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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il se félicitait de son gain en l’embrassant. Il risque désormais trois ans de prison.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoigne le succès du film de Dany Boon.
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« La Ch’tite Famille » remplit les salles

Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoigne le succès du film de Dany Boon.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 10h24
   





                        



   


Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoignent les chiffres cumulés des entrées en salle publiés par Ecran total. Pour la période du mercredi 28 février au dimanche 4 mars, c’est le nouveau film de et avec Dany Boon, La Ch’ tite Famille, qui a attiré le plus de monde, réunissant plus de 2 millions de spectateurs pour une distribution sur 843 écrans. Les Tuche 3, d’Olivier Barroux, sorti il y a cinq semaines, continue sur la voie du succès public avec un total de 5,3 millions de spectateurs sur 639 écrans.

        Lire aussi le reportage :
         

          Séance en ch’tite famille à Saint-Omer



Triomphe mondial, Black Panther avec ses super-héros noirs séduit aussi les cinéphiles de l’Hexagone : en trois semaines d’exploitation, le film de Ryan Coogler y a été vu par 2,4 millions de spectateurs. Quant au grand gagnant des Oscars 2018, le film fantastique de Guillermo del Toro, La Forme de l’eau, il n’a pour l’instant attiré qu’un peu plus d’un demi million de spectateurs en deux semaines. Parions que les quatre statuettes remportées dimanche donneront un coup de pouce à sa carrière.

        Lire le récit :
         

          « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Pastiche et variation originale sur les classiques du cinéma de voyous, le film d’Adil El Arbi et Bilall Fallah a remporté un immense succès en Belgique.
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« Gangsta » : Anvers, braquage, braqueurs et braque au cœur de l’Europe

Pastiche et variation originale sur les classiques du cinéma de voyous, le film d’Adil El Arbi et Bilall Fallah a remporté un immense succès en Belgique.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 09h32
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Il y a quelque chose d’immoral dans cette histoire. Pas tant à cause de la profession du quatuor de héros, narcotrafiquants. Plutôt en raison de la réussite d’un film que le duo de réalisateurs, Adil El Arbi et Bilall Fallah, a surchargé de clichés et de blagues un peu débiles. Malgré ces fautes de jeunesse (car si un film parle de et à une génération, c’est bien celui-là), Gangsta fait honneur à son genre – le film de voyous – et à son pays, la Belgique, où il vient de remporter un immense succès.
Pour commencer, Adil et Bilall (n’y voyez aucune familiarité, c’est comme ça que les deux cinéastes signent) prennent leur temps : ils racontent l’enfance et l’adolescence d’Adamo (Matteo Simoni), né à Anvers de père marocain et de mère italienne (d’où son prénom emprunté au patronyme du plus célèbre des Italo-belges). Dans les coursives de son grand ensemble, au collège, Adamo grandit avec ses amis Volt, Junes et Badia. La composition du quatuor indique bien la singularité du film. La présence d’une fille dans la petite bande tend à rapprocher le récit de la littérature enfantine (d’autant que Nora Gharib fait de Badia une chic fille), ce qui n’empêche pas le film de s’offrir une petite embardée en une très brève séquence pendant laquelle les garçons confessent qu’ils convoitent tous la jeune fille.
Cacophonie d’un pays
Gangsta (Patser en version originale flamande) démarre pour de bon lorsque Adamo et ses amis subtilisent une cargaison de cocaïne, s’attirant les foudres de factions assez nombreuses pour entretenir une demi-douzaine de guerres civiles, des policiers corrompus aux cartels colombiens en passant par les Marocains d’Amsterdam qu’il ne faut pas confondre avec les Marocains d’Anvers. Cet argument éculé ne sert qu’à propulser une drôle de comédie de mœurs qui repose sur l’exagération plus que sur l’observation.
Et pourtant, à force de clins d’œil appuyés, d’astuces de narration (comme cette excellente fausse fin), il finit par se dégager une vérité de Gangsta. Adamo et ses amis ont choisi le commerce des stupéfiants exactement pour les mêmes raisons qui poussent d’autres à entrer en école de commerce : pour l’argent, le confort, la notoriété. Ce portrait de groupe est ancré dans une langue, le flamand, dans un décor, Anvers, qui sont maniés avec une brutalité et une dérision dont on finit par se demander si elles ne cachent pas un peu d’affection. En passant, Adil et Bilall évoquent les addictions du personnel politique, les amis de quartiers partis en Syrie. On dirait que s’ils multiplient les explosions et les fusillades, c’est pour étouffer la cacophonie du pays dans lequel ils vivent, pour le faire passer dans l’univers du cinéma.

Film belge d’Adil El Arbi et Bilall Fallah, avec Matteo Simoni, Nora Gharib, Saïd Boumazoughe, Junes Lazaar, Nabil Mallat, Ali B. (2 h 05). Sur le Web : www.facebook.com/GangstaLeFilm et www.facebook.com/ApolloDistrib



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ La comédienne, sacrée pour sa performance dans le film « 3 Billboards », s’était brièvement fait subtiliser sa récompense lors de la soirée officielle qui a suivi la remise des prix.
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Frances McDormand retrouve son Oscar autour d’un double cheeseburger

La comédienne, sacrée pour sa performance dans le film « 3 Billboards », s’était brièvement fait subtiliser sa récompense lors de la soirée officielle qui a suivi la remise des prix.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 08h23
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h34
    |

            Aureliano Tonet (Los Angeles, envoyé spécial)








                        



De l’avis général, Frances McDormand n’a pas volé son Oscar de meilleure actrice, attribué dimanche 4 mars pour sa performance dans 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance. Elle se l’est, en revanche, fait subtiliser lors de la fête qui a suivi la remise des prix. Le Governors Ball, la soirée officielle post-cérémonie, bat son plein quand la comédienne décide de se délester de son trophée. Elle le pose sur une table, pour converser avec les convives, tout en se gobergeant de « macaroni and cheese ».

        Lire le récit :
         

          Le sacre de la sirène et de l’homme-poisson aux Oscars 2018



Il faut dire que le discours qu’elle a prononcé, au moment de recevoir l’Oscar, est sur toutes les lèvres. « Messieurs, nous avons toutes des histoires à raconter et des projets à financer », avait-elle déclaré, dans un état d’« hyperventilation », sur la scène du Dolby Theater, après avoir incité toutes les nommées à l’Oscar à se lever. Prônant la mise en place de « clauses d’inclusion » dans les contrats de films, qui visent à introduire davantage de mixité et diversité, elle avait joué la carte de l’ouverture : « Invitez-nous à venir en parler, peut-être pas ce soir lors de la fête, mais ces prochains jours dans vos bureaux – vous pouvez aussi venir dans les nôtres ! »

Ni une, ni deux, ni trois : un invité nommé Terry Bryant Djmatari, dont nul ne sait à ce jour ce qu’il faisait au Governors Ball, profite de l’aubaine. En habit de pingouin, comme le veut le protocole, il se saisit du butin et immortalise son larcin en se filmant, façon selfie. La vidéo, des plus sentie, le montre dans un état d’exaltation avancé : « Qui veut me dire bravo ? », s’y pavane-t-il à l’intention d’amis imaginaires. Sous le titre « My Oscar Baby », il postera l’ensemble de son œuvre dans la nuit du 4 au 5 mars, sur Facebook, pour la postérité.

   


Pique-statuette
Car la cavale du pique-statuette a tourné court. Tandis que la lauréate, en pleurs, se lance dans une vaste chasse à l’Oscar avec son mari, le salut viendra d’Alex Berliner, photographe spécialisé, lui, dans la chasse aux célébrités, et collaborateur régulier de Wolgang Puck, l’organisateur du buffet. Le paparazzo, œil de lynx et main de fer, saisit le voleur en flagrant délit, lui chipe la relique et le laisse filer dans la nuit angelina. Sur ces entrefaites, il avise les physionomistes de la fête, qui s’en émeuvent auprès d’une journaliste du New York Times. Laquelle poste illico les clichés de Berliner sur Twitter, en guise de riposte, et propage l’avis de recherche.

Security at the Governors Ball are looking for this guy, who grabbed Frances McDormand’s Oscar and ran out with it.… https://t.co/POSSAqW9i7— caraNYT (@Cara Buckley)


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L’imbroglio aurait pu virer au remake de 3 Billboards, où le personnage de Frances McDormand, lasse d’alerter la maréchaussée par panneaux interposés, déclenche une série d’avanies shakespeariennes. Mais, pour le bonheur et la sécurité de ses habitants, la police de Los Angeles finit par mettre la main sur le malandrin, lundi 5 mars, dans des circonstances qui restent à élucider. « Après une brève séparation, Frances et Oscar se sont joyeusement retrouvés, s’est félicité l’agent de la comédienne dans un communiqué. Ils ont célébré leurs retrouvailles autour d’un double cheeseburger, chez In-N-Out. »
Quant à Terry Bryant, 47 ans, il encourt jusqu’à trois années de prison, pour vol aggravé. Son casier judiciaire, chargé, et ses divers profils sur les réseaux sociaux, où il parade de cérémonies en mondanités huppées, suggèrent qu’il s’agirait d’un récidiviste. Reste à savoir combien d’Oscars, au juste, renferment ses placards.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ L’acteur James Franco se met en scène dans une satire de l’industrie du cinéma alors qu’il est ciblé par le mouvement #metoo.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/03/2018
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« The Disaster Artist » : une fable hollywoodienne qui vire à l’aigre

L’acteur James Franco se met en scène dans une satire de l’industrie du cinéma alors qu’il est ciblé par le mouvement #metoo.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 07h46
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à voir
Il y a trois mois, The Disaster Artist n’était encore qu’une satire réjouissante de ­l’industrie du cinéma, dont le pas alerte était donné par son interprète principal et metteur en scène. James Franco s’était arrogé le rôle de Tommy Wiseau, auteur et interprète de The Room, long-métrage qui, depuis sa sortie en 1999, se retrouve régulièrement en tête des classements des pires films jamais réalisés. ­Raconter et incarner cette histoire était pour James Franco un moyen de quitter élégamment sa défroque d’enfant prodige d’Hollywood (il va sur ses 40 ans), de faire montre de sa sagesse à travers le regard amusé qu’il pose sur l’industrie qui l’a élevé et nourri.

Au lendemain de la cérémonie des Golden Globes, qui a valu un trophée du meilleur acteur à Franco, une avalanche d’accusations s’est abattue sur le réalisateur de The Disaster Artist. Etudiantes de son cour d’art dramatique et partenaires ont fait état, de manière circonstanciée, d’agressions et d’humiliations sexuelles. Après avoir tenté de se défendre, James Franco a choisi la même voie que Kevin Spacey ou John Lasseter : il a disparu de la sphère publique. La morale de The ­Disaster Artist s’est faite plus amère. Aux efforts désespérés de Tommy Wiseau pour exister aux yeux du monde du spectacle sont venus s’ajouter, symétri­quement, ceux de James Franco pour s’effacer lui-même de la ­conscience collective.

Si l’on parvient à faire abstraction de ces circonstances, il reste à l’écran une comédie de mœurs hollywoodienne plutôt bien ­tournée, habitée par la performance de James Franco dans le rôle de cet être étrange qu’est Tommy Wiseau. Le scénario de Scott Neustadter et Michael H. Weber est adapté du récit que Greg ­Sestero a fait du tournage de The Room.
Un cauchemar comique
En 1998, Sestero (Dave Franco, frère de), qui a alors une vingtaine d’années, rencontre dans un cours d’art dramatique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Critique, cinéaste, producteur, figure de la cinéphilie française, il est mort lundi 5 mars à Paris, à l’âge de 86 ans.
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André S. Labarthe, la passion du désordre

Critique, cinéaste, producteur, figure de la cinéphilie française, il est mort lundi 5 mars à Paris, à l’âge de 86 ans.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 19h17
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 10h18
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

C’est une figure familière, non moins qu’originale, de la cinéphilie française qui s’est éteinte lundi 5 mars à Paris, à l’âge de 86 ans. André S. Labarthe, était né le 18 décembre 1931, à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques). Seuls les grands anciens peuvent aujourd’hui imaginer l’ancien élève des jésuites de Sarlat autrement que sous les atours qui identifiaient au premier coup d’œil l’homme mûr, puis l’homme vieillissant, dans le milieu. Borsalino crânement perché, œil pétillant de malice, sève de la vie coulant à flots, sourire tordu sur la Gitanes maïs qui brûlait en permanence entre ses lèvres. Une image éternellement printanière, un peu sulfureuse, qu’on gardera de ce cinéphile hétérodoxe, qui avait lu Sigmund Freud et André Breton avant André Bazin, et qui savait par cœur ce qu’était une image poétique avant de la chercher furieusement dans les films.
Amoureux fou de la littérature, inventeur de la critique filmique, scénariste de film pornographique, ordonnateur érotique de l’art et du hasard, il fut un ferme soutien de Michelangelo Antonioni et de Luis Buñuel au sein de la rédaction des Cahiers du cinéma, la première grande maison qui abrite sa signature.

C’est en effet dans les années 1950 qu’André S. Labarthe commence sa carrière de critique cinématographique, rapidement invité par André Bazin, figure tutélaire de la future nouvelle vague, à rejoindre la revue en 1956. Il y mène sa barque, déjà, en solitaire et en esprit ouvert, curieux de tout, y défendant notamment, contre l’avis d’autres rédacteurs, Antonioni, Buñuel, Charles Laughton ou John Cassavetes. Il participe en 1963 à la prise de pouvoir du camp moderniste au sein de la rédaction, qui voit Jacques Rivette évincer Eric Rohmer de la rédaction en chef.
Le respect du public et le souci du bien commun
Mais une autre vocation l’attend, quand bien même il y a lieu de considérer qu’André S. Labarthe n’aura jamais cessé, jusque dans son métier de réalisateur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le compositeur avait décroché son premier Oscar en 2013, grâce à la bande originale de « The Grand Budapest Hotel ». Il a aussi décroché trois Césars et deux Golden Globes.
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Le Français Alexandre Desplat décroche son deuxième Oscar pour la B.O. de « La Forme de l’eau »

Le compositeur avait décroché son premier Oscar en 2013, grâce à la bande originale de « The Grand Budapest Hotel ». Il a aussi décroché trois Césars et deux Golden Globes.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h07
   





                        



   


Alexandre Desplat a reçu un Oscar dimanche 4 mars pour la bande originale de La Forme de l’eau, une comédie romantique et fantastique réalisée par Guillermo del Toro. Bien connu des cinéastes français et américains, il est l’auteur des musiques de multiples films, comme Le Discours d’un roi, The Tree of Life ou encore les deux derniers épisodes de la saga Harry Potter.

        Retrouvez le palmarès complet
         

          des Oscars 2018



Des sources d’inspiration hétéroclites
La musique a toujours fait partie de sa vie. Dès l’enfance, il étudie le piano et la trompette avant de choisir la flûte traversière comme instrument principal. Pourtant Alexandre Desplat, ce n’est qu’à l’âge de 16 ou 17 ans, lorsqu’il écoute la partition de John Williams pour Star Wars qu’il décide de créer des musiques pour le cinéma.
Grâce à ses parents de nationalité différente, son père est français et sa mère est grecque, et ses premières années passées aux Etats-Unis, il baigne dans des univers musicaux variés. Dans sa biographie, il précise avoir « enrichi son éducation musicale classique en étudiant les musiques brésiliennes ou africaines ».
Ce goût pour les genres multiples se retrouve aussi dans sa culture cinématographique. « Quand j’ai vraiment commencé à aller au cinéma, cette possibilité de voir un film indien et un film britannique le même jour, d’y trouver chaque fois une émotion différente et très forte, me touchait beaucoup. Ma cinéphilie – comme mon parcours musical – s’est construite à l’aune de ce désir d’universalité et de regard bienveillant sur le monde », dit-il dans une interview donnée au Monde en 2014.
Sa carrière se partage entre le cinéma français et le cinéma américain. Il a collaboré plusieurs fois avec Roman Polanski, Raymond Depardon, Jacques Audiard et Wes Anderson, George Clooney ou encore Tom Hooper.
Dans une interview donnée à Télérama, il explique avoir « un pied dans chaque continent. Le cinéma français n’a pas toujours bien compris le legs de la Nouvelle Vague ; les réalisateurs semblent penser que la musique s’oppose au réalisme, ce qui est faux ».
Palmarès
La statuette américaine est la deuxième de sa carrière. Alexandre Desplat a décroché son premier Oscar en 2013, grâce à la bande originale de The Grand Budapest Hotel. Il avait également été nommé pour celle de The Imitation Game.

        Lire aussi :
         

                Oscars 2015 : Alexandre Desplat (enfin) récompensé pour la meilleure bande originale



Sur son site Internet, la liste de ses récompenses et nominations est longue. Elle débute en 1997, année de sa nomination pour le César de la meilleure musique originale. Mais Alexandre Desplat ne décrochera le César que neuf ans plus tard, en 2006, pour la musique de De battre mon cœur s’est arrêté. Deux autres suivront, l’un en 2011 pour The Ghost Writer, et l’autre, en 2013, pour De rouille et d’os.
Il a aussi remporté deux Golden Globes, l’un pour Le Voile des illusions en 2007, l’autre pour La Forme de l’eau en 2018, et trois Bafta, en 2011 pour Le Discours d’un roi, en 2015 pour The Grand Budapest Hôtel, et en 2018 pour La Forme de l’eau.
En 2014, il devient le premier compositeur président du jury de la Mostra de Venise.

        Lire aussi :
         

                Alexandre Desplat : « Le compositeur est le troisième auteur d'un film  »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Avec quatre Oscars, « La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro, a dominé une cérémonie très démocratique, aux airs de messe.
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Oscars 2018 : le sacre de la sirène et de l’homme-poisson

Avec quatre Oscars, « La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro, a dominé une cérémonie très démocratique, aux airs de messe.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h35
    |

            Aureliano Tonet (Los Angeles, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Je vous promets une nuit toute en positivité ! », claironne-t-il au début du service. Quatre heures plus tard, la messe est dite : Jimmy Kimmel affiche l’œil brillant et la mine soulagée du prêtre qui s’est dépêtré d’un psaume passablement délicat. Pour sa deuxième année en tant que maître de cérémonie, l’humoriste n’a pas revécu le coup de théâtre diabolique de 2017, lorsque La La Land avait été désigné meilleur film, à tort.

Cette fois, rien n’a fait obstacle aux oracles de l’Académie. Ni accroc ni anicroche : les Oscars ont consciencieusement rempli leur office. Comme prévu, femmes et minorités ont été célébrées urbi et orbi ; comme prévu, la répartition des reliques fut très démocratique, distinguant d’une courte tête le favori, La Forme de l’eau ; comme prévu, l’onction a navigué avec fluidité entre les générations et les registres – légèreté, gravité, témérité ; comme prévu, l’eau a coulé à flots – et pas que sur les pupilles de Kimmel, dont le leitmotiv comique fut la promesse d’offrir un jet-ski au lauréat le plus concis.

Jimmy Kimmel, maître de cérémonie : « Oscar est le type d’homme qu’il nous faut : courtois, aimable, et pas le moindre pénis ! »
Ces derniers jours, il a plu sur Los Angeles. Des averses qui avaient donc valeur de présage : cette 90e cérémonie restera comme la cuvée la plus aqueuse depuis des lustres. Car c’est bien à La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro, qu’est revenue la bénédiction suprême, administrée par Faye Dunaway et Warren Beatty, alias « Bonnie and Clyde ». « C’est si bon de vous retrouver ! », se sont repentis, à l’annonce du lauréat, les fugitifs fautifs de l’an dernier, rentrés dans le droit chemin.
Nommée treize fois, la fantaisie du Mexicain sur les amours d’une sirène cinéphile et d’un homme-poisson repart avec quatre récompenses : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleurs décors et meilleure musique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ La 90e cérémonie des Oscars a été marquée par le triomphe du réalisateur mexicain Guillermo del Toro.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Frances McDormand a obtenu l’Oscar de la meilleure actrice pour « 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance ». Elle en a profité pour faire passer un message de lutte contre les discriminations raciales et sexuelles.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ L’industrie hollywoodienne était réunie dimanche à Los Angeles pour la cérémonie des Oscars, apogée de la saison des prix du cinéma.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Frances McDormand, Oscar de la meilleure actrice, a appelé les hommes d’Hollywood à s’intéresser davantage aux projets portés par des femmes.
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Une cérémonie des Oscars particulièrement politique

Frances McDormand, Oscar de la meilleure actrice, a appelé les hommes d’Hollywood à s’intéresser davantage aux projets portés par des femmes.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 13h51
   





                        


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            data-slide-description="Guillermo del Toro, qui a décroché les prix de meilleur réalisateur et meilleur film avec « La Forme de l’eau », est connu pour les monstres qui peuplent ses œuvres."
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            data-slide-description="La femme de Patrick Stewart, Sunny Ozell, porte le pins « Time’s Up »."
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            data-slide-description="L’artiste St. Vincent a été élue « la plus mal habillée » sur le tapis rouge par le « LA Times »."
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            data-slide-description="Allison Janney, toute vêtue de rouge, a remporté l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour « Moi, Tonya » ."
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            data-slide-description="Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour se faire remarquer ? La chanteuse Andra Day a choisi de s’allonger sur le tapis rouge."
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            data-slide-description="Le Français Alexandre Desplat remporte son deuxième Oscar, cette fois pour la musique de « La Forme de l’eau »."
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            data-slide-description="Pas nommée cette année, Jennifer Lawrence a profité des joies du bar."
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            data-slide-description="Jimmy Kimmel a emmené Gal Gadot distribuer des bonbons et chocolats aux spectateurs du Chinese Theater, en face du Dolby Theater, sur Hollywood boulevard."
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            data-slide-description="L’actrice de 86 ans, Rita Moreno, connue pour son rôle dans « West Side Story » portait la même robe que pour les Oscars de 1962 où elle avait été récompensée."
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            data-slide-description="Meryl Streep était debout pour applaudir Frances McDormand qui a reçu l’Oscar de la meilleure actrice pour « 3 Billboards : les panneaux de la vengeance »."
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            data-slide-description="L’équipe du film « La Forme de l’eau » rassemblée sur scène pour célébrer cette consécration."
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            data-slide-description="Le suspense était insoutenable : c’est finalement Mark Bridges, créateur de costumes récompensé, qui remporte le jet ski mis en jeu par Jimmy Fallon. Comment ? Il a prononcé le discours le plus court de la cérémonie."
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Guillermo del Toro, qui a décroché les prix de meilleur réalisateur et meilleur film avec « La Forme de l’eau », est connu pour les monstres qui peuplent ses œuvres.

JORDAN STRAUSS/INVISION/AP
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Une vidéo a été diffusée dimanche 4 mars lors de la cérémonie des Oscars pour se remémorer une année particulière, marquée par le mouvement #metoo et plus généralement la volonté d’ouvrir davantage Hollywood aux minorités. La séquence a été présentée par Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, la dernière affirmant même avoir été violée par le magnat déchu.
La vidéo s’est ouverte sur une autre actrice harcelée par Harvey Weinstein, Mira Sorvino, qui a expliqué que, depuis l’automne, avec les mouvements #metoo et Time’s Up, « tout le monde a maintenant une voix pour exprimer quelque chose qui se déroule depuis toujours, pas seulement à Hollywood, mais dans toute la société ».

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Mais le propos s’est rapidement élargi à l’ensemble des films qui ont ouvert de nouvelles voies à Hollywood depuis l’an dernier, de The Big Sick, dont le héros est d’origine pakistanaise, à Black Panther, premier film Marvel consacré à un super-héros noir, en passant par Lady Bird, réalisé par une femme, Greta Gerwig.
« Certains de mes films préférés sont faits par des gars blancs sur des gars blancs, a expliqué, dans la vidéo, Kumail Nanjiani, héros de The Big Sick et coscénariste du film. Aujourd’hui, des types blancs peuvent voir des films avec moi à l’affiche et se sentir touchés. »
Ovationnée, l’actrice américaine Frances McDormand, qui a remporté l’Oscar de la meilleure actrice, s’est mise au diapason de la vague post-Weinstein et a demandé à toutes les femmes professionnelles d’Hollywood dans la salle de se lever, suscitant un moment d’émotion dans le public. Parmi elles, plusieurs, notamment la réalisatrice de Lady Bird, Greta Gerwig, avaient les larmes aux yeux. Frances McDormand a appelé les hommes d’Hollywood à s’intéresser davantage aux projets portés par des femmes.

Jimmy Kimmel en rajoute une couche
Le présentateur de la soirée, Jimmy Kimmel, a également évoqué l’affaire Weinstein en plaisantant sur la statuette dorée baptisée Oscar. « Oscar est l’homme le plus respecté et aimé à Hollywood. Et il y a une bonne raison : regardez-le. Il garde ses mains en vue, ne dit jamais un mot grossier et le plus important, pas de pénis du tout. »
« Ce qui est arrivé à Harvey [Weinstein] et à d’autres aurait dû arriver depuis longtemps, a déclaré Jimmy Kimmel, sur la chaîne ABC, qui retransmet les Oscars aux Etats-Unis. Nous ne pouvons plus laisser les mauvais comportements rester impunis. Le monde nous observe. Nous devons donner l’exemple. » Si Hollywood parvient à se débarrasser du harcèlement sexuel, « les femmes auront seulement à y faire face le reste du temps et dans tous les autres endroits où elles iront », a plaisanté l’animateur.
Malgré les remous des six derniers mois à Hollywood, Jimmy Kimmel a assuré que c’était « une soirée pour le positivisme », pour rendre hommage à « un groupe de films remarquables et inspirants, qui ont tous été écrasés par “Black Panther” ce week-end ». Le film de super-héros a franchi ce week-end les 500 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis.

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                « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens



« Je me souviens d’une époque où les grands studios ne croyaient pas qu’une femme ou une personne issue d’une minorité pouvait avoir le premier rôle d’un film de super-héros », a expliqué Jimmy Kimmel, en référence à Black Panther mais aussi à Wonder Woman, immense succès au box-office en 2017. « La raison pour laquelle je m’en souviens, c’est parce que c’était en mars de l’an dernier », a-t-il ironisé.
La NRA irritée
Cette manifestation de solidarité et d’ouverture n’a pas été du tout du goût du principal lobby des armes aux Etats-Unis, la National Rifle Association (NRA). Habituellement silencieuse lors de ces cérémonies de récompenses, la NRA a publié une série de tweets agressifs, cherchant à faire le lien entre la question des armes et les Oscars, bien que le sujet n’ait pas été évoqué verbalement une seule fois lors de la soirée.
La NRA critiquait la position de beaucoup à Hollywood, généralement favorables à un contrôle renforcé des ventes d’armes.

"These Hollywood types...they all have armed guards. They're good. Don't you worry. Those tools of protection are t… https://t.co/dzkn2VTJP1— NRATV (@NRATV)


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« Les célébrités d’Hollywood (…) ont toutes des gardes armés (…) mais nos enfants n’y ont pas droit ? Expliquez-moi ça », déclare notamment, dans une interview vidéo postée sur Twitter, Dan Bongino, présenté comme un ancien agent secret par la chaîne de la NRA, NRATV.
Une pique à Trump
Le président Trump, sa passion des tweets et sa politique anti-immigration n’ont pas été épargnés : Jimmy Kimmel a évoqué la « superbe Lupita Nyong’o. Elle est née au Mexique et a été élevée au Kenya. Et voilà l’avalanche de tweets qui va commencer depuis les toilettes présidentielles ».
La comédienne oscarisée pour Twelve Years a Slave et à l’affiche du block-buster Black Panther a quant à elle déclaré sur scène, allusion aux jeunes sans-papiers surnommés les « Dreamers » (« rêveurs », en français) : « Nous sommes des rêveurs qui rêvions un jour de travailler dans le cinéma [et] les rêves sont la fondation d’Hollywood et de l’Amérique. »
Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur, le Mexicain Guillermo del Toro s’est présenté sur le podium comme « un immigré ». « Je trouve que la plus belle chose que produit notre art et notre industrie, c’est d’effacer les lignes dans le sable », a-t-il déclaré. « Nous devrions continuer à faire ça, quand le monde voudrait les faire plus profondes. »

        Oscars 2018 : palmarès, moments forts,
         

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Le film du cinéaste mexicain remporte quatre statuettes : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure direction artistique et meilleure musique originale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/03/2018
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Oscars 2018 : « La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro, domine la cérémonie

Le film du cinéaste mexicain remporte quatre statuettes : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure direction artistique et meilleure musique originale.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 09h50
   





                        


Le réalisateur mexicain Guillermo del Toro, grand vainqueur de la 90e cérémonie des Oscars, a remporté dimanche 4 mars l’Oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur pour son conte fantastique La Forme de l’eau, lors d’une soirée marquée par des messages contre les violences sexuelles et la politique anti-immigration du président américain Donald Trump.
Le réalisateur mexicain de 53 ans, connu pour les monstres, vampires et super-héros peuplant ses œuvres, assure avoir réalisé cette fois « son premier film d’adulte ». « Les monstres sont les saints patrons de nos merveilleuses imperfections », expliquait-il en recevant en janvier le Golden Globe du meilleur film, pour sa romance fantastique entre une muette employée d’un laboratoire gouvernemental secret qui tombe amoureuse d’une créature reptilienne captive. Le tout s’est retrouvé à l’écran grâce à la magie du cinéma.
Et La Forme de l’eau, nommé 13 fois et qui repart avec 4 statuettes, est son « œuvre maîtresse jusqu’à présent », car « il manquait jusqu’alors un trait de caractère de Guillermo dans ses films, l’humour », estime Leonardo Garcia-Tsao, critique de cinéma et vieil ami du cinéaste.

Frances McDormand obtient l’Oscar de la meilleure actrice pour 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance. A 60 ans, la comédienne entre dans le club très privé des actrices deux fois oscarisées. Elle avait décroché une première statuette en 1997 pour son rôle de policière enceinte et tenace dans Fargo, des frères Coen.

   


Gary Oldman remporte lui l’Oscar du meilleur acteur pour Les Heures sombres. Il s’agit de sa première statuette. Il était donné favori après avoir gagné, entre autres, lors des Golden Globes et des Screen Actors Guild Awards.
Le compositeur français Alexandre Desplat a décroché dimanche son deuxième Oscar pour la bande-originale de La Forme de l’eau, confirmant sa place aux côtés de musiciens français mythiques comme Georges Delerue, Maurice Jarre ou Michel Legrand.
Pixar encore gagnant
Coup de cœur du public, Coco, qui raconte l’histoire d’un petit garçon poursuivant ses rêves sur fond de la fête des morts au Mexique, a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation. C’est la sixième victoire d’affilée pour le groupe Disney, qui a racheté en 2006 Pixar, vainqueur à trois reprises sur cette série avec Coco, Vice Versa et Rebelle. Sur les onze dernières cérémonies, Pixar l’a emporté sept fois, et le groupe Disney dans son ensemble, dix fois.
Ce dessin animé, que son co-réalisateur Lee Unkrich qualifie de « lettre d’amour au Mexique », est le premier du studio Pixar s’immergeant totalement dans une culture étrangère. C’était un pari risqué à un moment où Donald Trump a accédé à la présidence des Etats-Unis en usant durant sa campagne électorale d’une rhétorique anti-Mexicains.
#metoo présent
Une vidéo a été diffusée pour se remémorer une année particulière, marquée par l’affaire Weinstein, le mouvement #metoo et plus généralement davantage d’ouverture d’Hollywood aux minorités. La séquence a été présentée par Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, la dernière affirmant même avoir été violée par le magnat déchu.

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La vidéo s’est ouverte sur une autre actrice harcelée par Harvey Weinstein, Mira Sorvino, qui a expliqué que, depuis l’automne, avec les mouvements #metoo et Time’s Up, « tout le monde a maintenant une voix pour exprimer quelque chose qui se déroule depuis toujours, pas seulement à Hollywood, mais dans toute la société ».
Mais le propos s’est rapidement élargi à l’ensemble des films qui ont ouvert de nouvelles voies à Hollywood depuis l’an dernier, de The Big Sick, dont le héros est d’origine pakistanaise, à Black Panther, premier film Marvel dédié à un super-héros noir, en passant par Lady Bird, réalisé par une femme, Greta Gerwig – par ailleurs snobé par l’académie, puisqu’il repart sans aucune récompense.
« Certains de mes films préférés sont faits par des gars blancs sur des gars blancs », a expliqué, dans la vidéo, Kumail Nanjiani, héros de The Big Sick et co-scénariste du film. « Aujourd’hui, des types blancs peuvent voir des films avec moi à l’affiche et se sentir touchés », a-t-il ajouté : « Ce n’est pas si difficile, c’est ce que j’ai fait toute ma vie. »
Retrouvez tout le palmarès ci-dessous :
Film : La Forme de l’eau de Guillermo del Toro
Réalisateur : Guillermo del Toro pour La Forme de l’eau
Actrice : Frances McDormand pour 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance
Acteur : Gary Oldman pour Les Heures sombres
Actrice dans un second rôle : Allison Janney dans Moi, Tonya
Acteur dans un second rôle : Sam Rockwell dans 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance
Scénario original : Get Out, scénario de Jordan Peele
Adaptation : Call Me by Your Name, adapté par James Ivory
Film d’animation : Coco des studios Pixar
Film en langue étrangère : Une Femme fantastique de Sebastian Lelio
Documentaire : Icarus de Bryan Fogel et Dan Cogan
Meilleure photographie : Blade Runner 2049 de Roger A. Deakins
Musique originale : Alexandre Desplat pour La Forme de l’eau
Chanson originale : Remember Me, dans le film d’animation Coco, musique et paroles de Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez
Direction artistique : Paul Denham Austerberry, Shane Vieau et Jeffrey A. Melvin, La Forme de l’eau
Costumes : Mark Bridges, Phantom Thread
Montage son : Richard King et Alex Gibson, Dunkerque
Mixage son : Richard King et Alex Gibson, Dunkerque
Effets spéciaux : Blade Runner 2049, John Nelson, Gerd Nefzer, Paul Lambert et Richard R. Hoover
Montage : Lee Smith, Dunkerque
Maquillage et coiffure : Kazuhiro Tsuji, David Malinowski et Lucy Sibbicki, Les heures sombres
Court-métrage documentaire : Heaven is a traffic jam on the 405, de Frank Stiefel
Court-métrage : The Silent Child de Chris Overton et Rachel Shenton
Court-métrage d’animation : Dear Basketball de Glen Keane et Kobe Bryant



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ « La Forme de l’eau » a dominé les Oscars. Le film de Guillermo del Toro remporte quatre statuettes : film, réalisateur, direction artistique et musique originale.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Plusieurs fois nommés dans les catégories principales, ces trois films devraient remporter quelques statuettes dimanche soir à Los Angeles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/03/2018
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Oscars 2018 : « La Forme de l’eau », « Dunkerque » et « 3 Billboards » grands favoris

Plusieurs fois nommés dans les catégories principales, ces trois films devraient remporter quelques statuettes dimanche soir à Los Angeles.



Le Monde
 |    04.03.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 16h39
   





                        



   


Hollywood retient son souffle avant la grand-messe des Oscars, dimanche 4 mars, à Los Angeles. Une 90e cérémonie qui devrait être marquée par le scandale Weinstein, tandis que l’annonce des nominations, en janvier, a souvent résonné de l’écho du mouvement #metoo.
Certaines stars devraient aussi arborer un pin’s orange représentant le drapeau américain en signe d’opposition aux violences liées aux armes à feu.

Some celebrities attending the Academy Awards will reportedly wear an orange anti-gun violence pin https://t.co/gyDSyngNXC— NYMag (@New York Magazine)


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Animateur de la soirée pour la deuxième fois d’affilée, l’humoriste Jimmy Kimmel a aussi promis que l’impair de l’année passée — un mauvais nom avait été annoncé pour l’Oscar du meilleur film, La La Land au lieu de Moonlight — ne se reproduirait pas.
Trois films font la course en tête : la romance fantastique La Forme de l’eau (The Shape of Water, treize nominations) ; le film historique Dunkerque (huit nominations) ; et le drame satirique 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance (sept nominations). Suivent Phantom Thread (six nominations) et Lady Bird (cinq). Séance de rattrapage, au cas où vous les auriez manqués cette année.
« La Forme de l’eau », de Guillermo del Toro

   


Passionné par les figures fantasmagoriques voire carrément monstrueuses, Guillermo del Toro était jusqu’ici connu pour des films comme Hellboy ou Le Labyrinthe de Pan. Avec ses treize nominations, notamment dans les principales catégories, La Forme de l’eau est un conte étrange et enchanteur sur les amours d’une modeste employée muette et d’une créature amphibie, qui revisite l’histoire de La Belle et la Bête.

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                « La Forme de l’eau » : un monstre dans l’eau trouble américaine



La « belle » y est une femme de ménage muette et timide (Elisa, interprétée par Sally Hawkins, qui a appris la langue des signes), employée dans un laboratoire gouvernemental américain ultrasecret pendant la guerre froide. Sa vie bascule lorsqu’elle fait la découverte d’une expérience encore plus secrète et rencontre la « bête », une créature sortie de la mer, condamnée à être dépecée par ceux qui la retiennent, en premier lieu le directeur du laboratoire (Michael Shannon). La rencontre de ces deux solitudes va donner naissance à une histoire d’amour follement poétique, où l’eau jouera un élément essentiel. Elisa va tenter de faire évader la créature, avec l’aide de sa collègue (Octavia Spencer) et de son voisin (Richard Jenkins), deux personnages aussi seuls qu’elle.

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          Guillermo del Toro : « En vieillissant, on est prêt à se servir des accidents pour créer »



« Dunkerque », de Christopher Nolan

   


Christopher Nolan a récolté huit nominations pour Dunkerque, son drame magistral sur l’opération « Dynamo », l’évacuation désespérée de l’armée alliée de la plage de Dunkerque en 1940.

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Son poussé au maximum, ­impacts des bombes et des balles sifflant aux oreilles des spectateurs, format plus grand et plus vibrant que ­nature, couleurs sombres et paysages d’apocalypse, caméra ­embarquée dans les situations les plus atroces, partition omniprésente d’Hans Zimmer… Nolan joue, en virtuose, de cette approche immersive. Sur terre, sur mer ou dans les airs, il s’agit de faire intimement ressentir au spectateur ce que c’est que d’être un soldat transformé, par la ­nature des opérations militaires et du terrain, en une cible permanente.

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« 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance », de Martin McDonagh

   


Fort de sept nominations, notamment pour le meilleur second rôle masculin (Sam Rockwell, en tête des paris, et Woody Harrelson) et pour la meilleure actrice (Frances McDormand), ce film met en scène avec beaucoup d’humour noir Mildred, une mère en deuil et en colère qui loue trois panneaux publicitaires pour relancer l’enquête sur le meurtre de sa fille.

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La tonalité abrasive du message de Mildred, qui hurle l’horreur des faits pour empêcher que ce crime se perde comme tant d’autres dans le silence et l’oubli, donne à ce début de film une teinte féministe offensive, que renforcent les allégations sur les violences racistes commises dans l’enceinte du commissariat par un certain Dixon (Sam Rockwell).

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« Phantom Thread », de Paul Thomas Anderson

   


Dans le Londres des années 1950, Phantom Thread raconte l’histoire de Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), couturier londonien qui multiplie les conquêtes féminines. Jusqu’à ce qu’il rencontre Alma (Vicky Krieps), une jeune femme à la beauté irrégulière et au léger accent germanique, dans une auberge sur la route qui le mène à son cottage. Woodcock se livre alors à une cour effrénée, à laquelle Alma répond sans se laisser désarmer. 

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La jeune femme se lance dans une campagne sans merci pour transformer l’engouement de Reynolds Woodcock en engagement… Magistral dans le rôle du couturier, Daniel Day-Lewis a annoncé qu’il tenait là son dernier rôle à l’écran.

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« Lady Bird », de Greta Gerwig
Pour son premier film derrière la caméra, l’actrice Greta Gerwig dresse le portrait sensible d’une adolescente qui rêve de fuir la Californie et sa relation tumultueuse avec sa mère.

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Christine McPherson (interprétée par la jeune actrice améri­cano-irlandaise Saoirse Ronan), 17 ans, qui se présente sous le nom de « Lady Bird », étudie dans un lycée catholique pour filles de Sacramento. Issue d’une famille de la classe moyenne au milieu d’élèves très aisés, elle passe ses journées avec sa meilleure amie. Sa mère, une infirmière intransigeante qui travaille sans relâche, a peu d’ambition pour sa fille : étudier à l’université du coin, dans le meilleur des cas.

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« Lady Bird », elle, rêve de vivre dans « un endroit culturel, comme New York, le Connecticut, le New Hampshire, où vivent les écrivains », quitte à entrer en conflit ouvert avec sa mère. En attendant, elle rejoint l’atelier de théâtre et de comédie musicale de son lycée, où elle flirte avec le petit ami idéal, tout en ne perdant pas des yeux Kyle, plus mauvais garçon…




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Les prix de meilleur acteur, féminin et masculin, sont revenus respectivement à Frances McDormand (« 3 Billboards ») et à Timothée Chalamet (« Call Me by Your Name »).
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« Get Out » triomphe aux Spirit Awards, un bon indicateur des Oscars

Les prix de meilleur acteur, féminin et masculin, sont revenus respectivement à Frances McDormand (« 3 Billboards ») et à Timothée Chalamet (« Call Me by Your Name »).



Le Monde
 |    04.03.2018 à 03h41
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 19h03
   





                        


Get Out, dénonciation du racisme et film d’horreur, pourrait contredire les pronostics aux Oscars qui donnent favoris La Forme de l’eau et 3 Billboards. Le long-métrage a triomphé samedi 3 mars lors de la 33e cérémonie des Spirit Awards, remportant les trophées de meilleurs film et réalisateur. Ces dernières années, les Spirit Awards ont été un bon indicateur des lauréats aux Oscars, qui seront décernés dimanche. En 2017, Moonlight, de Barry Jenkins avait en effet récolté le Spirit, puis l’Oscar du meilleur film.

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Jordan Peele, comédien qui passait pour la première fois derrière la caméra, a reçu son prix des mains de Spike Lee. « Nos vérités sont nos armes les plus puissantes face aux mensonges de ce monde », a-t-il déclaré. Son film, en course pour quatre Oscars dimanche, met en scène un jeune homme noir (Daniel Kaluuya), qui va vivre un week-end très étrange chez les parents de sa petite amie blanche.

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Les Spirit Awards ont confirmé certains favoris aux Oscars. Allison Janney a été couronnée meilleur second rôle féminin pour son rôle de mère abusive de la patineuse déchue Tonya Harding dans Moi, Tonya. Elle a déjà raflé tous les prix cette saison et est donnée gagnante par les experts dimanche, tout comme Sam Rockwell et Frances McDormand. Ils ont remporté respectivement le Spirit du meilleur second rôle masculin et de meilleure actrice pour 3 Billboards : les Panneaux de la vengeance, l’épopée d’une mère en colère qui loue trois panneaux publicitaires pour interpeller la police sur le meurtre non élucidé de sa fille.
Chalamet, Gerwig et le duo Varda-JR récompensés
Surprise en revanche, le Franco-Américain de 22 ans Timothée Chalamet a été nommé meilleur acteur pour Call Me by Your Name, une romance homosexuelle. Aux Oscars, c’est Gary Oldman, qui incarne Churchill dans Les Heures sombres, le mieux placé pour l’instant.

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Greta Gerwig a décroché le Spirit du meilleur scénario pour Lady Bird. Son premier film, en lice pour une poignée d’Oscars, raconte les états d’âme d’une adolescente qui s’apprête à entrer à l’université.

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Visages Villages, d’Agnès Varda et l’artiste de rue JR, a été sacré meilleur documentaire. Leurs déambulations poétiques dans les campagnes françaises pourraient offrir son premier Oscar à la pionnière de la Nouvelle Vague, âgée de 89 ans. Elle a déjà reçu en novembre un Oscar d’honneur saluant sa carrière.
Une femme fantastique a remporté le prix du meilleur film étranger. Ce poignant drame du Chilien Sebastian Lelio, porté par une actrice transgenre, Daniela Vega, est bien placé pour le prix équivalent des Oscars dimanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ En février, Benjamin Brafman avait affirmé que « si le comportement d’Harvey Weinstein n’a pas été irréprochable, il n’y avait certainement rien de criminel ».
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L’avocat d’Harvey Weinstein défend la « promotion canapé »

En février, Benjamin Brafman avait affirmé que « si le comportement d’Harvey Weinstein n’a pas été irréprochable, il n’y avait certainement rien de criminel ».



Le Monde
 |    03.03.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
04.03.2018 à 07h13
   





                        



   


A la veille de la cérémonie des Oscars 2018, Benjamin Brafman, l’avocat du producteur américain Harvey Weinstein, donne une interview au Times dans laquelle il défend la « promotion canapé », qui n’a pas été inventée par le producteur déchu.
« Si une femme décide qu’elle a besoin d’avoir des relations sexuelles avec un producteur d’Hollywood afin de faire avancer sa carrière, et qu’elle le fait en effet, et qu’elle trouve tout ça dégoûtant, ce n’est pas du viol. Vous avez pris la décision volontaire que vous êtes prêt à faire quelque chose qui est personnellement répugnant dans le but de faire avancer votre carrière, ce n’est pas un crime ».
En février, Benjamin Brafman – qui avait obtenu l’abandon des poursuites contre Dominique Strauss Kahn dans l’affaire du Sofitel – a assuré que, « si le comportement d’Harvey Weinstein n’a pas été irréprochable, il n’y avait certainement rien de criminel, et à la fin de l’enquête il apparaîtra clairement qu’Harvey Weinstein a promu plus de femmes à des rôles clé que tout autre responsable du secteur ».

Plusieurs enquêtes
Depuis les premières révélations du New York Times début octobre, plus d’une centaine de femmes, dont des célébrités comme Ashley Judd, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek, ont accusé Harvey Weinstein de les avoir harcelées, agressées ou violées, souvent il y a des années, voire des décennies.
Plusieurs victimes présumées l’ont assigné en justice. Le producteur de 65 ans est aussi sous le coup d’enquêtes menées par les polices de New York, Los Angeles et Londres, même s’il n’a fait l’objet d’aucune inculpation jusqu’ici.
Face à ces accusations, qui ont donné naissance au mouvement anti-harcèlement #MeToo, les avocats d’Harvey Weinstein ont toujours démenti qu’il ait eu des rapports sexuels non consentis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.
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Les Césars ont été suivis par deux millions de téléspectateurs sur Canal+

Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h27
   





                        


La 43e cérémonie des Césars, retransmise en clair sur Canal+ vendredi 2 mars, a attiré 2,1 millions de téléspectateurs (11,4 % de part d’audience). Une hausse par rapport à 2017, où la soirée avait été suivie par 1,9 million de personnes, selon des chiffres de Médiamétrie.
La soirée, placée sous le signe de la lutte contre les violences faites aux femmes et animée par Manu Payet, a permis à Canal+ de se hisser à la quatrième place des chaînes les plus regardées hier soir, derrière TF1, France 2 et M6.
La cérémonie a enregistré un pic d’audience de 2,3 millions de téléspectateurs à 22 h 37, au moment de l’hommage à Mireille Darc rendu par Aure Atika, qui portait la robe dos-nu mythique de la star, a précisé la chaîne cryptée, ajoutant que 19,2 % de ses abonnés ont suivi l’événement qui était également retransmis sur Mycanal et Dailymotion.
En haut du podium, la Une a séduit 3,6 millions de personnes (18,7 %) avec son jeu Le Grand Concours des animateurs, talonnée par France 2 qui en a attiré 3,3 millions (14,7 %), avec sa série française Lanester. En 3e place, la série Mac Gyver sur M6 a été regardée par 2,8 millions de personnes (12,1 %).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.
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Séisme sur la planète cinéma

Editorial. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, le milieu du cinéma commence à adopter des mesures concrètes contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité entre les genres.



Le Monde
 |    03.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
03.03.2018 à 14h32
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est le propre du show-business : des robes noires des Golden Globes californiens et des Bafta londoniens, les 7 janvier et 18 février, jusqu’aux rubans blancs arborés lors de la remise des Césars parisiens, vendredi 2 mars, les grandes industries cinématographiques ont ostensiblement déployé leur soutien à la cause des femmes. Ces démonstrations, que prolongera, à n’en pas douter, la remise des Oscars américains ce week-end, témoignent de la place centrale que le cinéma a prise dans le combat pour l’égalité entre les genres.

        Lire le récit :
         

          Les Césars, du ruban rouge au ruban blanc



Ce rôle, le cinéma le doit à Harvey Weinstein. Depuis la révélation par le New York Times et le New Yorker, le 5 octobre 2017, des agressions sexuelles en série commises par le producteur de Pulp Fiction et de Gangs of New York, accusations et mises à l’écart n’ont plus cessé. L’acteur Kevin Spacey et le responsable de création chez Disney-Pixar John Lasseter, le vénérable Dustin Hoffman et le juvénile Casey Affleck, cibles de mises en causes circonstanciées, ont dû renoncer qui à un rôle aussitôt confié à un autre, qui à l’un des postes les plus prestigieux du cinéma américain, qui, enfin, à participer à la cérémonie des Oscars.

        Lire le compte-rendu :
         

          « 120 battements par minute » et « Au revoir là-haut » grands gagnants des Césars 2018



Parole libérée d’une autre manière
Le séisme qui secoue la planète cinéma n’est pas moindre en Europe. Si les droits et les cultures y rendent plus difficiles les accusations nominatives, la parole des femmes s’est libérée d’une autre manière. Les professionnelles du cinéma ont relancé le débat sur l’inégalité entre genres dans leurs métiers. Aux Etats-Unis, la directrice de la photographie Rachel Morrison est la première femme, depuis la fondation des Oscars en 1929, à être nommée dans sa catégorie. En France, Tonie Marshall, qui a remporté le César de la réalisation en 2000, récompense qui n’était jamais allée à une femme, attend toujours une successeure.
Si bien que les regards se tournent vers l’Europe du Nord, en particulier vers la Suède, où la parité dans les instances attribuant les fonds publics a été instituée, où ces fonds devront pour moitié être attribués à des projets portés par des femmes, à condition que le personnel et les dirigeants des sociétés produisant ces films aient consacré une journée de formation à la lutte contre le harcèlement.
Dans le sillage de l’affaire Weinstein, on est donc passé en quelques mois du déballage au débat, et l’on voit maintenant poindre l’adoption de mesures concrètes. La rapidité et l’ampleur de la secousse tiennent à la nature même du cinéma, à son exposition au regard de tous, à son extrême sensibilité aux mouvements de l’opinion – lorsqu’un producteur remercie un acteur ou un metteur en scène qui fait l’objet d’accusations, la décision est au moins autant économique qu’éthique, il s’agit de protéger la campagne de marketing et les recettes au box-office.
Ce serait pourtant une erreur de considérer que les ingrédients de la crise actuelle – les violences faites aux femmes, l’inégalité dans les salaires, l’accès aux financements ou aux postes de responsabilité – bouillonnent en vase clos. Les gens de cinéma ont beau s’habiller différemment des autres les soirs de Césars ou d’Oscars, ils vivent dans la même société que le commun des mortels. C’est à l’ensemble de cette société de faire en sorte que le débat en cours ne reste pas l’apanage du seul 7e art. C’est à l’ensemble de cette société de promouvoir les avancées salutaires dont il est porteur, afin qu’elles bénéficient à toutes et à tous.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Le milieu du cinéma était réuni vendredi 2 mars à la Salle Pleyel à Paris pour la traditionnelle cérémonie de récompenses du cinéma français.
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