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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La réforme annoncée par le gouvernement donne un rôle important aux conseils régionaux et aux organisations patronales. A eux de s’en saisir, expliquent dans une tribune au « Monde » Xavier Bertrand, Daniel Coutellier et Frédéric Motte.
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Apprentissage : « Il faut mettre l’entreprise et les régions au cœur du système »

La réforme annoncée par le gouvernement donne un rôle important aux conseils régionaux et aux organisations patronales. A eux de s’en saisir, expliquent dans une tribune au « Monde » Xavier Bertrand, Daniel Coutellier et Frédéric Motte.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 16h37
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                            Collectif








                        



                                


                            

La France vit une situation paradoxale : renouant avec la croissance, elle reste le seul pays d’Europe où le taux de chômage ne baisse que faiblement. Le chômage de masse touche des catégories de population et des territoires spécifiques : les jeunes, surtout les jeunes non formés, les personnes en fin de carrière, et les bassins d’emplois touchés par la désindustrialisation. Un gâchis : 1,3 million de jeunes ne sont ni à l’école, ni à l’université, ni en apprentissage, ni en emploi. L’apprentissage est insuffisamment développé, alors qu’il constitue une des clefs du succès dans le combat contre le chômage.
La France compte 400 000 apprentis, soit seulement 7 % du total des jeunes de 16 à 25 ans. Ce pourcentage est en moyenne de 15 % dans les pays européens. Pourtant, 70 % des apprentis français trouvent un emploi dans les sept mois suivant la fin de leur cursus. Le gouvernement, en lien avec les organisations patronales et les régions, semble avoir pris le taureau par les cornes, autour d’une vingtaine de mesures pragmatiques. Nous nous en réjouissons.
Tensions
Mais il faut aller plus loin dans la réforme : mettre véritablement l’entreprise au cœur du système. La réforme annoncée confère plus de pouvoirs aux branches. C’est une bonne chose. Toutefois, certaines branches sont plus faiblement représentées au niveau territorial. Il est indispensable que les organisations patronales et les branches travaillent en coordination. L’apprentissage est un élément d’anticipation des entreprises, il doit se penser dans un cadre décentralisé et reposer sur un système de proximité. Nous proposons de contractualiser avec les branches en régions, et même d’aller plus loin à l’instar de certaines régions : dans les Hauts-de-France, par exemple, où nous avons créé un ­centre de formation d’apprentis (CFA) interprofessionnel.
L’apprentissage est insuffisamment développé, alors qu’il constitue une des clefs du succès dans le combat contre le chômage
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Des critères communs d’évaluation de la qualité, une interconnexion directe avec le site du compte personnel de formation… Les acteurs du secteur doivent évoluer pour tirer parti de la réforme annoncée, explique le DRH Pierre Monclos, dans une tribune au « Monde ».
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Les organismes de formation devront faire preuve de transparence

Des critères communs d’évaluation de la qualité, une interconnexion directe avec le site du compte personnel de formation… Les acteurs du secteur doivent évoluer pour tirer parti de la réforme annoncée, explique le DRH Pierre Monclos, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 16h18
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Pierre Monclos (DRH et responsable éditorial de Unow, organisme de formation professionnelle en ligne)







                        



                                


                            

Tribune. La formation professionnelle s’apprête à connaître une nouvelle réforme, dans laquelle nous fondons beaucoup d’espoirs. Mais celle-ci ne sera efficace que si elle se base sur une simplification de l’offre et des processus pour permettre à chaque individu de devenir maître de sa formation.
Face à une myriade de formations disponibles et sans réelle preuve de leur qualité, les responsables de formation, comme les salariés, sont déboussolés. Si ce manque de lisibilité peut décourager le passage à l’acte, il peut aussi conduire à une expérience décevante. Seule une véritable garantie de qualité, homogénéisée, pourra orienter et rassurer les entreprises. Or comment la fixer tant que l’évaluation, qui est l’un des critères principaux de qualité, demeure la grande oubliée du système de formation ?
Evaluation objective
Il est urgent d’imposer aux organismes de formation une évaluation objective et réelle des modules, devenant une condition sine qua non de la prise en charge financière par les organismes paritaires de collecte des fonds de la formation (OPCA). Plus encore, il est nécessaire de mettre en place un contrôle de la façon dont les organismes procèdent à cette évaluation, voire de leur demander de rendre cette démarche publique.
La réforme Datadock, qui permet de référencer les organismes de formation selon des critères de qualité, est un premier pas. Elle reste cependant insuffisante. Contraints au dépôt en ligne de documents administratifs, les organismes de formation n’ont pas obligation de prouver la qualité réelle de leurs formations, parfois bien inférieure à la qualité officielle mise en exergue sur Datadock.
Par ailleurs, bien que des indicateurs et certifications existent, le flou persiste sur le ratio entre le nombre d’inscrits à une formation et de ceux qui la terminent (le « taux de complétion »). Les organismes ne sont pas obligés de le communiquer et le remplacent souvent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Etat des lieux et perspectives d’une technique qui est aussi une science, l’informatique.
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Pour comprendre l’informatisation du monde

Etat des lieux et perspectives d’une technique qui est aussi une science, l’informatique.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h42
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Livre. « Un bug n’est pas une panne de la machine ou du logiciel, c’est une panne de ceux qui ont écrit le logiciel. » Voici l’une des leçons favorites de l’informaticien Gérard Berry, académicien des sciences notamment, que l’on trouve dès les premières pages de son livre, véritable plaidoyer pro domo pour sa discipline. Son but est de montrer qu’au-delà des modes, l’informatique est autant une technique qu’une science. Elle possède même son propre schéma mental, la pensée algorithmique, différent de celui des sciences naturelles : l’informatique « construit » une sorte de « nature synthétique ».
Pour convaincre de cette hyperpuissance, Gérard Berry construit un livre assez fourre-tout pas toujours limpide. La première partie est un panorama, qui n’échappe pas aux défauts d’un catalogue un peu rébarbatif, destiné à montrer l’omniprésence de l’informatique dans les communications, Internet, les objets connectés, la médecine… L’ironie et le ton personnel de l’auteur aident tout de même à digérer les informations.
D’autres chapitres sont plus fouillés et techniques, tel celui consacré aux fameux bugs, avec une quantité d’histoires incroyables et malheureusement vraies. Ou comment quelques lettres dans un programme peuvent tout changer, causer des accidents, et même des morts. Un autre chapitre, remarquable de précision, nous plonge dans tous les algorithmes qui peuplent les appareils photo numériques pour aider à la prise de vue en corrigeant les expositions, les couleurs, les aberrations, les tremblements…
Vulgarisation insuffisante
L’ensemble se termine un peu comme il avait commencé, par des pages plus personnelles sur les perspectives de la discipline et surtout sa place dans la société. On y retrouve une autre marotte de Gérard Berry (en plus des bugs et de la sécurité) : l’enseignement de l’informatique. Même s’il y a mis tout son poids et a obtenu des progrès, avec notamment des options au lycée, il reconnaît...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le chercheur Christophe Boëte explique, dans une tribune au « Monde », qu’il est urgent qu’une expertise indépendante contrecarre les stratégies de communication des biotechs, qui entendent mettre en application des outils génétiques de contrôle ou d’éradication de certaines espèces.
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Lobbying industriel sur le « forçage génétique »

Le chercheur Christophe Boëte explique, dans une tribune au « Monde », qu’il est urgent qu’une expertise indépendante contrecarre les stratégies de communication des biotechs, qui entendent mettre en application des outils génétiques de contrôle ou d’éradication de certaines espèces.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 17h02
    |

Christophe Boëte (Chargé de recherche à l’Institut de recherche pour le développement à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier, unit...







                        



                                


                            

Tribune. « Rapide », « puissant », « prometteur », « disruptif ». Tels sont les qualificatifs souvent attribués au gene drive, ou « forçage génétique », une technique qui vise à favoriser l’héritage d’un gène particulier. Avouons-le, cette innovation a quelque chose du couteau suisse biotechnologique version 2.0.
Qu’il s’agisse de protéger des récoltes agricoles contre des ravageurs, de supprimer des espèces invasives, d’éradiquer des moustiques vecteurs de maladies infectieuses ou encore de les empêcher de les transmettre, ses applications potentielles semblent constituer un arsenal à bien des maux pour lesquels les remèdes nous manquent.
Revers de la médaille, la maîtrise toute relative des aspects moléculaires et l’efficacité envisagée de la méthode vont de pair avec de grandes incertitudes et un manque de contrôle évident du système, une fois passé un éventuel lâcher dans les populations naturelles.
Controverse
Si les aspects biologiques de cette technologie suscitent la controverse, jusqu’à des demandes de moratoire, les questions éthiques, sociales et légales de son utilisation restent entières. elles conduisent aussi à des débats sur la communication et l’engagement du public. Plusieurs réunions ont d’ailleurs déjà été mises en place par deux organisations états-uniennes, l’ILSI (International Life Sciences Institute) et la FNIH (Foundation for the ­National Institutes of Health), et le ­Nepad (Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique) en Afrique sub-saharienne, avec une attention toute particulière portée à la lutte contre les maladies transmises par les moustiques.
S’il semble louable que les nouvelles technologies soient présentées et discutées là où elles sont susceptibles d’être testées, voire déployées, l’implication de l’ILSI dans l’organisation de ces ateliers sur le forçage génétique peut être questionnable, voire problématique, si l’on se réfère à ses financements et à son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Il faudrait que la Bourse chute plus lourdement pour que les chefs d’entreprise américains cessent leur double jeu : plaider pour leur paroisse protectionniste à la Maison Blanche mais tenir à l’extérieur un discours libre-échangiste, explique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Leparmentier
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Protectionnisme : « La réaction de Wall Street aura plus d’impact que toutes les contre-sanctions »

Il faudrait que la Bourse chute plus lourdement pour que les chefs d’entreprise américains cessent leur double jeu : plaider pour leur paroisse protectionniste à la Maison Blanche mais tenir à l’extérieur un discours libre-échangiste, explique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Leparmentier



Le Monde
 |    06.03.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 14h17
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. Versons une larme : sur les actions de Boeing et de Fiat Chrysler, qui ont perdu 5 % en fin de semaine, ou encore sur celles de Whirlpool, en recul de plus de 3 %, et surtout sur les buveurs de bière en canette. Voilà ces malheureux frappés par la hausse annoncée des prix de l’aluminium et de l’acier, qui entrent dans la fabrication des avions, automobiles, lave-linge et autres canettes made in USA.
Le responsable, Donald Trump, qui a décidé d’instaurer des droits de 10 % et de 25 % sur les importations d’aluminium (17 milliards de dollars [13,8 milliards d’euros]) et d’acier (30 milliards de dollars [24,4 milliards d’euros]).

Ces entreprises affligées ont la mémoire un peu courte. Qui a déposé plainte contre le canadien Bombardier, obtenant une taxation de 300 % de ses avions moyen-courriers – supprimée en janvier par une autorité indépendante américaine –, si ce n’est Boeing ? Qui a obtenu l’imposition de droits de douane sur les lave-linge coréens ? C’est Whirlpool, l’entreprise qui délocalise à tout va en Europe, fait pleurer sur ses salariés américains, mais n’est pas capable, selon ses concurrents, d’inventer des machines correspondant aux aspirations des consommateurs.
Quant à Fiat Chrysler, devançant l’appel de M. Trump, elle a décidé de rapatrier, d’ici à 2020, la production de ses pick-up mexicains sur le territoire américain. Elle est certaine d’éviter le droit de douane de 25 % qui s’appliquerait si les Etats-Unis quittaient l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena).
« Un poison lent »
Il faudrait que la Bourse chute plus lourdement pour que les chefs d’entreprise américains cessent leur petit jeu : plaider pour leur paroisse protectionniste à la Maison Blanche mais tenir à l’extérieur un discours libre-échangiste. Le protectionnisme est si pratique quand on est seul à en profiter. C’est surtout, comme le Brexit, un poison lent – ce qui permet de nier dans un premier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Analyse. La Chine veut éviter que son rôle dans la mise en œuvre des sanctions onusiennes n’en fasse un ennemi de la Corée du Nord. Elle n’est pas convaincue que de meilleures relations entre Pyongyang et Washington soient dans son intérêt, selon le correspondant du « Monde » à Pékin, Brice Pedroletti.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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La passivité de Pékin face à la crise coréenne

Analyse. La Chine veut éviter que son rôle dans la mise en œuvre des sanctions onusiennes n’en fasse un ennemi de la Corée du Nord. Elle n’est pas convaincue que de meilleures relations entre Pyongyang et Washington soient dans son intérêt, selon le correspondant du « Monde » à Pékin, Brice Pedroletti.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 12h36
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            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Analyse. Depuis la fin des Jeux olympiques d’hiver, fin février, Pékin est discrètement à la manœuvre pour rendre plus durable l’accalmie sur la péninsule coréenne, malgré les nouvelles sanctions américaines annoncées le 23 février contre des sociétés de transport maritime commerçant avec la Corée du Nord.
Plusieurs d’entre elles sont basés en Chine, et Pékin a vertement critiqué ces mesures prises en dehors du cadre des résolutions onusiennes. Le 26 février, l’envoyée spéciale du président chinois Xi Jinping à la cérémonie de clôture des JO de Pyeongchang, la vice-première ministre Liu Yandong, a assuré le président sud-coréen, Moon Jae-in, que Pékin était prêt à œuvrer de concert avec Séoul pour faciliter le dialogue entre Pyongyang et Washington.
« Nous espérons que le dialogue entre la Corée du Sud et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) puisse s’élargir à un dialogue direct entre les Etats-Unis et la RPDC », a renchéri le lendemain Lu Kang, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, resté coi sur les rumeurs de rencontre la semaine dernière entre Mme Liu et des officiels nord-coréens à Pyeongchang.
« Double suspension »
La trêve olympique a bien entériné une « double suspension » de facto des tests nord-coréens d’un côté, et des exercices militaires conjoints entre Etats-Unis et Corée du Sud de l’autre – ils doivent en principe reprendre en avril –, soit la solution de désescalade proposée depuis l’été dernier par Pékin. Encore faut-il transformer cet essai en un véritable accord de « double suspension », comme le suggère, dans son dernier rapport sur la crise nord-coréenne, l’ONG International Crisis Group. La Chine devra alors « jouer un rôle important de facilitateur, malgré sa réticence à le faire », estiment ses experts.
Car cette proposition chinoise de « double suspension » est jusqu’à aujourd’hui restée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Cette semaine, Marc Gozlan vous invite à découvrir un billet de blog très différent de ceux que qu’il vous propose habituellement car Il comporte des vidéos amusantes, drôles, hilarantes, ayant pour thème la recherche biomédicale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/03/06/19-8">
<filnamedate="20180306"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180306"><AAMMJJHH="2018030619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Yves Clot, psychologue du travail, observe que réformer la « gouvernance » ou la « mission » de l’entreprise n’aboutira pas si les salariés ne conquièrent pas la liberté de coopérer au travail.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« C’est sur l’axe de la qualité du travail que l’entreprise se remettra en marche »

Dans une tribune au « Monde », Yves Clot, psychologue du travail, observe que réformer la « gouvernance » ou la « mission » de l’entreprise n’aboutira pas si les salariés ne conquièrent pas la liberté de coopérer au travail.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 11h00
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Yves Clot (Professeur émérite de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers)







                        



                                


                            

Tribune. On se pince pour y croire. La vie sociale semble partir en morceaux. Pour mesurer à quel point, il suffit de mettre la focale sur l’entreprise et le travail. La mise en œuvre des ordonnances pour « libérer le travail » a commencé en réduisant encore la capacité d’action syndicale sur le travail réel.
Par ailleurs, on a confié une mission sur l’objet social de l’entreprise et sa contribution à l’intérêt général à l’ancienne syndicaliste Nicole Notat et à l’actuel patron de Michelin [Jean-Dominique Senard], qui figure régulièrement sur la liste des entreprises soi-disant « libérées » : cette fois, ce n’est plus seulement le code du travail, mais le code civil, qui devrait être révisé.
En outre, l’Assemblée nationale est le théâtre d’un affrontement où la gauche n’a plus comme seul objectif que de faire reconnaître le « burn-out » en maladie professionnelle. Enfin, pour faire bonne mesure, les scandales de santé publique se multiplient – Lactalis et les EPHAD sont les derniers en date – où la responsabilité directe des entreprises privées ou des établissements publics est engagée.
Des procédures de plus en plus tyranniques
Pourtant, chaque chose suit son cours séparément. L’initiative possible des salariés sur leur propre activité est sortie rétrécie de la réforme du code du travail. Leur santé pourrait bien en pâtir mais il suffirait — si on suit la gauche et ses experts — que les pouvoirs établis acceptent de réparer les dégâts… La discussion sur la redéfinition des fonctions sociales de l’entreprise reste confinée aux professeurs de gestion et aux grands patrons, qui délibèrent de leur côté sur la gouvernance et le code civil sans rapport avec le code du travail. Dans le même temps, en pleine crise écologique, les consommateurs, les clients-citoyens, sont sans contrôle sur la mauvaise qualité des produits fabriqués et des services rendus. La nature reste traitée comme une marchandise.
Cette...




                        

                        


<article-nb="2018/03/06/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Après les annonces de Donald Trump sur de futures barrières douanières, le risque est grand de voir d’autres pays prendre des mesures de rétorsion.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Taxes américaines sur l’acier et l’aluminium : le protectionnisme ne fera que des perdants

Editorial. Après les annonces de Donald Trump sur de futures barrières douanières, le risque est grand de voir d’autres pays prendre des mesures de rétorsion.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 14h50
   





                        


Editorial du « Monde ». Ainsi donc, les Etats-Unis seraient menacés, assiégés par des partenaires commerciaux qui mettent en danger la capacité de leur industrie sidérurgique à répondre à un potentiel effort de guerre. L’argument utilisé par Donald Trump pour justifier des taxes douanières de 25 % sur les importations américaines d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium, annoncées le 1er mars, a de quoi laisser ­pantois. S’appuyant sur une loi datant de la guerre froide, qui l’autorise à recourir à des mesures protectionnistes au nom de la « sécurité nationale », le président américain prend en effet le risque de se brouiller durablement avec ses alliés, tout en fragilisant gravement son économie.
Depuis qu’il s’est porté candidat à la ­Maison Blanche, Trump a fait du protectionnisme économique son fonds de ­commerce électoral. L’Amérique aurait été le dindon de la farce d’une mondialisation qui n’aurait profité qu’aux autres pays, détruisant l’emploi et les usines aux Etats-Unis. Une fois élu, il a dénoncé le Parte­nariat transpacifique (TPP), puis lancé une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) avec le Canada et le Mexique. Aujourd’hui, sa croisade contre le libre-échange prend une nouvelle tournure en menaçant le monde d’une guerre commerciale aux effets néfastes pour la croissance.
Effet limité sur la Chine
Le risque n’est pas à prendre à la légère, même si, à ce stade, les modalités des ­barrières douanières restent à définir, ­tandis que les convictions de la Maison Blanche semblent fluctuantes. Ainsi, alors que les ­conseillers de Donald Trump assuraient jusqu’à présent qu’aucun pays ne serait exempté des nouvelles taxes, lundi 5 mars, le président américain s’est dit prêt à épargner le Canada et le Mexique, à ­condition que ces deux gros exportateurs d’acier vers les Etats-Unis acceptent un nouvel Alena plus « juste ». Ce chantage n’a eu pour effet que d’enliser un peu plus les négociations en cours.
Le paradoxe des mesures envisagées par Washington est que celles-ci n’auront qu’un effet limité sur le principal fauteur de trouble du marché mondial de l’acier et de l’aluminium, la Chine, dont la surproduction tire les prix vers le bas. Pékin est en effet un exportateur de second rang vers les Etats-Unis. Il aurait été bien plus efficace d’élaborer une riposte commune avec des alliés comme le Canada, l’Union européenne ou la Corée du Sud. Au lieu de quoi, les taxes annoncées ciblent en priorité ces partenaires historiques, qui n’auront d’autre choix que de répliquer à leur tour. Ainsi, les Européens envisagent déjà de prendre des mesures de rétorsion sur les jeans Levi’s, les motos Harley-Davidson ou le bourbon. « Nous aussi, nous pouvons être stupides », a rétorqué Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

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                Commerce mondial : l’Europe prépare sa riposte à l’offensive protectionniste de Trump



En attendant, il est peu probable que les taxes sur l’acier et l’aluminium parviennent à sauvegarder l’emploi aux Etats-Unis. Ces activités ne concernent que 140 000 salariés, à comparer avec les 6,5 millions d’Américains qui travaillent dans des secteurs comme l’aéronautique, l’automobile ou encore la construction, les gros utili­sateurs de métaux. Or les taxes vont renchérir leurs coûts de fabrication, sapant la compétitivité des entreprises et fragilisant l’emploi. « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », affirme Donald Trump. L’histoire montre au contraire que le protectionnisme, lorsqu’il est appliqué de façon aussi aveugle et systématique, ne fait que des perdants.

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                « La décision de Trump sur l’acier et l’aluminium est une mauvaise nouvelle pour l’emploi américain »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Jacques Lejeune, ancien exploitant et syndicaliste, explique dans une tribune au « Monde » comment les variations historiques des primes européennes ont divisé les agriculteurs, rendant caduque la « représentation » que prétend en faire le syndicat majoritaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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En finir avec « le mythe de l’unité paysanne »

Jacques Lejeune, ancien exploitant et syndicaliste, explique dans une tribune au « Monde » comment les variations historiques des primes européennes ont divisé les agriculteurs, rendant caduque la « représentation » que prétend en faire le syndicat majoritaire.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 07h00
    |

Jacques Lejeune (Ancien agriculteur)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis quelques semaines, les aides publiques à l’agriculture sont dénoncées en raison de l’inégalité de leur répartition entre les agriculteurs et entre les régions.
Un peu d’histoire de la politique agricole s’impose pour clarifier ce débat et en faciliter la compréhension.
Jusqu’en 1992, les aides apportées aux agriculteurs consistaient en un soutien des prix payés aux agriculteurs. Ces prix étaient donc administrés, garantis par un système de barrières à l’entrée sur le marché européen et par des subventions aux exportations en dehors de cet espace.

Cette exception agricole a été remise en cause par les accords de Marrakech en 1994. Il avait été alors décidé, pour se limiter au cas des seules céréales, d’en baisser le prix de 30 % (puis 20 % en 1999). La conséquence aurait été une baisse conséquente du revenu des agriculteurs si un système de primes dites « compensatoires » n’avait été instauré. En termes de revenu, cela ne changeait pas grand-chose pour les agriculteurs, sauf que :
Concentration des terres
1. Les aides étaient désormais beaucoup plus visibles pour le grand public et pour les agriculteurs eux-mêmes ;
2. Les stratégies mises en place par les agriculteurs en ont été changées.
La politique des prix soutenus relativement élevés avait favorisé l’intensification des productions, c’est-à-dire la recherche de la maximisation des rendements. C’était d’ailleurs l’objectif visé par la puissance publique à une époque où la demande sociale vis-à-vis de l’agriculture était d’assurer l’autosuffisance alimentaire européenne, sur un territoire par définition inextensible. Changement de décor avec la politique d’attribution de primes à l’hectare. C’est désormais vers une concentration des terres que les agriculteurs se sont orientés, la meilleure manière de récolter beaucoup de primes consistant à mettre en culture beaucoup de terres…
Comment ces moins de 3 % de la...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ La qualité d’une revue ne se mesure pas seulement à ses reprises d’articles récents. La preuve : plus une publication est ancienne, plus elle est citée.
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Mathématiques éternelles

La qualité d’une revue ne se mesure pas seulement à ses reprises d’articles récents. La preuve : plus une publication est ancienne, plus elle est citée.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h45
    |

                            Etienne Ghys (Mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            

Carte blanche. Un article publié dans la lettre d’information de la Société mathématique européenne vient de démontrer, si c’était encore nécessaire, que les ­mathématiques sont éternelles. Bien sûr, on le savait déjà puisqu’un théorème, une fois démontré, reste vrai pour l’éternité. Le théorème de Pythagore a été établi il y a plus de deux mille ans et personne ne le remettra ­jamais en question. La situation est différente dans les autres sciences qui ne progressent pas de la même façon. Les physiciens ont dû se débarrasser de l’éther qui remplissait l’espace jusqu’à la fin du XIXe siècle. Quant aux biologistes, ils ont abandonné la théorie vitaliste il y a bien longtemps.
Les théorèmes du passé sont-ils oubliés par les chercheurs contemporains ? Pour le savoir, Adam Bannister et Olaf Teschke ont étudié les immenses bases de données dont on dispose aujourd’hui, soit des millions de publications mathématiques. Ils ont observé la manière dont les mathématiciens y font référence à leurs prédécesseurs. Tout d’abord, ils ont constaté qu’au fil des années les chercheurs citent des articles de plus en plus vieux, passant d’une moyenne de 5 ans d’ancienneté au début du XXe siècle à 17 ans aujourd’hui. La même évolution se produit également dans les autres sciences mais à un rythme moins soutenu.
En revanche, un phénomène plus surprenant semble caractéristique des mathématiques. En moyenne, tout se passe comme si les articles dans ce domaine avaient une ­espérance de vie infinie. Prenez par exemple un texte publié il y a un demi-siècle et observez le nombre de fois où il a été cité, année par année, depuis sa publication. Eh bien, ce nombre ne cesse d’augmenter.
Ainsi, un ­article est beaucoup plus cité cinquante ans après sa publication qu’après vingt-cinq ans : les mathématiciens n’oublient pas leurs anciens. Bien entendu, il ne s’agit que d’une moyenne et beaucoup de résultats sans intérêt tombent (heureusement)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les pistes que semble privilégier le gouvernement pour organiser l’islam de France sont peu réalistes, tant juridiquement que sociologiquement, juge l’islamologue dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/03/2018
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Rachid Benzine : « Islam de France : gare aux fausses “bonnes idées” »

Les pistes que semble privilégier le gouvernement pour organiser l’islam de France sont peu réalistes, tant juridiquement que sociologiquement, juge l’islamologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 14h09
    |

Rachid Benzine (Islamologue, chercheur associé au fonds Ricoeur)







                        



                                


                            


Tribune. Le président Emmanuel Macron a décidé de prendre à bras-le-corps le dossier de l’organisation de l’islam de France, et on ne peut que s’en féliciter. Pourra-t-il réussir là où ses prédécesseurs ne sont parvenus à rien de satisfaisant depuis presque quarante ans, malgré des efforts respectables ? Un des avantages du jeune président est de ne pas se considérer lié par des pesanteurs héritées du passé, et de privilégier l’efficacité pragmatique sur les politesses hypocrites.
Mais jusqu’où pourra-t-il faire fi de ces héritages ? La situation est loin d’être simple, non seulement en raison du principe français de séparation qui interdit – normalement ! – à l’Etat de s’immiscer dans l’organisation des cultes ; mais plus encore du fait d’un islam des musulmans de France extrêmement pluriel, traversé de conflits et d’intérêts contradictoires.
Surtout, on peut avoir légitimement le sentiment que l’immense majorité des fidèles du Coran en France se montre peu intéressée par la mise en place de structures censées la représenter. Un signe de « privatisation » et d’individualisation de la foi des gens ? Ou bien un abandon dans les mains de ceux – souvent les plus zélés et les moins ouverts aux valeurs des sociétés démocratiques – qui ont la réputation d’être « meilleurs religieux » et « plus savants » qu’eux ? Les deux phénomènes sont probablement à l’œuvre ensemble.

Même si le président Macron s’est, jusqu’ici, peu exprimé sur le sujet, on connaît les thèses et propositions qui lui sont présentées. L’une des premières est la rupture avec les influences dites « étrangères » au profit d’un islam « des musulmans de France ». La proposition est séduisante. Mais peut-on extraire de « toute influence étrangère » – ou de tout « attachement étranger » – les musulmans de France ? Est-ce possible et souhaitable ?
Déjà conviendrait-il de mieux définir quelles sont les influences étrangères, et en quoi celles-ci...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Malgré la vague populiste en Europe, la présidente du parti ne parvient pas à rebondir après sa défaite de 2017, analyse, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/03/2018
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« Idées, alliés ou cousins du FN ont le vent en poupe. Pourtant, Marine Le Pen semble traîner un spleen sans fin »

Malgré la vague populiste en Europe, la présidente du parti ne parvient pas à rebondir après sa défaite de 2017, analyse, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 10h22
    |

Gérard Courtois (éditorialiste au "Monde")







                        



                                


                            
Chronique. A quelques jours du congrès de son parti, les 10 et 11 mars, Marine Le Pen devrait avoir le sourire. Certes, contrairement à ses espoirs les plus fous, elle n’a pas fait le poids face à Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle, le 7 mai 2017. Mais elle a tout de même rassemblé sur son nom 10,6 millions de voix, soit le double du score de son père, quinze ans plus tôt. Ce résultat témoigne du travail mené pendant six ans pour organiser et enraciner le Front national, pour imposer ses idées dans le débat public et pour effacer les stigmates les plus urticants du long magistère de Jean-Marie Le Pen.
Mieux, la présidente du Front national devrait se réjouir de voir une vague comparable monter partout ou presque en Europe. Des dirigeants nationalistes, populistes, voire d’extrême droite assumée sont au pouvoir en Pologne, en Hongrie, en Autriche, en République tchèque, en Bulgarie… A Berlin, l’Alternative pour l’Allemagne et ses 92 députés d’extrême droite incarnent désormais l’opposition à la coalition de la droite et des sociaux-démocrates que la chancelière Angela Merkel a péniblement fini par constituer. A Rome, le mouvement protestataire 5 étoiles et la très extrémiste Ligue de Matteo Salvini viennent de faire voler en éclats le paysage politique italien.

Partout ou presque, les partis traditionnels de gauche ou de droite sont bousculés, laminés ou blackboulés. Dix années de crise économique, de chômage et de crainte du déclassement ont nourri la défiance des peuples contre leurs gouvernants et, au-delà, contre les dirigeants de l’Union européenne. Partout, la brutale pression migratoire des dernières années, renforcée par la peur de l’islam, a déclenché réflexes identitaires et xénophobie, les deux ressorts fondamentaux du Front national. Sans même parler du slogan « L’Amérique d’abord » du président américain Donald Trump, qui résonne aisément avec celui, historique, du FN (« Les Français...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Pour combattre le terrorisme, l’Etat devrait se montrer intransigeant dans le combat contre la petite délinquance plutôt  que de tenter de structurer l’islam de France, estime le sociologue Tarik Yildiz, dans une tribune au « Monde ».
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Tarik Yildiz : « L’enjeu n’est pas la structuration de l’islam, mais la lutte contre une idéologie »

Pour combattre le terrorisme, l’Etat devrait se montrer intransigeant dans le combat contre la petite délinquance plutôt  que de tenter de structurer l’islam de France, estime le sociologue Tarik Yildiz, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 12h15
    |

Tarik Yildiz (Sociologue,)







                        



                                


                            
Tribune. Le président de la République a dévoilé récemment le projet de restructurer « l’islam de France », fixant les grandes orientations qui devraient être arrêtées et déclinées ces prochaines semaines. Nouvelle représentation, financement, formation : les axes de réflexion comportent des enjeux cruciaux pour l’avenir de notre société et de la cohésion sociale.
Une question revient sans cesse dans certains milieux associatifs et militants : pourquoi l’exécutif ne cible-t-il que l’islam ? Pourquoi ce chantier ne concerne-t-il pas l’ensemble des religions ? La dénonciation sous-jacente d’un deux poids deux mesures se développe avec l’objectif, plus ou moins conscient, d’installer l’idée d’une discrimination injuste de l’Etat.
L’exécutif doit répondre à la question posée sans complexe : les réflexions ne concernent que l’islam, car les terroristes qui ont récemment frappé notre pays étaient tous issus de la même mouvance, l’islam sunnite takfiriste [adepte d’une idéologie ultra-violente]. Evidemment, il s’agit d’une infime minorité au regard de l’ensemble des croyants, mais l’Etat peut légitimement mener une politique particulière pour déconstruire certains mécanismes dévastateurs sur son propre sol.
Le véritable enjeu ne doit pas être la structuration de l’islam, mais plutôt la lutte contre une idéologie particulière en son sein, propice au développement d’une contre-société et de la violence.
Tentation de nombreux intellectuels et de responsables politiques, la participation à des débats théologiques n’est pas une solution pour répondre à l’enjeu précité. Le rôle de l’Etat, de surcroît laïque, ne peut être d’interpréter des textes religieux, de favoriser officiellement une certaine exégèse du Coran, de créer un « islam à la française ». Investir le champ de l’interprétation religieuse serait inefficace et même contre-productif, les plus radicaux vivant à la marge de la société et refusant toute institution, particulièrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’enseignement du fait religieux doit être revu pour mieux intégrer l’apport de l’islam à l’histoire de France, estime Houari Bouissa, professeur d’histoire, dans une tribune au « Monde ».
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Houari Bouissa : « L’islam, une histoire française à enseigner à l’école »

L’enseignement du fait religieux doit être revu pour mieux intégrer l’apport de l’islam à l’histoire de France, estime Houari Bouissa, professeur d’histoire, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 12h17
    |

Houari Bouissa (Professeur d'histoire, formateur d’enseignants sur les questions liées au fait musulman)







                        



                                


                            

Tribune. Le président de la République a récemment ouvert le débat autour de la formation d’un islam de France en appelant de ses vœux l’édification d’un islam franco-français. Dans son récent ouvrage, L’Islam, une religion française, Hakim El Karoui propose même de rompre avec la tutelle des pays étrangers afin de faire accepter l’idée que l’islam est devenu une religion française.

Ces réflexions renvoient aussi à la question scolaire. Les lois Jules Ferry de 1881-1882 voulaient, à travers l’enseignement, refonder une école publique excluant les références religieuses pour affirmer une nouvelle foi autour des principes de la République. La IIIe République avait comme dessein de construire une France composée d’individus rassemblés autour d’une histoire et d’une langue communes.
Analphabétisme religieux
Aujourd’hui, alors que se pose la question du rôle de l’enseignement du fait religieux à l’école, quels sont les moyens d’action qui permettraient à nos élèves de se sentir français, républicains et finalement à l’aise dans des institutions laïques ?
Le savoir des élèves concernant le fait religieux en général et l’historiographie musulmane en particulier reste très lacunaire. Faute de connaissances historiques, on peut même parler d’analphabétisme religieux dans une grande partie de notre jeunesse. Beaucoup de musulmans, certes, mais aussi de chrétiens et de juifs, n’ont que des connaissances approximatives du fait religieux justement parce que l’histoire du fait religieux reste le parent pauvre de notre historiographie.
« Beaucoup de musulmans, certes, mais aussi de chrétiens et de juifs, n’ont que des connaissances approximatives du fait religieux »
Les raisons sont multiples, d’abord parce que notre construction historiographique s’est réalisée autour d’une déchirure méditerranéenne, où l’islam est vite apparu comme intrus, ce qui a sans doute amené à le considérer comme en dehors de la science...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La sécurisation des transactions de « pair à pair » et la cryptomonnaie permettent aux consommateurs particuliers d’entrer eux-mêmes dans la chaîne de production et de distribution énergétique, explique Guillaume Guérard, de l’Ecole supérieure d’ingénieurs Paris-La Défense.
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La « blockchain » ouvre la voie aux « centrales électriques virtuelles et décentralisées »

La sécurisation des transactions de « pair à pair » et la cryptomonnaie permettent aux consommateurs particuliers d’entrer eux-mêmes dans la chaîne de production et de distribution énergétique, explique Guillaume Guérard, de l’Ecole supérieure d’ingénieurs Paris-La Défense.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 17h02
    |

Guillaume Guérard (Professeur associé à l’Ecole supérieure d’ingénieurs Paris-La Défense)







                        



                                


                            

Tribune. Le monde de l’énergie englobe des centaines d’acteurs, des millions d’utilisateurs et une infrastructure terrestre et maritime. C’est pourquoi il est plus facile d’intégrer des technologies numériques que de remodeler le réseau. Or, la « blockchain » a trouvé de nombreuses utilisations pour les « consomm’acteurs » comme pour les entreprises d’un réseau de plus en plus distribué et bidirectionnel.
La « blockchain » est surtout connue pour la sécurisation des transactions sans tiers de confiance ; elle rend possible l’échange « pair à pair » sans passer par un intermédiaire. Des écoquartiers, comme le célèbre Brooklyn Microgrid à New York, favorisent le partage rémunéré d’énergie entre des voisins d’un même quartier.

En Europe, Grid Singularity propose des formules pour le partage et l’autoconsommation énergétique. La Sunchain du bureau d’étude Tecsol garde notre surproduction sous forme de cryptomonnaie. Cette dernière est convertible en énergie, quelle que soit votre position : il est alors possible de recharger sa voiture électrique à Paris « à partir » de l’énergie que vous produisez, par exemple, à Marseille.
A l’international, les SolarCoins se veulent une monnaie de conversion de l’énergie solaire. Il est alors possible d’acheter ou de vendre son énergie via cette « blockchain ». Cette cryptomonnaie se veut communautaire et seule une entreprise, ekWateur, l’exploite dans ses offres.
Partenariat automatisé
Les « smart contracts » sont des contrats automatisés via la « blockchain ». Des projets pilotes ont été lancés par des grands groupes comme EDF (OslO2Rome avec Corri-Door), Bouygues et Microsoft, avec Lyon Confluence, ou encore Total, avec Greenflex. Dans ces projets, la mobilité électrique est en développement. Que ce soit collectif ou individuel, le véhicule électrique a en effet sa part à jouer en termes de stockage et de gestion de la demande au sein du réseau électrique.
La prochaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Six chercheurs en économie, gestion, philosophie, anthropologie, contestent, dans une tribune au « Monde », les concepts « d’externalité négative » ou de « compensation », pourtant à la base des interrogations actuelles sur la « responsabilité sociale des entreprises »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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« Il est temps de changer en profondeur la manière de penser le périmètre d’action des entreprises »

Six chercheurs en économie, gestion, philosophie, anthropologie, contestent, dans une tribune au « Monde », les concepts « d’externalité négative » ou de « compensation », pourtant à la base des interrogations actuelles sur la « responsabilité sociale des entreprises »



Le Monde
 |    05.03.2018 à 16h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Ces dernières semaines, différentes positions ont été exprimées sur l’avenir du statut des entreprises en France, et plus particulièrement sur leur « objet social ». Des voix se sont élevées pour réclamer une refonte de la définition de la mission de l’entreprise dans le sens notamment de la création d’un « objet social étendu » et/ou d’un « comité de parties prenantes », l’objectif étant de faire prendre en charge, au niveau de la gouvernance des entreprises, la poursuite de l’intérêt général (protection de l’environnement, responsabilité sociale et territoriale,…).
il ne faut pas oublier que la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) n’est pas un concept nouveau
Face à l’urgence écologique, et ce que certains scientifiques désignent comme l’avènement de l’Anthropocène, cette orientation pourrait apparaître comme cohérente à différents égards. Néanmoins, il nous semble que ce type de propositions n’évite pas un certain nombre de tensions qu’il faut savoir déjouer afin de bâtir une réforme du périmètre d’action des organisations (que nous appelons aussi de nos vœux) à la hauteur des enjeux écologiques.
Bien qu’un grand nombre d’organisations défende aujourd’hui (souvent en toute légitimité) une vision générale et altruiste de leur mission, elles ne peuvent à elles seules intégrer toute la densité du problème écologique. La complexité de ce dernier vient de ce qu’il est impossible de le résumer à un simple problème d’externalités qu’il suffirait d’internaliser, voire de compenser. Le paradigme de l’internalisation et de la compensation est aujourd’hui insuffisant. D’abord, il ne faut pas oublier que la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) n’est pas un concept nouveau et qu’elle s’est diffusée amplement dans différentes organisations, avec plus ou moins de succès au niveau « micro-économique » bien que les effets « macro-environnementaux » soient loin d’être attestés (y compris dans les pays où les statuts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.
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Rome, Berlin : l’Europe en suspens

Editorial. Le paysage qui émerge des épisodes électoraux du 4 mars en Italie et en Allemagne est lourd de menaces pour l’Union européenne.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 11h28
   





                        


Editorial du « Monde ». Une bonne nouvelle pour l’Europe, venue d’Allemagne, suivie d’une très mauvaise nouvelle, en Italie. La journée du 4 mars, avec le verdict simultané du SPD allemand et de l’électorat italien, aurait pu être fatale à la construction européenne. Mais l’Europe n’est pas sortie de l’ornière pour autant. Si le vote positif des membres du parti de centre gauche allemand sur le contrat de coalition gouvernementale lève un obstacle majeur, il est, malheureusement, assombri par le triomphe des forces populistes et eurosceptiques en Italie.
Le paysage qui émerge de ces épisodes électoraux dans les deux principaux pays, avec la France, de la zone euro, est en effet lourd de menaces. En disant oui à une nouvelle « grande coalition » avec les conservateurs d’Angela Merkel, les sociaux-démocrates allemands ont certes évité le chaos et privilégié la stabilité. Il n’y aura pas de nouvelles élections en Allemagne et Mme Merkel restera chancelière, pour un quatrième mandat. Mais pour quoi faire ?

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                Allemagne : le SPD approuve l’accord de coalition avec les conservateurs d’Angela Merkel



L’accord entre le SPD et la CDU-CSU promet « un nouvel élan pour l’Europe ». Ambitieux dans ses têtes de chapitre, il est en réalité beaucoup plus prudent dans les détails, ce que confirme le choix des hommes qui seront chargés de le mettre en œuvre. A l’instar du futur ministre des finances et vice-chancelier, Olaf Scholz, un social-démocrate dont les premières déclarations ont surtout rassuré les gardiens de l’héritage de son prédécesseur, Wolfgang Schäuble. Ou de Horst Seehofer, le président de la très conservatrice CSU bavaroise, qui, en tant que ministre de l’intérieur, aura la haute main sur une politique migratoire largement inspirée par son propre parti.
Le volontarisme pro-européen fait désormais figure d’exception
Reste Mme Merkel. Voudra-t-elle impulser cet « élan » ? Ce n’est pas son tempérament mais, pour ce qui sera probablement son dernier mandat, elle peut être tentée de prendre une initiative qui ne soit pas conditionnée par le seul souci de sa réélection. Mais le pourra-t-elle seulement ? On peut, hélas, en douter, dans une Europe où le volontarisme pro-européen d’un Emmanuel Macron fait désormais figure d’exception.
Car le message politique qui émane des urnes italiennes est d’une clarté brutale, même si sa traduction institutionnelle risque de plonger Parlement et gouvernement dans une longue confusion. Après dépouillement de près de 90 % des bulletins de vote, le Mouvement 5 étoiles atteignait, lundi matin, le score historique de 31,9 % des voix. La Ligue (ex-Ligue du Nord), emmenée par l’extrémiste Matteo Salvini, peut compter sur près de 19 %, devançant largement le parti de centre-droit de Silvio Berlusconi, Forza Italia, qui croyait pouvoir jouer les arbitres de cette élection mais n’a reçu l’adhésion que de 13,9 % des suffrages. Si l’on ajoute à ce tableau les 4,3 % du parti d’extrême droite Frères d’Italie, ce sont largement plus de la moitié des électeurs italiens qui ont voté pour des formations antisystème. Le parti démocrate de l’ancien premier ministre Matteo Renzi confirme, lui, la tendance pan-européenne de l’effondrement des partis de centre gauche, avec 18,9 % des voix.

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                En Italie, le triomphe des forces antisystème



C’est un paysage tristement familier : la France, finalement, n’a échappé en 2017 à une catastrophe comparable que par la grâce du scrutin à deux tours. Les Etats-Unis ont élu Donald Trump en 2016, cinq mois après le vote des électeurs britanniques en faveur du Brexit. L’Italie du 4 mars ne veut pas, elle, sortir de l’Union européenne. Mais elle fera tout pour l’empêcher d’avancer.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », relève les difficultés auxquelles se heurte le chef de l’Etat dans ses tentatives de reconquête du milieu rural.
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« Macron veut ancrer les territoires ruraux dans le siècle tout en cherchant à corriger son image »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », relève les difficultés auxquelles se heurte le chef de l’Etat dans ses tentatives de reconquête du milieu rural.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 11h08
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
Chronique. On les imagine cheminant du bas Vivarais à la montagne limousine. Emmanuel Macron le président et Sylvain Tesson l’écrivain-voyageur devisent de ces contrées oubliées qu’un rapport du sénateur socialiste de Lozère Alain Bertrand regroupait en 2014 sous le vocable d’« hyper-ruralité ». Un vilain néologisme pour dire une France qui se vide de sa substance, dans l’indifférence générale, sur la « diagonale du vide » courant des Ardennes aux Pyrénées en traversant le Massif central.
Modernisateur assumé, Macron veut ancrer ces territoires dans le siècle tout en cherchant à corriger son image. Non, je ne suis pas seulement le président des métropoles mondialisées et « je vais intensifier ma politique pour la ruralité extrême, contre les déserts médicaux, pour aider ceux qui se sentent assignés à résidence car ils n’ont pas la fibre, le téléphone mobile, qui voient tous les services s’envoler… », lui annonce-il.
Devenu nostalgique avec l’âge, Tesson rêve de voir ces terres échapper au progrès et même à la révolution numérique. Si par malheur votre politique réussissait, « la modernité ruissellerait dans les jachères » et « le Wi-Fi ramènerait les bouseux à la norme », s’alarme l’écrivain en vadrouille Sur les chemins noirs (Gallimard, 2016), sa belle ode buissonnière à ce qu’il reste de contrées sauvages en France. Revitaliser ces coins perdus, vous n’y pensez pas ! Le Flaubert de demain ne pourrait plus écrire Par les champs et par les grèves, mais « par les ZUP et par les ZAC ».
Ediles snobés en Corrèze
Improbable rencontre, dialogue de sourds. Laissons l’écrivain à ses rêves d’Arcadie pour urbains désenchantés. Les 3,4 millions d’« hyper-ruraux » éparpillés sur un quart du territoire ne partagent pas son goût de l’ensauvagement. Ils veulent des médecins, des urgences, des gendarmeries, des écoles, des bureaux de poste, des trains… Et la 4G...




                        

                        


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Italie : « Ce vote illustre l’inachèvement de l’unité de la nation »

Dans une tribune au « Monde », la politologue Elena Musiani analyse le vote du 4 mars comme un désaveu cinglant pour l’Europe.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
05.03.2018 à 19h41
    |

Elena Musiani (Chercheuse associée à l’Institut des sciences sociales du politique (CNRS) et chargée de recherche au département des sciences de l'...







                        



                                


                            
Tribune. Le fait que les deux tiers des Italiens se soient rendus aux urnes dimanche 4 mars donne à leur vote une portée politique qui interpelle toute l’Europe. La première leçon du scrutin est celle d’un effondrement historique de la gauche, alors qu’une coalition de droite et d’extrême droite est arrivée en tête.
Mais les Italiens n’ont pas souhaité une simple alternance. Une autre majorité s’est dessinée, très différente : celle d’un refus de la politique qui a été suivie depuis une quinzaine d’années par le centre gauche. Elle a pris dans le Nord la forme d’un vote nationaliste en faveur de la Ligue (ex-Ligue du Nord), et dans le Sud celle d’un vote en faveur du Mouvement 5 étoiles, expression d’une population en déshérence.

Ces deux votes, profondément différents, illustrent l’inachèvement de l’unité de la nation italienne. Tous deux mettent en lumière le désarroi et la détresse d’une population menacée par la désindustrialisation et le sous-emploi. L’Europe s’est contentée de stigmatiser ce qu’elle a appelé un « populisme » italien, sans jamais s’interroger sur les racines profondes du malaise qui taraudait l’Italie, simplement sommée de réintégrer la norme libérale. Ce vote est aussi un échec de l’Europe, qui a perdu la mémoire des liens très particuliers tissés entre elle et l’Italie.
« Les élites libérales, oublieuses du peuple, ont préféré bâtir l’Italie contemporaine grâce à l’intervention de l’Europe »
La nation, en Italie, n’a pas pu se construire sur le socle démocratique d’une large alliance entre les classes populaires et les élites libérales. Ces dernières, oublieuses du peuple, ont préféré, à plusieurs reprises, bâtir l’Italie contemporaine grâce à l’intervention de l’Europe. En 1860, ce fut l’Europe de Napoléon III qui permit de surmonter l’échec d’un risorgimento national. En 1918, l’Europe nouvelle plaça l’Italie du côté des vainqueurs. En 1957, ce fut le traité de Rome qui consacra l’intégration...




                        

                        

