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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Dominique Bourg mêle sa voix à celle de juristes et de scientifiques pour élargir le débat constitutionnel à l’ensemble des paramètres environnementaux – pertes de biodiversité, acidification des océans, aérosols atmosphériques, pollution chimique, etc. –, et pas seulement le climat.
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« Inscrire la protection du climat dans la Constitution ne suffit pas »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Dominique Bourg mêle sa voix à celle de juristes et de scientifiques pour élargir le débat constitutionnel à l’ensemble des paramètres environnementaux – pertes de biodiversité, acidification des océans, aérosols atmosphériques, pollution chimique, etc. –, et pas seulement le climat.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 17h53
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron souhaite-t-il devenir « le leader de la transition écologique » sur la scène internationale ? Si telle est sa volonté, il va falloir faire de la France un modèle et passer à l’action. Le droit est alors un outil incontournable. Vu l’état de la planète qui continue de se dégrader à un rythme inquiétant, comme le rappelaient encore récemment 15 364 scientifiques, issus de 184 pays dans une tribune (« Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec, et le temps presse », Le Monde, 14 novembre), on ne pourra se passer d’une évolution du droit. Pour accélérer la transition écologique, il conviendra de modifier la Constitution et la façon de produire les lois : traiter les problèmes de façon cloisonnée et en conséquence concevoir les lois isolément les unes des autres, est un gage d’inefficacité environnementale.

Prétendre protéger le climat sans se soucier du marché de l’énergie, de l’urbanisme, des subventions aux énergies fossiles, etc., est le plus sûr moyen de ne pas atteindre le résultat qu’on s’est fixé. La nature est systémique. Ni l’organisation de l’économie, ni la production des lois ne peuvent l’ignorer impunément. En raison des ambitions du président de la République, il est donc permis d’espérer que la révision constitutionnelle prévue pour 2018 permettra un renforcement opératoire de la protection de l’environnement, et au premier chef du climat.
Effets pervers
Mais sous quelle forme renforcer la protection de l’environnement, et notamment du climat, dans la Constitution ? Faut-il ne parler que du climat ? Mais quid alors du caractère systémique des difficultés ? En outre, ce serait assez mal avisé, l’année d’une importante conférence mondiale sur la biodiversité (COP), de ne pas la prendre en compte.
L’introduction du climat seul dans la Constitution pourrait en outre nourrir des effets pervers. Par exemple, c’est au nom du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Cinquante ans après, les commémorations se répètent mais l’histoire se renouvelle. L’écrivain Yannick Haenel, Prix Médicis 2017, a ainsi lu deux livres collectifs sur le soulèvement à Lyon et à Marseille.
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Mai 68 hors les murs

Cinquante ans après, les commémorations se répètent mais l’histoire se renouvelle. L’écrivain Yannick Haenel, Prix Médicis 2017, a ainsi lu deux livres collectifs sur le soulèvement à Lyon et à Marseille.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h12
    |

                            Yannick Haenel (écrivain)








                        



                                


                            
Marseille années 68, sous la direction d’Olivier Fillieule et Isabelle Sommier, Les Presses de Sciences-Po, « Académique », 480 p., 25 € (en librairie le 15 mars).
Lyon en luttes dans les années 68. Lieux et trajectoires de la contestation, collectif de la Grande Côte, PUL, « Actions collectives », 390 p., 20 €.

C’est reparti : on commémore les 50 ans de Mai 68. D’emblée, on aurait envie de faire du mauvais esprit : les commémorations ne relèvent-elles pas du bla-bla, de la fausse mémoire ? Guy Debord n’écrivait-il pas, dans La Société du spectacle (Buchet-Chastel, 1967), que les ­ « vérités respectables » ne sont que des « mensonges » ?
On ne peut s’empêcher de penser que, aujourd’hui, quand tout le monde commémore Mai 68, c’est-à-dire la réussite petite-bourgeoise du mouvement, le point de vue révolutionnaire ne parvient nulle part à se faire entendre.
A une époque où la fausse vie exerce son emprise dans tous les domaines, où l’oppression économique n’admet plus aucune contestation, on peut comprendre que la liberté, l’effervescence, la radicalité d’un tel passage à l’acte soulèvent encore maintenant des passions : nostalgie de la part des frustrés de la révolution, ressentiment de la part des verrouilleurs du capitalisme.
Mai 68 témoigne à présent d’une insolente maturité
Si certains d’entre nous pleurent sur le beau rêve bafoué de Mai 68 et en idéalisent l’aventure, le libéralisme désormais planétaire en organise en toute impunité l’évacuation pure et simple. Et n’est-ce pas une manière efficace de neutraliser les luttes que d’en célébrer le folklore, et de faire spectacle du ­Quartier latin avec ses barricades en noir et blanc ?
Alors, affaire classée ? Eh bien non. Mai 68 a grandi, s’est modifié avec le temps – et rien en lui ne s’est tassé : au contraire, cette date symbolique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Bruno Durieux, ancien ministre de la santé, déplore dans une tribune au « Monde » l’échec et le détournement des différents systèmes de tarification qui se sont succédé dans les hôpitaux, faute d’analyse transparente des coûts réels.
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« Aucun système de financement ne garantira l’efficacité de l’hôpital tant que ce dernier restera une boîte noire »

Bruno Durieux, ancien ministre de la santé, déplore dans une tribune au « Monde » l’échec et le détournement des différents systèmes de tarification qui se sont succédé dans les hôpitaux, faute d’analyse transparente des coûts réels.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 16h00
    |

Bruno Durieux (Maire de Grignan (Drôme) et ancien ministre de la santé de 1990 à 1992)







                        



                                


                            
Tribune. La tarification à l’activité dans les hôpitaux est un échec car elle n’a jamais été correctement appliquée. La malédiction du système de financement des hôpitaux continue. Ils en ont connu trois au cours des décennies passées, qui ont été trois échecs.
Le prix de journée, dans les années 1970 : les hôpitaux étaient alors rémunérés au nombre et à la durée des séjours. Ce système les incitait à multiplier et prolonger les séjours des patients dans leurs murs. Fortement inflationniste, il a été remplacé dans les années 1980 par une dotation globale, qui mit fin pour quelque temps à la dérive de la dépense hospitalière. Mais ce système se révélait injuste : il étranglait les hôpitaux dynamiques dont la forte activité était justifiée ; il était une rente pour les autres. Il a été remplacé dans les années 2000 par la tarification à l’activité (T2A), système de rémunération au séjour qui, tenant compte des lourdeurs des pathologies traitées, devait allier efficience médicale et efficacité financière.

Pour que la T2A fonctionne, il fallait remplir quatre conditions : la connaissance par les hôpitaux de leurs « coûts de production » pour les pathologies qu’ils traitent ; la maîtrise de leurs coûts fixes (dont l’emploi à court terme) ; leur capacité à adapter leur fonctionnement pour se rapprocher des plus performants ; enfin, une échelle nationale de coût, base de la tarification, réaliste et non manipulée au gré de la conjoncture financière de l’assurance maladie.
Instrument d’une course aux actes
Aucune de ces conditions n’était satisfaite quand, dans la hâte d’une réforme bâclée, la T2A a été généralisée au milieu des années 2000. L’échec était inéluctable. La T2A, dénaturée, est devenue l’instrument d’une course aux actes, comme naguère le prix de journée celui d’une course aux séjours.
Comme ministre de la santé, j’ai totalement échoué à obtenir qu’on tire de ces énormes écarts de coûts des enseignements et des...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La metteuse en scène des « Monologues du vagin » expose, dans une tribune au « Monde », les nombreuses raisons qui la poussent à revendiquer haut et fort son engagement pour les combats des femmes.
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Coralie Miller : « Oui, je suis féministe ! »

La metteuse en scène des « Monologues du vagin » expose, dans une tribune au « Monde », les nombreuses raisons qui la poussent à revendiquer haut et fort son engagement pour les combats des femmes.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 17h03
    |

Coralie Miller (Auteure, metteuse en scène de la pièce "Les Monologues du vagin", d’Eve Ensler)







                        



                                


                            

« Etes-vous féministe ? » Combien de fois l’ai-je entendue, cette question, depuis que je mets en scène Les Monologues du vagin, d’Eve Ensler — pilier théâtral de la lutte pour les droits des femmes.
« Etes-vous féministe ? » J’ai l’impression de revoir Louis de Funès en Victor Pivert, atterré face à son chauffeur à tout faire, dont il découvre ce qu’il avait décidé de ne pas voir jusqu’alors : « Salomon, vous êtes juif ? ! »
« Etes-vous féministe ? » Avec une pointe de suspicion, une légère crainte dans le regard, voire de la condescendance. Et peut-être même une timide tentation de vérifier si j’ai du poil aux aisselles… et si je bats mon mari le soir en rentrant à la maison.
« Etes-vous féministe ? » Il paraît que grâce à Beyoncé ce n’est plus un gros mot aux Etats-Unis, que depuis Lena Dunham c’est totally hype et qu’avec Rey en héroïne de la nouvelle trilogie Star Wars, on a nous a carrément déroulé le tapis rouge pour les décennies à venir.
L’alpha et l’omega de notre monde
« Etes-vous féministe ? » Peut-être que nous aussi, en France, on devrait shaker notre booty [se trémousser] sur le dance-floor en culotte courte pour être perçues comme autre chose que des emmerdeuses. Peut-être devrions-nous arrêter de parler système de domination et société patriarcale pour enrôler les goujats et leurs ami·es dans notre combat. Peut-être ? Ou pas.
« Ah vous voyez, vous dites “nous”. Donc vous êtes féministe »…
Je suis féministe ! Parce que le patriarcat n’est pas une élucubration de pétasses mal baisées, mais bel et bien l’alpha et l’omega de notre monde depuis des siècles.

Je suis féministe ! Parce qu’il suffit d’ouvrir les livres, de regarder les films, d’admirer les tableaux, d’étudier la mode, de visionner les pubs, d’éplucher les textes de loi, de plonger dans l’Histoire, de consulter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les arguments mis en avant par les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme sont fallacieux, juge le professeur Stéphane Viville, du CHU de Strasbourg, dans une tribune au « Monde ». Il est temps qu’ils abandonnent leur discours idéologique et qu’ils modifient leur vision datée de la famille.
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Don de gamètes : « Il est temps de lever l’anonymat »

Les arguments mis en avant par les centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme sont fallacieux, juge le professeur Stéphane Viville, du CHU de Strasbourg, dans une tribune au « Monde ». Il est temps qu’ils abandonnent leur discours idéologique et qu’ils modifient leur vision datée de la famille.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 15h28
    |

Stéphane Viville (Professeur à la faculté de médecine de Strasbourg)







                        



   


Tribune. Dans son dernier avis sur l’assistance médicale à la procréation (AMP), le Comité consultatif national d’éthique se montre, une fois de plus, très timoré : il préconise essentiellement d’ouvrir l’accès à l’AMP aux femmes célibataires ou en couple homosexuel, mais n’aborde malheureusement pas la problématique de l’anonymat du don de gamètes, alors même que ces femmes auront recours à cette pratique. En effet, l’anonymat fait l’objet de polémiques depuis de longues années.
L’insémination artificielle avec donneur fut introduite en tant que pratique médicale dans les années 1930 en Angleterre. C’est la très forte opposition de l’Eglise anglicane à cette pratique, l’assimilant à un adultère, qui a incité le corps médical à imposer l’anonymat du don de gamètes, instaurant ainsi une forme de clandestinité à cette activité. Le don de gamètes s’est mis en place en France à partir des années 1970, sous l’impulsion du professeur Georges David. Elle est assurée par vingt-trois centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme (Cecos).
Eviter toute discussion éthique
Afin de ne pas avancer d’arguments à connotation religieuse, omniprésents à l’époque, mais peu avouables en cette période post-Mai 68, le don de gamètes a été présenté comme un don de sang. Se référer à une pratique clinique permettait ainsi d’éviter toute discussion éthique. Or, cet amalgame est peu justifié tant la finalité du don d’organes et celle du don de gamètes diffèrent : l’un soigne, l’autre engendre une vie nouvelle, une part d’humanité.
Depuis, la situation a évolué, et nombre de pays pratiquent ce don avec la possibilité, pour la personne le souhaitant, d’obtenir des renseignements sur le donneur. Cette évolution est liée à un changement radical de la perception du don de gamètes, mais aussi à l’avènement du droit à connaître ses origines. Le Royaume-Uni a levé l’anonymat en 2005, autorisant la divulgation d’informations identifiantes sur le donneur aux personnes majeures concernées.

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                « La découverte de l’identité d’un donneur de gamètes risque d’engendrer des situations explosives »



La France reste très pusillanime sur le sujet. Dans les faits, il ne s’agit pas de faire des dons nominatifs, mais d’offrir la possibilité aux personnes conçues par don de gamètes d’avoir accès à l’identité du donneur. Il n’est nullement question, par ailleurs, d’envisager une rétroactivité de la loi : les donneurs anonymes le resteront.
Depuis bientôt cinquante ans, les Cecos n’ont pas évolué et campent sur leurs positions. Ils restent violemment opposés à la possibilité de levée de l’anonymat. Or, il est temps d’accepter la possibilité d’une double filiation : génétique/biologique et intentionnelle. La transmission génétique est une réalité, la transmission culturelle, sociale et affective une autre. Pour ce faire, une vraie rupture conceptuelle de la notion de famille est nécessaire afin de dépasser celle du XIXe siècle.
Une prétendue pénurie de donneurs
La faiblesse des arguments contre la levée de l’anonymat est étonnante. En particulier, il est avancé qu’aucune étude de l’impact psychologique de cette levée sur les personnes nées après don de gamètes n’a été réalisée. Et qui mieux que les Cecos pouvaient conduire de tels travaux ? De même, ils auraient dû, a contrario, et à l’instar des Britanniques, mener des études sur l’impact psychologique de l’anonymat du don de gamètes.
Un deuxième argument est celui de la prétendue pénurie de donneurs que la levée de l’anonymat engendrerait, alors même qu’il y a déjà un manque criant de dons. Cette justification est balayée par l’expérience anglaise : en dix ans de pratique de levée de l’anonymat, les dons ont doublé. Cet argument est donc un mythe ! Il est inconcevable que les responsables des Cecos l’ignorent.

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                Anonymat du don de gamètes : « Il faut prendre en considération la construction psychique de l’enfant »



Est-ce bien surprenant ? Avec la levée de l’anonymat, le statut du donneur change, il passe d’une clandestinité honteuse à une reconnaissance de son altruisme. L’anonymat génère un sentiment de transgression, il revient à réaliser un acte inavouable, lié, plus ou moins consciemment, à l’adultère. Sa levée place au contraire le donneur dans une situation valorisante, il n’est plus le fournisseur d’un produit illicite. Il acquiert une identité, son acte est reconnu. Il devient une personne. Il est donc temps d’abolir certaines considérations morales assimilant la pratique de l’AMP, et en particulier avec tiers donneurs, à une transgression.
L’importance de s’inscrire dans une filiation, de connaître ses origines, est souvent remise en question par certains responsables de Cecos, qui avancent le peu de demandes qu’ils reçoivent. Est-ce étonnant dans un système où les parents ne sont pas, contrairement à l’Angleterre, incités à révéler à leurs enfants leur mode d’engendrement et où les personnes conçues par don, et qui en sont informées, savent que la levée de l’anonymat est interdite et passible de sévères condamnations en cas de violation ?
Attachement ancestral à la filiation
On est en droit de s’interroger sur les fondements de ce besoin de connaître ses origines et sa filiation, mais non sur l’importance de ce besoin. Il est facile de le nier, alors même que le négateur connaît ses propres origines. Nous pourrions multiplier les exemples qui soulignent l’attachement ancestral de l’homme à sa filiation. Tous les domaines de l’art traitent du sujet, citons ne serait-ce que le mythe d’Œdipe.
L’engouement que rencontrent les sociétés qui proposent des tests génétiques directement disponibles au consommateur illustre aussi ce besoin d’inscription dans une filiation. Ces analyses d’ADN permettent de la retracer et d’identifier des parents plus au moins proches. Ils peuvent ainsi servir de tests de paternité ou de maternité, permettre l’identification de demi-frères ou demi-sœurs, de cousins. De ce fait, l’anonymat des donneurs de gamètes ne saurait être garanti.

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                Don de gamètes : « Les enfants ne régleront pas tous leurs problèmes en rencontrant leur géniteur »



S’il en était encore besoin, force est de constater que cela rend intenable le positionnement des Cecos. En effet, ces tests génétiques ont déjà permis à plusieurs personnes conçues par don de gamètes de découvrir l’identité du donneur. En attendant la levée de l’anonymat du don de gamètes, qu’ils ne pourront éternellement éviter, il est important que les Cecos informent les donneurs et les receveurs de gamètes que l’anonymat n’est plus assuré à 100 %. En effet, si l’entourage du donneur et la personne conçue font ce type de test, il y a une probabilité que non seulement le mode de conception soit révélé, mais aussi l’identité du donneur.
Il est temps pour les Cecos d’abandonner leur discours idéologique, de modifier leur vision datée de la famille et d’accepter la levée possible de l’anonymat des donneurs de gamètes, cela avant que la technologie ne la leur impose.
Stéphane Viville est praticien hospitalier au CHU de Strasbourg, responsable de l’unité fonctionnelle « génétique de l’infertilité », fondateur du Centre de diagnostic pré-implantatoire, ancien chef de service du laboratoire de fécondation in vitro du CHU de Strasbourg.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Simon Johnson s’inquiète de la stratégie de la nouvelle administration américaine qui vise à réduire la vigilance à l’égard des banques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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L’administration Trump prépare Lehman Brothers, épisode 2

Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Simon Johnson s’inquiète de la stratégie de la nouvelle administration américaine qui vise à réduire la vigilance à l’égard des banques.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 14h55
    |

Simon Johnson (Professeur à la Sloan School of Management du Massachusetts Institute of Technology)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Non sans fanfare, le département américain du Trésor a publié, le 21 février, un rapport sur l’attitude à adopter à l’égard de l’Autorité de liquidation ordonnée (Orderly Liquidation Authority, OLA), un dispositif de liquidation des établissements de crédit. C’est pour éviter de répéter le scénario de septembre 2008 (lorsque la faillite de Lehman Brothers avait déclenché la crise financière) que ce dispositif a été créé dans le cadre de la loi Dodd-Frank adoptée en 2010.
Pour des membres influents du Parti républicain le dispositif de liquidation des établissements de crédit constitue potentiellement un plan de sauvetage sur fonds publics
Il autorise sous des conditions spécifiques l’Agence fédérale de garantie des dépôts bancaires (Federal Deposit Insurance Corporation, FDIC) à prendre le contrôle des institutions financières en difficulté pour organiser leur faillite de manière ordonnée. Bien que le rapport du Trésor tienne plus d’un document politique que d’une évaluation technique, sa conclusion est raisonnable : il faut conserver l’OLA. Malheureusement, ce rapport masque un objectif législatif et réglementaire qui exposerait le système financier à d’énormes risques.

Depuis quelques années, l’OLA jouissait d’un fort soutien bipartisan, notamment au sein du Comité consultatif sur la résolution systémique (Systemic Resolution Advisory Committee, SRAC), dont je fais partie. Mais certains membres très influents du Parti républicain au sein de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants n’ont cessé d’attaquer l’OLA, disant qu’elle constitue potentiellement un plan de sauvetage sur fonds publics. Ils veulent l’abolir, de manière à ce que les institutions financières en difficulté fassent l’objet d’un processus de faillite supervisé par les tribunaux.
« Débiteur en possession »
Lehman Brothers a certes fait faillite – et ce sont les conséquences de cette faillite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les universitaires Lyn Carson et David M. Pritchard estiment que les hommes politiques gagneraient à aborder ouvertement les problèmes budgétaires avec leurs compatriotes, à l’exemple des débats de la démocratie grecque de l’Antiquité.
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« Les élus devraient écouter les excellentes solutions proposées par leurs concitoyens »

Dans une tribune au « Monde », les universitaires Lyn Carson et David M. Pritchard estiment que les hommes politiques gagneraient à aborder ouvertement les problèmes budgétaires avec leurs compatriotes, à l’exemple des débats de la démocratie grecque de l’Antiquité.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 18h08
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Lyn Carson (Professeure à l’université de Sydney (Australie) et directrice de la recherche de la Fondation NewDemocracy) et David M. Pritchard (His...







                        



                                


                            
Tribune. De nos jours, les décisions financières difficiles sont prises dans le plus grand secret. En agissant ainsi, les représentants élus démocratiquement se fondent sur les conseils de bureaucrates de la finance qui, fréquemment, répondent aux besoins politiques du gouvernement en place.
Les hommes politiques demandent rarement aux électeurs ce qu’ils pensent des diverses options budgétaires et expliquent généralement mal les décisions prises, se contentant souvent de justifications dénuées de sens comme « l’emploi et la croissance ». Ils n’entrent jamais dans le détail des concessions difficiles et inévitables, ou de leur raisonnement budgétaire global.
de plus de plus d’exemples d’implication de citoyens ordinaires permettant d’établir de meilleurs budgets
Le même problème se retrouve dans la plupart des démocraties : les élus pensent que les citoyens ne peuvent pas comprendre les réalités financières et partent du principe que la démocratie ne sait pas gérer l’équilibre des finances publiques. Pendant plusieurs décennies, nous avons étudié les démocraties d’aujourd’hui et de l’Antiquité, et avons découvert que ce préjugé est indubitablement erroné. En effet, nous trouvons de plus de plus d’exemples d’implication de citoyens ordinaires permettant d’établir de meilleurs budgets.
En 1989, des conseils municipaux de villes brésiliennes ont commencé à faire appel aux résidents pour l’élaboration des budgets, et ce processus s’est rapidement étendu à travers l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, il a été testé avec succès en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Portugal, en Suède, en Pologne et en Australie. Le budget participatif est fondé sur un principe clair : les personnes les plus affectées par un budget contraint doivent être impliquées dans son élaboration.
Démocratie athénienne
Il y a deux mille cinq cents ans, dans la démocratie athénienne, le budget était décidé par les citoyens ordinaires....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le gouvernement a annoncé qu’il allait réduire l’impact de la tarification à l’activité ayant créé une tension croissante sur le personnel soignant. Mais il faudra, pour le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel, répondre à d’autres défis.
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Hôpital public : « Il faut favoriser les initiatives transversales »

Le gouvernement a annoncé qu’il allait réduire l’impact de la tarification à l’activité ayant créé une tension croissante sur le personnel soignant. Mais il faudra, pour le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel, répondre à d’autres défis.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 13h59
    |

Armand Hatchuel (Professeur à Mines ParisTech/PSL Université)







                        



58500 Clamecy. --

STORY: fermeture des urgences de nuit de l'hôpital de Clamecy.--

PHOTO: Service des urgences de l'hôpital de Clamecy.--

                                58500 Clamecy. --

STORY: fermeture des urgences de nuit de l'hôpital de Clamecy.--

PHOTO: Service des urgences de l'hôpital de Clamecy.--




                            
L’éclairage. Depuis plusieurs mois, professionnels et observateurs de l’hôpital public dénoncent des conditions de travail épuisantes et démotivantes, ainsi que des situations de tension parfois dangereuses pour les patients. En outre, une majorité d’hôpitaux sont en déficit, alors même que la productivité des personnels s’est améliorée. En 2016, le rapport du député Olivier Véran (PS) avait préconisé une nouvelle approche de la tarification hospitalière, et le gouvernement actuel a annoncé une réforme à venir.
Depuis une quinzaine d’années, l’hôpital a connu une transformation majeure de son mode de tarification et de son organisation. A-t-elle eu les résultats escomptés, ou est-elle à l’origine des maux actuels ? Une synthèse des recherches en gestion hospitalière confirme qu’il faut sortir l’hôpital public de l’antagonisme entre tarification à l’activité et gestion du soin médical, notamment en recherchant des innovations « médico-économiques » et une meilleure coordination au service du patient (« L’Impact de la T2A sur la gestion des établissements publics de santé », Philippe Burnel, Journal de gestion et d’économie médicales 2017/vol. 35).
A partir de 2004 a été mise en place la tarification à l’activité (T2A) qui consiste à payer chaque hospitalisation à un prix fixé selon une codification qui dépend de la maladie et des soins apportés
L’hôpital public est confronté à une mission complexe. Il doit fournir à tous ses patients une prise en charge médicale conforme à l’état le plus récent de la connaissance. Il doit apporter ces soins avec la plus grande humanité, en s’efforçant d’épargner au patient les lourdeurs administratives et pratiques associées au traitement. Mais l’hôpital, comme toute organisation, doit aussi créer un climat favorable à la recherche, à l’apprentissage professionnel et à l’exercice de ses différents métiers.
Jusqu’aux années 2000, on avait pensé qu’une mission aussi complexe exigeait un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. L’objectif de la « refondation » pénale proposée par Emmanuel Macron, mardi, vise à rendre les peines plus efficaces mais aussi à lutter contre la surpopulation carcérale.
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Prisons : une nécessaire réforme

Editorial. L’objectif de la « refondation » pénale proposée par Emmanuel Macron, mardi, vise à rendre les peines plus efficaces mais aussi à lutter contre la surpopulation carcérale.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 13h13
   





                        


Editorial du « Monde ». Réformer les peines pour rendre à la justice sa crédibilité. Emmanuel Macron a proposé, mardi 6 mars, une profonde refondation de la prison en France. Plutôt que de se contenter d’annoncer la construction de nouveaux établissements pénitentiaires pour répondre à la question de la surpopulation carcérale, le président de la république souhaite aller au-delà, en changeant carrément le logiciel de la sanction et de son application.
La réforme repose sur deux piliers : effectivité et dignité de la peine. La première passe par une réduction drastique des possibilités d’aménagement de celle-ci. Ainsi, une condamnation à un an de prison ferme ne pourra pas être allégée. Pour les peines entre six et douze mois, le juge d’application ne pourra intervenir que s’il est directement saisi par le juge correctionnel. En revanche, les peines de moins d’un mois de prison, « particulièrement inutiles et contre-productives », selon M. Macron, doivent disparaître de l’arsenal des sanctions.

        Lire aussi :
         

                « Refondation » pénale : les annonces de Macron



L’idée est de redonner tout son sens à la sanction d’un délit. Pour cela, il faut que la peine soit exécutée « telle qu’elle a été prononcée », rapidement, et surtout qu’elle soit utile tout en respectant un double objectif : la protection de la société et la réinsertion des condamnés.
Cure de désintoxication
Alors que le taux d’occupation des maisons d’arrêt est en moyenne de 141 % et que l’on compte 100 détenus pour 100 000 habitants, contre seulement 80 en Allemagne, M. Macron s’attaque à une véritable cure de désintoxication de la France à la prison, qui ne doit plus être l’alpha et l’oméga de la sanction pénale. Une philosophie qui est censée alléger la pression sur les capacités des établissements pénitentiaires. De façon cohérente, avec ce changement de paradigme, le président a ramené l’objectif de construction de nouvelles places de prison de 15 000 à 7 000 en cinq ans.
Face à une profession de surveillant qui a été agitée en janvier par un conflit social, notamment sur les questions de sécurité, M. Macron a insisté sur le fait que priver quelqu’un de liberté ne signifie pas lui ôter ses droits. « Pour les prochaines élections européennes, je veux que tous les détenus en France puissent exercer leur droit de vote », a dit le chef de l’Etat, qui a également souhaité que le droit du travail soit adapté aux contraintes de la prison.

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                Quatre jours avec les surveillants de la prison de Fleury-Mérogis



Rendre la justice plus efficiente et la prison moins « déshumanisante » est un pari louable, mais il comporte encore beaucoup d’inconnues dans sa réalisation. Ainsi, le plan ne propose pas de solution à la question des petits délinquants multirécidivistes pour lesquels la justice prononce de la prison après avoir tout essayé (stage, sursis, travail d’intérêt général, etc.). Ces cas entrent dans la catégorie des petites peines censées disparaître. De la même façon, pas un mot sur les comparutions immédiates, ces audiences à la chaîne, grandes pourvoyeuses de ces incarcérations de courte durée.
La vision humaniste que le président de la République souhaite donner à la justice est incontestablement ambitieuse et courageuse. Il parle de libérer plusieurs milliers de personnes qui n’ont objectivement rien à faire en prison. Reste à convaincre à la fois l’institution judiciaire, qui se plaint de ne pas avoir été associée à la réflexion, et l’opinion qui, dans sa grande majorité, est convaincue que l’incarcération est la solution à toutes les questions de sécurité, sans réellement s’interroger sur son utilité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Alexandre Kauffmann, collaborateur régulier du « Monde », a suivi pendant plus d’un an sept policiers d’une unité de la brigade des stupéfiants de la police judiciaire parisienne chargée d’élucider les morts par surdose et d’identifier les fournisseurs des produits incriminés.
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Avec le groupe « Surdose », de la brigade des stups

Alexandre Kauffmann, collaborateur régulier du « Monde », a suivi pendant plus d’un an sept policiers d’une unité de la brigade des stupéfiants de la police judiciaire parisienne chargée d’élucider les morts par surdose et d’identifier les fournisseurs des produits incriminés.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h42
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            Philippe Broussard








                        



                                


                            

Le livre. Autant le dire tout de suite : mieux vaut avoir le cœur bien accroché avant d’entamer cette plongée dans l’univers de la drogue. Non pas qu’il soit question dans ces pages de réseaux de grande ampleur, de narcos mexicains ou de « seigneurs » afghans de l’opium.
L’auteur, Alexandre Kauffmann, collaborateur régulier du Monde, ne franchit aucune frontière, si ce n’est celle du périphérique parisien. C’est au contraire une enquête de proximité qu’il propose ici, du journalisme d’immersion au cœur d’une unité de la brigade des stupéfiants de la police judiciaire parisienne chargée d’élucider les morts par surdose, et d’identifier les fournisseurs des produits incriminés.
Pendant un peu plus d’un an, le journaliste a suivi ce groupe de sept policiers, que ce soit dans ses locaux du 36, Quai des orfèvres ou sur les lieux de « planque » et d’intervention, dans la capitale et en proche banlieue. Il en tire un récit très personnel – à la première personne –, saisissant de réalisme sur le quotidien des dealers et des toxicos, ce monde où se côtoient, dans un manège malsain, tous les milieux sociaux.
La force du livre ne tient pas seulement dans la violence des images, dans ces scènes de cadavres, féminins ou masculins, découverts dans l’intimité d’un appartement cossu ou dans la pénombre d’une cave : un émigré chilien ; un formateur en informatique ; un dentiste ; une étudiante nantaise…
Du sens, de l’humanité
Prise indépendamment, chacune de ces histoires semble relever du fait divers sordide mais sans grande signification. Tout le talent de l’auteur est de leur donner du sens, de l’humanité, et de les insérer, sans jamais romancer, dans un scénario digne d’un polar. Les destins se croisent, s’entrecroisent, composant peu à peu un tableau dérangeant mais bien réel, où le lecteur prend la pleine mesure des ravages provoqués par toutes sortes de drogues : cocaïne, héroïne, fantanyl, MDMA, méphédrone, ou encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Livre. Fort du constat que la responsabilité sociale des entreprises « remplit de moins en moins bien sa fonction », les enseignants Swann Bommier et Cécile Renouard proposent une autre voie « pour retrouver la vérité de ce que signifie “entreprendre en commun” ».
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Exit la RSE, vive le « bien commun »

Livre. Fort du constat que la responsabilité sociale des entreprises « remplit de moins en moins bien sa fonction », les enseignants Swann Bommier et Cécile Renouard proposent une autre voie « pour retrouver la vérité de ce que signifie “entreprendre en commun” ».



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h00
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. La responsabilité sociale des entreprises (RSE) fait trop souvent lever les yeux au ciel, tant elle peut être perçue comme du « blanchiment éthique ». Forts du constat qu’elle « remplit de moins en moins bien sa fonction », Swann Bommier et Cécile Renouard, enseignants respectivement au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris et à l’Essec, proposent de modifier le rôle de l’entreprise pour mieux maîtriser son impact sur la société. Les crises environnementales et sociales, et la montée des inégalités nous interrogent sur « la compatibilité de nos modèles économiques avec le bien commun », écrivent ces deux spécialistes de la gouvernance des entreprises et du développement.
Les deux auteurs suggèrent d’évaluer l’entreprise sur la base de sa capacité à préserver les « biens communs mondiaux »
Le propos de leur essai L’Entreprise comme commun est de « sortir d’une logique de privatisation du monde pour retrouver la vérité de ce que signifie “entreprendre en commun” », explique l’économiste Gaël Giraud, dans la préface de l’ouvrage. Il s’agit de rendre au profit son rôle de moyen, et à l’entreprise, sa fonction de création de richesses au service des êtres humains.
Cécile Renouard et Swann Bommier suggèrent d’évaluer l’entreprise sur la base de sa capacité à préserver les « biens communs mondiaux ». Il s’agit de subordonner la création de valeur actionnariale au respect par l’entreprise « des responsabilités politiques, sociales, sociétales, écologiques », précise M. Giraud.
L’entreprise comme espace politique
Leur réflexion s’appuie sur une dizaine d’années d’observation des défis auxquels des grands groupes français comme Total, Danone, Veolia ou Michelin ont été confrontés pour mener à bien leur projet d’entreprise dans le monde, et s’inspire des travaux de l’économiste américaine Elinor Ostrom sur la gestion des biens communs, qui lui ont valu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le patrimoine des femmes est inférieur de 13 % à celui des hommes. Une différence méconnue qui s’explique par l’évolution des modes de vie du couple et la baisse de la redistribution privée de l’épargne, expliquent deux chercheurs sur l’économie de la famille, dans une tribune au « Monde ».
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Inégalités de patrimoine au sein du couple : « L’écart a tendance à se renforcer »

Le patrimoine des femmes est inférieur de 13 % à celui des hommes. Une différence méconnue qui s’explique par l’évolution des modes de vie du couple et la baisse de la redistribution privée de l’épargne, expliquent deux chercheurs sur l’économie de la famille, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.03.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 10h30
    |

Nicolas Frémeaux (Maître de conférences à l'université  Paris-II) et Marion Leturcq (Chercheuse à l'Institut national d'études démographiques)







                        



                                


                            
Tribune. Une dimension des inégalités entre les femmes et les hommes demeure encore peu connue et peu documentée : celle qui touche au patrimoine. En 2010, en France, celui d’une femme est environ 13 % moindre que celui d’un homme. Cet écart a eu tendance à se renforcer, puisqu’il était de l’ordre de 8,4 % en 1998. Reflet de l’augmentation des prix de l’immobilier, la valeur moyenne des patrimoines a augmenté pour une grande partie de la population, mais moins rapidement pour les femmes.
L’accroissement de cet écart peut a priori paraître paradoxal : sur un grand nombre de dimensions, les inégalités entre femmes et hommes ont eu tendance à se réduire. Il y a aujourd’hui autant, si ce n’est plus, de femmes qui terminent leurs études avec un diplôme de l’enseignement supérieur en poche, leur taux de participation au marché du travail est proche, voire égal, de celui des hommes, et les écarts de salaire, mêmes s’ils demeurent importants, ont eu tendance à se réduire au cours des dernières décennies. Alors pourquoi le patrimoine fait-il exception ?
Afin de mesurer ces écarts, il est nécessaire de se plonger dans les données qui décrivent le patrimoine des ménages pour détailler ce que détient chacun. En France, les données de l’Insee permettent de mesurer tout cela précisément. C’est quasiment l’un des seuls pays au monde qui permette une description aussi fine. Mais pour identifier la source des écarts de patrimoine, il faut aller plus loin, car il est nécessaire de comprendre comment chaque bien a été acquis. Décrire la façon dont a été accumulé un patrimoine, c’est, dans une certaine mesure, raconter une histoire de vie de chaque personne. Cela en fait un objet complexe à étudier.
Héritage ou épargne
Il n’y a que deux façons d’acquérir du patrimoine : soit en héritant, soit en épargnant. Cependant, le mariage impose une certaine mise en commun : pour les couples mariés sans contrat de mariage – par conséquent sous un régime de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Livre. Dans son ouvrage « En finir avec la culture du viol », Noémie Renard, chercheuse en biologie, revient sur les représentations erronées sur le viol.
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« En finir avec la culture du viol », retour sur une réalité plurielle

Livre. Dans son ouvrage « En finir avec la culture du viol », Noémie Renard, chercheuse en biologie, revient sur les représentations erronées sur le viol.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 07h00
    |

            Hélène Bekmezian








                        



                                


                            

Livre. Chaque jour ou presque, les rubriques faits divers des journaux viennent illustrer ce sur quoi Noémie Renard, chercheuse en biologie, insiste dans son ouvrage « En finir avec la culture du viol » sur la culture du viol. Selon l’enquête la plus récente, établie par la Fondation Jean-Jaurès en février, 12 % des Françaises en auraient déjà été victimes, et elles seraient un peu plus de 40 % à avoir subi des attouchements non consentis.
« Les violences sexuelles sont massives, graves, et pourtant l’impunité est généralisée », déplore l’auteure, avant de s’employer à décrire les « mécanismes favorisant [ces] violences et leur tolérance dans les pays occidentaux ». Soit autant de préjugés, de représentations et de croyances infondées qui composeraient une « culture du viol » permettant « d’expliquer à la fois la prévalence des violences sexuelles et la tolérance à leur égard ».

Ces préjugés, ce sont ceux que beaucoup de Français ont envers le viol, qui serait forcément commis dans l’espace public, par des inconnus et avec violence ; ce sont surtout ceux entourant ce qui serait une « vraie » victime, qui aurait eu un comportement rationnel, se serait défendue avant de se précipiter à la police pour porter plainte, ne portait pas de « tenue légère » et n’avait pas bu, etc.
Or, les différentes études sont constantes sur le sujet : la très grande majorité des viols (environ les trois quarts) sont commis au sein de l’espace privé (par un membre de la famille, le conjoint ou ex-conjoint…) et très rarement avec violence. Selon les chiffres avancés par l’auteur, 10 % des victimes de viols présenteraient des blessures physiques, et 11 % des viols seraient perpétrés sous la menace d’une arme.
Des contraintes pas forcément physiques
De plus, les témoignages des victimes font bien souvent apparaître que les contraintes qu’elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Les démocraties occidentales sont ébranlées par une vague populiste qui se nourrit de la résistance des électeurs à l’immigration massive, explique dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 06/03/2018
Découvrir l’application


                           
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« La crise migratoire a retourné l’opinion publique européenne »

Les démocraties occidentales sont ébranlées par une vague populiste qui se nourrit de la résistance des électeurs à l’immigration massive, explique dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    07.03.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 10h55
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Ne cherchez plus. Il y a un point commun à toutes les insurrections électorales qui secouent les démocraties occidentales depuis trois ans, ces séismes qui ont ouvert les portes des parlements aux mouvements populistes ou extrémistes et dont l’Italie a fourni, dimanche 4 mars, le plus parfait exemple : ce facteur, c’est la résistance à l’immigration massive. C’est un fait politique majeur, il est incontestable, et il faut l’analyser avant que tout le continent ne bascule dans le rejet total d’un phénomène qui, qu’on le veuille ou non, ne s’arrêtera pas.
2015 : la Pologne bascule. Le 25 octobre, le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS) remporte les élections législatives. Tout l’été, l’Europe a vécu au rythme de la crise des réfugiés syriens. Le gouvernement de centre-droit sortant, pro-européen, s’est engagé à en accueillir un quota. Le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, évoque dans un meeting « les dangereuses maladies » et les « parasites » que colportent ces réfugiés, les zones où serait appliquée la charia en Suède. D’immigrés, les Polonais ne connaissent que leurs voisins ukrainiens et les Vietnamiens hérités de l’ère communiste. Le thème domine la fin de la campagne.
Vague populiste
2016 : deux scrutins ébranlent l’Europe et le monde. Le 23 juin, les Britanniques répondent oui au référendum sur la sortie de leur pays de l’Union européenne (UE). L’installation massive des ressortissants de l’UE, essentiellement de Pologne et d’autres pays d’Europe centrale, a été au cœur de la campagne des partisans du « Leave ». Depuis des décennies, la Grande-Bretagne accueille des immigrés du Commonwealth, de toutes ethnies et de toutes confessions. Mais c’est l’afflux, légal mais concentré sur une dizaine d’années, de centaines de milliers de travailleurs et de familles étrangers, fussent-ils européens, qui finit par provoquer le retour de bâton, exploité toute honte bue par le parti populiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’animateur, chargé d’une mission sur le patrimoine par le président de la République, se révèle offensif.
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Stéphane Bern : « J’ai le rôle de poil à gratter »

L’animateur, chargé d’une mission sur le patrimoine par le président de la République, se révèle offensif.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 17h29
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

L’animateur de radio et de télévision Stéphane Bern a été chargé par le président de la République, en septembre 2017, d’une mission d’identification du patrimoine en péril et de recherche de solutions pour assurer le finan­cement des travaux nécessaires. On découvre, à cette occasion, un autre Stéphane Bern, qui n’hésite pas à créer la polémique et ne s’en laisse pas compter par l’admi­nistration. Instauration d’un « Loto Patrimoine », entrée payante des cathédrales pour les touristes… Il s’explique.

Le 10 février, sur RTL, vous vous en êtes pris aux fonctionnaires du patrimoine. C’est le métier politique qui rentre ?
Stéphane Bern : Attention, je ne visais pas les fonctionnaires qui font leur travail au quotidien dans les musées, dans les monuments, je parlais de ceux qui sont en costume gris dans les bureaux du ministère. Alors que tout roulait, j’ai vu d’un seul coup tout le monde vouloir s’en mêler, se mettre à faire des « rim » – des réunions interministérielles – dans mon dos. Là, j’ai poussé un coup de gueule qui, visiblement, a été entendu.
Quel était le propos ?
Nous devions signer, le 6 février, une convention avec la Française des jeux pour mettre en place le Loto du patrimoine. Celui-ci doit permettre, avec un tirage annuel au moment des Journées du patrimoine, de collecter 15 à 20 millions d’euros. Or, la veille de la signature, la ministre, Françoise Nyssen, et moi-même apprenons son report. On me dit : « L’Elysée veut que… » Moi, quand on me dit « l’Elysée veut que… », j’appelle. Or, le président n’était pas au courant. Il a réuni tout le monde et ça s’est arrangé. On a signé le mardi suivant, le 13 février.
Et depuis ?
On est plus gentil avec moi, on m’associe davantage. Mais c’est vrai que, parfois, c’est épuisant… Je ne suis pas fait pour ça.
Et pourtant, vous avez une liberté de mouvement. Vous n’êtes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la romancière et essayiste américaine Lauren Elkin estime que le mouvement #metoo est porteur de relents de puritanisme propre à son pays d’origine.
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Lauren Elkin : « Préserver tout le charme et le mystère des rapports amoureux »

Dans une tribune au « Monde », la romancière et essayiste américaine Lauren Elkin estime que le mouvement #metoo est porteur de relents de puritanisme propre à son pays d’origine.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 10h42
    |

Lauren Elkin







                        



                                


                            

Tribune. Si le mouvement #metoo n’a pas pris en France comme il a pris aux Etats-Unis ou ailleurs, c’est probablement à cause des relents de pudibonderie toute américaine dont il était imprégné. Pudibonderie contre laquelle précisément Catherine Deneuve et une centaine d’autres signataires se sont levées dans leur tribune au Monde daté du 10 janvier. La journaliste Anne-Elisabeth Moutet a déclaré à la BBC qu’elle l’avait signée parce qu’elle craignait que le mouvement #metoo ne « détruise tout ce qu’il y a d’ambiguïté et de charme dans les rapports entre hommes et femmes ».
Il est clair que ces cent signataires réagissaient à la vague de « puritanisme » venue des Etats-Unis qui déferle sur la France à travers une nouvelle génération de féministes dites « intersectionnelles » – écrivaines, journalistes, universitaires et militantes – qui se penchent sur la question des limites, du consentement et du respect au lieu de verser dans le fantasme de la « séduction française ».
Nul doute que ce cliché a joué dans la décision que j’ai prise en 2004 de quitter New York pour m’installer à Paris, amoureuse de l’idée que je me faisais des Français dans leur rapport à l’amour et au sexe
Quand j’ai lu la tribune de Deneuve, j’ai été surprise de constater avec quelle facilité elle reconduisait ce cliché de la « francité ». Nul doute que ce cliché a joué dans la décision que j’ai prise en 2004 de quitter New York pour m’installer à Paris, amoureuse de l’idée que je me faisais des Français dans leur rapport à l’amour et au sexe – loin des mœurs sexuelles et sociales en vigueur dans le monde anglo-américain. A l’époque, nous tenions tous des blogs et j’avais appelé le mien « Maîtresse », non pas en référence à mon activité de professeure (j’enseignais à des étudiants d’université, pas à des enfants), mais plutôt en hommage au béguin innocent que j’avais eu alors pour un homme marié.
Sans être une adepte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence française de développement et directeur de recherche au CNRS rappelle que dans l’hémisphère Sud, surtout en Afrique, les filles souffrent toujours d’une exclusion scolaire persistante.
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Gaël Giraud: « L’éducation des jeunes filles est un défi pour le XXIe siècle »

Dans une tribune au « Monde », Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence française de développement et directeur de recherche au CNRS rappelle que dans l’hémisphère Sud, surtout en Afrique, les filles souffrent toujours d’une exclusion scolaire persistante.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 11h43
    |

                            Gaël Giraud (Economiste en chef de l'Agence française de développement, prêtre et jésuite)








                        



                                


                            

Tribune. En 2018, le simple fait d’être une fille est encore un facteur de déscolarisation. Selon l’Unesco, 15 millions de filles vivant aujourd’hui sur la planète n’auront jamais la chance de fréquenter l’école primaire, contre environ 10 millions de garçons. Les disparités sont particulièrement criantes en Afrique subsaharienne où, pour 100 garçons non scolarisés au primaire, 123 filles se voient refuser le droit à l’éducation. Dans le même temps, fait historique sans précédent, en Occident au sens large (Europe, Japon, Corée du Sud, anglosphère) le niveau éducatif des femmes est devenu supérieur à celui des hommes.
De façon globale, il ne fait aucun doute que la modernité européenne doit beaucoup à l’universalisation de l’alphabétisation par la réforme luthérienne, tandis que le décollage économique des « dragons » asiatiques est inexplicable sans l’excellent niveau éducatif de leur population. L’importance spécifique de l’éducation des femmes est largement étayée. Elle contribue à accélérer la transition démographique : au Mali, une femme ayant un niveau d’éducation secondaire ou supérieur aura en moyenne 3 enfants, contre une moyenne de 7 si elle n’a pas été scolarisée.
L’éducation joue un rôle dans la diminution de la violence
L’éducation favorise l’accès à l’emploi et la mobilité : au Sénégal, les enfants issus de milieu rural augmentent de 27 % leurs chances de trouver un emploi non agricole lorsque leur mère est alphabétisée. L’éducation facilite l’adaptation aux transitions, notamment technologique, et aux dérèglements écologiques : en Ethiopie, six années d’éducation augmenteraient de 20 % la possibilité qu’un agriculteur adapte ses techniques agricoles pour favoriser la résilience des écosystèmes naturels.
Elle joue également un rôle dans la diminution de la violence : dans une population jeune, comme le sont toutes les sociétés africaines, le risque de conflit est réduit de moitié si le ratio de jeunes scolarisés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans le monde universitaire, les hommes et les femmes ne sont pas traités de la même façon. D’après de nouveaux travaux, il existerait à l’égard des femmes une discrimination implicite qui dérive de constructions ancrées dans nos sociétés, affirme la sociologue Cecilia Garcia-Peñalosa dans une tribune au « Monde ».
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« Dans les séminaires de recherche, la place d’un homme est plus enviable que celle d’une femme »

Dans le monde universitaire, les hommes et les femmes ne sont pas traités de la même façon. D’après de nouveaux travaux, il existerait à l’égard des femmes une discrimination implicite qui dérive de constructions ancrées dans nos sociétés, affirme la sociologue Cecilia Garcia-Peñalosa dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.03.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 10h41
    |

Cecilia Garcia-Peñalosa (directrice de recherche au CNRS, directrice d'études à l'EHESS et membre de l'Ecole d'économie d'Aix-Marseille)







                        



                                


                            

Tribune. La question de la discrimination envers les femmes dans certains métiers est l’un des aspects les plus médiatisés du débat sur les inégalités femmes-hommes. Dans le monde de l’enseignement et la recherche notamment, des efforts importants ont été faits depuis au moins deux décennies pour combattre cette discrimination, et l’une des politiques les plus débattues a été celle de la discrimination positive. A égalité de qualifications, embaucher ou promouvoir une femme au lieu d’un homme aura un effet positif sur l’ensemble des individus dans ce métier, car elle réduira les préjugés et créera des modèles de rôles pour des femmes plus jeunes.
De nombreuses études confirment l’existence d’une discrimination positive dans différentes sphères. Elles témoignent d’une prise de conscience des inégalités de genre. Par exemple, une étude française de Thomas Breda et Mélina Hillion, publiée dans Science en 2016, révèle que les femmes bénéficient, en France, d’un biais favorable pour le recrutement des professeurs du secondaire.

L’optimisme qui dérive de telles études a cependant été mis en cause par une série de travaux récents concernant les attitudes dans le milieu de la recherche et de l’enseignement en économie. Contrairement à la plupart des sciences sociales, la recherche en économie est peu féminisée, les femmes ne représentant que 13 % des professeurs des universités et 11 % des directeurs de recherche au CNRS. La profession voit le faible taux de féminisation comme un problème et dit vouloir le changer.
Des exigences plus fortes envers les femmes
Malgré cela, toute femme économiste est confrontée régulièrement à des situations dans lesquelles hommes et femmes ne sont pas traités de la même façon. Dans les innombrables réunions de recrutement auxquelles je participe, des questions concernant la qualité scientifique d’une candidate sont évoquées lorsque ses publications ont été coécrites avec des hommes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président du directoire de la SNCF considère que la réforme annoncée par le gouvernement peut être « une formidable aventure » pour l’entreprise et pour les cheminots.
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Guillaume Pepy : « Ma conviction profonde est que la SNCF doit se réinventer »

Dans une tribune au « Monde », le président du directoire de la SNCF considère que la réforme annoncée par le gouvernement peut être « une formidable aventure » pour l’entreprise et pour les cheminots.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
07.03.2018 à 16h43
    |

Guillaume Pepy (Président directeur général de la SNCF)







                        



                                


                            

Voilà près de trente ans que je travaille au sein du monde des cheminots. Plus de trente ans que je mesure chaque jour le formidable engagement de ces hommes et de ces femmes, qui contribuent à l’une des plus belles libertés dont nous disposons : celle d’aller et de venir.

Dire des cheminots qu’ils sont des privilégiés c’est non seulement une énorme bêtise, mais c’est être aussi profondément injuste envers eux et le service qu’ils rendent chaque jour à la collectivité.
Je connais peu de privilégiés qui font les trois-huit, qui travaillent régulièrement les dimanches et les jours fériés, quelles que soient les conditions climatiques. Je ne connais pas de planqués qui vont tous les jours au contact de milliers de clients, parfois dans des conditions difficiles. Je ne connais pas d’égoïstes qui reviennent sur leur lieu de travail en dehors de leurs horaires, pour remettre le service en marche et aider les voyageurs en cas de crise.

Cet engagement, cette fierté, c’est ce qui a le plus frappé le premier ministre et la ministre des transports lorsqu’ils sont allés, tout dernièrement, échanger et parler avec les cheminots.
Et, puisqu’il s’agit de rappeler quelques vérités, voici les faits. Non, il n’existe pas de prime de charbon à la SNCF. Non, les cheminots ne disposent pas de vingt-huit jours de RTT. Non, les cheminots ne travaillent pas trente-deux heures par semaine. Non, il n’existe pas de prime d’absence de prime dans notre entreprise. Ce qui existe, en revanche, ce sont des salariés engagés pour le service des clients. Combatifs lorsqu’il faut faire gagner leur entreprise. Et qui ont en commun un sens profond du service public.

« L’identité de la SNCF, c’est l’excellence ferroviaire »
Une fois encore, rappelons les faits : si notre système ferroviaire présente des faiblesses — qu’il est urgent de traiter —, il présente également de grandes réussites. Le rapport établi par Jean-Cyril Spinetta les a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Une initiative lancée avec les pouvoirs publics dans les Yvelines offre quelques pistes qui pourraient être étendues au reste de la France estime, dans une tribune au « Monde », Abdelaziz El Jaouhari, le responsable du Conseil des institutions musulmanes des Yvelines.
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Il faut « structurer de véritables institutions musulmanes au niveau départemental »

Une initiative lancée avec les pouvoirs publics dans les Yvelines offre quelques pistes qui pourraient être étendues au reste de la France estime, dans une tribune au « Monde », Abdelaziz El Jaouhari, le responsable du Conseil des institutions musulmanes des Yvelines.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 18h51
    |

Abdelaziz El Jaouhari (Secrétaire général du Conseil des institutions musulmanes des Yvelines)







                        



                                


                            

Tribune. Le président de la République a récemment déclaré son intention de « poser les jalons de toute l’organisation de l’islam de France ». Ce projet est attendu. Il est nécessaire. Et il aboutira s’il s’appuie notamment sur l’expérience des acteurs de terrain. Posons donc le problème dans ses termes actuels.
Devant nous s’avance un fondamentalisme contraire aux principes républicains qui encourage le repli identitaire et parfois la violence, tandis que l’islam majoritaire peine à trouver sa place dans la République. La réponse doit passer par deux objectifs : faire concrètement reculer l’extrémisme religieux, et intégrer définitivement l’islam à la société française, dans les conditions posées par la laïcité. Ces deux objectifs sont indissociables, tant le développement de l’intégrisme peut aussi être vu comme un symptôme de l’échec à organiser l’islam de France.
Les musulmans ordinaires ne se sentent pas appartenir à une communauté religieuse structurée, et comme partout ailleurs, l’engagement collectif y est en recul. De cette faiblesse organisationnelle, les milieux salafistes ont tiré profit par une stratégie d’activisme local. Ils connaissent les failles de la loi républicaine, mettant la pression sur l’Etat en le menaçant de désordre, et sur les élus locaux en leur promettant des voix. C’est ainsi que les ouvertures sauvages de lieux de culte se sont multipliées.
S’appuyer sur des acteurs de terrain
L’expérience yvelinoise est riche d’enseignements en la matière. Plusieurs fois, il a fallu expulser par la force les groupes radicaux des grandes mosquées où ils ont tenté de s’installer. Mais leur échec n’est pas définitif. Les mêmes ont conçu une stratégie périphérique redoutable, consistant à créer des lieux de culte dans les communes intermédiaires, afin d’occuper le terrain social et de mener une guerre d’usure aux mosquées traditionnelles.
Devant cet état de fait, services de l’Etat, collectivités...




                        

                        

