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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ « La mentalité demeure figée dans l’idée de transgression virile “sexe, drogue et rock’n’roll” », déplore la musicienne Natasha Le Roux, qui enseigne au conservatoire de Pierrefitte-sur-Seine (93) et milite pour l’égalité entre les sexes dans la culture.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Pour la journaliste Inès Oueslati, la femme tunisienne vit encore menacée, discriminée au sein même de sa famille, avec la bénédiction de la loi.
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Point de vue

Journée des femmes : « Il est gênant de voir que l’on fait de son genre un événement marketing »

Pour la journaliste Inès Oueslati, la femme tunisienne vit encore menacée, discriminée au sein même de sa famille, avec la bénédiction de la loi.

Par                Inès Oueslati



LE MONDE
              datetime="2018-03-08T18:10:59+01:00"

        Le 08.03.2018 à 18h10






    
Une manifestante lors de la Journée internationale des droits des femmes, à Marseille, le 4 mars 2017.
Crédits : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


Tribune. 8 mars, jour où la femme se fête. Pourtant, fêter la femme dans un contexte qui lui est partiellement hostile revient à faire une fête de sa propre défaite. Loin d’être une victoire, en effet, de constater que les réussites que nous célébrons, dont le Code du statut personnel, fruit de la vision bourguibienne, sont celles des générations passées, que les plus grandes réalisations sont le fruit des combats de nos grands-mères et mères.
Droit à l’avortement, droit de vote, divorce par consentement mutuel… sont des acquis reçus en héritage. Ils étaient censés garantir à la femme tunisienne une place confortable et stable dans sa société. Mais la Tunisienne du XXIe siècle vit encore, dans bien des cas et dans certaines villes, son genre comme une menace, comme une discrimination au sein même de sa famille, avec la bénédiction de la loi.
Archaïsmes législatifs et sociaux
Nos prédécesseur(e) s ont lutté pour des lois, nous luttons pour des lois et contre un état d’esprit. Oui, nous sommes, nous, en train de mener un combat (encore un) contre l’obscurantisme, le machisme devenu sociétal et des inégalités en nombre.
En Tunisie, les femmes sont en confrontation quotidienne avec une législation anachronique, un mal profond qui s’ajoute au lot d’injustices normalisées. Le dossier en cours étant l’égalité dans l’héritage car, dans ce pays qui se reconstruit, l’inégalité (dans l’héritage) est défendue à coup de versets coraniques et d’accusations d’apostasie. Oui, on en est encore là !

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                #MeToo : « La politisation de ce mouvement est indispensable »



C’est bien au nom du Coran que le frère continue d’hériter le double de sa sœur en Tunisie. Une transposition des dispositions religieuses dans la législation qui dérange beaucoup. Et elles sont nombreuses à s’ériger contre cette règle de partage vécue comme une injustice. Une coalition nationale pour légalité dans l’héritage a même vu le jour et prévoit une marche ce samedi 10 mars. L’objectif est de soutenir une initiative proposée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, le 13 août 2017, à l’occasion de la célébration de la femme (encore une fois), qui appelait à l’autorisation de l’égalité dans l’héritage et du mariage des Tunisiennes à de non-musulmans.
Les enjeux actuels pour la femme tunisienne sont importants. La Tunisienne lutte contre les archaïsmes législatifs et sa lutte est d’autant plus rude que les archaïsmes sociaux persistent, que le machisme est enraciné, que les mentalités rétrogrades ont leurs arguments et que ceux-ci peuvent être exploités politiquement.
Nivellement par le bas
Nous en sommes encore, femmes du monde, toutes cultures confondues, abstraction faite de nos avancées respectives, dans des phases décisives, en lutte contre une réflexion galvaudée devenue norme, contre le sexisme, contre le harcèlement de rue, au travail, dans les transports. En attestent les #MeToo et les #Time’sUp : que l’on soit musulmane, chrétienne ou juive, française, américaine ou tunisienne, nous sommes unies par nos similarités dans les disparités !

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                Les droits des femmes dans le monde : de très fortes disparités entre Nord et Sud



Paradoxalement, cette fête de la femme gêne et ne fait pas qu’honorer. Pas seulement parce qu’il n’y a pas, dans le calendrier des fêtes, une occasion pour rendre la pareille à la gente masculine, ni parce que cela est gênant de voir fêter son appartenance, alors que c’est, pour elle, que le combat se poursuit. Cela est gênant de voir que l’on fait de son genre un événement marketing, un instrument de propagande politique, un sujet d’études, un objet de fonds. Alors que les bases acquises en matière de droit sont en péril et que le nivellement par le bas opère, alors qu’on normalise avec le sexisme et qu’on l’autorise à trouver sens dans le système judiciaire, il est dur de se laisser fêter, même une fois l’an.
Ceci nous rappelle que, dans « ségrégation positive », il y a « ségrégation » et que, pour être « positives », il faut sortir de la bulle, cesser le silence, hausser la voix, s’imposer et faire le changement.
Inès Oueslati est une journaliste tunisienne qui vit à Tunis.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Dans ce thriller d’Amanda Coe, une quinquagénaire se donne à un inconnu, avant d’être victime d’un chantage (sur Arte à 20 h 55).
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TV- « Sous influence » : passion ardente et retour de flamme

Notre choix du soir. Dans ce thriller d’Amanda Coe, une quinquagénaire se donne à un inconnu, avant d’être victime d’un chantage (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    08.03.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Minisérie sur Arte à 20 h 55

La docteure Yvonne Carmichael, 52 ans, sur le point d’être grand-mère, sexy mais un peu lasse, est une chercheuse en génétique londonienne réputée. A ce titre, elle est régulièrement consultée par le Parlement britannique, soucieux de l’encadrement éthique de la ­recherche scientifique.
Alors qu’elle sort de l’une de ces commissions, elle fait la rencontre d’un homme, présent dans l’assistance, qui, après quelques échanges aimables, lui propose de lui faire visiter la crypte au sous-sol du bâtiment. Les voici bientôt dans une pièce à l’abri des regards.
L’attirance est immédiate, et l’acte sexuel aussitôt consommé – dans une frénésie telle qu’il lui donne l’impression d’« être mangée par un loup », dira plus tard Yvonne. Cette pénétration par effraction consentie dans une existence un peu trop rangée, auprès d’un époux parfait mais qui la trompe, secoue-t-elle des rouages qui patinaient un peu ?
Chamboulée par cette rencontre à la teneur sexuelle régénératrice, Yvonne retrouve régulièrement Mark, lui-même marié et père. Celui-ci n’a de cesse de lui faire des promesses lubriques. Yvonne, qui accorde à Mark son consentement inquiet mais frémissant, apprécie peu à peu les jeux érotiques que lui impose son amant.
En plus d’un goût du secret qui confine à la paranoïa, Mark cultive celui des lieux publics – dont l’allée Apple Tree Yard, qui donne son ­titre original à la minisérie –, où il aime pratiquer des accou­plements à la verticale. Il est aussi adepte du retrait de sous-vêtements féminins dans les cafés et restaurants où le couple se retrouve, afin de faciliter les explorations digitales sous la table.
Course à l’abîme mortifère
A l’occasion d’une fête organisée par l’institut de recherche où elle travaille, Yvonne est sauvagement violée par l’un de ses collègues, qui lui fait subir un chantage à propos de la relation extraconjugale qu’elle entretient et dont il a deviné l’existence. Elle ne porte pas plainte, par peur d’être mal reçue et mal comprise par la police, et par crainte que sa vie privée soit déballée sur la place publique.

   


La suite est une course à l’abîme passionnelle et mortifère dans une Londres « grisailleuse » où s’intriquent vie personnelle marquée par la crise de la cinquantaine, ­rebondissements du type « thriller », meurtre et une enquête qui mène, au bout de quatre épisodes d’une heure (donnés en une seule soirée), à un procès qui occupe le dernier tiers du troisième et l’intégralité du dernier.
On pourra trouver les séquences érotiques un peu trop attendues (qu’on n’espère pas qu’elles ajoutent de nouvelles nuances à une palette de gris déjà bien connue). On pourra regretter surtout que Sous influence, diffusée il y a un an par la BBC, donne parfois l’impression d’être un film passablement étiré pour le faire entrer dans le format d’une minisérie.
Mais on aurait mauvais jeu à dire qu’on s’y ennuie, d’autant que le dernier tiers du propos tient habilement le téléspectateur en haleine. Les deux personnages principaux, incarnés par Emily Watson (Le Mari de la ministre, Breaking the Waves) et Ben Chaplin (qui n’est pas un descendant du grand Charlie), sont remarquables et servent un propos qui tombe à pic en plein débat sur les violences faites aux femmes.
Sous influence, créée par Amanda Coe. Avec Emily Watson, Ben Chaplin, Mark Bonnar (GB, 2016, 4 × 58 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. Clara et Julia Kuperberg retracent l’histoire de la sexualité dans le cinéma américain, entre puritanisme et hypocrisie (sur OCS Geants à 22 h 30).
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TV - « Hollywood : pas de sexe s’il vous plaît »

A voir aussi ce soir. Clara et Julia Kuperberg retracent l’histoire de la sexualité dans le cinéma américain, entre puritanisme et hypocrisie (sur OCS Geants à 22 h 30).



Le Monde
 |    08.03.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur OCS Geants à 22 h 30

Comme le souligne l’historien Craig Detweiler, « les Américains ont toujours été plus à l’aise avec la violence qu’avec le sexe ! » Dans le documentaire de Clara et Julia Kuperberg, l’évidence saute aux yeux lorsqu’il s’agit d’aborder ces relations complexes à travers le cinéma. Le suivi chronologique permet d’observer les évolutions, mais aussi les crispations et les approches hypocrites.
Au début des années 1930, le ­cinéma fait preuve d’une étonnante liberté avec des corps nus à l’écran, des scènes d’orgasme filmées de près. Le sexe ne choque pas et fait vendre. Mais le code de censure établi en 1934 par le sénateur William Hays, et appliqué jusqu’au milieu des années 1960, va refroidir les ardeurs. Fini les seins nus, les longs baisers, les couples non mariés filmés dans le même lit. Linda Williams, auteure d’Une histoire de la sexualité sur les écrans américains (Capricci, 2014),se souvient des années 1960 : « Les Américains devaient aller voir des films européens pour découvrir du sexe au cinéma. »
Versions édulcorées
Dans un pays puritain, il est plus facile de parler de sexe que de le montrer. Même si, au cours des années 1970, certains films comme Gorge profonde, Le Lauréat ou Macadam Cowboy marquent les esprits en montrant des femmes assumant une sexualité sans tabous ou décrivant des situations (le cow-boy texan gigolo) peu en phase avec le puritanisme local. « Je pense que les hommes américains sont gênés d’être assis à côté de leur épouse et d’être excités par une scène explicitement sexuelle au cinéma. Les Français s’en foutent complètement ! », ­estime le réalisateur britannique Adrien Lyne, auteur notamment de 9 semaines 1/2, film à succès projeté aux Etats-Unis dans une version édulcorée, les scènes ­sadomasochistes de la version originale ayant disparu.

   


En 1992, le célèbre Basic Instinct, avec son héroïne (interprétée par Sharon Stone) bisexuelle et ses scènes de sexe et de violence, sortira lui aussi en deux versions, celle projetée aux Etats-Unis étant évidemment plus soft. La mouvance conservatrice observée dans la société américaine se reflète au cinéma. Paradoxalement, la télé se montre, à travers de nombreuses séries, très audacieuse en matière de sexe. Puritaine, l’Amérique ? Hypocrite avant tout.
Hollywood : pas de sexe s’il vous plaît, de Clara et Julia Kuperberg (Etats-Unis, 2017, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’exposition « Domestic Pools » révèle les enjeux liés à ce signe extérieur de prospérité sociale.
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Plongée dans les piscines à la Villa Noailles

L’exposition « Domestic Pools » révèle les enjeux liés à ce signe extérieur de prospérité sociale.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h54
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Après les skateparks en 2016 et les boîtes de nuit en 2017, la Villa Noailles, centre d’art d’intérêt général situé à Hyères (Var), présente, jusqu’au 18 mars, « Domestic Pools » (piscines privées), troisième volet de son cycle sur l’architecture et le divertissement. L’idée du sujet est née de la découverte de la piscine de l’architecte Alain Capeillères au Brusc, non loin de Toulon, et de sa large plage lisse et glissante de 142 000 carreaux de faïence blanche. Immortalisé en 1976 par la photographe Martine Franck pour illustrer un sujet sur les loisirs des Français, le lieu sert d’introduction à la thématique générale de l’exposition.
Les commissaires, Sébastien Martinez Barat et Benjamin Lafore, ont défini quatre typologies de bassin : la citerne, qui répond à une approche fonctionnelle, originellement hygiéniste ; l’étang, qui revendique sa part de l’héritage paysager naturaliste ; la pièce d’eau, de rang comparable à la chambre ou au salon ; enfin, le vase, sorte de creuset où se reflètent non sans vanité les formes bâties et humaines alentour.
Une fonction ornementale
L’exposition s’articule autour de ces différentes filiations d’usage, chacune investissant un espace de la grande demeure réalisée entre 1923 et 1933 par Robert Mallet-Stevens pour le vicomte Charles de Noailles et Marie-Laure, son épouse. La villa, heureux hasard, se trouve être la première résidence en France à avoir disposé d’une piscine privée couverte. Comme lors des éditions précédentes, l’approche muséographique fait la part belle au récit historique.
Les premières piscines privées, apparues au début du XXe siècle, en même temps que la modernité, étaient l’apanage de demeures rarement visibles depuis l’extérieur. Ces étendues d’eau remplissaient une fonction essentiellement ornementale, comme d’ailleurs les jardins des grandes villes, observés ou admirés depuis le confort des pièces nobles de la maison plutôt qu’investis pour des usages domestiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le romancier fut le lauréat du prix Goncourt en 1976 pour « Les Flamboyants », il est également membre du jury du prix Médicis.
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Patrick Grainville est élu à l’Académie française au fauteuil d’Alain Decaux

Le romancier fut le lauréat du prix Goncourt en 1976 pour « Les Flamboyants », il est également membre du jury du prix Médicis.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h25
   





                        



   


L’écrivain Patrick Grainville a été élu à l’Académie française, jeudi 8 mars, a annoncé l’institution. Il occupera le fauteuil de l’historien Alain Decaux, mort le 27 mars 2016.
Patrick Grainville, 70 ans, a été choisi au premier tour de scrutin par treize voix contre deux, celles-ci étant allées à Dominique-Marie Dauzet, écrivain et prêtre catholique prémontré, un ordre suivant la règle de vie de saint Augustin. Il y a eu deux bulletins blancs et sept bulletins marqués d’une croix précise l’Académie sur son site.
Patrick Grainville, membre du jury du prix Médicis, fut le lauréat du prix Goncourt en 1976 pour Les Flamboyants. Dernièrement, il a publié Falaise des fous, une histoire de la peinture de Courbet à Monet à travers le parcours immobile d’un petit rentier d’Etretat.

        Lire aussi :
         

                Patrick Grainville a posé son chevalet sur la côte normande






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Les documents concernant les femmes ayant demandé à se faire avorter entre 1975 et 1992 disparaîtraient des archives. Une grave erreur estiment, dans une tribune au « Monde », des historiens, des sociologues et des politistes.
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Politique des archives publiques : « Les femmes ordinaires seront les premières sacrifiées »

Les documents concernant les femmes ayant demandé à se faire avorter entre 1975 et 1992 disparaîtraient des archives. Une grave erreur estiment, dans une tribune au « Monde », des historiens, des sociologues et des politistes.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h18
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Comme le laissait entrevoir un document de travail du ministère de la Culture révélé par le journal Le Monde du 14 novembre 2017, afin de faire face au manque de place, la politique de collecte des archives publiques doit désormais « être concentrée sur les archives essentielles pour les générations futures ». Une pétition lancée par des historiennes et historiens, signée par près de dix mille personnes, s’en inquiétait : « les archives ne sont pas des stocks à réduire ».
Associations professionnelles en histoire et syndicats des métiers de l’archive imaginaient le pire : qui allait décider ? Qu’est-ce qui allait être conservé ? N’allait-on pas se concentrer sur les papiers des « grands hommes » et passer à côté de documents inestimables et dont l’utilité n’apparaîtrait que demain ? Quid des traces des individus ordinaires, de leurs carrières, de leur vie quotidienne ?
La version statistique n’est pas exhaustive mais, qu’importe, la direction des Archives nationales estime qu’il s’agit de doublons !
On sait maintenant que ces inquiétudes étaient fondées. Les archives des femmes ordinaires seront les premières sacrifiées. Car voilà qu’à l’avant-garde des « archives non définitives » désignées pour être éliminées sont les formulaires individuels des femmes qui ont demandé une interruption de grossesse de 1975 à 1992. Anonymes et remplies par les médecins pour chaque patiente ou par les femmes elles-mêmes afin de nourrir les statistiques publiques produites par l’INED (en lien avec l’Inserm), ces archives ne semblent plus « essentielles » une fois les chiffres globaux produits.
Elles regorgent pourtant d’une foule de renseignements : âge, nombre de maternités et d’IVG, profession, lieu de l’avortement, nom du praticien, etc. La version statistique n’est pas exhaustive mais, qu’importe, la direction des Archives nationales estime qu’il s’agit de doublons !
Très riche matériau de l’histoire
Pour...




                        

                        


<article-nb="2018/03/08/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le thème du désir traverse les romans et les essais de cette auteure délicate, qui défend un féminisme universaliste dans la lignée de Simone de Beauvoir.
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édition abonné


L’écrivaine Belinda Cannone, un bel appétit d’égalité

Le thème du désir traverse les romans et les essais de cette auteure délicate, qui défend un féminisme universaliste dans la lignée de Simone de Beauvoir.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 14h42
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Quand son père était enfant, en Tunisie, ses compagnons de jeu lui firent une mauvaise blague. « Tu vois cette ânesse ? On va lui dire qu’elle a perdu son petit, et ça va la bouleverser. » Ils s’approchent de l’oreille de la bête, et celle-ci, aussitôt, se met à braire de façon déchirante. Ils finissent par révéler à l’enfant le pot aux roses : ils ont jeté un mégot dans le conduit auriculaire de l’animal. « Mon père n’en revenait pas. La violence du monde le stupéfiait, et il m’a transmis cette stupeur. C’est pour ça que j’écris. Parce qu’il faut bien que je me rende raison. De l’ânesse, et de tout le reste. »
La violence du monde
Pour la romancière et essayiste Belinda ­Cannone, professeure de littérature comparée à l’université Caen-Normandie, la violence des hommes est un « noyau brûlant », « c’est-à-dire ce qui me brûle, ce qui me travaille, que j’essaie de comprendre en le déployant ». C’est pour cela que son premier roman, Dernières promenades à Petropolis (Seuil, 1990), réédité en poche sous le titre L’Adieu à Stefan Zweig (Points, 2013), interroge le suicide de l’écrivain autrichien, au Brésil, en 1942. Parce qu’il pose la question de ­ « l’humanité en nous ».
La violence du monde, c’est aussi celle des hommes sur les femmes. Le sujet la concerne, ô combien, elle qui a tant réfléchi sur la séduction et le désir. Mais cette féministe convaincue « depuis l’âge de 16 ans » – elle va sur ses 60 –, une féministe universaliste dans la lignée de Simone de Beauvoir, n’a guère de chance lorsqu’elle tente de se faire entendre dans ce domaine.
En 2010, elle publie La Tentation de Pénélope (Stock), « écrit parce que la dérive différentialiste que prenait le féminisme français m’inquiétait, et se répandait dans la société » : son livre entre en collision avec Le Conflit. La femme et la mère (Flammarion, 2010), un ouvrage d’Elisabeth Badinter (dont elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Simon Rochon Cohen, alias Chaton, s’est isolé pendant huit mois pour se réinventer artistiquement. Grâce à un label qui promeut les jeunes pousses, il sort son album « Possible », le 9 mars.
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La troisième vie de Chaton


                      Simon Rochon Cohen, alias Chaton, s’est isolé pendant huit mois pour se réinventer artistiquement. Grâce à un label qui promeut les jeunes pousses, il sort son album « Possible », le 9 mars.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 14h34
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                            Valentin Pérez








   


Si les chats ont neuf vies, Simon Rochon Cohen aborde sa troisième sous le nom de scène de Chaton. Après une première carrière solo en tant que Siméo au début des années 2000, puis une dizaine d’années dans l’ombre de l’industrie musicale à composer des titres pour des artistes de variété francophone (Jenifer, Yannick Noah, Natasha St-Pier…), le musicien a opéré un virage en octobre 2016. « J’étais las d’écrire pour les autres, de faire face à des directeurs artistiques qui réclamaient toujours un simili du dernier tube à la mode, relate le trentenaire aux cheveux longs. Et puis j’étais de moins en moins sollicité, fauché émotionnellement autant que financièrement. »
Son album, Possible, est le résultat d’une réinvention artistique empruntant le surnom de Chaton, dont sa fiancée l’affublait et qui fait rire ses amis. Mais l’album est surtout le produit d’une fabrication en solitaire, en toute indépendance, dans le salon à moitié vide de son appartement du nord de Paris. « J’ai enregistré un premier titre guitare-voix mais ça ne me ressemblait pas. J’ai alors pensé que c’était l’occasion rêvée de mixer dans un même objet tout ce qui me plaisait : la chanson qui valorise le texte, le beat reggae, les éclats de transe et d’électro, les sonorités du rap et du hip-hop… »
« J’imaginais sortir l’album en auto-édition, en payant une licence sur Internet, mais les choses se sont accélérées. » Chaton
Eclectique, il se nourrit aussi bien de Brel que de PNL, de Nicolas Jaar, Aznavour ou Balavoine, Booba, Renaud ou Fishbach. Assis à son bureau huit mois durant, avec son casque, sa carte son, son minisynthétiseur, l’artiste trousse et enregistre dix morceaux qui partagent la même base rythmique reggae, des sons synthétiques, la même voix autotunée « qui vient troubler la ligne harmonique ». 
Dans ces chansons, il évoque sa fiancée, ses amis, son compte courant grevé, sa colère contre la consensuelle industrie et ses chanteurs « machines à larmes, hommes-fontaines, distributeurs de billets doux » avec qui il collaborait par le passé… « J’ai passé le temps de l’écriture à osciller entre des phases d’exaltation et de durs moments de lucidité où je prenais du recul et me disais : “Mec, tu as à peine de quoi payer le loyer et tu ne sais même pas dans quelle direction tu vas !”. »

Fin août 2017, La Souterraine, label qui promeut de jeunes pousses pop, accueille son titre Poésies sur une compilation. Décollage immédiat. France Inter et Radio Nova le programment dans leurs playlists, un Graal qui assure d’être régulièrement diffusé à l’antenne. « J’imaginais sortir l’album en auto-édition, en payant une licence sur Internet, mais les choses se sont accélérées », s’émerveille-t-il. Après un showcase réussi, Vincent Boivin, qui dirige Arista, la pépinière de nouveaux talents de Sony, vient le trouver : « Tu ne peux pas sortir ce disque seul dans ton coin, offre à ce produit fini une meilleure vie ! » Après cette longue gestation en solitaire, il s’est laissé convaincre et a saisi la main tendue.
« Possible », de Chaton (Arista-Sony), sortie le 9 mars. En concert à La Maroquinerie, 23, rue Boyer, Paris 20e, le 22 mars.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ JoeyStarr et Kool Shen remontent sur scène à Bercy jeudi, pour célébrer une carrière qui a « mis la fièvre » à plusieurs générations.
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JoeyStarr et Kool Shen remontent sur scène à Bercy jeudi, pour célébrer une carrière qui a « mis la fièvre » à plusieurs générations.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 13h23
   





                        



var input = [{"description":"","question":"Où est né le groupe NTM ?","choices":["Clichy-sous-bois","Vitry-sur-Seine","Sarcelles","Saint-Denis"],"bonnereponse":"Saint-Denis","incorrect":"0022005300650069006e0065002d005300610069006e0074002d00440065006e006900730020005300740079006c0065002000210020000a0046006f0075007300200064006f006e006300200074006f006e002000670069006c0065007400200070006100720065002d00620061006c006c0065000a00410020006200610073006500200064006500200070006f0070006f0070006f0070006f0070002c0020006d0065006300200070006f007500720020006c00650020004800690070002d0048006f00700020006a00650020006400e900760065006c006f0070007000650020000a004c00610020005300650069006e0065002d005300610069006e0074002d00440065006e00690073002c0020006300270065007300740020006400650020006c006100200062006f006d006200650020006200e9006200e900200022","correct":"0022005300650069006e0065002d005300610069006e0074002d00440065006e006900730020005300740079006c0065002000210020000a0046006f0075007300200064006f006e006300200074006f006e002000670069006c0065007400200070006100720065002d00620061006c006c0065000a00410020006200610073006500200064006500200070006f0070006f0070006f0070006f0070002c0020006d0065006300200070006f007500720020006c00650020004800690070002d0048006f00700020006a00650020006400e900760065006c006f0070007000650020000a004c00610020005300650069006e0065002d005300610069006e0074002d00440065006e00690073002c0020006300270065007300740020006400650020006c006100200062006f006d006200650020006200e9006200e900200022","indice":"","rowNumber":1},{"description":"","question":"Comment s'intitule le premier album sorti par NTM en 1991 ?","choices":["\"Le Monde de demain\"","\"J'appuie sur la gâchette\"","\"Authentik\"","\"Je rap\""],"bonnereponse":"\"Authentik\"","incorrect":"004c00270061006c00620075006d00200073002700e90063006f0075006c0065002000e000200039003000200030003000300020006500780065006d0070006c00610069007200650073002000640061006e00730020006c006500730020007000720065006d00690065007200730020006d006f00690073002c002000650074002000650073007400200063006f00750072006f006e006e00e90020006400270075006e006500200074006f00750072006e00e900650020007400720069006f006d007000680061006e00740065002c00200064006f006e007400200075006e0020005a00e9006e00690074006800200064006500200050006100720069007300200065006e0020006a0061006e0076006900650072002000310039003900320020006f00f900200036002000320030003000200070006500720073006f006e006e0065007300200073006500200076006f00690065006e007400200022006d006500740074007200650020006c006100200066006900e80076007200650022002e","correct":"004c00270061006c00620075006d00200073002700e90063006f0075006c0065002000e000200039003000200030003000300020006500780065006d0070006c00610069007200650073002000640061006e00730020006c006500730020007000720065006d00690065007200730020006d006f00690073002c002000650074002000650073007400200063006f00750072006f006e006e00e90020006400270075006e006500200074006f00750072006e00e900650020007400720069006f006d007000680061006e00740065002c00200064006f006e007400200075006e0020005a00e9006e00690074006800200064006500200050006100720069007300200065006e0020006a0061006e0076006900650072002000310039003900320020006f00f900200036002000320030003000200070006500720073006f006e006e0065007300200073006500200076006f00690065006e007400200022006d006500740074007200650020006c006100200066006900e80076007200650022002e","indice":"","rowNumber":2},{"description":"","question":"Dans quelle émission NTM fait-il son premier passage télévisé ? 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\"Regarde le, quand il te parle, écoute le\"","choices":["\"Gris semble l'avenir et noire est la couleur de mon esprit\"","\"Je m'adresse à la jeunesse, celle qui se dresse, sans cesse \"","\"Ne le laisse pas chercher ailleurs l'amour qu'il devrait y avoir dans tes yeux\"\"","\"y'a pas d'surhomme, et surtout personne n'a de sérum \""],"bonnereponse":"\"Ne le laisse pas chercher ailleurs l'amour qu'il devrait y avoir dans tes 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1996, pourquoi le groupe est-il condamné ?","choices":["Apologie de la violence","Outrage à personnes détentrices de l'autorité publique","Diffamation","Publicité mensongère"],"bonnereponse":"Outrage à personnes détentrices de l'autorité 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quel film Joey Starr fait-il sa première chanson en solo ? 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Bertrand Cantat à Strasbourg, au milieu de ses fidèles

Les féministes ont beau crier à l’assassin, les concerts du chanteur font salle comble, comme le 7 mars, en Alsace.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 14h07
    |

            Laurent Carpentier








                        



   


Ils ont mis deux heures vingt en voiture depuis Baume-les-Dames (Doubs). Charlotte Bégard s’occupe d’enfants handicapés. Pour ses 40 ans, Romuald lui a offert un billet pour le concert de Bertrand Cantat, qu’elle adore depuis toujours. La polémique ? Comme les 900 spectateurs qui se pressent ce soir-là à La Laiterie, haut lieu du rock strasbourgeois, Charlotte plaide pour le pardon. « Il a purgé sa peine. Et je sais de quoi je parle, à Besançon, je milite pour Solidarité Femmes » – une association d’aide aux femmes victimes de violences. Marilyn est venue de Belfort. Arnaud a fait la route depuis Salmbach (Bas-Rhin), à la frontière avec l’Allemagne, à 60 kilomètres au nord. « La première chanson française que j’ai entendue, c’était Le vent nous portera », sourit Mercedes, une Argentine qui arrive de Wisches (Bas-Rhin), à 50 kilomètres à l’ouest… Tous ont acheté leur place au premier jour de la mise en vente.

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Un public surtout masculin. Plus de 40 ans. Des fans qui ont grandi avec Bertrand Cantat. Jusqu’à la journaliste des Dernières Nouvelles d’Alsace, qui se rappelle de la chute de son idole en 2003, lorsqu’elle était stagiaire aux faits divers, et qui se retrouve aujourd’hui mal à l’aise de couvrir un sujet qui taraude toutes nos ambivalences. Avec ses piercings et ses airs d’adolescente, Charlotte Imbert, 30 ans, future éducatrice, tranche dans la foule : « Je ne savais pas trop comment me positionner. En plus, c’était complet. J’ai hésité. Finalement, il y a quinze jours, j’ai trouvé une place sur Leboncoin. Autour de moi, tout le monde m’a dit : “Ah tu vas voir le tueur de femme ?” »
De l’autre côté de la rue, finissant son intervention en direct pour CNews, Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole nationale d’Osez le féminisme, qui a fait le voyage depuis Paris, s’agace de la queue qui s’allonge : « Je trouve ça triste et hypocrite. Après, on dit qu’on est pour le droit des femmes. » Il n’y aura pas de manif ce soir : la veille, une dizaine de militantes, après avoir demandé en vain à la mairie l’annulation du concert, ont collé quelques affiches : « On ne tue pas par amour », « Assassin en concert »…
« On est malheureuses pour lui »
« Nous, on est malheureuses pour lui », s’attristent Karine Sainteff et Dominique Mulot. Les deux copines sont aides-soignantes en psychiatrie près de Sarrebourg (Moselle). « Bertrand Cantat, il paye pour tout le monde. Et dans son cœur il paye encore, dit Karine. Mais dans ce monde, la haine arrive rapidement. Peut-être parce que c’est une période où les gens ont la vie dure, le besoin de sortir tout ça. Depuis que j’ai soutenu la “une” des Inrockuptibles sur Bertrand Cantat, j’ai perdu plein d’amis sur les réseaux sociaux. »

   


Contre-jour. Salle comble. Un démarrage comme une marche funèbre. « Pour des cœurs arrachés sur des lances sanguines/Et des fleurs déhanchées au nerf de guillotines/Des yeux fixant l’abyme au travers des brasiers/Et des ruines sublimes étendues à nos pieds… » Premier chant : Amie nuit… On ne peut s’empêcher de penser qu’il y a quelque chose de christique chez Bertrand Cantat à vouloir se présenter ainsi à la vindicte publique, défendu par le pré carré de ses inconditionnels (pratiquement toutes les dates de la tournée sont complètes). Parangon de romantisme qui, plus que jamais, jongle avec les ténèbres. Doubles sens qu’on se prend à imaginer (même si chacun dit faire la part des choses entre l’homme et l’œuvre). Poète maudit laissant à son art la mission de le trahir, sans s’aventurer à d’autres commentaires que « Merci d’être là ». Le titre de son album ? Amor Fati, une locution latine empruntée à Nietzsche : « Accepter son destin ». Lacan serait tombé du divan s’il l’avait entendu ce soir hurler : « A-mor ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Analyse. Cinq mois après l’affaire Weinstein, les journalistes Hélène Bekmezian et Sylvie Kauffman estiment qu’en France le mouvement est plus complexe qu’aux Etats-Unis.
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« #metoo est toujours là, tout à la fois libérateur, dérangeant, encombrant. Critiqué, aussi »

Analyse. Cinq mois après l’affaire Weinstein, les journalistes Hélène Bekmezian et Sylvie Kauffman estiment qu’en France le mouvement est plus complexe qu’aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h11
    |

            Sylvie Kauffmann et 
Hélène Bekmezian








                        



                                


                            
Analyse. Cinq mois, déjà. Il y a cinq mois éclatait l’affaire Weinstein, celle d’un des plus grands producteurs d’Hollywood qui se révélait être, depuis des années, un des plus grands prédateurs sexuels de l’histoire du cinéma. Derrière cette histoire, ce que révélaient surtout les enquêtes du New Yorker et du New York Times, c’était un système établi de domination masculine, connu et toléré en silence par un grand nombre d’hommes, connu et subi en silence par un grand nombre de femmes. Pas un accident : un système.
Plus personne, aujourd’hui, ne peut ignorer que les femmes ne sont pas encore parvenues à l’égalité
Cinq mois, à peine. Bien qu’inégale, la déflagration a été planétaire. Harvey Weinstein n’est plus qu’un symbole. L’onde de choc de cette déflagration est devenue un mouvement, baptisé #metoo : un hommage aux réseaux sociaux qui ont rendu possible cette solidarité spontanée entre les victimes de violences sexuelles et deux mots, « moi aussi », qui résument à la fois l’extra­ordinaire libération de la parole féminine et l’étendue du phénomène ainsi révélée.
Alors, cinq mois après ? Plus personne, aujourd’hui, ne peut ignorer que les femmes ne sont pas encore parvenues à l’égalité. #metoo est toujours là, tout à la fois libérateur, dérangeant, encombrant. Critiqué, aussi. En France, le mouvement a pris un tour très différent de celui des Etats-Unis, où les dénonciations ont été massives, brutales, publiques : des chefs d’entreprise, des artistes, des journalistes, des hommes politiques ont été écartés du jour au lendemain après avoir été accusés de harcèlement sexuel.
Retour de bâton
En France, dès le départ, le phénomène a pris un tour plus complexe/vindicatif, avec le succès initial du hashtag lancé le 13 octobre par Sandra Muller, elle-même cible de comportements déplacés : #balancetonporc. La violence de cette formule était révélatrice, notamment, du ressentiment accumulé par celles qui subissaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Deux concerts du chanteur, condamné en 2004 pour avoir tué sa compagne, ont été annulés.
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Tournée agitée pour Bertrand Cantat

Deux concerts du chanteur, condamné en 2004 pour avoir tué sa compagne, ont été annulés.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 12h31
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Pour ou contre la venue sur scène de Bertrand Cantat ? La tournée de l’ex-chanteur de Noir Désir, qui a démarré le 1er mars à La Rochelle, après la sortie de son album Amor Fati, est en train de virer au cauchemar pour son tourneur, Thierry Langlois : après l’annulation du concert prévu fin juillet au festival Les Escales, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), c’est au tour du festival Aluna, à Ruoms (Ardèche), de déprogrammer, contraint et forcé, le chanteur. « Les manifestations et désistements de certains festivaliers et mécènes, sans lesquels le festival ne peut avoir lieu, ont amené la direction du festival à prendre cette décision », lit-on sur le site du festival, qui aura lieu du 14 au 16 juin. Il y a quelques jours encore, le directeur de la manifestation, Didier Viricel, assumait son choix : « Nous connaissons Bertrand depuis des années (…). Il a une histoire moche, c’est un cas de conscience pour nous, mais nous ne sommes pas des juges de paix », expliquait-il au Parisien.

Bertrand Cantat est entré dans la rubrique des faits divers en 2003 après avoir tué sa compagne, Marie Trintignant. Condamné en 2004 à huit ans de prison, il a obtenu une libération conditionnelle fin 2007 pour bonne conduite. Ses fans disent qu’il a « payé » pour son acte, ses détracteurs jugent cette peine effective de quatre ans dérisoire. Ces derniers mois, une main courante, anonyme, déposée contre lui par une femme dans un commissariat, a relancé la polémique, dans une France où la parole se libère après l’affaire Weinstein.
L’icône devenue sujet de société
L’icône du rock français des années 1990 est devenue un sujet de société. A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa avait commenté sur BFM-TV les déprogrammations de ses concerts : « Je ne remets pas en cause le fait qu’il a le droit de travailler et de chanter. Ce qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Boris Gobille et Jean-François Hamel décrivent le défi que Mai 68 a représenté pour les avant-gardes littéraires. Passionnant.
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Mai 68 : écrivains, apprenez à ne plus l’être !

Boris Gobille et Jean-François Hamel décrivent le défi que Mai 68 a représenté pour les avant-gardes littéraires. Passionnant.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 09h29
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            
Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes littéraires, de Boris Gobille, CNRS Editions, 400 p., 25 €.
Nous sommes tous la pègre. Les années 68 de Blanchot, de Jean-François Hamel, Minuit, « Paradoxe », 144 p., 14,50 €.

Le plus douloureux, pour l’avant-garde, c’est après. Dans la doctrine de Lénine, quelques-uns s’en souviennent, les intellectuels devaient aider les travailleurs à prendre conscience de leur vocation historique : bâtir une société égalitaire où les intellectuels, justement, n’auraient plus lieu d’être. Plus généralement, c’est chaque moment révolutionnaire qui remet l’avant-garde devant sa responsabilité – disparaître pour que naisse le monde nouveau.
Les délices du prophétisme autodestructeur
En 1968, les écrivains furent particulièrement concernés par cette brûlante injonction, ainsi que le montre la réjouissante étude de Boris Gobille. Issu d’une thèse de doctorat, ce travail éclaire le « défi » que Mai 68 représenta pour les avant-gardes littéraires. Depuis des années déjà, ces dernières avaient dynamité les catégories « à travers lesquelles la littérature se pratique, se pense et se dit ». Avec le structuralisme (Barthes, Foucault, notamment), elles avaient décrété la mort de « l’auteur ». Par leur radicalité esthétique et politique, elles ne pouvaient qu’applaudir et épauler un soulèvement visant à libérer la parole de chacune et de chacun.

Mais, pour ces avant-gardes, une fois de plus, rejoindre la rébellion, c’était savourer les délices du prophétisme autodestructeur. Car elles ne pouvaient survivre longtemps à une insurrection dont l’arme était « la créativité à la base », comme l’affirme alors la commission « Nous sommes en marche » du comité d’action de Censier. En proclamant que l’imagination était la chose la mieux partagée, et qu’elle ne saurait plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Dans les années 1960-1970, le Suisse Peter Knapp émancipe les pages des magazines « Elle », « Vogue » ou « Marie Claire » avec des séries pop, où les mannequins qu’il photographie ne portent plus ni gants ni chapeaux.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La Cité de la mode et du design, à Paris, rend hommage, à partir du 9 mars, à l’artiste suisse Peter Knapp, qui fut directeur artistique chez « Elle » dans les années 1960 et réalisa l’émission culte « Dim Dam Dom ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤             
Peter Knapp, figure libre de la mode 
               


Le Monde
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                  08.03.2018 à 08h15


La Cité de la mode et du design, à Paris, rend hommage, à partir du 9 mars, à l’artiste suisse Peter Knapp, qui fut directeur artistique chez « Elle » dans les années 1960 et réalisa l’émission culte « Dim Dam Dom ».

Par                             Clément Ghys






   


Des mannequins qui marchent dans la rue ou qui posent sur la plage, une main qui étend une semelle dans une chaussure en Plexiglas, des visages camouflés ou flous… À première vue, les images de ce portfolio sont des photographies de mode comme les autres. De très beaux clichés, comme on en voit régulièrement dans la presse magazine.

   


Mais, pour comprendre leur force, il faut détourner les yeux des imprimés des robes ou des décors pop, et lire les légendes. Ces photos ont été prises pour la plupart dans les années 1960 et 1970. À l’époque, elles étaient révolutionnaires. Tout comme leur auteur, Peter Knapp, exposé à la Cité de la mode et du design, à Paris, à partir du 9 mars, et objet d’une monographie aux Éditions du Chêne.
Rêves de papier
En 1951, ce Suisse de 20 ans débarque à Paris. Il a étudié les arts appliqués à Zurich, et a en tête les principes du Bauhaus. Il ne les suivra ni en architecture ni en design, mais sur le papier. Il travaille pour des magazines comme Le Nouveau Femina, pour les Galeries ­Lafayette ou encore pour Gallimard et la Nouvelle Revue française, dont il redessine le logo.
En 1959, Hélène Lazareff le nomme directeur artistique du magazine Elle, qu’elle a fondé quinze ans plus tôt. « Elle voulait un journal exigeant et sophistiqué, se souvient Peter Knapp, au téléphone, depuis la Suisse. Et elle me laissait très libre. Surtout, elle rêvait que Paris change. » Pour résumer, que la mode française se décoince.
À l’époque, dans les pages des magazines, règnent encore la haute couture et ses codes, déconnectés d’une jeunesse qui s’émancipe doucement, rêve d’aller dans des surprises-parties, de fumer, danser et flirter. Peter Knapp s’amuse encore de « cette journaliste de mode qui pensait qu’un look sportif signifiait s’habiller pour promener son chien avenue Montaigne ».
Dans les séries photo, qu’il signe lui-même ou commande à d’autres photographes, il demande aux mannequins de retirer gants et chapeaux. Il les emmène dans la rue ou sur la plage. Du jamais-vu.
Homme d’expériences
Dans son bureau d’Elle, Knapp lit les journaux anglo-saxons, Esquire ou Harper’s Bazaar, et tente d’insuffler la même liberté à son magazine, de dessiner les contours d’une modernité inédite en France. C’est l’époque où Yves Saint Laurent invente le prêt-à-porter, et André Courrèges la mode du futur. Au même moment, Gainsbourg fait chanter les jeunes filles, Sagan raconte leurs drames, Truffaut et Godard les filment.
S’il ne se sent pas seul, Peter Knapp note pourtant : « Il y avait beaucoup moins de créateurs de mode qu’aujourd’hui. On devait être inventifs avec le peu qu’on avait. » Il se sert du magazine Elle comme d’un laboratoire d’expérimentations, qui trouvent un écho populaire, allant jusqu’à séduire deux millions de lectrices par semaine. Sur les conseils de Lazareff, il fait travailler des artistes. « Le meilleur critère était qu’ils ne viennent pas de la mode. » Les pages de l’hebdomadaire attireront, entre autres, le photographe américain Robert Frank ou l’illustrateur Roland Topor.
Culture pop
En 1966, il quitte Elle, où il retournera dans les années 1970. Entre-temps, il lance Vogue Italia avec le futur directeur artistique de Benetton, Oliviero Toscani. Surtout, il participe à un autre jalon de la culture pop française, en réalisant, à la demande de la journaliste Daisy de Galard, l’émission de télévision « Dim Dam Dom ». Il y filme les actrices et chanteuses du moment : Mireille Darc, France Gall, Marie-France Pisier, Claude Jade, ­Françoise Hardy, Dominique Sanda… Autant de personnalités à l’élégance encore imitée.

   


À 86 ans, Peter Knapp n’a aucune nostalgie de cette époque, contrairement à beaucoup qui ne l’ont pas connue. « Toutes ces photographies me semblent lointaines », dit celui qui se consacre aujourd’hui au dessin. Il garde une tendresse pour ces images pop, mais peut citer les imprimés Prada de la saison dernière ou les magazines de mode actuels. Il remarque avec humour qu’« aujourd’hui une image de mode parfaite, c’est Kate Moss en pantoufles qui achète des poireaux. Pourquoi pas ? ». 
Peter Knapp sait que la tâche du directeur artistique et du photographe est de s’adapter à la commande d’une rédaction en chef, mais surtout à celle d’un lectorat et d’une époque. S’il est heureux de voir son travail salué, il dit : « Il ne faut pas exagérer. On fait des arts appliqués, rien de plus. On n’est pas Rembrandt. »
« Dancing in the Street. Peter Knapp et la mode 1960-1970 », Cité de la mode et du design, 34, quai d’Austerlitz, Paris 13e. Du 9 mars au 10 juin. Dancing in the Street. Peter Knapp et la mode, de Peter Knapp et François Cheval, Éditions du Chêne, 304 p., 45 €. En librairie le 7 mars.




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Ecrits sur l’histoire (1963-1986) », de Louis Althusser.
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Figures libres. Balade dans l’histoire avec Althusser

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« Ecrits sur l’histoire (1963-1986) », de Louis Althusser.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 17h12
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Ecrits sur l’histoire (1963-1986), de Louis Althusser, édité par G. M. Goshgarian, PUF, « Perspectives critiques », 286 p., 20 €.

Quelques publications seulement ont assuré au philosophe Louis Althusser (1918-1990) une place de choix parmi les références théoriques des années 1968, celles qui ont préparé et suivi l’événement. Ses textes disponibles étaient bien peu nombreux – principalement, en 1965, Pour Marx et Lire le Capital, aux éditions Maspero. Mais ils furent vite tenus pour décisifs par nombre d’intellectuels et de militants.
Les uns étudiaient auprès de lui à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, à Paris.
D’autres appartenaient à des générations différentes, certains vivaient fort loin de la France.
Tous avaient la conviction que, avec son travail, le marxisme pouvait changer de forme, de style, voire d’époque. Il s’agissait de lire Marx structuralement, conceptuellement, pour en tirer d’autres leçons politiques que celles de l’opportunisme, jugé décérébré, des apparatchiks communistes de l’époque.
Auteur prolixe à titre posthume
Ces rares textes cachaient une forêt de manuscrits, ce qui n’étonne pas chez un penseur marqué de tant de paradoxes. Logicien à l’esprit clair et lucide, il souffrait de psychose, de crises d’angoisse et de dépression. Volontiers rebelle, se voulant révolutionnaire, il semblait parfois conformiste. Amoureux de son épouse Hélène Rytmann, il l’assassina en 1980 dans une crise de démence, et fut déclaré irresponsable. De ces singularités, la moindre n’est pas de s’être révélé auteur prolixe à titre posthume.
Depuis une vingtaine d’années, on a lu bien plus de textes de Louis Althusser que de son vivant. Ses archives, déposées à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), ont donné naissance à une dizaine de volumes. Les Ecrits sur l’histoire qui paraissent aujourd’hui constituent le quatrième...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Claro use sa plume sergent-major sur le ­nouveau livre de Denis Tillinac.
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Le feuilleton. La croix et l’artichaut

Claro use sa plume sergent-major sur le ­nouveau livre de Denis Tillinac.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h30
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
Caractériel, de Denis Tillinac, Albin Michel, 176 p., 15 €.

De tous les genres ­littéraires imaginables, il en est un qui sidère – on n’est même pas sûr qu’il s’agisse d’un genre littéraire. Difficile d’en définir la forme, d’en fixer les canons. Il remonte à une époque révolue mais séduit encore quelques assis éclairés à la bougie. Peu d’écrivains l’osent, tant il est risqué. Situé à égale distance du suranné et du ridicule, il récompense ceux qui s’y collent par une ankylose stylistique sans doute incurable. Il sait pourtant se dilater telle une vessie dès qu’on l’agite devant un auditoire égrotant, seul capable de discerner, sous l’enduit de l’ennui, le papier peint de la sincérité (pardon).
Ce genre littéraire, pourtant, il faut bien ici le nommer. Appelons-le, faute d’un terme plus technique, la « TLD » – la très longue dictée. Contrairement à la « DO » – la dictée ordinaire –, qui s’épanche laborieusement en salle de classe tel un ru de mots croisés mais ne dure jamais plus d’une vingtaine de lignes, la TLD, elle, n’hésite pas à occuper l’espace entier d’un livre. Hypnotique au point de courir le risque du soporifique, elle sidère par sa foi dans un récit entièrement constitué de carton-pâte, dans le choix de mots bibelots nimbés de poussière, extraits d’un lexique qui a tout d’une vitrine et, comme elle, ne réfléchit que la bouche qui l’embue.
Oyez. Denis Tillinac vient de porter la TLD à son paroxysme. Après lui, gageons-le, plus personne n’osera relever le gant. A peine a-t-on entrouvert Caractériel qu’on entend déjà crisser la plume sur le papier réglé. Il faut dire que Tillinac a l’ouïe fine et la sergent-major affûtée. Bien, prenez une feuille, notez votre nom et votre prénom en haut à gauche, inscrivez le titre au milieu puis écrivez, gaffe aux liaisons, c’est parti : « Le silence grésillait [virgule] modulé plutôt que rompu par les chants des grillons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La chronique de Leïla Slimani, à propos du « Réconfort », de Pierre Daymé.
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Premier roman. Spectateur des autres

La chronique de Leïla Slimani, à propos du « Réconfort », de Pierre Daymé.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 09h34
    |

                            Leïla Slimani (Ecrivaine)








                        



                                


                            
Le Réconfort, de Pierre Daymé, Fayard, 220 p., 17 €.

Imaginez-vous dans une pièce couverte de miroirs. S’y reflète le visage de l’être aimé et les visages de tous ceux que lui-même a aimés. C’est cette impression vertigineuse qui vous envahit en lisant Le Réconfort, premier roman de Pierre Daymé. Le narrateur aime Quentin, qui aime Kristian Hansen. Les personnages se croisent entre Malmö, Berlin, Paris et la Corse, dans un monde rendu tout petit par la magie des sentiments et de l’attraction physique. La géographie a subi une sorte de rétractation ; les grandes villes se résument à quelques rues, où l’on se croise et où l’on se quitte. On se connaît avant de se connaître, chaque personnage est d’abord un visage virtuel que l’on fait défiler sous son pouce. Avec ­Facebook, Instagram et Tinder, les corps se choisissent et se consomment.
Le narrateur est tout entier spectateur des autres. Fasciné par les corps étrangers, toujours un peu dominé, il regarde ses amants avec les yeux d’un enfant fasciné par ces corps d’hommes. Lorsqu’il apprend que Quentin est mort, victime d’une balle perdue, il décide de mener une sorte d’enquête, de rencontrer sa famille et de retrouver le fameux Kristian Hansen, dont Quentin avait tant souffert qu’il ne l’aime plus.
Simplicité cristalline
L’auteur construit son récit autour du schéma très classique du triangle amoureux. Il y explore des sentiments qui sont au cœur de la littérature depuis des siècles : la passion, la jalousie, la crainte de perdre l’être aimé. « Une histoire très banale, comme tu as dû en vivre toi aussi, comme j’en ai vécu beaucoup, avec des inconnus, tous interchangeables, mais qui, sur le moment, me paraissaient uniques », écrit Daymé. Qu’est-ce qui fait alors que cette histoire est si attachante ? Peut-être la simplicité cristalline de l’écriture, et ce mélange troublant de dureté et de désinvolture dans la description...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Parmi les parutions en poche de ce début d’année 2018, « Le Monde » vous recommande…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Sélection. Livres de poche

Parmi les parutions en poche de ce début d’année 2018, « Le Monde » vous recommande…



Le Monde
 |    08.03.2018 à 07h15
    |

                            Philippe-Jean Catinchi, 
                            Benjamin Hourticq, 
Amaury da Cunha, 
Nicolas Weill et 
Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Mauvaise mère (In a Country of Mothers), d’A. M. Homes, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Arlette Stroumza, Babel, 448 p., 9,80 €.
Quand l’Américaine A. M. Homes a écrit son troisième roman, publié aux Etats-Unis en 1993 et en France en 1997 (chez Belfond), la jeune femme, née en 1961, n’avait pas encore été contactée par la mère biologique qui l’avait abandonnée à la naissance – ce qui advint peu de temps après, et qu’elle a raconté dans le formidable Le Sens de la famille (Actes Sud, 2007). Mais son livre, travaillé – comme toute son œuvre délicieusement corrosive – par la question des rapports entre parents et enfants et par l’identité, imaginait déjà des « retrouvailles ».
Dans Mauvaise mère, Claire, une psy ayant réussi sa carrière et sa famille (un mari aimant, deux garçons charmants), se persuade en effet que sa nouvelle patiente, Joy, est la fille qu’elle a abandonnée vingt-cinq ans plus tôt, dans des conditions terribles, alors qu’elle était une adolescente – un secret qui la hante et la ronge depuis. L’idée, un peu vague et folle au départ, se transforme chez la psy en obsession, tandis que sa patiente, qui était venue la consulter parce qu’elle ne parvenait pas à se convaincre d’aller étudier à l’autre bout du pays dans la prestigieuse université où elle avait été acceptée, ne se doute de rien, mais s’attache à sa thérapeute.
Alternant le récit de Claire et celui de Joy, A. M. Homes orchestre la montée de la tension dans ce roman qui emprunte au thriller autant qu’à la comédie sociale et explore la dimension toxique des liens familiaux, réels ou fantasmés, avec lucidité et humour. Avec, aussi, un impressionnant sens du rythme dans la narration. Premier roman publié en France d’A. M. Homes, Mauvaise mère n’était plus disponible depuis longtemps, alors qu’il constitue une excellente porte d’entrée dans l’œuvre de cette talentueuse Américaine, auteure notamment de La Fin d’Alice...




                        

                        

