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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Analyse. blockbusters hollywoodiens et comédies françaises se partagent le haut de l’affiche du box-office national. Cette répartition entre divertissement mondialisé et galéjade nationale, localement plébiscitée mais plus ou moins inexportable, n’est pas que française, relève le journaliste du « Monde », Jacques Mandelbaum.
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Cinéma : super-héros planétaires contre infra-héros nationaux

Analyse. blockbusters hollywoodiens et comédies françaises se partagent le haut de l’affiche du box-office national. Cette répartition entre divertissement mondialisé et galéjade nationale, localement plébiscitée mais plus ou moins inexportable, n’est pas que française, relève le journaliste du « Monde », Jacques Mandelbaum.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 12h39
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Analyse. Connaissez-vous beaucoup de films qui, en l’espace de cinq jours, rassemblent 2 millions de spectateurs dans les salles françaises ? C’est ce qui s’est produit avec La Ch’tite Famille, sixième long-métrage de Dany Boon, sorti mercredi 28 février, qui fait une entrée en fanfare en tête du box-office. Il s’ajoute à l’autre « phénomène » national de ce début 2018, Les Tuche (troisième du nom), d’Olivier Baroux, qui agrège 5 millions de spectateurs en cinquième semaine d’exploitation.
Face à ce tandem français typé, un autre prodige, hollywoodien et globalisé celui-ci, domine la partie, avec 2 400 000 entrées en troisième semaine d’exploitation. On a évidemment nommé Black Panther, de Ryan Coogler, qui engrange à ce jour la somme faramineuse de 800 millions de dollars (650 millions d’euros) dans le monde. Le succès rencontré par ces films, qui se joue dans un cas à l’échelle planétaire, dans les autres sur la scène nationale, est incommensurable. Il n’en reste pas moins intéressant à souligner, tant le cinéma y apparaît comme un bon marqueur du découplage qui caractérise le phénomène de la mondialisation.
Menace hégémonique de Disney
L’affaire n’est pas nouvelle. Voilà beau temps que blockbusters hollywoodiens et comédies françaises se partagent le haut de l’affiche du box-office national. Cette répartition entre divertissement mondialisé, dont Hollywood se pose en maître absolu, et galéjade nationale, localement plébiscitée mais plus ou moins inexportable, n’est pas que française. On retrouve ce schéma à peu près partout en Europe.
Chez nous, sans surprise, la confrontation oppose au sommet mythologie planétaire et légende gauloise, esprit d’aventure et irréductibilité du terroir, rêve de grandeur universelle et passion du particularisme. Jacques Tati, génie hors sol, l’avait vu très tôt, en incarnant, dès Jour de fête (1949), un facteur berrichon qui, sous la double influence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pour créer les décors du film, la décoratrice Hannah Beachler a croisé des éléments d’architecture africaine à des références futuristes.
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Comment « Black Panther » rebâtit l’Afrique

Pour créer les décors du film, la décoratrice Hannah Beachler a croisé des éléments d’architecture africaine à des références futuristes.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 12h00
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Au creux de montagnes verdoyantes, une ville s’élève. Son architecture est difficile à identifier et si l’homme a laissé une profonde empreinte, hérissant le paysage de gratte-ciel, il s’est aussi entouré d’arbres. Une oasis plutôt qu’une jungle urbaine, c’est ainsi que l’on pourrait décrire la capitale du royaume africain du Wakanda, Golden City. Ici règne le prince T’Challa, alias Black Panther, superhéros du film du même nom réalisé par Ryan Coogler, véritable phénomène de société aux Etats-Unis et au-delà. En mettant en scène quasi uniquement des acteurs à la peau noire, l’œuvre casse les codes jusque-là en vigueur à Hollywood, où les Afro-Américains sont souvent cantonnés à des rôles de voyous ou de subalternes.
Ici, c’est tout le contraire. L’homme et la femme noirs en imposent à l’homme blanc. Leur ville est à l’image de la civilisation qu’ils ont construite : résolument africaine, technologiquement avancée et harmonieuse, à l’opposé des « shithole countries » (« pays de merde »), ainsi que Donald Trump aurait qualifié les pays d’Afrique, Haïti et le Salvador. Le film invente une nation africaine qui aurait échappé à l’esclavage grâce au vibranium, un métal aux propriétés extraordinaires. Pour faire vivre ce monde fantastique, la chef décoratrice Hannah Beachler a dû inventer tout un univers. « Le défi était d’imaginer une vision futuriste de l’Afrique. Qu’est-ce que les Africains auraient fait s’ils avaient gardé le contrôle de leur culture, s’ils n’avaient pas été colonisés ? Comment leurs cultures se seraient-elles entremêlées ? », ­explique-t-elle au magazine Wired.
L’horizon urbain qu’elle déploie associe différentes références à l’architecture du continent noir. Les tours du palais royal, qui figure au premier plan, sont hérissées de poutres. Elles évoquent ainsi la ville de Tombouctou, au Mali, où certaines des mosquées construites aux XIVe et XVe siècles sont faites de briques de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte sa rencontre avec le dresseur de fauves du cirque Pinder, à l’heure où les associations de défense du bien-être animal dénoncent les pratiques ayant cours, selon elles, dans le milieu circassien.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Des coups de griffes, le dompteur de fauves Frédéric Edelstein en a essuyé quelques-uns »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte sa rencontre avec le dresseur de fauves du cirque Pinder, à l’heure où les associations de défense du bien-être animal dénoncent les pratiques ayant cours, selon elles, dans le milieu circassien.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h58
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Chronique. Né à Lyon sous le signe du lion, élevé par un père administrateur de plusieurs cirques traditionnels (Bouglione, Amar, Cirque d’hiver, Pinder), Frédéric Edelstein ne pouvait pas échapper à son destin : devenir dompteur. De fauves, s’entend. Sous le chapiteau rouge et or du cirque Pinder, l’homme présente actuellement un numéro de dressage au milieu de douze lions blancs : deux mâles et dix femelles qu’il fait parader nonchalamment sur la piste, sauter d’un tabouret à l’autre, et marcher debout, dressés sur les pattes arrière. En guise de final, les mammifères se couchent sur le corps du dresseur, allongé sur la sciure.

Le baiser, que celui-ci a l’habitude de poser sur le museau de la lionne la plus proche est donné avec une énergie appuyée, ces derniers temps. Comme un message envoyé à destination des associations de défense du bien-être animal qui, ces derniers mois, ont pris la parole dans les médias et les réseaux sociaux pour dénoncer les pratiques ayant cours, selon elles, dans le milieu du cirque. Coups de bâton, privations, punitions, mutilations… Le doute s’est installé chez ceux qui allaient jusque-là au cirque le cœur léger, gourmands de strass et de paillettes, sans se demander si les animaux présentés pouvaient être maltraités. Et si les cages, dans lesquelles sont enfermées les bêtes sauvages une grande partie de la journée, étaient devenues intolérables pour nos sociétés éprises de justice ?
Dix fois, vingt fois au cours des deux heures que nous passerons ensemble, Frédéric Edelstein répétera qu’il n’a jamais brutalisé un animal de sa vie, aussi féroce que soit un carnivore de 300 kg aux canines acérées. Le dresseur préfère parler d’« exploit », d’un « lien incroyable avec un animal dangereux », d’une relation faite de « respect réciproque ». D’« amour » aussi, finit-il par lâcher. Il faudrait être une petite souris et s’introduire dans les séances d’entraînement pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. En voulant réduire la capacité d’intervention des groupes minoritaires sur les projets de loi, le gouvernement ne peut que braquer davantage les parlementaires et rendre plus aléatoire encore le sort de sa réforme.
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Révision constitutionnelle : le piège du droit d’amendement

Editorial. En voulant réduire la capacité d’intervention des groupes minoritaires sur les projets de loi, le gouvernement ne peut que braquer davantage les parlementaires et rendre plus aléatoire encore le sort de sa réforme.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h30
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Réformer les institutions est toujours un exercice à haut risque. Lorsque, le 3 juillet 2017, le président de la République avait annoncé au Parlement son intention de réviser la Constitution, l’ambition était vigoureuse : moderniser le fonctionnement des pouvoirs publics pour les rendre plus « efficaces », plus « représentatifs » et plus « responsables ».
Outre des changements à peu près consensuels – suppression de la Cour de justice de la République et du droit des anciens présidents de la République de siéger au Conseil constitutionnel, réformes du Conseil supérieur de la magistrature et du Conseil économique, social et environnemental –, Emmanuel Macron entendait mener à bien trois réformes emblématiques et approuvées par les Français : réduction d’un tiers du nombre de députés et de sénateurs, introduction d’une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif et limitation à trois mandats successifs pour les parlementaires et les présidents d’exécutifs locaux. Sans entrer dans le détail, il souhaitait aussi accélérer la procédure d’élaboration des lois. Enfin, la mention de la Corse dans la Constitution et l’élargissement du droit à l’expérimentation des collectivités locales se sont, depuis, ajoutés au menu.

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Mais, plus le chantier se précise, plus les difficultés s’amoncellent. Pour des raisons juridiques, d’abord. La plupart de ces réformes sont de nature constitutionnelle et entraînent une révision de la Loi fondamentale, laquelle suppose l’accord du Sénat, quelle que soit la procédure utilisée (vote du Congrès à la majorité des 3/5es ou référendum). La réduction du nombre de parlementaires relève de la loi organique et implique aussi l’accord des sénateurs, puisqu’ils sont concernés. Seule la modification du scrutin législatif relève de la loi ordinaire et peut se dispenser de l’aval du Sénat.
Musellement des contre-pouvoirs
Peu ou prou, l’assentiment du Sénat est donc déterminant. Or il est très loin d’être acquis. Pour d’évidentes raisons politiques, la majorité de droite du Palais du Luxembourg n’est guère encline à faire cadeau au chef de l’Etat de la réussite d’une réforme d’ampleur. Le président du Sénat, Gérard Larcher, s’est donc érigé en défenseur pugnace des droits des parlementaires, refusant catégoriquement la limitation du cumul des mandats dans le temps et exigeant que la diminution du nombre de députés et de sénateurs ne nuise pas à la représentation équitable des territoires.

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Le climat risque fort de se dégrader un peu plus depuis que le gouvernement a précisé sa volonté de rationaliser le travail des parlementaires, notamment en restreignant leur droit d’amendement : il veut, d’une part, interdire, lors de la discussion d’un texte en séance publique, le dépôt d’un amendement déjà rejeté en commission et, d’autre part, limiter le nombre d’amendements de chaque groupe proportionnellement au nombre de ses élus, ce qui réduirait d’autant la capacité d’intervention des groupes minoritaires.
L’intention est compréhensible : limiter la capacité d’obstruction dont usent et bien souvent abusent toutes les oppositions. Mais, en encadrant ainsi le droit d’amendement – dont le principe est posé par l’article 44 de la Constitution –, le gouvernement ne peut que braquer davantage les parlementaires et rendre plus aléatoire encore le sort de sa réforme. Si la recherche de l’efficacité est légitime, elle ne saurait justifier le musellement des contre-pouvoirs, aussi agaçants soient-ils. Mieux vaut convaincre que contraindre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Que l’on postule en prépa, BTS, DUT, ou en licence ou Paces, dans quelle mesure le critère de l’origine géographique sera-t-il pris en compte ? Explications avant la date limite pour faire ses voeux, mardi 13 mars.
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Parcoursup 2018 : peut-on faire des voeux d’inscription postbac en dehors de son académie ?

Que l’on postule en prépa, BTS, DUT, ou en licence ou Paces, dans quelle mesure le critère de l’origine géographique sera-t-il pris en compte ? Explications avant la date limite pour faire ses voeux, mardi 13 mars.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 07h45
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


A savoir avant de formuler ses dernières voeux d’orientation sur la plateforme Parcoursup, au plus tard mardi 13 mars à 18 heures : dans les filières sélectives (CPGE, BTS, DUT, écoles avec concours ou examen d’entrée, etc.), la sélection ne se fait pas, sauf rares mentions contraires, en fonction du critère géographique, seule la qualité du dossier est prise en compte (notes, classement de l’élève dans sa classe, « projet de formation motivé », etc.).
Pour candidater à l’université (licence, Paces), le secteur géographique était, sur l’ancienne plate-forme APB, l’un des deux critères utilisés (avec l’ordre des vœux) pour départager les candidats s’ils étaient plus nombreux que le nombre de places. Avec la nouvelle plate-forme Parcoursup, la priorité reste donnée, dans ces filières, aux candidats de l’académie. Cette dernière est définie par le domicile des parents (ou du responsable légal) du candidat, et on peut connaître son académie de rattachement en cliquant sur l’onglet « Secteurs licences » dans Parcoursup.
Pour augmenter ses chances d’être pris dans une filière très demandée, mieux vaut donc faire au moins un vœu dans son académie, quitte à en faire un autre sur la même licence d’une autre académie.
Il est en effet également possible de postuler dans des licences en dehors de son académie. Dans ce cas, une alerte sur fond jaune (voir la capture d’écran) prévient que le candidat ne sera pas prioritaire si la formation reçoit plus de demandes que de places disponibles. Ce n’est qu’après la clôture des vœux que le recteur de l’académie fixera un quota de candidats « hors académie ». Moins la filière est en tension, plus celui-ci est susceptible d’être important. Comme le précise l’alerte sur Parcoursup, il est donc vivement conseillé de formuler « également » des vœux dans les licences de son académie.

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les vœux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/S’orienter au 21e siècle, à Paris (17 et 18 mars), après Nancy, Lille, Nantes et Bordeaux.

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                Choisir son orientation : participez à nos conférences O21 à Paris, les 17 et 18 mars



A la veille de la clôture des vœux sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup, sera organisé un tchat en direct avec des psychologues du Centre d’information et d’orientation Mediacom, lundi 12 mars à 13 heures. A consulter également : notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/03/2018
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Thomas Piketty : « Pour une Union dans l’Union »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h48
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Après les élections italiennes et les pitreries commerciales trumpistes, il pourrait être tentant de déprimer et d’utiliser l’Europe pour jouer au même jeu stupide du repli : durcissement migratoire, escalade protectionniste. Ce faisant, on oublierait deux points essentiels.
Un : contrairement à ce que l’on entend parfois, la montée du populisme européen ne s’explique pas par une quelconque déferlante migratoire. En vérité, le nombre de migrants entrant dans l’Union européenne (UE) était beaucoup plus élevé avant la crise financière (1,2 million par an entre 2000 et 2008). Il s’est effondré ensuite (500 000 par an entre 2008 et 2016), alors que la situation géopolitique aurait exigé une ouverture accrue.
Si l’on n’avait pas commis de lourdes fautes de politique économique, provoquant une nouvelle récession en 2011-2012, et une explosion du chômage en Europe du Sud, alors l’UE aurait pu – et pourrait encore – être plus ouverte, et éviter de se défausser sur les camps turcs pour gérer la crise. Les responsables de la montée du populisme sont ceux qui ont conduit ces politiques austéritaires à contretemps, et non les migrants et ceux qui les soutiennent.
Deux : les sanctions commerciales américaines, aussi bêtes soient-elles, ne sont que des gesticulations symboliques permettant à Trump de se démarquer des démocrates et de faire vibrer à peu de frais la corde nationaliste. Le cœur du programme trumpiste, ce sont les centaines de milliards de dollars engloutis dans la réforme fiscale adoptée en décembre 2017, qui vise à réduire massivement l’imposition des bénéfices des sociétés et des revenus et patrimoines des contribuables les plus aisés.
« Ce qui menace le monde, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands coups de dumping fiscal au profit des plus riches »
Ce qui menace le monde aujourd’hui, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les plaintes en diffamation envers des universitaires ébranlent une dimension essentielle de leur travail : la critique. Mais l’idée de légiférer contre de telles procédures divise.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Les chercheurs face aux « procédures bâillons »

Les plaintes en diffamation envers des universitaires ébranlent une dimension essentielle de leur travail : la critique. Mais l’idée de légiférer contre de telles procédures divise.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 11h01
    |

                            Cécile Michaut








                        



                                


                            
Les chercheurs et les enseignants-chercheurs doivent-ils bénéficier d’une liberté d’expression accrue ? La question peut sembler étrange : les experts issus des universités et des institutions de recherche se trouvent tous les jours sur les plateaux de télévision ou interviewés dans les journaux et ne semblent pas se censurer. Pourtant, nombre d’entre eux craignent aujourd’hui des poursuites judiciaires – et cette inquiétude est ravivée par la récente mise en examen du sociologue Jean-Claude Kaufmann pour diffamation contre le « sociologue » de l’émission de téléréalité « Mariés au premier regard ».

Les « procédures bâillons », ces plaintes en diffamation visant parfois plus à intimider et à faire taire qu’à obtenir réparation, n’épargnent pas les universitaires, mais elles sont très rares : dans un rapport rendu en avril 2017, le juriste Denis Mazeaud en recensait seulement huit, la plupart aboutissant à une relaxe, voire à une condamnation des parties civiles à verser des dommages et intérêts aux chercheurs pour procédure abusive. Le plus important organisme de recherche français, le CNRS, confirme d’ailleurs que les procédures à l’encontre de ses chercheurs sont très peu fréquentes.
Laurent Neyret, chercheur en droit constitutionnel, affirme que sa plume ne sera plus la même après la procédure bâillon intentée par Chimirec en 2014
Si ces procédures sont rares, elles ne sont pas forcément sans conséquence. Ainsi, Laurent Neyret, chercheur en droit constitutionnel, affirme que sa plume ne sera plus la même après la procédure bâillon intentée par Chimirec en 2014. Dans une revue juridique, il avait commenté une décision de justice en droit de l’environnement défavorable à l’entreprise.
Laurent Neyret a été poursuivi pour diffamation par Chimirec mais le tribunal de grande instance de Paris lui a donné raison : soulignant que « le seul fait d’examiner le caractère diffamatoire d’un article tel que celui rédigé par Laurent Neyret était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le sermon, le pamphlet, le « caractère » font florès sur les réseaux sociaux. Ne sommes-nous pas entrés dans une nouvelle ère classique ?
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Le youtubeur Norman, héritier de La Bruyère

Le sermon, le pamphlet, le « caractère » font florès sur les réseaux sociaux. Ne sommes-nous pas entrés dans une nouvelle ère classique ?



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h58
    |

                            Eric Loret








                        



                                


                            
Des difficultés de la presse et de l’édition, on déduit assez souvent que la lecture est en péril. La célèbre publicité pour les cours d’écriture de l’Américain James Patterson nous invite d’ailleurs para­doxalement à cesser cette activité obsolète pour nous mettre à écrire : « Stop reading this. Start writing. » Un minimum de bon sens et d’observation nous souffle pourtant qu’on n’a pas cessé de lire, mais que la place de l’écrit et de l’écrivain a été, comme on dit, réassignée : peut-être que l’on achète moins de livres et de journaux, mais la plupart d’entre nous lisons et aussi produisons de l’écrit en timeline, sur Twitter, sur ­Facebook, et nous lisons et produisons (certes moins) des images fixes ou animées, sur ­YouTube, en stories sur Instagram ou Snapchat, etc.
Car « lire », ce n’est pas seulement abouter des lettres pour déchiffrer des mots, c’est surtout savoir interpréter. Or, quand on regarde le genre de « textes » que sont les stories, dont la réussite repose sur un habile contrepoint de l’écrit et de l’image, on se dit que la lecture n’est vraiment pas en reste, ni l’inventivité en péril. Et qu’on est passé d’un système légitimant des « auteurs » (qui sont, comme leur nom l’indique, « autorisés ») à une société où il n’est plus illégitime (ni non plus légitime) pour personne d’écrire et de créer.
Fabrique du sens
Parallèlement, on entend dire que la littérature est morte, mais on sait par ailleurs que cette plainte date du milieu du XIXe siècle et de l’industrialisation de l’édition. Rien de neuf dans le déclinisme, donc. Ce qui a changé peut-être, enrevanche, c’est que, comme l’a analysé Alexandre Geffen dans son essai Réparer le monde (Le Monde du 29 décembre 2017), les lecteurs du XXIe siècle attendent surtout désormais que la « réparation » apportée par la fiction soit un soin direct, un pansement, et non plus un travail. Depuis deux siècles, ce qui portait le nom...




                        

                        


<article-nb="2018/03/10/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs juge que légaliser l’euthanasie et le suicide assisté n’est pas la solution.
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Débat sur l’euthanasie : « Défier la mort est plus facile de loin que de près »

Dans une tribune au « Monde », la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs juge que légaliser l’euthanasie et le suicide assisté n’est pas la solution.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h20
    |

Anne  de la Tour (Présidente de la SFAP, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, qui  fédère plus de 10 000 soignants et 6 00...







                        



                                


                            

Tribune. Tout le monde a en tête la belle pomme rouge fatale à Blanche-Neige. C’est une pomme luisante, appétissante, et qui exaucera tous ses vœux. Mais qu’elle croque de ce fruit, et la voilà plongée dans le ­sommeil de la mort : son sang se ­glacera, son souffle s’arrêtera, et ses yeux se fermeront à jamais.
Si l’on en croit la clameur impatiente en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté supposée monter des sondages, c’est le type de mort que désirent aujourd’hui une bonne partie de nos concitoyens : sans méchante sorcière sans doute, mais une mort qui vient, en blouse blanche, vous faire la piqûre ­létale ou vous donner le comprimé qui produira l’effet instantané, sans les souffrances et les embarras du « mourir ».
La tribune signée par 156 députés dans Le Monde daté du 1er mars, et qui fait suite au dépôt, ces derniers mois, de trois propositions de loi visant déjà à dépénaliser l’euthanasie, se présente, elle aussi, à l’opinion comme une pomme magnifique, survitaminée, désirable : qui s’opposerait à une « nouvelle liberté », un « nouveau droit » ? Qui serait assez « frileux » ou archaïque, ou conservateur, ou têtu, pour s’opposer à un vœu que l’on nous dit désormais majoritaire ?
Etre soulagé et accompagné par des soignants compétents
Forte de son expérience de dizaines de milliers de patients accompagnés chaque jour, au total quelques millions de patients depuis près de trente ans, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) est bien placée pour déplorer, avec les 156 élus, qu’on ne meure pas mieux en France, ou que « l’offre de soins palliatifs ne satisfasse pas à la multiplicité des situations individuelles ». Est-ce à dire cependant que l’on meurt en France si mal ? La plupart des 580 000 décès annuels interviennent de façon apaisée.
Nous regrettons bien sûr avec les élus les euthanasies clandestines : une lecture correcte des données...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.
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Omniprésents robots

Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h47
    |

                            Alain Abellard








                        



                                


                            

Il fait rêver, fantasmer. Pourtant, ce n’est qu’une machine créée par l’homme et pour l’homme. Parfois, le robot emprunte selon un narcissisme terriblement humain l’apparence de son créateur, avec des versions humanoïdes. Depuis les premiers automates, la robotique est devenue sophistiquée ; à l’échelle du temps humain son histoire est brève, mais indissociable de l’Intelligence artificielle, en pleine expansion, qui simule et reproduit le fonctionnement de l’intelligence humaine avec l’absorption de données gérées avec une puissance de calcul phénoménale.
Le mot « robot » est né en 1920 sous la plume de l’auteur tchèque Karel Capek, qui l’utilisa dans sa pièce de théâtre R.U.R. (Rossum’s Universal Robots). Dérivé de robota, terme tchèque qui signifie « travail, corvée, besogne », le mot dit tout. La robotique, le processus qui permet la conception et la réalisation de machines, mobilise les chercheurs pour maîtriser l’interaction avec le monde réel, à travers des capteurs, des contacts, des actionneurs.
Les robots tiennent aussi de la magie, voire du charme, que leur a donné un Jacques de Vaucanson au XVIIIe siècle avec son canard digérateur et ses autres automates. Voltaire chanta en quelques vers les louanges de cet homme qui osa imiter la vie avec ses créations : « Le hardi Vaucanson, rival de Prométhée, Semblait, de la nature imitant les ressorts, Prendre le feu des cieux pour animer les corps. »
Fiable, sans état d’âme, bosseur
Si les robots ont battu les champions du jeu d’échecs et du jeu de go, grâce aux progrès fulgurants de l’intelligence artificielle, ils demeurent patauds. Hors conditions expérimentales, la maîtrise de la bipédie nécessite des ressources hallucinantes, le toucher pareillement, pour des résultats médiocres, et quant aux émotions et sentiments, voire la conscience, inutile d’en parler, sauf à être un passionné de romans de science-fiction et de transhumanisme, mouvement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/10/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Sébastien Jean estime que la réplique de l’Union européenne à la volonté de Donald Trump de taxer fortement les importations d’acier et d’aluminium doit être ferme et coordonnée avec ses partenaires.
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Guerre commerciale : « Il faut répondre à Trump par la politique »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Sébastien Jean estime que la réplique de l’Union européenne à la volonté de Donald Trump de taxer fortement les importations d’acier et d’aluminium doit être ferme et coordonnée avec ses partenaires.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h50
    |

Sébastien Jean (Directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii)







                        



                                


                            
Tribune. L’annonce par Donald Trump de la décision imminente de frapper les importations américaines d’acier d’une taxe de 25 % et celles d’aluminium de 10 % n’est pas seulement un incident commercial de plus. Si elle était confirmée, elle serait profondément déstabilisante pour les relations commerciales internationales et leur cadre institutionnel, pour plusieurs raisons.
Cette annonce suggère que les tenants du nationalisme économique tiennent désormais le haut du pavé à la maison blanche
La taille, d’abord. Les mesures annoncées concerneraient près de 50 milliards de dollars d’importations, une valeur probablement sans précédent pour ce type de mesures, qui plus est dans des secteurs sensibles et sans limitation de durée. La manière, ensuite. En invoquant la sécurité nationale, le président américain signifie on ne peut plus clairement que le politique prime l’économique dans son approche des questions commerciales. C’est aller à l’encontre de l’essence même du système commercial multilatéral, dont l’objet est de s’entendre sur des règles permettant de gérer les tensions éventuelles sans avoir recours au rapport de force politique.

La signification politique, enfin. La question commerciale est âprement débattue depuis le début du mandat de Donald Trump au sein même de la Maison Blanche. Cette annonce suggère que les tenants du nationalisme économique tiennent désormais le haut du pavé, ce que confirme la démission annoncée mardi 6 mars de Gary Cohn, principal conseiller économique du président et représentant emblématique des milieux d’affaires parmi ses proches.
Eviter la surenchère
Même si rien n’est figé dans une administration aussi instable et imprévisible, cela n’augure rien de bon pour la suite, d’autant que l’enquête en cours sur les violations présumées de droits de propriété intellectuelle par la Chine pourrait bientôt venir jeter de l’huile sur le feu, et que le signal envoyé aux lobbys les incitera à redoubler...




                        

                        


<article-nb="2018/03/10/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les membres du Cercle Freyssinet Philippe Deleur et Denis Tersen estiment que l’Union européenne doit à la fois préserver les règles multilatérales du commerce et leur donner une nouvelle légitimité.
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Guerre commerciale : « Pour l’Europe, c’est un moment de vérité » face à Washington

Dans une tribune au « Monde », les membres du Cercle Freyssinet Philippe Deleur et Denis Tersen estiment que l’Union européenne doit à la fois préserver les règles multilatérales du commerce et leur donner une nouvelle légitimité.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h00
    |

Philippe Delleur et Denis Tersen (Membres  du Cercle Freyssinet, réseau d’anciens responsables  de la direction des relations économiques extérieures)







                        



                                


                            
Tribune. Le président des Etats-Unis avait commencé fort. Dès le lendemain de son installation à la Maison Blanche, il retirait son pays du projet de Partenariat transpacifique, qui devait intégrer commercialement les deux rives du Pacifique, sauf la Chine, et demandait la renégociation de l’Alena, le traité de libre-échange nord-américain. Puis plus rien, ou presque, sur le plan commercial, comme une pause.
Pour le président américain, « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner »
Profitant des règlements de comptes au sein de l’administration américaine, les « faucons » ont repris l’initiative. Donald Trump vient d’annoncer l’imposition de droits de douane de respectivement 25 % et 10 % sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis. Et quand le président de la Commission européenne répond que l’Europe fera valoir ses droits et prendra des mesures miroirs contre des produits américains – ce qu’autoriseraient les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) –, le président américain double la mise en prévoyant dans ce cas des droits supplémentaires sur les automobiles européennes (allemandes) achetées par les consommateurs américains, proclamant que « les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ».
Si la Chine est l’objectif principal – ou devrait l’être –, elle ne pèse que 6 % des importations américaines d’acier et d’aluminium. Ce sont donc les alliés des Etats-Unis – Europe, Corée du Sud, peut-être Canada – qui sont ciblés en priorité. La désinvolture du président américain n’étonne plus. Restrictions commerciales, escalade des rétorsions et contre-rétorsions, effets de contagion (car il faut bien vendre ailleurs les produits détournés des Etats-Unis)…, la menace est réelle pour toutes les économies majeures.
Un statu quo intenable
Pour l’Europe, c’est un moment de vérité. Elle est en première ligne et va devoir s’affirmer. L’épreuve est sérieuse tant elle peut être tiraillée...




                        

                        


<article-nb="2018/03/10/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’économiste Thomas Breda rappelle, dans une tribune au « Monde », que l’introduction en 2006 en Suisse d’un logiciel mesurant les « écarts injustifiés » n’a guère modifié les inégalités observées.
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« Le logiciel ne permet pas de s’attaquer au problème central du plafond de verre des salaires »

L’économiste Thomas Breda rappelle, dans une tribune au « Monde », que l’introduction en 2006 en Suisse d’un logiciel mesurant les « écarts injustifiés » n’a guère modifié les inégalités observées.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h53
    |

Thomas Breda (Chercheur à l’Ecole d’économie de Paris et au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le gouvernement a présenté une cinquantaine de mesures pour s’attaquer à ce qui fut annoncé par le président comme « grande cause du quinquennat », à savoir les inégalités entre les femmes et les hommes. L’une des mesures phares consiste à créer un programme informatique pour les entreprises de plus de cinquante salariés. Il serait intégré aux logiciels de paie et permettrait de calculer les écarts « injustifiés » de salaires.
Le résultat serait obligatoirement rendu public dans l’entreprise et communiqué aux élus du personnel et aux délégués syndicaux. Les entreprises auraient alors trois ans pour résorber ces éventuels écarts « injustifiés » calculés par le logiciel, sous peine de se voir appliquer une pénalité financière, qui serait de 1 % de la masse salariale.

Aurait-on enfin trouvé l’arme ultime pour supprimer les écarts de salaire entre les femmes et les hommes, si difficiles à résorber ? Il se trouve que la proposition faite par le gouvernement n’est en fait pas tellement novatrice. La Suisse en 2006, puis l’Allemagne, le Luxembourg et l’Union européenne, ont mis en place ou proposé des outils similaires. Et il existe déjà un logiciel en accès libre pour la France (http://www.equal-pace.eu/france/). La réforme suisse de 2006 ne rend pas l’utilisation du logiciel obligatoire, mais les entreprises qui détiennent des marchés publics peuvent en revanche être contrôlées et inviter, sous peine de sanctions, à réduire les écarts calculés par le logiciel si les écarts injustifiés dépassent 5 %.

Pour évaluer cette réforme (lien vers PDF en anglais, http://www.sole-jole.org/16275.pdf), l’économiste Giannina Vaccaro a utilisé le fait que seules les entreprises de plus de cinquante salariés sont concernées. En comparant l’évolution des écarts de salaire avant et après la réforme suisse dans les entreprises dont l’effectif est...




                        

                        


<article-nb="2018/03/10/19-14">
<filnamedate="20180310"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180310"><AAMMJJHH="2018031019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le risque pour les marchés financiers aujourd’hui n’est pas la volatilité, mais l’instabilité, qui est tout autre chose, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.
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« Le véritable risque réside dans des ruptures d’ampleur suffisante pour hypothéquer des années d’accumulation d’épargne »

Le risque pour les marchés financiers aujourd’hui n’est pas la volatilité, mais l’instabilité, qui est tout autre chose, juge dans sa chronique pour « Le Monde » Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h49
    |

Didier Saint-Georges (Membre du comité d’investissement de Carmignac)







                        



   


Tout observateur un peu attentif n’a pu manquer de remarquer que la soudaine correction des marchés d’actions au début du mois de février s’est accompagnée d’une brutale remontée des indicateurs de volatilité. Il n’en faut probablement pas davantage pour conforter la perception que volatilité équivaut à risque, et que le fameux indice « Vix » mérite bien son surnom médiatique d’« indicateur de la peur ».
La volatilité représente, techniquement, rien de plus que l’ampleur des variations d’un indicateur quelconque autour de sa moyenne historique. Et les indicateurs de volatilité couramment utilisés, comme le « Vix », sont simplement ceux qui sont implicitement retenus par les professionnels de marchés dans le prix des options sur indices boursiers qu’ils proposent.

        Lire aussi :
         

                Comprendre la correction des marchés



Par un mouvement de prudence bien naturel des teneurs de marché, ces volatilités implicites bondissent quand des investisseurs paniqués en grand nombre cherchent à leur acheter des options pour protéger leurs positions. Et cette envolée soudaine de la volatilité est d’autant plus spectaculaire qu’elle fait suite à une longue période où le sentiment de grande confiance des investisseurs (merci les banques centrales !) se reflétait dans un besoin de couvertures très faible, donc des volatilités stables et très basses.
La réalité est qu’il est normal qu’un marché, soumis par nature à de très nombreuses incertitudes, affiche une certaine volatilité
Au fond, c’est d’un seul coup la « volatilité de la volatilité » qui se réveille. Mais tout ceci n’a vraiment d’importance que pour les traders, ou les apprentis spéculateurs qui auraient parié un peu prématurément sur la mort de la volatilité. La réalité est qu’il est normal qu’un marché, soumis par nature à de très nombreuses incertitudes, affiche une certaine volatilité. Depuis le pic de février, l’indice « Vix » est d’ailleurs revenu à des niveaux d’une grande banalité.

        Lire aussi :
         

                « Les indices de volatilité seraient les détonateurs de la crise de février »



Le véritable risque de marché pour un investisseur est ailleurs. Il réside dans des ruptures d’ampleur suffisante pour hypothéquer parfois des années d’accumulation d’épargne. De tels phénomènes restés célèbres se sont produits dans les marchés actions lors du krach d’octobre 1987, lors de l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990, en 2002 dans le sillage de l’éclatement de la bulle Internet, et bien sûr en 2008.
Facteurs de déstabilisation
En se gardant d’exagérer les parallèles entre des situations radicalement différentes, il faut toutefois reconnaître dans ces phénomènes de véritables déstabilisations de situations d’équilibre apparemment bien installées. On peut même voir dans les périodes de grande stabilité l’origine, si ce n’est la cause, d’une grande vulnérabilité à un choc externe, lui-même souvent très difficile à anticiper. Si l’on veut scruter les risques de marchés aujourd’hui, c’est dans les éventuels facteurs de déstabilisation de la longue et fructueuse convalescence des marchés post-2008 qu’il faut donc chercher.
En partant du constat que l’intervention extraordinaire des banques centrales a été la première cause de confort des marchés depuis 2009, la modification de leur attitude constitue bien le premier risque de déstabilisation. Les banques centrales ont acheté pour 11 000 milliards de dollars d’actifs financiers depuis 2009. En 2018, la Fed en revendra pour 400 milliards, et la banque centrale européenne réduira progressivement à zéro ses achats. Ce renversement de tendance constitue un risque d’instabilité majeur, a fortiori dans un monde toujours surendetté.
L’intervention des banques centrales a eu une autre conséquence indirecte : le creusement des inégalités entre les détenteurs de patrimoines financiers, qui ont profité de la hausse des marchés, et les simples salariés qui n’ont pas constaté d’amélioration de leur niveau de vie. Ce creusement a favorisé (parmi d’autres facteurs) l’avènement de dynamiques contestataires puissantes (de ce point de vue, l’issue des récentes élections en Italie fait écho à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis en 2016).

        Lire aussi :
         

                Des « dérivés sur indice » à la dérive des marchés



Ces mouvements sont enclins à remettre en cause les credo du libéralisme économique et de la globalisation, au profit de ceux du keynésianisme et du protectionnisme. Ils représentent en ce sens pour les marchés une menace à l’équilibre qui les a portés depuis de longues années.
Moteur économique
Heureusement pour les investisseurs, les marchés ont pour moteur central la microéconomie (la santé des entreprises) et la macroéconomie (la santé des économies), qui est capable de transcender ces risques. Tant que ce moteur économique tourne lui-même de façon équilibrée sur tous ses cylindres, les marchés peuvent s’accommoder de beaucoup de menaces hypothétiques. C’est encore le cas aujourd’hui. Mais il faut être lucide sur le fait que le prochain ralentissement économique mettra à jour ces fragilités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le sociologue Vincent-Arnaud Chappe rappelle dans une tribune au « Monde » la généalogie de la mesure des inégalités de salaire homme-femme en entreprise, et le risque de s’en tenir à des évaluations biaisées.
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« Les indicateurs ne peuvent se substituer à une réelle politique d’égalité professionnelle »

Le sociologue Vincent-Arnaud Chappe rappelle dans une tribune au « Monde » la généalogie de la mesure des inégalités de salaire homme-femme en entreprise, et le risque de s’en tenir à des évaluations biaisées.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h41
    |

Vincent-Arnaud Chappe (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement vient de décider de généraliser l’usage d’un logiciel pour calculer l’écart de salaire entre les femmes et les hommes dans les entreprises, afin d’obliger ces dernières à résorber les inégalités salariales d’ici 2022. Ce logiciel s’inscrit dans une longue histoire des équipements statistiques des entreprises en faveur de l’égalité.
A l’origine, avec la grande loi Roudy de 1983 sur l’égalité professionnelle, les entreprises de plus de 300 salariées et salariés se voient obligées de produire annuellement un « rapport de situation comparée entre les femmes et les hommes » (RSC). On attend de lui qu’il objective les écarts de situation avec l’idée que leur révélation suffira à faire bouger les directions. Mais l’outil reste très peu défini par la loi et sera de fait très peu utilisé.
Changement de logique
Un tournant a lieu en 2001, avec le vote de la « loi Génisson » qui instaure pour les entreprises de plus de 50 salariés une obligation de négocier sur l’égalité professionnelle. Dans cette optique, le RSC est rénové, l’Etat fixant un nombre important d’indicateurs obligatoires.
En 2006, une loi sur l’égalité salariale oblige les entreprises à résorber les écarts salariaux d’ici 2010. Cette date butoir sera finalement supprimée, mais entame un changement de logique : le passage d’une obligation de moyen – négocier avec les syndicats – à une obligation de résultat – supprimer les écarts. Le RSC ne sert plus tant à établir un constat en amont qu’à être un outil de suivi des politiques d’égalité.

Dans cette optique, une commission est mise sur pied et aboutit à la création d’un modèle Excel standardisé. Progressivement, les différents acteurs investissent le RSC, surtout avec l’apparition, à partir de 2013, de sanctions pour les entreprises qui n’ont pas négocié. Les syndicats créent des formations, les cabinets de conseil aident les entreprises à produire et analyser leur diagnostic chiffré.
L’Agence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pour l’économiste à l’OCDE et enseignant à Sciences Po, le compte personnel de formation crédité en euros est une « avancée majeure ».
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Formation professionnelle : « Un système plus équitable », selon Stéphane Carcillo

Pour l’économiste à l’OCDE et enseignant à Sciences Po, le compte personnel de formation crédité en euros est une « avancée majeure ».



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h44
    |

            Sarah Belouezzane








                        



                                


                            
Stéphane Carcillo, économiste à l’OCDE et directeur de la chaire de sécurisation des parcours professionnels à Sciences Po, donne son avis au Monde sur la réforme de la formation professionnelle, qui prévoit notamment une transformation du compte personnel de formation.
Quel regard portez-vous sur la réforme ?
C’est une réforme qui va clairement dans le bon sens et qui est très ambitieuse, beaucoup plus que celles que nous avons connues ces dernières années sur la formation professionnelle. Elle vise à augmenter considérablement la transparence du système mais aussi à améliorer son efficacité et son équité vis-à-vis des personnes les moins qualifiées.

Quels sont les points qui ont retenu votre attention ?
Il y a d’abord, selon moi, la mise en place d’une certification systématique des organismes de formation. C’est une mesure très exigeante, qui a aussi été mise en place en Allemagne au début des années 2000. Et qui a permis d’assurer la qualité des formations et de monter en professionnalisme dans ce secteur. L’autre point important est bien sûr la transformation du compte personnel de formation [CPF].
Anciennement crédité en heures, il le sera désormais en euros. C’est une avancée majeure qui rend le système plus équitable. Jusqu’ici on subventionnait la formation des cadres, car leurs heures de formation coûtent beaucoup plus cher que celles d’un employé ou d’un ouvrier. Pour le même nombre d’heures, un cadre se retrouve donc avec plus d’argent. C’était totalement antiredistributif.
Enfin, je pense aussi à la fin de la catégorisation des formations par listes. Jusqu’ici ce système ne permettait pas à tous d’avoir accès à la même formation. Certaines étaient disponibles dans telle branche et pas dans l’autre, ce qui ne favorisait pas particulièrement le recours au CPF.
Le CPF en euros inquiète pourtant certains syndicats et acteurs de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ La ministre de la justice annonce une expérimentation pour les crimes punis jusqu’à vingt ans de prison. Ils seront jugés par des magistrats et non plus par des jurés.
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Nicole Belloubet veut un « tribunal criminel » à la place des assises

La ministre de la justice annonce une expérimentation pour les crimes punis jusqu’à vingt ans de prison. Ils seront jugés par des magistrats et non plus par des jurés.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h43
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre de la justice, Nicole Belloubet, devaient annoncer à Reims, vendredi 9 mars, les axes de la réforme de la justice. Une loi de programmation devrait être présentée en conseil des ministres le 11 avril. La garde des sceaux en dévoile les points forts, dont une remise en cause des cours d’assises.

Quelle est la mesure phare de la réforme de la justice que vous proposerez avec la loi de programmation ?
Il y en a plusieurs. Par exemple au civil, nous allons simplifier radicalement la saisine des juridictions. Il y aura un seul mode de saisine contre cinq différents aujourd’hui. Autre mesure importante, le caractère exécutoire des décisions de première instance, pour renforcer l’efficacité de la justice, qui est aujourd’hui la principale attente des justiciables. Au pénal, nous permettrons le dépôt de plainte en ligne et la mise en place d’un dossier numérique unique, de la plainte jusqu’au jugement, qui permettra à chacun des acteurs d’y accéder, selon les étapes de la procédure avec des droits différents, qu’il soit policier, avocat, magistrat ou justiciable.
Dernier exemple, nous allons expérimenter un tribunal criminel départemental. Il interviendra en première instance pour les crimes punis de quinze ans ou de vingt ans de réclusion, par exemple les viols, les coups mortels, les vols à main armée. Le seuil précis sera fixé avec les acteurs de l’expérimentation. L’objectif est d’accélérer considérablement le jugement des affaires criminelles.
Pourquoi décider ce qui ressemble à la fin de la cour d’assises, au profit de tribunaux composés de juges ­professionnels ?
Les cours d’assises demeurent et resteront compétentes pour les crimes les plus graves, ceux punis de plus de vingt ans de prison, comme les meurtres et assassinats, ou ceux commis en récidive. L’objectif est de permettre au justiciable d’avoir un jugement rendu dans des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Certain d’être réélu à la tête de la Russie le 18 mars, Vladimir Poutine s’emploie à motiver son électorat pour obtenir plus de voix qu’en 2012, note la politologue. Et veille particulièrement à museler tout mouvement de protestation.
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Tatiana Kastouéva-Jean : « Le pouvoir russe est obsédé par le contrôle »

Certain d’être réélu à la tête de la Russie le 18 mars, Vladimir Poutine s’emploie à motiver son électorat pour obtenir plus de voix qu’en 2012, note la politologue. Et veille particulièrement à museler tout mouvement de protestation.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 12h24
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            
Tatiana Kastouéva-Jean dirige le centre Russie/Nouveaux Etats indépendants de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Cette spécialiste des politiques intérieure et étrangère russes a publié, en janvier, La Russie de Poutine en 100 questions (Tallandier, 352 pages, 15,90 €).

Quel est l’intérêt de l’élection présidentielle russe du 18 mars ?
Le suspense est inexistant : Poutine vaincra et ce, dès le premier tour. Même les sondages menés par la Fondation de lutte contre la corruption de l’opposant Alexeï Navalny le donnent largement gagnant. Il y a toutefois des choses à observer à la marge, comme le score que fera le candidat des communistes, Pavel Groudinine, ou celui de Ksenia Sobtchak, qui sont tous deux des nouveaux venus sur la scène politique. Leur résultat donnera une idée approximative du vote protestataire, puisqu’une partie de cet électorat boycottera le scrutin, selon la consigne d’Alexeï Navalny.
En 2012, Vladimir Poutine a obtenu 63,6 % des voix avec un taux de participation de 65,3 %. Il a besoin de faire mieux pour prouver que l’électorat soutient sa politique actuelle, très différente de celle des deux premiers mandats. Or, avec le gagnant connu d’avance, le taux d’abstention risque d’être élevé. Le pouvoir utilise donc toutes sortes de « technologies électorales » afin de susciter l’intérêt pour le scrutin : la tenue de référendums locaux ou régionaux à la même date, par exemple.
Si cet objectif n’est pas atteint, peut-on s’attendre à des fraudes ou à des manipulations ?
Pour toutes les élections – parlementaires ou régionales – depuis les protestations de 2011-2012, la consigne a été d’éviter au maximum les fraudes, du moins les plus visibles, notamment dans les grandes villes. Les choses se font autrement et surtout très en amont. Le premier outil est la sélection des candidats autorisés à concourir. Navalny, qui constituait le risque de perturbation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Un syndicat de copropriétaires peut-il, grâce à la « prescription acquisitive » trentenaire, s’approprier un bien privatif ? La journaliste Rafaële Rivais apporte une réponse dans sa chronique bimensuelle.
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Il achète un garage à vélos qui ne pouvait être vendu

Un syndicat de copropriétaires peut-il, grâce à la « prescription acquisitive » trentenaire, s’approprier un bien privatif ? La journaliste Rafaële Rivais apporte une réponse dans sa chronique bimensuelle.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h59
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            
SOS Conso. Il arrive fréquemment que des copropriétaires empiètent sur les parties communes, sans en avoir l’autorisation. L’un s’attribue un couloir, en le fermant avec une porte ; l’autre prend possession d’un grenier en perçant une ouverture dans son plafond. Si le syndicat des copropriétaires ne réagit pas dans un délai de trente ans, personne ne peut plus rien dire aux contrevenants : ils se sont appropriés les surfaces annexées, par « prescription acquisitive », ou « usucapion ». Mais le contraire est-il possible ? Un syndicat de copropriétaires peut-il s’approprier un bien privatif grâce à cette prescription trentenaire ? La question ne s’était jamais posée, jusqu’à ce que survienne l’affaire suivante.
Son garage étant un peu étroit, Alfred X. envisage d’acquérir le lot qui lui est mitoyen, et dans lequel certains habitants rangent vélos et poussettes
En mars 2005, Alfred X. (tous les prénoms ont été changés), 66 ans, achète un appartement et un garage dans une copropriété de Reims (Marne). Le garage étant un peu étroit, il envisage d’acquérir le lot qui lui est mitoyen, et dans lequel certains habitants rangent vélos et poussettes. Ce lot est répertorié dans le règlement de copropriété sous le numéro 16 ; il y est décrit comme « garage, ancienne buanderie », avec le nombre de parts qui lui est attribué (« 9 millièmes »). Mais Alfred constate que son propriétaire n’apparaît jamais sur les feuilles de présence établies lors des assemblées générales annuelles, auxquelles il n’est d’ailleurs pas convoqué – une anomalie. Lorsqu’il demande au syndic à qui le lot appartient, il « n’obtient  pas de réponse ».
Il s’adresse alors à la conservation des hypothèques de Reims ; devenue le service de la publicité foncière, elle enregistre les actes de propriété et lui indique qu’il s’agit de Pierre Y. Cet ancien représentant en vins et spiritueux auprès d’épiceries fines a, autrefois, possédé tout l’immeuble,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La journaliste Mathilde Golla a arpenté les marchés de producteurs et les épiceries coopératives, testé une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne et les paniers recettes, dont elle a tiré un guide pratique.
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Comment vivre 100 jours sans supermarché ?

La journaliste Mathilde Golla a arpenté les marchés de producteurs et les épiceries coopératives, testé une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne et les paniers recettes, dont elle a tiré un guide pratique.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 11h45
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

Le livre. Elle a passé cent jours sans mettre un pied dans un supermarché. A la place, la journaliste du Figaro Mathilde Golla a arpenté les marchés de producteurs, les épiceries coopératives et autres potagers urbains, a adhéré à une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) et a testé la cueillette en plein champ. Elle a tiré de ce défi, réalisé en février 2016, un guide pratique qui vient de paraître aux éditions Flammarion.
Tout débute par une rencontre, celle d’un éleveur normand qui décide d’arrêter son activité faute de continuer à en vivre. Une situation loin d’être isolée. « En France, un agriculteur sur cinq perd de l’argent, tandis qu’un sur trois gagne moins de 350 euros par mois », rappelle la journaliste de 37 ans, spécialisée en économie. Car en dix ans, les paysans ont perdu plus de 30 % de plus-value au profit des transformateurs et des distributeurs. Et Mathilde Golla d’interroger : les circuits courts – des produits agricoles commercialisés en vente directe ou avec un seul intermédiaire – peuvent-ils être le « salut d’une agriculture aux abois » ?

Avec l’aide des internautes, la journaliste se lance alors dans une aventure pavée de bonnes intentions et de produits frais et locaux. Elle se fixe des règles : boycotter les grandes surfaces et petites supérettes, y compris bio, et éviter les commerces de bouche. Côté nourriture, l’auteure traque les petits producteurs sur les marchés mais aussi via des structures qui essaiment partout en France : La Ruche qui dit oui – forte de ses 1 300 points de distribution –, le Comptoir local – qui livre chez les consommateurs des produits frais et de saison provenant d’Ile-de-France –, Okadran ou Poiscaille – vente directe de viande et de poisson.
Investissement en temps
Elle teste également les paniers recettes (Foodette, Quitoque, Les Commis, etc.), les épiceries tenues par les adhérents (La Louve, Supercoop,...




                        

                        

