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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Des associations et des syndicats ont voulu faire du 8 mars une journée de lutte pour rappeler les inégalités dont les femmes continuent d’être victimes.
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Appel à cesser le travail à 15 h 40 et manifestations pour la journée des droits des femmes

Des associations et des syndicats ont voulu faire du 8 mars une journée de lutte pour rappeler les inégalités dont les femmes continuent d’être victimes.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 18h00
   





                        


Des mobilisations ont été organisées dans toute la France, jeudi 8 mars, y compris dans des entreprises ou des universités, pour marquer la 41e journée des droits des femmes. Les personnes mobilisées étaient appelées à porter un ruban blanc, symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes, notamment remises sur le devant de la scène lors de la cérémonie des Césars.
A Paris, un rassemblement s’est tenu place de la République. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées. Un peu avant 16 heures, des militantes du mouvement Femen ont notamment brandi des pancartes, comme a pu le constater un journaliste du Monde.fr présent sur place :

   


Un « karaoké géant » a été organisé, sur l’air de la chanson de Dalida Paroles, Paroles, pour « cibler et caractériser la politique d’Emmanuel Macron, parsemée de discours forts et de grandes phrases, mais qui ne sont pas suivis d’actes forts », a expliqué Ana Azaria, présidente de l’association Femmes égalité.
Le texte de la chanson avait pour la circonstance été modifié, des militantes féministes accompagnées d’un guitariste ont chanté : « Paternel, Macron est bla bla bla… je vous promets l’égalité, paroles, paroles, (…) je ne suis pas un charlatan, paroles, paroles, croyez-moi au moins cinq ans, paroles, paroles ».

   


Marquer de manière symbolique la persistance des inégalités salariales

   


A 15 h 40 exactement, rubans blanc au revers de leur manteau, manifestants et manifestantes se sont regroupé(e)s derrière une banderole où était écrit « Nous voulons l’égalité ».
Cet horaire n’avait rien d’anodin : les femmes gagnant environ 24 % de moins que les hommes, sur une journée de travail aux horaires standards (9 heures-12 h 30 puis 13 h 30-17 heures), cela équivaut pour ces dernières à travailler gratuitement à partir de 15 h 40.
Un collectif d’une trentaine d’associations et de syndicats avait donc appelé hommes et femmes à cesser le travail à cette heure. Le but était de marquer de manière symbolique la persistance des inégalités professionnelles salariales, mais pas seulement.

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                Les inégalités femmes-hommes en 12 chiffres et 6 graphiques



« Le 8 mars n’est pas la Journée de la femme, ce n’est pas une fête. C’est une journée de lutte pour toutes », a déclaré Véronique Séhier, coprésidente du Planning familial, membre du collectif baptisé 8mars15h40.
L’Assemblée nationale a suspendu brièvement ses travaux à 15 h 40 pour marquer le coup symboliquement.

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                Violences infligées aux femmes : « Nous exhortons le gouvernement à revoir sa copie »



Pour rappel, outre les inégalités de salaires, les femmes souffrent aussi d’un manque de représentation dans la sphère publique, politique, sportive, consacrent toujours plus de temps que leurs homologues masculins aux tâches ménagères et sont les premières victimes des violences conjugales et sexuelles.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’historienne Michèle Riot-Sarcey souligne le risque que « les pouvoirs publics se contentent d’aménager le sort des femmes sans mettre en cause les rapports de pouvoir ».
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#MeToo : « La politisation de ce mouvement est indispensable »

L’historienne Michèle Riot-Sarcey souligne le risque que « les pouvoirs publics se contentent d’aménager le sort des femmes sans mettre en cause les rapports de pouvoir ».



Le Monde
 |    08.03.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 17h12
   





                        



   


Dans le sillage de l’affaire Harvey Weinstein, le producteur américain de cinéma, qui aura marqué une rupture pour la condition des femmes, le 8 mars — Journée internationale des droits des femmes — apparaît sous une lumière nouvelle. Quel bilan tirer de ces cinq mois de libération de la parole ? Quelle place les hommes ont-ils dans ce mouvement ? Dans quel contexte historique s’inscrit-il ?
Au cours d’un tchat, jeudi 8 mars, Michèle Riot-Sarcey, historienne du féminisme, a répondu aux questions des internautes.
C : Pensez-vous que l’affaire Weinstein est un réel tournant pour la condition de la femme dans le monde occidental ou s’agit-il simplement d’une phase ? Observons-nous de réels changements ?
Oui, c’est réel tournant, d’autant que ça ne se limite pas à l’Occident. En Afrique y compris, les femmes qui depuis longtemps, par exemple, luttent contre l’excision s’expriment à nouveau.
J’insiste sur une question difficile : partout, il est impossible de séparer la question des mœurs, des coutumes, du domaine politique. Toutes les sociétés ont été fondées sur des rapports de pouvoir et de domination, particulièrement entre les hommes et les femmes. L’appropriation du corps de l’autre, que ce soit sous la forme du costume, des interdits sexuels ou au contraire des excès, toutes ces pratiques ne sont que le symptôme des rapports sociaux dominants.
Prolonger ce mouvement actuel, c’est s’interroger et remettre en cause la totalité des rapports de pouvoir, et donc, le fondement même de nos sociétés. C’est pourquoi cette question est éminemment politique et doit être prise en charge, y compris par les hommes, puisque la domination, c’est aussi le rejet de l’autre, quel qu’il soit : Noir, juif, Maghrébin, etc.
Titouan : Créer les conditions de l’égalité hommes-femmes, dénoncer, combattre les violences faites aux femmes… ne sont pas des combats qui opposent les genres mais qui devraient associer hommes et femmes. Aujourd’hui, la parole des hommes semble peu visible, comment l’expliquez-vous ?
Pour une fois, effectivement, la parole des hommes est peu visible. Je crois qu’elle existe et qu’elle va s’exprimer : un bon nombre d’entre eux prend conscience de ce qui jusqu’alors allait de soi et qui est désormais considéré comme anormal. Il faut du temps pour que la séduction, la drague ne soient pas confondues avec du harcèlement.
Tout est question de mesure. La liberté appartient à tous et à toutes, et être libre signifie qu’on ne l’est que si l’autre l’est également. C’est pourquoi la politisation de ce mouvement est indispensable. Il ne s’agit pas simplement d’une affaire de société.
Calisto44 : Qu’est-ce qui vous a marqué dans ce mouvement ces dernières semaines ?
Cette libération de la parole est inédite parce qu’internationale, d’autant qu’elle n’a été guidée et suscitée par aucun mouvement constitué. D’ailleurs, si on a un peu de mémoire, c’est en Inde qu’il a commencé.
L’affaire Weinstein n’a que réactualisé la critique qui s’était manifestée dans bien d’autres pays. Ce phénomène collectif est en quelque sorte un réveil de tout un processus historique longtemps resté inaudible. Savez-vous qu’en France, dans les années 1830, l’émancipation était à la mode, et la liberté des femmes, de toutes les femmes, était déjà un thème d’actualité.
Adèle de Saint-Amand, dans sa Proclamation aux femmes, sur la nécessité de fonder une société des droits de la femme, déclarait, en 1834 déjà : « Les femmes ne devront qu’à elles-mêmes leur émancipation définitive. » Et puis : « Les questions les plus dominantes maintenant sont, sans contredit, celles qui ont rapport à la liberté des femmes ; c’est un retentissement universel dans les salons, dans les théâtres, dans les romans, les ateliers et les mansardes. Il n’est pas jusqu’aux journaux mâles qui n’agitent plus ou moins directement les questions de la liberté des femmes. »
Titouan : Les événements de l’automne ont marqué une étape dans la libération de la parole des femmes et la prise de conscience de l’ampleur du problème. Avez-vous le sentiment que cette prise de conscience est suivie d’actes, de changements ? 
Oui. Les événements de l’automne 2017 ont marqué une étape dans la prise de conscience des femmes, qui se réapproprient le statut de sujet [citoyenne] qui leur a été dénié pendant plus de deux siècles.
Ce ne sont pas des victimes qui s’expriment, mais des femmes, individus à part entière, qui disent, semble-t-il, une bonne fois pour toutes que leur corps leur appartient. Et qui, enfin, envahissent l’espace public, qui n’a jamais été conçu pour elles.
Seulement, si le mouvement n’est pas politisé au sens fort du terme, les pouvoirs publics vont se contenter d’aménager le sort des femmes, sans mettre en cause le fondement même de la société et les rapports de pouvoir, donc de domination, qui la constituent.
EliottLolo : Quand les privilégié(e)s voient leurs pouvoirs menacés (ici les hommes), ils réagissent, se sentent acculés et refusent de céder leurs droits. Est-ce que cette fois le mouvement permet d’aller plus loin et qu’ils céderont un peu de leurs privilèges et oseront les partager ?
Sans doute, s’ils acceptent de considérer leur liberté comme compatible avec celle de l’autre. L’homme privilégié n’est pas plus libre que celle ou celui qu’il domine. Il le devient que si son interlocutrice — ou son interlocuteur — l’est aussi.
Donc, aux privilégiés de comprendre qu’ils ont un pas à faire pour accéder à la véritable liberté. Etre dominant n’est pas l’expression d’une liberté mais plutôt l’expression d’une crainte.
Blue : Quelles seraient, selon vous, les mesures les plus efficaces pour mettre en place l’égalité hommes-femmes ?
La loi ne sert à rien, puisque nous savons que l’égalité dans notre pays est inscrite dans la Constitution depuis 1946. Et les différentes Assemblées ne cessent de légiférer en vain. La loi sur la parité, par exemple, a un effet limité. Quant à l’égalité réelle au travail ou dans la famille, elle est toujours en devenir, sachant qu’aujourd’hui encore, en France, près de 71 % des tâches ménagères sont encore effectuées par les femmes.
Quant à une loi sur le harcèlement de rue, elle sera sans aucun doute difficilement applicable.
Waïna : La société remet aujourd’hui en question la place de la femme et celle de l’homme, notamment avec les affaires récentes de harcèlement sexuel. Croyez-vous que la représentation de la femme dans la publicité (femme-objet…) contribue à faire de celle-ci un « objet » au service de l’homme ? 
La question sur la publicité me semble particulièrement intéressante, parce que la publicité qui construit la femme comme un objet de convoitise, de désir ou de rejet dit bien ce qu’est la société aujourd’hui. Nous sommes dans une société qui valorise la marchandise. Or, le mouvement actuel va à l’encontre de ce fétichisme de la marchandise. Et c’est pourquoi il remet en cause, si on veut bien le lire, les rapports de pouvoir et de domination qui structurent la totalité des sociétés.
Woodini : Que pensez-vous des réflexions et des propositions issues des personnes travaillant sur l’écriture inclusive/égalitaire ?
L’écriture inclusive est incontestablement difficile à appliquer, mais dans la situation présente, une dose d’écriture inclusive ou de féminisation est particulièrement efficace. Personnellement, même si cela me prend un peu de temps, j’applique cette forme d’écriture lorsque l’évidence s’impose.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ De la grève générale des femmes en Espagne à une manifestation contre les viols en Inde, de nombreux événements et manifestations ont eu lieu, jeudi, dans le monde.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les emplois traditionnellement plus féminisés que les autres sont souvent aussi moins rémunérateurs. Pour atteindre l’égalité économique, une piste consisterait à ce que ces emplois soient revalorisés.
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<filnamedate="20180308"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180308"><AAMMJJHH="2018030819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ « La mentalité demeure figée dans l’idée de transgression virile “sexe, drogue et rock’n’roll” », déplore la musicienne Natasha Le Roux, qui enseigne au conservatoire de Pierrefitte-sur-Seine (93) et milite pour l’égalité entre les sexes dans la culture.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Pour la journaliste Inès Oueslati, la femme tunisienne vit encore menacée, discriminée au sein même de sa famille, avec la bénédiction de la loi.
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Point de vue

Journée des femmes : « Il est gênant de voir que l’on fait de son genre un événement marketing »

Pour la journaliste Inès Oueslati, la femme tunisienne vit encore menacée, discriminée au sein même de sa famille, avec la bénédiction de la loi.

Par                Inès Oueslati



LE MONDE
              datetime="2018-03-08T18:10:59+01:00"

        Le 08.03.2018 à 18h10






    
Une manifestante lors de la Journée internationale des droits des femmes, à Marseille, le 4 mars 2017.
Crédits : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


Tribune. 8 mars, jour où la femme se fête. Pourtant, fêter la femme dans un contexte qui lui est partiellement hostile revient à faire une fête de sa propre défaite. Loin d’être une victoire, en effet, de constater que les réussites que nous célébrons, dont le Code du statut personnel, fruit de la vision bourguibienne, sont celles des générations passées, que les plus grandes réalisations sont le fruit des combats de nos grands-mères et mères.
Droit à l’avortement, droit de vote, divorce par consentement mutuel… sont des acquis reçus en héritage. Ils étaient censés garantir à la femme tunisienne une place confortable et stable dans sa société. Mais la Tunisienne du XXIe siècle vit encore, dans bien des cas et dans certaines villes, son genre comme une menace, comme une discrimination au sein même de sa famille, avec la bénédiction de la loi.
Archaïsmes législatifs et sociaux
Nos prédécesseur(e) s ont lutté pour des lois, nous luttons pour des lois et contre un état d’esprit. Oui, nous sommes, nous, en train de mener un combat (encore un) contre l’obscurantisme, le machisme devenu sociétal et des inégalités en nombre.
En Tunisie, les femmes sont en confrontation quotidienne avec une législation anachronique, un mal profond qui s’ajoute au lot d’injustices normalisées. Le dossier en cours étant l’égalité dans l’héritage car, dans ce pays qui se reconstruit, l’inégalité (dans l’héritage) est défendue à coup de versets coraniques et d’accusations d’apostasie. Oui, on en est encore là !

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                #MeToo : « La politisation de ce mouvement est indispensable »



C’est bien au nom du Coran que le frère continue d’hériter le double de sa sœur en Tunisie. Une transposition des dispositions religieuses dans la législation qui dérange beaucoup. Et elles sont nombreuses à s’ériger contre cette règle de partage vécue comme une injustice. Une coalition nationale pour légalité dans l’héritage a même vu le jour et prévoit une marche ce samedi 10 mars. L’objectif est de soutenir une initiative proposée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, le 13 août 2017, à l’occasion de la célébration de la femme (encore une fois), qui appelait à l’autorisation de l’égalité dans l’héritage et du mariage des Tunisiennes à de non-musulmans.
Les enjeux actuels pour la femme tunisienne sont importants. La Tunisienne lutte contre les archaïsmes législatifs et sa lutte est d’autant plus rude que les archaïsmes sociaux persistent, que le machisme est enraciné, que les mentalités rétrogrades ont leurs arguments et que ceux-ci peuvent être exploités politiquement.
Nivellement par le bas
Nous en sommes encore, femmes du monde, toutes cultures confondues, abstraction faite de nos avancées respectives, dans des phases décisives, en lutte contre une réflexion galvaudée devenue norme, contre le sexisme, contre le harcèlement de rue, au travail, dans les transports. En attestent les #MeToo et les #Time’sUp : que l’on soit musulmane, chrétienne ou juive, française, américaine ou tunisienne, nous sommes unies par nos similarités dans les disparités !

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                Les droits des femmes dans le monde : de très fortes disparités entre Nord et Sud



Paradoxalement, cette fête de la femme gêne et ne fait pas qu’honorer. Pas seulement parce qu’il n’y a pas, dans le calendrier des fêtes, une occasion pour rendre la pareille à la gente masculine, ni parce que cela est gênant de voir fêter son appartenance, alors que c’est, pour elle, que le combat se poursuit. Cela est gênant de voir que l’on fait de son genre un événement marketing, un instrument de propagande politique, un sujet d’études, un objet de fonds. Alors que les bases acquises en matière de droit sont en péril et que le nivellement par le bas opère, alors qu’on normalise avec le sexisme et qu’on l’autorise à trouver sens dans le système judiciaire, il est dur de se laisser fêter, même une fois l’an.
Ceci nous rappelle que, dans « ségrégation positive », il y a « ségrégation » et que, pour être « positives », il faut sortir de la bulle, cesser le silence, hausser la voix, s’imposer et faire le changement.
Inès Oueslati est une journaliste tunisienne qui vit à Tunis.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Comment confronter un système qui sert les hommes quand on est soi-même un homme ? Le journaliste Jérémy Patinier et le sociologue Raphaël Liogier croient avoir trouvé la parade à ces difficultés : ils disent tous deux s’adresser aux hommes ou en tant qu’homme.
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Féminisme : parole d’hommes !

Comment confronter un système qui sert les hommes quand on est soi-même un homme ? Le journaliste Jérémy Patinier et le sociologue Raphaël Liogier croient avoir trouvé la parade à ces difficultés : ils disent tous deux s’adresser aux hommes ou en tant qu’homme.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h03
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Livres. Une parole ne s’est pas libérée depuis l’affaire Weinstein, celle des hommes. Et pour cause. Comment apporter son soutien à une question que l’on estime juste, alors que ce moment consacre plutôt l’expression des femmes ? Comment confronter un système qui sert les hommes quand on est soi-même un homme ?
Deux auteurs se risquent néanmoins et croient avoir trouvé la parade à ces difficultés : ils disent tous deux s’adresser aux hommes ou en tant qu’homme. L’intention de Jérémy Patinier, journaliste et éditeur, n’est pas de prendre position directement dans le débat, mais de faire œuvre de pédagogie afin de démontrer à ses congénères qu’ils ont tout à gagner à se convertir au féminisme.
Il propose au lecteur, un terme qui échappe donc ici à l’écriture inclusive, un guide pratique sur le mode du développement personnel. Comment et pourquoi devenir féministe ? Comment échapper aux griffes du patriarcat ? Comment le combattre au quotidien ? Voilà certaines des questions abordées. Sa conviction est que l’« on ne naît pas féministe, mais on peut tous le devenir ».
Passe-droits dont profitent les hommes
Puis il ajoute, « le seul risque que prend l’homme féministe, c’est de devenir moins con », expression qui peut faire sourciller en un tel lieu, puisqu’elle emprunte à un vocabulaire ordurier dénigrant le corps des femmes. L’auteur démontre ainsi, en dépit de lui-même, la profonde imprégnation de références sexistes dans notre quotidien.
Au-delà cet oubli, Jérémy Patinier s’emploie en toute bonne foi et avec inventivité à révéler ces mécanismes qui depuis trop longtemps servent la gent masculine. Son livre alterne les courts articles avec des courts quiz qui incitent à la prise de conscience. Il propose notamment une « roue des privilèges », quarante situations qui relèvent des assignations de genre, par exemple « on ne vous traitera pas de prude ou d’allumeur facilement si vous refusez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Une plus grande égalité des sexes face au travail rémunéré pourrait augmenter le PIB de chaque pays
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Analyse. Cinq mois après l’affaire Weinstein, les journalistes Hélène Bekmezian et Sylvie Kauffman estiment qu’en France le mouvement est plus complexe qu’aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« #metoo est toujours là, tout à la fois libérateur, dérangeant, encombrant. Critiqué, aussi »

Analyse. Cinq mois après l’affaire Weinstein, les journalistes Hélène Bekmezian et Sylvie Kauffman estiment qu’en France le mouvement est plus complexe qu’aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h11
    |

            Sylvie Kauffmann et 
Hélène Bekmezian








                        



                                


                            
Analyse. Cinq mois, déjà. Il y a cinq mois éclatait l’affaire Weinstein, celle d’un des plus grands producteurs d’Hollywood qui se révélait être, depuis des années, un des plus grands prédateurs sexuels de l’histoire du cinéma. Derrière cette histoire, ce que révélaient surtout les enquêtes du New Yorker et du New York Times, c’était un système établi de domination masculine, connu et toléré en silence par un grand nombre d’hommes, connu et subi en silence par un grand nombre de femmes. Pas un accident : un système.
Plus personne, aujourd’hui, ne peut ignorer que les femmes ne sont pas encore parvenues à l’égalité
Cinq mois, à peine. Bien qu’inégale, la déflagration a été planétaire. Harvey Weinstein n’est plus qu’un symbole. L’onde de choc de cette déflagration est devenue un mouvement, baptisé #metoo : un hommage aux réseaux sociaux qui ont rendu possible cette solidarité spontanée entre les victimes de violences sexuelles et deux mots, « moi aussi », qui résument à la fois l’extra­ordinaire libération de la parole féminine et l’étendue du phénomène ainsi révélée.
Alors, cinq mois après ? Plus personne, aujourd’hui, ne peut ignorer que les femmes ne sont pas encore parvenues à l’égalité. #metoo est toujours là, tout à la fois libérateur, dérangeant, encombrant. Critiqué, aussi. En France, le mouvement a pris un tour très différent de celui des Etats-Unis, où les dénonciations ont été massives, brutales, publiques : des chefs d’entreprise, des artistes, des journalistes, des hommes politiques ont été écartés du jour au lendemain après avoir été accusés de harcèlement sexuel.
Retour de bâton
En France, dès le départ, le phénomène a pris un tour plus complexe/vindicatif, avec le succès initial du hashtag lancé le 13 octobre par Sandra Muller, elle-même cible de comportements déplacés : #balancetonporc. La violence de cette formule était révélatrice, notamment, du ressentiment accumulé par celles qui subissaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé, pour le blog Factoscope, des vérifications d’assertions politiques sur le sujet depuis un an.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La déléguée ministérielle à l’égalité hommes-femmes s’est attiré une avalanche de critique en proposant d’expurger le chant de ses connotations patriarcales.
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Berlin ne veut pas « dégenrer » son hymne national

La déléguée ministérielle à l’égalité hommes-femmes s’est attiré une avalanche de critique en proposant d’expurger le chant de ses connotations patriarcales.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 16h04
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Faut-il modifier l’hymne national allemand au prétexte qu’il serait sexiste ? « Non, je ne suis pas favorable à l’idée de changer les paroles », a répondu le président de la République allemande, Frank-Walter Steinmeier, mercredi 7 mars, dans un entretien avec la Saarbrücker Zeitung. Deux jours plus tôt, le porte-parole d’Angela Merkel avait indiqué que la chancelière était également « très satisfaite de l’hymne dans sa version actuelle ».
L’idée de la déléguée à l’égalité hommes-femmes au ministère de la famille, Kristin Rose-Möhring, a donc fait long feu. « Pourquoi ne pas “dégenrer” notre hymne national ? », avait-elle demandé dans un courrier interne au ministère, vendredi 2 mars, estimant que la Journée internationale des droits des femmes, six jours plus tard, serait une bonne occasion de lancer le débat.
Dans ce courrier, Mme Rose-Möhring suggérait deux changements précis dans le troisième couplet du Chant de l’Allemagne, le seul qui continue d’être chanté depuis que les nazis ont rendu imprononçables les premières lignes du poème composé en 1841 par August Heinrich Hoffmann von Fallersleben (« Deutschland, Deutschland über alles », littéralement « L’Allemagne, L’Allemagne au-dessus de tout »).
A la place de Vaterland, qui signifie étymologiquement « le pays du père », elle proposait d’utiliser le mot Heimat, qui désigne lui aussi l’idée de « patrie » mais sans image masculine, d’autant plus qu’il est de genre féminin. Seconde modification : l’adverbe brüderlich, que l’on peut traduire par « fraternellement » mais qui véhiculerait lui aussi un imaginaire exclusivement masculin (Bruder signifiant « frère »). D’où son idée de le remplacer par couragiert, qui, comme on l’aura deviné, veut dire « courageusement ».
« Idée personnelle »
Dans ce même courrier, Mme Rose-Möhring rappelait que d’autres pays avaient déjà procédé à des modifications analogues. Ainsi de l’Autriche qui, depuis 2012, ne fait plus seulement référence à ses « grands fils » mais mentionne ses « filles et fils » dans le premier couplet de son hymne national. Autre exemple : le Canada. Depuis début février, la phrase « True patriot love in all thy sons command » (« Un véritable amour de la patrie anime tous tes fils ») a été remplacée par : « True patriot love in all of us command » (« Un véritable amour de la patrie nous anime tous »).
A vrai dire, Mme Rose-Möhring a vite pu constater qu’elle était bien isolée en Allemagne. A la suite de la parution d’extraits de sa lettre dans le quotidien conservateur Bild, dimanche, une avalanche de commentaires a envahi les réseaux sociaux, pratiquement tous négatifs. Sans surprise, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a très vite réagi, dénonçant une proposition « arrogante et inculte ».
Au sein de la droite conservatrice (CDU), plusieurs personnalités de premier plan ont également condamné cette initiative. « Il me semble qu’il y a des sujets plus importants pour les femmes que de changer l’hymne national », a ironisé Julia Klöckner, la future ministre de l’agriculture de Mme Merkel, l’un des visages de la nouvelle génération de la CDU, résolument conservatrice sur les questions de société. L’un des posts ayant le plus circulé est celui des « jeunes conservateurs » de Munich : on y voit un drapeau allemand accompagné de l’avertissement : « Pas touche à notre hymne national ! »
Dans son camp non plus, Mme Rose-Möhring n’a guère trouvé de soutien. « Il s’agit d’une idée personnelle de la déléguée à l’égalité hommes-femmes », s’est ainsi contenté de commenter le porte-parole du ministère de la famille, dirigé par les sociaux-démocrates.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ La Journée internationale des droits des femmes apparaît cette année sous un jour nouveau. #balancetonporc, #metoo... : depuis l’affaire Weinstein, la parole des femmes s’est libérée.
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Droits des femmes : cinq mois après l’affaire Weinstein, un 8 mars à la résonance inédite

La Journée internationale des droits des femmes apparaît cette année sous un jour nouveau. #balancetonporc, #metoo... : depuis l’affaire Weinstein, la parole des femmes s’est libérée.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 04h56
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 12h32
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


C’est un 8 mars aux tonalités inédites qui s’apprête à être célébré jeudi. La Journée internationale des droits des femmes, censée donner la parole à celles qui ne l’ont que trop peu le reste de l’année, s’inscrit, cette fois, dans une histoire en mouvement, amorcée au début du mois d’octobre 2017. Cette parole, les femmes l’ont prise d’autorité et ne comptent plus la rendre.
Le 5 octobre, Harvey Weinstein, l’un des producteurs les plus influents des Etats-Unis, a été accusé de viol, d’agression sexuelle et de harcèlement par des dizaines de femmes. Le monde des paillettes côtoie, lui aussi, chaque jour, la trivialité des agresseurs, ont alors révélé des actrices célèbres. Ce cataclysme dans le septième art aurait pu y rester cloisonné. Mais des milliers de femmes ont dit : « moi aussi ».

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« #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails d’un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends », publie sur Twitter, le 13 octobre, la journaliste Sandra Muller, qui dénonce les propos tenus à son égard par Eric Brion, ex-directeur général de la chaîne Equidia, consacrée au cheval – « Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. »
Dans son sillage, des centaines, puis des milliers de femmes témoignent, à leur tour, sur le réseau social. L’engouement autour du mot-clé est inédit : en seulement trois jours, #balancetonporc atteint plus de 200 000 mentions sur les réseaux sociaux (un chiffre qui grimpera à 500 000 en un mois). Outre-Atlantique, c’est le mot-clé #metoo, lancé par l’actrice Alyssa Milano, qui est repris.

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Vertige
Les récits donnent un vertige accentué par leur déconcertante ressemblance. L’âge, le contexte, le pays, le milieu social varient au gré des témoignages. L’histoire, elle, est immuable dans ce qu’elle dénonce : une domination masculine coriace. Celle des frotteurs dans le métro, des patrons tout-puissants, des maris, oncles, frères, pères abusifs. Ces hommes qui ont forcé un baiser, caressé une cuisse sans ménagement, envoyé des messages déplacés, de façon répétée. Ces hommes qui ont harcelé, agressé, violé. Voire, au stade le plus extrême de la domination patriarcale, tué des femmes, parce qu’elles étaient des femmes.
Certains témoignages sont anonymes. D’autres pas ; des têtes tombent. Aux Etats-Unis, Weinstein est licencié, l’acteur Kevin Spacey est effacé en catastrophe du dernier film de Ridley Scott, l’humoriste Louis C. K. et l’acteur Ed Westwick connaissent le même sort. Matt Lauer, de NBC News, est licencié pour harcèlement sexuel. Au Congrès américain, un sénateur et deux membres de la chambre des représentants, accusés d’agression sexuelle, ont démissionné en décembre. Outre-Manche, Michael Fallon, le ministre de la défense britannique, a démissionné à la suite d’accusations de harcèlement sexuel. Le politicien Roy Moore, sur qui pèsent des accusations similaires, semble, lui, inamovible.

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En France, Thierry Marchal-Beck, ex-président du Mouvement des jeunes socialistes français (MJS), le producteur québécois Gilbert Rozon, le journaliste Frédéric Haziza ont rapidement vu leur nom émerger dans des affaires allant du harcèlement sexuel au viol. Tout comme Jean-Baptiste Prévost, ancien président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) et le journaliste Patrice Bertin, voix historique de France Inter, quelques mois plus tard. Mais, à la différence de ce qu’il se passe outre-Atlantique, aucune personnalité française importante ne s’est retrouvée réellement en difficulté. Des affaires commencent à émerger. Seul l’islamologue suisse Tariq Ramadan a été mis en examen le 2 février pour « viol » et « viol sur personne vulnérable ».
Au-delà des accusations visant des personnalités publiques, toutes les sphères professionnelles sont ébranlées par les accusations de harcèlement sexuel, à l’université, à l’hôpital, à l’usine, dans le sport.
Hausse des plaintes
Cette libération de la parole permet une prise de conscience de ce qui est tolérable et de ce qui ne l’est plus. Les propos sexistes deviennent insupportables, comme celui tenu par l’humoriste Tex, un habitué des propos à la limite de la misogynie, remercié mi-décembre par France Télévisions pour une blague de trop – « Les gars, vous savez ce qu’on dit à une femme qui a déjà les deux yeux au beurre noir ? On ne lui dit plus rien, on vient déjà de lui expliquer deux fois ! » Plus récemment, une centaine de signalements a été adressée au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) à la suite des déclarations du producteur Dominique Besnehard, qui a confié sur CNews son « envie de gifler » la féministe Caroline De Haas, sans être repris par Jean-Pierre Elkabbach qui menait l’entretien.
Le mois de l’affaire Weinstein, les plaintes pour violences sexuelles déposées en zone de gendarmerie (c’est-à-dire dans les communes comptant moins de 20 000 habitants) ont augmenté de 30 % par rapport à l’année précédente, soit 360 faits.
Pour l’ensemble de l’année 2017, les femmes ont été plus nombreuses à franchir les portes des commissariats, faisant augmenter le nombre de plaintes déposées pour violences sexuelles de 10 % à 12 %, selon les chiffres du ministère de l’intérieur, publiés le 25 janvier. Cette augmentation se concentre sur la fin de l’année. Ainsi, au quatrième trimestre, les plaintes pour agression sexuelle progressent de 31,5 % par rapport à la même période en 2016.

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D’une même voix, les associations contre les violences faites aux femmes se disent « submergées par un flot ininterrompu de saisines des femmes victimes de violences sexuelles », comme l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), qui s’est battue dès les années 1980 pour obtenir une loi sur le harcèlement sexuel en France et qui a dû fermer son accueil téléphonique face à l’afflux de demandes. Trente ans plus tard, les autorités semblent prêtes à légiférer pour rattraper ces décennies de retard en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Egalité femmes-hommes : les mesures prévues par le gouvernement
Une cinquantaine de mesures pour faire progresser l’égalité femmes-hommes vont être présentées jeudi 8 mars lors d’un comité interministériel présidé par le premier ministre, Edouard Philippe. Un projet de loi sur les violences sexuelles sera présenté, dans un second temps, le 21 mars, en conseil des ministres. Certaines mesures ont déjà été avancées, comme l’âge du consentement sexuel, fixé à 15 ans, l’allongement les délais de prescription pour les victimes mineures de violences sexuelles, mais aussi la sanction du harcèlement de rue par une amende de 90 euros.

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Salaires femmes-hommes : 60 % des entreprises ne respectant pas les accords sur l’égalité, le gouvernement a annoncé que les sociétés de plus de 50 salariés présentant des écarts « injustifiés » de salaires seraient sanctionnées à partir de 2022 avec une pénalité pouvant aller jusqu’à 1 % de leur masse salariale.Education : le chef de l’Etat défend l’instauration, dans chaque école, dès 2018, d’un « module d’enseignement » consacré « à la prévention et à la lutte contre le sexisme, le harcèlement et les violences » faites aux femmes.Harcèlement sur Internet : Emmanuel Macron entend instaurer une meilleure régulation des contenus, grâce à un encadrement plus strict des réseaux sociaux, de la pornographie en ligne ou encore des jeux vidéo.Accompagnement des victimes : le président compte mettre en place un signalement en ligne pour les victimes de violences, de harcèlement ou de discriminations.


Dans le secteur privé, des entreprises n’attendent pas que les autorités publiques légifèrent pour prendre des mesures. Plusieurs grandes multinationales françaises, comme la SNCF, Axa ou Peugeot, mettent volontiers en avant l’existence de leurs « réseaux de femmes » d’autant plus qu’elles ont mesuré l’intérêt économique à s’afficher féministes. Créé en janvier 2014 pour défendre une meilleure représentation des femmes dans les médias, le collectif de femmes journalistes Prenons la « une », s’est transformé en association destinée à accompagner dans leurs démarches juridiques les femmes journalistes victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles.
Contre-mouvement
A la suite des révélations de harcèlement et d’agressions sexuelles dont ont été accusés plusieurs grands photographes de mode, le Council of Fashion Designers of America (CFDA – « Conseil des créateurs de mode d’Amérique »), syndicat américain de la mode, a recommandé en février aux professionnels du secteur d’organiser leurs défilés dans des espaces « permettant aux mannequins de se changer à l’abri des regards ».
Mais beaucoup de revendications n’ont pas encore été écoutées, notamment dans le milieu du septième art. Un collectif de professionnels du cinéma, dont Juliette Binoche, Agnès Jaoui, ou encore Charles Berling ont demandé, dans une tribune publiée dans Le Monde le 1er mars, la création de quotas dans le financement du cinéma, pour tendre vers plus de parité – une demande soutenue par la ministre de la culture, Françoise Nyssen. A l’occasion des Césars, une centaine d’actrices et de personnalités ont lancé un appel aux dons pour lutter contre les violences envers les femmes, avec un symbole, un ruban blanc, qui était porté vendredi 2 mars lors de la 43ᵉ cérémonie. Et un mot d’ordre : « Maintenant, on agit. »

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Ces derniers mois, les prises de position ont largement dépassé le sujet des violences faites aux femmes, ouvrant un débat sur la place des femmes dans la société, et faisant émerger des thématiques comme la charge mentale, le congé paternité, l’écriture inclusive, les violences obstétricales… Comme tout mouvement, cette libération de la parole s’est accompagnée d’un courant antiféministe, porté par des femmes et des hommes célèbres.
Dès le début du mouvement, et tout au long de ce dernier, les révélations se sont accompagnées de prises de position critiquant une « société de la délation » où l’on « ne peut plus rien dire ». Des propos antiféministes qui disent sensiblement la même chose : qu’il ne faut pas politiser les questions sexuelles, au nom de la liberté, du respect de la vie privée ou d’un droit revendiqué à la séduction.
Ce contre-mouvement s’est notamment exprimé par le biais d’une tribune publiée dans Le Monde le 10 janvier, dans laquelle une centaine de femmes, dont l’écrivaine et critique d’art Catherine Millet et l’actrice Catherine Deneuve, revendiquaient le droit à la « liberté d’importuner ». Une tribune qui a constitué une occasion de réaffirmer haut et fort la nécessité de continuer à prendre la parole pour défendre les droits des femmes. La Journée internationale du 8 mars apparaît ainsi comme le moment opportun de rappeler que ces avancées fulgurantes restent fragiles et toujours menacées.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’association Womenability a sillonné le monde pendant sept mois pour documenter un état des lieux de la place des femmes dans l’espace urbain et repérer les bonnes pratiques. « Le Monde » a sélectionné cinq initiatives innovantes.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Selon la plateforme Halte aux féminicides, 47 femmes ont été tuées en février, et 2 000 depuis 2010.
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Les femmes se mobilisent contre la violence conjugale en Turquie

Selon la plateforme Halte aux féminicides, 47 femmes ont été tuées en février, et 2 000 depuis 2010.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h48
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Chaque 8 mars, Beril, une jeune étudiante stambouliote, participe à la manifestation de défense des droits des femmes sur l’avenue Istiklal, au cœur d’Istanbul. Des rassemblements semblables ont lieu dans quatorze villes de Turquie sauf à Diyarbakir, dans le sud-est kurdophone, et dans les zones considérées comme sensibles où toute manifestation est interdite. Beril se fondra d’autant plus volontiers dans le cortège cette année que « les droits des femmes sont en recul au quotidien : nos tenues, notre comportement sont examinés sous toutes les coutures, le climat social est lourd parce que chacun se sent l’âme d’un procureur ».
Elle en a fait l’expérience. Visage poupon, la tête couverte d’un foulard à fleurs, pantalon collant et petite liquette, la jeune femme raconte comment, un soir de septembre 2017, elle et son compagnon se sont fait tancer vertement par un représentant des « Aigles de nuit », des volontaires qui patrouillent les rues le soir venu, pour avoir échangé un baiser passionné dans un parc.
Il y a plus grave. Dans une étude réalisée en janvier et février par l’université privée Kadir Has, 61 % des personnes interrogées désignent « la violence » comme le principal problème auquel les femmes turques sont confrontées. Alarmant, ce phénomène est en progrès constant. C’est contre ce fléau que les associations appellent à défiler.
Lois non appliquées
Selon la plateforme Halte aux féminicides, qui publie régulièrement des statistiques sur le sujet, près de 2 000 femmes ont été assassinées depuis 2010. Chaque année, la liste des victimes s’allonge : 237 femmes en 2013, 409 en 2017. Rien qu’en février, 47 femmes ont été tuées, le plus souvent par balles ou à l’arme blanche. Elles étaient 28 en janvier.
Les auteurs de ces assassinats sont, dans 39 % des cas, les conjoints ou ex-conjoints, et dans 24 % les pères, fils, beau-fils ou autres parents. La plupart du temps, la femme est tuée parce qu’elle a cherché la séparation ou le divorce, qui est pourtant légal. Il y a aussi les « crimes d’honneur » perpétrés par des proches sur des femmes accusées de mauvaise conduite.
Selon Gülsüm Kav, fondatrice de Halte aux féminicides, « ces meurtres pourraient être empêchés ». Les lois existent mais ne sont pas appliquées : « La police et la justice ne protègent pas assez les femmes. Elles ne sont pas prises au sérieux lorsqu’elles s’adressent aux policiers et aux juges. » Elle en est sûre, « ce problème est sociétal, éducationnel et culturel. Tant que nous n’avancerons pas sur ce terrain-là, il n’y aura pas de progrès ».
Lancé par Mustafa Kemal Atatürk en 1934 – date à laquelle les Turques reçurent le droit de vote, dix ans avant les Françaises –, le processus d’émancipation des femmes en Turquie file un mauvais coton. Peu présentes sur le marché du ­travail (28 %), absentes de la haute fonction publique, victimes de violences conjugales, elles souffrent.
« Trois enfants au moins »
Les associations déplorent les vues rétrogrades du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), au pouvoir depuis 2002, sur le rôle des femmes dans la société. L’AKP, il est vrai, ne leur fait pas la part belle en politique. Le gouvernement ne compte qu’une seule ministre femme, Fatma Betül Sayan Kaya, bien sûr chargée de la famille. Sur 550 députés au Parlement, 79 seulement sont des femmes.
En 2016, le président Erdogan avait provoqué la fureur des féministes en déclarant que les femmes sans enfants étaient « incomplètes » et en recommandant la mise au monde de « trois enfants au moins ». Il convient aussi de ne pas laisser les femmes rire en public « au nom de la décence », avait souligné en 2014 Bülent Arinç, l’un des fondateurs de l’AKP, à l’époque président du Parlement. En 2016, un projet de loi en faveur d’une amnistie des violeurs prêts à épouser leurs victimes, poussé par l’AKP, a été abandonné après un tollé des associations de femmes.

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Mais les islamo-conservateurs ont plus d’un tour dans leur sac. Ainsi le mariage précoce, qui constitue le frein le plus sérieux à l’éducation des femmes, est désormais favorisé par la reconnaissance du mariage religieux. Depuis l’automne 2017, les muftis – des chefs religieux qui sont aussi des fonctionnaires du Diyanet, le ministère du culte musulman – peuvent célébrer des mariages au même titre que les maires.
Cette nouvelle disposition risque d’accroître le nombre de mariages précoces. Le problème se pose de façon plus aiguë depuis que la Turquie a accueilli 3 millions de réfugiés syriens qui, confrontés à la pauvreté, sont parfois tentés de ­marier leurs fillettes à un prétendant aisé et âgé, contre rétribution.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Souvent brillantes dans le secondaire, les filles brident leurs ambitions après le bac, surtout dans les domaines scientifiques. Voici notre dossier spécial sur l’influence du genre dans le choix des études supérieures.
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L’orientation est-elle sexuée ?

Souvent brillantes dans le secondaire, les filles brident leurs ambitions après le bac, surtout dans les domaines scientifiques. Voici notre dossier spécial sur l’influence du genre dans le choix des études supérieures.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 10h03
    |

            Pascal Galinier








                        



   


La cause semble entendue. Les femmes représentent désormais la majorité des étudiants en France : 55,1 %. Chiffre officiel de 2016-2017. L’arbre qui cache la forêt ? Derrière cette donnée indiscutable, le kaléidoscope des orientations est vaste, varié, surprenant parfois, consternant souvent.
Deux autres chiffres disent le chemin qui reste à parcourir – dans les deux sens : 27 % de femmes parmi les recrues des écoles d’ingénieurs ; 85 % dans les formations paramédicales et sociales. En termes tout aussi officiels – ceux du ministère de l’éducation nationale –, cela donne : « Dès l’expression des choix d’orientation en classe de terminale, les femmes, quels que soient leurs origines sociales et leur parcours scolaire, se portent moins que les hommes vers les filières sélectives ou scientifiques, à l’exception des études de santé ».
Pourtant, « 2017 aura été l’année de la femme, de la rupture d’un silence honteux sur des pratiques inacceptables », se félicitait Agnès Buzyn début janvier, lors de sa visite à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), à Rennes. Encore un effort, madame la ministre des Solidarités et de la Santé...
Sélection plus exclusive qu’inclusive
Le bac a-t-il un sexe ? Telle est la question – un peu provoc’ – que posait Le Monde dans son dossier paru le 18 janvier. A l’heure où l’on envisage une écriture « inclusive » pour tenter d’atténuer les inégalités de genre, universités et grandes écoles pratiquent une sélection plus exclusive qu’inclusive. Et que, un demi-siècle après Mai 68, la mémoire sélective est plus que jamais un sport national.
Qui sait que l’algorithme aujourd’hui considéré comme l’ancêtre du programme informatique fut imaginé par une femme, au XIXè siècle, dans les années 1840 ? Ada Lovelace, brillante mathématicienne, était la fille du poète romantique Lord Byron. Ses héritières se font rares dans un domaine trusté par les hommes depuis que le numérique est devenu un enjeu de pouvoir.

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                Comment les femmes ont déserté le secteur informatique



Comment ne pas être sidéré que cette Silicon Valley dont on fait la « nouvelle frontière » jusqu’au sommet de l’Etat, semble plus soucieuse de l’addiction des adolescents aux écrans et aux réseaux sociaux qui ont fait sa fortune que de la discrimination tranquille dont font l’objet les femmes jusque dans la première start-up venue...
La pensée complexe a parfois besoin d’idées simples. « La mixité ne va pas de soi, elle fonctionne dès qu’on met en place une pédagogie », veut croire le géographe Yves Raibaud, enseignant chercheur en géographie à l’université Bordeaux-Montaigne. Chiche !
Voici les principaux articles de notre dossier spécial sur ce thème :

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Dans un entretien au « Monde », la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes annonce la nomination d’un référent égalité dans chaque établissement scolaire.
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Marlène Schiappa : « L’amende contre l’outrage sexiste aura une valeur pédagogique »

Dans un entretien au « Monde », la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes annonce la nomination d’un référent égalité dans chaque établissement scolaire.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h16
    |

            Nathalie Brafman et 
Gaëlle Dupont








                        



                                


                            

Un comité interministériel est consacré, jeudi 8 mars, aux droits des femmes. Dans un entretien au Monde, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, évoque les mesures que compte prendre le gouvernement en la matière, notamment dans le secteur éducatif et dans le monde du travail.
Vous avez confirmé qu’au-dessous de l’âge de 15 ans, toute relation sexuelle avec un majeur serait passible de poursuites pour viol, dans le futur projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles. Que répondez-vous à ceux qui redoutent une criminalisation des relations sexuelles entre des jeunes de 14 et 18 ans ?
Le gouvernement va effectivement proposer l’âge de 15 ans. Le texte, qui sera présenté le 21 mars en conseil des ministres, dit qu’au-dessous de cet âge, tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit constituera un viol, lorsque l’auteur connaissait ou ne pouvait ignorer l’âge de la victime.
Parallèlement, toute atteinte sexuelle commise par un majeur sur un mineur de 15 ans constituera une agression sexuelle. Le projet est actuellement au Conseil d’Etat, donc sa rédaction précise peut évoluer. Mais il faut se souvenir que nous parlons de judiciarisation. La pénalisation ne sera pas automatique, il faudra qu’une plainte soit déposée pour que des poursuites soient engagées ! Ensuite, les magistrats garderont leur pouvoir d’appréciation. S’ils constatent l’existence d’une histoire d’amour entre deux personnes de 14 et de 18 ans, ils pourront abandonner les poursuites.
N’est-ce pas inscrire cet âge comme celui au-dessous duquel les rapports sexuels sont proscrits, en tout cas avec un majeur ?
C’est déjà le cas. La majorité sexuelle est fixée à 15 ans en France. Nous voulons faire en sorte que le viol soit condamné comme tel. Il est insupportable pour l’opinion publique que le fait de violer un enfant puisse être qualifié d’atteinte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ En deux ans et sous l’impulsion du palais royal, la condition des femmes a connu une vraie révolution, à commencer par l’autorisation de conduire qui entrera en vigueur en juin. Mais les résistances restent fortes.
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La longue marche des Saoudiennes vers l’égalité

En deux ans et sous l’impulsion du palais royal, la condition des femmes a connu une vraie révolution, à commencer par l’autorisation de conduire qui entrera en vigueur en juin. Mais les résistances restent fortes.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 11h01
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Participer à une course à pied en plein air, assister à un concert de jazz en direct, suivre un match de football depuis les tribunes, prendre un café en terrasse : pendant des décennies, ces activités anodines sous d’autres latitudes ont été interdites aux Saoudiennes. Au nom du wahhabisme, l’interprétation de l’islam ultrarigoriste qui a rang de religion d’Etat dans le royaume, ses habitantes étaient peu ou prou bannies de l’espace public. C’est chose révolue.
Depuis le lancement, il y a bientôt deux ans, de Vision 2030, le plan de réformes économiques et sociales de Mohammed Ben Salman, le prince héritier et homme-orchestre du pays, la place des femmes dans la société saoudienne croît à toute vitesse.
Même si elles restent assujetties au port de l’abaya, le voile noir intégral, et demeurent dépendantes de l’aval d’un tuteur masculin – père, mari ou frère – pour de nombreux actes de la vie courante, comme se marier ou voyager, les Saoudiennes ont obtenu en quelques mois un éventail de droits d’une ampleur inédite.
« Suis-je bien en Arabie saoudite ? »
« Mon fils est récemment revenu des Etats-Unis où il a passé trois années d’études, raconte Hoda Al-Helaissi, une membre du Majlis al-Choura, l’assemblée consultative du royaume. Nous sommes allés à un spectacle qui était ouvert aux deux sexes, l’ambiance était très détendue. Nous sommes ensuite allés dans un restaurant, où certaines femmes avaient retiré leur voile. Mon fils n’en revenait pas. Il ne cessait de poster des photos sur Snapchat en écrivant : “Suis-je bien en Arabie saoudite ?” »
L’avancée la plus marquante est, bien sûr, le droit de conduire pour les femmes, qui sera effectif à compter du mois de juin. L’interdiction qui leur était faite de prendre le volant, archaïsme unique au monde devenu emblématique de la monarchie, a été levée par un décret du roi Salman, publié en septembre 2017. Des permis de conduire pourront désormais être délivrés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ « Les Paradise Papers ont dévoilé une fraude à la TVA de grande ampleur dans le secteur des yachts », a déclaré l’institution, jeudi.
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Paradise Papers : la Commission européenne entame une procédure d’infraction contre Malte, Chypre et la Grèce

« Les Paradise Papers ont dévoilé une fraude à la TVA de grande ampleur dans le secteur des yachts », a déclaré l’institution, jeudi.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 15h50
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        


Quatre mois après les révélations des Paradise Papers, le communiqué de la Commission européenne est dénué de toute ambiguïté. « Les Paradise Papers ont dévoilé une fraude à la TVA de grande ampleur dans le secteur des yachts », a déclaré l’institution, jeudi 8 mars, en annonçant le lancement d’une procédure d’infraction contre la Grèce, Chypre et Malte pour leur taxation très avantageuse des navires de luxe. « Nous ne pouvons admettre ce type de traitement fiscal favorable accordé aux yachts privés, qui fausse la concurrence dans le secteur maritime », a également dénoncé le commissaire européen aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, en dénonçant une atteinte « à la justice fiscale ».
Le lancement de cette procédure d’infraction confirme que plusieurs des révélations faites en novembre par le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ en anglais), auquel Le Monde est associé, ont permis de découvrir des schémas d’évasion fiscale potentiellement illégaux. Les Paradise Papers – cette gigantesque fuite de données du cabinet offshore Appleby et d’une vingtaine de registres du commerce du monde entier – avaient notamment permis de longuement détailler les avantages fiscaux maltais pour les yachts de luxe.

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De possibles sanctions financières
A Malte, les acheteurs de yachts peuvent en effet bénéficier d’une TVA à un taux ultraréduit de 5,4 % et économiser ainsi potentiellement plusieurs centaines de milliers d’euros… En quelques années, cette petite île méditerranéenne est devenue grâce à cet avantage un des principaux lieux d’achat de yachts pour les riches du monde entier. Le Monde avait notamment révélé que plusieurs Français, comme les stars Julien Clerc et Arthur ou les hommes d’affaires Bernard Arnault et Xavier Niel [principal actionnaire de Free et actionnaire à titre individuel du Monde], avaient créé des sociétés à Malte pour détenir leurs bateaux et avaient pu à ce titre bénéficier de cette TVA réduite.
Déjà pointés du doigt en mai 2017 par les Malta Files − une opération d’un autre réseau de journalistes d’investigation – ces avantages fiscaux reposent sur un système de location-achat, baptisé « leasing maltais » qui permet de ne s’acquitter de la TVA que sur une petite partie du prix du bateau. Chypre et la Grèce disposent du même système et sont donc également mises en cause par Bruxelles. Pour la Commission, les « règles nationales » de ces pays en matière de TVA des yachts sont « non conformes au droit de l’UE ».

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                Comment Malte est devenue une place forte de l’optimisation fiscale



Les trois Etats disposent désormais de deux mois pour répondre à la Commission, qui pourra à terme leur imposer des sanctions financières s’ils ne mettent pas fin à ces pratiques. Dans le yachting, secteur d’activité fortement mobile, l’optimisation fiscale agressive, voir carrément l’évasion fiscale, est toutefois la règle, notamment grâce aux nombreux pavillons de complaisance. Une armada de cabinets de conseil cherchent en permanence les moyens de faire baisser la fiscalité de leurs clients en profitant à fond de la concurrence que se livrent les différentes juridictions de la Méditerranée pour attirer cette source d’activité sur leurs côtes. La France avait ainsi elle-même dû supprimer en 2013 une exonération de la TVA sur la location des yachts sous la pression de la Commission européenne. Il avait toutefois fallu attendre une condamnation de la Cour de justice européenne pour que Paris ferme cette niche fiscale.

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                « Paradise Papers » : au fond, quel est le problème avec les paradis fiscaux ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Les SDF logés en urgence grâce au plan hivernal risquent de se retrouver à la rue à la fin du mois si aucune disposition n’est prise, alerte un collectif.
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Sans-abri : l’inquiétude des associations sur le maintien d’hébergements d’urgence

Les SDF logés en urgence grâce au plan hivernal risquent de se retrouver à la rue à la fin du mois si aucune disposition n’est prise, alerte un collectif.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h33
    |

                            Hugo Guyon








                        


« C’est un compte à rebours infernal qui nous est actuellement imposé. » Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), déplore le flou qui entoure la situation des sans-abri en centre d’hébergement d’urgence, alors que le plan hivernal, ouvert en novembre, arrive à son terme le 31 mars.
La FAS, ainsi que les trente-trois autres associations du Collectif des associations unies, se sont élevées, mercredi 7 mars, contre le mal-logement, dénonçant ce qui pourrait devenir « une crise humanitaire majeure ».
« Nous réclamons au minimum la pérennisation de 5 000 places »
A trois semaines de l’échéance, le gouvernement n’a toujours pas fait d’annonce sur l’éventuel maintien des 20 000 places ouvertes dans le cadre du plan hivernal et du plan « Grand Froid », étape supérieure déclenchée lorsque les températures descendent en dessous de − 5 °C. Cinq mille personnes seraient concernées par le dispositif « Grand Froid », localisées principalement dans les grandes villes, comme Paris, Lyon, Lille et Marseille.
Les sans-abri relogés en urgence risquent de se retrouver à la rue si aucune disposition n’est prise, les autres centres d’hébergements étant saturés. « Nous réclamons au minimum la pérennisation de 5 000 places, comme cela a été fait l’année dernière sous le précédent gouvernement », a expliqué Florent Gueguen.
Plusieurs centres d’urgence ont déjà commencé à fermer, d’autres vont y être contraints dans les semaines à venir. « On a des salles qui ferment dès lundi prochain, sur des dispositifs d’urgence pour les hommes, les fermetures sont échelonnées sur tout le mois », détaille Nicolas Hue, chargé de mission pour l’association Aurore, qui gère plusieurs centres d’hébergements d’urgence.

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Angoisse dans le centre de l’Hôtel-Dieu
A Paris, toutes les chambres de la halte de nuit de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, ouverte le 5 janvier, sont occupées. Et les 19 femmes qui vivent dans des conditions précaires dans ce centre de fortune, qui devrait fermer à la fin du mois, envisagent le futur avec inquiétude.
« J’ai des démarches qui sont en cours pour aller dans un autre centre, mais je ne sais pas du tout comment ça va évoluer », explique Mathanteyou, désemparée. Sans-abri, elle est arrivée dans le centre à la mi-février, une anomalie dans ce foyer censé être un hébergement transitoire de quelques nuits avant une redirection de ses pensionnaires vers des centres moins précaires.
« Malheureusement, un certain nombre de personnes qu’on accueille dans ces hébergements provisoires sont dans ce cas, on est dans un système qui “s’est embolisé” », explique Nicolas Hue. Pour le membre d’Aurore, s’il est essentiel de mettre en place des hébergements d’urgence, l’Etat doit traiter la solution plus en amont.
« Il faut mener une politique plus ambitieuse de construction de logements sociaux, en commençant par forcer les collectivités à tenir leurs engagements », affirme-t-il. Un engagement qu’a pris Emmanuel Macron en septembre 2017 avec le plan quinquennal « Logement d’abord », qui prévoit la construction de 160 000 logements sociaux d’ici à 2022.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ En dépit de la reprise économique et de la baisse du chômage, les salaires ne se redressent que très lentement dans l’union monétaire. Un casse-tête pour la BCE.
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Salaires en zone euro : à quand le dégel ?

En dépit de la reprise économique et de la baisse du chômage, les salaires ne se redressent que très lentement dans l’union monétaire. Un casse-tête pour la BCE.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 06h36
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A l’angoisse du carnet de commandes vide a succédé celle du CV manquant. « Nous sommes passés d’un extrême à l’autre en quelques semaines », raconte Antoine Barret, patron d’une très petite entreprise (TPE) spécialiste de l’entretien de jardins en Rhône-Alpes. Pendant de longs mois, il a couru après les clients. « Je suis allé les chasser jusqu’en Suisse, où le pouvoir d’achat est plus élevé », confie-t-il. Tant pis pour les kilomètres avalés avec ses deux salariés. « Il fallait bien vivre. » A l’été 2017, le téléphone a recommencé à sonner. Presque trop. « Maintenant, je manque de bras pour m’aider ! Cette reprise a quelque chose d’insensé. »
Depuis plusieurs semaines, la même complainte résonne du côté de certaines entreprises françaises, belges, irlandaises et surtout allemandes. On s’y plaint de la difficulté à recruter. De la rareté des profils qualifiés, pour lesquels on déroule le tapis rouge. Résultat : ça et là, les salaires frémissent. Un peu. En Allemagne, le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall a obtenu une hausse des rémunérations de 4,3 % en février. Au Portugal, le salaire minimum est monté de 557 à 580 euros mensuels en janvier. Selon une étude publiée fin février par le cabinet Deloitte, les enveloppes d’augmentation des entreprises françaises sont reparties à la hausse en 2018, pour la première fois depuis 2011.
Après des années de disette salariale, l’heure du grand dégel a-t-elle enfin sonné en zone euro ? La question n’est pas seulement déterminante pour les millions d’Européens au pouvoir d’achat comprimé par des années de crise. Elle l’est aussi pour la Banque centrale européenne (BCE), qui devait se réunir jeudi 8 mars afin d’évoquer sa stratégie future. La hausse des rémunérations est en effet la première roue d’un engrenage vertueux susceptible de nourrir l’inflation, que l’institution tente de réanimer depuis des mois. Car un peu d’inflation (autour de 2 %) est synonyme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ De récents articles font dire à une étude californienne que boire deux verres d’alcool par jour augmenterait les chances de vivre à plus de 90 ans. Ce qui est complètement faux.
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Non, la consommation d’alcool ne vous permettra pas de vivre plus vieux

De récents articles font dire à une étude californienne que boire deux verres d’alcool par jour augmenterait les chances de vivre à plus de 90 ans. Ce qui est complètement faux.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 18h23
    |

            Gary Dagorn








                        



   


Des travaux récemment publiés tirés d’une étude de l’université de Californie à Irvine (UCI) ont connu une résonance particulière dans les médias : d’après ces articles, boire deux verres d’alcool chaque jour augmenterait les chances de vivre plus longtemps de 18 %. C’est du moins ce qu’on peut lire sur Nice-Matin, Corse-Matin, La Provence ou encore GQ (quatre publications ayant généré plus de 45 000 interactions sur les réseaux sociaux, dont 3 800 partages). La réalité est, comme toujours, bien plus nuancée et moins séduisante.
Les travaux en question ont été publiés dans le cadre de la « 90 + Study », une importante étude longitudinale (c’est-à-dire un suivi d’une population dans le temps) débutée en 2003 par l’UCI, sur environ 1 600 personnes de plus de 90 ans résidant en maison de retraite.
« Je crois fermement qu’une consommation modérée d’alcool est associée à une plus grande longévité », a déclaré la docteure Claudia Kawas, professeure de neurologie et de neurobiologie à l’université de Californie et l’une des principales coautrices de l’étude. « Mais je n’ai pas d’explication », a-t-elle ajouté.
La docteure Kawas n’est pas la seule à le penser : plusieurs autres travaux ont avancé un lien entre une consommation modérée d’alcool avec des bénéfices pour la santé. Mais la question est vivement débattue, car les résultats de ces études connaissent des limites et des failles méthodologiques importantes. Limites qu’a rappelées Claudia Kawas, précisant lors d’une conférence en février : « Gardez en tête que je commence à étudier les gens lorsqu’ils ont déjà atteint l’âge de 90 ans. Je pense qu’il est très probable que les individus qui avaient une consommation excessive d’alcool étant plus jeune n’atteignent quasiment jamais cet âge. »
En effet, la grande majorité des travaux de recherches sur le sujet suggèrent que la consommation d’alcool a plutôt de nombreux effets néfastes pour la santé.
Biais et fausse causalité
Une analyse de la littérature scientifique existante, menée en 2016 à partir de 87 études s’intéressant aux effets de l’alcool sur la longévité, fournit un état des lieux très synthétique des recherches. Et les conclusions des auteurs ne vont pas dans le sens de Claudia Kawas.
En effet, une fois toutes les données prises en compte, parmi les près de quatre millions de participants à ces études, ceux ayant la plus grande longévité sont ceux qui consomment très rarement de l’alcool.
Publiée en mars 2016 dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs, l’étude de ces 87 publications révèle des problèmes de méthodologie chez celles qui ont attribué des effets bénéfiques à l’alcool. Deux problèmes principaux sont soulevés.
Le biais des « non-buveurs »
Le premier est que la plupart de ces études comparaient des consommateurs réguliers (jusqu’à deux verres par jour) à des individus qui ne boivent pas ou peu, sans prendre en compte les différences entre les deux groupes.
Les buveurs réguliers boivent… parce qu’ils peuvent boire, eux
Par exemple, les non-consommateurs ne boivent pas principalement en raison de problèmes de santé préexistants, et non parce qu’ils refusent simplement de boire. De même, la majorité des études plaçaient également les anciens alcooliques ayant arrêté de boire dans la catégorie des abstinents. Or, il apparaît que la grande majorité des gens ayant arrêté leur propre consommation l’ont fait en raison de complications de santé. Dès lors, les résultats montraient une longévité réduite pour cette catégorie, comparée aux consommateurs modérés.
En prenant ces données en compte, il apparaît que les consommateurs réguliers d’alcool sont généralement en meilleure santé que les autres. Pour grossir le trait, ils boivent parce qu’ils peuvent boire.
Le facteur socio-économique
Le deuxième problème soulevé concerne les données socio-économiques. En effet, les consommateurs réguliers auxquels certaines études prêtent une plus grande longévité appartiennent souvent aux classes les plus aisées de la société et sont socialement avantagés (accès aux soins, environnement, mode de vie), ce qui explique leur meilleure santé.
Les chercheurs ayant passé en revue la littérature existante soulignent aussi que les « buveurs » qui ont la meilleure santé sont les buveurs occasionnels, c’est-à-dire ceux dont la consommation d’alcool ne dépasse pas un verre tous les sept jours. Une quantité bien trop faible pour qu’elle ait un quelconque bénéfice pour l’organisme, selon Timothy Naimi, chercheur au Boston Medical Center et coauteur de l’analyse du Journal of Studies on Alcohol and Drugs.
Le manque de prise en compte de ces situations explique pourquoi un certain nombre de travaux ont attribué à l’alcool des bénéfices aussi divers ou contradictoires, tels qu’une réduction des risques de fracture de la hanche, de cancers, de complications natales, de démence ou même de cirrhose du foie.
Finalement, les auteurs de l’étude estiment en conséquence que les divers biais détectés rendent les conclusions sur d’éventuels effets bénéfiques liés à l’alcool très fragiles. La corrélation observée entre une consommation modérée et une meilleure santé pouvant être expliquée par d’autres facteurs non pris en compte.
L’alcool, un coût humain et financier important
En France, le nombre de décès prématurés imputables à la consommation d’alcool était estimé en 2015 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies à 49 000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable du pays derrière le tabac (79 000 morts). Sans oublier près de 1,2 million de malades imputables à la consommation d’alcool.

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                Les chiffres chocs du coût social de l’alcool et du tabac



Sans surprise, l’alcool représente un coût important pour la société française. En prenant en compte le coût des morts prématurées, des pertes de production mais aussi le montant des dépenses publiques pour les soins, la prévention et la répression, l’étude pilotée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies en 2015 estimait le coût annuel de l’alcool à 120 milliards d’euros.
Au niveau mondial, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait en 2012 que l’alcool était responsable d’un décès sur vingt, soit 3,3 millions de décès prématurés chaque année (contre 2,5 millions en 2005).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Alors que Washington doit préciser ses taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium, Bruxelles a établi une liste de produits d’exportation américains qu’elle pourrait viser en représailles.
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L’UE prête à riposter à la décision américaine sur l’acier et l’aluminium

Alors que Washington doit préciser ses taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium, Bruxelles a établi une liste de produits d’exportation américains qu’elle pourrait viser en représailles.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 13h44
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Une fois de plus, c’est Donald Tusk, le président du Conseil européen, qui avait trouvé la meilleure « punchline » pour répliquer à Donald Trump et à sa menace d’imposer les importations américaines d’acier à hauteur de 25 % (et d’aluminium à hauteur de 10 %). « Les guerres commerciales sont mauvaises et faciles à perdre », avait lancé mercredi 7 mars l’ex-premier ministre polonais, prenant l’exact contre-pied du président des Etats-Unis qui avait tweeté en fin de la semaine précédente : « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner. » 
L’Union européenne (UE) reste en tout cas déterminée à répliquer avec des mesures de « rétorsion » particulièrement symboliques, si M. Trump passe des Tweets aux actes. La preuve ? Beurre de cacao, jus d’orange, whisky, jeans, cigarettes, etc., la liste de dizaines de produits d’exportation américains (d’un montant total de 3,5 milliards de dollars annuels, 2,8 milliards d’euros) que l’Europe pourrait taxer en représailles, a opportunément fuité mercredi.

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Washington dit vouloir agir au nom de sa « sécurité nationale », un argument que Bruxelles rejette fermement et qu’elle compte contester auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a confirmé, mercredi, que l’Union cherchait depuis quelques jours l’appui d’autres partenaires internationaux pour porter l’affaire conjointement auprès de l’OMC.

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Pas question de jeter de l’huile sur le feu
Elle a ajouté que la Commission européenne réfléchissait à des mesures de « sauvegarde », que l’Union pourrait prendre dans les semaines ou les mois qui viennent, si les taxes américaines entraînaient un détournement des importations mondiales d’acier et d’aluminium des Etats-Unis vers l’Union ou d’autres pays tiers. De vastes flux qui pourraient fragiliser encore davantage des industriels européens déjà pénalisés par plusieurs années de surcapacités chinoises à bas prix (surtout dans l’acier).
Si l’UE montre ses muscles, elle reste néanmoins prudente. « Pas question de jeter de l’huile sur le feu », a insisté Mme Malmström. « Mais nous voulons être clairs : à une décision qui mettrait en risque des milliers d’emplois européens, nous répliquerons de manière ferme et proportionnée », a-t-elle ajouté, évitant soigneusement, mercredi, de prononcer explicitement le terme de « rétorsion ».
Et de fait, dans les différentes capitales européennes et chez les industriels de l’UE, intensément consultés ces derniers jours, les préoccupations montent. Une guerre commerciale ne serait évidemment bonne pour personne, avec des conséquences redoutables et imprévisibles. Un exemple, un peu anecdotique mais significatif, des interrogations actuelles à Bruxelles ? Les Irlandais s’inquiètent pour leur whiskey : lui aussi pourrait faire un jour l’objet de mesures de rétorsion de la part des Américains si les Européens se mettent à taxer le bourbon.
Semer la zizanie à Washington
En communiquant de manière répétée sur la fermeté de son éventuelle réponse, l’Union fait cependant le pari qu’elle parviendra à dissuader le président Trump d’agir. Ou du moins qu’elle obtiendra une exemption (des taxes moins fortes, des quotas d’importation), comme peut-être aussi le Canada et/ou le Mexique. « Je garde espoir que nous pourrons éviter une guerre commerciale », a déclaré la commissaire au commerce mercredi. Les produits américains susceptibles de mesures de rétorsion ont d’ailleurs été visés avec soin pour semer la zizanie à Washington.
« Je garde espoir que nous pourrons éviter une guerre commerciale », dit la commissaire au commerce Cecilia Malmström.
Les Européens veulent ainsi pénaliser des responsables républicains sur leurs terres d’élection : ainsi de Mitch McConnell, sénateur du Kentucky (où est fabriqué presque exclusivement le fameux whiskey bourbon au maïs) et Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, élu du Wisconsin (où sont fabriquées les motos Harley-Davidson). Au début des années 2000, il avait suffi que les Etats-Unis menacent de taxer à hauteur de 300 % le roquefort et quelques autres produits européens emblématiques pour que les Européens cèdent, et augmentent les quotas d’importation de bœuf américain.

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Certes, les intentions de Trump font trembler les milieux d’affaires américains et divisent chez les républicains. Mais comment interpréter la démission, annoncée mardi, de Gary Cohn, le conseiller économique du président américain, considéré comme un rempart contre ses velléités protectionnistes, sinon comme une mauvaise nouvelle pour l’Union ? La Maison Blanche a d’ailleurs confirmé mercredi dans l’après-midi, heure de Bruxelles, que les taxes sur l’acier et l’aluminium seraient « annoncées » en fin de semaine. Dès jeudi 8 mars, selon des médias américains…



                            


                        

                        


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L’Etat donne le coup d’envoi aux privatisations

Le gouvernement est décidé à céder la majorité de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). La Française des jeux devrait suivre.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h07
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Le gouvernement est sur le point de relancer les privatisations. Et Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) sera bien la première opération du genre pour Emmanuel Macron en tant que président de la République, ont indiqué au Monde plusieurs sources, confirmant des informations de BFM TV.

Samedi 10 mars, lors d’une réunion interministérielle à Matignon, le premier ministre Edouard Philippe doit détailler les derniers arbitrages du gouvernement sur la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), qui sera présentée le 18 avril au conseil des ministres. Dans ce cadre, le gouvernement donnera le coup d’envoi des cessions de participations de plusieurs entreprises publiques.
Outre le groupe ADP, dont l’Etat détient 50,6 %, le sort de la Française des jeux (FDJ) sera en principe abordé. « Nous réfléchissons à l’ouverture du capital de la FDJ tout en gardant le monopole », a confirmé jeudi 8 mars le ministre de l’action publique, Gérald Darmanin, sur Sud Radio.
La participation de l’Etat valorisée à 8,7 milliards d’euros
La nouvelle loi pourrait aussi autoriser l’Etat à descendre sous la barre des 33,3 % de droits de vote chez Engie, afin de poursuivre ses cessions de titres. En revanche, la vente des 15 % détenus dans Renault n’est pas à l’ordre du jour, a assuré mercredi Bercy après que Reuters a évoqué des discussions entre l’Etat et Nissan sur le sujet.
Pour l’Etat, la privatisation la plus intéressante, et la plus attendue, concerne le groupe ADP. « Dans la loi Pacte, un article autorisera le gouvernement à faire passer sa participation dans ADP sous le seuil de 50 %, indique une source à Bercy. La décision de principe a été prise. » Les modalités précises de l’opération seront arrêtées plus tard. « Il faut prendre beaucoup de précautions sur ce sujet, prévient un bon connaisseur du dossier. Avant de privatiser un monopole, il est nécessaire de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ Les prix du rosé flambent. Notamment en raison du succès de ce vin aux Etats-Unis, où les ventes ont bondi de 40 % en 2017, selon le Conseil interprofessionnel des vins de Provence.
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Coup de chaud sur les vins rosés de Provence

Les prix du rosé flambent. Notamment en raison du succès de ce vin aux Etats-Unis, où les ventes ont bondi de 40 % en 2017, selon le Conseil interprofessionnel des vins de Provence.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 16h26
    |

            Laurence Girard








                        



   


La spéculation n’épargne par le vignoble de Provence. Bien au contraire. L’exemple du rachat du Château Margüi à Châteauvert (Var) par l’américain George Lucas, il y a quasiment un an le prouve. Le père de la saga Star Wars aurait déboursé près de 9,5 millions d’euros pour cette propriété d’une centaine d’hectares. Suivant la voie ouverte par Angelina Jolie et Brad Pitt, qui avaient jeté leur dévolu sur le château de Miraval.

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Ces transactions mettent en lumière l’aura des rosés de Provence outre-Atlantique. Selon les chiffres publiés jeudi 8 mars, par le Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), les ventes de bouteilles de rosé ont bondi de 40 % aux Etats-Unis en 2017.
10 % du volume de vin consommé dans le monde
Ce pays représente 50 % des exportations de cette production en valeur, soit 114 millions d’euros. Suivent de très loin, le Royaume-Uni à 12 %, puis l’Allemagne à 5 %. Sachant que globalement le chiffre d’affaires des vins de Provence a atteint 1,5 milliard d’euros en 2017.
L’appel d’air a été particulièrement fort en décembre. La petite récolte de 2017, inférieure de 12 % à celle de l’année précédente, a inquiété les importateurs soucieux de s’assurer des volumes. De quoi échauffer les esprits et faire monter les prix. « Le prix du vrac a flambé de 26 % en janvier 2018, par rapport à l’année précédente, pour atteindre 2,6 à 2,7 euros le litre », affirme Brice Eymard, directeur du CIVP.

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Les producteurs de Provence profitent du développement des ventes de rosé dans de nombreux marchés. Il représente aujourd’hui 10 % des volumes de vin consommés dans le monde, contre un tiers en France. En dix ans, le prix de la bouteille départ cave a progressé de 73 %, pour atteindre en moyenne 4,44 euros en 2017.
Plantation et irrigation
Reste aujourd’hui à faire face à la demande. Les vins de Provence vont demander cette année pour près de 300 hectares d’autorisation de plantation, soit un accroissement de près de 1 % du vignoble.

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Autre piste de réflexion : un accès accru à l’irrigation pour accroître le rendement des vignes. « Une réflexion est en cours pour signer une convention avec le canal de Provence », affirme Alain Baccino, président du CIVB. Enfin, pour mieux faire face aux aléas de production, le centre de recherche travaille sur le sujet de conservation du rosé.
Mais si la hausse des prix du vin donne le sourire aux vignerons tout autant qu’aux négociants, la spéculation foncière inquiète les premiers. Comme dans d’autres appellations françaises, les exploitations familiales sont menacées par l’appétit des investisseurs.



                            


                        

                        


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Le CAC 40, comment ça marche ?

L’indice boursier français est dans une période faste, avec, en 2017, son meilleur bénéfice cumulé depuis dix ans. Que représente-t-il exactement ?



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 18h01
    |

                            Jean-Gabriel Fernandez








                        


Les entreprises du CAC 40 ont réalisé 93,4 milliards d’euros de bénéfice net en 2017. Un chiffre impressionnant, mais qui ne parle pas forcément à tout le monde. Concrètement, qu’est-ce que le CAC 40 ? Pourquoi devrait-on s’en soucier ? Décryptage en cinq points.
1. Qu’est-ce que le CAC 40 ?
Le CAC 40, qui signifie « cotation assistée en continu », est un indice boursier exprimé en points qui représente les performances de quarante des plus grandes sociétés françaises cotées en Bourse, c’est-à-dire celles dont il est possible d’acheter des actions (des parts de l’entreprise).
Ces entreprises sont triées sur le volet parmi les cent sociétés françaises, dont on vend et achète le plus de titres. Elles sont choisies pour être représentatives de l’économie nationale en couvrant l’ensemble des domaines d’activité. On y trouve des groupes automobiles, des entreprises de luxe, des groupes industriels, des banques, des valeurs technologiques ou encore une entreprise spécialisée dans l’alcool. Les têtes de liste sont des entreprises comme Total, Axa, Carrefour ou Engie.
L’indice est une sorte de moyenne des échanges boursiers, permettant de prendre la température de la Bourse à tout moment. Il est mis à jour en temps réel, toutes les 15 secondes. Il est publié sur Internet du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 h 30.
2. Pourquoi est-il important ?
Généralement, le CAC 40 est considéré comme l’indicateur phare de la santé économique française. Une augmentation de l’indice est interprétée comme une amélioration du climat économique, car elle traduit la confiance des investisseurs dans les grandes entreprises françaises. En plus de donner le pouls de l’économie, c’est également une vitrine pour ces entreprises. Celles-ci bénéficient d’une grande visibilité, particulièrement auprès d’investisseurs étrangers, et attirent donc plus de liquidités. Cela facilite leur développement, comme on le voit en 2017.


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Les entreprises du CAC 40 les plus profitables en 2017


Source : Le Monde, Sociétés



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		}	
	}

});


3. Comment sont choisies les entreprises qui le composent ?
La liste des entreprises du CAC 40 est régulièrement mise à jour pour assurer que l’indice reste aussi proche de la réalité que possible. C’est un conseil d’experts indépendants (le Comité scientifique des indices) qui se réunit tous les trois mois pour décider de sa composition. Une entreprise peut quitter le groupe des quarante si ses actions deviennent moins prisées en Bourse, par exemple. Dernier changement en date : le fabricant de puces électroniques STMicroelectronics a intégré le CAC 40, remplaçant le groupe Nokia (qui a racheté le français Alcatel) en septembre.
4. Que représente le bénéfice net obtenu en 2017 ?
Chacune des entreprises de l’indice a bouclé le bilan de l’année passée et a annoncé ses bénéfices individuels, c’est-à-dire ses profits. En additionnant ces derniers, on obtient le bénéfice cumulé du CAC 40. Avec 93,4 milliards d’euros de bénéfice cumulé, ces entreprises ont connu en 2017 leur meilleure année depuis dix ans.


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Bénéfice cumulé des entreprises du CAC depuis 2002
En milliards d'euros.

Source : Les Echos



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		},
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				useHTML: false,
				text: "Crise des subprimes",
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				x: 5,
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			}
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		plotBands: [{
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			from: "",
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			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
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			}
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        "",
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        "",
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      [
        "",
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      ],
      [
        "",
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        "",
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      ],
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        "",
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      ],
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        "",
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      ],
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        "",
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      ],
      [
        "",
        82.3
      ],
      [
        "",
        73.8
      ],
      [
        "",
        52.4
      ],
      [
        "",
        47
      ],
      [
        "",
        64.4
      ],
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        "",
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      ],
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      ],
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		},
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});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


5. Quelle signification pour l’économie française ?
Le bénéfice des entreprises est un indicateur important de l’économie, mais il ne représente que les gains financiers engrangés par ces entreprises, qui peuvent être faussés par l’inflation ou la politique interne de chaque société. Le CAC 40 est avant tout exprimé en points. Lorsqu’il a été créé en 1988, l’indice avait 1 000 points de base. Le CAC 40 a aujourd’hui un peu plus de 5 000 points. S’il a retrouvé le niveau de profits d’avant la crise de 2008, le CAC 40 n’a pas tout à fait retrouvé toute sa vitalité en termes de points.
En 2007, avant la crise financière de 2008, l’indice dépassait les 6 100 points, soit bien plus que le niveau actuel. La tendance est pourtant clairement à la hausse à présent.


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Evolution du CAC 40 en 2017


Source : Euronext



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	Highcharts.setOptions({
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			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
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	var annotation_spe = [];

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		},
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		},
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			label: {
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				verticalAlign: "top",
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			}
		}],
		plotBands: [{
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			to: "",
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				y: 10
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		}]
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		verticalAlign:"bottom", 
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      [
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      ],
      [
        "",
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      ],
      [
        "",
        4960
      ],
      [
        "",
        5122
      ],
      [
        "",
        5304
      ],
      [
        "",
        5318
      ],
      [
        "",
        5120
      ],
      [
        "",
        5127
      ],
      [
        "",
        5123
      ],
      [
        "",
        5350
      ],
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        "",
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        "",
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      ]
    ],
    "type": "",
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	tooltip: {
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	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
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			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Au pire de la crise, en 2009, l’indice avait atteint un niveau historiquement bas, à seulement 2 569 points. Si la tendance se confirme, il pourrait bientôt retrouver son niveau d’avant 2008.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/08/19-26">
<filnamedate="20180308"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180308"><AAMMJJHH="2018030819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ En tapant un numéro de téléphone dans « Recherche », il est possible de trouver le compte associé. Une option, activée par défaut, qui est simple à désactiver.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤                     
                                                

Comment éviter que quelqu’un vous retrouve en utilisant Facebook comme annuaire inversé

En tapant un numéro de téléphone dans « Recherche », il est possible de trouver le compte associé. Une option, activée par défaut, qui est simple à désactiver.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 18h41
    |

                            Perrine Signoret








                        


Facebook, un annuaire inversé ? C’est en tout cas ce qu’a pu constater, dans un tweet posté le 7 mars, Jean-François Pillou, directeur du développement numérique au Figaro. Il y montre comment, en tapant un numéro de téléphone au hasard dans la barre de recherche du réseau social, il parvient à retrouver le profil de la personne à qui le numéro appartient. Explications.

Comment Facebook est devenu le meilleur annuaire inversé. Vous tapez un numéro dans la barre de recherche et hop, v… https://t.co/AtCho5YhA1— martelclem (@Clément Martel)


require(["twitter/widgets"]);

Est-ce que ça signifie qu’on peut retrouver le profil de n’importe qui, y compris le mien ?
Pas nécessairement. Mais l’hypothèse n’est pas à exclure. En effet, l’option qui permet de retrouver un profil grâce au numéro de téléphone est activée par défaut, sans que les utilisateurs aient à l’activer au préalable.
Or, Facebook connaît les numéros de beaucoup de ses utilisateurs. En effet, depuis 2012, l’entreprise encourage ces derniers à les donner pour, explique-t-elle dans ses pages d’aide, des questions de sécurité. En cas de piratage par exemple, cela peut permettre de vérifier si vous êtes bien le détenteur légitime d’un compte.
L’annuaire inversé ne fonctionne-t-il qu’avec le numéro de téléphone ?
D’après nos tests, cela fonctionne également avec certaines adresses e-mail qui ont servi lors de la création du compte. Là encore, il s’agit d’une fonctionnalité activée par défaut.
Pour préserver sa vie privée, comment désactive-t-on cette option ?
La bonne nouvelle, c’est que c’est extrêmement simple. Il faut aller sur son compte dans l’onglet « Paramètres », accessible en haut à droite de l’écran en cliquant sur une petite flèche. Ensuite, sélectionnez « confidentialité ». Par défaut, voici ce que vous obtenez :

   


Il vous suffit alors de modifier les paramètres existants, et plus précisément les options « Qui peut vous trouver à l’aide de l’adresse e-mail que vous avez fournie ? » (passez de « Tout le monde » à « Amis »), et « Qui peut vous trouver à l’aide du numéro de téléphone que vous avez fourni ? » (même chose). Désormais, seules les personnes que vous avez acceptées dans votre liste d’amis peuvent vous retrouver grâce à ce moyen.
Notez qu’il est également possible de supprimer son numéro de téléphone, en allant dans « Paramètres » puis « Mobile ». Certaines options ne seront alors plus accessibles, signale alors Facebook, comme le fait de « recevoir des notifications [par SMS] concernant vos invitations d’amis, vos messages, les publications sur votre mur et les mises à jour du statut de vos amis ».
Sachez aussi qu’à peine sera-t-il supprimé que Facebook vous invitera à l’ajouter de nouveau, pour « le protéger » et « le rendre plus facile à utiliser ».

   


Que dit Facebook de cette fonction d’annuaire inversé ?
Contacté, Facebook n’a pas encore fourni au Monde de réaction officielle. Il faut cependant savoir qu’en Allemagne, le réseau social a été épinglé au début de février par la justice à propos de sa manière de protéger les données personnelles.
Le tribunal ne s’était pas opposé au fait que Facebook récolte des données, comme la géolocalisation des messages envoyés sur l’application Messenger ou la possibilité qu’un moteur de recherche comme Google indexe un profil. En revanche, il avait estimé que cela ne devait pas être fait par défaut, et que les utilisateurs devaient approuver en amont l’activation de ces fonctionnalités.
Facebook a été sommé de se mettre en conformité avec la loi allemande, ou bien de s’acquitter d’une amende, allant jusqu’à 250 000 euros pour chaque infraction constatée. L’entreprise a fait appel.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ Ils veulent ainsi apporter leur soutien au personnel infirmier et dénoncer un manque général de moyens et de personnel.
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Au Québec, des médecins refusent une… augmentation de salaire

Ils veulent ainsi apporter leur soutien au personnel infirmier et dénoncer un manque général de moyens et de personnel.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 16h01
   





                        


Le geste est caractérisé d’« éminemment canadien » par le Washington Post. Au moins 743 médecins et étudiants en médecine québécois ont signé une pétition protestant contre des… hausses de salaires pourtant négociées par les fédérations médicales.
« Ces augmentations sont d’autant plus choquantes que nos collègues infirmières et infirmiers, préposé(e)s, commis et autres professionnel(le)s subissent des conditions de travail très difficiles », expliquent les signataires de la pétition, lancée le 25 février, « tandis que nos patient(e)s vivent avec le manque d’accès aux services requis à cause des coupures draconiennes des dernières années ».
Au Québec, les salaires des médecins font depuis plusieurs semaines l’objet d’intenses débats. Une récente étude, publiée par des chercheurs canadiens, a estimé que la Belle Province « utilise de manière très dominante un mode de rémunération qui ne produit pas, ou pas suffisamment, les effets désirables qui sont attendus, mais qui produit des dysfonctionnements significatifs » sur l’accès aux soins. En clair, les médecins sont mieux payés, travaillent moins, mais l’accès aux soins ne semble pas amélioré.
Des infirmières à bout de forces
Dans le même temps, les infirmières dénoncent des conditions de travail difficiles, et un manque de moyens et de personnel, limitant l’accès aux soins et la qualité de ces derniers pour les patients.
« Il y a toujours de l’argent pour les docteurs, mais qu’en est-il pour celles et ceux qui s’occupent des patients ? », déclarait, à la fin de février, Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).
« Nous, médecins québécois, demandons que [nos] hausses salariales soient annulées et que les ressources (…) soient mieux distribuées »
Une inquiétude partagée par ces médecins qui refusent aujourd’hui leur augmentation. « Nous, médecins québécois, demandons que les hausses salariales octroyées aux médecins soient annulées et que les ressources du système soient mieux distribuées pour le bien des travailleuses et travailleurs de la santé », demande la pétition, publiée par le groupe Médecins québécois pour le régime public.
« S’ils se sentent trop payés, ils peuvent laisser l’argent sur la table et je vous garantis que je saurai en faire bon usage », avait répondu, à la fin de février, le ministre de la santé québécois, Gaétan Barrette.
Ce dernier a également déclaré que la situation des infirmières et les conditions du personnel soignant québécois étaient des sujets d’inquiétude pour le gouvernement.
« Je suis brisée par mon métier »
Publié le 29 janvier sur Facebook, un témoignage d’infirmière a été repris par de nombreux médias canadiens. Emilie Ricard faisait ainsi état de conditions de travail intenables :
« Je suis brisée par mon métier, j’ai honte de la pauvreté des soins que je prodigue dans la mesure du possible. Mon système de santé est malade et mourant. (…) Je ne pense pas être la seule démolie par la réalité des soins infirmiers, on n’a même plus le temps de soigner. Les employés tombent comme des mouches. Le mal est physique et mental. »
En 2016, certains hôpitaux de Montréal dénonçaient déjà une forte augmentation du nombre d’heures supplémentaires réalisées par le personnel soignant. A l’époque, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec avait dénoncé les effets néfastes d’une récente réforme de l’organisation du système de santé provincial.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ La posture du président américain tranche avec celle d’Obama, mais ne modifie pas la doctrine du pays.
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édition abonné


Comment Trump réarme la dissuasion nucléaire

La posture du président américain tranche avec celle d’Obama, mais ne modifie pas la doctrine du pays.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h51
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

La course aux armements nucléaires est-elle inévi­table dans le monde ? Réunis mercredi 7 mars à Washington pour le séminaire ­annuel « Armes stratégiques du XXIe siècle » (SW21), les experts internationaux ont, à ce sujet, des questions sur la « Révision de la posture nucléaire » américaine 2018 (NPR 2018). Ce document du ministère de la défense, qui actualise la doctrine de dissuasion pour la présidence Trump, a été publié début février.
Depuis, les ONG prodésarmement, les démocrates américains, mais aussi la Russie et la Chine forment une coalition de circonstance en dénonçant le fait que les Etats-Unis vont abaisser le seuil d’emploi de l’arme atomique, ­notamment parce qu’ils continuent de développer des armes de faible puissance.
Selon les responsables français consultés par Le Monde, la NPR ne va ni dans le sens d’un usage facilité de l’arme atomique, ni dans celui du désarmement. On estime, à Paris, que le document rétablit surtout haut et fort la dissuasion par les armes nucléaires. En cela, il marque « la fin de la fin de la guerre froide », portant un coup d’arrêt à la réduction structurelle de la place du nucléaire dans les stratégies de sécurité, qui avait marqué l’épilogue de la guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. Les deux puissances ont signé les traités de limitation des forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI) en 1987, puis de réduction des armes stratégiques en 1991 (Start) et en 2010 (New Start).
Texte « agressif dans le discours »
La précédente révision, celle de ­Barack Obama en 2010, déclinait le discours sur le désarmement prononcé par le président démocrate à Prague en 2009. Le nouveau texte, jugé « très déclaratoire », voire « agressif dans le discours », ne mentionne plus le désarmement. « Trump fait le boulot », assure-t-on ainsi à Paris, au sens où, aux Etats-Unis comme en France, le premier élément de la dissuasion nucléaire est l’attitude...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ Sur tous les terrains, l’équipe de Chris Froome subit les remontrances à répétition du président de l’Union cycliste internationale, David Lappartient, en rupture avec son prédécesseur.
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Cyclisme : Team Sky, de proche de l’UCI à cible numéro un

Sur tous les terrains, l’équipe de Chris Froome subit les remontrances à répétition du président de l’Union cycliste internationale, David Lappartient, en rupture avec son prédécesseur.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h59
    |

            Clément Guillou








                        


Et si le grand perdant de l’élection à la présidence de l’Union cycliste internationale (UCI) n’avait pas été le Britannique Brian Cookson, mais son compatriote Dave Brailsford, manageur de la puissante équipe Sky ? Lorsque le tranquille président de l’UCI a été déposé en septembre 2017 au profit du Français David Lappartient, c’est tous les canaux directs entre la meilleure équipe du monde et la fédération internationale qui ont été coupés. Et la communication feutrée de Brian Cookson a laissé place à celle, moins contrôlée et plus offensive, de l’élu breton, de vingt-deux ans son cadet.

   


Depuis son élection, sur tous les sujets, le Français porte le fer contre la Team Sky. Cette attitude, consciente ou non, a atteint son apogée mercredi 7 mars dans une interview à la BBC, donc à forte résonance au pays de Christopher Froome : pêle-mêle, il a accusé Team Sky de « triche », recommandé qu’une enquête ait lieu sur ses pratiques passées et réclamé que Froome ne puisse pas courir le Tour de France si sa situation disciplinaire n’était pas tranchée, à la suite de son contrôle anormal au salbutamol.

   


« Ce serait un désastre pour l’image du cyclisme »
« Ce serait un désastre pour l’image du cyclisme. Et je ne veux pas mettre notre sport en danger. De mon point de vue, cela aurait été mieux qu’il ne coure pas », a-t-il dit à la BBC, alors que Chris Froome affine actuellement sur Tirreno-Adriatico sa préparation pour le prochain Tour d’Italie, en mai. David Lappartient n’est « pas sûr » que la sanction contre Chris Froome soit prononcée d’ici au départ du Giro mais redemandera à la Sky de ne pas aligner le quadruple vainqueur de l’épreuve sur le Tour de France si l’incertitude demeure, au début de juillet.

        Nos révélations de décembre 2017 :
         

          Le cas Froome ne sera pas tranché avant plusieurs mois



Sur cette question, le président de l’UCI n’a jamais ménagé la Team Sky. Il ne s’est pas défilé en décembre lorsque Le Monde et le Guardian lui ont demandé la confirmation du contrôle anormal subi par le Britannique sur le Tour d’Espagne, qu’il avait appris le jour de son élection à la présidence. Il a ensuite réclamé, un mois plus tard dans Le Télégramme, que Sky n’aligne pas son leadeur dans la situation actuelle, une suggestion que l’équipe britannique a écartée d’un revers de la main. La Sky est dans son droit, même si son attitude est considérée comme contraire à l’éthique et l’intérêt du cyclisme par de nombreuses équipes et plusieurs rivaux de Chris Froome.

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          Le président de l’UCI souhaite que Froome soit suspendu par son équipe



L’UCI aurait la possibilité de suspendre unilatéralement Christopher Froome, mais cette porte de sortie offerte par le code mondial antidopage n’a jamais été utilisée par aucune fédération sportive internationale. Si elle l’activait, l’UCI pourrait être poursuivie par Sky devant le Tribunal arbitral du sport, qui pourrait considérer que Froome fait l’objet d’un traitement défavorable.
L’enquête impossible
L’interview à la BBC tombait au surlendemain de la publication d’un rapport du Parlement britannique sur le dopage dans le sport, dont un pan important était consacré à Team Sky. L’équipe était accusée d’avoir profité des largesses du règlement antidopage pour améliorer les performances de Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France en 2012.

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          « Team Sky a utilisé des médicaments pour améliorer les performances de ses coureurs »



Loin de choisir une position de retrait, ce qu’il pourrait faire puisque Team Sky conteste les conclusions accablantes du rapport, David Lappartient adhère fermement aux accusations des parlementaires et particulièrement de Damian Collins, député conservateur à la tête de la commission d’enquête que le Breton avait rencontré durant sa campagne présidentielle.
« Si vous utilisez des substances pour améliorer vos performances, je crois que c’est la définition de la triche », a-t-il dit à la BBC.
Le Français a également souhaité que la Fondation antidopage du cyclisme (CADF), théoriquement indépendante de l’UCI, enquête sur la pratique des prises de corticoïdes chez Team Sky. « Bien sûr à l’époque ils avaient des AUT [autorisation d’usage thérapeutique] validées par cette institution [l’UCI], mais il semble désormais que cela ait été organisé », a-t-il dit.
En 2016, les pirates informatiques russes de Fancy Bears avaient révélé l’existence d’AUT accordées à Bradley Wiggins pour prendre de la triamcinolone, un puissant corticoïde, selon lui pour traiter des allergies au pollen. Deux ans plus tôt, Le Journal du dimanche avait révélé qu’une AUT avait été délivrée à la hâte par l’UCI pour permettre à Christopher Froome de prendre des corticoïdes lors du Tour de Romandie, qu’il avait remporté. Les procédures de délivrance des AUT, jusqu’alors à la discrétion du seul directeur médical de l’UCI, avaient été révisées à la demande de l’Agence mondiale antidopage.

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          Bradley Wiggins, les corticoïdes et le monstre du Loch Ness



Selon nos informations, la CADF a déjà revérifié, après les révélations des Fancy Bears, que ces AUT avaient été délivrées dans les règles. Et, si l’agence antidopage de l’UCI est en contact avec l’UKAD, son homologue britannique, elle n’a aucun moyen pour l’heure d’ouvrir une enquête sur des faits dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils n’étaient pas en infraction des règles.
La situation changerait radicalement si le docteur Richard Freeman, à l’époque praticien de Team Sky et de Wiggins, se mettait à table et affirmait que de la triamcinolone a été administrée au coureur en juin 2011, au soir du Critérium du Dauphiné et hors de toute AUT. UKAD et les parlementaires britanniques le soupçonnent mais n’en ont pas la preuve.
Budgets encadrés, l’autre front

   


Cette interview particulièrement offensive a davantage pour objet de mettre la pression sur Sky et son patron, Dave Brailsford, très fragilisé dans son pays après la publication du rapport parlementaire.
La Sky est déjà dans le viseur de l’UCI pour son outrageuse domination sur le Tour de France, attribuée notamment à sa puissance collective. Sous la pression des organisateurs, Brian Cookson avait dû se résoudre à faire passer de neuf à huit le nombre de coureurs sur les grands tours, une innovation de l’édition 2018. Et David Lappartient réfléchit désormais à un encadrement de la masse salariale globale des équipes, afin d’équilibrer les chances entre Sky et des équipes dont le budget est deux à trois fois inférieur.

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                Le Tour de France face au casse-tête Team Sky



Par cette attitude, le Français se distingue nettement de son prédécesseur. Les contacts entre l’équipe Cookson et Team Sky étaient fréquents, même si Dave Brailsford et lui n’étaient pas réputés pour s’entendre particulièrement bien. Et lorsqu’une question devait être tranchée, elle était rarement défavorable à Team Sky. Avant d’être élu à la tête du cyclisme mondial, Brian Cookson avait dirigé pendant quinze ans British Cycling, la fédération britannique, et supervisé la création de Team Sky en 2010.
David Lappartient aurait pu se retrouver dans la même position, mais le projet de Team Sky à la française, qu’il avait porté en tant que président de la Fédération française de cyclisme (2009-2017), n’avait pu être mené à bien.

        Lire notre article de 2014 :
         

          Entre Sky et l’UCI, des relations consanguines






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤ Le romancier fut le lauréat du prix Goncourt en 1976 pour « Les Flamboyants », il est également membre du jury du prix Médicis.
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Patrick Grainville est élu à l’Académie française au fauteuil d’Alain Decaux

Le romancier fut le lauréat du prix Goncourt en 1976 pour « Les Flamboyants », il est également membre du jury du prix Médicis.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h25
   





                        



   


L’écrivain Patrick Grainville a été élu à l’Académie française, jeudi 8 mars, a annoncé l’institution. Il occupera le fauteuil de l’historien Alain Decaux, mort le 27 mars 2016.
Patrick Grainville, 70 ans, a été choisi au premier tour de scrutin par treize voix contre deux, celles-ci étant allées à Dominique-Marie Dauzet, écrivain et prêtre catholique prémontré, un ordre suivant la règle de vie de saint Augustin. Il y a eu deux bulletins blancs et sept bulletins marqués d’une croix précise l’Académie sur son site.
Patrick Grainville, membre du jury du prix Médicis, fut le lauréat du prix Goncourt en 1976 pour Les Flamboyants. Dernièrement, il a publié Falaise des fous, une histoire de la peinture de Courbet à Monet à travers le parcours immobile d’un petit rentier d’Etretat.

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                Patrick Grainville a posé son chevalet sur la côte normande






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-31"> ¤ Le travail d’investigation sera « plus large que les transports aériens stratégiques et tactiques » et couvrira diverses sous-traitances comme la restauration.
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Transport militaire : la Cour des comptes commence une nouvelle enquête

Le travail d’investigation sera « plus large que les transports aériens stratégiques et tactiques » et couvrira diverses sous-traitances comme la restauration.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h24
    |

            Nathalie Guibert








                        


Nouvelle enquête sur le transport des armées : la Cour des comptes a commencé début mars des investigations sur les « contrats d’externalisation du soutien aux armées en opérations extérieures », selon les informations du Monde. Comme l’a mentionné le 13 février le premier président de la Cour, Didier Migaud, dans sa lettre à la commission des finances de l’Assemblée nationale qui l’avait saisi, le travail couvrira diverses sous-traitances, y compris la restauration, un vieux cheval de bataille des magistrats financiers.
Le sujet est « plus large que les transports aériens stratégiques et tactiques », précise M. Migaud, deux sujets au cœur de nombreuses attentions depuis plusieurs mois. Le transport stratégique, soit les vols de fret et de personnels militaires entre la France et ses opérations extérieures, fait l’objet de remarques de la Cour en 2015. En 2017, une enquête pénale a été confiée à la section de recherches financières de la gendarmerie, sous la conduite du Parquet national financier, comme l’a révélé Le Monde.

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                L’armée rompt avec ICS, un de ses prestataires du transport aérien stratégique



« Compte tenu d’une probable difficulté d’accès aux pièces en raison de l’enquête judiciaire en cours », la Cour des comptes prévoit de remettre son nouveau rapport aux députés « au plus tard le 25 janvier 2019 ». Un rapport interne du contrôle général des armées a également été réalisé, qui pourrait déboucher sur des sanctions disciplinaires.

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                Transport aérien militaire : les défaillances du contrôle interne



Dans le prolongement du transport aérien stratégique, les magistrats financiers se pencheront sur le transport tactique, soit les vols entre les différentes bases françaises au sein même des zones d’opérations extérieures, un autre sujet complexe.
Au Sahel surtout, aute de moyens patrimoniaux, l’immensité de la zone d’action de l’armée exige de recourir à de nombreux prestataires privés, au service des opérations « Barkhane » et « Sabre » – son volet forces spéciales. Il s’agit grosso modo, selon les années, de transporter quelque 3 000 tonnes de matériels et 15 000 passagers. Les impératifs militaires exigent des procédures particulières et des décisions rapides, les conditions de sécurité étant appréciées par les responsables du terrain.
« Poursuivre les investigations »
Pour louer des avions en Afrique, des petits Beechcraft, des transporteurs Antonov 26 ou Antonov 32 (ou même des hélicoptères lourds russes MI8 comme l’avait révélé en juillet 2017 Ouest-France), l’armée ne recourt pas aux procédures des marchés publics. Les acteurs du secteur décrivent un Far West, car la concurrence est rude.
Le contrôle général avait ainsi alerté dans son rapport intermédiaire sur « des modalités de mise en œuvre des principes d’égalité de traitement des candidats et de transparence de procédure qui invitent à poursuivre les investigations ». Le contrôle interne de ces prestations présente des faiblesses « notables », a souligné le contrôle général.
En 2017, cinq sociétés d’affrètement se sont partagé le marché aérien « intra-théâtre » au Sahel, pour un montant de 25 millions d’euros au total : Daher, Dynami Aviation, SNC-Lavalin, Pegase Air Drop et Air Attack. Elles ont eu recours à des compagnies diverses : sud-africaine, arménienne, géorgienne, russe ou moldave. En octobre 2017, l’accident d’un Antonov 126 à Abidjan avec quatre militaires des forces spéciales à bord a provoqué la mort de quatre membres d’équipage ukrainiens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-32"> ¤ Editorial. Après l’assassinat d’un journaliste slovaque qui enquêtait sur la corruption au sommet de l’Etat, le premier ministre Robert Fico tente de détourner l’attention.
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Slovaquie, la liberté bafouée

Editorial. Après l’assassinat d’un journaliste slovaque qui enquêtait sur la corruption au sommet de l’Etat, le premier ministre Robert Fico tente de détourner l’attention.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 11h56
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Pour la deuxième fois en cinq mois, un journaliste d’investigation a été assassiné dans un pays membre de l’Union européenne. Jan Kuciak et sa compagne, Martina Kusnirova, tous deux âgés de 27 ans, ont été retrouvés tués par balles, le 24 février, dans leur maison de Velka Maca, à une heure de Bratislava.

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                Après le meurtre d’un journaliste en Slovaquie, inquiétudes sur les liens entre pouvoir et mafia



En octobre, Daphne Caruana Galizia, journaliste à Malte, avait été tuée par l’explosion d’une bombe déclenchée dans sa voiture. Ces deux journalistes avaient en commun d’enquêter sur la corruption et la fraude au sommet de l’Etat, chacun dans son pays. Le premier article de l’enquête sur laquelle travaillait Jan Kuciak, publié après sa mort, fait état de liens entre deux proches du gouvernement, une conseillère du premier ministre slovaque, Robert Fico, et un collaborateur du conseil de sécurité, et des hommes d’affaires italiens liés à la mafia calabraise, la’Ndrangheta. Ces deux personnes ont démissionné, tout en niant toute responsabilité dans le meurtre de l’enquêteur et de sa compagne.
L’assassinat d’un journaliste est en soi un acte très grave. Il est particulièrement troublant lorsqu’il se produit dans une communauté d’Etats fondée sur les valeurs de la démocratie, de l’Etat de droit et de la liberté d’expression. Mais il l’est encore plus lorsque les autorités de l’Etat mis en cause ne réagissent pas de manière adéquate.
A Malte, trois suspects, des malfaiteurs notoires, ont été arrêtés et placés en détention. Leur silence n’a pas permis pour l’instant de lever le voile sur les commanditaires du meurtre de Daphne Caruana Galizia, et l’enquête piétine.
Bouc émissaire
A Bratislava, le comportement du premier ministre Fico depuis l’assassinat de Jan Kuciak est tout simplement confondant. Populiste de gauche réputé pour ses prises de position provocatrices, notamment à l’égard des journalistes, Robert Fico a d’abord pensé s’en sortir en offrant une récompense de 1 million d’euros, qu’il a exposés sous forme de piles de liasses de billets, comme dans les films policiers, à quiconque permettrait l’arrestation des coupables.
M. Fico a mal jugé le choc profond provoqué par le double meurtre au sein de la société civile slovaque, qui a très vite réagi. Le 2 mars, au soir de l’inhumation du jeune couple, 25 000 personnes ont protesté dans les rues de la capitale. Le ministre de la culture a démissionné. Le président de Slovaquie, Andrej Kiska, a mis en demeure le premier ministre de remanier son gouvernement ou de convoquer des élections anticipées. Robert Fico a alors tenté de détourner l’attention en attaquant le président et en trouvant un bouc émissaire bien connu dans la région, ennemi numéro un du dirigeant voisin, Viktor Orban : le milliardaire et philanthrope américain d’origine hongroise George Soros.

Lundi, M. Fico a accusé le président Kiska d’avoir rencontré M. Soros, « un homme à la réputation douteuse », en septembre, à New York, et de chercher, poussé par cette influence étrangère, à déstabiliser son gouvernement. Sa ministre de la justice, membre d’un parti de coalition, lui a aussitôt reproché « de faire appel aux plus bas instincts avec des théories du complot ». Le premier ministre slovaque est à présent confronté à une véritable crise politique. Il doit à ses concitoyens, à la mémoire du couple assassiné et à ses partenaires de l’Union européenne de protéger enfin le travail des journalistes, au lieu de les insulter, et de tout mettre en œuvre pour établir les responsabilités dans le meurtre de Jan Kuciak.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-33"> ¤ L’ex-guérilla a annoncé, jeudi, qu’elle ne participera pas à l’élection présidentielle à la suite des problèmes de santé de son leader, Rodrigo Londoño, victime d’un infarctus la première semaine de mars.
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Colombie : leur leader souffrant, les FARC se retirent de l’élection présidentielle

L’ex-guérilla a annoncé, jeudi, qu’elle ne participera pas à l’élection présidentielle à la suite des problèmes de santé de son leader, Rodrigo Londoño, victime d’un infarctus la première semaine de mars.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 17h06
   





                        



   


L’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), devenue Force alternative révolutionnaire commune (FARC), a annoncé, jeudi 8 mars, qu’elle se retirait de l’élection présidentielle en Colombie, prévue à la fin du mois de mai, à la suite des problèmes de santé de son leader et candidat, Rodrigo Londoño, alias Timochenko.
L’ex-commandant guérillero Ivan Marquez, candidat au Sénat lors des législatives du dimanche 11 mars, a déclaré en conférence de presse que l’intervention cardiaque qu’a récemment subie son leader amène le groupe « à retirer [son] aspiration à la présidence ».

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Rodrigo Londoño, âgé de 59 ans, a été victime d’un infarctus pendant la première semaine de mars et a dû subir un pontage coronarien. La clinique de Bogota, où l’opération a été effectuée, avait précisé mercredi dans un communiqué que l’état de santé du leader des FARC évoluait de manière « satisfaisante », mais qu’il était sous « thérapie respiratoire intensive » du fait de problèmes dus au tabagisme.
Des chances de victoire minimes
Timochenko, dernier commandant de ce qui fut la plus puissante guérilla d’Amérique, issue en 1964 d’une insurrection paysanne, avait annulé tout meeting électoral public depuis le 9 février, à la suite de manifestations violentes à son encontre.
Le parti de la Force alternative révolutionnaire commune (FARC) a été créé en septembre 2017 à l’issue du désarmement de quelque 7 000 combattants de l’ancienne guérilla, comme prévu par l’accord de paix signé en novembre 2016 avec le président Juan Manuel Santos.
Ivan Marquez a affirmé que la FARC se maintient pour les législatives et a appelé à un dialogue avec tous les secteurs politiques afin de tendre des ponts pour réaliser une grande convergence nationale. « Le fait de ne pas participer directement avec un candidat à la course pour la présidentielle ne veut pas dire que nous n’ayons pas de voix face aux autres candidats », a-t-il ajouté, en affirmant qu’aucun rapprochement n’a été initié.
Timochenko se plaçait en queue des sondages pour le premier tour de la présidentielle prévu le 27 mai. L’élection doit désigner le successeur de M. Santos, chef de l’Etat depuis 2010, qui ne peut se représenter après deux mandats consécutifs.
Le leader des FARC a souffert ces dernières années de plusieurs problèmes de santé, dont un autre infarctus pendant les négociations de paix menées à Cuba de 2012 à 2016, et un léger AVC en juillet 2017.

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Compte rendu

Des Marocaines racontent harcèlement et agressions sexuelles dans une minisérie web

Dans les douze épisodes de « Marokkiat », des femmes témoignent, en pleine rue et à visage découvert, et brisent les tabous.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 08.03.2018 à 16h55

     •
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        Mis à jour le 08.03.2018 à 18h12






    
Fatim Ben Cherki, directrice de l’incubateur Jawjab qui produit le projet « Marokkiat », à Casablanca, le 5 mars 2018.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Elles parlent à visage découvert de viol, d’homosexualité, de harcèlement dans la rue, des carcans vestimentaires et des interdits sociaux… Avec « Marokkiat », un format web tourné à Casablanca, des femmes marocaines prennent la parole et brisent les tabous.
Dès le premier épisode, Zahra, une vendeuse de rue d’une quarantaine d’années, déclare dans un grand rire « qu’il n’y a pas d’amour avec le Marocain » et qu’« au Maroc, l’amour c’est du business ». Depuis, en quelques mois, la série diffusée sur la page Facebook Jawjab a généré 6 millions de vues et 2,5 millions d’interactions.

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« J’avais envie de poster des femmes dans la rue, dans cette rue hostile et sauvage qui ne leur appartient pas, pour que le temps d’une prise de parole, elles disent “je suis là, j’existe”, qu’elles s’approprient cet espace », explique Sonia Terrab, 33 ans, écrivaine et réalisatrice à l’origine des Marokkiat (« Marocaines », en arabe dialectal).
Dans sa mini-série de douze vidéos, douze femmes de tous âges, « simples », « normales », filmées debout dans la rue en plan large, partagent en soixante secondes leur vécu. La série « fait le portrait d’une société, d’une féminité à la marocaine », dit Sonia Terrab.
« L’homme te regardera toujours comme une chose »
Les chiffres sont éloquents : plus d’un Marocain sur deux reconnaît avoir déjà harcelé sexuellement une femme dans l’espace public et plus de 60 % des femmes déclarent avoir déjà été victimes de ce type d’agression, selon une récente étude publiée par l’ONU Femmes Maghreb. Symptomatiquement, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à estimer que l’apparence de la victime provoque le harcèlement, selon cette étude.
« J’ai compris que je vivais dans une société où, que tu sois nue, habillée, en burqa ou même cachée sous un drap, l’homme te regardera toujours comme une chose », lance Khadija, 21 ans, dans l’un des épisodes des Marokkiat, racontant ce qu’elle vit depuis qu’elle porte le voile. « La fille doit suivre des normes et s’habiller selon le principe des hommes, pour qu’ils ne soient pas tentés : n’importe quoi !, s’insurge Nada dans une autre vidéo. En tant que filles, on est des demi-êtres et ça, ça me dérange. »

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Salima, 25 ans, cheffe d’équipe dans un groupe de commerce en ligne, a choisi de parler des agressions verbales provoquées par son tatouage, « perçu dans la rue comme un très gros acte de rébellion ». « J’avais envie de partager mon expérience quotidienne », explique à l’AFP celle qui récuse les termes de « militante » ou de « féministe », parce qu’elle « n’aime ni les cases, ni les étiquettes ». Son témoignage a fait 340 000 vues et, ce qui l’a le plus étonnée, « c’est de lire des commentaires positifs ». L’expérience lui a donné force et courage : « Avant, j’étais plus dans la résilience, je me disais “c’est bon, je ne peux pas changer les choses” », confie la jeune femme.
« L’autocensure est une vraie question »
« Quand elles s’expriment sans filtre sur Internet, les filles ont des retours très violents en général », souligne Fatim Ben Cherki, 33 ans, directrice de l’incubateur Jawjab qui produit le projet Marokkiat. Filiale d’une société de production locale, Jawjab soutient les jeunes créateurs de contenus web en leur fournissant des moyens de production. Sa page Facebook diffuse les programmes, alimente le débat et génère des commandes pour sa production numérique, ce qui permet d’équilibrer les dépenses.
Avec Marokkiat, « on a eu une avalanche de retours, des messages de soutien, des messages d’amour, des témoignages : beaucoup de filles se sont spontanément présentées pour venir s’exprimer, libérer leur énergie, parler de leur vie tout simplement », se félicite la patronne de Jawjab. « Ça casse les idées reçues », estime-t-elle, rappelant que « le Maroc est un pays à l’apparence ouverte où l’autocensure est une vraie question ».

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Car les réseaux sociaux changent la donne. « On l’a bien vu avec le phénomène #MeToo, à travers le monde, on parle de troisième révolution féministe », relève Sonia Terrab. La réalisatrice est persuadée que « la parole est en train de se libérer au Maroc : chez les jeunes femmes, il y a un vrai désir d’émancipation, prendre la parole dans la rue et dans l’espace virtuel les dérange de moins en moins ».


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-35"> ¤ La haute juridiction considère que le gouvernement a retenu « des critères objectifs et rationnels » qui n’enfreignent pas le principe d’égal accès à l’instruction.
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Le Conseil constitutionnel valide le projet de loi réformant l’accès à l’université

La haute juridiction considère que le gouvernement a retenu « des critères objectifs et rationnels » qui n’enfreignent pas le principe d’égal accès à l’instruction.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 14h32
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 15h58
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



   


Après le Conseil d’Etat, le Conseil constitutionnel a rejeté à son tour, jeudi 8 mars, le recours déposé le 23 février par les députés socialistes, « insoumis » et communistes, contre le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants, qui crée la plate-forme Parcoursup. « Le législateur a retenu des critères objectifs et rationnels, dont il a suffisamment précisé le contenu, de nature à garantir le respect du principe d’égal accès à l’instruction », estime la haute juridiction, écartant ainsi le principal grief des plaignants.

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          Le projet de loi réformant l’entrée à l’université attaqué devant le Conseil constitutionnel



En effet, les établissements publics d’enseignement supérieur « peuvent tenir compte des caractéristiques de la formation, lesquelles font d’ailleurs l’objet d’un “cadrage national” fixé par arrêté ministériel, ainsi que des acquis et compétences des candidats afin, le cas échéant, de subordonner leur inscription à l’acceptation par eux de dispositifs d’accompagnement et de formation », argumentent les sages.

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« logique utilitariste »
La « rationalité » du législateur s’illustre aussi, selon le Conseil constitutionnel, dans le fait que « les inscriptions sont décidées en tenant compte de la cohérence entre, d’une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation antérieure et ses compétences et, d’autre part, les caractéristiques de la formation ».
Par ailleurs, les députés plaignants reprochaient au projet de loi de privilégier une « logique utilitariste » portant atteinte au principe d’indépendance des enseignants-chercheurs, de par la diffusion, pour chaque formation proposée aux bacheliers sur la plate-forme Parcoursup, de statistiques relatives à la réussite aux examens et à l’insertion professionnelle. Selon le Conseil constitutionnel, « la définition des informations fournies aux candidats au cours de la procédure de préinscription ne met pas en cause ce principe ».

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                Le Conseil d’Etat rejette les demandes de suspension de la plate-forme Parcoursup



Enfin, le Conseil écarte la critique selon laquelle le texte porterait atteinte au droit au recours juridictionnel effectif résultant de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il considère que le projet de loi garantit « une réponse de l’administration au candidat ayant formulé des choix », puisqu’il prévoit, à la fin de la procédure, que le candidat puisse « contester, le cas échéant, le refus de chacun des choix qu’il a formulés ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-36"> ¤ Deux concerts du chanteur, condamné en 2004 pour avoir tué sa compagne, ont été annulés.
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Tournée agitée pour Bertrand Cantat

Deux concerts du chanteur, condamné en 2004 pour avoir tué sa compagne, ont été annulés.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 12h31
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Pour ou contre la venue sur scène de Bertrand Cantat ? La tournée de l’ex-chanteur de Noir Désir, qui a démarré le 1er mars à La Rochelle, après la sortie de son album Amor Fati, est en train de virer au cauchemar pour son tourneur, Thierry Langlois : après l’annulation du concert prévu fin juillet au festival Les Escales, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), c’est au tour du festival Aluna, à Ruoms (Ardèche), de déprogrammer, contraint et forcé, le chanteur. « Les manifestations et désistements de certains festivaliers et mécènes, sans lesquels le festival ne peut avoir lieu, ont amené la direction du festival à prendre cette décision », lit-on sur le site du festival, qui aura lieu du 14 au 16 juin. Il y a quelques jours encore, le directeur de la manifestation, Didier Viricel, assumait son choix : « Nous connaissons Bertrand depuis des années (…). Il a une histoire moche, c’est un cas de conscience pour nous, mais nous ne sommes pas des juges de paix », expliquait-il au Parisien.

Bertrand Cantat est entré dans la rubrique des faits divers en 2003 après avoir tué sa compagne, Marie Trintignant. Condamné en 2004 à huit ans de prison, il a obtenu une libération conditionnelle fin 2007 pour bonne conduite. Ses fans disent qu’il a « payé » pour son acte, ses détracteurs jugent cette peine effective de quatre ans dérisoire. Ces derniers mois, une main courante, anonyme, déposée contre lui par une femme dans un commissariat, a relancé la polémique, dans une France où la parole se libère après l’affaire Weinstein.
L’icône devenue sujet de société
L’icône du rock français des années 1990 est devenue un sujet de société. A l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa avait commenté sur BFM-TV les déprogrammations de ses concerts : « Je ne remets pas en cause le fait qu’il a le droit de travailler et de chanter. Ce qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-37"> ¤ Rendu accessible à tous tardivement en raison de son coût, le Maviret sera vendu à un prix de 28 000 euros à l’hôpital. Pour la première fois, un médicament contre l’hépatite C sera disponible en pharmacie.
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La France autorise pour la première fois la vente en pharmacie d’un médicament contre l’hépatite C

Rendu accessible à tous tardivement en raison de son coût, le Maviret sera vendu à un prix de 28 000 euros à l’hôpital. Pour la première fois, un médicament contre l’hépatite C sera disponible en pharmacie.



Le Monde
 |    08.03.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
08.03.2018 à 16h51
   





                        


La vente d’un nouveau médicament antiviral à action directe contre l’hépatite C, décrié à cause de son prix, a été officiellement autorisée, jeudi 8 mars, à la vente en pharmacie en France.
Appelé Maviret, ce médicament développé et commercialisé par le laboratoire américain AbbVie sera vendu à un prix public de 28 000 euros par patient sans cirrhose du foie, pour un traitement limité à huit semaines, d’après une publication au Journal officiel.
Soignant les six formes du virus de l’hépatite C, avec une prise quotidienne par voie orale, Maviret est le premier antiviral à action directe contre cette maladie chronique à être autorisé à la vente à la fois en pharmacie et à l’hôpital, souligne AbbVie dans un communiqué. Le laboratoire pharmaceutique met en avant la facilité de la prise en charge des patients que cette décision entraînera. Le Dr Marc Bourlière, hépatologue à Marseille, souligne, en effet, que l’« une des causes de non-observance des patients est l’éloignement de l’hôpital, c’est pourquoi il est important que ces médicaments soient disponibles en officine de ville ».
Des prix élevés qui ont freiné l’arrivée sur le marché des médicaments contre l’hépatite C
L’arrivée sur le marché à partir de la fin 2013 de nouveaux médicaments capables de guérir l’hépatite C chronique, le Sovaldi du laboratoire Gilead puis ses successeurs Harvoni et Epclusa, avait déclenché une vive polémique en raison de leurs coûts jugés exorbitants pour la Sécurité sociale ; plus de 40 000 euros par patient.

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A cause de leur prix, le gouvernement français les avait d’abord réservés aux personnes les plus gravement atteintes, au grand dam de nombreuses associations de médecins et de patients. Un accès « universel » à ces traitements avait ensuite été décidé en 2016 par le ministère de la santé, misant sur l’arrivée de médicaments concurrents pour faire baisser les prix, y compris ceux de Gilead. En mars 2017, un accord avait fini par être conclu entre les autorités françaises et Gilead pour obtenir des prix inférieurs à 28 700 euros par patient sur ses traitements, en phase avec les prix négociés pour des produits concurrents qui venaient d’arriver, comme le Zepatier du laboratoire MSD (Merck and Co) et la combinaison Viekirax-Exviera d’AbbVie.

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Environ 130 000 adultes restent infectés par le virus de l’hépatite C en France métropolitaine, et environ 75 000 d’entre eux ignoreraient qu’ils le sont, selon des estimations citées par la Haute Autorité de santé (HAS) fin 2017. A l’échelle de la planète, les hépatites virales ont tué 1,34 million de personnes en 2015.



                            


                        

                        

