<FILE-date="2018/03/09/19">

<article-nb="2018/03/09/19-1">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’organisation internationale s’inquiète aussi de « la dimension humaine de la reconstruction ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Unesco au chevet de la vieille ville de Mossoul et de ses trésors

L’organisation internationale s’inquiète aussi de « la dimension humaine de la reconstruction ».



Le Monde
 |    09.03.2018 à 18h03
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

La destruction de la mosquée Al-Nouri et de son minaret Al-Hadba, fin juin 2017, par les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI), avait suscité l’émoi en Irak comme dans le monde entier. Les neuf mois qu’a duré la bataille de reconquête de Mossoul par les forces armées irakiennes, avec l’appui de la coalition internationale, entre octobre 2016 et juillet 2017, ont été dévastateurs pour le riche patrimoine historique et culturel qui a donné son identité à la deuxième ville d’Irak depuis l’ère mésopotamienne. « Faire renaître l’esprit de Mossoul » : tel est l’initiative phare et symbolique que lance l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) avec pour double objectif de reconstruire ce patrimoine et de revitaliser les institutions éducatives et culturelles de la ville.

L’initiative a été annoncée officiellement par la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, lors de la conférence sur la reconstruction de l’Irak, organisée à Koweït du 12 au 14 février. « Aux enfants qui ont appris la guerre nous devons réapprendre la paix, par les contenus enseignés à l’école, par les monuments qui se dressent dans les villes », a-t-elle déclaré lors de cette conférence.
Mme Azoulay a obtenu le soutien du premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi, ainsi que du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, pour que l’Unesco coordonne les efforts internationaux pour la reconstruction du patrimoine de Mossoul. « On a senti un soulagement de la part de M. Abadi que ce soit l’Unesco qui porte la responsabilité de coordonner les efforts pour la reconstruction de Mossoul. Il nous a même encouragés à poursuivre ce travail par la suite dans d’autres villes, en particulier Kirkouk », explique Nicolas Kassianides, directeur de cabinet de Mme Azoulay.
Les dégâts évalués en 3D
L’enthousiasme des équipes de l’Unesco était manifeste lors de la première réunion...




                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-2">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Pierre Salvadori orchestre avec saveur la rencontre d’un apprenti concierge et d’une retraitée angoissée (sur OCS Géant à 20 h 40).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

TV - « Dans la cour » : ballet de dépressifs autour d’une fissure intime

Notre choix du soir. Pierre Salvadori orchestre avec saveur la rencontre d’un apprenti concierge et d’une retraitée angoissée (sur OCS Géant à 20 h 40).



Le Monde
 |    09.03.2018 à 17h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur OCS Géant à 20 h 40

Emballez, c’est pesé : le huitième long-métrage de Pierre Salvadori en vingt ans de carrière est le plus réussi. Pourquoi ? Simple. Il est le plus désespéré, donc le plus beau(voir Musset, Alfred de). Auteur folâtre cédant volontiers à la pente abracadabrante, Pierre, s’il nous permet, roule ici comme jamais, et n’attrape pas mousse. Des spectateurs, en revanche, oui, auxquels on prédit, avançons-nous, quelques germinations de joie.
La cour, donc. Celle d’un immeuble parisien de moyen acabit, avec des bourgeois moyens dedans. Ni trop riches ni trop pauvres, privilégiés mais de moins en moins, tirant quand même la langue pour se maintenir. Rien de grave, au regard du désastre alentour. Dans cette cour, qui rappelle un peu celle de Domicile conjugal, de François Truffaut, dans laquelle Antoine Doinel/Jean-Pierre Léaud teignait les fleurs pour embellir la réalité, une femme et un homme s’apprêtent à se rencontrer.
Lui s’appelle, justement, Antoine. Gustave Kervern, acteur lunaire, lui prête sa stature. Barbu, replet, débonnaire, ce quinquagénaire vient de décider d’arrêter le rock’n’roll. Déprimé, insomniaque, fumeur régulier de substances, il passe à deux doigts du vagabondage lorsqu’il se fait embaucher comme gardien dans l’immeuble évoqué. Il le doit pour l’essentiel à Mathilde, une retraitée pétulante, bénévole sociale, membre avec son mari du conseil syndical de l’immeuble. On aura reconnu Catherine Deneuve, dans son registre désormais favori de la star qui est redescendue sur terre pour habiter près de chez nous.
Duo mélancolique
Le mieux, là-dedans, est ce qui pousse les deux personnages à s’entraider. Mathilde, sous des dehors pimpants, traverse une phase difficile de son existence. Le vieillissement, la retraite, l’inactivité, un mari gentil mais qui ne fait plus rêver, autant de menaces sourdes qui peuvent transformer une simple lézarde sur le mur de son appartement en faille spatio-temporelle. Naturellement, elle s’y engouffre, et prend la tête d’une croisade de proximité qui annonce l’écroulement imminent du quartier, thème qui fédère tous les fêlés des environs et procure au film la séance de diapositives la plus drôle de l’histoire du cinéma.
Il faut donc beaucoup d’amour à Antoine pour protéger Mathilde contre elle-même, et contre la fureur de son mari, qui est à deux doigts de la faire interner. Il a d’autant plus de mérite que lui-même, bien entamé, semble attendre la fin de l’histoire pour se mettre enfin à ne plus exister.

   


Autour de ce duo mélancolique, çà et là dans le cadre clos de la cour, Pierre Salvadori organise un ballet de dépressifs, plus ou moins déguisés. Il y a Lev et son molosse eczémateux, agent de sécurité venu de l’Est et sans domicile fixe, membre d’une secte lumineuse, possiblement violent. Il y a Stéphane, jeune homme dont la principale occupation consiste à voler des vélos qu’il entrepose par dizaines, fort d’un droit qu’il s’arroge, dans la cour. Il y a enfin M. Maillard, le maniaque de service, qui veut obtenir ­d’Antoine qu’il déloge Lev et les bicyclettes de ladite cour.
Qui n’aura reconnu, dans cette cour, la société qui nous entoure ? Telle qu’elle se recroqueville tranquillement, telle qu’elle « agoraphobise », telle qu’elle angoisse à en mourir, tel qu’un film comme celui-ci nous permet de la supporter un peu.
Dans la cour, de Pierre Salvadori. Avec Catherine Deneuve, Gustave Kervern (Fr., 2014, 97 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-3">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’acteur et réalisateur surfe sur le culte qui entoure son navet, « The Room », dont s’est inspiré James Franco pour « The Disaster Artist ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Tommy Wiseau fait étalage de ses ratages

L’acteur et réalisateur surfe sur le culte qui entoure son navet, « The Room », dont s’est inspiré James Franco pour « The Disaster Artist ».



Le Monde
 |    09.03.2018 à 17h42
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Cuillers en plastique et ballons de foot américain qui voltigent de siège en siège ; florilège d’insultes adressées par le public aux personnages qui défilent sur l’écran – « Ta gueule la vioque ! », « Salope ! », « Arrête de toucher cet enfant, pédophile ! »… – ; formules ésotériques – « La porte ! », « San Francisco ! », « Oh Hi ! »… – récitées par une foule fanatisée : c’est un spectacle d’un autre siècle que le Grand Rex a donné à voir, les 15 et 16 février. Le film projeté, The Room, a beau avoir été réalisé en 2003, l’impression était tenace, à la sortie de la salle parisienne, de revenir aux premiers âges du cinéma, lorsqu’il n’était qu’un art forain parmi d’autres. « Je n’ai jamais rien vécu d’aussi horrible ! », pestait une spectatrice. « Quel kif ! », se pâmait un autre, qui s’était plié au dress-code de la soirée : costard trop large pour les hommes, robe rouge pour les femmes.
Ils étaient près de cinq mille ainsi rassemblés pour voir ou, dans l’immense majorité des cas, revoir « le meilleur mauvais film jamais réalisé », selon la formule des organisateurs, le distributeur et éditeur Carlotta, le ciné-club Panic ! Cinema, le webzine Chroma et le site Nanarland. L’événement visait à promouvoir l’arrivée dans les cinémas français, le 7 mars, de The Disaster Artist, la fiction de James Franco sur la genèse de The Room, et celle dans les librairies, concomitante, de l’ouvrage dont Franco s’est inspiré, lui aussi intitulé The Disaster Artist, signé Greg Sestero et Tom Bissell.
Entre le corbeau et le paon
Pour l’occasion, Tommy Wiseau, le drôle d’oiseau qui avait pondu The Room, s’était posé quelques jours à Paris. Perché, le volatile tient à la fois du corbeau et du paon. Lunettes noires, toison de jais, veste bleu pétrole, manières de vampire et rire de croque-mort, Piotr Wieczorkiewicz a eu plusieurs vies avant de se pavaner sur toutes les...




                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-4">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. La délicate et fine série créée par Katja Blichfeld et Ben Sinclair - retrouve sa qualité après deux épisodes décevants (sur OCS Go à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

TV - « High Maintenance » : quelques bas, beaucoup de hauts

A voir aussi ce soir. La délicate et fine série créée par Katja Blichfeld et Ben Sinclair - retrouve sa qualité après deux épisodes décevants (sur OCS Go à la demande).



Le Monde
 |    09.03.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS Go à la demande

La saison 2 de High Maintenance a confirmé que cette série, dont la première était enchanteresse de liberté et de subtilité de ton, est décidément l’une des plus attachantes du moment. A vrai dire, elle n’a rien, dramatiquement, d’une série. Mieux vaut la considérer comme un enchaînement de nouvelles filmées qui finissent, en s’agrégeant, par créer un tout en forme de portrait de la New York bourgeoise bohème d’aujourd’hui. Le lien entre les épisodes est pour l’essentiel assuré par le personnage du « Mec » (« The Guy »), sympathique dealeur de marijuana qui passe son temps à vélo entre ses multiples livraisons. Sa sympathie confine à la compassion car, souvent, ses visites sont retardées par le récit des névroses de ses clients.
Le premier épisode de cette saison montrait de manière tragi-comique comment divers personnages recevaient la nouvelle qui allait, au-delà de leurs pires cauchemars, changer la face des Etats-Unis. Evidemment, le « Mec » faisait ce jour-là l’une des meilleures recettes de sa carrière, tant étaient nombreux ceux à vouloir s’abstraire de cette réalité.
Univers improbables
Cette nouvelle sidérante, traitée différemment, était aussi l’« accroche » du premier épisode de « Cult », la septième saison d’American Horror Story, créée par le prolifique Ryan Murphy. Elle était développée ensuite comme un ressort dramatique, alors que, dans High Maintenance, la « bulle » bobo n’en semble pas affectée une fois le choc initial encaissé.

   


Dans l’épisode 5, le « Mec » fait une chute et se retrouve aux urgences. Ce qui est l’occasion d’une pause assez étrange et passablement longuette qui ferait presque perdre le fil du récit et tout intérêt pour lui. L’épisode 6 est lui aussi un peu creux, malgré sa fonction de « séquence onirique ». Dans le septième, diffusé cette semaine, High Maintenance retrouve heureusement contenance et intérêt : le dealeur aux airs de jeune John Malkovich (joué par Ben Sinclair, le cocréateur de la série) fait désormais ses livraisons à pied et débarque dans des univers parfois improbables où les femmes – souvent homosexuelles ou à l’orientation sexuelle fluctuante – ont la part belle. On retrouve alors l’enchantement qu’on a cru, à tort, compromis.
High Maintenance, saison 2, série créée par Katja Blichfeld et Ben Sinclair. Avec Ben Sinclair (EU, 2018, 10 × 20 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-5">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le chanteur, qui publie « Toute latitude », son onzième album, suivi de « La Fragilité » (à paraître en octobre), est revenu à ses amours rythmiques et machiniques.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dominique A sous le ciel électrique de Nantes

Le chanteur, qui publie « Toute latitude », son onzième album, suivi de « La Fragilité » (à paraître en octobre), est revenu à ses amours rythmiques et machiniques.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 18h04
    |

            Bruno Lesprit (Nantes, Loire-Atlantique, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il a célébré la dame en noir avec le pianiste Alexandre Tharaud en 2017 lors de l’« année Barbara ». Sans suivre pour autant les recommandations de celle qui jurait qu’« Il ne faut jamais revenir/Au temps caché des souvenirs ». Le ciel de Nantes ne rend pas chagrin le cœur de Dominique A. « J’aime la Loire et la Sèvre, la mer n’est pas loin, ici je respire, confie le chanteur de L’Océan, attablé dans une brasserie avec vue sur le dôme du Lieu unique. La vie y est agréable, paisible et ouverte. Tout est horizontal, ce qui pouvait me manquer à Bruxelles avec son côté cuvette. Je suis revenu par la petite porte à partir de 2001, pour m’installer avec ma compagne et mon petit gars il y a trois ans. »
L’auteur de L’Horizon a intitulé Toute latitude son onzième album, qui sera suivi en octobre d’un douzième, La Fragilité. Le premier enregistré en groupe et dans un studio, le second en solitaire et à la maison, pour que se rejoignent les deux affluents – courant électrique, débit plus doux – qui ont alimenté sa carrière depuis un quart de siècle. Une dualité que Dominique A exposera mi-avril lors d’un week-end à La Philharmonie de Paris, et au cours de deux tournées successives, printanière puis automnale. Comme Les Deux Côtés d’une ombre, pour reprendre un de ses nouveaux titres. « Au départ, j’avais un projet de quatre disques sur l’année, un par trimestre : un très rythmique, un acoustique, un de spoken word et un de noisy-pop, explique le glouton. Mes prétentions se sont un peu dégonflées au fur et à mesure. » 
Quatre titres extraits de l’album

Est-ce d’être revenu à Nantes, où il a vécu de 1984 à 1993, puis de 1997 à 1999 ? Le passé, flanqué de quelques fantômes, a comme mécaniquement ressurgi dans Toute latitude. Le Château des ducs de Bretagne a apporté sa pierre en accueillant actuellement l’exposition « Rock ! Une...




                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-6">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La Ville critique le management de Maria Inés Rodriguez au musée d’art contemporain.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Bordeaux, la directrice du CAPC sur la sellette

La Ville critique le management de Maria Inés Rodriguez au musée d’art contemporain.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 17h00
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Le torchon brûle entre la ­directrice du CAPC (Centre d’arts plastiques contemporains) musée d’art contemporain, Maria Inés Rodriguez, et la ville de Bordeaux. Lundi 5 mars, deux jours avant le vernissage de l’exposition de l’artiste Benoît Maire, la curatrice franco-colombienne a été convoquée pour un entretien préalable au licenciement. En cause : des problèmes de management et une fréquentation jugée insatisfaisante par la mairie.
Arrivée en 2014 pour succéder à Charlotte Laubard, Maria Inés ­Rodriguez a pourtant été reconduite à son poste en février 2017. Sous sa houlette, le CAPC a connu une programmation originale et de haute volée, avec une monographie du réalisateur Alejandro Jodorowsky, une ­rétrospective de Judy Chicago, pionnière de l’art féministe, un hommage à Franz Erhard Walther, Lion d’or 2017 du meilleur artiste à la Biennale de Venise. Après une chute de la fréquentation en 2016, celle-ci est repartie à la hausse en 2017, avec 90 000 visiteurs, loin toutefois des 140 000 comptabilisés en 2011. Mais le problème est ailleurs.
Des tensions répétées entre la ­directrice et son équipe ont précipité des départs en cascade. « On a reçu des alertes du personnel, de la médecine du travail, indique Fabien Robert, adjoint au maire en charge de la culture. Le dossier est dense. » Une ex-employée abonde : « Mme Rodriguez a mis toute son équipe en dépression, et les personnes qu’elle a elle-même recrutées ont presque toutes démissionné. » Et d’ajouter : « Le problème, ce n’est pas que les expositions étaient trop exigeantes, mais qu’elle a complètement snobé le milieu local. »
Dysfonctionnement structurel
Une attitude qui fragilise une institution déjà plombée par un dysfonctionnement structurel. « Le problème fondamental, indique Louis Nègre, collectionneur et membre de l’association des Amis du CAPC, c’est qu’il s’agit d’un département de la mairie et qu’il n’a aucune identité...




                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-7">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Raconter l’histoire de joueurs de « Street Fighter » tout en respectant les codes de mangas de football ou de basket, c’est le pari réussi du trio français Izu, Kalon et Mado.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

« Versus Fighting Story » : premier round gagnant pour le manga français d’e-sport

Raconter l’histoire de joueurs de « Street Fighter » tout en respectant les codes de mangas de football ou de basket, c’est le pari réussi du trio français Izu, Kalon et Mado.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 16h56
    |

            William Audureau








                        



   


Le monde se divise en deux catégories : il y a ceux et celles qui appellent pierre-feuille-ciseaux shifumi, et celles qui connaissent son véritable nom japonais, jankenpon. Les trois auteurs français de Versus Fighting Story, premier manga consacré à l’e-sport, appartiennent à l’évidence à la seconde école, celle des puristes.
Tout au long des aventures de Maxime Volta, jeune surdoué du jeu de combat Street Fighter V trop imbu de sa personne et obligé de tout réapprendre après une défaite en tournoi, le manga témoigne d’une volonté d’authenticité obsédante. De la restitution fidèle de l’esthétique du titre de Capcom aux onomatopées en katakana, un syllabaire japonais, en passant par les personnages directement inspirés de célébrités réelles de la scène e-sport, comme le commentateur Ken Bogard, Versus Fighting Story transpire l’amour pour son sujet. Une approche sans concession qui fait autant sa limite – malgré les explications, certains enchaînements sont difficiles à saisir pour un profane – que sa force – cette œuvre exigeante restitue avec soin la richesse et l’histoire insoupçonnée de la scène e-sport, autant que sa dimension hautement psychologique.

   


Dans ses plus belles pages, Versus Fighting Story dit même quelque chose de notre époque, de cet emballement médiatique autour des compétitions de jeu vidéo et de l’avènement de l’e-sport-business, comme il y a eu le foot-business dans les années 1990. Et laisse poindre une certaine nostalgie des tournois d’antan, confidentiels, artisanaux, conviviaux. Tout autant qu’il salue avec affection la culture traditionnelle japonaise, les vieilles boutiques de jeu d’import du boulevard Voltaire à Paris, ou encore les stick arcade et la Dreamcast, non sans s’amuser parfois de son propre snobisme.

   


D’une manière générale, ce shonen exigeant et foisonnant ne cache pas sa double fascination pour le Japon et les années 1990. Au-delà d’une œuvre sur une scène électronique extrêmement technique et pointue, c’est aussi une déclaration d’amour à la culture des trentenaires d’aujourd’hui. A l’image de la caution humoristique de ce premier tome, le personnage déjanté de John-Claude Lafleur, qui évoque autant l’acteur Jean-Claude Van Damme, qui jouait Guile dans le film Street Fighter, que Rock Lee dans Naruto. Le trio livre une œuvre de référence sur l’e-sport, tout en restant un shonen vivant et à la passion communicative.

   


On aimerait parfois que Versus Fighting Story prenne un peu plus de temps pour exposer son importante galerie de personnages, qui ne déparailleraient pas dans un casting de jeu de combat. Mais difficile d’en tenir rigueur à ce manga hautement otaku, plein d’autodérision aussi pour cette figure, et qui restera comme un instantané précieux d’une nouvelle ère pour l’e-sport. Shoryuken !
Versus Fighting Story, de Izu, Kalon et Madd, tome 1 paru le 7 mars, éditions Glénat, 192 pages, 7,60 euros. Tome 2 le 4 juillet 2018, série en cours



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-8">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A Vitry, Louise Hervé et Chloé Maillet réinventent la performance.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Deux drôles de bêtes de scène

A Vitry, Louise Hervé et Chloé Maillet réinventent la performance.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 16h24
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

D’abord, il y a cet iguane. L’iguane du bar à marins de Dunkerque. Louise Hervé et Chloé Maillet l’ont rencontré par hasard, après le montage d’une de leurs expositions dans la ville portuaire. Puis, rentrées à l’hôtel où elles dormaient, elles sont tombées sur une flopée de prestidigitateurs de tout poil, réunis en congrès. « Alors vous aussi, vous êtes magiciennes ? », leur a lancé l’un d’eux dans l’ascenseur. Aussitôt, elles sont retournées dans le rade du reptile en exil, comme on se pince pour vérifier qu’on ne rêve pas. « Il était là, si lent, il bougeait à peine, seul survivant d’une fin du monde, racontent-elles en chœur, comme toujours. Sa vie se passait dans un autre temps que le nôtre. On a alors compris que c’était peut-être lui la clé : il nous avait fait entrer dans une dimension où les choses pouvaient prendre une signification différente. »
L’anecdote résume bien l’univers de ces drôles de damoiselles. Un monde de signes et de digressions, pas si farfelues qu’elles n’y paraissent. Magiciennes, elles le sont à leur manière, ces plasticiennes siamoises qui ont fait de leur parole une étonnante matière première et de la performance leur territoire de prédilection. Au cours de chacune de leurs séances, qui consistent le plus souvent à conter des récits mi-académiques mi-échevelés, elles s’évertuent, sur le mode iguane, à nous faire entrer nous aussi dans un autre temps.
De Pythagore à Maurice Thorez
« On essaie d’être des passeuses, d’inviter à sortir de notre point de vue rigoureusement humain, de brouiller passé et avenir. » On retrouve donc le saurien en titre de leur exposition au Crédac d’Ivry-sur-Seine (mais juste en titre, pas une écaille à l’horizon !) : le premier état des lieux complet du parcours de ces trentenaires qu’on rêverait d’inviter à des veillées au coin du feu.
Farfelues, Louise Hervé et Chloé Maillet ne le sont pas tant que ça. La première, fondue de littérature anglaise,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-9">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le feuilleton tente de provoquer le débat en envoyant un message simple : le sentiment de ne pas être né dans le bon corps peut exister.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

La série de France 3 « Plus belle la vie » aborde la question de la transidentité

Le feuilleton tente de provoquer le débat en envoyant un message simple : le sentiment de ne pas être né dans le bon corps peut exister.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 16h14
    |

                            Charlotte Herzog








                        



   


La gestation a été longue. Cela faisait quelques années que Christine Coutin, directrice éditoriale de « Plus belle la vie », amenait le sujet de la transidentité sur la table des scénaristes de ce feuilleton familial, diffusé sur France 3. Enfin, l’angle a été trouvé : « On a choisi de raconter l’histoire à travers le prisme des parents : qu’est-ce qu’il se passe quand un adolescent a le courage de dire qu’il est prisonnier d’un corps qui n’est pas le sien ?, dit Sébastien Charbit, producteur de la série. On a très peu de recul sur qui vit bien sa transidentité, donc on va tenter de poser les questions qui se posent et de provoquer le débat entre les gens ».
Dans l’épisode 3 490, diffusé vendredi 9 mars, Clara, 15 ans, fera ainsi son coming out trans :
« Je suis pas une fille, je le sais depuis longtemps. Je suis un garçon. (…) J’m’en fous des autres. J’m’en fous de ce qu’ils pensent. Tout ce que je veux, c’est vivre ma vie. Etre qui je veux. Tu crois que c’est facile pour moi ? »
Clara est de sexe féminin, mais ce n’est pas son genre. Après avoir essayé de trouver les bons mots sur des sujets tels que le VIH, les joints, le mariage gay, les plans à trois, la double vie d’un médecin psychopathe (Berger alias l’Enchanteur, pour les connaisseurs), la parentalité adolescente, l’adoption, les familles recomposées, « Plus Belle » s’attaque avec bienveillance à la dysphorie de genre et plus largement, à la transidentité.
« Dédramatiser et éduquer »
L’expression « dysphorie de genre » existe depuis les années 1960, mais le sujet est peu abordé. Pour Sébastien Machefaux, médecin psychiatre spécialisé dans les troubles de l’identité de genre, « c’est une très bonne chose » que la transidentité soit mise à l’écran pour « dédramatiser et éduquer ». Le psychiatre explique :
« Sur une problématique aussi complexe, il faut envoyer un message simple : oui, il y a des êtres humains qui ressentent le fait de ne pas être nés dans le bon corps, cela ne sert à rien de les faire changer d’avis, c’est quelque chose dont ils n’ont même pas forcément conscience. »
L’ignorance fait la stigmatisation. Clara, qui veut faire accepter qu’elle est Antoine, l’apprend à ses dépens, en disant la vérité à ses proches. Sa conviction et son désir d’appartenir à l’autre sexe est un « malaise » pour son père, un « enfer » pour son frère. Ce dernier est brutal :
« Tu t’es dit : je vais me faire greffer une teub et je vais me transformer en mec, c’est ça l’idée ? »
Ce à quoi elle répond :
« Je veux pas me transformer en mec, je suis comme ça, j’y peux rien. »
Son père n’a rien vu venir. Et le téléspectateur non plus. D’où les critiques sur un scénario « trop précipité, qui sort de nulle part » émises sur les forums de fans.
Il est là, le cœur du sujet : que fait un père qui découvre que son enfant s’inflige des punitions et se mutile depuis un an ? Que fait un père qui découvre qu’il n’a pas vu que son enfant souffrait en silence ?
Le père n’accepte pas que « [sa] fille devienne un garçon »
Dans la série, ce père, Clément, ne comprend pas, culpabilise, fait des raccourcis : comment « avec des jolis yeux, des cheveux longs, de la poitrine », sa fille peut-elle se sentir comme un garçon ? Comment peut-elle « décréter du jour au lendemain qu’elle est un mec » ?
Même en se posant, en réfléchissant, il n’accepte pas que « [sa] fille devienne un garçon ». Pour lui, soit c’est une crise d’ado, soit c’est parce qu’il a « la tête dans le guidon à cause du boulot », soit ce sont des gens rencontrés sur Internet qui l’ont influencée.
Le sexe, c’est anatomique, chromosomique. Le genre, c’est un ressenti, une identité
Avec cette histoire, « Plus belle la vie » donne de la visibilité aux personnes transgenres et « vient réinterroger ce que sont le sexe et le genre », ajoute Sébastien Machefaux. Le sexe, c’est anatomique, chromosomique. Et le genre, c’est un ressenti, une identité masculine ou féminine « qui n’est pas forcément corrélée avec l’anatomie », souligne le médecin psychiatre.
Si l’identité de genre est « une construction mentale, psychique, sociétale », il y a bien des types de comportements et des modes de fonctionnement qui sont liés au sexe, mais « la vérité est un peu plus complexe », poursuit-il.
Premier acteur transgenre dans une série grand public
Jonas Ben Ahmed sera, pour sa part, le premier acteur transgenre à jouer dans une série française grand public. Il incarnera Dimitri, qui, comme Clara, n’est pas né dans le bon corps. Celle-ci le rencontre sur le site de l’association Mag jeunes LGBT. Il deviendra son interlocuteur privilégié dans les épisodes à venir.
Invité sur le plateau de « Quotidien », le 7 mars, Jonas Ben Ahmed a salué le scénario de « Plus belle la vie » davantage centré sur la personne que sur la transition : « Cela fait du bien que des gens s’intéressent enfin au sujet » et veuillent « en parler simplement, naturellement, sans fioritures, sans exagérer les traits, sans caricatures », a-t-il déclaré.
« Dimitri ne sera pas le personnage central de la transidentité. Le focus sera mis sur Clara, qui vivra son histoire dans la durée. Qui prendra le temps de découvrir comme les étapes de la transidentité sont longues », précise toutefois Sébastien Charbit, avant d’ajouter ne pas savoir, à ce stade, si la série ira « plus loin », en abordant « le transsexualisme, par exemple. »
« Plus belle la vie » existe depuis quatorze ans. C’est environ 5 millions de téléspectateurs (et peut-être davantage ?) qui suivent la série chaque soir de la semaine, plus de 290 000 followers sur Twitter et des dizaines de forums de fans sur Internet.
La série est souvent au cœur de l’actualité, à l’heure sur le traitement des problématiques sociétales et en avance sur les débats à lancer. Simple, sans tabou, et parfois, avec une touche de militantisme, « Plus belle la vie » semble faire jouer ses personnages comme s’ils anticipaient la réaction qu’auraient les téléspectateurs dans la situation de la fiction.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-10">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A écouter cette semaine : Marc et Pierre Hantaï, le Juilliard String Quartet, Soccer Mommy, Sam Vance-Law…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Sélection albums : Jimi Hendrix, un quatuor à cordes, du maloya réunionnais…

A écouter cette semaine : Marc et Pierre Hantaï, le Juilliard String Quartet, Soccer Mommy, Sam Vance-Law…



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h54
   





                        


Sonates pour flûte et clavecin Sonates pour flûte et clavecin BWV 1030, 1032, 1034, 1035, de Jean-Sébastien Bach. Partita pour flûte solo BWV 1013, de Jean-Sébastien Bach. Marc Hantaï (flûte) et Pierre Hantaï (clavecin)

   


Dans la famille Hantaï, on a écouté et pratiqué Bach dès le berceau, et ça s’entend. Marc à la flûte et Pierre au clavecin ont déjà convolé dans les Sonates pour flûte il y a vingt ans chez Erato. La traversière déliée de l’aîné n’a rien perdu de sa souplesse ambulatoire, de sa vivacité rythmique, sans parler de ce souffle quasi inépuisable qui donne à la musique un caractère quasi immatériel. Le clavecin du cadet lui offre une invention intarissable, qui pousse Bach dans ses retranchements les plus aventureux et expressifs. Rien de tel depuis le mythique duo formé par Frans Brüggen et Gustav Leonhardt que cet art suprême, entre ciel et terre, qui mêle à la sombre marche terrestre la vibration de la lumière. Marie-Aude Roux
1 CD Mirare.
Juilliard String Quartet The Complete Epic Recordings 1956-66

   


Emanation de la prestigieuse Juilliard School de New York, le Juilliard String Quartet est entré dans l’histoire pour ses lumineuses interprétations du répertoire classique. Pourtant, il s’est d’abord engagé sur le front de la musique contemporaine, ce dont témoigne le premier des onze CD réunis dans ce coffret en tout point édifiant. Emmenés par le légendaire Robert Mann (1er violon depuis la création de l’ensemble, en 1946), les Juilliard mettent leurs archets au service de compositeurs très peu connus, même aux Etats-Unis, dont les œuvres méritent toutefois le détour. Tant le 1er Quatuor de Benjamin Lees, à la force expressive prenante, que le 2nd de William Denny (un ancien élève de Paul Dukas), au lyrisme tendu. Cependant, les enregistrements réalisés pour le label Epic (une des marques de Columbia) sont d’abord à connaître pour la qualité des Mozart, Haydn, Beethoven et Schubert. D’une cohésion et d’une réactivité stupéfiantes, le Juilliard String Quartet transcende l’idéal du quatuor à cordes qui consiste à donner l’illusion d’un seul et unique instrument. A fortiori quand les quatre utilisés à compter de 1962 sont tous signés Stradivarius. Pierre Gervasoni
1 coffret de 11 CD Sony Classical.
Soccer Mommy Clean

   


Entre sa chambre et son premier vrai studio d’enregistrement, Sophie Allison aurait pu se perdre en route. Mais à 20 ans, la précoce chanteuse et guitariste de Nashville (Tennessee), officiant sous le curieux pseudonyme de Soccer Mommy, a réussi à préserver dans Clean, son premier album, la touchante fragilité des titres produits à la maison, qui la firent connaître sur le site de musique en ligne Bandcamp et deux premiers mini-albums (For Young Hearts (2016), Collection (2017)). Voix et six-cordes ne se contentent pourtant pas de proximité juvénile et d’intimisme. Si Still Clean ouvre le disque dans le dépouillement, Sophie Allison – accompagnée par le réalisateur Gabe Wax (The War on Drugs) – collectionne aussi les chansons dynamisées par un allant mélodique enthousiasmant. Sans renoncer à sa justesse émotionnelle, l’Américaine séduit par son sens harmonique et des guitares entremêlant distorsions à vif et pureté cristalline. Un peu comme si l’icône indie-rock Cat Power avait accompagné les premiers pas de Taylor Swift. Stéphane Davet
1 CD Fat Possum/Differ-Ant.
Sam Vance-Law Homotopia

   


Violoniste, chanteur, auteur et compositeur, Sam Vance-Law, 30 ans, est un musicien canadien originaire d’Edmonton, province de l’Alberta, dont le premier album, Homotopia, est une plaisante révélation. Dix chansons sur un thème commun qu’il présente ainsi : « retranscrire ce que c’est d’être gay aujourd’hui ». Sans en faire un manifeste. Dix chansons, dix histoires, la plupart évoquant des moments de tendresse, de séduction ou d’attirance, dans un traitement pop soigné – la chanson Faggot (« pédé ») tranche avec son ton nerveux initial, son propos direct sur l’insulte. On entend dans le travail harmonique, la construction des chansons, les arrangements que sa pratique de la musique classique (Wanted To, Stat. Rap., Bye Bye Baby) et du chant choral (l’accrocheur Prettyboy) a laissé des traces. Un ensemble dont la sophistication est au service d’une prenante évidence mélodique. Sylvain Siclier
1 CD Caroline International/Universal Music.
Jimi Hendrix Both Sides of The Sky

   


Depuis 1995, la société Experience Hendrix L.L.C. gère l’héritage artistique du guitariste et chanteur américain Jimi Hendrix, mort à l’âge de 27 ans, le 18 septembre 1970, avec notamment des publications d’enregistrements en studio et en public. Des archives auxquelles s’ajoutent aujourd’hui Both Sides of The Sky, qui rassemble treize morceaux, enregistrés en studio entre janvier 1968 et février 1970 – présenté sans ordre chronologique – dont dix sont annoncés comme inédits, les trois autres ayant été déjà partiellement publiés, notamment Power of Soul ici dans sa version complète et finalisée. Il y a ici plusieurs versions différentes de compositions connues et déjà publiées (Lover Man ou Hear My Train a Comin' par exemple). L’ensemble vaut surtout pour les découvertes de thèmes avec Stephen Stills ($20 Fine et Woodstock), le traitement rock’n’roll de Stepping Stone et les séances de 1968 dont le très étrange Cherokee Mist, duo entre Hendrix, au sitar et à la guitare, et le batteur Mitch Mitchell. S. Si. 
1 CD Experience Hendrix-Legacy/Sony Music.
Zanmari Baré Voun

   


Le chanteur réunionnais ouvre son deuxième album avec Déor in Paradi (Là-bas un paradis), évoquant un épisode honteux de l’histoire française. Sous l’autorité de Michel Debré, alors député de la Réunion, des enfants réunionnais furent enlevés à leur famille par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales, entre 1963 et 1982, pour repeupler les départements de métropole, touchés par l’exode rural. Dans Mayok Flér, son premier album (en 2013), Zanmari Baré avait d’emblée séduit par la douceur de sa voix et les flambées de poésie sentimentale de son maloya tendre et mélancolique. Cette veine-là domine dans l’enchanteur Voun. Après le réveil de mémoire corrosif d’ouverture, avec son bobre (arc musical), entouré de ses musiciens (percussions et voix en arc-en-ciel), il chante amour et tendresse, pour son fils (Monmon bib), une femme sombrant dans la détresse (Mwin Gaby) ou un copain disparu, Dédé Lansor, poète et militant culturel notoire à La Réunion (Lo vyé Bob). Patrick Labesse
1 CD Cobalt-BudaMusique/Socadisc.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-11">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le 5 mars, l’association « Pour les femmes dans les médias » remettait ses trophées au Pavillon Dauphine, à Paris, dans une ambiance post-affaire Weintein. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                
                                    

#metoo à la française : stupeur et… frémissement


                      Le 5 mars, l’association « Pour les femmes dans les médias » remettait ses trophées au Pavillon Dauphine, à Paris, dans une ambiance post-affaire Weintein. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h05
    |

                            Guillemette Faure








   


« Mais pourquoi en France, ça ne sort pas… », me faisait remarquer une journaliste après l’affaire Weinstein. Pourquoi n’avait-on pas vu de stars de la télé, de grands chefs cuisiniers, d’entraîneurs sportifs remerciés en rafale pour des affaires de harcèlement sexuel ? S’il y avait un endroit pour poser la question, c’était aux Trophées PFDM (Pour les femmes dans les médias) décernés lundi dernier au Pavillon Dauphine.
Pour les femmes dans les médias est une association d’une soixantaine de femmes « plutôt dirigeantes », comme dit leur patronne, Françoise Laborde. Ce soir, elles organisent une remise de prix et une table ronde sur le harcèlement dans les médias – « Différences des prises de parole des femmes en France et aux USA ».
Présidente des Césars 2018, « Vanessa Paradis a une trop petite voix pour dire à toute une salle de se lever, façon Frances McDormand », explique la réalisatrice Tonie Marshall.
Trois jours plus tôt se tenait la soirée des Césars. « Je me suis dit, là on va assister à quelque chose, raconte Françoise Laborde. D’accord, il y a eu les rubans blancs, mais je suis un peu restée sur ma faim… », dit-elle à propos du militantisme qui consiste à épingler à son vêtement ce qu’on vous distribue à l’entrée. La réalisatrice Tonie Marshall essaie d’expliquer ce qui s’est passé dans le milieu du cinéma : « C’était un peu compliqué… Il y avait des associations avec des initiatives qui partaient dans tous les sens, qui n’ont pas réussi à se coordonner, tâtonne-t-elle. Et puis, de toute façon, Vanessa Paradis a une trop petite voix pour dire à toute une salle de se lever, façon Frances McDormand. »
Les groupes de femmes dans les médias ne sont pas monolithiques. Il y a aussi le collectif Prenons la Une, par exemple, qui trouve leurs aînées bien sages. Peut-être parce que les « plutôt dirigeantes » ne s’en sont pas si mal sorties et qu’elles sont de l’école du féminisme qui commence toujours par remercier les hommes qui sont là.

        Lire aussi :
         

                Le collectif Prenons la « une » devient une association pour aider les victimes de harcèlement dans les médias



L’UNEF, les syndicats, l’affaire Baupin… Brigitte Grésy, spécialiste de l’égalité entre hommes et femmes, est plus optimiste. On ne peut pas dire qu’il ne se soit rien passé en France. « Dès qu’un foyer s’éteint, un autre s’allume ailleurs… » Elle sent un mouvement frémir du côté des hommes. « Il faudrait seulement qu’ils se désolidarisent des sexistes pour faire passer leurs grosses blagues pour des ringardises. »
Des sacs « Féministes » chez Monoprix
Flavie Flament est là. Françoise Laborde lui dit que « c’était extrêmement courageux de dire : “Il y a un vieux con qui m’a violée et il s’appelle David Hamilton”… » « Ce qui nous empêche de parler, c’est qu’on sait qu’on a en soi du moche, répond l’animatrice [qui, avec la réalisatrice Magaly Richard-Serrano a reçu ce soir-là le prix Fiction pour La Consolation, adaptation de son roman autobiographique pour la télévision]. En octobre 2016, j’étais toute seule… » Aujourd’hui, on achète des sacs imprimés « Féministes » chez Monoprix à 19,99 euros mais le mouvement #metoo n’a pas secoué la société française aussi profondément que la société américaine.
La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a également été invitée. Elle aussi pense que « c’est plus difficile en France ». Au buffet, l’ancienne ministre Laurence Rossignol regrette qu’on soit allé « aussi vite pour poser un couvercle sur la marmite ». Elle cite les mots d’Emmanuel Macron, le 25 novembre, qui ne voulait pas « qu’on tombe dans un quotidien de la délation ». Il aura fallu peu de temps pour que celles qui portent plainte passent pour des menteuses, pour qu’on s’en prenne à Caroline De Haas plus qu’aux harceleurs. « Y a qu’en France qu’on a trouvé cent femmes pour signer une pétition pour défendre les hommes… »

        Lire aussi :
         

                Marlène Schiappa : « On ne m’a jamais dit : “Ce ne sera pas possible” »



« Il est où notre harcelé ? », demande une femme en se servant un verre. Car une heure plus tôt, à la fin de la table ronde, c’est un homme qui a levé la main en premier dans cette salle féminine à 99 %. Il s’appelle Laurent et il a une question. En fait, il a juste quelque chose à dire, avec ces phrases très longues qui poussent les animateurs à demander si vous avez une question. « Il ne faudrait quand même pas qu’on en arrive à une dérive comme aux Etats-Unis… » Mais l’argument de « l’Amérique qui fait peur », comme dirait Frédéric Mitterrand à propos de l’affaire Polanski, ne fait plus mouche. La spécialiste des Etats-Unis Nicole Bacharan met les choses au point : les histoires de couples américains tenus à sortir des contrats de consentement avant de s’embrasser, ce sont des légendes urbaines, elle n’en a jamais vu.
Mais l’homme qui a pris le micro ne le lâche plus. Il s’excuse d’être arrivé en cours de route, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des remarques sur ce qu’il n’a pas entendu. Par exemple, il dit qu’il n’y a pas que les femmes, que lui aussi a été harcelé. Françoise Laborde se tourne vers lui : « Vous avez été harcelé ? Mais on veut des détails… D’ailleurs vous étiez habillé comment ? »



<article-nb="2018/03/09/19-12">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Il n’est pas toujours beau. Et ce n’est jamais votre frère. Le beau-frère, devenu héros populaire au cinéma en beauf, vaut-il mieux que sa caricature ?
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                
                                       
édition abonné


Du beau-frère au beauf, pour le meilleur et pour le pire


                      Il n’est pas toujours beau. Et ce n’est jamais votre frère. Le beau-frère, devenu héros populaire au cinéma en beauf, vaut-il mieux que sa caricature ?



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h03
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 16h57
    |

                            Michel Dalloni








                              

                        

Le beau-père a son film, Beau-père. Une œuvre sombre tournée par Bertrand Blier (1981), d’après son propre roman ­ (Robert Laffont, 1980). Le beau-fils a son livre, Le Beau-fils. Un ouvrage tout aussi sombre signé par Emmanuel Bove (Grasset, 1934 ; réédition au Castor Astral, 2016). Le beau-frère, lui, n’a pas grand-chose. Mis à part une tête d’affiche à moustache, Gérard Jugnot dans Le Beauf (Yves Amoureux, 1986), ou récemment, une incarnation sur grand écran sous les traits de Jeff Tuche (moustache toujours, coupe mulet, chaussettes de sport à toute heure) et, dans la vraie vie, une place aux dîners de fête familiaux, généralement située pile en face d’un des quatre pieds de la table. La vie du beau-frère n’est pas un long fleuve tranquille, plutôt un interminable bizutage.
Alors que, selon les chercheurs, la famille du XXIe siècle prospère plus par les alliances que par les liens du sang, on aurait pu croire que ce germain affin (son nom scientifique) montre la voie, qu’il incarne la modernité malgré les pulls marron et les cravates en tricot qu’on s’obstine à lui offrir. Eh bien non, cette occasion-là aussi, il l’a ratée. Il reste pour l’éternité une pièce rapportée, un inconnu, un dadais quand il est grand, une demi-portion quand il est trop petit, et, dans tous les cas, le mari de votre sœur (ou de votre frère depuis la loi du 17 mai 2013 sur le mariage pour tous). Bref, le type qui a commis l’irréparable.
Le mariage ne suffit pas à l’intégration du beau-frère  
Tout commence à la mairie la plus proche. Deux familles. Des amis. Un sermon républicain. Deux « oui ». Un baiser. Des applaudissements. Quelques youyous, s’il le faut. Des registres à signer. Un concert d’avertisseurs, un convoi de véhicules automobiles (le Hummer jaune canari piloté par Jeff Tuche). Et hop, le beau-frère nouveau est arrivé ! A partir de maintenant, il va lui falloir déployer une stratégie, faire ses preuves. Devenir un autre,...




<article-nb="2018/03/09/19-13">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Cette exposition met en lumière jusqu’au 23 juillet l’œuvre de cette artiste américaine marquée par les impressionnistes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/03/09/19-14">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ « Le Louvre à Téhéran », première exposition d’un grand musée occidental en Iran, a été inaugurée le 5 mars après de longues tractations. Et signe le début d’une reprise des échanges avec la France.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                
                                    

Le Louvre détend les relations avec Téhéran


                      « Le Louvre à Téhéran », première exposition d’un grand musée occidental en Iran, a été inaugurée le 5 mars après de longues tractations. Et signe le début d’une reprise des échanges avec la France.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h44
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








   


Depuis le début du mois de mars, deux grandes affiches « Le Louvre à Téhéran » couvrent la façade ocre du Musée national d’Iran, au cœur de la capitale iranienne. Inaugurée le 5 mars par Jean-Yves Le Drian, lors d’une visite officielle du ministre des affaires étrangères, cette exposition est la première d’un grand musée occidental en Iran. Et sa portée dépasse, bien sûr, le champ de l’art. Alors que la France s’en tient toujours à un discours diplomatique ferme envers Téhéran, notamment sur son arsenal balistique et sur sa politique régionale, cet événement culturel symbolique ouvre une porte.
Cette exposition a été le fruit de très longues tractations. Sa commissaire française, Yannick Lintz, également directrice du département des arts de l’islam au Louvre, s’est longtemps demandé si ce projet finirait par aboutir. L’arrivée au pouvoir du modéré Hassan Rohani, en 2013, a rouvert la porte à des échanges culturels entre les deux pays, après la longue glaciation de la période Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013). En juin 2015, pour la première fois, Yannick Lintz a obtenu un visa pour se rendre en Iran. « Nous sentions déjà que le pays commençait à s’ouvrir », se souvient-elle. Mais il a encore fallu près de trois ans de négociations et de préparation pour finaliser l’exposition.
« Le Louvre a essayé d’être intelligent. C’est-à-dire que nous avons évité de présenter des tableaux avec des Vénus toutes nues. » Yannick Lintz, commissaire de l’exposition
En tout, pas moins d’une trentaine d’allers et retours entre Paris et Téhéran auront été nécessaires à l’équipe française pour que « Le Louvre à Téhéran » voie le jour. « Dans ce genre de projets, jusqu’au bout, on sait que cela peut s’arrêter du jour au lendemain. Le risque existe toujours », raconte Yannick Lintz. Les autorités iraniennes avaient pourtant tout à y gagner. Après des années d’isolement, le président Rohani cherche à renouer des liens avec le monde occidental. Le Louvre, lui, poursuit une série d’expositions, après celles organisées au Caire, à Abou Dhabi et à Tunis, dans le monde musulman.

        Lire aussi :
         

                Le Louvre et le Musée d’art islamique du Caire signent un accord de coopération



Les antiquités égyptiennes, dont le Sphinx royal au nom du pharaon Hachoris, constituent une grande partie des 58 œuvres de l’exposition. « C’est une demande particulière de Téhéran », précise l’équipe du Louvre. Le Caire et Téhéran n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, un an après la révolution iranienne, ce qui attise l’intérêt du public en Iran pour la civilisation égyptienne. La sélection des pièces respecte aussi les lignes rouges de la République islamique d’Iran. « Le Louvre a essayé d’être intelligent. C’est-à-dire que nous avons évité de présenter des tableaux avec des Vénus toutes nues », explique Yannick Lintz.
Frilosité des mécènes
Vitrines, podiums, mais aussi dispositifs de sécurité, ont été pensés pour répondre aux normes du Louvre. « Avec “Le Louvre à Téhéran”, nous avons démontré notre capacité à respecter les normes internationales et à les appliquer, se félicite le directeur du Musée national d’Iran, Jebrael Nokandeh. Nous sommes en négociations avec l’Allemagne pour organiser l’année prochaine une exposition avec l’un de leurs grands musées. D’autres échanges sont également en cours avec le British Museum. » Le plus grand défi, explique l’équipe du Louvre, a été, non pas politique, mais dans la recherche du mécénat en France. Les partenaires habituels, soit les fondations et les entreprises, se sont montrés frileux. Des sanctions restent en place, notamment aux Etats-Unis, contre les entreprises qui investissent en Iran, malgré l’accord nucléaire de 2015 avec Téhéran. Finalement, ce sont les fondations de Total et Renault, à l’affût de l’ouverture du marché iranien, qui ont répondu présent.

        Lire aussi :
         

                Le Louvre Abu Dhabi, un monument de diplomatie






<article-nb="2018/03/09/19-15">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Isild Le Besco, Isabelle Carré, Aure Atika… Les acteurs écrivains sont de plus en plus nombreux. Les éditeurs tablent sur leur renommée pour réaliser de bonnes ventes. Eux se réapproprient l’art de la narration littéraire.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                
                                       
édition abonné


Les acteurs écrivains, nouveau filon de l’édition


                      Isild Le Besco, Isabelle Carré, Aure Atika… Les acteurs écrivains sont de plus en plus nombreux. Les éditeurs tablent sur leur renommée pour réaliser de bonnes ventes. Eux se réapproprient l’art de la narration littéraire.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h40
    |

                            Valentin Pérez








                              

                        

D’ordinaire, on le voit filer et apparaître au générique des films. Cette semaine, c’est bien fixé, embossé sur une couverture cartonnée, que se retrouve le nom d’Isild Le Besco. Paru le 7 mars chez Grasset, son recueil de nouvelles s’intitule S’aimer quand même. L’actrice de 35 ans explique avoir voulu écrire « un voyage dans l’intime ». « Le récit de destins de femmes qui cherchent à reprendre leurs émotions en main, à penser différemment. J’ai écrit à mon rythme et, entre la première ligne et la publication, six ans se sont écoulés. »
Comme elle, de plus en plus de comédiens français s’essaient à la littérature. A l’image d’Isabelle Carré, dont le roman Les Rêveurs (Grasset) est l’un des succès de la rentrée de janvier, avec plus de 60 000 exemplaires vendus, pour un premier tirage de 7 000. Mais aussi Hélène Zimmer, Manuel Blanc et beaucoup d’autres… Depuis un an, une dizaine d’entre eux s’invite en librairies. Et contrairement à nombre de leurs prédécesseurs, leurs livres ne font pas référence à leurs carrières. Il ne s’agit pas de carnets de tournage, comme l’avait fait Catherine Deneuve, ni de coulisses de plateaux, comme Sylvie Testud, ou de recueils de souvenirs, comme de nombreuses personnalités plutôt âgées. Mais d’ouvrages à vocation littéraire.
 Alexandre Steiger, auteur de « La Distance »
Aux Etats-Unis, le même phénomène existe : après les nouvelles de Tom Hanks (publiées en français en octobre 2017 au Seuil), le premier roman de Sean Penn est attendu pour le 27 mars dans sa version anglophone, chez Atria Books. Habitués à se laisser diriger par un metteur en scène, ces interprètes prennent désormais en charge leur propre narration. Et l’écriture, par définition solitaire, ne dépend pas du bon vouloir d’un réalisateur, d’un agent ou d’un directeur de casting....




<article-nb="2018/03/09/19-16">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Reine des espaces d’exposition dépouillés, celle qui se définit comme une « antistarchitecte » est plébiscitée par les plus grands galeristes. Elle rénove des bâtiments industriels pour la Fondation LUMA à Arles. Un projet qui ouvrira ses portes en mai.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤             
Annabelle Selldorf, l’architecture en toute sobriété 
                  
édition abonné



Le Monde
 |
                  09.03.2018 à 14h38


Reine des espaces d’exposition dépouillés, celle qui se définit comme une « antistarchitecte » est plébiscitée par les plus grands galeristes. Elle rénove des bâtiments industriels pour la Fondation LUMA à Arles. Un projet qui ouvrira ses portes en mai.

Par                             Roxana Azimi





                     

En octobre 2017, le galeriste Thaddaeus Ropac jubilait, menant ses invités dans les cinq étages de son fastueux espace londonien, ouvert six mois plus tôt dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, dans le quartier de Mayfair. Voyez cette coupole qui diffuse une douce lumière. Admirez la balustrade repolie d’un escalier. Chaque détail fait la joie de ce perfectionniste.
« Rénover un tel bâtiment, protégé par le Westminster Council et l’English Heritage, c’était un vrai défi, insiste le propriétaire. Il n’y avait qu’Annabelle pour dialoguer habilement avec des interlocuteurs aussi exigeants, respecter le caractère historique du lieu tout en créant une vraie galerie d’art contemporain. » Autrement dit, elle n’a pas son pareil pour valoriser les œuvres exposées et mises en vente. Même l’air conditionné de son bureau, qui fait un bruit d’enfer, n’entame pas l’enthousiasme de Thaddaeus Ropac. « Je vais montrer à Annabelle les derniers détails qui clochent », glisse-t-il, sourire en coin.
Pas d’esbroufe ni de grands gestes
« Annabelle », c’est Annabelle Selldorf, 57 ans, l’architecte allemande que s’arrachent les galeristes les plus puissants et les collectionneurs milliardaires, pour qui elle construit des espaces d’exposition dans le monde entier. Une spécialité où elle règne en maître.
Ainsi, en attendant l’aménagement du bâtiment Formation de la Fondation LUMA, à Arles, qui ouvrira en mai, elle vient de boucler celui de la galerie de David Zwirner dans le gratte-ciel H Queen’s à Hongkong. A la fin du mois de mars, dans le même building, mais dix étages plus haut, s’ouvrira l’espace d’une autre galerie, Hauser & Wirth. Entre-temps, Annabelle Selldorf aura repensé l’installation des collections du High Museum of Art d’Atlanta ou l’exposition sur l’histoire de la mode transalpine « Italiana » au Palazzo Reale de Milan. Et en juin ouvrira à New York le bâtiment du Swiss Institute…
Pour chaque projet,...





                  require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
                     advertLongform.moveAdvert('.js-parallaxe_slot', '#articleBody');
                  });



L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Annabelle Selldorf, l’architecture en toute sobriété
Il vous reste 85% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5268343&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Annabelle Selldorf, l’architecture en toute sobriété
Il vous reste 85% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5268343&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}








<article-nb="2018/03/09/19-17">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans son documentaire, Theresa Traoré Dahlberg filme le quotidien d’une classe d’apprenties mécaniciennes au Burkina Faso.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤         

Cinéma : « Ouaga Girls », mécanos et briseuses de clichés


Propos recueillis par                                            Coumba Kane et 
                            Laureline Savoye




LE MONDE
              datetime="2018-03-09T14:29:23+01:00"

        Le 09.03.2018 à 14h29

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-03-09T14:47:34+01:00"

        Mis à jour le 09.03.2018 à 14h47






Durée : 03:17 | 

A Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, Chantale, Dina et Bintou sont bien décidées à devenir mécaniciennes, un métier réputé masculin. Entre rêves d’indépendance et contraintes familiales, chacune cherche à tracer sa propre voie. Dans ce documentaire intitulé Ouaga Girls, la réalisatrice Theresa Traoré Dahlberg, née d’un père burkinabé et d’une mère suédoise, met en lumière une histoire d’amitié et de solidarité entre femmes.


                

                     Sierra Leone : qui sont les favoris de l’élection présidentielle ?

                

                     Seun Kuti, l’insurrection en héritage

                

                     Burkina Faso : les images des attaques terroristes à Ouagadougou


<article-nb="2018/03/09/19-18">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Les Galeries Lafayette inaugurent, le 10 mars, une fondation artistique nouvelle génération au cœur du quartier du Marais, à Paris.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lafayette Anticipations : la verticale de l’art

Les Galeries Lafayette inaugurent, le 10 mars, une fondation artistique nouvelle génération au cœur du quartier du Marais, à Paris.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h00
    |

            Guillaume Fraissard








                        



                                


                            

La première chose qui attire le regard, sitôt franchie l’entrée de Lafayette ­Anticipations, c’est ce puits de lumière, haut de 19 mètres, trouée vers le ciel tout juste rythmée par les garde-corps en aluminium protégeant les étages du vide. Verticalité et radicalité. Pour sa fondation d’art contemporain, nichée au cœur du Marais, à Paris, non loin du BHV, l’une des enseignes maison, le Groupe Galeries Lafayette a choisi l’épure stricte des lignes de l’architecte Rem Koolhaas, spectaculaires à l’intérieur, invisibles depuis la rue.
Et pour la première exposition, ce sont les vidéos tumultueuses et immersives de l’artiste américaine Lutz Bacher qui ont la charge d’habiller les murs des espaces supérieurs et d’affirmer les partis pris artistiques décoiffants du lieu. Près de 100 000 visiteurs sont attendus pour la première année.
A la fois tour intérieure et colonne d’art, l’espace est né des contraintes inhérentes à ce type de modification du bâti existant au centre de la capitale. Il se module au fil des déplacements verticaux de grands plateaux à crémaillère. « Ce bâtiment, comme l’art qu’on y produit ou expose, est ouvert à tous les possibles. Il se reconfigure en fonction des projets des artistes », résume Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication du groupe, président de la fondation et initiateur de ce projet, lancé il y a cinq ans.
Partition singulière
Mouvements ascendants et descendants comme ceux d’un rideau de théâtre ou d’un ascenseur de grand magasin. Au sous-sol de ce bâtiment du XIXe siècle, ce que les visiteurs ne verront pas, c’est un atelier de production flambant neuf. Un espace polymorphe, en fonction des besoins et des projets, où l’ambition de faire dialoguer les disciplines dans l’idée d’inventer formes et associations nouvelles s’inscrira cette fois-ci dans une dynamique horizontale.
Dans le paysage culturel parisien, et plus largement dans celui des fondations...




                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-19">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Pour son exposition inaugurale, « Le Silence de la mer », la nouvelle fondation d’art contemporain, au cœur du Marais, à Paris, a fait appel à une artiste américaine encore peu connue en France. A voir du 10 mars au 30 avril.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lafayette Anticipations : autant en emporte Lutz Bacher

Pour son exposition inaugurale, « Le Silence de la mer », la nouvelle fondation d’art contemporain, au cœur du Marais, à Paris, a fait appel à une artiste américaine encore peu connue en France. A voir du 10 mars au 30 avril.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h00
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

D’elle, on ne saura rien, ou presque. Elle n’apparaît pas quand son œuvre est dévoilée, elle ne parle pas à la presse, son visage est inconnu. Lutz Bacher ? Il y a de très fortes chances pour que cela ne soit pas son vrai nom. « La première fois que j’ai découvert son travail, il y a des années, je croyais que c’était un jeune artiste allemand. En fait, c’est une jeune artiste, américaine, de 75 ans », raconte amusé François Quintin, directeur délégué de Lafayette Anticipations. Voilà des années que l’équipe de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette a pensé à elle pour son inauguration.
Très peu connue en France, où elle n’a quasiment jamais exposé (si ce n’est au CAPC de Bordeaux), elle est vénérée par ses pairs. Au vu de sa carrière, cette femme fait bien peu de concessions, et au marché, et au bon goût, et aux attentes de qui l’invite. Bref, la candidate idéale pour essuyer les plâtres de cette fondation qui mise tout sur la révélation.
Tornades et paillettes
Plutôt qu’une exposition, elle a offert un geste. Plutôt que de surjouer les mécanismes de plateaux à coulisses de l’architecte Rem Koolhaas, elle les a rendus inutiles, presque. Plutôt que de remplir l’espace, elle l’a infiltré. Le laissant quasi nu, mais sacrément habité. Dès ses premiers pas, le visiteur est pris dans un grand souffle.
Le vent bourrasque dans le patio central, il sature les micros, il emporte loin. Il faut monter à l’étage pour comprendre l’origine de cette tempête. Là encore, rien ou presque. Une pluie de paillettes au sol, que le public essaimera bientôt dans tout le Marais parisien en les emportant sous ses semelles.
Et sur les murs, de gigantesques vidéos, tournées à l’emporte-pièce. Les images des vastes plages du cap Ferret. Tourbillon de la caméra au poing, tornades venues de l’océan : tout l’espace chavire. Pendant un temps, Lutz Bacher avait même imaginé transporter des dunes dans les salles de la fondation, elle pour qui le sable...




                        

                        


<article-nb="2018/03/09/19-20">
<filnamedate="20180309"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180309"><AAMMJJHH="2018030919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A pied d’œuvre depuis 2011 sur le projet de la fondation d’entreprise Galeries Lafayette, qui ouvre ses portes le 10 mars, le directeur délégué fait le pari de l’émotion pour tous.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


François Quintin, l’esprit de service public au service de l’art

A pied d’œuvre depuis 2011 sur le projet de la fondation d’entreprise Galeries Lafayette, qui ouvre ses portes le 10 mars, le directeur délégué fait le pari de l’émotion pour tous.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 14h00
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

« Je voulais rendre hommage à Guillaume Houzé, car rien de tout cela n’aurait été possible sans la capacité de ce jeune homme à faire des rêves, et à les rendre possibles », lançait François Quintin lundi 5 mars, alors que la fondation venait d’être dévoilée à la presse. Flagornerie envers le directeur de l’image et de la communication du Groupe ­Galeries Lafayette ? Non, c’est bien d’un rêve qu’il a hérité. Avec toutes les difficultés que l’on imagine quand il s’agit de le faire tourner à la réalité. Quand il rejoint la famille Houzé, dès 2011, c’est pour diriger une fondation dont tout reste à inventer. Il le fera pas à pas, mais avec fougue. S’entourant des meilleurs, interrogeant les artistes sur leurs désirs et leurs besoins, prenant au passage quelques cheveux blancs dans sa barbe brune.
Pendant des années, il a rongé son frein, quand, à chacune de ses sorties, tout le milieu de l’art lui lançait un « alors ? » plein de curiosité et de malice. Il ne pouvait rien en dire, de ce projet forgé lentement, dans le secret, aux côtés d’artistes, mais aussi de sociologues, d’architectes, de théoriciens du cinéma, modeux expérimentaux et autres chantres de la performance. Alors ces jours d’ouverture, forcément, il les vit « comme un moment extraordinaire ».
Force de conviction
Epoux d’une cantatrice de talent, il s’est, dès ses débuts, évertué à pousser les artistes au-delà de leurs propres limites. D’abord au prestigieux Musée Guggenheim de New York, où il fait ses premiers pas. Puis en France, où il rejoint une institution naissante, la Fondation Cartier pour l’art contemporain, en 1994. Sept ans après, il prend la direction du Fonds régional d’art contemporain Champagne-Ardenne.
Depuis Reims, il se plaît à jouer les défricheurs à l’international. Il est l’un des premiers à croire en l’artiste Adel Abdessemed, qui connaîtra ensuite un succès fulgurant. L’un des premiers, aussi, à se passionner pour le compositeur...




                        

                        

