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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.
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Omniprésents robots

Du canard digérateur de Jacques de Vaucanson aux versions humanoïdes les plus évoluées... « Le Monde » consacre un hors-série au pays des robots.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h47
    |

                            Alain Abellard








                        



                                


                            

Il fait rêver, fantasmer. Pourtant, ce n’est qu’une machine créée par l’homme et pour l’homme. Parfois, le robot emprunte selon un narcissisme terriblement humain l’apparence de son créateur, avec des versions humanoïdes. Depuis les premiers automates, la robotique est devenue sophistiquée ; à l’échelle du temps humain son histoire est brève, mais indissociable de l’Intelligence artificielle, en pleine expansion, qui simule et reproduit le fonctionnement de l’intelligence humaine avec l’absorption de données gérées avec une puissance de calcul phénoménale.
Le mot « robot » est né en 1920 sous la plume de l’auteur tchèque Karel Capek, qui l’utilisa dans sa pièce de théâtre R.U.R. (Rossum’s Universal Robots). Dérivé de robota, terme tchèque qui signifie « travail, corvée, besogne », le mot dit tout. La robotique, le processus qui permet la conception et la réalisation de machines, mobilise les chercheurs pour maîtriser l’interaction avec le monde réel, à travers des capteurs, des contacts, des actionneurs.
Les robots tiennent aussi de la magie, voire du charme, que leur a donné un Jacques de Vaucanson au XVIIIe siècle avec son canard digérateur et ses autres automates. Voltaire chanta en quelques vers les louanges de cet homme qui osa imiter la vie avec ses créations : « Le hardi Vaucanson, rival de Prométhée, Semblait, de la nature imitant les ressorts, Prendre le feu des cieux pour animer les corps. »
Fiable, sans état d’âme, bosseur
Si les robots ont battu les champions du jeu d’échecs et du jeu de go, grâce aux progrès fulgurants de l’intelligence artificielle, ils demeurent patauds. Hors conditions expérimentales, la maîtrise de la bipédie nécessite des ressources hallucinantes, le toucher pareillement, pour des résultats médiocres, et quant aux émotions et sentiments, voire la conscience, inutile d’en parler, sauf à être un passionné de romans de science-fiction et de transhumanisme, mouvement...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Les kits de la société californienne 23andMe seront vendus aux Etats-Unis sans ordonnance. Mais, insistent les autorités de santé, on peut présenter un risque génétique sans pour autant tomber malade.
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Cancer du sein : aux Etats-Unis, des tests de prédisposition bientôt en vente libre

Les kits de la société californienne 23andMe seront vendus aux Etats-Unis sans ordonnance. Mais, insistent les autorités de santé, on peut présenter un risque génétique sans pour autant tomber malade.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 13h00
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Un test de prédisposition au cancer du sein sera bientôt en rayon chez Walmart ou Amazon. Mardi 6 mars, l’agence de santé américaine, la FDA, a donné son feu vert à la commercialisation des kits de la société californienne 23andMe. Il sera accessible sans ordonnance, contrairement aux tests génétiques déjà sur le marché.

Il suffira aux Américaines de cracher dans un petit tube et de le poster pour savoir si elles sont porteuses de certaines mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 associées à un risque élevé de cancer du sein. Les altérations recherchées par 23andMe – 3 sur plus de 1 000 identifiées pour les gènes BRCA – sont le plus souvent retrouvées chez les femmes d’origine ashkénaze (juifs d’Europe orientale et centrale).
Ce test de prédisposition est le second lancé par la société. Le premier a été autorisé par la FDA le 6 avril 2017 et cible dix maladies et syndromes, dont Parkinson et Alzheimer. Vendu 199 dollars (162 euros), il est couplé à un test censé informer le client sur ses origines géographiques et ethniques.
Un tournant dans la position de la FDA
L’autorisation de ces kits marque un tournant dans la position de la FDA qui, en 2013, avait ordonné à 23andMe de les retirer du marché. Dans un courrier adressé à la fondatrice de la société, Anne Wojcicki, l’agence soulignait alors les risques encourus par les patients en cas d’erreur ou de mauvaise interprétation.
Elle estime aujourd’hui que les données communiquées par 23andMe sont suffisantes pour garantir la fiabilité des tests, et que la décision doit revenir au consommateur. Cette décision ouvre la voie aux concurrents de 23andMe – dont Pathway Genomics, Counsyl ou Color Genomics –, qui pourront s’appuyer dessus pour lancer des tests comparables.
Pionnier, 23andMe possède déjà l’une des plus grandes bases de données génétiques au monde, avec plus de 2 millions de profils. Ces informations sont une mine d’or pour les laboratoires pharmaceutiques, qui cherchent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Au menu : des thérapies géniques contre certaines surdités, les mystérieux langages des mammifères marins, nouvelles découvertes archéologiques à Rome, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Selon l’association Vivre sans thyroïde, un million des patients auraient renoncé à la nouvelle formule du médicament. Selon les autorités sanitaires, c’est deux fois moins.
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Bataille de chiffres sur la consommation de Levothyrox

Selon l’association Vivre sans thyroïde, un million des patients auraient renoncé à la nouvelle formule du médicament. Selon les autorités sanitaires, c’est deux fois moins.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 10h35
    |

            Pascale Santi








                        


Parmi les 3 millions de personnes qui prennent en France de la lévothyroxine, pour soigner l’hypothyroïdie ou après une opération de cancer de la thyroïde, près d’un tiers se serait détourné de la nouvelle formule du Levothyrox du laboratoire Merck, au profit d’autres traitements. C’est ce qu’a annoncé, jeudi 8 mars, l’association Vivre sans thyroïde. Demandée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), afin de rendre le produit plus stable, la nouvelle formule a été commercialisée en mars 2017. Mais rapidement, des patients se sont plaints d’effets secondaires (douleurs, fatigues, maux de tête, problèmes digestifs…).
Face à leur colère, les autorités de santé ont mis à disposition d’autres traitements alors que le levothyrox était en situation de quasi-monopole. L’ancienne formule, renommée Euthyrox et remise au compte-gouttes sur le marché sur demande du ministère de la santé, et d’autres formules sont arrivées sur le marché français ces derniers mois : Henning, Thyrofix, Euthyral…

        Lire aussi :
         

                La polémique sur le Levothyrox expliquée en six points



« L’effet amplificateur des réseaux sociaux »
Vivre sans thyroïde et le laboratoire sont en désaccord sur les chiffres. Pour parvenir à un million de personnes, l’association, pour qui Merck aurait perdu un tiers de part de marché, s’est fondée sur une base de données de l’Assurance-maladie sur les volumes de tous les médicaments remboursés. Elle mentionne aussi que nombre de patients sont allés acheter l’ancienne formule à l’étranger… Sans que ce soit facilement chiffrable. Elle suppose également que des patients n’ont pas consommé les boîtes de Levothyrox qu’ils avaient achetées dès lors qu’ils ont réussi à se procurer un médicament concurrent. « Cela représente 33 millions de comprimés de Levothyrox nouvelle formule délivrés mais non consommés », indique leur communiqué.
« Nous démentons les chiffres avancés par Vivre sans thyroïde, dont la méthode de calcul n’est absolument pas détaillée »
Selon l’association, ces chiffres sont « en contradiction complète avec les affirmations officielles des pouvoirs publics, qui assurent encore aujourd’hui que ce n’est pas une crise sanitaire ». Selon elle, on est loin des 0,75 % de patients qui ont signalé des effets indésirables, comme l’indique le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Fin novembre 2017, l’agence indiquait que 17 310 personnes avaient déclaré des effets indésirables, « une fréquence de signalement totalement inattendue », due notamment à « l’effet amplificateur des réseaux sociaux ».
L’association estime même que « ce chiffre de 1 million de patients est sous-estimé, car encore aujourd’hui de nombreux patients témoignent quotidiennement de l’impossibilité de trouver en pharmacie les alternatives au Levothyrox nouvelle formule, malgré une prescription médicale en règle », déplore Sabine Bonnot, vice-présidente de Vivre sans thyroïde.
Interrogé, le laboratoire Merck répond : « Nous démentons les chiffres avancés par Vivre sans thyroïde, dont la méthode de calcul n’est absolument pas détaillée. Ils ne reflètent pas la réalité », nous indique Thierry Hulot, président des activités Biopharma de Merck en France. Il s’agit selon lui d’une interprétation erronée des données d’Ameli Santé, base qui a pour objectif de suivre le coût des médicaments remboursés par l’Assurance-maladie et ne permet pas de suivre le nombre de patients sous traitement.

        Lire la tribune sur le Lévothyrox (édition abonnés) :
         

          « Il faudra avoir une expertise sociologique de cette invraisemblable “crise” »



Information judiciaire ouverte pour tromperie aggravée
« Les dernières données dont nous disposons font état d’une baisse de part de marché entre 10 % et 12 % tant pour le nombre de boîtes vendues (selon Ameli.fr) que pour la part de marché patients sous Levothyrox (d’après les chiffres du groupement d’intérêt économique de l’industrie pharmaceutique Gers) sur le dernier trimestre 2017 », ajoute Thierry Hulot. Ce qui représente environ 300 000 patients qui se sont détournés de la nouvelle formule du Levothyrox. Il estime qu’il est temps de « mettre fin à ce business parallèle de la fausse information ». 
Répondant à ce communiqué, l’ANSM et la direction générale de la Santé ont indiqué, vendredi, « qu’environ 500 000 patients se sont tournés vers des alternatives à la nouvelle formule du Levothyrox », soit entre les deux évaluations. Et l’ANSM précise : « Il faut être vigilant dans la comparaison brute entre le nombre de boites dispensées de Levothyrox nouvelle formule (traitement mensuel de 30 comprimés) et le nombre de boîtes dispensées des alternatives (traitement de 3 mois de 100 comprimés) ». Il semble que l’analyse réalisée par l’association Vivre sans Thyroide n’ait pas tenu compte de cette spécificité, estime l’ANSM.
Lundi, le procureur de Marseille a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour tromperie aggravée, blessure involontaire et mise en danger d’autrui. L’association de patients a par ailleurs assigné le laboratoire Merck et l’ANSM en justice pour obtenir des explications et la diffusion de documents officiels demandés depuis des mois à l’agence du médicament.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ En raison d’une fuite dans un sinus, un Irlandais avait le cerveau comprimé par l’air qui était entré dans sa boîte crânienne.
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<article-nb="2018/03/09/19-6">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ La revue « Science » consacre vendredi sa « une » aux résultats d’une étude sur la propagation des fausses nouvelles sur les réseaux sociaux.
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<article-nb="2018/03/09/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Aux Etats-Unis comme en France, cette tendance pour le don d’organes avec donneur vivant ne dépend pas seulement de la générosité mais aussi de paramètres médicaux et socio-économiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/03/2018
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Don d’organes : les femmes donnent davantage leur rein que les hommes

Aux Etats-Unis comme en France, cette tendance pour le don d’organes avec donneur vivant ne dépend pas seulement de la générosité mais aussi de paramètres médicaux et socio-économiques.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 07h46
    |

            Paul Benkimoun








                        


S’il est de nombreux domaines où les femmes sont encore tenues dans une position inférieure à celle des hommes, il en est d’autres où elles les devancent souvent. C’est entre autres le cas pour ce geste généreux qu’est le don d’organes avec donneur vivant, tout au moins s’agissant du rein.
Jagbir Gill (Université de Colombie britannique, Vancouver) et ses collègues ont publié, jeudi 8 mars, dans le Journal of the American Society of Nephrology, les tendances pour le don de rein aux Etats-Unis. Une fois les corrections statistiques apportées afin d’éliminer les biais possibles, il apparaît que la fréquence de don d’un rein est supérieure de 44 % chez les femmes par rapport aux hommes.
L’équipe de chercheurs canadiens a travaillé à partir des registres de transplantation et de recensement de la population aux Etats-Unis, en se concentrant sur deux paramètres : le sexe et le revenu. Entre 2005 et 2015, le taux non corrigé de don de rein aux Etats-Unis pour les femmes et pour les hommes est respectivement de 30,1 et de 19,3 par million d’habitants. Et si la tendance reste stable pour les femmes (– 5 %), le don émanant d’un donneur masculin est en diminution au cours de la décennie 2005-2015 (– 25 %), ce qui accroît d’autant les différences.
Prédominance féminine ancienne
De même, si pour les deux sexes, le taux de don de rein reste plus stable parmi les individus ayant les revenus les plus élevés que chez ceux possédant les plus faibles, la diminution de l’acte de don est plus spectaculaire pour les hommes ayant des bas revenus. L’impact du niveau de revenu est donc plus prononcé chez les hommes. Cela pourrait notamment s’expliquer par la situation aux Etats-Unis où, contrairement à d’autres pays, notamment la France, être donneur d’organe implique pour le volontaire des coûts importants qui peuvent être lourds à supporter, voire être dissuasifs.
En France, l’Agence de la biomédecine, qui suit l’activité du don d’organes et des greffes, précise que pour les greffés rénaux à partir de donneur vivant entre 2013 et 2017, les femmes représentent 62 % des donneurs et 34 % des receveurs. Une répartition que l’on ne retrouve pas pour le don de foie du vivant où les femmes constituent 41 % des donneurs et 46 % des receveurs.
« Malgré la prédominance de femmes qui donnent, nous ne pouvons pas forcément en déduire, sans étude plus approfondie, que les hommes sont moins candidats au don du vivant. En effet, pour pouvoir être éligible au don, les candidats doivent répondre à des critères de compatibilité médicale, avoir un très bon état de santé, passer devant un comité spécialisé et devant le tribunal de grande instance. Autant d’étapes qui ne relèvent pas que de la “volonté de donner” », précise-t-on à l’Agence de la biomédecine.
En effet, dans le don d’organe avec donneur vivant, il ne s’agit pas seulement d’une question de générosité. Dans un éditorial qui accompagne la publication de Jagbir Gill et de ses collègues, deux auteurs, Arthur Matas (Université du Minnesota) et Rebecca Hays (Université du Wisconsin), pointent les différents facteurs concourant à ces tendances aux Etats-Unis. La prédominance féminine parmi les donneurs est ancienne, soulignent-ils.
Semaine nationale de mobilisation
« La disparité est vraisemblablement multifactorielle et inclut des taux plus élevés de maladie rénale au stade terminal chez les hommes (ce qui fait que les membres de la famille non touchés ont plus de chances d’être des femmes) et des différences selon le sexe dans les taux de maladies concomitantes (par exemple l’hypertension artérielle), ce qui limite les volontaires pour le don », détaille l’éditorial.
Cependant, le paramètre du sexe demeure important, comme le montre la treizième Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, qu’organise du 10 au 18 mars l’Agence de la biomédecine. L’Agence dit « “Bravo et merci” à tous ceux qui ont pris le temps de s’inscrire comme donneurs de moelle osseuse pour, peut-être un jour, sauver des vies. En effet, la moelle osseuse a un rôle vital dans le fonctionnement du corps humain : elle est à l’origine de la production des cellules sanguines ».
L’Agence précise qu’en « 2017, ils étaient 20 866 nouveaux inscrits sur le registre français, dont seulement 35 % d’hommes. Encourager le plus grand nombre d’hommes à devenir donneurs de moelle osseuse, c’est l’objectif prioritaire de cette nouvelle campagne ! » L’intérêt des dons de moelle osseuse masculin réside dans le fait qu’ils ne risquent pas de contenir des anticorps fréquemment produits chez les femmes au cours d’une grossesse et donc d’offrir plus de compatibilité en vue d’une greffe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ L’économiste Jérôme Mathis revient, dans une tribune au « Monde », sur la spéculation qui a fait exploser, aux Etats-Unis, le coût d’un médicament contre une maladie mortelle, ouvrant un débat sur la moralité de la finance.
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« Immoral mais légal, le scandale du Daraprim interroge la régulation des marchés financiers »

L’économiste Jérôme Mathis revient, dans une tribune au « Monde », sur la spéculation qui a fait exploser, aux Etats-Unis, le coût d’un médicament contre une maladie mortelle, ouvrant un débat sur la moralité de la finance.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 12h01
    |

Jérôme Mathis (Professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine)







                        



                                


                            

Tribune. Les Américains attendent avec impatience, le 9 mars, le verdict du procès de Martin Shkreli, l’homme le plus détesté des Etats-Unis, accusé d’avoir spéculé sur le prix d’un médicament.
Rappel des faits. Le matin du 21 septembre 2015, les Américains atteints de toxoplasmose (une infection parasitaire potentiellement mortelle) se retrouvent confrontés à une atroce réalité. Les chaînes d’information diffusent en boucle un message qui éclate comme un coup de tonnerre dans un ciel serein.
Le prix de leur médicament, le Daraprim, a été multiplié du jour au lendemain par plus de cinquante, passant de 13,50 à 750 dollars l’unité. L’ahurissante envolée tarifaire est intervenue sans alerte, peu après que Martin Shkreli, un financier trentenaire et cofondateur d’un fonds spéculatif, a racheté à un laboratoire pharmaceutique les droits exclusifs de sa commercialisation.
Quelques casseroles judiciaires
À l’échelle de la nation, la pilule a du mal à passer. Hillary Clinton et Donald Trump, les deux candidats en lice pour la présidentielle américaine, fustigent publiquement la pratique. D’autant que l’intéressé n’en est ni à son premier scandale ni à sa première tentative de s’enrichir sur le dos de personnes vulnérables. Un an auparavant, il s’était livré à une opération similaire en multipliant par vingt, du jour au lendemain, le prix d’un médicament destiné au traitement de la cystinurie, une maladie rare à l’origine de calculs rénaux héréditaires.

Immoral mais légal, ce scandale interroge la régulation des marchés financiers. Aucun texte relatif à l’encadrement des pratiques financières ne permet toutefois de sanctionner cette opération. Fort heureusement pour l’opinion publique, le spéculateur, dont l’arrogance affichée n’a de cesse de souffler sur les braises de la colère nationale, a quelques casseroles judiciaires à son actif (pyramide de Ponzi, manipulations comptables et autres formes de fraudes...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Comment les enfants souffrant de troubles des fonctions cognitives ou des apprentissages peuvent trouver leur chemin. Explications en BD.
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Les arguments mis en avant par les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme sont fallacieux, juge le professeur Stéphane Viville, du CHU de Strasbourg, dans une tribune au « Monde ». Il est temps qu’ils abandonnent leur discours idéologique et qu’ils modifient leur vision datée de la famille.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                

Don de gamètes : « Il est temps de lever l’anonymat »

Les arguments mis en avant par les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme sont fallacieux, juge le professeur Stéphane Viville, du CHU de Strasbourg, dans une tribune au « Monde ». Il est temps qu’ils abandonnent leur discours idéologique et qu’ils modifient leur vision datée de la famille.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h20
    |

Stéphane Viville (Professeur à la faculté de médecine de Strasbourg)







                        



   


Tribune. Dans son dernier avis sur l’assistance médicale à la procréation (AMP), le Comité consultatif national d’éthique se montre, une fois de plus, très timoré : il préconise essentiellement d’ouvrir l’accès à l’AMP aux femmes célibataires ou en couple homosexuel, mais n’aborde malheureusement pas la problématique de l’anonymat du don de gamètes, alors même que ces femmes auront recours à cette pratique. En effet, l’anonymat fait l’objet de polémiques depuis de longues années.
L’insémination artificielle avec donneur fut introduite en tant que pratique médicale dans les années 1930 en Angleterre. C’est la très forte opposition de l’Eglise anglicane à cette pratique, l’assimilant à un adultère, qui a incité le corps médical à imposer l’anonymat du don de gamètes, instaurant ainsi une forme de clandestinité à cette activité. Le don de gamètes s’est mis en place en France à partir des années 1970, sous l’impulsion du professeur Georges David. Elle est assurée par vingt-trois centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme (Cecos).
Eviter toute discussion éthique
Afin de ne pas avancer d’arguments à connotation religieuse, omniprésents à l’époque, mais peu avouables en cette période post-Mai 68, le don de gamètes a été présenté comme un don de sang. Se référer à une pratique clinique permettait ainsi d’éviter toute discussion éthique. Or, cet amalgame est peu justifié tant la finalité du don d’organes et celle du don de gamètes diffèrent : l’un soigne, l’autre engendre une vie nouvelle, une part d’humanité.
Depuis, la situation a évolué, et nombre de pays pratiquent ce don avec la possibilité, pour la personne le souhaitant, d’obtenir des renseignements sur le donneur. Cette évolution est liée à un changement radical de la perception du don de gamètes, mais aussi à l’avènement du droit à connaître ses origines. Le Royaume-Uni a levé l’anonymat en 2005, autorisant la divulgation d’informations identifiantes sur le donneur aux personnes majeures concernées.

        Lire aussi :
         

                « La découverte de l’identité d’un donneur de gamètes risque d’engendrer des situations explosives »



La France reste très pusillanime sur le sujet. Dans les faits, il ne s’agit pas de faire des dons nominatifs, mais d’offrir la possibilité aux personnes conçues par don de gamètes d’avoir accès à l’identité du donneur. Il n’est nullement question, par ailleurs, d’envisager une rétroactivité de la loi : les donneurs anonymes le resteront.
Depuis bientôt cinquante ans, les Cecos n’ont pas évolué et campent sur leurs positions. Ils restent violemment opposés à la possibilité de levée de l’anonymat. Or, il est temps d’accepter la possibilité d’une double filiation : génétique/biologique et intentionnelle. La transmission génétique est une réalité, la transmission culturelle, sociale et affective une autre. Pour ce faire, une vraie rupture conceptuelle de la notion de famille est nécessaire afin de dépasser celle du XIXe siècle.
Une prétendue pénurie de donneurs
La faiblesse des arguments contre la levée de l’anonymat est étonnante. En particulier, il est avancé qu’aucune étude de l’impact psychologique de cette levée sur les personnes nées après don de gamètes n’a été réalisée. Et qui mieux que les Cecos pouvaient conduire de tels travaux ? De même, ils auraient dû, a contrario, et à l’instar des Britanniques, mener des études sur l’impact psychologique de l’anonymat du don de gamètes.
Un deuxième argument est celui de la prétendue pénurie de donneurs que la levée de l’anonymat engendrerait, alors même qu’il y a déjà un manque criant de dons. Cette justification est balayée par l’expérience anglaise : en dix ans de pratique de levée de l’anonymat, les dons ont doublé. Cet argument est donc un mythe ! Il est inconcevable que les responsables des Cecos l’ignorent.

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                Anonymat du don de gamètes : « Il faut prendre en considération la construction psychique de l’enfant »



Est-ce bien surprenant ? Avec la levée de l’anonymat, le statut du donneur change, il passe d’une clandestinité honteuse à une reconnaissance de son altruisme. L’anonymat génère un sentiment de transgression, il revient à réaliser un acte inavouable, lié, plus ou moins consciemment, à l’adultère. Sa levée place au contraire le donneur dans une situation valorisante, il n’est plus le fournisseur d’un produit illicite. Il acquiert une identité, son acte est reconnu. Il devient une personne. Il est donc temps d’abolir certaines considérations morales assimilant la pratique de l’AMP, et en particulier avec tiers donneurs, à une transgression.
L’importance de s’inscrire dans une filiation, de connaître ses origines, est souvent remise en question par certains responsables de Cecos, qui avancent le peu de demandes qu’ils reçoivent. Est-ce étonnant dans un système où les parents ne sont pas, contrairement à l’Angleterre, incités à révéler à leurs enfants leur mode d’engendrement et où les personnes conçues par don, et qui en sont informées, savent que la levée de l’anonymat est interdite et passible de sévères condamnations en cas de violation ?
Attachement ancestral à la filiation
On est en droit de s’interroger sur les fondements de ce besoin de connaître ses origines et sa filiation, mais non sur l’importance de ce besoin. Il est facile de le nier, alors même que le négateur connaît ses propres origines. Nous pourrions multiplier les exemples qui soulignent l’attachement ancestral de l’homme à sa filiation. Tous les domaines de l’art traitent du sujet, citons ne serait-ce que le mythe d’Œdipe.
L’engouement que rencontrent les sociétés qui proposent des tests génétiques directement disponibles au consommateur illustre aussi ce besoin d’inscription dans une filiation. Ces analyses d’ADN permettent de la retracer et d’identifier des parents plus au moins proches. Ils peuvent ainsi servir de tests de paternité ou de maternité, permettre l’identification de demi-frères ou demi-sœurs, de cousins. De ce fait, l’anonymat des donneurs de gamètes ne saurait être garanti.

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                Don de gamètes : « Les enfants ne régleront pas tous leurs problèmes en rencontrant leur géniteur »



S’il en était encore besoin, force est de constater que cela rend intenable le positionnement des Cecos. En effet, ces tests génétiques ont déjà permis à plusieurs personnes conçues par don de gamètes de découvrir l’identité du donneur. En attendant la levée de l’anonymat du don de gamètes, qu’ils ne pourront éternellement éviter, il est important que les Cecos informent les donneurs et les receveurs de gamètes que l’anonymat n’est plus assuré à 100 %. En effet, si l’entourage du donneur et la personne conçue font ce type de test, il y a une probabilité que non seulement le mode de conception soit révélé, mais aussi l’identité du donneur.
Il est temps pour les Cecos d’abandonner leur discours idéologique, de modifier leur vision datée de la famille et d’accepter la levée possible de l’anonymat des donneurs de gamètes, cela avant que la technologie ne la leur impose.
Stéphane Viville est praticien hospitalier au CHU de Strasbourg, responsable de l’unité fonctionnelle « génétique de l’infertilité », fondateur du Centre de diagnostic pré-implantatoire, ancien chef de service du laboratoire de fécondation in vitro du CHU de Strasbourg.
Cette tribune a été publiée initialement dans la version papier du Monde et sur son site Internet le 7 juillet 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Des chercheurs marseillais ont observé comment le pigment persistait indéfiniment alors que les cellules de la peau mouraient. Ce qui pourrait servir à faciliter la suppression des tatouages.
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Le secret de l’éternité des tatouages découvert

Des chercheurs marseillais ont observé comment le pigment persistait indéfiniment alors que les cellules de la peau mouraient. Ce qui pourrait servir à faciliter la suppression des tatouages.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 20h57
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h54
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Pourquoi les tatouages sont-ils si durables alors que les cellules présentes dans le derme qui absorbent le pigment meurent beaucoup plus rapidement ? Des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et d’Aix-Marseille université regroupés au sein du centre d’immunologie de Marseille-Luminy ont élucidé cette énigme, ouvrant la voie à une solution plus efficace pour les effacer. Les travaux de cette équipe dirigée par Sandrine Henri et Bernard Malissen ont été publiés, mardi 6 mars, dans le Journal of Experimental Medicine.
Jusqu’à récemment, l’idée prévalait que le tatouage teintait les fibroblastes, cellules constituant le derme (la couche intermédiaire des trois que comprend la peau). Puis, il est apparu que les cellules du derme où se concentre l’encre sont en fait les macrophages, des cellules appartenant au système immunitaire dont « le rôle est de capter tous les objets étrangers ayant pénétré dans le corps », comme l’explique Sandrine Henri. Mais, ni les fibroblastes ni les macrophages ne persistent durant toute la vie d’un individu. « Un macrophage dure de l’ordre d’une vingtaine de jours », précise Sandrine Henri. Ils sont sans cesse renouvelés au cours de l’existence.
Les chercheurs marseillais qui étudiaient ces macrophages du derme chez des souris à peau noire avaient remarqué que le pigment qui donne cette couleur à leur peau, la mélanine, était réabsorbé par les macrophages lorsque les cellules qui le produisent meurent. Ils ont alors eu l’idée de vérifier s’il en allait de même avec l’encre des tatouages.
Des queues de souris tatouées
Pour ce faire, ils ont travaillé avec un modèle de souris génétiquement modifiées de façon à pouvoir détruire les macrophages présents dans leur derme. Les scientifiques ont mis au point un anticorps capable de reconnaître et de se lier spécifiquement aux macrophages, et lui ont accolé une toxine destinée à les détruire. Quelques semaines après la destruction des macrophages, ces cellules étaient remplacées par de nouveaux macrophages produits à partir de cellules précurseuses de la moelle osseuse.
Dans un premier temps, les chercheurs ont tatoué la queue des souris et ont constaté que seuls les macrophages du derme captaient le pigment. Puis, ils ont détruit ces cellules et ont observé que le tatouage ne se modifiait pas pour autant. « Les particules de pigment sont trop grosses pour se disperser facilement et restent sur place avant d’être captées par les nouveaux macrophages », détaille Sandrine Henri.

   


C’est donc une sorte de cycle qui se déroule dans le derme avec des cellules qui absorbent le pigment et meurent ensuite en le transmettant à de nouvelles cellules environnantes, et ainsi de suite. Un phénomène confirmé par le fait que lorsque de la peau tatouée d’une souris est greffée sur une autre souris non tatouée, six semaines plus tard, la plupart des macrophages contenant du pigment ont bien été produits par la souris receveuse et non par celle sur laquelle le greffon avait été prélevé.

   


Pour Bernard Malissen et Sandrine Henri, leurs constatations devrait servir à améliorer les traitements actuels de suppression des tatouages. En effet, ceux-ci font appel à des lasers sophistiqués pour détruire les cellules où se trouve le pigment. Cela nécessite des séances répétées pour détruire les cellules et fragmenter le pigment, et entraîne des dommages cutanés collatéraux. « Notre idée est de combiner notre technique d’anticorps spécifique combiné à une toxine pour détruire les macrophages avec le laser. Nous avons développé un anticorps pour la souris et nous allons travailler sur l’équivalent humain afin de collaborer avec des dermatologues sur de la peau humaine. La destruction très localisée des macrophages éviterait la recapture du pigment fragmenté et faciliterait son évacuation par les vaisseaux lymphatiques », explique Sandrine Henri. Un espoir pour les personnes qu’embarrassent leurs vieux tatouages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Septième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Persépolis dont la reconstitution numérique permet de mettre en lumière ses nombreux points communs avec Babylone.
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Quand Persépolis copiait Babylone

Septième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Persépolis dont la reconstitution numérique permet de mettre en lumière ses nombreux points communs avec Babylone.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Collection Archéologie. A Persépolis en Iran, comme à ­Angkor au Cambodge ou à Pétra en Jordanie, les archéologues traquent les vestiges urbains après avoir privilégié le monumental et sa sauvegarde. La construction de la capitale perse du grand roi achéménide Darius Ier, adossée au flanc du Kuh-e Rahmat (la « montagne de la Miséricorde »), face à une plaine sans fin, commença autour de 515 av. J.-C. et se prolongea deux siècles durant, jusqu’à l’incendie que les troupes d’Alexandre le Grand auraient allumé en 330 av. J.-C., qui ravagea la cité.
La démesure de la ville royale était à l’égal de l’empire de Darius, qui embrassait trois continents, de l’Indus à la mer Egée, du Caucase à la Nubie. Une terrasse artificielle monumentale – 450 mètres sur 300 mètres –, surélevée de 15 mètres, portait les palais et espaces administratifs, dont la Salle des cent colonnes, les magasins du Trésor et les casernes. Le long des escaliers accédant à la grande salle d’audience de l’Apadana court une frise de bas-reliefs toujours visible. celle-ci représente l’interminable procession des sujets de l’empire, en file indienne par satrapies – les provinces assujetties –, portant au souverain les tributs qui lui étaient dus. Scènes de propagande célébrant la puissance du roi.
A visiter l’été prochain
A l’université de Téhéran, la traduction des milliers de tablettes d’argile crue, en écriture cunéiforme majoritairement élamite, trouvées sur place, se poursuit. Des jardins urbains étaient aménagés pour le campement royal lorsque le souverain séjournait à Persépolis avec sa suite de dix mille personnes. Retrouver les quartiers habités par les ouvriers, les artisans, les paysans, comme les résidences des dignitaires, tel est l’objet du projet irano-italien « Du palais à la ville », lancé en 2008. A 3,5 km à l’ouest de la terrasse, depuis 2011, la fouille est dirigée par Alireza Askari Chaverdi, codirecteur du Centre iranien pour la recherche...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ La Venice Time Machine reconstitue l’évolution de Venise sur mille ans. Le projet pourrait s’étendre à d’autres cités historiques.
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Les villes d’Europe prêtes à remonter le temps

La Venice Time Machine reconstitue l’évolution de Venise sur mille ans. Le projet pourrait s’étendre à d’autres cités historiques.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
    |

                            Fabien Goubet (Le Temps)








                        



                                


                            

Numérique. C’est une machine à remonter le temps qui garde un œil tourné vers le passé et un autre vers le futur. Vers le passé parce qu’il s’agit de la nature même de la ­Venice Time Machine (VTM), vaste projet lancé en 2012 visant à reconstruire, à partir de millions de documents historiques, une Venise numérique qu’il sera un jour possible d’explorer, géographiquement et temporellement, sur une période de mille ans. « Un Google Maps et un Facebook du passé » de la cité italienne, comme aime à la qualifier Frédéric Kaplan, directeur du Laboratoire d’humanités digitales à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et maître artisan de ce programme scientifique en collaboration avec l’université Ca’Foscari de Venise.
Mais la machine au strabisme temporel lorgne aussi vers l’avenir. Un avenir aux couleurs de l’Europe, puisque le projet est candidat pour devenir un nouveau FET Flagship (en français « Initiative-phare des technologies futures et émergentes »), un de ces ­superprojets scientifiques financés à hauteur de 1 milliard d’euros sur dix ans par l’Union européenne (UE) et les pays participants. Le Human Brain Project (HBP, qui vise à simuler sur ordinateur le fonctionnement du cerveau) et l’initiative Graphene (ayant pour objectif de développer des applications autour de ce nouveau matériau) sont des FET Flagships depuis 2013. L’UE souhaite sélectionner un ou deux nouveaux projets en 2020.
La candidature a été déposée le 20 février, annonce Frédéric ­Kaplan : « La VTM en est à une période charnière. Le projet va changer d’échelle et former un réseau européen. » Dans une tribune publiée notamment par le quotidien suisse Le Temps en 2016, le spécialiste appelait à construire la première Time Machine européenne. « Les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle permettent d’envisager une infrastructure à l’échelle du continent pour numériser, analyser, reconstituer notre patrimoine...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ L’administration rapide d’un vaccin de façon ciblée endigue la maladie.
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La stratégie qui touche le choléra au cœur

L’administration rapide d’un vaccin de façon ciblée endigue la maladie.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
    |

                            Benoît Crépin








                        



                                


                            

Epidémiologie. La septième pandémie de choléra, infection intestinale aiguë dont on estime qu’elle cause, en moyenne, environ 95 000 décès par an, dure depuis 1961. Pour réduire la mortalité de 90 % d’ici à 2030, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise notamment un meilleur traitement de l’eau potable, une amélioration de l’hygiène ou encore l’administration de vaccins anticholériques oraux. Des mesures appliquées à grande échelle, mais aussi parfois de façon plus localisée par les autorités de santé des 69 pays où la maladie est endémique.
Les stratégies massives se heurtent en effet à deux obstacles : d’abord leur coût, ensuite le temps nécessaire à leur mise en œuvre. Des actions beaucoup plus ciblées semblent tout indiquées, mais aucune évaluation de leur efficacité n’existait jusqu’à présent. Un manque que viennent de pallier les travaux de modélisation mathématique d’une équipe de chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), publiés le 27 février dans la revue PLOS Medicine.
Deux modes d’action
A l’aide des données issues de l’épidémie survenue en 2011 au Tchad, ces chercheurs du Laboratoire d’écohydrologie de l’EPFL ont créé un modèle inédit, fondé non seulement sur la courbe épidémique de la maladie mais aussi sur la répartition spatio-temporelle de ses foyers. « Ce modèle à très haute résolution prend en compte la structure spatiale d’une épidémie urbaine. Nos autres modèles ont toujours été appliqués à l’échelle d’un pays, avec ses subdivisions administratives comme unités spatiales », explique Flavio Finger, chercheur en modélisation épidémiologique et auteur principal de l’étude, conduite en étroite collaboration avec Andrew Azman, épidémiologiste en maladies infectieuses à l’université Johns-Hopkins de Baltimore (Etats-Unis). Ce dernier est également membre du Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra, un réseau de spécialistes géré par l’OMS.
Les résultats...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Etat des lieux et perspectives d’une technique qui est aussi une science, l’informatique.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
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Pour comprendre l’informatisation du monde

Etat des lieux et perspectives d’une technique qui est aussi une science, l’informatique.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h42
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Livre. « Un bug n’est pas une panne de la machine ou du logiciel, c’est une panne de ceux qui ont écrit le logiciel. » Voici l’une des leçons favorites de l’informaticien Gérard Berry, académicien des sciences notamment, que l’on trouve dès les premières pages de son livre, véritable plaidoyer pro domo pour sa discipline. Son but est de montrer qu’au-delà des modes, l’informatique est autant une technique qu’une science. Elle possède même son propre schéma mental, la pensée algorithmique, différent de celui des sciences naturelles : l’informatique « construit » une sorte de « nature synthétique ».
Pour convaincre de cette hyperpuissance, Gérard Berry construit un livre assez fourre-tout pas toujours limpide. La première partie est un panorama, qui n’échappe pas aux défauts d’un catalogue un peu rébarbatif, destiné à montrer l’omniprésence de l’informatique dans les communications, Internet, les objets connectés, la médecine… L’ironie et le ton personnel de l’auteur aident tout de même à digérer les informations.
D’autres chapitres sont plus fouillés et techniques, tel celui consacré aux fameux bugs, avec une quantité d’histoires incroyables et malheureusement vraies. Ou comment quelques lettres dans un programme peuvent tout changer, causer des accidents, et même des morts. Un autre chapitre, remarquable de précision, nous plonge dans tous les algorithmes qui peuplent les appareils photo numériques pour aider à la prise de vue en corrigeant les expositions, les couleurs, les aberrations, les tremblements…
Vulgarisation insuffisante
L’ensemble se termine un peu comme il avait commencé, par des pages plus personnelles sur les perspectives de la discipline et surtout sa place dans la société. On y retrouve une autre marotte de Gérard Berry (en plus des bugs et de la sécurité) : l’enseignement de l’informatique. Même s’il y a mis tout son poids et a obtenu des progrès, avec notamment des options au lycée, il reconnaît...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Le chercheur Christophe Boëte explique, dans une tribune au « Monde », qu’il est urgent qu’une expertise indépendante contrecarre les stratégies de communication des biotechs, qui entendent mettre en application des outils génétiques de contrôle ou d’éradication de certaines espèces.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Lobbying industriel sur le « forçage génétique »

Le chercheur Christophe Boëte explique, dans une tribune au « Monde », qu’il est urgent qu’une expertise indépendante contrecarre les stratégies de communication des biotechs, qui entendent mettre en application des outils génétiques de contrôle ou d’éradication de certaines espèces.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 17h02
    |

Christophe Boëte (Chargé de recherche à l’Institut de recherche pour le développement à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier, unit...







                        



                                


                            

Tribune. « Rapide », « puissant », « prometteur », « disruptif ». Tels sont les qualificatifs souvent attribués au gene drive, ou « forçage génétique », une technique qui vise à favoriser l’héritage d’un gène particulier. Avouons-le, cette innovation a quelque chose du couteau suisse biotechnologique version 2.0.
Qu’il s’agisse de protéger des récoltes agricoles contre des ravageurs, de supprimer des espèces invasives, d’éradiquer des moustiques vecteurs de maladies infectieuses ou encore de les empêcher de les transmettre, ses applications potentielles semblent constituer un arsenal à bien des maux pour lesquels les remèdes nous manquent.
Revers de la médaille, la maîtrise toute relative des aspects moléculaires et l’efficacité envisagée de la méthode vont de pair avec de grandes incertitudes et un manque de contrôle évident du système, une fois passé un éventuel lâcher dans les populations naturelles.
Controverse
Si les aspects biologiques de cette technologie suscitent la controverse, jusqu’à des demandes de moratoire, les questions éthiques, sociales et légales de son utilisation restent entières. elles conduisent aussi à des débats sur la communication et l’engagement du public. Plusieurs réunions ont d’ailleurs déjà été mises en place par deux organisations états-uniennes, l’ILSI (International Life Sciences Institute) et la FNIH (Foundation for the ­National Institutes of Health), et le ­Nepad (Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique) en Afrique sub-saharienne, avec une attention toute particulière portée à la lutte contre les maladies transmises par les moustiques.
S’il semble louable que les nouvelles technologies soient présentées et discutées là où elles sont susceptibles d’être testées, voire déployées, l’implication de l’ILSI dans l’organisation de ces ateliers sur le forçage génétique peut être questionnable, voire problématique, si l’on se réfère à ses financements et à son...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Cette semaine, Marc Gozlan vous invite à découvrir un billet de blog très différent de ceux que qu’il vous propose habituellement car Il comporte des vidéos amusantes, drôles, hilarantes, ayant pour thème la recherche biomédicale.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤ 
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<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Martinique, Guyane et Guadeloupe sont aussi touchées par la maladie, possiblement mortelle. Pourtant, le vaccin du laboratoire Sanofi n’y est pas autorisé.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
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Pourquoi la France refuse le vaccin contre la dengue pour ses territoires d’outre-mer

Martinique, Guyane et Guadeloupe sont aussi touchées par la maladie, possiblement mortelle. Pourtant, le vaccin du laboratoire Sanofi n’y est pas autorisé.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 12h01
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                            Lise Barnéoud et 
Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

« Si la France, pays fabricant du Dengvaxia, n’en veut pas pour sa propre population, c’est bien qu’il y a un problème avec ce vaccin et que Sanofi nous prend pour ses cobayes ! » L’accusation revient en boucle dans les médias et sur les réseaux sociaux philippins. De fait, certains départements et régions d’outre-mer français (Martinique, Guyane et Guadeloupe) connaissent une prévalence de la dengue aussi élevée qu’aux Philippines. D’où cette légitime question : pourquoi ne pas y vacciner les populations ? Première réponse : parce que le Dengvaxia n’a toujours pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe, la demande n’ayant été déposée qu’en avril 2016. Une stratégie assumée par Sanofi : « C’était important avant toute chose de rendre ce vaccin disponible dans les pays qui souffrent le plus de la maladie. Nous avons donc décidé de nous concentrer en premier lieu sur l’Asie et l’Amérique latine », indique Thomas Triomphe, vice-président de la région Asie-Pacifique chez Sanofi Pasteur.

Cette stratégie de demande d’autorisation pays par pays, en se passant des deux grandes agences de régulation que sont l’Agence européenne du médicament (EMA) et la Food and Drug Administration (FDA), est inédite dans l’histoire du médicament. « Cela accélère la disponibilité du vaccin là où il y en a besoin. Mais il faut reconnaître que les agences de régulation de ces pays ont moins l’habitude d’analyser des dossiers aussi complexes et ont moins accès à des experts très qualifiés », analyse ­Joachim Hombach, du Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination de l’OMS, rappelant que des réunions d’information ont été organisées en 2015 pour épauler les autorités de santé de ces pays.
En cours d’évaluation depuis deux ans…
Aujourd’hui, le dossier semble coincer à l’EMA : alors qu’il faut en général 277 jours pour obtenir une autorisation, le Dengvaxia est toujours en cours d’évaluation près de 700 jours...




                        

                        


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Vaccin contre la dengue : faut-il privilégier le bénéfice collectif ?

Avec l’exemple du Dengvaxia, du laboratoire Sanofi, un véritable problème d’éthique est posé.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 11h59
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                            Lise Barnéoud et 
Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            


A travers le cas du vaccin Dengvaxia, une question éthique brûlante se pose : peut-on accepter, au nom d’un bénéfice collectif, qu’une innovation nuise à certains individus ? En 2016, l’OMS jugeait « acceptable » cette vaccination dès lors que le pourcentage de la population déjà infectée par la dengue dépassait 50 %, tout en notant qu’« il est possible que la vaccination soit inefficace, ou même, en théorie, qu’elle augmente le risque futur d’hospitalisations ou de dengue sévère chez les personnes séronégatives au moment de la première vaccination, quel que soit leur âge. Si c’est le cas, il pourrait y avoir, même dans des contextes de forte transmission, un risque accru pour les personnes séronégatives, en dépit d’un recul de la dengue au niveau de la population ».
Le positionnement de l’OMS a divisé les scientifiques. Certains ont soutenu cette recommandation pour son bénéfice collectif, arguant qu’une vaccination massive dans les régions de forte prévalence permettrait de diminuer de 10 % à 30 % les cas symptomatiques de dengue et d’hospitalisations. « Du point de vue de la santé publique, [ce vaccin] devrait être considéré comme un moyen de contrôler un problème grandissant dans les pays affectés », affirmaient plusieurs chercheurs, en décembre 2016, dans The Journal of Infectious Diseases.
Au contraire, d’autres spécialistes ont immédiatement critiqué ce feu vert de l’OMS, mettant en avant les risques pour les personnes non encore infectées. « Il est inacceptable qu’un médicament fasse du mal, même à une petite partie de la population, même s’il existe un impact collectif positif », estime pour sa part Scott Halstead, infectiologue américain. Il critique la défense actuelle de Sanofi qui consiste à dire que, pour un cas de dengue sévère lié à la vaccination des personnes séronégatives, 10 cas sont évités chez les personnes séropositives vaccinées. « C’est un argument irresponsable »,...




                        

                        


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Le moustique-tigre éradiqué par accident

L’élimination – volontaire – de tous les rats d’un atoll du Pacifique a conduit à la disparition inattendue du moustique-tigre.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 09h52
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            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Zoologie. Au beau milieu de nulle part. L’expression est parfaite pour décrire l’atoll Palmyra, un assemblage d’îlots entourant un lagon au centre de l’océan Pacifique. Il connut son heure de gloire au cours de la seconde guerre mondiale comme base aéronavale pour 2 400 soldats américains. Après le conflit, la base fut démantelée et l’atoll finit par devenir une réserve naturelle, seulement habitée par ses locataires naturels, les oiseaux marins, et quelques espèces invasives : les humains – une poignée de chercheurs – et ceux qui avaient fait le voyage avec eux au fil des décennies, à savoir les rats et les moustiques.
Deux sortes d’insectes piqueurs s’étaient installées, Culex quinquefasciatus et Aedes albopictus, plus gros, plus agressif et plus connu sous son nom commun de moustique-tigre. Si les femelles de ces deux espèces ont absolument besoin de sang frais pour mener à terme la ponte de leurs œufs, elles ne s’approvisionnent pas aux mêmes sources : C. quinquefasciatus a une prédilection pour les oiseaux tandis qu’A. albopictus préfère les rats – mais aucune ne dédaigne les humains.
Incapable de s’adapter
En juin 2011, face au pullulement des rongeurs, dont la population, sur cet atoll de quelques kilomètres carrés, avoisinait les 40 000 individus menaçant la survie des oiseaux du cru, on procéda à leur élimination totale. Après que la mort-aux-rats eut fait son œuvre, on pouvait s’attendre à ce que, privé de ses cibles favorites, le moustique-tigre vînt jouer les vampires auprès des humains ou des oiseaux. Or, comme le raconte une étude américaine publiée le 28 février par Biology Letters, les Homo sapiens présents sur l’atoll Palmyra, s’ils se faisaient encore piquer le soir par les Culex, n’avaient plus besoin d’antimoustique le jour, aux heures où le moustique-tigre attaque. Etait-il mort avec les rats ?
Pour le savoir, les auteurs de l’étude ont mené plusieurs...




                        

                        

