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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ L’ancien conseiller de Donald Trump est l’invité vedette du congrès du Front national qui se tient à Lille samedi et dimanche.
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Steve Bannon au congrès du FN : « L’histoire est de notre côté »

L’ancien conseiller de Donald Trump est l’invité vedette du congrès du Front national qui se tient à Lille samedi et dimanche.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 18h22
   





                        


« L’Histoire est de notre côté et va nous mener de victoire en victoire », a déclaré, samedi 10 mars, l’ancien conseiller du président américain Donald Trump, le controversé Steve Bannon, devant le congrès du Front national à Lille, où il était l’invité vedette.
« Vous faites partie d’un mouvement qui est plus grand que l’Italie, plus grand que la Pologne, plus grand que la Hongrie », a ajouté le stratège populiste, ex-directeur du site d’extrême droite Breitbart News.
Le FN tient son congrès à Lille samedi et dimanche, en vue de sa « refondation » et d’un changement de nom, pour accéder au pouvoir aux prochaines élections.

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                Réélection de Marine Le Pen et nouveau nom : les enjeux du Congrès du Front national



Incarnation de la droite américaine la plus dure, M. Bannon, dont la venue avait été annoncée seulement vendredi soir, avait dirigé la fin de la campagne présidentielle de Donald Trump avant de devenir son conseiller à la Maison Blanche pendant sept mois.
« Pas exactement la définition de la dédiabolisation »
Tout en convenant qu’« il est dérangeant, probablement », le porte-parole du FN, Sébastien Chenu a souligné samedi matin sur France Inter que l’invité de marque « incarne pour nous le rejet de l’establishment, de l’Union européenne, du système politico-médiatique, cette résistance que nous incarnons au politiquement correct, à la bien-pensance, cette chape de plomb qui tombe un peu plus chaque jour sur les Français ».
Une venue qu’a commenté avec amusement l’ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen, samedi 10 mars à l’Agence France-Presse : « J’ai plutôt de la sympathie pour Bannon [mais] je pense que [sa venue] n’est pas exactement la définition de la dédiabolisation ».
M. Bannon avait, en juillet 2016, qualifié l’ex députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen de « nouvelle étoile montante » de l’extrême droite. Cette dernière lui avait répondu en novembre de la même année qu’elle serait « contente » de travailler avec lui s’il venait en France. Le vice-président du FN, Louis Aliot, a affirmé fin février sur le site du mensuel L’Incorrect, fondé par des partisans de Marion Maréchal-Le Pen, avoir rencontré M. Bannon en décembre et partager avec lui plusieurs analyses, notamment sur les médias.
« Leurs analyses sont les mêmes que les nôtres sur un grand nombre de thématiques. Notamment sur la nécessaire résistance médiatique à organiser partout, y compris chez nous en Europe et en France. Trump a réussi à gagner contre ce système médiatique. C’est là sa réussite extraordinaire. »

   


« Changement de nom, mais pas de ligne politique ! »
Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a qualifié de M. Bannon (ancien directeur du site Breitbart, connu pour relayer régulièrement de fausses informations) de « roi des “fake news” et des suprémacistes blancs », ajoutant ne pas être « surpris » de sa venue. « Changement de nom, mais pas de ligne politique ! », a-t-il écrit dans un tweet, en référence à la volonté du FN de changer de nom afin de se « refonder » en formation de gouvernement.
« L’idée n’est pas d’en faire un allié », affirme Marine Le Pen, qui, en votant pour les nouveaux statuts du Front national peu avant 15 h 30 samedi, en a profité pour répondre aux questions sur la venue de M. Bannon, comme le rapport notre journaliste sur place, Lucie Soullier :

Marine Le Pen sur la venue de Steve Bannon au congrès du FN, aujourd’hui : « L’idée n’est pas d’en faire un allié (… https://t.co/HUdGbX2C5G— LucieSoullier (@Lucie Soullier)


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Selon le quotidien américain New York Times, M. Bannon est en tournée en Europe avec l’ambition de fonder une « infrastructure, mondialement, pour le mouvement populiste mondial ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le groupe a fait cette annonce au lendemain d’une trêve liée à la diffusion du spectacle des Enfoirés.
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Canal+ décide de rétablir définitivement la diffusion des chaînes de TF1 à tous ses abonnés

Le groupe a fait cette annonce au lendemain d’une trêve liée à la diffusion du spectacle des Enfoirés.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 16h31
   





                        


Au lendemain d’une trêve liée à la diffusion du spectacle des Enfoirés, Canal+ a annoncé, samedi 10 mars, avoir décidé de rétablir totalement l’accès à TF1 à tous ses abonnés et se dit prêt à trouver un accord avec la chaîne « sur une base raisonnable », selon un communiqué du groupe :
« Le groupe Canal+ a pris la décision de rétablir la diffusion du signal linéaire de TF1 le 9 mars sur l’ensemble de ses réseaux et pour l’ensemble de ses abonnés. »
Canal+ avait coupé à ses clients, dans la nuit du 1er au 2 mars, le signal de TF1 et des autres chaînes gratuites du groupe (TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI), après des mois de négociations infructueuses sur une somme réclamée par TF1 en échange de leur diffusion.
Le groupe avait déjà rétabli le signal mercredi pour ceux qui reçoivent Canal+ via le satellite, soit la plupart de ses près de 5 millions d’abonnés directs. Rétabli vendredi soir en grande pompe pour l’ensemble de ses abonnés, juste avant le spectacle de l’association de Coluche, le signal n’a pas été coupé depuis.

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                Télévision : Les Enfoirés réalisent leur plus mauvaise audience depuis 2000



Droits de diffusion
TF1, qui fournissait jusqu’ici ses chaînes gratuitement, tente désormais d’obtenir le paiement de droits de diffusion de la part des opérateurs qui les retransmettent à leurs abonnés. Selon le groupe de Vincent Bolloré, « les derniers jours (ont) confirmé que la diffusion des chaînes gratuites resterait gratuite, et que seuls les services complémentaires (replay, start over ...) pouvaient être payants ».
Réaffirmant sa position face à TF1, le groupe assure que « les abonnés aux offres Canal n’ont pas vocation à payer pour des chaînes en clair, ayant obtenu, à ce titre, de l’État des fréquences gratuites ».
Canal+ se dit en revanche « disposé à négocier avec le Groupe TF1 la rémunération » des « services et fonctionnalités associées à ces chaînes », et ce « sur une base raisonnable et non discriminatoire par rapport aux accords signés avec les autres distributeurs ».
TF1 a déjà trouvé un accord avec trois autres opérateurs, SFR, Orange et Bouygues, concernant les modalités financières de diffusion de ses chaînes sur leurs « box ». Outre Canal+, le groupe de Martin Bouygues reste en conflit avec Free.

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                Pourquoi Canal+ a coupé l’accès des chaînes de TF1 à ses abonnés ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Après leur victoire poussive contre l’Italie, l’équipe de France de rugby reçoit le XV de la Rose, vainqueur des deux dernières éditions du Tournoi des six nations.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Pendant plus de deux heures, samedi, « Macron le manager » a joué de sa relative jeunesse et de son image nouvelle pour tenter de séduire cette partie de la population indienne.
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La « masterclass » du professeur Macron à la jeunesse indienne

Pendant plus de deux heures, samedi, « Macron le manager » a joué de sa relative jeunesse et de son image nouvelle pour tenter de séduire cette partie de la population indienne.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 17h02
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance) et 
Bastien Bonnefous (New-Delhi, envoyé spécial)








                        



   


En bras de chemise (blanche) et en anglais. Emmanuel Macron a profité de sa visite d’État en Inde pour s’adresser plus spécifiquement, et à sa manière, à la jeunesse du pays, samedi 10 mars. Le chef de l’État rêve en effet d’attirer une grande partie des jeunes cerveaux du géant asiatique en France, alors que 600 millions d’Indiens ont moins de 25 ans.
Pendant plus de deux heures, « Macron le manager », comme l’a surnommé l’hebdomadaire India Today, a donc joué de sa relative jeunesse (40 ans) et de son image nouvelle, pour tenter de séduire cette partie de la population indienne. Devant un auditoire de plus de 200 étudiants réunis en plein air sous les arbres et le soleil d’une résidence de New Dehli, il a livré une masterclass sur le pouvoir, debout sur une scène, micro à la main et le tout en anglais. Si l’exercice avait été une réussite à Ouagadougou, lors de son déplacement au Burkina Faso en novembre 2017, il a été cette fois plus compassé du fait des questions bien sages des étudiants triés en amont et appartenant pour la plupart aux classes aisées indiennes.
« Vous avez quelque chose à apporter à la France et la France a quelque chose à vous apporter », a déclaré M. Macron qui veut doubler le nombre d’étudiants indiens venant dans l’Hexagone d’ici deux ans. A ce jour, seuls cinq petits milliers viennent étudier en France, préférant nettement, en Europe, le voisin britannique. Paris voudrait bénéficier des craintes suscitées en Inde par le Brexit pour dévier une partie de ces étudiants vers la France.

   


Reconnaissance mutuelle des diplômes
Pour cela, le président de la République a signé à New Dehli un accord pour faciliter la reconnaissance mutuelle des diplômes entre la France et l’Inde, ainsi que plusieurs « mémorandum d’entente » entre des grandes écoles ou centres de recherche français (Ecoles Normales Supérieures, CNRS, Mines-Télécom, Centrale, etc) et leurs homologues indiens. « Beaucoup de jeunes chercheurs indiens qui vont à l’étranger ne vont pas en France. Vous devez aller en France ! Nous avons d’excellentes universités et d’excellents centres de recherches en sciences, en sciences sociales, en lettres », a insisté M. Macron.

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          Emmanuel Macron veut accroître la place de la France en Inde



Mais le chef de l’État a surtout profité de son stand-up politique pour répondre à des questions sur son propre profil et sa propre réussite. « J’ai eu beaucoup de chance, mais je n’ai jamais cherché de solution dans les certitudes des autres, j’ai toujours suivi la direction qui me semblait la bonne », a-t-il expliqué. Revenant sur son parcours – énarque, puis banquier d’affaires, puis responsable politique – il l’a pris comme exemple pour démontrer à son jeune auditoire que « rien n’est figé à 20 ou 25 ans ». « A votre âge, je n’avais pas dans l’idée d’intégrer l’administration. Au début du XXIe siècle, être fonctionnaire n’était pas vu comme quelque chose de cool. Mon projet initial était d’être écrivain, mais j’ai fait autre chose. J’ai toujours agi à contre-courant », s’est vanté M. Macron, ajoutant à propos de son élection, il y a bientôt un an, que « tout le monde en France pensait qu’on ne pouvait rien changer en politique et que l’avenir était aux populismes et aux extrêmes, mais j’ai démontré le contraire ».
M. Macron a bien tenté d’utiliser également cet échange pour envoyer des messages sur les rapports hommes-femmes, ou les relations entre les religions, au gouvernement indien de son « ami », le premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi. Mais en vain, aucun étudiant ne répondant à son invitation de l’interroger sur ces sujets.

   


La France aurait changé
Vikrant Zutschi, étudiant à l’université d’Ashoka près de New-Delhi, a découvert Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux en 2017, en voyant une vidéo de lui recevant un œuf sur la tête au salon de l’agriculture. Il s’est depuis intéressé aux idées de celui qui est le « seul en Europe à avoir battu le populisme ». « Il est le symbole d’un monde qui change, il est tellement jeune qu’il ne ressemble pas à un président », témoigne-t-il.
Au parlement Indien, l’âge médian des parlementaires est deux fois plus élevé que celui de la population du pays. « Son discours n’a jamais été aussi pertinent qu’aujourd’hui. On doit aussi dépasser en Inde les clivages politiques pour résoudre les questions comme le changement climatique » ajoute Aashna Lal, qui étudie les Sciences Politiques à l’université Ashoka. Et l’étudiante de préciser : « Son discours fait sens car nous sommes une petite minorité éduquée parlant anglais, mais il ne peut pas résonner dans le reste de l’Inde. »
En s'adressant à la jeunesse indienne, M. Macron a voulu faire passer un autre message, déjà répété lors de son voyage en Chine en janvier : depuis son arrivée à l’Elysée, la France aurait changé. « Il faut toujours changer les mentalités, surtout pour la France », a-t-il expliqué, précisant que le début de son quinquennat a fait « changer l’état d’esprit français » en facilitant « davantage l’entreprenariat » et en augmentant « le nombre de preneurs de risques » dans le pays. « Il faut toujours inciter à essayer, peut-être pour échouer, mais jamais pour abandonner », a conclu M. Macron, avant de s’offrir une longue séance de selfies avec ses invités.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Au Royaume-Uni, pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie baisse dans certaines régions. Pauvreté, mode de vie mais aussi coupes budgétaires en sont à l’origine.
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Voyage au pays où l’austérité fait reculer l’espérance de vie

Au Royaume-Uni, pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie baisse dans certaines régions. Pauvreté, mode de vie mais aussi coupes budgétaires en sont à l’origine.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 16h56
    |

            Eric Albert (Hartlepool, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Paul Edmonson Jones sourit quand on lui mentionne l’étrange concept développé par quelques médecins pour résumer le problème de leurs patients : « shit life syndrome », littéralement « le syndrome d’une vie de merde ». « Oui, j’en ai entendu parler, confirme le directeur de la santé publique de la mairie de Hartlepool, une ville du nord-est de l’Angleterre. C’est vrai : ces gens sont malades parce qu’ils ont une vie de merde, qui va en empirant. Ils n’ont pas d’emploi, pas d’espoir, et trouvent consolation en allant boire des bières, fumer des cigarettes, et ils s’abîment la santé. »
Hartlepool est la 18e ville la plus pauvre d’Angleterre. Les chantiers navals, les mines et les usines chimiques ont fermé depuis bien longtemps. La dernière aciérie proche s’est éteinte en 2015. Voilà des générations que la pauvreté et les difficultés sociales sont généralisées.
Mais, depuis quelques années, un nouveau phénomène est venu s’ajouter : les gens meurent plus jeunes. Pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie diminue. Jusqu’à récemment, même des endroits comme celui-ci voyaient la population vivre plus longtemps, malgré un fort retard sur les régions riches. C’est désormais fini.
« Si vous atteignez 60 ans, c’est déjà pas mal »
Si, dans l’ensemble du Royaume-Uni, l’espérance de vie progresse encore, la tendance s’est inversée dans des dizaines de régions d’Angleterre. A Hartlepool, pour les hommes, elle a chuté de plus d’un an, à 76 ans, de 2011-2013 à 2014-2016. Dans les quartiers les plus pauvres, elle n’est que de 71 ans. Pour les femmes, la tendance est stable, à 81 ans en moyenne et à 79 ans pour les plus pauvres.
« Dans le quartier, si vous atteignez 60 ans, c’est déjà pas mal. » Sacha Bedding prononce cette phrase le plus sérieusement du monde. Avec Teresa Driver, il dirige l’Annexe, une association plantée au cœur de Dyke House, l’un des endroits les plus pauvres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La ville de la Douma a été « isolée » par les forces de Damas du reste du dernier fief insurgé aux portes de Damas, où vivent près de 400 000 habitants.
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Syrie : percée majeure du régime syrien dans la Ghouta orientale

La ville de la Douma a été « isolée » par les forces de Damas du reste du dernier fief insurgé aux portes de Damas, où vivent près de 400 000 habitants.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 18h36
   





                        



   


Appuyées par l’aviation russe et syrienne, dont les frappes ont causé la mort de plus de 950 civils depuis le 18 février, les troupes du régime syrien ont effectué samedi 10 mars une percée majeure dans la partie rebelle de la Ghouta orientale, isolant la principale ville du dernier fief insurgé aux portes de Damas, Douma.
Les forces loyalistes « ont isolé Douma du reste de la Ghouta orientale, après avoir pris le contrôle de la route la reliant à Harasta à l’ouest et à Misraba au sud », a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Elles sont parvenues ainsi à diviser la Ghouta orientale en trois : Douma et sa périphérie au nord, Harasta à l’ouest et le reste des localités au sud.
Leur objectif est d’affaiblir les factions rebelles contrôlant l’enclave, d’où des obus sont tirés sur des secteurs de la capitale Damas, fief du pouvoir, faisant des victimes.
« Les loyalistes progressent sur plusieurs fronts », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. « Les avions syriens et russes ont largué des barils d’explosifs sur Douma » et poursuivent les raids sur d’autres localités.

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La vaine contre-offensive des groupes rebelles
Selon un correspondant de l’AFP à Douma, la ville était, en milieu de journée, la cible de bombardements aériens et à l’artillerie.
Les groupes rebelles ont tenté, en vain, une contre-offensive avant de reculer samedi 10 mars sous la pluie de bombes du régime et la progression au sol. « Des combats ont eu lieu avec le groupe Jaich al-Islam aux abords de Douma tandis que d’autres ont opposé le régime au groupe Faylaq al-Rahmane », poursuit Abdel Rahmane.
Cette nouvelle offensive rend difficile le travail des médecins : samedi 10 mars, les ambulances transportant les blessés ne sont parvenues que difficilement à atteindre les hôpitaux ou cliniques de fortune à cause de l’intensité des bombardements.

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Le conseil local de Douma a lancé un « appel au secours » adressé aux organisations internationales, soulignant que « de nombreuses personnes dormaient désormais dans les jardins publics et sur les routes, les abris et sous-sol étant débordés ».
Il affirme également que « l’enterrement (des morts) devient difficile » en raison notamment de bombardements ayant touché le cimetière de la ville.
Selon la télévision d’Etat syrienne, « l’armée intensifie ses opérations » sur plusieurs fronts. Elle a diffusé des images en direct de la ville de Misraba montrant des dizaines de civils dans un sous-sol sans lumière et un vieillard en pleurs racontant comment sa famille avait dû fuir les bombardements et s’était réfugié à Douma.
En près de trois semaines, 976 civils ont péri dont 208 enfants et plus de 4 300 ont été blessés à la Ghouta orientale, selon l’OSDH.


La Ghouta orientale, au cœur du conflit syrien
Ancien « poumon vert » de Damas, situé à l’est de la capitale de la Syrie, la Ghouta orientale est un fief rebelle qui fait, depuis 2013, l’objet de bombardements quasi quotidiens.
Cette année-là, le conflit prend un nouveau tournant dans la zone avec des attaques chimiques dans les alentours de Damas ; en mai, les journalistes du Monde sur place sont les premiers à être témoins d’attaques chimiques lancées à l’entrée de la capitale durant plusieurs jours. Mais c’est surtout lors d’un massacre durant la nuit du 21 août de la même année que ces armes sont utilisées massivement.
A partir de 2015, des dizaines de civils sont affectées par les pénuries de nourriture et de médicaments.
Depuis l’été 2017, la région est censée être une des « zones de désescalade » créées en vertu d’un accord entre la Russie, l’Iran — principaux soutiens du régime — et la Turquie, qui appuie l’opposition. Mais les bombardements n’ont jamais cessé. Le 5 février, le régime lance une offensive aérienne d’une intensité inédite.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Des forfaits allant jusqu’à 900 euros sont proposés pour aider à l’inscription à l’université.
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Parcoursup, un nouveau marché pour les acteurs privés du conseil en orientation

Des forfaits allant jusqu’à 900 euros sont proposés pour aider à l’inscription à l’université.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 06h35
    |

            Séverin Graveleau








                        



                                


                            

Alors que les lycéens doivent inscrire, avant le mardi 13 mars, leurs vœux d’orientation sur Parcoursup – la nouvelle plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur –, les acteurs privés du coaching et du conseil en orientation se frottent les mains. Les nouvelles règles à l’entrée de l’université, qui entrent en vigueur vendredi 9 mars, leur ont amené, racontent-ils, de nouveaux clients.
La fondatrice du cabinet Tonavenir.net, Sophie Laborde-Balen, estime ainsi la hausse de son activité « de 25 % à 30 % » par rapport à 2017. « Le tirage au sort en 2017 et les nouveautés de Parcoursup ont rendu les parents inquiets », observe-t-elle. Ici, parmi les forfaits vendus dans le coffret cadeau « Yes future », le « Pass sérénité » à 560 euros permet une « prise en charge totale » des inscriptions postbac : définition avec le futur étudiant de son projet d’études, écriture avec lui des lettres de motivation… Et à ce prix-là, le conseiller se charge d’entrer les vœux sur la plate-forme.
Même constat chez Clotilde du Mesnil, fondatrice de Cowin Coaching, qui fait état d’une montée en puissance de l’activité cette année : « Les candidats sont inquiets de ne pas obtenir la formation qu’ils veulent, qu’il y ait une sélection cachée. » Elle propose un forfait de dix séances de conseil en orientation pour 910 euros.
Tonavenir.net, Cowin Coaching, Quiétude, ODIEP, Eurêka Study et autres Recto Versoi… S’il est compliqué de dresser un bilan pour l’ensemble du secteur, les entreprises spécialisées dans l’orientation sont nombreuses à s’être engouffrées sur le nouveau marché Parcoursup. Difficile pour les élèves d’échapper à leur communication intensive sur les réseaux sociaux et dans les salons d’orientation.
« Public mal informé »
Pour renouveler leur offre, ces acteurs, qui existaient déjà en grande partie, parient sur l’une des nouveautés de Parcoursup : l’obligation de rédiger une lettre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Longtemps marginal en France, le tatouage fait de plus en plus d’adeptes. Retour sur l’histoire plurielle de cet art, à l’occasion du Mondial du tatouage, à Paris.
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Le tatouage, un art primitif devenu populaire

Longtemps marginal en France, le tatouage fait de plus en plus d’adeptes. Retour sur l’histoire plurielle de cet art, à l’occasion du Mondial du tatouage, à Paris.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 15h37
    |

            Romain Geoffroy et 
                                Rédaction Snapchat - Le Monde








                        



   


Le tatouage fait de plus en plus d’adeptes. Selon un sondage IFOP réalisé en novembre 2016 pour le Syndicat national des artistes tatoueurs auprès de 1 002 personnes, 14 % des Français ont déjà été tatoués. Chez les 18-24 ans, cette proportion atteint même 26 %.
A l’occasion du Mondial du tatouage, qui se tient du vendredi 9 au dimanche 11 mars à la Grande Halle de la Villette, à Paris, retour sur l’histoire de cet art dont les origines sont multiples.
Cet article a été initialement publié dans l’édition « Discover » du Monde sur l’application Snapchat.
Ötzi, plus vieux tatoué connu
Vieux de plus de 5 300 ans (il serait né vers − 3 300 avant JC), l’« Homme des glaces », retrouvé en 1991 momifié à la frontière italo-autrichienne, portait 61 tatouages. Il s’agissait essentiellement de traits parallèles, dont la plus grande partie était sur le bas des jambes.

   


Ces tatouages (probablement faits pour soigner l’arthrose dont souffrait Ötzi) étaient faits par incisions, dans lesquelles on frottait du charbon de bois.
Le « tatau » polynésien, l’origine du mot
Le tatouage a été pratiqué dans toutes les régions du monde et à toutes les époques. L’origine du mot vient de Polynésie : le tatau y est une pratique ancestrale très importante qui pourrait remonter à − 1 300 ans avant JC.

   


Un rite durant lequel on coloriait sa peau lors des étapes importantes de la vie en utilisant des dents de requin et des os taillés. Il était aussi un marqueur social, car essentiellement pratiqué par les classes supérieures.
Au Japon, de l’outil punitif à l’interdiction
Durant l’époque d’Edo (1600-1868), l’irezumi (tatouage japonais) devient synonyme de punition : les criminels sont tatoués de force sur le bras ou sur le front.

   


Malgré son image négative dans la société, l’irezumi se développe et des Japonais se recouvrent tout le corps de dragons, personnages et autres motifs. En 1872, les tatouages seront finalement interdits par le gouvernement. Ils seront à nouveau autorisés à partir de 1948, lors de l’occupation américaine.
En Europe, une pratique réappropriée par les marins
Le tatouage est interdit en Europe, en 787, par l’Eglise, car jugé comme un symbole païen. Dans l’Ancien Testament (Lévitique 19:28), on peut lire :
« Vous ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Eternel. »
Le tatouage réapparaîtra cependant au XVIIIe siècle, après que des marins européens de retour de Polynésie s’approprient la pratique.
En Russie, un CV criminel sur la peau
Pendant l’Union soviétique (dès 1922), le tatouage devient central dans les prisons et goulags russes. Par un système très codifié, les prisonniers se gravent leur parcours criminel sur la peau.

   


Les motifs et le nombre de tatouages donnent des indices sur la raison de leur séjour derrière les barreaux et instaurent une sorte de hiérarchie en prison. Les autorités soviétiques ayant commencé à déchiffrer certains symboles à partir des années 1960, le tatouage peut aussi trahir celui qui a la peau encrée.
1891 : invention de la machine à tatouer électrique
Le tatoueur américain Samuel O’Reilly est le premier inventeur d’une machine à tatouer électrique. Il s’inspire du stylo électrique, créé quelques années plus tôt par Thomas Edison, auquel il ajoute des aiguilles et un tube permettant d’insérer de l’encre dans la peau.

   


L’apparition du dermographe révolutionne l’art du tatouage, permettant d’aller beaucoup plus vite et de développer de nouvelles techniques.
De l’image du mauvais garçon à la pop culture
Si l’art et la technique évoluent, le tatouage reste jusqu’aux années 1980 une pratique underground. Aux Etats-Unis comme en Europe, il est souvent associé aux « mauvais garçons », aux gangs, mais aussi au rock, au punk puis au rap.

   


Mais les stars de la musique vont lui donner une image « cool » qui le fera entrer dans la pop culture.

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                Japonais, hyperréaliste, tribal ou old school... l’essor sans fin du tatouage



La question inévitable de la douleur
Difficile de séparer tatouage et douleur. Mais selon la partie du corps à tatouer, les aiguilles pénétrant la peau peuvent être plus ou moins désagréables.

   


Si vous êtes sensible, mieux vaut donc éviter de demander un dragon sur le pied.
Regrets et détatouage
On peut se lasser de son tatouage ou le trouver gênant dans le monde du travail… L’augmentation du nombre de tatoués s’accompagne donc d’une hausse des détatouages.

   


Le détatouage au laser, pratiqué par les dermatologues, permet de casser les billes d’encre sous la peau. Cela peut être long, douloureux et pas toujours complètement efficace. Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

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                Des bulles et des pointes : l’histoire ancestrale du tatouage en BD






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’Elysée revendique la signature de 20 contrats d’une valeur totale de 13 milliards d’euros, dont un de 12 milliards pour le groupe Safran.
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Safran, Alstom, EDF... 13 milliards d’euros de contrats pour la France en Inde

L’Elysée revendique la signature de 20 contrats d’une valeur totale de 13 milliards d’euros, dont un de 12 milliards pour le groupe Safran.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 09h19
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 12h10
    |

            Bastien Bonnefous (New Delhi, envoyé spécial) et 
Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



   


La France et l’Inde devaient signer, samedi 10 mars, une cinquantaine de contrats et d’accords de coopération dans les domaines de la science, de l’environnement et du développement urbain, lors de la première journée de la visite d’Emmanuel Macron dans le sous-continent, qui dure jusqu’au lundi 12 mars. L’Elysée revendique la signature de vingt contrats, d’une valeur totale de 13 milliards d’euros.
Le contrat remporté par Safran pour la vente et la maintenance des moteurs d’avion de la compagnie aérienne indienne SpiceJet représente, à lui seul, 12 milliards d’euros, selon les chiffres communiqués par l’Elysée. EDF doit aussi annoncer un nouveau protocole d’accord prévoyant la livraison de six réacteurs EPR dans l’ouest de l’Inde, similaire à celui qui avait déjà été signé en 2009. Aucune vente n’a été conclue, mais le calendrier des négociations doit cette fois être précisé. « La marche arrière nous semble impossible aujourd’hui », affirme l’Elysée, qui y voit « une étape majeure ». Une petite ville du sud de l’Inde va aussi confier à Suez la distribution de son eau potable ainsi que la modernisation de son réseau. Enfin, Alstom a remporté des marchés de 75 millions d’euros pour plusieurs projets ferroviaires. « Du sol au ciel, il n’y a pas de domaines dans lesquels nous ne travaillons pas ensemble », a déclaré samedi le premier ministre indien Narendra Modi lors d’une allocution commune à New Delhi avec Emmanuel Macron.
Un marché difficile à pénétrer, surtout pour les PME
Malgré tout, les relations commerciales entre la France et l’Inde restent modestes. « Nous pouvons faire bien plus en termes de bons investissements, de commerce et d’ouverture de nos marchés », a reconnu le président de la République française dans un entretien accordé, jeudi 8 mars, à l’hebdomadaire India Today. L’objet est désormais de « faire de l’Inde le premier partenaire stratégique de la France dans la région [asiatique] et faire de la France le premier partenaire stratégique de l’Inde en Europe », a-t-il ajouté samedi.
L’Inde n’est que le 18e client de la France et son 20e fournisseur à l’échelle internationale. A chaque visite d’un chef d’Etat français dans le sous-continent, c’est la même rengaine : la France ne parvient pas à tirer profit du marché indien. En 1967, l’ambassadeur d’Inde se plaignait déjà dans le bureau du général de Gaulle de la faible présence économique française. A l’époque, l’Hexagone ne comptait que huit entreprises sur le sol indien, contre plus d’un demi-millier aujourd’hui…
L’Inde n’est que le 18e client de la France et son 20e fournisseur à l’échelle internationale
Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi, en 2014, le pays a progressé dans le classement Doing Business de la Banque mondiale, qui mesure la facilité d’entreprendre. Mais l’Inde revient de loin. Il faut attendre jusqu’à deux ans pour obtenir un permis ou une autorisation administrative. « Il est parfois difficile d’identifier dans l’administration les bons interlocuteurs, surtout dans les Etats régionaux ; or, parfois, ces derniers ne sont pas au courant des règles, car elles changent souvent », reconnaît Payal S. Kanwar, la secrétaire générale de la Chambre de commerce et d’industrie franco-indienne.
45 lois du travail différentes
Dernier exemple en date : la réforme de la taxe généralisée sur la valeur ajoutée, à l’été 2017. Avec des taux différents sur les prix du lait, des noisettes et du beurre, les pâtissiers ne savaient plus quel taux de TVA appliquer à leurs pâtisseries. Les textes réglementaires sont parfois plus longs à lire que les contes épiques indiens. L’Inde possède près de 45 lois du travail différentes au niveau national et plus de 100 dans les différents Etats. Autant dire qu’aucune, ou presque, n’est respectée.
Le pays, qui affiche une des croissances les plus élevées de la planète, est donc un marché difficile à pénétrer, surtout pour les PME. Celles qui décident de s’implanter en Inde arrivent souvent dans le giron de grands groupes ou sont spécialisées dans des technologies à forte valeur ajoutée. L’entreprise française Ciel & Terre va, par exemple, signer un contrat pour la fourniture et l’installation d’une centrale solaire flottante dans le Tamil Nadu, dans le sud du pays.
La plupart des promesses de M. Modi, qui ont redonné tant d’espoir aux investisseurs au moment de son élection, tardent à produire des résultats. Plusieurs secteurs ont été ouverts aux investissements étrangers mais le programme « Make in India », destiné à développer le secteur industriel, a surtout consisté en une vaste campagne de communication. « La plupart des industries françaises en Inde étaient implantées dans le pays bien avant le lancement de ce programme », constate Payal S. Kanwar. Le secrétaire d’Etat à la défense, Subhash Bhamre, a d’ailleurs admis devant le Parlement indien que les investissements directs étrangers dans le secteur de l’armement n’avaient pas dépassé 180 000 dollars (146 000 euros) entre avril 2014 et décembre 2017.
L’Inde, première importatrice d’armes au monde
De plus, quelques semaines après avoir défendu les vertus du libre-échange au Forum économique mondial de Davos, en janvier, où il avait comparé le protectionnisme à la menace du « terrorisme » ou du « changement climatique », M. Modi avait relevé les droits de douane dans son pays. Les produits concernés – de l’électronique aux pièces automobiles, en passant par les bougies ou les cerfs-volants – devraient surtout avoir un impact sur les importations en provenance de Chine ou d’Allemagne.
Les échanges commerciaux franco-indiens ont doublé au cours des neuf dernières années pour dépasser les 10 milliards d’euros en 2017, et ils sont désormais à l’équilibre entre les deux pays. La hausse des exportations françaises est principalement due à la vente d’avions Airbus et à la signature de contrats de défense. L’Inde, première importatrice d’armes au monde, a acheté à la France six sous-marins Scorpène en 2005 (dont le premier a été livré en décembre 2017) et 36 avions de chasse Rafale en 2016.
Mais l’Elysée veut croire que les deux pays sont « dans une phase de diversification » de leurs échanges. La France espère trouver de nouveaux débouchés dans les secteurs des énergies renouvelables et de la ville intelligente. L’Agence française de développement doit annoncer, samedi, le déblocage d’une ligne de crédit de 100 millions d’euros pour soutenir le programme indien des smart cities. Plusieurs entreprises françaises, dont Paprec et 3Wayste, vont également signer des contrats de recyclage de déchets. « La France doit devenir le meilleur partenaire de l’Inde en Europe », a déclaré, samedi matin, Emmanuel Macron, à l’issue de la courte cérémonie d’accueil au Rashtrapati Bhavan, le palais de la présidence de la République à New Delhi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’argument revient souvent dans la bouche des homophobes : l’homosexualité serait condamnable, car contraire aux lois de la nature. Pourtant, la science prouve tout le contraire.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Vote bloqué au Sénat, limitation du droit d’amendement, recours aux ordonnances… Les parlementaires s’agacent des récentes initiatives du gouvernement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/03/2018
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Macron assoit la domination de l’exécutif sur le Parlement

Vote bloqué au Sénat, limitation du droit d’amendement, recours aux ordonnances… Les parlementaires s’agacent des récentes initiatives du gouvernement.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h09
    |

            Cédric Pietralunga et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

« Un déni de démocratie. » « Un mépris du Parlement. » « Une grave entorse dans l’équilibre des pouvoirs. » En l’espace de dix jours, trois initiatives ont hérissé les députés et les sénateurs, qui s’inquiètent d’une mainmise croissante de l’exécutif sur le pouvoir législatif. La dernière en date concerne le Sénat, où le gouvernement a utilisé une procédure de « vote bloqué », mercredi 7 mars, pour empêcher l’adoption d’une proposition de loi visant à revaloriser des pensions de retraite agricoles, au motif que cette mesure n’était pas financée.
Alors que l’Assemblée nationale avait voté à l’unanimité en faveur de ce texte il y a plus d’un an, le recours à cet article 44.3 de la Constitution a braqué l’ensemble des groupes du Palais du Luxembourg car il équivaut à l’utilisation de l’article 49.3 à l’Assemblée. La présidente du groupe communiste à l’origine du texte, Eliane Assassi, a dénoncé un « coup de force d’une rare violence contre le Parlement ». Le groupe Les Républicains a déploré « un abus de droit » et celui du Parti socialiste « une sorte de coup de force institutionnel ».
La veille, l’immense majorité des députés et des sénateurs avaient déjà mal vécu le projet gouvernemental de limiter le droit d’amendement au Parlement en fonction de l’importance du groupe, envisagé dans la révision constitutionnelle, afin d’accélérer la procédure parlementaire. Une mesure dénoncée par des élus de toutes sensibilités politiques comme une « atteinte au pluralisme ». Des membres de la majorité ont même exprimé leur désapprobation, à l’instar du député La République en marche (LRM) de la Vienne Jean-Michel Clément, dénonçant une volonté de « bâillonner les députés », dans la foulée du patron du groupe MoDem, Marc Fesneau, soulignant que « le droit d’amendement est un droit constitutionnel et imprescriptible ».
« Provocation »
L’Elysée, de son côté, assume de vouloir « rendre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Depuis janvier, Beryl614 réalise des vidéos sur le renseignement et le contre-terrorisme sur sa chaîne Talks with a Spy, qui compte déjà quelque 4 000 abonnés.
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Un ancien espion de la DGSE devenu youtubeur

Depuis janvier, Beryl614 réalise des vidéos sur le renseignement et le contre-terrorisme sur sa chaîne Talks with a Spy, qui compte déjà quelque 4 000 abonnés.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 11h19
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Sur sa chaîne YouTube, Beryl614 ne montre jamais son visage. Ses abonnés ne connaissent que ses mains, la bague argentée qu’il porte à l’une d’entre elles, et ses chemises bleu ciel. Ils ne savent pas non plus quel est son nom : ils n’ont à leur disposition que son pseudonyme, inspiré du nom d’une pierre précieuse. Ce mystère, ce n’est pas une obligation, mais plutôt une « question d’habitude » pour Beryl614. Car avant de devenir vidéaste, ce quadragénaire était espion à la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).
Pendant des années, il a parcouru le monde sous couverture. Militaire de formation, il a rejoint la DGSE en 2002, à l’âge de 33 ans. Il y a commencé sa carrière au cœur d’un « petit service » spécialisé dans les missions clandestines, de celles qu’on ne fait qu’avec « de fausses identités et de faux papiers ».
Espion, une carrière parfois « usante »
Beryl614 a ensuite passé le concours militaire de l’Ecole de guerre, avec succès. Il s’y est formé un an et demi, avant de revenir chez son ancien employeur, cette fois au sein d’un service de contre-terrorisme, dans plusieurs villes du Moyen-Orient et d’Asie. Une carrière plus « classique ». Moins « usante », aussi, raconte-t-il au Monde :
« Quand on a ce type de poste, on doit faire attention aux gaffes, surveiller un peu ce qu’on dit, mais on n’est pas clandestin. Par exemple, pour un poste dans une ambassade, on porte notre vrai nom, les services locaux nous connaissent. Psychologiquement, c’était du coup moins difficile : on est toujours soi-même. »
Malgré cette bouffée d’air frais, la pression continue à peser sur les épaules de Beryl614. Sa femme est fatiguée de le voir tout le temps au travail « aussi bien physiquement que dans [sa] tête ». « Si j’avais continué, j’aurais eu toujours plus de missions, de responsabilités, et là, ce n’est plus une vie… enfin, ce n’était pas compatible avec la mienne, confie l’ex-espion au téléphone. Et puis j’avais un peu fait le tour de la question. J’ai fait ce que j’aimais faire, j’ai été ravi d’être à la DGSE, mais voilà quoi… »
En juillet 2017, Beryl614 décide donc de quitter les services de renseignement pour se consacrer à sa famille. Il part s’exiler avec elle de l’autre côté de l’Atlantique, histoire de se reposer et de se consacrer à toutes les passions qu’il avait malgré lui laissées de côté. Parmi elles, l’écriture, mais surtout la vidéo.
« Les clés du métier »
Lui qui a pour habitude de beaucoup regarder YouTube (« pas mal de tutoriels », notamment consacrés à la réalisation de vidéos) décide alors d’ouvrir sa propre chaîne. Baptisée Talks with a Spy [« discussions avec un espion », en anglais], elle est active depuis janvier. On y trouve des vidéos en anglais et en français sur le renseignement et le contre-terrorisme : « Est-ce véritablement la fin de Daesh ? », « Les cinq meilleurs services de renseignement du monde », ou encore « Les qualités du bon espion ». « Je fais tout moi-même, dit-il. Que ce soit le tournage ou le montage. »

Le succès est au rendez-vous : en un mois, il a déjà accumulé un peu plus de 4 000 abonnés — grâce notamment à de premières interviews à Intelligence Online et à Marianne. Parmi eux, des membres de sa famille, des amis, des « contacts LinkedIn », des curieux, mais aussi des jeunes qui songent à entrer un jour à la DGSE — et qu’il conseille volontiers —, d’anciens collègues, venus selon lui pour prendre un peu de recul sur leur métier. Eux qui « courent de réunion en réunion », eux pour qui c’est « la course en permanence » profiteraient ainsi de ses vidéos pour se replonger plus posément dans « les clés du métier ».
Redorer l’image des espions
Pour le vidéaste, ses contenus sont par ailleurs un moyen de redorer l’image des espions.
« J’entends souvent que ce sont des personnes un peu tordues, ou manipulatrices. On peut tomber dans ce piège, mais moi je me suis toujours trouvé raccord avec mes principes. Ça peut être surprenant mais je vois ce métier comme un métier plutôt moral. On est quand même un service de renseignement qui n’est pas celui d’une dictature, c’est plus de la sécurité extérieure. A partir du moment où on sert un pays qui entre dans ce cadre, même si c’est avec des moyens un peu spéciaux, je pense que la morale est sauve. Les agents de la DGSE n’ont pas à rougir de leurs actions au quotidien. »
Beryl614 reconnaît que la DGSE elle-même a fait ces dernières années des efforts pour mieux communiquer et casser les clichés qui entourent ses équipes. Quand il y est arrivé, il n’y avait « même pas de chargé de communication ». Parler était tabou. « On était encore dans un raisonnement à l’ancienne, qui était de dire que le renseignement, c’était secret. C’était la règle du “moins on en dit, mieux c’est”. »
« On s’est rendu compte au bout d’un moment que ce n’était pas idéal de se fermer, de ne pas s’ouvrir quitte à se scléroser de l’intérieur. On avait tout à gagner à changer et à opter pour plus de transparence, ne serait-ce que pour recruter des personnes qui viennent pour les bonnes raisons. Au-delà du recrutement, je dirais qu’on doit ça à la population, aussi. Ce sont les impôts qui financent, elle a le droit d’être informée. »
Résultat : un poste de chargé de communication a finalement été ouvert. Puis il y a eu un site Internet, des conférences, des portes ouvertes, des caméras enfin autorisées à filmer, que ce soit pour des reportages ou pour des œuvres fictionnelles comme la série Le Bureau des légendes, qui traite du renseignement. « C’est un peu contrôlé : on vérifie les images, les communications sont lissées. Mais c’est déjà un grand pas », se réjouit Beryl614.
Le silence de la DGSE
Talks with a Spy semble parfaitement s’inscrire dans cette démarche de transparence. L’homme est pourtant catégorique : sa chaîne YouTube n’est d’aucune manière liée à la DGSE. D’ailleurs, il n’a même pas prévenu son ex-employeur avant de l’ouvrir. Une manière, dit-il, d’affirmer son « autonomie ».
Il n’a pour autant pas manqué de le rassurer… Non pas avec un coup de téléphone, mais avec un site Internet associé à sa chaîne. Ce site est « clairement à destination du service de communication. Pour leur dire “pas d’inquiétude, je pense savoir jusqu’où je peux aller”. »
Lorsqu’on lui demande où cette limite se situe, Beryl614 se met à rire. Il a signé tellement d’accords de confidentialité durant sa carrière qu’il admet ne plus trop savoir ce qu’ils contenaient. « En racontant ce que je fais dans ma chaîne YouTube, je ne pense pas être en dehors des clous. Je n’en suis pas complètement sûr », avoue-t-il d’un ton détaché.
S’il est persuadé que Talks with a Spy doit « agacer » la DGSE — qui n’aimerait pas trop les électrons libres —, lui compte bien continuer pendant au moins un an. Il songe ensuite à écrire un livre, à donner des cours sur les relations internationales, ou, qui sait, s’essayer à l’écriture de scénarios pour la télévision ou le cinéma.
Quant à l’hypothèse de revenir dans les services de renseignement, il l’exclut complètement. De toute façon, assure-t-il, sa nouvelle identité de youtubeur serait « une très mauvaise couverture ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Depuis 2012, l’ex-présentatrice du « 13 heures » s’est reconvertie, avec le magazine « Cash Investigation » sur France 2, dans la livraison à domicile de questions qui fâchent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/03/2018
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Elise Lucet, femme de contre-pouvoir


                      Depuis 2012, l’ex-présentatrice du « 13 heures » s’est reconvertie, avec le magazine « Cash Investigation » sur France 2, dans la livraison à domicile de questions qui fâchent.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h30
    |

            Pierre Jaxel-Truer








                              

                        

Lorsqu’elle était lycéenne dans sa Normandie natale, Elise Lucet a fait une « bonne grosse crise d’ado ». Elle s’affublait parfois pour aller en cours – quand elle y allait – du costume de mariage de son père. Ou d’un grand imperméable sombre. Elle s’enveloppait aussi dans un foulard léopard dans les tons gris, sur lequel tombaient ses longs cheveux qu’elle n’avait pas encore coupés à la garçonne. Elle arborait enfin un gant noir – oui un seul – en laissant son autre main blanche et nue.
C’était sa façon bien à elle de mettre sur la table ses tripes rebelles de gothique à la mode de Caen. A cette époque, ses copains à crête lui avaient même trouvé un surnom démoniaque, qui lui allait comme son gant : « Lucéfer ». Alors forcément, quand elle s’est retrouvée, fin novembre 2017, représentée en icône radieuse et qualifiée de « sacrée journaliste », en « une » des Inrockuptibles, comme si elle était devenue la sainte patronne de toute la profession, elle s’est gondolée de bon cœur.
« Une sainte… C’est tellement pas moi ! Bon, je comprends leur truc, Les Inrocks, le côté décalé, tout ça. Mais on s’est bien marré », s’esclaffe-t-elle toujours en ce début d’année dans son petit bureau de France Télévisions, où elle fume en douce à la fenêtre, avant de se décaper les bronches à coups de pastilles Fisherman’s Friend.
Les Inrockuptibles, pourtant, avec cette image pieuse, ont bien synthétisé un fort curieux phénomène, qui a commencé plutôt discrètement en 2012, avec le lancement de « Cash Investigation », et qui ne cesse depuis de s’amplifier, plus du tout discrètement, jusqu’à être devenu une évidence.
Atypique cote d’amour
A 54 ans, après une trentaine d’années sur les écrans, et après avoir longtemps traîné une image un peu plan-plan, sa fatalité de présentatrice « next-door » du « 19/20 » de France 3 et du « 13 heures » de France 2, Elise Lucet est devenue sur le tard...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Des chercheurs publient cette semaine des images fascinantes des régions polaires de la planète géante du Système solaire.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ « Je me demande combien de temps il serait resté ainsi si je n’étais pas intervenue », raconte l’enseignante Mara Goyet sur son blog.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Des interrogations subsistent, notamment sur les conditions que posera le pouvoir nord-coréen à cette future rencontre annoncée vendredi.
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Nucléaire coréen : que faut-il attendre de la rencontre entre Kim Jong-Un et Donald Trump

Des interrogations subsistent, notamment sur les conditions que posera le pouvoir nord-coréen à cette future rencontre annoncée vendredi.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h49
    |

            Philippe Pons (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est avec surprise et soulagement que les Sud-Coréens ont appris, vendredi 9 mars, que le président Donald Trump rencontrerait, probablement en mai, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un. Les sommets de ces prochains mois – intercoréen en avril, puis entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) – devraient donner sa chance à la paix après soixante-dix ans de confrontation. Ces avancées représentent aussi pour les Sud-Coréens une cause de fierté : l’artisan en est leur président, Moon Jae-in. Et la Corée du Sud apparaît, pour la première fois de son histoire, comme l’initiatrice d’une reconfiguration de la situation dans la péninsule.
Selon M. Moon, la rencontre annoncée entre Donald Trump et Kim Jong-un est « une victoire de la diplomatie » et « le vendredi 9 mars sera un jour à marquer d’une pierre blanche ». « Le long chemin vers une Corée dénucléarisée ne fait que commencer », a-t-il ajouté. La route risque en effet d’être longue.

Le dialogue, demandé par le centre-gauche en Corée, ainsi que par la Chine et la Russie, est assurément préférable à la flambée de tensions qui, au cours de l’année écoulée, risquait de tourner à l’affrontement militaire. « Je pense que Donald Trump a bien fait d’accepter la proposition de Kim Jong-un. C’est une chance à saisir. Pyongyang a fait des concessions démontrant que le régime est prêt à chercher un accord », estime John Delury, spécialiste de la Chine et de la RPDC à l’université Yonsei, à Séoul. « Il semble que se dessine un accord global, envisagé dans le passé par les prédécesseurs de Kim Jong-un, mais qui n’a jamais abouti » avance pour sa part Cheong Seong-chang de l’Institut Sejong, à Séoul.
Conditions souvent inacceptables pour les Etats-Unis
Une fois la surprise passée et la volée d’enthousiasme propre au tempérament emporté des Coréens retombée commencent à poindre les interrogations, voire un certain scepticisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Les Français Anaïs Chevalier et Antonin Guigonnat se sont imposés en Finlande devant les duos autrichien et norvégien.
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Coupe du monde de biathlon : sans Fourcade, la France remporte le relais mixte simple de Kontiolahti

Les Français Anaïs Chevalier et Antonin Guigonnat se sont imposés en Finlande devant les duos autrichien et norvégien.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 14h52
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 14h54
   





                        



   


Le duo français composé d’Anaïs Chevalier et d’Antonin Guigonnat a remporté samedi 10 mars le relais mixte simple de Kontiolahti (Finlande), comptant pour la Coupe du monde de biathlon. Privés du quintuple champion olympique Martin Fourcade, victime d’une gastro-entérite, les Français ont devancé les Autrichiens (Lisa Hauser, Julian Eberhard) et les Norvégiens (Marte Olsbu, Johannes Boe).
Après un départ compliqué (quatre balles ratées sur les quinze premiers tirs), le succès français s’est dessiné à la mi-course, à partir du troisième relais assuré par Anaïs Chevalier. Auteure d’un 10/10 à la carabine, la biathlète a réussi à faire basculer la France en tête. Antonin Guigonnat a réussi ensuite à tenir le coup avec notamment un dernier tir debout magnifique (5/5), qui lui a permis de résister au retour du Norvégien Johannes Boe et de l’Autrichien Julian Eberhard.
Ce relais mixte simple sera suivi d’un relais mixte (départ à 16h45, avec Marie Dorin-Habert, Anaïs Bescond, Simon Desthieux et Quentin Fillon-Maillet pour la France), dont les Bleus sont champions olympiques en titre. Le petit Globe de la spécialité sera décerné à l’issue de cette course.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le beau-frère, devenu héros populaire au cinéma en beauf, reste celui dont on attend le moins dans le cercle familial.
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Moqué, méprisé... le beauf vaut-il mieux que sa caricature ?


                      Le beau-frère, devenu héros populaire au cinéma en beauf, reste celui dont on attend le moins dans le cercle familial.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h03
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 15h28
    |

                            Michel Dalloni








                              

                        

Le beau-père a son film, Beau-père. Une œuvre sombre tournée par Bertrand Blier (1981), d’après son propre roman ­ (Robert Laffont, 1980). Le beau-fils a son livre, Le Beau-fils. Un ouvrage tout aussi sombre signé par Emmanuel Bove (Grasset, 1934 ; réédition au Castor Astral, 2016). Le beau-frère, lui, n’a pas grand-chose. Mis à part une tête d’affiche à moustache, Gérard Jugnot dans Le Beauf (Yves Amoureux, 1986), ou récemment, une incarnation sur grand écran sous les traits de Jeff Tuche (moustache toujours, coupe mulet, chaussettes de sport à toute heure) et, dans la vraie vie, une place aux dîners de fête familiaux, généralement située pile en face d’un des quatre pieds de la table. La vie du beau-frère n’est pas un long fleuve tranquille, plutôt un interminable bizutage.
Alors que, selon les chercheurs, la famille du XXIe siècle prospère plus par les alliances que par les liens du sang, on aurait pu croire que ce germain affin (son nom scientifique) montre la voie, qu’il incarne la modernité malgré les pulls marron et les cravates en tricot qu’on s’obstine à lui offrir. Eh bien non, cette occasion-là aussi, il l’a ratée. Il reste pour l’éternité une pièce rapportée, un inconnu, un dadais quand il est grand, une demi-portion quand il est trop petit, et, dans tous les cas, le mari de votre sœur (ou de votre frère depuis la loi du 17 mai 2013 sur le mariage pour tous). Bref, le type qui a commis l’irréparable.
Le mariage ne suffit pas à l’intégration du beau-frère  
Tout commence à la mairie la plus proche. Deux familles. Des amis. Un sermon républicain. Deux « oui ». Un baiser. Des applaudissements. Quelques youyous, s’il le faut. Des registres à signer. Un concert d’avertisseurs, un convoi de véhicules automobiles (le Hummer jaune canari piloté par Jeff Tuche). Et hop, le beau-frère nouveau est arrivé ! A partir de maintenant, il va lui falloir déployer une stratégie, faire ses preuves. Devenir un autre,...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Pour son deuxième concert complet à l’AccorHotels Arena de Paris, le 9 mars, le duo formé par Kool Shen et JoeyStarr a rendu hommage à la culture hip-hop.
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Le groupe NTM en concert à Paris : juste suprême

Pour son deuxième concert complet à l’AccorHotels Arena de Paris, le 9 mars, le duo formé par Kool Shen et JoeyStarr a rendu hommage à la culture hip-hop.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 10h47
    |

                            Stéphanie Binet








                        



   


« Combien étaient là en 1983 quand on a commencé ? », demande JoeyStarr pour le deuxième concert parisien complet de sa formation, NTM, avant que son complice Kool Shen lui réponde en faisant une brève histoire de leurs parcours dans le graffiti, le breakdance et le rap. « A l’époque, on a appelé ça le hip-hop, une contre-culture. Ils pensaient que c’était une mode, que ça allait durer 2 mois, 2 ans… Ça fait 35 ans et on est encore là. »
Depuis, des concerts de rap français comme américain se sont, en effet, succédé à l’AccorHotels Arena de Paris, anciennement Palais Omnisports de Bercy, avec plus ou moins de bonheur. Vendredi 9 mars, les Suprême NTM ont certainement donné le meilleur show du genre dans cette salle, rendant hommage à leur culture tout entière, du graffiti aux danses hip-hop, et en faisant monter sur scène les meilleurs plumes de cette expression qui a dépoussiéré la langue française, dépassant les limites de leur seul cercle pour partager la scène le temps de That’s my people avec le poète du collectif Time Bomb, Oxmo Puccino et le Marseillais, Le Rat Luciano.
Après cinq Bercy complets en 2008, plus aucun nouveau morceau du groupe depuis bien plus longtemps, les aficionados du hip-hop français attendaient peu de ces énièmes concerts parisiens. Sauf que « le live, c’est l’ADN de NTM », fanfaronne JoeyStarr après seulement deux morceaux, On est encore là et Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?. En phase avec leur époque, les deux vétérans, « un siècle à eux deux », ont fait appel à l’équipe de Jeremie Lippman, qui avait déjà mis en scène JoeyStarr pour Eloquence à l’Assemblée au théâtre de l’Atelier, afin de retranscrire visuellement leurs classiques. Une réussite, et en toute simplicité.
Famille musicale
Chacun perché sur un chiffre, le 9 pour Pone, le 3 pour R-Ash, les DJ, véritables musiciens de cette soirée sont mis sur un piédestal, à leur juste place. Des écrans vidéo forment les lettres NTM, et diffusent le décor urbain de cette culture. Plus besoin comme en 2008 de faire venir une rame de métro pour Paris sous les Bombes, les écrans entraînent le public dans les souterrains, terrain de jeux des taggeurs. Sans se laisser écraser par une scénographie trop présente, les NTM ont surtout fait jouer le collectif et fait appel à leur famille pour réussir leur retour.

        A vous de jouer :
         

          NTM fête ses 30 ans : testez vos connaissances sur le duo mythique du rap français



Déjà, en première partie, les fils de JoeyStarr et de Kool Shen accompagnaient sur scène le rappeur, Sofiane. Le frère du premier, DJ Morvilous ouvrait la soirée avec sa fédération française de B.A.G.A.R.R.E, mêlant tambours gwo ka et fusion hip-hop rock. Quant à la famille musicale, elle est là au complet. Encore plus frais que les NTM, les Raggasonic brillent sur Aiguisés comme une lame. Jaeyez du groupe Afro Jazz n’a pas pris une ride sur le très sombre, C’est arrivé près de chez vous. Busta Flex, Lord Kossity, Zoxea des Sages Poètes de la Rue, Nathy Boss de Caribbean Dandee ont égrené ces deux heures de concert, avec assez de temps de respiration pour ménager les deux bêtes de scène. Le Seine-Saint-Denis Style a toujours la formule secrète, comme le rappaient à leurs débuts sur l’antenne de Radio Nova, JoeyStarr et Kool Shen en compagnie d’Assassin.
Le 10 mars à l’AccorHotels Arena de Paris, en tournée à partir du 8 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Donald Trump a remis sur le devant de la scène la question de la violence des jeux vidéo et de la protection de la jeunesse après la tuerie dans un lycée de Floride.
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Violence des jeux vidéo : les systèmes de classements sont-ils suffisants ?

Donald Trump a remis sur le devant de la scène la question de la violence des jeux vidéo et de la protection de la jeunesse après la tuerie dans un lycée de Floride.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 13h49
    |

                            Nicolas Six








                        


Après la tuerie dans un lycée de Parkland, le 14 février, en Floride, Donald Trump a ressorti un « vieil épouvantail », en évoquant les liens supposés entre les tueries de masse et les jeux vidéo violents. Jeudi 8 mars, le président américain a présenté ses arguments aux représentants de l’industrie du jeu vidéo réunis à la Maison Blanche, accompagnant son propos d’une vidéo enchaînant des scènes de jeux violents. Le président des Etats-Unis a ensuite lancé un débat sur le renforcement des mesures de protection des enfants et des adolescents.
Une certaine forme de protection existe déjà aux Etats-Unis, comme le rappelle l’Entertainment Software Association (ESA), principal lobby américain du jeu vidéo dans un communiqué : « [Notre] système de notation (…) aide les parents à faire des choix informés ».
Ce classement américain, l’ESRB, a un équivalent européen, le PEGI, ou Pan european game information. Un système qui précise l’âge minimal conseillé du joueur. Il a été élaboré en 2003 par la Fédération européenne des logiciels de loisirs, lobby représentant l’intérêt des éditeurs européens de jeux vidéo.
Cette classification est-elle claire et simple ?
L’âge minimal conseillé d’un jeu vidéo est précisé sur une vignette, grande et lisible, placée sur la pochette. Cinq catégories d’âge existent, allant crescendo selon le niveau de violence contenu dans le jeu.

   


La catégorie PEGI 3 référence des jeux « adaptés à toutes les classes d’âge ». On y retrouve un niveau de violence maximal comparable à celui des dessins animés type Tom & Jerry.La catégorie PEGI 7 avertit de la présence de sons effrayants, ou de scènes susceptibles de faire peur.PEGI 12 indique la présence de violences visuellement explicites, mais qui ne sont jamais à destination de personnages à figure humaine.PEGI 16 autorise la reproduction de scènes violentes telles qu’on peut les trouver dans la réalité, ainsi que de scènes à caractère sexuel. Certaines grossièretés de langage sont admises, tout comme les activités criminelles, l’usage du tabac et de la drogue.PEGI 18 autorise la violence « crue ». Même si les concepteurs du classement PEGI avouent eux-mêmes que les contours du mot « crue » sont difficiles à circonscrire.
Des petits pictogrammes accompagnent les jeux les plus violents, précisant les raisons pour lesquelles ce jeu a reçu une classification restrictive. Elles montrent que la violence n’est pas la seule cible du classement PEGI.

   


Les jeux vendus en ligne sont-ils concernés ?
Une part importante des jeux vidéo sont désormais distribués sur Internet. Les jeux y sont vendus sous forme dématérialisée, sans pochette, par téléchargement. La plupart du temps, la classification PEGI est mentionnée sur la page de présentation du jeu, mais cela n’est pas systématique. La boutique de jeux en ligne Steam par exemple oublie de mentionner le classement PEGI 16 du très populaire jeu Player Unknown’s Battlegrounds. Pour le retrouver, il faut consulter la page de recherche du site de PEGI.
La classification de milliers de jeux n’est hélas mentionnée nulle part. Les petits titres des éditeurs indépendants font rarement l’objet d’une classification PEGI. Il s’agit pourtant d’une obligation légale en France. Idem pour les jeux disponibles sur iOS : le magasin d’applications d’Apple dispose de sa propre classification par âge. En revanche, les titres vendus sur le magasin d’Android sont bien estampillés PEGI.
Qui attribue les niveaux ?
Dans un premier temps, l’éditeur du jeu reçoit un formulaire de neuf pages, qui lui demande d’indiquer le niveau de violence du jeu, en cinquante points précisément décrits. Ce questionnaire est élaboré par l’association PEGI, où siègent des représentants des éditeurs de jeux, des fabricants de consoles de jeu, des associations commerciales nationales, ainsi que des experts maison.
Voici un extrait de ce questionnaire : « Violence choquante signifiera la représentation d’une décapitation, d’un démembrement, d’une scène de torture, et d’autres façons horribles d’infliger la mort, une douleur vive, ou une blessure à une personne. »
Après avoir reçu les déclarations des éditeurs de jeu vidéo, l’association PEGI fait contrôler leurs déclarations par une instance indépendante : soit le Nicam, basé aux Pays-Bas, soit le VSC, basé au Royaume-Uni. Comme l’a relevé France Inter dans un reportage au Nicam, les déclarations des éditeurs sont parfois sous-évaluées ou surévaluées. A noter, la classification PEGI est la seule à avoir été homologuée par le ministère de l’intérieur.
Ce classement est-il laxiste ?
Les évaluations de PEGI sont plutôt sévères. Trente pays européens les utilisent, et tous ont un rapport à la violence différent. Pour chaque type de violence, les contrôleurs de PEGI se basent sur la perception du pays européen le plus sensible.
Les jeux vidéo sont notés plus sévèrement que les films, comme l’expliquait un article du Monde en 2015. Certains longs-métrages sont déclinés en jeux, comme Alien ou X-Men. Ces jeux sont systématiquement conseillés à des populations plus âgées que le film lui-même, sans que cela ne se justifie toujours.
Cependant, la sévérité de la classification PEGI n’est pas sans faille. L’association s’est récemment montrée réticente à avertir les joueurs contre la présence de loot boxes, des pochettes-surprises payantes qui permettent d’avancer plus facilement dans un jeu vidéo. PEGI a refusé de signaler les loot boxes comme des jeux d’argent. Prudent, Dirk Bosmans, directeur des opérations du PEGI, a déclaré :
« Nous ne pouvons statuer que cela correspond à des jeux d’argent. Cette responsabilité appartient à la commission nationale des jeux. Nous ne qualifions de jeux d’argent que des titres qui simulent [les] casinos ou les champs de course. Si une commission des jeux statuait que les “loot boxes” sont une forme de jeu d’argent, alors nous aurions à ajuster nos critères. »
Les jeux classés violents sont-ils nombreux ?
En 2015, les titres les moins violents, classés PEGI 3 et 7, représentaient la moitié des jeux classés par l’association. Les jeux les plus violents, classés 16 et 18, en représentaient un quart.
Ce système est-il efficace ?
Ce classement est purement indicatif. Les vendeurs des magasins de jeux vidéo ne sont pas tenus d’interdire l’achat d’un jeu classé PEGI 18 à un mineur. Son efficacité repose donc principalement sur la vigilance de l’entourage des enfants, en premier lieu les parents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le premier ministre s’apprête à signer les statuts constitutifs du groupement d’intérêt public qui organisera la compétition en France.
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Coupe du monde de rugby 2023 : le calcul risqué de la Fédération avec les villes hôtes

Le premier ministre s’apprête à signer les statuts constitutifs du groupement d’intérêt public qui organisera la compétition en France.



Le Monde
 |    10.03.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
10.03.2018 à 17h33
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            Adrien Pécout








                        



   


Mieux vaut un peu tard que jamais. Le premier ministre, Edouard Philippe, va enfin signer les statuts constitutifs du groupement d’intérêt public (GIP) qui organisera en France la Coupe du monde 2023 de rugby. Signature prévue samedi 10 mars après-midi à Saint-Denis, en préambule du match France-Angleterre, dans l’auditorium du Stade de France. A ses côtés, Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby (FFR), et Jean-Michel Brun, secrétaire général du Comité national olympique.
La FFR s’était engagée auprès de la Fédération internationale, World Rugby, à constituer un GIP « dans les 90 jours » suivant sa désignation comme future hôte. Il aura finalement fallu en attendre 115. Et encore : le GIP ne devrait réellement être constitué qu’à partir d’avril, le temps de fixer son premier conseil d’administration qui déterminera l’identité précise de ses membres.
Pourquoi ce retard ? L’Etat a demandé auprès de World Rugby un délai supplémentaire pour vérifier quelques premiers éléments : sur les futurs principes de gouvernance du GIP, mais aussi sur la garantie financière très substantielle que l’Etat a dû fournir à la hâte, par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations (171 millions d’euros).
Si l’inspection générale des finances, qui poursuit toujours sa contre-expertise, a déjà donné son aval à la constitution du GIP, des questions demeurent quant au financement de la compétition.
En juin 2017, une demi-année après l’élection de Bernard Laporte à la tête du rugby français, la FFR transmettait à World Rugby un épais dossier de candidature. Ces trois volumes, auxquels Le Monde a eu accès, donnent à voir le scénario espéré par la « fédé ». Dans ses hypothèses de travail, le comité de candidature a déjà mis en avant l’implication des municipalités et métropoles… sans même attendre que celles-ci fassent voter à leurs élus les investissements potentiels qui engageraient l’argent du contribuable. Une hypothèse de travail hâtive qui prend de court toute décision des conseils municipaux.

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La nouveauté des concessionnaires
Parmi les contributions publiques annoncées dans le document, 21 millions d’euros sont destinés au coût de la location des stades accueillant l’événement. Auxquels s’ajoutent 20 millions d’euros prévus pour les « fanzones » destinées à accueillir les spectateurs hors des enceintes.
Malgré des lettres d’intention envoyées en mars 2017 à la FFR, aucune des villes concernées ne s’est pourtant déjà engagée formellement à verser quelque somme d’argent que ce soit. « Le courrier précise bien que toute décision sera soumise au vote du conseil de Bordeaux métropole », indique au Monde la mairie bordelaise, sans préciser de date à venir. « Rien n’a pour le moment été contractualisé », poursuit la Métropole européenne de Lille.

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Contacté par Le Monde, Claude Atcher, qui a loué ses services de consultant à la FFR pour coordonner le dossier de candidature, déclare d’abord que cette somme de 21 millions correspond à « une valorisation commerciale » censée quantifier, à la demande de World Rugby, la mise à disposition gratuite des stades par les collectivités.
Mais les choses ne sont en réalité pas aussi simples. Si bien que M. Atcher, relancé sur la question, finit tout de même par reconnaître « le risque que tous les stades ne soient pas gratuits. » Certaines collectivités pourraient bien avoir à payer l’événement. Plusieurs enceintes retenues pour 2023 appartiennent aujourd’hui à des concessionnaires privés, et non plus à des municipalités. Dit autrement : ces concessionnaires, établis sur la base de partenariats publics-privés (PPP), seraient donc en mesure de demander un dédommagement pour l’exploitation des sites. Une différence fondamentale avec les stades du Mondial 2007, déjà en France.
Un ex-sénateur attendu
Reste à savoir si les collectivités en question accepteront finalement d’assumer les sommes demandées, ou si c’est le GIP qui devra payer ce qu’elles refuseraient de débourser. Plusieurs stades semblent correspondre à pareil cas de figure : le Vélodrome à Marseille (géré par la société Arema), le stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d’Asc (groupe Eiffage), le Matmut-Atlantique à Bordeaux (société Bordeaux-Atlantique) et l’Allianz Riviera à Nice (société Nice Eco Stadium, détenue pour moitié par Vinci Concessions).
Le Groupama Stadium, à Lyon, se trouve dans une situation légèrement différente. Il appartient directement au club de football de l’Olympique lyonnais et à son président, l’homme d’affaires Jean-Michel Aulas.
« Rien n’est joué, on va ouvrir des discussions et des négociations tout à fait franches et directes »
Enfin, le sujet s’annonce plus facile à négocier pour les métropoles restantes, qui ont conservé la latitude sur leurs équipements sportifs : Nantes pour le stade de la Beaujoire, Saint-Etienne pour le stade Geoffroy-Guichard, Toulouse pour le Stadium. Sans évoquer le cas à part du Stade de France, dont l’Etat est propriétaire.
Dans « les deux ou trois mois » à venir, Claude Atcher s’attend maintenant à négocier au cas par cas « sur les conditions finales de mise à disposition » de chaque stade avec les villes et, le cas échéant, les concessionnaires. Entreront en compte, notamment, le nombre de matchs dans chaque stade et les affiches proposées. « Il y a d’abord eu la candidature et maintenant on entre dans une phase de discussions qui est plus technique et financière. On va trouver des solutions, rien n’est joué, on va ouvrir des discussions et des négociations tout à fait franches et directes. »
Mais avant, le GIP devra déjà désigner son président et son directeur général. Le premier devrait être Didier Guillaume, ancien président du groupe socialiste au Sénat. Le second pourrait être Claude Atcher lui-même. L’intéressé garde pour l’instant le silence. La décision appartient au conseil d’administration de ce groupement réparti entre la FFR (62 % des droits et des voix), l’Etat français (37 %) et enfin le Comité national olympique (1 %). Le chantier commence à peine.



                            


                        

                        

