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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Le 5 mars, l’association « Pour les femmes dans les médias » remettait ses trophées au Pavillon Dauphine, à Paris, dans une ambiance post-affaire Weintein. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était.
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#metoo à la française : stupeur et… frémissement


                      Le 5 mars, l’association « Pour les femmes dans les médias » remettait ses trophées au Pavillon Dauphine, à Paris, dans une ambiance post-affaire Weintein. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », y était.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 15h05
    |

                            Guillemette Faure








   


« Mais pourquoi en France, ça ne sort pas… », me faisait remarquer une journaliste après l’affaire Weinstein. Pourquoi n’avait-on pas vu de stars de la télé, de grands chefs cuisiniers, d’entraîneurs sportifs remerciés en rafale pour des affaires de harcèlement sexuel ? S’il y avait un endroit pour poser la question, c’était aux Trophées PFDM (Pour les femmes dans les médias) décernés lundi dernier au Pavillon Dauphine.
Pour les femmes dans les médias est une association d’une soixantaine de femmes « plutôt dirigeantes », comme dit leur patronne, Françoise Laborde. Ce soir, elles organisent une remise de prix et une table ronde sur le harcèlement dans les médias – « Différences des prises de parole des femmes en France et aux USA ».
Présidente des Césars 2018, « Vanessa Paradis a une trop petite voix pour dire à toute une salle de se lever, façon Frances McDormand », explique la réalisatrice Tonie Marshall.
Trois jours plus tôt se tenait la soirée des Césars. « Je me suis dit, là on va assister à quelque chose, raconte Françoise Laborde. D’accord, il y a eu les rubans blancs, mais je suis un peu restée sur ma faim… », dit-elle à propos du militantisme qui consiste à épingler à son vêtement ce qu’on vous distribue à l’entrée. La réalisatrice Tonie Marshall essaie d’expliquer ce qui s’est passé dans le milieu du cinéma : « C’était un peu compliqué… Il y avait des associations avec des initiatives qui partaient dans tous les sens, qui n’ont pas réussi à se coordonner, tâtonne-t-elle. Et puis, de toute façon, Vanessa Paradis a une trop petite voix pour dire à toute une salle de se lever, façon Frances McDormand. »
Les groupes de femmes dans les médias ne sont pas monolithiques. Il y a aussi le collectif Prenons la Une, par exemple, qui trouve leurs aînées bien sages. Peut-être parce que les « plutôt dirigeantes » ne s’en sont pas si mal sorties et qu’elles sont de l’école du féminisme qui commence toujours par remercier les hommes qui sont là.

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                Le collectif Prenons la « une » devient une association pour aider les victimes de harcèlement dans les médias



L’UNEF, les syndicats, l’affaire Baupin… Brigitte Grésy, spécialiste de l’égalité entre hommes et femmes, est plus optimiste. On ne peut pas dire qu’il ne se soit rien passé en France. « Dès qu’un foyer s’éteint, un autre s’allume ailleurs… » Elle sent un mouvement frémir du côté des hommes. « Il faudrait seulement qu’ils se désolidarisent des sexistes pour faire passer leurs grosses blagues pour des ringardises. »
Des sacs « Féministes » chez Monoprix
Flavie Flament est là. Françoise Laborde lui dit que « c’était extrêmement courageux de dire : “Il y a un vieux con qui m’a violée et il s’appelle David Hamilton”… » « Ce qui nous empêche de parler, c’est qu’on sait qu’on a en soi du moche, répond l’animatrice [qui, avec la réalisatrice Magaly Richard-Serrano a reçu ce soir-là le prix Fiction pour La Consolation, adaptation de son roman autobiographique pour la télévision]. En octobre 2016, j’étais toute seule… » Aujourd’hui, on achète des sacs imprimés « Féministes » chez Monoprix à 19,99 euros mais le mouvement #metoo n’a pas secoué la société française aussi profondément que la société américaine.
La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a également été invitée. Elle aussi pense que « c’est plus difficile en France ». Au buffet, l’ancienne ministre Laurence Rossignol regrette qu’on soit allé « aussi vite pour poser un couvercle sur la marmite ». Elle cite les mots d’Emmanuel Macron, le 25 novembre, qui ne voulait pas « qu’on tombe dans un quotidien de la délation ». Il aura fallu peu de temps pour que celles qui portent plainte passent pour des menteuses, pour qu’on s’en prenne à Caroline De Haas plus qu’aux harceleurs. « Y a qu’en France qu’on a trouvé cent femmes pour signer une pétition pour défendre les hommes… »

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                Marlène Schiappa : « On ne m’a jamais dit : “Ce ne sera pas possible” »



« Il est où notre harcelé ? », demande une femme en se servant un verre. Car une heure plus tôt, à la fin de la table ronde, c’est un homme qui a levé la main en premier dans cette salle féminine à 99 %. Il s’appelle Laurent et il a une question. En fait, il a juste quelque chose à dire, avec ces phrases très longues qui poussent les animateurs à demander si vous avez une question. « Il ne faudrait quand même pas qu’on en arrive à une dérive comme aux Etats-Unis… » Mais l’argument de « l’Amérique qui fait peur », comme dirait Frédéric Mitterrand à propos de l’affaire Polanski, ne fait plus mouche. La spécialiste des Etats-Unis Nicole Bacharan met les choses au point : les histoires de couples américains tenus à sortir des contrats de consentement avant de s’embrasser, ce sont des légendes urbaines, elle n’en a jamais vu.
Mais l’homme qui a pris le micro ne le lâche plus. Il s’excuse d’être arrivé en cours de route, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des remarques sur ce qu’il n’a pas entendu. Par exemple, il dit qu’il n’y a pas que les femmes, que lui aussi a été harcelé. Françoise Laborde se tourne vers lui : « Vous avez été harcelé ? Mais on veut des détails… D’ailleurs vous étiez habillé comment ? »



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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ « Le Monde » s’est procuré le scénario proposé vendredi par les médiateurs du secteur du cinéma et de l’audiovisuel.
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Chronologie des médias  : bientôt des films plus récents sur tous les écrans ?

« Le Monde » s’est procuré le scénario proposé vendredi par les médiateurs du secteur du cinéma et de l’audiovisuel.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 11h47
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

C’est un « scénario de compromis » que les médiateurs Dominique d’Hinnin (ancien dirigeant du groupe Lagardère) et François Hurard (ancien directeur du cinéma du Centre national du cinéma), mandatés pour favoriser un accord sur la chronologie des médias, ont présenté aux professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, vendredi 9 mars.
Avec ce schéma, que Le Monde s’est procuré, le spectateur pourrait demain acheter la majorité des films à la demande trois mois après leur sortie en salles, au lieu de quatre aujourd’hui. Et les films resteraient disponibles à l’achat tout le temps, au lieu de disparaître des catalogues au bout de six mois. Sur Canal+, le téléspectateur pourrait regarder des films passés sur grand écran six ou sept mois auparavant, et non plus dix mois. Sur TF1, France 2 ou M6, les longs-métrages proposés seraient un peu plus récents.
De plus, certains services de vidéo à la demande par abonnement pourraient diffuser des films au bout de quinze mois et non plus trente-six mois, à la condition toutefois qu’ils s’engagent à financer le cinéma français comme le font les chaînes payantes OCS ou Ciné+. En revanche, les plates-formes étrangères, comme Netflix ou Amazon, n’auraient toujours pas le droit de proposer des films sortis en salles il y a moins de trois ans. Sauf s’ils acceptaient d’embrasser ces règles de l’exception culturelle française, et devenaient donc « vertueux ».
Les deux médiateurs, nommés en novembre 2017 par la ministre de la culture, Françoise Nyssen, ont suivi certains principes : ils conservent l’idée fondatrice selon laquelle plus un diffuseur finance le cinéma français, plus les films qu’il peut offrir sont récents. Mais ils avancent toutes les « fenêtres », pour lutter contre le téléchargement illégal. Les services de vidéo à la demande sur abonnement se voient offrir une petite porte pour entrer dans le système, sous réserve d’efforts de financement.
Le schéma proposé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Depuis 2012, l’ex-présentatrice du « 13 heures » s’est reconvertie, avec le magazine « Cash Investigation » sur France 2, dans la livraison à domicile de questions qui fâchent. Une des rares journalistes qui échappent à la vindicte des Français.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/03/2018
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Elise Lucet, femme de contre-pouvoir


                      Depuis 2012, l’ex-présentatrice du « 13 heures » s’est reconvertie, avec le magazine « Cash Investigation » sur France 2, dans la livraison à domicile de questions qui fâchent. Une des rares journalistes qui échappent à la vindicte des Français.



Le Monde
 |    09.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 14h42
    |

            Pierre Jaxel-Truer








                              

                        

Lorsqu’elle était lycéenne dans sa Normandie natale, Elise Lucet a fait une « bonne grosse crise d’ado ». Elle s’affublait parfois pour aller en cours – quand elle y allait – du costume de mariage de son père. Ou d’un grand imperméable sombre. Elle s’enveloppait aussi dans un foulard léopard dans les tons gris, sur lequel tombaient ses longs cheveux qu’elle n’avait pas encore coupés à la garçonne. Elle arborait enfin un gant noir – oui un seul – en laissant son autre main blanche et nue.
C’était sa façon bien à elle de mettre sur la table ses tripes rebelles de gothique à la mode de Caen. A cette époque, ses copains à crête lui avaient même trouvé un surnom démoniaque, qui lui allait comme son gant : « Lucéfer ». Alors forcément, quand elle s’est retrouvée, fin novembre 2017, représentée en icône radieuse et qualifiée de « sacrée journaliste », en « une » des Inrockuptibles, comme si elle était devenue la sainte patronne de toute la profession, elle s’est gondolée de bon cœur.
« Une sainte… C’est tellement pas moi ! Bon, je comprends leur truc, Les Inrocks, le côté décalé, tout ça. Mais on s’est bien marré », s’esclaffe-t-elle toujours en ce début d’année dans son petit bureau de France Télévisions, où elle fume en douce à la fenêtre, avant de se décaper les bronches à coups de pastilles Fisherman’s Friend.
Les Inrockuptibles, pourtant, avec cette image pieuse, ont bien synthétisé un fort curieux phénomène, qui a commencé plutôt discrètement en 2012, avec le lancement de « Cash Investigation », et qui ne cesse depuis de s’amplifier, plus du tout discrètement, jusqu’à être devenu une évidence.
Atypique cote d’amour
A 54 ans, après une trentaine d’années sur les écrans, et après avoir longtemps traîné une image un peu plan-plan, sa fatalité de présentatrice « next-door » du « 19/20 » de France 3 et du « 13 heures » de France 2, Elise Lucet est devenue sur le tard...




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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Parmi les accusés figurent notamment le chanteur et journaliste Atilla Tas, condamné à plus de trois ans de prison, et le journaliste Murat Aksoy, condamné à plus de deux ans.
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Turquie : 25 journalistes condamnés lors d’un procès contre la presse

Parmi les accusés figurent notamment le chanteur et journaliste Atilla Tas, condamné à plus de trois ans de prison, et le journaliste Murat Aksoy, condamné à plus de deux ans.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 21h35
   





                        


Un tribunal turc a condamné, jeudi 8 mars, vingt-cinq journalistes à des peines allant jusqu’à sept ans et demi de prison à l’issue de l’un des nombreux procès ouverts contre la presse après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016.
La plupart des personnes condamnées ont collaboré avec des médias proches du mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’avoir ourdi le putsch manqué. Tous nient toute implication dans la tentative de renversement du gouvernement turc.
Parmi les accusés figurent notamment le chanteur et journaliste Atilla Tas, condamné à plus de trois ans de prison, et le journaliste Murat Aksoy, condamné à plus de deux ans, selon l’agence de presse Dogan. Les deux hommes, qui resteront en liberté conditionnelle en attendant le procès en appel, ont été reconnus coupables d’avoir « aidé une organisation terroriste sans en être membres », a rapporté Dogan.
Ankara considère comme « terroriste » le mouvement de Fethullah Gülen, qui, installé aux Etats-Unis, dément fermement avoir joué un rôle dans la tentative de putsch.
« Qu’écrire et commenter »
MM. Tas et Aksoy avaient été remis en liberté conditionnelle à la fin d’octobre dernier après plus de 400 jours passés derrière les barreaux. Les accusations de « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel » et « tentative de renversement du gouvernement », qui les visaient ont été abandonnées.

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                Turquie : six personnes condamnées à la perpétuité, un journaliste libéré



« C’est une décision de justice, nous la respectons », a déclaré M. Tas, jeudi, à l’annonce de la décision du juge, selon une vidéo publiée sur le site du quotidien d’opposition Cumhuriyet. « Si être dans l’opposition dans un pays est un crime, alors je suis coupable », a-t-il dit.
« La procédure judiciaire n’est pas terminée », a tweeté, pour sa part, M. Aksoy. « Je crois que je serai finalement acquitté. Je n’ai fait qu’écrire et commenter », a-t-il déclaré. Les deux hommes étaient jugés avec 27 autres accusés, dont 19 comparaissaient en détention provisoire, selon Dogan.
Treize des accusés, dont l’ancienne rédactrice du quotidien guléniste Zaman Hanim Büsra Erdal, ont été condamnés à six ans et trois mois d’emprisonnement pour appartenance à une organisation terroriste. Et dix d’entre eux ont été condamnés à sept ans et demi pour cette même accusation.
Vestiges de l’Etat de droit
La Turquie est régulièrement critiquée pour l’ampleur des purges qu’elle a lancées après la tentative de coup d’Etat : plus de 50 000 personnes ont été arrêtées et plus de 140 000 ont été limogées ou suspendues.
Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, a dénoncé un « verdict qui relève de l’arbitraire politique plutôt que de la justice ». La condamnation des journalistes, jeudi, montre selon lui que « tout vestige de l’Etat de droit a disparu en Turquie ». Il appelle à la « libération immédiate » de tous les journalistes condamnés en lien avec le putsch avorté.
Le représentant de l’OSCE pour la liberté de la presse, Harlem Désir, a fait part de sa « préoccupation » sur Twitter. « J’exhorte la Turquie à libérer les journalistes et à abandonner les accusations infondées qui pèsent contre eux », a-t-il ajouté.

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                En Turquie, perpétuité requise pour un « message subliminal de coup d’Etat »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Depuis plusieurs jours, un bras de fer était engagé entre l’opérateur de téléphonie et la chaîne qui demandait une rémunération pour la diffusion de ses programmes.
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Orange et TF1 enterrent la hache de guerre, Free et Canal+ font de la résistance

Depuis plusieurs jours, un bras de fer était engagé entre l’opérateur de téléphonie et la chaîne qui demandait une rémunération pour la diffusion de ses programmes



Le Monde
 |    08.03.2018 à 19h39
 • Mis à jour le
09.03.2018 à 11h05
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


TF1 a-t-il craint qu’Orange finisse par priver ses abonnés de ses chaînes de télévision ? Alors que les discussions patinaient encore en début de semaine, la Une et l’opérateur historique français ont miraculeusement trouvé un accord distribution pour TF1, TFX, TFOU, etc., jeudi 8 mars.
« C’est le troisième opérateur à signer [après SFR et Bouygues Telecom]. Nous inventons la télé de demain », s’est félicité Gilles Pélisson, le PDG du groupe, sur LCI, une chaîne maison. Visiblement, l’accord a été signé in extremis : Orange avait fixé à la Une un ultimatum arrivant à échéance jeudi, précise une source proche du groupe.
Payer un « package »
Finalement, Orange accepte de verser, selon nos informations, entre 10 et 13 millions d’euros par an, pendant quatre ans, pour diffuser un ensemble de services. Ce « package » comprend notamment MyTF1, le service de replay suspendu le 1er février, et qui sera rétabli le 12 mars, des programmes en avant-premières, la diffusion en 4K d’événements (ultra haute définition) comme la Coupe du monde de football et deux nouvelles chaînes, TF1 + 1 et TMC + 1, décalées d’une heure par rapport à TF1 et TMC. En revanche, Orange assure « ne pas payer la diffusion des chaînes de la TNT, qui sont, elles, gratuites ». Sur cet aspect, TF1 n’est pas d’accord avec l’analyse d’Orange et laisse entendre que les chaînes font partie du « package ».
Ce point était au cœur du litige. M. Pélisson, le PDG de TF1, considère que les opérateurs de télécoms profitent du signal pour vendre leurs abonnements Internet, et qu’à ce titre ses chaînes doivent percevoir une rétribution. En face, les opérateurs opposent que la chaîne est gratuite pour le téléspectateur et, qu’elle utilise, en outre, gracieusement des fréquences hertziennes, qui sont un bien public.
Quoi qu’il en soit, la filiale de Bouygues, qui demandait au départ 28 millions d’euros par an à l’ancien monopole public a revu ses prétentions à la baisse.
Résistance
Cet accord fera-t-il tache d’huile, en obligeant Free (dont le fondateur Xavier Niel est actionnaire du Monde) et Canal+ à s’aligner sur les conditions de l’opérateur historique ? TF1 l’espère, mais le duo pourrait faire de la résistance.
Canal + a annoncé, vendredi, qu’il allait rétablir la retransmission de TF1 à tous ses abonnés, à l’occasion de l’émission des « Enfoirés ». Le groupe de télévision payante, qui avait coupé le signal de TF1 à quasiment 6 millions de clients, l’avait déjà rétabli, mercredi pour 3,7 millions de foyers satellites. La chaine avait pris cette décision après un communiqué du ministère de la culture lui intimant de remettre en place le signal chez les 1,5 million de foyers TNT Sat installés dans des zones où le satellite est le seul moyen de recevoir la télévision.

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                Canal+ rétablit la diffusion de TF1 sur les offres satellite



Canal+, auquel TF1 réclame 20 millions d’euros, était alors allé au-delà de l’injonction ministérielle en rebranchant 2 millions de clients abonnés satellites supplémentaires. Une décision amplement saluée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Fort de ce soutien, Canal+ se sent donc fondé à résister à la pression de la Une. « La demande du ministère a conforté notre analyse selon laquelle les chaînes de la TNT devaient être gratuites », se félicite-t-on au sein de la filiale de Vivendi, où l’on considère désormais que la négociation ne porte plus que sur les services et non la transmission du signal.
Bras de fer
Free, sommé de débourser 21 millions d’euros par TF1, n’est pas pressé d’emboîter le pas d’Orange, en se faisant imposer les conditions acceptées par le premier opérateur télécoms français.
Aussi bien Canal+ que Free espèrent que soit ancrée dans la loi l’obligation faite aux chaînes gratuites privées d’être distribuées sans discrimination. Le propriétaire d’un canal gratuit de la TNT ne pourrait menacer un distributeur de le priver de ses contenus, ce qui affaiblirait sa capacité de négociation. Ce souhait est d’autant plus fort que la guerre menée par TF1 fait des émules. SFR a déjà prévenu qu’une fois qu’il serait propriétaire à 100 % du groupe NextRadioTV (BFM, BFM-TV, etc.), il réclamerait une rémunération pour ses chaînes.
Cette semaine, le ministère de la culture a menacé d’un renforcement de la loi, si les acteurs ne se mettaient pas d’accord entre eux. Françoise Nyssen ira-t-elle au bout de cette démarche ? Selon un opérateur, le CSA, qui a reçu différents acteurs cette semaine, s’est pour le moment montré « prudent » sur la question.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ L’ancien patron de l’Agence France-Presse et ex-directeur général délégué de l’opérateur Orange succédera à compter du 12 mars à Francis Morel.
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Pierre Louette nommé PDG du groupe Les Echos-Le Parisien

L’ancien patron de l’Agence France-Presse et ex-directeur général délégué de l’opérateur Orange succédera à compter du 12 mars à Francis Morel.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 09h55
   





                        



   


Pierre Louette a été nommé président-directeur général du groupe Les Echos-Le Parisien, a annoncé jeudi 8 mars, la maison mère LVMH (Moët Hennessy Louis Vuitton). Il succédera à compter du 12 mars à Francis Morel, « qui, après sept ans passés à la tête de ce groupe de presse, a souhaité se consacrer à de nouveaux projets », annonce LVMH dans un communiqué.
Ancien élève de l’Ecole nationale d’administration (ENA), Pierre Louette, 55 ans, a été notamment PDG de l’Agence France-Presse de 2005 à 2010, avant de rejoindre Orange, dont il était le directeur général délégué. Pierre Louette a également été conseiller audiovisuel d’Edouard Balladur (1993-1995), et avait rendu un rapport sur « les autoroutes de l’information », contribuant au développement des nouveaux réseaux de communication et d’Internet.
De 1996 à 2000, M. Laouette a dirigé la structure multimédia Connectworld au sein du groupe Havas, puis il a été de 2000 à 2003 l’un des dirigeants d’Europ@web, le pôle Internet du Groupe Arnault. Le patron de LVMH, Bernard Arnault, a salué cette nomination :
« Je suis persuadé que fort de son expérience dans le secteur de la communication, il travaillera efficacement avec l’ensemble des équipes, pour encore renforcer la présence de nos titres et plus généralement la pertinence de nos médias, en particulier dans le domaine du numérique. »
De son côté, Francis Morel quitte un groupe dans lequel il a notamment lancé le supplément Les Echos week-end et organisé l’intégration du Parisien dans le groupe médias de LVMH.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, « Le Monde » vous en propose une sélection.
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Six lettres d’information féministes auxquelles s’abonner

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, « Le Monde » vous en propose une sélection.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h30
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                            Perrine Signoret








                        



   


Depuis quelques années, les lettres d’information féministes ont envahi les boîtes courriels des internautes. Elles s’appellent Les Glorieuses, La Newsletter de ma chatte ou encore Atoubaa Letters, et parlent aussi bien d’actualité, de culture, que de sexe. Le Monde a sélectionné six d’entre elles.
« Les Glorieuses «, la plus « actu »

   


Lancée en octobre 2015 par Rebecca Ansellem, docteure en économie, Les Glorieuses est une newsletter très ciblée sur l’actualité. On y trouve d’ailleurs chaque semaine l’espace les « 10 news de la semaine », dans lequel sont compilés des liens vers des articles sur des sujets politiques, de société ou internationaux, et vers des portraits. Le tout, toujours axé autour des femmes. On aime aussi beaucoup son « carnet » : une liste d’événements culturels (sorties au théâtre, conférences, rencontres avec des auteures, etc.) organisés dans toute la France. Et la bonne nouvelle, c’est une version destinée aux adolescentes, baptisée Les Petites Glo’, lancée en début d’année.
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« La Newsletter de ma chatte », pour parler sexualité

   


Depuis octobre 2016, Cluny Braun, la fondatrice de cette newsletter au nom évocateur, envoie des nouvelles de sa « chatte » (et de celle des autres) directement dans votre boîte courriel, une fois par mois. Au programme : des conseils, interviews et témoignages autour du sexe — aussi bien l’organe en lui-même que l’acte sexuel. L’auteure y parle par exemple de réappropriation du corps, de masturbation, de pertes vaginales ou de protection hygiénique. C’est écrit sans tabou, sans détours, et c’est destiné à toutes les femmes (et les hommes) qui souhaiteraient en savoir plus sur le sujet.
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« Atoubaa letters », pour découvrir des femmes noires de talent

   


Atoubaa letters, c’est une sélection toutes les trois semaines de livres, d’articles, de musiques, et bien d’autres choses encore. Créée par Rhoda Tchokokam, elle a pour spécificité d’être centrée sur (et écrite par) des femmes noires. Dans la dernière lettre d’information en date, on découvrait par exemple la réalisatrice Alice Diop, la photographe Deana Lawson, ou encore l’écrivaine Roxane Gay.
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Pop culture et GIF avec « Quoi de meuf ? »

   


Chaque dimanche, la newsletter de Clémentine Gallot et Mélanie Wanga débarque sur vos écrans, avec sa dose de féminisme… et de GIF. Plutôt légère sur la forme, elle se veut ultra-complète sur le fond. Elle évoque ainsi aussi bien des sujets d’actualité politique et internationale que des thèmes plus « Pop culture », comme les séries, les bande dessinées ou les dernières tendances incongrues repérées sur YouTube.
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« What’s good », la dose de culture inclusive

   


Deux fois par mois depuis mars 2017, les journalistes Mélody Thomas et Jennifer Padjemi distillent leurs recommandations du moment. Séries, films, musiques, tout y passe, tant qu’il s’agit de culture. Contrairement aux autres newsletters citées ici, elle n’est pas uniquement axée autour des femmes. Elle n’en reste pas moins féministe : il s’y glisse régulièrement des publications engagées, par exemple sur la pression sociale que subissent les femmes à propos de leur corps, et les créatrices n’hésitent jamais à mettre en avant des femmes « badass ».
Ça se lit comme un bon magazine, c’est bourré d’inspirations, et, cerise sur le gâteau, il s’avère que What’s good est aussi l’une des lettres d’information les plus inclusives : les personnalités métisses ou noires y occupent en effet une place de choix.
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Des livres écrits par des femmes avec « Books by women »

   


Chaque mois, Elsa, libraire, envoie une ou deux listes de livres, qu’elle a lus et approuvés. Leur point commun : ils sont tous écrits par des femmes. Histoire, explique la créatrice de la newsletter, « d’équilibrer la balance ». Côté design, Books by women est minimaliste : des couvertures de livres, et des résumés. Côté contenu, elle offre une belle diversité. On découvre aussi bien des romans que des bande dessinées et des livres jeunesse.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/03/2018
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Canal+ rétablit la diffusion de TF1 sur les offres satellite

La filiale de Vivendi avait interrompu jeudi la diffusion des chaînes du groupe TF1. Ce dernier réclamait une rémunération pour continuer de proposer ses chaînes gratuites.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 20h08
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 07h53
   





                        



   


Le groupe Canal+ a rétabli, mercredi dans la soirée, la diffusion de TF1 sur l’offre TNT Sat, interrompue depuis jeudi 1er mars au soir. Le rétablissement concerne toutes les offres satellite – soit 1,5 millions de clients TNT Sat et 2,2 millions de clients qui sont abonnés uniquement par le satellite – sur 5,5 millions de foyers, les box Internet n’étant pas concernées.
« A la suite de la demande du Conseil supérieur de l’audiovisuel [CSA], et du communiqué du ministère de la culture, qui a précisé que les programmes des chaînes gratuites devaient être gratuits pour les clients servis par satellite, le groupe Canal+ va rétablir le signal dans la soirée. »
« Le signal de TF1 vient à l’instant (23 heures) de revenir », « TF1 de retour », « Merci à Canal+ d’avoir remis le signal », « Il est 23 h 01, ON EST S-A-U-V-É ! », ont tweeté des utilisateurs peu après 23 heures.
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait, en effet, sommé mercredi après-midi le groupe de télévision Canal+ de rétablir la diffusion de TF1 sur l’offre TNT Sat destinée aux téléspectateurs n’ayant pas accès à la TNT. « C’est une bonne nouvelle, je me félicite de cette décision responsable qui permet aux téléspectateurs qui dépendent de la diffusion satellitaire de pouvoir accéder à TF1 », a-t-elle salué mercredi soir.
Nicolas Curien, président par intérim du CSA, s’est réjoui de cette décision. « Cette nuit, le problème sera réglé, avait-t-il déclaré au micro de BFM-TV. On a reçu les deux parties et on a réussi à obtenir cet engagement volontaire et spontané de Canal. »
Une décision qui réduit la pression subie par TF1
La filiale de Vivendi avait créé un électrochoc en coupant, le 1er mars, le signal de TF1, faute d’être parvenue à un accord avec la filiale de Bouygues qui lui réclame une rémunération pour continuer à diffuser ses chaînes. Les clients de Canal+ ont cependant la possibilité de se reporter sur la TNT pour continuer à regarder TF1.
Alors que les audiences déclinent depuis la décision de Canal+ de ne plus distribuer les chaînes du groupe TF1 à ses abonnés Canalsat et aux clients de TNT Sat, Orange et Free (dont le fondateur Xavier Niel est actionnaire à titre individuel du Monde), à qui TF1 réclamait également de l’argent, faisaient monter la pression.
Si ces trois opérateurs devaient arrêter la diffusion des chaînes du groupe TF1, 18 millions de téléspectateurs potentiels seraient privés de ses programmes.
L’intervention dans ce bras de fer du CSA, mardi, de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) et du ministère de la culture mercredi devrait faire redescendre les tensions entre le groupe TF1 et les diffuseurs d’un cran.

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                TF1 demande « moins de 20 millions d’euros » aux opérateurs pour diffuser ses contenus






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Concurrencé par les sites musicaux comme Pitchfork, le magazine avait essayé de se relancer en 2015 en devenant gratuit, en vain.
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L’hebdomadaire musical britannique « NME » va disparaître des kiosques

Concurrencé par les sites musicaux comme Pitchfork, le magazine avait essayé de se relancer en 2015 en devenant gratuit, en vain.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 16h31
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h52
   





                        



   


Après soixante-six ans d’existence en kiosque, l’hebdomadaire britannique NME, l’une des bibles de la presse musicale, va cesser de paraître sur papier, annonce Time Inc., son éditeur, mercredi 7 mars. L’édition du 2 mars sera la dernière et ses lecteurs devront se rabattre sur le site NME.com et sur les radios en ligne NME 1 et NME 2.
Concurrencé par les sites musicaux comme Pitchfork, le magazine avait essayé de se relancer en 2015 en devenant gratuit. En vain. Le groupe continuera néanmoins la publication de NME Gold, un magazine de publireportages destiné à satisfaire le désir des stars de la musique de continuer d’apparaître dans la presse papier, signale le Guardian.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ « Le Monde » s’est procuré le document transmis par l’exécutif aux députés LRM, qui servira de base à la proposition de loi censée freiner la diffusion de fausses nouvelles.
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« Fake news » : les pistes du texte de loi en préparation

« Le Monde » s’est procuré le document transmis par l’exécutif aux députés LRM, qui servira de base à la proposition de loi censée freiner la diffusion de fausses nouvelles.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 10h26
    |

            Alexandre Piquard et 
Martin Untersinger








                        



                                


                            

Les travaux sur la future loi de lutte contre les « fake news », ou fausses nouvelles, ont avancé : Le Monde s’est procuré une copie du texte qui a été transmis par le gouvernement au groupe La République en marche de l’Assemblée nationale. Il doit servir de base de travail à la proposition de loi que déposeront les députés du parti d’Emmanuel Macron. Après désignation d’un rapporteur, le texte est susceptible d’être modifié et doit être examiné par le Conseil d’Etat, avant d’être débattu par l’Assemblée, a priori vers fin avril ou mai.
Politiquement sensible, le texte, annoncé par le président de la République, le 3 janvier, semble fortement inspiré par les récentes élections, en France et à l’étranger : « Propager puissamment une fausse nouvelle sur les réseaux sociaux ne requiert aujourd’hui que quelques dizaines de milliers d’euros », avait affirmé M. Macron, fustigeant « le bobard inventé pour salir ». Autant d’allusions aux rumeurs dont le futur chef de l’Etat estime avoir été victime pendant la campagne, ou aux enquêtes sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine.

« C’est une loi nécessaire pour protéger notre démocratie contre les ingérences extérieures », a renchéri, dans Le Figaro du 5 mars, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, précisant avoir travaillé sur ce dossier avec l’exécutif « depuis l’été » et avoir associé les parlementaires « depuis le début de l’année ».
Référé en période électorale 
Comme l’a martelé le ministère de la culture, la loi sur la liberté de la presse de 1881 réprime déjà la diffusion « de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique ». Le texte cherche à en freiner la diffusion. Il propose une procédure judiciaire d’urgence pour les élections présidentielles, législatives,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Le PDG Gilles Pélisson joue gros : après Canal+, Orange et Free menacent de couper à leur tour la diffusion des chaînes du groupe, jugé trop gourmand.
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Les opérateurs télécoms accentuent la pression sur TF1

Le PDG Gilles Pélisson joue gros : après Canal+, Orange et Free menacent de couper à leur tour la diffusion des chaînes du groupe, jugé trop gourmand.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 18h35
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Gilles Pélisson réussira-t-il à faire payer le prix fort aux opérateurs télécoms pour la diffusion des chaînes de TF1, dont il est le PDG ? S’il est trop tôt pour le dire, la situation se tend dangereusement pour « la Une », qui essuie un tir nourri de ses adversaires.
Alors que les audiences déclinent depuis la décision de Canal+, le 2 mars, de ne plus distribuer les chaînes du groupe à ses abonnés CanalSat et aux clients de TNT Sat, Orange et Free (dont le fondateur Xavier Niel est actionnaire à titre individuel du Monde) font monter la pression. Potentiellement, 18 millions de téléspectateurs pourraient être privés des programmes du premier groupe de télévision privée.
« Une rémunération infondée »
Mardi 6 mars, Free a pris ses clients à témoin du différend qui l’oppose au groupe audiovisuel. Un message est brièvement apparu sur les écrans des détenteurs de sa box : « Depuis plusieurs mois, nous négocions avec le groupe TF1, qui a décidé d’exiger une rémunération infondée pour des chaînes disponibles gratuitement en TNT et sur Internet. Nous sommes contraints d’interrompre la diffusion de TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Film, HD1 et LCI. Nous espérons remédier à cette situation rapidement. » En réalité, Free n’a pas coupé le signal, et le message a disparu en fin de journée. A sa manière, le trublion des télécoms a averti qu’il était prêt, lui aussi, à se passer de la Une.
Sur le papier, rien ne le pressait. Le contrat de distribution qui le lie à TF1 court jusqu’au 30 mars. Mais l’opérateur ne compte pas attendre cette échéance et s’est donné quelques jours pour statuer sur la situation. Selon nos informations, TF1 lui réclame 21 millions d’euros par an pour distribuer ses chaînes, soit autour de 3 euros par an et par client.
Dans un entretien au Parisien, M. Pélisson assure de son côté que TF1 demande « moins de 20 millions d’euros » par opérateur pour la diffusion de ses contenus et justifie l’importance des sommes demandées : « C’est moins de 1 % de ce que paye un abonné par mois. »
La Une, qui avait averti Free il y a dix-huit mois de sa volonté de revoir ses contrats, ne s’est pas toujours montrée aussi gourmande. Dans une proposition initiale, TF1 demandait, de bonne source, 7 millions d’euros. Mais les discussions n’avaient pas abouti.
Un accord qui rebat les cartes
Entre-temps, la filiale de Bouygues a conclu en novembre un accord de distribution avec Altice, maison mère de SFR, qui rebat significativement les cartes. A la surprise générale, l’opérateur, dont le propriétaire, Patrick Drahi, est pourtant peu connu pour son caractère dispendieux, accepte de payer à TF1 une rémunération d’une quinzaine de millions d’euros par an, soit environ 3 euros par an et par client.
Fort de ce contrat, la Une revient vers Free, avec une facture multipliée par trois par rapport à sa première proposition. Un discours similaire est tenu à Orange, prié de débourser autour de 25 millions d’euros. « Ils nous disaient qu’on ne pouvait pas s’éloigner du tarif payé par SFR », confirme-t-on au sein de l’opérateur historique. Avec en filigrane, une question : comment SFR a-t-il pu signer sans ciller des conditions qui font hurler ses concurrents ?
Ces derniers soupçonnent des contreparties réduisant significativement la facture acquittée par l’opérateur au carré rouge et blanc. Un indice est venu corroborer leurs doutes. Le 23 février, Bouygues Telecom annonce la conclusion d’un accord de distribution avec France Télévisions, mais surtout avec TF1 et SFR. Bouygues Telecom va donc verser de l’argent pour diffuser la Une, mais également les chaînes de SFR, comme BFM ou SFR Sport. Autrement dit, ce que le groupe Bouygues, à la fois propriétaire de Bouygues Telecom et de TF1, prend à SFR, l’opérateur le récupère, au moins en partie.
Le CSA, longtemps aux « abonnés absents »
Après être prudemment resté hors du jeu, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) entre dans la danse. Selon RTL, il recevra TF1, mercredi, et Canal+, le lendemain. « Notre souhait, c’est que [les discussions] débouchent au plus vite pour l’intérêt du téléspectateur », a déclaré mardi 6 mars Nicolas Curien, président par intérim du CSA. Pourquoi une intervention si tardive alors que les opérateurs avaient sollicité le CSA à plusieurs reprises ces derniers mois ? « Ils étaient aux abonnés absents. Ils sont plus investis quand il faut se pencher sur les blagues de [Cyril] Hanouna ! », dénonce un opérateur.
Le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), Sébastien Soriano, a estimé mercredi matin sur Europe 1 qu’il était nécessaire de se poser aujourd’hui la question de la rémunération des chaînes de télévision, alors qu’elles sont de plus en plus dépendantes d’Internet pour leur diffusion. Il dit que « le comportement de TF1 est aussi un cri d’alarme qui doit s’entendre », même s’il ajoute qu’« à partir du moment où une chaîne est gratuite, elle devrait être gratuite pour tous les Français ». 
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a sommé mercredi 7 mars Canal+ de rétablir TF1 sur TNT Sat, selon l’AFP.
Orange prêt à se passer de la Une
En menant ce combat, Gilles Pélisson joue gros. Depuis la coupure de Canal+, les audiences de la Une ont perdu en moyenne 7,5 % de téléspectateurs. Un million de téléspectateurs a déserté l’émission « The Voice » samedi, et son JT est passé derrière celui de France 2. « A 19 %, nos audiences restent extrêmement solides », rétorque un porte-parole de TF1.

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                Négociations compliquées entre Orange et TF1



Que se passera-t-il si Orange et Free emboîtent le pas à Canal+ ? Stéphane Richard, le PDG de l’opérateur historique, a dit lundi dans Le Figaro que lui aussi était prêt à se passer de la première chaîne privée. Dans cette optique, Orange a déjà adressé un message à ses clients, leur expliquant comment basculer facilement sur la Une en cas de coupure.
« Un effet paresse du téléspectateur »
L’opérateur historique pèse, d’après les études, pour un quart des audiences de TF1, et Free, 12 %. Combien de millions de téléspectateurs privés des chaînes de la Une sur leur box prendraient la peine d’aller sur la TNT pour retrouver leurs programmes ? « Il y a un effet paresse du téléspectateur, même si les gens finiront par s’organiser », dit un expert.
Pour M. Pélisson, le bras de fer se durcit, d’autant qu’il dispose de moins de moyens de pression qu’auparavant. Selon certains, le PDG de TF1 comptait sur l’état de faiblesse supposé de Stéphane Richard, en pleine campagne pour le renouvellement de son mandat, pour faire plier l’opérateur historique. Depuis, le PDG d’Orange a été confirmé dans ses fonctions. Selon plusieurs sources, Martin Bouygues est même allé, il y a quelques semaines, s’ouvrir de ses problèmes au ministre de l’économie, Bruno Le Maire.



                            


                        

                        


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A « Mediapart », Edwy Plenel et François Bonnet préparent leur succession

Les fondateurs du site d’information, lancé il y a dix ans, réfléchissent à un moyen juridique de préserver son indépendance.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 13h20
    |

            François Bougon








                        



   


« Un succès fragile, un succès à contre-courant. » Chez Edwy Plenel, qui est l’un des quatre fondateurs de Mediapart et son PDG, les bonnes nouvelles ne sont pas l’occasion d’effusions excessives. Point trop n’en faut.
Pourtant, pour le site d’information indépendant, qui fête cette année ses dix ans avec un festival organisé les 16 et 17 mars à Paris, le bilan est excellent : plus de 140 000 abonnés contre 130 000 un an plus tôt – près de 150 000 même, au cours de la campagne présidentielle –, un chiffre d’affaires qui avoisine les 14 millions d’euros, en croissance annuelle de plus de 20 % et provenant « à 98 % » des abonnements, un résultat net de plus de 2 millions d’euros pour une équipe de 83 salariés, dont 46 journalistes…
De surcroît, pour la septième année de suite, Mediapart gagne de l’argent. Voilà qui ferait rêver n’importe quel patron de presse. Oublié le mauvais moment traversé en novembre, lors de la polémique qui l’a opposé à Charlie Hebdo à propos de l’islamologue Tariq Ramadan.

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                Entre « Charlie » et « Mediapart », l’histoire d’une haine



Même si Mediapart « est en très bonne santé », a déclaré M. Plenel, mardi 6 mars, à l’occasion de la conférence de presse annuelle, les motifs d’inquiétude sont réels. Et d’égrener : une « concurrence totalement faussée » avec des aides à la presse gratifiant les titres traditionnels ; la toute-puissance des « grands oligopoles de la révolution numérique », les Facebook et autres Google, avec leurs algo­rithmes menaçants ; les attaques des responsables politiques contre les journalistes ou encore la loi contre les fake news (fausses informations)…
En 2008, Mediapart était né en pleine période d’optimisme numérique. Dix ans plus tard, les doutes et les critiques se sont installés. « La vérité est en danger, la liberté de la vérité est en danger », a lancé Edwy Plenel. Un ironique « J’arrête mon prêche » est venu clore cette séquence et amorcer celle consacrée aux projets des prochains mois.
« Sanctuariser le capital »
Pour M. Bonnet, il est important de changer afin de « renouveler les contenus, les mises en scène, les idées… »
Tout d’abord, 2018 sera l’année de la relève. Une nouvelle génération arrive aux commandes. François Bonnet, directeur éditorial et autre cofondateur, a déjà été remplacé par un tandem composé de Carine Fouteau et Stéphane Alliès, deux journalistes présents depuis les débuts.
« On a organisé cette transition », a souligné M. Bonnet, pour qui il est important de changer afin de « renouveler les contenus, les mises en scène, les idées… » Edwy Plenel devrait également passer la main, tout comme la directrice générale, Marie-Hélène Smiéjan.
Le but est de « sanctuariser le capital » et de « transmettre le contrôle économique de Mediapart à l’équipe selon un scénario innovant ». Plusieurs pistes juridiques sont à l’étude : les fondateurs sont favorables à la mise en place d’un fonds de dotation, qui est prévu par une loi de 2008 pour favoriser « la réalisation d’une œuvre ou d’une mission d’intérêt général ». Cette dernière éventualité doit cependant obtenir l’aval de Bercy, qui doit répondre avant fin avril.

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                Mediapart : Plenel prépare l’après-Plenel



Mais s’ils entendent passer le relais, les fondateurs ne restent jamais bien loin. François Bonnet quitte la rédaction en chef, mais supervise le développement de Mediapart dans le secteur de la vidéo, avec comme horizon une « Mediapart TV », qui pourrait même être proposée aux opérateurs pour diffusion sur leurs box. Des discussions vont être ­engagées avec eux. « La logique d’une Mediapart TV, c’est de multiplier les canaux de diffusion de notre projet », a expliqué M. Bonnet.
Ironie de l’histoire, on pourrait voir ainsi les « milliardaires du numérique », régulièrement voués aux gémonies par Edwy Plenel – et récemment encore dans son livre La Valeur de l’information (Don Quichotte, 256 pages, 18 euros) –, financer Mediapart.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ La chaîne est en plein conflit avec Orange et Canal+. Son PDG, Gilles Pélisson, défend son point de vue dans une interview publiée mardi sur le site du « Parisien ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/03/2018
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TF1 demande « moins de 20 millions d’euros » aux opérateurs pour diffuser ses contenus

La chaîne est en plein conflit avec Orange et Canal+. Son PDG, Gilles Pélisson, défend son point de vue dans une interview publiée mardi sur le site du « Parisien ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 22h51
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 07h39
   





                        



   


TF1, en plein conflit avec Orange et Canal+, demande « moins de 20 millions d’euros » par opérateur pour la diffusion de ses contenus, a déclaré le PDG de la chaîne, Gilles Pélisson, dans une interview publiée mardi 6 mars sur le site du Parisien. La chaîne est également en négociations avec Free au sujet de la diffusion de ses contenus via la box de l’opérateur.
TF1, qui fournissait jusqu’ici ses chaînes gratuitement, veut désormais obtenir le paiement de droits de diffusion de la part des opérateurs qui les retransmettent à leurs abonnés. Après des mois de négociations infructueuses, Canal+ a décidé de couper le signal de TF1 et des autres chaînes du groupe (TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI) dans la nuit de jeudi à vendredi.

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                Pourquoi Canal+ a coupé l’accès des chaînes de TF1 à ses abonnés ?



« Chacun montre ses muscles »
Interrogé par Le Parisien sur les sommes demandées par TF1, le PDG a refusé de donner le « montant exact » au nom du « secret des affaires ».
« Jusqu’à présent, les opérateurs ne reversent rien aux chaînes alors que nous apportons un service qui mérite rémunération », a-t-il ajouté, estimant qu’il « est temps de faire bouger les lignes » et que les demandes de TF1 « n’ont rien de mirobolant ». « Chacun montre ses muscles », mais « on se parle tous les jours », a-t-il ajouté, se disant « serein » quant à l’issue des négociations.

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                Canal+ arrête la diffusion des chaînes de TF1






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Notre chroniqueur revient sur le tollé suscité par un sketch mettant en scène des acteurs grimés en Noirs ou en animaux et diffusé sur la première chaîne d’Etat pour le Nouvel An chinois.
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Chronique

« Les Chinois sont encore très ignorants des cultures du continent africain et de ses diasporas »

Notre chroniqueur revient sur le tollé suscité par un sketch mettant en scène des acteurs grimés en Noirs ou en animaux et diffusé sur la première chaîne d’Etat pour le Nouvel An chinois.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
              datetime="2018-03-06T18:07:34+01:00"

        Le 06.03.2018 à 18h07






    
Une image du sketch montrant une actrice chinoise grimée en Noire (à droite), diffusé à l’occasion du Nouvel An chinois sur l’antenne de CCTV, la très officielle première chaîne d’Etat chinoise.
Crédits : DR


Chronique. En recourant à une comédienne chinoise grimée en Africaine, un sketch diffusé en Chine par la télévision d’Etat a provoqué un tollé. Le sketch fait treize minutes. On y voit l’actrice Lou Naiming le visage recouvert de maquillage noir et affublée d’un postérieur factice. Un plateau de fruits sur la tête, elle lance en mandarin un vibrant « J’aime la Chine ! ». Applaudissements dans la salle.
Cette petite comédie est censée promouvoir l’amitié sino-africaine et les investissements grandissants de Pékin dans les infrastructures en Afrique. Il est fait mention à plusieurs reprises de la construction de la ligne de chemin de fer Nairobi-Mombasa. La séquence met aussi en scène un groupe de danseurs noirs arborant pagnes, coiffes à plumes et tam-tams aux côtés d’acteurs déguisés en zèbres, girafes et lions. Un autre personnage grimé en singe gambade sur la scène sous les fous rires des spectateurs.
« Profonde ignorance »
Le gala du Nouvel An chinois sur l’antenne de CCTV, la très officielle première chaîne d’Etat chinoise, dans le cadre duquel le sketch a été diffusé, est suivi par 800 millions de Chinois. Il fait l’objet d’un conducteur millimétré et passé au peigne fin par la censure. Alors comment expliquer cette grossière caricature ? « Je ne crois pas que cela constitue du racisme à proprement parler, explique au Monde Afrique Hodan Osman Abdi, directrice du centre d’études africaines à l’Université normale du Zhejiang. Cela montre en revanche la profonde ignorance des Chinois concernant les cultures du continent et des diasporas africaines. »
Cette sinologue somalienne assure que cette affaire doit servir de signal d’alarme pour « alerter sur l’importance des échanges culturels et ne plus se concentrer sur les seules relations politiques et économiques ». « Le racisme existe dans le monde entier mais, en Chine, je pense qu’il s’agit surtout pour l’essentiel d’ignorance et d’absence de sensibilités lorsqu’on évoque la question des races. »

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                « En Chine, beaucoup d’Africains souffrent de racisme »



Même analyse pour Deborah Brautigam. La sinologue américaine experte des relations sino-africaines justifie cette maladresse : « Ces dernières années, l’économie chinoise s’est développée plus rapidement que n’importe quel autre pays dans l’histoire moderne. Pour ceux d’entre nous qui ont visité la Chine dans les années 1970, les changements sociaux sont époustouflants. Sans aucun héritage lié à l’esclavage, le racisme chinois envers les Africains n’a jamais été aussi profond que le nôtre aux Etats-Unis. La recherche nous apprend que les préjugés de racisme et d’ignorance tels que nous les avons vus dans l’émission de CCTV ne sont pas profondément ancrés dans les cerveaux des Chinois. Il suffit de lire les commentaires outrés sur les réseaux sociaux chinois et le débat qui s’en est suivi pour comprendre que quelque chose est en train de changer. Si une relation réfléchie, respectueuse et amicale avec les Africains est vraiment souhaitée à Pékin, ils permettront à ces débats de se poursuivre parmi les internautes chinois. Des conversations comme celle-ci font partie de la façon dont les Chinois vont se “réveiller” de leur racisme. »
« Justifier l’injustifiable »
Mais si les causes sont bien identifiées, le mal n’est pas diagnostiqué par les censeurs chinois qui veillent au grain. Les débats qui ont fait rage sur les réseaux sociaux du pays après la diffusion de l’émission ont vite été censurés. « Je n’y vois pas du tout l’expression de l’amitié sino-africaine, mais l’attitude raciste d’une soi-disant grande puissance arrogante. C’est complètement inapproprié », écrivait un internaute sur le réseau Weibo. Son message a été effacé, tout comme la réaction d’un autre qui ironisait sur l’émergence d’un « nouvel orientalisme où l’ingénieur chinois remplace le missionnaire occidental » en terre africaine.

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                Le cauchemar des Gambiens de Canton



La presse officielle a même sorti le drapeau pour défendre la nation chinoise agressée par un Occident incapable de comprendre les relations sino-africaines et, chose rare, le ministère des affaires étrangères a publié un commentaire outré : « La Chine a toujours été opposée à toutes les formes de discrimination raciale. Tous les prétextes pour saper les relations entre la Chine et l’Afrique sont futiles. Les pays africains savent bien au fond de leur cœur quelle est l’importance de nos relations. » Cependant, la chaîne CCTV ne s’est pas excusée, ni même expliquée.
« Trop souvent, on nous sert l’excuse de spécificités culturelles pour justifier l’injustifiable. Ce n’est pas parce qu’en Chine ce type de spectacle est considéré comme acceptable et qu’en Occident il ne l’est pas, que cela n’est pas offensant », explique Dani Madrid-Morales, professeur à l’Université de Hongkong. La Chine, comme l’Inde, a un problème avec le racisme anti-Noirs, lançait le Washington Post, rappelant la série de scandales de ces dernières années.
Des montages accusés de racisme
Car ce n’est pas la première fois qu’une telle affaire secoue la Chine-Afrique. En octobre 2017, un musée chinois a dû retirer une série de photos mettant en vis-à-vis des Africains et des animaux, à la suite de nombreuses protestations en provenance du continent. On y voyait un enfant noir ouvrant la bouche à côté d’un singe dans la même attitude, un adulte montrant les dents à côté d’un lion…

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                « Wolf Warrior 2 » : le Rambo de la Chinafrique



Ces montages ont suscité la colère des internautes en Afrique. En mai 2016, une publicité vantant les mérites d’une lessive capable de laver un Noir pour le transformer en Asiatique avait également enflammé Internet. A l’été 2017, le film Wolf Warrior 2 charriait des tonnes de clichés sur une Afrique misérable et violente. Le film avait battu tous les records au box-office.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ A la suite du meurtre du journaliste Jan Kuciak et de sa compagne, le président slovaque a lancé un appel, dimanche 4 mars, à un remaniement profond du gouvernement ou à des élections anticipées.
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ La ministre de la culture prévoit de doubler le budget qui y est consacré, ainsi que la création d’une plate-forme de décryptage de l’information, par les sociétés de l’audiovisuel public.
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Françoise Nyssen annonce un plan pour l’éducation aux médias

La ministre de la culture prévoit de doubler le budget qui y est consacré, ainsi que la création d’une plate-forme de décryptage de l’information, par les sociétés de l’audiovisuel public.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 15h02
   





                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé, dimanche 4 mars au Figaro, un plan pour l’éducation aux médias, en « trois volets : une amplification sans précédent de l’action des associations et de l’engagement des journalistes qui font cette sensibilisation dans les écoles ; ce même déploiement au sein des bibliothèques médiathèques et la création d’une plate-forme commune des sociétés de l’audiovisuel public pour le décryptage de l’information et l’éducation aux médias ».
Le budget alloué à l’éducation aux médias passera de 3 millions à 6 millions d’euros afin de soutenir les associations qui animent des ateliers sur ce thème dans les établissements scolaires et les médiathèques – la ministre a cité à cette occasion Entre les lignes, qui rassemble des journalistes de l’Agence France-Presse et du Monde – et de financer des interventions de jeunes volontaires du service civique.

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                Des journalistes du « Monde » et de l’AFP s’engagent pour l’éducation aux médias et à l’information



« J’ai demandé aux six sociétés de l’audiovisuel public de concrétiser un projet de plate-forme commune (…). Ce sera l’un des thèmes de la prochaine réunion que j’organise avec les six dirigeants le 19 mars », a poursuivi la ministre, regrettant que les initiatives existantes soient « éparpillées et ne bénéficient pas d’une bonne visibilité ». Cet outil sera mis à disposition de l’éducation nationale, des médiathèques et des associations.

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                « L’éducation aux médias, plus nécessaire que jamais »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ L’ONG Reporter sans frontière a recensé en un an plus de 60 cas de violations des droits, allant de l’assassinat au cyberharcèlement.
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RSF pointe les exactions contre les journalistes enquêtant sur les droits des femmes

L’ONG Reporter sans frontière a recensé en un an plus de 60 cas de violations des droits, allant de l’assassinat au cyberharcèlement.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h01
   





                        



   


Reporters sans frontières (RSF) dénonce dans un rapport rendu public lundi 5 mars et intitulé « Droit des femmes : enquêtes interdites », les risques pris par les journalistes qui enquêtent sur les droits des femmes dans le monde.
Entre 2016 et 2017, l’organisation non gouvernementale a recensé plus de 60 cas de violation des droits des journalistes répartis dans plus d’une vingtaine de pays, en raison d’enquêtes ou de reportages sur la condition des femmes. Depuis 2012, ce sont 90 exactions qui ont été dénombrées, des chiffres « bien en deçà de la réalité en raison de la peur et de la résignation de certains au point de ne pas communiquer », souligne l’ONG.
Dans 12 % des cas étudiés, les journalistes ont été tués, selon RSF, qui relate notamment les cas de la Mexicaine Miroslava Breach, assassinée en 2017 alors qu’elle couvrait depuis des années les agissements de la pègre locale et notamment les féminicides de Ciudad Juarez, et celui de l’Indienne Gauri Lankesh, rédactrice en chef d’un magazine laïc et féministe, abattue par deux hommes à moto. « Des inqualifiables assassinats commis dans une totale impunité », s’alarme l’ONG.
Les autres dangers qui guettent ceux qui enquêtent sur le droit des femmes : les emprisonnements (13 % des cas), les agressions (28 %) et la cyberviolence (43 % des cas).
Les attaques en ligne visent spécifiquement les journalistes femmes
Le cyberharcèlement est ainsi « l’exaction la plus fréquente subie par les journalistes traitant de la cause féminine. Ce fléau est un phénomène qui n’a aucune frontière, qui touche les pays pauvres tout comme les plus démocratiques », souligne RSF, qui a repéré de nombreux cas en Inde, aux Etats-Unis et en France.
Ces attaques en ligne ciblent exclusivement les journalistes femmes, contrairement aux autres exactions. « Ces cabales en ligne, qui profitent de la viralité des réseaux sociaux, constituent aujourd’hui une menace pour les journalistes à prendre très au sérieux », estime l’ONG.
En France, Reporters sans frontières revient sur le cas de la journaliste d’Europe 1 Nadia Daam, cible d’une intense campagne de cyberharcèlement, avec menaces faites à sa famille et tentative d’intrusion à son domicile, pour avoir dénoncé le sabotage du numéro de téléphone « anti-relous » destiné à aider les femmes victimes de harcèlement. Aux Etats-Unis, les journalistes traitant de la question de l’avortement sont régulièrement la cible de cyberharcèlement, regrette le rapport.

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                Le cas de la journaliste Nadia Daam : décryptage d’un cyberharcèlement



RSF fait une trentaine de recommandations dans son rapport, demandant notamment aux Etats de lutter contre l’impunité liée à ces violences et aux institutions des Nations unies de prendre en compte les dangers spécifiques auxquels les journalistes travaillant sur le droit des femmes sont exposés, en particulier les femmes journalistes.
Du côté des responsables de ces violences, RSF cite les groupes religieux, les organisations criminelles et les gouvernements autoritaires (Chine, Turquie et Egypte en tête).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Trois ans après le lancement du magazine « Society », le groupe de médias indépendant renforce son pôle musique et s’apprête à lancer un trimestriel consacré au hippisme.
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So Press accélère la cadence

Trois ans après le lancement du magazine « Society », le groupe de médias indépendant renforce son pôle musique et s’apprête à lancer un trimestriel consacré au hippisme.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h44
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Pour le troisième anniversaire du lancement de son magazine Society, le groupe de médias indépendant So Press s’offre un beau cadeau : la société Detroit Media, dont les sept employés vont rejoindre, mardi 6 mars, son siège, un ancien théâtre du 11e arrondissement de Paris, quartier branché de la capitale.

Grâce à ce rachat, Franck Annese, le fondateur et directeur de So Press – qui a dépassé la quarantaine, mais conserve son inamovible casquette américaine –, enrichit le pôle musique de son empire média, qui compte une centaine de collaborateurs, dont une rédaction unique d’une soixantaine de journalistes.
Tombent donc dans son escarcelle Tsugi, magazine musical qui s’est imposé en dix ans (avec une diffusion revendiquée de 24 000 exemplaires), son site Internet et sa webradio, mais aussi la cogérance du Trabendo, une salle de concerts parisienne. Et un chiffre d’affaires de 2,2 millions d’euros.
Le propre de So Press est d’être présent dans la presse papier, sur Internet, dans la publicité, la musique...
Belle acquisition donc, même si M. Annese préfère le terme d’« intégration », sûrement plus neutre et n’évoquant pas l’image du gros absorbant le petit. « On s’est rapproché il y a quelque temps. On a réfléchi ensemble à ce qu’on pourrait faire. Ça nous intéressait, car on commençait à avoir un pôle musique assez important, puisque nous avons Greenroom [un site sur la musique réalisé en partenariat avec Heineken], que nous faisons des contenus pour Spotify sur le rap français, que nous avons un label et que nous produisons des clips. Il y a une cohérence », explique le fondateur de So Press.
Une araignée à dix pattes
Chaque week-end, la rédaction de Tsugi réalise également les pages musique de Libération. Par ailleurs, tout comme So Press, Detroit Media s’est aventuré sur le territoire du brand content – des contenus produits spécifiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.
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Au Maroc, les sites d’information luttent pour leur survie

Les médias en ligne souffrent de la concurrence de Facebook et Google dans la publicité et de la sévérité de la justice à leur égard.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 19h39
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



                                


                            

La démocratisation d’Internet, dans le sillage des réformes engagées par le roi Mohammed VI et des révolutions arabes, a entretenu un espoir de libération de la parole journalistique sur le Web. En 2014, le ministre de la communication, Mustapha El Khalfi, dénombrait plus de 400 sites d’informations en ligne et se réjouissait de leur « potentiel dans le domaine de la diversité et de la liberté de la presse ». Quelques années plus tard, certains sujets épineux comme l’islam, le régime monarchique et le Sahara occidental, sont toujours tabous. Et le risque de la prison, qui menace toujours les journalistes, encourage l’autocensure.
« L’exemple d’Hamid El Mahdaoui, rédacteur en chef de Badil.info, pure-player arabophone qui a mis la clé sous la porte depuis l’arrestation de son fondateur pendant le Hirak [un mouvement contestataire né à Al-Hoceïma dans la région du Rif après la mort d’un poissonnier broyé par une benne à ordures] est dans la tête des journalistes », explique Abdellah Tourabi, ancien directeur de publication du magazine indépendant Telquel, hebdomadaire critique envers les gouvernements successifs et qui accumule les procès.

Pourtant présentée comme une avancée pour la liberté de la presse par le Parti de la justice et du développement (PJD), au pouvoir depuis sept ans, la réforme du code de la presse, adoptée en 2016, a théoriquement supprimé les peines privatives de liberté. Mais, en pratique, « les juges contournent le code de la presse et poursuivent les journalistes sur la base du code pénal », affirme Youssef Aït Akdim, journaliste indépendant installé à Rabat.
Difficile de faire payer le lecteur
Les éditeurs critiquent également l’absence de juges et de procureurs spécialisés dans les affaires de presse. « Lors du premier procès intenté en 2009 contre Taoufik Bouachrine pour “offense au drapeau national”, le juge citait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Le sociologue a été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement contesté les compétence d’un « expert » d’une émission de téléréalité.
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Jean-Claude Kaufmann : « Les sciences humaines et sociales ont un combat à mener face aux vérités alternatives »

Le sociologue a été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement contesté les compétence d’un « expert » d’une émission de téléréalité.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 14h12
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Jean-Claude Kaufmann est sociologue, ancien directeur de recherche du CNRS et spécialiste du couple. Pour avoir, dans un article de 20 Minutes, qualifié d’« arnaque » les « thèses scientifiques » défendues par Stéphane Edouard, présenté comme « sociologue de couple » pour l’émission de téléréalité « Mariés au premier regard », diffusée sur M6, il a été mis en examen mi-janvier pour diffamation. Derniers essais parus : Un lit pour deux (JC Lattès, 2015) et Piégée dans son couple (LLL, 2016).
Vous avez été mis en examen pour diffamation après avoir publiquement douté de la validité des « thèses scientifiques » de Stéphane Edouard, « expert » en sociologie. Qu’est-ce qu’un sociologue ?
S’il n’y a pas en sociologie d’ordre professionnel comme chez les avocats ou les médecins, il n’en faut pas moins remplir un cahier des charges précis pour représenter cette discipline. On peut qualifier de sociologue deux catégories d’acteurs. La première, qui constitue le « noyau dur » du métier, implique d’être titulaire d’une thèse de doctorat en sociologie et de faire des travaux de recherche, en tant qu’enseignant-chercheur à l’université ou en tant que chercheur dans un grand organisme public, tel le CNRS. Ces scientifiques partagent tous le même système de fonctionnement : la validation par les pairs. Autrement dit, le contrôle mutuel permanent de chacun par chacun, d’une part à l’intérieur des institutions de recherche, d’autre part par le biais de publications et de colloques.
La deuxième catégorie concerne un cercle plus élargi de professionnels. Ils ont des niveaux de diplôme moins élevés que la thèse, ne se revendiquent pas de la science, et font souvent, sur le terrain, en liaison avec des travailleurs sociaux par exemple, un excellent travail d’analyse et d’intervention. Mais si l’un de ces sociologues « opérationnels » veut mettre en avant ses hypothèses et ses idées dans un article à prétention...




                        

                        

