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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le président de la République était ce mardi à Agen pour dévoiler les principales mesures de sa « refondation » pénale.
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Macron annonce la fin de l’automaticité de la prison pour les peines inférieures à un an

Le président de la République était ce mardi à Agen pour dévoiler les principales mesures de sa « refondation » pénale.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 18h24
   





                        



   


Emmanuel Macron a présenté, mardi 6 mars à Agen, devant l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (ENAP), sa réforme pénale destinée à lutter contre la surpopulation carcérale et à redonner du sens à la peine.
« Pour les peines inférieures à un an, nous mettrons un terme à l’automaticité » du recours à la prison, a déclaré le président de la République, appelant également à « proscrire les peines de prison inférieures à un mois ».
« Plus d’aménagement » pour les peines supérieures à un an
Les peines de un à six mois pourront s’exécuter hors des établissements pénitentiaires afin de lutter contre la surpopulation carcérale et de redonner du sens à la peine. « Il ne s’agira clairement pas d’une concession à la fermeté nécessaire face à la délinquance, au contraire », a ajouté le président de la République.
En revanche, il n’y aura « plus d’aménagement » pour les peines de plus d’un an, et le juge d’application des peines ne sera donc plus saisi.
Le président a également annoncé la création de 1 500 postes de conseillers de réinsertion.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’absence du Brésilien renvoie à son poids sportif à l’heure du choc avec le club madrilène, mardi, en huitièmes de finale retour de Ligue des champions.
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PSG-Real Madrid : sans Neymar, c’est aussi bien, veut croire Paris

L’absence du Brésilien renvoie à son poids sportif à l’heure du choc avec le club madrilène, mardi, en huitièmes de finale retour de Ligue des champions.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 15h00
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Au bord du précipice, les joueurs et dirigeants du Paris-Saint-Germain se prêtent à un exercice alambiqué : donner l’illusion que l’absence de Neymar, victime d’une « fissure du cinquième métatarsien droit », n’est pas préjudiciable dans la perspective de la rencontre avec le Real Madrid, mardi 6 mars, en huitièmes de finale retour de Ligue des champions. « Ce n’est pas un cauchemar, s’est épanché, dans les colonnes de L’Equipe, Antero Henrique, le directeur sportif du club. On préfère jouer avec le meilleur joueur du monde que sans, c’est logique. Il n’est pas là mais il est là. Neymar est le leadeur de l’équipe mais ses partenaires vont tout donner pour lui, pour le club. »

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Envoyé en première ligne pour déminer le terrain médiatique avant la réception au Parc des Princes des Merengue, vainqueurs (3-1) à l’aller, le Portugais a expliqué que le joueur le plus cher du monde, recruté 222 millions d’euros en août 2017, pouvait « aider » le PSG « de l’extérieur ». « Par son esprit, sa relation avec les autres joueurs, le staff, les supporteurs, l’entourage du club », a développé M. Henrique, insistant sur le rôle d’ambassadeur du Brésilien, opéré à Belo Horizonte samedi 3 mars.
S’il en appelle à l’union sacrée, le Lusitanien ne s’est en revanche pas risqué à pointer la dimension symbolique que revêt cette absence prolongée – la date de reprise de la star sera fixée dans six semaines. Vitrine commerciale du club parisien et porte-drapeau des visées européennes de son propriétaire, Qatar Sports Investments (QSI), Neymar est l’homme qui devait permettre au PSG d’oublier l’humiliante « remontada » du FC Barcelone (6-1), en mars 2017, en huitièmes de finale de Ligue des champions, ainsi que les quatre éliminations consécutives en quarts du tournoi.
Les statistiques flatteuses du Brésilien
« Neymar a l’obligation de briller à l’occasion de la double confrontation contre le Real, voire au-delà, car justement il a été recruté pour être le joueur qui ferait basculer le PSG dans une nouvelle dimension, ce que n’était pas Zlatan Ibrahimovic, estimait, avant la blessure du prodige, Christophe Lepetit, économiste au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Il y a donc une très forte pression sur lui pour tirer le PSG vers le haut et être ce fameux marquee player [footballeur star mais aussi décisif] que QSI attend depuis 2012. »

   


Au-delà des atermoiements autour du diagnostic médical et des dissonances entre la communication du PSG et celle du clan Neymar, cette absence hypothèque-t-elle les chances du club de la capitale de renverser le Real Madrid, double tenant du titre ? Les statistiques flatteuses du Brésilien (19 buts et 13 passes décisives en Ligue 1, 6 buts en 7 matchs de Ligue des champions) témoignent de son emprise sur le jeu parisien, sa tendance à vampiriser le ballon. Son expérience des joutes continentales et son palmarès à rallonge constituent également des atouts d’envergure.
Si elle s’amuse sur les pelouses françaises, la star n’a toutefois pas donné la pleine mesure de son talent sur la scène européenne cette saison. Son apport fut insuffisant lors de la défaite (3-1) contre le Bayern Munich, en décembre, et surtout lors de la manche aller face au Real Madrid. Au stade Santiago-Bernabeu, le Brésilien s’est régulièrement enferré dans des dribbles inutiles, multipliant les raids solitaires et manquant d’efficacité.
« Cela nous donne une autre opportunité de jeu »
Depuis sa blessure, les regards se focalisent sur le « joker de luxe » Angel Di Maria, flamboyant depuis la reprise de janvier malgré son statut de remplaçant. « Il aura les crocs », a prévenu l’entraîneur parisien Unai Emery, sur la corde raide.
Désireux d’en découdre avec le Real, où il a sévi de 2010 à 2014, l’ailier argentin sera associé au buteur uruguayen Edinson Cavani et au Français Kylian Mbappé, 19 ans, dont les courses folles et la vitesse d’exécution ont régulièrement gêné la défense madrilène lors du premier acte. Rarement aligné depuis le début de saison, le trident offensif a brillé, le 28 février, lors du large succès (3-0) face à l’Olympique de Marseille, en Coupe de France.
A Troyes (victoire 2-0), où Cavani et Mbappé ont été préservés, le défenseur Thomas Meunier s’est ingénié à rappeler aux journalistes les atouts du PSG. Sans filtre, le Belge a même assuré, samedi 3 mars, que l’absence de Neymar n’aurait « aucun impact ».
« Neymar est exceptionnel, il faut dire ce qui est. Mais on n’a pas d’excuse quand on a un groupe comme le nôtre. Avec ou sans Neymar, on se doit de montrer à l’Europe entière que le PSG est sur la carte. »

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L’arrière droit a même invité ses partenaires à « voir les choses positivement », laissant entendre que le salut de son équipe, contrainte de revoir son schéma de jeu, passerait par un sursaut collectif. « Cela nous donne une autre opportunité de jeu, a-t-il avancé. Plus de combinaisons, moins d’exploits individuels, mettre plus l’accent sur le collectif. Parfois, on donne la balle à Neymar et on attend un exploit de sa part. Il y a toujours une solution à tout. » 
Le Parisien le plus proche de Neymar, son compatriote et coéquipier de Barcelone Daniel Alves, a résumé avec des accents guerriers : « Soit on s’assoit et on pleure, soit on y va. J’insiste pour la deuxième option. »
Le camp madrilène a accueilli avec retenue le forfait du numéro 10 parisien, bourreau attitré des Galactiques lorsqu’il évoluait au FC Barcelone (2013-2017). Pas question de fanfaronner ni de considérer la blessure du prodige comme une aubaine. En position de force, Zinédine Zidane a donc préféré « banaliser » l’absence du Brésilien.
« Le joueur qui va remplacer ce joueur-là sera très bon, sans aucun doute. Nous ne pensons pas que le match va être facile », a prudemment déclaré l’entraîneur du Real, qui pourra compter au Parc sur ses milieux Luka Modric et Toni Kroos, de retour de l’infirmerie. « Il n’y a pas plus de méfiance, il y a simplement de la méfiance, comme toujours », a balayé Zidane, sans doute soulagé au fond de lui de ne pas croiser la route de Neymar.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le projet prévoyait d’implanter d’ici à 2024 un parc d’activités à vocation touristique et culturelle sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise.
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Europacity : la justice annule la création de la zone d’aménagement devant accueillir le mégaprojet

Le projet prévoyait d’implanter d’ici à 2024 un parc d’activités à vocation touristique et culturelle sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 18h34
   





                        


Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé, mardi 6 mars, l’arrêté du préfet du Val-d’Oise autorisant la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC) dite du « Triangle de Gonnesse » devant accueillir le mégacomplexe de commerces et de loisirs Europacity au nord de Paris.
Le tribunal, saisi par plusieurs associations de défense de l’environnement, a estimé « que l’étude d’impact mise à disposition du public dans le cadre de l’enquête publique (...) était insuffisante » sur plusieurs points, notamment environnementaux. Le jugement souligne ainsi « l’importance de l’impact potentiel de ce projet sur l’environnement, compte tenu notamment de la suppression de 280 hectares de terres agricoles ».
Dans son jugement, le tribunal souligne également que les analyses étaient « très insuffisantes » concernant « la question des émissions de CO2 induites par les déplacements de touristes par déplacements terrestres ou aériens, eu égard à la proximité de l’aéroport et dans la perspective de la création d’Europacity » qui entend attirer 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an. Pour le tribunal, ces lacunes « ont nécessairement, par leur importance et leur cumul, été de nature à nuire à l’information complète de la population et à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative ».
« Pas un coup d’arrêt »
Le directeur du développement d’Europacity, David Lebon, a déclaré que la décision du tribunal administratif ne portait « pas un coup d’arrêt » au projet, dont le calendrier a déjà été rallongé fin février, quand le gouvernement a reporté de trois ans, à 2027, la construction de la gare du Grand Paris Express desservant le triangle de Gonesse.
Les porteurs du projet ont fait savoir qu’ils prenaient acte de la décision de justice, mais n’abandonnaient pas le projet pour autant. « Cette étape administrative n’impacte pas la volonté des actionnaires de réaliser ce projet d’intérêt national créateur de plus de 10 000 emplois », précise un communiqué. Par ailleurs, le maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, estime qu’« il s’agit plus d’un contre temps que d’une remise en cause ».
Un mégacomplexe touristique et culturel contesté
Le mégacomplexe Europacity prévoyait d’implanter d’ici à 2024 un parc d’activités à vocation touristique et culturelle sur 80 hectares de terres encore agricoles du Val-d’Oise, autrefois zones de maraîchage destinées à ravitailler Paris.
Europacity se présentait comme un « projet touristique d’un nouveau genre », associant « loisirs, culture, sport, commerce, hôtels, restaurants et agriculture urbaine pour tous les publics franciliens, les touristes nationaux et internationaux ». Un projet à 3,1 milliards d’euros porté par Immochan, la filiale immobilière du groupe de distribution Auchan, et cofinancé par le géant de l’immobilier chinois Wanda. Celui-ci envisageait d’attirer les visiteurs sur une zone où la construction de logements est impossible en raison des nuisances causées par les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget.
Initialement critiqué comme une « dubaïsation » de l’Ile-de-France, en raison des pistes de ski artificiel inscrites dans le projet et de l’abondance de centres commerciaux évoquant l’émirat de Dubaï, le projet était voué aux gémonies en raison du bétonnage prévu de terres qui furent parmi les plus fertiles d’Europe.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le porte-parole du CICR en Syrie a participé au convoi qui s’est rendu le 5 mars dans l’enclave rebelle. Il témoigne du désir de partir de civils effarés par les frappes aériennes. Et de la poursuite des bombardements pendant sa mission.
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Dans la Ghouta orientale, « les gens sont épuisés », témoigne un humanitaire

Le porte-parole du CICR en Syrie a participé au convoi qui s’est rendu le 5 mars dans l’enclave rebelle. Il témoigne du désir de partir de civils effarés par les frappes aériennes. Et de la poursuite des bombardements pendant sa mission.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 18h24
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Au moins 800 civils ont été tués dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas, depuis le 18 février, selon un nouveau bilan dressé par l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Aux raids aériens se sont ajoutés, depuis plus d’une semaine, des combats au sol entre l’armée syrienne et ses alliés d’une part, et les rebelles anti-Assad de l’autre.
C’est dans ce contexte de violence extrême qu’un rare convoi humanitaire des Nations unies et du Comité international de la Croix-Rouge a été autorisé, lundi 5 mars, à entrer à Douma, la « capitale » de la Ghouta orientale. Selon le bureau humanitaire de l’ONU, les autorités syriennes ont imposé de nombreuses restrictions sur le matériel médical acheminé. L’agence condamne le « mépris des parties armées envers les garanties de sécurité pour le convoi », contraint de quitter les lieux avant d’avoir achevé son travail. Pawel Krzysiek, l’un des porte-parole du CICR en Syrie, était sur place.
Dans quelles conditions s’est déroulée votre arrivée à Douma lundi ?
Franchement, c’était loin d’être calme. On pouvait entendre les frappes aériennes, des tirs d’artillerie, le bruit des combats. Il y avait des moments où ça tapait assez près de nous. Il y avait beaucoup de tension. Dans la ville de Douma, où ont été déchargés les camions, on a pu rencontrer des habitants et des membres du conseil local [autorités civiles locales]. Il y avait bien moins de gens dans les rues que lors de notre précédente visite [fin 2017]. Avec tout ce que les habitants endurent depuis deux semaines, ils ont peur de sortir dehors. De nombreuses femmes sont tout de même venues pour recevoir des soins ou faire soigner leurs enfants à la clinique mobile montée par le Croissant-Rouge arabe syrien.
Que vous ont dit les habitants que vous avez rencontrés ?
Ils nous ont raconté comment, depuis deux semaines, ils vivent sous terre, dans des abris. Ils sont traumatisés par l’intensité des opérations militaires. Les gens sont épuisés, on le voit dans leurs yeux, dans les esprits. Ils sont en colère aussi. Il y a beaucoup d’émotion, d’incompréhension : pourquoi ça se passe contre eux ? Pourquoi leurs enfants doivent vivre de telles horreurs ? Ils sont fatigués. Ce qu’ils demandent, c’est la paix, la possibilité de pouvoir sortir, de mener une vie normale. Après toutes ces années, il y a un très fort sentiment de désespoir. Les gens disent très ouvertement qu’ils ne savent plus ce qu’ils doivent faire. Ils sont un peu les prisonniers de cette situation.

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Quelle est la situation humanitaire ?
Il n’y a pas beaucoup de nourriture, et les prix ont doublé depuis deux semaines. Depuis notre dernière visite, les destructions sont beaucoup plus importantes. Tout manque. Près de 88 % des déplacés internes [qui ont fui récemment les lignes de front] ont gagné Douma. C’est la première fois que les opérations militaires se déroulent partout dans la Ghouta orientale : il y a peu d’endroits où les gens peuvent trouver refuge. Douma, c’est une ville, c’est là où l’on peut trouver des abris souterrains, espérer obtenir une forme d’aide. A Madaya [une localité soumise à un dur siège avant d’être reprise par les forces prorégime], les gens nous ont toujours demandé : « Quand allez-vous revenir, qu’amènerez-vous ? » Dans la Ghouta, les gens ne demandent pas ça, ils disent « arrêtez le bombardement, les frappes aériennes ».
Vous évoquiez le fait que certains civils souhaitent sortir de la Ghouta orientale.
Nos interlocuteurs ont évoqué plusieurs options. Pour le moment, des mères, des femmes, demandent à partir, à cause de la situation sécuritaire. Cela ne veut pas dire que ces personnes veulent partir pour toujours. Elles veulent rester chez elles, mais pas dans cette situation, car franchement, il n’y a pas beaucoup d’espoir.
Mais il faut des garanties pour encadrer de tels départs, comme la présence d’acteurs neutres internationaux ?
Absolument. Le CICR est prêt à le faire, mais il faut un accord entre les parties pour améliorer la situation des civils.
Les frappes aériennes et les tirs d’artillerie n’ont pas cessé malgré votre présence. Vous avez même dû écourter votre mission. Pourquoi les garanties de sécurité pour le convoi n’ont-elles pas été respectées ?
Les tirs d’artillerie et les frappes avaient lieu partout [dans la Ghouta orientale]. On n’était pas ciblés. Mais on a entendu des frappes assez proches.
Pas ciblés, mais pas protégés non plus.
Oui, je ne me suis pas senti très protégé. Normalement, c’était assez clair qu’on était là. Dans ce type de situation, on ressent, de façon infime, l’intensité de ce que les gens vivent.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les villes qui ont façonné Poutine (2/4). Avant l’élection présidentielle russe du 18 mars,  « Le Monde » consacre une série d’articles au chef du Kremlin. Deuxième étape  : sa ville natale.
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Poutine et la « bande » de Saint-Pétersbourg

Les villes qui ont façonné Poutine (2/4). Avant l’élection présidentielle russe du 18 mars,  « Le Monde » consacre une série d’articles au chef du Kremlin. Deuxième étape  : sa ville natale.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 15h56
    |

            Isabelle Mandraud (Saint-Pétersbourg, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Au numéro 12 de la rue Baskov, au cœur de Saint-Pétersbourg, rien ne distingue des autres bâtiments le banal immeuble où Vladimir Poutine a grandi. Aucune plaque ne rappelle que le futur chef du Kremlin, enfant tardif d’un couple modeste – son père travaillait dans une usine ferroviaire – vécut ici, dans un appartement communautaire, du temps où la ville s’appelait Leningrad. Il y resta jusqu’à son mariage, en 1983, avec une ex-hôtesse de l’air d’Aeroflot, Lioudmila Alexandrovna Chkrebneva, rencontrée trois ans plus tôt. Mais il suffit de pousser la porte d’entrée pour comprendre où l’on met les pieds. Au milieu de bâches qui pendent sur les murs, signes d’une énième rénovation, le gardien lance des coups d’œil éloquents vers les caméras de surveillance. Non, il n’est pas possible de visiter les lieux. Un résident de l’immeuble, pourtant affable de prime abord, s’enfuit à la seule vocation du nom de Poutine.

La ville natale du président russe, la plus européenne de Russie, n’est pas un fief sur lequel il peut se reposer du point de vue électoral. Certes, lors de la dernière élection présidentielle, en 2012, il y avait recueilli 58,7 % des suffrages, mais le scrutin avait été entaché par des accusations de fraude. Les manifestations – durement réprimées – qui s’y déroulèrent avant même le vote, au cri de « Rossia biez Poutina ! » (« la Russie sans Poutine ! »), furent parmi les plus importantes du pays après celles de Moscou.
« Cet homme pense que tout lui est permis. Il s’imagine diriger un grand pays dont tout le monde a peur alors que le monde entier essaie de le contourner comme un voyou dont il vaut mieux ne pas croiser le chemin ! », fulmine Boris Vichnievski, député local de l’opposition. Militant de la première heure de Russie démocratique, un mouvement aujourd’hui dissous qui a porté au pouvoir Boris Eltsine, ce mathématicien de 62 ans, au visage mangé par une barbe poivre et sel, a suivi de près l’ascension...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Aucun parti n’a remporté la majorité absolue lors des élections législatives du 4 mars ; le pays s’attend à vivre plusieurs semaines de blocage politique.
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Après les élections, l’Italie se prépare à une longue période d’incertitude

Aucun parti n’a remporté la majorité absolue lors des élections législatives du 4 mars ; le pays s’attend à vivre plusieurs semaines de blocage politique.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h28
   





                        



   


Après l’Allemagne, qui a mis six mois à se constituer un gouvernement après les élections législatives de septembre, l’Italie va-t-elle à son tour être confrontée à un interminable blocage politique ? Les résultats des élections législatives de dimanche 4 mars n’ont pas accordé de majorité absolue et ni la Chambre des députés ni le Sénat ne disposent de majorité suffisamment claire pour gouverner.

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Si le Mouvement 5 étoiles est arrivé largement en tête avec 32,6 % des voix, il n’aura pas assez de sièges au Parlement pour former un gouvernement. Idem pour la coalition de droite et d’extrême droite – la Ligue de Matteo Salvini, Forza Italia de Silvio Berlusconi et Fratelli d’Italia –, qui a obtenu 37 % des suffrages, mais qui ne dispose donc pas non plus de la majorité absolue. Tout est donc désormais dans les mains du président de la République, Sergio Mattarella. Et l’Italie devra attendre au moins plusieurs semaines avant de voir la formation d’un nouveau gouvernement.
Une zone d’incertitude de plusieurs semaines
Depuis les élections du 4 mars, tous les regards sont tournés vers le président italien, Sergio Mattarella, que la Constitution place en position d’arbitre. C’est lui qui doit décider à quel chef de parti il confiera la tâche de former un nouveau gouvernement. Mais pas avant plusieurs semaines.
Pour pouvoir lancer les négociations officielles, il faudra attendre l’ouverture de la nouvelle législature, le 23 mars, puis la désignation des présidents et vice-présidents des Chambres et des divers groupes.
Pendant ce temps, M. Mattarella devrait laisser en place le gouvernement actuel de Paolo Gentiloni (centre gauche) qui n’a pas besoin de demander la confiance du Parlement après ces élections pour gérer les affaires courantes. Et si le blocage persiste et que les partis n’arrivent pas à s’entendre pour former une coalition, le chef de l’Etat peut convoquer de nouvelles élections.
Dans l’histoire politique récente de l’Italie, certaines négociations post-électorales ont duré deux mois, le record de ces trente dernières années étant établi à 84 jours pour la formation du premier gouvernement de Giuliano Amato, en 1992.

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                En Italie, il faut en moyenne un mois et demi de négociations pour former un gouvernement



Qui sera chargé de former un gouvernement ?
Ils sont deux à revendiquer le droit de former un gouvernement. Dès lundi, en fin de matinée, le dirigeant de la Ligue (ex-Ligue du Nord, extrême droite), Matteo Salvini, qui est arrivé troisième avec 17,4 %, a affirmé au cours d’une conférence de presse que la coalition de droite et d’extrême droite menée par son parti (37 % des voix) avait « le droit et le devoir de gouverner ». Il a revendiqué également la direction du gouvernement.
« L’engagement a été pris au sein de la coalition : qui l’emporte peut gouverner », a lancé M. Salvini à destination de son allié, le parti Forza Italia (14 %), de Silvio Berlusconi. Les deux dirigeants se sont d’ailleurs retrouvés lundi après-midi. Mais l’ancien président du conseil italien ne s’est pas explicitement rangé derrière le chef de file de la Ligue, appelant seulement à « renforcer la coalition qui devra obtenir le mandat de gouverner l’Italie ».

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Quant au Mouvement 5 étoiles (M5S), arrivé nettement en tête dimanche avec 32,6 % des suffrages, il a également revendiqué le droit de former un gouvernement, par la voix de son dirigeant, Luigi Di Maio :
« Nous avons la responsabilité de donner un gouvernement [à l’Italie]. Nous sommes une force politique qui représente toute la nation, du Val d’Aoste à la Sicile. »
S’il souhaite gouverner, le M5S, qui a toujours critiqué les arrangements entre partis politiques, va devoir former une coalition. Ainsi dès dimanche soir, les dirigeants du M5S ont voulu se positionner au centre de la classe politique en se montrant ouverts pour la première fois à des tractations. M. Di Maio s’est dit prêt « à discuter avec toutes les forces politiques » sur les thèmes de son programme : l’emploi et le développement, la pauvreté ou encore l’immigration.
Et si l’issue du blocage passait par une coalition entre les deux partis antisystème – le M5S et la Ligue –, qui aurait alors la majorité absolue ? Cette hypothèse est possible pour le quotidien La Stampa :
« Inutile de le cacher, il est possible que Di Maio et Salvini tentent de converger sur un programme minimal : abolition de la loi Fornero sur les retraites, renégociation des traités avec l’Europe, blocage de l’immigration clandestine. »
De son côté, le correspondant du Monde à Rome, Jérôme Gautheret a estimé dans un tchat avec les lecteurs du monde que, si « rien [n’était] impossible », cette option restait selon lui « hautement improbable » : « D’abord parce que les “Cinq étoiles” sont en plein recentrage européen, ensuite parce que dans un tel ensemble, la Ligue du Nord ne serait qu’une force d’appoint, et que son chef, Matteo Salvini, n’a rien à gagner à ça. »

        Lire le compte-rendu du tchat avec notre correspondant :
         

          « Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on repart de zéro »



Quelle est la position du Parti démocrate ?
Arrivé deuxième du scrutin avec 19 % des suffrages, le Parti démocrate (centre gauche) aurait pu avoir un rôle déterminant dans la formation d’une coalition. Mais le parti dirigé jusque-là par Matteo Renzi est sorti groggy de son faible score historique – il avait obtenu 40 % lors des européennes de 2014.
Dès lundi, l’ancien président du conseil a annoncé sa démission à la tête du Parti démocrate en précisant toutefois que cette démission serait effective lorsqu’un gouvernement sera formé. M. Renzi a par ailleurs tenu à faire savoir que son parti de centre gauche refusait de participer à des négociations : « Le peuple italien nous a demandé d’être dans l’opposition et c’est là que nous irons. Nous ne formerons jamais un gouvernement avec des forces antisystème », a-t-il poursuivi, en évoquant le M5S et la Ligue.
« Si nous sommes des mafieux, si nous sommes corrompus et indignes comme candidats, si nos mains sont couvertes de sang, vous savez quoi ? Formez un gouvernement sans nous. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Malgré la vague populiste en Europe, la présidente du parti ne parvient pas à rebondir après sa défaite de 2017, analyse, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/03/2018
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« Idées, alliés ou cousins du FN ont le vent en poupe. Pourtant, Marine Le Pen semble traîner un spleen sans fin »

Malgré la vague populiste en Europe, la présidente du parti ne parvient pas à rebondir après sa défaite de 2017, analyse, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    06.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 10h22
    |

Gérard Courtois (éditorialiste au "Monde")







                        



                                


                            
Chronique. A quelques jours du congrès de son parti, les 10 et 11 mars, Marine Le Pen devrait avoir le sourire. Certes, contrairement à ses espoirs les plus fous, elle n’a pas fait le poids face à Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle, le 7 mai 2017. Mais elle a tout de même rassemblé sur son nom 10,6 millions de voix, soit le double du score de son père, quinze ans plus tôt. Ce résultat témoigne du travail mené pendant six ans pour organiser et enraciner le Front national, pour imposer ses idées dans le débat public et pour effacer les stigmates les plus urticants du long magistère de Jean-Marie Le Pen.
Mieux, la présidente du Front national devrait se réjouir de voir une vague comparable monter partout ou presque en Europe. Des dirigeants nationalistes, populistes, voire d’extrême droite assumée sont au pouvoir en Pologne, en Hongrie, en Autriche, en République tchèque, en Bulgarie… A Berlin, l’Alternative pour l’Allemagne et ses 92 députés d’extrême droite incarnent désormais l’opposition à la coalition de la droite et des sociaux-démocrates que la chancelière Angela Merkel a péniblement fini par constituer. A Rome, le mouvement protestataire 5 étoiles et la très extrémiste Ligue de Matteo Salvini viennent de faire voler en éclats le paysage politique italien.

Partout ou presque, les partis traditionnels de gauche ou de droite sont bousculés, laminés ou blackboulés. Dix années de crise économique, de chômage et de crainte du déclassement ont nourri la défiance des peuples contre leurs gouvernants et, au-delà, contre les dirigeants de l’Union européenne. Partout, la brutale pression migratoire des dernières années, renforcée par la peur de l’islam, a déclenché réflexes identitaires et xénophobie, les deux ressorts fondamentaux du Front national. Sans même parler du slogan « L’Amérique d’abord » du président américain Donald Trump, qui résonne aisément avec celui, historique, du FN (« Les Français...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Utilisations de « plans types », récitation de fiches, volonté de donner « la » bonne réponse plutôt que d’argumenter : les correcteurs critiquent ces travers très répandus.
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Concours de l’ENA : le jury déplore le manque de réflexion personnelle des candidats

Utilisations de « plans types », récitation de fiches, volonté de donner « la » bonne réponse plutôt que d’argumenter : les correcteurs critiquent ces travers très répandus.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 17h52
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


Aux concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration (ENA), les examinateurs mettent en garde les candidats contre le bachotage et la volonté de se couler dans un moule. Les correctrices et correcteurs de la dernière session d’épreuves écrites et orales « ont pleinement assumé de noter moins bien des copies complètes sur le plan des connaissances mais sans engagement personnel, tandis que d’autres, moins académiques mais témoignant d’une réflexion solide, ont été valorisées », indique le rapport 2017 de la préfète et présidente des jurys, Michèle Kirry, rendu public lundi 5 mars.
Mettre « de son esprit critique, de sa personnalité dans sa copie »
Si son rapport n’entend pas dénoncer « uniformément le “formatage” des candidats », il souligne néanmoins que la majorité des candidats, passés par des préparations spécialisées, y ont travaillé « peu ou prou avec les mêmes méthodes, souvent les mêmes fiches, et vraisemblablement les mêmes ouvrages ou publications », ce qui ne les conduit pas à se distinguer. Or, insiste le texte, il reste possible « de réussir en mettant un peu de son opinion personnelle, de son esprit critique et pour tout dire de sa personnalité dans sa copie ou son exposé », car il sera demandé davantage à un haut fonctionnaire qu’une vaste restitution de connaissances.
« Etalage artificiel de savoirs emmagasinés sans recul »
Utiliser les « plans types » appris en prépa trahit souvent une « insuffisante réflexion personnelle », selon le jury. A propos des sujets de la dernière session, il relève ainsi :
« Il est tout à fait possible par exemple de penser et d’écrire que le rôle de l’Etat n’est pas de s’occuper du bonheur du citoyen, ou que le bilan du CICE [crédit d’impôt compétitivité emploi] est très en deçà des ambitions d’origine ou même que l’accorder à toutes les entreprises sans s’assurer de son utilisation a été une erreur… ce qui compte étant la démonstration apportée à l’appui de ces prises de position. »
Une tête bien faite vaut mieux que bien pleine
Des argumentations que le jury a, semble-t-il, trop peu rencontrées… Autre exemple, le sujet sur « l’adaptation du droit » posé au concours externe a, selon le jury de cette épreuve, « été de façon quasi unanime traité de la même manière par les candidats » avec « l’utilisation massive du même plan », reflétant sans doute « une certaine unicité de vue » ou « une certaine frilosité ». « Cette uniformité est un peu préoccupante », écrit le jury, qui note aussi une « grande difficulté » des candidats à problématiser le sujet. Sa conclusion sonne comme une condamnation en règle du bachotage : « Peu de connaissances bien maîtrisées et intelligemment utilisées valent mieux qu’un étalage artificiel de savoirs emmagasinés sans recul et à peine digérés. » Bref, une tête bien faite vaut mieux que bien pleine…
« Donner au jury la bonne réponse supposée »
Le jury de l’épreuve externe d’économie met également en garde contre les plans types et « la “récitation” de concepts, théories, et modèles » :
« D’une manière générale et très regrettable, les candidats ont fortement tendance à construire leur devoir à partir de fiches toutes préparées, par thèmes. L’effet est souvent redoutable : devoirs semblables ; sujet seulement partiellement traité, pas d’analyse, juxtaposition de connaissances parfois non maîtrisées… »
Lors des épreuves orales, les mêmes travers sont dénoncés. Interrogés sur des questions d’actualité, « très souvent, les candidats répondent trop vite, pensant plus à donner au jury la bonne réponse supposée qu’à la restituer dans un contexte et la nuancer ». Ainsi de la question de la piétonnisation des voies sur berges à Paris qui a « quasi systématiquement donné lieu à une réponse d’adhésion totale, sans prise en compte des inconvénients possibles (l’accès à Paris des habitants des banlieues, le déport de la pollution sonore et atmosphérique, le contexte du Grand Paris, etc.) ». Or c’est moins la réponse que la qualité de l’argumentation qui était recherchée.
Et le jury se montre également critique sur la méconnaissance des problématiques européennes lors des questions consacrées à ce sujet :
« Nombreux sont les candidats qui récitent des fiches, utilisant tous les mêmes formules, en étant ensuite incapables d’expliquer et de justifier leur affirmation. Exemple : “L’Europe, quel numéro de téléphone ?”, a été cité cinq fois. »
Davantage de places au « troisième concours » ?
Lors de cette session du concours 2017, quatre-vingts élèves ont été recrutés, dont quarante par la voie externe (concours pour les étudiants), trente-deux par la voie interne (concours ouvert aux agents publics ayant au moins quatre ans de service public) et huit par la voie externe (concours ouvert aux personnes pouvant justifier d’une expérience professionnelle ou civique de huit ans au moins).
Michelle Kirry suggère d’augmenter le nombre de places à ce troisième concours :
« Compte tenu de l’intérêt pour l’administration d’accueillir des profils nouveaux, il pourrait être envisagé d’augmenter le nombre de places au troisième concours. »

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          La fin des « castes administratives » n’est pas pour demain



La présidente des jurys souligne enfin que le nombre d’inscrits au concours diminue, que l’absentéisme progresse (528 candidats externes ont passé toutes les épreuves sur 924 inscrits) et que le taux de sélectivité diminue, en même temps « qu’étudier à Paris familiarise plus avec ce concours, et que la filière des instituts d’études politiques est plus représentée que les filières universitaires ».
Pour élargir le public des candidats et maintenir l’attractivité de l’Ecole nationale d’administration, elle préconise donc de « communiquer différemment et davantage sur les métiers de la haute fonction publique ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Milan Czerny, parti étudier au King’s College de Londres, pensait avoir trouvé le petit boulot idéal… mais il a vite dû déchanter.
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« Pas si facile de travailler comme étudiant à Londres »

Milan Czerny, parti étudier au King’s College de Londres, pensait avoir trouvé le petit boulot idéal… mais il a vite dû déchanter.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 18h48
   





                        



   


Chroniques londoniennes. Milan Czerny partage au fil de l’année scolaire son expérience au King’s College London, où il est étudiant en première année de relations internationales.
Avant de partir étudier au King’s College de Londres, j’étais confiant : « Je vais prendre un part-time work [travail à mi-temps], en espérant que j’arriverai à concilier cela avec le travail scolaire », écrivais-je dans ma première chronique. Mais ce projet ne s’est pas déroulé comme prévu.

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Tout d’abord, la charge de travail s’est révélée très importante : je n’ai que huit heures de cours par semaine, mais en moyenne 400 pages à étudier. Mais ce n’est pas tant ce rythme intense qui m’a découragé que les conditions de travail auxquelles j’ai dû faire face.
En arrivant à Londres, j’ai consulté de nombreuses pages rassemblant des offres d’emploi sur les réseaux sociaux, comme « French lessons and baby-sitter in London », et parcouru les sites Studentbeans, Studentjob, Savethestudent… Les petits boulots ont l’avantage d’être relativement flexibles, de ne pas nécessiter un engagement sur le long terme et d’être généralement bien payés… enfin, quand ils sont véritablement rémunérés.
En tant qu’étudiant sans compétence professionnelle, je me suis d’abord focalisé sur les annonces pour devenir serveur. Lors du premier entretien pour une célèbre chaîne de cafés américains, on m’a informé que je devais faire l’achat d’un ensemble noir, travailler au minimum 25 heures par semaine pour être payé 6,5 livres de l’heure (un peu plus de 7 euros), soit à peine le prix de deux cafés de cette enseigne.
Un chocolat chaud et un cornet de cacahouètes
La seconde offre à laquelle j’ai postulé me semblait idéale. Elle promettait un salaire de 12 livres de l’heure (presque 14 euros) pour distribuer des flyers devant le lycée français Charles-de-Gaulle. Passer une journée en plein cœur de South Kensington, quartier connu pour sa communauté francophone, ses ambassades, ses luxueux appartements et être bien payé, que demander de plus ?
Après plusieurs échanges de mails, je me suis donc retrouvé un samedi matin devant l’établissement, brochures publicitaires en main. Celles-ci vantaient les mérites d’une agence de tutorat scolaire française, durablement installée dans la capitale londonienne, située à la sortie de métro du luxueux quartier. La seule difficulté était d’affronter le froid du début novembre.
C’est les doigts de pied gelés que je me suis empressé de m’offrir, à la fin de cette journée, grâce à la somme que je m’attendais à encaisser sous peu, un chocolat chaud et un cornet de cacahouètes caramélisées, afin de me réchauffer. Je m’estimais chanceux d’avoir trouvé un premier petit boulot relativement facile à effectuer, peu chronophage et bien payé. Mes amis qui eux aussi travaillaient ou cherchaient un job m’enviaient.
Un vide dans mes finances
Pour eux, recevoir un salaire est une condition sine qua non de leur présence à King’s College London. Ils concilient des emplois avec le travail scolaire, avec plus ou moins de succès. Rares sont ceux dans ce cas de figure : certains n’ont aucunement besoin d’un revenu et d’autres souhaitent se focaliser entièrement sur les études, quitte à moins dépenser.
Je pensais avoir fait le plus dur après avoir déniché cette offre et effectué ma tâche. Après deux semaines sans avoir reçu mon dû, je m’étonnai de cet oubli de la part de cette très sérieuse entreprise française. Mes mails restaient sans réponse. Plus de deux mois s’étaient écoulés et je n’étais toujours pas payé. Après des coups de téléphone quotidiens, les explications de l’employée devenant de plus en plus vagues, j’avoue avoir quelque peu perdu patience. J’ai contacté le directeur, estimant qu’une entreprise qui possède plusieurs compagnies de soutien scolaire et des bureaux à South-Kensington ne pourrait pas me refuser le versement de 86 livres.
J’ai alors été informé par mail que j’avais émis des menaces envers une employée (démenties par cette dernière), qu’un dépôt de plainte allait suivre, que ma carrière de journaliste allait vite prendre fin mais que je serai bel et bien payé. Ce dernier point étant l’objectif de mon mail, je ne pouvais qu’être satisfait. Ma naïveté s’est vite dissipée. J’ai finalement compris que la somme déboursée pour ce cornet de cacahouètes d’un vendeur ambulant resterait à jamais un vide dans mes finances, seul résultat de ma première – et dernière – expérience professionnelle outre-Manche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ La ligne la plus chargée d’Europe, avec plus d’un million de voyageurs par jour, sera fermée pour travaux entre La Défense et Nation, du 28 juillet au 26 août.
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Le RER A sera fermé dans Paris en août

La ligne la plus chargée d’Europe, avec plus d’un million de voyageurs par jour, sera fermée pour travaux entre La Défense et Nation, du 28 juillet au 26 août.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 18h07
   





                        


La ligne A du RER sera fermée pour travaux dans la traversée de Paris, entre La Défense et Nation, du 28 juillet au 26 août, a indiqué la RATP, mardi 6 mars.
Les gares de La Défense et Nation deviendront des terminus provisoires pendant toute la durée des travaux, tandis que Charles de Gaulle-Étoile, Auber, Châtelet-Les Halles et Gare de Lyon ne seront pas desservies par le RER A, a-t-elle précisé.

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Renouvellement des voies
La RATP a entrepris depuis 2015 un grand programme de renouvellement des voies et du ballast, avec un mois de travaux l’été. « A partir de 2019 débutera la deuxième phase des travaux qui entraînera une interruption partielle de trafic en soirée et pendant les week-ends », pendant trois étés, a déjà prévenu la RATP.
Sur la même ligne, mais sur sa partie exploitée par la SNCF, le trafic sera également interrompu cette année entre Maisons-Laffitte et Poissy du 28 juillet au 26 août inclus. La ligne L au départ de Paris Saint-Lazare circulera exceptionnellement jusqu’à la gare de Poissy durant les travaux, selon le communiqué.
La ligne A, qui fête ses quarante ans de service, est la ligne ferroviaire la plus chargée d’Europe, avec plus d’un million de voyageurs par jour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Tony Iwobi a été élu sous l’étiquette de la Ligue de Matteo Salvini, le parti d’extrême droite anti-immigration italien.
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En Italie, le premier sénateur noir est membre de la Ligue

Tony Iwobi a été élu sous l’étiquette de la Ligue de Matteo Salvini, le parti d’extrême droite anti-immigration italien.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 18h14
   





                        



   


Le premier sénateur noir de l’histoire italienne, Tony Iwobi, a été élu sous l’étiquette de la Ligue de Matteo Salvini, le parti d’extrême droite anti-immigration, a annoncé mardi 6 mars l’intéressé. « Chers amis, c’est avec une grande émotion que je vous annonce que j’ai été élu sénateur de la République. Après plus de vingt-cinq ans de batailles dans la grande famille de la Ligue, une nouvelle grande aventure va commencer », a-t-il écrit sur son compte Facebook.

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Les résultats officiels, et donc les noms des élus, ne seront connus que dans les prochains jours, les tribunaux devant encore trancher sur certains cas litigieux, mais M. Iwobi semble ne pas être concerné. « Mes remerciements vont à Matteo Salvini, un grand leader qui a porté la Ligue au poste de première force » de la droite italienne, a ajouté M. Iwobi.
Se battre pour le fédéralisme
D’origine nigériane, M. Iwobi, catholique, est arrivé en Italie en 1976. Il a dirigé une entreprise informatique avant de se lancer dans la politique en 1993 au sein de la Ligue. Il avait affirmé dans une interview en 2014 avoir choisi la Ligue, à l’époque un mouvement autonomiste, en raison de la volonté de ce parti de se battre pour le fédéralisme.

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« Le Nigeria a trente-six Etats autonomes et confédérés. C’est un projet qui fonctionne en Afrique, pourquoi est-ce qu’il ne fonctionnerait pas ici ? », avait-il estimé. Sur l’immigration, M. Iwobi a les idées claires : « L’intégration est faite aussi de devoirs, pas seulement de droits. »
« En ce qui me concerne, Matteo Salvini et la Ligue représentent une barrière importante contre le racisme. La discrimination naît justement quand prolifère l’immigration clandestine, qui est l’antichambre de l’injustice sociale et de l’insécurité », avait-il dit au moment de lancer sa candidature au Sénat. M. Iwobi était depuis 2014 responsable du dossier de l’immigration au sein de la Ligue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Ces cas de grippe aviaire, faiblement pathogènes, ont été détectés dans deux élevages distincts.
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Maine-et-Loire : deux foyers de grippe aviaire détectés, 19 000 canards abattus

Ces cas de grippe aviaire, faiblement pathogènes, ont été détectés dans deux élevages distincts.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 18h22
   





                        



   


Deux cas de grippe aviaire faiblement pathogènes ont été détectés dans deux élevages distincts du Maine-et-Loire. Quelque 19 000 canards ont été abattus la semaine dernière, ont annoncé, mardi 6 mars, les autorités départementales.
Ces infections de type H5 ont été décelées lors d’autocontrôles réalisés par les agriculteurs, dans deux élevages de canards prêts à gaver. L’un est situé dans la commune déléguée de Vihiers (6 500 bêtes) et l’autre, la commune du May-sur-Êvre (12 500 bêtes).
« Toutes les mesures de protection sanitaires ont été prises et les cheptels abattus », vendredi et samedi, précise la préfecture de Maine-et-Loire. « Les virus H5 faiblement pathogènes ne sont pas dangereux pour l’homme. Les mesures de lutte sanitaire visent à empêcher la circulation des virus dans les élevages et le développement de pathologies pour les animaux », rappellent les autorités.

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Dopage : la Fédération internationale d’athlétisme maintient la suspension des athlètes russes

Cette suspension fait suite aux révélations dans la presse allemande en décembre 2014 sur la mise en place d’un système de dopage généralisé dans l’athlétisme russe.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 16h26
   





                        



   


La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a décidé, mardi 6 mars, de maintenir la suspension des athlètes russes en vigueur depuis novembre 2015, sur recommandation d’un groupe de travail antidopage.
Ce maintien de la suspension des athlètes russes intervient une semaine après la levée, par le Comité international olympique (CIO), de la suspension du Comité olympique russe (ROC), effective depuis décembre en raison du scandale de dopage institutionnalisé en Russie.
Ramifications jusqu’en France
Le système de dopage généralisé mis en cause avait été dévoilé le 3 décembre 2014 par une enquête de la chaîne de télévision allemande ARD. L’Agence mondiale antidopage (AMA) avait alors créé une commission indépendante pour enquêter sur le sujet.
Un an plus tard, l’ex-président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), Lamine Diack, son conseiller juridique, Habib Cissé, et l’ancien responsable de la lutte antidopage de l’IAAF, Gabriel Dollé, étaient mis en examen par le Parquet national financier (PNF) en France, car soupçonnés d’avoir dissimulé des cas de dopage en échange d’argent.

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édition abonné


L’office HLM de Creil, rempart des services publics

Dans cette ville pauvre, Oise Habitat lutte seul contre le vandalisme dont sont victimes ses locataires.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 11h24
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Depuis son élection, Emmanuel Macron n’a pas hésité à critiquer le monde HLM. Il a dit et répété que le nombre d’organismes – près de 800 – nuisait à leur efficacité, les sommant de se regrouper d’ici à deux ou trois ans. Mais de telles concentrations risquent de laisser de côté les offices HLM très impliqués dans la vie locale, notamment dans les territoires les plus défavorisés. « Pour nous, le logement social, ce n’est pas un marché, mais un outil au service des habitants et des territoires, et qui ne se pilote pas depuis Paris. Venez chez nous », invitait ainsi Bernard Domart, directeur général de Oise Habitat, lors d’une conférence de presse organisée à Paris, mi-janvier, à l’initiative de cinq offices publics HLM des Hauts-de-France.
Oise Habitat est à la tête de 13 700 logements dont la moitié à Creil (Oise, 36 000 habitants). Avec ses 65 % de logements sociaux, Creil est une ville pauvre, saignée par la désindustrialisation et le chômage de masse (20 % en moyenne et jusqu’à 40 % aux Hauts de Creil), aux frontières de l’Ile-de-France, un « terminus de la banlieue », comme la désigne Floriane Louison, dans le livre qu’elle lui a consacré, Des gens à part (Seuil, 2017). Elle est entourée de villes riches, Chantilly, Senlis, Gouvieux. « Deux mondes qui ne se côtoient pas sauf dans l’immense zone commerciale Cora, où s’alignent les enseignes à vendre et les chaînes de restaurants, un aspirateur à clients, qui a désertifié et fait disparaître beaucoup des commerces de centres-villes », explique Jean-Marie Grignon, de l’association locale Consommation logement et cadre de vie (CLCV).
Locataires pauvres
« Nos locataires sont victimes de nombreuses incivilités, dénonce Bernard Domart, qui coûtent, à l’office, plus de 100 000 euros par an : des incendies, des actes de vandalisme. Sans oublier le stationnement anarchique, des points de trafic de pièces détachées automobiles et de...




                        

                        


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Brexit : « plusieurs milliers » d’emplois seront déplacés en France, selon Bruno Le Maire

Le ministre de l’économie et des finances vante un climat favorable aux entreprises depuis l’arrivée au pouvoir du président Macron.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 18h47
   





                        



   


Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a assuré, mardi 6 mars, que « plusieurs milliers » d’emplois seraient délocalisés du Royaume-Uni en France en raison du Brexit. « Les délocalisations se chiffrent en milliers », a-t-il dit, ajoutant que les promesses faites aux autorités françaises concernaient « plusieurs milliers et pas plusieurs centaines » d’emplois.
M. Le Maire a toutefois ajouté que ce mouvement se ferait « progressivement et pas du jour au lendemain », évoquant un processus « de long terme ». Le ministre français s’exprimait devant la presse à Londres à l’occasion d’une visite au cours de laquelle il devait rencontrer des banquiers et des représentants des milieux d’affaires.

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Les autorités politiques et financières françaises sont particulièrement actives depuis la décision des Britanniques de quitter l’UE exprimée lors du référendum du 23 juin 2016, leur sortie étant prévue pour la fin de mars 2019.
Paris vante un climat favorable aux entreprises
Pour attirer des entreprises établies à Londres, notamment financières, et troublées par les incertitudes entourant la sortie de l’UE, Paris met en avant un climat qui leur est plus favorable depuis l’arrivée au pouvoir du président de la République Emmanuel Macron. « Il est logique que la France fasse revenir des emplois en France », a dit Bruno Le Maire.

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Nombre de travailleurs français, notamment dans le secteur financier mais pas uniquement, se sont installés à Londres et plus largement au Royaume-Uni depuis les années 1990 pour profiter des possibilités d’emploi et de rémunération sur place. Au-delà des Français, Paris espère convaincre de grandes banques internationales présentes à Londres de déplacer une partie de leurs activités dans la capitale française.
Bruno Le Maire a par ailleurs exclu que les services financiers soient intégrés dans un accord de libre-échange à négocier entre Londres et Bruxelles. « Les services financiers ne peuvent être inclus dans un accord de libre-change pour de nombreuses raisons, liées à la stabilité et aux questions de supervision, car les services financiers répondent à des règles très spécifiques », a argué le ministre sur la BBC.
Il s’agissait d’une réponse directe au discours de la première ministre britannique, Theresa May, qui a souhaité vendredi que les échanges de services entre le Royaume-Uni et l’UE soient inclus dans un « accord plus large » que les accords de libre-échange existant et habituellement limités aux échanges de biens. Mme May a toutefois reconnu dans le même temps que les banques de son pays ne pourraient plus bénéficier du système du passeport financier qui leur permet de vendre leurs services dans toute l’Union européenne à partir du Royaume-Uni.



                            


                        

                        


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Réforme constitutionnelle : qui disait quoi pendant la campagne présidentielle ?

Le premier ministre, Edouard Philippe, reçoit les principaux responsables parlementaires sur cette réforme. Certaines mesures font consensus ou presque, mais d’autres divisent.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 15h15
    |

            Adrien Sénécat








                        


Premier test pour le projet de réforme constitutionnelle : Edouard Philippe commence mardi 6 mars des discussions avec l’ensemble de la classe politique. Le premier ministre recevra pendant deux semaines les patrons des groupes parlementaires ainsi que les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Cette réforme peut-elle susciter l’adhésion des autres formations politiques, au-delà du parti présidentiel ? En l’attente du projet précis du gouvernement, qui devrait être dévoilé en avril, nous avons recensé les positions des différents candidats à la présidentielle sur trois mesures phares qui devraient y figurer : la réduction du nombre de parlementaires, la limitation des mandats dans le temps et l’instauration d’une dose de proportionnelle aux législatives. Un tour d’horizon qui donne une idée des discussions qui vont avoir lieu à Matignon.
1. Réduire le nombre de parlementaires : un quasi-consensus
Ce que souhaite le gouvernement
Emmanuel Macron s’est engagé pendant la campagne présidentielle à réduire « d’un tiers » le nombre de parlementaires. Concrètement, cela reviendrait à passer de 577 députés à 385 environ, et de 348 à 232 sénateurs.
Ceux qui étaient « pour »
La réduction du nombre de parlementaires était l’une des propositions récurrentes dans les programmes présidentiels de 2017. Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Cheminade et François Asselineau ont tous les quatre défendus, avec des nuances, des propositions similaires visant à réduire le nombre de parlementaires.
François Fillon y était également favorable, souhaitant la soumettre au référendum. Mais son programme ne reflète plus forcément la ligne du parti Les Républicains (LR) aujourd’hui. Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, par exemple, juge que réduire d’un tiers le nombre de parlementaires serait excessif.
Ceux qui étaient plutôt pour la suppression du Sénat
Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou défendaient, quant à eux, une option plus radicale : supprimer le Sénat.
Ceux qui étaient « contre »
A notre connaissance, seul Benoît Hamon s’est clairement porté contre la réduction du nombre de députés et de sénateurs.
Le détail des positions des onze candidats à la présidentielle sur le nombre de parlementaires.
2. Limiter les mandats dans le temps : les candidats partagés
Ce que souhaite le gouvernement
Le programme d’Emmanuel Macron prévoit « l’interdiction du cumul de plus de trois mandats identiques successifs ».
Ceux qui étaient « pour »
Cinq autres candidats ont défendu des mesures similaires à celle souhaitée par le chef de l’Etat pendant la campagne. François Asselineau et Philippe Poutou souhaitaient aussi limiter le cumul des mandats dans le temps, mais à deux mandats successifs. Jacques Cheminade voulait même un mandat unique.
Jean-Luc Mélenchon s’est également dit favorable à une interdiction du cumul des mandats dans le temps, tout comme Benoît Hamon, sans en fixer précisément les contours.
Ceux qui étaient « contre »
Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et François Fillon n’ont pas retenu cette proposition, malgré une série de mesures sur le cumul des mandats dans leurs programmes respectifs.
Le détail des propositions des onze candidats à la présidentielle sur le cumul des mandats.
3. Instaurer la proportionnelle aux législatives : une pomme de discorde
Ce que souhaite le gouvernement
Emmanuel Macron s’est dit « favorable » à l’introduction d’une dose de proportionnelle pendant la campagne. Il s’est, en revanche, bien gardé de s’y engager précisément dans son programme. Le projet porté par le gouvernement pourrait porter sur l’introduction d’un taux de 10 % à 25 % des députés qui seraient élus à la proportionnelle aux législatives. Mais il s’agit peut-être de la mesure la plus sensible du projet de réforme constitutionnelle au sein de la classe politique.
Ceux qui étaient « pour »
Le sujet de la proportionnelle aux législatives divise profondément la classe politique et ce clivage se retrouve dans les programmes des onze candidats de la présidentielle. Seuls trois autres candidats étaient favorables, comme Emmanuel Macron, à l’introduction d’une simple « dose » de proportionnelle : Marine Le Pen (30 %), Jacques Cheminade (25 %) et Jean Lassalle (10 %).
Ceux qui voulaient la « proportionnelle intégrale »
Pour Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou, une simple « dose » de proportionnelle ne suffit pas. Les deux candidats ont porté au cours des débats de la présidentielle l’idée d’une Assemblée nationale élue intégralement à la proportionnelle.
Une différence qui n’est pas seulement technique. Ceux qui souhaitent un système hybride estiment que ce serait la meilleure manière de tendre vers une Assemblée nationale plus représentative, sans menacer l’émergence de majorités. Pour les candidats du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et de La France insoumise, en revanche, seule la proportionnelle intégrale garantirait une juste représentation nationale. Difficile, donc, de les imaginer se contenter de « 10 % » de proportionnelle, par exemple.
Benoît Hamon, quant à lui, s’était dit plutôt favorable à une proportionnelle intégrale, sans rejeter complètement l’idée d’une proportionnelle seulement partielle.
Ceux qui étaient « contre »
Quatre autres candidats, enfin, ont défendu le mode de scrutin actuel : Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud, François Asselineau et François Fillon. Ce dernier estimait par exemple qu’elle aboutirait à « un Parlement sans majorité », et donc à un pays ingouvernable selon lui.
Le détail des propositions des onze candidats à la présidentielle sur le mode de scrutin aux législatives.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Les mesures annoncées par le président américain sur l’acier et l’aluminium heurtent la doxa républicaine traditionnelle sur le libre-échange.
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Le protectionnisme de Trump critiqué au sein du Parti républicain

Les mesures annoncées par le président américain sur l’acier et l’aluminium heurtent la doxa républicaine traditionnelle sur le libre-échange.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 15h18
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Pour une fois, le Parti républicain renâcle. Après l’annonce par Donald Trump, le 1er mars, de taxer les importations d’acier et d’aluminium, le speaker (président) républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a fait état, lundi 5 mars, de son « extrême inquiétude ». Il a invité le président des Etats-Unis à faire machine arrière.
Paul Ryan n’est pas le seul. D’autres élus de la Chambre des représentants font circuler un texte hostile à ce virage protectionniste amorcé en janvier par des taxes visant les machines à laver et les panneaux solaires, principalement importés de Chine. La hantise d’une guerre commerciale est d’autant plus sensible chez Paul Ryan que les éventuelles rétorsions mentionnées jusqu’à présent par l’Union européenne viseraient les motos de marque Harley Davidson fabriquées dans son Etat, le Wisconsin. Le bourbon a été également évoqué. Le Kentucky, l’Etat du chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, en est un grand producteur.
Les principaux succès enregistrés par Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche, qu’il s’agisse de nominations de juges conservateurs, y compris à la Cour suprême, ou de l’adoption d’une réforme fiscale, ont été conformes aux dogmes républicains. La décision de jeudi constitue cependant le troisième renoncement majeur par rapport à la doxa traditionnelle du parti, après les positions défendues par le président depuis le début de l’année sur l’immigration et sur le déficit.
Scepticisme
En février, la querelle au sujet des sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis (les « dreamers »), protégés par un statut temporaire supprimé en septembre 2017 par Donald Trump, a témoigné au Sénat d’un glissement des républicains vers les positions radicales défendues par le magnat de l’immobilier pendant sa campagne présidentielle. Et cela alors que le Parti républicain était autrefois plus ouvert sur l’immigration que le Parti démocrate, souvent divisé sur la question.
Au lieu de se limiter à la lutte contre l’immigration illégale comme il l’avait promis, en renonçant notamment aux amnisties décidées par ses prédécesseurs conservateurs George W. Bush et Ronald Reagan, le président veut désormais s’attaquer aux dispositions permettant de devenir citoyen américain. Y compris celles adoptées par des administrations républicaines, comme le tirage au sort visant à accroître la diversité des candidats à l’immigration.

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L’adoption, en décembre 2017, d’une réforme fiscale dont le financement par un surplus de croissance laisse sceptique la majorité des économistes marque une autre évolution des républicains. Pendant les deux mandats de Barack Obama, le parti s’était en effet posé en défenseur intransigeant de la rigueur budgétaire. C’est à ce titre qu’il a lutté contre le plan de relance de l’économie défendu par l’administration démocrate après la violente crise des subprimes, à l’origine de la crise mondiale de 2008.
La hantise de la dette a ensuite été l’un des moteurs du mouvement quasi insurrectionnel du Tea Party au sein du camp républicain. Il a privé Barack Obama de toute marge de manœuvre budgétaire à partir de 2010, après la perte de contrôle de la Chambre des représentants.
Aggiornamentos
Marqué par un net accroissement des budgets militaires et civils, l’accord conclu en février au Congrès sur une loi de finances courant jusqu’en 2019 a montré que cette préoccupation n’est désormais plus de mise chez les républicains. Le projet de budget présenté quelques jours plus tard par l’administration Trump, accompagné d’un nouveau gonflement des dépenses militaires, l’a également souligné.
Ces deux évolutions majeures n’ont suscité que de modestes réactions au sein du Grand Old Party. Il en va autrement avec les mesures protectionnistes annoncées jeudi, qui tranchent avec le soutien apporté par les républicains en 2015 à un projet d’accord de libre-échange négocié par l’administration Obama avec certains pays du Pacifique. M. Trump y a renoncé en arrivant à la Maison Blanche.
Ces derniers mois, obnubilé par la solidité d’une base électorale qui soutient ces aggiornamentos, le président n’a cependant cessé de témoigner qu’il n’avait que faire des états d’âme des cadres républicains.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les deux pays se sont mis d’accord sur la tenue d’un sommet, une première depuis plus de dix ans. Pyongyang a promis de suspendre ses essais nucléaires et de missiles pendant le dialogue.
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Un sommet Corée du Sud-Corée du Nord aura lieu à la fin du mois d’avril

Les deux pays se sont mis d’accord sur la tenue d’un sommet, une première depuis plus de dix ans. Pyongyang a promis de suspendre ses essais nucléaires et de missiles pendant le dialogue.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 18h31
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Une première depuis plus de dix ans. La Corée du Sud et la Corée du Nord se sont mises d’accord sur la tenue d’un sommet entre les deux pays. Celui-ci aura lieu à la fin du mois d’avril, a annoncé, mardi 6 mars, Chung Eui-yong, le conseiller à la sécurité nationale du président sud-coréen, Moon Jae-in, qui était en visite à Pyongyang avec une délégation de haut rang de dix personnes. Les deux pays ont également décidé d’ouvrir une ligne de communication d’urgence entre leurs dirigeants.
Le sommet aura lieu dans le village de Panmunjom, au milieu de la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare la Corée du Nord de la Corée du Sud. Il sera précédé d’une conversation téléphonique entre Kim Jong-un et Moon Jae-in.
La Corée du Nord a promis de suspendre ses essais nucléaires et de missiles pendant la durée du dialogue, a fait savoir le conseiller. Il a ajouté que la Corée du Nord avait exprimé la volonté de se dénucléariser à condition que sa sécurité soit garantie.
La délégation sud-coréenne, envoyée pour deux jours à Pyongyang, est revenue mardi en Corée du Sud, avant de s’envoler pour Washington pour un débriefing avec l’administration Trump. La Corée du Sud poursuit ainsi sa délicate entremise entre la Corée du Nord et les Etats-Unis malgré une défiance exacerbée.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a salué mardi des « progrès possibles dans les discussions avec la Corée du Nord ». « Pour la première fois depuis des années, un effort sérieux est fait par toutes les parties concernées. Le monde regarde et attend ! », a-t-il ajouté dans un tweet à la tonalité plutôt positive. « Peut-être de faux espoirs, mais les Etats-Unis sont prêts à s’engager pleinement quelle que soit la direction retenue ! »

Possible progress being made in talks with North Korea. For the first time in many years, a serious effort is being… https://t.co/17I9VFMLrI— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Rapprochements depuis les JO
Cette visite était la première d’une délégation sud-coréenne en République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) depuis la fin, en 2007, de la politique dite du « rayon de soleil » de rapprochement intercoréen. « La Corée du Nord semble avoir attaché de l’importance à la venue de nos envoyés spéciaux », s’est félicité le ministère de l’unification sud-coréen.
Les dix membres de la délégation, dont Chung Eui-yong et Suh Hoon, le directeur du NIS, les services de renseignement, avaient été conviés à un dîner, lundi 5 mars, avec Kim Jong-un. Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du dirigeant, en décembre 2011, des officiels sud-coréens ont pu s’entretenir avec lui.
Organisé au siège du Parti du travail, au pouvoir en RPDC, ce repas a également réuni, côté nord-coréen, Ri Sol-ju, l’épouse de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, sa sœur, et Kim Yong-chol, le responsable des relations avec le Sud. « [Il] s’est déroulé dans une atmosphère chaleureuse, animée de sentiments confraternels », s’est félicitée l’agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA.

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Selon KCNA, Kim Jong-un a « discuté en profondeur des moyens d’apaiser les vives tensions dans la péninsule coréenne et d’engager un dialogue par de multiples voies, d’établir des contacts, une coopération et des échanges ».
Cette visite répondait à celle de Kim Yo-jong en Corée du Sud pour l’ouverture des JO de Pyeongchang, le 9 février. A cette occasion, Kim Yo-jong, qui est aussi chargée des activités du dirigeant nord-coréen et siège au bureau politique du Parti du travail, avait remis une invitation à se rendre dans le Nord à Moon Jae-in.
La délégation sud-coréenne était également porteuse d’une lettre de Moon Jae-in pour Kim Jong-un. Le dirigeant aurait déclaré, pendant le dîner, que les JO avaient contribué à créer une atmosphère de réconciliation, d’unité et de dialogue intercoréens.
Dynamique d’apaisement
La question du sommet avec Moon Jae-in a été abordée et les échanges à ce sujet ont été jugés « satisfaisants » par Pyongyang. Le 17 février, Moon Jae-in, ­soucieux de ménager un allié américain pour lequel « toutes les ­options sont sur la table » face à la Corée du Nord, avait toutefois ­estimé qu’il était « trop tôt » pour une telle rencontre. Il privilégie les ­avancées « vers un consensus sur la nécessité du dialogue entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ».
De fait, Séoul veut maintenir la dynamique d’apaisement après une phase de tensions qui a atteint son paroxysme en 2017, année marquée par quatre essais de missiles balistiques intercontinentaux et un essai nucléaire par Pyongyang, tandis que le président américain, Donald Trump, répondait par des invectives sur Twitter à la propagande nord-coréenne. « Les Etats-Unis devraient réduire leurs exigences et la Corée du Nord devrait exprimer sa volonté de dénucléariser », déclarait Moon Jae-in, le 26 février, devant le vice-premier ministre chinois, Liu Yandong.

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Séoul doit désormais convaincre Washington de répondre à l’offre de dialogue formulée par Pyongyang, notamment lors de la venue, le 25 février, de Kim Yong-chol à la cérémonie de clôture des JO. Les Etats-Unis restent sceptiques sur la volonté d’ouverture de Pyongyang. L’administration Trump dit vouloir éviter ce qu’elle considère comme les erreurs des administrations précédentes, qui ont alterné dialogue et sanctions, sans empêcher Pyongyang de se doter d’un arsenal nucléaire.
« Politique hostile »
Pour elle, l’ouverture d’un dialogue passe par un engagement nord-coréen à discuter de la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les Américains veulent également maintenir la pression « maximale » imposée à la RPDC, même pendant d’éventuelles ­discussions.
La Corée du Nord, pour qui le ­nucléaire est non négociable, car perçu comme la garantie de sa survie, rejette tous pourparlers sous conditions. Elle veut traiter comme puissance nucléaire, d’égal à égal, et élargir les discussions à ce qu’elle qualifie de « politique hostile » des Etats-Unis, dont l’organisation par l’armée américaine de manœuvres annuelles avec la Corée du Sud. La RPDC les considère comme une menace directe contre elle. Ces exercices devaient coïncider en 2018 avec les JO, mais ils ont été reportés, à la demande de Séoul, permettant l’accalmie. La question de leur reprise est aujourd’hui posée.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 05/03/2018
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Soupçons d’empoisonnement d’un ex-espion russe en Angleterre

L’affaire a immédiatement fait resurgir le souvenir d’Alexandre Litvinenko, un ex-agent des services secrets russes empoisonné en 2006 à Londres.



Le Monde
 |    05.03.2018 à 22h29
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 17h47
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Le Royaume-Uni « répondra de façon appropriée et ferme » si l’enquête démontre que la Russie est impliquée dans l’attentat dont ont été victimes l’ancien espion russe Sergueï Skripal et sa fille Youlia, dimanche 4 mars à Salibury (sud-ouest de Londres). Sans citer explicitement Moscou, Boris Johnson, le ministre britannique des affaires étrangères, a lancé cet avertissement, mardi à la Chambre des Communes, quelques heures après que cette histoire digne du romancier John Le Carré a été rendue publique. « Je dis aux gouvernements du monde entier, a déclaré M. Johnson, qu’aucune tentative d’ôter des vies innocentes sur le sol britannique ne restera sans sanction ou punition. »
Sergueï Skripal, 66 ans, réfugié au Royaume-Uni, et sa fille sont « soignés pour une exposition présumée à une substance toxique », a indiqué la police du comté de Wiltshire. Tous deux se trouvent « dans un état critique en soins intensifs » depuis que, dimanche après-midi, des passants les ont découverts inconscients, sans blessure apparente, assis côte à côte sur un banc public d’un centre commercial de Salisbury.
« On aurait dit qu’elle était penchée sur lui, comme si elle était évanouie », a raconté à la BBC Freya Church, une cliente du club de gym voisin, qui dit les avoir aperçus sur Market Walk : « Il faisait d’étranges mouvements des mains en regardant vers le ciel. Ils donnaient l’impression d’avoir absorbé quelque chose de très fort. » Dans les heures qui ont suivi, des policiers en combinaison antiradiation jaune fluo ont décontaminé les lieux proches de la rivière Avon. Les abords du banc concerné ont été interdits, tout comme le restaurant de la chaîne Zizzi tout proche, « par précaution ».
Prudence, véhémence
Deux policiers sont même soignés pour des « symptômes légers ». « Nous constatons cette tragique situation mais nous n’avons pas d’information sur ce qui a pu la provoquer », a prudemment déclaré mardi matin le patron de la police antiterroriste, Mark Rowley. Une vidéo de surveillance montrant un homme et une femme marchant aux abords des lieux a été saisie. Mardi après-midi, l’enquête a été officiellement confiée à la police antiterroriste.
A la prudence des policiers a vite répondu la véhémence des politiques dressant un parallèle avec la mort, en 2006 à Londres, d’Alexandre Litvinenko, un ancien agent du FSB (ex-KGB) qui avait dénoncé les pratiques « mafieuses » du régime russe. Réfugié au Royaume-Uni, il avait été empoisonné lors d’une opération du FSB « probablement approuvée par le président Poutine » selon la justice britannique.
Tom Tugendhat, le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des communes, a estimé que le mystérieux malaise de Sergueï Skripal « porte tous les signes d’un attentat russe ». Si la preuve en était apportée, l’épisode relèverait d’une « guerre discrète contre le Royaume-Uni », a ajouté le député conservateur, en recommandant « une réponse vigoureuse incluant des sanctions, un gel des avoirs et des interdictions de voyager ». 

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L’étonnant parcours d’agent double de Sergueï Skripal, officier russe ayant trahi au profit des Britanniques, autorise les hypothèses les plus audacieuses. Jusqu’en 1999, le colonel Skripal travaille pour le GRU, les services de renseignement de l’armée russe. Il est ensuite affecté au ministère russe des affaires étrangères puis travaille dans le privé. Arrêté en 2004 par le FSB, il avoue avoir été recruté en 1995 par les services de renseignement britanniques. Lors de son procès, M. Skripal reconnaît avoir révélé aux Britanniques l’identité de plusieurs dizaines d’agents secrets russes opérant en Europe, contre plus de 100 000 dollars (78 000 euros de l’époque).
En 2006, Sergueï Skripal est condamné pour « haute trahison » à treize ans de camp à régime sévère, et son titre de colonel lui est retiré. Des médias russes citent alors des officiels du FSB comparant les dégâts causés par l’agent double à ceux provoqués par Oleg Penkovski, un colonel du GRU exécuté en 1963 pour espionnage au profit de Washington et de Londres.
Mais en 2010, M. Skripal et trois autres agents russes sont échangés contre dix agents dormants du Kremlin installés aux Etats-Unis, découverts et expulsés par Washington. Anna Chapman, une jeune femme d’affaires russe mariée à un Britannique et surnommée la « nouvelle Mata Hari », fait partie de cet échange, le plus important depuis la fin de la guerre froide, effectué sur le tarmac de l’aéroport de Vienne.
« Un air de déjà-vu »
Ainsi exfiltré, Sergueï Skripal se réfugie dans le Wiltshire où il vit en famille dans une maison typiquement anglaise de Salibury. Ses voisins parlent d’un homme aimable. Depuis lors, plusieurs de ses proches sont morts : sa femme Lioudmila, en 2012, d’un cancer ; son grand frère en Russie en 2016 : et son fils, en 2017, d’une insuffisance hépatique lors d’un voyage à Saint-Pétersbourg.
Interrogé à Moscou au sujet de Sergueï Skripal, Dmitri Peskov, un porte-parole du Kremlin, a affirmé mardi : « Nous n’avons pas d’informations concernant les raisons [de son empoisonnement], ce que faisait cet homme, à quoi [son empoisonnement] pourrait être lié. » « Personne n’a pour l’instant demandé » à la Russie de participer à l’enquête, a-t-il indiqué, soulignant que « Moscou est toujours disposé à coopérer ». Quant à Andreï Lougovoï, soupçonné d’avoir empoisonné Alexandre Litvinenko et aujourd’hui député et membre de la commission de la sécurité à la Douma, il a déclaré, selon l’agence Tass : « Les Anglais souffrent de phobies. Dès qu’il se passe quelque chose avec un Russe, ils cherchent tout de suite une piste russe. »
Mais pour Marina Litvinenko, la veuve de l’opposant assassiné, l’affaire Skripal « a comme un air de déjà-vu ». « La Grande-Bretagne n’a pas encore compris comment traiter le régime de Poutine », a-t-elle déclaré à la BBC, accusant Londres de n’avoir pas su réagir envers Moscou après l’empoisonnement de son mari et appelant à des « sanctions plus sérieuses » et à la protection des réfugiés politiques. Alexandre Litvinenko est mort à 43 ans le 23 novembre 2006, vingt-deux jours après avoir bu du thé vert empoisonné au polonium 210, un isotope radioactif dont la Russie est le seul pays producteur. Son décès avait un temps été qualifié d’« inexpliqué » et Londres avait réagi avec retenue. Conduite en 2015, l’enquête publique britannique n’avait mis Moscou en cause qu’en 2016, dix ans après les faits.
Bientôt la présidentielle
Le ton est récemment monté entre les deux pays en raison des accusations de manipulation des réseaux sociaux par les Russes au moment du référendum sur le Brexit. En janvier, le ministre de la défense britannique, Gavin Williamson, a fait scandale en affirmant que Moscou pouvait provoquer « des milliers et des milliers » de morts au Royaume-Uni au moyen de cyberattaques visant les infrastructures énergétiques du pays.
A l’approche de l’élection présidentielle russe du 18 mars, l’hypothèse d’une implication de Moscou dans l’attentat de Salisbury alimente les spéculations sur la stratégie de Vladimir Poutine. Contredisant la thèse selon laquelle la période électorale serait peu propice à ce genre de coup d’éclat, Alexandre Goldfarb, un dissident russe réfugié aux Etats-Unis et proche de M. Litvinenko, a estimé mardi qu’une telle action pourrait « renforcer l’image de Vladimir Poutine comme solide leader nationaliste » et satisfaire « la majorité des Russes ».

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Entretien

Seun Kuti : « Nos politiciens et nos élites économiques cannibalisent les peuples africains »

Le chanteur et saxophoniste nigérian, fils du grand « Fela », sort l’opus « Black Times » et poursuit sa lutte pour une révolution africaine, tant artistique que politique.

Joan Tilouine
    



LE MONDE
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        Le 06.03.2018 à 15h23

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        Mis à jour le 06.03.2018 à 17h51






    
Seun Kuti sur scène à Los Angeles, en juillet 2017.
Crédits : RICH FURY/AFP


A 35 ans, le saxophoniste et chanteur nigérian Seun Kuti est déjà une légende. Il est aussi l’un des plus talentueux héritiers de l’afrobeat, ce style musical créé par son père, le génial Fela Anikulapo Kuti, qu’il accompagnait sur scène dès l’âge de 8 ans et qui s’est éteint en août 1997. Seun a poursuivi le processus créatif en reprenant l’orchestre de « Fela », le fameux groupe Egypt 80, successeur de l’Africa 70, tout en continuant de lutter, saxophone alto à la main, pour une Afrique plus juste, plus puissante, plus fière et indépendante.
Car Seun Kuti est un militant radical, comme le fut sa grand-mère, Funmilayo Ransome-Kuti, qui s’est battue pour les droits des femmes, et son père, plusieurs fois emprisonné pour avoir dénoncé la brutalité et la corruption des pouvoirs militaires dans les années 1970 et 1980. Intransigeant et critique de la classe politique africaine tout comme de l’élite économique, Seun Kuti continue de se produire chaque semaine ou presque avec son frère, Femi, dans le temple familial de Lagos, le New Afrika Shrine, où l’entrée est gratuite pour tous et la marijuana acceptée. Une manière de perpétuer le mythe d’une famille qui continue de bouleverser le paysage culturel africain.
Avec son quatrième album intitulé Black Times (sorti le 2 mars), le cadet de la fratrie Kuti rappelle sa maîtrise de l’afrobeat, qu’il continue de renouveler, d’explorer et d’enchanter. Tout en poursuivant sa lutte pour une révolution africaine inspirée des aînés, à qui il rend hommage.



Avec ce nouvel album, vous célébrez les penseurs et acteurs des indépendances africaines. Redoutez-vous qu’ils soient oubliés par la jeune génération ?
Seun Kuti L’histoire, la pensée et les acteurs des mouvements de libération me semblent largement oubliés. Que reste-t-il des idéologies libératrices de l’Afrique dans nos livres scolaires, dans nos médias, dans nos films ? La libération de l’Afrique a été une longue lutte et une période féconde sur le plan intellectuel, dont nous devons nous inspirer aujourd’hui.
Ces grands intellectuels ont été trahis par la plupart des dirigeants post-indépendance, qui ont saboté notre héritage. J’ai souhaité rappeler ce pan de notre histoire en musique. A ma manière, je souhaite interpeller les consciences des jeunes Africains et contrer le récit de cette nouvelle élite africaine responsable, selon moi, de notre appauvrissement intellectuel et qui ne veut surtout pas comprendre et diffuser le vrai message de la libération africaine.
Vous chantez « Lift up to be free », « se soulever pour être libre ». A quel soulèvement faites-vous allusion ?
Je ne pense pas à des manifestations. Je pense que nous, Africains du peuple, devons nous organiser, nous stimuler pour agir. Il nous faut relire nos aînés, comme l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop, qui a démontré scientifiquement combien l’Afrique subsaharienne a contribué à la civilisation mondiale. Il faut relire les panafricanistes tels que l’Afro-Américain Amos N. Wilson, le Ghanéen Kwame Nkrumah [premier président du Ghana], tirer des leçons de la vie de Patrice Lumumba [premier chef de gouvernement du Congo-Kinshasa, assassiné le 17 janvier 1961] et d’autres pionniers.

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Il ne s’agit plus forcément de protester mais de s’élever par la pensée, par l’éducation, pour aller au-delà d’un récit colonialiste toujours en vigueur. Par exemple, on m’enseignait à l’école que l’explorateur [écossais du début du XIXe siècle] Mungo Park a découvert le fleuve Niger chez moi. Comme si mes ancêtres qui y vivaient étaient trop stupides pour constater l’existence d’une rivière !

    
Pochette du dernier album de Seun Kuti intitulé « Black Times », sorti en mars 2018.
Crédits : 


Quelles personnalités politiques contemporaines du continent vous inspirent ?
Julius Malema, le leader des Combattants pour la liberté économique (EFF), en Afrique du Sud. Son combat me semble le bon. Il m’intéresse plus que le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, adulé par l’élite africaine, car il est l’un des leurs, un homme d’affaires prospère et individualiste. Il y a beaucoup d’autres Julius Malema qu’on ne connaît pas en Afrique, car ils n’ont pas d’exposition médiatique. Mais j’ai envie de croire à une nouvelle génération d’acteurs politiques au service de leur peuple.

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Vous êtes très critique, mais ne pensez-vous pas que le succès de votre compatriote Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, inspire une partie de la jeunesse et fait plus rêver que Kwame Nkrumah ?
C’est en effet une tendance urbaine. L’agenda ultralibéral qui est mis en œuvre en Afrique ne rencontre pas beaucoup de résistance, alors il avance. Et l’élite africaine accumule des richesses, s’offre des jets privés, des palais à Londres, à Dubaï, à Paris ou au Cap. Ce qui peut faire rêver sur un continent où la grande majorité des jeunes survivent.
« Les oligarques africains, portés au pinacle par la presse occidentale, ne construisent pas grand-chose pour leur pays »
On retrouve ces nantis parlant au nom de l’Afrique lors de sommets et conférences. Mais que font-ils vraiment pour les Africains ? Aliko Dangote et ses amis milliardaires sont validés, autorisés, encouragés par les différentes institutions d’influence politique, économique, religieuse… Mais ces oligarques africains, portés au pinacle par la presse occidentale, ne construisent pas grand-chose pour leur pays. Ils défendent d’abord leurs intérêts et s’assurent du soutien de leurs chefs d’Etat respectifs, qui les aident et leur donnent le droit de s’enrichir en exploitant des ressources naturelles.

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Le changement peut-il aussi venir du secteur privé en Afrique ?
Lorsque le président nigérian, Muhammadu Buhari, donne le droit à un milliardaire d’exploiter du pétrole ou de construire une usine qui produira des denrées désormais interdites à l’importation, il le fait au nom des Nigérians. Mais qu’avons-nous en échange ?
Aliko Dangote a une fortune estimée à 14 milliards de dollars [plus de 11 milliards d’euros], mais à quoi cela sert-il si son peuple vit dans la misère ? Lorsqu’il daigne partager des miettes de sa fortune pour des œuvres philanthropiques, tout le monde le remercie et le félicite. Mais la grande majorité des Nigérians souffre. Et ces oligarques profitent de notre confiance confisquée par leur ami au pouvoir. Ils en abusent pour s’accaparer nos richesses.
Cette élite présentée comme la réussite de l’Afrique est, pour moi, l’incarnation de l’échec, de l’égoïsme et de la perte d’identité africaine. Car elle a démontré son incapacité à transformer les sociétés. On a besoin d’éducation, de centres de soins, de logements… Ils ont des milliards et les gardent pour eux.

    
Femi (à gauche) et Seun Kuti, à Lagos, lors de l’ouverture du musée dédié à Fela Kuti, leur père, en octobre 2012.
Crédits : PIUS UTOMI EKPEI/AFP


Pouvez-vous préciser votre théorie de « la chèvre et la patate douce », titre qui figure sur votre dernier album ?
L’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan [2010-2015], avait lui-même utilisé cette métaphore pour répondre aux critiques ciblant son gouvernement corrompu. Selon lui, les politiciens étaient comme des chèvres qui se trouvaient trop près des patates douces, qu’ils ne pouvaient s’empêcher de manger. Là, je me suis dit que ce président titulaire d’un doctorat [de zoologie] était taré. Ça m’a inspiré cette idée que le peuple est contraint à brouter l’herbe laissée par les politiciens qui, eux, se goinfrent de patate douce et dévorent même la vie des gens en détournant l’argent censé servir à construire des hôpitaux ou des écoles. C’est une sorte de cannibalisme économique.

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Vous avez composé votre album à Lagos. Votre ville natale est parfois réduite au statut de capitale de l’afro-capitalisme, où l’étalage de la richesse dans des quartiers comme Victoria Island est la norme. Quel est votre rapport à Lagos ?
« Je n’ai pas besoin de Gucci, de yachts et de jets privés. Au matérialisme, je préfère la simplicité des gens de mon quartier »
Je ne vais que très rarement à Victoria Island, car ce que vous décrivez est tout ce que je déteste et dénonce. Il y a comme un mur mental créé et rehaussé par une élite souvent corrompue. Lagos est ma ville, ma maison. Je vis toujours au milieu des miens, à cinq minutes de là où j’ai grandi, dans le quartier populaire d’Ikeja. Je ne crois pas dans le luxe, je n’ai pas besoin de Gucci, de palais, de yachts et de jets privés. Au matérialisme, je préfère la simplicité des gens de mon quartier dont je m’entoure car ils m’aident à capter l’énergie nécessaire à ma création.

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Quel regard portez-vous sur les stars de l’afropop telles que Wizkid et Davido, qui remplissent des stades partout en Afrique, célèbrent votre père et dont les tubes s’exportent dans le monde ?
Ils prônent un mode de vie ultracapitaliste. Ce sont des jeunes frères nigérians qui ont percé en faisant de la musique pop africaine. C’est un peu comme l’industrie cinématographique de Nollywood : on en parle beaucoup mais finalement il n’y a pas une seule production qui a connu un succès global. L’afropop est un business dont on se félicite au Nigeria, mais pour le moment, il n’y a pas vraiment eu de tube international.
En 2017, le titre « Come closer », du Canadien Drake et du Nigérian Wizkid, a pourtant connu un succès planétaire…
Ça, c’est le tube du Canadien Drake ! Le problème de ces jeunes stars de l’afropop, c’est qu’elles n’ont finalement aucun message à exprimer. Ils chantent l’argent, les vêtements et les voitures de luxe, les jolies filles charmées grâce à des liasses de dollars… L’élite du Nigeria mise d’ailleurs des milliards de nairas sur ces jeunes car ils peuvent faire vendre des produits. C’est un business rentable.

    
Des fans tiennent une photo du roi de l’afrobeat, Fela Kuti, à Lagos, en octobre 2012.
Crédits : AKINTUNDE AKINLEYE/REUTERS


A défaut de voir un film de Nollywood séduire un public mondial, le film « Black Panther » semble parti pour battre des records. Avez-vous ressenti ce sentiment de « fierté africaine » en le voyant ?
Je suis noir chaque jour et je n’ai pas besoin de Hollywood pour être fier de mon africanité. Cet engouement m’amuse et m’exaspère. C’est comme Halloween, avec des riches Africains qui vont se déguiser en costumes traditionnels pour aller voir ce blockbuster. Le temps d’un film, ils se sentent soudainement fiers d’êtres noirs et idéalisent ce paradis africain 2.0 pour oublier la réalité. Je trouve ça un peu ridicule.

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En dehors du Nigeria, vous êtes finalement plus connu en Occident qu’en Afrique, où votre dernière tournée remonte à 2009. N’est-ce pas paradoxal ?
C’est vrai que je fais plus de concerts en Europe qu’en Afrique, où il est parfois difficile de trouver des partenaires. Mais mon succès en Occident, je l’utilise d’abord pour ma communauté, ce qui est le plus important pour moi, et pour diffuser mon message, qui ne change pas en fonction de l’audience. Je crois dans le pouvoir de l’art qui n’a pas de frontières.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Menacé par des enquêtes judiciaires, le premier ministre doit aussi gérer les tensions croissantes au sein de sa coalition.
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Nétanyahou face à la tentation d’élections anticipées

Menacé par des enquêtes judiciaires, le premier ministre doit aussi gérer les tensions croissantes au sein de sa coalition.



Le Monde
 |    06.03.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
06.03.2018 à 18h53
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Autour de lui, le vide se fait. En visite à Washington lundi 5 mars, Benyamin Nétanyahou pensait se consacrer exclusivement à sa relation privilégiée avec Donald Trump. Les nouvelles d’Israël l’ont rattrapé. Après quinze jours de détention, Nir Hefetz, son conseiller en communication, a accepté de devenir témoin à charge au profit des enquêteurs, dans l’un des nombreux dossiers judiciaires visant le premier ministre. C’est le troisième membre de son cercle rapproché, depuis un an, qui se retourne contre lui – les précédents étaient le chef de cabinet Ari Harow et le directeur du ministère de la communication, Shlomo Filber. Tous sont porteurs de lourds secrets dont ils veulent se délester pour éviter eux-mêmes les foudres de la justice.
En politique, on reconnaît les grands fauves à leur capacité de survie lorsque l’oxygène se raréfie. Malgré l’usure du pouvoir et les scandales, Benyamin Nétanyahou se trouve à l’un de ces moments-clés. Premier ministre depuis neuf ans, après un premier mandat de trois ans (1996-1999), il est confronté à plusieurs incendies qu’il cherche soit à éteindre, soit à attiser à son avantage. Avec un atout important, qui fait l’objet de spéculations fiévreuses dans la presse : la possibilité de convoquer avant l’été des élections anticipées pour redistribuer les cartes et recouvrer une légitimité par les urnes.
M. Nétanyahou se fie donc à son seul flair et s’enivre de sondages. Ceux-ci indiquent tous la même tendance : malgré les rebondissements incessants dans les cinq enquêtes qui le visent lui et son entourage, le premier ministre conforte sa base. « Même si certains électeurs pensent que M. Nétanyahou n’a pas agi convenablement, ils estiment qu’il s’agit d’une campagne exagérée, servant les intérêts des anciennes élites, souligne la professeure Tamar Hermann, du Israel Democracy Institute. Au Likoud [droite conservatrice, au pouvoir] comme à l’extérieur, il y a Nétanyahou et personne...




                        

                        

