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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Pendant plus de deux heures, samedi, « Macron le manager » a joué de sa relative jeunesse et de son image nouvelle pour tenter de séduire cette partie de la population indienne.
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La « masterclass » du professeur Macron à la jeunesse indienne

Pendant plus de deux heures, samedi, « Macron le manager » a joué de sa relative jeunesse et de son image nouvelle pour tenter de séduire cette partie de la population indienne.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 17h02
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance) et 
Bastien Bonnefous (New-Delhi, envoyé spécial)








                        



   


En bras de chemise (blanche) et en anglais. Emmanuel Macron a profité de sa visite d’État en Inde pour s’adresser plus spécifiquement, et à sa manière, à la jeunesse du pays, samedi 10 mars. Le chef de l’État rêve en effet d’attirer une grande partie des jeunes cerveaux du géant asiatique en France, alors que 600 millions d’Indiens ont moins de 25 ans.
Pendant plus de deux heures, « Macron le manager », comme l’a surnommé l’hebdomadaire India Today, a donc joué de sa relative jeunesse (40 ans) et de son image nouvelle, pour tenter de séduire cette partie de la population indienne. Devant un auditoire de plus de 200 étudiants réunis en plein air sous les arbres et le soleil d’une résidence de New Dehli, il a livré une masterclass sur le pouvoir, debout sur une scène, micro à la main et le tout en anglais. Si l’exercice avait été une réussite à Ouagadougou, lors de son déplacement au Burkina Faso en novembre 2017, il a été cette fois plus compassé du fait des questions bien sages des étudiants triés en amont et appartenant pour la plupart aux classes aisées indiennes.
« Vous avez quelque chose à apporter à la France et la France a quelque chose à vous apporter », a déclaré M. Macron qui veut doubler le nombre d’étudiants indiens venant dans l’Hexagone d’ici deux ans. A ce jour, seuls cinq petits milliers viennent étudier en France, préférant nettement, en Europe, le voisin britannique. Paris voudrait bénéficier des craintes suscitées en Inde par le Brexit pour dévier une partie de ces étudiants vers la France.

   


Reconnaissance mutuelle des diplômes
Pour cela, le président de la République a signé à New Dehli un accord pour faciliter la reconnaissance mutuelle des diplômes entre la France et l’Inde, ainsi que plusieurs « mémorandum d’entente » entre des grandes écoles ou centres de recherche français (Ecoles Normales Supérieures, CNRS, Mines-Télécom, Centrale, etc) et leurs homologues indiens. « Beaucoup de jeunes chercheurs indiens qui vont à l’étranger ne vont pas en France. Vous devez aller en France ! Nous avons d’excellentes universités et d’excellents centres de recherches en sciences, en sciences sociales, en lettres », a insisté M. Macron.

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Mais le chef de l’État a surtout profité de son stand-up politique pour répondre à des questions sur son propre profil et sa propre réussite. « J’ai eu beaucoup de chance, mais je n’ai jamais cherché de solution dans les certitudes des autres, j’ai toujours suivi la direction qui me semblait la bonne », a-t-il expliqué. Revenant sur son parcours – énarque, puis banquier d’affaires, puis responsable politique – il l’a pris comme exemple pour démontrer à son jeune auditoire que « rien n’est figé à 20 ou 25 ans ». « A votre âge, je n’avais pas dans l’idée d’intégrer l’administration. Au début du XXIe siècle, être fonctionnaire n’était pas vu comme quelque chose de cool. Mon projet initial était d’être écrivain, mais j’ai fait autre chose. J’ai toujours agi à contre-courant », s’est vanté M. Macron, ajoutant à propos de son élection, il y a bientôt un an, que « tout le monde en France pensait qu’on ne pouvait rien changer en politique et que l’avenir était aux populismes et aux extrêmes, mais j’ai démontré le contraire ».
M. Macron a bien tenté d’utiliser également cet échange pour envoyer des messages sur les rapports hommes-femmes, ou les relations entre les religions, au gouvernement indien de son « ami », le premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi. Mais en vain, aucun étudiant ne répondant à son invitation de l’interroger sur ces sujets.

   


La France aurait changé
Vikrant Zutschi, étudiant à l’université d’Ashoka près de New-Delhi, a découvert Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux en 2017, en voyant une vidéo de lui recevant un œuf sur la tête au salon de l’agriculture. Il s’est depuis intéressé aux idées de celui qui est le « seul en Europe à avoir battu le populisme ». « Il est le symbole d’un monde qui change, il est tellement jeune qu’il ne ressemble pas à un président », témoigne-t-il.
Au parlement Indien, l’âge médian des parlementaires est deux fois plus élevé que celui de la population du pays. « Son discours n’a jamais été aussi pertinent qu’aujourd’hui. On doit aussi dépasser en Inde les clivages politiques pour résoudre les questions comme le changement climatique » ajoute Aashna Lal, qui étudie les Sciences Politiques à l’université Ashoka. Et l’étudiante de préciser : « Son discours fait sens car nous sommes une petite minorité éduquée parlant anglais, mais il ne peut pas résonner dans le reste de l’Inde. »
En s'adressant à la jeunesse indienne, M. Macron a voulu faire passer un autre message, déjà répété lors de son voyage en Chine en janvier : depuis son arrivée à l’Elysée, la France aurait changé. « Il faut toujours changer les mentalités, surtout pour la France », a-t-il expliqué, précisant que le début de son quinquennat a fait « changer l’état d’esprit français » en facilitant « davantage l’entreprenariat » et en augmentant « le nombre de preneurs de risques » dans le pays. « Il faut toujours inciter à essayer, peut-être pour échouer, mais jamais pour abandonner », a conclu M. Macron, avant de s’offrir une longue séance de selfies avec ses invités.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La ville de la Douma a été « isolée » par les forces de Damas du reste du dernier fief insurgé aux portes de Damas, où vivent près de 400 000 habitants.
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Syrie : percée majeure du régime syrien dans la Ghouta orientale

La ville de la Douma a été « isolée » par les forces de Damas du reste du dernier fief insurgé aux portes de Damas, où vivent près de 400 000 habitants.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 18h36
   





                        



   


Appuyées par l’aviation russe et syrienne, dont les frappes ont causé la mort de plus de 950 civils depuis le 18 février, les troupes du régime syrien ont effectué samedi 10 mars une percée majeure dans la partie rebelle de la Ghouta orientale, isolant la principale ville du dernier fief insurgé aux portes de Damas, Douma.
Les forces loyalistes « ont isolé Douma du reste de la Ghouta orientale, après avoir pris le contrôle de la route la reliant à Harasta à l’ouest et à Misraba au sud », a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Elles sont parvenues ainsi à diviser la Ghouta orientale en trois : Douma et sa périphérie au nord, Harasta à l’ouest et le reste des localités au sud.
Leur objectif est d’affaiblir les factions rebelles contrôlant l’enclave, d’où des obus sont tirés sur des secteurs de la capitale Damas, fief du pouvoir, faisant des victimes.
« Les loyalistes progressent sur plusieurs fronts », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. « Les avions syriens et russes ont largué des barils d’explosifs sur Douma » et poursuivent les raids sur d’autres localités.

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La vaine contre-offensive des groupes rebelles
Selon un correspondant de l’AFP à Douma, la ville était, en milieu de journée, la cible de bombardements aériens et à l’artillerie.
Les groupes rebelles ont tenté, en vain, une contre-offensive avant de reculer samedi 10 mars sous la pluie de bombes du régime et la progression au sol. « Des combats ont eu lieu avec le groupe Jaich al-Islam aux abords de Douma tandis que d’autres ont opposé le régime au groupe Faylaq al-Rahmane », poursuit Abdel Rahmane.
Cette nouvelle offensive rend difficile le travail des médecins : samedi 10 mars, les ambulances transportant les blessés ne sont parvenues que difficilement à atteindre les hôpitaux ou cliniques de fortune à cause de l’intensité des bombardements.

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Le conseil local de Douma a lancé un « appel au secours » adressé aux organisations internationales, soulignant que « de nombreuses personnes dormaient désormais dans les jardins publics et sur les routes, les abris et sous-sol étant débordés ».
Il affirme également que « l’enterrement (des morts) devient difficile » en raison notamment de bombardements ayant touché le cimetière de la ville.
Selon la télévision d’Etat syrienne, « l’armée intensifie ses opérations » sur plusieurs fronts. Elle a diffusé des images en direct de la ville de Misraba montrant des dizaines de civils dans un sous-sol sans lumière et un vieillard en pleurs racontant comment sa famille avait dû fuir les bombardements et s’était réfugié à Douma.
En près de trois semaines, 976 civils ont péri dont 208 enfants et plus de 4 300 ont été blessés à la Ghouta orientale, selon l’OSDH.


La Ghouta orientale, au cœur du conflit syrien
Ancien « poumon vert » de Damas, situé à l’est de la capitale de la Syrie, la Ghouta orientale est un fief rebelle qui fait, depuis 2013, l’objet de bombardements quasi quotidiens.
Cette année-là, le conflit prend un nouveau tournant dans la zone avec des attaques chimiques dans les alentours de Damas ; en mai, les journalistes du Monde sur place sont les premiers à être témoins d’attaques chimiques lancées à l’entrée de la capitale durant plusieurs jours. Mais c’est surtout lors d’un massacre durant la nuit du 21 août de la même année que ces armes sont utilisées massivement.
A partir de 2015, des dizaines de civils sont affectées par les pénuries de nourriture et de médicaments.
Depuis l’été 2017, la région est censée être une des « zones de désescalade » créées en vertu d’un accord entre la Russie, l’Iran — principaux soutiens du régime — et la Turquie, qui appuie l’opposition. Mais les bombardements n’ont jamais cessé. Le 5 février, le régime lance une offensive aérienne d’une intensité inédite.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’ancien conseiller de Donald Trump est l’invité vedette du congrès du Front national qui se tient à Lille samedi et dimanche.
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Steve Bannon au congrès du FN : « L’histoire est de notre côté »

L’ancien conseiller de Donald Trump est l’invité vedette du congrès du Front national qui se tient à Lille samedi et dimanche.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 18h22
   





                        


« L’Histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire », a déclaré, samedi 10 mars, l’ancien conseiller du président américain Donald Trump, le controversé Steve Bannon, devant le congrès du Front national à Lille, où il était l’invité vedette.
« Vous faites partie d’un mouvement qui est plus grand que l’Italie, plus grand que la Pologne, plus grand que la Hongrie », a ajouté le stratège populiste, ex-directeur du site d’extrême droite Breitbart News.
Le FN tient son congrès à Lille samedi et dimanche, en vue de sa « refondation » et d’un changement de nom, pour accéder au pouvoir aux prochaines élections.

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Incarnation de la droite américaine la plus dure, M. Bannon, dont la venue avait été annoncée seulement vendredi soir, avait dirigé la fin de la campagne présidentielle de Donald Trump avant de devenir son conseiller à la Maison Blanche pendant sept mois.
« Pas exactement la définition de la dédiabolisation »
Tout en convenant qu’« il est dérangeant, probablement », le porte-parole du FN, Sébastien Chenu a souligné samedi matin sur France Inter que l’invité de marque « incarne pour nous le rejet de l’establishment, de l’Union européenne, du système politico-médiatique, cette résistance que nous incarnons au politiquement correct, à la bien-pensance, cette chape de plomb qui tombe un peu plus chaque jour sur les Français ».
Une venue qu’a commenté avec amusement l’ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen, samedi 10 mars à l’Agence France-Presse : « J’ai plutôt de la sympathie pour Bannon [mais] je pense que [sa venue] n’est pas exactement la définition de la dédiabolisation ».
M. Bannon avait, en juillet 2016, qualifié l’ex députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen de « nouvelle étoile montante » de l’extrême droite. Cette dernière lui avait répondu en novembre de la même année qu’elle serait « contente » de travailler avec lui s’il venait en France. Le vice-président du FN, Louis Aliot, a affirmé fin février sur le site du mensuel L’Incorrect, fondé par des partisans de Marion Maréchal-Le Pen, avoir rencontré M. Bannon en décembre et partager avec lui plusieurs analyses, notamment sur les médias.
« Leurs analyses sont les mêmes que les nôtres sur un grand nombre de thématiques. Notamment sur la nécessaire résistance médiatique à organiser partout, y compris chez nous en Europe et en France. Trump a réussi à gagner contre ce système médiatique. C’est là sa réussite extraordinaire. »

   


« Changement de nom, mais pas de ligne politique ! »
Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a qualifié de M. Bannon (ancien directeur du site Breitbart, connu pour relayer régulièrement de fausses informations) de « roi des “fake news” et des suprémacistes blancs », ajoutant ne pas être « surpris » de sa venue. « Changement de nom, mais pas de ligne politique ! », a-t-il écrit dans un tweet, en référence à la volonté du FN de changer de nom afin de se « refonder » en formation de gouvernement.
« L’idée n’est pas d’en faire un allié », affirme Marine Le Pen, qui, en votant pour les nouveaux statuts du Front national peu avant 15 h 30 samedi, en a profité pour répondre aux questions sur la venue de M. Bannon, comme le rapport notre journaliste sur place, Lucie Soullier :

Marine Le Pen sur la venue de Steve Bannon au congrès du FN, aujourd’hui : « L’idée n’est pas d’en faire un allié (… https://t.co/HUdGbX2C5G— LucieSoullier (@Lucie Soullier)


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Selon le quotidien américain New York Times, M. Bannon est en tournée en Europe avec l’ambition de fonder une « infrastructure, mondialement, pour le mouvement populiste mondial ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Ali Khamenei a vivement critiqué les femmes qui se sont dévoilées en public. L’une d’entre elles a été condamnée à deux ans de prison.
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En Iran, le Guide suprême met en garde ceux qui contestent le port du voile

Ali Khamenei a vivement critiqué les femmes qui se sont dévoilées en public. L’une d’entre elles a été condamnée à deux ans de prison.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 12h12
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



                                


                            

Après des semaines de silence, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a pris jeudi 8 mars à Téhéran une position très ferme à l’égard des femmes qui ôtent leur voile en public pour protester contre son port obligatoire. Les ennemis de la République islamique « ont dépensé beaucoup d’argent dans le but d’influencer l’identité indépendante de la femme musulmane. Le résultat de leurs actions a été que quatre filles, dupées, ont enlevé leur voile pour différentes motivations. Tous ces efforts ont donné ce résultat insignifiant », a déclaré la plus haute autorité du pays.
Fin décembre 2017, l’Iranienne Vida Movahed était montée sur une armoire électrique en plein centre de Téhéran, puis avait ôté son voile blanc pour le nouer autour d’un bâton et l’agiter devant les passants. Elle avait été arrêtée sur-le-champ. Les semaines suivantes, une trentaine d’autres femmes l’ont imitée dans la capitale et ailleurs dans le pays, et ont été détenues à leur tour. Bien que la plupart aient été libérées sous caution, toutes sont poursuivies par la justice. Le 7 mars, le procureur de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, a annoncé la condamnation de l’une d’entre elles à deux ans de prison, dont trois mois fermes, pour avoir « encouragé le peuple à la corruption » et être « apparue sans voile en public ». Le parquet a fait appel de ce verdict jugé trop peu « ferme ». Aucune information n’a été donnée sur le sort des autres prévenues.
« Péchés sociaux »
Dans un autre passage de son discours, le Guide suprême a mis en garde « les journalistes, les intellectuels et les membres du clergé » qui évoquent ouvertement la nécessité de débattre du port obligatoire du voile, voire de l’abroger. « Ainsi, consciemment ou inconsciemment, ils suivent le chemin que l’ennemi cherche à tracer sans succès », a condamné le Guide, qui a opposé la femme musulmane, symbole de « chasteté », à la femme occidentale, instrument...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Bruxelles redoute que le président des Etats-Unis, Donald Trump, réclame davantage de dépenses militaires aux pays de l’UE en échange d’une exemption de taxes sur l’acier et l’aluminium.
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Commerce : la Commission européenne refuse de transiger avec Washington

Bruxelles redoute que le président des Etats-Unis, Donald Trump, réclame davantage de dépenses militaires aux pays de l’UE en échange d’une exemption de taxes sur l’acier et l’aluminium.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 11h38
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Au lendemain des annonces du président Trump de taxer « dans quinze jours » les importations américaines d’acier de 25 % et celles d’aluminium de 10 %, les Européens fourbissaient leurs arguments, vendredi 9 mars. Leur objectif : convaincre l’administration américaine de les épargner en leur accordant des exemptions, comme elle l’a fait avec le Mexique et le Canada.
Une réunion entre la commissaire, Cecilia Malmström, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, et le ministre japonais de l’économie, Hiroshige Seko, devait se tenir dès samedi, à Bruxelles. « Nous voulons mieux comprendre ce que réclament les Américains en échange des exemptions. Ce n’était pas clair [dans le discours du président Trump] », relevait vendredi un responsable européen.

« Qu’est-ce que les Etats-Unis reprochent à l’Europe ? Nous sommes de très proches alliés, nous avons toujours travaillé ensemble pour trouver des solutions aux surcapacités chinoises dans l’acier », ajoutait cette source, estimant que l’Union n’avait aucune raison d’être pénalisée. Il est vrai que, ces dernières années, ce sont les énormes volumes d’exportations d’acier chinois à bas prix qui ont fragilisé le secteur sidérurgique dans le reste du monde.
Dans le cas où elle ne décrocherait pas d’exemptions pour l’Union, la Commission va continuer de peaufiner sa liste d’exportations américaines à taxer en représailles (pour un volume total de 2,8 milliards d’euros). Elle se dit prête à la mettre en place très rapidement, dans les 90 jours suivant la mise en place éventuelle des taxes américaines.
Pas question de marchander
Pas question en tout cas, soulignait-on vendredi à Bruxelles, de marchander quoi que ce soit « en échange » de ces exemptions. « Il serait totalement inacceptable de payer pour quelque chose dont nous ne sommes pas responsables », insistait la même source.
Les Européens s’inquiètent tout particulièrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les droits de douane annoncés par Donald Trump rappellent le précédent d’il y a seize ans, lorsque George W. Bush avait instauré des mesures protectionnistes pour « sauver » la sidérurgie nationale.
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En 2002, les Etats-Unis avaient déjà surtaxé les importations d’acier

Les droits de douane annoncés par Donald Trump rappellent le précédent d’il y a seize ans, lorsque George W. Bush avait instauré des mesures protectionnistes pour « sauver » la sidérurgie nationale.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 11h18
    |

            Marie Charrel








                        



   


Jusqu’à quel point les mesures protectionnistes actées par Donald Trump, jeudi 8 mars, profiteront-elles ou non à l’économie américaine ? Cela dépendra de la suite des événements, encore hypothétique. D’autant qu’après l’annonce de droits de douane à l’importation de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, Washington a aussitôt mis de l’eau dans son vin, en exemptant au moins temporairement Mexico et Ottawa.
Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis s’aventurent sur ce terrain, rappellent les économistes. En effet, en 2002, le président George W. Bush instaura des mesures protectionnistes pour « sauver » la sidérurgie américaine. Des droits de douanes de 8 % à 30 % furent imposés sur une série de produits tels que les tôles d’acier, les aciers laminés à chaud et à froid ou les aciers prélaqués.
Presque aussitôt, des pays asiatiques et européens répliquèrent en augmentant leurs propres droits de douane sur une série de produits américains, comme le jus d’orange de Floride. Les Etats de l’Union européenne déposèrent également plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui leur donna raison au bout de quelques mois.

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                L’impact des taxes de Trump sur les importations d’acier et d’aluminium sera limité



« L’industrie américaine a fondu »
L’escalade des représailles n’alla pas plus loin. Néanmoins, les droits de douane sur l’acier restèrent en place pendant deux ans. « Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le bilan n’est pas très bon », explique Gregory Daco, chez Oxford Economics, à New York.
Les producteurs américains d’acier augmentèrent leurs prix, ce qui pénalisa directement les industries utilisatrices d’acier (comme l’automobile), où travaillaient à l’époque 12,8 millions de personnes, soit près de 75 fois plus que dans le seul secteur de la production d’acier (170 000 personnes).
Résultat : 200 000 emplois au total furent détruits, selon une étude de référence des économistes américains Joseph Francois et Laura M. Baughman, publiée en 2003. « Depuis, l’industrie américaine a fondu, remarque M. Daco. Aujourd’hui, les droits de douane instaurés par Donald Trump pourraient détruire 70 000 emplois, selon nos estimations ». La sidérurgie créerait 10 000 nouveaux postes, mais les industries utilisant l’acier, pénalisées par la hausse des tarifs, en perdraient de leur côté 80 000…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Une escalade pourrait mener à une guerre commerciale qui pèserait sur la croissance mondiale.
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L’impact des taxes de Trump sur les importations d’acier et d’aluminium sera limité

Une escalade pourrait mener à une guerre commerciale qui pèserait sur la croissance mondiale.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h04
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

« Affront », « menace grave », « attaque contre le libre-échange »… Vendredi 9 mars, les alliés et rivaux des Etats-Unis ont vivement réagi aux annonces de Donald Trump. Arguant qu’il s’agissait d’une question de sécurité nationale, le président américain a acté, jeudi, l’instauration de droits de douane à l’importation de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.
Ces mesures devraient entrer en vigueur dans quinze jours, Washington se gardant la possibilité d’en exempter certains pays. A l’exemple du Mexique et du Canada, épargnés au moins jusqu’au résultat de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), dont Trump menace de se retirer.
Les pertes potentielles pour l’UE sont évaluées entre 2 milliards et 2,5 milliards de dollars
Il est beaucoup trop tôt pour mesurer l’incidence que cette décision, aux contours encore flous, aura sur le commerce et la croissance mondiale. Les économistes s’accordent néanmoins sur un point : il est important de distinguer l’impact à court terme des nouvelles taxes d’un scénario catastrophe où l’escalade des représailles aboutirait à des mesures protectionnistes de grande ampleur.
« L’impact direct à lui seul sera limité », explique Gregory Daco, chez Oxford Economics, à New York. En 2017, l’Union européenne (UE) a exporté pour 5,3 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros) d’acier et 1,3 milliard de dollars d’aluminium vers les Etats-Unis. Les pertes potentielles pour l’UE sont évaluées entre 2 milliards et 2,5 milliards de dollars. « Une goutte d’eau au regard des 23 000 milliards de dollars annuels que pèsent les échanges mondiaux », rassure Patrick Artus, chez Natixis.

« Effets » de détournement
Selon Gilles Moëc, économiste chez Bank of America ML, les taxes pourraient coûter 0,04 % de produit intérieur brut (PIB) à l’économie allemande, la plus exposée en Europe – elle représente 3,8 % des importations américaines d’acier. Le coût...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Lalgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.
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Sept ans après Fukushima, l’opposition japonaise se mobilise pour la sortie du nucléaire

Lalgré les réticences de la population, le premier ministre Shinzo Abe continue de vouloir relancer 42 réacteurs.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 11h30
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Défi au gouvernement. Volonté de relancer le débat sur l’usage de l’atome pour la production d’électricité. Véritable ambition politique. Il y a un peu de tout cela dans le projet de loi prévoyant la sortie du nucléaire déposé, vendredi 9 mars, par quatre partis de l’opposition japonaise, à commencer par le Parti démocrate constitutionnel (PDC), qui avait fait campagne sur ce point lors des législatives d’octobre 2017.
Le texte prévoit d’arrêter tous les réacteurs d’ici cinq ans et de réduire de 30 % les besoins annuels en électricité d’ici 2030, par rapport au niveau de 2010. Il souhaite porter à 40 % la part des renouvelables. Pour financer le démantèlement des réacteurs, leur nationalisation est envisagée. « Le nucléaire pose des problèmes comme l’accumulation des déchets ou l’exposition des travailleurs aux radiations, a expliqué Yukio Edano, le dirigeant du PDC, qui a fait une tournée dans tout le Japon pour promouvoir ce texte. L’idée se généralise qu’il représente un risque pour l’humanité et dépasse les connaissances actuelles. »
Sept ans après la catastrophe de Fukushima de mars 2011, la défiance des Japonais envers l’atome reste réelle. Dimanche 11 mars, jour anniversaire de la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, les opposants à l’atome ont appelé à manifester. Indépendamment de l’initiative du PDC, la sortie du nucléaire est aussi promue par les anciens premiers ministres, Junichiro Koizumi – mentor de Shinzo Abe, l’actuel premier ministre –, Morihiro Hosokawa ou encore Naoto Kan, qui dirigeait le gouvernement au moment de la catastrophe.
L’unanimité à soutenir l’atome semble se fissurer dans le cabinet du premier ministre japonais
MM. Koizumi et Hosokawa ont eux aussi travaillé sur un projet de législation pour sortir du nucléaire avec l’ONG Genjiren. « Les défenseurs du nucléaire privilégient leurs propres intérêts à ceux de la population et de l’environnement », a déploré M. Koizumi lors d’une conférence de presse, le 7 mars, au Club des correspondants de la presse étrangère.
Un point qui rappelle les critiques formulées au moment de la catastrophe sur l’opacité du « village nucléaire » nippon, une coterie de politiciens, d’industriels et d’universitaires jugée responsable du drame dont la résolution devrait prendre une quarantaine d’années et coûter, selon une estimation d’avril 2017 du Centre d’études économiques JCER, 70 000 milliards de yens (624 milliards d’euros). Le gouvernement, lui, l’estime à 22 000 milliards de yens (196 milliards d’euros).
A la centrale, les progrès pour le démantèlement sont réels mais lents. La Compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco, responsable de Fukushima) doit notamment résoudre les problèmes de l’extraction du corium, le combustible fondu de trois réacteurs, et de l’eau contaminée, issue du refroidissement des réacteurs endommagés. 850 000 tonnes ont été accumulées.
La relance du débat intervient au moment où le gouvernement Abe prépare un nouveau cadre d’orientation pour l’énergie. La dernière révision date de 2014. Elle fixait la part du nucléaire à 20-22 % en 2030 – contre 28 avant Fukushima –, celle des renouvelables à 22-24 %, celle du gaz à 27 % et celle du charbon à 26 %. L’atome était alors considéré comme l’une des sources d’énergie « de base ». Ce texte avait enterré l’objectif, fixé en 2012 par l’administration précédente, d’une sortie du nucléaire d’ici à 2040.
« Lamentables »
Au sein du cabinet Abe, l’unanimité à soutenir le nucléaire semble se fissurer. Le ministre des affaires étrangères, Taro Kono, connu pour son hostilité à cette énergie, a profité d’une conférence à Abou Dhabi, le 17 janvier, pour critiquer les objectifs d’utilisation des énergies renouvelables, les qualifiant de « lamentables » et en retard car « le pays privilégie le statu quo par peur du changement ».
En janvier, quand MM. Koizumi et Hosokawa ont abordé leur projet, le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, maintenait de son côté l’objectif de redémarrage des réacteurs. « Nous cherchons également à réduire la dépendance au nucléaire autant que possible en augmentant l’usage des renouvelables et par la mise en œuvre de mesures d’économies d’énergie », avait-il toutefois nuancé.
Proche d’une industrie inquiète des conséquences financières d’une sortie du nucléaire, le gouvernement Abe cherche à relancer 42 réacteurs sur les 54 en fonctionnement avant le 11 mars 2011. Après la catastrophe, l’ensemble du parc avait été mis à l’arrêt, faisant bondir les importations de combustible pour centrales thermiques. Mais le processus de redémarrage reste lent et complexe. Cinq réacteurs ont repris du service, 19 autres attendent une autorisation de redémarrer.
Outre les coûts d’adaptation aux nouvelles normes de sécurité édictées après Fukushima, qui s’élèveraient à près d’un milliard de dollars par réacteur, la relance se heurte aux réticences des populations. A la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, gérée par la Tepco, le gouverneur du département de Niigata, Ryuichi Yoneyama, s’y oppose. Il estime que les causes réelles de la catastrophe de Fukushima restent à déterminer, de même que l’impact réel d’un accident nucléaire sur le corps humain et la vie quotidienne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Des interrogations subsistent, notamment sur les conditions que posera le pouvoir nord-coréen à cette future rencontre annoncée vendredi.
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Nucléaire coréen : que faut-il attendre de la rencontre entre Kim Jong-Un et Donald Trump

Des interrogations subsistent, notamment sur les conditions que posera le pouvoir nord-coréen à cette future rencontre annoncée vendredi.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h49
    |

            Philippe Pons (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est avec surprise et soulagement que les Sud-Coréens ont appris, vendredi 9 mars, que le président Donald Trump rencontrerait, probablement en mai, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un. Les sommets de ces prochains mois – intercoréen en avril, puis entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) – devraient donner sa chance à la paix après soixante-dix ans de confrontation. Ces avancées représentent aussi pour les Sud-Coréens une cause de fierté : l’artisan en est leur président, Moon Jae-in. Et la Corée du Sud apparaît, pour la première fois de son histoire, comme l’initiatrice d’une reconfiguration de la situation dans la péninsule.
Selon M. Moon, la rencontre annoncée entre Donald Trump et Kim Jong-un est « une victoire de la diplomatie » et « le vendredi 9 mars sera un jour à marquer d’une pierre blanche ». « Le long chemin vers une Corée dénucléarisée ne fait que commencer », a-t-il ajouté. La route risque en effet d’être longue.

Le dialogue, demandé par le centre-gauche en Corée, ainsi que par la Chine et la Russie, est assurément préférable à la flambée de tensions qui, au cours de l’année écoulée, risquait de tourner à l’affrontement militaire. « Je pense que Donald Trump a bien fait d’accepter la proposition de Kim Jong-un. C’est une chance à saisir. Pyongyang a fait des concessions démontrant que le régime est prêt à chercher un accord », estime John Delury, spécialiste de la Chine et de la RPDC à l’université Yonsei, à Séoul. « Il semble que se dessine un accord global, envisagé dans le passé par les prédécesseurs de Kim Jong-un, mais qui n’a jamais abouti » avance pour sa part Cheong Seong-chang de l’Institut Sejong, à Séoul.
Conditions souvent inacceptables pour les Etats-Unis
Une fois la surprise passée et la volée d’enthousiasme propre au tempérament emporté des Coréens retombée commencent à poindre les interrogations, voire un certain scepticisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’initiative imaginée par Paris et New Delhi lors de la COP21 est officiellement lancée dimanche 11 mars.
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En Inde, les promesses du premier sommet de l’Alliance solaire internationale

L’initiative imaginée par Paris et New Delhi lors de la COP21 est officiellement lancée dimanche 11 mars.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h30
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

C’est l’une des étapes-clés de la visite d’Emmanuel Macron en Inde, du 9 au 12 mars. New Delhi accueille, dimanche, le sommet fondateur de l’Alliance solaire internationale (ASI), imaginée par l’Inde et la France lors de la COP21, fin 2015, et destinée à regrouper les pays situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. Sur les 121 pays concernés, 60 ont signé l’accord-cadre, près de la moitié de ces derniers l’ayant ratifié.
L’alliance est née d’un constat : les pays proches de l’équateur bénéficient d’un fort ensoleillement de trois cents jours par an en moyenne, mais ne disposent pas toujours des technologies, des financements ou de l’expertise nécessaires pour l’exploiter à son maximum. Entre 20 % à 50 % de leurs populations n’ont pas accès à l’électricité.
L’ASI prévoit d’aider surtout les nations les plus pauvres, ainsi que les petits Etats insulaires comme les îles Fidji, Tuvalu et Nauru ou encore les Comores. Pour eux, le principal obstacle au solaire est d’abord le coût du financement. L’ASI espère les diminuer en regroupant des appels d’offres et en mettant en place, dans le courant de l’année, un mécanisme commun de garantie, imaginé par la Banque mondiale.
L’alliance espère mobiliser 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030, notamment auprès d’investisseurs privés et de bailleurs de fonds
« Au fur et à mesure que la technologie solaire devient maîtrisée et rentable, les investisseurs privés prennent le relais des bailleurs de fonds publics, et cette plate-forme de garantie devrait les inciter à augmenter leurs investissements », explique Nicolas Fornage, directeur de l’Agence française de développement (AFD) en Inde.
L’alliance espère mobiliser 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030, notamment auprès d’investisseurs privés et de bailleurs de fonds comme l’AFD. « L’Alliance solaire facilitera les investissements dans les petits projets comme le solaire de toiture et les réseaux décentralisés »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Cinq ans après son élection, le pape François doit faire face à plusieurs scandales : trois cardinaux proches de lui sont sur la sellette.
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Au Vatican, les embarras du C9, le cénacle chargé de transformer la curie

Cinq ans après son élection, le pape François doit faire face à plusieurs scandales : trois cardinaux proches de lui sont sur la sellette.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h21
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

A la fois symbole et outil de la réforme selon François, le C9 est aujourd’hui dans l’épreuve. Peu après son élection, François avait réuni autour de lui, pour l’aider à réformer la curie romaine, un conseil de huit, puis neuf, cardinaux, d’où ce surnom de C9. Choisis pour représenter tous les continents, ses membres ont été nommés pour faire pièce à l’appareil curial, aider le pape à gouverner l’Eglise catholique et à dessiner la nouvelle « Constitution » qui régira l’administration vaticane, succédant à celle promulguée en 1988 par Jean Paul II, Pastor bonus.
Pour la troisième fois, seulement huit cardinaux du C9 étaient présents lors de sa dernière réunion, fin février. En juin 2017, le Vatican a en effet mis en « congé » le cardinal australien George Pell qui venait d’être inculpé, dans son pays, pour des « délits d’agressions sexuelles anciennes » impliquant de « multiples plaignants ».
Depuis lors, celui qui demeure, en titre, l’un des tout premiers responsables de l’administration vaticane, puisqu’il est chargé de la réforme financière à la tête du nouveau secrétariat à l’économie du Saint-Siège, prépare sa défense. L’ancien archevêque de Sydney a comparu, lundi 5 mars, devant un tribunal de Melbourne, qui décidera s’il existe assez d’éléments pour un procès. En attendant, sa fonction demeure en suspens.

Des questions émergent
Le degré d’information du pape sur la situation au Chili, au regard des accusations portées par des victimes d’un prêtre pédophile contre Juan Barros, un évêque qui l’aurait couvert, et le soutien de François à ce prélat, a fait émerger des questions concernant un autre membre du C9, le cardinal chilien Francisco Errazuriz. Ancien archevêque de Santiago de 1998 à 2010 et ancien président de la conférence épiscopale chilienne de 1998 à 2004, il connaît nécessairement très bien la situation.
Vendredi 9 mars, le site National Catholic Reporter a révélé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les troupes loyalistes cherchent à scinder la poche insurgée.
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Syrie : Damas cherche à couper en deux l’enclave de la Ghouta

Les troupes loyalistes cherchent à scinder la poche insurgée.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h43
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Près de quinze jours après le début de leur offensive terrestre dans la Ghouta orientale, les forces pro-régime ont réduit de moitié la taille du territoire contrôlé par les combattants anti-Assad. Mais le cœur urbain de l’enclave rebelle assiégée, en lisière de Damas, leur échappe toujours. Appuyées par l’aviation russe et syrienne, dont les frappes ont causé la mort de plus de 950 civils depuis le 18 février, les troupes loyalistes cherchent à couper en deux la poche insurgée. Si les commandos d’élite avancent, ils font face aux contre-attaques des insurgés.
L’offensive en vue de sectionner l’enclave pourrait s’accélérer. « Vladimir Poutine veut obtenir une victoire symbolique avant l’élection présidentielle russe du 18 mars, explique Ibrahim Hamidi, journaliste au quotidien panarabe Asharq Al-Awsat. Si les Forces du tigre [sur le flanc est] et la 4e  division [à l’ouest] opèrent la jonction, ce sera un succès pour les Russes. Cela ne signifie pas la fin de la bataille. »
Selon M. Hamidi, les Russes souhaitent « renouveler l’accord de désescalade signé en juillet dans le nord de la Ghouta orientale avec Jaych Al-Islam et maintenir la pression sur la partie sud [fief de la faction Faylaq Al-Rahmane], jusqu’à obtenir l’expulsion des combattants de [l’ex- Front Al-] Nosra. » Ces derniers ne seraient que quelques centaines, éparpillés dans le sud de la Ghouta orientale. Moscou a obtenu que ces djihadistes soient exclus du cessez-le-feu humanitaire voté par l’ONU.
Départ de l’ex-Front Al-Nosra
Semblant déterminé à jouer sa propre partition, Jaych Al-Islam, le plus puissant groupe insurgé local, a annoncé, vendredi 9 mars, le départ de son territoire des hommes de Tahrir Al-Cham, l’actuelle appellation de l’ex-Front Al-Nosra, émanation d’Al-Qaida, après des « consultations avec les Nations unies et plusieurs acteurs internationaux. » Il ne s’agit pas de combattants actifs, mais de prisonniers détenus par Jaysh Al-Islam, qui a combattu Tahrir Al-Cham en 2017.

        Lire aussi :
         

                Syrie : un nouveau convoi d’aide humanitaire entre dans la Ghouta orientale



« C’est un pas politique, une façon de dire pour Jaych Al-Islam qu’ils remplissent leur part du contrat [par rapport à la résolution de l’ONU] et d’embarrasser les Russes, juge Monzer Akbik, porte-parole de La Syrie de demain, mouvement d’opposition impliqué dans les négociations de 2017 pour une désescalade. Mais les Russes affirment désormais que le départ des combattants de Nosra ne suffit pas. La situation est très complexe. » Des canaux de communication sont toujours maintenus entre les camps belligérants, mais la confrontation militaire l’emporte pour l’instant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Cinq ans après son élection, François fait l’objet de critiques pour ses hésitations dans la lutte contre les abus sexuels commis par des prêtres.
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La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie

Cinq ans après son élection, François fait l’objet de critiques pour ses hésitations dans la lutte contre les abus sexuels commis par des prêtres.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h13
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Le 16 janvier, le pape François témoignait devant quatre-vingt-dix jésuites chiliens que « la grande paix » éprouvée par lui au moment où il a compris qu’il allait être élu pape « ne [l]’a[vait] pas quitté » depuis. Deux mois plus tard, pourrait-il encore l’affirmer ? Car depuis ce premier jour du voyage qui l’a conduit au Chili et au Pérou, s’est ouverte la crise la plus violente de son pontificat, cinq ans après son élection, le 13 mars 2013.
En l’espace de trois semaines, le scandale de pédophilie qui secoue le clergé chilien depuis des années est devenu le scandale qui ébranle la figure du pape François. A l’heure des premiers bilans d’un pontificat censé remettre de l’ordre à la tête de l’Eglise, cela tombe mal. Cette affaire est d’autant plus dommageable pour François qu’elle écorne trois des marqueurs attachés à son identité de pape.
François met constamment l’accent sur la défense des faibles, des démunis, des méprisés face aux forts et aux puissants. De Lampedusa, où il fulmine contre la « mondialisation de l’indifférence » qui laisse périr les migrants en mer, au discours de Santa Cruz (Bolivie), qui enrôle l’Eglise aux côtés des « mouvements populaires », des prisons qu’il ne cesse de visiter aux « esclaves sexuels » dont il prend la défense, le pape argentin tonne contre le « Dieu argent », les trafiquants d’êtres humains et les fabricants d’armes.
Le pontife argentin a accusé des fidèles et une partie du clergé du diocèse d’Osorno, au chili, d’être manipulés par des « gauchistes »
Pourquoi, alors, ne semble-t-il pas prêt à voler au secours de simples fidèles durablement meurtris par des « puissants » de sa propre Eglise, à savoir des prêtres et des évêques ? Pourquoi, lors de son voyage au Chili, a-t-il choisi de s’afficher à plusieurs reprises en compagnie d’un évêque, Mgr Juan Barros, accusé (il s’en défend) d’avoir couvert un prêtre, le père Fernando...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les associations humanitaires s’inquiètent de voir des centaines de jeunes se priver d’alimentation.
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A Calais, les migrants refusent les repas de l’Etat

Les associations humanitaires s’inquiètent de voir des centaines de jeunes se priver d’alimentation.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h06
    |

            Maryline Baumard (Calais (Pas-de-Calais) - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Personne n’avait imaginé que les exilés de Calais boycotteraient les repas servis par l’Etat. C’est pourtant ce qui s’est produit, vendredi 9 mars. Alors que l’Etat a repris les distributions de nourriture, mardi, après un arrêt de près de dix-sept mois, les migrants ne se déplacent quasiment pas vers les points de distribution. Et, quand les portions arrivent jusqu’à eux, une bonne part des 500 à 600 Erythréens, Ethiopiens et Afghans du Calaisis les refusent tout bonnement, excluant d’accepter « des dons d’un ennemi qui nous pourchasse », comme l’explique un jeune Oromo, arrivé depuis un peu plus de quatre mois « dans l’enfer de Calais ». 
Vendredi, un food truck flambant neuf, fier de son énorme logo « Préfet du Pas-de-Calais », attendait en début d’après-midi dans un enclos partiellement fermé d’un grillage surélevé de barbelés, non loin de l’ancienne « jungle ». Sous l’auvent, des salariés de La Vie active, l’entreprise mandatée par l’Etat pour les distributions, attendaient des migrants qui ne venaient pas. Alors que seul Le Monde était sur place, c’était, selon la version officielle de La Vie active, « la présence des journalistes » qui les empêchaient d’accéder au lieu.

Double langage
Entre 15 h 30 et 16 h 15, Le Monde a pu constater que seuls trois jeunes hommes avaient fait le déplacement depuis leurs abris de fortune et qu’un peu plus tard, près de l’hôpital de Calais, seul un groupe d’une dizaine d’Afghans est passé chercher le plat chaud-pain-fruits. Un carton d’une vingtaine de portions avait en revanche été préparé par La Vie active pour être livré au milieu des dunes, là où se terrent les exilés. L’entreprise a vite compris que les migrants préféraient se priver de repas plutôt que venir vers cet organisme installé dans un camion aux couleurs de la France.
Jean-Claude Lenoir, le président de l’association Salam, s’étonne de la stratégie du moment. « Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les habitants protestent depuis qu’ils ont appris que la mairie s’apprêtait à changer l’attribution de l’ancien théâtre d’anatomie, un palazzo du XVIIe siècle, pour qu’il devienne un restaurant.
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A Venise, la résistance à l’industrie du tourisme s’organise

Les habitants protestent depuis qu’ils ont appris que la mairie s’apprêtait à changer l’attribution de l’ancien théâtre d’anatomie, un palazzo du XVIIe siècle, pour qu’il devienne un restaurant.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Chronique. Les forces de l’ordre sont arrivées au petit jour, mardi 6 mars, dans le centre de Venise, place San Giacomo dell’ Orio. Cent cinquante policiers, carabiniers et membres de la Guardia di Finanza avaient été réquisitionnés et les rues adjacentes bloquées, à l’heure où le seul bruit, d’ordinaire, est celui des valises à roulettes résonnant dans le silence des petites rues désertes.
Leur mission ? Déloger les occupants du rez-de-chaussée de l’ancien théâtre d’anatomie. Enfin, les occupants… Face à eux, ils n’ont trouvé qu’un habitant du quartier assoupi, veillant sur un matériel dérisoire : des jouets pour enfants, quelques livres, des affiches. Rien de très subversif.
Alors, pourquoi une telle démonstration de force ? C’est que, depuis cinq mois, ce palazzo du XVIIe siècle est le lieu d’une contestation très embarrassante pour la mairie et la région, visant la principale ressource économique de la ville : l’industrie touristique, dont les excès nourrissent la rancœur de la population.
Tout est parti en septembre de la vente, pour 900 000 euros, de ce local appartenant à la région et désaffecté depuis des années. Lorsque les habitants des environs ont appris que la mairie s’apprêtait à changer l’attribution du lieu pour qu’il devienne un restaurant, ils ont décidé d’occuper ce local.

Refus de la « privatisation » de la lagune
« Dans les années 1980, c’était un endroit très malfamé, avec de forts problèmes de toxicomanie. Et les habitants l’ont reconquis, en ont fait un lieu familial, où les enfants viennent jouer au foot après l’école. Mais ces dernières années, les terrasses des cafés et restaurants l’ont peu à peu grignoté. Résultat : cette fois-ci, ils ne se sont pas laissé faire », explique Giancarlo Ghigi, qui a travaillé à coordonner le mouvement. L’occupation s’organise, les habitants de tous âges et de tous milieux se relaient. La mairie coupe l’électricité ? On passe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La prise d’otages avait commencé à 10h20 (19h20, heure de Paris) vendredi dans cette maison de retraite et de soins pour anciens combattants, où le suspect était traité stress post-traumatique.
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Prise d’otages en Californie : le suspect et trois femmes retrouvés morts

La prise d’otages avait commencé à 10h20 (19h20, heure de Paris) vendredi dans cette maison de retraite et de soins pour anciens combattants, où le suspect était traité stress post-traumatique.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 09h42
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 11h37
   





                        


Un tireur et les trois employées qu’il avait prises en otage ont été retrouvés morts lorsque la police californienne a pu entrer, vendredi 10 mars au soir, dans la maison de retraite et de soins pour anciens combattants où la prise d’otages avait commencé le matin.
« Peu avant 18 heures ce soir (1 heure du matin samedi, heure de Paris), la police a pu entrer dans la salle où nous pensions qu’étaient retenues les otages, et malheureusement découvert les corps des trois femmes et du preneur d’otages », a annoncé le capitaine Chris Childs, de la police de Californie.
Stress post-traumatique
La prise d’otages avait commencé à 10 h 20 (19 h 20, heure de Paris) dans cette maison de retraite et de soins pour anciens combattants de Yountville, dans la vallée de Napa, la plus grande des Etats-Unis, qui comporte notamment une unité de traitement pour les anciens militaires atteints de stress post-traumatique.
L’homme, lui-même ancien combattant âgé de 36 ans, y était traité, mais on venait de lui annoncer quelques jours plus tôt qu’il allait devoir partir, a indiqué le sénateur de Californie Bill Dodd.
« C’est un programme de traitement pour lequel les patients résident sur place », a expliqué à la chaîne de télévision ABC7 News Larry Kamer, mari d’une des femmes d’abord prises en otages puis relâchées par le tueur. « Une partie du personnel était rassemblé dans une salle pour fêter le départ à la retraite de deux employés, et l’homme a pénétré dans la salle avec un fusil. Il était calme, et a parlé aux gens qui étaient présents », a-t-il ajouté.
La police a ensuite tenté en vain d’entrer en contact avec le preneur d’otages.
La police n’a pas précisé comment l’homme était mort, seulement qu’il avait été retrouvé sans vie, comme les trois employées. L’une des femmes mortes était la directrice du programme de traitement, selon le sénateur Dodd.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ L’armée d’Ankara et ses supplétifs syriens ne sont plus qu’à quelques kilomètres de la ville elle-même. La situation humanitaire pourrait s’aggraver rapidement.
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En Syrie, l’offensive turque s’approche du cœur de l’enclave kurde d’Afrin

L’armée d’Ankara et ses supplétifs syriens ne sont plus qu’à quelques kilomètres de la ville elle-même. La situation humanitaire pourrait s’aggraver rapidement.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h57
    |

                            Allan Kaval








                        



   


Après avoir tenu près de cinquante jours, les lignes de défense kurdes reculent devant Afrin. Vendredi 9 mars, les troupes turques et leurs supplétifs syriens – un ensemble de milices d’inspiration islamiste issues de la rébellion – ont pris pied dans la localité de Jinderes, un verrou important situé à vingt kilomètres au sud-ouest d’Afrin, sur la route qui mène à la frontière turque. La prise définitive de Jinderes marquerait un tournant dans la bataille après que les forces kurdes ont perdu le contrôle de tout le pourtour limitrophe de la Turquie.
Pour les Kurdes, la situation est plus critique encore au nord-est de l’enclave. Sur cet axe, les troupes turques et leurs alliés se trouvaient vendredi à moins de dix kilomètres de la ville et les affrontements, accompagnés de frappes aériennes, se poursuivent dans les villages de l’arrière-pays. « L’objectif maintenant, c’est Afrin (…) nous sommes face à la possibilité d’entrer à tout moment dans la ville », affirmait, vendredi, depuis Ankara, le président Recep Tayyip Erdogan, fidèle à la rhétorique triomphaliste du pouvoir turc depuis le début de l’offensive, à grand renfort de déclarations martiales et de propagande télévisée.
Fer de lance de la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie, partenaires de la coalition internationale emmenée par Washington, vainqueurs des djihadistes à Rakka, les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes défendent Afrin sans appui extérieur. L’enclave se trouve en effet en dehors de la zone placée sous protection de la coalition qu’ils contrôlent avec leurs alliés locaux dans le nord-est du pays.
Pertes civiles
Alliées des Occidentaux, les YPG sont considérées par la Turquie comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avec lequel l’Etat turc est en guerre sur son propre territoire. Ankara perçoit comme une menace existentielle la formation d’une entité sous le contrôle des forces kurdes à sa frontière méridionale. « Nous sommes déterminés à combattre les YPG où qu’elles se trouvent. Nos alliés américains et européens doivent comprendre que nous continuerons à défendre notre sécurité nationale », indique une source diplomatique turque.
L’opération contre Afrin, baptisée par Ankara « Rameau d’olivier », a piétiné dans les premières semaines. Mais les avancées des derniers jours font craindre à la population une situation de siège. « Les gens des villages occupés par l’armée turque et les groupes armés se sont réfugiés dans le centre-ville. La population a beaucoup augmenté. Des familles se cachent dans des caves, d’autres dorment dans les rues ou dans des bâtiments en construction », raconte Mohammed Kamal, un habitant d’Afrin joint via WhatsApp. Les communications téléphoniques sont coupées mais certains foyers sont toujours reliés au reste du monde par des connexions à Internet par satellite.

   


La situation humanitaire à l’intérieur de la ville pourrait s’aggraver. « Le réseau de distribution d’eau a été endommagé par les combats, l’eau courante est coupée dans Afrin », indique Mohammed Belo, un journaliste d’Afrin joint via WhatsApp. Les pertes civiles se poursuivent. « Il y a tous les jours des blessés et des morts civils dans les environs », rapporte le docteur Nezmi Ebdo, médecin dans le principal hôpital de l’enclave. Jeudi, trois enfants d’une même fratrie ont été fauchés à proximité d’Afrin par une explosion dont l’origine – tirs d’artillerie ou frappe aérienne – n’est pas claire, d’après le médecin.
Usage disproportionné de la force par Ankara
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) estime à près de 200 le nombre de civils tués depuis le déclenchement de « Rameau d’olivier », le 20 janvier. Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont aussi documenté plusieurs cas de morts civiles en soulignant un usage disproportionné de la force par l’armée turque. « Certaines personnes veulent partir, explique le docteur Nezmi Ebdo, mais la plupart veulent rester sur leurs terres pour l’instant. » 
Il n’est de toute façon pas dans l’intérêt des autorités kurdes qu’Afrin se vide de sa population pour laisser seuls des combattants militairement dominés. « Notre décision est de continuer à résister militairement, affirme un haut responsable kurde, mais la situation est mauvaise. Nous sommes dépassés par les frappes aériennes, l’artillerie, les armes lourdes… Politiquement, nous n’avons aucun soutien de nos partenaires européens et américains. »
Des troupes venues des territoires tenus par les forces kurdes et leurs alliés à l’est arrivent de manière intermittente en passant par les zones contrôlées par le régime syrien qui les séparent d’Afrin. Damas a aussi permis le déploiement de milices loyalistes en soutien des Kurdes. Mais aucun de ces renforts ne peut suffire à inverser la tendance.
Dans le gouvernorat de Deir ez-Zor, à près de 400 kilomètres au sud-est, les forces kurdes et leurs alliés font face aux dernières poches de l’EI. Elles ont interrompu leurs combats contre les djihadistes dans cette zone au cours des deux dernières semaines. Cette « pause opérationnelle » reconnue par le Pentagone est une manière de faire comprendre à leurs alliés occidentaux que la lutte contre l’ennemi commun ne peut que pâtir de leur incapacité à refréner les velléités d’Ankara sur la petite enclave d’Afrin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.
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Thomas Piketty : « Pour une Union dans l’Union »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste estime que pour changer le cours de la mondialisation, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne doivent impulser une Union politique et fiscale renforcée au sein de l’UE.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h48
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Après les élections italiennes et les pitreries commerciales trumpistes, il pourrait être tentant de déprimer et d’utiliser l’Europe pour jouer au même jeu stupide du repli : durcissement migratoire, escalade protectionniste. Ce faisant, on oublierait deux points essentiels.
Un : contrairement à ce que l’on entend parfois, la montée du populisme européen ne s’explique pas par une quelconque déferlante migratoire. En vérité, le nombre de migrants entrant dans l’Union européenne (UE) était beaucoup plus élevé avant la crise financière (1,2 million par an entre 2000 et 2008). Il s’est effondré ensuite (500 000 par an entre 2008 et 2016), alors que la situation géopolitique aurait exigé une ouverture accrue.
Si l’on n’avait pas commis de lourdes fautes de politique économique, provoquant une nouvelle récession en 2011-2012, et une explosion du chômage en Europe du Sud, alors l’UE aurait pu – et pourrait encore – être plus ouverte, et éviter de se défausser sur les camps turcs pour gérer la crise. Les responsables de la montée du populisme sont ceux qui ont conduit ces politiques austéritaires à contretemps, et non les migrants et ceux qui les soutiennent.
Deux : les sanctions commerciales américaines, aussi bêtes soient-elles, ne sont que des gesticulations symboliques permettant à Trump de se démarquer des démocrates et de faire vibrer à peu de frais la corde nationaliste. Le cœur du programme trumpiste, ce sont les centaines de milliards de dollars engloutis dans la réforme fiscale adoptée en décembre 2017, qui vise à réduire massivement l’imposition des bénéfices des sociétés et des revenus et patrimoines des contribuables les plus aisés.
« Ce qui menace le monde, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands coups de dumping fiscal au profit des plus riches »
Ce qui menace le monde aujourd’hui, ce n’est pas la guerre commerciale : c’est la guerre sociale, menée à grands...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Installé à Tunis, Salim Zerrouki fait paraître une première bande dessinée où il se moque crûment des travers des sociétés maghrébines.
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Compte rendu

L’autodérision radicale du dessinateur algérien Salim Zerrouki

Installé à Tunis, Salim Zerrouki fait paraître une première bande dessinée où il se moque crûment des travers des sociétés maghrébines.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-10T06:30:50+01:00"

        Le 10.03.2018 à 06h30






                        

Crédits : NICOLAS FAUQUE / WWW.IMAGESD


                    LETTRE DE TUNIS

C’est un jeu de massacre et Salim Zerrouki l’assume, rire espiègle. Il sait qu’il va choquer, qu’il pousse le crayon très loin. Le procès en « haine de soi », il s’y attend mais n’en a cure. Car l’humour qu’il pratique, l’autodérision, est après tout une affaire universellement partagée. Sauf qu’il trempe, lui, sa plume dans un tonneau de harissa au moindre trait.
Algérien installé à Tunis depuis une grosse décennie, Salim Zerrouki s’apprête à publier le 15 mars une bande dessinée – son premier album – moquant crûment les travers des siens, les Arabes : 100 % bled. Comment se débarrasser de nous pour un monde meilleur (coédition Lallah Hadria Editions et Encre de nuit).
C’est âpre, dur, cruel. Au départ, il se gausse bien sûr du fantasme des arabophobes de tout poil rêvant d’un tel « débarras ». Mais Salim Zerrouki n’a pas de temps à perdre avec ces gens-là. Ce qui l’intéresse, c’est bel et bien l’autocritique, la raillerie de soi, l’introspection à la serpe. Gaillard à la taille de basketteur, ce diplômé des Beaux-Arts d’Alger passé par la publicité a du toupet à revendre. Après la révolution tunisienne de 2011, il avait déjà affronté les « barbus » en plein essor à coups de caricatures sur son blog et sa page Facebook. Alors, les Arabes, c’est-à-dire lui-même…
« On ne se remet jamais en cause »
Tout a commencé en 2015 quand il assiste au grand rendez-vous international des publicitaires à Cannes (Alpes-Maritimes). C’est un choc : « Tout était propre, nickel, beau. » Une douleur soudain : « Ça fait mal de voir que l’on recule alors que le reste de l’humanité avance. » Ce qu’il ne souffre plus, c’est la fierté mal placée des siens. « Il y a en marre de se voiler la face, tempête-t-il. On ne se remet jamais en cause. Tous nos malheurs viennent de l’extérieur, c’est l’Occident qui nous veut du mal. Or ce qui se passe chez nous, c’est d’abord notre responsabilité. »
Alors,...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le président russe a donné une interview à la chaîne de télévision NBC dans laquelle il se moque de l’enquête menée par la justice américaine.
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A ce stade, Poutine « se moque éperdument » de l’ingérence dans l’élection américaine

Le président russe a donné une interview à la chaîne de télévision NBC dans laquelle il se moque de l’enquête menée par la justice américaine.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h03
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 09h06
   





                        



   


Le président russe Vladimir Poutine a dit qu’il se « moquait éperdument » si des ressortissants russes se sont immiscés dans l’élection présidentielle américaine de 2016, insistant sur le fait qu’il n’y avait aucun lien avec le Kremlin, dans une interview publiée vendredi 9 mars. « Pourquoi avez-vous décidé que les autorités russes, y compris moi-même, ont donné la permission de faire cela ? », s’est interrogé M. Poutine dans une interview accordée à la chaîne de télévision américaine NBC, durant laquelle il a souvent adopté une attitude combative.
Le procureur spécial Robert Mueller mène une enquête à grande échelle afin de déterminer si le président Donald Trump a bénéficié de l’aide de Moscou durant la campagne électorale.
En février, Mueller a inculpé treize ressortissants russes, dont un proche de M. Poutine, et trois compagnies russes pour avoir épaulé la campagne de Trump, en calomniant sa rivale démocrate Hillary Clinton et en s’immisçant dans le processus électoral.

        Synthèse :
         

          Tout comprendre à l’affaire Trump-Russie



« S’ils sont Russes, et alors ?, a dit Poutine quant à ces allégations. Il y a 146 millions de Russes. Et alors ? (…) Cela m’est égal. Je m’en moque éperdument (…) Ils ne représentent pas les intérêts de l’Etat russe. »
« Nous allons y jeter un coup d’œil »
La campagne de déstabilisation russe, financée à coups de millions de dollars, aurait en effet débuté dès 2014, selon l’acte d’accusation. Ce document dressé par le procureur Mueller a 37 pages, mais Vladimir Poutine a affirmé qu’il n’avait pas vu pour l’instant de preuve démontrant que l’ingérence présumée avait violé la loi américaine.
« Est-ce nous qui avons imposé des sanctions contre les Etats-Unis ? Les Etats-Unis nous ont imposé des sanctions, a-t-il poursuivi. « Nous en Russie, on ne peut juger personne tant qu’elle n’a pas violé la loi russe (…) Au moins, envoyez-nous un bout de papier (…) Donnez-nous un document. Donnez-nous une demande officielle. Et nous allons y jeter un coup d’œil. »

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Les principaux services de renseignement américains avaient déjà dénoncé l’ingérence russe dans la campagne électorale, mais Donald Trump a constamment rejeté toute collusion avec Moscou.
« Quelqu’un peut-il croire que la Russie, à des milliers de kilomètres de distance (…) a influencé le résultat de l’élection ? A vous, cela ne vous semble pas ridicule ? », a demandé le chef de l’Etat russe. « Ce n’est pas notre but de s’immiscer. Nous ne voyons pas quel objectif aurions pu atteindre en s’immisçant. Il n’y a pas de but », a-t-il martelé.
Les chefs des renseignements américains ont indiqué le mois dernier que les tentatives russes d’ingérence dans la politique américaine se poursuivaient et affirmé qu’elles représentaient une menace pour les élections parlementaires cruciales de novembre.



                            


                        

                        

