quintuple champion olympique a terminé second de la mass-start, en Finlande.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 16h05
   





                        



   


Martin Fourcade aime – parfois – se compliquer la tâche. Forfait jeudi du sprint de l’étape finlandaise de la Coupe du monde de biathlon, à Kontiolahti, le multimédaillé olympique français a entamé, dimanche 11 mars, l’épreuve de mass-start par deux fautes lors de son premier tir. Deux balles qui frappent légèrement à gauche de la cible.

        Revivez
         

          la mass start finlandaise avec Martin Fourcade



« Je me suis fait peur », expliquait après la course le récent champion olympique de la discipline, confessant « beaucoup d’incompréhension » lors de ce premier tir ne correspondant pas à ses standards d’exigence. Revenant d’une gastro-entérite, le Pyrénéen, marqué par l’effort, se satisfaisait cependant de sa seconde place, derrière l’Autrichien Julian Eberhard.
« Il y avait beaucoup de fatigue à l’arrivée », a souligné le quintuple champion olympique, incapable « mettre les watts » et de résister dans le dernier tour au retour sur les skis de l’Autrichien. « Cette seconde place, dans beaucoup de situations elle m’aurait frustré mais aujourd’hui, c’est plutôt une bonne chose. »

.@martinfkde : "je me suis fait très peur" #lequipeBIATHLON https://t.co/q1GJ6yBRjh— lachainelequipe (@la chaine L'ÉQUIPE)


require(["twitter/widgets"]);

Pour son retour à la compétition depuis ses exploits des JO en Corée, Martin Fourcade a finalement accentué son avance au classement général de la Coupe du monde de biathlon. Avec son 16e podium en autant de courses sur le circuit de la Coupe du monde cette année, le skieur de Font-Romeu inscrit des points précieux dans son duel avec Johannes Boe pour le gain d’un 7e gros globe de cristal d’affilée.
Le Norvégien n’ayant terminé que 19e, Fourcade dispose désormais de 43 longueurs d’avance sur son principal rival à cinq courses du terme de la saison, le 25 mars à Tyumen en Russie. Pour établir le classement final, il faudra néanmoins retrancher les deux plus mauvais résultats de chaque biathlète.

        Lire aussi :
         

                Martin Fourcade : « Si j’ai envie, je continuerai à dominer »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-17">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Confrontés à deux nouvelles plaintes, en France et aux Etats-Unis, les avocats du prédicateur musulman mis en examen pour viol doivent faire face à la contestation et au complotisme de ses soutiens.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


La défense de Tariq Ramadan embarrassée par ses soutiens

Confrontés à deux nouvelles plaintes, en France et aux Etats-Unis, les avocats du prédicateur musulman mis en examen pour viol doivent faire face à la contestation et au complotisme de ses soutiens.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 12h28
    |

            Raphaëlle Bacqué








                        



                                


                            

Tariq Ramadan a quitté, jeudi 8 mars, la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) où il était incarcéré depuis un mois, pour être admis à La Pitié-Salpêtrière au sein de l’unité surveillée de l’établissement hospitalier parisien. Le prédicateur musulman, mis en examen depuis le 2 février pour « viol », et détenu jusqu’ici à l’isolement sans pouvoir communiquer avec sa famille, souffre selon ses défenseurs de « douleurs dans les membres inférieurs liés à une affection neurologique » et « d’une profonde dépression ».
Vendredi, il a pu rencontrer dans sa chambre d’hôpital Me Yassine Bouzrou, qui assure sa défense depuis octobre 2017. Ce dernier était accompagné de son confrère Emmanuel Marsigny, venu rejoindre le pôle d’avocats de M. Ramadan. Avec Me Julie Granier, l’associée de Me Bouzrou, et les deux avocats suisses Marc Bonnant et Yaël Hayat, ils sont désormais cinq à tenter d’ajuster une stratégie de défense dans un dossier de plus en plus délicat.
Jusqu’ici, le petit-fils du fondateur des Frères musulmans nie farouchement les accusations de viol portées contre lui les 20 et 27 octobre 2017 par Henda Ayari et « Christelle » (un prénom d’emprunt destiné à préserver son anonymat). « Les faits dont vous me parlez ne m’évoquent rien », avait-il déclaré lors de sa confrontation avec cette dernière.
Un possible alibi fait long feu
Tariq Ramadan avait alors réfuté en bloc non seulement le viol mais aussi toute relation sexuelle et même être monté avec la jeune femme dans sa chambre d’hôtel avant sa conférence à Lyon, le 9 octobre 2009, comme elle le soutient. Le 6 février, le juge des libertés et de la détention avait cependant refusé de libérer le théologien suisse, comme le demandaient ses avocats. Une décision confirmée par la cour d’appel le 22 février.
Entre-temps, une réservation d’avion, présentée par M. Ramadan comme un possible alibi, avait fait long feu : les enquêteurs ont...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-18">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les alertes et pastilles apparaissant sur les téléphones sont assez peu encadrées, symbole de l’absence de consensus sur la question de l’attention des utilisateurs.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ 
<article-nb="2018/03/11/19-19">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », le député européen, militant anti-OGM, figure de l’altermondialisme, raconte les origines de son engagement.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


José Bové : « J’ai été happé par le militantisme »

Pour « La Matinale du Monde », le député européen, militant anti-OGM, figure de l’altermondialisme, raconte les origines de son engagement.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 12h44
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Militant du Larzac, membre ­fonda­teur du syndicat agricole Confédération paysanne, candidat à l’élection présidentielle de 2007, José Bové est l’une des figures du mouvement altermondialiste. Il est depuis 2009 député européen (Groupe des Verts/Alliance libre européenne) et il s’est opposé au projet ­d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).
Je ne serais pas arrivé là si…
Si ma mère ne m’avait pas soutenu lors de mon premier conflit à l’école. J’ai 3 ans, nous sommes aux Etats-Unis, à Berkeley, où mes parents finissent leurs études – agronomie pour mon père, sciences naturelles pour ma mère. La maîtresse demande de dessiner un écureuil. Je rends mon dessin, elle me dit que je dois le recommencer, parce qu’il a la queue dans le prolongement du corps, et non en l’air. Je refuse. Ma mère est convoquée, ­j’explique que, quand je vois les écureuils ­traverser la route, ils n’ont jamais la queue en l’air… Et ma mère dit à l’institutrice que je ne changerai pas mon dessin. Je m’en souviens comme si c’était hier !
Vos parents ont-ils souvent été de votre côté ?
Cela s’est reproduit plusieurs fois, oui. Ils n’étaient pas forcément d’accord avec mes choix de vie, mais ils les accompagnaient. Quand les curés de la pension d’Athis-Mons où je suis adolescent, critiquent les livres que j’achète, ma mère me défend. Quand je vais au Larzac en 1973, mes parents sont là, ils viennent camper. Quand on me refuse en 1974 mon statut d’objecteur de conscience et que je dois me cacher, ils se taisent devant les gendarmes. Et ils sont venus à la plupart de mes procès. Y compris en 2001, lorsque des collègues de la Confédération paysanne et moi-même sommes jugés pour avoir ­détruit des plants de riz transgéniques dans une serre du Cirad [Centre de coopération ­internationale en recherche agronomique], à Montpellier. Ma mère avait fait toute sa ­carrière au Cirad, elle retrouvait chez les plaignants...




                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-20">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le président de la République a prévenu qu’il n’avait pas l’intention de ralentir le rythme des multiples réformes menées simultanément.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Depuis l’Inde, Macron aux « commentateurs fatigués » : « Nous allons continuer à réformer »

Le président de la République a prévenu qu’il n’avait pas l’intention de ralentir le rythme des multiples réformes menées simultanément.



Le Monde
 |    11.03.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 11h01
    |

            Bastien Bonnefous








                        



   


C’est devenu une habitude pour Emmanuel Macron. Comme chaque fois que le chef de l’Etat s’exprime devant les communautés françaises de l’étranger, il a vanté dimanche 11 mars, devant les Français de New Delhi, son action dans l’Hexagone et prévenu qu’il n’avait pas l’intention de ralentir le rythme des réformes.
S’exprimant dans les jardins de l’ambassade française à New Delhi, le président de la République, au deuxième jour de sa visite d’Etat en Inde, a fait la publicité de son action en France et répondu aux critiques contre son réformisme tous azimuts depuis son élection. Un discours guère nouveau, qu’il avait déjà tenu plus ou moins dans les mêmes termes à Athènes ou à New York, lors de précédents déplacements ces derniers mois.
« En France, nous allons continuer à réformer en profondeur pour mettre fin à un chômage de masse auquel nous nous sommes habitués, et mettre fin à des habitudes qui n’avaient plus de justification », a expliqué Emmanuel Macron qui, après la réforme du droit du travail, a lancé celles de l’assurance chômage et de la formation professionnelle, ou de la SNCF, en plus des réformes de l’école, de l’asile et de l’immigration, de l’audiovisuel public…
Emmanuel Macron, qui devait poursuivre dimanche après-midi son voyage indien par une étape au Taj Mahal avec son épouse, Brigitte, a pris ainsi soin de repolitiser son déplacement avant cette séquence « people ». « Cela ne s’arrêtera ni demain, ni dans le mois prochain, ni dans les trois mois », a précisé le chef de l’Etat car « les Français et les Françaises le souhaitent profondément, seuls des commentateurs fatigués voudraient qu’il y ait un terme à ce mouvement ».

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron, la réforme au pas de charge






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/11/19-21">
<filnamedate="20180311"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180311"><AAMMJJHH="2018031119">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Malgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/03/2018
Découvrir l’application


                        

Sept ans après Fukushima, l’opposition japonaise se mobilise pour la sortie du nucléaire

Malgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
11.03.2018 à 09h45
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Défi au gouvernement. Volonté de relancer le débat sur l’usage de l’atome pour la production d’électricité. Véritable ambition politique. Il y a un peu de tout cela dans le projet de loi prévoyant la sortie du nucléaire déposé, vendredi 9 mars, par quatre partis de l’opposition japonaise, à commencer par le Parti démocrate constitutionnel (PDC), qui avait fait campagne sur ce point lors des législatives d’octobre 2017.
Le texte prévoit d’arrêter tous les réacteurs d’ici à cinq ans et de réduire de 30 % les besoins annuels en électricité d’ici à 2030, par rapport au niveau de 2010. Il souhaite porter à 40 % la part des renouvelables. Pour financer le démantèlement des réacteurs, leur nationalisation est envisagée. « Le nucléaire pose des problèmes comme l’accumulation des déchets ou l’exposition des travailleurs aux radiations, a expliqué Yukio Edano, le dirigeant du PDC, qui a fait une tournée dans tout le Japon pour promouvoir ce texte. L’idée se généralise qu’il représente un risque pour l’humanité et dépasse les connaissances actuelles. »
Sept ans après la catastrophe de Fukushima de mars 2011, la défiance des Japonais envers l’atome reste réelle. Dimanche 11 mars, jour anniversaire de la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, une cérémonie officielle s’est tenue à Tokyo, en présence du premier ministre Shinzo Abe, du prince Akishino, fils cadet de l’empereur Akihito, et de son épouse Kiko, tous deux représentant le couple impérial, ainsi que de survivants. Les opposants à l’atome ont également appelé à manifester.
Indépendamment de l’initiative du PDC, la sortie du nucléaire est aussi promue par les anciens premiers ministres, Junichiro Koizumi – mentor de Shinzo Abe, l’actuel premier ministre –, Morihiro Hosokawa ou encore Naoto Kan, qui dirigeait le gouvernement au moment de la catastrophe.
L’unanimité à soutenir l’atome semble se fissurer dans le cabinet du premier ministre japonais
MM. Koizumi et Hosokawa ont eux aussi travaillé sur un projet de législation pour sortir du nucléaire avec l’ONG Genjiren. « Les défenseurs du nucléaire privilégient leurs propres intérêts à ceux de la population et de l’environnement », a déploré M. Koizumi lors d’une conférence de presse, le 7 mars, au Club des correspondants de la presse étrangère.

        Lire aussi :
         

                Japon : premier feu vert depuis 2011 pour le redémarrage de réacteurs nucléaires Tepco



Un point qui rappelle les critiques formulées au moment de la catastrophe sur l’opacité du « village nucléaire » nippon, une coterie de politiciens, d’industriels et d’universitaires jugée responsable du drame dont la résolution devrait prendre une quarantaine d’années et coûter, selon une estimation d’avril 2017 du Centre d’études économiques JCER, 70 000 milliards de yens (624 milliards d’euros). Le gouvernement, lui, l’estime à 22 000 milliards de yens (196 milliards d’euros).
A la centrale, les progrès pour le démantèlement sont réels mais lents. La Compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco, responsable de Fukushima) doit notamment résoudre les problèmes de l’extraction du corium, le combustible fondu de trois réacteurs, et de l’eau contaminée, issue du refroidissement des réacteurs endommagés. 850 000 tonnes ont été accumulées.

   


La relance du débat intervient au moment où le gouvernement Abe prépare un nouveau cadre d’orientation pour l’énergie. La dernière révision date de 2014. Elle fixait la part du nucléaire à 20-22 % en 2030 – contre 28 avant Fukushima –, celle des renouvelables à 22-24 %, celle du gaz à 27 % et celle du charbon à 26 %. L’atome était alors considéré comme l’une des sources d’énergie « de base ». Ce texte avait enterré l’objectif, fixé en 2012 par l’administration précédente, d’une sortie du nucléaire d’ici à 2040.
« Lamentables »
Au sein du cabinet Abe, l’unanimité à soutenir le nucléaire semble se fissurer. Le ministre des affaires étrangères, Taro Kono, connu pour son hostilité à cette énergie, a profité d’une conférence à Abou Dhabi, le 17 janvier, pour critiquer les objectifs d’utilisation des énergies renouvelables, les qualifiant de « lamentables » et en retard car « le pays privilégie le statu quo par peur du changement ».

        Lire aussi :
         

                Une bombe de la deuxième guerre mondiale découverte dans l’enceinte de la centrale de Fukushima



En janvier, quand MM. Koizumi et Hosokawa ont abordé leur projet, le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, maintenait de son côté l’objectif de redémarrage des réacteurs. « Nous cherchons également à réduire la dépendance au nucléaire autant que possible en augmentant l’usage des renouvelables et par la mise en œuvre de mesures d’économies d’énergie », avait-il toutefois nuancé.
Proche d’une industrie inquiète des conséquences financières d’une sortie du nucléaire, le gouvernement Abe cherche à relancer 42 réacteurs sur les 54 en fonctionnement avant le 11 mars 2011. Après la catastrophe, l’ensemble du parc avait été mis à l’arrêt, faisant bondir les importations de combustible pour centrales thermiques. Mais le processus de redémarrage reste lent et complexe. Cinq réacteurs ont repris du service, 19 autres attendent une autorisation de redémarrer.
Outre les coûts d’adaptation aux nouvelles normes de sécurité édictées après Fukushima, qui s’élèveraient à près d’un milliard de dollars par réacteur, la relance se heurte aux réticences des populations. A la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, gérée par la Tepco, le gouverneur du département de Niigata, Ryuichi Yoneyama, s’y oppose. Il estime que les causes réelles de la catastrophe de Fukushima restent à déterminer, de même que l’impact réel d’un accident nucléaire sur le corps humain et la vie quotidienne.




                            


                        

                        

