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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’entreprise a mis à disposition du Pentagone des technologies d’intelligence artificielle permettant d’identifier des éléments dans des vidéos.
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Un programme de Google aide le Pentagone à analyser les images filmées par les drones

L’entreprise a mis à disposition du Pentagone des technologies d’intelligence artificielle permettant d’identifier des éléments dans des vidéos.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 17h45
   





                        



   


Google ne l’avait pas annoncé publiquement. Mardi 6 mars, le site américain Gizmodo a révélé l’existence d’un partenariat entre l’entreprise et le Pentagone, destiné à aider ce dernier à analyser des images de drones.
Cette démarche s’inscrit dans le projet Maven du ministère américain de la défense, lancé en avril 2017, visant à « intégrer plus efficacement l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique à travers les opérations pour maintenir nos avantages face à des adversaires de plus en plus compétents », précisait alors une note du Pentagone. Sa priorité : « rendre rapidement intelligible l’énorme volume de données accessibles au ministère de la défense », notamment les images filmées par les drones, à des fins de renseignement.
Identifier des cibles
Google est à la pointe en matière d’intelligence artificielle, notamment dans le secteur de l’apprentissage automatique et de la vision par ordinateur. Des compétences utiles au projet Maven. Dans un communiqué transmis à la presse américaine, Google explique travailler « depuis longtemps avec les agences gouvernementales pour leur fournir des solutions technologiques ».
Cette fois, l’entreprise met à disposition du Pentagone des accès à TensorFlow, un outil d’intelligence artificielle qu’elle a rendu open source – c’est-à-dire que n’importe qui peut y accéder et l’utiliser comme bon lui semble. Objectif annoncé : « aider à la reconnaissance d’objets dans des données non classifiées ». Mais Google ne donne pas plus de précisions sur son niveau d’implication dans ce projet : l’entreprise se contente-t-elle juste de faciliter l’usage de cette technologie ouverte au Pentagone ? L’aide-t-elle à le personnaliser ? Ou développe-t-elle des outils, s’appuyant sur TensorFlow, spécifiques à l’analyse d’images de drones pour l’armée américaine ?
Ce type de technologie peut permettre d’identifier automatiquement, dans des photos et des vidéos, des bâtiments, des véhicules ou des humains par exemple ; ce qui peut aider l’armée et le renseignement américain à surveiller des zones, identifier des cibles et affiner leurs stratégies.
« Garde-fous »
Pour désamorcer les critiques, Google l’assure : « La technologie labellise des images qui seront analysées par des humains, et ne sert qu’à un usage non offensif. » L’entreprise reconnaît que l’utilisation de technologies d’intelligence artificielle au service de l’armée « soulève des inquiétudes légitimes ». « Nous discutons activement de cet important sujet en interne et avec d’autres, tout en continuant à créer des règles et des garde-fous autour du développement et de l’usage de nos technologies d’apprentissage automatique. »
Les liens entre Google et l’armée sont délicats. Le secteur militaire est intéressé par ses technologies, mais cela peut s’avérer périlleux pour l’image de l’entreprise. Eric Schmidt, qui était jusqu’à décembre président de la maison mère de Google Alphabet, siège dans un comité du ministère de la défense américain consacré à l’innovation. La question s’est faite pressante quand Google a acquis, au début des années 2010, plusieurs entreprises de robotique, dont la prestigieuse Boston Dynamics, qui développe des robots à destination de l’armée. Google s’en est finalement séparé l’an dernier. Aujourd’hui, les progrès impressionnants des technologies d’intelligence artificielle, et plus particulièrement d’apprentissage automatique, soulèvent de nouvelles craintes, notamment liées aux usages militaires qui pourraient en être fait.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ En Islande, des investisseurs bâtissent des usines informatiques aux grandes puissances de calcul afin de « mouliner » des cryptomonnaies.
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Islande : vol de 600 ordinateurs utilisés pour « miner » du bitcoin

En Islande, des investisseurs bâtissent des usines informatiques aux grandes puissances de calcul afin de « mouliner » des cryptomonnaies.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 18h07
   





                        


L’Islande, ses volcans, ses glaciers… et ses « usines à bitcoins ». Le pays, du fait de son climat froid, propice au refroidissement des serveurs informatiques, est devenu ces dernières années le paradis pour les centres de données et les « fermes » de cryptomonnaies.
Au point de susciter toutes les convoitises : mercredi 7 mars, les autorités islandaises ont annoncé qu’elles enquêtaient sur le vol sans précédent de six cents ordinateurs très puissants, lors de quatre braquages. Les faits se sont déroulés en décembre et en janvier, dans des centres de données du sud-ouest de l’île et de la côte ouest.

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Arrestations d’individus liés au crime organisé
Parmi la dizaine de personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête, on compte deux Islandais âgés d’une vingtaine et d’une trentaine d’années. Ces derniers ont été placés en détention provisoire, soupçonnés d’être liés au crime organisé.
« Tout pointe dans cette direction », a dit à l’AFP un porte-parole de la police locale.
Un casse à 1,6 million d’euros
Les recherches continuent pour retrouver les serveurs, dont la valeur totale est estimée à environ 200 millions de couronnes (1,6 million d’euros).
Les ordinateurs volés étaient, en effet, utilisés pour « miner » du bitcoin, principale monnaie virtuelle, dont la valeur est actuellement de 8 600 euros pour 1 bitcoin.
Le « minage » du bitcoin est le résultat de calculs mathématiques complexes par de puissants ordinateurs. Plus la machine est puissante, plus la monnaie est créée rapidement.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Bruno Durieux, ancien ministre de la santé, déplore dans une tribune au « Monde » l’échec et le détournement des différents systèmes de tarification qui se sont succédé dans les hôpitaux, faute d’analyse transparente des coûts réels.
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« Aucun système de financement ne garantira l’efficacité de l’hôpital tant que ce dernier restera une boîte noire »

Bruno Durieux, ancien ministre de la santé, déplore dans une tribune au « Monde » l’échec et le détournement des différents systèmes de tarification qui se sont succédé dans les hôpitaux, faute d’analyse transparente des coûts réels.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 16h00
    |

Bruno Durieux (Maire de Grignan (Drôme) et ancien ministre de la santé de 1990 à 1992)







                        



                                


                            
Tribune. La tarification à l’activité dans les hôpitaux est un échec car elle n’a jamais été correctement appliquée. La malédiction du système de financement des hôpitaux continue. Ils en ont connu trois au cours des décennies passées, qui ont été trois échecs.
Le prix de journée, dans les années 1970 : les hôpitaux étaient alors rémunérés au nombre et à la durée des séjours. Ce système les incitait à multiplier et prolonger les séjours des patients dans leurs murs. Fortement inflationniste, il a été remplacé dans les années 1980 par une dotation globale, qui mit fin pour quelque temps à la dérive de la dépense hospitalière. Mais ce système se révélait injuste : il étranglait les hôpitaux dynamiques dont la forte activité était justifiée ; il était une rente pour les autres. Il a été remplacé dans les années 2000 par la tarification à l’activité (T2A), système de rémunération au séjour qui, tenant compte des lourdeurs des pathologies traitées, devait allier efficience médicale et efficacité financière.

Pour que la T2A fonctionne, il fallait remplir quatre conditions : la connaissance par les hôpitaux de leurs « coûts de production » pour les pathologies qu’ils traitent ; la maîtrise de leurs coûts fixes (dont l’emploi à court terme) ; leur capacité à adapter leur fonctionnement pour se rapprocher des plus performants ; enfin, une échelle nationale de coût, base de la tarification, réaliste et non manipulée au gré de la conjoncture financière de l’assurance maladie.
Instrument d’une course aux actes
Aucune de ces conditions n’était satisfaite quand, dans la hâte d’une réforme bâclée, la T2A a été généralisée au milieu des années 2000. L’échec était inéluctable. La T2A, dénaturée, est devenue l’instrument d’une course aux actes, comme naguère le prix de journée celui d’une course aux séjours.
Comme ministre de la santé, j’ai totalement échoué à obtenir qu’on tire de ces énormes écarts de coûts des enseignements et des...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Si le numérique fut longtemps presque un gros mot pour de nombreuses banques privées, il constitue l’ADN des jeunes pousses de l’investissement financier, comme Nalo. Entretien avec Albert d’Anthoüard, son directeur de la clientèle privée.
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« Nous voulons être la banque privée du XXIe siècle »

Si le numérique fut longtemps presque un gros mot pour de nombreuses banques privées, il constitue l’ADN des jeunes pousses de l’investissement financier, comme Nalo. Entretien avec Albert d’Anthoüard, son directeur de la clientèle privée.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h46
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Entretien. La banque privée rejoindra-t-elle bientôt la liste des produits et services de luxe rendus accessibles au plus grand nombre par la technologie ? C’est le pari d’une série d’acteurs émergents qui misent sur les algorithmes pour mettre les performances financières à la portée de tous. Albert d’Anthoüard, ex-banquier privé devenu directeur de la clientèle privée chez Nalo, un robot-conseiller lancé fin 2017, nous explique la stratégie de ce nouveau venu dans ce monde très feutré.
Que propose Nalo ?
Albert d’Anthoüard. - Nous basons l’investissement de chaque client sur ses projets concrets en organisant son épargne par objectifs (études des enfants, retraite, etc.), au sein d’un même compte. Nous nous concentrons pour l’instant sur l’assurance-vie mais avons vocation à proposer d’autres supports. La souscription intervient 100 % en ligne et nos algorithmes calculent la répartition idéale du capital entre les actifs (fonds indiciels en actions et obligations, et fonds euros), à partir des informations fournies par l’investisseur sur son patrimoine et ses projets, et du contexte financier. S’il le veut, il peut discuter avec un conseiller.
Tous les paramètres renseignés personnalisent à l’extrême l’investissement. Grâce à la technologie, notre allocation est totalement sur mesure, pour tout montant placé et à prix bas : nos frais totaux s’élèvent à 1,65 %, pour 10 000 euros comme pour un million. Pour obtenir ce 1,65 % en banque privée, il faudrait être très aisé…

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Pour les établissements historiques, aux processus non encore dématérialisés, respecter les nouvelles réglementations en matière de traçabilité et de transparence coûte cher. Afin de continuer à être rentable, ils doivent gérer les actifs de leurs clients dans des profils de plus en plus génériques, en augmentant souvent leur tarification. Nous empruntons le chemin inverse.
Nalo se positionne comme concurrent des banques privées, attirez-vous la clientèle haut de gamme ?
Parmi nos souscripteurs, certains pourraient tout à fait être clients de banques privées ou l’ont été. D’autres le sont encore, d’ailleurs, à cause de l’impossibilité de transférer leur assurance-vie. Notre offre étant récente, nous ne communiquons pas sur nos chiffres mais nous avons de beaux contrats, de plusieurs centaines de milliers, voire quelques millions d’euros.

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Surtout, nous voulons être la banque privée du XXIe siècle, nous sommes l’avenir de la gestion privée. Ces établissements n’ont pas remarqué que les usages avaient changé, que les fauteuils clubs des agences ne parlaient plus. Ils n’imaginent pas qu’un client avec plusieurs millions à placer puisse se tourner vers la fintech. Dans un de mes anciens établissements, on m’a déjà dit : “Ayez de moins beaux fauteuils mais de meilleures performances et à moindres frais”. Et ces réflexions n’émanent pas que des jeunes. Nous avons des clients de tous âges.
Outre la gestion financière, comptez-vous offrir les autres services des banques privées ?
Pour la banque du quotidien, s’appuyer sur des acteurs existants est envisageable. Concernant l’ingénierie patrimoniale, c’est-à-dire les conseils fiscaux ou juridiques, la réflexion n’est pas tranchée car elle engendre des coûts élevés. Que les établissements historiques font porter à l’ensemble de leurs clients, alors que seuls les plus fortunés y ont accès.
Certains relèvent d’ailleurs leurs seuils d’accès à cette ingénierie patrimoniale pour limiter les coûts et faire face aux dépenses imposées par les nouvelles réglementations. Mieux vaut à mon sens être clair sur ce qu’on propose. Nous réfléchissons à ces services, mais voulons éviter de faire supporter le coût à tous nos clients.

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Pour la fourniture de crédit ou de produits d’investissements non financiers, nombre d’acteurs exercent ces métiers avec brio et nous travaillons avec eux. Pour nos clients premium (à partir de 250 000 euros), nous dépoussiérons toutes ces questions ensemble et les orientons vers des spécialistes – notaire, avocat, prêteur, expert en art ou en immobilier, etc. Nos outils nous permettant d’être rapides sur le « profilage » du client et l’allocation d’actifs, nous pouvons orienter directement nos discussions vers les problématiques familiales.
Donnerez-vous, comme les banques privées, le choix du mode de gestion ?
Nous proposons uniquement la gestion sous mandat – le client délègue le pilotage de son portefeuille. La gestion libre (le client communique ses ordres) n’a pas d’intérêt car elle ne permet plus aucun conseil dans le nouvel environnement réglementaire. De même pour la gestion conseillée (le client est conseillé mais décide), devenue ultra-complexe, chaque recommandation devant être documentée à un niveau incroyable. Elle concerne à mon sens une minorité de clients, qui a le temps et que cela amuse. Les habitués savent à quel point c’est chronophage et qu’ils ne feront pas mieux qu’une gestion sous mandat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Alors que le salon Livre Paris démarre le 16 mars, la Société des gens de lettres a obtenu gain de cause. Les écrivains présents seront enfin rémunérés pour leurs participations aux tables rondes.
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Les organisateurs du salon Livre Paris ouvrent le tiroir caisse aux auteurs

Alors que le salon Livre Paris démarre le 16 mars, la Société des gens de lettres a obtenu gain de cause. Les écrivains présents seront enfin rémunérés pour leurs participations aux tables rondes.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h38
    |

            Nicole Vulser








                        



   


« C’est tout de même une aberration que le salon dispose d’un budget plantes vertes plutôt qu’un budget pour les auteurs » déplorait, mordante, dans le site spécialisé ActuaLitté du mardi 6 mars, une éditrice jeunesse. A quelques jours de l’ouverture du 28e salon Livre Paris, du 16 au 19 mars porte de Versailles, qui attend quelque 3 000 écrivains, la révolte des auteurs grondait. Ils ont obtenu gain de cause mercredi en fin de matinée.
Les co-organisateurs de Livre Paris, le Syndicat national de l’édition (SNE) et Reed Expositions France ont finalement promis de rémunérer tous les auteurs qui interviendraient au salon, sauf pour les séances de dédicaces qui ne sont jamais payées.
Dans un premier temps, Pierre Dutilleul, directeur général du SNE comptait « rémunérer toutes les interventions, toutes les tables rondes, ateliers, rencontres qui font l’objet d’un travail, comme cela se fait habituellement et au tarif en vigueur conseillé par la charte des auteurs ». Seules étaient exclues les interventions « de promotion », comme les entretiens au cours desquels les auteurs sont invités à parler de leurs livres.
Or, c’est bien cette notion de « promotion » qui divisait les protagonistes. Tous les salons qui perçoivent une subvention du Centre national du livre (CNL) sont tenus de payer chaque auteur 150 euros pour un plateau mettant en scène plus de trois personnes. Livre Paris ne recevant aucune subvention du CNL, ses organisateurs considéraient que cette logique ne pouvait s’appliquer. Les auteurs ont eu beau jeu de rappeler que l’entrée du salon Livre Paris est payante, à raison de 8 euros par visiteur, et que ce sont eux qui font venir le public.
Soutien de Françoise Nyssen
Interpellée mercredi 7 mars sur France Inter, la ministre de la culture, Françoise Nyssen – qui a mis en sommeil ses activités chez Actes Sud pendant qu’elle est au gouvernement – a pris la défense des écrivains. « Quand on leur demande de faire des prestations, il me paraît légitime qu’ils soient rémunérés », a-t-elle déclaré. Ce qui semble avoir pesé dans la balance.
Marie Sellier, présidente de la Société des gens de lettres (SGDL) déclare : « Je ne veux plus entendre parler de promotion. C’est une hypocrisie incroyable. Le livre profite à tout le monde – aux éditeurs, aux libraires, aux distributeurs – sauf aux auteurs, dont le temps est considéré comme quantité négligeable. Les à-valoir se sont déjà considérablement réduits, comme les tirages des livres. »
Geoffroy Pelletier, directeur de la SGDL complétait : « Dans un salon, un auteur invité à une conférence et une dédicace vendra 15 livres. Dans dix-huit mois, il touchera 30 euros sur les ventes. C’est, en effet, une situation très enviable… » Une récente étude du ministère de la culture montre en effet que 41 % des auteurs gagneraient moins que le smic.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ La justice a annulé mardi l’arrêté créant la zone d’aménagement concerté du triangle de Gonesse, ce qui pourrait compromettre le plus grand investissement privé en France depuis la construction de Disneyland Paris.
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Six questions sur EuropaCity, le projet immobilier géant au nord de Paris

La justice a annulé mardi l’arrêté créant la zone d’aménagement concerté du triangle de Gonesse, ce qui pourrait compromettre le plus grand investissement privé en France depuis la construction de Disneyland Paris.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 15h53
   





                        



   


L’ovni architectural verra-t-il le jour ? Le gigantesque projet immobilier EuropaCity a subi un revers en justice mardi 6 mars. Un épisode judiciaire qui pourrait compromettre le plus grand investissement privé en France depuis la construction de Disneyland Paris, en 1992. Explications en six questions sur ce dossier complexe, qui suscite une vive opposition.

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Qu’est-ce que le projet EuropaCity ?
EuropaCity est un projet de parc d’activités à vocation touristique et culturelle, prévu pour s’étendre sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise, à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Paris, dans le « triangle de Gonesse » — une zone située entre les aéroports du Bourget et de Roissy, inhabitable en raison des nuisances sonores.
Ce futur complexe pharaonique, dont la livraison était prévue en 2024, devrait comprendre un parc d’attractions, des espaces verts, un parc aquatique, un centre commercial, des salles de spectacle, des restaurants, deux mille chambres d’hôtel, une ferme urbaine, et même un « parc des neiges » incluant une piste de ski…
Un projet à 3,1 milliards d’euros porté par Immochan, la filiale immobilière du groupe de distribution Auchan, et cofinancé par le géant de l’immobilier chinois Wanda. L’objectif est d’attirer à EuropaCity 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an.
Pourquoi et par qui le projet est-il contesté ?
Emblématique des conflits entre grands projets d’aménagement et préservation de zones agricoles, EuropaCity a rencontré une forte opposition, notamment locale.
Le projet d’urbanisation du triangle de Gonesse, qui comprend aussi un centre d’affaires de 800 000 m2 et une gare du Grand Paris Express, va en effet détruire en tout 260 hectares de terres cultivables, soit l’équivalent du 5e arrondissement de Paris. Les opposants y voient un scandale écologique — la construction entraînera une imperméabilisation des sols et une dégradation de la ressource en eau potable — et une gabegie financière, symbolisés par cette piste de ski comprise dans le projet.

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Parmi ses détracteurs, on trouve ainsi des agriculteurs de la Confédération paysanne et du réseau d’associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) d’Ile-de-France, la chaîne de magasins Biocoop, des associations citoyennes et écologistes, des élus de la Seine-Saint-Denis, ou encore la Confédération des commerçants de France et les architectes et urbanistes de l’Atelier citoyen. Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a lui-même critiqué en juillet 2017 la « folie des grandeurs » du projet, affirmant qu’il n’était « pas compatible » avec le plan climat.
Des arguments rejetés par les acteurs principaux du projet, notamment par le maire (PS) de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, qui martèle qu’EuropaCity devrait apporter 40 millions de recettes fiscales pour les communes avoisinantes et permettre la création de dix mille emplois brut, à nuancer par la destruction d’environ deux mille emplois dans la zone géographique.

   


Où en est le projet ?
Face à ces critiques, Auchan et Wanda ont procédé à des modifications, assurant ne pas vouloir faire un « Dubaï aux portes de Paris ». Une version remaniée du projet a été présentée en septembre 2017, selon laquelle des concours d’architecte devraient avoir lieu pour l’attribution de huit bâtiments : une salle de concert, une salle de cirque contemporain, un centre culturel consacré au cinéma, et cinq hôtels. Mais le fond du projet reste globalement le même — le « parc des neiges » et sa piste de ski, qui cristallisent la colère, n’ont pas été abandonnés.

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Les autorisations administratives doivent être déposées à la fin de l’année, pour un début de chantier prévu à la fin de 2019. Le calendrier de fin de chantier a quant à lui été modifié par le gouvernement, qui a reporté de trois ans, à 2027, la mise en service de la gare du Grand Paris Express desservant le triangle de Gonesse, étape essentielle pour la viabilité du projet.
Qu’est-ce qui a été décidé par la justice et qu’est ce que ça change ?
Plusieurs opposants au chantier ont déposé des recours, notamment à la suite de l’enquête publique remise à l’été 2017, qui considère le projet comme peu compatible avec la notion de développement durable.
Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé, mardi 6 mars, l’arrêté du préfet du Val-d’Oise autorisant la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC) devant accueillir le mégacomplexe. Le tribunal a estimé « que l’étude d’impact mise à disposition du public dans le cadre de l’enquête publique (…) était insuffisante » sur plusieurs points, notamment environnementaux.

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Quelles sont les réactions ?
Les porteurs du projet ont fait savoir qu’ils prenaient acte de la décision de justice, mais n’abandonnaient pas le projet pour autant. Le directeur du développement d’EuropaCity, David Lebon, a déclaré que la décision du tribunal administratif ne portait « pas un coup d’arrêt » au projet. Le maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, estime également qu’« il s’agit plus d’un contretemps que d’une remise en cause ».

   


En revanche, pour Me Etienne Ambroselli, avocat des opposants à EuropaCity, cette entreprise démesurée se conjugue déjà au passé. « La décision du tribunal est un coup d’arrêt », a-t-il martelé, rappelant que « l’Etat français veut donner des leçons à tout le monde en matière de lutte contre le changement climatique, il ne devrait donc pas s’acharner dans cette urbanisation ». Et le conseil de comparer la situation avec l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui « procède de la même logique ».
Que va-t-il se passer maintenant ?
Etant donné qu’il s’agit d’une ZAC d’Etat, créée et aménagée par son aménageur Grand Paris Aménagement, c’est au préfet du Val-d’Oise qu’il reviendra de décider de faire appel ou non de cette décision, et de choisir ou non de compléter l’étude d’impact. Mardi, la préfecture disait seulement que « les services de l’Etat analysent cette décision ainsi que les suites à donner ». 
Du côté des opposants, on prévoit déjà la suite. « Même si l’on ne pense pas que la décision du juge soit suffisante pour empêcher l’urbanisation de ces terres agricoles, elle ne peut que nous encourager et nous donner l’espoir d’aller au bout », explique ainsi un responsable du Collectif pour le triangle de Gonesse au site Reporterre.

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                La contestation du projet EuropaCity ne faiblit pas



La guérilla judiciaire entre soutiens du projet et opposants promet en effet d’être longue. D’autres recours, portant notamment sur la modification du plan local d’urbanisme (PLU), ont été déposés et ne seront pas tranchés avant l’été. En attendant, les opposants prévoient un rassemblement d’ampleur le 27 mai sur les terres du triangle de Gonesse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Une nouvelle étude confirme que la part de femmes en économie est faible dans la plupart des pays et stagne. En France, elles sont un peu plus nombreuses parmi les maîtres de conférences.
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Où sont les femmes économistes ?

Une nouvelle étude confirme que la part de femmes en économie est faible dans la plupart des pays et stagne. En France, elles sont un peu plus nombreuses parmi les maîtres de conférences.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h39
    |

            Marie Charrel








                        


Les femmes sont sous-représentées dans de nombreuses professions, et l’économie n’échappe pas à la règle. Le sujet, vivement débattu depuis le scandale Weinstein et le mouvement #MeToo, agite la communauté des économistes depuis l’été dernier.
En août, une étudiante à Berkeley (Californie), Alice H. Wu a jeté un pavé dans la mare en révélant, dans son mémoire de master, les commentaires sexistes (« chaude », « salope », « sexy », « prostituée »…) tenus sur un forum professionnel célèbre parmi les économistes américains, Econjobrumors.com.
Ses travaux ont fait grand bruit jusqu’en France, où une partie de la profession s’est réjouie que le sujet soit enfin mis en lumière… tandis que l’autre s’est agacée que l’on pointe spécifiquement l’économie, loin d’être la seule matière concernée par les problèmes de parité.
Mercredi 7 mars, Soledad Zignago, économiste à la Banque de France, et Anne Boring, chercheuse affiliée à Sciences Po, qui suivent de près cette thématique, ont publié une nouvelle note sur le sujet, diffusée sur le blog de la Banque de France. Avec cette fois, une question-clé : quelle est la part d’économistes femmes dans le monde ? Quels sont les pays où elles sont particulièrement sous-représentées ?
Seules 19 % de femmes dans le plus grand répertoire mondial d’économistes
Pour y répondre, elles ont épluché la base de données RePEc (Research Papers in Economics), qui recense plus de 52 000 auteurs d’articles de recherche en économie dans le monde. L’équivalent, en somme, du plus grand répertoire mondial d’économistes, permettant les comparaisons internationales. Résultat : « la part de femmes économistes est faible dans la plupart des pays (19 % en moyenne dans le monde), dans tous les champs de l’économie et stagne dans le temps », révèle la note.
Mais les écarts entre pays sont importants. Les femmes sont ainsi mieux représentées en Europe. Surtout dans les pays latins – elles sont 30 % en Italie, 27 % en Espagne, 26 % en France –, et à l’Est avec 52 % en Roumanie, par exemple. « En revanche, les femmes sont nettement sous-représentées dans les pays anglo-saxons : elles sont 16 % aux Etats-Unis et 18 % au Royaume-Uni, détaillent les auteures. La situation en Amérique latine est assez contrastée, tandis que l’Asie affiche des taux de femmes économistes très bas : 6 % au Japon, en Chine et en Inde ».
Un plafond de verre dans le corps professoral
La sous-représentation féminine est encore plus forte si l’on se penche sur leur présence dans les médias. Mais aussi, en termes de nombre de publications, et de leur impact. Selon les classements de RePEc, une seule femme figure ainsi parmi les économistes les mieux classées au monde, à savoir Carmen Reinhart, professeure de finance internationale à la Kennedy School of Government de l’Université Harvard.
« Leur part baisse également à 9-12 % dans les champs où elles sont le moins représentées – finance, économétrie, économie du sport – alors qu’elle atteint 32-37 % dans ceux où elles sont le plus présentes : démographie, pays de l’Est, économie du tourisme », expliquent Anne Boring et Soledad Zignago.
Et la situation n’évolue que très lentement. Toujours selon les statistiques tirées de RePEc, la part des femmes docteurs stagne autour de 17-18 % depuis vingt ans dans le monde – et c’est probablement le plus inquiétant. En France, 43 % des étudiants en première année de licence sont des femmes, selon les données 2016-2017 du ministère de l’enseignement supérieur. Elles sont 51 % en master 2, mais 38 % seulement en doctorat d’économie.
Au niveau du corps enseignant, l’Hexagone est en meilleure position que les Etats-Unis. « Alors qu’outre-atlantique, seulement 29 % des “assistants professors” et 14 % des “full professors” en économie sont des femmes, la situation est un plus équilibrée en France : la proportion de femmes maîtres de conférences était de 43 % en 2016, et celle des femmes professeurs d’université, de 24 % », remarquent les auteures.
Dit autrement : plus on monte, moins les femmes sont présentes – le fameux plafond de verre. En revanche, « les plus jeunes cohortes de maîtres de conférences (moins de 36 ans), sont quasiment paritaires. Il reste à voir si les femmes de ces jeunes cohortes passeront professeurs d’université dans les mêmes proportions que leurs collègues masculins ».
Un impact négatif sur la qualité de la recherche
Sont-elles plus ou moins nombreuses en économie que dans les autres disciplines universitaires ? Plutôt dans la moyenne. Sans surprise, les femmes maîtres de conférences et professeurs sont plus représentées en anthropologie, sociologie, psychologie et littérature comparée, mais moins représentées en mathématiques, mécanique et informatique.
Au-delà des chiffres, la parité en économie n’est pas seulement une question d’équité. « Plusieurs travaux, comme ceux des économistes Amanda Bayer et Cecilia Rouse, montrent que la sous-représentation des femmes dans la profession a un impact négatif sur la qualité de la recherche, en réduisant la diversité des points de vue, et de l’enseignement, car elle donne moins envie aux étudiantes de poursuivre des études en économie », précise la note.
Reste à expliquer pourquoi les femmes sont si peu représentées dans la profession – sujet auquel les auteurs s’attaqueront dans une prochaine étude. Les travaux déjà menés sur le sujet, notamment aux Etats-Unis, évoquent le poids des représentations, de l’autocensure ou encore, de la course aux publications, très masculine… « Cette moindre présence est le fruit d’un cocktail de causes complexes, relevant parfois de la misogynie, du conservatisme, des biais inconscients et des obstacles institutionnels », résume Emmanuelle Auriol, du comité « Women in Economics » au sein de la European Economic Association (EEA), une association d’économistes européens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Depuis six mois, le secteur, habitué à l’autorégulation, fait face à de nombreuses accusations, dans des dossiers aussi différents que la santé, le respect humain ou encore les jeux d’argent.
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Addiction, violence, droit du travail… l’industrie du jeu vidéo attaquée sur plusieurs fronts

Depuis six mois, le secteur, habitué à l’autorégulation, fait face à de nombreuses accusations, dans des dossiers aussi différents que la santé, le respect humain ou encore les jeux d’argent.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 14h50
    |

            William Audureau et 
Corentin Lamy








                        



   


C’est à ne plus savoir où donner de la manette. Que ce soit en France, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, ou encore en Nouvelle-Zélande, la plupart des syndicats du jeu vidéo nationaux sont mobilisés sur plusieurs fronts pour défendre leur secteur, qui connaît sa plus importante salve de critiques de la part des pouvoirs publics depuis deux décennies. Si certaines obsessions vieilles des années 1990 refont surface de manière inattendue, comme les questions de la violence et de l’addiction, d’autres s’inscrivent dans les évolutions économiques et sociétales récentes, que ce soit sur les nouveaux modèles de monétisation ou de la gestion humaine au sein des entreprises.
L’OMS veut reconnaître l’addiction au jeu vidéo
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé au début de janvier son souhait de reconnaître l’addiction au jeu vidéo en tant que maladie, sous le nom de « trouble du jeu vidéo » (gaming disorder), dans sa prochaine révision de la Classification internationale des maladies (CIM).
S’appuyant sur une contre-expertise de 36 experts internationaux en santé mentale, qui évoquent « d’authentiques risques de diagnostics abusifs », les principaux représentants mondiaux de l’industrie du jeu vidéo ont exhorté au début de mars l’OMS a revenir sur sa décision, évoquant une « classification controversée et non démontrée ». 
Donald Trump dénonce l’influence des jeux violents
C’est une antienne des années 1990. Après la tuerie du 14 février dans un lycée de Parkland, en Floride, et alors que le débat sur le port des armes à feu fait rage aux Etats-Unis, Donald Trump a suggéré un lien entre tueries de masse et jeux vidéo et films violents. « Je vois de plus en plus de gens dire que la violence des jeux vidéo a une influence sur les jeunes », a-t-il dit le 22 février lors d’une discussion informelle diffusée par CNN.
« Les jeux vidéo ne sont clairement pas le problème, s’est défendu lundi 5 mars le Syndicat américain des éditeurs de jeu vidéo. Ce sont des loisirs distribués et consommés dans le monde entier, mais les Etats-Unis connaissent un niveau de violence plus haut que celui de n’importe quelle nation. » Donald Trump doit rencontrer jeudi 8 mars les représentants de l’industrie pour évoquer son idée de système de classification par âge – qui, dans les faits, existe déjà depuis 1994. 
Les « lootbox » dans le collimateur des puissances publiques
La polémique est née à l’automne avec la sortie du jeu Star Wars Battlefront II et ses coffres à butin au contenu aléatoire, dit « lootboxes », vendus en monnaie réelle. Les joueurs avaient calculé qu’il leur faudrait environ 2 100 dollars d’achats de lootboxes ou 4 528 heures de jeu pour débloquer tout le contenu du titre. « Un casino en ligne avec un décor Star Wars », a critiqué Chris Lee, élu démocrate d’Hawaï, qui est devenu en février le premier Etat américain à étudier un projet de loi sur la question. En Europe, les commissions de régulation des jeux d’argent belge, britannique, française et néerlandaise ont lancé « une réflexion commune », témoignait à l’époque le gendarme français des jeux en ligne, l’Arjel.
« Nous sommes convaincus que les importants efforts d’autorégulation de l’industrie restent la manière la plus efficace de régler ces questions importantes, et ce système a prouvé son efficacité depuis longtemps », a déclaré mercredi 14 février un porte-parole de l’ESA au site Game Industry. Ubisoft a estimé de son côté qu’il ne s’agissait « pas d’un problème de régulation majeur ». Les lootboxes feront partie en France des points de discussion du groupe d’étude parlementaire sur le jeu vidéo, annoncé au début de 2018 et officiellement lancé en mars.
Des députés français vont se pencher sur les conditions de travail
Alors que le mouvement #MeToo a relativement épargné le jeu vidéo, de nombreuses professionnelles du secteur interrogées par Le Monde évoquent un milieu sexiste à la parole cadenassée. D’une manière générale, plusieurs enquêtes publiées depuis la fin d’année 2017 par Le Monde, Mediapart, Canard PC ou encore Gamekult, et l’apparition d’associations comme le Rassemblement inclusif du jeu vidéo (RIJV) et du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) ont mis en lumière les nombreux manquements des studios français au droit du travail : management chaotique, surcharge de travail, bas salaires, etc. A la mi-février, un studio de jeu vidéo français s’est mis en grève, une première en sept ans. Alexis Corbière, porte-parole de La France insoumise, a interpellé le gouvernement en invoquant un « mal-être profond et constant dans cette industrie ».
Après avoir dans un premier temps écarté ces questions, Denis Masseglia, député La République en marche à l’origine du groupe d’étude sur le jeu vidéo, initialement censé défendre les intérêts des industriels, a déclaré mardi 6 mars que parmi ses chantiers figuraient « aussi la question des salaires et des conditions de travail. », tout en rappelant que le rôle du groupe n’est pas de légiférer. De son côté, le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV), qui compte essentiellement des dirigeants et des cadres de studios, a déclaré vouloir travailler à « identifier les freins à l’épanouissement des salariés ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray explique que la requalification d’une succession de contrats à durée déterminée en contrat à durée indéterminé n’est plus automatique.
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Requalifier un CDD en CDI : pas si simple

Dans sa chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray explique que la requalification d’une succession de contrats à durée déterminée en contrat à durée indéterminé n’est plus automatique.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 14h30
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. Des dizaines de contrats successifs de remplacement avec le même salarié doivent-ils automatiquement conduire le juge prud’homal à requalifier l’ensemble en un contrat à durée indéterminée (CDI) ?
La jurisprudence de la Cour de cassation était jusqu’à présent raide : ces contrats à durée déterminée successifs « avec la même qualification, le même salaire et des tâches similaires » visaient forcément selon elle à « combler un besoin structurel de main-d’œuvre » (CS, 2 juin 2010). Ils étaient donc systématiquement requalifiés en CDI, en application du principe général posé par l’article L.1242-1 : « Quel que soit son motif, un CDD [contrat à durée déterminée] ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise. »
Cet article transposait la directive du 28 juin 1999 sur le CDD, rappelant que « le bénéfice de la stabilité de l’emploi étant un élément majeur de la protection des travailleurs, les CDI sont la forme générale des relations de travail » ; et, soucieuse de « prévenir les abus résultant de l’utilisation de CDD successifs », exigeant que le juge vérifie « les raisons objectives justifiant le renouvellement de tels contrats ».
Approche très réaliste
Mais dans l’arrêt Bianca Kücük du 26 janvier 2012, la Cour de Luxembourg avait retenu une approche très réaliste. Dans une entreprise employant des centaines de salariés, « il est inévitable que des remplacements temporaires soient fréquemment nécessaires, en raison notamment de l’indisponibilité d’employés bénéficiant de congés maladie, maternité, parentaux ou autres ». Lorsque « chacun des contrats, pris individuellement, a été conclu en vue d’assurer un remplacement ayant un caractère temporaire », la fraude n’est donc pas automatiquement avérée : car il n’est pas surprenant qu’un employeur ayant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Selon le baromètre des métiers de l’Institut Mines-Télécoms, la moitié des grandes entreprises accroîtront leurs embauches dans ce domaine cette année, et 44 % les maintiendront.
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Le boom de l’emploi dans les technologies de l’information devrait se poursuivre en 2018

Selon le baromètre des métiers de l’Institut Mines-Télécoms, la moitié des grandes entreprises accroîtront leurs embauches dans ce domaine cette année, et 44 % les maintiendront.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 15h04
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


Les embauches d’ingénieurs et de manageurs dans le domaine des technologies de l’information devraient continuer à progresser en 2018, selon le baromètre de l’observatoire des métiers de l’Institut Mines-Télécom (IMT), qui regroupe douze écoles d’ingénieurs et de management. Lors de son forum des télécommunications, l’IMT interroge chaque année soixante-deux des plus grands recruteurs du secteur sur le marché français : cette année, la moitié d’entre eux prévoient davantage de recrutements qu’en 2017, 44 % autant et 3 % moins, 3 % ne se prononçant pas.
« Notre baromètre, créé en 2009, est plutôt dans l’air du temps. En 2015, on a senti un frémissement des embauches dans les technologies de l’information, et la reprise se confirme chaque année depuis 2016. En 2018, la moitié des entreprises continuent de vouloir créer davantage de postes, contre 58 % l’an dernier. Il n’y a pas de baisse, juste un petit tassement de la progression », note Anne-Marie Castagnos, déléguée formations, métiers, compétences à la direction de l’enseignement international de l’IMT. Leurs compétences étant très prisées, les spécialistes des technologies de l’information peuvent même céder aux sirènes de la concurrence, comme l’explique Mme Castagnos :
« Les entreprises nous disent que le marché de l’emploi est très concurrentiel. Les ingénieurs sont encore très recherchés, comme les doubles profils ingénieur et manageur, ainsi que les manageurs ayant une compétence technologique. »
« Big data et cybersécurité montent en flèche » 
Dans le détail, les projets d’embauches sont les plus dynamiques chez les éditeurs de logiciels : 75 % prévoient de recruter plus que l’an dernier ; les industries des télécoms et de l’électronique (67 %) ; les entreprises de service du numérique et d’ingénierie (63 %).
Parmi les compétences, ce sont celles liées à l’ingénierie, à l’intégration et au déploiement de systèmes qui sont le plus demandées par les entreprises. Les spécialistes des systèmes d’information viennent en deuxième position, devant les experts en architecture de système et en sécurité informatique, puis en science des données (big data). Ainsi, note ce baromètre, « les besoins en profils big data et en cybersécurité montent en flèche », représentant 9 % et 8 % des demandes de compétences cette année :
« Même si elle fait beaucoup parler, l’intelligence artificielle [IA] ne représente que 6 % des demandes de compétences. Mais, de l’avis général, les besoins pour des spécialistes IA vont aller croissant. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Simon Johnson s’inquiète de la stratégie de la nouvelle administration américaine qui vise à réduire la vigilance à l’égard des banques.
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L’administration Trump prépare Lehman Brothers, épisode 2

Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Simon Johnson s’inquiète de la stratégie de la nouvelle administration américaine qui vise à réduire la vigilance à l’égard des banques.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 14h55
    |

Simon Johnson (Professeur à la Sloan School of Management du Massachusetts Institute of Technology)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Non sans fanfare, le département américain du Trésor a publié, le 21 février, un rapport sur l’attitude à adopter à l’égard de l’Autorité de liquidation ordonnée (Orderly Liquidation Authority, OLA), un dispositif de liquidation des établissements de crédit. C’est pour éviter de répéter le scénario de septembre 2008 (lorsque la faillite de Lehman Brothers avait déclenché la crise financière) que ce dispositif a été créé dans le cadre de la loi Dodd-Frank adoptée en 2010.
Pour des membres influents du Parti républicain le dispositif de liquidation des établissements de crédit constitue potentiellement un plan de sauvetage sur fonds publics
Il autorise sous des conditions spécifiques l’Agence fédérale de garantie des dépôts bancaires (Federal Deposit Insurance Corporation, FDIC) à prendre le contrôle des institutions financières en difficulté pour organiser leur faillite de manière ordonnée. Bien que le rapport du Trésor tienne plus d’un document politique que d’une évaluation technique, sa conclusion est raisonnable : il faut conserver l’OLA. Malheureusement, ce rapport masque un objectif législatif et réglementaire qui exposerait le système financier à d’énormes risques.

Depuis quelques années, l’OLA jouissait d’un fort soutien bipartisan, notamment au sein du Comité consultatif sur la résolution systémique (Systemic Resolution Advisory Committee, SRAC), dont je fais partie. Mais certains membres très influents du Parti républicain au sein de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants n’ont cessé d’attaquer l’OLA, disant qu’elle constitue potentiellement un plan de sauvetage sur fonds publics. Ils veulent l’abolir, de manière à ce que les institutions financières en difficulté fassent l’objet d’un processus de faillite supervisé par les tribunaux.
« Débiteur en possession »
Lehman Brothers a certes fait faillite – et ce sont les conséquences de cette faillite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les universitaires Lyn Carson et David M. Pritchard estiment que les hommes politiques gagneraient à aborder ouvertement les problèmes budgétaires avec leurs compatriotes, à l’exemple des débats de la démocratie grecque de l’Antiquité.
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« Les élus devraient écouter les excellentes solutions proposées par leurs concitoyens »

Dans une tribune au « Monde », les universitaires Lyn Carson et David M. Pritchard estiment que les hommes politiques gagneraient à aborder ouvertement les problèmes budgétaires avec leurs compatriotes, à l’exemple des débats de la démocratie grecque de l’Antiquité.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 18h08
    |

Lyn Carson (Professeure à l’université de Sydney (Australie) et directrice de la recherche de la Fondation NewDemocracy) et David M. Pritchard (His...







                        



                                


                            
Tribune. De nos jours, les décisions financières difficiles sont prises dans le plus grand secret. En agissant ainsi, les représentants élus démocratiquement se fondent sur les conseils de bureaucrates de la finance qui, fréquemment, répondent aux besoins politiques du gouvernement en place.
Les hommes politiques demandent rarement aux électeurs ce qu’ils pensent des diverses options budgétaires et expliquent généralement mal les décisions prises, se contentant souvent de justifications dénuées de sens comme « l’emploi et la croissance ». Ils n’entrent jamais dans le détail des concessions difficiles et inévitables, ou de leur raisonnement budgétaire global.
de plus de plus d’exemples d’implication de citoyens ordinaires permettant d’établir de meilleurs budgets
Le même problème se retrouve dans la plupart des démocraties : les élus pensent que les citoyens ne peuvent pas comprendre les réalités financières et partent du principe que la démocratie ne sait pas gérer l’équilibre des finances publiques. Pendant plusieurs décennies, nous avons étudié les démocraties d’aujourd’hui et de l’Antiquité, et avons découvert que ce préjugé est indubitablement erroné. En effet, nous trouvons de plus de plus d’exemples d’implication de citoyens ordinaires permettant d’établir de meilleurs budgets.
En 1989, des conseils municipaux de villes brésiliennes ont commencé à faire appel aux résidents pour l’élaboration des budgets, et ce processus s’est rapidement étendu à travers l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, il a été testé avec succès en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Portugal, en Suède, en Pologne et en Australie. Le budget participatif est fondé sur un principe clair : les personnes les plus affectées par un budget contraint doivent être impliquées dans son élaboration.
Démocratie athénienne
Il y a deux mille cinq cents ans, dans la démocratie athénienne, le budget était décidé par les citoyens ordinaires....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le gouvernement a annoncé qu’il allait réduire l’impact de la tarification à l’activité ayant créé une tension croissante sur le personnel soignant. Mais il faudra, pour le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel, répondre à d’autres défis.
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Hôpital public : « Il faut favoriser les initiatives transversales »

Le gouvernement a annoncé qu’il allait réduire l’impact de la tarification à l’activité ayant créé une tension croissante sur le personnel soignant. Mais il faudra, pour le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel, répondre à d’autres défis.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 13h59
    |

Armand Hatchuel (Professeur à Mines ParisTech/PSL Université)







                        



58500 Clamecy. --

STORY: fermeture des urgences de nuit de l'hôpital de Clamecy.--

PHOTO: Service des urgences de l'hôpital de Clamecy.--

                                58500 Clamecy. --

STORY: fermeture des urgences de nuit de l'hôpital de Clamecy.--

PHOTO: Service des urgences de l'hôpital de Clamecy.--




                            
L’éclairage. Depuis plusieurs mois, professionnels et observateurs de l’hôpital public dénoncent des conditions de travail épuisantes et démotivantes, ainsi que des situations de tension parfois dangereuses pour les patients. En outre, une majorité d’hôpitaux sont en déficit, alors même que la productivité des personnels s’est améliorée. En 2016, le rapport du député Olivier Véran (PS) avait préconisé une nouvelle approche de la tarification hospitalière, et le gouvernement actuel a annoncé une réforme à venir.
Depuis une quinzaine d’années, l’hôpital a connu une transformation majeure de son mode de tarification et de son organisation. A-t-elle eu les résultats escomptés, ou est-elle à l’origine des maux actuels ? Une synthèse des recherches en gestion hospitalière confirme qu’il faut sortir l’hôpital public de l’antagonisme entre tarification à l’activité et gestion du soin médical, notamment en recherchant des innovations « médico-économiques » et une meilleure coordination au service du patient (« L’Impact de la T2A sur la gestion des établissements publics de santé », Philippe Burnel, Journal de gestion et d’économie médicales 2017/vol. 35).
A partir de 2004 a été mise en place la tarification à l’activité (T2A) qui consiste à payer chaque hospitalisation à un prix fixé selon une codification qui dépend de la maladie et des soins apportés
L’hôpital public est confronté à une mission complexe. Il doit fournir à tous ses patients une prise en charge médicale conforme à l’état le plus récent de la connaissance. Il doit apporter ces soins avec la plus grande humanité, en s’efforçant d’épargner au patient les lourdeurs administratives et pratiques associées au traitement. Mais l’hôpital, comme toute organisation, doit aussi créer un climat favorable à la recherche, à l’apprentissage professionnel et à l’exercice de ses différents métiers.
Jusqu’aux années 2000, on avait pensé qu’une mission aussi complexe exigeait un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Ce nouveau plan social provoque la surprise, alors que l’avionneur européen détient un carnet de commande de 1 000 milliards d’euros et qu’il a réalisé un bénéfice de près de 2,9 milliards d’euros en 2017.
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Airbus prévoit la suppression de 3 700 postes, dont 470 en France

Ce nouveau plan social provoque la surprise, alors que l’avionneur européen détient un carnet de commande de 1 000 milliards d’euros et qu’il a réalisé un bénéfice de près de 2,9 milliards d’euros en 2017.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 17h26
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Airbus sort à nouveau les ciseaux. Thomas Enders, le PDG du groupe, a annoncé, mercredi 7 mars, à l’occasion d’un comité européen à Toulouse, un plan de suppression de postes qui affectera quelque 3 700 postes en Europe. En France, 470 postes seront supprimés, selon Force ouvrière (FO), premier syndicat du groupe. Cette décision est liée à la baisse prévue des cadences de production de l’A380 et de l’A400M.

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Cette coupe claire provoque la surprise, alors que l’avionneur européen détient un carnet de commandes de 1 000 milliards d’euros et qu’il a réalisé, en 2017, un bénéfice de près de 2,9 milliards d’euros. Toutefois, des nuages assombrissent le ciel d’Airbus. Deux programmes sont particulièrement à la traîne.
Cette année, seuls douze exemplaires de l’A380, soit un par mois, devraient sortir des chaînes
L’avionneur européen a fait savoir, lundi 5 mars, qu’il comptait « expliquer les réductions de cadence précédemment annoncées pour les programmes A380 et A400M et aborder leurs impacts sur les effectifs » du groupe. Du côté de l’activité aviation commerciale, l’A380, le navire amiral d’Airbus, souffre d’une mévente presque chronique.
En juillet 2016, déjà, la direction avait annoncé qu’elle allait ralentir les rythmes de production de son Super-Jumbo, qui est l’avion préféré des passagers. Cette année, seuls douze exemplaires de l’A380, soit un par mois, devraient sortir des chaînes. En 2019, la production sera moitié moindre, avec seulement six appareils.
« Ajustement des effectifs »
L’A380 n’est cependant pas le seul problème d’Airbus. L’autre hic a pour nom l’A400M. L’avion de transport militaire accumule les déboires techniques et les retards de livraison, qui obèrent les comptes de la compagnie.
L’an dernier, elle a été contrainte de passer une charge de 1,3 milliard d’euros. Celle-ci faisait suite à une précédente provision de 2,2 milliards d’euros passée en 2016. Au total, depuis son lancement, l’A400M a poussé le groupe à provisionner plus de 8 milliards d’euros.

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Du côté d’Airbus, les suppressions de postes devraient principalement intervenir en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne, trois des pays de production et d’assemblage de l’A380 et de l’A400M. L’objectif de l’avionneur serait d’aboutir à « un ajustement des effectifs sans licenciement ». Pour y parvenir, Airbus signale que ces 3 600 sureffectifs doivent être calculés sur un effectif global de 133 000 salariés.
Surtout, l’avionneur rappelle que d’autres programmes, tels que ceux de l’A320, de l’A330 ou encore de l’A350, enregistrent à l’inverse « des plans de charge en forte hausse ». Pour calmer les esprits, « Airbus s’engage à gérer toute implication sociale de manière responsable. Par le passé, l’entreprise a démontré à plusieurs reprises sa capacité à trouver les meilleures solutions possibles pour ses employés ».
Procéder à des « fins de mission »
En pratique, certains des salariés en sureffectif sur l’A380 ou l’A400M pourraient être rebasculés sur la production d’autres avions. « La chance d’Airbus est d’être multiprogramme », observe un dirigeant syndical. En revanche, l’avionneur n’écarte pas l’idée de tailler dans les effectifs des intérimaires, notamment en procédant à des « fins de mission ».
Malgré ce nouveau plan social, Airbus confirme qu’il ne souhaite pas arrêter la fabrication de l’A380 ou de l’A400M, notamment pour conserver les compétences et le savoir-faire en cas de redémarrage des programmes. Grâce à une commande miraculeuse, en janvier, de la compagnie du Golfe, Emirates, de 36 Super-Jumbo, Airbus a en effet assuré la production de l’A380 pour les dix ans à venir.

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In fine, ces sureffectifs localisés pourraient donner un peu d’air à Airbus. L’A320 Neo, un avion moyen-courrier remotorisé pour être moins gourmand en carburant, se vend très bien auprès des compagnies aériennes, qui s’arrachent toutes les versions de l’appareil. Grâce à lui, l’avionneur détient plus de 60 % de parts de marché. Mais il est victime de son succès. Il a déjà été commandé à plus de 6 000 exemplaires. Pour satisfaire ses clients, Airbus doit augmenter fortement ses cadences de production (il en sort déjà cinquante exemplaires par mois).
Le tempo devrait encore s’accélérer en 2019, avec une production mensuelle de soixante A320. Et ce n’est pas fini. Il se murmure déjà qu’Airbus envisage une cadence de production de soixante-dix moyen-courriers chaque mois au cours de la prochaine décennie. Pour tenir le rythme, des renforts internes ne seront donc pas superflus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Après des années de crise profonde, l’économie grecque a renoué avec la croissance en 2017. L’économiste Frédérique Cerisier explique les raisons de cette sortie de récession.
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Fin de la crise en Grèce ? : « La question est de savoir à quel rythme la reprise économique va se poursuivre »

Après des années de crise profonde, l’économie grecque a renoué avec la croissance en 2017. L’économiste Frédérique Cerisier explique les raisons de cette sortie de récession.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 14h03
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


C’est une première depuis l’éclatement de la crise de la dette en 2010. Selon des données de l’Autorité grecque des statistiques (Elstat) publiées lundi 5 mars, la Grèce a renoué avec la croissance en 2017, avec une progression de son produit intérieur brut (PIB) de 1,4 % et quatre trimestres consécutifs de hausse. Comment expliquer ce rebond de l’économie grecque ? S’annonce-t-il durable ? Entretien avec Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.

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Quelles sont les causes de ce retour à la croissance en 2017 ?
Les principaux moteurs de l’activité ont été les exportations de biens, les revenus du secteur des services – ce qui inclut le tourisme – et le rebond des dépenses d’investissement. La consommation des ménages dans leur ensemble s’est seulement stabilisée (+ 0,1 %), ce qui est en soi un soutien à la croissance.
Les causes profondes de ce retour à la croissance sont liées à un environnement favorable, car la zone euro connaît sa plus forte croissance depuis 2007, et à une atténuation de l’effort budgétaire. Aujourd’hui, la Grèce dégage un excédent budgétaire primaire [le solde entre les recettes et les dépenses avant le paiement des intérêts de la dette] d’environ 2 % du PIB et elle a beaucoup moins d’efforts de réduction des dépenses budgétaires à faire que par le passé.
Un autre facteur est le mouvement général de renforcement de la confiance des agents économiques et des investisseurs à l’égard de la Grèce. Le programme de financement et d’ajustement s’achève [le troisième plan d’aide international à la Grèce se finit en août] et il s’est bien passé.

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Ce retour à la croissance vous paraît-il durable alors qu’en 2014, par exemple, le pays avait connu une brève période de croissance avant de retomber en récession ?
La reprise avait alors été interrompue par les craintes liées à l’arrivée au pouvoir de Syriza, coalition de la gauche radicale, après les élections du 26 janvier 2015, et à sa stratégie initiale d’utiliser la menace du défaut de paiement et de la sortie de la zone euro dans les négociations avec les créanciers. Cela avait inquiété tous les agents économiques et les banques avaient commencé à enregistrer une baisse des dépôts dès la fin de 2014.
Aujourd’hui, il n’y a pas de raison de penser que la reprise ne va pas se poursuivre, à moins d’un choc d’ampleur, intérieur ou international, que l’on n’a pas de raison d’anticiper. Toute la question est en revanche de savoir à quel rythme elle va se poursuivre. Rappelons que l’économie s’est appauvrie d’environ 25 % depuis le début de la crise au début de 2008. A court terme, les effets de rattrapage vont jouer et stimuler l’activité.
Au-delà, on n’a pas vraiment de moyens d’évaluer à quel point les réformes d’organisation de la sphère publique et des marchés de biens et services menées ces dernières années, ainsi que le programme de privatisations en cours, ont et vont renforcer la croissance potentielle. Dans le même temps, la dépression économique a détruit des capacités : elle a écarté durablement des personnes du marché du travail, elle a conduit à de nombreuses fermetures d’usines et d’entreprises…
C’est une incertitude importante, alors que la question est cruciale pour les ménages et les entreprises grecques bien sûr, mais aussi pour la soutenabilité de la dette publique, c’est-à-dire la capacité de la Grèce à rembourser sa dette ou à emprunter. En attendant de voir comment s’en sort la Grèce dans les années à venir, les services de la Commission européenne font l’hypothèse d’une croissance réelle moyenne de 1,25 % par an à long terme.
Quels sont les principaux freins à la croissance et les principaux problèmes structurels qui demeurent ?
Pour l’instant, les deux principaux points de fragilité concernent le système bancaire et la dette publique. Après une telle récession, la part des prêts dits « non performants » détenus par les banques – pour lesquels le service des intérêts ou le remboursement pose problème – a atteint un niveau extrêmement élevé : 46 % de l’ensemble des prêts, contre 4 % en moyenne dans l’Union européenne. Cela freine énormément leur capacité à accompagner et financer la reprise.
L’autre point d’attention est évidemment l’ampleur de la dette publique de l’Etat central, évaluée à 328 milliards d’euros à la fin de 2017. La dette plus générale au sens de Maastricht, qui comprend les dettes de l’ensemble des administrations (Etat, collectivités locales, Sécurité sociale) est plus élevée : elle atteint 180 % du produit intérieur brut (PIB). Le PIB grec était de 187,1 milliards d’euros en 2017, selon Elstat.

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                Après huit ans d’austérité, la Grèce entrevoit la sortie de crise






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Déclin du diesel, Brexit, Trump… autant de sujets préoccupants pour Harald Krüger, président du premier constructeur automobile mondial de véhicules premium.
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Pour le patron de BMW, « il faudrait une coopération franco-allemande sur le diesel »

Déclin du diesel, Brexit, Trump… autant de sujets préoccupants pour Harald Krüger, président du premier constructeur automobile mondial de véhicules premium.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 11h44
    |

                            Éric Béziat (Genève, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans les travées du Salon international de l’automobile de Genève, qui ouvre ses portes au public jeudi 8 mars, le déclin du diesel est sur toutes les lèvres : annonce de Toyota de ne plus vendre de voitures roulant au gazole ; décision de la justice allemande d’autoriser l’interdiction du diesel en ville… La tendance tracasse les géants de l’automobile allemands spécialistes des motorisations diesel haut de gamme. Harald Krüger, président du groupe BMW, premier constructeur premium au monde, revient pour Le Monde sur ce sujet. Et sur d’autres difficultés.
Etes-vous préoccupé par les récentes décisions de la justice allemande sur le diesel ?
Je ne suis pas inquiet. Mais le sujet est sensible, et nous devons l’examiner avec attention. Regardons objectivement les faits et les données : en Allemagne, les juges ont ouvert la voie à une interdiction potentielle du diesel. Mais, premier point, si elle était effective, cette interdiction ne concernerait que les voitures classées Euro 4 et Euro 5. Elle ne s’appliquerait donc pas aux véhicules répondant à la norme Euro 6, qui sont actuellement à notre catalogue.
Second point, la baisse du diesel dans nos ventes mondiales [– 3 %] n’est pas si importante. La part du diesel a augmenté en Corée du Sud, au Japon. En Europe, la situation de BMW est contrastée. Le diesel ne recule pas en Italie et augmente en Espagne. En fait, la baisse de 6,5 % de la part de marché du diesel dans nos ventes, en 2017, se fait sur trois marchés : l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Or, ce sont les principaux pays européens où sont envisagées des interdictions de véhicules diesel.
Alors évidemment, nos clients qui ont des voitures diesel aux normes anciennes sont inquiets. Pour régler cette question, nous devons trouver un accord avec le nouveau gouvernement allemand. Et on pourrait faire plus. Activer la coopération franco-allemande à ce sujet − et, plus globalement, sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le rachat par la dette de Qualcomm par Broadcom inquiète les autorités américaines, qui redoutent un affablissement de leur industrie électronique face à la menace chinoise.
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Broadcom-Qualcomm : Washington et le péril jaune des télécoms

Le rachat par la dette de Qualcomm par Broadcom inquiète les autorités américaines, qui redoutent un affablissement de leur industrie électronique face à la menace chinoise.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h20
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. En 1897, le sociologue Jacques Novicow analysait avec ironie l’une des grandes peurs de l’époque, Le Péril Jaune. « Les Chinois sont quatre cents millions, écrit-il. Théoriquement, ils peuvent mettre trente millions d’hommes sur pied de guerre. Un beau matin, ils devraient envahir l’Europe, massacrer ses habitants et mettre fin à la civilisation occidentale. » 
Aujourd’hui, c’est Washington qui porte l’étendard de la lutte contre l’invasion chinoise. Dernier épisode en date, l’intervention du Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), qui est s’est invité par surprise dans la plus importante fusion de l’histoire du high-tech mondial, celle entre Broadcom et Qualcomm, deux fabricants de puces électroniques pour les télécoms. L’administration américaine demande instamment à Qualcomm de reporter d’un mois son assemblée générale, qui doit se prononcer sur l’acquisition, afin d’examiner en détail cette opération qui, à ses yeux, menace la sécurité américaine.

Une agitation a priori étrange. Les deux entreprises sont californiennes depuis leur origine. Pas de quoi faire faire trembler le centre du monde du high-tech. Sauf qu’à l’occasion du rachat, en 2015, de Broadcom par son concurrent Avago, lui aussi natif de la Silicon Valley, le siège social de l’ensemble, piloté par l’homme d’affaires américain d’origine malaise, Hock Tan, a été transféré à Singapour. Le CFIUS s’estime donc légitime à se pencher sur le sujet.
L’épouvantail Huawei
L’examen de son argumentaire éclaire la peur du péril jaune qui s’est installée à Washington. Selon la lettre de l’autorité, dévoilée mardi 6 mars, l’acquisition de Qualcomm, au moyen d’une dette colossale de plus de 100 milliards de dollars (80,5 milliards d’euros), va exagérément fragiliser la cible. A tel point que, pour satisfaire les besoins financiers de son nouvel actionnaire, elle devra couper dans ses frais de recherche.

Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ « Le Monde » s’est procuré le document transmis par l’exécutif aux députés LRM, qui servira de base à la proposition de loi censée freiner la diffusion de fausses nouvelles.
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« Fake news » : les pistes du texte de loi en préparation

« Le Monde » s’est procuré le document transmis par l’exécutif aux députés LRM, qui servira de base à la proposition de loi censée freiner la diffusion de fausses nouvelles.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 11h39
    |

            Martin Untersinger et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Les travaux sur la future loi de lutte contre les « fake news », ou fausses nouvelles, ont avancé : Le Monde s’est procuré une copie du texte qui a été transmis par le gouvernement au groupe La République en marche de l’Assemblée nationale. Il doit servir de base de travail à la proposition de loi que déposeront les députés du parti d’Emmanuel Macron. Après désignation d’un rapporteur, le texte est susceptible d’être modifié et doit être examiné par le Conseil d’Etat, avant d’être débattu par l’Assemblée, a priori vers fin avril ou mai.
Politiquement sensible, le texte, annoncé par le président de la République, le 3 janvier, semble fortement inspiré par les récentes élections, en France et à l’étranger : « Propager puissamment une fausse nouvelle sur les réseaux sociaux ne requiert aujourd’hui que quelques dizaines de milliers d’euros », avait affirmé M. Macron, fustigeant « le bobard inventé pour salir ». Autant d’allusions aux rumeurs dont le futur chef de l’Etat estime avoir été victime pendant la campagne, ou aux enquêtes sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine.

« C’est une loi nécessaire pour protéger notre démocratie contre les ingérences extérieures », a renchéri, dans Le Figaro du 5 mars, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, précisant avoir travaillé sur ce dossier avec l’exécutif « depuis l’été » et avoir associé les parlementaires « depuis le début de l’année ».
Référé en période électorale 
Comme l’a martelé le ministère de la culture, la loi sur la liberté de la presse de 1881 réprime déjà la diffusion « de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique ». Le texte cherche à en freiner la diffusion. Il propose une procédure judiciaire d’urgence pour les élections présidentielles, législatives,...




                        

                        


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En Chine, travailler malgré la censure du Net

Ces dernières années, la censure du Web n’a fait qu’empirer en Chine. C’est un casse-tête pour toutes les entreprises étrangères installées dans le pays



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h15
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            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Les « deux assemblées » ont commencé ce week-end à Pékin : cette réunion politique annuelle, loin de passionner les foules, parvient à toucher tous ceux qui vivent en Chine de manière indirecte : tous les ans, à cette période, les connexions Internet ralentissent fortement. Mais, cette année, l’inquiétude est plus grande. Depuis un an, les attaques contre les VPN (virtual private networks, « réseaux privés virtuels »), ces logiciels permettant de contourner la censure du Web en Chine se multiplient, et un texte de loi prévoit qu’ils pourraient être fermés d’ici à la fin du mois de mars.
Difficile d’imaginer de travailler toute l’année dans les conditions actuelles ! En Chine, les principaux sites Internet utilisés au quotidien dans les pays occidentaux sont censurés. Google et la plupart de ses services sont bloqués depuis 2010. Depuis, Facebook, des applications de chat sécurisées WhatsApp, Telegram, de nombreux médias, comme le New York Times, la BBC ou Le Monde ont également été bloqués. Mais aussi de nombreux sites utilisés dans le monde professionnel, comme Dropbox, Skype parfois… Autant dire que, pour tous les expatriés, les VPN sont devenus indispensables.

Ces logiciels installés sur un ordinateur ou un smartphone permettent de renvoyer la connexion dans le pays de son choix, et d’anonymiser sa navigation, grâce à un réseau de serveurs à l’étranger. Mais c’est au prix d’une perte de vitesse importante. Les meilleurs outils destinés au grand public, comme Astrill ou ExpressVPN, coûtent environ 80 euros par an.
Les PME, principales victimes
Si, parmi les entreprises étrangères, tous les secteurs sont concernés, les principales victimes de la campagne anti-VPN sont les PME. « Beaucoup d’acteurs de l’e-commerce n’hébergent pas leurs données en Chine actuellement, rapporte Shaun Rein, fondateur de China Market Research, un cabinet de conseil basé à Shanghaï. Faut-il qu’ils répliquent une...




                        

                        


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Les défaillances d’entreprise ont reculé en France en 2017

La baisse des procédures est très nette dans le secteur de la construction, d’après une étude de l’assureur-crédit Coface.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h07
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            Elise Barthet








                        



   


L’année 2017 a décidément profité au tissu économique français. D’après une étude de l’assureur-crédit Coface, publiée mercredi 7 mars, les défaillances d’entreprises ont reculé de 8,3 % l’an passé, avec 53 414 procédures collectives engagées à fin janvier. Un niveau toujours élevé, mais qui n’avait plus été atteint depuis l’automne 2008.
Reprise oblige, le repli est net dans la construction. Le secteur, tiré par l’investissement des ménages et des taux d’intérêt toujours très bas, représente à lui seul la moitié de la baisse totale des défaillances. Après des années de vaches maigres, il s’est même mis à recréer des emplois.
« Un pic dans le cycle d’expansion a toutefois probablement été atteint fin 2017, note Bruno De Moura Fernandes, l’un des auteurs de l’étude. On peut s’attendre à ce que les défaillances d’entreprises du bâtiment et de l’immobilier continuent de baisser cette année, mais de manière moins dynamique. »

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La conjoncture s’est également améliorée dans l’automobile, le textile, la distribution et les services aux particuliers, qui ont bénéficié du dynamisme de la consommation dans un contexte de faible inflation. La coiffure et les soins de beauté ont bien tiré leur épingle du jeu. En revanche, souligne l’étude, malgré un rebond du tourisme, « l’hôtellerie semble pâtir du développement de formes alternatives d’hébergement ».
Les entreprises de l’agroalimentaire ont, elles aussi, été davantage à la peine, notamment les boulangers et les pâtissiers. « Ces derniers ont été particulièrement affectés par le rebond des cours des céréales en 2017 causé notamment par les mauvaises récoltes de 2016 », selon l’étude. Plus généralement, le secteur a souffert des dépôts de bilan de grosses sociétés comme William Saurin, Jean Caby et Madrange, dont les chiffres d’affaires cumulés avoisinent les 790 millions d’euros.
Les TPE en première ligne
Une note de l’assureur-crédit Euler Hermes, datée de la mi-février, soulignait en effet la recrudescence, en 2017, des défaillances de grandes entreprises implantées en France, en progression de 46 %. Une sur dix a touché le commerce de détail. « C’est un des secteurs les plus affectés par la digitalisation du fait de l’arrivée de nouveaux acteurs du commerce en ligne. La guerre des prix est rude », observe Stéphane Colliac, économiste chez Euler Hermes.
Toutefois, l’écrasante majorité des défaillances concerne toujours les très petites entreprises (TPE), notamment celles des transports. « Dans un contexte de forte concurrence des VTC [voitures de transport avec chauffeur], le nombre de taxis ayant fait faillite est deux fois plus important qu’en 2015 et trois fois plus qu’en 2014 », souligne Coface.

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Autre élément notable : le taux d’entreprises « zombies » a légèrement progressé en France en 2016, pour s’établir à 4,6 %. Il s’agit de sociétés peu rentables et insolvables pendant trois années consécutives, qui survivent en s’endettant. Comment ? En profitant de crédits à taux trop bas proposés par les banques, soucieuses de protéger leurs bilans.
Même si elles sont plus rapides qu’en Espagne ou en Italie, les procédures de défaillance restent longues en France. Il faut compter environ deux ans pour récupérer les créances.
En dépit de signes d’essoufflement de l’appareil de production, le potentiel de croissance de l’économie française devrait s’améliorer en 2018. Le nombre de défaillances continuerait de baisser, selon Coface, qui prévoit un recul de 3,6 % pour l’année.



                            


                        

                        

