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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé, pour le blog Factoscope, des vérifications d’assertions politiques sur le sujet depuis un an.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le premier syndicat de la SNCF a présenté mercredi 7 mars son « Rapport sur l’avenir du service public ferroviaire et contre le statu quo libéral ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

La contre-réforme ferroviaire de la CGT en sept propositions clés

Le premier syndicat de la SNCF a présenté mercredi 7 mars son « Rapport sur l’avenir du service public ferroviaire et contre le statu quo libéral ».



Le Monde
 |    08.03.2018 à 14h59
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Face à la « feuille de route des libéraux » et au « démembrement » à venir de la SNCF, autrement dit face à la vaste transformation de la SNCF, qui sera présentée sous forme de projet de loi en conseil des ministres mercredi 14 mars, la CGT Cheminots, premier syndicat du groupe ferroviaire public, a décidé de dégainer ses propositions de contre-réforme du rail français.
Mercredi 7 mars, au siège du syndicat, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots a présenté à la presse un rapport intitulé « Ensemble pour le Fer » et sous-titré « Rapport sur l’avenir du service public ferroviaire et contre le statu quo libéral ». Le document de 45 pages sera transmis au premier ministre Edouard Philippe dans les prochains jours dans le but de « réorienter les décisions du gouvernement ». M. Philippe s’est, selon M. Brun, engagé à recevoir la CGT pour en discuter.
Que contient ce texte ? D’abord un constat qui prend le contre-pied de ceux du rapport publié le 15 février par Jean-Cyril Spinetta, sur lequel le gouvernement s’appuie pour réformer la SNCF : non, la concurrence n’a pas partout permis une augmentation des trafics et une amélioration de la qualité de service ; non, le rail n’est pas très subventionné si on le compare à la route ; non, la SNCF n’est pas inefficace, citant la société de conseil Boston Consulting Group ; non, ajouter une dose de privé dans le système et recourir à la sous-traitance ne fait pas baisser les coûts…
Il découle de cet ensemble une série de propositions radicalement inverses de celles de Cyril Spinetta et dont voici une sélection.
Renoncer à la concurrence dans le ferroviaire
Selon la CGT, l’argument d’un passage obligatoire à la concurrence imposé par Bruxelles est contestable. Si le syndicat ne nie pas que le quatrième Paquet ferroviaire européen prévoyant la concurrence a bien été adopté, il a déniché dans les textes communautaires des clauses techniques, économiques et sociales permettant, selon lui, de s’en affranchir. Ces clauses ont d’ailleurs été invoquées, dit la CGT, pour retarder bien au-delà de 2023 la concurrence dans le transport ferroviaire francilien.
Lancer un effort national pour augmenter la part du train dans les transports
« Nous sommes effarés que le premier ministre ne fasse plus aucune référence à une ambition publique de report modal, a déclaré Laurent Brun. Le tout routier se confirme dans cette omission. » La CGT propose donc un plan extrêmement volontariste que l’on pourrait appeler « plan 25 % ». La part du train dans le transport devrait atteindre 25 % partout : 25 % pour les marchandises, 25 % pour les voyageurs sur longue distance, 25 % pour les trajets courts.
L’effort pour le fret serait considérable (il implique une hausse de 330 % des marchandises transportées en train) mais aussi sur les voyages de courte distance pour lesquels le rail occupe moins de 12 % du marché. Il faut donc 3 milliards d’euros supplémentaires annuels, de l’aveu même du syndicat, pour financer cet effort national.
Désendetter la SNCF en utilisant une structure de défaisance
La première piste pour dégager des marges de manœuvre financières serait une reprise de la dette de la SNCF – 54,5 milliards d’euros au total – par l’Etat. Cela soulagerait l’entreprise de 1,7 milliard d’euros d’intérêts annuels a calculé le syndicat. Point original : cette transformation en dette publique ne serait pas une reprise pure et simple mais un transfert vers une structure dédiée, un peu comme cela a pu être fait il y a quelques années pour le Crédit lyonnais. La CGT a trouvé un nom à cette structure dite de défaisance : la Cadefe (Caisse d’amortissement de la dette ferroviaire de l’Etat).
Nationaliser les autoroutes pour financer le désendettement
Afin d’abonder cette nouvelle caisse, la CGT propose de renationaliser la « rente » sur laquelle sont assises les sociétés concessionnaires d’autoroutes issues de la privatisation de 2007 et d’affecter cette ressource à l’apurement de la dette ferroviaire cantonnée dans la Cadefe, « afin de ne pas faire supporter au seul contribuable le poids de la dette ferroviaire de l’Etat ».
Réserver la TICPE aux infrastructures de transport
Payée essentiellement par les automobilistes et camionneurs lorsqu’ils font le plein de leur véhicule, la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) est l’une des principales ressources de l’Etat. La CGT propose de la sanctuariser et de consacrer l’intégralité des 28 milliards d’euros qu’elle rapporte au financement des infrastructures de transport (routier, ferroviaire, portuaire et fluvial), dont 6 milliards directement pour le réseau ferré national.
Revenir à un groupe public unique et intégré
Pas question pour la CGT d’accepter la proposition du gouvernement de transformer la SNCF en une société anonyme. Mais le syndicat ne veut pas non plus de l’actuel éclatement en plusieurs entités : une branche réseau et une branche mobilité sous-divisée en une branche Voyageurs, une branche TER, une branche Fret, une branche Ile-de-France… Sans compter les centaines de filiales de la SNCF. Surtout, la CGT ne veut plus d’une séparation juridique entre la gestion du réseau et la circulation des trains.
Pérenniser et même renforcer le statut de cheminot
« L’affirmation maintes fois assénée par les partisans de la fin du statut de cheminots que celui-ci coûterait 30 % de plus que les salariés de la concurrence n’est pas démontrée », dit le rapport. La CGT estime que ce statut est « consubstantiel au service public » et le garant de la continuité du ferroviaire sur le territoire national. Mais elle va plus loin, considérant qu’il y a eu des attaques contre ce statut en particulier par des embauches de plus en plus nombreuses de contractuels (environ 30 % aujourd’hui). « Le statut de cheminot, non seulement je vais le défendre mais je veux le renforcer », a expliqué Laurent Brun.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ La haute juridiction considère que le gouvernement a retenu « des critères objectifs et rationnels » qui n’enfreignent pas le principe d’égal accès à l’instruction.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Le Conseil constitutionnel valide le projet de loi réformant l’accès à l’université

La haute juridiction considère que le gouvernement a retenu « des critères objectifs et rationnels » qui n’enfreignent pas le principe d’égal accès à l’instruction.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 14h32
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h58
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



   


Après le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel a rejeté à son tour, jeudi 8 mars, le recours déposé le 23 février par les députés socialistes, « insoumis » et communistes, contre le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants, qui crée la plate-forme Parcoursup. « Le législateur a retenu des critères objectifs et rationnels, dont il a suffisamment précisé le contenu, de nature à garantir le respect du principe d’égal accès à l’instruction », estime la haute juridiction, écartant ainsi le principal grief des plaignants.

        Lire :
         

          Le projet de loi réformant l’entrée à l’université attaqué devant le Conseil constitutionnel



En effet, les établissements publics d’enseignement supérieur « peuvent tenir compte des caractéristiques de la formation, lesquelles font d’ailleurs l’objet d’un “cadrage national” fixé par arrêté ministériel, ainsi que des acquis et compétences des candidats afin, le cas échéant, de subordonner leur inscription à l’acceptation par eux de dispositifs d’accompagnement et de formation », argumentent les sages.

        Lire :
         

          Le projet de loi réformant l’entrée à l’université attaqué devant le Conseil constitutionnel



« logique utilitariste »
La « rationalité » du législateur s’illustre aussi, selon le Conseil constitutionnel, dans le fait que « les inscriptions sont décidées en tenant compte de la cohérence entre, d’une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation antérieure et ses compétences et, d’autre part, les caractéristiques de la formation ».
Par ailleurs, les députés plaignants reprochaient au projet de loi de privilégier une « logique utilitariste » portant atteinte au principe d’indépendance des enseignants-chercheurs, de par la diffusion, pour chaque formation proposée aux bacheliers sur la plate-forme Parcoursup, de statistiques relatives à la réussite aux examens et à l’insertion professionnelle. Selon le Conseil constitutionnel, « la définition des informations fournies aux candidats au cours de la procédure de préinscription ne met pas en cause ce principe ».

        Lire aussi :
         

                Le Conseil d’Etat rejette les demandes de suspension de la plate-forme Parcoursup



Enfin, le Conseil écarte la critique selon laquelle le texte porterait atteinte au droit au recours juridictionnel effectif résultant de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il considère que le projet de loi garantit « une réponse de l’administration au candidat ayant formulé des choix », puisqu’il prévoit, à la fin de la procédure, que le candidat puisse « contester, le cas échéant, le refus de chacun des choix qu’il a formulés ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Les emplois traditionnellement plus féminisés que les autres sont souvent aussi moins rémunérateurs. Pour atteindre l’égalité économique, une piste consisterait à ce que ces emplois soient revalorisés.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Souvent dans l’ombre de leurs collègues de La France insoumise, les onze députés du groupe communiste à l’Assemblée nationale présentent, jeudi, cinq propositions de loi lors d’une « niche » parlementaire.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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A l’Assemblée nationale, le PCF en quête de visibilité

Souvent dans l’ombre de leurs collègues de La France insoumise, les onze députés du groupe communiste à l’Assemblée nationale présentent, jeudi, cinq propositions de loi lors d’une « niche » parlementaire.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 11h27
    |

            Alexandre Lemarié et 
Abel Mestre








                        



                                


                            
Comment exister dans l’ombre d’un encombrant voisin ? Peinant à se faire entendre depuis le début de la législature face à La France insoumise (LFI), les onze députés du groupe communiste à l’Assemblée nationale ont enfin l’occasion de se faire entendre, jeudi 8 mars, lors d’une journée qui leur est consacrée au Palais-Bourbon.
Lors de cette « niche » parlementaire, les troupes menées par André Chassaigne présenteront cinq propositions de loi visant à établir la gratuité des transports scolaires, à renforcer la lutte contre les marchands de sommeil et la précarité professionnelle des femmes, ou à créer un statut pour les aidants familiaux de personnes âgées dépendantes.
Déjà rejetés les 20 et 21 février en commission, ces cinq textes devraient l’être de nouveau lors de leur examen en séance. Qu’importe ! Le fait de pouvoir défendre leurs propositions à la tribune de l’Assemblée suffit au bonheur de ces élus peu habitués à prendre la lumière en dehors de l’Hémicycle. « Cela peut nous apporter de la visibilité et montrer que nous appartenons à un groupe de propositions et non d’opposition systématique », explique Fabien Roussel, élu communiste du Nord et auteur d’une proposition de loi visant à créer une liste française des paradis fiscaux.
« C’est une bonne occasion de mettre en lumière tous les élus de notre groupe et surtout de mettre en avant nos propositions », abonde Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine, qui espère qu’elles susciteront « un vrai débat démocratique » et « seront étudiées sérieusement. » « J’espère à minima qu’elles pourront être débattues et faire l’objet de contre-propositions et d’amendements de la part des élus de la majorité, comme nous le faisons sur leurs textes », ajoute-t-elle.

Alors que le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon, ne veut pas entendre parler d’une alliance avec le parti dirigé par Pierre Laurent, leurs troupes parviennent à...




                        

                        


<article-nb="2018/03/08/19-7">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Les Néo-Calédoniennes doivent déjouer de nombreux conservatismes pour trouver leur place sur le Caillou.
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En Nouvelle-Calédonie, les femmes kanak moteurs de la décolonisation

Les Néo-Calédoniennes doivent déjouer de nombreux conservatismes pour trouver leur place sur le Caillou.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h16
    |

                            Claudine Wéry (Nouméa, correspondante)








                        



                                


                            
A la banque d’affaires de la Défense où elle a travaillé pendant cinq ans, Isabelle Guacar comptait du beau monde dans ses clients, telle Laeticia Hallyday. « J’ai le souvenir d’une personne adorable mais très têtue », se contente de raconter la jeune femme tirée à quatre épingles, au regard volontaire. Native de l’île de Maré, Isabelle Guacar est depuis 2015 conseillère en gestion de patrimoine à Nouméa dans une grande enseigne d’assurances, après une dizaine d’années passées à Paris, où elle a décroché un MBA (master en administration des affaires). « Je suis la seule Kanak à avoir fait ce type de cursus, un ovni ! La finance, ce n’est vraiment pas notre monde, mais moi ça me passionne. »
Issue d’une famille modeste de huit enfants, elle a pu partir étudier en métropole grâce au programme Cadres Avenir, mis en place après les accords de Matignon (1988), avec pour mission de former une élite kanak. Même si elle adorait la vie parisienne, cette voyageuse est heureuse d’être rentrée « chez elle » en Nouvelle-Calédonie, ce caillou du Pacifique dont la France accompagne la décolonisation avant un référendum d’autodétermination prévu en novembre 2018.

« Je me sens utile ici. Je retrouve la raison pour laquelle je suis partie, confie cette mère de deux enfants, au sortir d’un rendez-vous avec une “mamie” en robe mélanésienne. En partant, elle m’a dit : “Je suis rassurée de trouver quelqu’un de chez nous, tu utilises des mots que je comprends” », se réjouit la conseillère financière, passerelle entre une société kanak fondée sur la solidarité communautaire et une économie occidentale où s’imposent rentabilité et individualisme.
Dans son portefeuille de clients : des grosses fortunes locales et de plus en plus de petits épargnants kanak, qui poussent la porte de son bureau « grâce à radio cocotier [bouche-à-oreille] ». « Il faut marier nos deux systèmes. Vivre ensemble, c’est...




                        

                        


<article-nb="2018/03/08/19-8">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que le parti d’Epinay risque d’être, au mieux, une force d’appoint dans les prochaines années.
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« Au PS, reconstruire ne suffira pas, il faut tout réinventer du sol au plafond »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que le parti d’Epinay risque d’être, au mieux, une force d’appoint dans les prochaines années.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 14h18
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au "Monde")








                        



                                


                            
Mitterrand ! Ils ont cité son nom comme un exemple et une bouée de sauvetage. Mitterrand et l’alliance avec les communistes, Mitterrand et le pouvoir d’achat, Mitterrand et l’art de la synthèse. Tour à tour, les prétendants à la direction du Parti socialiste, qui débattaient mercredi 7 mars sur LCI avant le vote des militants les 15 et 29 mars, ont invoqué, comme un talisman, le nom de l’homme qui, le 10 mai 1981, a conduit la gauche au pouvoir.

Mais c’était un non-sens car François Mitterrand ne peut plus rien pour eux. Ils doivent l’oublier. Ce qui arrive au PS, cette quasi-mort qui a frappé le parti au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle (6,4 % des suffrages exprimés seulement pour Benoît Hamon, quatre fois moins que le score d’Emmanuel Macron, trois fois moins que celui de Jean-Luc Mélenchon), signe la fin d’un cycle : celui d’Epinay qui avait vu le PS, à partir de 1971, affirmer progressivement son hégémonie sur la gauche en s’alliant avec le PCF – puis en le dévitalisant –, et en satellisant les petits partis tels que les radicaux de gauche ou les écologistes.
Aujourd’hui, tout l’édifice est en ruine et ce qui en constituait l’épicentre est mortellement touché. Le PS a été pillé des deux côtés : sur sa droite par Emmanuel Macron, sur sa gauche par le chef de file de La France insoumise. Le casse a été si violent qu’à l’issue de la double séquence présidentielle et législatives, celui qui fut naguère l’un des deux grands partis de l’alternance ne peut plus prétendre à une quelconque hégémonie. Il risque d’être au mieux une force d’appoint dans les prochaines années, mais pour qui ?
Un possible futur ?
Et le pire, c’est qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, dans la mesure où les contradictions internes qui le tiraillaient depuis des années sur son rapport au libéralisme et à l’Europe ont toutes explosé sous le quinquennat de François Hollande, transformant l’histoire de la gauche en une tragédie. Alors reconstruire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Marlène Schiappa, Roselyne Bachelot et Myriam El Khomri interprétaient la pièce d’Eve Ensler au théâtre mercredi soir.
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Ovation pour les ministres interprètes des « Monologues du vagin »

Marlène Schiappa, Roselyne Bachelot et Myriam El Khomri interprétaient la pièce d’Eve Ensler au théâtre mercredi soir.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 12h01
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


L’image est saisissante. Celle d’une secrétaire d’Etat en exercice, en robe noire et talons aiguilles rouges, lançant, depuis la scène d’un théâtre parisien : « Mon vagin sent très bon, merci ! » Entre les questions au gouvernement et le comité interministériel sur les droits des femmes du 8 mars, Marlène Schiappa, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein du gouvernement, a interprété, mercredi 7 mars, avec l’ancienne ministre de la santé Roselyne Bachelot et l’ancienne ministre du travail Myriam El Khomri Les Monologues du vagin, d’Eve Ensler, à Bobino, à Paris (14e). Un texte devenu un phénomène depuis sa création, en 1996, joué dans 140 pays et en 48 langues.
C’est justement l’effet visé par la pièce, qui martèle ce mot « qui ne sonnera jamais comme il faut », pour briser le tabou, le dépeindre dans toutes les situations, et, à travers lui, décrire l’oppression vécue par les femmes, leurs aspirations, leur plaisir. Tour à tour tragique et drôle, il décrit le désarroi d’une épouse que son mari oblige à se raser le sexe, celui d’une dame âgée qui parle « d’une cave où on n’a pas envie d’aller voir », ou encore le désespoir d’une femme violée, qui sent « un animal mort cousu par un épais fil de pêche noir » là où autrefois se trouvait « une douce prairie scintillante de rosée ». Le texte, constamment réactualisé, évoque le sort des femmes excisées, emprisonnées dans des burqas, assassinées…
« Tous les moyens sont bons pour parler de l’égalité des femmes et des hommes à la veille du 8 mars »
Mais aussi la jouissance, à travers notamment le récit de l’amante de Fred, un adorateur du vagin, de celui d’une travailleuse du sexe lesbienne, ou du fantasme d’une culotte imaginaire équipée d’un « titilleur intégré », qui permettrait d’avoir des orgasmes « au supermarché, dans le métro, à l’Assemblée… » – la dernière mention a été ajoutée par la metteuse en scène Coralie Miller à destination de Marlène Schiappa, qui interprétait cette partie du texte. Le tout clos par un répertoire de gémissements d’anthologie.
Preuve, s’il en était besoin, que politique et théâtralité entretiennent des liens étroits, les interprètes d’un soir ont fait merveille dans l’exercice, déclenchant rires, applaudissements et une standing ovation finale. Chacune dans son registre, émouvant pour Myriam El Khomri, impertinent pour Marlène Schiappa, gouailleur et cabotin pour Roselyne Bachelot.
La place de ces femmes politiques était-elle sur la scène d’un théâtre ? Leur message est politique, répondent-elles. « Tous les moyens sont bons pour parler de l’égalité des femmes et des hommes à la veille du 8 mars, affirmait Marlène Schiappa à l’issue de la représentation. Y compris en dehors des endroits traditionnels comme les colloques sur les droits des femmes. » La pièce, rappelait Roselyne Bachelot « a une histoire citoyenne incroyable. En plus des comédiennes professionnelles, des femmes engagées l’ont toujours interprétée. Nous nous inscrivons dans cette filiation ». Les bénéfices de la soirée, organisée à l’initiative de Jean-Marc Dumontet, propriétaire du théâtre, ont été versés au Collectif féministe contre le viol.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le gouvernement est décidé à céder la majorité de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). La Française des jeux devrait suivre.
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L’Etat donne le coup d’envoi aux privatisations

Le gouvernement est décidé à céder la majorité de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). La Française des jeux devrait suivre.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h07
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Le gouvernement est sur le point de relancer les privatisations. Et Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) sera bien la première opération du genre pour Emmanuel Macron en tant que président de la République, ont indiqué au Monde plusieurs sources, confirmant des informations de BFM TV.

Samedi 10 mars, lors d’une réunion interministérielle à Matignon, le premier ministre Edouard Philippe doit détailler les derniers arbitrages du gouvernement sur la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), qui sera présentée le 18 avril au conseil des ministres. Dans ce cadre, le gouvernement donnera le coup d’envoi des cessions de participations de plusieurs entreprises publiques.
Outre le groupe ADP, dont l’Etat détient 50,6 %, le sort de la Française des jeux (FDJ) sera en principe abordé. « Nous réfléchissons à l’ouverture du capital de la FDJ tout en gardant le monopole », a confirmé jeudi 8 mars le ministre de l’action publique, Gérald Darmanin, sur Sud Radio.
La participation de l’Etat valorisée à 8,7 milliards d’euros
La nouvelle loi pourrait aussi autoriser l’Etat à descendre sous la barre des 33,3 % de droits de vote chez Engie, afin de poursuivre ses cessions de titres. En revanche, la vente des 15 % détenus dans Renault n’est pas à l’ordre du jour, a assuré mercredi Bercy après que Reuters a évoqué des discussions entre l’Etat et Nissan sur le sujet.
Pour l’Etat, la privatisation la plus intéressante, et la plus attendue, concerne le groupe ADP. « Dans la loi Pacte, un article autorisera le gouvernement à faire passer sa participation dans ADP sous le seuil de 50 %, indique une source à Bercy. La décision de principe a été prise. » Les modalités précises de l’opération seront arrêtées plus tard. « Il faut prendre beaucoup de précautions sur ce sujet, prévient un bon connaisseur du dossier. Avant de privatiser un monopole, il est nécessaire de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Une plus grande égalité des sexes face au travail rémunéré pourrait augmenter le PIB de chaque pays
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ POINT DE VUE. Pour l’urbaniste Pascale Lapalud, la manière dont sont construites les villes et imaginé le mobilier urbain exclut les femmes de l’espace public.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Sur les 409 candidats à l’élection du « parlement » du parti d’extrême droite, 299 ont rédigé une profession de foi. Une radiographie qui laisse apparaître en creux les séquelles laissées par la présidentielle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/03/2018
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Le parlement du FN, entre doute et fidélité

Sur les 409 candidats à l’élection du « parlement » du parti d’extrême droite, 299 ont rédigé une profession de foi. Une radiographie qui laisse apparaître en creux les séquelles laissées par la présidentielle.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 09h29
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

« Pourquoi je suis candidat ? Pour défendre la France et les Français d’abord ! Pour défendre notre identité française et chrétienne. » A 60 ans, dont trente de carte au Front national (FN), Pascal Erre est l’un des 409 candidats à l’élection du « parlement » du parti d’extrême droite.
Les adhérents ont été appelés à en élire cent parmi eux, invités à siéger au comité central, rebaptisé « conseil national » dans les nouveaux statuts du parti qui doivent être validés au congrès de Lille, les 10 et 11 mars. S’ajouteront vingt noms, choisis directement par la présidente de la formation frontiste, Marine Le Pen, pas nécessairement dans cette liste. La composition de la nouvelle assemblée sera présentée dimanche, au congrès.
Retour à Pascal Erre, déjà conseiller régional Grand-Est, secrétaire de canton, conseiller municipal et communautaire, et à ses 408 concurrents. Un nombre de candidatures impressionnant pour un organe délibératif qui n’a été réuni qu’une fois depuis 2014. Mais puisque le FN promet de tout « refonder », clamant la naissance d’une « démocratie interne » et d’une nouvelle « horizontalité » bien loin de sa culture, 299 candidats se sont même collés à la rédaction d’une profession de foi, exercice proposé pour la première fois par l’état-major.
Que racontent-ils d’eux ? Quels thèmes défendent-ils ? Sont-ils toujours fidèles à Marine Le Pen, après sa défaite présidentielle ? Quels sont, selon eux, les atouts d’un bon militant frontiste ? Autant de questions qui risquaient de rester sans réponse à la lecture des premières lignes de leurs écrits… « Aucune censure n’a été appliquée, promet-on en interne. Juste une correction des fautes d’orthographe et de syntaxe. » 
Références à « l’ancien monde » frontiste
L’un cite Pagnol, un autre Clemenceau. Lisette Pollet, elle, ajoute après la date de sa première adhésion au FN – en 2014 – la liste de ses passions : « Crochet,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Floran Vadillo, ancien conseiller du garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas sous la précédente mandature, regrette que le président ait abandonné le projet de construction pénitentiaire annoncé en 2017.
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Floran Vadillo : « La nouvelle orientation pénale conduira à la saturation des maisons d’arrêt »

Dans une tribune au « Monde », Floran Vadillo, ancien conseiller du garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas sous la précédente mandature, regrette que le président ait abandonné le projet de construction pénitentiaire annoncé en 2017.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h10
    |

Floran Vadillo (président du think tank L’Hétairie)







                        



                                


                            
[Le mardi 6 mars, Emmanuel Macron a présenté son « plan prison » pour lutter contre la surpopulation carcérale. Il entend mettre fin à l’incarcération automatique, aux aménagements de peine pour les condamnations ­supérieures à un an et envisage ­le recrutement de 1 500 conseillers d’insertion. Le président compte aussi créer une agence du travail ­d’intérêt général. Enfin, il a ramené son objectif de construction de ­nouvelles places de prison de 15 000 à 7 000 en cinq ans.]
Tribune. Sous l’effet d’une mécanique implacable, seule conséquence de la « nouvelle » politique pénale annoncée par Emmanuel Macron, l’administration pénitentiaire va devoir entasser toujours plus de personnes détenues dans des maisons d’arrêt déjà saturées, sans perspective de nouvelles constructions salutaires. Le président de la République contribue donc à détériorer une situation catastrophique. Plusieurs arguments se conjuguent à l’appui de ce constat.
En premier lieu, Emmanuel Macron a renoncé à un plan ambitieux de construction pénitentiaire. Pour cause : les arbitrages budgétaires de l’été 2017 ont grevé le budget du ministère de la justice, l’empêchant ainsi d’acheter les terrains négociés avec les élus locaux sous le précédent quinquennat.
A ce délai préjudiciable et à l’approche des élections municipales, s’ajoute la caducité des accords patiemment bâtis à l’époque. Le gouvernement Philippe a donc sabordé un dossier pourtant construit par l’ancien garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas pour survivre à l’alternance.
Explosion de la population carcérale
Par conséquent, les 7 000 places évoquées par l’Elysée résonnent comme l’aveu d’un échec ; elles suffiront à peine à rénover le parc existant mais en aucun cas ne serviront l’ambition de l’encellulement individuel. Car, dans cette perspective, et même si la population pénale ne connaissait pas d’accroissement, notre pays devrait construire 10 300 cellules ; et si le nombre de personnes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-René Lecerf, président (div. droite) du conseil départemental du Nord, regrette que la question de la maladie mentale, qui touche de 10 % à 20  % des condamnés, ne soit pas abordées de front par Emmanuel Macron.
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Prisons : « On assiste à un recyclage d’idées anciennes »

Dans une tribune au « Monde », Jean-René Lecerf, président (div. droite) du conseil départemental du Nord, regrette que la question de la maladie mentale, qui touche de 10 % à 20  % des condamnés, ne soit pas abordées de front par Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h07
    |

Jean-René Lecerf (président (DD) du conseil départemental du Nord)







                        



                                


                            

Tribune. Comme à d’innombrables reprises, la prison revient sur le devant de la scène. Il est bien normal qu’un nouveau chef d’Etat s’empare à son tour du lourd dossier carcéral, dont on peut penser qu’il n’honore pas la République. Rien de nouveau sous le soleil dans les réactions politiques. L’opposition crie au laxisme, alors qu’elle avait voté, en 2009, l’aménagement des peines de prison ferme de moins de deux ans, et prend largement en compte l’adhésion supposée de l’opinion aux thèses sécuritaires.
On assiste également à un recyclage d’idées anciennes. La prison doit rester une solution de dernier recours. C’était déjà inscrit dans la loi pénitentiaire de 2009, au même titre que le sens de la peine, qui doit s’ordonner autour de la réparation due à la victime, la protection de la société, la sanction du coupable, mais aussi la contribution à sa réinsertion dans la société. On n’échappe pas davantage à la caricature. Toutes les peines inférieures à deux ans seraient ainsi aménagées depuis 2009, alors qu’entre 10 % et 15 % des peines en cours d’exécution aujourd’hui sont inférieures à un an. En revanche, certaines questions, pourtant essentielles, ne sont pas posées.
Pas un mot sur la maladie mentale, alors que de 10 % à 20 % des condamnés, selon tous les rapports, souffrent de troubles tels que la peine ne revêt à leur égard aucun sens, tandis que le personnel pénitentiaire n’a guère de compétences pour les prendre en charge. Je n’oublie pas cependant des exceptions réconfortantes, comme l’établissement de Château-Thierry, où des agents ont développé un savoir-faire remarquable au sein de « la prison des fous ».
Il n’en reste pas moins que la subtilité de la distinction entre l’abolition et l’altération du discernement, conjuguée à l’insuffisance de places en hôpitaux psychiatriques font de la prison le plus grand asile de France. En 2009, la loi pénitentiaire avait éludé ce problème, faisant l’économie d’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’Etat luttera sans faiblesse contre l’antisémitisme, qui porte atteinte à la République et dont des formes anciennes et profondes renaissent, a promis mercredi le chef de l’Etat.
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Dîner du CRIF : Macron veut lutter contre la cyberhaine

L’Etat luttera sans faiblesse contre l’antisémitisme, qui porte atteinte à la République et dont des formes anciennes et profondes renaissent, a promis mercredi le chef de l’Etat.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 01h14
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h37
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Après un discours à l’invitation du Conseil français du culte musulman (CFCM) en juin 2017, un autre pour les 500 ans de la Réforme protestante en septembre et avant l’invitation de la Conférence des évêques de France le 9 avril, Emmanuel Macron était pour la première fois de son quinquennat l’invité du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), mercredi 7 mars, sous la Pyramide du Louvre.
La parole du président de la République était attendue par de nombreux Français juifs alarmés par la persistance d’un niveau élevé d’actes antisémites et par un climat quotidien jugé de plus en plus hostile. M. Macron leur a promis que l’Etat mènerait une lutte « implacable » contre la résurgence de l’antisémitisme, « le déshonneur de la France ».
Antisémitisme « réinventé »
Le président du CRIF, Francis Kalifat, venait d’exprimer l’angoisse des « Français juifs qui vivent la peur au ventre » face à « l’antisémitisme au quotidien ». Celui-ci s’est notamment exprimé, ces dernières semaines, par l’agression de plusieurs enfants. « Il y a ici quelque chose qui ne tourne pas rond », avait-il conclu, en demandant à l’Etat d’agir contre la propagation de la haine sur Internet et contre l’antisionisme, « la forme réinventée de l’antisémitisme ».
A sa façon, M. Macron a donné acte que la République avait tardé à poser le bon diagnostic sur ce qui s’est passé depuis le début des années 2000. « Nous avons collectivement cru à tort que l’antisémitisme avait définitivement reculé dans notre pays », a-t-il déclaré, en y voyant là une « faute morale de déni ». Puis « nous avons compris avec effroi que l’antisémitisme était toujours vivant », a-t-il ajouté. Si, par le passé, il a pu être confondu avec « l’importation » du conflit israélo-palestinien, a analysé le chef de l’Etat, ce n’est plus le cas aujourd’hui. « C’est plus grave, plus installé », a-t-il ajouté.
« Observatoire de la haine »
Alors que le président du CRIF a annoncé la création d’un « Observatoire de la haine sur le Net », le chef de l’Etat a affirmé vouloir conduire dans les mois qui viennent, au niveau européen, « un combat permettant de légiférer » pour contraindre les opérateurs à retirer dans les meilleurs délais « les contenus haineux du Web ». En France, une mission sera confiée à Gil Taïeb, vice-président du CRIF, et à l’écrivain franco-algérien Karim Amellal, sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet. « Aucune piste ne sera écartée, y compris la possibilité de légiférer », a affirmé M. Macron. 
Sur deux sujets, le président de la République s’est cependant démarqué des demandes du CRIF. Il a jugé contre-productive la reconnaissance à ce stade de Jérusalem comme la capitale de l’Etat d’Israël, décrétée par Donald Trump et défendue par le CRIF. Elle « n’a pas aidé à la résolution du conflit ni à l’amélioration du contexte sécuritaire », a-t-il plaidé.
Il a également refusé de trancher le débat sur la publication, projetée par Gallimard, des pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline, tout en laissant entendre qu’il n’était pas partisan de cette réédition. « Il n’y a pas dans notre pays de police mémorielle et morale des éditions dans le sens où je dirais “j’interdis la publication de ces écrits”. Je ne vais pas trancher ce débat. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Les quatre candidats au poste de premier secrétaire du Parti socialiste sont largement revenus, mercredi, sur le bilan de l’ancien président.
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Le débat du PS vire à l’inventaire du quinquennat Hollande

Les quatre candidats au poste de premier secrétaire du Parti socialiste sont largement revenus, mercredi, sur le bilan de l’ancien président.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 23h00
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 08h35
    |

                            Astrid de Villaines








                        



   


Il était temps que les socialistes fassent l’inventaire du quinquennat de François Hollande. Un an après la campagne présidentielle, c’est chose faite, avec le débat qui a opposé, mercredi 7 mars au soir, sur le plateau de LCI avec RTL et Le Figaro, les quatre candidats au poste de premier secrétaire du Parti socialiste qui sera désigné lors du congrès qui se tiendra à Aubervilliers les 7 et 8 avril.
Pendant plus d’une heure et demie, Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel ont confronté leurs positions sur l’avenir du parti, de la France et de l’Europe, sans rien renier de leur passé pendant les cinq années de la présidence Hollande.
Chacun était dans son rôle, M. Le Foll en défenseur du bilan de François Hollande, Emmanuel Maurel en soutien des frondeurs, Olivier Faure en acteur du rassemblement et Luc Carvounas cherchant l’équilibre entre son statut d’ancien vallsiste et son récent positionnement pour une gauche « arc-en-ciel ».
« Se tourner vers l’avenir »
Un duel s’est particulièrement imposé entre MM. Le Foll et Maurel. Dès le début de l’émission, l’ancien porte-parole du gouvernement tente d’évacuer tout éventuel devoir d’inventaire : « Il y a eu suffisamment de débats pendant cinq ans. Il faut se tourner vers l’avenir. Le passé n’a-t-il pas été purgé avec les élections ? »
Au contraire, M. Maurel affiche, dès son introduction, sa volonté de « tirer les conséquences politiques de ce qui nous est arrivé » et d’ouvrir « un autre chemin pour le PS et pour la gauche ». Le premier signataire du texte n° 4 « L’Union et l’Espoir » s’en prend très vite à son principal adversaire : « Stéphane Le Foll dit “on ne parle pas du bilan du quinquennat”, mais tout le monde en parle, les Français nous en parlent sur le terrain ! Nous avons déçu », regrette-t-il, rappelant le discours du Bourget qui a fait basculer la campagne de François Hollande en 2012.

        Lire aussi :
         

                Qui sont les candidats à la tête du Parti socialiste ?



L’eurodéputé, seul représentant de l’aile gauche du parti, a pleinement joué ce positionnement, lui qui n’a cessé de revendiquer une place plus centrale pendant la campagne. Défense des cheminots, augmentation du smic et des salaires, revalorisation du traitement des fonctionnaires, lutte contre l’évasion fiscale : il soutient des mesures parfois semblables à celles de Jean-Luc Mélenchon à qui il compte tendre la main s’il est élu.
N’hésitant pas à critiquer ouvertement le bilan de François Hollande qu’il assimile à la politique d’Emmanuel Macron : « Je supprimerais les ordonnances de 2017 sur la loi travail mais également la loi El Khomri, car elles en sont la continuité », lance-t-il, interrompu par M. Le Foll qui rappelle que le compte pénibilité était prévu par la loi de son ancienne collègue au gouvernement. « Ne fais pas semblant de ne pas comprendre ! », rétorque M. Maurel à l’ancien ministre. « Ne dis pas que c’est ce qui a été fait de pire », conclut l’ancien ministre de l’agriculture de François Hollande, lors de l’une des rares passes d’armes des échanges.
Faure et Carvounas en retrait
Leur face-à-face a quasiment évincé les deux autres candidats. Olivier Faure, considéré avant le débat comme favori, mais peu à l’aise dans l’exercice, s’est posé en rassembleur comme il l’était en tant que député sous l’ancienne majorité. « J’ai été loyal à mon parti mais j’ai aussi parfois donné l’alerte », souligne celui qui a proposé plusieurs compromis au gouvernement de Manuel Valls, notamment sur la déchéance de nationalité ou sur la loi travail. « Cela a été refusé, j’en suis désolé, mais je n’ai rien à regretter », confesse-t-il, comme un aveu d’échec.
Comme prévu, le président du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée nationale n’a pas cherché l’affrontement avec ses concurrents, mais M. Carvounas l’a plusieurs fois renvoyé à sa proximité avec l’ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, signataire de son texte d’orientation « Le chemin de la renaissance », ou à son abstention lors du vote de confiance au premier ministre, Edouard Philippe, au mois de juin.
M. Carvounas, seul des trois députés en lice à avoir voté contre la confiance, a néanmoins eu du mal à se faire entendre entre son passé de proche de Manuel Valls et son récent positionnement pour une gauche « arc-en-ciel ». « Il faut faire le devoir d’inventaire, mais tout n’est pas à jeter quand même ! », s’emporte-t-il contre M. Maurel.
« La synthèse molle »
Quelques instants plus tard, le député du Val-de-Marne vise les deux candidats les plus proches de la ligne de François Hollande : « Pardon, Stéphane et Olivier, mais la synthèse molle, on a vu où cela nous avait emmenés : La République en marche nous a laminés, on a été divisés par dix à l’Assemblée ! », avant de conclure en reprenant la célèbre réplique de Martine Aubry, lors du débat des primaires socialistes en 2011, à l’encontre de François Hollande : « Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup ! »
M. Faure a répondu à chaque pique : « Tu as voté contre le droit à l’erreur [projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance] alors que tu sais que cela va bénéficier à des milliers de Français. L’opposition systématique ne sert à rien. » Et un peu plus tard : « Il fallait dire tout cela avant », renvoyant l’ancien vallsiste à son passé.
« Regardez ce débat, on va pouvoir continuer longtemps comme cela ! C’est fini, il faut se tourner vers l’avenir ! », tente une dernière fois M. Le Foll, à la fin de l’émission, pendant que M. Faure maintient sa ligne du rassemblement : « Pourquoi un chef devrait-il diviser ? La division, on a déjà essayé. » Comme dans une énième référence à un quinquennat douloureux, loin d’être digéré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Des sites d’extrême droite accusent le président de vouloir accorder aux terroristes des droits supplémentaires… qu’ils ont déjà s’ils sont français ou qu’ils peuvent avoir perdu lors de leur condamnation.
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Non, Emmanuel Macron ne veut pas « donner le droit de vote aux djihadistes en prison »

Des sites d’extrême droite accusent le président de vouloir accorder aux terroristes des droits supplémentaires… qu’ils ont déjà s’ils sont français ou qu’ils peuvent avoir perdu lors de leur condamnation.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 20h51
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Emmanuel Macron a présenté mardi son projet de réforme du système pénal français. Le chef de l’Etat a notamment insisté dans son discours sur la nécessité, selon lui, que les détenus puissent voter. Plusieurs sites d’extrême droite ont saisi l’occasion pour lui imputer le projet de vouloir accorder des droits civiques « aux djihadistes » actuellement emprisonnés en France. Mais ces articles ont complètement dévoyé ses déclarations.
CE QUE DIT LA RUMEUR
Plusieurs sites Internet, dont le site Alertesinfos.fr, écrivent qu’Emmanuel Macron voudrait « donner le droit de vote aux prisonniers djihadistes “dès 2019” ». Et d’imputer au chef de l’Etat le projet d’« offrir les mêmes droits civiques que les citoyens français aux djihadistes actuellement détenus en France ». La rumeur a été largement reprise sur les réseaux sociaux par des comptes d’extrême droite.
POURQUOI C’EST FAUX
La vidéo du discours d’Emmanuel Macron à l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire a été publiée sur le site de l’Elysée. La question du vote des détenus y est abordée à partir de quarante-quatre minutes et vingt secondes. Le président a d’abord déploré qu’il soit souvent difficile de voter en prison :
« Le droit de vote doit pouvoir être exercé plus simplement. Je vous le dis très sincèrement, on a essayé de m’expliquer pourquoi des détenus ne pouvaient pas voter. Je n’ai pas compris. Il semblerait que ce soit le seul endroit de la République où l’on ne sache pas organiser ni le vote par correspondance ni l’organisation d’un bureau. »
Pour bien comprendre la situation, il faut savoir qu’il existe trois cas de figure pour les détenus face au vote :
Ceux qui ont été condamnés à la déchéance des droits civiques et perdent notamment leur droit de vote pendant le délai fixé par le jugement, un cas de figure qui concernait autour de deux mille détenus en 2012 ;Ceux qui n’ont pas le droit de vote car ils sont mineurs et/ou étrangers (environ 14 000 détenus en 2012) ;Ceux qui conservent en théorie le droit de vote (environ 61 000 détenus en 2012, soit autour de quatre détenus sur cinq).
Sauf que voter est souvent un parcours du combattant pour ceux qui auraient en théorie le droit de faire. Pour exercer leur devoir de citoyen, les détenus n’ont que deux choix actuellement : voter par procuration ou obtenir une permission de sortie pour aller voter. Ces dernières peuvent être accordées, à l’appréciation du juge d’application des peines, si le détenu a été condamné à une peine inférieure à cinq ans de réclusion ou s’il a exécuté la moitié de sa peine.
Toutes ces restrictions font qu’en 2012, moins de 4 % des détenus ont voté à l’élection présidentielle. Un chiffre insuffisant, juge Emmanuel Macron, qui fixe donc pour objectif d’organiser le vote des détenus dans des conditions satisfaisantes :
« La réalité c’est que nous allons le faire et que pour les prochaines élections européennes je veux que tous les détenus en France puissent exercer le droit de vote. Parce qu’encore une fois on prive un individu de sa liberté, pas de ses droits civiques. Sauf si la peine est explicitement, pour certains de ces droits civiques, prononcée. »
La dernière phrase est sans ambiguïté : pas question de remettre en cause la déchéance des droits civiques pour ceux qui en sont privés actuellement ou à l’avenir. Pour que les djihadistes en prison puissent voter, il faut d’abord qu’ils soient français — le vote est donc un droit constitutionnel qu’ils ont et Emmanuel Macron n’accorderait rien en plus.
Mais dans le cas où ce droit a été suspendu par un juge lors de leur condamnation, les djihadistes français ne pourront toujours pas voter le jour de l’élection. La réforme voulue par Emmanuel Macron ne changerait donc pas leurs droits des personnes mais simplement la possibilité de voter pour celles qui y sont autorisées.

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