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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Selon la plateforme Halte aux féminicides, 47 femmes ont été tuées en février, et 2 000 depuis 2010.
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Les femmes se mobilisent contre la violence conjugale en Turquie

Selon la plateforme Halte aux féminicides, 47 femmes ont été tuées en février, et 2 000 depuis 2010.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h48
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Chaque 8 mars, Beril, une jeune étudiante stambouliote, participe à la manifestation de défense des droits des femmes sur l’avenue Istiklal, au cœur d’Istanbul. Des rassemblements semblables ont lieu dans quatorze villes de Turquie sauf à Diyarbakir, dans le sud-est kurdophone, et dans les zones considérées comme sensibles où toute manifestation est interdite. Beril se fondra d’autant plus volontiers dans le cortège cette année que « les droits des femmes sont en recul au quotidien : nos tenues, notre comportement sont examinés sous toutes les coutures, le climat social est lourd parce que chacun se sent l’âme d’un procureur ».
Elle en a fait l’expérience. Visage poupon, la tête couverte d’un foulard à fleurs, pantalon collant et petite liquette, la jeune femme raconte comment, un soir de septembre 2017, elle et son compagnon se sont fait tancer vertement par un représentant des « Aigles de nuit », des volontaires qui patrouillent les rues le soir venu, pour avoir échangé un baiser passionné dans un parc.
Il y a plus grave. Dans une étude réalisée en janvier et février par l’université privée Kadir Has, 61 % des personnes interrogées désignent « la violence » comme le principal problème auquel les femmes turques sont confrontées. Alarmant, ce phénomène est en progrès constant. C’est contre ce fléau que les associations appellent à défiler.
Lois non appliquées
Selon la plateforme Halte aux féminicides, qui publie régulièrement des statistiques sur le sujet, près de 2 000 femmes ont été assassinées depuis 2010. Chaque année, la liste des victimes s’allonge : 237 femmes en 2013, 409 en 2017. Rien qu’en février, 47 femmes ont été tuées, le plus souvent par balles ou à l’arme blanche. Elles étaient 28 en janvier.
Les auteurs de ces assassinats sont, dans 39 % des cas, les conjoints ou ex-conjoints, et dans 24 % les pères, fils, beau-fils ou autres parents. La plupart du temps, la femme est tuée parce qu’elle a cherché la séparation ou le divorce, qui est pourtant légal. Il y a aussi les « crimes d’honneur » perpétrés par des proches sur des femmes accusées de mauvaise conduite.
Selon Gülsüm Kav, fondatrice de Halte aux féminicides, « ces meurtres pourraient être empêchés ». Les lois existent mais ne sont pas appliquées : « La police et la justice ne protègent pas assez les femmes. Elles ne sont pas prises au sérieux lorsqu’elles s’adressent aux policiers et aux juges. » Elle en est sûre, « ce problème est sociétal, éducationnel et culturel. Tant que nous n’avancerons pas sur ce terrain-là, il n’y aura pas de progrès ».
Lancé par Mustafa Kemal Atatürk en 1934 – date à laquelle les Turques reçurent le droit de vote, dix ans avant les Françaises –, le processus d’émancipation des femmes en Turquie file un mauvais coton. Peu présentes sur le marché du ­travail (28 %), absentes de la haute fonction publique, victimes de violences conjugales, elles souffrent.
« Trois enfants au moins »
Les associations déplorent les vues rétrogrades du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), au pouvoir depuis 2002, sur le rôle des femmes dans la société. L’AKP, il est vrai, ne leur fait pas la part belle en politique. Le gouvernement ne compte qu’une seule ministre femme, Fatma Betül Sayan Kaya, bien sûr chargée de la famille. Sur 550 députés au Parlement, 79 seulement sont des femmes.
En 2016, le président Erdogan avait provoqué la fureur des féministes en déclarant que les femmes sans enfants étaient « incomplètes » et en recommandant la mise au monde de « trois enfants au moins ». Il convient aussi de ne pas laisser les femmes rire en public « au nom de la décence », avait souligné en 2014 Bülent Arinç, l’un des fondateurs de l’AKP, à l’époque président du Parlement. En 2016, un projet de loi en faveur d’une amnistie des violeurs prêts à épouser leurs victimes, poussé par l’AKP, a été abandonné après un tollé des associations de femmes.

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Mais les islamo-conservateurs ont plus d’un tour dans leur sac. Ainsi le mariage précoce, qui constitue le frein le plus sérieux à l’éducation des femmes, est désormais favorisé par la reconnaissance du mariage religieux. Depuis l’automne 2017, les muftis – des chefs religieux qui sont aussi des fonctionnaires du Diyanet, le ministère du culte musulman – peuvent célébrer des mariages au même titre que les maires.
Cette nouvelle disposition risque d’accroître le nombre de mariages précoces. Le problème se pose de façon plus aiguë depuis que la Turquie a accueilli 3 millions de réfugiés syriens qui, confrontés à la pauvreté, sont parfois tentés de ­marier leurs fillettes à un prétendant aisé et âgé, contre rétribution.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La déléguée ministérielle à l’égalité hommes-femmes s’est attiré une avalanche de critique en proposant d’expurger le chant de ses connotations patriarcales.
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Berlin ne veut pas « dégenrer » son hymne national

La déléguée ministérielle à l’égalité hommes-femmes s’est attiré une avalanche de critique en proposant d’expurger le chant de ses connotations patriarcales.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 16h04
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Faut-il modifier l’hymne national allemand au prétexte qu’il serait sexiste ? « Non, je ne suis pas favorable à l’idée de changer les paroles », a répondu le président de la République allemande, Frank-Walter Steinmeier, mercredi 7 mars, dans un entretien avec la Saarbrücker Zeitung. Deux jours plus tôt, le porte-parole d’Angela Merkel avait indiqué que la chancelière était également « très satisfaite de l’hymne dans sa version actuelle ».
L’idée de la déléguée à l’égalité hommes-femmes au ministère de la famille, Kristin Rose-Möhring, a donc fait long feu. « Pourquoi ne pas “dégenrer” notre hymne national ? », avait-elle demandé dans un courrier interne au ministère, vendredi 2 mars, estimant que la Journée internationale des droits des femmes, six jours plus tard, serait une bonne occasion de lancer le débat.
Dans ce courrier, Mme Rose-Möhring suggérait deux changements précis dans le troisième couplet du Chant de l’Allemagne, le seul qui continue d’être chanté depuis que les nazis ont rendu imprononçables les premières lignes du poème composé en 1841 par August Heinrich Hoffmann von Fallersleben (« Deutschland, Deutschland über alles », littéralement « L’Allemagne, L’Allemagne au-dessus de tout »).
A la place de Vaterland, qui signifie étymologiquement « le pays du père », elle proposait d’utiliser le mot Heimat, qui désigne lui aussi l’idée de « patrie » mais sans image masculine, d’autant plus qu’il est de genre féminin. Seconde modification : l’adverbe brüderlich, que l’on peut traduire par « fraternellement » mais qui véhiculerait lui aussi un imaginaire exclusivement masculin (Bruder signifiant « frère »). D’où son idée de le remplacer par couragiert, qui, comme on l’aura deviné, veut dire « courageusement ».
« Idée personnelle »
Dans ce même courrier, Mme Rose-Möhring rappelait que d’autres pays avaient déjà procédé à des modifications analogues. Ainsi de l’Autriche qui, depuis 2012, ne fait plus seulement référence à ses « grands fils » mais mentionne ses « filles et fils » dans le premier couplet de son hymne national. Autre exemple : le Canada. Depuis début février, la phrase « True patriot love in all thy sons command » (« Un véritable amour de la patrie anime tous tes fils ») a été remplacée par : « True patriot love in all of us command » (« Un véritable amour de la patrie nous anime tous »).
A vrai dire, Mme Rose-Möhring a vite pu constater qu’elle était bien isolée en Allemagne. A la suite de la parution d’extraits de sa lettre dans le quotidien conservateur Bild, dimanche, une avalanche de commentaires a envahi les réseaux sociaux, pratiquement tous négatifs. Sans surprise, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a très vite réagi, dénonçant une proposition « arrogante et inculte ».
Au sein de la droite conservatrice (CDU), plusieurs personnalités de premier plan ont également condamné cette initiative. « Il me semble qu’il y a des sujets plus importants pour les femmes que de changer l’hymne national », a ironisé Julia Klöckner, la future ministre de l’agriculture de Mme Merkel, l’un des visages de la nouvelle génération de la CDU, résolument conservatrice sur les questions de société. L’un des posts ayant le plus circulé est celui des « jeunes conservateurs » de Munich : on y voit un drapeau allemand accompagné de l’avertissement : « Pas touche à notre hymne national ! »
Dans son camp non plus, Mme Rose-Möhring n’a guère trouvé de soutien. « Il s’agit d’une idée personnelle de la déléguée à l’égalité hommes-femmes », s’est ainsi contenté de commenter le porte-parole du ministère de la famille, dirigé par les sociaux-démocrates.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Jeudi 8 mars, la Commission a lancé une procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni accusé d’avoir laissé entrer en Europe des produits chinois sous-taxés.
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Bruxelles réclame 2,7 milliards d’euros à Londres pour avoir mal protégé les frontières de l’Union

Jeudi 8 mars, la Commission a lancé une procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni accusé d’avoir laissé entrer en Europe des produits chinois sous-taxés.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 15h48
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Des procédures d’infraction au droit de l’Union européenne (UE), la Commission européenne en prononce tous les mois, parfois plus d’une dizaine à la fois. Mais celle que l’institution communautaire a rendue publique jeudi 8 mars, prend un relief particulier, en pleine négociation sur le Brexit.
Elle réclame au Royaume-Uni la somme considérable de 2,7 milliards d’euros, correspondant aux droits de douane destinés au budget européen que le pays aurait dû percevoir s’il n’avait pas, par négligence, laissé entrer en Europe des produits chinois largement sous-taxés.
« Bien que le Royaume-Uni ait été informé des risques de fraude liés à l’importation de textiles et de chaussures originaires de la République populaire de Chine dès 2007 et qu’il lui ait été demandé de prendre des mesures de contrôle des risques appropriées, il a négligé d’intervenir pour empêcher la fraude », explique la Commission dans un communiqué.
C’est un rapport de l’OLAF (l’Office européen de lutte antifraude) de 2017, révélé initialement par le site Politico, qui avait mis le doigt sur le problème. Selon ce rapport, des importateurs chinois ont falsifié des factures, affichant de fausses déclarations de valeur aux douanes britanniques. Le Royaume-Uni avait été alerté dès 2007 mais n’a pas pris les mesures adéquates pour mettre fin à ces fraudes organisées.
Les négociateurs du Brexit sont intransigeants avec Londres
« Le Royaume-Uni doit assumer les conséquences financières de ses violations de la réglementation de l’Union », insiste la Commission. Cette affaire de douanes un peu trop perméables aux chaussures et aux vêtements chinois, explique en partie la raison pour laquelle, à Bruxelles, les négociateurs du Brexit sont si intransigeants avec Londres. Le gouvernement britannique a exprimé sa volonté de quitter le marché intérieur et l’Union douanière, une fois le divorce prononcé, le 30 mars 2019.
La conséquence directe serait le retour d’une frontière terrestre entre la République d’Irlande (toujours dans l’UE, évidemment) et l’Irlande du Nord. Au début des discussions entre Européens et Britanniques, ces derniers ont suggéré que le retour de postes frontières, et de douaniers sur ces 360 kilomètres séparant l’île d’Irlande en deux, ne serait pas nécessaire. Ce qui aurait pour énorme avantage de préserver le « Good friday agreement » de 1998, ayant mis fin à trente ans de troubles en Irlande du Nord.

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L’absence de toute démarquation visible à la frontière est en effet au cœur de cet accord de paix. Mais les Européens ont refusé : dès lors que le Royaume-Uni quitte l’Union douanière, de nouveaux tarifs doivent s’appliquer à l’entrée des denrées en République d’Irlande, et en provenance du Royaume-Uni.
Pas question que cette frontière virtuelle sillonnant la verte campagne irlandaise, serve de cheval de Troie aux contrebandiers du monde entier. Si les douaniers britanniques avaient montré plus de zèle, peut-être que les négociateurs européens auraient été plus souples. Pour préserver l’accord de paix, les Européens proposent plutôt la solution, politiquement explosive, de contrôles aux frontières s’opérant avant d’arriver sur l’île d’Irlande. Une réunification de fait par le commerce…
« Nous réfutons les allégations de la commission concernant les pertes de droits de douane. Nous prenons la surveillance douanière très au sérieux et continuerons à faire évoluer notre contrôle en fonction de l’émergence de nouvelles menaces » a répliqué un porte-parole du gouvernement britannique, jeudi.
La procédure bruxelloise constitue à ce stade une « lettre de mise en demeure ». Si Londres n’envoie pas son chèque au budget de l’Union (les droits de douane constituent une de ses sources non négligeables de revenu), la Commission pourrait assigner le pays devant la Cour de justice de l’UE. Cette Cour dont les « Brexiters » tiennent tant à se débarrasser.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le travail d’investigation sera « plus large que les transports aériens stratégiques et tactiques » et couvrira diverses sous-traitances comme la restauration.
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Transport militaire : la Cour des comptes commence une nouvelle enquête

Le travail d’investigation sera « plus large que les transports aériens stratégiques et tactiques » et couvrira diverses sous-traitances comme la restauration.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h24
    |

            Nathalie Guibert








                        


Nouvelle enquête sur le transport des armées : la Cour des comptes a commencé début mars des investigations sur les « contrats d’externalisation du soutien aux armées en opérations extérieures », selon les informations du Monde. Comme l’a mentionné le 13 février le premier président de la Cour, Didier Migaud, dans sa lettre à la commission des finances de l’Assemblée nationale qui l’avait saisi, le travail couvrira diverses sous-traitances, y compris la restauration, un vieux cheval de bataille des magistrats financiers.
Le sujet est « plus large que les transports aériens stratégiques et tactiques », précise M. Migaud, deux sujets au cœur de nombreuses attentions depuis plusieurs mois. Le transport stratégique, soit les vols de fret et de personnels militaires entre la France et ses opérations extérieures, fait l’objet de remarques de la Cour en 2015. En 2017, une enquête pénale a été confiée à la section de recherches financières de la gendarmerie, sous la conduite du Parquet national financier, comme l’a révélé Le Monde.

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« Compte tenu d’une probable difficulté d’accès aux pièces en raison de l’enquête judiciaire en cours », la Cour des comptes prévoit de remettre son nouveau rapport aux députés « au plus tard le 25 janvier 2019 ». Un rapport interne du contrôle général des armées a également été réalisé, qui pourrait déboucher sur des sanctions disciplinaires.

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Dans le prolongement du transport aérien stratégique, les magistrats financiers se pencheront sur le transport tactique, soit les vols entre les différentes bases françaises au sein même des zones d’opérations extérieures, un autre sujet complexe.
Au Sahel surtout, aute de moyens patrimoniaux, l’immensité de la zone d’action de l’armée exige de recourir à de nombreux prestataires privés, au service des opérations « Barkhane » et « Sabre » – son volet forces spéciales. Il s’agit grosso modo, selon les années, de transporter quelque 3 000 tonnes de matériels et 15 000 passagers. Les impératifs militaires exigent des procédures particulières et des décisions rapides, les conditions de sécurité étant appréciées par les responsables du terrain.
« Poursuivre les investigations »
Pour louer des avions en Afrique, des petits Beechcraft, des transporteurs Antonov 26 ou Antonov 32 (ou même des hélicoptères lourds russes MI8 comme l’avait révélé en juillet 2017 Ouest-France), l’armée ne recourt pas aux procédures des marchés publics. Les acteurs du secteur décrivent un Far West, car la concurrence est rude.
Le contrôle général avait ainsi alerté dans son rapport intermédiaire sur « des modalités de mise en œuvre des principes d’égalité de traitement des candidats et de transparence de procédure qui invitent à poursuivre les investigations ». Le contrôle interne de ces prestations présente des faiblesses « notables », a souligné le contrôle général.
En 2017, cinq sociétés d’affrètement se sont partagé le marché aérien « intra-théâtre » au Sahel, pour un montant de 25 millions d’euros au total : Daher, Dynami Aviation, SNC-Lavalin, Pegase Air Drop et Air Attack. Elles ont eu recours à des compagnies diverses : sud-africaine, arménienne, géorgienne, russe ou moldave. En octobre 2017, l’accident d’un Antonov 126 à Abidjan avec quatre militaires des forces spéciales à bord a provoqué la mort de quatre membres d’équipage ukrainiens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’institution de Francfort a renoncé, jeudi 8 mars, à la possibilité d’augmenter le volume mensuel de ses rachats de dettes publiques et privées.
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La BCE fait un petit pas vers l’abandon de son programme de soutien à l’économie

L’institution de Francfort a renoncé, jeudi 8 mars, à la possibilité d’augmenter le volume mensuel de ses rachats de dettes publiques et privées.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 14h16
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h47
   





                        


C’est un petit pas, mais il amorce peut-être une nouvelle étape pour la Banque centrale européenne (BCE). L’institution de Francfort a renoncé, jeudi 8 mars, à la possibilité d’augmenter le volume mensuel de ses rachats de dettes publiques et privées.
Dans son traditionnel communiqué sur les taux, la BCE a supprimé la phrase, répétée à chaque réunion depuis décembre 2016, prévoyant « d’accroître » si nécessaire « le volume » de ce programme, actuellement fixé à 30 milliards d’euros par mois. Celui-ci représente déjà près de 2 400 milliards d’euros depuis son lancement, en mars 2015.

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Décrue irréversible
Par ce net changement de communication, la BCE amorce une décrue irréversible du « quantitative easing » (QE), passé en avril 2016 de 80 milliards à 60 milliards d’euros mensuels, puis tombé à 30 milliards d’euros par mois depuis janvier.
En revanche, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs au plus bas. Le principal taux de refinancement a été laissé à zéro, tandis que les banques continueront à payer à la BCE un intérêt négatif de 0,40 % pour les liquidités dont elles n’ont pas l’utilité immédiate.
Cette annonce « est sans doute le premier pas prudent de la BCE sur la voie d’une normalisation progressive de sa politique monétaire, ce qui explique la hausse immédiate de l’euro », a commenté l’organisme d’étude économique Capital economics.
Le calendrier de l’abandon des rachats d’actifs demeure néanmoins mystérieux, la BCE devant à la fois intégrer la conjoncture solide, la faiblesse durable de l’inflation, et désormais les menaces d’une guerre commerciale déclenchée par Washington.
La semaine dernière le président américain a annoncé son intention d’imposer 25 % de taxes sur les importations d’acier et 10 % sur celles d’aluminium, ravivant le spectre de sanctions commerciales croisées.
Une menace qui n’a pas manqué de faire réagir, jeudi, le président de la BCE, Mario Draghi, qui s’est inquiété des relations internationales actuelles :
« Il y a une certaine inquiétude ou préoccupation sur l’état des relations internationales, parce que si vous adoptez des taxes contre (…) vos alliés, on peut se demander qui sont les ennemis. »
Selon lui, la résolution des conflits internationaux doit se faire dans un cadre « multilatéral », faute de quoi des « représailles » sont à craindre, avec un impact « difficile à prévoir » sur le climat économique.
Colombes et faucons
Si la BCE s’est montrée optimiste ces derniers mois quant à la croissance dans la zone euro, l’évolution des prix peine à suivre celle de la conjoncture. Lors de ses dernières prévisions, en décembre, la BCE attendait 1,7 % d’inflation en 2020, un niveau pas encore conforme à son objectif « proche mais inférieur à 2 % » par an.
Dans ce contexte, les observateurs attendent peu d’indications ce jeudi de M. Draghi sur le calendrier de l’abandon de son vaste soutien à l’économie. La majorité table sur un arrêt du QE en fin d’année, dont la BCE a dit qu’il serait suivi « bien après » par une première hausse de taux.
La querelle, qui couve depuis plusieurs mois au sein de l’institution sur la vitesse d’application de ce plan, devrait aboutir à des annonces plus concrètes au mois de juin, estime la majorité des économistes.
Le clan des « colombes », emmenées par M. Draghi, qui plaide pour conserver un ton accommodant tant que les perspectives d’inflation ne s’éclaircissent pas, conserverait ainsi l’avantage sur les « faucons », qui veulent voir la BCE durcir rapidement le ton.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’addition des travaux avait doublé en trois ans pour atteindre près de 2,3 milliards de couronnes (237 millions d’euros). L’élu conservateur assurait pourtant que les coûts étaient sous contrôle.
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En Norvège, le président du Parlement démissionne à la suite d’un scandale de surcoûts

L’addition des travaux avait doublé en trois ans pour atteindre près de 2,3 milliards de couronnes (237 millions d’euros). L’élu conservateur assurait pourtant que les coûts étaient sous contrôle.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 13h51
   





                        


Le président du Storting, le Parlement norvégien, Olemic Thommessen, a annoncé jeudi 8 mars qu’il renonçait à ses fonctions, à la suite d’un scandale de surcoûts ayant entaché des travaux autour de l’enceinte parlementaire.
M. Thommessen était vivement critiqué ces dernières semaines en raison de l’envolée de la facture liée à la construction d’un tunnel d’accès au Parlement et à la rénovation d’un bâtiment attenant. L’addition des travaux avait doublé en trois ans pour atteindre près de 2,3 milliards de couronnes (237 millions d’euros), selon les dernières estimations. L’élu conservateur assurait pourtant encore le 20 décembre que les coûts étaient sous contrôle.
« Je vais naturellement quitter ces fonctions »
Plusieurs partis de l’opposition ont réclamé le départ du président du Parlement. Son sort dépendait du Parti populaire chrétien (KrF), appui traditionnel de la coalition au pouvoir, minoritaire au Parlement sans ses voix. « J’ai été informé que le Parti populaire chrétien me retirait son soutien (…) et je vais donc naturellement quitter ces fonctions », a déclaré M. Thommessen lors d’une intervention au Parlement, qu’il présidait depuis 2013.
Le dirigeant du parti, Knut Arild Hareide, a expliqué la décision de sa formation par l’échec de M. Thommessen à tenir suffisamment compte des signaux d’alarme tirés dès juin 2017 par le Parlement. Principale formation d’opposition, le Parti travailliste social-démocrate s’est félicité de ce départ. « Je pense qu’il aurait dû le faire avant, mais il le fait maintenant et c’est une bonne décision », a commenté son chef, Jonas Gahr Støre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le PDG du groupe d’aluminium Constellium appelle les Etats-Unis à revoir leur position
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Acier, aluminium : « M. Trump, une autre solution est possible », plaide le PDG de Constellium

Le PDG du groupe d’aluminium Constellium appelle les Etats-Unis à revoir leur position



Le Monde
 |    08.03.2018 à 12h48
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Est-il encore temps de faire revenir Donald Trump sur son projet de taxer massivement les importations d’acier et d’aluminium ? Jean-Marc Germain veut le croire. Depuis l’annonce du président américain, le 1er mars, le patron de Constellium, grand fabricant de produits en aluminium né sur les décombres de Pechiney, multiplie les contacts pour éviter une guerre commerciale dont les industriels seraient les premières victimes. « Il y a bien des distorsions de concurrence dans l’aluminium, mais la taxe de 10 % prévue n’est pas la bonne réponse », juge ce polytechnicien, qui passe la moitié de sa vie aux Etats-Unis.

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                L’UE prête à riposter à la décision américaine sur l’acier et l’aluminium



Avec les autres professionnels des métaux, le PDG de Constellium espère infléchir la position américaine. Si une taxe est bien mise en place, il demande à ce que le Canada et l’Europe, alliés économiques historiques des Etats-Unis, en soient exemptés : « M. Trump, le problème est en Chine, pas en Europe ni ailleurs ».
« Le problème est en Chine, pas en Europe ni ailleurs ».
La Chine, voilà le sujet clé. En vingt ans, le pays s’est construit une très puissante industrie des métaux, grâce, notamment, à une fiscalité incitant à produire de l’aluminium, à le transformer sur place, puis à le vendre hors des frontières : les exportations de produits semi-finis bénéficient d’un rabais de TVA de l’ordre de 15 %. Le résultat ? Entre 1998 et 2018, la part de la Chine est passée de 5 % à… 55 % du marché mondial de l’aluminium, laminant par ricochet l’industrie américaine et européenne.

   


Rétablir des règles du jeu équitables
Contrer cette concurrence en taxant les importations américaines n’est pas la bonne solution, plaide le patron de Constellium : « Cela va obliger toute la profession à augmenter les prix, et risque d’inciter les producteurs chinois bloqués aux Etats-Unis à déverser leur production en Europe. » Sans compter de possibles mesures de rétorsion européennes qui seraient « contre-productives ». 
A ses yeux, « une autre solution est possible » : celle d’un accord négocié au niveau du G20 et de l’Organisation mondiale du commerce. Tous les grands pays producteurs se retrouveraient autour de la table, en vue de réduire les surcapacités chinoises et de rétablir des règles du jeu équitables. Utopie ? « Il y a eu un précédent, en 1994, lorsque l’effondrement de l’Union soviétique a provoqué un afflux d’aluminium russe en Europe et aux Etats-Unis, rappelle M. Germain. Un accord gelant 10 % de la production mondiale avait été signé entre les principaux pays, et ce fut un succès. Pourquoi ne pas recommencer ? » Pas sûr que M. Trump saisisse la perche.



                            


                        

                        


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Brexit : le patronat britannique demande à l’Europe de tendre la main

Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, estime qu’il est temps que Bruxelles négocie le Brexit de bonne foi.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 12h27
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Rarement le patronat britannique aura été autant en porte-à-faux avec un gouvernement, particulièrement conservateur. Depuis que les électeurs du Royaume-Uni ont voté en faveur du Brexit, Carolyn Fairbairn, la directrice générale de la Confederation of British Industry (CBI), bataille pour faire entendre la voix des entreprises dans un débat miné, et rester le plus proche possible du marché européen.
Toutefois, selon la dirigeante de la principale organisation patronale du pays, le gouvernement britannique est enfin en train de devenir « réaliste, pragmatique ». A l’entendre, le discours dans lequel Theresa May a précisé sa vision du Brexit, vendredi 2 mars, change la donne. La première ministre britannique a, pour la première fois, averti les partisans de la sortie de l’Union européenne (UE) qu’il y aurait des concessions à faire et elle a énuméré certains secteurs dans lesquels elle souhaite conserver les normes européennes et rester dans les agences européennes qui les gèrent (aviation, médicaments, chimie).
« Une base de négociation juste et solide »
Dans ce contexte, Mme Fairbairn ne cache pas un certain agacement face à l’attitude de Bruxelles, qu’elle juge trop rigide. « Il est temps que l’Union européenne ait une approche ouverte et discute l’offre de négociation présentée par la première ministre, a-t-elle estimé dans un entretien à un groupe de journaux européens, dont Le Monde. On espère que la position [de Mme May] sera traitée sérieusement, avec respect, sans les petites phrases qu’on a entendues par le passé. Bien sûr, tout ne sera pas universellement populaire et accepté, mais il s’agit d’une base de négociation juste et solide. »

Mme Fairbairn cherche bien entendu à défendre les intérêts des entreprises britanniques. Mais trouver un accord bénéficierait aussi à ceux de la communauté d’affaires européenne, insiste-t-elle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ En 2017, la Suède a connu une vague de suicides de migrants arrivés à leur majorité.
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Mineurs étrangers isolés : une affaire européenne qui ne s’arrête pas à la majorité

En 2017, la Suède a connu une vague de suicides de migrants arrivés à leur majorité.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h53
    |

            Maryline Baumard








                        


Les mineurs étrangers, une affaire européenne ? La première préconisation du rapport sur les mineurs non accompagnés (MNA) rédigé par l’Assemblée des départements de France et les inspections générales de l’administration, des affaires sociales et de la justice, remis mi-février au premier ministre, est en effet de « prendre l’initiative d’une coopération renforcée entre les Etats membres de l’Union européenne en y associant le Conseil de l’Europe ».
En effet, comme le rappellent les auteurs de ce travail, « l’examen comparatif dans les pays voisins de la France montre que tous sont concernés par cette question du fait de sa croissance rapide et de son ampleur ».

        Lire aussi :
         

                Le gouvernement face au défi de la prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés



En 2015, le pays le plus concerné par les arrivées d’enfants et d’adolescents sans famille a été la Suède. Cette année-là, 20 % des migrants entrés se disaient mineurs. Deux ans plus tard, une fois arrivés à la majorité, le pays a été endeuillé par une vague de suicides de jeunes préférant se donner la mort qu’être expulsés. Douze suicides au sein de cette population ont été enregistrés en 2017, ce qui a largement ému l’opinion.
Projet bloqué par une décision préfectorale
Ces morts résonnent comme en écho au drame vécu en France par Kantar. Ce jeune immigré malien, arrivé à Nîmes début 2016, avait franchi toutes les étapes, et même été admis pour faire un CAP cuisine en alternance. Comme il n’avait pas six mois de scolarisation avant ses 18 ans, son projet a été bloqué par une décision préfectorale. Sa famille d’accueil a appris son décès le lendemain de Noël 2017.
Le rapport biparti n’aborde pas ce sujet de l’arrivée à la majorité des mineurs étrangers. Ses signataires n’étaient pas mandatés pour ce prolongement, mais leur propos évoque en filigrane l’importance de l’après. La conclusion du rapport rappelle que « la consolidation de leur parcours d’intégration au-delà de la majorité devrait faire l’objet d’une attention toute particulière ». De plus, « la mission recommande que l’Etat et les départements (…) engagent une réflexion conjointe (…) sur l’adaptation de la prise en charge, de l’admission à l’Aide sociale à l’enfance jusqu’à l’accompagnement des jeunes majeurs ».
Sans ce maillon, le rajeunissement des mineurs envoyés seuls depuis leurs pays ne s’arrêtera pas. Si 95 % des mineurs entrés seuls en France en 2017 étaient âgés pour 84 % entre 15 et 17 ans, les moins de 15 ans, eux sont passés de 37 % des effectifs totaux en 2015 à 42 % en 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le seul modèle qui reste à proposer au Royaume-Uni est un accord de libre-échange, a résumé mercredi le président du Conseil européen Donald Tusk.
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Brexit : l’Union européenne défend ses positions

Le seul modèle qui reste à proposer au Royaume-Uni est un accord de libre-échange, a résumé mercredi le président du Conseil européen Donald Tusk.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 13h06
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Difficile de faire plus clair. La « future relation » entre l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni après le Brexit ? Depuis le Luxembourg, il n’a pas fallu plus de cinq minutes à Donald Tusk, le président du Conseil européen, pour mettre les points sur les « i ».
« Dans son discours [vendredi 2 mars], la première ministre, Theresa May, a confirmé que le Royaume-Uni quitterait le marché unique, l’union douanière, et s’affranchirait des décisions de la Cour de justice de l’Union. Dans ce cas, le seul modèle qui nous reste [à proposer] est un accord de libre-échange », a martelé l’ancien premier ministre polonais, mercredi 7 mars.
« Il s’agira du premier traité de libre-échange qui distend des liens économiques », a noté Donald Tusk.
Et M. Tusk d’enfoncer le clou : ce futur traité sera, il l’espère, « ambitieux et avancé », mais « l’essence même » du Brexit, c’est que « nous allons nous éloigner. En fait, il s’agira du premier traité de libre-échange de l’histoire qui distend des liens économiques au lieu de les consolider. Notre accord (…) rendra le commerce entre nous plus compliqué et coûteux qu’aujourd’hui, pour nous tous ».
Ni droits de douane ni quotas
Le président du Conseil européen ne prononçait pas des paroles en l’air : il résumait un document de six pages envoyé le matin même par son institution aux capitales de l’UE (hors Londres évidemment). Sans valeur juridique, certes, mais déjà très formel, car il trace les « lignes de négociation » des Européens dans le cadre des discussions à venir sur la « relation future ».

Ce texte explicite ce qu’ils sont prêts à accepter et ce qu’ils refuseront assurément. Les 27 Etats doivent encore l’adopter dans les jours qui viennent, mais cette étape ne devrait pas poser trop de difficultés. Ils ont déjà été consultés et jusqu’à présent, ils ont réussi à parler d’une seule voix face à Londres.
Seule...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Montée de l’autoritarisme politique, retour de la course aux armements nucléaires et esquisse d’une guerre commerciale. Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », revient sur trois journées récentes à Pékin, Moscou et Washington.
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« Trois jours dans le monde multipolaire d’aujourd’hui »

Montée de l’autoritarisme politique, retour de la course aux armements nucléaires et esquisse d’une guerre commerciale. Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », revient sur trois journées récentes à Pékin, Moscou et Washington.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 16h04
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. A quoi ressemble le monde multipolaire d’aujourd’hui ? Il n’est jamais facile d’attraper le souffle de l’air du temps. L’exercice est aussi périlleux qu’ambitieux. Modestement, prenons les trois dernières manifestations des super grands de l’époque – Pékin, Moscou, Washington. Chacune a sa singularité, certes, mais, mises bout à bout, elles confirment trois tendances majeures : la montée de l’autoritarisme politique, le retour de la course aux armements nucléaires et l’esquisse d’une guerre commerciale.
La promotion de l’autocratie fait partie de la bataille idéologique à mener dans le monde d’aujourd’hui, dit l’un des quotidiens du Parti communiste chinois
Pékin, lundi 26 février. Les autorités annoncent une prochaine réforme de la Constitution pour permettre au chef de l’Etat de rester en poste à vie. Depuis les années 1980, la règle était de limiter l’exercice de la présidence à deux mandats. La mémoire des dérives de l’époque Mao était encore vive. Il fallait se prémunir contre les risques du pouvoir personnel et assurer une relève régulière de la direction politique.
Retour en arrière : le pouvoir de Xi Jinping sur le Parti communiste chinois (PCC) est tel que le président, déjà pourvu de tous les leviers de commande, a pu exiger « sa » réforme. S’il le veut, Xi Jinping, qui commence un deuxième mandat de cinq ans, peut rester président à vie.
Dans un régime de parti unique, la limitation dans le temps de l’exercice de la présidence faisait de la Chine une exception. Elle avait trouvé le moyen de remédier au point le plus faible des autocraties : passer sans drame d’un chef à l’autre – ni putsch ni guerre civile. Ce fut d’ailleurs le cas lors de la transition entre Jiang Zemin et Hu Jintao, les prédécesseurs de Xi Jinping. L’abolition de la règle des deux mandats ressemble fort à une dérive vers un régime de plus en plus autocratique.

Mais comme l’autocratie est un bon système de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ M. Madsen, par ailleurs poursuivi dans la même affaire pour atteinte à l’intégrité d’un cadavre et agression sexuelle, prétend ne pas l’avoir tuée « intentionnellement ».
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Danemark : Peter Madsen, accusé du meurtre de la journaliste Kim Wall, plaide non coupable

M. Madsen, par ailleurs poursuivi dans la même affaire pour atteinte à l’intégrité d’un cadavre et agression sexuelle, prétend ne pas l’avoir tuée « intentionnellement ».



Le Monde
 |    08.03.2018 à 08h19
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 17h17
   





                        



   


C’est un huis clos macabre, qui promet d’attirer l’attention du monde entier, tant son scénario reste teinté de mystère. Jeudi 8 mars s’est ouvert le procès de l’« inventrepreneur » Peter Madsen, jugé pour le meurtre à bord de son sous-marin de la journaliste suédoise Kim Wall en août 2017.
Présent à l’audience au tribunal de Copenhague, Peter Madsen a déclaré qu’il « plaid[ait] non coupable ». Selon le Danois de 47 ans, il est innocent du meurtre de Kim Wall, qui serait morte accidentellement à bord du sous-marin à la suite d’une dépressurisation.
Il entend maintenir cette ligne de défense tout au long de son procès, alors que le procureur, Jakob Buch-Jepsen, a déjà annoncé son intention de requérir la prison à vie contre Madsen. Ce dernier est poursuivi pour meurtre, atteinte à l’intégrité d’un cadavre et agression sexuelle.

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                Affaire du « Nautilus » : qui est Peter Madsen, l’inventeur soupçonné de l’homicide d’une journaliste ?



« Je maintiens que je n’ai pas tué Kim Wall intentionnellement », a-t-il déclaré d’une voix assurée. Il a expliqué avoir changé de versions à plusieurs reprises pour « épargner » aux proches de la jeune femme les circonstances « terribles » de sa mort, qu’il continue de dire accidentelles. L’homme reconnaît toutefois avoir jeté son cadavre en mer, au large de la capitale danoise, mais nie avoir agressé la jeune femme sexuellement.
Selon lui, le 10 août 2017, une soudaine chute de pression d’air a créé un phénomène d’aspiration qui a fait tomber le panneau de l’écoutille, piégeant Kim Wall dans le sous-marin qui s’est alors empli d’échappements toxiques alors que Peter Madsen se trouvait sur le pont, impuissant, a-t-il raconté à la cour.
« J’essaie d’expliquer à Kim à travers l’écoutille comment arrêter les moteurs, pendant cinq à quinze minutes, j’essaie d’entrer pour venir à son secours. (...) Quand j’ai enfin réussi à ouvrir le panneau d’écoutille, un nuage de chaleur me prend au visage. Je la trouve inanimée sur le sol, je reste près d’elle et j’essaie de la faire revenir à elle, je lui donne des tapes sur les joues, je tâte son pouls. En vain. »
Constatant la mort de la jeune femme, « j’ai décidé de me suicider », a assuré Peter Madsen. Finalement, « je dors près d’elle pendant environ deux heures ».

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                Affaire du Nautilus : Peter Madsen passe aux aveux



Autopsie non concluante
Les douze journées d’audience prévues jusqu’au 25 avril doivent permettre au tribunal de mieux comprendre la personnalité du meurtrier présumé et les circonstances de la mort de Kim Wal. La journaliste se trouvait en mer avec l’énigmatique créateur du submersible, Peter Madsen, qu’elle voulait interviewer.
Kim Wall, journaliste indépendante suédoise de 30 ans, avait disparu le 10 août au soir dans le détroit de l’Oresund, entre le Danemark et la Suède, alors qu’elle effectuait un reportage sur le Nautilus et Peter Madsen. Le petit ami de la Suédoise, resté fêter avec des amis le proche départ du couple, qui avait décidé de s’installer en Chine, avait déclaré sa disparition dans la nuit du 10 au 11 août.
Peter Madsen, secouru le 11 août par un plaisancier avant le naufrage de son bâtiment, est soupçonné de l’avoir sabordé. Après d’intenses recherches en mer, le tronc lesté de Kim Wall, dont les membres et la tête ont été délibérément sectionnés, a été découvert le 21 août en baie de Køge, par un cycliste.
« Café et petits gâteaux »
Le procureur avait auparavant lu l’acte d’accusation et présenté les pièces matérielles à charge : le corps décapité, mutilé, démembré et lesté de pièces de métal de Kim Wall retrouvé après sa disparition en plusieurs endroits dans la baie de Køge séparant le Danemark de la Suède, son sang dans le sous-marin et sur le nez de Peter Madsen, la scie à bois retrouvée elle aussi en mer et qui aurait servi à découper le cadavre.
L’autopsie n’a pas permis de déterminer les causes de la mort de Kim Wall. L’accusation soutient que M. Madsen a torturé et tué la journaliste afin de satisfaire un fantasme sexuel ; ce qu’il nie. Aucun mobile n’apparaît, cependant, clairement.
Les derniers échanges de SMS de Kim Wall avec son petit ami ont été projetés sur grand écran : « Je suis encore vivante », plaisante-t-elle à 20 h 15 le soir du 10 août. « Mais nous allons plonger maintenant. Je t’aime. » Et puis elle envoie un dernier message une minute plus tard : « Il a même amené du café et des petits gâteaux. »
Analyse du disque dur
L’analyse psychologique de Madsen, citée jeudi par le procureur, décrit l’homme comme « très peu fiable, pervers polymorphe et sexuellement déviant ». « Il a des traits narcissiques et psychopathiques, il manipule avec un manque d’empathie et de remords », a ajouté Jakob Buch-Jepsen.
Des témoins, dont plusieurs ex-liaisons, décrivent un homme nourrissant de multiples perversions sexuelles, adepte de scénarios sado-masochistes, pratiquant des simulacres d’étranglement. L’étude du disque dur saisi dans son atelier – il nie qu’il s’agisse du sien – a révélé la présence de vidéos de femmes violées, assassinées, brûlées.
Les enquêteurs n’ont jamais retrouvé les téléphones de Kim Wall, ni de Madsen, mais ils sont parvenus à retracer certaines recherches effectuées par le suspect. Dans la matinée du 10 août, quelques heures avant le drame, Madsen a fait des recherches sur des décapitations de femmes. Le 26 juillet, il a également recherché des « décapitations de femmes » et a regardé des vidéos, a rapporté le procureur. Le verdict est attendu le 25 avril.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ En dépit de la reprise économique et de la baisse du chômage, les salaires ne se redressent que très lentement dans l’union monétaire. Un casse-tête pour la BCE.
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Salaires en zone euro : à quand le dégel ?

En dépit de la reprise économique et de la baisse du chômage, les salaires ne se redressent que très lentement dans l’union monétaire. Un casse-tête pour la BCE.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 06h36
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A l’angoisse du carnet de commandes vide a succédé celle du CV manquant. « Nous sommes passés d’un extrême à l’autre en quelques semaines », raconte Antoine Barret, patron d’une très petite entreprise (TPE) spécialiste de l’entretien de jardins en Rhône-Alpes. Pendant de longs mois, il a couru après les clients. « Je suis allé les chasser jusqu’en Suisse, où le pouvoir d’achat est plus élevé », confie-t-il. Tant pis pour les kilomètres avalés avec ses deux salariés. « Il fallait bien vivre. » A l’été 2017, le téléphone a recommencé à sonner. Presque trop. « Maintenant, je manque de bras pour m’aider ! Cette reprise a quelque chose d’insensé. »
Depuis plusieurs semaines, la même complainte résonne du côté de certaines entreprises françaises, belges, irlandaises et surtout allemandes. On s’y plaint de la difficulté à recruter. De la rareté des profils qualifiés, pour lesquels on déroule le tapis rouge. Résultat : ça et là, les salaires frémissent. Un peu. En Allemagne, le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall a obtenu une hausse des rémunérations de 4,3 % en février. Au Portugal, le salaire minimum est monté de 557 à 580 euros mensuels en janvier. Selon une étude publiée fin février par le cabinet Deloitte, les enveloppes d’augmentation des entreprises françaises sont reparties à la hausse en 2018, pour la première fois depuis 2011.
Après des années de disette salariale, l’heure du grand dégel a-t-elle enfin sonné en zone euro ? La question n’est pas seulement déterminante pour les millions d’Européens au pouvoir d’achat comprimé par des années de crise. Elle l’est aussi pour la Banque centrale européenne (BCE), qui devait se réunir jeudi 8 mars afin d’évoquer sa stratégie future. La hausse des rémunérations est en effet la première roue d’un engrenage vertueux susceptible de nourrir l’inflation, que l’institution tente de réanimer depuis des mois. Car un peu d’inflation (autour de 2 %) est synonyme...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 07/03/2018
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La « Semaine de la tourte britannique » menacée par le Brexit

La fin de l’appellation d’origine protégée, sous la pression de lobbys américains, signerait la mort du « pie and mash », ce plat populaire typique du Londres « cockney ».



Le Monde
 |    08.03.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h42
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE LONDRES
On peut penser ce que l’on veut du Royaume-Uni en plein Brexit, mais un pays qui célèbre la « semaine de la tourte » ne peut pas avoir entièrement tort. Or les Britanniques, comme chaque première semaine de mars, sont invités ces jours-ci à célébrer la Semaine de la tourte britannique (« British pie week »).
A l’instar des Français habitués à déguster des crêpes pour la Chandeleur ou une galette pour l’Epiphanie (une tradition curieusement inconnue outre-Manche), les Britanniques sont appelés à confectionner un de leurs trésors culinaires nationaux : les tourtes.
Il en existe de toutes formes et de toutes saveurs, salées ou sucrées, depuis la Cornish pasty (tourte de Cornouailles) en forme de D (fourrée de bœuf haché, pommes de terre et oignons) jusqu’à la shepherd’s pie (« tourte du berger », viande hâchée-carottes-tomates) directement sortie du plat. Sans oublier les mince pies, tartelettes fourrées de fruits secs traditionnellement servies à Noël, aussi peu diététiques que leurs sœurs salées.
Si les tourtes font partie du patrimoine national, c’est qu’elles sont intimement liées à la culture populaire, voire ouvrière. Ainsi, le pie and mash (tourte purée) a longtemps été le plat typique du Londres cockney (Est de la ville). Il se compose d’une savoury pie, sorte de timbale en pâte de saindoux chapeautée d’un couvercle en pâte brisée ou feuilletée contenant de la viande hachée (bœuf ou mouton) servie avec de la purée de pomme de terre. La pie, facile à saisir, offrait aux artisans et ouvriers du milieu du XIXe siècle un repas roboratif sur le pouce, adapté aux aléas de leur lieu de travail.
Survivance d’une culture populaire
Ancêtre des fast-foods, de petits restaurants les ont longtemps servis à l’heure de la pause casse-croûte à des consommateurs assis sur des banquettes dans un décor minimaliste. Il en existait une centaine à Londres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Malgré des progrès considérables en vingt ans, les femmes espagnoles sont toujours payées près de 15 % de moins que leurs confrères masculins.
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En Espagne, les femmes font grève pour « arrêter le monde »

Malgré des progrès considérables en vingt ans, les femmes espagnoles sont toujours payées près de 15 % de moins que leurs confrères masculins.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 02h51
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 03h17
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


C’est déjà une victoire. Depuis que les mouvements sociaux et syndicaux ont appelé à la première « grève féministe » d’Espagne, jeudi 8 mars, la défense des droits des femmes fait la « une » de la presse, nourrit les débats politiques, s’est imposée dans l’activité législative.
Le parti de la gauche radicale Podemos a soumis, le 20 février, une proposition de loi sur l’égalité des revenus des femmes et des hommes et le Parti socialiste en a proposé une autre, le 7 mars, sur « l’égalité de traitement et de chances ». Plus symbolique, le parti libéral Ciudadanos, pourtant opposé à la grève qu’il juge « trop politisée », a annoncé le 7 mars la création d’un groupe de travail au Parlement catalan pour lutter contre « la fracture salariale, la co-responsabilité et la précarité dont souffrent les femmes ».
De son côté, le Parti populaire a dû rectifier sa position, après la polémique suscitée par plusieurs élues qui ont proposé de faire une « grève à la japonaise, en travaillant encore plus », en se disant « respectueux » des grévistes. Le PP a rappelé qu’il existe une loi qui interdit qu’un homme soit mieux payé qu’une femme à travail égal et qu’il a augmenté le congé paternité de treize jours à quatre semaines en 2017.
Mieux que la moyenne européenne
La situation de l’Espagne en matière des droits des femmes a progressé considérablement en vingt ans. La fracture salariale s’est réduite de 33 % depuis 2002, selon la Fondation des études d’économie appliquée (Fedea). Mais, selon les derniers chiffres d’Eurostat, à travail égal, elle se situe encore à 14,9 % (inférieure aux 16,3 % de la moyenne européenne).
Les mesures prises pour dénoncer les violences faites aux femmes et accompagner les victimes portent aussi leurs fruits, avec une baisse sensible du nombre de femmes décédées des mains de leur (ex-) compagnon. Les syndicats rappellent par ailleurs que les femmes occupent 62 % des CDD et 74 % des emplois à temps partiel, et que leur salaire moyen est inférieur de 23 % à celui des hommes.
« Il reste encore beaucoup à faire : les femmes ont les retraites les plus faibles, les emplois les plus précaires, elles réalisent encore l’essentiel des travaux domestiques, sont trop souvent questionnées quand elles posent plainte pour viol, et près de 1 000 ont été assassinées en quatorze ans », énumère Ruth Caravantes, porte-parole de la commission 8M, qui regroupent différents mouvements féministes, et a publié le manifeste d’appel à la grève qui propose de « stopper le monde » pour exiger « l’égalité des droits et des conditions de vie ».
Grève soutenue
Alors que l’Espagne a peu réagi au mouvement #metoo et n’a pas connu de mouvement similaire au #balancetonporc français, 82 % des Espagnols estiment que la grève est justifiée, selon un sondage paru dans le quotidien El Pais le 6 mars. « Le mouvement #metoo est le produit de nombreuses années de féminisme, tout comme cette grève », estime Mme Caravantes, pour qui « il ne suffit pas qu’il y ait de nouvelles lois, il faut transformer la société et cette grève est notre manière d’interpeller pour cela notre voisin, notre collègue, notre chef ou le gouvernement… La balle est à présent dans le camp de la société… »
Les syndicats minoritaires CNT et CGT, ainsi que le parti néocommuniste de la Gauche unie (IU) et Podemos soutiennent la grève de 24 heures convoquée par la commission 8M. Une grève à la fois des travailleurs, des étudiants, des soins (des enfants ou des personnes dépendantes) et de la consommation, dont le positionnement ouvertement anticapitaliste ne fait toutefois pas l’unanimité. Les syndicats majoritaires Commissions ouvrières (CCOO) et Union générale des travailleurs (UGT), soutenus par le PSOE, appellent quant à eux à des arrêts de travail de deux heures.
« Nous avons besoin de mesures du gouvernement et du patronat pour lutter de manière effective contre les inégalités salariales et professionnelles, faciliter la conciliation entre vie familiale et professionnelle ou valoriser le travail à la maison…, explique Lola Santillana, responsable de l’emploi et la qualification professionnelle pour les CCOO. Il faut que le gouvernement investisse dans des plans d’action et que des mesures coercitives avec sanction soient prises contre les entreprises qui ne respectent par l’égalité des travailleurs. »
Les médias responsables
En marge des partis et des syndicats, de nombreuses femmes se sont organisées avec leurs propres mots d’ordres. Artistes, scientifiques, universitaires ou journalistes, elles se sont unies au mouvement de grève. « Je pense qu’au fond, nous en avions marre de nous retenir de nous plaindre », résume Eva Belmonte, journaliste et porte-parole du mouvement L’arrêt des journalistes, dont le manifeste a été signé par plus de 7 000 femmes de la profession. « Nous avons les mêmes problèmes que le reste des femmes : les différences de salaire, l’accès restreint aux postes de direction, le harcèlement professionnel, la précarité, et nous en avons un autre, qui est la présence et la représentation des femmes dans les médias. Trop souvent, les médias culpabilisent les victimes d’agression sexuelle, trop peu de tribunes d’opinion sont confiées à des femmes, trop peu de places leur sont données dans les débats politiques. Notre mobilisation est une manière d’attirer l’attention des directeurs de médias sur ce problème. »
Près d’une centaine de rassemblements sont organisés dans la capitale espagnole, dont une grande manifestation à 19 heures. Tout comme à Barcelone et des dizaines de villes espagnoles. « La grève sera un succès si le 9, on continue d’en parler… », conclut Mme Santillana.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Plusieurs journalistes sont sorties du silence pour raconter leur agression par un député ultranationaliste en vue.
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Premiers témoignages en Russie sur des cas de harcèlement sexuel

Plusieurs journalistes sont sorties du silence pour raconter leur agression par un député ultranationaliste en vue.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 19h24
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 20h39
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Le début d’une version russe du mouvement Metoo ? En quelques jours, cinq femmes journalistes ont témoigné à visage découvert avoir été l’objet de harcèlement sexuel dans l’exercice de leur métier, et trois d’entre elles ont désigné le même agresseur, Leonid Sloutski, député et président de la commission des affaires étrangères de la Douma (la chambre basse du Parlement russe). Il fallait sans doute une certaine dose de courage à ces consœurs pour briser le silence en Russie, où la vague de libération de la parole déclenchée par le scandale Weinstein a davantage suscité de sarcasmes que de débats.
A la veille de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, célébrée ici depuis 1965 sur un mode consensuel, Farida Roustamova a pris son courage à deux mains. Journaliste à la BBC, la chaîne britannique d’information, elle se trouvait, le 24 mars 2017, dans le bureau du député Sloutski, élu sous l’étiquette LDPR (ultranationaliste), pour l’interroger sur la présence à Moscou, ce jour-là, de Marine Le Pen, alors en campagne présidentielle.
« Tu seras sa femme et ma maîtresse »
Comme elle l’a raconté, la discussion a vite dérapé. Esquivant ses questions, son interlocuteur commence à l’appeler « mon lapin », avant de lui faire des avances déplacées. « Parfait, tu seras sa femme et ma maîtresse », lui répond-il lorsqu’elle tente de le raisonner en lui parlant de son fiancé. Puis il se rapproche et lui passe la main dans l’entrejambe. D’abord pétrifiée, la journaliste quitte la pièce en larmes.
« J’avais peur d’être seule dans cette histoire », explique Farida Roustamova
Farida Roustamova dit avoir la preuve de ce qui s’est passé car la conversation a été enregistrée. Elle « nous avait informés peu de temps après », confirme un porte-parole de la chaîne à Londres. « J’avais peur d’être seule dans cette histoire, justifie la journaliste pour expliquer sa retenue pendant un an. J’avais aussi peur d’être jugée par la société patriarcale russe. Et je me suis mal jugée moi-même parce que je ne l’ai pas frappé ou crié quand il m’a fait cela. »
Avant elle, deux autres journalistes, Ekaterina Kotrikadze, rédactrice en chef adjointe de la chaîne RTVI, et Daria Jouk, productrice sur la chaîne Dojd, ont décrit des faits similaires, subis en 2011 et en 2014, avec le même député. Sollicité par Le Monde, Leonid Sloutski n’a souhaité faire « aucun commentaire ».
Le 27 février, Sofia Roussova, une autre journaliste, avait, la première, rapporté sur la radio Govorit Moskva avoir été harcelée par un élu local qui l’avait même suivie et agressée devant son domicile. « Moi aussi, j’ai eu des problèmes avec certains fonctionnaires », enchaînait le lendemain Elena Kriviakina, dans le journal tabloïd Komsomolskaïa Pravda. Mais toutes, loin d’entraîner des réactions de solidarité, ont récolté quolibets et remontrances.
La commission d’éthique du Parlement devrait être saisie
Viatcheslav Volodine, président de la Douma, a jugé que les témoignages contre le député Sloutski pouvaient « être considérés comme une tentative de jeter le discrédit » sur la campagne présidentielle en cours. « C’est dangereux pour vous de travailler à la Douma ? Si oui, changez de métier », a-t-il lancé, mercredi, à la presse parlementaire. La commission d’éthique du Parlement devrait toutefois être saisie.
Leonid Sloutski « traite toujours les femmes avec chaleur », selon un député
Un député a suggéré de retirer leur accréditation aux plaignantes. « Je connais Sloutski depuis plusieurs années. (…) C’est quelqu’un de très instruit (…) qui traite toujours les femmes avec chaleur. Peut-être a-t-il plaisanté », a commenté Tamara Pletneva, présidente de la commission sur la famille, en conseillant aux journalistes de « s’habiller convenablement : c’est une institution ici, pas un lieu où déambuler le nombril nu ».
« La majorité des élus est unanime pour prendre la défense de Sloutski, mais j’ai l’espoir qu’une commission sera créée et que nous serons auditionnées, confie Daria Jouk. Ils veulent attendre la fin de la présidentielle, soit, mais on ne les laissera pas oublier le sujet. On va le leur rappeler. »
Le chemin s’annonce ardu. Il n’existe aucune loi en Russie sur le harcèlement sexuel, et les peines pour violences conjugales ont récemment été allégées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Alors que Washington doit préciser ses taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium, Bruxelles a établi une liste de produits d’exportation américains qu’elle pourrait viser en représailles.
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L’UE prête à riposter à la décision américaine sur l’acier et l’aluminium

Alors que Washington doit préciser ses taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium, Bruxelles a établi une liste de produits d’exportation américains qu’elle pourrait viser en représailles.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 13h44
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Une fois de plus, c’est Donald Tusk, le président du Conseil européen, qui avait trouvé la meilleure « punchline » pour répliquer à Donald Trump et à sa menace d’imposer les importations américaines d’acier à hauteur de 25 % (et d’aluminium à hauteur de 10 %). « Les guerres commerciales sont mauvaises et faciles à perdre », avait lancé mercredi 7 mars l’ex-premier ministre polonais, prenant l’exact contre-pied du président des Etats-Unis qui avait tweeté en fin de la semaine précédente : « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner. » 
L’Union européenne (UE) reste en tout cas déterminée à répliquer avec des mesures de « rétorsion » particulièrement symboliques, si M. Trump passe des Tweets aux actes. La preuve ? Beurre de cacao, jus d’orange, whisky, jeans, cigarettes, etc., la liste de dizaines de produits d’exportation américains (d’un montant total de 3,5 milliards de dollars annuels, 2,8 milliards d’euros) que l’Europe pourrait taxer en représailles, a opportunément fuité mercredi.

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Washington dit vouloir agir au nom de sa « sécurité nationale », un argument que Bruxelles rejette fermement et qu’elle compte contester auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a confirmé, mercredi, que l’Union cherchait depuis quelques jours l’appui d’autres partenaires internationaux pour porter l’affaire conjointement auprès de l’OMC.

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Pas question de jeter de l’huile sur le feu
Elle a ajouté que la Commission européenne réfléchissait à des mesures de « sauvegarde », que l’Union pourrait prendre dans les semaines ou les mois qui viennent, si les taxes américaines entraînaient un détournement des importations mondiales d’acier et d’aluminium des Etats-Unis vers l’Union ou d’autres pays tiers. De vastes flux qui pourraient fragiliser encore davantage des industriels européens déjà pénalisés par plusieurs années de surcapacités chinoises à bas prix (surtout dans l’acier).
Si l’UE montre ses muscles, elle reste néanmoins prudente. « Pas question de jeter de l’huile sur le feu », a insisté Mme Malmström. « Mais nous voulons être clairs : à une décision qui mettrait en risque des milliers d’emplois européens, nous répliquerons de manière ferme et proportionnée », a-t-elle ajouté, évitant soigneusement, mercredi, de prononcer explicitement le terme de « rétorsion ».
Et de fait, dans les différentes capitales européennes et chez les industriels de l’UE, intensément consultés ces derniers jours, les préoccupations montent. Une guerre commerciale ne serait évidemment bonne pour personne, avec des conséquences redoutables et imprévisibles. Un exemple, un peu anecdotique mais significatif, des interrogations actuelles à Bruxelles ? Les Irlandais s’inquiètent pour leur whiskey : lui aussi pourrait faire un jour l’objet de mesures de rétorsion de la part des Américains si les Européens se mettent à taxer le bourbon.
Semer la zizanie à Washington
En communiquant de manière répétée sur la fermeté de son éventuelle réponse, l’Union fait cependant le pari qu’elle parviendra à dissuader le président Trump d’agir. Ou du moins qu’elle obtiendra une exemption (des taxes moins fortes, des quotas d’importation), comme peut-être aussi le Canada et/ou le Mexique. « Je garde espoir que nous pourrons éviter une guerre commerciale », a déclaré la commissaire au commerce mercredi. Les produits américains susceptibles de mesures de rétorsion ont d’ailleurs été visés avec soin pour semer la zizanie à Washington.
« Je garde espoir que nous pourrons éviter une guerre commerciale », dit la commissaire au commerce Cecilia Malmström.
Les Européens veulent ainsi pénaliser des responsables républicains sur leurs terres d’élection : ainsi de Mitch McConnell, sénateur du Kentucky (où est fabriqué presque exclusivement le fameux whiskey bourbon au maïs) et Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, élu du Wisconsin (où sont fabriquées les motos Harley-Davidson). Au début des années 2000, il avait suffi que les Etats-Unis menacent de taxer à hauteur de 300 % le roquefort et quelques autres produits européens emblématiques pour que les Européens cèdent, et augmentent les quotas d’importation de bœuf américain.

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Certes, les intentions de Trump font trembler les milieux d’affaires américains et divisent chez les républicains. Mais comment interpréter la démission, annoncée mardi, de Gary Cohn, le conseiller économique du président américain, considéré comme un rempart contre ses velléités protectionnistes, sinon comme une mauvaise nouvelle pour l’Union ? La Maison Blanche a d’ailleurs confirmé mercredi dans l’après-midi, heure de Bruxelles, que les taxes sur l’acier et l’aluminium seraient « annoncées » en fin de semaine. Dès jeudi 8 mars, selon des médias américains…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les Soudan Célestins Music et moi (5). Pablo Aiquel, journaliste à Vichy, raconte la passion pour le football d’un des réfugiés soudanais dont « Le Monde » suit l’intégration en France.
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« Le jour où Ahmed a reçu un maillot du Real Madrid »

Les Soudan Célestins Music et moi (5). Pablo Aiquel, journaliste à Vichy, raconte la passion pour le football d’un des réfugiés soudanais dont « Le Monde » suit l’intégration en France.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 18h00
    |

Pablo Aiquel







                        



   


Chronique. Ahmed Khamis, 28 ans, connaît les championnats de football sur le bout des doigts. Le chanteur des Soudan Célestins Music, groupe de réfugiés soudanais dont Le Monde suit l’intégration en France dans le cadre du programme Les Nouveaux Arrivants, n’a donc pas raté une miette du match qui opposait, mardi 6 mars, le Paris-Saint-Germain (PSG) et le Real Madrid en Ligue des champions. Ahmed, qui arbore fièrement le maillot madrilène, a pu fêter avec ses amis la victoire de son club de cœur (2-1), concédant toutefois : « Ç’aurait été mieux de gagner avec Neymar en face. » Blessé, le joueur star du PSG ne participait pas à la rencontre.

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Pour Ahmed, le maillot original du Real Madrid est presque un talisman, il le met à chaque occasion importante. Bien sûr, il n’avait pas les moyens de se payer une telle parure, vendue entre 80 et 100 euros en magasin. Mais en octobre 2017, à l’occasion du temps fort « Migrations » organisé par le théâtre des Ilets, à Montluçon, nous avions demandé à plusieurs grands clubs d’offrir des maillots pour des matchs de football très symboliques mélangeant hommes et femmes, migrants et locaux. Le Real Madrid avait répondu très rapidement, suivi par l’équipe de France et le PSG. Et c’est l’ancienne gloire madrilène Emilio Butragueno, aujourd’hui directeur de la communication du club, qui nous avait appelés pour préciser le partenariat et s’assurer de l’envoi des maillots à Montluçon.
Baguette magique
Cela fait des années qu’Ahmed suit les exploits du club espagnol. Il ne se souvient même plus depuis quand, sans doute avant l’âge de 10 ans. Cristiano Ronaldo, Zidane, Figo… Il est intarissable sur « le plus grand club du monde ». Natif de Nyala, dans le sud-ouest du Soudan, Ahmed n’a mis les pieds à Khartoum, la capitale, qu’à 20 ans. Et il a dû attendre décembre 2017 pour s’asseoir pour la première fois dans les tribunes d’un grand stade de football. C’était à Lyon, lors d’un match opposant l’Olympique lyonnais à l’Olympique de Marseille et pour lequel on m’avait proposé deux places. J’avais demandé à Ahmed s’il voulait y aller. « Bien sûr ! », avait-il dégainé dans la seconde.

   


Certes, le fameux « Olympico » ne vaut pas un Real-Barça, mais, pour l’occasion, Ahmed avait tout de même enfilé son maillot madrilène sous une parka de ski car il faisait à peine plus de 0 °C. Comme si c’était une obligation, une nécessité de mettre un uniforme, de s’identifier pour communier avec les autres supporters. Tout l’impressionnait dans ce stade. La quantité de voitures aux abords de l’arène, le tramway plein la desservant, l’organisation des entrées, fluides malgré les fouilles, les escaliers d’accès en béton et, enfin, la vue de l’enceinte, pleine à craquer, les supporters, leurs banderoles, les fumigènes… Bref, le spectacle du football, si souvent vu à la télé. Ahmed filmait tout sur Facebook, afin de partager des extraits du match avec ses amis, restés à Vichy. Et sa principale satisfaction fut de voir un but de Mariano, « un joueur qui vient du Real Madrid et qui, j’espère, va y retourner ».

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                « Madame la Députée, nous, réfugiés soudanais… »



Mais, pour Ahmed, le football s’affirme aussi comme un langage universel qui relie par-delà les frontières, les statuts et les religions, une baguette magique pour dialoguer avec des inconnus. En février, en route vers Aurillac, nous nous arrêtons pour prendre un café dans un village du Cantal. Un client du bar arrive et échange quelques mots avec Ahmed, qui porte son maillot fétiche frappé des écussons des derniers titres du club mythique. De son côté, le Cantalou a séjourné dans la capitale espagnole quelques semaines auparavant. L’occasion d’échanger quelques informations sur la ville où Ahmed compte passer ses premières vacances, si possible l’été prochain. Pour voir le mythique « stade Santiago-Bernabeu et le musée avec les trophées ». Et, peut-être, rencontrer Emilio Butragueno.
Pablo Aiquel est journaliste indépendant. Il travaille pour La Gazette des communes comme correspondant Auvergne et ruralités.




                            


                        

                        


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Carte : la progression des extrêmes droites en Europe

Après les élections législatives en Italie, retour sur la montée de la vague protéiforme de mouvements d’extrême droite sur le Vieux Continent.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 09h33
    |

            Mathilde Damgé








                        


Présence d’un candidat d’extrême droite au second tour des élections présidentielles autrichienne et française, montée du parti d’extrême droite allemand AfD au Bundestag…, l’avancée de mouvements d’extrême droite se confirme en Europe.
Dimanche 4 mars, la Ligue de Matteo Salvini est passée devant Forza Italia en nombre de sièges aux élections législatives en Italie. L’extrême droite participe en Autriche, en Finlande et en Bulgarie à un gouvernement de coalition, et même dans le cas slovaque… avec un parti de gauche.
La carte ci-dessous dresse un état des lieux des forces d’extrême droite au dernier scrutin en date dans chacun des vingt-huit pays membres de l’Union européenne. Les noms et les scores des partis apparaissent au survol de la carte ; des éléments de contexte apparaissent en cliquant sur chaque pays.

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Les extrêmes droites les plus puissantes en Autriche et en Italie
Les deux pays sont talonnés par la Hongrie et la Slovaquie. Deux pays européens n'ont aucun mouvement d'extrême droite notable dans le jeu politique : le Luxembourg et l'Irlande.








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Les frondeurs sont restés au gouvernement."],["Portugal",0.09,"Parti national rénovateur","Municipales 2017","Le Parti national rénovateur, d'une orientation politique proche de celle du Front national en France, n'a jamais dépassé 1 % des votes."],["Slovénie",2.2,"Parti national slovène","Législatives 2014","Depuis 2011, le Parti national slovène, populiste et eurosceptique, n'a plus assez de voix pour se maintenir au parlement."],["Suède",12.9,"Démocrates de Suède","Législatives 2014","Les Démocrates de Suède (SD) sont issus, à l'origine, du néonazisme, mais se sont recentrés, renonçant à un discours ouvertement raciste. Une nouvelle organisation néonazie, le Mouvement de la résistance nordique, est apparue depuis une dizaine d'années."],["Royaume-Uni",1.8,"UKIP et BNP","Législatives 2017","Le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), créé en 1993, a mis la lutte contre l’immigration au centre de son programme. Pour ne pas perdre trop d'électeurs au profit de l'UKIP, le premier ministre David Cameron a dû s'engager à tenir un référendum sur le maintien du pays dans l'Union européenne… provoquant le Brexit. Le Parti national britannique (BNP), plus ancien, est lui en nette perte de vitesse."],["Roumanie",3.8,"Parti de la Grand Roumanie et Parti Roumanie unie","Législatives 2016","Le Parti Grande Roumanie, fondé en 1991 par un admirateur du dictateur Nicolae Ceaușescu, est en perte de vitesse. Il n'a pas réussi à conserver de députés au niveau national et européen. Dans la même ligne souverainiste et europhobe, le Parti Roumanie unie a été créé en 2015. "],["Slovaquie",16.6,"Notre Slovaquie","Législatives 2016","Le parti d'extrême droite Notre Slovaquie (LSNS), qui milite pour une sortie de l'Union européenne, est arrivé perdant des élections régionales, en novembre 2017, son leadeur, Marian Kotleba, ayant échoué à préserver son poste de gouverneur d'une région du centre. Le Parti national slovaque essaie, lui, de se dédiaboliser et participe au gouvernement du social-démocrate Robert Fico, grâce aux 8,6 % obtenus aux dernières élections législatives."],["Autriche",26,"FPO","Législatives 2017","Norbert Hofer a perdu de très peu au deuxième tour de l'élection présidentielle face à l'ancien dirigeant des Verts, Alexander Van der Bellen. Au premier tour de l'élection, il était arrivé largement en tête avec 35 % des voix, contre 21 % pour son concurrent. Son parti, le FPÖ a obtenu 26 % des voix aux dernières élections législatives et trois ministères régaliens au sein du gouvernement, qu'il partage avec les conservateurs."],["Italie",22.32,"Ligue du Nord et Frères d'Italie","Législatives 2018","Après sa rupture avec la droite berlusconienne, Frères d'Italie a effectué un rapprochement avec la Ligue du Nord de Matteo Salvini, en 2014-2015, sur la base de leur opposition aux politiques de Bruxelles, en particulier sur l'immigration. Mais la doctrine centralisatrice des néofascistes reste opposée au régionalisme de la Ligue."],["Lituanie",5.55,"Ordre et justice","Législatives 2016","Le parti Ordre et Justice, dirigé par l'ex-président Rolandas Paksas, destitué en 2004 pour violation de la Constitution, est un parti populiste qui appartient au groupe eurosceptique formé par l'UKIP au Parlement européen. Il est en perte de vitesse depuis quelques années."],["Pays-Bas",13.06,"Parti pour la liberté","Législatives 2017","Le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders est devenu, en mars, la deuxième force du Parlement néerlandais, derrière les libéraux, avec vingt sièges sur cent cinquante et un gain de cinq élus. "],["Lettonie",13.9,"Alliance nationale","Législatives 2014","Le parti nationaliste, créé en 2010, fait partie du groupe Conservateurs et réformistes européens à Strasbourg, comme le Parti populaire danois ou les Vrais Finlandais."],["Croatie",1.25,"Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranya (HDSSB)","Législatives 2016","Dirigé pendant des années par le criminel de guerre Branimir Glavas, qui a réussi à être réélu au parlement, le parti nationaliste n'a toutefois réuni que peu de voix aux dernières élections."],["Hongrie",14.7,"Jobbik","Européennes 2014","Le positionnement de plus en plus xénophobe de Viktor Orban, issu du camp conservateur, permet paradoxalement au parti extrémiste Jobbik, qui a modéré son discours, de se présenter comme la principale alternative au dirigeant. L'Alliance des Jeunes de Droite-Mouvement pour une meilleure Hongrie, communément appelé Jobbik, a été fondé en 2003. Parti ultranationaliste parfois qualifié de néonazi, il a obtenu 20 % des voix aux élections législatives de 2014."],["Estonie",0.2,"Parti de l'indépendance estonienne","Législatives 2015","Parti d'extrême droite de tendance nationaliste et eurosceptique, le Parti de l'indépendance estonienne n'a obtenu aucun député aux dernières élections."],["Grèce",6.28,"Aube dorée","Législatives 2015","Le parti d’extrême droite Aube dorée, qui profite de la crise migratoire, est la troisième force politique du pays, en dépit des procès que doivent affronter plusieurs de ses membres, accusé d’actes de violence raciste contre des immigrés."],["France",8.95,"Front National","Législatives 2017 (second tour)","Même si le Front national a terminé en première position aux élections européennes de 2014 et que sa présidente, Marine le Pen, s'est qualifiée pour le second tour de la présidentielle de 2018 en doublant quasiment le nombre de voix obtenues par Jean-Marie Le Pen quinze ans plus tôt, le parti n'a réalisé qu'un score médiocre aux élections législatives — où le taux de participation n'était pas très élevé par ailleurs."],["Bulgarie",9,"Patriotes unis","Législatives 2017","Les Patriotes unis, une coalition de trois partis ultranationalistes — dont l'Union nationale Attaque (Ataka), le Front national pour le salut de la Bulgarie et le Mouvement national bulgare (VMRO) —, a obtenu aux dernières élections un score d’environ 9 %, en retrait par rapport à la présidentielle de novembre (15 %). Ils participent au gouvernement de coalition et ont deux des quatre postes de vice-premier ministre."],["République tchèque",1.23,"Les Réalistes","Présidentielle 2018","Les Réalistes, un nouveau parti qui s'inspire ouvertement de l'AfD allemande, avec un discours eurosceptique et sécuritaire, n'a réuni qu'un faible nombre de voix au premier tour de la présidentielle. En revanche, le parti nationaliste Liberté et démocratie directe (SPD), plus ancien, a obtenu 10 % des votes lors du scrutin législatif de 2017, grâce à son discours anti-islam et anti-UE. L'homme d'affaires Andrej Babis, vainqueur des élections, n'a pas exclu la formation d'un gouvernement minoritaire, qui aurait le soutien des communistes et du SPD."],["Danemark",21.1,"Parti populaire danois (DF)","Législatives 2015","Arrivé en deuxième position aux dernières législatives, DF critique le dumping social et la criminalité originaire de l'Europe de l'Est et est partisan du rétablissement des contrôles aux frontières. Certains de ses membres ont proposé de supprimer le Parlement européen et de stopper l'entrée des musulmans au Danemark. Il s'est classé en tête aux élections européennes dans le pays."],["Allemagne",12.6,"Alternative pour l'Allemagne (AfD)","Législatives 2017","Le parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD) s'est imposé aux législatives allemandes de septembre avec une percée sans précédent de 12,6 % des voix, contre 4,7% il y a quatre ans. Le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD), plus ancien, a pratiquement disparu des urnes et n'a plus qu'un député européen."],["Pologne",13.57,"Korwin et Kukiz'15","Législatives 2015","Korwin, créé par le député européen Janusz Korwin-Mikke en 2015, et rebaptisé Liberté, n'a remporté aucun siège aux dernières élections, avec ses 4,76 % des voix. En revanche, cinq membres du parti d'extrême droite Mouvement national ont été élus au Parlement polonais sur les listes de Kukiz'15, parti populiste du chanteur Pawel Kukiz, qui a obtenu 8,81 % des voix."],["Irlande",0,"","Législatives 2016","Il n'y a pas de parti d'extrême droite dans le pays."],["Espagne",0.24,"Vox et Phalange espagnole","Législatives 2016","Contrairement à d'autres pays européens où l'extrême droite se construit sur un sentiment anti-immigration et anti-islam, l'extrémiste espagnol milite d'abord pour l'unité du pays. Mais aucun parti n'arrive à percer : Vox, le plus grand des groupuscules d’extrême droite espagnols, n’a recueilli que 0,2 % des voix lors des élections législatives de juin 2016. La Phalange espagnole, d'obédience franquiste, a obtenu 0,04 %."],["Chypre",5.65,"ELAM","Présidentielle 2018","Le Front populaire national (ELAM), parti nationaliste grec, a réuni 5,65 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle, en janvier. Il avait déjà obtenu 3,7 % des voix aux élections législatives de 2016, lui assurant deux sièges au Parlement. Il manifeste régulièrement contre la présence des Turcs et des migrants et revendique s'inspirer du mouvement grec Aube dorée."],["Malte",0.36,"Mouvement patriotique maltais","Législatives 2017","Le Mouvement patriotique maltais, apparu en 2016, a un discours dirigé contre l’islam, les migrants et le multiculturalisme. Il a obtenu 0,36 % des voix aux dernières élections législatives."],["Luxembourg",0,"","Communales 2017","Le Luxembourg n'avait pas de candidat d'extrême droite aux dernières élections. Le Parti social-démocrate populaire (SDV), qui revendique des idées proches du Front national, a été créé en avril 2015 et n'est pas encore installé dans le paysage politique luxembourgeois."],["Belgique",3.7,"Vlaams Belang (VB)","Législatives 2014","L'alliance néo-flamande (N-VA) a pris beaucoup de voix à l'Intérêt flamand (Vlaams Belang ou VB) en polissant son discours tout en continuant à s'en prendre aux migrants. Elle est devenue la principale composante de la coalition au pouvoir, avec 20,3 % des voix aux dernières législatives."]];

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Un contexte indispensable puisque le dernier scrutin reflète le suffrage populaire à un moment donné mais que, dans certains cas, ce chiffre peut être biaisé par une participation très faible, comme dans le cas des dernières élections législatives en France, où le résultat du Front national à cette seule élection donnerait une idée fausse du poids du parti et de ses idées sur une période plus longue.
Plusieurs visages, une obsession sécuritaire
Souverainiste, populiste, eurosceptique ou même europhobe, parfois ouvertement raciste et xénophobe, l’extrême droite en Europe a plusieurs visages. Son principal moteur, dans les dernières années, a été la crise migratoire et la lutte contre l’Islam, sauf en Espagne, où les mouvements d’extrême droite ont regagné en visibilité à la faveur de la crise catalane en militant pour l’unité du pays.
La multiplication des conflits dans le monde et l’arrivée de milliers de migrants dans différents pays européens a eu pour effet collatéral l’intensification d’un sentiment anti-immigration, sur lequel surfent les groupes d’extrême droite : Malte, qui n’avait pas jusqu’à récemment de mouvement d’extrême droite notable a vu apparaître en 2016 le Mouvement patriotique maltais.
A Chypre, c’est une montée en puissance du Front populaire national (ELAM), qui s’inspire du mouvement ultraviolent grec Aube dorée : mardi 6 mars, cinq jeunes néonazis ont été arrêtés à Athènes par les services antiterroristes, accusés d’attaques contre des locaux de migrants et de gauche.
Cette obsession sécuritaire (fermeture des frontières, contrôle des étrangers...) et le repli identitaire sont aussi partagés par des partis de droite « dure », au pouvoir en Belgique, en Hongrie et en Pologne, dont les gouvernements se font aussi le relais de sentiments europhobes ou, à tout le moins, eurosceptiques. L’Alliance néoflamande (NVA), qui a réussi à damner le pion aux « purs » du Vlaams Belang, a ainsi rejoint au Parlement le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), un ralliement inédit dénoncé par Karel De Gucht, le commissaire au commerce européen.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le ministre des affaires étrangères a pu faire inscrire ses petits-enfants au lycée français de Barcelone après la date limite officielle. L’ambassade de France à Madrid dément tout « piston ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

La famille Le Drian soupçonnée d’avoir bénéficié d’un passe-droit scolaire en Espagne

Le ministre des affaires étrangères a pu faire inscrire ses petits-enfants au lycée français de Barcelone après la date limite officielle. L’ambassade de France à Madrid dément tout « piston ».



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h21
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        


Les deux petits-enfants de Jean-Yves Le Drian auraient-ils obtenu une place dans le très prisé lycée français de Barcelone (Espagne) sans l’intervention Edouard Beslay, alors consul de France ? Selon Mediapart, le ministre des affaires étrangères aurait sorti l’artillerie lourde et mis en branle la machine du Quai d’Orsay pour garantir toutes les chances de succès à leur demande d’inscription, comme l’attesterait un échange de courriels entre M. Beslay et le proviseur, Dominique Duthel.
« Dominique, je viens d’être appelé par le directeur de cabinet de M. Le Drian à propos de (…) petits-enfants de M. Le Drian, dont le fils vient de s’installer à Barcelone, écrit M. Beslay dans un courrier électronique daté du 7 juin, une semaine après la date limite officielle de dépôt des dossiers d’inscription. Il serait donc souhaitable qu’ils obtiennent une place. » Histoire de mettre toutes les chances de son côté, le consul ajoute : « Peut-être aurez-vous ainsi une oreille plus attentive au plus haut niveau et la joie d’avoir la visite du ministre l’an prochain. »
Ce à quoi le proviseur répond que « ce ne sont pas les niveaux les plus faciles, mais on fera le nécessaire au plus vite bien sûr. » Affaire réglée.
« Il n’y a pas d’affaire, pas de piston »
Pour le proviseur du lycée français de Barcelone, qui dit à Mediapart ne pas se souvenir du message de M. Beslay, si les deux enfants ont obtenu une place, c’est que les classes demandées n’étaient pas saturées.
L’échange de courriers n’en demeure pas moins troublant. Les demandes d’inscription dans l’établissement ont explosé ces dernières années, au rythme de la croissance de la population française dans la ville catalane. Dans un article publié en septembre 2017 sur le site d’un média français à Barcelone, Equinox, la responsable des inscriptions reconnaissait que le lycée avait dû rejeter 300 dossiers avant la rentrée 2017, faute de place. Beaucoup de parents se plaignaient de l’opacité des critères d’attribution.
« Avec neuf classes par niveau, le lycée est globalement saturé », reconnaît-on au consulat, « mais surtout pour les premières inscriptions, en début de cursus scolaire. Alors que des places peuvent se libérer dans des classes de niveaux plus avancés. » Pour l’ambassade de France à Madrid, « il n’y a pas d’affaire, pas de piston. Nous avons fait les vérifications opportunes et le dossier est arrivé avant la réunion de la commission d’attribution des places. Les services ont fait même tellement de zèle qu’ils ont demandé des pièces supplémentaires pour compléter le dossier des enfants, lesquels répondaient aux critères prioritaires : être Français, scolarisés dans un établissement français et avec des parents mutés… »
« Il n’y a eu aucune intervention du ministre ou du cabinet pour un quelconque passe-droit », assure aussi au Monde le cabinet de M. Le Drian. Interrogé sur le sujet jeudi 8 mars par Cnews, le ministre a assuré à son tour n’être « pas intervenu pour l’entrée de mes petits-enfants au lycée ».



                            


                        

                        

