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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Alexandra Jousset et Andrea Rawlins-Gaston livrent une enquête fouillée sur les réseaux européens opposés à l’IVG, leurs chefs de file, leur lobbyisme et leurs soutiens (sur Arte à 20 h 50).
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TV – « Avortement, les croisés contre-attaquent »

Notre choix du soir. Alexandra Jousset et Andrea Rawlins-Gaston livrent une enquête fouillée sur les réseaux européens opposés à l’IVG, leurs chefs de file, leur lobbyisme et leurs soutiens (sur Arte à 20 h 50).



Le Monde
 |    06.03.2018 à 17h45
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur Arte à 20 h 50



« Les anti-avortement sont repartis en guerre », prévient la voix off. Pour ces nouveaux croisés, il n’est plus question du tombeau du Christ mais des sépulcres des ­embryons avortés. En Europe, une nouvelle génération de militants remet en cause le droit à l’IVG. Une « croisade » menée au nom des valeurs chrétiennes dont le caractère réactionnaire est ici symbolisé par un cintre, qui rappelle les techniques d’avortements clandestins.
L’enquête d’Alexandra Jousset et Andrea Rawlins-Gaston, extrêmement bien construite, décrypte l’offensive livrée par les mouvements anti-avortement à travers l’Europe. Certains sont influencés par les milieux ultraconservateurs américains, d’autres potentiellement financés par des oligarques russes. Pour Avortement, les croisés contre-attaquent, les journalistes ont mené jusqu’en Russie et aux Etats-Unis un travail d’investigation implacable dans lequel elles donnent la parole aux pros, aux anti, ainsi qu’aux principales intéressées.
Une communication 3.0
Dans les pays où l’IVG est autorisée, avorter reste parfois un parcours du combattant. En Italie, où la légalisation date de 1978, 70 % des médecins refusent de s’y soumettre, au nom de l’objection de conscience, si bien que les services IVG des hôpitaux et cliniques se retrouvent saturés. Même si le pape François, en 2016, a étendu le pardon aux femmes ayant avorté, le discours de l’Eglise n’a pas changé, et son aile fondamentaliste reste très influente. Dans le nord du pays, une association procède à des enterrements de fœtus collectés dans les hôpitaux, avec l’accord de la région. Cette pratique morbide se résume en une image forte : une croix et un Christ entouré de trois fœtus. Déroutant.
Les deux auteures dressent également le portrait des nouveaux chefs de file de ces groupes, ­rompus à l’exercice de la communication 3.0. En France, Emile Duport, porte-parole des Survivants, planifie des cyberactions coup de poing pour faire parler de son mouvement dans les ­médias. ­Internet constitue un nouveau terrain d’action pour ces activistes nourris aux réseaux sociaux. Cette « guérilla numérique » est prégnante en ­Espagne, où Ignacio Arsuaga, à la tête de l’association HazteOir.org, a fait de l’activisme en ligne son cheval de bataille.

   


La lutte anti-IVG s’envisage aussi sur le terrain politique. En Europe, ces militants parviennent à faire entendre leur voix auprès des gouvernements. C’est le cas au Portugal et en Hongrie, où la loi complique désormais l’accès à l’avortement. Ils sont également de plus en plus influents à Bruxelles. Leur cible : les fonds de l’Union européenne destinés à financer la contraception et l’avortement dans les pays en voie de développement. En 2013, la pétition « One of us », en faveur de la protection de l’embryon, avait obtenu plus de 1,7 million de signatures sur le Net, du jamais-vu. Aujourd’hui, les anti-IVG font partie intégrante du lobbyisme européen.
Les réalisatrices révèlent, preuves à l’appui, les liens qui existent entre ces groupes et leurs homologues américains et russes. Leur film met au jour une « guerre » menée de front, dans l’arène médiatique, mais aussi un combat souterrain, qui s’organise par-delà les frontières, structuré par un important réseau d’individus qui « avancent masqués ».
Avortement, les croisés contre-attaquent, d’Alexandra Jousset et Andrea Rawlins-Gaston (Fr., 2017, 95 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. L’égérie controversée de la lutte anti-apartheid revisite son histoire dans un film qui l’érige en mythe (sur Arte à 23 h 40).
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TV – Les vérités de Winnie Mandela

A voir aussi ce soir. L’égérie controversée de la lutte anti-apartheid revisite son histoire dans un film qui l’érige en mythe (sur Arte à 23 h 40).



Le Monde
 |    06.03.2018 à 17h30
    |

            Joan Tilouine








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 40



Le 11 février 1990, devant les caméras du monde entier, Nelson Mandela fait ses premiers pas d’homme libre après vingt-sept ans, six mois et six jours de prison. A son côté, Winnie, son épouse, qu’il connaît à peine. Durant tout le temps passé en détention, cette figure des townships, indomptable, a dénoncé le régime blanc et raciste, l’a combattu par la parole, les manifestations et les actes de sabotage. Puis par les armes qu’elle faisait entrer clandestinement en Afrique du Sud pour le compte de la branche militaire du Congrès national africain (ANC). Ce 11 février, Nelson et Winnie Mandela, fiers et patriciens, avancent d’un pas lent. Le couple le plus charismatique d’Afrique du Sud ne tiendra pourtant pas. Madiba divorcera six ans plus tard et Winnie sera retirée du testament de « Madiba ».
Dans ce documentaire, sorti en 2016, et couronné en 2017 du Prix de la meilleure réalisation – catégorie documentaire étranger – au Festival du film de Sundance, Winnie Mandela, 81 ans, revient sur une vie de combat.

   


Elle revisite cette histoire qu’elle a contribué à écrire, illustrée par des images d’archives ponctuées d’entretiens. Elle, l’égérie controversée de la lutte anti-apartheid qui a fini écartée de l’entourage de Nelson Mandela et discréditée par des caciques de l’ANC, règle aussi des comptes. La Commission vérité et réconciliation (CVR) établie en 1995, elle la considère comme un tribunal partisan et humiliant. La « pasionaria », qui a subi la prison, la brutalité et la torture, le harcèlement, l’espionnage et les complots au sein même de l’ANC, est devenue une paria. Elle se retrouve sur la sellette, accusée d’avoir poignardé ou d’avoir ordonné à ses gardes du corps de tuer, en 1989, un adolescent de 14 ans, Stompie Sepei, soupçonné d’être un informateur de la police. Elle n’a pas pardonné à l’archevêque anglican et Prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, de l’avoir suppliée de s’excuser lors d’une audience de la CVR qu’il présidait.
Ce documentaire est le sien. Ses nombreux détracteurs n’y ont pas la parole. Elle s’explique sans être contredite. Sa fille, son avocat, et d’autres proches viennent consolider sa parole, appuyer sa version et façonner son propre mythe, celui d’une icône tombée en disgrâce et sacrifiée par la politique.
Winnie, de Pascale Lamche (France, Pays-Bas, Afrique du Sud, 2016, 98 min).



                            


                        

                        


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Entretien

Seun Kuti : « Nos politiciens et nos élites économiques cannibalisent les peuples africains »

Le chanteur et saxophoniste nigérian, fils du grand « Fela », sort l’opus « Black Times » et poursuit sa lutte pour une révolution africaine, tant artistique que politique.

Joan Tilouine
    



LE MONDE
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        Le 06.03.2018 à 15h23

     •
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        Mis à jour le 06.03.2018 à 17h51






    
Seun Kuti sur scène à Los Angeles, en juillet 2017.
Crédits : RICH FURY/AFP


A 35 ans, le saxophoniste et chanteur nigérian Seun Kuti est déjà une légende. Il est aussi l’un des plus talentueux héritiers de l’afrobeat, ce style musical créé par son père, le génial Fela Anikulapo Kuti, qu’il accompagnait sur scène dès l’âge de 8 ans et qui s’est éteint en août 1997. Seun a poursuivi le processus créatif en reprenant l’orchestre de « Fela », le fameux groupe Egypt 80, successeur de l’Africa 70, tout en continuant de lutter, saxophone alto à la main, pour une Afrique plus juste, plus puissante, plus fière et indépendante.
Car Seun Kuti est un militant radical, comme le fut sa grand-mère, Funmilayo Ransome-Kuti, qui s’est battue pour les droits des femmes, et son père, plusieurs fois emprisonné pour avoir dénoncé la brutalité et la corruption des pouvoirs militaires dans les années 1970 et 1980. Intransigeant et critique de la classe politique africaine tout comme de l’élite économique, Seun Kuti continue de se produire chaque semaine ou presque avec son frère, Femi, dans le temple familial de Lagos, le New Afrika Shrine, où l’entrée est gratuite pour tous et la marijuana acceptée. Une manière de perpétuer le mythe d’une famille qui continue de bouleverser le paysage culturel africain.
Avec son quatrième album intitulé Black Times (sorti le 2 mars), le cadet de la fratrie Kuti rappelle sa maîtrise de l’afrobeat, qu’il continue de renouveler, d’explorer et d’enchanter. Tout en poursuivant sa lutte pour une révolution africaine inspirée des aînés, à qui il rend hommage.



Avec ce nouvel album, vous célébrez les penseurs et acteurs des indépendances africaines. Redoutez-vous qu’ils soient oubliés par la jeune génération ?
Seun Kuti L’histoire, la pensée et les acteurs des mouvements de libération me semblent largement oubliés. Que reste-t-il des idéologies libératrices de l’Afrique dans nos livres scolaires, dans nos médias, dans nos films ? La libération de l’Afrique a été une longue lutte et une période féconde sur le plan intellectuel, dont nous devons nous inspirer aujourd’hui.
Ces grands intellectuels ont été trahis par la plupart des dirigeants post-indépendance, qui ont saboté notre héritage. J’ai souhaité rappeler ce pan de notre histoire en musique. A ma manière, je souhaite interpeller les consciences des jeunes Africains et contrer le récit de cette nouvelle élite africaine responsable, selon moi, de notre appauvrissement intellectuel et qui ne veut surtout pas comprendre et diffuser le vrai message de la libération africaine.
Vous chantez « Lift up to be free », « se soulever pour être libre ». A quel soulèvement faites-vous allusion ?
Je ne pense pas à des manifestations. Je pense que nous, Africains du peuple, devons nous organiser, nous stimuler pour agir. Il nous faut relire nos aînés, comme l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop, qui a démontré scientifiquement combien l’Afrique subsaharienne a contribué à la civilisation mondiale. Il faut relire les panafricanistes tels que l’Afro-Américain Amos N. Wilson, le Ghanéen Kwame Nkrumah [premier président du Ghana], tirer des leçons de la vie de Patrice Lumumba [premier chef de gouvernement du Congo-Kinshasa, assassiné le 17 janvier 1961] et d’autres pionniers.

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Il ne s’agit plus forcément de protester mais de s’élever par la pensée, par l’éducation, pour aller au-delà d’un récit colonialiste toujours en vigueur. Par exemple, on m’enseignait à l’école que l’explorateur [écossais du début du XIXe siècle] Mungo Park a découvert le fleuve Niger chez moi. Comme si mes ancêtres qui y vivaient étaient trop stupides pour constater l’existence d’une rivière !

    
Pochette du dernier album de Seun Kuti intitulé « Black Times », sorti en mars 2018.
Crédits : 


Quelles personnalités politiques contemporaines du continent vous inspirent ?
Julius Malema, le leader des Combattants pour la liberté économique (EFF), en Afrique du Sud. Son combat me semble le bon. Il m’intéresse plus que le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, adulé par l’élite africaine, car il est l’un des leurs, un homme d’affaires prospère et individualiste. Il y a beaucoup d’autres Julius Malema qu’on ne connaît pas en Afrique, car ils n’ont pas d’exposition médiatique. Mais j’ai envie de croire à une nouvelle génération d’acteurs politiques au service de leur peuple.

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Vous êtes très critique, mais ne pensez-vous pas que le succès de votre compatriote Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, inspire une partie de la jeunesse et fait plus rêver que Kwame Nkrumah ?
C’est en effet une tendance urbaine. L’agenda ultralibéral qui est mis en œuvre en Afrique ne rencontre pas beaucoup de résistance, alors il avance. Et l’élite africaine accumule des richesses, s’offre des jets privés, des palais à Londres, à Dubaï, à Paris ou au Cap. Ce qui peut faire rêver sur un continent où la grande majorité des jeunes survivent.
« Les oligarques africains, portés au pinacle par la presse occidentale, ne construisent pas grand-chose pour leur pays »
On retrouve ces nantis parlant au nom de l’Afrique lors de sommets et conférences. Mais que font-ils vraiment pour les Africains ? Aliko Dangote et ses amis milliardaires sont validés, autorisés, encouragés par les différentes institutions d’influence politique, économique, religieuse… Mais ces oligarques africains, portés au pinacle par la presse occidentale, ne construisent pas grand-chose pour leur pays. Ils défendent d’abord leurs intérêts et s’assurent du soutien de leurs chefs d’Etat respectifs, qui les aident et leur donnent le droit de s’enrichir en exploitant des ressources naturelles.

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Le changement peut-il aussi venir du secteur privé en Afrique ?
Lorsque le président nigérian, Muhammadu Buhari, donne le droit à un milliardaire d’exploiter du pétrole ou de construire une usine qui produira des denrées désormais interdites à l’importation, il le fait au nom des Nigérians. Mais qu’avons-nous en échange ?
Aliko Dangote a une fortune estimée à 14 milliards de dollars [plus de 11 milliards d’euros], mais à quoi cela sert-il si son peuple vit dans la misère ? Lorsqu’il daigne partager des miettes de sa fortune pour des œuvres philanthropiques, tout le monde le remercie et le félicite. Mais la grande majorité des Nigérians souffre. Et ces oligarques profitent de notre confiance confisquée par leur ami au pouvoir. Ils en abusent pour s’accaparer nos richesses.
Cette élite présentée comme la réussite de l’Afrique est, pour moi, l’incarnation de l’échec, de l’égoïsme et de la perte d’identité africaine. Car elle a démontré son incapacité à transformer les sociétés. On a besoin d’éducation, de centres de soins, de logements… Ils ont des milliards et les gardent pour eux.

    
Femi (à gauche) et Seun Kuti, à Lagos, lors de l’ouverture du musée dédié à Fela Kuti, leur père, en octobre 2012.
Crédits : PIUS UTOMI EKPEI/AFP


Pouvez-vous préciser votre théorie de « la chèvre et la patate douce », titre qui figure sur votre dernier album ?
L’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan [2010-2015], avait lui-même utilisé cette métaphore pour répondre aux critiques ciblant son gouvernement corrompu. Selon lui, les politiciens étaient comme des chèvres qui se trouvaient trop près des patates douces, qu’ils ne pouvaient s’empêcher de manger. Là, je me suis dit que ce président titulaire d’un doctorat [de zoologie] était taré. Ça m’a inspiré cette idée que le peuple est contraint à brouter l’herbe laissée par les politiciens qui, eux, se goinfrent de patate douce et dévorent même la vie des gens en détournant l’argent censé servir à construire des hôpitaux ou des écoles. C’est une sorte de cannibalisme économique.

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Vous avez composé votre album à Lagos. Votre ville natale est parfois réduite au statut de capitale de l’afro-capitalisme, où l’étalage de la richesse dans des quartiers comme Victoria Island est la norme. Quel est votre rapport à Lagos ?
« Je n’ai pas besoin de Gucci, de yachts et de jets privés. Au matérialisme, je préfère la simplicité des gens de mon quartier »
Je ne vais que très rarement à Victoria Island, car ce que vous décrivez est tout ce que je déteste et dénonce. Il y a comme un mur mental créé et rehaussé par une élite souvent corrompue. Lagos est ma ville, ma maison. Je vis toujours au milieu des miens, à cinq minutes de là où j’ai grandi, dans le quartier populaire d’Ikeja. Je ne crois pas dans le luxe, je n’ai pas besoin de Gucci, de palais, de yachts et de jets privés. Au matérialisme, je préfère la simplicité des gens de mon quartier dont je m’entoure car ils m’aident à capter l’énergie nécessaire à ma création.

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Quel regard portez-vous sur les stars de l’afropop telles que Wizkid et Davido, qui remplissent des stades partout en Afrique, célèbrent votre père et dont les tubes s’exportent dans le monde ?
Ils prônent un mode de vie ultracapitaliste. Ce sont des jeunes frères nigérians qui ont percé en faisant de la musique pop africaine. C’est un peu comme l’industrie cinématographique de Nollywood : on en parle beaucoup mais finalement il n’y a pas une seule production qui a connu un succès global. L’afropop est un business dont on se félicite au Nigeria, mais pour le moment, il n’y a pas vraiment eu de tube international.
En 2017, le titre « Come closer », du Canadien Drake et du Nigérian Wizkid, a pourtant connu un succès planétaire…
Ça, c’est le tube du Canadien Drake ! Le problème de ces jeunes stars de l’afropop, c’est qu’elles n’ont finalement aucun message à exprimer. Ils chantent l’argent, les vêtements et les voitures de luxe, les jolies filles charmées grâce à des liasses de dollars… L’élite du Nigeria mise d’ailleurs des milliards de nairas sur ces jeunes car ils peuvent faire vendre des produits. C’est un business rentable.

    
Des fans tiennent une photo du roi de l’afrobeat, Fela Kuti, à Lagos, en octobre 2012.
Crédits : AKINTUNDE AKINLEYE/REUTERS


A défaut de voir un film de Nollywood séduire un public mondial, le film « Black Panther » semble parti pour battre des records. Avez-vous ressenti ce sentiment de « fierté africaine » en le voyant ?
Je suis noir chaque jour et je n’ai pas besoin de Hollywood pour être fier de mon africanité. Cet engouement m’amuse et m’exaspère. C’est comme Halloween, avec des riches Africains qui vont se déguiser en costumes traditionnels pour aller voir ce blockbuster. Le temps d’un film, ils se sentent soudainement fiers d’êtres noirs et idéalisent ce paradis africain 2.0 pour oublier la réalité. Je trouve ça un peu ridicule.

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En dehors du Nigeria, vous êtes finalement plus connu en Occident qu’en Afrique, où votre dernière tournée remonte à 2009. N’est-ce pas paradoxal ?
C’est vrai que je fais plus de concerts en Europe qu’en Afrique, où il est parfois difficile de trouver des partenaires. Mais mon succès en Occident, je l’utilise d’abord pour ma communauté, ce qui est le plus important pour moi, et pour diffuser mon message, qui ne change pas en fonction de l’audience. Je crois dans le pouvoir de l’art qui n’a pas de frontières.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Les internautes ont moqué l’interdiction, inscrite sur les billets d’entrée du concert d’une pop star égyptienne.
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L’interdiction de danser pendant un concert en Arabie saoudite provoque des sarcasmes

Les internautes ont moqué l’interdiction, inscrite sur les billets d’entrée du concert d’une pop star égyptienne.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 15h18
   





                        


« Interdit de danser ou de se trémousser ». La consigne, écrite sur les billets d’entrée d’un concert d’une pop star égyptienne en Arabie saoudite, a suscité la risée de nombreux internautes.
« Mesdames et messieurs, veuillez attacher vos ceintures », a ironisé un utilisateur de Twitter. « Les couloirs et les sièges seront équipés de détecteurs. Quiconque songe à se trémousser sera expulsé », a-t-il ajouté. « A quand des concerts sans le son ? » demande une internaute.

Il paraît que la musique adoucit les moeurs! Pas en #ArabieSaoudite où les saoudiens qui assisteront au concert du… https://t.co/YjKFmIabsj— ClarenceArabie (@Clarence Rodriguez)


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D’autres utilisateurs du réseau social ont accusé le pays de ne vouloir qu’améliorer son image plutôt que créér un véritable changement dans les mœurs du pays. « En réalité vous viendrez remplir les gradins juste pour montrer la nouvelle image du royaume à l’Occident ! » écrit ainsi un internaute en s’adressant aux spectateurs du concert.

Concert d'un chanteur égyptien a djeddah en Arabie saoudite, avec une mention sur le ticket :" interdit de danser e… https://t.co/pyoNQ8cNBI— lamri213 (@lamri f.)


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Le concert en question sera donné le 30 mars par le chanteur égyptien Thamer Hosny à Djedda, la grande ville de l’Ouest saoudien. Le pays a accueilli ces derniers mois une série de concerts d’artistes, comme la Libanaise Hiba Tawaji au style mêlant musique classique, orientale, pop et jazz. Lors de certains concerts, des hommes et des femmes ont dansé ensemble ; des scènes inimaginables il n’y a pas si longtemps.
Cette polémique n’est pas sans rappeler celle du mois d’août 2017, au cours de laquelle un chanteur saoudien avait été arrêté pour avoir fait un dab. Les autorités avaient estimé que ce mouvement était une référence à l’usage du cannabis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La Venice Time Machine reconstitue l’évolution de Venise sur mille ans. Le projet pourrait s’étendre à d’autres cités historiques.
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édition abonné


Les villes d’Europe prêtes à remonter le temps

La Venice Time Machine reconstitue l’évolution de Venise sur mille ans. Le projet pourrait s’étendre à d’autres cités historiques.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
    |

                            Fabien Goubet (Le Temps)








                        



                                


                            

Numérique. C’est une machine à remonter le temps qui garde un œil tourné vers le passé et un autre vers le futur. Vers le passé parce qu’il s’agit de la nature même de la ­Venice Time Machine (VTM), vaste projet lancé en 2012 visant à reconstruire, à partir de millions de documents historiques, une Venise numérique qu’il sera un jour possible d’explorer, géographiquement et temporellement, sur une période de mille ans. « Un Google Maps et un Facebook du passé » de la cité italienne, comme aime à la qualifier Frédéric Kaplan, directeur du Laboratoire d’humanités digitales à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et maître artisan de ce programme scientifique en collaboration avec l’université Ca’Foscari de Venise.
Mais la machine au strabisme temporel lorgne aussi vers l’avenir. Un avenir aux couleurs de l’Europe, puisque le projet est candidat pour devenir un nouveau FET Flagship (en français « Initiative-phare des technologies futures et émergentes »), un de ces ­superprojets scientifiques financés à hauteur de 1 milliard d’euros sur dix ans par l’Union européenne (UE) et les pays participants. Le Human Brain Project (HBP, qui vise à simuler sur ordinateur le fonctionnement du cerveau) et l’initiative Graphene (ayant pour objectif de développer des applications autour de ce nouveau matériau) sont des FET Flagships depuis 2013. L’UE souhaite sélectionner un ou deux nouveaux projets en 2020.
La candidature a été déposée le 20 février, annonce Frédéric ­Kaplan : « La VTM en est à une période charnière. Le projet va changer d’échelle et former un réseau européen. » Dans une tribune publiée notamment par le quotidien suisse Le Temps en 2016, le spécialiste appelait à construire la première Time Machine européenne. « Les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle permettent d’envisager une infrastructure à l’échelle du continent pour numériser, analyser, reconstituer notre patrimoine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il se félicitait de son gain en l’embrassant. Il risque désormais trois ans de prison.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans l’affaire qui oppose Laura Smet et David Hallyday à la veuve du rockeur au sujet de son testament contesté, la parole est à la défense.
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Hélène Darroze et Jean Reno, les meilleurs amis de Laeticia Hallyday


                      Dans l’affaire qui oppose Laura Smet et David Hallyday à la veuve du rockeur au sujet de son testament contesté, la parole est à la défense.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 12h15
    |

            Pierre Jaxel-Truer








   


Accusée d’avoir capté l’héritage de Johnny Hallyday, la veuve du chanteur a envoyé ses proches Hélène Darroze et Jean Reno sur le front médiatique. Avec des résultats contrastés.
Hélène Darroze
Tête d’affiche. Dans la guerre qui l’oppose à Laura Smet et David Hallyday, la veuve de Johnny s’est dégoté un soutien zélé en la personne de la chef étoilée Hélène Darroze. A la télévision (« C à vous »), dans la presse (TV Magazine) et à la radio (RTL), la co-animatrice de « Top Chef » défend avec vigueur son amie.
Discours rodé. Loin de l’image de veuve cupide qui colle désormais à la peau de Laeticia, Hélène Darroze s’attache à décrire avec constance une femme éplorée, qui lutte contre son chagrin. « Quand elle pleure, c’est son mari qu’elle pleure, ce n’est pas ce qu’il se passe aujourd’hui », a-t-elle affirmé à Marc-Olivier Fogiel, sur RTL, depuis New York, où Laeticia est allée la rejoindre.
Marraine. Hélène Darroze est la marraine de Joy, l’une des deux filles adoptées par Johnny et Laeticia, et a passé la fin de l’année en leur compagnie à Saint-Barthélemy. Elle aussi a adopté deux enfants d’origine vietnamienne, Charlotte et Quitterie. Avec Laeticia, la chef cathodique a lancé en 2012 une association, La bonne étoile, qui vient en aide aux orphelins.
Aux fourneaux. Dans TV Magazine, Hélène Darroze explique qu’elle a rencontré Laeticia « par hasard » et qu’elles ont eu un « coup de foudre » amical. Toutes deux se retrouvent, paraît-il, autour de leur amour de la cuisine. Selon Hélène Darroze, son amie sert « une cuisine de chef de famille très raffinée et très maîtrisée ».

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                Cinq questions sur l’héritage de Johnny Hallyday



Jean Reno
Erreur de casting. Face aux nombreux soutiens de Laura et David (Dominique Besnehard, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc, Sylvie Vartan…), Laeticia compte ses témoins de moralité. Avec Jean Reno, vieil ami du couple, elle pensait avoir ferré le gros poisson qui lui permettrait de faire front. Rien ne s’est passé comme prévu.
Double discours. L’opération de com, mal huilée, a tourné au fiasco. Après un premier communiqué de soutien envoyé à RTL le 22 février, un second, édulcoré, après relecture des avocats de Laeticia, a été transmis à l’AFP. L’affaire a ensuite viré au pataquès. L’agent de l’acteur a finalement annoncé qu’il n’assumait plus aucun des communiqués ni leurs propos.
Parrain. Jean Reno est, lui, le parrain de Jade, l’autre fille adoptée par Johnny et Laeticia. Proche de la famille, il a fait l’une des lectures les plus émouvantes de l’enterrement de son ami. Ce texte de Jacques Prévert, Chanson des escargots qui vont à l’enterrement, aurait été choisi par les deux fillettes.
Au micro. Entre Jean Reno et Johnny Hallyday, c’était une amitié de plus de vingt ans. Les deux hommes ont plusieurs fois poussé la chansonnette ensemble, sur scène, dans un duo un peu baroque. En 2006, quand le comédien a épousé aux Baux-de-Provence l’ancienne mannequin Zofia Borucka, le rockeur a été l’un de ses témoins, en même temps que Nicolas Sarkozy.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’héritier de Fela Kuti signe un quatrième album engagé, dans lequel il rend hommage aux figures révolutionnaires africaines.
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Seun Kuti, l’insurrection en héritage


Propos recueillis par                                            Laureline Savoye et 
                            Emile Costard




LE MONDE
              datetime="2018-03-06T10:37:09+01:00"

        Le 06.03.2018 à 10h37






Durée : 03:51 | 

L’album Black Times (sorti le 2 mars chez Strut Records) est le quatrième enregistrement studio que Seun Kuti réalise avec l’orchestre Egypt 80, successeur de l’Africa 70 imaginé par son père, Fela Kuti, légende de l’afrobeat et figure panafricaniste.
Artiste militant, le Nigérian signe un album engagé, trois ans après A Long Way To The Beginning, et dénonce la corruption des politiciens, l’élite économique et l’avidité des multinationales. Le chanteur, musicien et figure de proue du groupe Egypt 80 a été rejoint sur un titre par le guitariste Carlos Santana.
Seun Kuti sera en concert mercredi 7 mars au Bataclan, à Paris.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La ministre Françoise Nyssen affirme que le passe culture, sous forme d’une application mobile à destination de tous les citoyens, sera crédité de 500 euros pour les jeunes de 18 ans.
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« Passe culture » : 500 euros pour favoriser l’accès des jeunes à la culture

La ministre Françoise Nyssen affirme que le passe culture, sous forme d’une application mobile à destination de tous les citoyens, sera crédité de 500 euros pour les jeunes de 18 ans.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 11h04
    |

            Sandrine Blanchard








                        


Un gadget, le passe culture ? Non, une « révolution », affirme Françoise Nyssen. Comme si elle voulait se convaincre que les doutes émis à son arrivée rue de Valois sur le bien-fondé de cette promesse présidentielle avaient totalement disparu, la ministre de la culture a cité à cinq reprises le mot « révolution », mardi 6 mars, devant le comité d’orientation du passe culture. Parce qu’il promet d’être le « premier réseau social culturel », construit « sur les méthodes des start-up » et s’adressant « directement aux citoyens », tout serait « révolutionnaire » dans ce futur dispositif à destination de la jeunesse.
Il ne s’agira « ni d’une carte ni d’un chèque-cadeau », a rappelé la ministre, mais « d’une application géolocalisée avec un catalogue, un agenda et un portefeuille associé qui permettra de connaître et d’accéder à toute l’offre culturelle à proximité ». Tout le monde pourra la télécharger sur son mobile, « mais les jeunes de 18 ans auront un droit spécifique : le passe sera monétisé à hauteur de 500 euros, ce sera un outil d’information mais aussi de paiement ». A l’instar du développement de l’éducation artistique et culturelle à l’école et du projet d’élargir les horaires et les missions des bibliothèques, ce passe ambitionne, martèle Françoise Nyssen, de « combattre les inégalités dans l’accès à la culture en cassant les barrières financières et sociales ».
Concerts, cinéma, cours de cuisine, BMX...
Réuni pour la première fois, le comité d’orientation du passe culture se veut une instance consultative « de débat, de réflexion et de concertation ». Regroupant une quarantaine d’artistes (dont la réalisatrice Houda Benyamina, le metteur en scène Thomas Jolly, le rappeur Abd Al Malik), de responsables d’établissements culturels (Paul Rondin, directeur délégué du Festival d’Avignon, Serges Lasvignes, président du Centre Pompidou, Richard Brunel, directeur de La Comédie de Valence), d’élus (la sénatrice UDI Catherine Morin-Desailly, le député LRM Bruno Studer), de représentants du monde éducatif, associatif, et d’acteurs du numérique, il sera chargé « d’éclairer » le ministère sur les (nombreuses) questions posées par la création de ce « GPS de la culture ».
Quels types d’offres pourront être disponibles sur le passe ? Quelles seront la durée d’utilisation des 500 euros et la date d’attribution ? Quelle place sera accordée aux plates-formes numériques (Apple, Amazon, Deezer, Netflix…) ? Tels sont les premiers « objets de débat » que Françoise Nyssen entend partager avec ce comité. Car, depuis mi-décembre, les ateliers de travail, animés par Sebastian Sachetti, chargé de développement au sein de la start-up d’Etat Pass culture, offrent leur lot de surprises. A chaque fois, quelques dizaines de lycéens référents, issus de tous horizons, sont réunis pour plancher sur ce qu’ils aimeraient trouver dans ce nouveau service.
« A travers ces laboratoires de fabrication, nous partons des attentes des futurs usagers pour coconstruire avec eux l’application sur le fond et sur la forme », explique Sebastian Sachetti. En assistant à deux de ces ateliers, nous avons pu constater que le terme culture recouvre, aux yeux des jeunes, de multiples secteurs qui renvoient à la large notion de loisirs. Aux places de concerts, avant-premières de cinéma, entrées dans les expositions ou stages de hip-hop viennent s’ajouter des envies de voyages, de séjours en Espagne, de cours de cuisine, de sorties au restau, de jeux vidéo, de séances de BMX, de compétitions de foot, de parcs d’attractions, d’abonnements à Spotify, etc.
Tout en affirmant qu’« il n’y a pas de “bonne” ou de “mauvaise” culture », la ministre constate qu’il y a « des choix à faire » dans le périmètre des offres proposées et que « trois secteurs posent aujourd’hui question : le jeu vidéo, les voyages culturels et linguistiques et la restauration ». Quant aux plates-formes numériques de musique ou de films, très prisées des jeunes, « dans quelle mesure voulons-nous que le passe facilite des pratiques déjà ancrées ou, à l’inverse, serve à les diversifier ? », s’interroge-t-elle. C’est la quadrature du cercle : comment « laisser le jeune autonome dans ses choix » et, en même temps, « éditorialiser » le passe culture afin d’inciter l’utilisateur à se tourner vers des offres culturelles qu’il connaît peu ou pas ? « Il ne s’agit pas seulement de consommation culturelle, mais aussi de pratiques et d’expériences », insiste la ministre.

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                Le « Pass culture » lancé dans quatre départements en septembre



Test dans quatre départements
En cours de développement, l’application sera testée au deuxième trimestre dans quatre départements – Seine-Saint-Denis, Hérault, Bas-Rhin, Guyane (où la ministre se rendra cette semaine) – avant d’être lancée en septembre puis généralisée. Mais pour mener à bien ce projet, il faut aussi convaincre les partenaires culturels d’y participer et, pour certains, de contribuer à son financement, le gouvernement ayant toujours indiqué que la facture serait « partagée ».
Pour l’heure, seuls 5 millions d’euros ont été inscrits au budget 2018 pour financer « les études techniques préalables » au lancement du passe. A terme, c’est quelque 400 millions qui seront nécessaires chaque année pour l’offrir aux quelque 800 000 jeunes âgés de 18 ans. Si la start-up d’Etat se charge de concevoir l’application, elle ne s’occupe ni de l’ingénierie financière, ni du montage institutionnel, ni des aspects juridiques qui devront notamment permettre d’éviter l’écueil de la revente, comme cela a été le cas lors de l’expérience menée en Italie. Bref, beaucoup de questions restent en suspens.
« Comme tout ce qui est neuf, inédit, le passe culture interroge », reconnaît Françoise Nyssen. Si quelques départements, comme les Alpes-Maritimes ou les Hauts-de-Seine, ont déjà des formules similaires, il s’agit là de « changer la philosophie » du ministère de la culture, défend-elle : « Traditionnellement, ce ministère passe par ses institutions pour s’adresser aux citoyens, comme par exemple nos musées avec des politiques de gratuité. Avec le passe culture, c’est l’inverse : on donne à l’usager les moyens d’être “autoprescripteur”, de se diriger vers l’offre de son choix, publique ou privée, sans distinction. » Et ça, c’est… « révolutionnaire ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoigne le succès du film de Dany Boon.
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« La Ch’tite Famille » remplit les salles

Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoigne le succès du film de Dany Boon.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 10h24
   





                        



   


Boudée par l’Académie des Césars, la comédie est un genre cinématographique qui plaît au public, comme en témoignent les chiffres cumulés des entrées en salle publiés par Ecran total. Pour la période du mercredi 28 février au dimanche 4 mars, c’est le nouveau film de et avec Dany Boon, La Ch’ tite Famille, qui a attiré le plus de monde, réunissant plus de 2 millions de spectateurs pour une distribution sur 843 écrans. Les Tuche 3, d’Olivier Barroux, sorti il y a cinq semaines, continue sur la voie du succès public avec un total de 5,3 millions de spectateurs sur 639 écrans.

        Lire aussi le reportage :
         

          Séance en ch’tite famille à Saint-Omer



Triomphe mondial, Black Panther avec ses super-héros noirs séduit aussi les cinéphiles de l’Hexagone : en trois semaines d’exploitation, le film de Ryan Coogler y a été vu par 2,4 millions de spectateurs. Quant au grand gagnant des Oscars 2018, le film fantastique de Guillermo del Toro, La Forme de l’eau, il n’a pour l’instant attiré qu’un peu plus d’un demi million de spectateurs en deux semaines. Parions que les quatre statuettes remportées dimanche donneront un coup de pouce à sa carrière.

        Lire le récit :
         

          « Black Panther » bouscule les schémas hollywoodiens






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’historienne française Bénédicte Savoy et l’écrivain sénégalais Felwine Sarr examineront les conditions dans lesquelles les œuvres pourront être rapatriées.
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Compte rendu

Le président Macron nomme deux experts pour la restitution du patrimoine africain

L’historienne française Bénédicte Savoy et l’écrivain sénégalais Felwine Sarr examineront les conditions dans lesquelles les œuvres pourront être rapatriées.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 06.03.2018 à 10h04

     •
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          datetime="2018-03-06T10:44:40+01:00"

        Mis à jour le 06.03.2018 à 10h44





Le président français, Emmanuel Macron, a confié à deux experts culturels, lundi 5 mars, la mission d’étudier la restitution à des pays africains d’œuvres d’art actuellement en France, comme il s’y était engagé dans son discours de Ouagadougou fin novembre 2017. Ces deux « personnalités incontestables », l’historienne d’art Bénédicte Savoy, membre du Collège de France, et l’écrivain et universitaire sénégalais Felwine Sarr, devront rendre leur avis d’ici à novembre, a précisé le président à l’issue d’un entretien avec son homologue du Bénin, Patrice Talon, à l’Elysée.

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                « La restitution des œuvres issues des pillages coloniaux n’est plus un tabou »



Emmanuel Macron avait créé la surprise lors de sa tournée en Afrique de l’Ouest, en novembre 2017, en déclarant vouloir « un retour du patrimoine africain à l’Afrique ». « Le patrimoine africain […] doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou […] Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique », avait-il dit dans son discours à l’université de Ouagadougou.
Ses propos avaient été particulièrement bien reçus au Bénin, dont le président, Patrice Talon, a fait la demande officielle d’une restitution d’une partie du patrimoine béninois en juillet 2016. « Ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir présenter ce patrimoine qui est le nôtre, a expliqué lundi M. Talon. Nous le faisons non pas dans un esprit de conflit, mais de coopération avec la France pour faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise. »
Changer la loi
Selon Irénée Zevounou, ambassadeur du Bénin à l’Unesco, « entre 4 500 et 6 000 objets [béninois] sont en France, y compris dans des collections privées ». L’accaparement des trésors du royaume du Dahomey – trônes royaux, récades (sceptres royaux), portes sacrées du palais d’Abomey, statues anthropomorphes… – s’était fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi par des missionnaires ou des missions culturelles.

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                Restitutions du patrimoine africain : « Il faut y aller dans la joie  »



Bénédicte Savoy et Felwine Sarr devront notamment examiner les conditions dans lesquelles ces œuvres pourront être rapatriées puis protégées dans leurs pays d’origine. « Nous avons la volonté ferme de bien faire les choses », a assuré M. Macron. Ces restitutions imposeraient de changer la loi française en raison des principes juridiques « d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité […] des collections publiques ».


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Pastiche et variation originale sur les classiques du cinéma de voyous, le film d’Adil El Arbi et Bilall Fallah a remporté un immense succès en Belgique.
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« Gangsta » : Anvers, braquage, braqueurs et braque au cœur de l’Europe

Pastiche et variation originale sur les classiques du cinéma de voyous, le film d’Adil El Arbi et Bilall Fallah a remporté un immense succès en Belgique.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 09h32
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Il y a quelque chose d’immoral dans cette histoire. Pas tant à cause de la profession du quatuor de héros, narcotrafiquants. Plutôt en raison de la réussite d’un film que le duo de réalisateurs, Adil El Arbi et Bilall Fallah, a surchargé de clichés et de blagues un peu débiles. Malgré ces fautes de jeunesse (car si un film parle de et à une génération, c’est bien celui-là), Gangsta fait honneur à son genre – le film de voyous – et à son pays, la Belgique, où il vient de remporter un immense succès.
Pour commencer, Adil et Bilall (n’y voyez aucune familiarité, c’est comme ça que les deux cinéastes signent) prennent leur temps : ils racontent l’enfance et l’adolescence d’Adamo (Matteo Simoni), né à Anvers de père marocain et de mère italienne (d’où son prénom emprunté au patronyme du plus célèbre des Italo-belges). Dans les coursives de son grand ensemble, au collège, Adamo grandit avec ses amis Volt, Junes et Badia. La composition du quatuor indique bien la singularité du film. La présence d’une fille dans la petite bande tend à rapprocher le récit de la littérature enfantine (d’autant que Nora Gharib fait de Badia une chic fille), ce qui n’empêche pas le film de s’offrir une petite embardée en une très brève séquence pendant laquelle les garçons confessent qu’ils convoitent tous la jeune fille.
Cacophonie d’un pays
Gangsta (Patser en version originale flamande) démarre pour de bon lorsque Adamo et ses amis subtilisent une cargaison de cocaïne, s’attirant les foudres de factions assez nombreuses pour entretenir une demi-douzaine de guerres civiles, des policiers corrompus aux cartels colombiens en passant par les Marocains d’Amsterdam qu’il ne faut pas confondre avec les Marocains d’Anvers. Cet argument éculé ne sert qu’à propulser une drôle de comédie de mœurs qui repose sur l’exagération plus que sur l’observation.
Et pourtant, à force de clins d’œil appuyés, d’astuces de narration (comme cette excellente fausse fin), il finit par se dégager une vérité de Gangsta. Adamo et ses amis ont choisi le commerce des stupéfiants exactement pour les mêmes raisons qui poussent d’autres à entrer en école de commerce : pour l’argent, le confort, la notoriété. Ce portrait de groupe est ancré dans une langue, le flamand, dans un décor, Anvers, qui sont maniés avec une brutalité et une dérision dont on finit par se demander si elles ne cachent pas un peu d’affection. En passant, Adil et Bilall évoquent les addictions du personnel politique, les amis de quartiers partis en Syrie. On dirait que s’ils multiplient les explosions et les fusillades, c’est pour étouffer la cacophonie du pays dans lequel ils vivent, pour le faire passer dans l’univers du cinéma.

Film belge d’Adil El Arbi et Bilall Fallah, avec Matteo Simoni, Nora Gharib, Saïd Boumazoughe, Junes Lazaar, Nabil Mallat, Ali B. (2 h 05). Sur le Web : www.facebook.com/GangstaLeFilm et www.facebook.com/ApolloDistrib



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La comédienne, sacrée pour sa performance dans le film « 3 Billboards », s’était brièvement fait subtiliser sa récompense lors de la soirée officielle qui a suivi la remise des prix.
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Frances McDormand retrouve son Oscar autour d’un double cheeseburger

La comédienne, sacrée pour sa performance dans le film « 3 Billboards », s’était brièvement fait subtiliser sa récompense lors de la soirée officielle qui a suivi la remise des prix.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 08h23
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h34
    |

            Aureliano Tonet (Los Angeles, envoyé spécial)








                        



De l’avis général, Frances McDormand n’a pas volé son Oscar de meilleure actrice, attribué dimanche 4 mars pour sa performance dans 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance. Elle se l’est, en revanche, fait subtiliser lors de la fête qui a suivi la remise des prix. Le Governors Ball, la soirée officielle post-cérémonie, bat son plein quand la comédienne décide de se délester de son trophée. Elle le pose sur une table, pour converser avec les convives, tout en se gobergeant de « macaroni and cheese ».

        Lire le récit :
         

          Le sacre de la sirène et de l’homme-poisson aux Oscars 2018



Il faut dire que le discours qu’elle a prononcé, au moment de recevoir l’Oscar, est sur toutes les lèvres. « Messieurs, nous avons toutes des histoires à raconter et des projets à financer », avait-elle déclaré, dans un état d’« hyperventilation », sur la scène du Dolby Theater, après avoir incité toutes les nommées à l’Oscar à se lever. Prônant la mise en place de « clauses d’inclusion » dans les contrats de films, qui visent à introduire davantage de mixité et diversité, elle avait joué la carte de l’ouverture : « Invitez-nous à venir en parler, peut-être pas ce soir lors de la fête, mais ces prochains jours dans vos bureaux – vous pouvez aussi venir dans les nôtres ! »

Ni une, ni deux, ni trois : un invité nommé Terry Bryant Djmatari, dont nul ne sait à ce jour ce qu’il faisait au Governors Ball, profite de l’aubaine. En habit de pingouin, comme le veut le protocole, il se saisit du butin et immortalise son larcin en se filmant, façon selfie. La vidéo, des plus sentie, le montre dans un état d’exaltation avancé : « Qui veut me dire bravo ? », s’y pavane-t-il à l’intention d’amis imaginaires. Sous le titre « My Oscar Baby », il postera l’ensemble de son œuvre dans la nuit du 4 au 5 mars, sur Facebook, pour la postérité.

   


Pique-statuette
Car la cavale du pique-statuette a tourné court. Tandis que la lauréate, en pleurs, se lance dans une vaste chasse à l’Oscar avec son mari, le salut viendra d’Alex Berliner, photographe spécialisé, lui, dans la chasse aux célébrités, et collaborateur régulier de Wolgang Puck, l’organisateur du buffet. Le paparazzo, œil de lynx et main de fer, saisit le voleur en flagrant délit, lui chipe la relique et le laisse filer dans la nuit angelina. Sur ces entrefaites, il avise les physionomistes de la fête, qui s’en émeuvent auprès d’une journaliste du New York Times. Laquelle poste illico les clichés de Berliner sur Twitter, en guise de riposte, et propage l’avis de recherche.

Security at the Governors Ball are looking for this guy, who grabbed Frances McDormand’s Oscar and ran out with it.… https://t.co/POSSAqW9i7— caraNYT (@Cara Buckley)


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L’imbroglio aurait pu virer au remake de 3 Billboards, où le personnage de Frances McDormand, lasse d’alerter la maréchaussée par panneaux interposés, déclenche une série d’avanies shakespeariennes. Mais, pour le bonheur et la sécurité de ses habitants, la police de Los Angeles finit par mettre la main sur le malandrin, lundi 5 mars, dans des circonstances qui restent à élucider. « Après une brève séparation, Frances et Oscar se sont joyeusement retrouvés, s’est félicité l’agent de la comédienne dans un communiqué. Ils ont célébré leurs retrouvailles autour d’un double cheeseburger, chez In-N-Out. »
Quant à Terry Bryant, 47 ans, il encourt jusqu’à trois années de prison, pour vol aggravé. Son casier judiciaire, chargé, et ses divers profils sur les réseaux sociaux, où il parade de cérémonies en mondanités huppées, suggèrent qu’il s’agirait d’un récidiviste. Reste à savoir combien d’Oscars, au juste, renferment ses placards.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Deux portraits de femmes et une immersion new-yorkaise : notre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 07h29
    |

            Renaud Machart








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une femme sous influence (Apple Tree Yard), une plongée dans la faune bobo new-yorkaise (High Maintenance) et le récit de 30 ans de la vie d’un prof acariâtre dans une petite ville du Maine, aux Etats-Unis (Olive Kitteridge). Voici notre sélection hebdomadaire de séries.
« Sous influence » (« Apple Tree Yard ») : une course à l’abîme

Le docteur Yvonne Carmichael, 52 ans, sexy mais un peu lasse, est une chercheuse réputée dans le domaine de la génétique et, à ce titre, est régulièrement consultée par le Parlement britannique dans son souci du respect d’un encadrement éthique. Alors qu’elle sort de l’une de ces commissions qui l’interrogent, elle rencontre un homme qui lui propose de lui faire visiter la crypte au sous-sol du bâtiment. L’attirance est immédiate et l’acte sexuel dans la foulée consommé.
A l’occasion d’une fête organisée par l’Institut de recherche où elle travaille, Yvonne est violée par l’un de ses collègues qui lui fait subir un chantage quant à la relation extra-maritale qu’elle entretient. La suite est une course à l’abîme passionnelle et mortifère où s’intriquent vie personnelle, meurtre et enquête menant, au bout de quatre épisodes d’une heure (donnés en une seule soirée), à un procès qui occupe le dernier tiers du troisième et l’intégralité du dernier.
Diffusée il y a un an par la BBC, Sous influence donne parfois l’impression d’être un film passablement étiré pour le faire entrer dans le format d’une minisérie. Mais on aurait mauvais jeu à dire qu’on s’y ennuie. Les deux personnages principaux, incarnés par Emily Watson (Le Mari de la ministre, Breaking the Waves) et Ben Chaplin, sont remarquables. Renaud Machart
Sous influence (Apple Tree Yard), minisérie créée par Amanda Coe. Avec Emily Watson, Ben Chaplin, Mark Bonnar (Royaume-Uni, 2016, 4x58 min). Sur Arte +7
« High Maintenance », dans la faune new-yorkaise

La saison 2 de High Maintenance a confirmé que cette série, dont la saison 1 était enchanteresse de liberté et de subtilité de ton, est l’une des plus attachantes du moment. A vrai dire, elle n’a rien, dramatiquement, d’une série. Mieux vaut la considérer comme un enchaînement de nouvelles filmées qui finissent, en s’agrégeant, par créer un tout en forme de portrait de la New York bourgeoise-bohême d’aujourd’hui.
Le lien entre les épisodes est assuré par le personnage du « Mec » (« The Guy »), sympathique dealer de marijuana qui passe son temps à vélo entre ses multiples livraisons (sympathique et compatissant car, souvent, ses visites sont retardées par le récit des névroses de ses clients). Dans l’épisode 5, le « Mec » fait une chute et se retrouve aux urgences. Ce qui est l’occasion d’une pause assez étrange et passablement longuette qui ferait presque perdre le fil du récit et tout intérêt pour lui.
Après un épisode 6 intercalaire, et un peu décevant lui aussi, le septième, diffusé cette semaine, High Maintenance reprend son cours : le dealer aux airs de jeune John Malkovich (joué par Ben Sinclair, le cocréateur de la série) fait désormais ses livraisons à pied et débarque dans des univers parfois improbables où les femmes – souvent fluides sexuellement ou gay – ont la part belle. On retrouve alors l’enchantement qu’on a cru, à tort, compromis. R. Ma.
High Maintenance, saison 2, série créée par Katja Blichfeld et Ben Sinclair. Avec Ben Sinclair (EU, 2018, 10 x 20 min). Sur OCS Go à la demande.
« Olive Kitteridge » : trente ans de la vie d’une femme

On se réjouit des prix remportés par Frances McDormand, dont l’Oscar de la meilleure actrice pour le film Three Billboards, Les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh, lors de la cérémonie des Academy Awards, dans la nuit de dimanche 4 à lundi 5 mars. On profitera de l’occasion pour rappeler l’extraordinaire Olive Kitteridge (2014), minisérie dont l’actrice américaine est le personnage principal, qu’OCS tient à disposition sur son site de rediffusion à la demande OCS Go.
Signé Lisa Cholodenko (la réalisatrice de The Kids Are All Right, 2010), d’après le roman d’Elizabeth Strout (publié en 2008), ce mélancolique et pourtant tonique film de quatre heures divisé en quatre parties montre une McDormand d’une rêche dureté, en dépit des attentions que lui vouent son époux (joué par le formidable Richard Jenkins) et son fils. Encore un personnage de femme qui ne s’en laisse pas conter – et qui donne à McDormand l’occasion d’un rôle exceptionnel, le temps d’une arche qui mène d’un suicide évité à une renaissance possible. R.Ma.
Olive Kitteridge, minisérie créée par Lisa Cholodenko (EU, 2014, 4 × 60 min). Avec Frances McDormand, Richard Jenkins, Bill Murray. Sur OCS Go à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’acteur James Franco se met en scène dans une satire de l’industrie du cinéma alors qu’il est ciblé par le mouvement #metoo.
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« The Disaster Artist » : une fable hollywoodienne qui vire à l’aigre

L’acteur James Franco se met en scène dans une satire de l’industrie du cinéma alors qu’il est ciblé par le mouvement #metoo.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 07h46
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à voir
Il y a trois mois, The Disaster Artist n’était encore qu’une satire réjouissante de ­l’industrie du cinéma, dont le pas alerte était donné par son interprète principal et metteur en scène. James Franco s’était arrogé le rôle de Tommy Wiseau, auteur et interprète de The Room, long-métrage qui, depuis sa sortie en 1999, se retrouve régulièrement en tête des classements des pires films jamais réalisés. ­Raconter et incarner cette histoire était pour James Franco un moyen de quitter élégamment sa défroque d’enfant prodige d’Hollywood (il va sur ses 40 ans), de faire montre de sa sagesse à travers le regard amusé qu’il pose sur l’industrie qui l’a élevé et nourri.

Au lendemain de la cérémonie des Golden Globes, qui a valu un trophée du meilleur acteur à Franco, une avalanche d’accusations s’est abattue sur le réalisateur de The Disaster Artist. Etudiantes de son cour d’art dramatique et partenaires ont fait état, de manière circonstanciée, d’agressions et d’humiliations sexuelles. Après avoir tenté de se défendre, James Franco a choisi la même voie que Kevin Spacey ou John Lasseter : il a disparu de la sphère publique. La morale de The ­Disaster Artist s’est faite plus amère. Aux efforts désespérés de Tommy Wiseau pour exister aux yeux du monde du spectacle sont venus s’ajouter, symétri­quement, ceux de James Franco pour s’effacer lui-même de la ­conscience collective.

Si l’on parvient à faire abstraction de ces circonstances, il reste à l’écran une comédie de mœurs hollywoodienne plutôt bien ­tournée, habitée par la performance de James Franco dans le rôle de cet être étrange qu’est Tommy Wiseau. Le scénario de Scott Neustadter et Michael H. Weber est adapté du récit que Greg ­Sestero a fait du tournage de The Room.
Un cauchemar comique
En 1998, Sestero (Dave Franco, frère de), qui a alors une vingtaine d’années, rencontre dans un cours d’art dramatique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans « Les Invisibles », Antoine Albertini, correspondant du « Monde » à Bastia, raconte l’histoire d’un travailleur immigré d’origine marocaine, ouvrier agricole en Haute-Corse, assassiné en 2009.
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« Les Invisibles », une enquête sur les travailleurs clandestins en Corse

Dans « Les Invisibles », Antoine Albertini, correspondant du « Monde » à Bastia, raconte l’histoire d’un travailleur immigré d’origine marocaine, ouvrier agricole en Haute-Corse, assassiné en 2009.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 11h36
    |

                            Antoine Albertini (Bastia, correspondant)








                        



                                


                            

Bonnes feuilles. L’homme est étendu sur le dos, bras en croix et jambes écartées, au milieu d’un chemin de campagne que l’on appelle ici la « route de l’ancienne voie ferrée », car elle longe le tracé du vieux chemin de fer abandonné peu avant la guerre. Ce corps reproduit si fidèlement l’idée de cadavre qu’on pourrait croire à une farce macabre, un tour de cochon joué par les garnements du coin à l’aide d’un épouvantail tiré d’une grange. On les imagine cachés dans les buissons alentour, peut-être derrière le tronc d’un chêne malade qui coiffe une levée de terre dans un champ voisin. Ils ricanent, observent le promeneur stupéfait, s’apprêtent à s’enfuir à toutes jambes si on les démasque et attendront, le soir venu, le coup de fil du voisin aux parents : « Dis donc, ton fils n’a pas autre chose à foutre qu’entraîner le mien à faire des conneries ? » Mais les lieux sont déserts en ce début d’après-midi de la mi-novembre 2009. Les gosses somnolent à l’école sous un ciel gonflé de nuages au ventre lourd. Les récoltes sont achevées. On ne trouve plus grand monde dans les plantations autour de la route de l’ancienne voie ferrée de San Giuliano, dans la Plaine orientale de la Corse.
« Il s’agit d’un homme en apparence d’origine maghrébine, d’un âge avoisinant la quarantaine, écriront les gendarmes dans la prose sèche et désincarnée de leur procès-verbal daté du 16 novembre 2009 à 14 h 49. Il est allongé sur le dos au milieu de la chaussée de l’ancienne voie ferrée, tête au nord-est. Ses bras sont tendus presque à la perpendiculaire du tronc, paumes vers le ciel. La tête est légèrement inclinée vers l’épaule gauche. Les jambes sont tendues dans le prolongement du tronc, pieds légèrement écartés, les pointes vers l’extérieur. Il est vêtu de baskets blanches, d’un jean bleu, d’un tee-shirt marron à rayures claires horizontales et d’une veste foncée. »
« J’ai payé six mille euros pour arriver ici… »
(…)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’actrice exprime de la « douleur » et la « grande injustice » ressentie par les aînés du chanteur, qui se voient refuser « le droit d’écouter l’album posthume de leur père ».
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Héritage Johnny Hallyday : pour Nathalie Baye, Laura et David sont « niés dans leur filiation artistique »

L’actrice exprime de la « douleur » et la « grande injustice » ressentie par les aînés du chanteur, qui se voient refuser « le droit d’écouter l’album posthume de leur père ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 00h02
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 10h57
   





                        



   


Après Sylvie Vartan, c’est au tour de Nathalie Baye de sortir de son silence. L’ancienne épouse du chanteur estime que les premiers enfants de Johnny Hallyday, Laura et David , sont « niés dans leur filliation artistique » en se voyant refuser « le droit d’écouter l’album posthume de leur père » avant que celui-ci sorte, dans un communiqué transmis lundi 5 mars dans la soirée au Figaro.
L’actrice affirme que ce refus est « reçu comme une vraie douleur et une grande injustice » par sa fille Laura Smet et David Hallyday.
« Je connais Johnny, nous nous sommes aimés. Notre complicité et affection a été présente jusqu’à la fin. Johnny aimait ses enfants, les aînés David et Laura ainsi que Jade et Joy. Malheureusement, les aînés étaient les bêtes noires de leur belle-mère », dit-elle dans ce texte, où elle a des mots très durs pour la dernière épouse du rockeur, Laeticia.
Nathalie Baye assure également que « Johnny était un homme épuisé, très seul malgré le monde autour de lui » qui « dégageait depuis longtemps beaucoup de tristesse ».

        Lire aussi :
         

                Succession de Johnny : Laeticia Hallyday « écœurée » par la contestation de Laura Smet



Une première audience fixée au 15 mars
Jeudi dernier, l’avocat de Laeticia Hallyday, Me Ardavan Amir-Aslani, a affirmé que Johnny avait « pris toutes les décisions concernant sa succession avec toutes ses facultés mentales et son libre-arbitre ».
L’avocat réagissait à des déclarations de Sylvie Vartan qui avait jugé impossible que le rockeur ait pu déshériter « de son plein gré » ses deux premiers enfants.
Près de trois mois après la mort de Johnny, décédé le 6 décembre des suites d’un cancer, Laura Smet et David Hallyday, âgés de 34 et 51 ans, ont lancé des procédures pour faire annuler le testament de leur père, rédigé aux Etats-Unis au seul bénéfice de sa veuve.
David et Laura ont notamment intenté une action en référé pour obtenir un droit de regard sur l’album posthume de Johnny, ainsi que le gel de son patrimoine dans l’attente du règlement du litige sur l’héritage. Une première audience a été fixée au 15 mars devant le tribunal de Nanterre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Critique, cinéaste, producteur, figure de la cinéphilie française, il est mort lundi 5 mars à Paris, à l’âge de 86 ans.
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André S. Labarthe, la passion du désordre

Critique, cinéaste, producteur, figure de la cinéphilie française, il est mort lundi 5 mars à Paris, à l’âge de 86 ans.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 19h17
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 10h18
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

C’est une figure familière, non moins qu’originale, de la cinéphilie française qui s’est éteinte lundi 5 mars à Paris, à l’âge de 86 ans. André S. Labarthe, était né le 18 décembre 1931, à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques). Seuls les grands anciens peuvent aujourd’hui imaginer l’ancien élève des jésuites de Sarlat autrement que sous les atours qui identifiaient au premier coup d’œil l’homme mûr, puis l’homme vieillissant, dans le milieu. Borsalino crânement perché, œil pétillant de malice, sève de la vie coulant à flots, sourire tordu sur la Gitanes maïs qui brûlait en permanence entre ses lèvres. Une image éternellement printanière, un peu sulfureuse, qu’on gardera de ce cinéphile hétérodoxe, qui avait lu Sigmund Freud et André Breton avant André Bazin, et qui savait par cœur ce qu’était une image poétique avant de la chercher furieusement dans les films.
Amoureux fou de la littérature, inventeur de la critique filmique, scénariste de film pornographique, ordonnateur érotique de l’art et du hasard, il fut un ferme soutien de Michelangelo Antonioni et de Luis Buñuel au sein de la rédaction des Cahiers du cinéma, la première grande maison qui abrite sa signature.

C’est en effet dans les années 1950 qu’André S. Labarthe commence sa carrière de critique cinématographique, rapidement invité par André Bazin, figure tutélaire de la future nouvelle vague, à rejoindre la revue en 1956. Il y mène sa barque, déjà, en solitaire et en esprit ouvert, curieux de tout, y défendant notamment, contre l’avis d’autres rédacteurs, Antonioni, Buñuel, Charles Laughton ou John Cassavetes. Il participe en 1963 à la prise de pouvoir du camp moderniste au sein de la rédaction, qui voit Jacques Rivette évincer Eric Rohmer de la rédaction en chef.
Le respect du public et le souci du bien commun
Mais une autre vocation l’attend, quand bien même il y a lieu de considérer qu’André S. Labarthe n’aura jamais cessé, jusque dans son métier de réalisateur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Beaux-Arts, Archives nationales, Centre Pompidou, Théâtre des Amandiers… D’exposition en conférences, l’historien est partout pour tenter de raconter Mai 68 autrement, en ce 50e anniversaire.
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Philippe Artières, l’enfant indiscipliné de Mai 68


                      Beaux-Arts, Archives nationales, Centre Pompidou, Théâtre des Amandiers… D’exposition en conférences, l’historien est partout pour tenter de raconter Mai 68 autrement, en ce 50e anniversaire.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 18h15
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                            Roxana Azimi







Difficile, cette année, d’échapper à Philippe Artières. Il sera sur tous les fronts de « Mai ». Pas comme témoin de l’époque – il est né le 16 juin 1968 – mais en tant qu’historien. Aux Beaux-arts à Paris, tout d’abord, où il partage avec Eric de Chassey le commissariat de l’exposition « Images en lutte. La culture visuelle de l’extrême gauche en France (1968-1974) », depuis le 21 février. Aux Archives nationales, il dévoilera à compter du 3 mai des documents inédits du pouvoir, renversant la perspective pour considérer les événements de l’autre côté des barricades. Au Centre Pompidou, également, qui compte sur son coffre pour animer les débats. Au Théâtre des Amandiers à Nanterre, enfin, où il participera, le 12 mai, à un marathon de la pensée imaginé par les artistes Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre

        Lire aussi :
         

                Mai 68 s’affiche sur les murs des Beaux-Arts à Paris



Cette ubiquité ne surprendra pas ses amis. Plus progressiste qu’Emmanuel Le Roy Ladurie, plus sauvage que Jean-Noël Jeanneney et plus timide qu’un Jean Lacouture, Philippe Artières n’en est pas moins devenu incontournable. Sans doute parce qu’il a fait le pari du collectif et, plus encore, le choix de l’originalité.
« Avec Philippe, il faut ajouter une autre discipline, qui ne figure pas au catalogue des intellectuels français sérieux : la folie. » Susanna Shannon, designer graphique
Autrefois chevelu et timide, désormais rasé et à peine plus sûr de lui, le chercheur a préféré aux grands personnages de l’Histoire les chemins de traverse empruntés par les anonymes. L’histoire, avec lui, est un domaine en perpétuelle extension et Philippe Artières s’est fait un devoir de tout englober. La musique, par exemple, mais aussi la banderole en tant qu’objet, les petites annonces et les écrits laissés par des criminels. « Un historien vous dirait normalement qu’il est à la croisée de l’anthropologie, de la philosophie, de la sociologie et de l’art, glisse la designer graphique Susanna Shannon. Avec Philippe, il faut ajouter une autre discipline, qui ne figure pas au catalogue des intellectuels français sérieux : la folie. »

   


Sur sa propre histoire pourtant, Philippe Artières n’est guère disert. Après s’être essayé à l’autobiographie, il évite d’évoquer ses parents, catholiques de droite et prospères. L’héritage dont il se réclame est plus intellectuel, franchement libéral. Son père spirituel ? Le philosophe militant Michel Foucault, celui qui a critiqué les mécaniques du pouvoir, notamment le système carcéral. L’ancien objecteur de conscience a peu écrit sur son grand homme, mais préside depuis 1995 le centre qui lui est consacré.
« Foucault, avance Artières, c’est quelqu’un qui prend des chemins de traverse, qui peut se contredire. Sa pensée, ce n’est pas une ligne droite. Ça trébuche ! » La figure maternelle, c’est Michelle Perrot, spécialiste de l’histoire ouvrière et des femmes, qui lui a ouvert les yeux sur l’ordinaire et montré toute la noblesse de l’histoire de la vie privée. Dans cette famille de cœur, l’historien sentimental compte aussi feu l’écrivain Edouard Glissant, son ex-beau-père, et Dominique Kalifa, spécialiste de l’histoire du crime avec lequel il a écrit un ouvrage. Voici peut-être le secret de cette omniprésence : quand Philippe Artières s’exprime, c’est toujours au pluriel. Ses livres les plus importants, comme 68, une histoire collective ou Attica, USA, 1971, ont d’ailleurs été rédigés à plusieurs mains.
Expérimenter sans cesse
Quoique fuyant les plateaux télévisés, Philippe Artières a le sens de la performance. Pour mieux s’imprégner du personnage du grand-oncle de sa mère, Paul Gény, jésuite assassiné à Rome, il s’est promené dans la Ville éternelle en soutane. Pour restituer cette quête personnelle, il a choisi la forme d’un roman-photo reconstituant les dernières heures de son aïeul.

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En 2016, il était l’un des figurants de l’exposition de Tino Sehgal au Palais de Tokyo, à Paris, là où il avait déjà participé douze ans plus tôt au marathon des 24 Heures Foucault de l’artiste Thomas Hirschhorn. Au Centre Pompidou, en 2017, il tenait un Bureau des archives populaires, permanence mobile où il collectait souvenirs et documents des visiteurs. N’en fait-il pas trop ? L’intéressé admet travailler dans une certaine urgence comme s’il en allait de sa vie. Hanté par la mort, il est de ceux qui ne veulent pas de remords, lui qui ne se console pas d’avoir raté Normale-Sup malgré deux tentatives en littérature et en philosophie.
Un ressort intérieur le pousse à expérimenter sans cesse, formes et idées. Sa dernière trouvaille ? L’idée la plus géniale des commémorations de Mai 68 : proposer chaque jour aux vieux guérilleros comme Daniel Cohn-Bendit de venir desceller les archives officielles les concernant. Comme un passage de relais entre des bêtes de scène et un de leurs successeurs.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Notre choix du soir. Le documentaire suit la jeune directrice musicale, mais sans jamais aborder le sujet de la place des femmes dans ce métier (sur Arte à 0 h 30).
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TV – « La Cheffe d’orchestre Mirga Grazinyte-Tyla »

Notre choix du soir. Le documentaire suit la jeune directrice musicale, mais sans jamais aborder le sujet de la place des femmes dans ce métier (sur Arte à 0 h 30).



Le Monde
 |    05.03.2018 à 18h00
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            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 0 h 30

En 2016, Mirga Grazinyte-Tyla, lituanienne de 29 ans, était nommée directrice musicale de l’Orchestre de la ville de Birmingham, rendu fameux par Simon Rattle, qui en fut, plus jeune encore, le patron et fit de cette phalange provinciale une excellente formation.
Le portrait de la jeune musicienne ne dit – ou ne fait dire – mot de la problématique des ­femmes chefs d’orchestre. Longtemps absentes des podiums et des fosses d’opéra, elles sont aujourd’hui nombreuses à diriger des formations de haut niveau ou, plus fréquemment, à en être les invitées.
Une occasion manquée
Mais la chose n’est pas encore normalisée au point que cela ne constitue pas une exception à la règle. Les récentes déclarations parfaitement misogynes de chefs d’orchestre importants ou de Bruno Mantovani, ­directeur du Conservatoire de ­Paris (CNSMDP) en 2013, montrent que rien ne va encore de soi en ce qui concerne  l’accession ­régulière des femmes à la tête des grands ­orchestres.
Aussi eût-on attendu d’un tel ­documentaire que cette problématique soit mise en perspective. Au lieu de quoi on assiste à de longues ­séquences de Mirga Grazinyté-Tyla se ressourçant pieds nus à la campagne ou choisissant longuement avec un percussionniste le type de frappe d’une « cymbale antique ». On se serait bien également passé du trajet en voiture vers l’aéroport, du récit de la grand-mère, etc.

   


Ce qui a été retenu de ses propos est le plus souvent assez insignifiant et n’évite pas les clichés : « La seule chose qui puisse m’arrêter, c’est ma propre force d’imagination. »Même le violoniste Gidon Kremer, qu’on la voit diriger dans le Concerto pour violon de Mieczysław Weinberg, énonce des banalités : « Mirga incarne certaines des valeurs qui me sont proches : elle ne pense pas à elle mais à la musique (…), elle veut partager et non conquérir, c’est ce qui la rend si exceptionnelle. »
Il est fort possible que la directrice musicale de l’Orchestre de la ville de Birmingham n’ait pas voulu aborder le sujet ; il est fort possible aussi que son talent ait partout fait taire les réticences éventuelles des musiciens et des directeurs d’orchestre.
Ce droit à l’indifférence est évidemment respectable. Il n’empêche : c’est, selon nous, une occasion ­manquée de faire le point sur le sujet.
La Cheffe d’orchestre Mirga Grazinyte-Tyla, de Daniela Schmidt-Langels (Allemagne, 2017, 52 min).



                            


                        

                        

